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 [U-4] Une colocataire parmi les cartons

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Momoko Inoue
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(#) [U-4] Une colocataire parmi les cartons  Dim 1 Oct 2017 - 23:07

« Emiri • Momoko »
Une colocataire parmi les cartons

Le grand jour était enfin arrivé pour Momoko. Elle avait stressé toute la soirée jusqu’au réveil de ce matin, sans pouvoir manger quoi que ce soit, avant que l’excitation ne fasse son grand retour comme durant toute la semaine. Elle était joyeuse. Tant qu’elle en riait toute seule en faisant ses valises pour quitter son appartement du centre de Kobe. Ce jour était pour elle le départ d’une nouvelle histoire, de nouvelles études et d’une nouvelle vie. En soixante-six ans d’existence, elle avait une impression de rare renouveau, pour lequel ses enfants s’enthousiasmaient d’avantage. Ils s’étaient inquiétés pour la difficulté du déménagement, mais cela était chose faite, pour leur tranquillité retrouvée. Il ne restait plus qu’à la vielle dame de rejoindre son nouveau chez elle : une chambre universitaire au sein du campus. Elle avait empilé son unique grande valise à roulette, ainsi que son sac à main dans le coffre de sa vielle voiture rouge, pour démarrer direction Kobe High School. Elle roulait sereinement sur des petits airs d’accordéons et de tambours redondants, le tout mené par de grandes voix allemandes de l’époque. Une fois arrivée sur le parking bétonné, elle mena la danse vers la résidence, grimpa péniblement les escaliers vers sa chambre en trainant sa valise d’une marche à une autre. Et enfin, la voilà qui était arrivée.

Essoufflée, elle poussa la porte avec sa grande valise et glissa un regard dans l’entrouverture. Il n’y avait personne dans la chambre. Et quelle chambre, elle était plutôt spacieuse et semblait même habitée par ce qui pourrait être son colocataire. Momoko ne put s’empêcher de balayer l’univers de celui ou celle avec qui elle allait partager l’endroit pour plusieurs moments de l’année. L’ambiance n’était ni féminine ni vraiment masculine, mais était tout de même embaumée d’un esprit jeune en quête de la vie adulte. Il y avait une jolie guitare accrochée sur l’un des murs, quelques posters, un empilement de CD sur un bureau, et un ordinateur posé sur le lit avec même un micro. La vielle dame souriait de cette personnalité qui lui semblait très artistique.

De l’autre côté, il y avait un tas de plusieurs cartons posés sur le sol et sur le lit, qui était celui d’Inoue. Les déménageurs avaient bien fait leur travail, et l’intéressée s’en voulait un peu de ne pas les avoir remerciés. Mais l’heure était venue de déballer toutes ces pacotilles pour pouvoir être sûre de dormir ce soir.  Momoko s’agenouilla avec précaution pour ouvrir le premier carton qui lui vint en main, afin de ranger le contenu dans les meubles avoisinants. De satisfaction elle soupira, encore prise dans la joie et l’enthousiasme d’une si belle journée.

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Emiri Itashi
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(#) Re: [U-4] Une colocataire parmi les cartons  Lun 2 Oct 2017 - 23:04

Une colocataire parmi les cartonsEmiri & MomokoL'école c'est cool, La vie en communauté c'est cool. encore plus quand tu as une chambre pour toi toute seule. Tu peux laisser traîner tes culottes, te balader à poil sans causer de nausée à personne. puis un jour, une mamie débarque.


Ma colocataire est partie. Enfin, non pas que ça m’a brisé le cœur ou donné l’envie de chialer sous la douche comme un bébé mais je dois avouer que ça fait tout drôle d’avoir une chambre pour soit. C’est con, mais malgré le peu de mots qu’on pouvait échanger dans une journée et nos tendances à nous ignorer royalement le reste du temps, j’avais pris l’habitude de cohabiter dans le même espace qu’elle. Elle n’était pas prise de tête, on ne se mêlait pas des affaires de l’autre et dans un sens ça m’allait très bien comme ça. Bien sûr, je n’aurais pas été contre vivre ce genre de collocation entre potes dont tous mes camarades me vantaient les mérites mais bon. Disons, simplement, qu’on n’a pas pris le temps de se connaître et que maintenant, bah, c’était un peu trop tard. Tant pis. Je ne peux pas dire que j’ai spécialement des regrets vis-à-vis de toute cette histoire. On pourra toujours se recroiser comme deux inconnues dans les couloirs de l’université et, qui sait, quand on m’attribuera une nouvelle colocataire peut-être pourrais-je construire autre chose qu’un simple lien froid mais cordial de colocataire par défaut. J’aimerais, en tout cas. Ce ne serait pas mal. Mais bref, Takao étant partie, j’avais pour le moment la chambre pour moi seule et vous dire que je n’en avais pas profité serait un gros, groooooos mensonge.

Isaak, Hanz et Meyuki, voilà les courageux compatriotes m’ayant suivies des heures durant dans cette chambre désormais vide d’autres occupants. J’aurais bien invité Yukiko, mais je ne savais pas si j’en avais le droit. On s’était rapproché un peu plus depuis son anniversaire, on commençait peu à peu à rediscuter ensemble comme avant mais, je ne sais pas, j’avais la sensation de n’avoir pas le droit de griller les étapes. J’avais la sensation de n’être plus légitime de quoi que ce soit la concernant. Je suppose que c’est normal, qu’une amitié oubliée et jetée aux oubliettes ne se reforge pas en quelques semaines. Heureusement, Brian se trouvait être de bonne compagnie et même si je n’avais jamais encore invité le rouquin dans ma piaule j’appréciais les quelques délires stupides qu’on pouvait se faire ensemble. Enfin, je ne sais plus combien de temps s’était écoulé depuis le départ officiel de Takao, pas vraiment longtemps il me semble. En tout cas, c’est la réflexion que je m’étais faite en voyant une horde de carton dans ma chambre et une maladroite petite culotte qui dépassait de sous mon lit.

Ce jour-là portait la marque d’un jour ordinaire, sans surprise et sans grandes péripéties à l’horizon. J’avais vu Isaak, avais travaillé à la bibliothèque quelques heures et avais finis par faire quelques frappes dans le dojo du club de kendo. Une fois assez transpirante et déculpabilisée de l’énorme glace supplément triple chantilly et praliné, j’avais finalement fait route vers ma chambre. Je me demandais ce que j’allais pouvoir faire ce soir… Bouquiner ? Peut-être, j’avais presque finis mon Seigneur des Anneaux après tout. Hmm, ou alors je pourrais sans doute jouer un peu ? Ou peut-être oser entamer la suite de Breaking Bad ? Hmmmm, meh, au pire je déciderais du programme à la plouf, comme d’habitude. Je me dirigeais d’un pas guilleret vers ma piaule, ouvrit la porte les cheveux encore trempés par ma douche et… Whut… What ?

Pourquoi… Qu’est-ce que… Je recule d’un pas, regarde le numéro gravé sur la porte : « U-4 »… Nan bah c’est ma chambre. Alors pourqu-Oh…. Oh… Ah bah oui banane. La nouvelle colocataire… Mais depuis quand j’ai une nouvelle colocataire ? Ils ne sont pas censés prévenir à l’administration quand quelqu’un débarque ? Merde. J’aurais su j’aurais fait un coup de ménage ! Dans quel état je laisse ma chambre, moi ? Bon, objectivement ce n’était pas Bagdad non plus mais j’aurais pu ranger un peu plus et surtout être là pour accueillir ma nouvelle camarade.

- « B-Bonjour ! Vraiment navrée je ne savais pas qu’on m’avait attribué une nouvelle colocatai- » Je me stop d’un coup. Je ne veux pas juger mais elle a l’air tout de même un peu âgée pour étudier non ? Ou alors je me plante totalement ? C’est peut-être la mamie de la nouvelle coloc ? Ou une ancienne amie de papi Yamada ? Merde. Je dis quoi du coup ? Je cherche un peu mes mots avant de fixer le sol. « Heu… Pardon de vous poser cette question mais… Heu… Vous êtes étudiante ? » Best Phrase d’Introduction Ever. « V-vraiment navrée ! Je suis assez confuse, pardon si j’ai trop violemment mis les pieds dans le plat haha. »

Ce n’est pas drôle grognasse.

- « Je, heu, j’habite ici, je m’appelle Emiri… Heu… Vous avez besoin d’aide ? »

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Momoko Inoue
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(#) Re: [U-4] Une colocataire parmi les cartons  Jeu 5 Oct 2017 - 20:51

« Emiri • Momoko »
Une colocataire parmi les cartons

Momoko continuait de déballer ses affaires une à une avec minutie. Elle se retrouvait bien vite entourée de petits monts de papier journal jaunit, dans lequel elle avait soigneusement enveloppé ses biens. Elle s'autorisait un suspense souvent magique, enfantin, et redécouvrait aussi des vieilleries qu'elle ne pensait pas avoir emporté avec elle. Rieuse, la dame sortit d'une boîte une petite horloge-réveil qui ne lui servait qu'à lire l'heure. Elle était de ceux qui se réveillaient seuls sans assistance particulière. Les uniques fois où elle négligeait son organisation réglé comme une partition à musique, c'était quand elle se remémorait les anciennes bêtises de ses enfants. Ce qui la faisait rire pendant de longs quarts d'heure, à n'en plus savoir s'endormir correctement. D'un autre carton qu'elle ouvrit, Momoko dépoussiéra un lecteur de cassette qu'elle utilisait quelques fois pour écouter un peu de musique, déplia un napperon en dentelle blanche pour sa table de chevet, démêla des bijoux en perles, et empila des livres qu'elle appréciait le plus parmi d'autres. D'une enveloppe en papier kraft, elle sortit une horde de cadre photo qui enjolivait le visage de ses cinq enfants et autres petits-enfants, jeunes, ou parfois un peu plus proche du présent dans l'âge, faute du non-développement de tous les clichés qu’elle possédait. La dernière du lot fut une photo de son mari dans un petit cadre argenté. Osamu, sur cette photo, avait son sourire caractéristique que Momoko avait immortalisé par surprise, dans la cuisine de leur ancienne maison. Elle se souvenait d'ailleurs parfaitement de cet instant. Osamu avait tenté de faire des gâteaux en forme d'étoile, mais le résultat fut de piètre qualité. Sa femme lui avait dit que ça n'était pas grave tant qu'ils étaient bons, c'est à cet instant que son mari lui avait souri.

Soudainement, la porte de la chambre s'ouvrit, mais Momoko ne s'en aperçut pas tout de suite. Concentrée et perplexe pendant de longues minutes sur le portrait, elle détourna enfin le regard et fit un bon. Dans sa surprise, le petit cadre lui échappa des mains, et s'envola de peu pour atterrir au sol. Le choque du cadrant contre le parquet brisa la vitre en plusieurs morceaux.

Encore éprise dans sa panique, Momoko regardait la personne présente à l'entrée de la chambre. Il  s'agissait d'une jeune fille aux longs cheveux bruns et au regard bleuté. Serait-ce sa colocataire ? se demandait-elle. La vielle dame souffla en agitant la main pour s'aérer le visage et sourit, désolée, de sa précédente réaction.

« Et bien... Je crois que cette chambre a besoin d'une sonnette à sa porte ! »

La demoiselle à la chevelure humide resta interloquée pendant un bon moment, la petite avait sans doute oublié la venue de Momoko. Elle s’adressa à elle mais s’arrêta de nouveau, son étonnement fut cependant rapidement justifié. L’âge d’Inoue porte toujours un peu à confusion quant à son véritable statut. Momoko s’anima d’un rire doux, redevenue plus calme suite au débarquement de celle qui était bien sa colocataire, nommée Emiri.

« Oui, je suis une étudiante. Comme vous je suppose ! Enchantée, je me nomme Inoue, mais appelez-moi Momoko, je vous en prie. »

Elle se releva doucement, resta sur place un instant pour réfléchir à la politesse qu’elle devait employer, puis finit par la saluer en inclinant la tête. Ce n’était pas vraiment son genre de savoir comment les jeunes se disaient bonjour à ce moment…

« J’ai bien l’impression que cette montagne de carton n’en finit pas. Je n’aurai pas cru avoir tant d’affaire à emmener… Est-ce vraiment cela, la vie étudiante ? Que dis-je ! Vous êtes très aimable et j’accepte volontiers votre proposition ! »

Joviale, Momoko fit une petite place sur le lit pour qu’Emiri puisse s’y installer. Elle lui donna un carton léger qui n’était pas encore ouvert, et lui expliqua qu’il s’agissait de robes à mettre dans la penderie de son côté de la chambre. Elle avait comme qui dirait oublié de ramasser le cadre et le verre brisé qui étaient étalés dans le coin de la pièce, trop concentrée sur la toute première rencontre de son séjour à Kobe.

« Cette chambre est très jolie, vous êtes arrivée ici il y a longtemps ? En tout cas je suis impatiente de vous connaître, c’est une véritable joie de rencontrer quelqu’un de nouveau. D’ailleurs, quel âge avez-vous ? »

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(#) Re: [U-4] Une colocataire parmi les cartons  Dim 15 Oct 2017 - 23:06

Une colocataire parmi les cartonsEmiri & MomokoL'école c'est cool, La vie en communauté c'est cool. encore plus quand tu as une chambre pour toi toute seule. Tu peux laisser traîner tes culottes, te balader à poil sans causer de nausée à personne. puis un jour, une mamie débarque.


Whouaaaaaa… Où est la caméra cachée ? Pardonnez mon scepticisme mais j’ai du mal à croire que… Meh, avouez que ce n’est, tout de même, pas commun (mais genre pas du tout) d’avoir une étudiante d’un âge aussi avancée dans sa piaule, non ? Quoi que, je ne crois pas qu’il y a une limite d’âge pour étudier à l’université et cette dame n’aurait aucune raison de me mentir… A moins qu’elle me fasse un prank pour une chaîne Youtube un peu foireuse mais qui irait chercher une vieille dame pour berner une étudiante sans histoire comme moi ? Meh, ça ne tient pas debout. Quoi que, ça pourrait bien être ça… Même si c’est un peu gros… Ça se voit que je suis perdue ?

Face à cette respectable mamie je ne savais pas trop quoi faire et mon subconscient me glissait subtilement que je ferais mieux de fermer ma grande gueule sous peine de sortir des énormités encore plus grosses que ma réserve de chips (et Dieu seul sait à quel point elle est grande, ma réserve de chips). Surtout que, ce n’est pas l’envie qui manquait, mais la bombarder de question comme je le prévoyais dans un premier temps était une grosse connerie que je ne me permettrais pas de faire. C’est vrai quoi, la pauvre devait plus ou moins s’attendre à ce que son âge soulève des sourcils et je pourrais comprendre que mettre en lumière le fait que « trololololol vous êtes étudiante à plus de 60 ans ? » l’énerve plus qu’il ne la met à l’aise. Je n’avais pas envie de donner l’impression à cette pauvre dame d’être un phénomène de foire, je pense qu’elle en sera un bien assez-tôt pour quelques personnes alors autant lui épargner ça. Je me ressaisis donc, la surprise du premier contact passé, et répond poliment à son salut. Momoko donc ? C’est meugnon comme tout dites-moi. J’en parlerais à mamie ce week-end, tien, ce serait drôle qu’elle me regarde surprise en m’envoyant un « Momoko ! Ah que le monde est petit ! » même si c’était hautement improbable.

- « Ne me remerciez pas, c’est tout naturel ! » fis-je en commençant à déballer avec un soin tout particulier la garde-robe de ma nouvelle colocataire.

Cette mamie était des plus joviales et d’un côté ça me rassure de ne pas être avec en collocation avec un phénomène comme belle-mamie qui était… Ce qu’elle était à savoir la copie conforme de la marâtre dans Cendrillon, si vous situez un peu le délire. La même, même regard, même mimique et même ton condescendant de richouille qui sait tout mieux que tout le monde et dont les voix sont impénétrables. Non, là j’avais une dame souriante, ma foi très sociable et surtout elle avait ce petit air adorable qu’abordait par moment mamie. Vous savez, ce petit sourire qui vous met à l’aise et à cause duquel vous finissez avec trois tonnes de gâteaux dans le bide et trois plats de ragout pour la semaine. Le même. Je souris doucement en renvoyant le visage de ma propre-grand-mère et commence à ranger soigneusement les robes de ma nouvelle compagne de chambre quand elle m’adresse de nouveau la parole.

- « Moi ? » Oui, non, le pape, idiote. « Hmmm, je suis arrivée en Novembre mais j’ai l’impression que ça fais des années ! Les journées sont riches ici. » Coucou mes jolis rendus que je farm depuis le début ma rentrée. « Mais ne vous inquiétez pas, le campus est grand et propose pas mal d’activités mais on prend rapidement ses marques. Fin’ dans mon cas c’est un peu particulier. J’ai passé pas mal de temps entre ces murs quand j’étais petite du coup je ne me suis jamais sentie dépaysée ou perdue en arrivant à l’université. »

Pour ne pas dire que j’étais même contente d’y retourner. C’est en commençant à étudier à Kobe que je me suis rendue compte que cette école, avec la maison de mamie, était mon seul et unique foyer. Cet appartement à Tokyo, ce grand salon propre et design, nop, ça n’avait jamais été chez moi. Je préférais l’odeur du vieux bois de chez mamie que celle du carrelage hors de prix de mes parents. Je préférais ces longs couloirs, que j’explorais gamine en couche culotte, que ces écoles hors de prix pour jeunes gens du monde. Je me demande même si après être aussi épanouie ici, j’aurais la force de partir voir ailleurs. Je sais que beau-papa et surtout maman aimerait que je parte à l’étranger leur rapporter des contacts ou que je me case avec un homme de bonne famille dans une maison aussi bling-bling que les salons qu’ils fréquentent. Mais est-ce que c’est un mal de vouloir juste vivre modestement, dans un endroit où on se sent bien ? Je fais de la musique mais je ne suis pas naïve au point de croire que j’irais remplir des stades, je pourrais très bien finir prof ici. Ça me plairais bien, sûrement.  Je pose le carton sur le lit de ma camarade avant de reprendre la conversation.

- « Je ne veux pas être indiscrète mais vous avez arrêté votre choix sur les cours que vous allez suivre ? Je sais qu’on peut s’y perdre au départ donc heu… Voilà. » Mon aisance légendaire me troue les fesses, je vous jure. Je baisse les yeux au sol et remarque un étrange cadre sur le sol. Je le soulève doucement, un peu éprise par une soudaine curiosité en découvrant le visage d’un homme. « Pardon, je crois que ceci est tombé… C’est votre mari ? »


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(#) Re: [U-4] Une colocataire parmi les cartons  Dim 29 Oct 2017 - 20:59

« Emiri • Momoko »
Une colocataire parmi les cartons

Grâce à l’aide de la petite, Momoko parvint enfin à voir le nombre de carton diminuer. Elle avait de la chance d'avoir obtenu de l'aide. Par les paroles d’Emiri, la dame se sentit tout de suite apaisée et rassurée. Elle a le don de ne pas supporter l’ingratitude, et en voyant sa colocataire qui est d’une grande gentillesse, Momoko était la plus ravie de toutes les femmes. Au fond d’elle, l’espérance était qu’Emiri ne soit pas la seule à être de ce genre là ; cependant elle ne souhaitait pas non plus que tout le monde le soit, l’ambiance de l’école serait d’une monotonie trop triste, pensa-t-elle. Elle approuva les dires de la jeune fille, et ajouta :

« Je pense aussi que beaucoup de personnes de votre âge connaissent le plan de cet endroit comme leur poche. Surtout si l’on y dort. Voyez le temps que nous passons à arpenter toutes ces allées, la tête plongée dans nos cahiers… Quand vous étiez petite, vous deviez sans doute imaginer cet endroit comme un vrai labyrinthe ! »

Elle regarda par la fenêtre en hochant la tête. Cela lui faisait penser à un souvenir lointain, lors de son adolescence, entre les murs de l’académie de danse que Momoko fréquentait à l’époque. Le bâtiment était aussi comparable à un dédale de couloir sans queue ni tête. Du bois sur les murs et les plafonds, de grands lustres en cristal, et des miroirs, beaucoup de miroirs. Une histoire dans l’architecture que l’on ne soupçonnait pas vraiment. On entrait dans cette école pour en ressortir danseur. Gare, par contre, aux professeurs qui surprenaient les gens s’y amusant. Les élèves n’étaient pas des enfants, c’était cela la grande différence.

« Alors… »

La plus âgée prit un temps de réflexion, et répondit :

« J’ai repris les études pour découvrir ce que la vie peut encore me montrer. Cela peut vous paraître assez étrange, mais j’ai décidé de ne pas suivre le parcours que les autres personnes de mon âge suivent. Une vie rythmée par le facteur qui passe tous les matins, le son de l’église du village toutes les demies-heures, la visite de ses chers enfants. Le reste, il n’y a pas beaucoup à faire. Après, il y a aussi une routine dans l’école, mais c’est un état d’esprit que je n’ai jamais connu. J’espère que vous comprendrez mon étonnement lors de mon arrivée jusque-ici ! »

Momoko inspira discrètement. Cela lui faisait plaisir de diffuser quelques bouts de son parcours à ces jeunes personnes. C’était d’ailleurs son but ici. Quand était-il de l’avenir de ces adolescents ? Inoue espérait de tout cœur que leur avenir allait être bénéfique pour eux.
Intriguée par ce qu’Emiri regardait, elle suivit son regard et ses gestes qui soulevaient une photo. Celle qu’Inoue avait fait tomber juste au moment de l’arrivée de sa colocataire.

« Oh non, je l’avais totalement oublié ! Navrée, ces bouts de verre auraient pu vous blaiser ! »

La vielle dame voulut s’atteler à nettoyer tout ça, mais elle fut quelque peu prise au dépourvu par la question de son interlocutrice. Ce qui la fit rougir de gêne dans ses gestes un peu aléatoires. Elle toussotât et se rassit sur le lit.

« Oui, son nom était Osamu. Il était un mari très attentionné, je pense que des personnes comme vous ici l’auraient apprécié. Depuis, je poursuis ce qui me tient à cœur, je pense que c’est le plus important pour lui… Avez-vous des grands-parents Emiri ? »

Elle se décida à ranger le cadre dans le tiroir de la table de chevet, en dessous des photos de ses enfants. Avant qu’elle ne soit plus seule, la dame avait songé longtemps avant de savoir si oui ou non la photo d’Osamu devait être là, parmi les autres. Mais, elle avait plus confiance en l’image de lui qu’elle avait dans son cœur, qu’une simple photo dans un cadre au verre cassé. Ce qui était très différent pour elle.
Inoue sortit de l’un des cartons une petite balayette en bois, et prit l’initiative de ramasser le verre étalé sur le sol, tout en écoutant la jeune fille.

« Vous m’avez dit qu’il y avait beaucoup d’activité dans cet endroit. Je serais curieuse de savoir quelles sont celles qui rythment vos journées. »

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Emiri Itashi
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(#) Re: [U-4] Une colocataire parmi les cartons  Ven 3 Nov 2017 - 19:29

Mamie Nova
Il n'y a que toi qui me fait ça
Momoko & Emi


••• Oh, ça, si elle savait. Petite, le bahut était pour moi la source de toutes les fantaisies. Il prenait la forme d’un château immense dans lequel se déroulait maintes intrigues. Chaque professeurs, élèves, membres du personnel devenait alors un illustre personnage d’une épopée que je me plaisais à m’inventer. Chacun y avait un rôle, une servante, un duc un peu crapuleux, un chevalier errant etc. Ce château dans lequel j’évoluais prenait au grès de mes envies des formes toutes autres. Les couloirs luxueux devenaient des jungles denses ornées de mystères, les salles de classes inoccupées des temples oubliés. Le gymnase devenait l’arène de la course de char de Ben-Hur et la cuisine l’antre d’une sorcière maléfique qui passait ses journées à préparer des potions aux effets dévastateurs. L’imaginaire laissé de côté, je garde de l’école des souvenirs de terrain de chasse et de jeu impérissables. Chaque pièces, couloirs, coins sombres, parcelles de terres constituaient des lieux inexplorés dans lesquels je pouvais, alors, faire des découvertes. Je me souviens être plus d’une fois revenue au bureau de grand-père ou de papy Yamada avec des objets, aussi banals qu’un crayon ou un polycopié d’un cours, que je brandissais tel des trophées fièrement et durement acquis.  

Encore aujourd’hui, je me surprends, non sans une certaine nostalgie, à redécouvrir ces lieux riches de mon enfance et à me souvenir d’une époque où Zahn n’était pas encore devenu un fantôme croulant sous le boulot. Où Papy Yamada n’avait pas encore tous ses cheveux gris et où mamie nous portait encore dans ses bras. Une époque où grand-père était encore de ce monde et où Maman et Isaac m’étaient encore inconnus. Avec le recul, je me dis que je n’ai jamais été aussi heureuse qu’à cette époque-là. Oh, bien sûr, je ne suis pas à me plaindre. L’adolescence apporte son lot de bonnes expériences, de belles rencontres. Je suis bien plus à l’aise de ma vie actuellement que ces dix dernières années. Pour autant, j’en viens régulièrement à me dire qu’il y a un manque. Qu’il y a quelque chose de cette période que j’ai perdu en chemin, que je ne retrouvais sans doute plus jamais mais qui, si elle avait été là, aurait-pu parfaire le présent tableau de mon quotidien. Je suis plutôt admirative de la façon de penser de ma nouvelle colocataire. D’une certaine façon je trouve sa démarche courageuse. Je pense très sincèrement que beaucoup de personnes de son âge auraient abandonnés en cours de route. Le décalage générationnel, le retour d’une vie active, tout-ça. Je comprenais bien l’idée de routine mais j’étais en effet d’accord que la routine d’une retraitée et celle d’une étudiante n’avait, sans doute, rien à voir.

J’ai peut-être touché un point sensible en évoquant l’homme de la photo. La pauvre femme à l’air de se replonger dans des souvenirs lointains. J’avais vu juste en supposant qu’il s’agissait de son mari et de ce qu’elle m’en dit, c’était un homme pour lequel elle avait une grande affection. Je me sens un peu gênée de m’être autant montrée indiscrète. Sans doute que la disparition d’un tel proche ne guéri réellement jamais. De la même façon qu’on n’oublie jamais réellement un membre de sa famille. Sa question me prend quelque peu au dépourvue. Je me demande si je peux réellement considérer mamie et grand-père autrement que comme des parents de substitution. D’ailleurs, je me demande si je peux tout simplement considérer Papy Yamada, Zahn et grand-père autrement que comme des figures paternelles.

- « J’en ai. » fis-je sobrement en hésitant un peu sur ce que je pouvais dévoiler ou pas. J’avais une sainte horreur de monopoliser les conversations et je ne savais pas s’il était très poli d’autant s’étaler pour une première rencontre. « Enfin, aujourd’hui je n’ai plus que ma grand-mère qui réside toujours à Kobe. Mais, le doyen de l’université est un ami proche de la famille du coup c’est un peu comme un… Second papy, je dirais ? J’ai aussi de la famille du côté de mon père (Note mental de moi à mon cerveau : damm, ça m’écorche tellement la gueule de l’appeler colle ça) mais nous n’avons jamais été très proches. »

Pour ne pas dire totalement étranger. Les rares contacts que j’avais eu avec ma belle-famille m’avaient conforté dans l’idée que tel père, tel fils et que bonne-maman et bon-papa étaient aussi cons que leur con de fils. On pourrait rajouter biens d’autres noms d’oiseaux mais la liste serait alors foutrement longue.

Seconde question, moins personnelle cette fois-ci et j’avoue y avoir plus de facilité à y répondre, le sujet de la famille étant plutôt sensible chez moi.

- « Hm, heu… Et bien j’alterne entre mes cours de musiques, cinémas et de philosophies et mes activités de clubs. En général, j’arrive toujours à dégager des créneaux pour réserver la salle de musique une heure ou deux pour mener à terme mes compositions et le reste du temps je bouge entre l’amphithéâtre et la bibliothèque la journée. Après les cours je me rends généralement à mes différents clubs. Etant présidente du club de Kendo je passe beaucoup de temps dans le gymnase mais il m’arrive de faire un tour au club de musique ou quelques fois au club des aventuriers. » Je me rends compte que le concept du club est peut-être un peu flou pour elle alors je m’empresse de lui préciser un peu la chose. « Le club des aventuriers est un peu… Spécial ? C’est, en fait, des regroupements ponctuels pour explorer l’école ou percer certains mystères qui entoure la ville de Kobe. C’est assez original et pour le coup le groupe y est très hétérogène. C’est intéressant. »

J’ai l’impression de parler un peu trop et à mesure que j’avance confusément mes idées, ma gorge devient sèche.

- « Vous voulez un thé ? Quelque chose à boire ? »

Sa commande (ou pas) faite, je me lève un peu gauchement pour préparer ma (ou nos) boisson(s).

- « A ce niveau-là, l’école propose pas mal de chose. Les clubs ne sont pas obligatoires mais je trouve que c’est le meilleur moyen pour rencontrer des gens extérieurs à l’université. Il y a des activités très différentes, du sport bien sûr mais aussi des disciplines plus artistiques ou intellectuels. On un club de danse, de tradition, de lecture ou encore de karaté. »


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To give us new colors to see
Who knows where it will lead us?
And that's why they need us

So bring on the rebels
The ripples from pebbles
The painters, and poets, and plays

And here's to the fools who dream
Crazy as they may seem
Here's to the hearts that break
Here's to the mess we make
 

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(#) Re: [U-4] Une colocataire parmi les cartons  Mer 29 Nov 2017 - 22:53

« Emiri • Momoko »
Une colocataire parmi les cartons

La jeune fille sembla réfléchir l’espace d’un instant, comme si beaucoup de questions se posées en elle pour un détail infime. Momoko se demanda alors, soudainement, comment les pensées divaguaient dans l’âme d’un être humain, du jeune âge jusqu’au sien. Il est plutôt logique que la différence est flagrante, mise à part peut être quelques exceptions. Un adolescent est comme un nourrisson qui vient de naître, il entre dans une nouvelle ère, découvre la vie adulte, la vie sous un nouvel angle. Il lui reste tant de chose à accomplir, à découvrir, se dit la vielle dame. Elle avait lu dans ses revues favorites – qu’elle prend toujours sous plusieurs numéros dans son sac à main, histoire d’avoir une belle anecdote à ressortir un jour – que certains adolescents peinaient à sortir de leur enfance confortable, pour franchir le pas d’événements plus grands… Qui nécessitent sans doute le surpassement. Est-ce un fait ? Une réalité ? Inoue l’avait vécu, mais c’était il y a longtemps. Son âge actuel était celui d’un aboutissement, parfois glorieux, parfois regrettable, que beaucoup de personnes âgées recensent chaque jour. C’était du moins le point de vue de Momoko sur les autres, car elle, elle n’avait plus le temps de la faire systématiquement, oh que non.

Elle ria doucement par cette appellation amusante de « Second papy », mais elle se montra très compréhensive face aux caractéristiques de la  famille d’Emiri. Momoko lui dit à voix basse – comme pour lui confier un secret spécialement destiné à son interlocutrice – qu’un entourage n’est pas toujours parfait. On a malheureusement pas encore le pouvoir d’en acheter un au supermarché comme un sachet de bonbon. Un entourage, on l’obtient ou alors, on l’a par défaut. Quand bien même on l’aurait par défaut, il faut toujours se dire que eux aussi en ont un sous cette même configuration, une fois qu’on pense à ça, on peut voir les choses d’une autre manière.

Emiri semblait être une personne très active, Momoko fut même très impressionnée par toutes ces activités qu’il est possible de faire dans un seul emploi du temps.

« Un club des aventuriers ? Quel curieux concept. Mais je dois bien avouer que cela vous correspond. J’espère que les mystères y sont croustillants pour votre petite compagni...votre petite bande ? » s’exclama-t-elle en bafouillant vers la fin.

La sexagénaire accepta volontiers la proposition d’Itashi. Elle sortit même un petit service à thé de l’un des cartons – qu’elle ne pensait d’ailleurs pas avoir embarqué avec elle – tout en porcelaine bleue et dorée. Ça n’avait pas beaucoup de valeur, mais elle se déclarait quand même bien utile pour ce genre d’occasion. Aux explications d’Emiri, Momoko répondit sagement :

« À vrai dire j’intègre moi même le Club de Danse de l’école. Mais j’avoue ne pas connaître tout le panorama qu’on nous propose. Il y a tant de choix ! Que c’est une bonne idée ! Les dirigeants de cet endroit semblent avoir tout compris aux étudiants, comme s’ils l’avaient toujours été. Curieux. Ne pensez-vous pas la même chose ? »

Elle observa l’eau bouillante qui se déversait dans les tasses et reprit :

« Navrée si cette question vous semble indiscrète, mais… êtes vous musicienne depuis longtemps ? Je veux dire, vos compositions, cette guitare, ce micro, ces CD... Tout ça a l’air d’être une passion très ancrée dans votre quotidien. Enfin, hum, ne répondez-pas si vous ne le voulez pas, je ne veux pas être trop intrusive… »

Perdue dans sa confusion, Momoko ria nerveusement.

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❖ Arrivé(e) en : novembre 2014
Emiri Itashi
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(#) Re: [U-4] Une colocataire parmi les cartons  Mer 6 Déc 2017 - 18:40

Mamie Nova
Il n'y a que toi qui me fait ça
Momoko & Emi


••• Le club des aventuriers était… Un mystère en soit. Je m’y étais inscrite, au départ, pour faire quelque chose de plus… Exotique en me disant que ça ne pourrait que m’aider socialement parlant. Alors, ça avait eu son petit succès, j’avais en effet bien évolué socialement mais je devais avouer que ce n’était pas tant grâce au club qu’à Isaak, Hanz et Meyu qui m’avaient biens aidé à m’intégrer. Fallait dire que l’activité du club était quelque peu rarissime et que de ce fait je n’avais pas tellement eu le temps de me lier à tout ce beau petit monde. Enfin, je connaissais les têtes et les noms mais était assez frileuse lorsqu’il s’agissait de jouer à la chasse au fantôme.

- « Les mystères y sont assez sportifs même… Je ne comprends décemment pas l’obsession des jeunes pour le paranormal. Enfin, à côté de ça on fait pas mal de choses moins risqué comme courir après la chienne du Jardinier qui a volé un truc dans les cuisine ou ce genre d’aventure. Remarquez, ce pourrait être limite un club sportif. »

Je suis plutôt, il faut le dire, impressionnée par la confession de ma colocataire. Je ne sais pas s’il est bien raisonnable d’avoir ce genre d’activité à son âge mais d’un autre côté… Damm, chapeau mamie. Enfin, on dit les vieilles personnes mais suffit de voir mamie... Elle carbure comme en quarante, voire pire. Puis on a papy Yamada comme exemple aussi donc bon. Breeeeef. Les vieux ça déménage. Je lui adresse un sourire en servant le thé du mieux que je le pouvais.

- « Vous dansez beaucoup ? »

J’étais toujours été plus ou moins admirative des danseurs et autres discipline artistique jouant sur la mouvance du corps. J’ai toujours trouvé ça beau, foutrement impressionnant. Pour moi qui n’avait aucune idée de comment bouger son fion correctement, c’était toujours un petit miracle pour mes yeux de voir de la danse. Je me demandais bien ce que ma colocataire pouvait bien danser, comment, pourquoi. Je dois même dire que je jalouse un peu les gens qui ont la capacité de danser aussi bien. Meyu, par exemple, m’épate à chaque fois.

- « Et bien… Comment vous dire… Papy Yamada est un sacré personnage et les années ont beau passées j’ai l’impression qu’il ne vieillit jamais réellement. Il encourage beaucoup les élèves à exprimer leurs sentiments et leurs sensibilités aux travers du sport ou des arts. Les études c’est une chose mais il est de ceux qui pense qu’il faut se cultiver soi-même avant tout et que tout ça passe forcément par le vivre ensemble et l’entretient de diverses passions. »

Je suis plutôt d’accord sur ce point, d’ailleurs, et c’est aussi pour ça que j’ai beaucoup de respect pour papy Yamada. Pas mal de gens ne pensent qu’au note. Il y a une pensée commune qui dit qu’une vie épanouie passe par un job bien payé et une réputation à toute épreuve. J’aurais tendance à dire qu’on peut être très heureux tout en vivant modestement. Qu’on peut être épanouie sans nécessairement aller dans les meilleures universités. J’avais toujours été contre cette croyance populaire que les bonnes notes faisaient les bons individus.

- « Au Japon beaucoup de famille mettent de la pression à leurs enfants. Beaucoup pensent que pour avoir une bonne vie il faut avoir un bon travail et qu’on ne peut trouver un bon travail qu’en allant dans de bonnes écoles et de bonnes universités. J’aurais tendance à dire que c’est une véritable erreur de penser que le bonheur d’un être humain se résume à des chiffres sur un relevé de note. Il n’y a pas de sous métier comme il n’y a pas de méthode universelle pour être heureux. Chacun à une façon différente de s’épanouir et, c’est vrai, qu’on a la chance d’être estimé pour ce que l’on est et pas pour les notes que l’on a ici. »

Viens ensuite une question qui me fit relever la tête un peu brusquement. A… Oui, maintenant qu’elle le fait remarquer, c’est vrai que ma chambre est pleine a craqué d’objet en lien avec la musique. Je ne m’en étais jamais rendue compte avant. C’était mon bazar, j’y étais habituée. Mais vrai que ça avait de quoi perturber.

- « Hahah, ne vous inquiétez pas, ça ne me gêne pas d’en parler. Quand j’étais petite, je chantais souvent avec mon oncle. On avait un jeu qui consistait à inventer des chansons sur un thème donné et de la chanter ensuite devant un public fait de peluche et de poupée. On y jouait souvent, on a inventé des dizaines et des dizaines de chansons comme ça. Puis… Puis un jour j’ai dû partir de la maison et on a plus joué ensemble. On se voyait pendant les repas de familles et les fêtes mais nous n’avions plus le temps d’inventer des chansons comme avant. Alors, quand j’avais huit ans, mon oncle ma offert une guitare pour mon anniversaire et depuis je n’ai pas passé une seule journée sans composer ou écrire quelque chose. Bien sûr, ça ne remplaçait pas notre jeu d’origine mais d’une certaine façon je me sentais moins seule en jouant. J’ai aussi trouvé que la musique était un moyen parfait de vider son sac sans avoir besoin de mots. De fil en aiguille j’ai commencé à me renseigner, à écouter de tout et au final j’ai très vite développé une addiction à la composition, au chant, au jeu. Je pense que je ne sais rien faire d’autre de mes dix doigts ! »

J’avais dit ça en riant légèrement mais en me faisant le réflexion que, c’était parfaitement vrai et que sans ma guitare, sans pouvoir jouer, je serais bien malheureuse.

- « Et vous, vous avez une passion ? Quelque chose qui vous fait vibrer ? »

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