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 [L-9] Je crois que des explications s'imposent.

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Miska Williams
« Elève ; en 1ère année »
(#) [L-9] Je crois que des explications s'imposent.  Dim 22 Oct 2017 - 23:19

Je crois que des explications s'imposent

Ft. Hayate Smith


Cette journée ne s’était pas passée comme je l’avais prévu, loin de là. Elle commençait déjà mal avec la crève du diable que je me tapais depuis plusieurs jours. J’avais fait de mon mieux pour m’économiser pendant les cours parce que, croyiez-le ou non, c’était sacrément difficile de se concentrer sur que le prof disait alors qu’un bonhomme imaginaire te foutait des coups de massue imaginaire dans le crâne. D’habitude, je tendais très attentivement l’oreille pour comprendre et assimiler au mieux qui m’était raconté. J’essayais de prendre en note un maximum d’éléments donnés par le prof. Je ressortais toujours de cours en ayant écoulé une quantité d’encre non négligeable. Maman avait d’ailleurs investi dans une cargaison de stylos et de cartouches en prévision. Au départ, je pensais que c’était quand même exagéré. Jamais je n’avais pensé utiliser toute cette réserve qu’elle m’avait achetée. Très clairement, je m’étais bien planté. Je devais vraiment apprendre à faire confiance à ma mère sur ce point. Elle me connaissait comme si elle m’avait fait après tout. Euh… Ouais bon passons. La maladie hein, que vouliez-vous ? Mine de rien, j’avais déjà bien cassé la gueule aux fournitures que maman m’avait filées. Elles me servaient bien pendant les cours. Je grattais encore et toujours plus de papier par jour. D’habitude, je prenais mes notes en Anglais, traduisant ainsi ce que le prof disait. Mais depuis que j’étais sous l’emprise la maladie, je reposais mon cerveau et me contentais de recopier le cours tel quel. Je le reposais… Il n’était pas en état de fonctionner correctement surtout ! Je n’aimais pas cette impression de me traîner comme une larve. J’avais l’impression de n’être qu’un déchet morveux qui déambulait péniblement dans les couloirs. Je détestais cela. J’aimais quand les choses bougeaient et qu’elles bougeaient vite ! Là hum. Comment dire… Un escargot posé sur le dos d’une tortue unijambiste avançait plus vite. Ouais cette comparaison était assez bien représentative de la chose. C’était frustrant pour moi. Très frustrant. Comment faisait Nevak pour supporter cela si souvent ? En même temps le gamin était mou comme un chamallow donc bon. Il passait son temps à agiter ses jouets et à les étaler un peu partout, y compris dans ma chambre… Et que faisait-il lorsqu’il était malade et que maman le laissait quitter le lit ? Il agitait ses jouets et les étalait un peu partout, y compris dans ma chambre. Il y avait d’ailleurs plus de bordel dans ma chambre que dans la sienne. Et les trois quarts ne m’appartenaient même pas ! Il m’arrivait souvent de buter dans l’un de ses robots en plastique lorsque je me levais la nuit pour aller aux toilettes. Je m’estimais heureux quand ce machin ne se mettait pas à faire un bouquant pas possible au milieu de la nuit. Et quand je rangeais les jouets à leur place, dans la chambre de Nevy, ils encombraient de nouveau la mienne le soir même ! Oh putain, des claques franchement…

Bref. Cela avait changé car j’occupais dorénavant cette chambre au lycée. Même si j’étais certain de ne plus pouvoir ouvrir la porte de ma chambre en rentrant à la maison, avec tout le bordel qui avait dû avoir le temps de s’y entreposer… Misère, j’angoissais déjà. Un bon coup de ménage intensif serait nécessaire. Et puis là, rien à foutre, je sortirais les sacs poubelle ! Tu n’avais faire attention Nevy. Quoique le connaissant, il aurait sans doute déjà prévu le coup et le foutoir aurait été déménagé avant même que je ne sorte de la voiture. Saloperie de mouton tiens… Je te coincerais un jour, je te coincerais. Ce n’était qu’une question de temps et de patience, ce qui n’était pas l’une de mes principales qualités. Ce serait l’occasion de surprendre le morveux alors. Enfin le morveux, aujourd’hui c’était plutôt moi qui correspondais à ce terme. Si ma mémoire était bonne, il me restait quelques cachets contre les maux de tête dans ma chambre. Note à moi-même : prendre un de ces cachets une fois de retour en L-9. Je dormirais un peu mieux comme cela. Je l’espérais en tout cas.

La L-9, j’y étais bien rendu. Enfin « je », je devrais plutôt dire « on. » J’étais en effet accompagné, plus précisément par Hayate. Encore une chose qui n’était pas prévue à la base. Tout avait commencé lorsque je m’étais installé dans la salle commune pour approfondir mes cours, cours durant lesquels j’avais manqué de m’endormir à cause de la crève. Tout aurait pu bien se passer si je n’avais pas oublié de me faire un stock de mouchoirs avant de descendre à la salle. C’était là qu’intervenait Hayate. Cette dernière était gentiment venue me prêter des mouchoirs et je lui proposai, en guise de remerciement, de s’asseoir à ma table. Tout aurait bien se passer si les choses n’avaient pas dégénéré. Après une discussion plutôt courte, j’avais cru comprendre qu’un problème de harcèlement passé l’avait poussée à piquer une crise au beau milieu de la salle commune, attirant au passage tous les regards sur nous… Cette réaction avait fait naître en moi tout un tas de questions auxquelles il me fallait des réponses. Que s’imaginait-elle ? Qu’elle pouvait me faire une scène comme cela au milieu de tout le monde et partir comme si de rien n’était ? Certainement pas. Je méritais des explications. De plus, quelque chose semblait être enfouie en elle. Quelque chose qui avait besoin d’être extériorisé. Lorsque je regardais Hayate, je revoyais cet enfant que j’avais été, rongé par la solitude et la colère. Selon moi, la colère pouvait être apaisée si la solitude était un minimum comblée. C’était pour cela que je lui avais demandée de me suivre hors de la salle commune, hors de portée de tous ces yeux. Si je l’écoutais, peut-être que cela l’aiderait ? C’était un coup à tenter. Au pire, je n’avais rien à perde, moi.

Après une errance plus que difficile pour moi dans les couloirs des dortoirs, nous arrivâmes devant la porte de la chambre que je partageais avec Sumire et Akkami. Avec un peu de chance, elles ne seraient pas encore là. Je lançai un bref coup d’œil à Hayate et entrouvris la porte. Mon regard parcourut la pièce : mes coloc n’étaient pas ici. Je laissai échapper un soupir de soulagement et poussai d’avantage la porte pour l’ouvrir entièrement. Je pressai le bouton de l’interrupteur pour dissiper l’obscurité qui régnait dans la pièce et attendis qu’Hayate soit entrée pour refermer la porte derrière elle. Je dis rien et posai mon sac de cours contre la chaise de mon bureau. Je me retournai vers l’adolescente et désignai mon lit de mon regard fatigué.


« Tu peux t’asseoir, fais comme chez toi. »

Alors que je regardais en direction de mon lit, mes yeux finirent par se bloquer sur le dessin que m’avait offert Sasha quelques semaines plus tôt. Il était accroché au mur, juste au-dessus de mon lit. Mes lèvres se courbèrent et un sourire furtif se forma, avant de s’effacer tout aussi vite qu’il n’était apparu. J’avançai ensuite vers mon bureau et y trouva une boîte en carton. Je sortis de cette boîte une petite plaquette de cachets. J’en extirpai un petit comprimé et pris la bouteille d’eau posée à côté de mon lit. J’en bus une gorgée, avalai le médicament et reposai la bouteille à sa place. Après m’être frotté les yeux, je m’approchai d’Hayate.

« Bon… je m’assis sur mon lit et posai mon regard bleu sur l’adolescente. Tu me dois des explications tu crois pas ? Qu'est-ce que tu m'as fait à la salle commune ? »

Comme je sentais que cela allait être long, je sortis ma tablette de chocolat entamée de la poche de mon sweat. Je retirai l’emballage en papier aluminium que j’avais soigneusement replié sur le chocolat pour le voyage. Je croquai ensuite un carré que je me mis à croquer. Mâcher du Milka noir m’aidait vraiment à me détendre. Cela m’aidait à patienter le temps qu’Hayate formule sa réponse. J’étais assez curieux d’entendre ce qu’elle s’apprêtait à me dire.
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(#) Re: [L-9] Je crois que des explications s'imposent.  Lun 23 Oct 2017 - 1:18

Nous venions de quitter la salle commune avec Miska, après que j'ai légèrement... BON, APRÈS QUE JE ME SOIS BIEN ÉNERVÉE !! Miska me dit de le suivre, je n'avais pas d'autre choix... Je n'allais pas rebrousser chemin après avoir pris cette décision, j'espère juste ne pas regretter... Nous errons de couloirs en couloirs. J'étais derrière lui, la tête un peu penchée en avant. C'était plus ses chaussures que je suivais que lui... Elles me guidaient. Je le vis se stopper net et se tourner. Je n'avais pas eu le temps de freiner à temps, je lui rentrai légèrement dedans. Ma tête heurta son épaule, je lâchai un petit :


Aie... Euh euh j-j-je...


J'étais confuse, je tapotai mes joues. Putain Hayate, tu nous fais quoi là ?! Pourquoi tu bafouilles comme ça ?! Argh !! Je tournai la tête pour voir où Miska, m'avait conduite. Une porte ? Bah oui une porte ! Mais putain ça me saoule d'être comme ça, je ne comprends pas ! Sur la porte, il y avait marqué << L-9 >> ... Attends, c'est le numéro d'une chambre ça !! Mon regard se tourna vers lui, j'étais un peu stressée de savoir ça... Le jeune homme poussa la porte et alluma la lumière. Il posa son sac au niveau de son bureau puis prit un cachet. J'ai dû lui rajouter une sacrée migraine à avoir gueulé comme ça... Il me dit de m'asseoir sur son lit. Je me dirigeais alors vers le dit-lit sans poser de questions. Mon attention fut prise le léger temps que je pris pour me rendre jusqu'au lit, par un dessin accroché au-dessus de celui-ci. Il était plutôt joli, mais je ne portai pas plus attention à ce détail. Je m'assis sur le lit et là, je ne saurais dire pourquoi, j'eus un réflexe en m’asseyant. Je mis correctement ma jupe afin que rien ne puisse être vu, et je remontai mes collants pour être sûre. Pourquoi est-que j'avais fait ça ? Mon cœur s'accélérait un peu à nouveau. Miska me demanda, tout en ayant à portée de mains du chocolat, pourquoi est-que j'avais agi ainsi... Je répondis à cela :


Je euh... Je ne peux pas croire que ça soit vrai... Tu dis comprendre ce que c'est, mais qu'est-ce que tu sais en réalité ? Surtout sur moi Hayate Smith hein... Je ne devrais pas rester ici, c'était une mauvaise idée, je ne veux pas parler de tout ça...


Je m'apprêtai à me lever quand sa réponse commença à sortir de sa bouche. Je commençai à le fixer.

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(#) Re: [L-9] Je crois que des explications s'imposent.  Mar 24 Oct 2017 - 2:42

Je crois que des explications s'imposent

Ft. Hayate Smith


Pour être tout à fait honnête avec vous, je n’étais pas habitué à ce genre de situation. En réalité, je n’avais jamais été confronté à ce type de scénario. Inviter quelqu’un, quelqu’un que je ne connaissais pas, dans ma chambre pour que cette personne puisse m’expliquer tous ses problèmes, non je n’avais jamais fait. A dire vrai, personne ne s’était jamais présenté à moi de cette façon. C’était plutôt singulier comme méthode pour faire connaissance. Partir d’un simple paquet de mouchoirs prêté pour finir sur une séance de psychothérapie avec moi dans le rôle du psy. Et encore même pas, je ne facturais pas la séance ! Et croyiez-moi sur parole, vous le sentiez passer le rendez-vous chez le psy. Bon d’accord il y avait des docteurs moins arnaqueurs que d’autres, ne voyions pas le mal partout. J’avais consulté deux psychologues pour enfants quand j’étais un peu plus jeune. Je devais avoir autour de dix ans il me semblait, peut-être un tout petit peu plus. Même si j’avais assuré à mes parents que ce n’était pas nécessaire, ils avaient insisté pour que je me rende à ces consultations. Je venais de me confier au sujet du harcèlement dont j’avais été victime. Résultat, ils tenaient absolument à m’enfermer dans le bureau d’un psy. D’après mon meilleur ami, cela ne pourrait me faire que du bien. Avec le recul, je doutais encore de l’utilité de ces séances. A part sur le portefeuille de mes parents, elles n’avaient pas eu un très grand impact. La première séance, mes parents devaient être présents. Ma mère avait beaucoup parlé ce jour-là, exposant ses inquiétudes et indirectement ses exigences, au docteur. Mon père s’était contenté d’appuyer ce que déblatérait maman en répétant les remarques et propos de cette dernière. Moi, de mon côté, je n’avais pas beaucoup parlé. Ce jour-là, je m’étais demandé si ce rendez-vous n’avait été davantage bénéfique pour mes parents que pour moi. En sortant du bureau, je n’avais énormément foi en cette « thérapie. » La semaine suivante, ma seconde séance du coup, je m’étais retrouvé seul avec le psy. Il avait les cheveux grisonnant et des petits yeux renfoncés dans leurs orbites. Aujourd’hui encore je ne saurais vous décrire leur couleur. Je n’étais pas parvenu à la discerner depuis ma chaise. Bref, nous avions très peu discuté cette fois-là. Les trois prochaines n’étaient pas beaucoup mieux. Au bout d’un mois, ce psy était parti. L’heure de la retraite selon mes parents. Il leur pompait beaucoup trop de fric à mon goût donc bon débarras. A la place, mes parents s’étaient tournés vers une clinique pour mineurs. Beaucoup plus abordable au niveau des prix, cela me convenait bien mieux. Ce fut une dame à lunette qui fut en charge de mon dossier. Elle m’avait semblé beaucoup moins austère et coincée que mon premier psy. La discussion s’était révélée plus facile avec elle. Déjà elle n’avait insisté pour me refiler des cachets contre la dépression, Dieu merci. Mes parents et moi n’avions pas eu besoin de nous battre contre cette idée. Non, nous discutions simplement. Ce n’était pas désagréable mais je ne faisais que lui répéter ce que je racontais à Sasha donc, on aurait pu s’en passer. Malgré tout, mes séances s’étaient étendues sur plusieurs mois, presque dix si je me souvenais bien. Si vous vouliez mon avis, papa et maman pensaient sûrement que c’était grâce à elle que j’allais mieux. Je ne leur avais jamais demandé mais bon, je m’en doutais fortement. J’étais davantage sûre de cette conviction lorsque je rentrais de ma séance et que je tombais sur leurs visages souriants. Ils me demandaient à chaque fois si cela s’était bien passé, plein d’espoir dans la voix et à chaque fois, je leur répondais que oui. Ce qui n’était pas totalement faux en soi. Mais bon, ce n’était pas ces rendez-vous qui me faisaient le plus de bien au final. Nous avions arrêté les consultations lorsque mes progrès furent jugés comme étant « suffisants » et « satisfaisants. » La thérapie n’était plus nécessaire apparemment. D’accord si vous vouliez, je n’allais pas vous contredire. Je détestais être enfermé dans ces bureaux alors je ne m’en portais pas plus mal.

Bref, tout cela pour vous dire que je m’y connaissais en rendez-vous psychologiques. Cette formulation était sans doute inappropriée mais bon tant pis. Dans tous les cas, me retrouver seul avec Hayate pour discuter de sujets certainement sensibles me faisait grandement penser à mes consultations. Seule différence, ce n’était pas moi qui jouais le rôle du patient à ce moment précis. Une inversion totale s’opérait alors. Comment faisaient mes psys à l’époque ? Franchement Miska ? Te référer à tes thérapeutes pour discuter avec Hayate ? Putain tu étais descendu bien bas mon vieux… Non sérieusement c’était une mauvaise idée. La situation était différente désormais. Et puis bah je n’étais pas un vieux crouton qui ne savait pas échanger avec un gamin de dix ans. Non ! J’allais devoir user de mon vécu et de ce que ma maigre existence m’avait appris pour tenter d’aiguiller Hayate. Aller Miki, tu pouvais le faire ! J’avais bien réussi à supporter une foule de gamers à cette convention de jeux vidéo à laquelle j’étais allé avec Sasha l’an dernier. Et si j’étais parvenu à surmonter cet obstacle, cette conversation avec Hayate serait du gâteau !

Je m’étais convaincu de cela lorsque nous étions entrés dans notre chambre à Sumire, Akkami et moi. Je me remémorais les situations difficiles que j’avais traversées pour me rassurer. Tout allait bien se passer. Si je ne m’endormais pas, tout se passerait bien. Oh non putain, surtout ne pas piquer du nez ! Il fallait résister. Surtout que j’avais eu la bonne idée de m’installer sur mon lit. Il était si confortable, j’avais l’impression d’entendre sa voix qui m’appelait. Il me demandait de m’allonger, au chaud sous la couette, d’enfouir mon visage dans mon oreiller et de fermer les yeux. Plonger dans un sommeil profond ne serait pas compliqué après cela. J’enviais Aurore de La Belle Aux Bois Dormants, ce qui était étrange pour moi. Mais bon là j’avouais qu’un petit somme me ferait du bien. Sûrement pour plus tard, là j’avais du boulot. J’écoutai donc la réponse d’Hayate, assis à côté d’elle.


« Je euh... Je ne peux pas croire que ça soit vrai... Tu dis comprendre ce que c'est, mais qu'est-ce que tu sais en réalité ? Surtout sur moi Hayate Smith hein... Je ne devrais pas rester ici, c'était une mauvaise idée, je ne veux pas parler de tout ça... »

Mais d’où ? D’où tu me plantais meuf ? Je ne le tolèrerais pas. Attends tu acceptais de me suivre jusqu’ici, de te taper dix mille kilomètres de couloirs mal éclairés pour te barrer comme cela l’air de rien ? Tu m’avais pris pour quoi, enfin pour qui ? Tu allais bien devoir me croire ma grande parce que sinon on était mal barré. Bon aller, il fallait l’empêcher de partir sinon toute cette manœuvre n’aurait servi à rien. J’exigeais des explications pour tout ce foutoir et je comptais bien en avoir. Ne pense pas t’en aller d’ici avant de m’avoir tout dit Hayate. Tu avais accepté de me suivre, maintenant que tu y étais, tu y restais ! Pas de négociation possible. Je devais me calmer sinon je n’allais rien pouvoir tirer de tout cela. Il me faudrait faire bien attention aux mots que j’emploierais. En dire suffisamment mais pas trop pour la convaincre de rester. Vite Miska, réaction !

« Minute, dis-je fermement. Sur toi, je ne sais pas grand-chose, mis à part ce que j’ai pu comprendre avec ta gueulante de tout à l’heure. Tu sembles en avoir chié et on en chie tous un peu dans la vie donc je me suis dit qu’en discuter pourrait t’aider. Personnellement, ça m’avait aidé moi donc c’est pour ça que je te propose. Et puis, c’est pas très glorieux de piquer une crise et de ne pas s’expliquer derrière », terminai-je avec un sourire.

J’espérais l’avoir fait changer d’avis. Loin de moi l’idée de prétendre être un expert en discussion à cœurs ouverts. Ce n’était pas moi qui avais dû tirer les vers du nez de l’autre la première fois. Au contraire, je m’étais plus trouvé à la place d’Hayate à cette époque. Je ne savais pas vraiment comment procéder. Cela m’aurait arrangé si je n’avais pas été seul pour gérer ce problème. Je n’étais pas le plus gentil du duo dans l’histoire ! Ni le plus disposé à réconforter les gens. Enfin, je pensais. Personne n’était jamais venu pleurer sur mon épaule à moi donc, j’ignorais comment faire si cela en venait à se produire. J’allais devoir tout miser sur l’improvisation au cas où on arriverait à cette extrémité. Il fallait essayer d’être gentil ? Ouais, je devais être gentil, et compréhensif. Et puis, patient… Oh merde on n’était pas rendu… Non, le défaitisme était mon pire ennemi. Rester optimiste était la clé. Oui, sois optimiste Miska. J’étais prêt Hayate, tu pouvais y aller !
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(#) Re: [L-9] Je crois que des explications s'imposent.  Mer 25 Oct 2017 - 0:31

Miska, qui était assis à coté de moi sur son lit m'apeurait, il était trop proche de moi... Après lui avoir dit que tout cela était une mauvaise idée, je reculai doucement vers la porte tout en écoutant sa réponse. Après qu'il eut fini, cela me stoppa dans ma démarche de quitter la pièce. J'étais dos à la porte et je commençai à lui dire d'un ton calme :


Bon puisque tu insistes... Tu veux savoir quoi hein ?! Que la petite Hayate était le monstre de foire pendant toute son enfance à Osaka, tout ça pour des raisons stupides !! Mon ton montait de plus en plus alors que je me ravançais vers lui Qu'on me surnommait "Hayate le démon rouge" à cause de mes cheveux !!! Cheveux qui en ont pris plein la tronche... ! Que je devais subir des insultes et du harcèlement à essayer de me défendre tant bien que mal...!! Va te défendre face à toute une classe qui t'insulte !! Même toute la putain d'école !! Et si ce n'était qu'à cause de mes cheveux ça va, je m'en serais remise, mais j'avais beau leur dire que j'étais née à Osaka, ils s'en foutaient !!! TU SAIS POURQUOI ?! JUSTE PARCE QUE J'AI CETTE GUEULE D'OCCIDENTALE !!! Je me mis une claque en lui disant cette fin de phrase tout en montrant ma gueule du doigt.
C'EST ÇA QUE TU VEUX ENTENDRE ?!!!! J'AI FAIT AVEC, C'EST TOUT, J'AI BIEN FERMÉ MA GUEULE PENDANT TOUT CE TEMPS !!!!!!! VOILÀ, TU ES CONTENT MAINTENANT ?!!


J'étais debout, proche de lui. Je sentais une boule dans mon estomac et dans ma gorge qui s'était serrée, mes yeux étaient sur le point de pleurer... Mais je ne pleurerai pas ! Qu'est-ce qu'il allait me dire après ça hein ? Je ne crois toujours pas ce qu'il me dit, je me suis à nouveau emporté... Mais c'est à cause de ce garçon... Il est stupide. Comme une conne, je me suis laissée emporter par mes émotions, je lui ai finalement dit ce qu'il voulait entendre cet abruti...

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(#) Re: [L-9] Je crois que des explications s'imposent.  Mer 25 Oct 2017 - 3:21

Je crois que des explications s'imposent

Ft. Hayate Smith


La vie pouvait être une vraie pute parfois. Un jour tout allait bien, et le lendemain tout se brisait. Sans raison, tout s’écroulait autour de toi. Ton quotidien se transformait et s’obscurcissait, laissant ainsi place à un enfer qui t’était complètement inconnu jusqu’à présent. Tu te retrouvais dépouillé de tout ce qui t’appartenait à te rendait heureux. Tout ce qui te faisait sourire, tout ce qui te redonnait la joie de vivre lorsque la lumière du jour se retrouvait étouffée par les nuages sombres, tout le bonheur que la vie t’apportait, tout cela t’était retiré. En l’espace de quelques heures, tu n’avais plus rien. Toutes ces raisons d’être heureux s’étaient envolées. La vie, qu’était la vie si le bonheur n’était plus à portée de main ? Qu’était la vie si, chaque matin, l’envie d’y mettre un terme venait hanter ton esprit ? L’envie d’arrêter parce que continuer te semblait trop difficile, trop douloureux. Parce que continuer était au-dessus de tes forces. Parce que tu étais fatigué. Était-ce une preuve de lâcheté ? De courage ? D’inconscience ? Ou bien d’autre chose encore ? Je ne saurais vous répondre en toute objectivité. Personnellement, je n’avais jamais trouvé de réponse. On avait beau me répéter que se battre était toujours bien plus courageux que d’abandonner, me convaincre s’était révélé être une entreprise difficile. Cette question était compliquée à trancher. Elle faisait souvent l’objet de débats sensibles entre les individus. Toutefois, la balance penchait le plus souvent du côté de la résistance et du combat. Vous voyiez, cela ne m’étonnait guère. Beaucoup de gens considéraient cet acte comme l’incarnation même de la lâcheté et de l’égoïsme. Fuir, lâcher prise et laisser tous tes êtres chers seuls dans la tristesse la plus profonde. Cela était certainement vrai, après tout. Oui, certainement. Ces pensées, je ne les avais partagées que très récemment. Pas à mes parents, bien sûr. Je ne voulais pas les faire souffrir et culpabiliser davantage. Ils ne le méritaient pas. Et puis, ne m’étais-je pas promis de ne jamais abandonner ? Par le passé, jeter l’éponge aurait été une alternative tentante pour moi, il me fallait l’avouer. Mais, comme il était souvent dit, l’eau avait coulé sous les ponts. Seuls les imbéciles ne changeaient pas d’avis, non ? Et nous savions très bien que je n’étais pas un imbécile. Si vous pensiez le contraire, allez vous faire mettre !  

Alors, comme je vous l’avais dit, la vie pouvait être une pute dans certains cas. Certaines personnes pouvaient en chier grave au cours de leur existence. J’hallucinais davantage de voir quelqu’un pour qui tout tournait rond et qui te rencontrait aucune emmerde. Nan mais franchement ? Ils devaient avoir prié un dieu païen ou bien réalisé un rituel vaudou pour être épargnés à ce point. Ou alors la chance s’était montrée particulièrement clémente. Allez savoir. En tout cas, ils devaient bien se faire chier dans leur vie ces gens-là. Tout se passait toujours bien, rien d’inhabituel ne se produisait, aucun piment, que dalle. Une vie sans saveur en gros. Pour être tout à fait franc, si je n’avais pas traversé toutes ces épreuves douloureuses, j’étais certain que les meilleurs moments de ma vie me seraient parus bien insipides. Si tout se passait toujours comme dans un conte de fées, les plus belles émotions passeraient à la trappe. Tu ne saurais plus les reconnaître au bout d’un moment ! J’étais convaincu que nous étions capables de chérir nos instants de bonheur grâce aux malheurs qui venaient renforcer leur positivité. Après tout, le bien n’était rendu possible que par la présence du mal. L’un ne pouvait exister sans l’autre. Après, il fallait trouver le bon dosage pour ne pas trop s’ennuyer ni trop souffrir. Tout était une question d’équilibre. Comme pour beaucoup de chances tout compte fait.

Ce raisonnement me confortait dans l’idée que, qui que nous étions, nous avions tout vécu des épisodes sombres dans notre vie. Ils étaient plus ou moins noirs en fonction des personnes. Pour certaines, une nuance de gris clair prédominait alors que pour d’autres, le noir semblait s’imposer. Cela variait pour chaque personne qui naissait et vivait sur Terre. Je n’avais pas connaissance du passé de tous les êtres humains vivants ou ayant jadis vécu donc juger ma propre expérience m’était relativement compliqué. Objectivement, j’avais dû faire face à des situations plus éprouvantes que d’autres personnes, c’était certain. D’autres avaient enduré des épreuves bien plus lourdes que moi, je ne pouvais pas le nier. Toutefois, je supposais que lorsqu’on en venait à se questionner sur des sujets aussi sombres que celui abordé précédemment, cela était sûrement symptomatique d’une existence plutôt sombre. Je ne voulais pas me positionner en victime, d’autres avaient plus souffert que moi, c’était indéniable. Mais dire que je n’avais pas souffert, moi, serait mentir. J’étais donc prêt à entendre ce qu’Hayate avait à me révéler en matière de harcèlement et d’expériences difficiles. J’espérais qu’elle était prête à en discuter, même si j’y croyais moyennement. Son caractère ne me rassurait pas vraiment sur ce point.


« Bon puisque tu insistes... Tu veux savoir quoi hein ?! Que la petite Hayate était le monstre de foire pendant toute son enfance à Osaka, tout ça pour des raisons stupides !! Qu'on me surnommait "Hayate le démon rouge" à cause de mes cheveux !!! Cheveux qui en ont pris plein la tronche... ! Que je devais subir des insultes et du harcèlement à essayer de me défendre tant bien que mal...!! Va te défendre face à toute une classe qui t'insulte !! Même toute la putain d'école !! Et si ce n'était qu'à cause de mes cheveux ça va, je m'en serais remise, mais j'avais beau leur dire que j'étais née à Osaka, ils s'en foutaient !!! TU SAIS POURQUOI ?! JUSTE PARCE QUE J'AI CETTE GUEULE D'OCCIDENTALE !!! C'EST ÇA QUE TU VEUX ENTENDRE ?!!!! J'AI FAIT AVEC, C'EST TOUT, J'AI BIEN FERMÉ MA GUEULE PENDANT TOUT CE TEMPS !!!!!!! VOILÀ, TU ES CONTENT MAINTENANT ?!!  

Mon Dieu qu’avais-je déclenché… Ma tête putain… Le cachet n’avait pas encore commencé à faire effet. Tu ne pouvais pas attendre un peu pour commencer à gueuler Hayate ? Oh sacré nom de Dieu… Bon, au boulot Miska, il était temps de faire le point sur ce qu’elle venait de te hurler. La théorie du racisme/xénophobie était maintenant pleinement confirmée. J’avais vu juste. Cela ne m’enchantait pas vraiment mais j’avais bel et bien vu juste. Cette annonce me dégoûta forcément. Le racisme, comme toute autre forme de discrimination, m’exaspérait au plus haut point. Une telle façon de penser était parfaitement injuste et repoussante. Comment pouvait-on raisonner de la sorte à cet âge-là ? Je n’osais même pas imaginer les parents de ces arriérés. Encore une fois, mon Dieu. La seconde révélation me surprit, enfin, la première si on prenait dans l’ordre. Elle s’était fait emmerder à cause de sa chevelure ? C’était con, elle avait une jolie couleur de cheveux. Elle me rappelait… Bref ! Bon, il était vrai que les personnes possédant des cheveux roux pouvaient parfois être cibles de moqueries. Cela arrivait mais, à Dublin, c’était rarement sérieux. En même temps, rire d’un roux en Irlande, c’était un peu ironique quand même. Les Japonais étaient moins « habitués », pour ainsi dire. Je compris alors mieux la source du mal-être d’Hayate.

Cependant, je ne pouvais pas lui donner raison sur tout. On avait tous une histoire un peu triste à raconter, si je puis m’exprimer ainsi. J’ignorais de quelles attaques elle avait été victime exactement. Ses cheveux en auraient pris plein la tronche ? Elle aussi on avait dû les lui tirer, ou même cracher dedans. Et puis, des insultes ? Pour du harcèlement, c’était la base pour parler très grossièrement. Je me demandais si elle avait subi des violences physiques. Je n’allais pas lui demander, surtout pas maintenant. Dans tous les cas, les persécutions dont elle avait été la cible ne justifiaient pas un tel comportement à mes yeux. Certes cela était dur de se relever d’une épreuve difficile. Personne n’y arriverait les doigts dans le nez. Personne à ma connaissance j’entendais bien. Mais il ne fallait pas rester bloqué dessus. J’aurais pu moi abandonner face à tout ce qu’on m’avait fait endurer. Lorsqu’on me plongeait la tête dans les toilettes des filles, lorsqu’on m’humiliait dans les vestiaires alors que je me douchais après le  cours de sport, lorsqu’on venait me frapper à la sortie de l’école… J’aurais pu, oh oui mille fois j’aurais pu baisser les bras face aux humiliations permanentes que me faisait subir l’école. Faire du surplace, refuser d’avancer, c’était la solution de facilité. Se morfondre dans sa tristesse et ses problèmes, c’était la solution de facilité. Relever la tête et faire preuve de détermination, c’était cela, le courage. Choisir le courage, c’était choisir de vivre. Tu devais comprendre cela Hayate. Pour ton bien ma grande.


« Tu vas m’écouter maintenant ! répondis-je en haussant la voix. Je me levai, mon visage se retrouvant à quelques centimètres de celui de l’adolescente. Je ne suis pas content d’entendre que tu aies souffert, loin de là. Tu m’as pris pour quoi au juste ?! Si je suis là c’est pour t’aider parce que je sens bien que tout ça te ronge, ça se voit sur ta gueule. L’isolement, l’agressivité, cette façon de craquer, je connais. Je suis passé par-là. Pour des raisons différentes mais oui je suis passé par-là. Je sais ce que c’est de se sentir humilié et rejeté, d’avoir l’impression que le monde entier est contre toi, et de te retrouver impuissant, faible. La honte de soi, tout ça… je m’interrompis, ne voulant pas en dire trop. Je respirai un grand coup et poursuivis, plus calmement. Bref. Je ne t’aurais pas conduite jusqu’ici si je ne connaissais rien de tout ça, réfléchis un peu. Je veux bien être malade mais je ne suis pas encore complètement débile. Je sais à quel point ça peut être dur de vivre avec ce genre de souvenir sur la conscience. Par expérience, je sais qu’on arrive mieux à avancer avec de l’aide. Tu ne peux pas changer ce qui s’est passé mais tu peux choisir de quoi demain sera fait. Ça te coûterait vraiment trop cher de me faire un minimum confiance ? »

Je fronçai les sourcils et plantai mon regard dans celui d’Hayate. Ma vision était quelque peu embrumée par la fatigue mais je ne baissai pas les yeux. Elle devait comprendre que je faisais tout cela pour l’aider. Je refusais qu’elle vive ce que j’avais connu plus longtemps. Elle devait se réveiller et me croire. Ouvre les yeux bordel ! Je ne serais pas là à perdre mon temps pour rien sinon. Je préfèrerais très sincèrement dormir pendant deux semaines. Au lieu de cela, je supportais tes accès de colère et m’efforçais d’essayer de te persuader de m’accorder un peu de ta confiance. C’était à ton tour de te « faire violence » ma chère Hayate. Prouve-moi que tu en as le courage.
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(#) Re: [L-9] Je crois que des explications s'imposent.  Lun 30 Oct 2017 - 21:00

Le visage de Miska se tenait proche du mien... Le jeune homme commençait à hausser la voix et à me dire ce qu'il avait sur le cœur lui aussi, enfin en partie... Suite à cela, je ne savais plus quoi penser de tout... Mes yeux verts se plongèrent dans ses yeux bleu ciel, peut-être pour y voir la vérité... Et oui, c'était bien la vérité. Son regard ne mentait pas, tout ceci est troublant... Je baissai la tête, mis mes mains sur mon visage afin de le cacher et tournai le dos au jeune garçon. Je ne voulais pas qu'il me voit ainsi... La frustration, le remord, la tristesse ? Un de ces sentiments me traversait le corps, ce qui me fit trembler. Bon sang ce garçon, il est... Tout à l'heure, je le voyais comme tous les autres, puis peut-être comme un allié, mais maintenant, je le vois comme un soutien, un espoir. Je n'avais plus cette sensation d'un regard pesant, mais celle d'un regard de compassion et d'aide. Il me comprend, il est sincère. J'aimerais me tourner à nouveau face à lui, mais je n'ose pas. Comme si le fait de recevoir l'aide d'une personne ayant un vécu similaire pour la première fois de ma vie ne m'était pas digne... Je ne voulais pas non plus qu'il voit mon visage dans un tel état, perdu entre tellement de choses et mes larmes qui étaient si proches... J'aurais très bien pu avancer jusqu'à la porte. Mais inconsciemment, mon corps le refusait, comme s'il me disait de ne pas fuir cette fois-ci, que c'était peut-être la seule chance de ta vie ma petite. Ce garçon, je dois lui dire quelque chose. Je restai le dos tourné, je tournai légèrement mon visage de mes mains, je pus à nouveau l'apercevoir. Je ne saurais dire si l’expression qu'il arborait à ce moment-là était de l’inquiétude, du soulagement ou autre. Je lui déclarai d'une voix timide :


Pardon... Tu es la première personne que je rencontre partageant une certaine similitude avec moi... D'habitude, les garçons préfèrent passer à coté de moi en me poussant ou en me mettant une gifle en disant : " Hayate le démon rouge tu ne mérites que ça ! " A force, pendant longtemps j'y ai cru... On a toujours été odieux, mesquin, ignoble avec moi... Mais toi, tu es le premier à me crier dessus pour m'aider est non pour m’humilier.*rire nerveux*C'est bizarre... J'ai jamais vécu ça réellement. Il y a bien eu des faux culs, mais je jouais leur jeu, ils pensaient que j'étais conne. J'ai surtout fait ça pour que mes pa... Je me coupai brusquement. N'en dis pas trop non plus Hayate.Enfin bref.


J'ai toujours un poids sur le cœur, cœur qui continue de battre assez vite pour une raison que j'ignore. Mais le fait d'avoir fait un pas dans sa direction me fait aller mieux comparé à tout à l'heure. C'est peut-être ça qu'on ressent quand des gens ont un réel intérêt pour vous ou de la considération. J'eus le courage d'enlever mes mains qui cachaient mon visage, pour ensuite me tenir à nouveau face à Miska-kun. Je relevai ma tête dans sa direction, toujours happée par ces billes bleues que sont ses yeux. Un léger sourire de bonheur se dessinai sur mon visage alors que je le regardais.

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(#) Re: [L-9] Je crois que des explications s'imposent.  Lun 6 Nov 2017 - 2:41

Je crois que des explications s'imposent

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Je ne voulais pas qu’elle soit au courant. Je me refusais de lui raconter toute l’histoire, cela m’était impossible. A cet instant précis, je ne pouvais qu’y faire allusion et rien de plus. Ce qui m’empêchait d’en parler plus en profondeur avec l’adolescente n’était pas lié à de la honte comme cela avait été le cas par le passé. La honte, elle m’avait quitté aujourd’hui. Enfin, je le supposais, j’en avais l’impression. Je ne me détestais plus lorsque je me retrouvais devant le miroir. A l’époque, quand les insultes et les remarques émises par les autres me touchaient en plein cœur, j’en étais venu à éprouver du dégoût envers la personne que j’étais. Tout le mépris, toute la haine et toute la violence dont ils faisaient preuve à mon égard avaient fait se soulever de sérieuses questions en moi. Qui étais-je ? Qu’étais-je ? Une fille ? Un garçon ? Les deux ? Aucun des deux ? Ces interrogations me troublaient vraiment et cela avait engendré un réel mal-être en moi. Tout le monde à l’école, tous les élèves qui m’adressaient la parole me traitaient comme une fille. J’étais dépossédé de mon nom, ils m’appelaient « elle, » ils m’empêchaient souvent de les suivre pour me changer pendant les cours de sport, disant que ma place était dans les vestiaires d’en face et ils n’acceptaient pas que je me joigne à eux lorsqu’ils jouaient au ballon. Selon eux, les filles ne jouaient pas au ballon. Je les avais crus à l’époque, même si aujourd’hui je concevais très bien qu’une nana puisse vouloir jouer au foot avec des mecs. Mais devant autant de certitude de la part des autres garçons de mon école, je n’avais pas cherché à me questionner quant à la véracité de leurs propos. Je m’étais tellement laissé dominer et écraser par leurs dires que je ne considérais plus aucune de mes idées comme étant possiblement justes. Je me faisais sans cesse contredire et ridiculiser si par malheur il m’arrivait d’ouvrir la bouche au mauvais moment. J’étais devenu si faible et insignifiant. Je remettais en cause tout ce en quoi je croyais, persuadé d’avoir tort. Des questions sur la personne que j’étais avaient donc commencé à germer dans mon esprit. Même après l’arrivée de Sasha, je continuais de me demander ce que j’étais. Ils avaient réussi à me faire douter de ma propre identité. Ils me considéraient comme une fille et me répétaient que je me trompais sur quasiment tout. A force d’entendre cela tous les jours, je n’étais même plus sûr de moi. Peut-être avaient-ils raison ? Peut-être m'efforçais-je de me convaincre de quelque chose qui n’était en fait qu’un leurre ? Peut-être que je n’étais pas un… mais peut-être que j’étais bien une… Oui, je m’étais mis à douter. Ces doutes, je les avais gardés pendant un peu plus de deux ans. J’avais fait des expériences, sans en parler à qui que ce soit. J’essayais des choses, discrètement, jusqu’à ce que… Jusqu’à ce que tu l’apprennes. Je ne m’étais pas montré assez vigilent et tu l’avais découvert. Je n’avais jamais eu aussi honte de ma vie. Malgré tout, tu m’avais rassuré, tu avais continué de m’épauler. « Peu importe ce que tu décides, je ne t’abandonnerai pas. Je serai toujours là, je te le promets. » Héhé, je m’en souvenais encore. Ces mots, tes mots, je ne les avais pas oubliés. Me savoir soutenu m’avait aidé à balayer ces doutes. Cette phase était terminée et aucune pensée de ce genre ne surgissait dans mon esprit aujourd’hui. C’était fini.

Pourquoi pensais-je à cela moi ? Je m’étais juré de ne plus y repenser. Je t’avais demandé de ne plus en parler et tu avais accepté. Nous étions d’accord et ce sujet n’avait jamais été remis sur le tapis. Peut-être caressais-je l’espoir d’oublier tout cela ? Sûrement. Ma famille n’avait jamais su. Mes parents, rien. Nevy, non plus, ce qui était assez étonnant. Même si je ne supportais pas le mouton, je m’étais toujours confié à lui. Il me balançait souvent à maman et papa après mais je retournais quand même lui révéler mes secrets. Allez comprendre la logique. Mais ce sujet, il n’en savait rien. Je n’en avais surtout pas parlé à mes psys, ils l’auraient sûrement dit à mes parents. Je refusais de leur dire. Surtout que j’étais passé à autre chose alors que ma douzième année était déjà bien entamée. Comme quoi, pas besoin de s’alarmer. Mais alors, pourquoi me rappelais-je de tout cela maintenant ? C’était la journée psychanalyse sur le divan rouge et je n’étais pas au courant ?  Non mais sérieusement, le nombre de sujets sensibles qui m’avaient traversé l’esprit aujourd’hui… Je n’en revenais pas. J’avais envie de ronfler rien que d’y repenser. Mon Dieu.

En parlant de Dieu, c’était le jour des confessions. L’ambiance s’accordait bien avec cette description. Espace restreint, deux personnes discutant des secrets de l’autre, secrets qui ne quitteraient pas cette pièce et qui ne seraient divulgués à personne d’autre. Oh Seigneur tout puissant, puisses-tu nous faire grâce de ta bénédiction en ce jour dédié aux confessions… Pardon, j’en faisais peut-être un peu trop. Plus tard la prière Miki. Plus sérieusement, je n’aurais jamais pensé finir cette journée de cette façon. Je me tenais face à cette jeune fille que j’avais ramenée dans ma chambre. Euh… Ouais c’était bizarre dit comme cela. Je me rendis alors compte que je me trouvais bien proche d’elle. Nos regards étaient confrontés. Le bleu de mes yeux et le vert de ses iris se répondirent. Saphir contre émeraude. Ouais j’insérais des clichés aléatoires, c’était cadeau. Elle fut la première à rompre le contact. Je vis son visage sombrer entre ses mains avant que son dos me soit présenté. J’inclinai la tête et observai Hayate. Je l’avais mise si mal à l’aise ? Ou alors… Peut-être se sentait-elle trop déstabilisée, perdue, désolée ? Je ne saurais dire. Cette façon de dissimuler son regard me fit penser qu’elle était sur le point de verser quelques larmes. Comment fallait-il réagir face à quelqu’un en pleurs ? Oh misère. Oh merde. Oh putain. Je n’étais pas prêt à gérer cela moi ! Non aller, tu devais rester fort Miki. Aller, il fallait montrer que tu en avais dans le froc. Tu en avais physiquement dans le froc, tu ne doutais plus maintenant. Hayate dévoila une partie de son visage avant de dire, doucement :  


« Pardon... Tu es la première personne que je rencontre partageant une certaine similitude avec moi... D'habitude, les garçons préfèrent passer à coté de moi en me poussant ou en me mettant une gifle en disant : " Hayate le démon rouge tu ne mérites que ça ! " A force, pendant longtemps j'y ai cru... On a toujours été odieux, mesquin, ignoble avec moi... Mais toi, tu es le premier à me crier dessus pour m'aider est non pour m’humilier. C'est bizarre... J'ai jamais vécu ça réellement. Il y a bien eu des faux culs, mais je jouais leur jeu, ils pensaient que j'étais conne. J'ai surtout fait ça pour que mes pa… Enfin bref. »

C’était assez triste et intéressant également. Comme je l’avais soupçonné, personne ne s’était jamais présenté à Hayate dans l’optique de lui venir en aide. Elle n’avait été confrontée qu’à une grosse bande d’enfoirés et d’ordures qui ne voulaient rien d’autre que lui faire du mal. Je me visualisais très bien la chose. J’avais déjà entendu dire que contempler notre reflet dans un miroir nous aidait à faire face à nos démons. Nous étions confrontés aux pires versants de notre vie. Peut-être que retrouver tant de similitudes entre le vécu d’Hayate et mon passé avait provoqué ce flux d’images et de moments que j’avais essayés d’enterrer tant bien que mal au fin fond de mon esprit. En me projetant tous ces moments, ma gorge se serrait. Mon cœur cognait de plus en plus fort contre ma poitrine. D’une minute à l’autre, je sentais que mon corps pouvait se mettre à trembler frénétiquement. Je sentais que des larmes pouvaient glisser sur mes joues. Non, je devais rester calme ! J’inspirai un grand coup et serrai les poings. Il ne fallait pas craquer. Fais face, Miki, reste déterminé et concentré. Je replaçai mon attention sur les propos d’Hayate. Bien qu’elle se soit coupée, je me doutais fortement du terme qu’elle avait choisi de « censurer. » Oui. J’avais aussi gardé le silence pendant longtemps. Ils n’avaient rien su avant un moment. Ma rancœur d’autrefois s’était peu à peu transformée en culpabilité depuis. Les temps changeaient et, même si je m’en voulais aujourd’hui, je ne regrettais pas de leur avoir dit la vérité. Pas toute la vérité mais une bonne partie. Ce qui en restait, il était trop tôt pour en parler. Hayate se retourna vers moi à visage découvert. Un petit sourire vint alors illuminer son visage. Mon expression d’égaya également, laissant apparaître à mon tour un sourire discret.

« Je comprends, j’ai mis du temps à leur en parler aussi. Des fois, il suffit que quelqu’un te fasse ouvrir les yeux sur pas mal de choses pour que tu en viennes à sauter le pas, dis-je en serrant ma croix alors que mon sourire s’élargissait. Je secouai la tête pour chasser cette expression un peu niaise de mon visage. Je m’éclaircis la gorge et repris. Hum ! Tu veux peut-être boire ou manger quelque chose ? J’ai surtout des trucs au chocolat par contre. »

Je me grattai l’arrière de la tête, gêné. Pourquoi me sentais-je tout bizarre lorsque je parlais de toi ? Hayate ne te connaissait pas alors, pourquoi ? Je ne comprenais pas. Sentant la chaleur monter jusqu'à mes joues, je me retournai et saisis la bouteille d’eau posée à côté de mon lit. Je bus quelques gorgées en espérant que la fraîcheur du liquide puisse faire passer ce coup de chaud. Putain de merde. Mes joues étaient toujours bouillantes, je rougissais. Mais bordel pourquoi ? Je restai dos à Hayate, priant pour que cela se passe rapidement. Que m’arrivait-il bordel ?!
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(#) Re: [L-9] Je crois que des explications s'imposent.  Mar 7 Nov 2017 - 2:24

Mon petit sourire fut contagieux apparemment, tant mieux. Puis il me déclara quelque chose qui me fit comprendre qu'il avait compris la fin de ma phrase. Merde, je ne voulais surtout pas ça... Il tenait sa croix en me disant cela, sûrement un objet important pour lui. Miska-kun secoua légèrement la tête sans doute pour chasser quelques mauvais souvenirs potentiels, le pauvre... Miska-kun me proposa de manger ou boire quelque chose. Puis tout à coup je le vis commencer à rougir. P-p-p-pourquoi rougit-il ?!! Il s'était retourné pour boire quelques gorgées d'une bouteille d'eau qu'il avait saisie. C'est moi qui le fais rougir comme ça ? Non non non c'est impossible, je suis perdue, non il doit euh penser à euh et bien euh aaaaah ! Calme-toi, calme-toi Hayate. Tout va bien... Respire calmement et doucement. Hein quoi ?! Je sens que je commence à rougir, p-p-pourquoi ?!! Il n'y a aucune raison pour que je rougisse comme cela ! C'est bizarre, je me sens toute chose depuis que j'ai parlé et que mes yeux se sont plongés dans les siens. Aaaah, mais je dis quoi moi ?! Arrête tes conneries maintenant ! J'ai des bouffées de chaleur à penser comme ceci. Mais il m'arrive quoi ? Mon cœur bat si vite, terriblement vite... ! Il pourrait traverser ma poitrine s'il ne se calme pas ! Je posai ma main droite sur ma poitrine et je couvris ma bouche avec mon autre main d'une façon très anxieuse. Ça ne se calmait pas... Bordel tu vas arrêter mon cœur de faire de la batterie dans mon torse ?!! Parle pas à ton cœur espèce de débile, ça a pas de conscience un cœur ! Bon, on va répondre à Miska-kun :


J-j-j-j-j-jeeeee


Mais bon sang, j'arrive pas à m'exprimer. Que m'arrive-t-il ?!! Je me mis des petits coups sur le haut de la tête avec mes deux mains tel un petit singe. Tu es ridicule Hayate... Bon, ça a eu le mérite de calmer un peu le pogo auquel se livrait mon cœur, ouf. Aller réponds-lui comme d'habitude, imagine que c'est un client du restaurant, oui voilà, c'est un client. NE DIS SURTOUT PAS " BONJOUR ET BIENVENU AU RIVER SONG ! " Je deviens folle, je me parle à moi-même, même, je m'engueule... Ça ne va pas ma pauvre... Mais c'est d'avoir vu rougir Miska-kun qui m'a mise dans tous mes états ! A qui il a bien pu penser pour se mettre à rougir comme ça ? Puis ce petit air qu'il avait le rendait, je ne saurais pas décrire, mais quand je l'ai vu être gêné... Mes... Mes yeux... ce sont remplis d'étoiles à le voir comme ça... Aaaaah, je repars en cacahuète !! Bon ça suffit !


O-oui, je veux bien quelque chose, n-ne t'en fais pas, j'accepterai ce que tu me proposeras... M-merci Miska-kun...


Putain c'était ridicule... Il m'a perturbé... J'ai chaud juste en ayant parlé... Par contre on arrête les conneries, je dois lui dire sur un ton assuré et sérieusement pour mes parents... :


Miska-kun, j'ai une faveur à te demander, c'est très important. J'ai cru comprendre que tu as su où je voulais en venir sur la fin de ma phrase tout à l'heure, ça me déplait... J'ai un peu trop parlé sur le coup de l'émotion. Mais ne leur dis rien s'il te plaît. Je t'en supplie !


Je m'inclinai quand je lui demandai cela, mes mains réunies un peu au-dessus de mon visage tout en fermant les yeux, chose que l'on voit souvent au Japon pour demander une faveur ou pardon. C'est vraiment important pour moi qu'il accepte...

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(#) Re: [L-9] Je crois que des explications s'imposent.  Mar 14 Nov 2017 - 23:35

Je crois que des explications s'imposent

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Il était assez rare de me voir rougir. En effet, les sentiments de gêne, de honte, de colère et je ne savais quoi d’autre, ne se manifestaient pas comme cela chez moi. Enfin, ils ne se manifestaient pas comme cela en général. J’évitais autant que possible de m’exposer à une quelconque situation embarrassante. Je n’étais pas le seul, nous faisions tous plus ou moins en sorte de fuir ce genre de moment. Certains devaient aimer cela mais je m’en foutais, je ne les connaissais pas. Oh mon Dieu non ! Je ne voulais pas être mêlé à des gens pareils. Des masos très clairement. J’avais beau porter du cuir, je n’étais pas trop dans ce trip. Nan pas trop non. Rangez vos fouets et votre Fifty Shades of Grey à la con, vous n’en auriez pas besoin avec moi. Euh c’était bizarre. Je voulais dire que je refusais de trouver ces trucs dans mon champ de vision. Il y avait des adeptes des coups de fouet, des menottes et d’autres instruments de l’enfer infernal mais ce n’était pas mon cas. Et puis, quitte à se frapper le cul avec un bouquin, autant choisir de la bonne littérature. Quoi ? Non je ne l’avais pas lu. Non… Mais non enfin ! Bon ok les cent premières pages… J’avais déjà manqué d’interrompre ma lecture beaucoup plus tôt. Mais l’espoir faisait vivre voyiez-vous. Non mais j’avais craqué au bout de cent pages environ. Je voulais bien faire des efforts mais au bout d’un moment, juste non. J’avais déjà lu Twilight en entier alors voilà. Euh… Bref ! Alors oui les joues rouges… Putain, parler de joues rouges après avoir mentionné un roman de pseudo SM, c’était chaud. Pas chaud comme cela putain ! Je n’y étais pour rien là ! Nous disions donc… Sérieux Miska, sérieux… Oui, je rougissais très rarement. Je devais réciter un exposé devant toute la classe la dernière fois que cela s’était produit. J’avais à peine treize ans quand ce moment de souffrance était arrivé. Si vous faites encore une fois référence au SM, je vous fais bouffer vos cheveux. Bref, la présentation se faisait à deux, Dieu merci, mais le stress était bien présent de mon côté. Mon collègue de toujours n’avait pas peur de parler pendant un quart d’heure du mariage arrangé en Inde. Devant trente personnes. Un vendredi après-midi. Un vendredi de vacances. Que du bonheur. Il se tenait près de moi et se montrait calme pour m’aider à apaiser mon angoisse. Lorsque je parlais trop vite, son coude exerçait une pression discrète contre mon bras, me signalant ainsi que je devais ralentir mon débit de parole. Mon visage était tellement chaud ce jour-là, j’avais l’impression que de la fumée était prête à s’échapper des pores de ma peau à tout moment. Mes joues étaient sûrement plus vives que les cheveux de mon ami. Évidemment, tout était sous contrôle ! Heureusement, après les quinze plus longues minutes de ma vie, le calvaire était terminé. D’après les remarques de la prof, nous nous en étions plutôt bien sortis. Dans tous les cas, j’avais détesté cet exercice. Je n’avais plus rougi de la sorte depuis.

Ce fut donc plus que surpris que je sentis mon visage se transformer en tomate. Il n’y avait pourtant aucune raison à cela. Je n’étais pas rendu nerveux par une éventuelle attention que l’on me porterait tout à coup. La colère ne m’envahissait pas et j’en étais plutôt satisfait. Ma tête pouvait se reposer, et mes nerfs également. Il ne faisait pas particulièrement chaud dans cette chambre. Enfin, objectivement il ne faisait pas chaud. L’hiver était venu et les pièces étaient maintenues à bonne température grâce au système de chauffage. Oui, élémentaire. Non je ne citerais pas Sherlock Holmes. Bonne littérature, oui, clichés, non. Je profitai du fait d’être face au mur pour jeter un petit coup d’œil au radiateur accroché au mur. Je plissai les yeux pour arriver à déchiffrer ce qu’affichait l’appareil… Ouais 19°C. Température standard. Mais alors pourquoi avais-je si chaud, bordel ?! Encore une, il ne se passait rien, enfin rien qui ne justifiait une telle réaction. Je n’étais pas stressé en discutant avec Hayate. Au contraire, elle me paraissait bien plus anxieuse à chercher ses mots. Était-elle si peu expérimentée dans le domaine social ? Et bien. Pour me crier dessus cela coulait tout seul, mais pour discuter normalement, c’était déjà un peu plus compliqué apparemment. Je pouvais la comprendre sur ce point, il m’avait fallu du temps pour apprendre à parler sans crier, sans m’énerver. Cela n’avait pas été de tout repos mais je parvenais à m’exprimer de façon tout à fait normale aujourd’hui. J’arrivais à causer sans ponctuer toutes mes phrases par une insulte et mon ton général avait baissé de quelques décibels.  Nos oreilles étaient sauves. Tout cela pris en compte, je pouvais facilement admettre les difficultés que rencontrait Hayate lorsqu’elle s’exprimait. Même si, au vue de la situation, je parierais plus sur la surprise. Elle ne semblait pas s’attendre à cette réaction de ma part quand elle s’était mise à me gueuler dessus. Je n’allais quand même pas fuir la queue entre les pattes. Et puis, je ne m’étais pas donné cette peine pour la voir partir au moindre pet de travers. De toute façon, ce n’était pas comme si mon état me permettait de péter de travers. Je pensais et je sentais mon visage devenir plus frais. Je soupirai au fond de moi, soulagé. Étant perdu dans mes songes, je sursautai légèrement lorsque la voix de l’adolescente arriva jusqu’à mes oreilles.


« J-j-j-j-j-jeeeee… O-oui, je veux bien quelque chose, n-ne t'en fais pas, j'accepterai ce que tu me proposeras... M-merci Miska-kun... »

Je me retournai pour la regarder. Putain, elle avait vraiment du mal à formuler des phrases. Étrange, il ne m’avait pas semblé avoir décelé ce genre de difficulté chez elle. Après tout, je n’avais pas eu l’occasion de faire plus ample connaissance avec elle. Cette conversation était la plus longue que nous avions partagée. Elle n’était pas très joyeuse mais bon, il fallait bien passer par-là. Ce qui me frappa dans sa réponse fut la manière dont elle s’adressa à moi. Je n’étais pas habitué à ce quelqu’un me nomme en employant les suffixes japonais. J’avais conscience que cette pratique était relativement fréquente dans ce pays, même si je ne l’intégrais pas vraiment dans mon quotidien. Je connaissais la signification de ces petites terminaisons, là n’était pas la question. Ce n’était simplement pas un automatisme pour moi et je ne cherchais pas vraiment à ce que cela le devienne. Par conséquent, entendre quelqu’un ajouter cette particule à mon prénom me fit tout drôle. C’était… différent. Oui c’était le mot juste. De plus, ce suffixe, - kun, était employé pour témoigner d’une certaine considération, d’une certaine affection si mes souvenirs étaient exacts. En même temps, j’entendais ces petites syllabes flotter partout dans les couloirs, les élèves A-DO-RAIENT les utiliser. Comme quoi, c’était courant. Du coup, Hayate m’appréciait si je suivais la logique du bordel. Et beh, c’était rapide avec elle. Bon après je n’allais pas me plaindre, il valait mieux cela que me retrouver avec une folle furieuse sur le dos. Je la regardai quelques secondes, le visage neutre, avant d’intégrer ce qu’elle venait de me dire. Elle avait accepté ma proposition. Je lui adressai un hochement de tête et m’approchai de mon armoire. Alors que je m’apprêtais à m’emparer de la précieuse clé, Hayate reprit la parole et me demanda quelque chose qui, étrangement, ne me surprit pas vraiment.

« Miska-kun, j'ai une faveur à te demander, c'est très important. J'ai cru comprendre que tu as su où je voulais en venir sur la fin de ma phrase tout à l'heure, ça me déplait... J'ai un peu trop parlé sur le coup de l'émotion. Mais ne leur dis rien s'il te plaît. Je t'en supplie ! »

J’haussai un sourcil en contemplant la posture qu’elle venait d’adopter. Elle me suppliait de tenir ma langue apparemment. Wow, cela comptait vraiment à ses yeux. Une fois de plus, je pouvais le comprendre. Je comprenais mais je n’étais pas forcément à l’aise, ni même d’accord à l’idée de cacher ce que j’avais appris à ses parents. Même si, il fallait bien l’avouer, je ne les connaissais absolument pas. Il fallait également préciser que ce n’était pas mon rôle de leur en parler. Non, c’était plutôt le fait qu’ELLE leur cache qui me laissait amer. Je soupirai et profitai du fait que ses yeux soient clos pour sortir mon trésor. J’ouvris mon armoire et me pencha vers le sol. Je desserrai ma chaussure droite et en extirpai la clé. Je me redressai et déverrouillai la boîte cachée parmi mes vêtements. Une fois le coffre ouvert, je glissai de nouveau la clé dans ma chaussure, ni vu ni connu. Quoi ? Vous trouviez cela bizarre ? Croyez-moi, lorsque vous avez un frère comme le mien, une astuce pareille n’était en rien inutile. Je sortis la boîte de l’armoire et refermai la porte de cette dernière. Je me retrouvai de nouveau face à Hayate, toujours dans la même position. Je souris et, ma boîte coincée sous le bras, je lui répondis.

« Je le jure devant Dieu, je n’en parlerai pas. Je fis un signe de croix sur mon cœur ainsi qu’un clin d’œil fatigué. Ne t’en fais pas. Et puis, ce n’est pas vraiment à moi de leur dire de toute façon. »

Je me rassis ensuite sur mon lit et ouvrit le couvercle de ma boîte, révélant ainsi des gâteaux et des chocolats en tout genre. Les gâteaux étaient tous au chocolat et aucun chocolat blanc ne venait polluer ma réserve. Ce concentré de sperme solidifié ? Oh non beurk ! J’en avais des frissons rien que d’y penser. Je commençai à fouiller dans mon butin avant de me dire qu’il serait préférable qu’Hayate choisisse elle-même ce qu’elle désirait manger. Je me contentai de ressortir ma tablette de chocolat noir entamée et fis signe à la jeune fille de venir s’asseoir à côté de moi. Je lui posai ensuite la boîte sur les genoux et je lui dis malicieusement, en croquant un carré de chocolat :

« Aller sers-toi. Profite-en, c’est open bar. »

Ce n’était pas tous les jours que j’octroyais l’immense privilège de se servir dans ma réserve personnelle à quelqu’un. Ce jour était à graver dans les ann… Non ne comptez pas sur moi pour finir cette phrase. Attendez, commencer avec du SM et finir sur cela, pas question. Je me laissai ensuite tomber en arrière, me retrouvant ainsi allongé sur le dos. Alors que je mâchais mon chocolat, mes yeux atterrirent sur le dessin accroché sur le mur. Je le regardai quelques secondes, un voile de nostalgie vint couvrir mes yeux malades. Je rompis ensuite le contact, ne voulant pas alourdir davantage mon esprit. Mon regard se détourna et choisit la sécurité du plafond, neutre et sans émotion. Il ne véhiculait aucun souvenir pour moi, cela me convenait mieux. Je pris une grande inspiration et expirai péniblement. Quelle journée putain…
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(#) Re: [L-9] Je crois que des explications s'imposent.  Ven 17 Nov 2017 - 1:42

Miska-kun accepta ma requête, ce qui me procura un grand soulagement. Il fit un signe religieux chrétien en finissant par un clin d’œil qui me fit rougir, je passe mon temps à rougir ce n'est pas possible ! Le jeune homme était muni d'une boîte qu'il portait sous son bras. Miska-kun s'installa sur son lit et commença à trifouiller la boîte avant de me proposer de venir m’asseoir à ses côtés et de faire moi-même mon choix dans la boîte, qui contenait une multitude de chocolats, sauf de chocolats blancs, à mon étonnement. Je pris donc une tablette de chocolat au lait et je commençai à la déballer. Pendant ce temps le jeune homme s'était laissé tomber en arrière sur le lit et regardait le plafond. Je décidai de faire quelque chose... Je commençai à me pencher vers lui, ce qui dut lui donner une entrée de champ de type nanardesque de mon visage. Je rougis de plus belle et dis au jeune adolescent :


M-m-merci Miska-kun... Pour tout... Pour la première fois de ma vie... J'ai rencontré quelqu'un qui me comprend...


Une pulsion incompréhensible me traversa l'esprit. J'arriverais pas à dire de quoi il s'agit, mais ça fait encore battre mon cœur très vite... Recule ton visage du sien banane, déjà ça ça aidera ! Mais, mais je n'arrivais pas à me détacher de ses yeux... Ce bleu si... si pur... Recule ta tête !! Ça devient gênant et tendu pour ton cœur qui part en steak et qui bat de plus en plus vite ! Je sortis alors très vite de son champ de vision, j'avais les joues qui continuaient de chauffer. Je croquai dans l'un des carrés de la tablette de chocolat offerte généreusement par Miska-kun puis je regardai ailleurs pour essayer de ne plus rougir. Soudain, j’aperçus mon téléphone afficher un message. Je le regardai, c'était maman qui disait :


Coucou ma petite fraise, ça va ? Ton père vient d'aller faire une petite course du coup je suis toute seule. Je m'ennuie un peu, il n'y a même pas un client, alors je prends des nouvelles de ma fille chérie. Tu vas être contente ton père a fait des tartes aux fraises ;P


Je ne pus m'empêcher d'éclater de rire et de joie. Les tartes aux fraises de papa ! J’appellerais maman quand je serais dans ma chambre ! La Saint-Valentin en approche, les restaurants allaient être blindés. Les moments de tranquillité risquaient d'être plus rares durant ce weekend, mais des tartes aux fraises, hihi ! J'étais complètement sortie de la situation présente. Je me vois déjà les déguster, le chocolat que je mangeais n'avait même plus un goût de chocolat alors que les images défilaient dans ma tête... Euh, enfin bref, je repris mes esprits, me rappelant que j'étais dans la chambre de Miska-kun.

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(#) Re: [L-9] Je crois que des explications s'imposent.  Aujourd'hui à 1:13

Je crois que des explications s'imposent

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C’était le bordel dans ma tête, et je détestais cela ! Trop d’émotions, de questions et de doutes se bousculaient, s’entrechoquaient. Je ne supportais pas ces moments d’incertitude, ils me tapaient sur le système. Habituellement, je ne rencontrais aucune difficulté quand il s’agissait d’identifier ce que je voulais ou non. Je possédais toujours une idée de ce qui me plairait ou de ce qui, au contraire, me contrarierait. Je n’avais aucun mal à savoir ce que j’éprouvais à l’égard de telle ou telle chose. Je savais également déterminer les sentiments qui m’habitaient lorsque je me retrouvais face à quelqu’un. Nul besoin de me creuser la tête pendant mille ans pour affirmer que je ne pouvais pas voir Mr. Machin en peinture, ou bien que Mrs. Bidule me donnait envie de l’étrangler, ou encore que l’autre morveux me gonflait tellement que le voir se noyer dans la piscine du quartier me ferait un bien fou. Quoi ? Non, je n’avais pas honte de penser comme cela. Aucun remords à l’horizon, non. Comment cela je devrais ? Pfeuh ! Arrêtez un peu de faire les faux culs… On se connaissait maintenant, vous pouviez retirer vos habits de bonnes sœurs, je ne vous jugerais pas. Qui étais-je pour juger après tout ? Il m’était déjà arrivé de faire des trucs objectivement assez sales. Du genre ? Et bien, par où commencer… Il y avait ce jour où j’étais au cinéma, confortablement installé dans mon fauteuil et attendant le début du film. Comme toujours, quelques publicités avaient précédé la projection et pendant ce temps de battement, un gamin d’environ six ou sept ans n’avait pas cessé de courir dans l’allée qui séparait les deux rangées de sièges. J’avais eu la bonne idée de m’asseoir en bout de file donc les allers et retours du môme avaient été pour ma pomme. J’avais essayé de supporter le bruit de ses chaussures contre le sol, ainsi que sa tête d’abruti qui passait en souriant. J’avais essayé, je vous le jurais. Mais lorsque sa tronche édentée s’était approché de moi pour la quinzième fois, impossible de me contenir plus longtemps. Lorsqu’il était suffisamment près, j’avais laissé dépasser mon pied et vlan ! La belle gamelle ! K.O. comme dirait l’une de ces voix off de jeux de combat. Je m’étais retenu de rire, franchement. Cette scène m’aurait fait pleurer si j’avais été seul. Personne ne m’avait grillé, pas même le gosse qui n’avait même pas vu mon pied avant de se gaufrer. Il s’était dirigé en pleurant à moitié vers ses parents mais au moins, j’avais pu regarder le film tranquillement. Héhéhéhé. Héhé. Hé… Quoi ? Je vous avais dit que je ne jugerais pas, vous, alors gardez vos remarques désobligeantes ! Non mais.

Bref, tout cela pour vous dire que l’agacement qui m’habitait lors de cette scène ne laissait place à aucune ambigüité. Je savais pertinemment que ce gamin me saoulait et puis point barre. Je n’éprouvais pas le moindre doute. Même si mon action s’était révélé être dans l’absolu un peu vache, elle m’avait soulagé car je n’avais pas douté. C’était agréable d’agir et de vivre sans être confronté à l’incertitude ou au remord. Tu avançais sans te poser de questions, l’idéal en somme. Réfléchir à la moindre de tes actions et pensées n’était pas nécessaire. Une belle économie d’énergie je pouvais vous le dire ! Mais ces derniers temps, je me sentais bien fatigué. Mon cerveau, je m’en rendais compte, était en constante ébullition. Mon esprit était traversé par diverses questions que je me contentais de repousser. Je ne voulais pas avoir à y réfléchir. C’était comme si leurs réponses m’effrayaient. Certes je n’étais sûr d’aucune d’entre elles mais la seule hypothèse qu’elles se vérifient me terrifiait. Pourquoi ? Et bien parce que… parce que… Parce que je ne peux pas l’accepter ! C’est impossible ! Juste impossible ! Il m’est impossible d’éprouver de pareils sentiments ! Il m’est impossible de te considérer comme cela ! Il m’est impossible de te voir autrement ! Je ne peux pas t’ai… Non. C’est faux, certainement faux. Il ne doit s’agir que d’une phase, d’une simple phase. Oui, une phase. Ce n’est que temporaire. Ce manque que je ressens, cette absence, elle n’est pas là pour cette raison. Cette partie de moi qui s’est envolé, ou plutôt qui ne s’est pas envolé à mes côtés ce jour-là, elle ne représente pas ce que je pense. Tu n’es pas ce genre de partie de moi-même. Tu ne peux pas l’être. Je pense à toi quand je suis seul, quand j’ai peur. Je pense à toi quand il me faut penser à quelqu’un. Quand j’ouvre les yeux au début du jour, je vois ton visage. Quand je les ferme au commencement de la nuit, mes pensées te sont dédiées. Tes cheveux rouges me hantent et tes yeux me… manquent ? Non… Je ne peux pas l’accepter… Pas toi… Juste une phase, et c’était tout. Tu ne devais pas y penser Mik… Miska. Tu devais oublier. Ferme les yeux et oublie.

Ils étaient clos depuis quelques secondes lorsque j’entendis remuer à côté de moi. Ce fut péniblement que je les rouvris, juste à temps pour voir apparaître le visage d’Hayate. Euh c’était un peu bizarre comme situation. J’étais allongé, elle était penchée au-dessus de moi. Dans une chambre. Sur un lit. Seuls. Tous les deux. Hum. Je savais bien que c’était mon idée mais là, je n’étais plus sûr de rien. A cet instant précis, j’ignorais quoi faire ou comment réagir. Je me contentai de fixer l’adolescente, incertain de ce qu’elle avait en tête. Je vis son visage se colorer. Il devint rapidement aussi vif que sa chevelure. Non, elle n’allait quand même pas ? Je déglutis difficilement à cause de ma gorge irritée et de mon angoisse grandissante.


« M-m-merci Miska-kun... Pour tout... Pour la première fois de ma vie... J'ai rencontré quelqu'un qui me comprend... »

Euh oui, certes. De rien, je supposai. J’hochai la tête timidement en guise de réponse. Je me sentais trop tétanisé pour faire davantage. Cette réponse ne me rassurait pas vraiment. Au contraire, je me sentais transpirer du dos avec tout cela. Son visage était bien proche du mien, bien TROP proche. Recule-toi Hayate. Non mais sérieusement, recule-toi. La proximité ne me mettait pas à mon aise en règle générale mais alors là, c’était pire. Mes paumes commencèrent à se faire moites elles aussi tandis que les yeux de l’adolescente fixaient les miens. Sans m’en rendre compte, ma tête s’enfonçait un peu plus dans les draps, tentant de fuir le regard d’Hayate. La force exercée contre le matelas était si infime, je doutai qu’elle s’en soit aperçue. Mis à part cela, je restai immobile, incapable de bouger. Je me décomposais intérieurement sous l’effet du stress et du malaise mais ce même stress et ce même malaise m’empêchèrent de réagir. Une boule grossissait dans mon ventre et ma gorge se serrait de plus en plus, me donnant davantage de difficultés à respirer. Mon Dieu, au secours, au secours, au secours… Navré pour cette fois dans le cinéma, ne me punissez pas pour cela, ayez pitié… A la seconde suivante, ma prière sembla avoir été exaucée. Hayate disparut, me laissant le plafond pour seul centre d’attention. Putain, encore dix secondes de plus et je me chiais dessus. Pour une fois dans ma vie, je fus soulagé que quelqu’un se jette sur mon chocolat. En effet, Hayate s’écarta de moi, oh oui de l’espace, et se mit à grignoter le chocolat que je lui avais proposé. Je profitai qu’elle ne fasse plus attention à moi pour pousser un soupir de soulagement. Merci Seigneur de m’avoir entendu.    

Tout à coup, je vis la jeune fille être interpellée par quelque chose. Je me concentrai et compris qu’elle consultait son téléphone. Elle devait avoir reçu un message, c’était mon hypothèse. Sa réaction soudaine vint plus ou moins confirmer cette pensée. Hayate ne manifesta aucune retenue à ses rires emplirent bientôt la pièce. Je voyais la joie illuminer son visage, tout le contraire de la fille toute rouge à laquelle je venais d’être opposé. Je me laissai sourire, un peu de bonne humeur ne faisait pas de mal. Je redressai légèrement mon dos et m’appuya sur mes coudes. Je n’avais pas la moindre idée de ce que contenait ce message mais il rendait Hayate heureuse, c’était indéniable. J’inclinai la tête et observai la jeune fille. Cette dernière calma ses ardeurs, assez brusquement je devais bien l’avouer. Sa réaction si soudaine me fit glousser. Hayate changeait bien vite d’humeur, c’était surprenant. Après, je ne fréquentais pas beaucoup de filles donc il m’était impossible de dire s’il s’agissait d’un comportement normal ou non. Je reconnaissais que c’était légèrement gonflé de ma part de souligner l’attitude changeante de l’adolescente. Mon cas n’était pas forcément mieux. Toujours le sourire aux lèvres, je déclarai d’une voix enrouée et plus rauque qu’à mon habitude :


« Une bonne nouvelle apparemment. J’ai rarement vu quelqu’un sauter autant de joie en lisant un message. »

Sentant mes coudes faiblir, je me redressai complètement et me retrouvai de nouveau assis à côté d’Hayate. Le malaise semblait être passé donc mon sourire n’avait pas faibli. J’espérais que ce genre de situation ne se reproduirait pas, c’était très étrange. Mon tee-shirt sous mon sweat était encore collé à mon dos. Oui j’avais eu chaud d’un coup. Il ne me semblait pas avoir rougi mais j’avais transpiré, c’était certain. Une bonne douche ferait l’affaire pour chasser toute cette humidité gênante. Encore fallait-il tenir jusque là. Hayate avait le don de me prendre de court alors je ne savais pas du tout à quoi m’attendre d’ici le moment où j’irais me laver. Croisons les doigts pour que je sois encore en vie.
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[L-9] Je crois que des explications s'imposent.
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