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 18h demain. Comme promis.

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Kiyomi Kato
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(#) 18h demain. Comme promis.  Lun 15 Aoû 2016 - 18:21

17h59 - Demain.

La nuit avait été longue, au moins autant que la précédente. Elle avait une nuit blanche entrecoupée de sanglots dans les pattes. Ce n'est pas le meilleur moyen d'arriver à tenir une journée de cours plus l'inconnu. Elle y pensait encore et toujours. A cette soirée, à tout ce qui n'était pas possible, ce qui y ressemblait, ce qui n'était rien du tout, et tout le reste. Elle n'avait pas de réponse, ou du moins pas de positive. Tout ce qu'elle avait trouvé la déprimait au plus haut point. Ca ne pouvait être qu'une erreur, et elle était prête à s'entendre dire les mêmes phrases bateau qu'on avait toujours utilisé à son égard. C'est pas de ta faute, ne change pas, blabla. Elle l'avait croisé à la répétition, elle avait réussi à faire bonne figure, mais ça lui avait demandé pas mal de gros efforts.

Elle avait d'ailleurs hésité à venir. Quand on connaît déjà la chanson, ça ne sert pas à grand chose de s'évertuer à continuer de l'apprendre. Mais ça restait sans sa ligne d'action. Tenir parole, et surtout se tenir aux efforts qu'elle lui avait promis. Il partait. Cruel qu'il était. Il n'y avait pas de place pour elle dans sa vie, et trois jours avant de retrouver autant sa vie que ses amours et ses emmerdes, il se rapprochait d'elle. Qui était-il pour faire ce genre de choses. Lui qui était si serviable, si gentil, fallait il vraiment que les meilleurs êtres de la terre se soient réunis pour convenir que Kato-San devait être traitée comme la dernière des andouilles? Oh que non.

Le mot était sobre, mais elle ne croyait pas à ses promesses. Son coeur avait battu si fort lorsqu'elle constata que sa boite n'était plus vide. Elle n'avait pas voulu reconnaître qu'elle avait été plus d'une dizaine de fois par jour l'ouvrir pour se persuader qu'il n'y aurait rien, ou espérer qu'il y ait quelque chose. Rien. Rien. Rien. OH !

Des surprises hein? Elle s'attendait au pire. Le scénario qui remportait la palme pour le moment était l'humiliation publique. "Regardez, elle est venue, haha jetez lui des cailloux". De toute façon sa décision était prise, elle allait laisser sa lettre de démission. Il était hors de question qu'elle continue dans ces conditions. Chaque passage devant le gymnase était une torture. La lettre était prête, et dans son sac. Posée à côté du papier contenant tous les reproches qu'elle tenait absolument à lui faire avant son départ. La tristesse était toujours déguisée en colère et elle ne se sentait pas si mal que ça. Il lui tardait même qu'il arrive pour pouvoir lui exploser à la figure. Appuyée au mur, elle plongea une énième fois dans la lecture de toutes les choses qui la mettaient hors d'elle. Au cas où elle en oublierait une.

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[00:30:04 30/08/2016] Thomas Harper : j'suis la patience incarnée - quand il s'agit pas de Kiyomi - donc j'ai le temps

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(#) Re: 18h demain. Comme promis.  Lun 15 Aoû 2016 - 19:44

Thomas était arrivé en retard ce matin. Parce qu’il avait fait cramer quelque chose dans cuisine – pour la première fois depuis plus d’un an –, parce qu’il avait cassé le joint de son thermos, parce qu’il avait traîné vingt minutes, dix au lit, dix devant son miroir à se demander comment en était-il arrivé là. Il avait réussi à se changer les idées – changer de façon approximative – en travaillant, en dormant et en lisant. Ça n’avait marché que pour les premières heures. Mais il y avait quelque chose de bien pire, dans tout ça.

Il n’avait aucune foutue idée de ce qu’il allait faire ce soir, en sa compagnie. C’était en quelques sortes la raison pour laquelle il avait parlé de surprise. Parce que ça allait en être une pour lui aussi. Il avait pensé basique, il avait pensé classique avant de devenir un gosse capricieux et de renvoyer chaque idée qui lui venait. L’inviter au restaurant ? Elle s’y attend. Aller au cinéma ? Il avait besoin de passer un bon moment avec elle. Sans parler du reste. Tout lui avait semblé trop banal, trop simple, trop vu et revu. Il savait à quel point cette soirée serait importante. Il voulait quelque chose à la hauteur mais… n’avait pas assez d’imagination.

Donc il avait appelé Sasha. Elle lui avait ri au nez et l’avait aidé. Évidemment, elle n’avait pas trouvé d’idée pour la soirée mais… Elle lui avait donné quelques conseils pour essayer de rendre la situation un peu moins froide que quelques jours plus tôt. Il avait passé le plus clair de cette journée seul, au téléphone dans les toilettes et plus l’heure approchait, plus il se demandait comment ça pourrait se passer. Comme serait-il possible qu’il fasse pencher la balance de son côté.

Une vingtaine de minutes avant le moment fatidique, il méprisait son reflet dans la glace. Il retira le pull au-dessus de sa chemise pour avoir l’air plus présentable et jeta un œil à l’étui à lentille posé devant lui, sans grande conviction. C’était la première chose que lui avait suggéré Sasha « Enlève tes lunettes ! Montre ton visage et tes yeux ! ». Il détestait ça. Pas que le port des lentilles le gênait mais… Ça le dérangeait. Il tira sur l’une des branches et rangea ces dernières. De toutes façons, il devait se presser pour avoir le temps de déposer ce qu’il voulait dans son casier et retourner à l’arrière du bâtiment. Sa voiture était déjà là-bas – précautions – et tout serait bon. Il croisa une dernière fois son propre regard dans le miroir avant de quitter le lieu et une ampoule apparut au-dessus de sa tête.

L’idée lui avait paru stupide au début, peut-être même complètement… hors-contexte. Mais c’était la seule chose originale qui sortait du lot. Il essayerait de lui faire passer un bon moment. C’était ce qu’il voulait, alors il donnerait ce tout ce qu’il avait. C’était, de toutes façons, sa seule solution et son seul espoir. Pour la suite, il verrait.

Ce fut un peu plus confiant qu’il sortit du bâtiment pour retrouver la brune de l’autre côté. Son regard faisait des aller-retours sur sa montre, car arriver en retard pour la deuxième fois de la journée n’aiderait absolument pas à ce qu’il garde son self-control. Self-control qu’il pensait acquis mais qui s’éclipsa lorsqu’elle entra dans son champ de vision, un papier entre les mains – chose qu’il ne prit pas franchement en compte sur le moment. Et plus il s’avançait, plus il se demandait ce qu’il pourrait bien lui dire, ce qu’il ferait. Mais il n’eut pas le temps d’y penser trop longtemps puisque…

« Hey. » Au moins, sa voix ne trahissait pas son embarras. Son sourire non plus, pour une fois. Dans le feu de l’action, il oubliait à quel point il était déstabilisé. Parce qu’il était incapable de savoir à quoi elle pensait. « Tu vas bien ? » C’est vrai qu’il ne l’avait pas croisée depuis les répétitions. Et qu’il s’inquiétait encore de ses réponses glaciales.

Il avait même eu peur qu’elle ne vienne finalement pas. Il ne lui en aurait pas voulu. Même si elle venait à lui cracher à la figure qu’elle n’en avait pas eu envie, qu’elle s’était trompée depuis le début… Il ne lui en voudrait pas. Il serait en colère, mais probablement contre lui-même.

« Je suis garé à côté. »

Il lui emboîta le pas en la laissant passer, et lui ouvrit la portière passager, tentant de paraître un peu moins distrait et un peu plus calme qu’il ne l’était vraiment. Il bouillonnait, littéralement.

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Bonsoir, je suis également un code couleur rajouté à l'arrache. Thomas perd son japonais en #A63F45 et s'exprime dans la langue de Shakespeare ou l'anglais en #669FBD.

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(#) Re: 18h demain. Comme promis.  Lun 15 Aoû 2016 - 20:15

18 heures sonnaient. Si on tendait l'oreille on pouvait entendre sonner les cloches des temples. Et a l'instant même, elle les entendait très bien. S'il était en retard de plus de dix minutes elle faisait demi-tour. No matter what. A vrai dire, elle ne savait pas vraiment si elle ne préférait pas qu'il arrive en retard. Comme ça, ni vu ni connu elle aurait pu finir de pleurer sur son lit, se faire porter malade et ne plus venir les deux jours restant. Il partait, elle l'oubliait difficilement mais y arrivait quand même, et c'était pliée. Elle n'aurait alors plus qu'à aller refaire sa vie ailleurs.

Elle lisait ce fichu bout de papier qui avait séché entre temps mais qui devait avoir un curieux goût de papier, d'encre et de sel. Enfin, elle n'y aurait pas goûté, elle s'en doutait seulement. Et elle était déjà prête à faire demi-tour. Oui. Elle se demandait même pourquoi elle avait été rafraîchir son léger maquillage avant l'heure fatidique et pourquoi elle avait passé autant de temps devant le ridicule miroir de la salle des professeurs pour voir si sa tenue tenait encore la route. Disons que c'était pour pouvoir dire plus tard qu'elle avait affronté tout ça avec dignité et un brushing impec. Maigre consolation certes, mais meilleure que pas de consolation du tout.

Elle n'espérait rien. Si ce n'est peut être de pouvoir trouver un autre truc à lui envoyer à la figure. Un truc bien plus lourd qu'un ensemble de feuilles plus ou moins bien triées. Au pire, le plat de sa main ferait l'affaire, si on lui donnait un peu d'élan. Elle anticipait déjà le bruit que ça ferait sur cette joue si douce. Elle savourait déjà l'expression sur son visage, lui qui arriverait certainement en conquérant et repartirait vaincu. Veni Vidi Vici. Elle ne l'avait pas croisé de la journée. Elle mit ça sur le compte de la chance, après tout s'il n'en avait rien à faire, il n'avait pas du passer la journée à l'éviter? De toute façon si elle en avait vu un bout de cheveu elle aurait fait demi-tour.

Son odeur par contre, était partout. Elle croyait la sentir au moins dix fois par jour, et toujours à tord. A croire qu'il longeait tellement les murs qu'ils étaient tous imprégnés de son parfum. On se protège comme on peut, et ils disent tous que de toute façon la meilleure défense reste quand même l'attaque. Le serpent cherche à impressionner, et s'il constate que ça ne fonctionne pas, il attaque. Kss kss. Elle avait une bonne droite, c'était aussi efficace que tous les venins de crotales du monde entier. Pour qui sonne le glas? Pour Miss Kato qui comptait les heures sans vouloir y croire. Elle s'attendait à voir débarquer un groupe. Et elle avait déjà une excuse. Plusieurs d'ailleurs. La pire étant qu'elle n'avait pas pu être venue pour le rendez-vous puisqu'elle ne savait même pas lire.

L'heure. Obsession de ceux qui en ont bien d'autres. Elle n'aurait pas pu arriver en retard. Certes, de la part de quelqu'un qui ne voulait pas venir du tout c'était un peu gonflé, mais piège ou non, elle était toujours à l'heure lorsqu'elle avait un rendez-vous. Question de principes. Il suffit d'une fois pour perdre la confiance d'une personne. Et même si cette personne devrait ne plus compter pour elle très prochainement, elle ne voulait pas perdre la sienne. Qu'il ne garde pas un souvenir trop négatif, au cas où il lui prenne de revenir. Tu rêves ma vieille. Oui, je sais.

Elle avait attendu plus longtemps avant l'heure indiquée qu'après. En effet, ça avait paru très long, mais deux minutes ne s'étaient pas encore écoulées lorsque son coeur s'arrêta malgré elle et tout le reste. Heure du décès: 18h01.5 C'était sa voix. SA voix. Il était là. Elle préféra penser que c'était la rage qui la paralysa un instant, mais nous savons tous que ce n'était pas ça du tout. Elle tenta de se raccrocher à son papier, le serrant plus fort et ne le quittant surtout pas des yeux.

"Je vais bien merci."

Super, c'était froid et ça ne tremblait pas. Un point pour Kiyomi ! Elle se détacha du mur. Lentement. Refusant de poser ses yeux sur lui tout de suite. Elle ne le pouvait peut être pas de toute façon .

"Je te suis."

Elle avait bien fait attention à ne pas croiser son regard. Il était seul, ils l'attendaient peut être tous ailleurs pour se moquer de sa crédulité. Elle était sur ses gardes, mais le papier, lui, avait retrouvé son sac. Elle le sortirait de nouveau si besoin était. Elle entra dans la voiture sans le regarder et attendit qu'il rejoigne sa place. Ce n'est qu'une fois qu'il fut assis qu'elle se sentit faiblir. un coup d'oeil plus ou moins discret lui apprit qu'il manquait quelque chose sur son visage. Quelque chose qu'elle s'était habituée à voir. Quelque chose qu'elle aimait, mais dont l'absence ne la dérangeait pas. Elle craignait le moment où elle devrait affronter son regard sans fards, sans glace de protection.

C'est l'odeur de la voiture, son odeur, qui eut raison un instant de sa volonté et de cette armure express qu'elle avait construit en quelques jours seulement pour ne pas disparaitre au coeur de cette bataille qu'elle refusait de perdre. Elle inspira profondément. Autant pour reprendre son souffle que pour profiter de ces derniers instants, de cette odeur qui ne la quittait pas. Elle ne cherchait pas à anticiper ses plans. Elle s'y perdit un instant.

Tu m'as manqué.
"Et toi?"
Silence. Elle était restée aux premiers signes de sa voix. Piégée dans le passé récent. Piégée dans cette voiture au moins autant que dans ses souvenirs encore si vifs.
"Enfin je veux dire... Et toi tu vas bien?"

Parle Thomas, parle moi. Peu importe ce que tu vas dire. Peu importe que tout soit terminé. Parle moi, ouvre une dernière fois la boite de Pandore. Sans y penser, elle ferma les yeux.

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[00:30:04 30/08/2016] Thomas Harper : j'suis la patience incarnée - quand il s'agit pas de Kiyomi - donc j'ai le temps

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(#) Re: 18h demain. Comme promis.  Lun 15 Aoû 2016 - 20:59

« Je vais bien merci. Je te suis. »

« Plante moi d’autres couteaux. J’aime ça. » Littéralement. Elle était en train de le déchirer en morceaux, et si ce n’était pas voulu alors… Alors il souffrirait comme ça jusqu’à que ça passe. Mais il tiendrait le coup, enfin… Il essayerait. Pourtant, il avait fait de son mieux pour avoir toutes les chances de son côté. Il avait écouté Sasha, il n’avait surtout pas oublié le parfum et avait même enlevé ses lunettes. Il continuait de se consoler en se reposant sur le fait que ça en valait la peine. Ça en vaudrait la peine. Même si elle avait évité son regard, même si elle semblait lui en vouloir pour quelque chose qu’il s’était démené à chercher sans jamais trouver. C’était incroyablement frustrant. Jusqu’à ce qu’elle l’arrache à ses pensées et qu’il esquisse un sourire presque automatique, tournant la tête vers elle sans même avoir enregistré ce qu’elle avait dit. Heureusement pour lui, elle répéta.

« Enfin je veux dire... Et toi tu vas bien ? »

Pas vraiment. Incroyablement bien. L’une des deux réponses était la bonne. Mais il était incapable de dire laquelle. Alors il hocha la tête pour se donner une seconde de réflexion de plus et lui répondit.

« Ça va. » De peur de sembler trop froid malgré son expression et son ton, il enchaîna, maladroit. « Je stresse un peu pour l’Australie mais ça me fait plaisir d’être là alors… » Trop maladroit. « Alors ça va. »

Il n’attendit pas plus longtemps et mit le contact, se concentrant sur la route à prendre. Elle habitait ici depuis probablement plus longtemps que lui mais avec un peu de chance, il existait certains recoins de la ville qu’elle ne connaissait pas, alors il traça le chemin dans sa tête pour emprunter les petites routes afin qu’elle ne devine pas sa destination. De ce qu’il avait calculé, il devrait arriver derrière le bâtiment et à partir de là, il avait déjà tout prévu. Enfin « prévu », à la dernière minute quoi. Comme si ça ne suffisait pas, un nouvel obstacle vint l’interrompre dans son petit monde. Ne pas laisser le silence s’installer. Vite.

« Je pars demain. » Il s’arrêta. « Enfin… Tu dois peut-être trouver ça bizarre que je sois tendu mais… Même si ça ne dure que cinq jours, ça fait deux ans que je n’y ai pas été alors ma famille, tout ça… Enfin je voulais te revoir avant de rentrer et d’être complètement crevé pendant la semaine suivante. »

Ses pensées s’emmêlaient et il ne savait pas vraiment s’il avait encore une once de crédibilité. Au moins, elle pourrait se moquer discrètement de lui sans regarder la route. Et donc, ne pas savoir où ils se rendaient. Pour une fois que ça lui rendait service, Thomas ne s’en voulait pas d’avoir tant de défauts d’expression. Il lui laissa le temps de répondre, un peu distrait par la conduite et beaucoup par tout le reste.

Malgré les détours qu’il prenait, le lieu en question approchait et il s’inquiétait déjà de ce qu’il lui dirait lorsqu’ils arriveraient. Mais il angoissait davantage en pensant à sa réaction. Peut-être trouverait-elle ça trop… Trop. Juste trop. Son jugement pouvait être faussé en l’espace d’une seconde et il se rendrait compte qu’elle aimait les choses plus classiques.

Mais ce qui est fait est fait. Il pourra dire à Sasha qu’il aura essayé.

« On arrive bientôt. »

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(#) Re: 18h demain. Comme promis.  Mar 16 Aoû 2016 - 13:20

Elle se retenait de soupirer. Et dieu sait qu'elle en avait envie. Soupirer, claquer la porte et partir en courant. Ça aurait été romantique remarquez, s'enfuir dans la nuit avec..Allez, une averse. Une bonne grosse averse froide qui remet les idées en place, de quoi pleurer sans que personne ne s'en rende compte. Ah oui, pleurer, ça aussi elle en avait envie. Enfin, elle en avait eu envie surtout, elle l'avait tellement fait à la nuit tombée qu'elle n'était plus vraiment certaine de pouvoir sortir même une larmichette. Elle essayait de ne pas trop penser, et elle n'y arrivait pas du tout. Bien au contraire. Ce qui semblait si clair le nez dans son petit papier était de nouveau trouble et douloureux. Tout était revenu directement, difficile comme au premier jour. Elle fit la moue un instant, s'assurant bien que son visage soit tourné vers la fenêtre.

Ses bonnes manières la rattrapaient, comme souvent. Elle se doutait que ce n'était pas de bon aloi de tirer la tronche et de ne pas parler alors qu'elle était invitée. Bon, qu'avait-elle vraiment à dire d'intéressant? Elle n'était pas du genre à parler pour rien, ni pour dire seulement du mal, alors c'était en soi une très bonne raison de ne rien dire du tout. Encore quelques minutes du moins. Elle avait laissé sa tête glisser contre la vitre. Le regard dans le vide, elle ne voyait rien. Ce dernier s'arrêtait bien avant la limite glacée de la fenêtre.

Il n'y avait rien de plus faux que cette interaction en route vers l'inconnu. Les mots étaient vides, les idées confuses et l'intonation faussée. Hypocrisie? Perte de repères? Tout était possible, et pour se protéger elle avait soigneusement choisi la pire des interprétations. Celle qui allait en sa défaveur. Toujours. C'était peut être un peu extrême, mais à situations désespérées, mesures désespérées.

Ca va. Sérieusement? Sérieusement? Elle se torturait depuis deux jours, elle laissait sérieusement sous-entendre que quelque chose n'allait pas, et lui il allait bien? Elle se mordit l'intérieur de la lèvre inférieure pour ne pas hurler, mais elle se serait volontiers retournée pour lui mettre une claque. Peut être que du coup il irait un peu moins bien. Et..Comme d'habitude, elle fut troublée dans cette relative sérénité par la suite de sa réponse. Non. Pas par le stress pour l’Australie, mais plutôt par ce qui suivit le silence. Comment ça cinq jours? De nouveau elle manqua de s'étouffer, et le bal de ses pensées changea plusieurs fois de tempo.

CINQ JOURS? Tu n'aurais pas pu me le DIRE DIRECTEMENT? Oh, cinq jours ce n'est pas si long..Et puis il a voulu me voir avant de partir..Oui mais c'est certainement pour se moquer de toi...Oui mais..Non tu as certainement raison, il y a d'autres personnes qui l'attendent ailleurs, t'es arrivée trop tard..Comme toujours. MAIS IL T'A LAISSEE PANIQUER POUR RIEN...Mais il a l'air sincère. Et pourquoi il le serait hein? Tu l'as bien entendu [...]

Elle n'avait pas la moindre idée de la, ou des têtes qu'elle avait pu tirer pendant ces instants d'égarement, mais ça devait être quelque chose. A un moment même elle songea à lui faire manger ses lunettes. - Elle n'avait pas encore vraiment remarqué - Ou son polo. OU mieux encore, lui faire boire de force son propre flacon de parfum. Il fallait d'ailleurs qu'elle lui demande quelle marque c'était. Peut être qu'elle en mettrait un peu dans son écharpe pour se donner du courage.

"D'accord"

C'était plus distrait que froid. Elle avait une nouvelle information à intégrer. Ce n'était pas pour toute la vie, et elle hésitait entre s'en vouloir à cause du film monumental qu'elle s'était monté ou lui en vouloir à lui d'avoir semé le trouble plus ou moins volontairement. Elle était sur le point de trancher lorsqu'il lui annonça qu'ils étaient presque rendus. Elle reprit vie un instant et sa voix se réchauffa.

"Oh déjà?"

Si le temps passe vite quand on s'amuse, il passe surtout très vite quand on est préoccupé.

"Je..Je dois fermer les yeux ou quelque chose comme ça?"

Une chose était certaine, le suspense était intact.

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(#) Re: 18h demain. Comme promis.  Mar 16 Aoû 2016 - 16:14

À cet instant précis, Thomas ne savait pas ce qu’il voulait. S’il avait envie de se dire que tout ça allait passer lorsqu’ils seraient arrivés ou s’il voulait arrêter la voiture et la secouer pour savoir pourquoi est-ce qu’elle lui faisait subir ça. Ou juste sortir de la voiture et la laisser là, prendre son avion pour l’Australie et ne pas revenir au Japon. Mais ses mains restèrent immobiles sur son volant et il se contrôla. Comme d’habitude. Thomas ne s’énervait pas, Thomas ne laissait rien passer de mauvais. Il avait déjà l’air d’un gosse attardé tant il était timide, alors il n’avait pas le droit de se lâcher, de se laisser aller.

Lorsque son ton se réchauffa, il sentit qu’on lui enlevait quelques kilogrammes du poids qu’il portait sur ses épaules. S’il suivait sa propre logique, ça ne pouvait qu’aller mieux avec le temps et ils passeraient réellement un bon moment. Histoire qu’il réussisse à dormir normalement au moins une fois avant de prendre l’avion. Elle lui demanda si elle devrait fermer les yeux et il hocha la tête. Il avait originellement prévu de les lui couvrir mais décida au dernier moment de lui faire confiance.

Le reste du trajet se passa entre deux âmes un peu distraites et le silence. Quelque part, ça ne leur faisait pas de mal. Ça lui évitait au moins d’avoir à dire n’importe quoi pour combler. Il arrêta sa voiture dos à l’endroit en question, et à peine un peu plus loin. On n’est jamais trop prudent.

« Tu peux fermer les yeux, en sortant. Je te guiderai. »

Il sortit, claqua doucement sa portière pour venir ouvrir la sienne et attendit que ses paupières soient closes pour se placer à côté d’elle et l’aider à avancer sans se prendre un obstacle dans les pieds. Il prit une grande inspiration. On ne faisait pas plus hésitant. Et pourtant, le fait qu’elle ait ses yeux fermés lui donnait une pointe de courage.

« Je… Je ne pense pas que ce soit très commun alors… J’espère quand même que tu apprécieras. C’est quelque chose que je faisais quand j’étais jeune. Et aussi… » Son ton était lent. Il cherchait les bons mots. C’était sa seule chance de comprendre ce qui se passait. « J’ai vu que tu avais l’air… en colère contre moi. » Il marqua une pause, comme s’il s’apprêtait à sauter à l’élastique et qu’il s’imaginait tomber jusqu’à toucher le sol. Il s’assura que la route devant eux soit lisse et ferma les yeux quelques secondes. « J’ai passé beaucoup de temps à chercher pourquoi et… Même si je n’ai pas trouvé, je pensais que t’emmener ici pourrait juste te faire oublier ce que j’ai bien pu te faire et… » Il rouvrit les yeux, poussant une grande porte à l’aide d’une de ses deux mains – l’autre la guidant toujours – et entra. « Peut-être te faire passer un bon moment et te faire sourire comme l’autre soir. »

Il sourit à son tour en entendant le bruit des patins racler la glace de l’immense piste « Bordel, t’es vraiment en train de l’emmener à la patinoire, là ? ». Il se jetait dans l’inconnu. Il n’avait strictement aucune idée de ce qu’il était en train de faire, mais il le faisait. Avec un peu de chance tout de même, car il n’y avait pratiquement personne. Peut-être trouverait-elle cela stupide, peut-être même n’y serait-elle absolument pas sensible et se serait-il planté mais… L’essai en valait la peine. Même l’humiliation ne lui faisait plus peur, à ce stade. Il ne lâcha pas son poignet et reprit, sur un ton plus faible.

« Tu peux ouvrir les yeux. »

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(#) Re: 18h demain. Comme promis.  Mar 30 Aoû 2016 - 13:00

Elle ne savait pas vraiment quoi ni comment penser, mais il y avait toujours quelque chose d'improbable, d'irréel dans leurs rencontres. Et leur petite histoire, vouée à l'échec, aurait certainement reçu l'approbation de Mister Wilde qui se plaisait à dire qu'on doit toujours être légèrement improbable. Et effectivement, il avait raison, il n'y a rien de plus agréable qu'être surpris. Le piège est proche cependant, on se laisse facilement prendre par l'idée que dès lors qu'on a été surpris une fois, on doit être surpris régulièrement sous peine de se lasser. Ki' n'était pas comme ça, loin de là. C'est ce petit avantage que peut apporter uniquement une estime de soi toute relative. Rien n'est dû, tout est à offrir pour réparer l'affront ultime de sa propre existence. Voila qui évite à coup sur de devenir une effrontée intransigeante.

Le trajet avait été aussi gênant que désagréable. Ce n'était pas sa présence qui dérangeait, bien au contraire, mais surtout cette tension, ces reproches en l'air qui ne voulaient ni partir ni tomber. Il y aurait pu y avoir un orage tant les vents étaient contraires dans cet habitacle envahi par le parfum de son propriétaire. Ce qui n'aide de toute façon pas beaucoup à penser correctement. Elle était dévastée à l'idée qu'il partait, et était furieuse à l'idée surtout qu'il n'ait pas dit qu'il reviendrait. Les deux idées se battaient furieusement et n'avaient pas facilité les échanges déjà bien hasardeux entre les deux..Collègues?Amis?Amants? Égarés.

Elle n'était pas rassurée mais elle lui faisait confiance. Elle s'en voulait de lui faire autant confiance mais c'était une autre histoire. Elle haussa donc un sourcil, contint de justesse un soupir entre la lassitude et l'anxiété et ferma les yeux. A l'instant même où ses paupières se furent rejointes, elle fut frappée de plein fouet par cette odeur qui ne la quittait plus depuis ce fameux soir où sans rien changer, tout avait basculé. Elle craignait autant qu'elle espérait le doux contacts de ses mains indécises mais réconfortantes. Rien. Assise dans ce siège, elle appréhendait déjà la sortie du véhicule. Elle avait soigneusement observé le bord de la portière avant de l'ouvrir, faisant bien attention en même temps à ne pas regarder par la fenêtre, ces choses là sont fragiles comme des ailes de papillon, il suffit d'un frôlement pour leur ôter la vie.

Il lui glissa que ce n'était pas commun, son sourcil s'arqua. Elle manqua de peu d'ouvrir les yeux, submergée par l'adrénaline, mais tout était sous contrôle. Elle hocha la tête, dans le vide, sans tourner la tête. Elle savait de quel côté venait la voix, mais dans le doute, ne prenons pas de risques. Elle voulait répondre, mais elle ne le pouvait pas vraiment. Si elle restait parfaitement calme, une multitude de choses hurlaient sous sa peau. Plus ou moins fort. Mais elle pouvait entendre beaucoup de choses, perdre la vue affute les autres sens, tout comme entendre parler du sang dans nos veines nous amène à le sentir. Elle rougit à la fin de son monologue. Ce fripon de sang lui était monté aux joues. Lui donnant un teint assorti à la couleur de sa jupe. Elle se serait donné une claque. Et une de plus pour le silence qui lui servit de réponse. Mutée dans ses réflexion, analysant sons et odeurs, essayant de deviner sans tricher, mais pour avoir un minimum de contrôle sur la situation, et déconcentrée par une voix un peu plus forte que les autres. Embrasse moi encore.

Mais rien de tout ça. Et a la place de la chaleur d'un baiser, elle sentit l'atmosphère se rafraichir considérablement. Parcourue par un frisson et troublée par ce son à la fois familier et inconnu, elle fronça les sourcils. Si c'était une mauvaise blague...D'ailleurs, l'idée que "tout ce monde" qui grouillait de l'autre côté de ses paupières soit là pour se moquer de sa crédulité revint en force et chassa toutes les autres idées plus ou moins saugrenues qui avaient baissé d'un ton depuis quelques secondes déjà. La pression sur son poignet avait un effet rassurant. Et elle en avait bien besoin. Ouvrir les yeux? Elle savait déjà que le retour à la lumière qu'elle devinait à travers ses paupières lui donnerait quelques secondes un air aussi coincé que disgrâcieux. Elle anticipait. Allez, saute. Un. Deux. Trois.

Surprise. Douleur oculaire. Surprise. Anxiété.

Il y avait moins de monde qu'elle l'avait imaginé, et ce n'était pas du tout ce qu'elle avait pu anticiper. Pas. Du. Tout. Même durant cette nuit d'insomnie, elle n'avait pas songé un seul instant qu'il puisse l'amener ici. Son visage dut passer par plusieurs expressions avant de se figer en un sourire, un peu tendu, mais sincère.

"Oh, c'était donc ça?!"

Mi figue, mi raisin. Mais ravie. Elle reprit, consciente qu'elle avait pu sonner au mieux blasée, au pire déçue. Elle se tourna vers lui, espérant avoir repris un peu de contenance, et lui glissa, le regard aussi mutin que son sourire.

"Tu n'as vraiment pas peur ! Parce que même si j'aime l'idée, je ne sais absolument pas comment on fait pour tenir debout là dessus."

Elle avait déjà vu du patinage artistique à la télévision, mais ce n'était vraiment pas pareil. Non, pas vraiment. Mais au moins, elle n'aurait pas à risquer de se prendre une structure sur la figure pour avoir l'air vulnérable. Haha..Hahahaha T_T

"Bon..Et bien..En tout cas c'est une très bonne idée. Je..Je te suis du coup? Montre moi comment on fait !"

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[00:30:04 30/08/2016] Thomas Harper : j'suis la patience incarnée - quand il s'agit pas de Kiyomi - donc j'ai le temps

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(#) Re: 18h demain. Comme promis.  Mar 30 Aoû 2016 - 16:15

Le froid coupe la respiration. Tous ceux qui ont expérimenté un plongeon dans l’eau glacée le savent, l’eau broie les poumons dans leur cage. Resserre le larynx. Le courant d’air frais lui avait éclaté au visage, contrastant trop fortement avec la chaleur extérieure. Ajouté à la pression qui pesait sur ses épaules, dans son cœur et l’adrénaline qui courrait dans ses veines, il avait eu l’impression d’être cloué sur place et avait retenu sa respiration jusqu’à que la brune donne un signe de vie. Une exclamation, un haussement de sourcil, des doigts qui se serrent sur sa main. Quelque chose pour rallumer le cerveau de Thomas. Son expression changea plusieurs fois et ses lèvres s’entrouvrirent pour laisser passer quelque chose de tout juste moins froid que plus tôt. C’était un progrès, maigre consolation, mais suffisante pour lui permettre de souffler. Elle se tourna vers lui – peut-être pour la première fois depuis qu’il était arrivé – sans qu’il ne puisse s’y attendre. La suite n’en fut pas moins surprenante.

« Tu n'as vraiment pas peur ! Parce que même si j'aime l'idée, je ne sais absolument pas comment on fait pour tenir debout là-dessus. »

Thomas ne savait pas par quoi il devait être surpris. Son changement radical d’attitude, le fait qu’elle n’ait jamais mis les pieds sur une piste de glace ou celui qu’elle aime son idée ? Il avala discrètement sa salive, frottant sa nuque dans un geste un peu embarrassé – oh non, pas encore – avant de se reprendre pour s’empêcher de perdre toute crédibilité comme il l’avait fait lors de leur toute première vraie rencontre. Il voulut répliquer mais elle le devança.

« Bon… Et bien… En tout cas c'est une très bonne idée. Je… Je te suis du coup ? Montre-moi comment on fait ! »

Ah. Wow. Ses paupières papillonnèrent le temps d’une seconde avant qu’il ne comprenne. Elle appréciait. Bordel, elle appréciait. Partagé entre le choc thermique dans son cœur qui s’était subitement réchauffé et l’adrénaline qui circulait toujours plus vite à plus forte dose, un sourire débordant de sincérité se fraya un chemin sur ses lèvres alors qu’il cherchait ses mots.

« Si j’avais su. » « Je ne me serai pas pris la tête comme un con durant l’entièreté du trajet. » « Ne t’inquiètes pas. C’est moins difficile que ça en a l’air. »

Il aurait bien aimé lui répéter qu’il était heureux qu’elle soit là, qu’elle aime, qu’elle ait l’air peut-être un peu moins maussade que quelques minutes plus tôt. Mais au risque de paraître trop familier et même trop… trop, il n’en avait dit que le quart, peut-être même le dixième. L’esprit un peu emporté par ses mots, il avait oublié de lâcher sa main – il n’avait même pas remarqué qu’il ne tenait plus son poignet, mais bel et bien sa main – et s’en souvint alors qu’elle lui emboîta le pas. Et de peur de se sentir trop insistant – comme s’il avait besoin d’une dose supplémentaire d’angoisse inutile – il sépara ses doigts des siens dans un mouvement presque distrait. « Crétin ».

« Il te faut juste une paire de patins à ta taille et ça sera bon. » Fit-il comme pour oublier qu’il venait de faire une connerie en la lâchant.

Plusieurs paires étaient disposées dans des étagères spécialement prévues à cet effet et il laissa la professeure s’équiper d’elle-même – parce qu’il n’y avait qu’un simple lacet et qu’il ne connaissait pas sa taille, en fait – et fit de même. Le temps lui paraissait infiniment long et court à la fois, alors qu’il continuait éternellement à chercher ses mots, à trouver quoi lui dire pour ne pas paraître trop silencieux, inintéressant. Une pelle d’inquiétudes plus tard, il se releva doucement – histoire de se souvenir comment on marche avec des patins sur un sol plat, car ça faisait bien trois ou quatre ans qu’il n’avait pas fait cela – et s’avança vers elle, lui tendant une main. La sensation d'être surélevé lui était bien vite revenue. Le reste ne serait pas sorcier.

« Essaye de te lever. Je te tiendrais. » Son habituel sourire maladroit se dessina sur ses lèvres. « C’est pas tout simple au début mais ça vient rapidement. »

Bon, il mentait un peu. Être fluide sur la glace prenait du temps. Il n’avait pas maîtrisé ça en un jour et en était conscient. Mais il ne voulait ni l’inquiéter, ni l’empêcher d’avoir confiance en elle. Et puis, il ne la lâcherait probablement pas avant un moment, parce qu’il était inconcevable qu’il la laisse tomber au sens propre.

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Elle y aurait mis sa main à couper, la fraîcheur n'était ni le fait de son imagination, ni même celui de l'utilité première de la pièce. Non, c'était du à quelques mots qui n'avaient pas pu glisser simplement le long de son coeur ou de son cerveau. Ces quelques mots qui signifiaient presque un arrêt de mort. Je pars. Il devait revenir. Il l'avait dit, mais il partait. Il partait. Et cette échéance non négociable ajoutait une tension à l'instant, en chassant le côté agréable. L'autre soir il n'y avait pas de délai, c'était merveilleux. Et la tout était cassé. Pourtant, elle se sentait bien.

Elle n'avait jamais fait ce genre de choses. Elle avait passé le stade de la honte par rapport au fait qu'elle allait très certainement se ramasser lamentablement. Après tout, elle s'était faite tomber toute une structure sur le coin du nez pour le garder, alors peut être qu'une chute sincère aurait le même effet, sinon plus encore. Enfin, ses fesses lui en voudraient longtemps, la glace ne les pardonne pas, et elle ne les loupe pas non plus. Tant pis, elle devrait faire tous ses cours debout. Et puis voila. Elle s'efforçait de sourire et de le regarder, mais évitait résolument que leurs regards se croisent. C'était une question de survie. Elle essayait de regarder faire les autres, ça avait l'air tellement facile. Elle aurait soupiré si elle avait été seule. Elle haussa un sourcil.


"J'espère, parce que ça a déjà l'air super compliqué."


A moitié, ça ressemblait à..A beaucoup de choses, le roller, les glissades qu'on fait sur le sol pour rigoler quand on a quinze ans. Mais elle savait très bien que ça glissait terriblement et qu'il y avait une technique, autre que se tenir aux rebords tout du long. Il l'avait lâchée, toutes ses angoisses revinrent. Ah oui, c'est vrai. Il s'en va, pour une autre. Elle s'éteignit un instant avant de se rallumer, presque en mode réserve. Elle hocha la tête. Oui, bien sur des patins.

Elle prit la paire correspondant à sa taille, sans se soucier de ce qu'il pourrait penser du fait qu'elle porte du 38 en chaussures. Une fois mise, et elle s'était bien concentrée sur ses chaussures pour ne pas croiser ni son regard ni rien d'autre qui lui appartienne, elle haussa un sourcil en regardant ses pieds qui se sentaient bien prisonniers de cette masse de plastic presque belle, mais surtout très solide. Wow. Elle faillit rire nerveusement en constatant la démarche que conféraient ces horreurs sur sol plat et non glissant, mais elle était bien trop préoccupée pour que ça arrive.


"Me...Lever..J'espérais que tu ne me le demanderais pas, héhé."


Surtout ne pas le regarder. Elle prit appui sur le banc derrière elle et essaya de se lever , tant qu'elle se tenait c'était bon, mais une fois qu'elle essaya de détacher la main du banc, elle tressaillit. Elle posa sa main à plat sur le banc, inspira profondément. Allez. Elle se concentra, plissa les yeux, inspira profondément et se redressa lentement, en essayant de bouger le moins possible. Une fois debout, elle qui avait les yeux fermés les rouvrit. Elle tomba le regard droit dans les yeux de Thomas. Elle cligna une fois et se sentit partir en arrière. Oh oh.

"
AAAAAAH."


Ohnonohnonohnon !

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(#) Re: 18h demain. Comme promis.  Mer 14 Sep 2016 - 21:11

Même s’il n’avait toujours pas les idées très claires, ses paroles lui firent comprendre quelque chose. Quelque chose dont il se doutait déjà depuis un petit moment mais dont il n’avait jamais réellement été sûr. Il n’en était pas encore certain à cent pourcents mais… Plus le temps passait, plus il le confortait dans l’idée que Kiyomi n’était pas aussi confiante qu’elle ne le laissait croire. Ça avait débuté par des regards fuyants, des mots coupés et si Thomas s’était efforcé d’apporter un regard platonique voire empirique sur la question, il avait du mal à teinter sa vue de noir. Il apprenait à la comprendre, à la connaître. Évidemment, il n’en dirait rien, il ne laisserait rien passer la barrière de ses pensées. Et pendant qu’il se perdait à travers ses réflexions, Kiyomi essayait de se lever d’elle-même. Il haussa un sourcil, perplexe.

« Tu devrais ouv – … »

« Ouvrir les yeux. » C’est ce qu’elle fit. Le conseil était destiné à la Kiyomi en train de se lever. Et pas nécessairement à celle qui venait de planter son regard dans le sien. Quoi qu’il ne se plaindrait pas. C’était peut-être accidentel mais c’était leur premier réel… « échange » depuis dix-huit heures. Malgré les perturbations – la tornade – dans sa tête, il tenta de garder son sang-froid. Parce que Dieu ce qu’elle était proche de lui dans l’immédiat et l’effort était bien plus compliqué qu’il n’aurait pu l’imaginer. Si compliqué qu’il s’apprêta à céder comme le faible qu’il était. Sa main voulut s’approcher de son visage et –

« AAAAAAH. » Ou significatif du « Je suis en train de basculer en arrière. »

Le temps se fractionna. Réagir. Sang-froid ? Réflexes ? Impulsivité ? « Présents ». Il avait eu assez de temps pour reprendre le contrôle de son corps. Assez de temps pour passer une main dans son dos, une autre plaquée sur ses épaules pour lui éviter de s’affaler. Et malgré leur proximité évidente et… L’envie incessante de tout envoyer en l’air et de l’embrasser là, tout de suite, il avait trouvé un code de triche pour rester calme. Il fronça même légèrement les sourcils, chassant tout de même l’air sévère qu’il aurait pu arborer avec un sourire discret.

« La prochaine fois que je te tends ma main… » Il se saisit de ses deux mains, sans sa permission cette fois-ci, pour qu’elle retrouve l’équilibre. « Prends-la. »

Sans trop savoir comment, il n’avait pas perdu l’équilibre. Il s’en trouvait presque fier – parce que ça aurait été un vrai fiasco s’il était tombé de nouveau avec elle, positions échangées et peut-être plus désagréables que deux jours plus tôt. Et l’embarras choisit le meilleur moment pour s’emparer de son estomac, son cœur, tout son corps, en fait. Parce que ça lui venait sans raison. Il avait réussi à passer outre ces difficultés depuis leur rencontre. Il s’était efforcé de le faire, parce qu’il n’en serait probablement pas là aujourd’hui autrement. Il n’était pas question de rougir comme une gamine ni d’avoir les mains trop moites – ça aussi, c’était devenu tellement fréquent pour lui qu’il avait appris à le contrôler. C’était comme si toute la confiance qu’il avait décidé de construire s’effritait peu à peu. Il détestait ça. Il détestait ça et il savait que peu de choses pouvaient lui rendre son énergie. Parfois c’était d’aller courir – mais ça, il en avait bien souvent la flemme – ou alors, il cuisinait pour passer à autre chose. Il lui arrivait d’appeler sa sœur. Trop peu de choses et rien qui ne puisse agir dans l'immédiat. Son sang-froid s’était fait la malle et… Bah, merde. Il connaissait quelque chose d’autre pour lui donner du courage.

Ça avait commencé par des paroles douces, peut-être un mois plus tôt. Ça avait évolué en un regard vert qu’il n’avait jamais trouvé lassant ou même banal. C’était devenu des bras qui se serrent contre lui à n’en plus vouloir le lâcher. Des lèvres qui touchaient les siennes, quelque chose qui chassait la gêne et la remplaçait par une sérénité à laquelle il avait envie de goûter de nouveau. Quoi qu’il y avait bien d’autres choses auxquelles il avait envie de goûter à cet instant.

Céder, donc. Notion facile, application encore plus simple. Rien de bien sorcier, non ? Si. C’était de nouveaux principes, de nouvelles barrières qu’il enverrait dans les roses. Il s’en remettrait. Il irait probablement encore mieux après. Il y eut une ou deux secondes où il croisa son regard sans s’en détacher. Il y eut des bras enserrant sa taille, des lèvres qui se touchèrent et un voile sombre sur ses yeux. Pour s’évader quelques secondes et parce qu’il en avait envie. Si bien qu’il eut l’occasion de se trouver complètement égoïste à travers ce baiser. Dans sa tête, il justifiait ça par un « J’avais besoin de courage ». Dans les faits ? Eh bien… Il en avait simplement envie. Ou ça lui avait cruellement manqué. Ou peut-être les deux.

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(#) Re: 18h demain. Comme promis.  Mar 4 Oct 2016 - 16:13

L'instant était à la fois trop beau et trop précieux. La métaphore du patinage était beaucoup mieux choisie que ça n'avait l'air de l'être. Etais-ce un signal envoyé par avance? Un signal lancé à la mer, quelque chose d'éphémère. "Hep toi la bas, tu es en train de danser sur le fil du rasoir". Parce que oui, les patins ça coupe. Et quelque chose qui est capable de fendre de la glace, ça ne peut pas être fondamentalement bon pour toi. Elle n'avait pas saisi encore toute l'ampleur de cette ironie, mais quelque part il y avait quelque chose qui sonnait dans sa tête, quelque chose qui disait de faire attention. très attention.

Elle se forçait un peu trop souvent à sourire. Même avec lui. Peut être même plus encore avec lui d'ailleurs. Et elle s'en voulait pour ça. Mais elle avait surtout peut de tout casser. Encore une fois. C'était toujours elle qui cassait les choses, qui brisait cette couche de glace qui recouvrait les plus beaux moments. D'un coup de patin. Métaphorique. Parce que de toute évidence, les réels c'était pas trop son truc. Elle fixait la glace pendant plusieurs secondes avant de poser son regard sur les cheveux de Thomas. Pour ne pas le regarder dans les yeux.

Pendant une demi-fraction de seconde suivant sa chute, elle lui en voulut terriblement de ne pas le lui avoir dit plus tôt. Elle ne pouvait pas le deviner. Enfin en soi si, elle savait très bien que tout était beaucoup plus facile les yeux ouverts, mais tout de même. Occasion manquée, elle ne le remarqua même pas tant son esprit ET son corps étaient absorbés par le vide avec une force égale, et aucun égard pour son intégrité. Thomas, lui, semblait avoir beaucoup à faire de son intégrité corporelle. Il l'intercepta presque miraculeusement. Et la seule chose qu'elle trouva à faire fut de rougir. Et croyez moi que c'est très difficile à dissimuler sur un visage blanc serti de cheveux noirs. Il l'aida à se relever sans faire plus de manières que ça, et étrangement, elle eut l'impression d'avoir huit ans et d'avoir dessiné sur les murs blancs du couloir de ses parents. Elle fixa le sol.

"D'accord..."

Hmpf aurait-elle répondu si elle avait cédé à ses bas instincts. Mais il venait de lui épargner une honte plus grande encore, elle n'allait tout de même pas se montrer ingrate à ce point. Mais sa remarque, en temps normal, elle la lui aurait renvoyé dans la figure. -oui, elle était de ce genre là, du genre trucs dans la figure-. Hors question de le regarder. Même pas le bout de son nez ! Ou alors juste un sneak peak. Un petit coup d'..OH il me regardait. Un coup de rien du tout. Elle inspira profondément. Et elle n'eut pas le temps de faire grand chose. Ni même de le voir arriver. Le sol n'étant pas assez réflexif pour permettre d'anticiper les attaques latérales.

Un silence -relatif- une étreinte, et cette douce chaleur qui vient de nulle part et qui ne donne certainement pas envie d'ouvrir les yeux. Peut être que c'était la fraîcheur du lieu, mais elle se sentit presque anesthésiée. Comme si cette fois encore, et de manière plus marquée que la précédente, elle avait oublié tout ce qui la tracassait. Thomas. Pourquoi est ce que tout ça doit être aussi compliqué. A vrai dire, sa théorie de femme trompée alors même qu'elle n'était qu'une demoiselle commençait à battre de l'aile. Et si tout ça n'était que le fruit de son imagination? Et si Jakob avait eu raison? Tout s'était envolé.

Quelques secondes de plus. Une..Deux..Trois? Allez, vous vous payez l'affiche la. Elle se recula légèrement et cligna des yeux. Ils étaient trop prêt, elle en louchait presque. Elle se recula un tout petit peu plus. Cette fois çi, les regards s'étaient croisés. Longtemps. Elle faillit lui demander qui c'était ce "je t'aime". Mettre tout ça au clair, s'épargner des semaines de torture et de remises en question. Allez. Dis lui. S'épargner tout ce mal pour rien. Allez ! Allez vas y.

"Je..Effectivement, le patin ça a l'air génial."

Soyons clairs, elle ne s'était pas rendue compte de ce double sens terrible, ni même de la stupidité et du manque flagrant de grâce dans cette répartie. Elle n'avait jamais été éloquente ni bonne en improvisation, une personne de moins pour la contredire. Je n'hésiterai plus jamais à prendre ta main. Elle regarda le monde autour, ce monde oublié un instant. Lui de nouveau.

"Mais je crois que je préfèrerais mille fois profiter du clair de lune à vos côtés, Mister Harper ."

Quitte à pêcher, autant ne pas regretter de ne pas en avoir assez profité tant qu'il en était encore temps. Elle lui sourit. Plus que sa main, c'était de sa voix dont elle en avait besoin. L'écouter parler, sentir son odeur, profiter de sa présence jusqu'à en oublier la culpabilité. Connaître la quiétude avant de retrouver l'abîme.

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(#) Re: 18h demain. Comme promis.  Sam 22 Oct 2016 - 13:44

Ça l’avait remué. Secoué. Perturbé. Il n’avait plus rien dans ses mains. Ni intégrité, ni contrôle, ni envie. Il se sentait bien et il n’y avait que ça qui comptait pour le moment. C’était égoïste de sa part et il ne se sentait même pas coupable. Quoi qu’il en avait besoin. Après le passage d’Elize, sa confiance était devenue une sorte de traînée qu’on prenait et qu’on jetait à sa guise. Il avait su dire stop. Il avait trop d’égo et de fierté pour ne pas le faire. Mais il avait plié le genou, il n’avait pas eu le choix. Et même si depuis, il était remis, debout et en pleine forme, il sentait parfois certaines de ses faiblesses le tirailler et le ramener à quelque chose qu’il essayait d’oublier.

C’était le mauvais moment pour y penser. Le pire moment. Ça l’avait refroidi. Elle ne devrait pas s’en rendre compte. Du moins, il l’espérait plus que tout. Il n’avait pas envie de tout gâcher maintenant. Tout ce qu’il avait tenté, tout ce qu’il avait passé jusqu’ici en valait la peine. Tout du moins, c’est ce qu’il se disait. Il voulait que ça aille plus loin, que ça continue et il comptait bien profiter de ces quelques heures avec elle pour ça.

Elle rompit le contact pour laisser un froid désagréable, peut-être encore plus désagréable que celui qui s’était déjà installé en lui quelques secondes plus tôt. Il fronça légèrement et inconsciemment les sourcils lorsqu’elle prit un peu de distance et tenta de sourire alors que son visage trahissait une confusion qu’il ne comprenait toujours pas. « Pourquoi est-ce que tu te permets de douter de moi ? »

« Je… Effectivement, le patin ça a l’air génial. »

Oh. Celle-là, il ne l’avait pas vu arriver.

« Mais je crois que je préfèrerais mille fois profiter du clair de lune à vos côtés, Mister Harper. »

Celle-là non plus. Peut-être encore moins. Sûrement encore moins. Il cligna des yeux. Elle avait dit ça avec un naturel qui n’avait fait que le perturber davantage. Et Sasha aurait sûrement payé des millions pour voir la tête qu’il était en train de tirer. Il s’était probablement mordu la lèvre – et pas de cette façon-, non – et était passé de la joie à la surprise au doute jusqu’à arriver à un mélange ridicule. Non, très clairement, il ne s’y était pas attendu. Ça avait remué son adrénaline, ça l’avait un peu trop réchauffé et… « Je demande le département des idées claires, s’il vous plaît, ça serait pour reprendre le contrôle de mes cordes vocales. ». Reprendre le contrôle pour dire quoi ? Un seul problème à la fois.

« Que du clair de lune ? » Un sourire un peu trop timide vient se loger au coin de ses lèvres. « Je risque d’être vexé. » Il releva la tête, ne fuyant plus son regard. « J’aimerais mieux profiter de chaque minute jusqu’à demain. » Sous-entendu vaseux pour sous-entendu vaseux, n’est-ce pas. Il aurait le temps de se donner des claques un autre jour devant sa glace. Si elle ne le devançait pas, évidemment.

Il n’avait plus tant envie de partir. Quoi qu’il en avait envie, pour revoir sa famille qui lui manquait plus que tout au monde. Mais Kiyomi était devenue une chaîne – la seule assez solide – qui le retienne ici. Une chaîne agréable qu’il s’était imposé tout seul.

Cette fois-ci, il ne lâcha plus sa main. Loin d’en avoir envie, et parce que si elle avait été capable de tomber seulement en se levant, il ne préférait tout simplement pas la laisser marcher d’elle-même. Lorsqu’il posa un premier pied sur la glace, la sensation lui revint presque naturellement. Il n’eut même pas ce petit temps d’adaptation. C’était pour le mieux.

« Je te tiens. »

Il insista sur ces trois mots et serra ses mains. Assez pour lui faire comprendre qu’elle ne finirait pas sur la glace. Tout du moins, il y finirait avec elle, si ça devait arriver.

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(#) Re: 18h demain. Comme promis.  Lun 7 Nov 2016 - 12:59

Il y avait toujours quelque chose qui sonnait à l'arrière de son crâne. Quelque chose qui sonnait dans tous les sens et qui lui indiquait de se méfier, de ne pas trop y croire, de ne surtout pas se laisser avoir. Mais tout le reste autour soupirait d'aise à sa vue et se taisait une fois dans ses bras. De toute façon, ça n'avait rien d’extraordinaire, rien de particulier, après tout c'était juste une rencontre au boulot. Mais quelle rencontre. Il était particulier, elle l'était au moins autant. Oui mais voila il y avait "elle". Elle qu'il aimait. Elle qui n'avait pas de visage et qui de surcroit s'en était fait octroyer un abominable. Un monstre, avec des tentacules et des dents pointues. Au moins tout ça oui. Et une haleine de poney, pour ne rien gâcher.

Elle ne forçait jamais personne à faire quoi que ce soit, elle avait toujours peur de tout gâcher, elle le faisait tellement bien. Tout ruiner d'un mot, d'un regard, d'une idée déplacée.  Tout commençait toujours bien, mais comme certains disent, toute fin a eu un début. Et cette soirée était fait pour être la seule, la dernière, la plus douloureuse aventure à oublier. Et il faisait froid. Elle avait prévu le coup, mais pas assez bien, elle tremblait presque, sans savoir si c'était du froid ou de fébrilité. Un  peu des deux, mélange détonnant. La découverte et la perte sur une même carte, dans un jeu mal mélangé et surtout un peu corné sur les coins. Corné pour ne jamais oublier. Corné un peu n'importe comment, avec passion.

Désabusée mais toujours convaincue qu'un jour quelque chose de beau et de grand l'attendrait jusqu'au bout. Quelque chose de particulièrement touchant, quelque chose qui fait grandir, avancer, qui donne des ailes. Et pourtant ce soir là ça y avait ressemblé à ces histoires stupides qu'on lit dans les livres pour adolescents. Et puis ça avait commencé à reprendre sa forme initiale: un drame pour adultes. Quelque chose de cruel et d'ancré à la réalité. Un peu de vaudeville dans ce mélange pour ajouter la honte au drame. Et voila. Une nouvelle fois l'histoire de Miss Kato ne ressemblait à rien. A rien de plus qu'une mascarade. Elle souriait, mais comme un peu trop souvent.

Sa réaction valait un pesant de cacahuètes. Peut être qu'elle avait encore fait n'importe quoi. Encore. Elle le faisait très bien. Un silence s'éternisa quelques instants. De toute façon comme c'était un souvenir à oublier ce n'était pas bien grave de le ternir un peu, si? Profiter. Demain. Aie. Retour à la case départ. Ce demain qui fait mal, ce demain qui nie, ce demain qui efface, ce demain qui détruit. Elle avait toujours préféré la nuit.

«..»

Le temps de rien, et surtout pas d'en caser une. Elle put sentir l'étreinte se resserrer, cette main qui la tenait plus fermement que jamais. Elle inspira profondément, le frisson naquit dans cette poignée de main et mourut au fond de son cœur. Sans demander son avis. Elle avait essayé de fuir la nouveauté et elle se retrouvait là, a prier que le bas de sa robe ne se prenne pas dans ses patins. Avec un peu de chance. Un peu, allez, juste un peu. Elle inspira profondément une nouvelle fois et lui vola un baiser avant de poser son pied sur la glace. Elle lui sourit, nerveuse.

«J'avais besoin d'un peu de courage. Bon. Allez.»

Moins stable encore que sur le sol mais étrangement bien soutenue, elle laissa son premier pied se poser sur la glace. Elle chercha du soutien dans son regard un instant, serra sa main à lui en briser un os sans le faire exprès et posa le second. Elle essaya de les poser le plus près possible l'un de l'autre, dans la même direction, et se tint à la petit rambarde de l'autre main.

«Bon..On y est.. Je suppose que niveau mouvement c'est comme le roller?»

Surtout ne me lâche pas, Thomas. Je n'ai jamais fait de roller non plus, j'ai juste vu faire. Elle essaya de faire bouger ses pieds pour voir comment le reste de son corps réagissait.

«Hmm, peut être qu'un tour de piste en suivant la rambarde ça serait raisonnable non? »

Enfin, c'était ridicule mais la méthode avait fait ses preuves. Une partie d'elle même, une toute petite partie, elle, visualisait ce moment ou comme dans les films, après avoir été tirée par le bras elle aurait réussi miraculeusement, guidée par lui à effectuer une chorégraphie entière sur fond de piano et sous les lumières. Heureusement, pas de lumières, tout aurait fini par terre.



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Ancien Kit Par Thomas ♥
[00:30:04 30/08/2016] Thomas Harper : j'suis la patience incarnée - quand il s'agit pas de Kiyomi - donc j'ai le temps

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(#) Re: 18h demain. Comme promis.  Dim 8 Jan 2017 - 16:47

Il serait dupe pour la journée. Il n’avait pas envie de tout calculer, d’appréhender. Mais il ne pouvait pas non plus totalement s’abandonner. Et ce n’était pas l’envie qui lui manquait. Garder un équilibre sain n’était pas franchement simple. Quelque part, il aurait aimé que tout cela soit moins complexe. Mais pour cela, il aurait fallu qu’il soit lui-même quelqu’un de simple. Mauvaise pioche, c’était loin d’être le cas. Lui-même avait parfois du mal à se cerner. Un baiser vint interrompre le cours de ses pensées. La présence de Kiyomi l’empêchait de penser clairement et perturbait ses réflexions. Plus le temps passait, moins il trouvait ce paradoxe désagréable. Du courage hein ? Il sourit. « Prends autant de courage qu’il t’en faudra » lui piquait les lèvres. Mieux valait qu’elle se concentre sur ses jambes que sur ses lèvres après tout. Son sourire se fit maladroit lorsqu’elle évoqua le roller.

« Plus ou moins. Il faut faire des mouvements moins brusques puisque ça glisse mais en somme, c’est la même chose, oui. » Un pied qui bouge, puis l’autre. « Va à ton rythme et prends le temps de t’habituer à la glace. Tu ne tomberas pas. »

Il ne pouvait pas le garantir, mais il essayerait du mieux qu’il pouvait. Ça ne serait pas la première fois qu’ils seraient dans une telle situation. Ni la première, ni la dernière. Le tout était que la prochaine n’arrive pas dans l’heure, ni dans la soirée. Il hocha la tête lorsqu’elle suggéra de faire un tour accrochée à la rambarde. Tout le monde débutait comme ça.

« Essaye de trouver un équilibre. » Le mot équilibre sonnait ironique voire faux dans sa bouche. « Pousse juste sur les côtés avec tes pieds pour avancer. »

Le plus basique des conseils. Il se posta devant elle – vérifiant au passage qu’il était toujours capable de patiner à l’envers – sans lâcher sa main une seule seconde. Ses yeux faisaient des aller-retours entre ses mouvements et ses yeux. Même si le temps passait, il n’arrivait pas à s’habituer à la regarder dans les yeux. Comme si chaque regard était un effort douloureux mais toujours agréable lorsqu’on accepte de plonger. L’air frais pour ne rien arranger, il se laissait doucement aller. C’était paisible, et qu’est-ce que ça pouvait lui faire du bien. Se vider de cette angoisse constante et ce stress qui l’envahissait pour un oui et pour un non. Ce n’était peut-être pas le moment le plus approprié mais il ne pouvait nier à quel point ça lui ôtait un poids des épaules de lâcher prise.

C’était un bon moment après tout. Il l’avait voulu, peut-être même depuis le tout début. Depuis cette rencontre au camp d’été, peut-être qu’il y avait songé. Il l’avait imaginé. Tous les facteurs comptaient. Et une fois encore, quand il la regardait, il y repensait. Il lui avait trouvé un certain charme dès le premier jour – ou peut-être même avant, en salle des profs, dans le bus, dans l’entrebâillement de la porte. Certes il n’y avait jamais repensé parce que Thomas avait bien vite la tête ailleurs. Mais ça avait piqué son intérêt. Et pourtant il n’avait même pas été capable de se souvenir à temps de son prénom, lorsqu’il lui avait adressé la parole au camping. Depuis il y avait pensé. À la fois inconsciemment et volontairement. Parfois quand il passait devant un théâtre. Puis lorsque cette publicité sur les camps de vacances à Kamikochi était passée à la télévision. Plus le temps passait, plus les évènements s’enchaînaient et ça s’était intensifié. C’était devenu un moteur. On l’avait vu arriver dix minutes en avance au lycée peut-être juste dans l’espoir de l’intercepter, de lui reparler et puis de se souvenir de cette fois où elle était partie, hors d’elle. Ça lui fit froid dans le dos. Plus que l’air frais de la patinoire.

Il balaya tout, clignant des yeux.

« Si jamais tu sens que tu peux lâcher ma main, fais-le. Je reste tout près et tu peux me faire confiance. »

« Du moins tu peux essayer. » Lui aussi essayait. Il n’avait pas envie de tomber de haut une deuxième fois pour se casser l’autre jambe. Et il ne pensait certainement pas à la piste de glace. Elize lui avait fait comprendre par le passé à quel point c’était compliqué de se relever lorsqu’on a blessé une partie de nous qu’une attelle ne peut pas épauler. Il s’agissait maintenant de faire attention. Principe qui s’accordait mal avec le fait de se laisser aller. Être tiraillé donc. Il connaissait ça.

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Bonsoir, je suis également un code couleur rajouté à l'arrache. Thomas perd son japonais en #A63F45 et s'exprime dans la langue de Shakespeare ou l'anglais en #669FBD.

Tu veux la guerre ? Tu vas l'avoir ♥ :^)
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