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 [Terminé] Appartement 12 - Quand le psy déprime [Darren]

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(#) [Terminé] Appartement 12 - Quand le psy déprime [Darren]  Lun 14 Sep 2015 - 23:25

Quand le psy déprime...


- Scheiβe (Merde)…

Ma chemise dans une main, mon téléphone portable dans l’autre, je cherchais désespérément la jumelle de la chaussette que j’avais déjà au pied. Pas facile dans la pénombre de la chambre dans laquelle je me trouvais. Il était près de trois heures du matin et je me sentais à la fois bien et insatisfait.

- Où tu vas ?

La lumière s’alluma et la jeune japonaise avec qui je venais de passer une soirée folle me dévisagea, un sourire aguicheur accroché aux lèvres. Je me retins de grimacer. Elle était bien mignonne mais si elle croyait que j’allais rester et lui amener son petit déjeuner au lit dans quelques heures, elle pouvait toujours courir. Je faisais toujours en sorte de partir avant que les filles se réveillent parce que j’estimais n’avoir aucune raison de les revoir. Mais là, c’était raté.

- J’bosse aujourd'hui, répondis-je d’un ton neutre en trouvant enfin ma chaussette.

Je l’enfilai, mis mes chaussures et ma chemise.


- Et alors ? dit-elle en descendant du lit, complètement nue, pour me rejoindre. T’as qu’à dire que tu auras un peu de retard.

Alors que je boutonnais ma chemise, elle s’empressa de défaire les boutons et de passer ses longs doigts fins le long de mon torse.

- J’en ai pas fini avec toi mon p’tit allemand…

Je la repoussai d’un doigt sur le front, allai prendre mes clés de voitures laissées sur le guéridon dans l’entrée. La jeune femme mit un grand châle sur ses épaules et me suivit sur la pointe des pieds.

- Je ne connais même pas ton nom, comment je fais pour t’appeler ? s’enquit-elle en faisant la moue comme une gamine.

Je rangeai mon téléphone dans la poche de mon jean, ouvris la porte d’entrée. Puis je me tournai vers elle et haussai les épaules en lui accordant un regard des plus dédaigneux. Je détestais cette façon d’insister de manière puérile.


- Tu m’appelles pas, dis-je simplement.
- Quoi ?

Je sortis de l’appartement alors qu’elle se précipitait vers la porte.

- Tu t’prends pour qui ? s’énerva-t-elle, perdant alors toute la douceur et le charme dont elle avait fait preuve jusqu'à maintenant. Eh ! J’te parle !

Faute de réponse, elle se mit à crier.

- C’est ça dégage ! De toute façon c’était nul !
- C’est pas c’que les voisins ont entendu,
répliquai-je avant de disparaître à l’angle du couloir.
- Connard !

Elle m’insulta encore mais je n’écoutai plus. Je descendis les escaliers et sortis du bâtiment. En quelques minutes, je rejoignis mon appartement et passai les quelques heures qu’il me restait à dormir, histoire de me reposer un peu. Mais ce fut quelque peu difficile dans la mesure où, soudainement, un élan de mélancolie me tirailla. Les dernières insultes de la jeune femme résonnaient dans ma tête et je me disais que je n’étais vraiment pas fait pour être en couple. Je m’étais forgé un caractère bien trop froid et égoïste pour que quelqu'un puisse l’apprécier, même s’il m’arrivait parfois d’être avenant et souriant. Mais ça, c’était surtout dans le travail. Il le fallait bien. Jusqu'à maintenant, je ne m’étais jamais imaginé avec une femme parce que je n’en voyais pas l’utilité. C’était toujours le cas aujourd'hui mais j’avais l’impression de ressentir un certain manque. Surprenant, non ? Je crois que je ressentais ce vide depuis ma rencontre avec Eva au bar. Je l’avais défendue contre des ivrognes, nous avions ensuite échangé quelques mots et je l’avais raccompagnée à l’école de Kobe. Et, bizarrement, j’avais ressenti comme une envie de l’aider quoi qu’il arrive et de ne jamais plus la voir pleurer. Le seul fait de souhaiter la protéger des mauvaises choses me remontait déjà le moral.
Mais je passai quand même une nuit très courte et en plus de cela, une journée particulièrement éprouvante. Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu autant de travail. L’effectif beaucoup plus élevé ici qu’en France ou en Allemagne permettait davantage de séances et d’analyses sur le terrain. Du coup, cela amenait à faire plus de rapports et depuis quelques jours, je sortais de l’école bien plus tard que dix-sept heures. J’allais quand même au bar après manger parce que je me sentais mieux dans un lieu un peu animé plutôt que dans mon appartement silencieux. Cependant, en ce mercredi soir de la mi mai, je voulais rentrer chez moi et retrouver le confort du canapé avec un fond de musique et un peu de bière. D'autant plus que c’était dans ce fameux bar que l’autre dinde m’avait abordé… C’est donc après avoir rapidement mangé un morceau que je passai par une épicerie pour acheter un pack de bières, avant de rejoindre mon appartement.
La nuit était déjà tombée et la lumière du lampadaire le plus proche éclairait une partie de la pièce à vivre entre les deux rideaux. Je laissai mes chaussures dans l’entrée et allumai la lumière. En jetant un regard circulaire à la pièce à vivre, je soupirai. Il n’y avait rien de plus triste que mon appartement. Il n’était pas beaucoup décoré... pas du tout en fait. La peinture taupe des murs, le gris clair des portes et le carrelage blanc amenaient de la luminosité dans les lieux mais rien n’amenait la gaieté. Aucune affiche, aucune photo, pas une seule plante verte. Rien que le strict nécessaire. Ne m’étant jamais vraiment attaché aux logements que je louais étant étudiant, je n’y apportais aucune touche personnelle car je n’y passais pas beaucoup de temps, à part pour me doucher et dormir. Cependant, peut-être allais-je rester ici bien plus longtemps qu’ailleurs alors peut-être devais-je penser à décorer cet appartement…
Je haussai les épaules. De toute façon, je n’étais pas doué pour la décoration et je n’avais pas vraiment la tête à cela. Je vivais seul, personne n’était là pour apprécier ou non la « déco » alors à quoi bon… Fatigué, j’allai mettre le pack de vingt-quatre bières au frigo – en mis quelques-unes au congélateur pour pouvoir les consommer rapidement – me rendis compte qu’il était quasiment vide, tout comme les placards. A croire que je ne vivais pas ici. J’allumai la télévision sans vraiment la regarder – elle me tiendrait compagnie pour la soirée – puis la chaîne Hifi posée sur le meuble d’en face. La clé USB restait en permanence branchée dessus, il ne me restait plus qu’à choisir ma liste. J’optai pour la discographie entière de Megaherz, un groupe de metal industriel allemand, mon genre préféré.
Tandis que la musique défilait et que les bières refroidissaient, j’allumai mon ordinateur portable et m’installai à la table de la cuisine. Je passai un peu de temps sur Internet, histoire de vérifier mes mails et terminer mes derniers rapports. Je pris ma première bière à la fin de mon travail. Ne sachant pas quoi faire d’autre, je téléchargeai quelques films. J’aimais bien le genre action et guerre, peut-être qu’en regarder un ce soir me ferait oublier la soirée d’hier et ma journée épuisante. Mais à la vitesse à laquelle j’enfilais les bières, je n’arriverais pas à suivre l’histoire. En à peine une heure, j’étais affalé dans le canapé et déposai la treizième bouteille sur la table basse, avec toutes les autres bien évidemment vides. Il était à peine vingt et une heures et, pris de vertiges, j’avais déjà envie d’aller me coucher…


« Au moins t’as pas de femme pour te dire de tout ranger et d’arrêter de boire parce que tu travailles demain » me susurra ma conscience.

Allongé sur le dos, je pliai un bras derrière ma tête et me servis de ma main libre pour me frotter les yeux.


« Mais peut-être que ça t’aiderait aussi… »

M’aider à quoi ? J’étais très bien tout seul, je n’avais besoin de personne.

« Tu as plus que jamais besoin de quelqu'un. Ou devrais-je dire quelqu'une. »

- Il existe même pas ce mot…
grommelai-je avant de bailler.

« Blablabla… Pourquoi tu fuis l’évidence ? Arrête de jouer les solitaires et entre dans le monde de la sociabilité ! Et le boulot, ça ne compte pas ! »

- Lâche-moi, Meyer…


C’était de pire en pire. Je me parlais déjà tout seul en temps normal mais avec de l’alcool dans le sang, j’étais à la limite de la schizophrénie.

- J’fais c’que j’veux, soupirai-je en laissant reposer mon poignet sur mon front.

« Et allez ! V’là monsieur l’égoïste qui fait son grand retour ! Remarque… il n’est jamais vraiment parti. Quand est-ce que tu vas arrêter de ne penser qu’à ta gueule ? Il serait temps de montrer un peu de générosité et d’amour aux autres… »

- Tu t’fous d’moi ?
ricanai-je.

Mais mon sourire glissa très vite sur mon visage quand je pensai à Noriko pour laquelle j’avais accepté de donner des cours supplémentaires en littérature, à Darren le prof d’anglais plutôt sympathique et à Eva, si douce et si fragile… et si gentille avec moi.


« Fais gaffe, tu risques de tomber amoureux » se moqua ma conscience.

Je fermai les yeux.


- Fick dich (Va te faire foutre), Meyer…


Dernière édition par Constantine Meyer le Dim 20 Sep 2015 - 20:15, édité 1 fois
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(#) Re: [Terminé] Appartement 12 - Quand le psy déprime [Darren]  Mar 15 Sep 2015 - 19:47

Darren se trouvait devant la porte d'un de ses ... Amis ? Oui il pouvait définir Constantine comme un ami. Sa conscience prit la voix horripilante de sa mère pour lui faire une réflexion comme quoi, ce n'est pas en parlant quelque fois aux gens qu'on est ami. Darren sourit, il savait que le feeling passait plutôt bien, c'est peut être pour ça qu'il se retrouvait devant sa porte avec un tablier et tout enfariné. La cuisine, c'était vraiment son truc mais être maladroit était la définition de Darren. Donc pourquoi ce dernier était devant la porte de l'allemand. Il n'avait plus de chantilly pour la gâteau qu'il était en train de faire. Pourquoi manquait-il de chantilly ?

Pour le savoir, il fallait remonter quelques minutes en arrière dans son appartement. On avait toqué à sa porte, Darren s'était donc empressé d'aller ouvrir. Quelle fut sa surprise quand il reconnut sa conquête d'un soir de la semaine passée. Sur le coup, le rouquin recula et l'autre avança vers lui, prennent sans doute son geste pour une invitation. Darren se saisit alors de la seule chose qu'il avait sous la main, une bombonne de chantilly.

"Tu croyais que je n'allais pas te retrouver ? Après m'avoir laissé en plan la dernière ?"

Ben si c'est ce qu'espérait vraiment le rouquin qui n'avait aucune envie de revoir les gens avec qui il couchait juste un soir. Manque de bol, il était tombé sur le psychopathe. Il avait fait des recherches sur lui et avait trouvé où il habitait. C'était comme qui dirait, un peu flippant. Qu'est-ce-qu'il pensait ? C'était carrément flippant et ce mec devait être vraiment un psychopathe dans l'âme ou un flic. Mais sur le coup de la peur en voyant l'homme devant lui, il avait appuyé sur la gâchette de la bombonne. La chantilly allait directement droit dans les yeux de son "agresseur". L'homme recula et Darren profita pour le pousser hors de l'appartement. Il ferma sa porte et attendit derrière que l'homme s'en aille. Mais ce dernier resta pendant plusieurs minutes à l'insulter copieusement à travers la porte. Quand il fut enfin partit, Darren remarqua qu'il avait vidé toute la bombonne et donc il ne pouvait pas finaliser son gâteau. Cela l'embêtait vraiment.

Le rouquin se maudit de ne pas être regardant sur ses amours d'un soir et ne pas pouvoir détecter les cas quand ils se présentaient à lui. Mais bon, quand on voyait son ex, on pourrait insulter Darren de naïf et de détraqué de se mettre en couple avec un homme ayant des troubles mentaux. L'amour ne se commande disait-on ou le cœur a ses raisons que la raison ignore. Darren était assez d'accord avec ses deux citations dont il avait totalement zappé les auteurs pour ne pas changer. Il sortit prudemment de chez lui pour mettre la main sur de la chantilly.

Et c'est pour ça qu'il se retrouvait devant la porte de Constantine. Il toqua et cria pour se faire entendre. La musique était forte mais il entendait l'allemand parler. À qui ? Il ne savait pas.

"Hey ! Constantine, c'est moi, Darren ! Tu pourrais m'ouvrir s'il te plaît ?"
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(#) Re: [Terminé] Appartement 12 - Quand le psy déprime [Darren]  Mar 15 Sep 2015 - 21:00

Je ruminais de sombres pensées quand on frappa à la porte. Je sursautai, ouvris les yeux et lançai un regard déprimé au plafond.

- Hey ! Constantine !

Qui m'appelait par mon prénom ?

- C’est moi, Darren ! Tu pourrais m’ouvrir s’il te plait ?

Darren ? Que voulait-il à cette heure-ci ? Inutile de faire semblant de ne pas être là, la musique était assez forte pour être entendue depuis le couloir, si on approchait un peu de la porte. Dans un soupir, j’attrapai la télécommande et éteignis la télévision. En voulant la reposer sur la table basse, je manquai mon coup et elle tomba par terre. Tant pis, je la ramasserais plus tard. Possédé par l’esprit de la flemme, je me redressai. Là encore, je manquai mon coup et tombai du canapé, face contre terre.

- Bordel de m… merde ! grondai-je alors qu’une bouteille de bière vide me tombait sur le dos.

Avec un effort colossal, je parvins à me mettre debout, non sans être pris de quelques vertiges. La bouteille roula au sol mais je l’ignorai. D'un geste lent, je baissai un peu la musique et me dirigeai vers la porte d’entrée. Je me regardai un instant dans le miroir accroché au mur, à côté du porte-manteau. J’aurais pu avoir l’air plus fatigué et ivre mais au final, cela ne se voyait pas tant que ça. Enfin… d’après moi. J’ouvris à demi la porte, la main droite accrochée à la poignée et le bras gauche appuyé contre le mur. Mieux valait que je me tienne quelque part car je ne tenais pas vraiment debout. Mon collègue écossais se trouvait devant moi, vêtu d’un tablier de cuisine et des traces de farine sur le visage. Il avait l’air de bonne humeur mais quelque chose semblait le tracasser. Au vu de sa tenue, je supposai qu’il lui manquait un ingrédient pour cuisiner.


- Euh… salut, dis-je incapable de me rappeler si nous nous étions croisés à l’école de Kobe aujourd'hui. Y a un problème ?

Une douce odeur me chatouilla les narines, me sortant un peu de mon ivresse.

- Ça sent le gâteau…
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(#) Re: [Terminé] Appartement 12 - Quand le psy déprime [Darren]  Mar 15 Sep 2015 - 22:00

Darren fut surpris quand il entendit deux bruits sourds consécutifs. Comme si un corps était tombé parterre.

"Bordel de m...merde !"Jura-t-il.

Ok, récapitulons la situation. Deux bruits sourds et un juron, Constantine devait être tombé. Darren eut un sourire en coin, il connaissait cette situation de s'emmêler les pieds deux fois de suite. quand l'allemand vint enfin lui ouvrir. Le rouquin fut intrigué par l'attitude de son ami quelque peu étrange. Bon, à vrai dire, Constantine avait toujours une attitude un peu louche mais là, c'était le summun. Il n'avait pas ouvert la porte entièrement.

"Euh ... salut. Y a un problème ?"

Euh oui ... Il avait croisé le bleuté le matin même. Mais bon, le psy avait l'air bizarre à ce moment là. Il ne l'avait pas salué comme d'habitude, il avait à peine levé les yeux sur lui. Il avait l'air préoccupé par quelque chose, quelque chose d’extrêmement important pour le perturber à ce point-là. Et ce qu'il voyait ne faisait que confirmer ce qu'il avait pensé. Constantine était tracassé et avait fuit dans l'alcool. Cette attitude n'était pas la bonne mais Constantine avait souvent du être contraint de gérer ses problèmes seul avec la bière comme seule confidente. et ceci allait radicalement changer, le rouquin se le jurait. Il avait toujours été pour ses amis et ça n'allait pas changer de si tôt.

"ça sent le gâteau ...
-Ouais je fais un gâteau et j'aurai besoin de chantilly. Mais ça va attendre je crois."

Il s'approcha du bleuté et lui tapota le nez. Il avait un regard soucieux, il voulait aider le psy. Pour une fois, les rôles allaient être inversés et c'est tant mieux. Si Darren n'était pas aussi empathique, il aurait sûrement voulu devenir psychologue mais bon, il aimait trop enseigner et s'incruster dans la vie de ses élèves. Il appuya sur le bout du nez de son voisin.

"Toi et moi sur le canapé. Tout de suite. Tu as des choses à me dire et tout de suite Meyer."

Il poussa légèrement son vis-à-vis pour entrer dans son appartement, sans son autorisation mais bon, ce dernier n'était peut être plus capable de le mettre à la porte. Il envoya son tablier valser et enleva la farine de son visage. Il entraîna Constantine et le fit s'asseoir sur le canapé. Il avait besoin d'aide vu l'était dans lequel il était. Il s'assit à côté de lui et croisa les bras en fixant les différents cadavres de bières.

"Allez dis-moi ce qui va pas. Tu sais, on est presque ami je dirai alors on peut en parler si tu veux. Tant que tu n'avales plus de bières, ça me va."

Sa main se dirigea dans les cheveux bleus de son homologue et lui ébouriffa doucement. Le bleuté avait l'air d'être aux trente-sixième dessous. Cela faisait vraiment de la peine à l'écossais qui lui sourit pour l'encourager à lui dire ce qui lui pesait sur la conscience à ce point.
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(#) Re: [Terminé] Appartement 12 - Quand le psy déprime [Darren]  Mer 16 Sep 2015 - 0:24

Un aperçu de l'appart (il est au deuxième étage) :
 


- Ouais, je fais un gâteau, confirma Darren, et j’aurais besoin de chantilly.

Il m’observa alors attentivement.

- Mais ça va attendre je crois, ajouta-t-il plus sérieusement.

Sans prévenir, il s’approcha et me tapota le nez du bout de l’index, l’air inquiet. Je ne réagis même pas, bien trop fatigué et alcoolisé pour répliquer.


- Toi et moi sur le canapé, tout de suite, déclara-t-il en m’appuyant sur le nez.

Il me prenait pour une sonnette ou quoi ?


- Tu as des choses à me dire et tout de suite, Meyer.

Il ne me laissa pas vraiment le choix et me poussa légèrement pour entrer. Stupéfait, je restai planté dans l’entrée puis, dans un soupir, refermai la porte et rejoignis Darren dans la pièce à vivre. Il avait balancé son tablier sur la table de la cuisine et se frottait le visage pour enlever la farine qui lui blanchissait les joues. En me voyant, il m’entraîna en direction du canapé et me fit asseoir. Si j’avais eu un semblant de lucidité, je lui aurais déjà mis mon poing dans la figure, collègue ou non. Mais mes bras et mes jambes refusaient de m’obéir et bouger ne serait-ce qu’un peu semblait presque relever de l’impossible. Darren prit place à ma droite et croisa les bras, le regard fixés sur les bières vides posés sur la table basse.

- Allez, dis-moi ce qui va pas, dit-il patiemment.

Il était sérieux ?


- Tu sais, on est presque amis, je dirais, alors on peut en parler si tu veux. Tant que tu n’avales plus de bières, ça me va.

Pour qui se prenait-il ? C’était moi le psy, pas lui ! Et il n’était pas… mon ami. Je n’avais aucun ami et aucun besoin de me confier. Pour m’encourager, le prof d’anglais se permit de m’ébouriffer les cheveux. Puis il m’adressa un sourire amical. L’esprit totalement embrouillé, je soupirai et me penchai pour ramasser la bouteille qui m’était tombée dessus tout à l’heure.

- J’ai pas le droit de me bourrer la gueule de temps en temps ? lâchai-je en posant la bouteille à côté des autres. Ça arrive à tout l’monde…

Ma réponse ne sembla pas le satisfaire car il me fusilla du regard.

- Scheiβe (Fait chier)… murmurai-je.

Je laissai mon dos reposer contre le dossier du canapé et fermai les yeux. Que voulait-il que je lui dise ? Je n’allais pas me confier aussi facilement à un type que je connaissais depuis à peine un mois. D'habitude, c’était les gens qui s'ouvraient à moi durant les séances, pas le contraire.


« Il serait peut-être temps que ça change… » suggéra ma conscience.

Je n’en voyais absolument pas l’utilité.


« Ce que tu peux être borné, Meyer ! C’est encore pire quand t’es bourré… Et ne me dis pas de me taire, c’est vrai ! »

Je me frottai les yeux d’une main, les rouvris et regardai l’écran noir de la télévision dans lequel je pouvais voir mon reflet flou à côté de celui de Darren.

- Je… j’ai rien à dire, déclarai-je pris d’un vertige.

Je me penchai en avant, posai mes coudes sur mes genoux et enfouis mon visage dans mes mains.


- Juste… une mauvaise passe.

Je joignis mes mains, craignant déjà la réaction de Darren qui insisterait sûrement pour que j’en dise plus.
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(#) Re: [Terminé] Appartement 12 - Quand le psy déprime [Darren]  Mer 16 Sep 2015 - 14:28

"J’ai pas le droit de me bourrer la gueule de temps en temps ? ça arrive à tout l'monde ..."

Là, Darren ne put que hocher la tête pour signifier son accord. Il n'était pas le dernier pour ça mais au point de se bourrer la gueule seul dans son appartement avec la musique à fond. Il y avait carrément un fossé entre les deux notions. Mais le rouquin ne fit pas de réflexion, faire une distinction entre deux notions différentes avec quelqu'un de passablement bourré ce n'était pas trop son truc.

"Je ... j'ai rien à dire."

Tsss, mais oui bien sûr et Darren était la reine d’Angleterre tant qu'on y ait. Il n'avait jamais entendu de mensonge, il étouffa un rire. Le petit Constantine était néanmoins conscient que l'écossais ne le laisserait pas tranquille tant qu'il ne saurait pas la vérité. À ce jeu là, Darren était très doué vu qu'il était têtu comme pas deux. Il bougerait ses fesses du canapé pour rien au monde mais quand il vit la posture de Constantine, il se leva pour se diriger dans la cuisine adjacente.

"Juste... une mauvaise passe."

Ben, voyons ! Si c'était juste ça pourquoi le psy cherchait à lui cacher la vérité avec autant d'obstination ? Le rouquin soupira et fouilla la cuisine de l'allemand à la recherche de divers ingrédients. Il avait laissé le bleuté sur le canapé mais il le surveilla du coin de l’œil, il ne voulait pas qu'il se blesse. Et surtout il ne voulait pas faire l'infirmier pour un mec bourré.

"T'as intérêt à me mentir mieux que ça si tu veux me faire gober ça."

Darren avait un air sérieux dans sa casserole, remplie d'un liquide brun. Il ne connaissait rien de mieux pour remonter le moral de quelqu'un. Il prit deux tasses et les remplit du liquide en question. Il donna une des deux tasses au bleuté. Darren avait sorti sa carte maîtresse, le chocolat chaud. Il n'y avait rien de mieux pour "guérir" une âme en peine. Il souffla sur le liquide.

"Te brûle pas, c'est chaud. J'ai pas envie de jouer l'infirmière de monsieur je-me-bourre-la-gueule."

Le rouquin profita de la faiblesse de son ami pour lui caresser doucement les cheveux. Par ce geste, il voulait l'apaiser, il savait que Constantine n'était pas habitué à ce genre de gestes de tendresse. Il allait l'y habituer, il se le promettait à lui-même. Aujourd'hui et vu son état, Constantine ne pouvait pas manifester son mécontentement et lui mordre la main. Darren le croyait capable de ce genre de connerie, c'est que la bête était énervé et un peu psychopathe sur les bords.

"Prends ton temps. J'ai toute la nuit devant moi. Tu n'es même pas obligé de parler, si tu n'en as pas envie. Je respecterai ton choix."

Il but tranquillement la première gorgée de son chocolat chaud et observa la porte-fenêtre qui menait à un balcon il supposait.
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(#) Re: [Terminé] Appartement 12 - Quand le psy déprime [Darren]  Mer 16 Sep 2015 - 16:41

Et j’avais raison de me méfier. Alors qu’il se levait pour aller du côté de la cuisine, il se mit à farfouiller dans les placards tout en me menaçant de lui mentir mieux que ça si je voulais paraître convainquant. Je ne savais pas ce qu’il fabriquait mais j’étais bien trop faible pour me lever et l’interrompre. Je le laissai donc faire, un peu irrité par son comportement. S’il croyait qu’il pouvait faire ce qu’il voulait chez moi, il se mettait le doigt dans l’œil.

« Arrête de râler, il essaie juste de t’aider… » s’exaspéra ma conscience.

Darren me rejoignit bientôt avec deux tasses remplies de chocolat chaud. Il m’en donna une et je la pris sans même m’en rendre compte, bien trop surpris par son initiative.


- Te brûle pas, c’est chaud, prévint-il à la manière d’un père protégeant son fils. J’ai pas envie de jouer l’infirmière de monsieur je-me-bourre-la-gueule.

Ça avait pourtant l’air de lui plaire étant donné la douceur dont il fit ensuite preuve pour me caresser les cheveux… Me caresser les cheveux ? SÉRIEUSEMENT ?

- Prends ton temps, ajouta-t-il patient. J’ai toute la nuit devant moi.

« C’est ça et tu veux pas m’violer aussi, tant qu’on y est ? »
me dis-je en sentant mes mains trembler de rage autour de la tasse.

- Tu n’es même pas obligé de parler si tu n’en as pas envie.

« Justement, alors casse-toi de chez moi… »

- Je respecterai ton choix.

« Putain mais barre-toi ! »


Je posai brutalement ma tasse sur la table basse et, alors que Darren finissait de boire une gorgée de chocolat, je me levai d’un bond et l’empoignai violemment par le col de son tee-shirt.

- J’suis dépressif OK ? m’écriai-je sous son air totalement stupéfait. Fous-moi la paix avec ça, je gère très bien tout seul !

Puis, conscient que je venais de maltraiter le seul type qui voulait bien m’accepter en tant qu’ami, je le lâchai et me détournai à demi, honteux. Je lui avais fait renverser du chocolat sur le carrelage.

« C’est malin… » me dis-je désespéré.

D'un pas lent, j’allai chercher une feuille d’essuie-tout sur le plan de travail de la cuisine et revins devant le canapé. Incapable de regarder le prof d’anglais en face, je me mis à genoux et frottai le carrelage.


- Un psy dépressif… murmurai-je plus pour moi-même qu’à son attention.

Je ricanai tristement.


- Qui l’aurait cru ? repris-je en me redressant.

Je laissai la feuille d’essuie-tout sur la table basse et m’affalai sur le canapé, les yeux baissés. Le silence tomba entre nous.
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(#) Re: [Terminé] Appartement 12 - Quand le psy déprime [Darren]  Mer 16 Sep 2015 - 23:15

"J'suis dépressif OK ? Fous-moi la paix avec ça, je gère très bien tout seul."

Darren fut d'abord très surpris par la réaction du psy qui avait totalement perdu son sang froid. Darren n'allait pas tarder à le perdre aussi, que Constantine lui crie dessus était une chose mais qu'il l'empoigne par le col et qu'il le fasse renverser son chocolat chaud en était une autre. Il observa se diriger vers la cuisine puis il trouva la tâche au sol très intéressante. Beaucoup de sentiments se bousculaient se bousculaient dans sa tête. La tristesse dominait mais la colère n'était pas loin derrière malgré tout.

"Un psy dépressif ... Qui l'aurait cru ?"

Il entendit la phrase de son ami mais elle n’atteint  jamais son cerveau. Pour la simple et bonne raison que Darren ne l'écoutait plus. Il cherchait dans ses poches quelque chose et quand il le trouva enfin, il se dirigea vers la porte-fenêtre qui menait au balcon. Il la referma derrière son passage et alla s'appuyer sur la rambarde. Il adorait vraiment Kobe de nuit, c'était vraiment un spectacle magique. Les lumières dansaient sous ses yeux et il oublia peu à peu sa fuite stratégique.

Le rouquin joua avec sa cigarette entre ses doigts, ça faisait un bon bout de temps qu'il avait arrêté. Il en gardait toujours une sur lui, sans le briquette qui allait avec bien sûr, pour ne pas être tenté. Il la mit entre ses lèvres en fin de compte et il la mordilla nerveusement. Cela trahissait son état de nerf, il avait une attitude des plus normales sinon ce petit tic. C'était pour cela qu'il gardait une cigarette sur lui et pour pouvoir draguer, il l'avouait. Darren soupira ses pensées était un fouillis sans nom et il trouvait pas la solution de ce casse-tête.

"Bordel ..." Jura-t-il.

D'accord, il avait trop peut-être un peu trop insistance avec le bleuté. Après tout, ils n'étaient pas amis, l'écossais grimaça et s'assit sur le balcon en gardant ses yeux fixés vers la rue. Voir du mouvement l'apaisait et il arrêta de mordiller la cigarette pour la déposer à côté de lui. Il mit ses mains dans ses manches pour ne pas avoir froid aux doigts. Il se frotta la joue avec la manche de son gilet et ferma les yeux en soupirant. Il y avait cru un peu trop fort ... Peut-être.
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(#) Re: [Terminé] Appartement 12 - Quand le psy déprime [Darren]  Jeu 17 Sep 2015 - 0:53

Spoiler:
 


Darren ne dit rien mais commença à s’agiter, semblant chercher quelque chose dans ses poches. Il se leva alors et se dirigea vers la porte-fenêtre, un paquet de cigarettes dans les mains. J’ignorais qu’il fumait. D'ailleurs, je ne le voyais pas du tout avec une clope à la bouche. Ce type semblait bien trop sain pour se pourrir la santé de cette façon. En silence, il sortit sur le balcon et tira les portes derrière lui pour s’isoler, avant d’aller s’appuyer sur la rambarde d’un air las. Je regardai à nouveau en face de moi, serrai les poings.

« T’es franchement le roi des cons, Meyer ! me réprimanda ma conscience. Sans déconner, qu’est-ce qui t’a pris ? Et après tu te plains d’être seul ! »

- J’me plains pas…
 murmurai-je.

« Ça suffit, joues pas à ça avec moi ! Tu vas t’excuser tout d’suite ! »

Pourquoi m’excuserais-je ? C’était lui qui avait fait le premier pas, qui avait insisté pour entrer chez moi et percer le fond de mes pensées.

- J’ai rien d’mandé.

« Consciemment, peut-être, mais au fond de toi tu sais très bien que t’as besoin d’aide, monsieur le dépressif. »


- Faxen (Conneries)...


Je me levai, tanguai un instant sous l’effet de l’alcool. J’avais besoin d’une bonne douche. Cela m’aiderait à réfléchir et peut-être à décuver. Laissant le prof d’anglais seul sur le balcon, je sortis de la pièce à vivre et allai m’enfermer dans la salle de bain. En vérité, je n’y restai pas longtemps. La douche à l’eau froide me fit du bien mais fut rapide, le rhabillement encore plus. Je me vêtis seulement d’un vieux pantalon de sport et de chaussette fines car je n’aimais pas marcher pieds nus. Ma serviette de bain sur la tête pour sécher mes cheveux cyans, je retournai dans la pièce à vivre. Une chanson entraînante céda sa place à une autre, beaucoup plus calme. Sur un fond de piano, le chanteur parlait de vérités cachées parmi les milliards de personnes peuplant la Terre, ainsi que de miroir – reflet de la personnalité – et de fuite. J’aimais surtout cette chanson pour sa douceur et la voix grave et apaisante du chanteur. En ce qui concernait les paroles, je préférais ne pas y faire attention, surtout à ce moment-là. Je me sentais bien trop concerné…

___________________________________________________________________

« Augenblick » MEGAHERZ

___________________________________________________________________

En jetant un coup d’œil au balcon, je remarquai que Darren était toujours là, assis par terre, le regard perdu au loin. Sa cigarette était posée par terre et il croisait les bras sur sa poitrine. Il faisait frais dehors, et il n’était vêtu que d’un gilet fin. A quoi bon rester pour se geler ?

« Tu l’as blessé, espèce d’idiot…  répondit ma conscience. Mais laisse, tu n’peux pas comprendre… »  ajouta-t-elle d’un ton ironique.

Je levai les yeux au ciel, soupirai. Puis je tournai les talons pour aller dans ma chambre. J’ouvris l’armoire, attrapai un sweat à capuche et fermeture éclair, et retournai du côté du salon. Ma serviette de bain posée sur les épaules, je me frottai une dernière fois les cheveux, les ébouriffant davantage puis m’emparai du briquet et du paquet de cigarettes que je laissais toujours dans le tiroir de la table basse. J’hésitai un instant, finis par ouvrir la porte-fenêtre pour découvrir un Darren frissonnant et… déçu.


« Tu ne t’attaches pas aux gens pour éviter de faire face à ce genre de visage, mais c’est comme ça que ça marche. »

Sûrement… Et comment réparer ça sans passer pour le maladroit de service ?

« Tu t’es plutôt bien débrouillé avec la p'tite Eva, alors vas-y ! »

Le prof d’anglais était si perdu dans ses pensées qu’il ne me regarda même pas quand je sortis sur le balcon, torse nu et les cheveux encore humides. Ou peut-être me faisait-il la gueule, ce qui était possible aussi. D'un geste mal assuré, je laissai tomber le sweat sur ses épaules et allai m’asseoir en face de lui, près de la rambarde. Là, je sortis une cigarette du paquet, l’allumai grâce au briquet et expirai un peu de fumée. Après hésitation, je lançai le briquet en direction de mon collègue. Il atterrit sur ses bras croisés. Je ne savais pas quoi dire. Il avait l’air si triste et cela était tellement différent d'Eva que je ne savais pas comment réagir. La chanson mélancolique défilait toujours et ça ne m’aidait pas vraiment.

Tiens, un aperçu de Meyer après la douche *q* Tu le pardonnes ? XD :
 
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(#) Re: [Terminé] Appartement 12 - Quand le psy déprime [Darren]  Jeu 17 Sep 2015 - 12:31

Spoiler:
 

Darren réalisa enfin la présence du psy quand le briquet attéri sur ses bras. Il releva la tête vers le possesseur de ce dernier. Le rouquin détailla son vis-à-vis, il venait visiblement d'une bonne douche ... Froide. Il lui balança le briquet sur le sommet du crâne. C'était une petite vengeance.

"Idiot. Tu vas choper la crève si tu restes comme ça. "

N'importe quel être humain aurait envoyé promener Constantine mais pas Darren. Il continuait de jouer la mère poule avec Constantine. Il n'était pas du genre à être rancunier mais là, il était quand même passablement énervé et déçu du comportement de son ... Il aurait bien voulu dire ami mais ce n'était pas le cas apparemment.

Dans d'autres circonstances, Darren aurait sûrement matté le bleuté mais là, il n'était pas d'humeur pour ces conneries. Il retourna à nouveau sa tête vers la rue et ne dit plus rien. Ce n'était plus à lui de faire le premier pas, il avait été trop entreprenant avec l'allemand et voilà où cela l'avait mené à se réfugier sur un balcon et y mordiller une cigarette qu'il ne fumerait pas. Il aurait préféré un bon whisky mais bon, ce n'était ni le moment, ni le lieu.

Le silence était pesante et Darren, têtu comme un âne, était décidé à ne pas parler. Peut être que c'était mieux comme ça après tout. Le silence était quelque chose d'oppressant pour le rouquin mais ce n'était peut être pas le cas de l'allemand. L'écossais avait supposé ces choses-là au vu des réactions et du manque d'habitude vis-à-vis du contact physique ou amical avec les autres. Il avait dû être bien seul dans ces jeunes années.
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(#) Re: [Terminé] Appartement 12 - Quand le psy déprime [Darren]  Jeu 17 Sep 2015 - 17:21

Darren réagit enfin et leva les yeux vers moi. Puis il prit le briquet entre deux doigts et me le rendit en me le lançant sur la tête. Il atterrit sur mon ventre et je le récupérai, un peu surpris par sa réaction.

- Idiot. Tu vas choper la crève si tu restes comme ça, dit-il d’un ton à la fois léger et encore vexé.

Je m’en fichais totalement. Et puis je tombais rarement malade alors ce ne serait pas un réel problème. C’est pourquoi je ne répondis pas. Je craignais trop de le contrarier à nouveau. Apparemment pas encore prêt à m’adresser la parole, le prof d’anglais reporta son attention vers l’horizon et resta muet. Je fis de même, soudain attiré par les milliers de lumières qui éclairaient la ville de Kobe. Cette vision reposante me permit de mieux réfléchir à la situation. Tout en consommant lentement ma cigarette, je me demandai ce que Darren pensait vraiment de moi à présent. Je n’avais pas été très tendre avec lui et je n’étais pas sûr que le manque d’alcool aurait changé quelque chose dans une autre situation. Sa façon d’insister pour m’aider ne me plaisait pas parce que je n’avais pas l’habitude que l’on veuille bien s’occuper de moi avec autant de gentillesse. Cela me donnait l’impression d’être un assisté alors que j’avais toujours fait en sorte de me débrouiller tout seul et de ne rien demander à personne, surtout pas à mes parents. Conséquemment, habitué à vivre dans cette solitude, je repoussais le peu de personnes qui osaient se rapprocher de moi.


« Pas la meilleure solution, en effet » remarqua ma conscience.

C’était si compliqué… Parfois, je me disais que j’étais très bien tout seul et il m’arrivait aussi, dans mes moments les plus noirs, de m’imaginer entouré d’amis, voire de fréquenter une femme bien plus longtemps qu’une simple semaine et d’être heureux avec elle. Mais j’étais rapidement ramené à la réalité quand je me regardais dans un miroir. Physiquement, je me trouvais bien et c’était déjà encourageant de le reconnaître. Mais à l’intérieur… J’avais toujours cette sensation de voir dans mon reflet une coquille vide et j’allais jusqu'à me demander « C’est qui celui-là ? », comme si je me trouvais en face d’un parfait inconnu. Le manque de confiance en soi… Insupportable, violent, égoïste, pessimiste, asocial, taciturne, dérangé. Tous ces mots qui me caractérisaient si bien m’empêchaient d’aller au-delà de mes envies d’entretenir un contact avec les gens, autre qu’un lien professionnel durant le travail.


« Et qu’est-ce que tu attends pour casser le miroir ? » suggéra ma conscience, un sourire dans la voix.

Je tapotai sur ma cigarette pour faire tomber un peu de cendre dans le vide. Casser le miroir. Ce n’était pas aussi simple. Mais petit à petit…


« Tu finis par comprendre, c’est pas trop tôt ! »

Je terminai ma cigarette, me mis debout. Avec un dernier regard sur la ville illuminée, je rentrai dans la pièce à vivre, allai écraser la cigarette dans le cendrier posé sur la table basse. Je frictionnai une dernière fois mes cheveux avec la serviette, balançai cette dernière sur le dossier du canapé. Après réflexion, je me rendis dans la chambre pour me vêtir d’un tee-shirt simple. En revenant au salon, je m’emparai des deux tasses de chocolat chaud et rejoignis Darren. Après avoir posé sa tasse devant lui, je me rassis à ma place, en tailleur, et bus une gorgée de chocolat. Il était encore chaud et me fit un bien fou. Je ne me rappelais même plus que j’avais acheté du chocolat en poudre. Le paquet devait être encore tout neuf. Bref, il était temps de briser le silence.

- J’ai pas l’habitude de me confier aux autres, dis-je posément. En général c’est le contraire.

J’esquissai un sourire, le regard fixé sur ma tasse.

- Mais j’crois que les patients seraient moins bavards s’ils savaient que leur psy est lui-même dépressif.

D'un côté, j’aurais bien aimé voir la tête de certains d’entre eux mais d’un autre côté, je perdrais vite mon travail si la nouvelle venait à se répandre.
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(#) Re: [Terminé] Appartement 12 - Quand le psy déprime [Darren]  Jeu 17 Sep 2015 - 18:52

Darren attendit un peu avant de saisir assez précipitamment la tasse de chocolat chaud et but une longue gorgée. Il n'avait pas d'alcool pour se bourrer donc autant se forger un petit diabète avec ses choses sucrées. Il pensa au gâteau qu'il avait laissé chez lui, son colocataire allait le manger sûrement. En tout cas, il ne serait pas gâché enfin il l'espérait. Il releva la tête quand Constantine lui adressa la parole.

"J'ai pas l'habitude de me confier aux autres. En général c'est le contraire."

Darren fit un micro-sourire en coin, ça représentait bien plus que des excuses à ses yeux. Si le rouquin n'avait pas expérimenté le côté violent du bleuté, il lui aurait sauté au cou et irait lui ébouriffer les cheveux mais il se calma après la réplique du psy.

"Mais j’crois que les patients seraient moins bavards s’ils savaient que leur psy est lui-même dépressif."

Son sourire se dissipa, pour une fois, Darren ne savait pas quoi dire, ni quoi faire. Il était perdu, le bleuté le désorientait. Il aurait à nouveau taquiné le bleuté mais il devait se l'avouer, il avait cru que 'Tine allait le frapper. Il avait eu peur et il en était encore un peu choqué. Pour lui aussi, la situation était très compliqué. Les deux seuls personnes qui avaient essayé de le frapper au cours de son existence étaient son meilleur ami et son ex-petit-ami. Pendant un instant, son cerveau avait bugué pour fusionner Constantine avec le visage de son ex, une vision d'horreur. Il n'était pas traumatisé mais cette vision l'avait brusqué.

"Effectivement. Mais avoue que ça serait marrant de leur balancer ça à la gueule."

Le sourire de Darren s'agrandit, sourire à Constantine était une façon pour lui de dire au bleuté qu'il le pardonnait. Il but encore une gorgé et posa sa tasse. Il avait sûrement l'air fin avec sa moustache de chocolat chaud. Il s'essuya rapidement ne voulant pas paraître plus idiot qu'il ne l'était déjà au yeux de son vis-à-vis.

"Déjà que tu as une réputation de démon auprès des élèves."

Darren ricana, bon après la sienne de réputation n'était peut être pas la meilleure non plus. Il avait entendu deux élèves l'appeler le "frigide" au détour d'un couloir. Les pauvres s'ils savaient, c'était le genre d'élève à croire que leur professeur ne s'intéressaient qu'à leur matière 24/24h.

"Je ne te poserai plus de questions, je te le promet."

Il conclut sa révélation avec encore une gorgé du liquide chaud, ça le réchauffait.
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(#) Re: [Terminé] Appartement 12 - Quand le psy déprime [Darren]  Jeu 17 Sep 2015 - 21:43

- Effectivement. Mais avoue que ça serait marrant de leur balancer ça à la gueule.

Je levai les yeux sur Darren. Entendre à nouveau sa voix et le voir sourire me mit bizarrement du baume au cœur. J’étais content qu’il ne me fasse plus la gueule.

« Et oui… c’est ça l’amitié ! » chantonna ma conscience.

Le prof d’anglais but quelques gorgées de chocolat chaud puis posa sa tasse au sol et, d’un revers de manche, essuya la moustache de lait qui s’était formée au-dessus de ses lèvres.


- Déjà que tu as une réputation de démon auprès des élèves.

Je ricanai, lui aussi. C’était toujours comme ça et dans n’importe quel établissement. Je forçais le respect de cette manière. Un peu brutal mais je ne savais pas faire autrement. A vrai dire, je ne le faisais pas vraiment exprès…

- Je ne te poserai plus de questions, je te le promets, déclara Darren d’un ton léger.

Il reprit sa tasse et se réchauffa en buvant un peu de chocolat. Mon sweat était toujours posé sur ses épaules. S’il avait vraiment froid, il ne devait pas se gêner pour attacher la fermeture éclair. Je le lui prêtais pour ça après tout. Bref, ses dernières paroles me rassurèrent autant qu’elles m’embarrassèrent. Il avait compris à quel point je ne me confiais pas aussi facilement. Mais je demeurais certain qu’il voulait tout de même en savoir plus pour pouvoir m’aider. Je n’aimais pas raconter ma vie mais je savais aussi que si je le faisais petit à petit, cela m’aiderait à aller vers les autres et à être accepté tel que j’étais. A commencer par Darren puisqu'il était la personne de laquelle je demeurais le plus proche pour le moment.


« Il est cool non ? Pourquoi tu ne le laisses pas entrer dans ta vie ? »

Oui, il était cool et agréable à fréquenter. Cependant, je n’accordais pas ma confiance aussi facilement. D'ailleurs, si je n’avais pas d’alcool dans le sang, je n’aurais pas bêtement avoué mon état dépressif. Mais c’était trop tard à présent et je devais compter sur la discrétion de mon collègue pour ne pas que l’information s’ébruite.

- C’est… c’est moi qui déconne, finis-je par répondre, honteux par la tournure qu’avaient pris les choses à cause de mon asociabilité.

Puis une question me chatouilla l’esprit. Je voulais savoir ce qu’en pensait Darren mais je craignais de passer pour un fou. Du moins… pour plus fou que je ne l’étais déjà. C’est pourquoi j’hésitai beaucoup, pris d’abord le temps de boire un peu de chocolat. Puis je baissai les bras, tenant ma tasse entre mes mains au milieu de mes jambes toujours croisées en tailleur. Le regard perdu dans l’océan de lumière de la ville de Kobe, je pris la parole, pas très sûr de ce que j’allais dire.


- T’as déjà eu cette impression de… ne pas te reconnaître ? De te demander qui tu es, ce que tu fais ici, à quoi tu sers, quel est ton but et si chaque chose que tu entreprends a une réelle utilité ?

Une question digne d’un dépressif et qui pouvait paraître complètement déplacée pour quelqu'un qui ne l’était pas comme Darren. Il n’avait pas besoin de le dire, un grand dépressif se voyait à perte de vue quand on exerçait le métier de psychologue.
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(#) Re: [Terminé] Appartement 12 - Quand le psy déprime [Darren]  Jeu 17 Sep 2015 - 22:39

"C’est… c’est moi qui déconne."

Darren fit pas de réflexion pour le laisser parler, il fallait que ça vienne de lui. Il posa ses doigts sur le sweat, il fit un petit sourire un peu niais. Il savait que c'était un geste de tendresse venait du bleuté de lui prêter. Le rouquin n'était pas frileux, il était écossais après tout mais il adorait avoir chaud, voir trop chaud. Ce qui était très bizarre vu son pays natal où il pleuvait tous les deux jours selon les clichés.

"T’as déjà eu cette impression de… ne pas te reconnaître ? De te demander qui tu es, ce que tu fais ici, à quoi tu sers, quel est ton but et si chaque chose que tu entreprends a une réelle utilité ?"

L'écossais prit à nouveau la tasse dans ses mains et se mit à réfléchir. Est-ce-qu'il pouvait vraiment faire confiance à Constantine ? Bien sûr que oui. Est-ce-qu'il était prêt à répondre à cette question en disant la vérité ? Il n'en était pas sûr. Il posa sa main sur sa nuque en signe de gêne. Il ouvrit plusieurs fois la bouche pour commencer une phrase qui ne vint pas. Il avait l'air d'un poisson aux yeux de Constantine à présent. Il se racla la gorge et détourna son regard du psy, il ne voulait pas affronter son visage de pitié suite à ce qu'il allait dire. Il détestait qu'on soit triste pour lui ou à cause de lui.

"De ne pas me reconnaitre ... Plus d'une fois ..."

Darren ne put se résoudre à dire la triste vérité, il n'aimait pas cette partie de son passé et encore moins à qui, elle était rattachée. Cette pourriture qui l'avait brisé. Il ferma les yeux et souffla pour ensuite, finir son chocolat chaud d'une traite. Il semblait se donner du courage pour dire la suite de sa phrase.

"Mon ex-petit-ami était malade ... Mentalement parlant. Dans ses phases de délire ... Il m'a ... Il m'a frappé. Le lendemain matin quand je suis allé dans ma salle de bain ... C'est à ce moment-là que je me suis plus reconnu. Je n'étais plus que l'ombre de ce que j'étais plus physique que mentalement."

Il se frotta les yeux avec une main, Constantine était la deuxième personne à qui il en parlait. ça serait néanmoins douloureux de se replonger dans ses mois d'horreur. Il y avait survécu, il était encore là et c'était le plus important. Il était redevenu qui il était et pas cette espèce de fantôme qu'il était devenu au contact d'un homme absolument néfaste pour son bien-être.

"Je me suis demandé comment j'en étais arrivé là ... Je me suis détesté d'être tombé aussi bas. Comme tu peux le voir j'y ai survécu, tu pourrais le faire aussi au fur et à mesure. Mais tu ne pourras pas surmonter cette épreuve en restant seul."

Si son meilleur ami n'était pas venu un jour lui en coller une, il serait peut-être plus de ce monde. Il secoua la tête et se reconcentra sur Constantine, entendre que quelqu'un s'en était sorti, ça c'était important pour son futur. Il ne s'enfermerait pas dans une spirale infernale.

"En étant seul, on est faible face à tout. On devient tellement plus fort en étant entouré."
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(#) Re: [Terminé] Appartement 12 - Quand le psy déprime [Darren]  Sam 19 Sep 2015 - 1:14

Tout d’abord, Darren ajusta le sweat sur ses épaules, s’empara à nouveau de sa tasse et prit le temps de réfléchir longuement. Ma question n’était pas simple et après l’avoir posée, je me demandais si je n’aurais pas dû me taire. Car visiblement, cela gêna mon collègue qui passa une main sur sa nuque, l’air indécis. Il ouvrit la bouche mais se ravisa, plusieurs fois. Puis il finit par détourner le regard et prendre la parole.

- De ne pas me reconnaître… plus d’une fois.

Il ferma les yeux, soupira et décida de finir son chocolat chaud d’une traite.

- Mon ex petit ami était malade… mentalement parlant, avoua-t-il. Dans ses phases de délire… Il m’a… il m’a frappé. Le lendemain matin, quand je suis allé dans la salle de bain… C’est à ce moment-là que je ne me suis plus reconnu. Je n’étais plus que l’ombre de ce que j’étais, plus physiquement que mentalement.

Je ne m’attendais pas à ce qu’il m’en dise autant, même si, en tant que psychologue, j’avais l’habitude que l’on se confie à moi. J’ignorais qu’il avait vécu autant de souffrances mais ce n’était pas rare dans mon métier de découvrir des choses assez surprenantes chez les personnes les plus insoupçonnées. Faisant abstraction de son orientation sexuelle car je n’étais pas sûr de vouloir en savoir plus – du moment qu’il ne me sautait pas dessus – je regardai Darren se frotter les yeux d’une main. Il semblait si triste tout à coup…

- Je me suis demandé comment j’en étais arrivé là… Je me suis détesté d’être tombé aussi bas.

Ça, je me l’étais souvent dit.

- Comme tu peux le voir, j’y ai survécu, remarqua-t-il.

Il avait été assez fort pour cela et il ne pouvait qu’en être fier.


- Tu pourrais le faire aussi au fur et à mesure.

Je haussai les sourcils, surpris qu’il compare sa situation à la mienne.

- Mais tu ne pourras pas surmonter cette épreuve en restant seul.

Il secoua la tête, reporta son attention sur moi. Son regard perça le mien et l’embarras s’empara de moi quand je pensai à toutes ces fois où j’avais rejeté cette idée de me rapprocher des gens pour m’en sortir, alors que j’étais encore capable d’encourager mes patients à le faire eux-mêmes.

- En étant seul, on est faible face à tout, déclara Darren sûr de lui. On devient tellement plus fort en étant entouré.

Ce qui était remarquable avec lui, c’était qu’il demeurait la seule personne que j’arrivais à écouter sans être obligé de le contredire. Ma conscience ne comptait pas, même si son avis rejoignait celui du prof d’anglais sur bien des points. Le fait que ce soit Darren qui me parle d’échapper à la solitude prenait une toute autre tournure et je m’imaginais à présent presque apte à essayer sa méthode sans crainte. Je disais bien « presque » car à l’instant, je ne me sentais pas prêt. Mais peut-être que dans un futur proche, je commencerai à faire des efforts. Pour le moment, je me sentais bien trop fatigué pour réfléchir à quoi que ce soit sur ce sujet. Cependant, j’étais sûr d’une chose et il fallait que Darren le sache. Terminant mon chocolat à mon tour, je me levai, pris les deux tasses d’une main et tendis l’autre à l’écossais.

- Je crois que… je ne suis déjà plus seul, dis-je avec un sourire amical.

Je me sentais désormais au moins assez lucide pour confirmer que ce type-là était à présent plus qu’un simple collègue de travail. Je ne le considérais peut-être pas encore comme un véritable ami mais nous nous étions confié assez de choses ce soir pour commencer à nous faire confiance. Penser de cette manière me fit un peu peur dans la mesure où je n’avais jamais ressenti cela avant. De plus, nous comptions tous les deux l’un sur l’autre pour ne révéler à personne les informations que chacun avait encaissé.


« Essaies juste de ne pas jouer aux cons… » me conseilla ma conscience.

Comme si je ne le savais pas.


« Je sais que tu sais mais dès fois, tu fonces tête baissée sans réfléchir, comme tout à l’heure et comme tu l’as remarqué, ça peut blesser des gens. »

Oui, dorénavant, je ferais en sorte de faire plus attention à mon entourage.
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(#) Re: [Terminé] Appartement 12 - Quand le psy déprime [Darren]  Sam 19 Sep 2015 - 23:27

"Je crois que… je ne suis déjà plus seul."

Darren écarquilla les yeux, sa bouche s'ouvrit et se referma comme celle d'un vulgaire poisson rouge. il n'était pas sûr d'avoir compris la phrase de son vis-à-vis mais quand il vit la main tendue vers lui, la connexion entre ses neurones se fit à nouveau. Ses yeux illuminèrent de leur étincelle de joie habituelle et son sourire s'agrandit jusque derrière ses oreilles. Il prit sa main et lui sourire. Ses mots n'était peut être qu'un bête assemblage de lettres mais il voulait dire beaucoup au-delà de simples mots.

Il aurait pu certainement, sauter de joie comme un gamin mais il se retint en voyant l'air fatigué de son vis-à-vis. Effectivement, la nuit était déjà bien avancée et leur relation de même. Il en était plutôt content, il avait réussi la première étape pour devenir l'ami du bleuté, il n'avait qu'à pas foirer les autres et ça serait gagné. Il semblait déterminé à y arriver. Il adorait se donner des défis, pas comme un certain personnage en combinaison verte et coupe au bol, mais presque, il aimait jouer et ça personne ne lui enlèverait.

Le rouquin se concentrera certainement sur l'étape réconciliation germano-anglaise plus tard. Dit comme cela, ça ressemblait à un vrai plan de guerre avec des stratégies pointues. Son sourire était toujours fixé à ses lèvres et il se releva pour rentrer dans l'appartement. Constantine semblait fatiguer par les évènements et par l'alcool qu'il avait ingéré. Il n'allait donc pas tarder, ne voulait pas amputer les précieuses heures de sommeil du psychologue.

"Au fait, bel appartement ! Je m'attendais à plus de drapeaux allemands mais bon, je ne suis pas déçu, loin de là."

COmment ça Darren adorait les clichés ? Il ne les adorait pas du tout. Il avait juste un humour bien basé dessus. Tant qu'il  faisait rire les autres, les moyens étaient nombreux mais celui des clichés était le plus efficace pour le moment.

"Bon, je pense ne pas te déranger plus longtemps. Tu as l'air un peu fatigué mon vieux."

Mon vieux ? Darren osait lui dira cela alors qu'il avait le même âge et Constantine ne faisait pas plus vieux qu'il n'était.
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(#) Re: [Terminé] Appartement 12 - Quand le psy déprime [Darren]  Dim 20 Sep 2015 - 1:46

Mes paroles surprirent Darren. Je m’y attendais mais je ne pensais pas que cela irait jusqu'à l’empêcher de répondre. Les yeux ronds comme des soucoupes, il ouvrit plusieurs fois la bouche sans en sortir le moindre son. Puis, comme si l’information arrivait enfin dans son cerveau, je vis ses yeux s’illuminer de joie et son sourire s’agrandir. D'un geste énergique, il prit ma main et la serra. Un peu étonné de le voir réagir aussi positivement – car je devais avouer que je n’en espérais pas tant – je le regardai se mettre debout et le suivis à l’intérieur de l’appartement. Il contempla les lieux, se tourna vers moi, visiblement ravi.

- Au fait, bel appartement ! remarqua-t-il sincère.

Comment pouvait-il trouver cet endroit beau ? Il était vide de personnalité…


- Je m’attendais à plus de drapeaux allemands mais bon, je ne suis pas déçu, loin de là.

Je ne pus m’empêcher de sourire. Il était vrai que mes origines germaniques ressortaient beaucoup plus que mon côté français. Mais je ne vénérais pas le pays de mes parents au point de l’afficher où je le pouvais. Cela ne se remarquait que dans mon langage et mon penchant pour les bières. C’était bien assez.

- Bon, je pense ne pas te déranger plus longtemps, déclara mon collègue d’un ton plus léger. Tu as l’air un peu fatigué, mon vieux.

Un peu ? C’était peu dire, justement. Je mourrais d’envie d’aller me coucher, et le fait de me rappeler que nous n’étions qu’en milieu de semaine et qu’il fallait aller travailler demain me donna encore plus envie de dormir. Je commençais à regretter d’avoir bu autant de bières. Je refermai la porte-fenêtre, allai déposer les tasses dans l’évier de la cuisine et rejoignis Darren en prenant son tablier au passage.

- Oublie pas ça, dis-je en le lui donnant.

Je me rappelai alors de la raison pour laquelle il était venu frapper à ma porte. J’allai donc ouvrir le frigo pour voir si j’avais ce dont il avait besoin. Je m’emparai de la bombe de chantilly encore neuve et refermai le frigo. Tout comme pour le chocolat en poudre, je ne me rappelais plus que j’avais acheté de la chantilly. Peut-être pour en mettre sur le chocolat justement… Je vérifiai la date de péremption au cas où. Heureusement, elle n’était pas dépassée.


- J’crois que c’est ce que tu cherchais, repris-je en la lui tendant. Tu peux la garder.

Avant qu’il ne la prenne, je ramenai la bombe de chantilly vers moi.

- A condition d’avoir droit à un bout de gâteau.
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(#) Re: [Terminé] Appartement 12 - Quand le psy déprime [Darren]  Dim 20 Sep 2015 - 11:34

"Oublie pas ça."

Darren sourit et prit son tablier. Il l'aurait sûrement oublié si Constantine ne lui avait pas ramené. Il déposa le sweat de ce dernier sur le dossier du canapé. Le rouquin remit un peu d'ordre dans ses cheveux qu'il ne maltraitait plus avec du gel le matin. Il délassait peu à peu son rôle de professeur froid. L'écossais se laissait peu à peu aller avec ses élèves et les cours étaient plus détendus à présent.

"J'crois que c'est ce que tu cherchais. Tu peux la garder."

Darren tendit la main mais la chantilly avait disparu. Il haussa un sourcil interrogateur. La réponse n'allait pas tarder mais vu les yeux de Constantine, il avait une idée derrière la tête. Il ouvrit la bouche pour émettre un bruit de surprise.

"A condition d'avoir droit à un bout de gâteau."

Il rigola, il ne s'y attendait pas mais ça ressemblait tellement à Constantine en même. Il aurait eu s'en douter d'une certaine façon. Il sourit comme le bon simplet qu'il était et prit la chantilly des mains du bleuté. Il fit la moue et prit une voix horriblement aiguë comme une midinette.

"Meyer-sensei veut un bout de gâteau. Je vais me mettre aux fourneaux toute la nuit pour lui."

Le rouquin rigola devant sa propre connerie et se retourna vers la porte en faisant un signe à Constantine avec la bonbonne de chantilly. Il reprit une voix normale.

"D'accord mon cœur je te l'apporterai à ton bureau demain matin."

Il se dépêcha de sortir pour ne pas subir les foudres de son amour, il ouvrit la porte et la referma pour s'enfuir chez lui, c'était un peu gamin mais bon, fallait avouer que c'était marrant.
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(#) Re: [Terminé] Appartement 12 - Quand le psy déprime [Darren]  Dim 20 Sep 2015 - 19:57

Ma requête le fit bien rire. Il s’empara de la chantilly et fit la moue.

- Meyer-sensei veut un bout de gâteau, dit-il en reprenant la voix même aiguë que l’autre jour dans sa salle de classe. Je vais me mettre au fourneau toute la nuit pour lui.

Il rit de sa blague alors que je souriais, à la fois gêné et amusé. Puis il se dirigea vers la porte d’entrée en me saluant avec la bombe de chantilly. Je le suivis tandis qu’il ouvrait la porte et reprenait la parole.

- D'accord mon cœur, je te l’apporterai à ton bureau demain matin !

J’ouvris des yeux ronds. De peur de subir mes foudres, il sortit et referma la porte derrière lui. Je l’entendis partir en courant, pris d’un fou-rire incontrôlable. Je soupirai mais ne pus m’empêcher de sourire de plus belle.

- Fatzke (P’tit con)… murmurai-je en pensant à ce qu’il subirait demain s’il pointait le bout de son nez dans mon bureau.

A mon avis, il avait bien compris que je n’étais pas du même bord que lui sexuellement parlant. Mais le fait qu’il plaisante là-dessus m’embarrassait autant que cela me faisait sourire. En privé, ça allait encore – avec modération sinon ça me gonflerait très vite – mais j’espérais qu’il ne s’amuse pas à blaguer de cette façon devant les gens. J’avais déjà une assez mauvaise réputation, je ne voulais pas en plus que l’on me croit homosexuel !
Bref, en fermant les stores électriques de la pièce à vivre et de la chambre, je me dis que, finalement, Darren n’était pas venu pour rien ce soir. Il avait réussi à me faire douter de la solitude et, grâce à lui, j’aurais peut-être la foi de m’ouvrir aux autres sans passer par la case « violence ». Au moment de me coucher, j’eus du mal à me dire que je pouvais considérer le prof d’anglais comme un ami. C’était bien trop nouveau et étrange pour moi. Mais après tout, pourquoi pas ?
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[Terminé] Appartement 12 - Quand le psy déprime [Darren]
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