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 « Confiance est mère de remise en question. »

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Thomas Harper
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(#) « Confiance est mère de remise en question. »  Mar 5 Juil 2016 - 4:27

Septembre allait bientôt toucher à sa fin et les températures estivales avec. Chose qui ne déplaisait pas tant que ça à l’australien, qui, même si habitué à de plus grosses chaleurs, n’aimait pas ça. Sa journée n’avait pas été très remplie et il avait passé cette dernière dans des salles de permanence à aider certains élèves et à lire pour faire passer le temps. Alors lorsqu’on l’avait appelé à l’administration, ce ne fut pas la motivation qui manquait. Il avait besoin de faire quelque chose de ses deux mains et l’occasion était rêvée. À condition qu’on lui donne quelque chose à faire, évidemment. La plupart du personnel était parti depuis une bonne heure mais étant donné qu’il était de ronde nocturne, il avait décidé de rester sur le campus jusqu'à la nuit.

L’administration n’avait pas attendu longtemps après son rétablissement puisqu’on venait de lui demander d’amener un chariot – qui semblait vraiment lourd, pour le coup – jusqu’au gymnase du lycée. Ce chariot contenait des costumes, des éléments de décors, de quoi faire préparer une scène en fait. Thomas soupira discrètement dans sa barbe. Il n’avait pas besoin qu’on lui explique ce qu’il devait faire, il l’avait compris tout seul et cette idée lui fit froid dans le dos. Apparemment, une petite représentation d’un groupe de lycéen se jouait d’ici quelques jours et il fallait que quelqu’un aide la professeure de théâtre à tout installer. S’il n’avait pas été le seul membre du personnel disponible, Thomas aurait décliné. Sûrement par lâcheté plus qu’autre chose, de peur d’avoir à affronter Kiyomi de nouveau. Car ça allait arriver, ça lui fonçait dessus sans préavis et il devrait faire face sans broncher. Évidemment, l’australien n’était absolument pas prêt et il supposait déjà que la brune ne s’attendait absolument pas à le voir arriver lui.

En fait, ça aurait presque été par politesse, qu’il aurait décliné. Leur dernière entrevue s’étant très mal passée, il doutait bien qu’elle ait envie de le revoir. Mais il n’avait tout simplement pas le choix, là, tout de suite. Il prit son courage à deux mains et remercia Grace pour l’information envenimée qu’elle venait de lui faire passer avant de prendre le chemin du gymnase, poussant le chariot dans la foulée. Finalement, ce truc-là n’était pas si lourd – probablement parce qu’il était sur des roulettes en fait – et beaucoup moins lourd que la pression qui pesait sur ses épaules, en fait.

Quand les portes battantes du gymnase se présentèrent, il hésita quelque seconde. Le temps du trajet, son cerveau ne s’était pas préparé, il s’était complètement éteint et toute pensée cohérente avait lâchement pris la fuite. Le brun poussa les portes à reculons, dos à ces dernières et tira le chariot vers l’intérieur. « Maintenant, il faut se retourner Thomas », et ses nerfs prirent quelques secondes avant d’exécuter l’action en question. Et il fit face. Dieu ce qu’il n’en avait pas envie. Enfin… Si. Une part de lui voulait s’excuser et tout arranger et une autre voulait simplement ne plus jamais croiser son regard. Dilemme qu’il ne résoudrait sûrement pas aujourd’hui. Surtout qu’il allait devoir passer un moment avec elle, pour l’aider à tout installer. Il retint un soupir fatigué par la situation et tenta difficilement de sourire.

« H-Hey. » Fit-il en tentant de garder son sang-froid. « Je… Il n’y avait personne d’autre disponible donc je me suis porté volontaire pour t’aider… » Et sa confiance en lui était littéralement en train de s’effondrer à chaque mot qui passait la barrière de ses lèvres. « Si ça ne te pose pas de problème, évidemment. »

Il en était à un point où il s’excusait carrément d’aider quelqu’un. Pour dire.

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(#) Re: « Confiance est mère de remise en question. »  Mar 5 Juil 2016 - 11:47



Ah! Rien de tel que l'agitation relative à la préparation d'une pièce de théâtre pour oublier ses tracas. Elle avait toujours plus ou moins fonctionné comme ça. Quand certaines choses étaient trop difficiles à vivre, elle lisait, jouait, faisait jouer des choses à ses élèves. C'était du transfert constructif, comme elle aimait à le dire. Pour l'occasion elle avait choisi quelque chose de court et d'agréable. "Primeurs" une farce philosophique nécessitant 9 personnages, soit le compte parfait. C'était à la fois drôle, dérangeant et facile à retenir. Les sujets étaient d'actualité et il y avait de quoi rire. Les élèves avaient pris certains week end pour venir répéter, elle se chargeait donc elle même de l'installation du matériel. Elle avait cependant demandé un petit coup de main pour l'installation et le transport.

Enfin, si elle avait su ce qui allait s'ensuivre, elle n'aurait certainement pas demandé d'aide. Quitte à se détruire le dos. Elle était donc bien occupée, avec sa petite chaîne stéréo à faire des petits essais de sons, déambulant sur scène comme devraient le faire les acteurs plus tard, vérifiant que l'espace est bien occupé, que les repères au sol étaient bien installés, bref, qu'ils ne risquaient pas d'être déstabilises par quelque chose qui manque ou qui tourne mal par manque de chance ou d'organisation.

Elle n'avait pas eu le courage. Elle était sortie du bureau du psy sur-motivée mais n'en avait rien fait. Elle l'avait vu passer au loin, du coin de l'oeil, et tout son courage s'était évaporé, noyé dans un thé noir un peu trop fort. Comme un soufflé qui sort du four trop tôt, comme tout un tas de métaphores plus ou moins glamour. Elle préférait la fuite, c'était trop compliqué d'affronter. Et comme elle n'arrivait pas à se faire à l'idée de ne plus jamais lui parler, elle créait des mises en scène. Elle était tellement peu tranquille qu'elle en avait déjà préparé 5. Donc une tragédie grecque obscure dans laquelle le héros principal trahit un personnage secondaire à cause d'un quiproquo.

Elle n'entendit même pas les portes bouger tant elle était occupée sur cette scène à vérifier les marques au sol et l'emplacement des lumières pour l'occasion. Ce n'est que quand il se retourna qu'elle calcula qu'en fait elle connaissait très bien cette voix, que son aide était là et que ce n'était pas du tout ce pour quoi elle était prête. Le hey était commun, mais ce visage. Ce visage n'avait rien de commun. Elle se figea dans le faisceau de lumière bleutée, avala péniblement sa salive, elle avait l'impression qu'elle était d'acide sulfurique. Pendant un instant elle oublia comment on parle japonais. "Bonsoir" "merci", ne faisaient même plus partie de son vocabulaire. Elle resta la à le regarder alors qu'il lui expliquait qu'il pouvait partir si il la dérangeait. Il..S'était porté volontaire? De son propre chef? Elle plissa les sourcils un instant. Quelque chose clochait. Elle ouvrit la bouche, rien n'en sortit.

"..."

Elle resta immobile quelques secondes de plus. Son coeur se serrait et explosait alternativement. Elle lui en voulait toujours sans savoir pourquoi, mais elle était tellement contente de se retrouver dans son champ de vision à nouveau. Elle eût l'impression que l'univers lui pardonnait son manque de courage précédent. Elle inspira profondément. Au bord de la falaise. Au bord de la scène. En expirant elle murmura.

"Thomas.."

Et contre toute attente, et surtout contre les siennes. Elle sauta de la scène improvisée, qui n'était heureusement pas très haute. Elle fermait les yeux le plus souvent possible pour ne pas perdre cette étincelle de courage. Elle ne pourrait pas le regarder dans les yeux, elle n'aurait pas la force de s'excuser formellement. C'était encore une fois une marque de lâcheté. Courageuse cette fois çi. Elle se jeta dans ses bras et le serra aussi fort qu'elle le put. A demi mot elle lança ce qui lui pesait sur le coeur depuis si longtemps.

"Je suis tellement désolée."

Elle aurait tout le temps de regretter quand son cerveau reprendrait le contrôle de son corps et qu'elle réaliserait ce qui venait très exactement de se passer.

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[00:30:04 30/08/2016] Thomas Harper : j'suis la patience incarnée - quand il s'agit pas de Kiyomi - donc j'ai le temps

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(#) Re: « Confiance est mère de remise en question. »  Mar 5 Juil 2016 - 13:48

Kiyomi entrouvrit ses lèvres pour que rien ne sorte. Thomas ne s’attendait pas à mieux, au moins elle ne l’avait pas juste ignoré. Elle avait l’air au moins aussi confuse que lui, même si à cette distance il n’était pas vraiment capable de capter quelconque émotion sur son visage. C’était juste une supposition, une devinette, en quelques sortes.

« Thomas… »

Entendre cette voix de nouveau lui tendit les épaules. Il n’avait pas eu le temps de se préparer à ce qui allait lui tomber dessus. Une claque ? Des explications ou des excuses – plutôt rêver – ? Qu’elle lui demande de partir ? Pour le coup, l’australien tentait de deviner, il voulait s’y attendre. De toutes façons, Thomas n’avait jamais aimé les surprises. Ce n’était pas son truc, il aimait prévoir, savoir. Notamment dans cette situation. Il n’avala même pas sa salive, s’arrêta de respirer et attendit sa sentence. Se prendre un dossier en pleine face n’avait probablement été que la bande-annonce du film d’horreur qui se préparait. Sa collègue, qui le surplombait de par la hauteur de l’estrade – chose qui n’aidait pas à arranger son malaise, soit dit en passant –, sauta de cette dernière et se jeta littéralement dans ses bras. Dans. Ses. Bras.

« Je suis tellement désolée. »

« Désolée… ? ». Trois longues semaines à se persuader que c’était bel et bien de sa faute à lui, qu’il ne pouvait que s’en vouloir. Il avait pensé à de nombreuses façons de s’excuser mais ne l’avait croisée qu’en coup de vent et n’avait jamais eu le courage de le faire. Et Kiyomi était en train de le serrer contre elle sans qu’il ne puisse crier gare, s’excusant. L’australien demeura pétrifié le temps de quelques secondes avant que l’une de ses mains ne se pose sur le dos de la brune pour accepter l’étreinte. Puis l’autre. Son cœur se remit à battre normalement – quoi qu’un peu vite – et le surveillant fut presque soulagé d’avoir réussi à réagir sans trop paniquer. Il s’accorda quelques secondes de plus avant de dire quelque chose. Sa tête était vide de tout et aucune pensée cohérente n’arrivait à se former. Il se lança.

« … Tu n’as pas à t’excuser… Je ne t'en veux pas… » S’écria-t-il doucement. « Je te dois aussi des excuses… C’était peut-être un peu déplacé… » Il prit discrètement une grande inspiration. « Alors, désolé. »

La confusion, de nouveau. Évidemment qu’il s’en voulait. Il y avait repensé plus d’une fois, il avait répété certaines phrases devant son miroir pour finalement ne jamais être capable d’affronter la réalité. Mais d’un côté… Il ne pensait pas réellement le côté « déplacé ». Ce compliment qui partait au départ d’un bon sentiment s’était transformé en drame monumental. C’était probablement pour ça qu’il avait employé le terme de « déplacé ». Car il avait – malheureusement – pensé chacun de ses mots.

Et quelque chose d’imprécis l’empêchait de mettre fin à cette étreinte dans laquelle, même s’il ne l’aurait jamais admis, il se sentait beaucoup trop bien. Même s’il savait pertinemment que ça devrait se finir à un moment où à un autre. S’il pouvait seulement en profiter une seconde de plus.

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(#) Re: « Confiance est mère de remise en question. »  Mar 5 Juil 2016 - 14:13

L'esprit délicieusement embrouillé par l'adrénaline, elle n'avait pas senti la violence potentielle du choc de ces ceux corps tendus par l'appréhension. Ses capteurs sensoriels avaient muté ça en quelque chose de doux, de nébuleux. D'irréel. Ce n'était pas Kiyomi contre Thomas, c'était le concept de la culpabilité qui rencontrait celui de l'angoisse pour se mêler en un brouillard crépusculaire. Quelque chose qui était infiniment plus beau dans sa tête que concrètement pour un observateur extérieur. Qu'en penserait le psy, c'était une autre question.

C'était toujours en décalage. Elle n'avait jamais su agir avec mesure. C'était certainement pour cette raison qu'elle avait choisi le théâtre. La démesure. Ces sentiments inappropriés, ces jalousies dévastatrices. Nul doute que s'ils avaient eu des dossiers sous la main à l'époque, il y en aurait eu des centaines envoyés à des centaines de visages pour des prétextes aussi stupides qu'une mèche de travers ou un pas de côté. Et elle ne s'attendait certainement pas à ce qu'il sente aussi bon. Troublée, le sens le plus développé chez elle avait pris le relais. Elle se perdit un instant dans l'odeur de son parfum. Impossible de le reconnaître. Mais cela n'empêchait en rien de l'apprécier.

Si elle avait été encore en contact avec la partie rationnelle de son existence, elle aurait craint de se faire envoyer sur les roses sans ménagement. Mais non. Rien. Les secondes interminables qui avaient séparé le choc de cette main dans le dos avaient filé comme si elles n'avaient jamais existé. Et ce temps qui n'existait pas n'en finissait pas de s'étendre. Elle ne sentait pas la main, seulement cette odeur qui ne quitterait pas son esprit de la soirée, voire peut être même de la semaine.Mais ça elle ne le savait pas encore, elle ne savait qu'une chose. Il sentait bon.

Ce n'est que le son de sa voix qui la ramena lentement sur terre. Un peu trop tôt Heureusement, sa voix était douce et le choc ne fut pas aussi brutal qu'il aurait pu l'être. Il ne lui en voulait pas. Le contexte avait disparu, il n'y avait que cette phrase. Les autres passèrent même un peu à la trappe. Je ne t'en veux pas, je ne t'en veux pas. Je, toi, tout va bien Elle oublia un instant à quel point c'était stupide, elle oublia deux instants à quel point elle aurait été heureuse si elle n'avait pas réagi aussi bêtement, et elle oublia trois instants que le point de départ avait été trois mots avant de raccrocher.

Et tout revint. Elle se raidit dans ses bras. Elle avala sa salive tout aussi péniblement que tout à l'heure. Ses yeux avaient gagné en diamètre. Son souffle s'était accéléré. Tout était là. Elle avait agi en gamine stupide, avait envoyé un dossier à la figure de quelqu'un qui lui avait dit que le bronzage lui allait mieux qu'elle ne le pensait, elle avait été odieuse parce qu'elle avait surpris une conversation et n'avait pas su accepter la punition pour son manque de respect. Si elle n'avait pas été aussi interdite, elle aurait pleuré. Mais c'était assez les conneries ! Elle ferma les yeux un instant, son odeur l'avait rattrapée, apaisée. Elle inspira profondément. Et ne voulant pas que tout ça se termine trop vite, et surtout ne pas le regarder dans les yeux, elle baissa la tête vers le sol, desserra son étreinte, mais sans pour autant que ses bras quittent les abords de sa silhouette.

"Tu pourrais. Ma réaction était stupide. Et la raison est encore plus stupide."

Mais ça elle n'avait pas la force de l'évoquer, parce que si elle en parlait, ça devenait vrai, et si ça devenait vrai elle aurait à affronter une douloureuse réalité. Non. Jamais. Alors elle ne noya qu'à moitié ce poisson.

"C'était un vieux réflexe..Je..Je pensais que tu te moquais de moi.. Je.."

Dieu que c'était difficile. Au compte goutte, d'une voix douce, presque inaudible, plaintive, abattue.

"J'étais tellement contente d'avoir trouvé un ami que..Que j'avais peur qu'il..Que tu n'en sois pas un. Et.."

Et j'ai fait comme d'habitude, j'ai fui mes responsabilités, j'ai préféré me persuader que tu n'en étais pas un pour ne pas avoir trop de peine si ça avait été le cas. Et..Et ce n'est pas normal, et puis cet appel, et..Je..Je... Et elle se tut. De peur d'en dire, ou pire, d'en penser trop.

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[00:30:04 30/08/2016] Thomas Harper : j'suis la patience incarnée - quand il s'agit pas de Kiyomi - donc j'ai le temps

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(#) Re: « Confiance est mère de remise en question. »  Mar 5 Juil 2016 - 16:36

Kiyomi rompit l’étreinte d’elle-même, chose qui fut à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle pour le brun. Bonne car il n’aurait pas à le faire lui-même, mauvaise car il avait redouté ce moment. Elle n’avait pas perdu le contact entre eux, alors il avait décidé de faire de même. Ce n’était pas la première fois que Thomas enlaçait quelqu’un – une femme – dans ses bras et si d’habitude il se montrait toujours comme étant la personne la plus entreprenante, cette fois-ci, il laissa la brune mener la cadence. Elle avait l’air au moins aussi mal à l’aise que lui dans ce genre de situation, et si Thomas avait appris à gérer la chose parce qu’il avait toujours vécu avec ça, peut-être n’était-ce pas son cas ? Il s’accorda bien plus que le bénéfice du doute et ne retira pas les deux mains perdues dans son dos.

« Tu pourrais. Ma réaction était stupide. Et la raison est encore plus stupide. »

Et si de longues phrases rassurantes lui venaient à l’esprit, il décida de simplement se taire et de la laisser parler. Elle semblait avoir tant de mal à aligner ces quelques mots qu’il ne voulait tout simplement pas la couper dans son élan.

« C’était un vieux réflexe… Je… Je pensais que tu te moquais de moi… Je… » Elle s’arrêta subitement, l’air de chercher ses mots, le regard fixé sur le sol plastifié du gymnase. « J’étais tellement contente d’avoir trouvé un ami que… Que j’avais peur qu’il… Que tu n’en sois pas un. Et… »

Elle se stoppa net. Pas besoin d’être un génie pour comprendre qu’elle en pensait bien plus mais c’est en mettant un pied devant l’autre qu’on avance. Il ferait preuve de patience, il en serait capable. Et n’aurait surtout pas le choix. Il prit une grande inspiration et lui répondit le plus sincèrement du monde.

« Tu penses trop, Kiyomi. » Fit-il sur un ton plus décontracté et peut-être plus… rassurant. « Enfin. Je suppose qu’on devrait tous les deux arrêter de trop penser. » Sa voix n'était pas tremblante mais manquait cruellement de conviction et il semblait presque nerveux. Probablement car c'était le cas.

Quelque part, il se guérissait par ses propres paroles. Elle n’avait pas été la seule à se torturer psychologiquement pendant ces trois longues semaines. Et ce court moment passé avec elle lui redonnait un peu de confiance en lui. Assez pour se débarrasser de ce poids insupportable sur ses épaules et de se sentir un peu plus libre de ses actes et paroles. Ça lui faisait du bien. Vraiment. Un silence de quelques secondes s’installa et il brisa le dernier contact entre eux alors que ses bras retombèrent le long de ses hanches. Il ne voulait plus qu’elle s’inquiète pour ce genre de chose. C’était presque devenu sa priorité. Il se frotta l’arrière de la tête, tout de même embarrassé par la situation plus qu’il ne voulut l’admettre.

« Je ne suis pas très bon pour dire exactement ce que je pense mais… Enfin… » Il s’arrêta l’instant d’une seconde pour trouver ses mots et se reprit. « Je ne suis pas du genre à m’offusquer. Disons même que je culpabilise rapidement pour un rien et… Enfin, je ne pense pas qu’il se puisse un jour que tu me « perdes » en tant qu’ami. »

L’australien avait plus ou moins réussi à lui faire passer ce qui lui trottait dans la tête depuis quelques minutes déjà. C’était le genre d’effort qu’il n’arrivait à produire que lorsque l’adrénaline l’emballait ou lorsqu’il avait le sentiment d’être attaché à une personne. Pour le coup, c’était un étrange mélange des deux.

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(#) Re: « Confiance est mère de remise en question. »  Mar 5 Juil 2016 - 17:10

Il ne faisait pas chaud, il n'y avait pas de danger particulier, mais elle était étreinte par un sentiment amer et une sorte de vertige. Peut être étais-ce qu'on ressentait à l'approche d'un tremblement de terre. Elle ne voulait pas bouger, et plus que tout, elle ne voulait pas avoir à croiser son regard. Plus que la fin de cette proximité c'était ce regard qu'elle craignait. D'y lire quelque chose, de le voir fuir. Tellement de choses différentes qui entrent en conflit. Tellement de choses. Elle ne parvenait pas vraiment à se calmer. Mais elle était étrangement calme. Paradoxe intéressant.

Il gardait le silence, elle l'oublia un instant, en proie, plus que jamais à ces démons qui l'assaillaient depuis plusieurs semaines déjà, et sans jamais prendre de pause. Elle était contre lui mais il n'existait plus, elle était seule dans un vide terrifiant. Seule face à elle même. Face à toutes ces choses qui la hantaient depuis qu'elle était jeune. Un jour elle lui demanderait qui c'était, qui était l'inconnu du téléphone. Mais pour le moment elle était redevenue Kiyomi adolescente, les yeux clos avec de la musique sur les oreilles qui essaie d'oublier la monotonie du quotidien. Qui essayait d'oublier qu'ils étaient tous ensemble et qu'elle était à côté.

A côté elle l'était toujours mais d'une manière plus intéressante. Elle qui n'était rien était devenu un repère pour certains et une aide pour d'autres. Elle ne demandait pas plus. Un peu d'utilité dans ce monde et un peu de reconnaissance de temps en temps. Elle qui ne souffrait aucunement de la solitude trouvait cependant beaucoup de réconfort dans cette parenthèse surprenante. Il ne disait rien. Elle était allée jusqu'au bout, ou presque, de son raisonnement. Jusqu'aux limites de l'acceptable, aux limites du supportable, aux limites du conceptualisable. Elle pensait trop. Son coeur fit un bond et s'arrêta une demie seconde.

Elle le savait, pas un mot faisait naître mille pensées qui en amenaient mille autres. Elle aurait aimé le sentir un peu plus vacillant mais sa voix était presque assurée. Elle crut un instant de s'être faite de nouveau avoir. Elle déglutit péniblement, persuadée d'entendre bientôt une sorte de "hé, c'est déjà gentil que je supporte tes caprices alors on va arrêter là." Non. Lui aussi était perdu dans ce tourbillon qui prenait une nouvelle apparence pour chaque personne mais restait au fond le même. Que voulait-il dire par là? Y avait-il un sous entendu? Et si oui? Et si non? Et si peut être? Qu'aurait-elle préféré? Tu recommences.

Et le temps qu'elle reparte dans ces considérations erronées, la magie était brisée. Elle avait toujours le regard vers le sol. Elle n'osait pas le regarder. Elle se recula après quelques secondes et luttait grandement pour ne pas encore partir en courant. Si elle était ambassadrice d'un pays, on en aurait déduit que le sport national était la fuite.

Elle ne le regarda que lorsqu'il évoqua l'idée qu'ils seraient longtemps amis. Elle ne releva pas la tête d'un coup, non, elle fronça les sourcils plusieurs fois avant d'être bien certaine que la bonne combinaison de mots était bien remontée jusqu'à son cerveau. Une fois certaine, elle redressa la tête, lentement. Elle voulait voir ce qu'il y aurait dans ses yeux, la, tout de suite, maintenant. Et elle ne supporta pas bien longtemps ce qu'elle y vit. Il avait de beaux yeux. Communs, mais beaux.

BLAM

Une porte avait claqué. Elle avait sursauté. Elle secoua légèrement la tête. Elle hésitait entre lui expliquer que si après tout ça il ne voulait plus l'aider elle se débrouillerait mais elle ne voulait pas qu'il parte tout de suite. Elle ouvrit la bouche plusieurs fois sans que rien n'en sorte -encore?!- et finit par lancer, faussement enjouée, ce sourire bien connu au visage:

"Plus vite on s'y mettra plus vite on aura terminé."

Elle manquait toujours un peu de courage, mais en lui passant à côté pour se diriger vers le chariot, elle murmura à sa hauteur:

"Merci...Je me rattraperai, je te le promets."

Moins réfléchir. Moins réfléchir. Elle opta pour l'humour. Elle sortit deux planches un peu rongées du chariot.

"On a de la chance, on manque tellement de budget que niveau décors ça va aller plutôt vite."

Elle le regarda, souriante. Mais il restait encore beaucoup de choses à dire. A faire. A éclaircir. Son coeur était plus léger, mais restait très lourd. Et son esprit oscillait entre besoin de poser son regard sur lui et la crainte d'y lire autre chose que de la bienveillance.

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[00:30:04 30/08/2016] Thomas Harper : j'suis la patience incarnée - quand il s'agit pas de Kiyomi - donc j'ai le temps

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(#) Re: « Confiance est mère de remise en question. »  Mar 5 Juil 2016 - 20:44

Ce fut lorsque Kiyomi avait relevé la tête vers lui que son cerveau avait décidé de fonctionner de nouveau. Il ne s’attendait pas vraiment à ce qu’elle le regarde dans les yeux – surtout à ce moment – et il fut pris de cours. Si habituellement, Thomas faisait tout son possible pour éviter les contacts visuels – car il se trouvait vite déstabilisé par ces derniers – celui de Kiyomi lui avait fait remettre les pieds sur Terre. Bonne ou mauvaise chose ? L’australien ne savait pas trop. Peut-être un peu des deux. Cela faisait bien longtemps qu’il n’avait pas plané ainsi le temps d’une ou deux minutes. Tout ça s’était arrêté un peu trop brutalement à son goût mais il ne pouvait s’en prendre qu’à lui, finalement. C’était lui qui l’avait provoqué.

« Blam »

Comme s’il n’était pas suffisamment éveillé, une porte venait de claquer, le faisant se retourner subitement fronçant les sourcils. Juste le vent, hein. Il remonta ses lunettes et se tourna vers le chariot. Si les silences précédents lui avaient été apaisants… Ce n’était certainement pas le cas de celui-ci. Et tout était « trop bien » parti pour tout gâcher maintenant. Il faillit ouvrir la bouche pour parler mais Kiyomi le devança.

« Plus vite on s'y mettra plus vite on aura terminé. »

« Je ne sais pas vraiment si j’ai envie qu’on ait terminé. » fut-il tenté de dire. Remarque qu’il remplaça par un petit « Tu as sûrement raison. » un peu indécis. Au point où ils en étaient, il n’était plus trop sûr de ce qu’il pouvait dire ou non. Il n’était même pas sûr qu’il y ait un interdit parmi ses paroles. Mais ne cherchant pas à s’y risquer, il hocha simplement la tête en esquissant un sourire un peu maladroit lorsqu’elle passa à côté de lui. Il s’avança alors à son tour pour aller l’aider à récupérer les morceaux des décors. Il s’attendait à ce qu’elle lui donne des instructions à propos des endroits où il pourrait bien placer le matériel disponible et…

« Merci... Je me rattraperai, je te le promets. »

Et le sourire qui naquit sur ses lèvres fut on ne peut plus sincère. Il n’y avait rien de bien compliqué dans cette tâche à vrai dire, Thomas souriait dès qu’il prenait quelque chose à cœur. L’australien ne savait pas vraiment quoi lui répondre sur le coup. L’attention en elle-même n’avait pas de prix à ses yeux mais il la trouvait si injustifiée… Il ne lui en avait jamais voulu, pas même une seule seconde.

« On a de la chance, on manque tellement de budget que niveau décor ça va aller plutôt vite. »

Le brun avait ri nerveusement et la suivit dans ses gestes, tendant les bras pour attraper les deux planches qu’elle venait de tirer du chariot pour les déposer sur l’estrade. Il fit de même pour d’autres parties du décor.

« Ça me rappelle les cours de théâtre quand j’étais gosse. » Il monta sur la scène pour aller placer les débuts du décor. « Notre école prêtait juste le gymnase et l’estrade, et après ça, le professeur devait se débrouiller pour le reste. » Il s’arrêta pour retourner dans le vif du sujet. « Je place ça où ? »

Il prit les deux premières planches pour finalement aller les caler à l’endroit où Kiyomi lui dirait. S’atteler à cette tâche plaçait un peu de distance entre eux et elle autant que lui pourrait souffler. Enfin… Pas vraiment. Il prit son temps avant de revenir sur le devant de l’estrade pour récupérer le reste et d’une voix tout juste audible à cause de la résonance du gymnase, il reprit.

« Je ne sais pas vraiment si j’ai envie qu’on ait terminé d’installer tout ça, tu sais. » Sa phrase était déjà plus construite que ce qu’il avait en tête. C’était glorifiant. Même si elle était complètement irréfléchie et qu’il n’avait pas pensé une seule seconde aux conséquences.

Et même si sa collègue se trouvait à quelques mètres de lui, il s’inquiétait qu’elle entende le rythme un peu trop rapide des battements de son cœur.

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(#) Re: « Confiance est mère de remise en question. »  Mer 6 Juil 2016 - 23:55

Elle aurait aimé prolonger le moment, une seconde, une minute ou même une éternité. Mais il n'y avait aucune raison. Ils étaient amis, elle était pardonnée, il n'y avait absolument rien qui ne justifiait qu'elle puisse rester une seule seconde de plus contre lui. Et puis de toute façon, son cerveau avait repris les commandes et son coeur battait pour essayer de les récupérer. En vain, il va sans dire. Voila, elle était de nouveau le seul capitaine de son navire vacillant à chaque battement de cils de son compagnon d'infortune.

Le bruit de la porte lui avait de toute façon bien remis les idées en place. Ce que c'était, elle n'en avait pas la moindre idée, mais elle ne tenait pas plus à savoir d'où ça venait que s'il ou elle avait réussi à voir ce qui venait de se passer. Elle n'avait pas besoin de ragots en plus, loin de là. Elle conserva son sourire, il y avait de la façade, certes, mais elle avait envie de sourire. A lui, juste à lui qui était au moins aussi mal à l'aise qu'elle dans la majorité des situations impliquant un échange social.

Et voila. Retour à la triste réalité. Bouger le chariot, prendre les vieilles planches vermoulues, les mettre dans un coin en espérant que ça ressemble à un comptoir, recommencer avec les rideaux qui sentent la poussière. Se dire qu'on devra les rendre avec une odeur de rose pour ne pas se faire réprimander. Soupirer. Mais surtout, avancer. Elle hocha la tête lorsqu'il répondit qu'elle avait raison, du moins peut être, et elle essaya en vain de penser à autre chose. Vue de l'esprit? Il lui sembla qu'elle était toujours entourée de son odeur. Elle ne voulait pas y penser, mais elle dormirait certainement le nez contre cette écharpe qui n'avait rien de particulier avant ce soir.

Elle prit sur elle pour ne pas avoir l'air de trop éviter son regard en lui tendant les planches. Elle ne voulait tout de même pas avoir l'air d'être malpolie. Elle fouilla dans le chariot à la recherche des choses les moins abîmées et qui pourraient servir le mieux possible. Il y avait des petits bouts de rideaux, des planches, des petits accessoires. Oh comme d'habitude elle allait trouver le moyen d'en faire quelque chose, mais chaque année elle trouvait que les moyens alloués à l'activité diminuaient. Elle devrait en toucher un mot à la direction. Elle vola un regard à chaque fois qu'il se tournait vers le mur pour poser quelque chose, peu importe quoi. Elle lui fit signe de le poser dans le coin droit, à côté du petit tas de chaises déjà placées.

"Là bas ! Je crois qu'on a tous des souvenirs du théâtre gamins."

Elle marqua une courte pause. Souvenirs.

"Je n'oublierai jamais mes premières profs de théâtre. Enfin, à moins que je sois sur la liste d'Alzheimer."

C'était plus de l'humour noir qu'une réelle crainte. Il n'y avait pas grand chose qui l'effrayait. Du moins, à l'exception de toutes les autres choses qui la pétrifiaient à la seule évocation.

"De toute façon, les plus grandes oeuvres naissent de la contrainte. Si la vie était tout le temps belle pour tout le monde, il n'y aurait pas de théâtre. "

Elle essaya de donner une forme de comptoir aux quelques planches à gauche, et un air de petit troquet de marché à celles de droite. Elle prit une table ou deux et les recouvrit de tissus pour faire une table et disposa deux chaises de chaque côté. Elle se recula vaguement pour essayer de voir si l'effet était réussi et..Fit la moue. C'était pas vraiment ça. Mais vu les moyens du bord on était pas mal. Elle ne calcula d'ailleurs pas de suite qu'il avait parlé. Elle se tourna vers lui.

"Tu as dit quelque chose? "

Elle n'avait pas entendu. Elle n'avait peut être pas voulu entendre. Enfin toujours est-il qu'elle n'avait pas compris ce qu'il avait dit, ni même s'il avait vraiment dit quelque chose.

"Ne bouge pas "

Rattrapée par l'amour de la discipline(ou la mauvaise foi), elle s'approcha du rebord, en sauta, se plaça à côté de lui, plaça ses deux mains en "écran" afin de voir un peu ce que ça pouvait bien donner. Mais elle lui demanda tout de même son avis.

"Toi qui ne sais pas de quoi ça parle, à quoi ça a l'air de ressembler?  "

Si seulement elle avait pu entendre ce qu'il avait dit.

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(#) Re: « Confiance est mère de remise en question. »  Jeu 7 Juil 2016 - 2:22

Tout ça n’était qu’une sorte de mascarade. Une vulgaire mascarade. Et l’idée sonnait si ironique, puisqu’il s’agissait de théâtre. Ironique et douloureuse à la fois. Il ne connaissait pas grand-chose au théâtre mais des quelques pièces qu’il avait pu lire, il en avait tiré une chose : Le théâtre se finit soit trop bien, soit trop mal. C’était probablement un jugement très arrêté et très pauvre de la chose mais c’était un peu comme ça qu’il concevait cet art de la démesure. Alors s’il s’agissait de théâtre pourquoi fallait-il qu’il soit si confus et ne sache tout à coup plus rien interpréter ? Thomas se sentait complètement perdu. À la fois infiniment seul et mieux accompagné que jamais.

Comme si les choses ne s’avéraient pas assez complexes, il avait une impression de déjà-vu. Un sentiment très loin d’être désagréable physiquement parlant mais qui semblait toujours moins amusant dans sa tête. Ça impliquait beaucoup trop de choses à la fois et il n’arrivait tout simplement pas à réfléchir correctement pour le moment. Probablement parce qu’elle était là.

Il dû se reprendre lorsqu’elle lui indiqua l’endroit où il devrait poser ce qu’il avait entre les mains – et continua avec le reste du contenu du chariot –, effleurant à son tour le sujet de la jeunesse et de ses anciens professeurs de théâtre. C’était probablement parce qu’elle en avait eu de très bon, qu’elle avait persévéré dans la matière. Thomas avait toujours été un peu « exclu » des cours d’expression, il était si mauvais que beaucoup pensaient qu’il le faisait juste exprès ou s’en foutait royalement. Il balaya ses pensées, buvant les paroles de la brune – et ne manqua pas de doucement rire à sa pointe d’humour – jusqu’à son aparté sur la naissance de la contrainte au théâtre. Thomas acquiesça simplement ses propos, accroché à ses lèvres. Un peu trop, d’ailleurs.

« Tu as dit quelque chose ? »

Sa question le fit redescendre sur Terre un peu trop brusquement. Ah oui, c’est vrai qu’il avait lâchement dit quelque chose quelques secondes plus tôt, à propos du fait qu’il n’avait pas envie de retourner à sa vie qui lui semblait un peu trop monotone, à présent. Il avala discrètement sa salive.

« Je… Ehm, non. C’est probablement une planche. » Fit-il en toquant sur l’une d’entre elles, comme pour en imiter le bruit.

Comme si le bruit d’un bout de bois ressemblait à une voix humaine, hein. À peine ses mots passèrent la barrière de ses lèvres qu’il se haïssait déjà intérieurement. Qu’est-ce qui l’empêchait de reprendre simplement, d’une voix assurée « Well, oui, j’ai dit que je ne voulais pas que ça se termine. ». Beaucoup de choses. Des choses d’adultes, assurément. Il détestait être adulte, de toutes façons. Et pourtant il approchait bientôt la trentaine. Foutue trentaine. Heureusement pour lui et sa santé mentale, le sujet se dissipa rapidement quand elle brisa le silence.

« Ne bouge pas. »

L’australien haussa un sourcil, perplexe mais resta sur place comme demandé. La brune s’approcha de nouveau de lui – et il s’imagina l’espace d’une seconde qu’elle se jetterait de nouveau dans ses bras, jusqu’à que la réalité et son goût on ne peut plus fade le rattrape. Elle examina le décor dans son ensemble, maintenant qu’il était placé dans son intégralité avant de se tourner de nouveau vers le surveillant.

« Toi qui ne sais pas de quoi ça parle, à quoi ça a l'air de ressembler ? »

Il resta silencieux un instant, prenant sa demande en considération puis remonta ses lunettes, l’air faussement trop sérieux comme pour l’amuser. Il croisa finalement les bras et prit son menton dans l’une de ses mains comme pour s’aider à réfléchir avant de finalement se lancer.

« Un bar… ? Ou un restaurant peut-être ? » Fit-il sur un ton très incertain, ayant peur de se tromper sur toute la ligne. « Enfin… Je pense que c’est ça. Mais pas sûr. » Tenta-t-il pour se rattraper au cas où il aurait faux.

Alors qu’il attendait son verdict, il profita de la petite vingtaine de centimètres qui les séparaient pour regarder la brune en biais, pas aussi discrètement qu’il l’aurait voulu. Les secondes semblaient s’écouler comme le feraient des minutes et chacune d’entre elles le rappelait à l’ordre. Il était temps de faire face.

« Est-ce que j’ai le droit de savoir de quelle pièce il s’agit ? » Il marqua une pause, ses questions marquées d’une pointe de curiosité qui lui était bien usuelle. « Tu fais cette représentation avec quelle classe ? »

Il était clairement temps de faire face. Faire face à la naissance de quelque chose qui lui paraissait si agréable à cet instant précis, qui était responsable de la disparation de toute pensée cohérente quand Kiyomi se tenait dans la même pièce que lui. Parce qu’il avait définitivement un faible pour le petit bout de femme qu’était la professeure de théâtre de Kobe High School.

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(#) Re: « Confiance est mère de remise en question. »  Jeu 7 Juil 2016 - 21:31

Respirer, surtout ne pas oublier d'inspirer, d'expirer et de recommencer. Oh, bien entendu, on ne peut pas vraiment oublier de respirer, l'instinct de survie est là et fait bien son travail. Mais tout de même il y a des fois ou tout se bloque, la, comme ça, bêtement. On peut en mourir. Il y avait bien un roi de France qui était mort après s'être juste mangé un linteau de porte en allant jouer à la balle. Alors pourquoi ne pas mourir en oubliant de respirer quand on monte un décor pour une petite pièce. Elle essayait de faire un tri nécessaire, voire vital dans son esprit. Ne pas paniquer, agir normalement, faire comme si tout allait bien maintenant. Ne pas paniquer. Ne pas pleurer.

Elle essayait de noyer tout ça dans le travail. Bien que pour beaucoup, ça ne ressemblait pas vraiment à un travail puisque bon, on sait tous que le théâtre c'est inné et c'est que du bonheur n'est ce pas? Voila. C'était nier le travail d'appréhension de mise en scène, les années d'étude des choses qui ont fait le théâtre d'aujourd'hui, tous ces noms, toutes ces pièces, tous ces mouvements. Le travail du corps aussi, ainsi que l'étude de la voix, des mouvements. De toutes ces choses qui font un comédien, plus vivant et complet qu'un simple acteur de cinéma, parce que le théâtre, ça ne pardonne pas. Comme dans la vie, on a qu'un seul essai. Et en général il vaut mieux ne pas se louper. Paradoxalement, elle était aussi bonne actrice que mauvaise amie.

Le bruit de la pl..Elle haussa un sourcil pour ne pas défaillir. C'était soit tout l'un soit tout l'autre. Jamais de demi-mesure. Elle mourrait d'envie de savoir ce qu'il avait dit, oui. Mais elle accepta l'excuse, après tout, n'avait-elle même pas été lâche plus tôt? Elle se concentrait sur la scène placée à l'instant pour ne pas se jeter dans ses bras de nouveau. Mais la tentation était grande. Son odeur. Toujours cette odeur qu'elle sentirait dans tous les couloirs, même ceux où il n'était pas. Elle en profitait pour inspirer à pleins poumons, pour être certaine de ne jamais oublier.

"Ah.."

Oui, donc. La planche. Elle lui avait souri brièvement. Ca ne lui allait pas du tout comme réponse, mais elle n'avait qu'a avoir écouté. Elle ne put s'empêcher de rire. On aurait presque dit un critique d'art qui était en train de décider s'il allait mettre les 10 millions dans un tableau contenant un point bleu sur un fond blanc sensé représenter la liberté contenue par la raison. Elle se permit même d'en rire, libérant un peu de cette pression insoutenable. un bar ou un restaurant. Elle s'assombrit quasi instantanément. Elle soupira profondément.

"Je vois..."

Elle ne lui en voulait pas, ce n'était pas de sa faute, c'est elle qui n'avait pas fait assez bien, et puis voila tout. Elle le regarda, un peu désolée, un peu dépitée. Heureusement, les questions posées lui faisaient un peu penser à autre chose. A autre chose que cette mise en scène ratée, à ce coup de téléphone qui la rongeait.

"Comme d'habitude j'ai essayé de regrouper un peu tout le monde. C'est un truc des écoles Montessouri pour les autistes. Ils mélangent les niveaux pour que tous puissent apprendre les uns des autres."

Mais bon, les moyens étant ce qu'ils étaient, c'était difficile de faire mieux.

"Je ne sais pas si c'est de savoir si tu t'es planté ou non qui a l'air de te travailler autant, mais dans le doute je vais te le dire. Le titre c'est Primeur, c'est une petite pièce contemporaine drôle et philosophique. Et ça, normalement:"

Elle montra l'organisation

"C'est un petit marché."

Elle soupira, et elle en vint même à utiliser une politesse qui lui coûtait encore plus que l'idée d'avoir tout à recommencer.

"C'est déjà gentil de m'avoir aidée jusque là. Tu peux rentrer si tu veux, il commence à se faire tard et je ne voudrais pas t'empêcher de faire une ronde ou retrouver la chaleur de ton lit."

Elle tenta un sourire, mais elle n'eût pas la force de le regarder dans les yeux, préférant fixer le bout de son nez pour donner l'impression qu'elle avait eu le courage de le regarder. Et cette odeur. Toujours cette odeur. Ne pars pas...

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(#) Re: « Confiance est mère de remise en question. »  Jeu 7 Juil 2016 - 23:07

Kiyomi ne fut absolument pas convaincue par son excuse – et elle avait de bonnes raisons de ne pas l’être, Thomas avait fait bien mieux en matière de mensonges – et presque déçue. S’il avait su. Sa gêne s’intensifia lorsqu’il comprit qu’il s’est misérablement trompé. Au moins, elle ne l’avait pas si mal pris puisqu’elle avait même un peu ri. Rire anodin, peut-être nerveux ou involontaire qui relâchait un peu cette horrible pression qu’il portait sur ses épaules.

« Ok ok, très bien, je suis mauvais, j’ai compris. » Fit-il, tentant de paraître amusant malgré son embarras évident.

Elle changea de sujet, répondant à ses questions et son regard fut de nouveau fixé sur son visage, alors qu’il essayait de se concentrer sur ses paroles. Elle avait pris le temps de regrouper des élèves d’un peu toutes les classes. Il ne put s’empêcher de sourire lorsqu’elle cita les pratiques des écoles Montessori. Plus jeune, l’australien avait eu bien des occasions d’analyser leurs façons de faire quand ses études l’y avaient obligé. C’était l’une de bases de la pédopsychiatrie et même si actuellement cette branche ne faisait plus partie du programme obligatoire de psychiatrie, elle l’avait un jour été. La brune était finalement revenue sur la pièce en question, lui apprenant que la pièce se nommait « Primeur » et qu’il s’agissait d’un marché. Ah, oui, complètement à côté de la plaque, pour le coup.

« Oh. Ça doit être le comptoir qui m’a trompé. Maintenant que tu le dis, cela fait sens. » Fit-il en désignant l’endroit en question.

Avant même qu’il ne puisse lui reprendre ou même essayer de réfléchir à un moyen de ne pas partir tout de suite, sa collègue le rappela à l’ordre. Trop rapide pour lui, visiblement.

« C'est déjà gentil de m'avoir aidée jusque-là. Tu peux rentrer si tu veux, il commence à se faire tard et je ne voudrais pas t'empêcher de faire une ronde ou retrouver la chaleur de ton lit. »

Thomas entrouvrit les lèvres sans que rien ne sorte. Et il resta ainsi comme un idiot, silencieux, à attendre de trouver quelque chose à répondre, quelque chose d’un peu plus crédible qu’un bruit de planche et de moins direct qu’un « Je n’ai pas envie de partir, je suis trop bien ici ». Trois secondes suffirent pour qu’il se souvienne qu’il avait un travail et qu’il n’était pas juste en train de passer un bon moment.

« Oh. Je suis de ronde nocturne. Je reste ici jusqu’à quatre heures et quelqu’un prend le relai. » Il marqua une pause avant de reprendre. « Enfin, je ne suis pas pressé et tu es sûre que tout est bon ? Enfin, si tu as besoin de – »

La gêne le coupa instantanément dans son entrain et il se rendit compte qu’il en avait peut-être un peu trop dit. Et elle le fixait dans les yeux, qui plus est. Et s’il n’avait pas eu les commandes de son cerveau, il serait de nouveau en train de la serrer dans ses bras. Peut-être même un peu plus. Et une part de lui l’y encourageait fortement. Comme si ce n’était pas assez compliqué comme ça, hein. Alors il envoya balader une dernière fois ses principes et se reprit.

« C’était pas la planche, tout à l’heure. Enfin, je pense que tu t’en doutais déjà. »

Il rit. Nerveusement. Involontairement.

« Je me disais que je n’avais pas envie qu’on ait terminé. » Il s’arrêta, comme pour reprendre son souffle et continua pour ne pas laisser le silence s’installer trop longtemps. « Je me disais aussi que j’aimais bien ça, t’aider. » « Et être dans la même pièce que toi, te parler, t’écouter, te regarder. » Pensa-t-il entre deux mots. « Alors si tu as de nouveau besoin de moi, n’hésites pas. »

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(#) Re: « Confiance est mère de remise en question. »  Ven 8 Juil 2016 - 0:26

Ca ne se voyait pas au premier abord puisqu'elle passait plus de temps à sourire et penser qu'à exprimer le fond de ces dites pensées, mais elle avait de la culture. Loin de tout savoir ou de pouvoir argumenter toutes ses sources et ses citations, elle avait eu vent de pas mal de choses dans des domaines différents C'était ce qui faisait sa véritable force, elle s'était intéressée un peu à tout. Un peu de maths, un peu de philo, un peu de physique -même quantique- et beaucoup d'art sous plusieurs formes différentes. Même la plomberie et le bricolage, mais ça elle le gardait pour elle. C'était un genre de détails qui criait "je suis tellement seule que j'ai du devenir indépendante parce que je ne peux pas me payer des boites privées pour changer un évier".

A en juger par l'air déconfit de Thomas, elle comprit qu'elle avait grandement manqué de tact, et peut être d'autre chose. Mais c'était sorti et elle n'allait pas passer son temps à regretter tout ce qu'elle disait ou faisait, pas après le dossier, pas après la promesse qu'elle lui avait faite, qu'il l'ait entendue ou non. Elle devrait apprendre à prendre sur elle, enfin, autant qu'elle pouvait le faire. Il y avait des choses qu'elle peinait grandement à contenir. Elle sourit à sa remarque en espérant que ça puisse l'apaiser. L'ambiance était faussement détendue. Elle n'arrivait pas à savoir si c'était agréable ou franchement désagréable. De la lavande peut être? Non, j'ai jamais aimé la lavande.

Et de nouveau les secondes parurent durer au moins deux fois plus longtemps. Elle ne le regardait toujours que par ce jeu de dupes, à savoir fixée sur ce bout de nez sans oser regarder plus, sans pouvoir le faire peut être. Dis non dis non dis non dis non. Trouve une excuse, trouve une excuse. Mauvaise foi oblige, elle était déjà en train de lui en chercher une. Mais elle ne voulait pas l'obliger à rester là, rien que pour elle. Il avait d'autres chats à fouetter et certainement un coup de fil à passer. Et elle dans tout ça.Ou lui?! Elle ne savait pas ce qui serait le pire au fond. Et elle savait que si elle s'attardait sur la forme de sa bouche, elle serait finie.

Le silence. Il ne parlait pas, elle non plus. Il avait l'air bloqué quelque part, entre deux eaux. Je l'ai cassé?  L'espoir luttait avec la raison, l'impatience avec la crainte. Lutte à mort, bien entendu. Et vint la sentence, douce amère. Elle tiqua. Est ce que ça ne ressemblait pas à..? Son regard quitta le bout du nez du jeune homme pour se poser sur la scène de nouveau. Elle déglutit discrètement. Il avait du travail, c'était tout à fait normal mais..Il ne semblait pas si pressé. Non, tu te fais des idées, c'est de la politesse.  Toute la politesse dont elle avait été incapable.

"Je vois..."

C'était sorti, mais tout doucement, comme pour elle même et personne d'autre. C'était automatique, elle ne voyait rien du tout. S'il y avait bien une chose dont elle était sure, c'était de rien. Il évoqua la planche, elle sentit son coeur se serrer. Il voulait vraiment mettre les pieds dans le plat? Elle ne se sentait pas de lui exposer de but en blanc l'affection qu'elle nourrissait à son égard et l'horreur que ça avait été de surprendre cette conversation. La meilleure alternative était le rejet violent. Mais une partie y aspirait aussi fort que l'autre s'y refusait catégoriquement. Elle essaya de rebondir directement pour éviter le drame. "Un peu, j'ai jamais entendu une planche avec un accent australien. " voulait-elle répondre, trop tard. Son sourire était sincère, mais elle n'avait pas réussi à le regarder. LA suite glaça son sang autant qu'il réchauffa son cœur. Le corps humain était particulièrement résistant, sans tout ça, elle aurait fait une syncope.

Ca ressemblait de plus en plus aux tragédies qu'elle lisait en étant enfant. Et elle ne savait pas quoi en penser. Mais "tu penses trop" avait-il dit. Il avait certainement raison, mais c'était son défaut de fabrique. Il lui expliqua qu'il aimait bien l'aider et qu'il serait bien resté un peu plus. Et la, tout alla trop vite. Elle voulait qu'il reste, mais si c'était pour mettre les points sur les i, elle n'était pas prête. Elle paniqua, et au lieu de "Reste, je vais bien trouver une excuse", elle se surprit à entendre.

"Je suis dans le Gymnase, il est bien surveillé. J'ai peur de t'attirer des problèmes, surtout que ça a l'air tellement évident que c'est un étal de marché que ça serait dommage de risquer ta réputation dans cette galère. "

Oui. Tout ça. Et elle le salua donc, le remerciant en s'inclinant pour toute son aide, et son apport indéniable à la réussite de la pièce. Elle essaya par tous les moyens de ne pas trop perdre les pédales en le regardant partir et se retourna vers la scène. Elle mourrait d'envie de s'envoyer un dossier à la figure. Elle inspira profondément, posa sa tête contre le rebord du mur dans un petit "poc" sonore. Pourquoi t'as fait ça, pourquoi t'as fait ça pourquoooi! Et encore plus stupidement qu'elle l'avait congédié, elle décida d'agir de manière encore plus stupide.

Elle inspira profondément et se dirigea vers la structure la plus haute, celle qui tenait le mieux. Et elle..Donna un petit coup de pied dedans. Ca ne bougea pas beaucoup. Alors elle en donna un plus fort, aussi fort que les remords qui l'assaillaient. Et la, conformément à tous les pronostics, la structure s'effondra dans un bruit qui ne pouvait pas passer inaperçu dans le silence de l’établissement. Elle hésita un instant entre rester dessous et jouer la victime et en sortir pour plaider le Deus Ex Machina. Instinct de survie. Elle sauta sur le côté de justesse et essaya de rejoindre un point à peu près éloigné du "carnage" avant que quelqu'un n'arrive. Idéalement lui. Elle avait la réplique idéale. "Je suis certaine que c'est la planche qui avait un accent Australien." Mais elle devait réagir vite. Shakespeare, Molière et Goethe, à moi !


"Oh NON! Non non non non non! C'est pas possible ! "


Elle aurait toute l'éternité pour se sentir stupide.Pour le moment, elle ne pensait qu'à une seule chose: son hypothétique retour.

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(#) Re: « Confiance est mère de remise en question. »  Ven 8 Juil 2016 - 1:37

Son manque de réaction n’avait fait qu’augmenter la confusion à laquelle il était confronté depuis déjà un bon moment. Peut-être le trouvait-elle seulement trop familier faisait cela pour qu’il parte. Ou peut-être était-elle dans le même état que lui. Il n’arrivait définitivement pas à la cerner entièrement. Certes, il avait saisi qu’elle n’était pas tout ce qu’elle laissait paraître. Toujours souriante – trop pour sa santé mentale à lui – avec un entrain communicatif dans la voix pour masquer quelque chose de probablement plus intense, moins plaisant, un peu plus complexe. Une complexité qui attisait la curiosité de l’australien – même s’il avait dû s’interdire au moins mille fois d’être trop curieux à son sujet.

« Je suis dans le gymnase, il est bien surveillé. J'ai peur de t'attirer des problèmes, surtout que ça a l'air tellement évident que c'est un étal de marché que ça serait dommage de risquer ta réputation dans cette galère. »

Il sourit à sa remarque pour cacher sa déception, baissant légèrement les yeux vers le sol. Il n’était pas supposé être encore au lycée, actuellement. Il lui restait une voire deux bonnes heures avant d’avoir à se présenter mais il n’en tiendrait pas compte à la brune de peur de paraître trop insistant.

« Ne t’inquiètes pas pour ça. » Sa voix bien moins enjouée que plus tôt en disait long sur le fait de partir maintenant. « Je serai sûrement à l’administration au pire des cas. »

Il répondit à son salut alors qu’une voix enfantine lui criait de s’asseoir sur une des chaises pour les spectateurs et d’attendre là pour bouder comme un enfant jusqu’à qu’elle comprenne qu’il ne partirait pas parce qu’il n’en avait pas envie « Mais tu as vingt-sept ans Thomas, alors tu vas gentiment prendre la porte et dormir sur tes deux oreilles en pensant au fait qu’elle travaille au même endroit que toi et que tu la recroiseras ». Il la regarda une dernière fois dans les yeux avant de s’en aller pour de bon, lui tournant le dos. Un soupir discret et silencieux s’extirpant d’entre ses lèvres. L’australien savait à quel point il se maudirait, une fois entre ses draps, de ne pas s’être écouté. Et puis il pèsera de nouveau le pour et le contre, se détesterait une nouvelle fois et entrerait dans une boucle qui le tiendrait éveillé jusqu’au lendemain. Là, il ressemblerait à un fichu zombie qui a passé la nuit à fêter quelque chose – même si pour Thomas, on douterait plus d’une insomnie qu’autre chose.

Le brun poussa finalement la porte quand un énorme fracas venant de derrière lui l’arracha littéralement à sa petite bulle. Il n’avait pas besoin de se retourner pour savoir ce qu’il s’était passé. Quelque chose s’était cassé la gueule et quand il se souvint que la brune était restée là, l’idée lui glaça momentanément le sang. Jusqu’à qu’il se tourne enfin pour constater qu’elle semblait éloignée de la catastrophe. Et qu’elle semblait désespérée et dépitée. Voire même complètement détruite, pour le coup. Le brun s’avança suffisamment rapidement vers l’estrade et monta rapidement sur cette dernière, histoire de se faire une idée sur l’ampleur des dégâts. Il s’approcha d’elle en premier, tendant ses deux mains vers elle, un peu comme un gage de sécurité stupide qui lui passait par la tête.

« Ça va ? Tu n’as rien ? »

Si visiblement elle n’avait pas l’air d’avoir subi l’effondrement du monument en bois, ils allaient devoir tout recommencer. Enfin, en partie. Et qu’est-ce qu’on fait dans ce genre de situation ?

« Ehm. C’est ma faute. » Il se tourna instantanément vers l’endroit où tout s’était écroulé. « J’ai dû mal fixer quelque chose… Je… Ehm. » Culpabilité, très chère culpabilité.

S’il lui était arrivé quelque chose ? Qu’une planche lui soit tombée sur la tête, ou n’importe quoi d’autre. Pour sûr, il ne se le serait jamais pardonné. Jamais. Ironique quand on sait que plus tôt, il semblait être fier de l’avoir aidée et voulait remettre la partie.

« Je vais t’aider à tout remonter. J’ai deux heures devant moi alors ne t’inquiètes pas pour mon temps ou quoi que ce soit d’autre. » Il se tourna une dernière fois vers elle. « Tu es sûre que tu n’as rien ? »

Il n’aurait pas besoin d’attendre d’être dans son lit pour se haïr car c’était déjà le cas. Même si la scène ressemblait beaucoup trop à quelque chose d’à la fois mal écrit et mal joué, il ne pouvait s’empêcher de se sentir stupide. Il avait passé toute sa jeunesse à travailler des sciences. Il y a de la physique dans les sciences, non ? N’aurait-il pas pu simplement prévoir que ça tomberait ? Oh non, ça serait trop facile de faire quelque chose de sûr et de stable. Et si ça s’était cassé la gueule sur des élèves ? Kiyomi aurait été blâmée. Ou lui – et il aurait largement préféré que ça soit lui, pour le coup – et encore une fois, il ne se le serait jamais pardonné.

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(#) Re: « Confiance est mère de remise en question. »  Sam 9 Juil 2016 - 0:56

Elle savait que sa prestation était loin de pouvoir lui valoir une prétention à l'oscar de la meilleure comédienne de Kobe pour la saison 2016-2017. Mais elle comptait tout de même sur l'effet de la surprise pour compenser son manque de conviction. Scénaristique du moins, ce qu'elle venait de faire était la preuve la plus pressante de cette conviction à toute épreuve. Surtout à celle du ridicule. Mais décortiquons les choses méthodiquement. Pourquoi en était-elle arrivée là au juste.

Le regard qu'il lui lança juste avant de partir en fut certainement la plus grande cause. Le grincement dans son coeur au moment ou il passa la porte fut très certainement la seconde. On en fait des choses stupides quand quelque chose ou quelqu'un fait grincer notre coeur, ou du moins que son absence montre à quel point la mécanique est mal huilée. Premièrement ne touche pas à tes aiguilles Elle ne voulait pas qu'il reste, mais elle ne voulait surtout pas qu'il parte. Alors ne sachant quoi dire, elle avait laissé parler la partie la plus stupide chez elle. Elle ne savait pas quelle partie c'était, mais elle était rodée.

A y bien réfléchir, tout était ridicule, l'argument, le prétexte, le ton et même cette fausse politesse dont elle n'était pas particulièrement friande. Certes elle était courtoise et polie mais ce n'était pas une raison pour être hypocrite pour autant. Elle était juste bien élevée et elle évitait soigneusement de dire quoi que ce soit lorsqu'elle n'avait que des choses négatives à dire. Deuxièment ta colère tu devras maitriser On pouvait lui reprocher beaucoup de choses, son manque de sang froid, sa capacité inouïe à mettre sur pieds des plots machiavéliques, mais certainement pas d'être quelqu'un de faux et d'hypocrite. Enfin, jusqu'à un certain degré. Si elle ne l'avait pas été, elle lui aurait plutôt répondu qu'elle n'avait pas besoin d'aide, mais bel et bien de lui.

Il la quitta sur ce "au pire" qui lui fit regretter l'intégralité de ses actes, gestes et pensées. Et surtout ne jamais oublier quoi qu'il arrive La tristesse dissimulée qu'elle crut y voir alors que jamais ça n'aurait du se trouver dans ces yeux là achevèrent ce tableau bien noir de la romance impossible. Mais elle ne s'arrêtait plus là depuis un certain temps. La preuve étant, ce coup de pied bien placé. Patatras, au secours, à l'aide, tout ça tout ça.

Elle n'était pas très loin de la scène du crime, elle n'avait pas eu le temps de s'éloigner beaucoup. Elle s'efforça de ne pas regarder la porte, de compter jusqu'à dix en espérant que lorsqu'elle ouvrirait les yeux il serait là, peut être la prenant dans ses bras pour la rassurer. Ne jamais se laisser tomber amoureux Quelque chose dans le genre? Non, elle savait de toute façon que ce n'était pas possible, mais à la faveur de la nuit, elle espérait quelques secondes de plus volées à l'affreuse réalité. Des journées solitaires animées par le théâtre, et du thé. Beaucoup de thé.

Lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle sentit son odeur. La mécanique du coeur serait brisée de nouveau Il lui tendait les mains. Elle dut lutter pour ne pas faire comme la structure et se ramasser lamentablement sur le sol. Elle qui rêvait de grandes envolées lyriques, elle s'était évitée une honte olympique. Elle manqua de peu de les prendre, mais elle manqua surtout de présence d'esprit. A la place, délicieuse comédienne, elle enserra ses bras autour d'elle, comme ils le faisaient pendant les interviews après les drames humains. Elle avait surtout l'air dépitée plus qu'autre chose. Tout se travail fait pour rien. Et surtout...Surtout elle luttait entre le dépit d'avoir sapé son travail et la joie de le retrouver. Elle secoua la tête de gauche à droite. Non, elle n'avait rien.

Elle s'en voulut vraiment quand il expliqua que c'était de sa faute, il avait l'air tellement mal à l'aise qu'elle voulut lui avouer la supercherie. Mais elle espérait ne jamais avoir à le faire. Elle espérait presque même qu'ils se brouillent avant de devoir mettre les choses à plat parce qu'il était certain qu'il ne pourrait pas lui pardonner ce genre de soucis causés sciemment. Elle n'osait pas le regarder en face, mais ce n'était plus à cause de la gêne, c'était plutôt à cause de ce petit mensonge pieux, et de ses conséquences.

"Je..Non je n'ai rien, heureusement. Mais ce n'est pas de ta faute. Crois moi."

C'est de la mienne, j'ai donné un coup dedans pour te faire revenir.

"Tu as vu par toi même que les planches n'étaient pas d'une super qualité..C'est juste bête qu'elles nous aient lâché après qu'on ait terminé. "

Elle ne voulait pas lui faire du mal, juste qu'il revienne vite.

"Mais du coup je ne sais pas si on va pouvoir les réutiliser, c'est dangereux."

Elle laissa son regard évaluer l'état de la catastrophe et réalisa dans quel pétrin elle venait de se mettre. Elle porta sa main à sa bouche, la recouvrant ainsi de l'index et de la paume de la main tout en réfléchissant.

"Mais concrètement, c'est une catastrophe. Je n'avais vraiment pas besoin de ça."

Elle poussa un profond soupir. Elle le regarda finalement, visant le nez.

"Tu es vraiment certain que tu peux rester? Parce que si tu restes, je vais avoir besoin de ton cerveau à 200%."

Plus besoin de muscles, il fallait de l'ingéniosité maintenant. Et à vrai dire, avec lui à cette distance, elle allait surtout besoin de se concentrer pour réussir à réfléchir ne serais-ce qu'un peu. Cette odeur. Du Jasmin? Non, trop commun. Que sentez vous donc, Mister Harper. Mais cette odeur est-elle seulement la votre ~


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[00:30:04 30/08/2016] Thomas Harper : j'suis la patience incarnée - quand il s'agit pas de Kiyomi - donc j'ai le temps

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(#) Re: « Confiance est mère de remise en question. »  Sam 9 Juil 2016 - 5:13

Plutôt que de saisir ses mains, elle renferma ses bras sur elle-même probablement pour se rassurer. Et Thomas s’en voulait tellement qu’il n’en tint pas réellement compte.

« Je… Non je n'ai rien, heureusement. Mais ce n'est pas de ta faute. Crois-moi. »

L’australien plissa les yeux, perplexe. Il ne se souvenait que très vaguement qui avait fait exactement quoi et il ne savait pas si elle disait ça simplement pour ne pas qu’il culpabilise ou parce qu’il n’était réellement pas responsable. Comme si la confusion n’était pas suffisamment grande, n’est-ce pas. Ses mots ne changèrent que très peu son avis sur la question, quand bien même il n’aurait pas touché à ces décors, il se serait senti coupable de ne pas avoir été là pour les retenir. C’était comme ça. C’était tout pour elle et rien pour lui. Mais il s’y ferait. Ou peut-être pas.

Kiyomi blâma alors les planches et ses paroles prirent un autre sens. Elle avait sûrement raison et il devrait arrêter de penser bêtement que c’était de sa faute à lui. Même si son for intérieur continuait à le persuader du contraire. Réutiliser les planches ? L’idée ne lui était même pas passée par la tête et il cherchait déjà une solution de dernière minute, quelque chose qui ferait l’affaire et éviterait de se mettre en danger de nouveau. Le mot catastrophe était trop bien trouvé. Il n’eut pas vraiment le temps de former une réponse correcte dans sa tête qu’elle répliqua de nouveau, lui volant involontairement son attention.

« Tu es vraiment certain que tu peux rester ? Parce que si tu restes, je vais avoir besoin de ton cerveau à deux cent pourcents. »

Lui prouver. Le trouble avait très largement gagné sa place dans son estomac et il formait un nœud qui commençait presque à le démanger physiquement. Il ne savait plus s’il avait vraiment envie de rester ici ou de partir en courant comme un lâche. Peut-être que ça lui aurait éviter bien des choses dont de sombres pensées, beaucoup de culpabilité et un peu d’affection. Et cette goutte d’amour lui fit plier le genou bien rapidement. C’était probablement pour cela qu’il se tenait face à elle, un large sourire dessiné sur ses lèvres – surtout réconfortant – avec presque une lueur de courage dans ses yeux. Jamais il n’avait aussi bien fait semblant. Ce n’était pas lui, ce n’était pas son genre.

« Je ferai du mieux que je peux. » Il s’arrêta. Était-ce suffisant ? « Promis. » Ça l’était.

Il fit un tour sur lui-même, tournant parfois le dos à sa collègue pour essayer de trouver une bouée de sauvetage en plein milieu de l’océan Pacifique. Et comme il s’y attendit avant de se mettre en quête de cette dernière, il n’y avait rien. La structure en question était un immense panneau – la plus haute parmi les décors déjà posés – autrefois en bois qui avait été pourtant très bien fixée. C’était sûrement la plus solide de toutes.

Et puis, une idée. Il claqua des doigt sans vraiment s’en rendre compte et se tourna de nouveau vers Kiyomi, l’air bien plus vaillant.

« J’ai potentiellement quelque chose. Potentiellement. »

Il fouilla dans la poche de son jean pour en sortir un trousseau de clé, celui qui ouvre un peu toutes les portes des différents bâtiments, vous savez. « La clé des placards est la jaune. Ou la rouge. Je m’en fiche, je les essayerai toutes, je sais qu’elle est là-dedans. »

« Les élèves ont des immenses panneaux en plastique et en bois pour supporter l’équipe de basket du lycée quand il y a des tournois même des matchs amicaux. »

Aussitôt son idée dévoilée, il sauta de l’estrade pour aller ouvrir la petite pièce où tout le matériel était rangé. Avec un peu de chance, il tomberait sur ce qu’il voulait. Et son sourire d’élargit bien rapidement lorsqu’il finit par tomber sur son Graal. Exactement à la bonne largeur, mais pas à la bonne taille. Il allait falloir trouver quelque chose pour le fixer et pour lui redonner sa taille d’origine. Le surveillant revint avec sa trouvaille entre les mains, la tirant d’abord sur la scène avant de remonter sur cette dernière et laissa l’objet au sol – pour éviter de le caler ailleurs et de faire tomber autre chose – il se tourna finalement vers la brune. Le fait d’avoir à réfléchir, à bouger lui permettait d’occulter ses idées noires et d’oublier un peu ce nœud qui lui brûlait littéralement l’estomac – ou le cœur, ou les deux en même temps. Il s’approcha de nouveau de cette dernière et tout était brutalement revenu. Il tenta néanmoins de former une phrase correcte.

« Je… J’ignore si ça ira pour la largeur. » Il se frotta l’arrière du crâne, la regardant de temps à autre mais demeurant au regard fuyant. « La taille n’est pas bonne mais je pense qu’on trouvera quelque chose. Pour le fixer, aussi. »

Au moins, il accomplissait de bonnes choses. Pas forcément de la bonne manière, mais il essayait. Thomas avait un esprit scientifique, il fonctionnait comme un scientifique. Tant que ses problèmes n’étaient pas résolus, il n’avait pas la tête libre et pourrait bien s’arracher les cheveux à cause d’eux. Il ne lui restait plus qu’à résolver celui qui était en train de littéralement le faire fondre et de le consumer.

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(#) Re: « Confiance est mère de remise en question. »  Dim 10 Juil 2016 - 1:39

Elle se sentait coupable. Certainement au moins autant, mais pour un motif tellement moins noble qu'elle eut presque envie de libérer sa conscience tout de suite de ce poids qu'elle venait d'ajouter. Enfin, dans la mesure où ils risquaient de rester amis, elle devrait le lui dire un jour, mais elle attendrait peut être une dizaine d'années, qu'ils puissent en rire autour d'un saké.oui, c'est ça, dix bonnes années entre maintenant et le moment où elle lui avouerait que c'était son propre pied droit qui avait tout fait tomber.

Elle essaya de lui sourire, mais ce n'était pas fameux. Enfin, c'était sincère, mais loin du sourire colgate prince charmant. Elle attendait sa réponse. Avec un petit pincement au coeur. S'il décidait de partir maintenant et malgré tout ça, il y avait beaucoup à parier que le Gymnase pourrait être recyclé en piscine. Enfin, lui l'avait ce sourire quasi parfait. Elle se prit à espérer que pour sourire comme ça il allait bien décider de rester non? Oui. Elle dut lutter pas mal pour ne pas exploser de joie, lui sauter au cou et..Et non. Rien d'autre. Elle sourit un peu plus, ravie, mais au moins autant angoissée. Comment allait-elle tenir en sa présence? Comment allait-elle réagir alors qu'elle avait mis à sac une soirée de travail juste pour le retrouver. Respire.

Et alors qu'il réfléchissait dos à elle, Kiyomi le regarda avec mélancolie. Elle n'avait pas le droit de le séquestrer comme ça, de le manipuler aussi ouvertement juste pour son bon plaisir. Ce n'était pas son genre. Malgré quelques petits écarts par jalousie, elle avait toujours fait en sorte d'être quelqu'un de gentil et de fiable. Et la elle se comportait comme la dernière des bimbos populaires, à mener un petit monde du bout du nez. Elle soupira le plus discrètement possible et retrouva son petit sourire façadier lorsqu'il se tourna de nouveau vers elle. Il avait une idée, et avec cette dernière gagné toute son attention.

"Je t'écoute?"

Elle suivit ses mains du regard, intriguée. S'il avait une poche de bonbons, elle prenait aussi. Tout était bon à prendre, surtout une dose de sucre pour tenir 1/ la nuit 2/ le choc. Bien entendu, s'il en sortait un décor complet monté, peint et en bon état, il gagnait dix points directement. Mais ce n'était pas ça. Enfin, c'en était pas loin. 5 Points pour Harperdor. Son regard s'illumina, elle porta son index à sa bouche, le temps de réaliser ce que ça pouvait signifier pour la situation. Mais elle n'eût pas le temps de calculer qu'il avait déjà rejoint l'arrière de l'estrade. Elle s'approcha de cette dernière sans y monter et essaya de regarder de loin.

Il en savait des choses. Elle aurait du faire surveillante et non pas prof de théâtre. Enfin, elle aurait été aussi mauvaise dans l'un que dans l'autre, elle n'avait pas le caractère bien forgé pour se frotter aux autres trop souvent. Et comme elle n'était pas du genre à vérifier si ses collègues masculins étaient plus ou moins serrés , elle avait passé toute sa recherche à se demander comment elle pouvait se rattraper un peu parce que c'était franchement pas cool de sa part d'avoir fait ça. Il revint finalement avec son trophée. Elle lui sourit et applaudit avec engouement. Certes ce n'était pas bien, mais le décor en serait de qualité bien meilleure. Un mal pour un bien. Pour l'amour du théâtre, se consolerait-elle.

"Oh mais c'est génial "

Il avait l'air honteux comme un gamin qui avait ramené un mauvais bulletin scolaire à la maison. Elle prit sur elle pour avoir l'air un peu plus enjoué qu'elle ne l'aurait du.

"Ne t'inquiète surtout pas ! Entre une pile de planches presque moisies et un truc comme ça qui n'est juste pas à la bonne hauteur, le choix est vite fait."

Elle prit un instant pour réfléchir.

"Hmm voyons voir...Comment on va pouvoir gérer ça."

Elle monta sur l'estrade et le rejoignit. Son regard alterna entre le panneau et le reste du décor. Une fois, deux fois, trois fois.

"Je me demande si ça ne serait pas plus sympa de supprimer la structure telle qu'elle était, recouvrir ce panneau la de papier et peindre carrément un décor grossier de marché? Ou coller des dessins de fruits et de légumes? Comme ça la hauteur deviendra une largeur et on aura un fond général plus parlant?"

Elle y réfléchissait toujours en parlant. Elle s'avança vers le fond, essaya de regarder par rapport aux marques au sol comment il serait possible d'arranger tout ça pour faire quelque chose de cohérent. Pas après pas. Pas après pas. Vers l'arrière. Jusqu'à ce que sans s'en rendre compte, elle bute contre quelque chose. Elle se raidit. Non parce qu'elle serait tombée et aurait pu se faire mal si elle avait continué à reculer sans réfléchir. Mais bel et bien parce que son dos avait rencontré un obstacle. Ses yeux s'arrondirent. Elle s'empressa de se retourner et de faire un pas sur le côté.

"Oops, je..Désolée, haha. Oui enfin je..Heu..tu en penses quoi de mon idée de suite de panneaux en longueur pour faire un décor? C'est..."

Gênant.

"Bien ou pas?"

Pourquoi fallait il qu'elle soit aussi tête en l'air hein?

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[00:30:04 30/08/2016] Thomas Harper : j'suis la patience incarnée - quand il s'agit pas de Kiyomi - donc j'ai le temps

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(#) Re: « Confiance est mère de remise en question. »  Jeu 14 Juil 2016 - 4:06

La joie s’était manifestée à la fois dans ses yeux mais aussi par un sourire incontrôlé lorsque Kiyomi semblait avoir été sauvée. Certes il ne l’avait pas tirée des griffes d’un dragon ancestral mais il avait décroché la médaille du rattrapage – elle l’avait même applaudit – et rien que pour ça, Thomas se trouvait être heureux. D’un côté, si ces planches-là se s’étaient pas effondrée ce soir, elles l’auraient fait durant la représentation – même si dans son for intérieur d’adulte irresponsable, tout ce qui comptait fut que sa professeure de théâtre soit en pleine santé – et les choses auraient très mal tourné. Le matériel qu’il avait entre les mains était de meilleure qualité, plus fiable. De quoi équilibrer la balance. Finalement, la brune le rejoignit sur scène pour essayer de l’aider à propos de cette histoire de hauteur. L’australien avait d’abord pensé à fixer le panneau en question sur une chaise pour le surélever mais c’était un coup à tout faire s’effondrer de nouveau. Non merci.

Elle se tourna, désormais dos à lui et reprit la parole, les yeux fixés sur le sol – probablement pour jeter un œil aux marques sur ce dernier.

« Je me demande si… » Elle commença à reculer. « Ça ne serait pas plus sympa… » Encore un peu. « De supprimer la structure telle qu’elle était… » Quelques pas de plus. « Recouvrir ce panneau-là de papier et… » Un peu plus proche. « Peindre carrément un décor grossier de marché ? » « Est-ce que je devrais m’écarter ? » « Ou coller des dessins de fruits et légumes ? » « Est-ce que j’en ai envie ? » « Comme ça, la hauteur deviendra une largeur et on aura un fond général plus parlant ? »

Il ferait semblant de ne pas l’avoir vue tout de suite, trop attentif à ce qu’elle pouvait bien lui dire. Il laissa le choc entre leurs deux corps se faire de nouveau et prit une mine surprise lorsqu’elle se raidit contre lui – elle, ne s’y attendait pas – et qu’elle se retourna presque instantanément.

« Je – Oups, je… Désolée, haha. Oui enfin je… Euh… Tu en penses quoi de mon idée de panneau en longueur pour faire un décor ? C’est… » Elle s’arrêta, comme si les mots lui avaient été enlevés de la bouche alors qu’il entrouvrit les lèvres, pour essayer de dire quelque chose. Mais elle le devança, encore. « Bien ou pas ? »

Ah, oui. Son idée. Ses yeux papillonnèrent un instant le temps qu’il réalise qu’elle lui avait parlé de quelque chose et qu’il se souvienne. Le panneau, le décor, la peinture. C’est bon, ça lui parlait. Il secoua doucement la tête et racla sa gorge, tentant d’avoir l’air naturel et prit un air réfléchi encore plus ridicule que tout le reste.

« Ah, un décor. » Il marqua une pause, essayant réellement de se concentrer sur la chose. « Ça serait une super bonne idée, oui. La structure n’est pas si indispensable je trouve et puis… Un décor comme tu me l’as décrit pourrait apporter beaucoup. »

L’australien reprit ses esprits du mieux qu’il put et se dirigea vers le chariot pour tenter de trouver son bonheur. Coup de chance, il y avait un peu de peinture – des couleurs assez basiques mais suffisantes, disons – et du papier pour peindre. Parfait.

« J’ai une bonne nouvelle ! » Fit-il en se retournant tout fier, brandissant son matériel. « On s’y met ? Ça sera encore plus beau qu’avant. »

Au moins, ça lui avait permis d’oublier un peu son sentiment de culpabilité et le nombre infini de « Et si… » qui le tourmentait. Il aurait pu refaire le monde avec eux, mais là tout de suite, il vivait l’instant présent et pouvait s’avouer un minimum heureux d’avoir aidé son amie à trouver une solution viable. Il se hissa sur l’estrade posant son matériel au passage sur le bord de cette dernière pour finalement se relever et s’avancer vers sa collègue. Jusqu’à que l’obscurité, épaisse, sombre, s’empare de la pièce dans un bruit métallique que Thomas reconnu presque instantanément.

« Les plombs ont sauté. » Fit-il alors que c’était tout simplement évident, puisque l’électricité avait coupé et qu’ils étaient désormais dans le noir.

Il mit ses mains en avant, comme pour chercher sa collègue dans l’obscurité par réflexe quand sa main heurta quelque chose de mou. Et trop féminin pour l’instant présent. Sa main tomba instantanément contre sa hanche quand son esprit fit le lien – soit une microseconde après le contact du diable – et il sentit ses joues brûler. Et Thomas n’était pas du genre à rougir. Oh que non. Bien heureusement pour lui, elle ne verrait pas son visage. Il prit une inspiration désespérée et tenta d’articuler quelque chose d’incompréhensible malgré la gêne et la panique.

« Je – Je suis désolé. » Il prit sa tête entre ses mains. « Je cherchai dans le noir et ehm… Bref, désolé. »

Inutile de tenter de se justifier, au pire des cas il s’en prendrait une et s’agenouillerait pour qu’elle lui pardonne et l’histoire serait oubliée. Quoi que, non. Il ne l’oublierait jamais et se couperait probablement la main dans son sommeil pour se consoler de l’énorme connerie qu’il venait de faire. Il laissa quelques secondes s’écouler histoire de juste laisser passer le malaise et reprit.

« … Je n’ai pas mon téléphone sur moi alors, je ne sais pas vraiment si tu as une lampe ou quelque chose d’autre enfin… Je ne sais pas où est le compteur électrique à vrai dire. »

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(#) Re: « Confiance est mère de remise en question. »  Lun 18 Juil 2016 - 23:38

Elle ne voulait pas y croire. Enfin, ce n'était pas tout à fait vrai. Elle mourrait d'envie de pouvoir y croire mais savait très bien à quel point c'était vain de le vouloir. Certes il avait l'air heureux, certes il y avait certaines attitudes plutôt troublantes. Mais... Mais non. Elle n'était pas seule et il n'y avait pas de place supplémentaire dans ces domaines là. Alors comme à son habitude, peut être un peu moins violente mais au moins aussi amère, elle souriait.

Il avait le mérite d'être plutôt de bon conseil, présent, plein d'astuce. A croire que fréquenter des jeunes était vraiment un moyen efficace de ne pas devenir un vieux croulant obtus trop vite. Il y avait des études qui disaient qu'être au contact de jeunes aidait à conserver ses capacités cognitives un peu plus longtemps. Et ce soir elle était toute disposée à le croire. Ce n'était cependant pas une manœuvre évidente de mettre tout ça de côté et de se concentrer. la preuve étant faite malgré la mascarade que penser à autre chose pouvait mener à des catastrophes. Elle devait se re-concentrer mais ce n'était pas le plus évident au monde. L'odeur de Thomas semblait avoir pris possession de l'intégralité du gymnase.

Le choc fut on ne peut peut moins violent. Elle ne s'en plaignait pas, bien au contraire. Ce n'était absolument pas prévu, contrairement à ce coup de pied extrêmement bien placé. Le mouvement qu'elle avait fait était instinctif, presque reptilien, elle ne s'était pas retournée, elle s'était contorsionnée pour faire face au "danger". Il n'avait pas l'air plus à l'aise avec cette idée, peut être un peu moins rôsé des joues, et encore ça restait à prouver. Elle avait parlé très vite en espérant que ça noie un peut tout ça. Mais elle savait très bien que ça ne changeait rien à part la rendre un peu moins compréhensible. Les secondes s'écoulèrent très très très lentement. Elle ne savait pas si elle attendait plus une réponse ou son approbation à lui. Elle haussait un sourcil, d'appréhension. Mais elle souriait toujours, plus ou moins. Apporter beaucoup? Son regard s'illumina. Un peu plus qu'elle ne l'aurait souhaité.  

« Super ! »

C'était sorti tout seul. Mais ça ne menait à rien de particulier. Juste un trop plein d'enthousiasme à évacuer pour ne pas exploser . Enfin, elle put respirer un peu le temps qu'il se dirige de nouveau vers le chariot. Calme toi, calme toi calme toi se murmurait-elle en se massant la nuque. Ça ne se passait pas si mal que ça. Le silence s'était installé confortablement. Elle n'allait pas se plaindre. Et voila que l'activité reprit. Elle reprit aussitôt des couleurs. Il avait trouvé de quoi faire, un vrai magicien ! Elle frappa de nouveau des mains.

« Tu as toujours une bonne surprise en stock c'est ça? ! »

Elle lui aurait presque sauté au cou une nouvelle fois. Mais non. Elle se réjouissait à l'avance de ce que ça allait pouvoir donner. Deux esprits valent mieux qu'un c'en était une preuve de plus. Alors qu'il grimpait sur le semblant de scène, elle essayait de visualiser le tableau final. Et au moment où tout semblait s'être remis sur de bons rails...NOIR. Elle mit quelques secondes avant de calculer ce qui avait bien pu se passer. Son cerveau était plus ou moins déconnecté depuis qu'il était entré dans la pièce. Elle s'immobilisa lorsque son cerveau eut reconstruit "plombs" et "sauté" en une phrase qui faisait du sens. Elle soupira.

« Décidément ! On ne joue pas une tragédie pourtant, tout devrait bien se p... »

Elle s'arrêta net en sentant que quelque chose ne se passait pas comme ça devrait. Quelque chose avait bougé près de sa hanche. Wait..Sur sa hanche. Elle pâlit, heureusement dans le noir il n'y avait personne pour le voir. Elle savait désormais exactement où il était. Et la tentation était grande de faire comme tout à l'heure, à savoir un truc stupide pour se rapprocher. Mais elle savait que c'était voué à l'échec et elle n'aimait pas jouer avec le feu, c'était toujours celle qui se brûlait le plus.

« hahahha..ha..Ca..hmm..Ca aurait pu être bien pire. Haha... »

Effectivement, ça aurait pu être pire. Mais le plus compliqué maintenant était d'oublier à la fois cette odeur qui ne la lâchait plus et la sensation de..Brûlure.. A l'endroit même du contact. Elle inspira profondément.

«Toi qui as toujours une solution miraculeuse..Tu n'aurais pas un nouveau tour dans ton chapeau? »

Ou alors fais moi un gros calin pour que j'oublie tout. Elle n'osait plus bouger. Après tout ils étaient quittes, chacun avaient été bien secoués par les évènements à un moment donné ou l'autre de leur existence. Mais il n'avait pas l'air d'avoir de solution. Ce qui n'était pas bon signe. Elle fit la moue.

« Téléphone..Si je l'ai..Dans mon sac à l'autre bout. >_<. Attends, je vais essayer de..de..»

Ce qui ne les avançait pas du tout. Elle essaya d'avancer un peu, trébucha dans un des décors et tomba en plein sur quelque chose qui sentait bon.

« AAAAAH ! »

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(#) Re: « Confiance est mère de remise en question. »  Mar 19 Juil 2016 - 3:33

Que la Lune éclaire juste un peu cette immense salle aurait été trop beau. Le ciel était trop nuageux pour laisser une once de lumière pénétrer. Alors c’était le noir et l’inconnu le plus total. Thomas ne pouvait pas nier que malgré les trop nombreuses péripéties, il passait une drôle de soirée. Une bonne soirée, aussi, en fait. Ce n’était pas tous les soirs qu’il avait l’occasion de sauver Miss Kato des terribles décors vivants et de gagner des médailles en rattrapage. Il détestait être spectateur d’une telle situation, être impuissant. Ça flattait un peu son égo et lui redonnait un peu de confiance en lui par la même occasion. Il ne travaillait pas dans le vide, elle appréciait ses efforts, c’était donnant donnant, ça l’aidait à surmonter l’étrangeté de la situation.

Mais rien de tout cela n’enlevait l’horrible sentiment de gêne et de culpabilité qui s’était installé dans son estomac depuis que sa main avait heurté la hanche de la brune. Il n’avait pas senti la douleur d’une main qui s’écrase sur sa joue, c’était déjà un bon point. Mais elle en était sortie probablement encore plus gênée que lui. Pour le coup, c’était largement compréhensible et ça rajoutait une couche de culpabilité sur le gâteau de l’embarras.

« Hahaha... Ha… Ça… Hmm… Ça aurait pu être bien pire. Haha… »

Il voulut le prendre aussi légèrement qu’elle mais même son petit rire discret et nerveux était coincé dans le fond de sa gorge. L’australien n’arriverait définitivement pas à rire de cette scène bien qu’il esquissait quelque chose qui devait ressembler – maladroitement – à un sourire. Dans le noir, encore, cela n’apportait pas grand-chose. La brune réussit finalement à passer à autre chose – pas lui – et lui demanda une solution miracle. Le surveillant ne fit qu’évoquer une lampe, un téléphone mais ignorait totalement où se trouvait le compteur électrique.

« Avec un peu de chance c’est une panne de groupe et ils utiliseront le disjoncteur principal à l’accueil. »

Parce que s’il ne s’agissait que du gymnase, ils étaient dans un sacré pétrin. Trouver le disjoncteur du gymnase dans le noir ne serait pas une mince affaire.

« Téléphone… Si je l'ai... Dans mon sac à l'autre bout... Attends, je vais essayer de… de… »

Thomas haussa les sourcils, ignorant dans quel sens elle allait. Ils étaient entourés de décors, de pots de peintures, de papier et d’autres obstacles en tout genre. Il ne serait pas là pour venir l’aider. Il essayerait mais il n’y verrait rien alors il tenta comme il put de suivre ses pas à l’oreille lorsqu’un fracas proche du sol – et de lui – se fit entendre.

« AAAAAH ! »

Le cri en question l’affola une microseconde le temps que la professeure ne le heurte de tout son poids et qu’il tombe en arrière avec elle, n’ayant pas vraiment eu le temps de réagir ni de s’accrocher à quoi que ce soit. Il ne tomba pas trop violemment, juste assez pour que sa tête tape à peine le sol – et Dieu sait que la sensation n’est pas agréable et sonne le commun des mortels – et que son dos lui fasse comprendre qu’il avait bientôt trente ans. Et qu’il dormait mal sur ce foutu canapé.

Ah, et Kiyomi était sur lui, accessoirement. Mais comme son cerveau n’avait pas encore calculé l’ampleur de l’incident, Thomas ne se concentrait que sur une seule chose.

« … Ça va ? Tu n’as rien ? »

Il plissa les yeux, l’arrière de son crâne et ses vertèbres encore un peu endoloris par la chute mais se ressaisit plutôt rapidement et s’appuya sur ses coudes, baissant la tête vers Kiyomi qui n’avait toujours pas bougé. Il attendait juste une réponse et ça lui suffirait pour être rassuré.

Sauf que son cerveau était de nouveau fonctionnel. Et comme les signes ne trompent pas, elle allait bien rapidement se douter de « Pourquoi est-ce que je me relève pas tout de suite et je l’aide pas à faire de même, au lieu d’attendre comme un con ? » vu le rythme effréné qu’avaient pris les battements de son cœur. Il avait l’impression de revivre quelque chose qui s’était passé une demi-heure plus tôt. Lorsqu’il était encore en train de l’étreindre alors qu’il savait qu’un jour ça devrait s’arrêter. C’était un peu la même chose. Il allait finir par se lever, elle aussi. Mais il s’agissait une fois de plus d’une histoire de quelques secondes.

Et la lumière fut. C’était donc une panne de groupe et l’administration avait vraiment choisi le meilleur – sarcasme – moment pour tout rallumer. Pour son plus grand malheur – bonheur ? – car son regard tomba à l’encontre du sien et il n’arrivait franchement pas à s’en décrocher. Parfois, ses paupières papillonnaient et il laissait ses yeux s’arrêter une seconde sur ses lèvres avant de revenir à son regard, à elle.

Sauf qu’il se l’interdisait. Parce que ça n’avait aucune chance d’être réciproque. Parce que ça lui semblait quand même trop tôt. Il avait passé deux longues années à tenter de se guérir comme il le pouvait de son mariage raté avec d’autres femmes. Comme un cachet qu’on prend tous les soirs. Il voyait quelque chose d’un peu plus brillant dans ses yeux que la lueur dans ceux des « autres ». Qui l’attirait et le laissait réticent à la fois. La peur de gâcher quelque chose de beau. Mais ce n’était pas comme une étreinte, cette fois-ci. C’était quelque chose d’étrange, d’inattendu. Il n’y avait pas d’affection partagée, juste une paire de jambes au mauvais moment au mauvais endroit et des conséquences. Des conséquences.

Au diable les conséquences.

Il resta appuyé sur un seul de ses coudes et sa main se logea doucement – même si tout sembla aller trop vite pour qu’une quelconque pensée cohérente se forme – dans la nuque de Kiyomi. Le geste était symboliquement protecteur, doux, pas si assuré que ça. Chacun de ses gestes était lent, assez pour ne pas paraître brusque et lui laisser le choix de le rejeter si ça devait arriver. Il approcha sa tête de la sienne et ses lèvres touchèrent celles la brune.

Il avait probablement oublié de respirer dans le feu de l’action, mais il y avait plus important à ce moment précis.

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(#) Re: « Confiance est mère de remise en question. »  Ven 22 Juil 2016 - 13:34

C'était n'importe quoi. Cette soirée n'existait pas. Elle ne pouvait pas exister. A vrai dire, tout ressemblait un peut trop à un mauvais film. Il lui sauvait la mise, elle en perdait son latin. Et maintenant, la lumière qui se coupe. En fait, c'était à mi chemin entre une malchance chronique et un mauvais remake de comédie romantique. Attention, elle ne s'en plaignait pas, mais elle se demandait surtout quand ils allaient sortir de derrière la porte pour lui rire à la figure. Ce genre de choses là arrivait également dans ces films, et dans les dérivés horrifiques, ça finit toujours très mal. Elle n'allait pas souvent au cinéma mais elle en avait lues et vues des histoires. Surtout des tragédies d'ailleurs, grecques ou non. Deux ex machina était de son côté.

Elle avait du mal à respirer. Et pourtant, elle n'était pas vraiment claustro et n'avait pas non plus peur du noir. Il y avait autre chose. Quelque chose qui était aussi agréable que douloureux, quelque chose qui fait hésiter, quelque chose qui trouble. Quelque chose qui ressemble quand même beaucoup à l'envie de vomir. Enfin, à la sensation qui y est associée. Comme ce trac avant de monter sur scène, le frisson juste avant de sauter à l'élastique. Et certainement celui qu'on ressent lorsqu'on décide de sauter sans élastique, ou de se jeter de cette même scène. Un pressentiment mêlé d'une vive angoisse. Les muscles sont chauds, l'esprit s'agite, tous deux pris au piège dans un corps qui refuse de répondre, de bouger, de faire quoi que ce soit.

Elle savait à peu près où il était. A peu près. La violence de son odeur -oui, violence- la force de cette dernière lui permettait de se faire une vague idée de la distance qui pouvait les séparer. Elle fut alors ravie d'être passée pour une illuminée plusieurs années plus tôt en suivant ce stage de stimulation sensorielle sur un mois qui consistait à effectuer des actions simples les yeux bandés pour appréhender son environnement avec les autres sens qui sont originellement moins utilisés. Elle n'avait pas jugé bon de parler. Pas encore plus. Elle ne l'avait que trop fait. Et même en se faisant, elle n'avait parlé de rien. De rien du tout. Elle avait brassé de l'air, consommé de l'oxygène inutilement. Elle avait voulu l'impressionner également. Prouver sa valeur, montrer qu'elle en était capable également de faire quelque chose de bien. Et force est de constater que ce fut un échec à en juger par le cri qui lui échappa alors qu'elle perdit l'équilibre.

Elle voulut mettre ses mains devant elle pour amortir le choc. Elle s'attendait à sentir sa tête heurter le sol, et repartir en arrière. La douleur des hanches qui frappent le sol, elle avait peur, peur d'être défigurée. Elle qui craignait déjà tant un petit coup de soleil, imaginez son angoisse à l'idée d'avoir un gros bleu sur le front ou perdre une dent, ou même un bout. Même juste un bout de dent en moins pouvait avoir des conséquences affreuses. Et c'est à ça qu'elle pensa durant sa chute. Certes il n'y eut pas de douleurs, certes la masse qui l'accompagnait dans sa descente aux enfers était douce et chaleureuse, mais elle ne pensait qu'à son possible futur en disgrâce si les choses se passaient comme d'habitude, à savoir très mal.

Sa tête heurta bien quelque chose. Mais rien de désagréable. Son souffle se brisa lorsqu'elle saisit l'ampleur des dégâts. Elle avait le nez plongé dans ses vêtements. Elle refusait de respirer, si elle en venait à le faire, elle serait perdue. Définitivement. Il demanda si elle allait bien. Pour répondre elle allait devoir remplir ses poumons. Mourir ou mourir. L'opprobre ou l'asphyxie. Elle retint sa respiration un peu plus, elle ne savait pas exactement si elle ne voulait pas bouger, ou si elle ne le pouvait simplement pas. Longues secondes. Bam Non, ne fais pas ça Bam Arrête. Tu ne peux pas. Même pas y songer BAM Elle inspira profondément. Son angoisse disparut, elle se sentit presque rajeunir. Impression illusoire. Cheesy à souhaits. Elle secoua légèrement la tête, comme sortant d'un long coma. Elle ne s'était pas sentie aussi vivante depuis bien longtemps. Il s'était redressé légèrement, elle n'avait pas encore bougé. Encore quelques secondes. Elle redressa légèrement la tête. Elle ne le voyait presque pas, la lumière des néons d'urgence n'éclairait que très peu et de très loin. Elle aurait juré que les battements de cœur ne venaient pas du sien, il ne battait pas en double tout de même?!

Bêtement, elle hocha la tête de droite à gauche pour signifier que non elle n'avait rien. Il n'avait rien du voir, elle n'y avait même pas pensé. Ses yeux s'habituaient lentement à l'obscurité et elle pouvait parfois entrevoir des traits mouvants dans le noir. Certainement les siens. Il devait y avoir du vent, quelques rayons de lune éclairaient momentanément des bouts de scène. Ils devaient être ridicules. Elle avança légèrement la tête. Malgré elle. Vers son visage, ou ce qui semblait être son visage. Son cœur battait et elle ne devait plus être tout à fait blanc porcelaine. Dans la nuit rien n'existait. Tout pouvait n'être qu'un rêve. Elle nierait. Tout en bloc. Elle n'en parlerait même au psychologue. Ça ne serait jamais arrivé. Jamais. Quand soudain.

LUMIERE

Elle plissa les yeux après avoir sursauté. Est ce que c'était vraiment aussi éclairé que ça avant que ça saute? Ils avaient renouvelé tout le matériel en quelques minutes ?! Ses paupières s'affolaient, conjointement avec ses iris dansants pour réguler l'apport lumineux jusqu'à sa rétine, puis son cerveau. Etais-ce vraiment le même Thomas d'ailleurs? Après la nuit, tout s'éclaire, tout devient plus beau. Lui aussi. Elle ne s'en souvenait presque pas. Dissonance cognitive, mon amour. Elle ne songea même pas qu'elle était un peu trop proche de son visage, si l'on s'en réfère aux conventions. Enfin, elle allait comme à son habitude ironiser et fuir avec élégance et plus ou moins de tact. Mais elle se retrouva captive de la plus charmante prison qui soit.

Elle frissonna au contact de doigts étrangers au creux de sa nuque. Comment tenait-il si bien sur un bras? Elle ne se posa pas bien longtemps la question. A peine eût elle le temps de se trouver prisonnière qu'elle avait franchi en un battement de cils la mince frontière qui les séparait. Elle avait cligné des yeux une demi seconde, et au moment de les ouvrir à nouveau, le frisson dans sa nuque avait migré. Ses yeux s'écarquillèrent un instant, elle songea à fuir. FUIS Loin et vite. S'éviter tout ce qui en résulterait. Kiyomi, arrête, il y a quelqu'un d' Tout fut chassé instantanément à l'instant même où ses propres lèvres s'entrouvrirent légèrement pour apporter la réciprocité nécessaire à un baiser réussi. Yeux clos et emportée par la douceur de cet instant, sa main gauche flatta délicatement la joue de ce cher surveillant qui ne semblait plus lui en vouloir tant que ça pour le dossier. Elle oublia le temps. Oh, ça ne dura pas bien longtemps, mais ce fut une éternité.

Dix secondes? Vingt? Une minute? Dix heures? Une décennie? Parenthèse revigorante au milieu de cette réalité bien trop morne. Comme souvent, elle profitait de ces bulles de n'importe quoi comme si elles étaient les dernières. Elle inspirait profondément et essayait d'en garder l'essence vivante le plus longtemps possible. Elle oublia tout, ce que ça impliquait, ce qui y avait amené, et le fait qu'elle aurait beaucoup de mal à préparer un vrai décor comme il faut du coup. Et même si la magie de l'instant ne prit pas vraiment fin tout de suite, elle recula lentement son visage du sien. Gardant sa main gauche sur sa joue. Il devait y avoir tellement d'émotions contradictoires dans son regard, son cœur lui n'en faisait qu'à sa tête. Et sa tête était enveloppée dans un nuage brumeux.

Elle aurait aimé lui dire mille choses. "Ah, maintenant j'ai quelque chose". Ou encore "Pourquoi as tu fait ça?" Pourquoi pas "Ça serait cool une nouvelle coupure" ou "J'ai plus trop envie de peindre, on va leur mettre trois planches et dire que c'est un exercice de style". Mais nous le savons très bien, ce n'est jamais ce à quoi elle pense qui sort de sa bouche. Ou du moins jamais exactement. Elle le regarda quelques secondes de plus. Sa bouche s'ouvrit légèrement. Elle inspira afin de pouvoir répondre quelque chose. Sa bouche s'agrandit, s'arrondit pour former un mot. Et..Égoïstement, pour profiter un peu plus de ce qui serait très certainement source de regrets, de gêne et d'évitement, peut être pour toujours, elle l'attira un peu vers elle pour le redresser légèrement - elle ne voulait pas qu'il perde l'équilibre de nouveau et se frappe de nouveau la tête au sol - et se jeta contre sa poitrine, l'enserrant aussi fort qu'il lui fut possible de le faire. Elle n'aurait jamais pu l'étouffer, elle n'avait pas tant de forces que ça. Mais aussi paradoxal que ça puisse paraitre, elle avait besoin pour respirer profondément de sentir de nouveau son nez prisonnier de l'odeur de ses vêtements. Si on tendait l'oreille assez bien, on pourrait même entendre un timide. "Thomas"

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(#) Re: « Confiance est mère de remise en question. »  Ven 22 Juil 2016 - 23:36

La main qui aurait dû le repousser s’était délicatement posée sur sa joue. Le contact entre leurs lèvres qui aurait dû être rompu s’était intensifié. Thomas avait fermé les yeux. Quelqu’un aurait pu rentrer dans le gymnase à tout moment pour venir donner un coup de main supplémentaire mais… L’australien n’en avait pas grand-chose à faire là, tout de suite. Il n’y avait rien qu’eux, pas de décors à peindre, pas de situation désastreuse à rattraper, pas de ronde à prévoir. La flèche du temps s’était plantée dans un arbre par mégarde, causant au surveillant de ne plus vraiment savoir où il en était. Les secondes devinrent des minutes, les minutes des heures et les heures des microsecondes. Tout était trop court et trop long à la fois. Et s’arrêta lorsque Kiyomi rompit le contact entre leurs lèvres, écartant lentement son visage du sien alors qu’il rouvrit les yeux. La chute ne fut pas si brutale, elle était assez douce pour le laisser flotter un peu plus longtemps. Son regard croisa le sien, y rencontrant beaucoup de confusion et d’autres choses qu’il n’était pas franchement décidé à essayer de traduire pour le moment. Mais tout cela ne comptait pas, il n’arrivait qu’à se concentrer sur la fine main pâle posée sur sa joue et les deux perles vertes qui brillaient devant lui. Il lui sembla ne jamais les avoir vues d’aussi près. Probablement. Il cligna plusieurs fois des yeux et fis glisser sa main originellement dans sa nuque vers le creux de son cou. Coupé dans son geste lorsque Kiyomi entrouvrit ses lèvres pour parler plusieurs fois sans que rien ne sorte. Il suivit son geste lorsqu’elle l’attira pour l’inviter à se redresser mais fut pris de cours lorsqu’elle le serra contre elle. Son étreinte était loin de la douceur et la tendresse à laquelle il se serait attendu. Mais jamais au grand jamais il ne s’en plaindrait. L’australien glissa l’une de ses mains dans le creux de son dos et l’autre dans ses cheveux, rendant un peu de sa tendresse à cette étreinte alors que ses doigts s’entremêlaient à l’épaisse chevelure brune de Kiyomi, son pouce caressant cette dernière. Ses gestes étaient emplis d’une douceur incertaine.

Et son cerveau avait repris du service. Où est-ce que tout cela le mènerait ? Et une fois qu’ils se seraient lâchés, comment devrait-il lui parler, que devrait-il lui dire ? Et alors qu’il se posait toujours trop de questions, deux syllabes presque inaudibles vinrent le troubler un peu plus encore.

« Thomas »

Juste son prénom, lâché entre deux inspirations et une dizaine de battements de cœur. Il ferma durement ses yeux, entourant un peu plus la taille de la brune en guise de réponse. Il ne trouvait pas la force de parler. Le moment lui semblait si paisible qu’il n’en avait ni le courage, ni l’envie. Ne pas chercher à tout contrôler, à tout maîtriser. Il devrait apprendre, car il essayait encore de s’autoréguler pour ne pas que son cœur ne batte trop fort. Pourquoi ? De peur qu’elle sache qu’il avait définitivement un faible pour elle ? Ne venait-il pas tout juste de l’embrasser et ne venait-elle pas de répondre à son baiser ? L’australien savait plus que n’importe qui que ça le ferait reculer plus que ça ne l’avancerait de continuer sur cette lancée, à se prendre la tête pour un petit rien. Mais qu’est-ce que ça lui semblait dur. Il se revoyait en train de lui dire « Tu penses trop, Kiyomi ». Ironique. Il soupira une énième fois, se vidant la tête, essayant de se convaincre qu’il n’avait pas besoin de réfléchir pour y arriver – la preuve – et prit finalement la parole. Le ton de sa voix était bas, à peine plus audible que le sien lorsqu’elle avait prononcé son prénom.

« … Je serai partant pour rester ici jusqu’à demain. » Il s’arrêta, se rendant doucement compte que ce qu’il allait dire les ramènerait peut-être trop vite à la réalité et balayerait cette atmosphère débordante de tendresse installée entre eux. « Mais je ne veux pas te laisser finir ça toute seule. Tu vas en avoir pour la nuit, sinon. »

Il n’était pas question d’un « On pourrait nous surprendre » ou encore de « Si on s’y met pas maintenant je serai en retard pour ma ronde » mais juste d’elle. Il était hors de question qu’elle termine seule dans le froid du gymnase en pleine nuit. Pour le coup, il serait même capable de la raccompagner jusqu’à l’extérieur du bâtiment lorsqu’elle en aurait fini. Et ce fut un soupir silencieux plus tard que ses bras libérèrent lentement la brune. Assez lentement pour que n’importe qui de lucide se doute bien qu’il faisait ça à contrecœur. Un peu trop, même. Il chercha son regard le temps d’une seconde avant de se relever et de lui tendre sa main pour faire de même. Le contact chaud et rassurant manquait à l’appel. Faisant de nouveau face à l’étendue du travail qu’ils avaient, le surveillant se tourna vers Kiyomi, l’air un peu moins bien organisé que quelques minutes plus tôt.

« Je… Par quoi est-ce que tu veux commencer… ? »

Oh non Trésor, ça ne sonne pas naturel ce que tu dis là. En même temps, il n’arriverait probablement pas à paraître naturel durant les prochains jours. Il passerait probablement son temps à trop penser et à se faire des remarques plus stupides les unes que les autres. Mais il avait beau lutter, rien n’y faisait. Attendant sa réponse, il en profita pour remettre sur pieds les quelques morceaux de décor dans lesquels elle avait trébuché plus tôt – pour éviter de répéter le processus, d’ailleurs – et vint s’accroupir à côté de l’immense feuille de papier cartonné sur laquelle ils allaient devoir peindre leur nouveau décor express.

Enfin, s’ils y arrivaient et qu’un lion n’entrait pas dans le gymnase pour mettre un peu de piment à la scène. Vu que ce n’était visiblement pas leur jour – quoi que – …

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(#) Re: « Confiance est mère de remise en question. »  Dim 14 Aoû 2016 - 22:29

Il était trop tard pour faire demi-tour. Mais il était peut être trop tôt pour en faire quelque chose. Manque de confiance ou prémonition, elle sentait que ça ne pouvait pas se passer aussi bien. Non. Elle avait oublié un instant l'autre, celle qu'il aimait au téléphone, celle qui semblait loin et pourtant si proche. Si proche qu'il lui semblait souvent entendre sa voix au creux de son oreille. "Il est à moi". Cette petite voix s'était tue un instant, mais elle reviendrait certainement à la charge. Bientôt. Trop tôt.

Exorcisant les regrets au rythme des battements de son coeur, elle cherchait à fuir le retour à la réalité par tous les moyens. Ca ne durerait pas longtemps et elle savait déjà qu'elle ne dormirait pas de la nuit, hantée par tous ces souvenirs. Elle était très forte pour faire des erreurs et les assumer, mais certaines étaient bien plus dévastatrices que d'autres. Elle avait profité de cette faille dans l'univers pour graver l'expression de Thomas pour toujours dans son visage, alors qu'ils avaient rompu ce pacte silencieux au coeur de la nuit. Elle ne voulait jamais oublier, même s'il ne sentait rien, même si ce n'était qu'un bref égarement. Après tout, elle se rendrait vite compte que s'il pouvait en aimer une et en embrasser une autre, il n'était peut être pas une si grande perte que ça. Mais pour le moment il n'y avait de toute façon qu'eux et un petit secret honteux. Mais délicieux. Si chaleureux que cette main qui la soutenait semblait presque la consumer. Apaisée par ce geste aussi doux que fraternel, elle inspira profondément. Il la serra un peu plus fort, elle eut paradoxalement l'impression de respirer pour la première fois depuis une éternité. Il soupira, elle se troubla. Malgré tout ça, est ce qu'en fait il n'était pas agacé par la situation? Oh elle aurait du s'en douter, il venait certainement de se rendre compte de son erreur. Déjà. Elle sentit malgré elle ses doigts se resserrer au niveau de son point d'appui sur son T-shirt. Mais son murmure la détrompa un instant, avant que tout ne se décide à revenir troubler sa quiétude d'esprit.

Hello world. Welcome back Kiyomi. Voici qu'elle sembla se souvenir effectivement qu'elle avait encore du travail puisque tout ce qu'elle avait fait était tombé en miettes par..Enfin, disons par un concours de circonstances désastreux. Oui, c'est ça, la faute à pas de chance. Il s'éloigna lentement d'elle, elle dut faire preuve d'une grande maîtrise personnelle pour ne pas le serrer de nouveau contre sa poitrine. C'est un peu comme essayer de se rendormir pour rejoindre un rêve quitté trop tôt. Quand c'est terminé c'est terminé. Allez, un peu de courage. Un peu PLUS de courage. Bien que tout ceci fut fort douloureux, elle admirait son sérieux et son sang froid. -Si elle savait- Il lui tendit la main, elle la prit sans le regarder, elle n'était pas capable de le faire. Une fois relevée, elle tomba de haut. Tellement de travail à faire et si peu de temps avant de ne plus avoir assez de repos pour être en forme. Elle regretta d'avoir sacrifié tout ça. Puis elle se souvint de ce qu'elle y avait gagné, et perdu à la fois, et elle ne regretta plus tant que ça. Il avait déjà commencé à s'y mettre, elle secoua la tête. Elle n'avait pas la force de faire de l'humour, elle décida alors de noyer plus ou moins tout ça dans le travail, comme elle l'avait fait pendant si longtemps. Il était temps de faire les choses correctement. Elle s'approcha de lui, et du décor à adapter pour l'occasion.

"Il est tard et je ne veux pas que tu aies des ennuis à cause de moi."

Elle devait penser, et vite.

"Alors je propose de faire quelque chose de néo contemporain. Du blanc et des triangles et des ronds colorés. Ca sera tout aussi bien, personne ne s’intéresse vraiment au théâtre de toute façon!"

Elle le pensait qu'à moitié. Elle sourit, lui posa la main sur l'épaule, pas longtemps tant ce contact la rendait fébrile.

"Merci pour votre aide Monsieur Harper. Je crois que je vous serai redevable pendant un petit bout de temps. "

Elle se dirigea vers le chariot, prit des gants, deux pots de peinture de couleur vive, une coupelle. Elle mit un des gants à la main droite et versa un peu de couleur dans la coupelle. Elle se pencha sur le support et commença à faire des ronds plus ou moins convaincants. Elle s'appliquait pour ne pas penser, surtout à ne pas penser au reste. Elle devait finir vite. En silence. Ce silence pesant qui de toute façon ne faisait que soulever de nouvelles questions. Elle se redressa une fois ses ronds terminés, elle lui jeta un coup d'oeil tout en s'essuyant le front du revers de la main, ajoutant un peu de vert sur ce dernier, assorti à ses yeux par la même occasion.

"Bon, on va dire que ça ira. Je trouverai bien une justification. Merci encore. "

Elle lui sourit.

"Je trouverai bien une justification, ils sont habitués, tous les profs de théâtre sont un peu allumés. Autant que le préjugé serve un peu la cause, n'est ce pas? "

Elle tremblait, à l"intérieur du moins. Elle ne voulait pas le dire mais elle y était bien obligée.

"Je pense qu'on va enfin pouvoir aller dormir ! "


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(#) Re: « Confiance est mère de remise en question. »  Lun 15 Aoû 2016 - 1:00

Il ne l’admettrait jamais, mais Thomas avait froid. Peut-être à cause des bras qui manquaient, enserrés autour de sa taille. Ou à cause du regard qui avait refusé de croiser le sien. Le sentiment chaud et agréable qui s’était installé dans son estomac se mêlait à quelque chose qui ressemblait à des regrets, de la peur, un peu de confusion. Il ne s’agissait pas de ses actes, ni de ses mots. Mais il n’avait pas envie tout faire foirer. La peur constante d’échouer avec les autres le hantait toujours au mauvais moment. Il prit une inspiration silencieuse et ferma durement les yeux lorsqu’elle eut le dos tourné.

Elle tentait de cacher ses propres doutes, ses propres interrogations derrière d’autres mots. Et le temps d’une seconde, Thomas se laissa penser qu’il ne devrait pas être là. Peut-être avait-elle besoin d’un peu de temps d’adaptation. Peut-être aurait-elle tout oublié demain. La torture recommençait et l’australien ne pouvait s’empêcher d’harceler son for intérieur de questions « Qu’est-ce que j’aurai dû faire ? ». Comme si remonter dans le temps était une option. Naïf de penser qu’une telle chose serait possible. Il regroupa le peu de force qu’il lui restait pour effacer tout semblant de confusion sur son visage, dans son regard et lui fit face, souriant. Malgré cette main posée sur son épaule, malgré cette appellation beaucoup trop formelle qui l’avait presque transpercé.

« C’est normal. »

Beaucoup d’autres suites de mots s’étaient formées dans sa tête « Je ne t’aurai pas laissée finir ça toute seule » ; « Ça me fait plaisir » et rien n’était sorti. Sa gorge était serré et il se sentait ridicule, piégé. Comme si rien n’affectait la brune alors qu’il était littéralement en train de s’étrangler. Il eut envie de frapper dans un mur, de s’enfuir, de dormir jusqu’à que l’avion pour l’Australie ne décolle. Pourquoi diable était-il dans un tel état, pourquoi doutait-il encore ? Incapable de regarder les choses comme elles venaient, parce qu’il s’attardait encore et toujours sur les détails. « Elle est formelle » ; « Elle surjoue » ; « J’aurai dû réfléchir ». Des phrases qui revenaient encore et encore dans sa tête alors qu’il peignait. Au moins, avoir l’air pensif le ferait paraître concentré. Il ne voulait absolument pas rater leur dernière chance – surtout que ce décor leur en avait fait voir de toutes les couleurs – et décida de ne penser plus qu’à sa tâche. Si ça pouvait lui éviter de devenir fou parce qu’il était un imbécile, c’était une bonne chose.

Elle le remercia, de nouveau. Un sourire. De l’autodérision. Il lui sourit en retour. Un sourire maladroit, forcé. Et les adieux. Il se mordit la langue pour ne plus sentir le goût de la déception. Il ne dirait définitivement pas qu’il avait passé une mauvaise soirée. Ce n’était pas le cas. Mais sa stupidité accrue l’avait rendue moins rayonnante qu’elle aurait dû l’être.

« Je pense qu'on va enfin pouvoir aller dormir ! »

Ah, c’est vrai qu’il avait encore une ronde à faire. Il allait avoir une ou deux heures de plus pour être déstabilisé, y repenser, s’en vouloir de n’avoir rien fait de plus, ou pour avoir fait de trop. C’était probablement sa plus grande phobie. Ne pas faire les bonnes choses en temps voulu. Pourtant, il connaissait son impulsivité, sa capacité à réagir au quart de tour. Mais son adresse dans le monde réel n’était pas la même lorsqu’il s’agissait de ceux qu’il aimait. Il perdait le contrôle et se rendait malade pour un rien. Il jeta un œil distrait à sa montre – sans même regarder l’heure en fait.

« Il faut que j’aille faire ma ronde. Mais le plus dur est passé et tu vas pouvoir dormir. » Tenta-t-il avec un sourire. « Rentre bien et repose-toi. »

Ils étaient proche. Encore. Trop proches. Son regard s’arrêta sur le trait de vert sur son front – pour ne pas s’arrêter ailleurs. « Attends. Tu as du vert… Là. » Il passa son pouce épargné par la peinture sur son front pour doucement enlever ce dernier, son regard fuyant. Il n’oserait plus croiser ses yeux. Ce n’était clairement pas discret et elle se douterait que quelque chose clochait, que quelque chose avait changé. Mais il n’y pourrait rien. Il esquissa un bref sourire, toujours plus embarrassé, toujours plus maladroit. Et s’écarta d’elle une bonne fois pour toutes pour s’éloigner. Et se mordit la lèvre, une fois dos à elle. Il ne pouvait définitivement pas rester serein ainsi. Le peu de lucidité qui lui restait guida ses dernières paroles pour la soirée.

« J’y pense. » « J’y ai pensé toute la semaine. Tout le mois. » « Dans trois jours, je prends l’avion pour l’Australie. » « Dans trois jours, je pars à plus de mille kilomètres et je vais probablement m’étouffer à force du culpabiliser comme un con. » « Alors… » « Alors s’il te plaît… » « Je voulais te revoir avant de partir, enfin... Hors du lycée. » « Est-ce que tu pourrais m’aider à respirer ? »

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(#) Re: « Confiance est mère de remise en question. »  Lun 15 Aoû 2016 - 11:09

Aller dormir. Personne n'y croyait. Enfin, elle n'y croyait pas du moins. Comment pourrait-elle dormir après tout cela? Comment pourrait-elle trouver le sommeil alors qu'une nouvelle fois elle s'était faite avoir. Comme une débutante. Elle le savait pourtant, comment ça se passait ces choses là. On espère, on se jette à l'eau et on se rend compte que la piscine est vide, que la mer ne recouvre plus les rochers en dessous de la falaise. On regrette. Et cette erreur  devient fatale. Elle essayait de ne pas penser à tout cela, mais c'était aussi vain que de se dire qu'elle pourrait facilement rejoindre Morphée une fois la soirée terminée.

Elle n'avait pas mis beaucoup de coeur à l'ouvrage en peignant ces ronds verts qui n'avaient aucun sens. Mais ça lui avait permis de penser à autre chose l'espace d'un instant. Et si..ATTENTION, il faut que ça ressemble vraiment à un rond. Les contours étaient hésitants, et si on savait ce qui se passait dans sa tête, on aurait très bien pu déterminer à quel instant exactement elle s'était laissée troubler. C'était n'importe quoi, mais ce n'était certainement pas la première ni la dernière fois qu'elle se laissait aller à ces stupidités. C'était un peu sa marque de fabrique. Il souriait encore, c'est que tout allait bien, n'est ce pas? Elle se détestait d'arriver si bien à faire semblant. Oh, l'apparence était moins solide qu'elle l'espérait, mais si elle n'avait pas été déçue et trompée tant de fois de par le passé, elle se serait tout simplement effondrée en larmes sur place. L'expérience a du bon. Parfois..Un peu?

Normal, tout était relatif. Il n'y avait rien de normal dans cette soirée et pour peu qu'on croie à des choses comme les signes et le destin, il y avait amplement matière à avoir des doutes. Elle essayait tant bien que mal de continuer à sourire. C'était assez difficile lorsque ses yeux se plongeaient dans les siens. De dos c'était plus ou moins évident, mais une fois en face, elle peinait. Elle n'était pas triste, mais il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond. Un grain de sable dans les rouages. Il peignait joliment. Elle songea un instant à lui proposer de l'accompagner dans sa ronde pour lui rendre la pareille. Mais elle pensait surtout qu'il avait terminé et qu'il pouvait lui aussi aller dormir. Enfin, essayer.

Se repoquoi? Se reposer. Ah oui. Oui oui oui, c'est cela, se reposer. Son sourire s'emplit de gêne. Elle ne voulait pour rien au monde le laisser partir, ni comme ça ni d'une autre manière. Mais par dessus tout, elle ne savait ni quoi faire ni comment le faire. Que pouvait-elle proposer? N'était il pas plus douloureux mais bien mieux pour tous les deux d'oublier et de faire comme si de rien n'était? Ils l'avaient certainement fait plusieurs fois dans leur vie, ils devaient être habitués non? Elle ne pouvait détacher son regard de ses lèvres qui bougeaient plutôt lentement.  Ce sourire sonnait aussi faux que toute sa propre comédie. Elle se troubla un instant. Si lui aussi était troublé, il y avait bel et bien ce grain de sable quelque part. Elle allait essayer de prendre sur elle pour tenter de clarifier les choses lorsqu'elle se retrouva à loucher légèrement en suivant le trajet de cette main qui allait la sauver d'un déshonneur plus grand encore.

Il ne la regardait plus. Elle entendit une sorte de craquement que personne d'autre n'aurait pu entendre. Ce son de palpitant qui se brise. Voila. Elle avait l'impression d'être une gamine de huit ans qui vient de regarder derrière le rideau du magicien et qui vient de découvrir que son grand tour de magie n'est en fait que -littéralement- de la poudre aux yeux. Pourquoi. Pourquoi fallait-il que ses plus belles histoires n'en soient pas? Pourquoi devait-elle encore être la victime de ces injustices. Est ce que tout ceci ne s'arrêterait donc jamais? Elle lui rendit faiblement son sourire, mais une fois qu'il se fut retourné pour partir, elle ne put retenir quelques larmes pressées de s'échapper de son œil droit. Ce n'est pas de sa faute, elle était persuadée que c'était un au revoir, et peut être même le dernier. Lorsque sa voix s'éleva de nouveau dans le silence étouffant de la nuit, elle essuya sa joue rapidement, de peur qu'il ne se retourne.

Dans trois jours..L'australie. Dans son esprit, plusieurs cloches se mirent à tinter. La cloche des adieux, celle de l'explication finale, et celle des je t'aime au téléphone. Ses pupilles s'affolèrent, elles mêmes tremblaient sans qu'elle ne puisse rien y faire du tout. Est ce que c'était une bonne idée? Certainement pas. Que pourraient-ils faire pour cette dernière fois? Hein? Elle en avait une bonne idée. Oui, il allait passer dix minutes à lui expliquer que c'était une erreur, qu'elle lui manquait et qu'il s'était égaré. Qu'elle était extraordinaire et que ce n'était pas de sa faute, que c'était lui qui était stupide. Oui, il l'était. L'envie de pleurer pour de bon passa dans son esprit, avec celle de lui faire manger la planche emplie de vis qu'elle avait soulevé tout à l'heure, et celle de lui mettre une bonne claque. En plus de dos? Quel courage, vraiment.

Et son mécanisme de défense numéro trois se mit en marche. La tristesse se mut en colère. La rendant presque instantanément insensible à tout ce qui l'avait mue pendant la soirée. La retombée serait lourde. Elle ne dormirait pas, elle passerait sa soirée à pleurer, mais pendant ces quelques minutes, la situation était bien moins difficile à porter. Elle inspira profondément. Elle avait envie de partir en hurlant après l'avoir balancé au sol. Mais elle avait promis qu'elle essaierait de se rattraper pour le dossier. Et s'il y avait bien quelque chose qu'on ne pouvait pas lui enlever, c'était bien qu'elle tenait parole. Elle inspira profondément, plusieurs fois, afin de réussir à modérer le ton de sa voix. Si c'était la dernière fois qu'elle devait le voir, soit. Elle avait au moins une journée pour préparer son discours. Lister les choses qu'elle voulait lui reprocher, celles qui méritaient un remerciement. Rien ne sortirait comme prévu, mais au moins elle ne se trouverait pas à cours d'idées.

"Je.." n'ai aucune raison de m'entendre dire encore un fois que je suis une gentille andouille et que je n'y suis pour rien si ton coeur est ailleurs et que tu es faible.
"D'accord", tu pourras me sortir tes excuses, ça en fera au moins un qui se sentira un peu mieux.

Ce d'accord était d'ailleurs bien plus froid que prévu, mais il n'y avait aucune marque de cette fureur impuissante qui la consommait.

"Mais je te laisse tout organiser. Je serai disponible tous les jours après 17h30. Laisse un mot dans mon casier, peu importe le lieu ou l'heure, je m'arrangerai pour venir. " Armée. "Bon courage pour ta ronde. Et.." Etouffe toi pendant? "Et merci encore pour ton soutien." Ça a bien failli être la plus belle soirée de ma vie.

Elle le laissa s'éloigner, la mort et la fureur dans l'âme. Elle se laissa cependant submerger un instant par ces souvenirs qu'elle essaierait d'assassiner.

"Ah au fait" Silence. "Ton parfum sent vraiment bon." Et il va me hanter.

Elle se retourna pour accrocher le décor dérisoire et ridicule au mur. La nuit ne faisait que commencer. Mais malheureusement, elle la terminerait seule. La tentation de tirer un trait concret sur tout ce qu'il avait pris le temps de peindre avec elle était plus que tentant, mais le sérieux était tout ce qui lui restait en ces temps troublés. Elle laissa tout ça intact. Éteignit la lumière après un dernier regard sur cette salle qui contenait désormais bien trop de souvenirs. Songea à démissionner dès la fin de l'année. Peut être même avant.

Rideau.

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(#) Re: « Confiance est mère de remise en question. »  Lun 15 Aoû 2016 - 16:37

Elle était imperturbable. Et pourtant perturbée. Elle peignait quelque chose de glacial sur son visage. Thomas n’était pas capable de telles prouesses. Il ne savait pas feindre quelque chose et tous ses essais furent vains. On pouvait lire l’appréhension sur son visage, le sentiment d’échouer, de rater une occasion. Et même si la réponse positive lui fit croire un moment qu’il pourrait se réchauffer, le ton de sa voix le fit tomber de haut. La chute n’était pas facile mais il devrait tenir le coup. Il aurait toute la soirée pour trouver quelque chose. Pour comprendre. Chercher pourquoi. La réponse la plus évidente fut qu’elle venait de se rendre compte de son erreur. Peut-être regrettait-elle de ne pas l’avoir rejeté. Mais tout ça n’avait pas de sens et brûlait sa boîte crânienne. Il avait rarement été serré de cette manière, la proximité entre eux n’était pas anodine. Elle ne pouvait pas l’être. Il n’avait pas envie d’y croire, il n’avait pas envie d’être pessimiste, ça le boufferait. Alors il prit une grande inspiration discrète et se redressa métaphoriquement parlant, car il était littéralement en train de s’écrouler à cause de… suspicions. De foutus détails. Il avait envie de recommencer, de la revoir juste pour pouvoir se sentir libre de chacun de ses doutes.

Alors il tourna doucement la tête vers elle, esquissant un sourire bien plus réel bien que marqué par trop de confusion encore. Son regard croisa le sien pour la dernière fois de la soirée.

« Je m’arrangerai pour que ça en vaille la peine, alors. » Il passa une main timide dans ses cheveux, plus naturel mais toujours aussi embarrassé. « Merci, et à demain. »

Il avait réussi à conclure sur quelque chose de moins sombre, de moins torturé. C’était prévu : Il s’en voudrait toute la soirée, il se poserait toutes les questions du monde, s’acharnerait à essayer de comprendre « Pourquoi est-ce que tout part de travers ? » mais il aurait au moins le cœur tranquille. Il poussa la grande poignée de la porte du gymnase et la voix de la brune transperça le silence qui s’était installé quelques secondes après leurs adieux.

« Ton parfum sent vraiment bon. »

Juste assez pour appuyer sur ses doutes. C’était confus, c’était paradoxal, ça n’avait pas de sens. Mais au moins, il en était sûr : Ce n’était pas anodin. Ce n’était pas gratuit. Quelque chose avait vraiment brillé ce soir, dans ses yeux.

La phrase avait résonné dans sa tête. Et il n’arrivait plus à rien. Il entrouvrit les lèvres sans que rien ne sorte tant la déclaration l’avait déstabilisé. Elle avait perdu toute once de chaleur rassurante et venait de le complimenter. Thomas ne savait pas comme l’entendre. Était-ce une sorte de pique ironique en référence à la dernière fois, quand lui l’avait complimentée alors que ce n’était pas le bon moment ? Il ne saurait jamais. Mais il n’arriverait définitivement pas à mal le prendre. Alors il ferma la bouche pour vite effacer cet air et esquissa un dernier sourire, essuya un dernier regard avant de passer la barrière qui leur permettrait de souffler à tous les deux. Il marcha un peu plus rapidement une fois hors du gymnase et se précipita à l’intérieur du bâtiment des dortoirs pour se laisser glisser contre le premier mur qu’il croisa.

Il était fatigué. Complètement crevé. Mais il n’avait toujours pas fini. Penser, réfléchir, trouver, organiser, surprendre, aimer, dormir, surveiller, se souvenir. Trop de choses se bousculaient dans sa tête et il n’arrivait pas à situer le plus important parmi elles. Il avait deux heures devant lui pour essayer de se maîtriser. Deux heures et une nuit pour essayer de sauver ce qu’il avait entamé de construire.

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