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 [Terminé] Effondrement et os cassés

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Heisuke Kodoku
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(#) [Terminé] Effondrement et os cassés  Mer 20 Jan 2016 - 8:11

Déconseillé si vous avez le coeur sensible. Ce post contient un sujet qui peut être délicat à l'égard de certains.
Vendredi 4 juillet
Suite de "Fissure"

Vide. Voilà l’adjectif qui me décrirait le mieux. Complètement vide, sans vie, inerte… mort de l’intérieur. N’excusez pas votre fille madame, elle a raison. Je ressemble à un véritable zombie avec ce visage affaissé et si fatigué… Ne vous vous inquiétez pas monsieur, je vais très bien. Mon teint presque verdâtre n’est dû qu’à un grand manque de sommeil… Je vais de ce pas me reposer à la maison. Du moins, si j’y arrive… Le cellulaire vibra une nouvelle fois dans ma poche. Cela fait combien de fois maintenant? Tu peux appeler autant que tu veux, mais je ne veux pas décrocher. Je ne pourrais supporter entendre ta voix ou ne serait-ce que voir ton prénom sur l’écran de mon téléphone. J’ai besoin de temps… S’il te plaît…

D’une posture nonchalante, je me dirigeai vers la maison, toute aussi vide que ma personne. Mes parents ne seront pas de retour avant un bon moment. Et dire qu’il y a un mois à peine, je présentais Keitô à mes parents… Je laissai échapper un petit rire nerveux. De quoi ai-je l’air maintenant..? Le fils, si fier d’avoir présenté le jeune homme qui a conquis son cœur à ses parents, se retrouve maintenant seul, ayant été trompé par celui qu’il chérissait. Ma mère avait une fois de plus raison… Ce n’est qu’une passe après tout… Et Keitô est le premier à avoir réaliser qu’il n’y avait, réellement, aucun futur pour nous deux. Pour une fois, il est le plus rationnel. Oui, c’est ça… ce n’était qu’illusion. Étant devenu très proches, nous avons, tous les deux, confondus amour et admiration. Il faut se réveiller Heisuke. Tous les rêves, même le plus agréable d’entre tous, ont une fin.

Je montai, d’un pas toujours aussi lent, les escaliers, direction ma chambre. Une fois à destination, je lançai, littéralement, mon sac sur le lit avant de m’y laisser tomber à mon tour. Je dois arrêter de ne penser qu’à toi, Keitô… Ne serait-ce qu’une petite seconde, question que je puisse enfin dormir tranquille, rattraper tout ce sommeil perdu à me questionner à ton propos, à notre relation… et tout le reste. Simplement oublié, quelques heures, cette forte douleur au centre de ma poitrine, cette migraine remplie de questions. Juste un instant de paix dans cette réalité chaotique. Je fis l’étoile sur mon lit une bonne quinzaine de minutes et, malgré ma profonde fatigue, il n’y avait rien à faire. J’étais incapable de fermer l’œil. Pourquoi suis-je incapable de dormir? Néglige-moi un peu, Keitô… Juste un court instant. Sors de ma tête! Laisse-moi t’oublier… T’oublier…

Comme si cela pouvait être facile… Je finis par me lever du lit. Un verre d’eau me ferait probablement le plus grand bien… Ou même un bon thé bien chaud, accompagné d’un roman pour me changer les idées. Après quelques chapitres, il me sera peut-être plus facile de trouver le sommeil. Après tout, c’est mieux que de me morfondre tout seul dans ma chambre…

Sortant de ma chambre, un vêtement trainant sur ma chaise de bureau attira toute mon attention. Ne me dites pas que… J’écartelai les yeux au moment où je reconnue le morceau. C’était nulle que la veste de mon ex-petit ami. Hésitant, je décidai tout de même de m’en approcher afin de la prendre et la regarder. Franchement, cette veste a toujours été trop grande. Sa mère pensait vraiment qu’il allait devenir un géant ou… quoi. Pourquoi maintenant ? Pourquoi est-ce que je pleure à nouveau ? Pourquoi ces larmes ne veulent pas s’arrêter… Pourquoi cette douleur en plein cœur de ma poitrine devient-elle si aiguë ?  Pourquoi ai-je si mal au cœur ? Pourquoi t’ai-je quitté Keitô !? Pourquoi !? Pourquoi !!? Pourquoi cela s’est terminé ainsi pour nous deux ? Pourquoi a-t-il fallu que tu en aimes une autre ? Pourquoi m’as-tu abandonné… Pourquoi est-ce que je t’aime autant ?

Serrant la veste de Keitô contre moi, je craquai complètement. Envahit par l’émotion, mes jambes, devenues inopinément tremblantes et fébriles, m’abandonnèrent, me laissant tomber sur mes genoux. Mes pleurs devinrent d’énormes sanglots, accompagnés de ce que je pourrais qualifier de véritables cris de détresse, désespérés, jusqu’à ce que ma voix finisse par m’abandonner à son tour. Pourquoi dois-je souffrir autant !? Keitô, explique-moi ! Explique-moi bon sang ! Pourquoi ne suis-je plus l’unique à tes yeux ? T’aurais-je blessé sans le savoir ? J’aimerais savoir ! Tu me manques déjà… Tu me manques tellement !

Au bout d’une heure ou deux, je finis par me calmer. La crise avait passée, mais je sentais au plus profond de moi-même qu’elle reviendrait tôt ou tard. Passant devant le miroir, je m’y arrêtai un instant pour y contempler mon reflet. Qui est-ce ? Qui est ce jeune homme aux yeux aussi rouges et gonflés, décoiffé, si pâle... ? Est-ce vraiment mon reflet ? Je n’arrive même plus à me reconnaitre moi-même. Où est ce jeune homme insensible, si froid, déterminé et solitaire ? Où est mon ancien moi ? Où est ce moi qui ne se serait jamais laissé approcher auparavant ? Ce moi qui ne dépendait de personne… Ce moi fort… Je me fixai un moment dans la glace puis commençai à rigoler tout seul.

- Que suis-je bête… Il n’a jamais existé…

Je n’ai jamais été aussi fort, aussi insensible. Je ne le réalise que maintenant, mais tout ça n’était qu’un masque, un simple rôle que j’ai perfectionné au fil des années… Je réalise maintenant que ma solitude n’était dû qu’à la peur de m’attacher aux autres…rien de plus. J’étais tout simplement terrifié à l’idée que ceux à qui je tenais me rejettent, tout comme ma mère le faisait. Voilà pourquoi je n’ai jamais voulu développer de liens avec les autres, car j’en étais effrayer. Et en ce qui concerne ma froideur, c’est la même. J’ai créé cette insensibilité de toutes pièces dans le but de ne pas montrer ma peur, ma douleur déjà existante. Au fond, j’ai toujours fuit… Ma lâcheté date de plusieurs années faut dire…

J’ai toujours cru, depuis le début de notre relation, que c’était lui, lui et le bonheur d’être à ses côtés, qui m’avait poussé à changer certains aspects de ma personnalité… Mais je réalise que tout cela est faux désormais. Il ne m’a pas changé, il m’a simplement permis de retrouver le véritable moi. Il m’a donné ce bonheur que j’ai toujours rechercher auprès des autres, au sein d’une relation. Pourquoi dois-je tout réaliser maintenant ? Pourquoi dois-je réaliser tout ce qu’il m’a offert que maintenant, alors que je ne peux plus le prendre dans mes bras pour le remercier. « On se rend compte de la valeur des choses que lorsque nous les avons perdus »… Ce bon vieux proverbe restera la meilleure réponse à cette question je crois. Je dois voir le bon côté des choses. Ces dix derniers mois ont été les plus merveilleux de mes 19 années de vie et je ne regretterai jamais d’être tombé amoureux de lui. Il est mon premier amour… et mon dernier.

Je séchai les nouvelles larmes sur mes joues avec les revers de mes mains avant de descendre dans la cuisine. En silence, je préparai mon thé préféré puis me dirigeai vers le salon, plus exactement vers le grand instrument qui ornait celui-ci. Sur l’une des tables de chevet, je déposai ma tasse et l’ustensile que je réservais pour un peu plus tard. Tout se terminera ici, avec la même mélodie qui a tout commencée.

De mes doigts tremblants, je commençai à jouer Moonlight et ce, sans aucune erreur. Toutefois, dû à ma crise de tout à l’heure, ma voix était bien loin d’être à son meilleur. Bref, ce n’était pas très grave. Il n’y avait personne pour m’entendre de toute façon. Cette maison est aussi vide que mon âme. Une fois la chanson terminée, je bu tranquillement mon thé, me remémorant tous les bons souvenirs partagés avec Keitô. Je dois chérir tous ces magnifiques instants à ses côtés. Ainsi, je pourrais être heureux jusqu’à mon dernier souffle.

Je déposai tranquillement la tasse vide pour ensuite attraper le couteau que j’avais déposé un peu plus tôt sur la table décorative. C’était le plus coupant de toute la cuisine, donc il devrait largement faire l’affaire. Je préférai tout de même le tester sur l’un de mes poignets, soit le droit, pour vérifier l’efficacité de la lame. Sans broncher, je glissai celle-ci sur ma chair, laissant derrière elle une fine plaie rapidement débordante de sang. La douleur n’était point comparable à celle qui me rongeait de l’intérieur. Bref, elle aura disparu dans quelques minutes…

Légèrement nerveux, je pointai la lame vers mon thorax. Il faut dire que je ne serai qu’un lâche jusqu’au dernier battement de mon cœur, mais j’en avais rien à foutre. On n’a plus besoin de moi dans ce monde, même que je n’étais même pas censé y naître. Je vais simplement retourner au néant, là où j’aurais toujours dû être.

Pardonnez-moi, mère. Pardonnez-moi d’être venu au monde contre votre gré et de ne pas avoir été le meilleur des fils.
Pardonnez-moi, père. Vous étiez celui qui désirait plus que tout au monde ma naissance et je regrette de ne pas mieux vous avoir connu. Et surtout, merci de m’avoir accepté tel que je suis réellement
Pardonne-moi, Senji. Pardonne-moi d’avoir été négligeant à ton égard et de ne pas avoir répondu à tes sentiments. Pour moi, tu étais le petit frère que je n’ai jamais eu.
Pardonne-moi, Mamiko. Je ne serais pas là l’hiver prochain pour te jouer tes mélodies préférées.
Pardonne-moi, Keitô… Je ne serais pas de retour à l’université lundi matin. Je m’excuse également de partir sans prévenir, mais tu vas t’y faire. Avec Tessa à tes côtés, je suis sûr que tu ne manqueras de rien. Vit pleinement ta vie, fonde une famille… Oublie-moi. Je te remercie profondément de tous ces superbes moments passés à tes côtés. Je t’ai…

-HEISUKE!!!!

Avant même que je puisse réaliser la situation, ma mère retira le couteau de ma main et le lança plus loin dans la pièce avant de me serrer fortement contre elle, paniquée.

- Heisuke!!! Mais qu’est-ce que tout cela signifie!!?? Tu réalises ce que tu étais sur le point de faire!!??

- Mère, je…

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(#) Re: [Terminé] Effondrement et os cassés  Jeu 28 Jan 2016 - 20:31

Où suis-je ? Sur le campus ? Aie ! Ma tête me fait si mal. Me serais-je encore endormi contre l’arbre ? Il semblerait bien que oui. Décidemment, je ne changerais jamais cette manie de m’endormir partout en fin d’après-midi… Je m’étirai un peu et regardai mon petit-ami à mes côtés, jouant tranquillement de sa guitare. Oh… Tout ça n’était qu’un mauvais rêve… Un bien mauvais rêve. Pourtant, ça me semblait si réel. D’ailleurs… Quel jour étions-nous ? Je n’arrive pas à me rappeler. Moindrement que je tentais de réfléchir, ma tête me faisait de plus en plus souffrir.

- Heisuke… Tu es réveillé?

- Oui… Pardon de m’être endormi… J’ai- j’ai fait un horrible rêve, un véritable cauchemar…
- Ah…?

Je me blotti contre lui, recherchant réconfort de sa part. J’ai véritablement eu l’impression de le perdre. Ce n’était qu’un rêve, non ? Alors pourquoi ai-je l’impression qu’un couteau me traverse la poitrine ? Minute… Je ne suis pas mort ? Je n’arrive pas à me rappeler ce qui s’est produit par la suite. Je tenais le couteau et puis… Plus rien. D’une main, je vins palper mon thorax. Rien. Raison de plus de croire que tout cela n’était qu’un simple mauvais rêve. Pourtant, il y a quelque chose qui cloche… Je le sens. Cela dit, c’est avec hésitation que je décidai de confier mon cauchemar à Keitô. Le connaissant, il va ensuite me rassurer en m’affirmant que tout ça n’était qu’un mauvais rêve, me débarrassant alors de cette étrange impression.

- J’ai rêvé que tu étais tombé amoureux de Tessa et que nous avions rompu… Bref, ce n’était pas agréable du tout. J’ai réellement eu l’impression de te perdre pour toujours.
- … Heisuke, ce n’était pas un rêve….

Surpris, je relevai rapidement la tête à ses dires, tandis qu’il me sépara de lui, air des plus sérieux au visage.

- Ça va faire combien de fois que je te le répète, Heisuke ? Toi et moi c’est terminé. Je suis en couple avec Tessa désormais… Franchement ! Tu me fais le coup presque tous les jours ! J’en ai marre ! J’ai l’air de quoi après ça !? J’ai l’impression d’être un vrai connard maintenant ! Tu sais bien qu’il y avait aucun avenir pour nous deux ! Vois les choses en face Heisuke… Je veux une famille, des enfants … Toutes ces choses que nous aurions jamais pu avoir, que tu ne m’aurais jamais donné… Si tu n’es pas capable de comprendre ça, je ne vois plus l’intérêt de rester ami avec toi…

Il se leva et attrapa ses affaires.

- Keitô…je…
- Non ! Ne t’excuse plus ! Tu fais tellement pitié que je ne te reconnais même plus. Vaut mieux mettre un terme à tout ça…

Je m’étouffai brusquement et toussai quelque chose d’incroyablement amer. Du… Du sang? Mais qu’est-ce que !? J’étouffai un cri de douleur alors que la souffrance au sein de ma poitrine devint subitement insupportable. Je jetai un vif coup d’œil à ma chemise, désormais couverte de sang à son tour. Qu’est-ce qu’il se passe !? J’ouvris immédiatement celle-ci pour y découvrir une plaie béante en plein centre de mon thorax. Je ne comprends pas ! Il n’y avait rien il y a quelques instants !!! Comment est-ce possible !? Je levai la tête vers Keitô, cherchant à comprendre ma situation et ce que je vis me fit froid dans le dos. Juste là, devant moi, celui que j’aimais le plus au monde me fixait de haut, avec un regard des plus glacials. Pourquoi me regardes-tu ainsi ? Suis-je véritablement devenu un déchet à tes yeux ? Les larmes commencèrent à rouler sur mes joues, mélangeant leur eau saline avec le sang déjà présent sur mon visage.

- K-Keitô…. Aide-moi… S’il-te-plait… Aide-moi…
; le suppliais-je, d’une voix faible.
- Adieu… Kodoku-san…


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(#) Re: [Terminé] Effondrement et os cassés  Ven 29 Jan 2016 - 21:51

Samedi, 5 Juillet

- KEITÔ!

Les yeux grands ouverts, je me redressai sur le lit, tout en sueur. Qu’est-ce que ..? Un rêve ? Sans me poser plus de question, j’ouvris ma chemise de nuit pour y examiner ma poitrine. Rien. Pas de plaie, ni aucune marque laissant à croire une telle blessure. Je soupirai un coup avant de reprendre mon souffle. Mon cœur battait si fort que je pouvais y sentir son pouls dans la moindre petite veine de mon corps. Cette sensation était loin d’être agréable, mais je n’arrivais pas à me calmer afin de l’apaiser. Ce rêve… Il était plus qu’horrible. Seul le souvenir de Keitô qui me fixait avec tant de froideur fit à nouveau les larmes rouler sur mes joues.

Ma vision ne s’étant pas encore éclaircie, je regardai autour de moi, cherchant à reconnaitre la pièce dans laquelle je me trouvais. C’était ma chambre. Comment suis-je arrivé ici ? Et surtout, pourquoi je ne suis pas mort ? Je me souviens parfaitement d’avoir pointé la lame contre moi… Était-ce un rêve aussi ? Aie ! Ma tête … La migraine n’était pas que présente dans ce cauchemar faut croire. J’avais l’impression qu’elle était prise au sein d’un étau, qu’elle allait exploser d’une minute à l’autre…

- Heisuke !?

Je levai les yeux vers la porte de ma chambre où se trouvait ma mère. Sur le coup, je ne pus la reconnaitre par son habillement décontracté, qui lui enlevait, avec facilité, une bonne dizaine d’années. Cheveux détachés, aucune trace de maquillage, un short et un simple T-shirt…Elle ressemblait beaucoup plus à une grande sœur qu’à une mère. Toutefois, c’était son expression, déchirée entre l’inquiétude et le soulagement, qui me laissait le plus perplexe. Était-ce encore un faux-semblant ? Étonnement, je ne crois pas que c’était le cas. Elle semblait véritablement préoccupée par ma situation des plus pitoyable. Me constatant réveillé, elle s’approcha du lit, prenant place à mon chevet.

- Comment te sens-tu ?

Légèrement surpris par son timbre de voix inhabituellement aussi doux, je ne savais pas trop si j’avais envie de lui répondre. Honnêtement, elle était loin d’être la personne à qui j’aimerais me confier sur mon état. Après tout, je ne suis que l’enfant qu’elle n’a jamais voulu…

- Je… Je ne sais pas trop…

Sans crier gare, elle posa le dos de l’une de ses mains sur mon front en sueur, comparant avec le sien.

- Ta fièvre a baissé, mais elle est toujours bien présente.

Elle tourna ensuite son attention sur ma table de chevet, où se trouvait quelques médicaments, un verre d’eau, du désinfectant et des bandages. Par ce fait même, je remarquai l’heure affichée sur le cadran : 13h47. Depuis combien de temps suis-je dans ce lit ? Quel jour nous sommes ? Ouch… Ma tête me fait si mal que je n’ai pas trop envie d’y penser pour le moment.  Bref… Ma mère me tendit gentiment un médicament avec le verre d’eau afin de soulager ma peine. J’aperçu alors le bandage sur mon poignet droit. Ah oui… ça… J’avais presque oublié ma brillante idée d’essayer le couteau avant de me poignarder avec… Je vais y avoir une jolie cicatrice.

Médicament avalé, ma mère m’ordonna ensuite de me détendre, craignant que je tombe à nouveau dans les pommes, ce que je fis sans m’obstiner. Je n’en avais pas la force et ni l’envie de le faire et surtout, aucune raison de le faire. De son côté, elle manipula, avec délicatesse, mon bras blessé, retirant le bandage afin de désinfecter la plaie qui ornait celui-ci, avec un petit coton médical.

- Pardonne l’absence de ton père. Il désirait rester à la maison pour toi lui aussi, mais il n’a pas eu la même chance que moi avec le boulot…

La même chance ?  Je pourrais parier qu’elle enviait mon paternel de s’être rendu au boulot alors qu’elle était coincée ici à s’occuper de moi… Elle doit encore plus me détester maintenant que je lui faisais manquer une journée de boulot. Elle avait probablement une tonne de paperasses à faire, chose bien plus importante que de passer la journée à mon chevet.

Alors qu’elle essuyait le sang sécher de trop, je la vis plusieurs fois ouvrir la bouche, hésitante à placer un mot. L’ambiance était déjà assez lourde ainsi, elle n’avait pas besoin de rajouter quoi que ce soit… Tout ce que je voulais, c’était qu’elle me laisse tranquille une fois qu’elle aura terminé. Je n’allais surtout pas la forcer à en faire davantage… C’était déjà assez chiant pour nous deux. Elle enroula ma plaie dans un nouveau bandage et libéra finalement mon bras droit.

- Est-ce que tu as faim ? J’ai préparé de la crème de poireau pour toi…

- … Non
- Heisuke… tu dois manger…

Je serrai les poings, agacé par sa présence. Je ne voulais voir personne, et elle encore moins ! Elle n’a jamais voulu me comprendre et je ne crois pas que cette réalité changera d’aussitôt. Donc, même si je lui confiais ce qui me rongeait le cœur, ce qui m’avait poussé à aller jusqu’à m’enlever la vie, elle ne comprendrait rien et me traitera certainement d’idiot. Oui ! Je suis un idiot qui est éperdument tombé amoureux d’un autre homme et qui ne s’imagine pas vivre sans lui… Je suis ce bel idiot ! Et maintenant que je n’aie pu quitter ce monde, j’avais besoin d’être seul.

- Mère… Ne vous forcez pas à vous occuper de moi… Je sais que vous avez bien mieux à faire que de vous préoccupez de votre idiot de fils… D’ailleurs, vous auriez dû ne pas intervenir hier soir… Cela aurait été plus facile pour tout le monde….

Alors qu’elle nettoyait ma plaie, j’étais parvenu à me rappeler ce qui m’avait arrêté dans ma tentative de suicide de la veille. Elle ne voulait probablement pas que je ruine son magnifique tapis en m’auto-poignardant dessus. Cela dit, pour une fois, elle ne répliqua rien, à mon plus grand étonnement. Aurais-je visé juste ? En même temps, ce n’était pas si difficile. Cela fait maintenant plus de 10 ans qu’elle se fiche complètement de moi.

- Mère… Si cela est trop demandé, j’aimerais être … seul…

Ayant retourné ma tête vers elle, je la vis pleuré, en silence, et ce, pour la toute première fois de ma vie. Était-ce bien ma mère ? Où est cette femme au cœur de pierre qui m’a élevé ? Je dois avouer que je ne comprenais plus rien à la situation.

- Pardonnes-moi Heisuke… Tout ça est de ma faute…



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Dernière édition par Heisuke Kodoku le Sam 26 Mar 2016 - 4:29, édité 1 fois
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(#) Re: [Terminé] Effondrement et os cassés  Sam 26 Mar 2016 - 4:29

Je devais être en plein délire. Oui voilà. C’était la seule explication plausible à tout cela. Franchement, je n’étais suis pas si dupe. Depuis quand ma mère pleurait ? Et surtout, depuis quand elle s’excusait ? Pour m’offrir une telle hallucination, ma fièvre devait être beaucoup plus forte que je le croyais. Cela dit, les capelets qu’elle m’avait offerts tout à l’heure auraient déjà dû faire effet depuis un bon moment. Si ça continuait ainsi, je n’allais jamais pouvoir différencier rêve et réalité… J’en avais marre de me perdre dans de vulgaires illusions.

Bref, les dires de ma mère me laissèrent tout de même perplexe. De quoi parlait-elle ? Pourquoi était-ce de sa faute ? Oui elle n’acceptait pas ma relation avec Keitô, mais je doute fort qu’elle soit la principale raison de notre séparation. De plus, elle ne savait même pas pourquoi j’avais tenté de quitter cette vie.

- Mère… De quoi parlez-vous ?
- J-Je…. Je n’ai pas été une bonne mère…

C’était confirmé. J’étais en plein délire. Jamais ma mère n’aurait avoué une telle évidence. Elle avait beaucoup trop d’orgueil pour faire ce genre de chose… Toutefois, ma discrète pincette sur l’une de mes cuisses était belle et bien réelle… Donc, si tout cela est vrai, pourquoi maintenant ? Pourquoi avait-elle attendu que je tente à ma vie pour s’excuser ? Les regrets ?

- Mais… Je ne pouvais pas te laisser m’aimer… Cela aurait été égoïste de ma part. Tu devais me détester… J-Je ne méritais que cela…

Ses sanglots prirent une nouvelle ampleur, me laissant, sur le coup, sans voix. De quoi parlait-elle ? Oui, je la détestais, quoi de plus normal après tout ce qu’elle m’avait fait… Mais tout cela était volontaire ?  Pourquoi je devais absolument la détester ? Que m’avait-elle fait pour en arriver là ? J’étais totalement perdu… Je n’y comprenais plus rien…

Je me redressai sur le lit pour mieux la regarder, cherchant intérieurement une explication à ces dires. Personnellement, j’étais incapable de me souvenir d’un évènement dans lequel ma mère aurait perdu tout mérite d’entretenir une bonne relation mère-fils avec moi… À l’exception des derniers évènements bien sûr. Pour moi, elle a toujours été très distante à mon égard. J’avais que de très vagues souvenirs des rares bons moments que nous avions passé ensemble. Toutefois, je ne voyais toujours pas de quoi elle voulait parler.

Je la laissai pleurer un moment, en silence, ne sachant pas trop quoi faire face à cette situation. Devrais-je la réconforter ? La réconforter à qu’elle sujet ? Je n’étais tout de même pas pour lui dire que je ne la détestais pas… Ça ne serait pas logique de lui dire que je l’aime alors qu’elle savait pertinemment que ce n’était pas le cas… Après tout, c’était sa faute non ? Je ne voyais en quoi ce sentiment de culpabilité m’habitait. Je n’avais rien fait de mal… du moins, je crois ? Bref. Elle finit par neutraliser ses pleurs et releva la tête vers moi.

- Tu te souviens …? Lorsque je t’ai dit que je n’avais jamais souhaité ta naissance..?
- Comment oublier…; grommelais-je
- C’était, plus ou moins la vérité…
- Pas besoin de me rappeler que vous ne vouliez pas de moi dès le départ, mère ! J’avais déjà compris la première fois ! Et si vous voulez tout savoir, non, ce n’était pas la raison au pourquoi j’ai fait ça hier soir !
- Ce n’est pas ce que…
- Et en plus, vous tentez de me faire croire… Tss ! Vous n’êtes qu’une égoïste ! Une égocentrique ! Vous pensez que tout tourne autour de vous alors que ce n’est pas le cas ! Vous vouliez que je vous déteste, mais est-ce que vous m’aviez demandé mon avis dans tout ça ? Bien sûr que non ! Vous ne cessez de dicter ma vie et j’en ai marre ! Vous …
- Ça suffit !!! Heisuke, s’il-te-plait… Écoutes-moi…
- Et pourquoi devrais-je vous écouter ? Vous, vous refusez bien toujours de me comprendre !
- Heisuke … Je te demande simplement de m’écouter jusqu’au bout… Ensuite, si tu le souhaites réellement, je quitterai ta vie… Moi et ton père continuerons de payer tes études et allons t’aider à payer ton appartement après l’université, le temps que tu sois en mesure de te débrouiller seul… Ensuite, lorsque ce sera le cas, je couperai tout lien avec toi … Mais pour cela, j’aimerais que tu m’écoutes une toute dernière fois… S’il-te-plait…

Sourcils froncés, j’hésitai un moment. Si je l’écoutais, allait-elle vraiment me laisser tranquille si je le souhaitais ? De plus, puisqu’elle n’avait pas mentionné mon choix de carrière, je supposais qu’il n’était plus question d’aller en médecine ou en droit ? L’écouter serait donc à mon avantage si je voulais vivre ma vie comme je l’entendais. Et puis, si ma mère m’en faisait la promesse… Elle avait beaucoup trop d’orgueil pour ne pas respecter ses dires. Décidé, je me callai dans ma pile d’oreiller.

- Vous promettez de ne plus interférer dans ma vie si je vous écoute ?
- Oui, absolument.
- Allez-y alors, je suis tout ouïe…
- Très bien. Alors tout à commencer lorsque j’étais encore adolescente…

D’un ton serein, ma mère commença son récit et tel que promis, je lui accordai toute mon attention. Je devais avouer que l’histoire de ma naissance m’intriguait particulièrement. Si ma mère n’avait jamais eu envie de moi, alors pourquoi étais-je tout de même né ? Bref, ma mère m’expliqua que depuis le début son adolescence ainsi que de sa puberté, l’idée de mettre un enfant au monde dans le futur ne l’avait jamais intéressée. Elle croyait que tout cela était dû à son bas âge, mais plus les années défilaient, de moins en moins elle avait envie de porter un enfant. Arrivée à l’université, elle rencontra mon père, un ainé ayant déjà terminé son barreau. Il passait quelques fois à l’université pour travailler son doctorat et aider quelques élèves, comme elle, dans le baccalauréat. Au début, il ne l’intéressait pas réellement, mais ce n’était pas le cas pour mon père qui, lui, avait déjà des vues sur elle. Cela dit, il a fini par la charmer et ils ont commencé à sortir ensemble une année plus tard. Leur relation étant rapidement devenue sérieuse, mon père lui proposa de fonder une famille lorsqu’ils sortiraient de l’université. Provenant d’une famille nombreuse, mon père souhaitait également avoir la chance d’élever plusieurs enfants. Toutefois, ce n’était pas le cas pour ma mère. Elle lui expliqua qu’elle ne voulait pas avoir d’enfant et qu’elle ne s’imaginait pas devoir élever ces derniers. Elle préférait avant tout se concentrer sur sa future carrière. Très compréhensif, mon père accepta. Bien évidemment, il était déçu, mais il respecta le choix de ma mère par amour pour elle.

Sortis de l’université, mon père demanda la main de ma mère, suite à quatre années de relation. À cette époque, ma mère avait 24 ans et mon père, 27. Désormais mariés, ma mère prit la décision de se faire une ligature des trompes. Ainsi, ils pouvaient s’épanouir pleinement dans leur vie sexuelle, sans avoir besoin de prendre plus de précaution tant qu’au souhait de ma mère. Du moins… C’était ce qu’ils croyaient. Tout comme la vasectomie chez les hommes, l’opération n’était pas sûre à 100%.... C’est à ce moment que ma mère est tombé enceinte de moi. Lorsqu’elle comprit qu’elle était enceinte, elle annonça la nouvelle à mon père, précisant qu’elle était pour se faire avorter le plus tôt possible. Mon père s’y opposa fermement. Selon lui, si elle était tombée enceinte malgré sa stérilisation, c’était que cet enfant leur était destiné malgré tout. Mon père réussi à la convaincre, prétextant que c’était un parfait compromis entre le désir de ne pas avoir d’enfant de ma mère et son désir de fonder une grande famille. Un seul et unique enfant, c’était tout ce qu’il souhaitait. Ma mère accepta, mais elle le regretta grandement plus tard. Plus elle voyait son ventre prendre du volume, plus elle détesta l’être qui grandissait en elle. D’ailleurs, je fus le sujet de plusieurs disputes entre mes parents alors que je n’étais pas encore mis au monde. Selon les dires de ma mère, j’étais même parvenu à mettre leur mariage en question, principalement lorsque celle-ci tenta de provoquer une fausse couche…

Après 8 mois de grossesse, mes parents prirent la décision de me donner en adoption, à la plus grande déception de mon père. Heureusement pour lui, je serais resté dans la famille, puisque l’un de ses frères accepta de me prendre sous son aile dès ma naissance. De ce fait, ma mère n’aurait pas eu à s’occuper de moi tandis que mon père pouvait garder contact avec son fils. Du moins, c’était censé se dérouler ainsi avant ce fameux jour. 23 avril 1995, je vis le jour et ce fut à ce moment précis que ma mère changea d’avis. Sans lui demander, on m’avait mis dans ses bras et elle tomba éperdument en amour avec le poupon que j’étais, simplement en posant les yeux sur moi. Selon elle, j’étais la chose la plus mignonne qu’elle n’avait jamais vu. Elle regretta alors amèrement d’avoir voulu faire du mal à cette petite chose fragile, au point de penser qu’elle n’était pas une bonne mère pour moi.

Sortis de l’hôpital, ma mère tomba en dépression postnatale, comme beaucoup d’autres femmes. Cela n’aida pas à la culpabilité qui la rongeait à mon égard. Toutefois, lorsque mon paternel était absent, elle s’occupait de moi convenablement, comme toutes mères dignent de ce nom… Mais quand mon père était à la maison, elle limitait ses contacts avec moi, me laissant aux soins de son mari. Il aurait aimé que cela se passe autrement, mais bon… Mon paternel ne s’y opposa pas, compréhensif face aux sentiments de ma mère. La suite, je la connaissais déjà. Ils m’ont élevé de façon à ce que je puisse me débrouiller seul le plus rapidement possible, question de ne pas dépendre de ma mère qui en fait, souffrait en silence. Et depuis, ma mère faisait tout pour que je la déteste, incapable de se pardonner de m’avoir détesté tout au long de sa grossesse.

Lorsqu’elle termina son histoire, j’étais bouche bée. Honnêtement, que pouvais-je dire à tout cela ? Devrais-je simplement la croire ? Cela dit, je ne pensais pas qu’elle ait crée toute cette histoire uniquement pour changer l’état de notre relation. Alors, si toute cette histoire était vraie et que ma mère se ressentait véritablement des remords, cela changeait complètement la donne. Malgré que je lui en voulusse pour tout ce qu’elle m’avait fait, maintenant que je connaissais ses raisons derrière son comportement aussi injuste et qu’elle regrettait sincèrement de m’avoir fait souffrir, je ne savais plus si je devais lui en vouloir. Bien sûr, je ne déniais pas le fait qu’elle soit parfois aller trop loin, mais l’erreur est humaine… Elle s’était convaincue de faire cela pour mon bien et n’a alors pas pris en compte mes sentiments.

- Maintenant que tu sais tout, je vais te laisser tranquille. De plus, tu as besoin de repos…

Ma mère se leva pour se diriger vers la porte, mais je l’attrapai par le poignet pour le lui empêcher. Étant donné que c’était mon bras blessé, ma poigne n’était pas des plus ferme et me faisait souffrir… Mais ce fut assez pour la retenir.

- Mère, attendez… Est-ce que tout cela est vrai ? Avez-vous réellement fait ça en pensant que c’était le mieux pour moi ?
- Oui… Désolée de t’avoir caché la vérité pendant toutes ces années… Mais, lorsque je t’ai vu avec ce couteau hier soir, j’ai… J’ai terriblement eu peur de te perdre et j’ai regretté de ne pas avoir su te protéger comme une mère devrait le faire. Pardonne-moi de ne pas avoir su être une bonne mère pour toi Heisuke, et je comprendrais parfaitement que tu veuilles couper tout contact avec moi..
- Mère… Si vous êtes honnête, alors je ne vois plus de raison de vous en vouloir… Vos méthodes n’étaient peut-être pas les meilleurs, mais si vos intentions étaient sincères… Je ne vois pas comment je pourrais refuser de vous pardonnez…

Alors qu’elle se retourna pour me fixer, étonnée par ma volonté de lui excuser tout ce qu’elle m’avait fait endurer, je baissai la tête pour me faire pardonner à mon tour.

- Je… Je m’excuse également de ne pas avoir été le meilleur des fils…Je-

Sans prévenir, ma mère me serra fortement dans ses bras avant de fondre en larmes. Interloqué, je pris un court instant avant d’également la serrer contre moi. Ça me faisait tout drôle de l’enlacer ainsi après lui avoir crié dessus. Il y à peine quelques minutes, elle était encore la personne que je détestais le plus au monde. Même cela pourrait paraitre bizarre aux yeux d’autrui, j’avais décidé de lui pardonner. Avec ma situation actuelle, un support émotionnel n’était pas de refus. Puis, j’ai toujours cru au fond de moi qu’elle ne me détestait pas réellement, et ce malgré toutes les paroles blessantes qu’elle avait pu me dire. Je devais l’avouer, j’étais heureux de retrouver ma mère. J’étais heureux que notre relation ait un nouveau départ.

- M-Merci Heisuke… Merci de me laisser une seconde chance… Je te le promets ! Plus jamais je te laisserai tomber mon chéri… Plus jamais tu fuiras de la maison par ma faute !

Les larmes prirent formes et je serrai davantage ma mère dans mes bras. J’avais peut-être perdu l’homme que j’aimais, mais cela m’avait permis de retrouver la mère que je n’avais jamais eu. Celle qui sera là pour moi peu importe la situation. Celle qui va chercher à me comprendre dans mes passions, mes choix… Celle que je n’ai pas eu lors de ces 19 dernières années… Et maintenant que nous repartions à zéro, il n’était plus question que je la déteste à nouveau. Tous les deux avions déjà assez souffert comme ça…

- Merci de m’avoir tout avoué, mère…  Si vous saviez à quel point cela me soulage de savoir que vous ne me détestiez pas vraiment…
- Je ne voulais que ton bien et au final, je t’ai fait plus de mal que de bien… Je suis la pire mère que le Japon est porté…
- Vous étiez la pire… Mais maintenant, tout cela a changé… Je ne vous ne veux plus.

Nous passâmes un petit moment ainsi, à rattraper tout ce temps perdu. Je finis par, bien sûr, lui expliquer la cause de mon malheur, soit ma séparation avec Keitô. Contre toutes attentes, elle fut plutôt étonnée d’une telle trahison de la part du guitariste. Bien qu’elle m’avouât de ne toujours pas accepter la relation que j’avais eu avec lui, jamais elle n’avait pensé que notre couple finirait ainsi. De la part de ma mère, je devais avouer que j’étais assez surpris. Bref… Elle chercha tout de même à me consoler de son mieux. Cela me fit du bien, mais la plaie dans mon cœur était encore bien trop béante pour le moment… Notre relation n’avait peut-être durée qu’une dizaine de mois, mais il fut tout de même mon premier amour.

Ma mère décida, après un moment, de m’obliger à me reposer un peu. Selon elle, j’étais plus pâle que mes draps blancs… Toutefois, ayant remarqué les points de sutures sur mon bras, je lui demandai pourquoi j’avais eu une telle intervention alors que j’avais passé la nuit ici, sans même aller aux urgences. Elle me répondit que c’était l’œuvre de mon cousin ainé Sousuke, chirurgien habitant dans la ville voisine. Elle l’avait appelé en panique hier soir pour lui demander comment arrêter le saignement sur mon bras et, après avoir fournis les instructions à ma mère, il s’était précipité à la maison pour y soigner ma plaie avec son matériel personnel. L’idée que mon cousin ait fait cela me laissa perplexe, mais bon… Si cela a pu m’éviter de passer quelques nuits à l’hôpital, je n’allais pas m’en plaindre.

Ma mère finit par partir et je tentai de dormir un peu. C’était difficile, puisque Keitô envahissait toutes mes pensées. Comme si c’était aussi simple de ne pas penser à lui… Il était le seul à me préoccuper l’esprit depuis l’été dernier. Depuis notre tout premier baiser… À chaque fois que je repensais ce moment, un petit sourire parvenait à apparaitre sur mes lèvres. Quels maladroits étions-nous… Cependant, c’était grâce à cette petite maladresse que j’ai passé les plus beaux moments de ma courte vie. Je ne regrettais rien… Cela dit, ma fatigue remporta la bataille contre mes tourments et je finis par m’endormir, sans même m’en rendre compte. Keitô… Tu m’as peut-être brisé le cœur, mais tu m’as permis de retrouver ma mère. Tu ne le sauras peut-être jamais, mais je t’en remercie... Merci d’avoir été là pour moi. Merci d’avoir été dans ma vie…


HRP:
 

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