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 Ce qu'on appelle cracher de bonheur

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(#) Ce qu'on appelle cracher de bonheur  Mar 30 Aoû 2016 - 19:39

Il faisait nuit et ça grouillait de monde. Ça sentait le sucre, les herbes, et la fête dans l'air.

Elly était toujours dehors. Et elle ne devrait pas vraiment, vu l'heure. Dans une minute, le couvre-feu serait dépassé. Elle comptait les secondes avec indifférence, mais elle les comptait quand même. Dans quelques secondes, elle serait hors-la-loi. En-dehors de l'autorisé. Houlala. Pas bien. Se Se serait-elle dit en temps normal. Mais cette nuit promettait d'être longue et avait un parfum de nuit blanche depuis le matin. Un goût prononcé d'insomnie qu'elle redoutait tant.

Trois

Deux...

Un.


Et voilà, officiellement hors-la-loi. Un soupit tomba de ses lèvres roses.

Les cours venaient à peine de recommencer et elle n'avait déjà plus ni le moral, ni l'énergie pour continuer. L'état et la très probable - et prochaine - mort de Mami l'affectait énormément. Il avait été son compagnon pendant plus fe quinze ans, mine de rien. Ça faisait beaucoup pour un matou. L'œil sombre, une main dans la poche de son jean et l'autre avec un gobelet de thé fumant, la galloise observait l'agitation ambiante qui habitait la foule. C'était une sorte de mini-marché ou festival nocturne. Elle y était tombée un peu par hasard au gré des rues, mais elle était bien tombée : pas de trottoir dans la face pour se réceptionner, mais du thé et des gâteaux.

Quand l'insomnie pointait le bout de son nez, et l'arrachait, et la torturait - mais surtout ce soir-là - elle préférait prendre le large et évitet la chambre qu'elle partageait avec ses colocataires. Elle pouvait cogiter en paix dans la fraîcheur de la nuit. Penser avait le don pratique d'isoler une personne de l'extérieur. C'était la dernière barrière qu'Elly avait trouvée pour se protéger de tout ça et ne pas lâcher ou s'effondrer. Et c'était pratique dans ce genre de cas où tu enchaînes deux nuits d'insomnies de pur bonheur.

Jouissif, comme on dit.

Les cernes creuses sous ses yeux en témoignaient parfaitement l'intensité. Elle devrait peut-être reprendre rendez-vous avec son médecin pour trouver un traitement plus efficace que l'actuel...
Elle prit une gorgée du thé qu'elle n'avait pas encore touché. Il était odorant, parfumé, chaud et-

-SPRRRFFFT *KOFKOFKOF* YYEEURGHSF

WOH PUTAIN. C'EST IMMONDE.

Sans plus attendre, elle recracha la totalité du breuvage à côté d'elle. Le teint vert, elle essayait - vainement - de faire disparaître le goût pisse de souris/pomme pas mûre mélangée à du vinaigre qui imprégnait sa langue.

La galloise poussa un ou deux jurons particulièrement culottéd en anglais au passage, avec son charmant - et très prononcé - accent gallois.

Avant de se rendre compte qu'elle avait craché sur quelqu'un.

Et pas n'importe qui.

Harper, un surveillant du lycée.

On n'appellera pas ça "le crachat du bonheur" en tout cas.
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Thomas Harper
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(#) Re: Ce qu'on appelle cracher de bonheur  Mer 31 Aoû 2016 - 0:26

« ZJDZLDJSCLZQU’EST-CE QUE – »

Comment Thomas Harper s’était-il retrouvé avec son pantalon trempé de thé aux épices et au piment de Cayenne ? Ce n’était pas une longue histoire. Elle était bien simple et peut-être même banale. Elle ne valait même pas le coup d’être entendue.

Vingt minutes plus tôt.

L’australien n’était pas vraiment friand de sorties. Il préférait de loin le calme de son appartement – même s’il était en train de tomber en ruine et qu’il faudrait définitivement qu’il déménage un jour – et la sérénité lorsqu’il lisait un livre. Mais parfois, il écorchait ses principes. Lorsqu’il avait emmené Kiyomi à la patinoire, lorsqu’il était sorti pour s’acheter de quoi être présentable pour le mariage de sa sœur, lorsqu’il avait entendu parler de ce festival nocturne de nourriture et de boissons en tout genre. Après avoir survolé les flyers et croisé le mot « Thé », il s’était décidé à enfin sortir de chez lui – ce qui avait presque surpris le concierge de son immeuble qui ne l’avait jamais croisé après dix-sept heures – pour aller jeter un œil aux festivités. Il aurait à supporter la foule et les bébés qui pleurent mais c’était pour l’amour du thé.

Et Dieu ce qu’il avait été déçu. Enfin, il aurait pu s’y attendre s’il avait lu le flyer en entier. Certes il y avait du thé, mais… « Des découvertes insolites » disait le flyer. Ah, ça pour être insolite. Goûtez donc une infusion de poireau relevé avec du sucre. Non, ne goûtez pas.

Alors il avait arpenté les rues à la recherche de quelque chose de comestible – et « Putain où est ma bagnole ? » – ou qui pourrait éventuellement – « Je l’ai garée dans un parking ? Non. Non, elle était dans une rue. » – lui éviter de regretter cette soirée complètement – « J’avais fermé la vitre ? Merde. » – ratée et –

« ZJDZLDJSCLZQU’EST-CE QUE – »

C’était chaud, non, bouillant, c’était mouillé, c’était… C’était… « Merde, comment elle s’appelle déjà ? ». Peu importe. Après son bond d’une élégance sans pareille, il se mordit la langue pour ne pas vociférer quelque chose d’un peu trop dégradant pour la dignité de l’adolescente. Et puis, même dans les moments les plus gênants – les plus douloureux dans ce cas-ci –, il avait une réputation de surveillant correct à tenir.

« Merde… La contenance est un principe dépassé de nos jours ou bien… ?! » Feula-t-il pour ne pas hurler. Colérique malgré lui, il tenta de rester calme mais fusilla la demoiselle par trois fois. Puis il se souvint, le regard plissé. « Et en plus, je te connais… Tu es… – Il est vingt-deux heures passées et ta place n’est certainement pas dans cette rue, je me trompe ? »

La référence au couvre-feu était amplement suffisante pour qu’elle comprenne que même à plus d’un kilomètres de l’établissement, Thomas avait les yeux sur les imbéciles qui pensaient que faire le mur, c’était un truc cool. Même si là, tout de suite, il n’avait aucun pouvoir sur la gamine. Du moins, lui savait. Elle, peut-être pas. Il profiterait de son état de « Méchant monsieur hors de lui » pour faire pression et la renvoyer sur le campus avec une petite heure de retenue en plus parce que « J’ai trois jeans et celui-là est bon pour le lavage ».

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Bonsoir, je suis également un code couleur rajouté à l'arrache. Thomas perd son japonais en #A63F45 et s'exprime dans la langue de Shakespeare ou l'anglais en #669FBD.

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(#) Re: Ce qu'on appelle cracher de bonheur  Sam 17 Sep 2016 - 22:32

Ouais, vingt-deux heures passées. Ouais, elle ne devrait pas être là. Au sens propre, mais aussi au sens figuré. Ne pas être dehors et ne pas être au Japon. Ouais, il avait l'air d'être sacrément en colère, monsieur Harper. Il faisait son boulot de surveillant même en dehors des cours. Mais Elly gardait toujours cet air indifférent et ce calme olympien. L'un lui ressemblait, l'autre... Pas tellement. Il pouvait la sermonner, lui hurler dessus, la tirer par le slip pour rentrer jusqu'au dortoir, ça ne changerait rien. Elle s'en fichait un peu. Elle s'en branlait, en fait, se dirait-il.

Pas totalement. Mais elle aura beau être punie, ça ne changera rien au fait qu'elle ne dormira rien de la nuit. Qu'elle aurait toujours cet air d'indifférence et ce calme plat jusqu'aux aurores. Qu'elle verrait la lune finir sa course et le soleil déployer ses rayons. La galloise continuerait d'entendre les bruits de la nuit, la respiration tranquille de ses camarades de chambre endormis et les premiers chants des oiseaux.

Ta place n'est pas ici ?

-Ouais. Ouais, c'est possible

Elle lui balança ces mots à la tête avec un ton laconique. Et même pas en japonais. La fatigue, ou la flemme, certainement. Mais plutôt la flemme, quand même.

"C'est possible". Haha, paye ta réponse à deux clous...

Monsieur Harper, ça l'agacerait encore plus que de la trouver ici dans la rue. Surtout après qu'elle ait arrosé son jean d'un thé insipide. L'odeur partirait peut-être même pas. Enfin, elle ne l'espérait pas pour lui. Peut-être qu'il serait comme ces surveillants qui sortent de leur gonds et t'attrapent par le col. Comme au Pays de Galles. Comme partout au final. Au point où l'adolescente de dix-sept ans en était, ça n'avait plus vraiment d'importance. Elle se ferait peut-être renvoyer et ses parents n'auraient plus aucune excuse pour qu'elle reparte au Pays de Galles. Il devenait évident avec le temps que sa place n'était pas ici. Qu'elle ne le serait jamais. Elly n'avait jamais réussi à la creuser après tout.

Ce serait bien qu'elle parte. Et qu'elle rentre aussi ce soir. Ce serait mieux. La fatigue se transformerait bientôt en mauvaise humeur. Qu'est-ce que ça changerait de l'école ? Pas grand-chose, mais elle sentait que si ça continuait, elle n'arriverait même pas à rentrer. Ses yeux se fermaient à moitié déjà, mais pas entièrement.

Elle détailla le surveillant du lycée avec ses yeux cernés plus qu'il ne le faudrait avec un reniflement de mépris - mais aussi parce qu'elle s'est enrhumée cette idiote. La galloise l'avait pas raté avec le thé. Son jean était tout simplement trempé. Et ça avait dû le brûler, vu la température du truc.

Mais bon, pas sa faute, le thé était immonde.

Grognement à moitié sarcastique et tentant de faire comme si elle se sentait à moitié concerné :

-Une douche froide.

Silence.

C'était peut-être pas très clair comme ça.

-Pour la brûlure. Pas parce que vous puez, hein.

Eviter un malentendu, ça serait pas mal

-Et puis j'compte pas rentrer tout de suite non plus.

En éviter un deuxième, c'est encore mieux, même si c'était sacrément abrupt comme réponse.
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Thomas Harper
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(#) Re: Ce qu'on appelle cracher de bonheur  Sam 22 Oct 2016 - 11:59

L’instant présent ne lui permettait pas de distinguer s’il s’agissait d’un légume ou bel et bien d’un humain tant la gamine qui se tenait devant lui semblait… morte de l’intérieur. En fait, même un végétal aurait eu l’air plus vivant. Quoi qu’un légume n’était pas doté de la parole. Elle tourna à l’anglais, pour une raison obscure mais qui ne le dérangeait guère. L’arrangeait même. « Ouais ouais possible » ? Elle se foutait de la gueule de qui ? Ce n’était pas l’heure pour s’énerver, encore moins pour courir après des élèves. Il était tard, Thomas n’avait absolument pas la tête à ce genre d’activité. Il avait déjà été suffisamment déçu par l’endroit en question – qui s’était ouvertement permis de faire n’importe quoi avec le thé, soyons d’accord là-dessus – et l’infusion du diable qui avait trempé ses vêtements l’avait achevé. Et crier sur l’autre idiote n’arrangerait en rien les choses. Et puis… Sa tête lui disait quelque chose.

Par fierté – et parce qu’il était un vieux con aussi – il n’allait pas la laisser partir. Oh que non.

« Ça tombe bien, parce que je suis de ronde nocturne donc je vais pouvoir te raccompagner là-bas. »

Et ce n’est pas comme si elle pouvait contester. Si, elle le pouvait, elle était libre de rester ici, il n’avait aucun droit là-dessus. Il pourrait très bien partir et la laisser seule, se débrouiller. Il n’était pas payé pour ça et en avait marre de redéposer les gosses à l’établissement. C’était déjà arrivé une fois avec Isaak, c’était sur le point d’arriver de nouveau. Merde, ce n’était pas ses gosses – il n’en voulait pas, alors qu’on ne lui en impose pas. Sauf si elle décidait de jouer les têtes brûlées et de rester ici. Auquel cas, il appellerait le lycée et noterait dans un coin de sa tête de feuilleter le cahier des photos de classes pour trouver sa tête, son nom et appeler ses parents. Ouais, ça le faisait chier aussi. Mais il n’allait pas commencer à lutter contre lui-même. Trop fatigué. Pas assez borné. Putain de bipolaire mal agencé et… pas bipolaire du tout, mais vous avez compris l’idée.

Une douche froide, hein ? Bien-sûr que non, il ne l’avait pas pris pour l’odeur. Thomas avait de l’égo. Pas énormément, mais assez pour ça. La brûlure. Non, pas de douche froide, l’eau froide sur une zone brûlée, ce n’est pas une bonne idée. Ce n’était même pas la médecine qui parlait, c’était les trois heures obligatoires de sauvetage par semaine qu’il avait bouffé en Australie. En cas de brûlure, on met la main sous de l’eau tiède. Mais ça, il ne lui dirait pas. S’il n’avait pas la foi pour se battre contre lui-même, il ne l’aurait pas pour se battre contre elle.

« Je ne me souviens pas t’avoir explicitement donné le choix. Ni implicitement. » Et il n’avait pas envie de jouer au surveillant. Il n’était pas à Kobe High School, mais à Kobe tout court. Pas de règles, pas de suivi du comportement. « Jouer l'arrogante insomniaque et me manquer de respect ne te fera pas pousser du courage. Rentre t’ennuyer à l’internat et lis un bouquin ou promène-toi dans les couloirs. » Thomas n'était pas réputé pour être le pion avec un bon caractère. L'histoire avait suffisamment tourné comme ça, tout le monde savait à quel point il savait être détestable. Il se contenait.

Ah, ça lui revenait maintenant. Il avait déjà vu ce visage dans le noir. Peut-être en journée aussi, mais principalement dans le noir, en fait. Ce n’était pas la première fois qu’il la voyait hors de son lit à des heures peu recommandables. Mais la première fois qu’il la confrontait. Sauf que ce soir, il était mal luné.

HRP:
 

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