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 [RP terminé][Appart 5]Une porte sur le passé

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(#) [RP terminé][Appart 5]Une porte sur le passé  Jeu 19 Fév 2015 - 19:01

Samedi matin avant le premier lundi de décembre, j’empaquetais encore les affaires à emporter pour mon remplacement à Kobe. Pour éviter un drame, Ojīsan avait emmené Tadashi faire une promenade dans le quartier, en direction des étangs pour « pêcher des têtards ». Le vieux bonhomme savait canaliser les mioches turbulents comme personne, je pouvais en témoigner. Débarrassé de la cause principale de ralentissement, j’avançais enfin. D’un coup de ciseaux, je découpai les lanières pour maintenir mon futon roulé, plus de place dans le coffre de cette manière. J’avais d’abord hésité à l’emporter, mais comme j’ignorais si la chambre était meublée ou non, je préférai assurer le coup et avoir de quoi dormir tranquillement. Selon les informations transmises, je devais avoir deux colocataires. Impossible de savoir les noms par contre, mon fils avait eu la fantastique idée de renverser son thé sur les documents à peine reçus. Par un heureux coup du hasard, j’avais réussi à sauvegarder l’adresse. Enfin, qui disait colocataire, disait appartement déjà fourni avec le basique, ce qui m’arrangeait grandement. La sonnerie de mon téléphone me tira hors de ma réflexion. Pendant quelque seconde, je fixai le message reçu, dubitatif. En version édulcorée, il paraîtrait que je suis un enfoiré de half profiteur. Ce phrasé délicat me rappelait étrangement la mère d’Arisa. Pensez-vous, je ne pouvais qu’avoir détourner sa fille si vertueuse du droit chemin et souiller son précieux honneur. Même sans certitude sur l’expéditeur, j’hésitai une seconde à rétorquer une saloperie sur les préférences intimes de la demoiselle peu farouche. Finalement, j’y préférai l’option suivante : « Je sais <3 ». Pas le temps de me prendre la tête avec ça, je bloquais donc ensuite le numéro. Si vraiment la personne tenait à m’insulter encore, il faudrait qu’elle change de numéro. Lorsque je l’envoyai valdinguer sur le bureau, le téléphone buta contre la lampe. Déjà en équilibre, le luminaire chuta lourdement… dans la poubelle remplie de papier. Heureusement, cela m’évita de passer une heure supplémentaire à faire la chasse aux débris.

Une demi-heure plus tard, j’avais terminé mes valises et les chargeai dans la voiture. Dans le jardin, mon fils se fendait la poire, complètement hilare. Trouver des têtards en décembre étant, en toute logique, impossible, je m’attendais plus à l’entendre rager voire pleurer. Je refermai le coffre et fis le tour du bâtiment central en enjambant les plantes vivaces. Ainsi, en raison de la flemme de passer par l’intérieur, je bravai le terrible courroux de ma grand-mère. Fort heureusement pour mes oreilles – oui, le fait que je sois un gaillard de pas loin de deux mètres avec plusieurs dan d’arts martiaux ou mon âge et le fait que je sois père ne l’ont jamais arrêté de tenter de me tirer les oreilles quand je faisais une crasse – Obāsan devait être sortie. Assis tranquillement sous la véranda, mon grand-père buvait du thé tranquillement. Mon fils agitait un shinai en beuglant à moitié les noms de techniques de son héros favoris du moment – le truc avec des samuraïs qui se battent dans des armures méca dont le nom m’échappe toujours complètement -. A intervalles réguliers, le vieil homme tentait de lui donner des conseils, lui inculquant l’air de rien des rudiments de kendo. Parfois, le morveux les mettait en application avec zèle. La majorité du temps toutefois, il rétorquait : « Ojiji t’y connais rien ! C’est pas comme ça qu’il fait à la télé ! » Ce qui était passablement ironique vu le statut du septuagénaire en matières d’armes. Pourtant, loin de s’en vexer, le maître kendoka en riait avant de reprendre sa passive observation. Trop occupé à batailler contre ses ennemis invisibles, Tadashi ne m’avait pas aperçu de suite. Lorsque ce fut chose faite, il se jeta dans mes jambes comme à son habitude et me fit un rapport très détaillé sur tout ce qu’il avait fait, ce qu’il avait vu, ce qu’avait dit son arrière-grand-père etc. Quelques marques d’intérêt plus tard, je pouvais enfin le reposer au sol et lui ordonner d’aller prendre ses affaires pour la nuit.

Pour faciliter la période de transition où nous ne vivrions pas ensemble, l’idée était de l’emmener dès la première nuit. Dans ma future chambre, j’aménagerai un petit coin pour lui, avec quelques unes de ses peluches et jouets – pas les neufs sous peine de drames durant la semaine -, pour lui montrer qu’il avait sa place où que je sois. La manœuvre, loin d’être idéale, était pourtant la meilleure solution trouvable sans sacrifier ni à ma santé – 5h de transport en commun chaque jour, même pour moi, ça tapait trop fort – ni à sa stabilité – changer d’école pour trois mois, se refaire des copains alors que l’entrée en primaire se profilait, pas fabuleux -. Si le contrat devait se prolonger, je prendrai un appartement pour y vivre avec lui, mais je n’avais pas forcément les fonds nécessaires pour meubler entièrement un lieu où je ne passerai que trois mois. J’échangeai quelques mots avec mon grand-père pendant que le galopin allait chercher son sac à dos, celui fait seul comme un grand – auquel j’avais naturellement ajouté un autre sac utile lui – dans sa chambre.

Durant le trajet vers Kobe, Tadashi posa mille questions sur Kobe – au moins 10 fois s’il y avait un zoo et des loups -. Une fois garé devant l’immeuble, il l’inspecta soigneusement avant de déclarer qu’il était d’accord d’habiter ici et que par conséquence j’avais son autorisation. Pour le taquiner, je le remerciai de m’y autoriser avec un petit « Abe-dono ». Je récupérai une valise, un sac à dos d’où dépassait mon shinai ainsi qu’une boîte remplie de pâtisserie – histoire de remercier mes nouveaux colocataires de m’acceuillir – tandis que Tadashi me sautillait autour, son bonnet à oreilles de loup sur la tête. La voiture refermée, j’entrai le code pour pénétrer dans l’immeuble et nous nous sommes rendus au bon étage. Par politesse, j’avais naturellement prévenu mes colocataires. En raison du petit problème de thé, j’avais toutefois dû passer par l’école pour faire transiter les messages. J’étais presque à l’heure, ouais, une demi-heure de retard c’est presque à l’heure. Au lieu d’utiliser mes clés comme une brute, je m’apprêtai à sonner à la porte quand le gamin voulut le faire lui, comme un grand. Il appuya donc sur la sonnette mais se cacha ensuite à demi derrière moi en fixant la porte.

- Ils vont sans doute pas te manger, tu sais.


Dernière édition par Kenji Abe le Lun 30 Mar 2015 - 21:56, édité 1 fois
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(#) Re: [RP terminé][Appart 5]Une porte sur le passé  Jeu 19 Fév 2015 - 22:30

Elle se trouvait sur ce canapé en cuir usé, jambes repliées et plaid posé sur ses épaules.
Une tasse de chocolat fumait sur la table, à côté d'un cookie qui s'émiettait.
Blottie dans son pull en laine blanche, elle avait opté pour une matinée coocooning. Les manuels de psychologie étaient rangés sur l'étagère – pour une fois qu'ils ne traînaient pas ci et là.
Sur ses genoux elle avait posé son Macbook. Dans la pièce ne raisonnait que le cliquetis de la souris qui laissait défiler tout un panel de photos, des souvenirs américains. Parfois raisonnait un petit rire, et parfois même un soupir nostalgique.


Yûna avait choisi ce week-end pour partir voir sa famille, chose que je lui enviais. Si seulement ça pouvait être aussi simple pour moi, prendre un billet d'avion, plier bagage et partir rejoindre les grands buldings de New-York, les vendeurs ambulants d'hot-dog, ces panneaux publicitaires haut-en lumière, mes mots croisés du New-York Times et mes proches.
Je n'avais pas posé pied sur mon continent depuis que j'étais revenue ici, depuis que j'avais prit cette décision de renouveau, de grand air, de grand changement pour faire comme dans ces films où l'on prend à la volé l'opportunité de partir pour ? Oui, pour quoi ?
Soudainement et aussi inquiétant que ça pouvait le paraître, la réponse ne me paraissait pas évidente.
Inquiétant, car j'avais peur de ressentir du regret. J'avais pas envie de remettre en question cette décision qui avait nécessité une organisation à m'en crever.
Pourtant j'avais commencé à construire quelque chose ici, j'étais entourée.
La seule raison rassurante que je pouvais m'apporter était ce fameux « c'est normal ».  Et ça l'était.

Je m'arrêtai quelques secondes de torturer cette souris pour prendre deux trois gorgées de mon chocolat, bien trop bouillant.
Je me disais que de toute manière je devais rester ici ce week-end pour accueillir notre nouveau colocataire. À vrai dire je ne m'en réjouissais pas, j'étais bien avec Yûna depuis ces derniers mois et je n'avais pas l'envie d'intégrer quelqu'un d'autre. Pour tout vous dire je n'avais même pas prit la peine de me renseigner sur le personnage.
Je reposai la tasse et essayai de mouiller de salive ma pauvre langue qui venait de se brûler au contact du liquide.
« Saleté. »
Mes yeux dérivèrent vers l’horloge numérique de l'écran. Dans cinq-dix minutes devraient retentir la sonnette ou un coup à la porte.

* * *

Vingt minutes plus tard j'étais toujours les fesses sur le canapé, à attendre, à tendre l'oreille en direction du couloir, guettant le moindre bruit de pas dans la monté.
Ma tasse était à présent vide et trônait sur la table quelques miettes du précédent cookie qui avait fait un aller simple dans mon estomac.
« Décidément... J'espère finalement qu'il m'appellera pour dire qu'il a changé d'avis celui-là » fis-je légèrement agacée.
De nouveau je regardai mes vielles photos et tombai sur celle de ma remise de diplôme, un peu loufoque avec mon petit groupe qui affichait des gueules à mourir de honte... J'en riais fortement me rappelant ces moments quand soudain, mon petit éclat de rire fut coupé par le bruit de la sonnerie.
Sursautant je posai mon mac et me dirigeai rapidement vers le miroir pour vérifier l'état de ma tête.
J'ouvris la porte, essayant d'afficher un air jovial et accueillant du mieux que je pouvais.
J'avais fait en sort d'être présentable : Je portais un jean slim, un pull en laine, mes chausson panda. J'avais laissé mes cheveux lâche et avait mit également mes lentilles.

Mes yeux se posèrent sur le bonhomme mais descendirent rapidement vers la petite silhouette qui se cachait derrière lui.
La première question fut : « Si c'est mon coloc' que fait ce mioche avec lui ? » puis la deuxième question se posa : « C'est son gosse ? Si oui, c'est une blague ? ».
J'espérais du fin fond de mon cœur que ces deux personnes cherchaient quelqu'un d'autre et qu'ils s'étaient trompés de porte.

De nouveau je regardai l'homme et je me sentis mal à l'aise.
C'était décidément une grosse blague. Car je le connaissais.
J'étais sûre que c'était lui, le gars qu'on m'avait présenté à une soirée à Osaka, je savais même plus son nom... Kenny ? Kenji ? Non sérieusement j'avais envie de lui refermer la porte au nez.
Le Japon était bien trop petit pour moi. Depuis quand on voit deux connaissances d'une autre ville se ramener dans votre appart' en moins d'une demi année ? Après Susaku c'est lui ? Finalement j'aurai du le prendre ce billet pour les USA, même si je devais piocher dans mes économies.

Je ne lui en voulais pas vous savez, je n'ai rien contre lui. Enfin, je m'étais fait une opinion sur lui. C'est tout. Pour moi il était un gars sympa qui aime passer du temps avec des femmes mais qui à la fin d'une charmante soirée préfère vous dire qu'il ne souhaite pas vous revoir. En gros c'était un peu ça.
Mais j'étais un peu fâchée avec les hommes depuis deux-trois mois. Donc fallait pas m'en ramener un chez moi.
Peut-être qu'il ne me reconnaîtrait pas... alors je jouais la carte de l'indifférence :

« Bonjour. Je peux faire quelque chose pour vous ? »


Dernière édition par Anastasia J. Hevans le Ven 20 Fév 2015 - 11:06, édité 1 fois
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(#) Re: [RP terminé][Appart 5]Une porte sur le passé  Jeu 19 Fév 2015 - 23:26

Aussitôt la porte ouverte, je fis un pas en arrière pour m’assurer du numéro de l’appartement sur la sonnette. M’étais-je trompé ? Non, définitivement il correspondait à ce qui était indiqué sur mon papier. Je m’inclinai alors légèrement.

- Bonjour, navré pour le retard plus de circulation que prévu. Je suis Abe-Kenji, le professeur remplaçant. Je vous présente également mon fils, Tadashi.

Il me fallut quelques secondes pour faire le rapprochement entre le visage, l’accent et un événement passé. Je fronçai alors les sourcils avant de repeindre un sourire sur mon visage. Elle voulait faire comme si rien ne s’était passé ? Peut-être qu’elle ne s’en souvenait bêtement pas, ce genre de filles doit passer quantité de soirées et rencontrer beaucoup de monde. Honnêtement, partir sur une base neutre m’arrangeait plus qu’elle ne me dérangeait.

- Je comptai vous prévenir... Hélas, l’artiste ici présent – fis-je en désignant mon fils – a renversé son thé sur les documents concernant l’appartement. Je n’avais donc pas de numéro où vous contacter.


Après une pause, j’enchaînai à nouveau avec un sourire d’excuse. Ouais, là, j’avais peut-être négligé le détail de prévenir mes colocataires sur la venue du petit pour la journée. Honnêtement, ça ne m’avait même pas effleuré l’esprit que ça pourrait les déranger vu le cadre de notre travail. Ceci dit, je comprenais bien qu’une bande de célibataires n’avaient aucune envie de sacrifier à leur liberté pour offrir un cadre agréable à un môme inconnu. Aussi, tentai-je de la rassurer sur ce point.

- Ne vous en faites pas, il n’est pas prévu que le petit vive ici. Il n’est là que pour les prochaines 24h. Il voulait voir où habiterait son papa pendant les prochains mois. Et, je pense qu’il aimerait savoir si vous comptez le manger en ragoût avant de sortir de sa cachette.

Je passais une main sur le crâne du bonhomme jusqu’à son épaule pour le déloger doucement de derrière mes jambes. La chose faite, il recula vite fait pour se faufiler de l’autre coté, toujours avec moi en barrage entre lui et celle dont je m’étais amusé à prononcer le nom bêtement pendant toute une soirée, rien que pour le plaisir de la taquiner.
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(#) Re: [RP terminé][Appart 5]Une porte sur le passé  Jeu 19 Fév 2015 - 23:53

Kenji Abe. Dès qu'il prononça son nom ce dernier refit surface instantanément dans ma mémoire, un souvenir oublié qui remonta à la surface et qui se mit à fleurir.
Il fit preuve de politesse, en usant de ces normes typiquement japonaises dont je m'y ferais jamais.
J'étais déjà mal à l'aise, avec le cœur qui tambourinait fort dans ma poitrine, ne sachant pas vraiment quoi dire, quoi faire. Devais-je lui demander s'il se souvenait de moi ? Ou devions nous vraiment se comporter comme de réels inconnus.
Mais surtout, ce fut le choc quand il présenta le jeune garçon comme étant son fils. Un élément qu'il devait sans doute oublier d'omettre aux femmes qu'il croisait. N'est-ce pas.
J'avais ouverts grands mes yeux, sous l'effet de surprise mais me rattrapai en souriant l'air enchanté.

« Oh, bonjour Tadashi ! » fis-je pour que l'enfant cesse sa gaminerie.
Je pensais que le mieux était de le mettre à l'aise. Il n'était qu'un enfant, et je pensais qu'il serait perturbé s'il savait que son père me connaissait ; moi, une autre femme. Minimisons les interprétations que pourrait se faire ce gosse.

Je me tenais contre la porte, bras croisés et l'air attentive et appréciable. Comme toute personne qui se doit d'accueillir quelqu'un, je me poussais en leur faisant signe d'entrée.
« Ce n'est pas bien grave, ce sont des choses qui arrivent, en attendant je vous en pris, rentrez ! Vous pouvez déposer vos affaires dans votre chambre, c'est cette porte-ci » fis-je en montrant ladite porte.

Et là je commençais à pincer mes lèvres. Qu'allons-nous se dire, faire... je sentais le malaise arriver.
Je regardai l'enfant qui traînait toujours dans les jambes de son père, pas très rassuré.
« Je pense que vous serez bien ici, l'appartement est confortable. » puis je tournai mon regard sur le petit garçon, qui me fixait comme tous les enfants le font avec les inconnus. « Ton papa va être très bien ici » fis-je en lui lançant un petit clin d’œil.
Puis aussitôt je commençais à me diriger vers la petite cuisine et à proposer :
« Vous voulez peut-être boire quelque chose ? Installez-vous sur le canapé. »
Je pris l’assiette de cookie que j'avais précédemment fait et la posa sur la table basse « Tu veux un cookie Tadashi ? Un chocolat chaud ou un jus d'orange ? » puis je m'adressai au père « Vous voulez un café, du thé ? »
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(#) Re: [RP terminé][Appart 5]Une porte sur le passé  Ven 20 Fév 2015 - 1:09

Sans la présence de Tadashi, la rencontre aurait été un tantinet différente. En quoi ? Je l’ignorais exactement, peut-être me tenais-elle rigueur d’avoir pris congé ou peut-être que la situation l’aurait fait rire. Quoiqu’il en soit, me retrouver en face d’une femme avec qui j’avais plus ou moins flirté devant mon fils n’arrivait jamais. A dire vrai, ça devait être la première fois. Brièvement mal à l’aise, je reportai toute mon attention sur mon fils pour éviter de la regarder le temps de décider la marche à suivre. J’esquissai un sourire d’encouragement à son attention alors qu’il baragouinait des salutations pour la jeune femme en s’inclinant légèrement. Nous pûmes ensuite entrer dans l’appartement. J’en fis le tour du regard afin de prendre mes marques, craignant aussi un peu une décoration outrancière. De soulagement devant le bon goût et la simplicité, je lâchai un bref soupire. Lorsqu’elle m’indiqua ma chambre, je la remerciai et j’en poussai rapidement la porte afin d’y poser mes premières affaires.

Tadashi dévisageait effectivement la jeune femme avec curiosité, puis tira légèrement sur mon pantalon pour me faire me baisser et souffler quelques mots à mon oreille. « Papa, la dame elle est comme Mamie* ? » Un peu dubitatif, je fus obligé de relever le nez vers la demoiselle, intrigué. Les mèches blondes ? Les yeux bleus ? Le type occidental ? Oui, il y avait sans doute des similitudes pour un gosse de six ans malgré l’âge très différent. Je lui répondis assez bas, sans toutefois chuchoter afin de ne pas être impoli – et de fait éventuellement jeter de l’huile sur le feu avec la demoiselle -.

- Un peu oui, mais qu’est-ce que j’ai dit sur les messes basses ? Fais pas ton timide, elle ne va vraiment pas te manger.

Je me redressais alors et inclinai légèrement la tête.

- Je suis désolé. Il n’a pas trop l’habitude des femmes de votre âge, à part sa maîtresse d’école, et en devient très timide. Je veux bien un thé s’il vous plait. J’ai apporté des pâtisseries à la française pour l’accompagner si vous le désirez.

Un peu rassuré, elle savait y faire la psychologue, le gamin sortit enfin de mes pattes pour s’approcher d’elle et sortit un dessin de son sac. Une sorte de trucs poilus, une sorte de chien y trônait dans ce qui était clairement une forêt. Enfin connaissant le loustic, j’étais persuadé que c’était un loup. Il tendit le dessin vers la dame.

- C’est pour toi, heu… Onēsan ? – Il se retourna un peu vers moi pour chercher mon approbation, que je lui offris d’un sourire. Pas question de le bassiner avec les formes de politesse aujourd’hui – J’aime bien les loups. T’aimes bien quoi, toi ? Comme ça, je dessine un zanimaux que tu aimes la prochaine fois ! Pis, je veux bien un jus d’orange. J’aime pas trop le chocolat chaud, Obaba, elle dit que ça fait tomber les dents mais Grand-Mamie* elle m’en offre plein quand on va la voir, alors je sais pas trop ce qui est vrai. T’as pas peur que tes dents elles tombent toi ?

Voilà, ça lui ressemblait plus là. Bon, la pauvre se faisait assaillir finalement. Le contraste soudain me fit rire brièvement. Tadashi s’installa sur le canapé à l’opposé d’Ania, sans pour autant la lâcher des yeux. Dans sa petite caboche s'accumulait déjà une quantité de questions supplémentaires. Je m’approchai de la table basse et déposai la boîte à pâtisserie. Toutes fraîches, les viennoiseries provenaient d’une des boulangeries françaises huppées d’Osaka. Ma grand-mère voulait gaver mes colocataires de délices japonais, mais un peu d’exotisme sucré me semblait plus judicieux dans un premier temps.

- Mmh, si cela ne vous dérange pas, j’aimerai rapidement récupérer le reste de mes affaires dans le coffre de ma voiture. Les jouets du petit y sont également. Il pourra jouer dans ma chambre le temps que nous échangions quelques mots, tous les deux.

Après délibération avec moi-même, j’en arrivai à la conclusion qu’il fallait directement crever l’abcès quant à notre « relation » - si on peut la qualifier ainsi – passée. J’espérai l’intonation et la formulation lui feraient comprendre que je me souvenais bien d’elle.

*En français

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(#) Re: [RP terminé][Appart 5]Une porte sur le passé  Ven 20 Fév 2015 - 14:29

Je n'avais pas bien compris la comparaison à la grand-mère.
Je me jetai un coup d’œil rapide dans le miroir, constatant pourtant que je ne faisais pas si vieille que ça.
Oui, je comprenais le français et le parlais aussi bien que le japonais, même si je faisais parfois des erreurs au niveau des conjugaisons. Il devait le savoir le Kenji, s'il se souvenait de nos conversations lors de cette soirée l'année dernière, il aurait du retenir que j'avais fait plusieurs séjours en France et tutti quanti. Ça m'étonnerait même s'il se souvenait de mon prénom, alors le reste...

Apparemment le jeune garçon n'était pas un habitué des présences féminines.
D'après ce que j'avais compris, il allait devoir s'y habituer s'il venait parfois rendre visite à son paternel.
J'avais eu peur en voyant le môme, mais j'étais à présent attendrie par le petit que je trouvais amical et très poli.
Je m'attendais à un mioche qui, comme l'aurait fait un cousin, aurait gueulait dans tout l'appart' et serait parti trouver une cachette à cause de l'inconnu. Au moins Tadashi ne présentait pas les symptômes d'une psychose précoce ou secondaire.

Le garçon s'approcha de moi ; geste de confiance qui me fait sourire et apporta toute mon attention sur ce petit ange.
Il me tendit une feuille de papier sur laquelle je voyais quelques gribouillis de couleur qui ressemblaient apparemment à un animal . Un loup. J'aurai cru plus à un de ces petits monstres poilus dans le film Monstres & Cie.
Je me mis à sa hauteur et pris le dessin délicatement tout en le regardant de yeux admiratifs et charmés.
« Oh, il est vraiment adorable ce loup. Tu es un vrai artiste Tadashi. C'est vraiment gentil, merci ! Tu vois, je vais aller l'accrocher sur le réfrigérateur » fis-je en allant justement le poser sur la porte de ce dernier à l'aide d’aimants.
Puis je l'ouvris pour prendre le jus d'orange que je déversai dans un verre.  
Je le lui tendis et répondis à son affirmation à propos du chocolat :
« Tu sais, moi on m'a dit que le chocolat rendait les gens heureux »
J'allais pas lui dire que c'était un anti-dépresseur, il comprendrait pas !

Je revins aussitôt avec le thé et dit à l'homme qu'il ne fallait pas pour les pâtisseries, que c'était fort gentil, que j'adorais ça enfin vous voyez, le genre de chose qu'on dit à chaque fois par politesse.
Il dit ensuite vouloir récupérer le reste de ses affaires dans la voiture, puis parler.
Zut, je l'avais senti arriver ça.
« Oh oui, si vous voulez je peux garder votre fils le temps que vous remontez le reste » fis-je en déposant l'assiette de cookies devant le garçon à qui je murmurai « Je te promet que les cookies aux pépites de chocolat rendent les gens heureux... mais c'est un secret  »
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(#) Re: [RP terminé][Appart 5]Une porte sur le passé  Sam 28 Fév 2015 - 14:03

Ouf, elle avait compris que le dessin représentait un loup. Durant quelques secondes, je m’étais attendu à un drame ou alors une crise explicative sur les loups comme si nous étions des élèves particulièrement crétins. Il faudrait peut-être que j’explique à mon père, un vétérinaire, qu’il devait un peu freiner sur les explications détaillées sur la moindre bestiole pour laquelle mon fils se prenait d’intérêt. Bon, les loups étaient autrement plus amusants que la précédente manie : la ferme à escargots. Toutefois, je préférai mon gosse en mode wild et pas en mode wikipédia : Courir après lui est facile. Tenter de comprendre des mots scientifiques retranscrits par un môme de six ans et devoir les comprendre sous peine d’être regardé avec condescendance par celui-ci nettement moins – des yeux fausse forain rincevent à la place de phosphorescents pour ne citer que lui -. J’esquissai un nouveau sourire reconnaissant pour la jeune femme lorsqu’elle accrocha le dessin au frigo et inclinai même légèrement la tête.

Tadashi regarda la jeune femme avec des yeux ronds quand elle lui affirma que le chocolat rendait heureux. Un peu décontenancé, il laissa la demoiselle tenir son verre durant de longues secondes avant de s’en saisir. Puis, il demanda avec candeur :

- Pourquoi il est pas dans une petite brique le jus d’orange ?

Ouais, avec un môme un peu turbulent, j’évitai d’acheter du jus de fruit en grande brique et de le servir au verre. La faute en revenait à un petit incident lors que le chérubin avait 4 ans. Accro aux jus de fruit, il s’était servi comme un grand depuis le réfrigérateur. Il se trimballait alors avec un verre rempli à ras-bord jusqu’à notre salon. Son dessin animé commençait. Il courut alors pour ne rien manquer. Le jus d’orange éclaboussait le sol et les parois. Le petit s’emmêla les pieds et s’étala de tout son long. Le verre se brisa en répandant le jus partout sur le sol. Il a fallu l’empêcher de lécher le jus d’orange rempli de morceaux de verre. Je m’étais donc retrouvé à l’hôpital pour faire recoudre mon pied parce qu’il avait fallu agir vite. Aussi, dus-je le mettre en garde.

- Fais attention avec le verre et ne renverse rien sur le canapé. Ne bois pas en marchant. Et c’est le même qu’à la maison, ne t’en fais pas.

Le petit s’installa alors sur le canapé, en agitant les jambes dans le vide, les deux mains autour du verre et dévorait Ania des yeux. Derrière ses mirettes, je voyais toujours s’accumuler les questions. Pour le moment, le jus de fruit l’empêchait de se lancer dans un interrogatoire. J’ignorais combien de temps il serait assez distrait pour ça. Encore une fois, je fus surpris quand elle se proposa de surveiller Tadashi pendant que j’irais chercher le reste de mes affaires. Toutefois, je….

- Mais je veux aider moi ! Je suis grand et fort, je vais porter des trucs !

…. savais qu’un certain jeune homme ne serait pas content de rester assis. Posant son verre sur la table, le môme se releva et montra ses muscles – enfin ses bras avec sa grosse veste hiver oblige -. Puis, même si la demoiselle n’était pas une complète inconnue, confier mon fils restait une étape qui prenait du temps à franchir. Vous n’imaginez même pas l’épreuve traversée pour le confier à la crèche, puis en maternelle. Je levai alors les mains en douceur.

- Que ne ferai-je pas sans toi pour porter mes affaires. Laissons la dame préparer le thé, mais dépêchons-nous un peu, c’est impoli de la faire attendre.

Tadashi se dirigeait déjà vers la porte, tout excité d’être utile et d’aider. Quelques secondes après la confession de la jeune femme, il tilta et vint chourrer un cookie avant de se diriger à nouveau vers la porte en courant à moitié.

- Nous n’en aurons pas pour longtemps, un voyage ou deux. Cela ne vous dérange pas si je laisse la porte ouverte ? Ça me simplifierait la vie…

Je m’inclinai une nouvelle fois devant la jeune femme et emportai mon colis surexcité sous le bras. Les bras tendus de chaque coté, Tadashi imitait des bruitages d’avion. Voyons le bon coté des choses, son « aide » l’assommerait peut-être et me permettrait d’avoir cinq minutes pour discuter tranquillement. Une fois derrière le coffre de la bagnole, je le reposai sur le sol et il repartit à l’exploration des quelques buissons et arbres devant l’immeuble. Je frottai doucement mon front en réfléchissant à comment j’allais m’organiser. Un peu blasé d’avance, j’interpellai le morveux.

- Taaadasshi! Ramène-toi ! Tu voulais aider, laisse ce buisson tranquille maintenant.

Deux secondes après, il rappliquait et je lui fourrai dans les pattes le sac avec ses affaires pour la nuit. Rien de lourd évidemment, je ne suis pas un tortionnaire malgré ce que pensaient parfois certains élèves. Deux trajets plus tard – soit entre 15-20 minutes -, nous regagnions à nouveau le salon. Ma colocataire avait largement eu le temps de préparer le thé. Mon fils, sans sa veste cette fois-ci, se réinstalla sur le canapé avec son jus de fruit et reprit encore une fois sa scrutation de l’américaine. Alors que je les rejoignais à nouveau, il lâcha à l’attention d’Anastasia:

- T’es une moitié-moitié* toi ?

Et il fourra un cookie dans sa bouche.


*En français
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(#) Re: [RP terminé][Appart 5]Une porte sur le passé  Lun 23 Mar 2015 - 19:04

Il fallait le comprendre le gosse, à cet âge c'est la pseudo hyperactivité qui prime, puis au fond, le petit Tadashi n'avait sans doute pas envie de rester seul avec une inconnue. Moi non plus d'ailleurs ! J'avais proposé cela comme une simple marque de sociabilité. Ça avait été plus spontané et poli que réfléchi.
Les deux hommes « de la maison », voyons les choses comme ça à présent, prirent la porte pour rapporter le reste des affaires. Je fis un geste traduisant que ça m'importait peu qu'il laisse la porte ouverte, ils en avaient pour une minute.

Une fois seule, je me dirigeai à grand pas vers la boîte de pâtisseries françaises, les yeux animés par une lueur gourmande, pris avec délicatesse un éclair au chocolat que j'enfournai directement dans ma bouche.
Les gourmandises françaises ont été ma plus belle découverte gustative lors de mes voyages au pays de la gastronomie fine. Il venait de marquer quelques points avec ça.
J'avais en attendant laissé l'eau dans la bouilloire. Sur la table était à présent posé les tasses, les cookies avec les pâtisseries et un petit panier dans lequel se trouvait tout type d'arôme pour thé ; citron, agrume, fruits des bois et thé vert.
Ça n'était pas vraiment le thé traditionnel japonais, mais faute de culture, je préférais procéder comme on faisait en Amérique ou en Europe.
L'eau une fois suffisamment chaude, je pris la bouilloire et l'amenais sur la table au même timing que les deux autres qui revenaient.

Ils déposaient tout dans la chambre tandis que je déversais l'eau chaude dans la tasse de Kenji : Un mug blanc sur lequel était écrit en anglais « all I want for christman is Ryan Gosling » … à vrai dire je l'avais chopé un peu au pif donc... ça en voulait dire long sur moi !
Je fis mine d'être naturelle et m'adressai à lui : « Choisissez l'arôme que vous voulez pour votre thé, c'est un peu du vite fait, désolée... » Oui, j'appliquais un stéréotype : le fait que le Japon est le pays du thé en mode zen, là c'était plus le thé à la english artistocracy way !  Mais sans la tasse en porcelaine.
Quand à moi, je faisais mon Américaine dans toute sa splendeur avec la canette de coca même pas versée dans un verre, mais j'avais mis une paille !

Kenji était assis sur le fauteuil, en face, à ses côtés sur le canapé se trouvait le mioche, avec cette manie de me fixer. Et moi, à l'autre bout du canapé, soudainement mal à l'aise. Mais le petit sauva l'affaire en parlant. Il me parlait d'ailleurs en français, il avait sans doute capté que je comprenais la langue. Mais … moitié moitié ? Sur le coup je n'avais pas compris, j'avais même lancé un coup d’œil au papa pour traduire ce qu'il voulait dire, mais aujourd'hui mon cerveau était un peu lent, mais ça avait fini par tilté.
« … ah ! Ah non, moi je ne suis pas moitié moitié. Je suis juste américaine, avec des origines russes » J’aimais le préciser ça, car c'était un truc que les gens trouvaient intéressant apparemment. Surtout mon prénom... le prénom de la princesse du dessin animé Anastasia.
Ne sachant plus vraiment quoi dire, je pris l'assiette de cookie et en proposa un à Kenji. Il avait plutôt intérêt à en prendre un. Mes yeux parlaient d'eux-même.
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(#) Re: [RP terminé][Appart 5]Une porte sur le passé  Lun 23 Mar 2015 - 23:53

Du thé en sachet, évidemment. Heureusement que j’avais emporté avec moi de quoi faire du vrai thé. De qui je me moquais là ? Du thé en sachet, j’en faisais sans doute autant que les occidentaux. La différence résidait surtout dans le fait que je faisais aussi du thé comme on l’imagine selon les clichés japonais. Autrement dit, je variai les plaisirs. Ce qui me le faisait moins, c’était l’énorme tâche que je venais de découvrir sur l’arrière de pantalon de mon fils. De l’encre. ENCORE. Désabusée, ma main lissa lentement mon visage. Mon artiste en herbe avait la manie de dessiner par terre et de s’asseoir sur ses œuvres ensuite. Mes samedis matins étaient dévolus à l’éradication des tâches depuis quelques temps. Il faudrait que je lui explique qu’il devait faire sécher ses œuvres en hauteur et ne pas s’installer dedans quand il regarde la TV. Je priai intérieurement que l’encre soit sèche afin qu’il ne décalque pas le motif de son arrière-train sur le canapé de la colocation. Aucune envie de payer un seau de fric pour le changer à peine arrivé.

Tandis que mon fils faisait la discussion, comme ça lui arrivait souvent, j’observai à nouveau la jeune femme. Elle paraissait un peu moins crispée qu’à mon arrivée. Je me doutai bien qu’elle me gardait probablement encore rancune de mon départ cavalier, mais la hache de guerre semblait au moins enterrée en présence du petit. La tasse fut accueillie avec un peu de dubitation. Je me demandai brièvement si je devais y voir un message larvé ou si elle avait réellement un fétiche sur les américains blonds amoureux clichés dans les films à l’eau de rose – hé, j’ai peut-être pas de petite amie qui me force à aller voir des mièvreries, mais j’ai une mère européenne dans l’audience cible -.

Tadashi écouta poliment la réponse d’Ania avant de hocher la tête, la bouche hésitant entre cookie et jus de fruit. Puis, l’américaine posa l’assiette devant moi comme un défi. S’imaginait-elle que je refuserai la douceur sous le prétexte que le sucre c’est pas pour les hommes ? Sans me faire prier, je me saisis d’un biscuit que je mangeai avec un certain appétit. Un ange passa pendant que je dégustai le biscuit. Tadashi regardait par la fenêtre, fasciné par un oiseau installé sur une branche d’arbre à l’extérieur. Il fallait vraiment que je crève l’abcès.

- Tadashi ? Tu devrais aller ranger tes affaires dans ton coin dans la chambre. Je dois discuter avec la demoiselle. D’accord ?

Obéissant, le gamin hocha la tête. Il avala le reste de son jus de fruit et courut d’abord vers la fenêtre pour voir l’oiseau de plus près. Puis, il se retourna vers nous et déclara avec une suprême autorité.

- Je veux un cochon d’inde. Parce que je suis sage…
- Non, pas de cochon d’inde et pas de grenouille non plus, file maintenant. J’arrive bientôt pour contrôler que tu as bien préparé ton futon comme il faut.

Tadashi, naturellement, ronchonna avant de tout de même rentrer dans la chambre et se mettre à s’amuser avec les jouets qu’il avait fourré dans son sac à dos. Une fois seuls, je reportai mon attention la jeune femme que je dévisageai un moment puis prononçai d’un ton un peu traînant, comme ce soir-là.  

- Anaaassstazzzia.

Avec ça, elle pourrait être certaine que je me souvenais parfaitement d'elle. J’étirai alors un franc sourire avant de reprendre plus sérieux.

- Si ma présence vous est vraiment désagréable en raison de la manière dont nous nous sommes séparés, je peux trouver une solution de rechanger le temps d’avoir une autre place dans une colocation.

Ouh, ça fait presque sympathique et prévenant là. Attention, la manœuvre n’aurait pas lieu dans un autre cadre que le travail. Aucune envie d’avoir des problèmes avec des collègues-coloc alors que je n’avais pas encore débuté le travail à proprement parler.
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(#) Re: [RP terminé][Appart 5]Une porte sur le passé  Jeu 26 Mar 2015 - 9:09

Mon rythme cardiaque s'accéléra dès qu'il congédia Tadashi dans sa chambre. Je compris que l'heure était à présent à la discutions. À vrai dire je me demandais même ce qu'il pourrait bien me dire de beau après plus d'un an sans s'être parlé. Si je regardais bien, cet homme était personne pour moi, quasiment un inconnu, et j'aurai préféré continuer à le voir comme tel.
Malheureusement la vie me contraint à tisser des liens plus profonds à présent. Avec un homme que je jugeais menteur, semi-coureur de jupons et semi-connard. Mais bon père. Il suffisait de voir sa progéniture qui était fort bien éduqué. Ou peut-être que tout ce travail d'inculquer les bonnes valeurs venait de la mère. Ça m'étonnerait pas. Mais ne commençons donc pas à être si vilaine. La dernière chose que je souhaitais était de me mettre à dos un colocataire.

Je roulais les yeux au ciel quand il sortit son «Anastazzziia ». Quel con.
Je me tournai vers lui, grand sourire forcé aux lèvres. Au moins, il se souvenait de mon prénom. Je me rappelais ne pas m'être présentée tout à l'heure.
Mais il me surprit, il en vint directement au but, en envisageant quasiment la conséquence.
Il pensait sincèrement que j'allais le virer pour ça ? Je croyais que nous étions deux adultes et non deux lycéens.

« Kenji, je vais être franche. Certes j'ai pas apprécié ton comportement passé, même si j'ai un sale caractère et que les raisons de t'en vouloir son revenues, car je n'oublie pas facilement les choses,  et bien... non, je ne vais pas te jeter comme ça. Qui plus est tu as un adorable gosse, donc autant vous offrir une situation stable. Je suis psychologue si tu te souviens bien, je ne vais pas laisser Tadashi se poser des tonnes de questions. Puis, je pourrai toujours t'ignorer s'il le faut. » fis-je en croisant les bras.

Je l'avais tutoyé car il était inutile de faire des convenances.
Je ressentais un peu de colère, mais je ne m'en voulais pas, j'étais comme ça, et même un peu rancunière. Surtout avec les hommes.
« Je ne sais pas toi, mais tu fais comme tu veux. Je veux bien que tu restes, par contre ! Si tu touches à ma coloc', Yûna, là oui, tu pourras prendre tes clics et tes clacs. Et je ne veux pas voir tes conquêtes. »
Oui, oui je sais j'y allais un peu fort, mais autant mettre les barres sur les T et les points sur les I.
J'avais une mauvaise image de ce gars. Peut-être que je me trompais rien qu'un peu, mais je m'en foutais bien de ses bons côtés.
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(#) Re: [RP terminé][Appart 5]Une porte sur le passé  Jeu 26 Mar 2015 - 12:54

Je l’écoutais avec attention, un peu soulagé de ne pas avoir à débarrasser à nouveau mes affaires et passer ma semaine dans un hôtel pourri, sans grande salle de bain, sans cuisine – pour ce que je savais en faire, ça ne changerait pas grand-chose mais passons – sans le cadre, assez agréable au demeurant. Dans ses propos, plusieurs choses m’interpellèrent. La mise en garde finale fit, elle, jaillir un rire franc.

- Oh, tu t’imagines vraiment que je vais faire venir « mes conquêtes » ici et draguer une collègue ?

Je continuai quelques secondes à me marrer.

- Cette image que tu as de moi…

Quelques éclats supplémentaires puis, je repris le contrôle.

- Nous allons vivre ensemble, alors permets-moi d’être honnête et direct : Je n’ai aucune intention de séduire une collègue, ni de faire de ma chambre un lupanar. Si vraiment je voulais passer ce type de temps avec une femme, je n’irai jamais dans un cadre lié au professionnel.

J’esquissai un sourire en la regardant droit dans les yeux.

- Désolé, madame la psychologue, je ne suis pas le si terrible coureur que tu imagines.

En temps normal, la confidence qui allait suivre ne serait jamais dévoilée. Toutefois, en tant que collègue qui devrait fréquenter Tadashi quelques fois, elle avait un droit supplémentaire à l’explication. Hors de question d’engendrer des situations gênantes qui pourraient déraper en présence de mon fils.

- Pour bien mettre les choses à plat, vu que tu connais l’existence de mon fils à présent, sache que non, je n’ai pas coupé court à la soirée parce que je suis un gros connard, mais simplement parce que je ne voulais pas te faire perdre ton temps : Il n’y avait pas la place dans ma vie pour quelqu’un d’autre que Tadashi.

M’attendant à une tempête pour m’envoyer chier en rétorquant que je me donnais trop d’importance pour une seule petite soirée, je préférai enchaîner.

- Ne va pas croire que je me pense si exceptionnel. Il n’est pas question là de présumer que la soirée aurait pu donner quelque chose. Je ne me dédouane pas, mais comprend bien que lorsque je rencontre quelqu’un, il y a toujours le moment où je dois leur avouer que je suis père célibataire.

Entre nous, ce moment n’arrivait jamais. Je me carapatais bien avant pour ne surtout jamais avoir à présenter quelqu’un à Tadashi et même avouer son existence à des femmes rencontrées en soirée, mais ça, elle n’avait pas besoin de savoir. Je m’avançais un peu sur mon siège, les coudes sur les genoux et les mains nouées sur ceux-ci.

- Maintenant, en tant que psychologue soucieuse du bien-être mon fils comme tu le suggérais tout à l’heure, tu conviendras sans doute que pour son équilibre, lui présenter des personnes simplement parce que je m’entends bien avec elles et devoir lui expliquer qu’il ne les reverra plus quand elles partiront, qu’il se sera attaché, n’est pas franchement l’idéal. Non ?

Là, je ne pouvais rien faire de plus pour endiguer les potentielles rancunes. Puis, pour une fois, on ne pouvait rien me reprocher. J’avais procédé dans l’ordre : Pas de baisers ni nuits sauvages ; pas de départ en catimini à la faveur de la nuit, luttant pour remettre mon pantalon et ne pas claquer la porte trop fort ; pas de « Je te rappellerai promis » qui n’aboutissait jamais. Désolé pour ceux qui s’attendaient à du sulfureux. Même un peu ivre, je m’étais conduit comme un gentlemen et lui avait même fait la faveur de m’excuser – un événement exceptionnel, je n’ai pas trop de scrupule avec les femmes rencontrées en soirée -.

Toujours installé sur le canapé, je scrutai ses traits, pour savoir si l’agacement ressenti diminuait un peu, pour être certain que ça se passerait bien. Non, je ne suis pas maso au point d’avoir envie de rentrer tous les soirs dans un appartement où je ne suis pas le bienvenue.
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(#) Re: [RP terminé][Appart 5]Une porte sur le passé  Jeu 26 Mar 2015 - 21:21

Bras croisés je le regardais d'un air dur, l'intérieur de mes sourcils tombant légèrement vers le bas ; signe d'une certaine mise en garde.
Je pouvais me faire tout un tas d'interprétations, était-il sincère, était-il menteur, essayait-il de broder ci et là en prenant son fils comme une excuse ?
Je jetais un coup d’œil vers la porte de la chambre à demi-ouverte, là où Tadashi gesticulait  avec quelque chose dans la main. Depuis le salon on l'entendait imiter le bruit d'un moteur.
Un petit rire s'échappa, puis je repris un air peu attendri.
« Autant être franc avec les personnes que tu rencontres, même si elles ne sont que de passage. Dévoiler ton statut de père n'a pas à être difficile, même avec une femme. » De nouveau mon regard se porta vers la chambre. « Si j'avais été maman, j'aurai été fière de dire que je suis la mère d'un adorable petit bout. Pour moi ça n'est pas le genre de détail à omettre, avec quiconque. » fis-je en le regardant d'un air lasse, tout en prenant un cookie.

Je ne comprenais pas pourquoi il ne l'avait pas dit. Qui plus est, son but n'était pas de se trouver une femme, alors à quoi bon ne rien dire s'il ne craint pas de faire fuir une nana qu'il ne convoite même pas.
Dans le cas contraire, s'il était « en chasse », certes, j'aurai peut-être compris, car beaucoup de femmes fuient les pères célibataires. M'enfin bon.
« En plus, regardes ton gosse » dis-je en croquant dans le cookie « Hum. Il est adorable comme tout, j'aurai été sa mère j'aurai directement sorti mon portefeuille pour montrer sa photo, même à un mec qui me plaît »
Je changeai de position et croisai mes deux jambes en dessous de moi.
« Pourquoi ne pas l'avoir dit ? Personnellement, ça ne m'aurai fait ni chaud ni froid. » Je le fixai, tout comme lui. « Il a une mère ? »
C'était la question qui me titillait depuis le début, puis si je devais vivre avec eux, autant avoir les informations nécessaires pour avoir un comportement adapté avec le jeune garçon.
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(#) Re: [RP terminé][Appart 5]Une porte sur le passé  Dim 29 Mar 2015 - 5:01

- C’est un peu plus complexe que tu ne sembles le penser. Assurément, les américains sont plus libres et directs sur le sujet. C’est un peu différent avec les japonais. Encore que j’ai de la chance d’être un homme et non une femme, sinon ça serait l’horreur.

Ajoutai-je avec un rire léger.

- Je ne mens pas aux gens : J’estime juste que cela ne les regarde pas avant un certain degré d’intimité. De fait, une soirée dans un bar avec des inconnus ne remplit pas les critères et ça plombe l’ambiance la majorité du temps.

Sans compter que j’avais aussi le droit de me détendre sans être catalogué « père célibataire », ne serait-ce que pour simplement ne pas avoir à répondre aux éternelles questions et éventuellement tirer ma crampe sans me prendre la tête. Ma posture changea pour reprendre appui sur les coussins moelleux du canapé. Fanfaronnades mises de coté, je devais avouer d’autres raisons sous-jacentes. Même endurant, avec une certaine force de caractère et du ressort quand on essaie de m’abattre, je restais un humain. Arisa, les souvenirs liés à son départ et aux premières sorties après celui-ci me tiraillaient toujours, au mieux, désagréablement. Entre les amis qui, brusquement, n’ont plus aucune envie de vous voir et vous parler – bien qu’un premier élagage avait déjà eu lieu à l’annonce de la grossesse-, la pitié des inconnus, les mines outrées des biens-pensants et celles qui jouaient les mères et fiancées de substitutions, j’avais connu des séries de déconvenues que je souhaitais à personne. Sauf Arisa. Toujours composé, je me forçais à sourire encore pour démentir la rage qui m’étreignait toujours lorsque je repensais à ces événements. Ania n’ayant rien à voir avec cela, ma voix restait aussi amène que possible.

- Et ça engendre toujours la même question, légitime bien que parfaitement indiscrète : Est-ce qu’il a une mère ?

Mon sourire s’élargit encore, pour bien lui montrer que je ne lui en voulais pas de sa curiosité. Puis, dès que j’abordai le vif du sujet, il s’éteint. Mon ton se durcit et s’assécha. Pour mon trésor qui reproduisait les dialogues de sa série favorite de l’instant dans la pièce adjacente, je quittai le japonais au profit de la langue de Shakespeare. Malgré quelques hésitations et ma  prononciation parfois hasardeuse, je préférai éviter que les propos non édulcorés et crûs, n’atteignent les oreilles de mon fils. Pour moi, sa mère était probablement la pire pétasse de l’univers, mais j’avais aucune intention de lui pourrir la tête : Trop mauvais pour son équilibre.

- Normalement, vu que nous ne sommes pas proches et que ça ne te regarde pas du tout, je te mitonnerai un bobard improbable d’agent secret de la CIA qui m’aurait confié un enfant venu du ciel doté d’un pouvoir infini.

Je haussai légèrement les épaules puis continuais.

- Tu sortirais la photo de Tadashi pour la montrer disais-tu ?

Fis-je en reprenant ses mots.

- La femme qui l’a mis au monde ne ferait jamais ça. Elle l’a abandonné quelques mois après sa naissance.

Bien malgré moi, un rire parfaitement amer s’échappa de ma bouche.

- Dépression post-partum, parait-il.

La rage bourdonnait, toujours aussi vive à mes tempes.

- Foutaises.

Aboyai-je.

- Arisa n’est qu’une grosse pétasse. Que ça soit les hormones qui l’aient changé à ce point ou autre chose, personne n’a le droit de se comporter de la sorte avec son enfant.

Mes mots tombèrent comme des couperets.

- Les jours où sa génitrice a pris mon fils dans ses bras se comptent sur les doigts d’une main. Au début, j’ai fait comme tout le monde, j’ai cherché des excuses à son comportement : Fatigue, hormones, dépression. J’ai même culpabilisé en pensant ne pas en faire assez, pas assez riche, pas assez bien pour elle, ce genre de conneries.

D’un sourire en coin, je pris de haut le gamin naïf que j’étais alors. Je ressentais de la pitié pour mes propres illusions.

- La vérité est plus simple : Elle voulait être riche, dans le moule préparé pour elle, qu’on exécute ses caprices, pouvoir s’offrir des choses hors de prix, qu’on la pourrisse jusqu’à la moelle. Notre enfant la dégoûtait. Dans son esprit, il était la cause de sa déchéance. La vie simple que nous lui offrions, Tadashi et moi, ne convenait pas à la princesse pourrie gâtée. Alors, elle a exécuté les ordres de son père : Elle a renié notre enfant, celui que nous avions conçu peut-être par accident mais aussi par amour et qu’elle avait porté en elle pendant neuf mois. Sans le moindre regard en arrière, la moindre hésitation et sans que je ne retienne la garce qu’elle était devenue, elle est partie. En six ans, elle n’a jamais pris la moindre nouvelle.

Entre le miel et le poison, la fureur grondant au fond de la voix, je demandai alors à ma colocataire.

- Alors, à ton avis, est-ce que mon fils a une mère ? Est-ce que tu penses que je devrais dire la vérité aux gens que je croise pour la première fois dans une soirée faite pour s’amuser ?

Mon agressivité jouait sur mes nerfs. Mes lèvres se pinçaient jusqu’à disparaître. Six ans s’étaient écoulés et le pardon n’apparaissait toujours pas dans le domaine des possibles. Une longue inspiration et une expiration qui finit dans un soupir. Mes doigts relâchèrent le tissu de mon siège maltraité.

- L’autre raison évidente pour laquelle je n’en parle pas, je suis incapable de réagir calmement sur le sujet.

Fis-je avec un sourire d’excuse en repassant au japonais.

- Désolé. Je ne voulais pas être impoli ou agressif avec toi. C’est d’autant plus difficile parce que Tadashi est un trésor, intelligent et vif. Adorable avec la plupart des gens. La plupart des gens ont tendance à retenir seulement qu’il n’a pas de mère et le prennent en pitié, en oubliant qui il est lui.

Je coulai un regard vers la chambre où la voix de mon fils égayait l’air de ses mélodies. Un sourire doux détendit mes traits, chassant aisément les reliefs de ma rage rentrée. Avec la fierté d’un père, je confessai à Anastasia.

- Je veux le protéger de ça. Je veux qu’il soit libre de mes erreurs de jugement et du poids des regards assassins ou de pitié. Alors… peu m’importe finalement de décevoir une inconnue aussi charmante fut-elle.

Mon regard en revint à elle.

- Mmh, vrai que ça écoute bien les psy.

La taquinai-je en riant pour rompre définitivement le coté pathos de l’histoire et démontrer que je me vautrais pas dans la tristesse. Honnêtement, sortir ainsi de ma réserve sur le sujet et franchir la limite bien tracée entre le personnel et professionnel me gênait parfaitement. Néanmoins, je n’avais pas réellement le choix vu les circonstances.
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(#) Re: [RP terminé][Appart 5]Une porte sur le passé  Dim 29 Mar 2015 - 13:45

J'avais évité de lever les yeux au ciel devant lui, je le fis donc intérieurement. J'avais oublié que j'étais au Japon et qu'ici tout se différenciait en tout point, que ce soit la cultures, les mœurs, les manières et leur façon de voir et penser les choses.
Américaine dans l'âme et de corps, je les trouvais fort coincés et trop attachés à certaines choses qui chez nous, n'en valent pas la peine. Nous on prend le fusil ou le 4 mn du tiroir et on tir sur ceux qui nous jugent et nous emmerdent.
Cette soirée-la, il l'avait su que j'étais américaine et donc assez ouverte d'esprit, il aurait pu m'en toucher un mot, personnellement je ne crachais pas sur la franchise et l'honnêteté.
Mais... est-ce que j'aurai été prête à me lancer dans une relation avec un père célibataire ?
La réponse n'était pas évidente, ça demandait de la réflexion. C'était s'imposer dans la vie de l'enfant, interagir avec lui, participer indirectement à son éducation.
Je m'imaginais « belle-mère » … déjà, ça me donnait un sacré coup de vieux. Mais je ne me voyais pas comme une remplaçante, plutôt comme la bonne amie qui prend soin du môme en l'emmenant au parc, en lui préparant un goûter.
J'étais tout de même dans l'année de mes 27 ans. J'étais toujours célibataire, et sans enfants. Il fallait que je pense à planifier certains prochains pour ma vie future, je ne veux pas rester seule.

Je ne l'interrompais pas, j'avais posé des yeux attentifs sur ses moindres faits et gestes, expressions faciales, et avaient ouverts grands mes oreilles pour écouter chacun de ses mots en notant les variations de ses tonalités.
Il était énervé. Ses muscles commençaient à se crisper.
Je m'étais adossée plus au fond du canapé, par peur qu'il produise un geste violent.
J'étais déjà tombée sur ce genre de réaction, donc autant prendre une distance physique, juste au cas ou. Car nous les psychologues, on en voit des choses qui font peur niveau comportemental.
Ce fut à mon tour d'être très expressive. Moi qui souvent affichais un air impartial devant mes patients, ici mes émotions venaient de prendre le dessus.
Je n'avais pas un patient en face de moi, je ne saurai même pas le qualifier. On va dire que ça n'est qu'un colocataire qui a besoin de donner quelques précisions pour éviter certaines gaffes futures auprès de Tadashi.
De nouveau mes yeux regardèrent en direction de la chambre. J'étais triste. C'était même injuste. Quel enfant mérite de vivre sans une famille composée d'un père ET d'une mère. Aucun.

Il venait de m'expliquer la dépression Post-Partum de la mère, un sujet que je ne peux que maîtriser ! Je me rappelais mes anciens cours de psychopathologie clinique quand j'étais à Stanford. C'était un pathos que la mère n'avait pas demandé, ça ne pouvait pas être sa faute.
En raison des symptômes et des conséquences dangereuses de cette dépression, l'équipe soignante décide toujours d'éloigner le bébé de la mère.
Mais apparemment, même après ça, elle a décidé de ne pas assumer l'enfant.
Peut-être y avait-t-il d'autres raisons, je ne sais pas.

Il venait de terminer. Détendant même l'atmosphère.
J'affichais qu'un petit sourire. Mon cœur n'avait plus bien envie de rire.

« Après tout ça, j'espère que ton fils continuera à afficher son air jovial. Ça me déplairait de voir cet enfant sous mon toit attristé.
Merci, merci d'avoir été franc cette fois-ci. J'avais besoin de savoir l'histoire pour pas faire de gaffe avec lui, lui poser des questions qu'il comprendrait pas à cause d'un sujet fâcheux.
J'espère que ça t'as fait quand même du bien de parler de ça.
» Je le gratifiais d'un geste : je posai ma main sur son épaule et lui fis un petit sourire d'entente. Geste que les japonais devaient jamais faire, c'est trop choquant de toucher quelqu’un pour eux...
« Si t'as besoin de quoi que ce soit pour toi et Tadashi, franchement, n'hésites pas à me demander. Je serai là. Et, pardon d'avoir été froide. J'aurai pas du mais bon... j'ai un sale caractère ! »
Je pris la boîte de pâtisseries qu'il avait amené et la lui tendit.
« T'es largement excusable avec ÇA ! »
Bah oui... mon pêché mignon quoi.
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(#) Re: [RP terminé][Appart 5]Une porte sur le passé  Dim 29 Mar 2015 - 16:09

- Mon fils est au courant que sa maman était très malade et qu’elle ne pouvait pas s’occuper de lui.

Précisai-je avec un sourire.

- Il est très entouré par la famille. Tu n’as pas de souci à te faire. Conduis-toi avec lui naturellement, n’essaie pas de calculer tes gestes pour le ménager. Si tu veux lui poser des questions, fais-le. Tu sais, tôt ou tard, quelqu’un le fera et j’aime autant que ça soit des gens connus, qui ne le feront pas avec agressivité et méchanceté.

A ma surprise, elle me tapota l’épaule. Si son empathie était touchante, elle faisait néanmoins également partie des raisons pour lesquelles la réalité de la situation ne sortait guère du cadre familial. Evidemment, celle-ci était bienvenue, appréciée même, mais de l’autre, j’avais l’impression qu’on me forçait à devoir être triste. Qu’on forçait mon fils à devoir en souffrir. Je ne voulais pas de ça. Je ne voulais pas que mon fils soit catalogué comme « le gosse abandonné ». Jamais. Après tout, il n’y avait aucune raison pour laquelle la situation devait prendre une tournure dramatique. Une fois ou l’autre, des gamins lâcheraient des saletés à Tadashi, copiant le mode de pensées de leurs parents. Je le savais, l’utopie d’un monde bon et juste m’avait quitté en même temps qu’une acuité visuelle parfaite d’un œil. Toutefois, mon fils avait la force de caractère d’un Abe, un entourage qui le choyait et le contact facile. Ce genre d’épreuves, il s’en relèverait vite. Et si je devais ouvrir la voie à coup de katana pour lui, je le ferai sans le moindre regret.

- Vu mon propre caractère, ça serait gonflé de dire que je n’aime pas ton coté … corsé.

Fis-je en riant, chassant le reste de mes réflexions.

- Et je comprends aussi que tu aies été mécontente, ne t’en fais pas, c’est tout à fait légitime.

Ma droite se plongea délicatement dans le carton à pâtisserie afin d’en extirper une outrageusement grâce et sucrée, un mille-feuille, ça s’appelait il me semble. Lorsque je mordis dedans, un peu de crème pâtissière s’échappa. De l’index, je cueillis celle-ci avec gourmandise pour la porter à mes lèvres. Puis, tranquillement, je demandai :

- En dehors de ça, est-ce qu’il y a des choses que je devrais savoir sur les manières de vivre du foyer ? Sur ses locataires ? Confession pour confession, devrais-je connaître absolument quelque chose de particulier sur Anaaassstazzzia ? Dois-je craindre l’arrivée d’un petit-ami baraqué prêt à me casser la figure ?

Rempliai-je parfaitement goguenard.
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(#) Re: [RP terminé][Appart 5]Une porte sur le passé  Dim 29 Mar 2015 - 16:44

Un petit sourire s'afficha sur mes lèvres. Il aimait le côté corsé de mon caractère ? Du moins c'est ce qu'il venait de dire, et c'est ce que j'avais compris. C'était comme un compliment, j'aimais ce côté de ma personnalité et encore mieux lorsque les hommes l'apprécient aussi. Ça fait parti de mes armes de séduction. Mais actuellement, je n'allais pas l'utiliser, même si j'avouais que Kenji était un bel homme susceptible de me plaire. Mais j'avais dit que je faisais la grève des hommes. Voyons.

« Ne t'inquiète pas pour ton fils, je comptais me comporter normalement et le plus naturellement avec lui. Je ne le prendrai pas en pitié, ce genre de situation, beaucoup d'autres personnes la connaissent, bien plus qu'on peut le croire. Il existe même pire. Puis comme je peux le constater, il n'est pas malheureux, et il ne le sera pas, surtout ici. Il sera le bienvenue et évidemment tu peux le faire venir quand tu le souhaites. Yûna, notre autre colocataire n'est pas au courant mais elle est très compréhensive, faudra juste qu'il ne fasse pas n'importe quoi et qu'il touche pas aux affaires sportives de Yûna sinon... et qu'il ne touche pas à mes magasines de psychologie ! » fis-je en arrondissant mes yeux, qui fixaient l'étagère où étaient rangés avec soin lesdits magasines.

Il me demanda des précisions sur notre petite vie en communauté, tout le reste... si j'avais un copain.
J'avais pas envie de répondre que j'avais failli me caser, mais que l'homme en question est parti, muté à Londres, et que je n'ai plus de nouvelles d'ailleurs...
Faisons simple :
« On va dire que c'est à la fois chacun pour soi et entraide. On aime bien se retrouver le soir pour manger ensemble, si possible cuisiner ensemble quand on a le temps. Parfois quand on se dispute le programme télé bah c'est souvent chacun dans sa chambre sur son ordinateur ou parfois une soirée tranquille devant la télé, à ne rien faire.
Si tu veux ramener quelqu'un extérieur, genre un ami, une amie, etc. on préfère être prévenus à l'avance par un petit sms.
» Je réfléchissais un instant sur les règles. À vrai dire il n'y en avais pas.
« Puis. NON ! Tu n'auras pas à craindre la venue d'un petit ami qui t'aurai dans son viseur prêt à tirer. Pas de petit ami pour moi, pas de petit ami pour Yûna. De mon côté ça ne risque pas, je ne cherche personne. » Un petit silence s'installa... « et toi ?! » demandai-je avec une voix un peu trop aiguë et qui sonna faux.
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(#) Re: [RP terminé][Appart 5]Une porte sur le passé  Dim 29 Mar 2015 - 17:44

- Pour ce qui est de se tenir sagement, je ne promets rien. C’est un gamin de six ans, il a ses lubies.

Je tiltais néanmoins.

- Affaires de sport ? C’est la prof de sport ou elle est juste passionnée ?

Fis-je brusquement intéressé. Puis, je gardai un silence attentif, observant mon interlocutrice avec attention. Je ris légèrement à la mention de la cuisine.

- Je pense qu’il vaut mieux que je m’abstienne pour cela. Hormis les boules de riz et mettre des trucs dans de l’eau chaude et les retirer après un temps fixe, je risque de faire brûler la cuisine. Je vous préparerai le thé et la vaisselle pour faire bonne mesure.

N’ayant jamais vécu seul, à part quelques mois à l’internat pour pouvoir me concentrer sur mes examens ou lors de déplacement pour une compétition ou l’autre, j’étais incapable de cuisiner autre chose qu’un plat de pâtes, des boules de riz, du thé et des ramens tout fait. Autant dire que mon panel culinaire s’approchait du néant ! Quant au reste du programme, je ne passais pas beaucoup de temps devant la télévision. Quelques films naturellement, d’action forcément ou autre quand ma mère me forçait à m’asseoir pour passer la soirée avec elle. Je pourrais sans doute faire l’effort de socialisation nécessaire pour une soirée télé avec elles, mais ne rien faire … Non, j’allais devenir insupportable et odieux. J’éviterai cette partie-là.

- Tadashi ne viendra pas ici fréquemment. La maison à Osaka est plus indiquée et je rentrerai forcément la majorité des weekends pour les compétitions et les leçons.

Je passai brièvement la langue sur mes lèvres pour en retirer les éventuelles restes de crème, une fois la pâtisserie terminée.

- Quant aux amis, peu de chance également. Mais je préviendrai. La présence de Tadashi sans vous avoir mis au courant n’est que la conséquence d’un thé renversé. Il faudra d’ailleurs que nous échangions nos coordonnées.

Aucun sous-entendu romantique là-dedans, avoir le numéro des gens avec qui on partage son quotidien n’était qu’une question de bon sens et de pragmatisme. Lorsqu’elle m’apprit qu’aucun petit ami ne se pointerait courroucé car je partageais la même salle de bain que sa dulcinée, je lâchai un bref rire soulagé. Les japonais avaient parfois tendance à s’imaginer qu’il était impossible de vivre entre hommes et femmes sans glisser l’un dans l’autre.

- Prévenez-moi si la situation changeait. Pas que ça me regarde, mais ça évitera de causer des problèmes inutiles. Les mecs se font souvent des films quand un autre gars vit sous le même toit que l’objet de leurs désirs.

A la question réciproque sur ma vie sentimentale, tout à fait justifiée vu que j’avais commencé, j’eus l’envie difficilement répressible de broder une histoire débile.

- Mmh.

Je grattais doucement ma tempe, feignant la gêne, et avançai sur mon siège, le regard fuyant.

- Je…

Laissais-je planer, faussement timide. Je marquai un temps de pause comme si je rassemblais mon courage et débitais, comme si au dernier moment je me dégonflai :

- Je vais rentrer tard le soir le plus souvent. Entrainements. Je ne regarde pas souvent la télé mais si vous voulez organiser une soirée film, je participerai. Quant à une petite amie, je te l’ai déjà dit : Je n’ai pas le temps ni la place pour une femme dans ma vie.

Aucune raison de lui parler des étreintes fugaces et celles que je tolérais quelques jours pour me distraire. Cela ne ferait assurément que nourrir l’image de séducteur connard.

Une tornade se dirigea ensuite sur moi, bondissant sur mes genoux sans prendre la moindre précaution et fourra avec une suprême autorité un dessin entre mes mains.

- J’ai fait un dessin ! C’est la deuxième maison. Là, c’est moi, là c’est toi, là c’est un loup parce que les loups c’est cool. Et là, c’est la Cookie-Onēsan. Là, t’as les buissons devant l’immeuble, parce que c’est des bonnes cachettes pour faire peur aux filles.

Expliqua-t-il en désignant les différentes silhouettes. Si j’avais mon éternel kimono, comme presque toujours sur ses dessins – sauf quand je suis un pirate – et Tadashi son habit de loup, le dessin croquait Ania comme une sorte de masse de cheveux clairs avec une robe blanche et des biscuits pleins les mains. Assez difficile de ne pas rire devant la représentation. Aussi, avant d’éclater de rire, j’ébouriffais la tignasse de mon fils.

- Je vois. Il est très réussi. Tu devrais le montrer à Cookie-Onēsan.

Ce qu’il s’empressa de faire, sans toutefois sauter sur elle, avec plus de délicatesse – on lui avait appris à ne pas être trop brusque avec les étrangers – et de reprendre ses explications. D’une main, je camouflais mon début de fou rire.


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(#) Re: [RP terminé][Appart 5]Une porte sur le passé  Lun 30 Mar 2015 - 20:26

Pas de temps pour une femme dans sa vie. Pas de temps, pas l'envie ? Pas envie à cause de son fils ? Dans tous les cas ça revenait au même : Tadashi.
Je me doutais qu'il ne finirait pas sa vie seul, au bout d'un moment viendra le jour où il laissera quelqu'un rentrer dans sa vie, peut-être même offrira-t-il une belle-maman à son fils.
Le petit garçon était encore jeune, Kenji aussi l'était. Il avait encore tout son temps devant lui pour ce genre de préoccupation.
Peut-être s'en occuperait-il quand le garçon aura atteint la dizaine d'années.

J'allais répondre quelque chose lorsque que Tadashi bondit sur les genoux de son père, tout fier de lui présenter une feuille blanche sur laquelle je distinguais quelques formes et gribouillis colorés.
Il le présenta comme étant sa nouvelle maison avec Kenji, lui, un loup. Puis moi.
Mon cœur venait de faire quelques bons rapides, preuve que cette petite attention enfantine me faisait plaisir.
Mais, psychologue dans l'âme les interprétations fusaient dans ma tête. J'avais fait particulièrement attention à l’appellation « Onesan », grande sœur. Me voyait-il vraiment comme ça ?
Tout compte fait, ce gosse venait inconsciemment de montrer qu'il était content de sa nouvelle connaissance : moi-même, la femme aux cookies.
Il venait de me montrer le dessin. Grand sourire aux lèvres je me redressai et me penchai vers l'enfant pour regarder avec attention son chef d’œuvre. Un dessin d'enfant avait beau être très maladroit avec des coups de crayons qui dépassés partout, mais un dessin d'enfant voulait dire tellement de chose et exprimait bien plus d'émotion que la peinture d'un artiste de renom.
Kenji riait à l'étouffé. Je lui jetais un regard, un peu trop heureux, mais je l'étais. C'était peut-être mon cœur de femme avec son côté maternel qui commençait à faire surface.

« Un vrai artiste en herbe ! Il est très très beau ton dessin ! » dis-je avec le ton qu'on adopte généralement avec un enfant.
Je ne savais pas s'il me le donnait. Mais j'avais la nette impression que le frigo allait pas tarder à être tapissé de dessins de ce genre.  
Je sens déjà Sakura venir me demander des explications, je suis même certaine qu'elle allait me charrier avec ça.

« Bon, pour ce qui est des explications à propos du logement, je n'ai rien d'autre à rajouter en ce qui concerne la vie en communauté. Pour ce qui est des charges, taxes et autres j'ai sorti le dossier derrière. Le propriétaire qui loue l'appart m'a demandé de te faire signer un papier, puis sans plus. On aura pas à se prendre la tête. »

Je venais de me lever pour récupérer les papiers, les tendis à Kenji et m'adressa à Tadashi.
« Alors-dis toi, qu'est-ce que tu aimes bien manger ? »
Fallait pas rigoler avec l'alimentation avec un gosse.
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