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 [Salle de musique] L'heure de se reprendre en main

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Heisuke Kodoku
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(#) [Salle de musique] L'heure de se reprendre en main  Mer 8 Nov 2017 - 20:03

Lundi 2 Mars


Depuis la St-Valentin, je passais la plupart de mon temps à réfléchir et encore réfléchir. La musique me manquait. Elle me manquait énormément… mais depuis cet été, la simple vue d’un piano parvenait à me rendre mal à l’aise. Bien sûr, je n’avais nul autre choix de m’y faire pour me rendre à mes cours de musique, mais tant que je n’avais pas à y toucher, je pouvais réussir à contenir mon malaise. Néanmoins, le cadeau de Keitô m’avait fait réaliser que je ne faisais que fuir sans cesse la réalité. Moi et moi seul était l’unique responsable de mon malheur. En fait, cette prise de conscience m’avait frappé il y a un bon moment déjà. Fuir était tout ce dont j’arrivais à faire lorsque la situation me dépassait.  Sans Keitô pour me soutenir, je serais probablement encore dans cet état dépressif et maussade. Toutefois, j’en avais assez de fuir! Si je continuais davantage à regarder en arrière, jamais je ne parviendrais à avancer et définitivement tourner la page. Keitô se faisait du souci pour moi, bien plus que je l’aurais imaginé. Je ne pouvais plus l’inquiéter de la sorte. De plus, étais-je pour ruiner mes rêves uniquement pour cette histoire? Où était la personne déterminée que je pensais être? Celui qui désirait à tout prix prouver à sa figure maternelle qu’il réussirait? Cela était sans compter que celle-ci me supportait dans mes projets dorénavant. Comment pouvais-je tout abandonner maintenant? Non. Je me devais de me reprendre en main et ce, avant la fin de l’année scolaire… Ce qui me laissait très peu de temps avec les examens finaux.

Cela faisait des mois que je n’avais pas touché à un piano. Bien que j’y jouais depuis tout petit, il était inévitable que mes mois sans pratique ait atteint mes habiletés et compétences. Déjà, si ce n’était que de ça, je ne ferais que me pratiquer encore et encore. Rien de bien méchant. Cependant, je devais maintenant jouer avec un handicap, ce qui ne me faciliterait en rien les choses. Ma main droite avait certes récupéré la plupart de sa capacité de mouvement, mais mon majeur pouvait parfois complètement bloquer. Comme je n’étais pas droitier, ce petit handicap n’avait pas beaucoup de répercussion dans ma vie de tous les jours, mais en ce qui concernait jouer du piano, c’était tout autre. Me connaissant, je risquais de tout abandonner pour de bon si je ne parvenais pas à jouer malgré mes efforts. Cette simple idée parvenait déjà à me ruiner le moral. C’était pour cela que j’avais besoin de quelqu’un pour me conseiller et me pousser à continuer. Malheureusement, cette personne ne pouvait pas être Keitô. Bien qu’il me supportât de tout son cœur, il n’était pas un pianiste. Il ne saurait comment me conseiller sur mes techniques et façons de jouer avec un doigt en moins.

C’était pour cela que mon professeur de musique était celui que j’avais en tête pour m’aider dans cette épreuve. Non seulement il savait jouer du piano, mais en tant que professeur, la pédagogie était également de son domaine. Autrement dit, il était la personne que je jugeais la plus apte à pouvoir m’aider à reprendre la musique. De plus, d’un autre côté, je crois qu’il sera fier de me voir enfin décidé à me reprendre en main pour de bon. Lorsque nous avions discuté en octobre, il se disait inquiet de mon état et de mes notes à la baisse, me rassurant que son aide fût disponible au besoin. Nous étions peut-être en Mars, mais je pense que son offre tenait toujours. Du moins, je l’espérais bien. Nous étions en fin d’année scolaire tout de même et je me doutais bien qu’il n’avait pas que ça à faire.

À la fin des cours, je fis signe à Keitô de prendre les devants. Connaissant mon intention de demander à notre professeur à m’aider à reprendre la musique, le guitariste me sourit et quitta la classe. De toute façon, il avait son club de basket. Donc même s’il aurait bien aimé rester avec moi, il ne pouvait pas vraiment. Et puis, cela ne me concernait que moi et Ogawa-Sensei. Je finis de ramasser mes cahiers et attendit patiemment que la classe se vide pour me rapprocher de du bureau de mon professeur.

- Ogawa-Sensei? Est-ce que vous auriez deux minutes? J’aurais une faveur à vous demander; l’interpelais-je, confiant.

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(#) Re: [Salle de musique] L'heure de se reprendre en main  Lun 4 Déc 2017 - 4:23

Cette fin d'année ne me lassait vraiment aucune minute pour souffler. Adieu mes petites pauses tranquilles près de la divine machine à café de la salle des profs, bye bye mes petites escapades à l'infirmerie pour voir ma miss sucrette entre deux intercours, adios mes longues conversations au téléphone avec Chiemi lors de mes heures de fourches. Au lieu de tout ce que je considérais comme ma « petite routine » je me dédiais une fois encore, et comme chaque année d'ailleurs, aux travaille supplémentaire que je m'imposais à l'attention de mes étudiants. La fin d'année, les examens tout ca… c'était une période assez importante pour presque tous dans l'établissement où le stress et le découragement contaminaient facilement les élèves qui se sous-estimaient où se réveillaient un peu tard. Je ne perdais pas espoir pour ces derniers mais reste que cela prenait beaucoup de temps pour leur faire rattraper leurs lacunes ou tout simplement consolider les connaissances qu'ils doutaient possédé.

Cela faisait des années que je préparais des révisions en prévisions de cette période mais pour être tout à fait honnête… je crois bien que ma nouvelle petite vie de famille m'avait quelque peu distrait de cette tâche cette fois-ci. Pour quelqu'un qui avait il y a peu encore conseillé à un élève de faire la part des choses entre le privé et le professionnel, voilà que je me faisais prendre au piège à mon tour sans même m'en rendre compte. Je dois dire que Sakura occupait une grande place dans mes pensées. Elle, Yukio et Ryoma en fait. J'avais l'impression d'être devenu un jeune père de famille alors que dans les faits et bien, je savais pertinemment que les enfants n'étaient pas les miens, que leur vrai père courrait toujours dehors comme l'enfoiré d'irresponsable qu'il était et qu'un jours il faudrait aborder ce sujet avec les petits. Bien qu'il était encore beaucoup trop tôt pour réfléchir à tout ca, une conversation anodine avec ma sœur m'avait mis ce sujet en tête et il n'en sortait qu'au moment où j'avais mieux à faire. Contrairement à ce que je croyais, l'idée d'être beau-papa me travaillait bien plus que je ne l'aurais cru au début de ma relation avec l'infirmière. Des doutes naturels certes et d'autres viendraient certainement les rejoindre petit à petit à l'avenir mais il est clair que ca faisait un moment que je ne m'étais plus posé autant de questions à un point que ça me ralentisse dans mon travail. Hum… Ryo, tu te ramollis, un peu de nerf ! Tu as des élèves de cinquième qui ont besoin d'aide pour leur entrée à l'université et à tes vrais cours de musique. Ce n'est pas parce que des cons comme Mitsutada disent que ce n'est pas une matière importante qu'il faut leur donner raison en lâchant la bride.

En parlant d'élèves qui avaient besoin d'aide, mes pensées vagabondèrent jusqu'à un certain pianiste en herbe. Kodoku, l'un de mes étudiants de première année et ses problèmes relationnels que je nommerais simplement « dépression d'automne » pour ne pas revenir sur les faits. Au final, je ne savais pas vraiment les tenants et aboutissants de cette histoire mais les travaux qu'il se remettait à me rendre complétés avec soin me mettait en tête qu'elle était belle et bien terminée. Il avait tenu parole la parole qu'il m'avait donné le jour de notre discussion, celle qui disait que ce n'était qu'une mauvaise passe et qu'il allait se réveiller. Je n'avais pas caché ma joie dans la salle des professeurs le jour où en faisait du mois, j'avais constaté la nette amélioration dans son travail. Je n'y étais certainement pas pour grand-chose mais c'était satisfaisant de voir des notes en hausse surtout venant d'un étudiant dont je croyais profondément en son talent. Lors de sa remise en selle, je ne cache pas avoir passé plus de temps sur ses copies que sur d'autre. Pas par favoritisme non, juste que par moment certain ont besoin d'un coup de pousse et si je peux aider un minimum je le fais. Que ce soit par des explications supplémentaires sur la copie où bien de simples petits commentaires encourageants. Je crois bien avoir mis quelques trucs du genre « encore un effort, tu es sur la bonne voie » ou bien des « très bon travail, continue comme ça » en dessous de certaines de ses notes. Une fois encore, ce n'était pas grand-chose mais c'était le peu que je puisse faire.

Je restais cela dit étonner de ne plus le voir me demander les clés de la classe de musique après les cours. D'autres le faisait sans problème et lui aussi d'habitude mais depuis sa mauvaise période, je n'entendais plus sa voix calme me demander du temps supplémentaire dans la salle, chose bien dommage pour tout musicien qui avaient besoin de pratiquer. Je lui avais par moment proposé les clés les jours ou personne ne venait me les réclamer mais je n'avais eu droit qu'à des refus de sa part. Bien que cela me surprenait à chaque fois, je préférais m'abstenir de commentaires. Il me démontrait qu'il se remettait à travailler à sa manière et semblait refaire attention à sa santé donc ca me suffisait bien pour le moment. De plus, bien malgré mes très gros doutes après l'apparition d'Heiki au bal d'halloween avec une fille en robe de mariée, l'ambiance entre le pianiste et le guitariste semblait elle aussi être revenue à la normale. Chose rare, ce dernier m'avait d'ailleurs demandé à son tour l'autorisation d'utiliser la salle de musique le jour de la saint Valentin. Comme quoi, je n'avais pas à m'inquiéter pour ces deux-là finalement.

La sonnerie annonçant la fin des cours venaient une fois de plus de retentir dans la salle pour cette fois-ci annoncer la fin de la journée. Vue la date, nous nous contentions plus de révisions que d'autres choses mais cela ne changea rien de l'ambiance studieuse habituelle dans laquelle nous évoluions à chaque heure. Il n'y a pas à dire, je préférais nettement donner cours à l'université même si rien n'indiquait que les classes du lycée ne pouvaient pas elles aussi faire preuve de calme. Toujours dans mon rythme de course de course contre la montre du moment, je comptais reprendre ma paperasse dans la salle des professeurs une fois la salle vide ou bien pour une fois m'accorder une pause avant de travailler le reste de l'après-midi à l'appartement de Sakura. C'est pendant que je réfléchissais tout seul tout en rangeant mon sac directement sur mon bureau que j'entendis la voix de Kodoku m'appeler.

« Ogawa-Sensei? Est-ce que vous auriez deux minutes? J’aurais une faveur à vous demander »

Rien qu’à l’appel de mon nom, je détourna la tête vers lui, curieux de le réentendre me parler aussi directement. Une faveur ? Ah oui je vois.

« Tu as besoin des clés de la salle c’est ça ? » Dis-je en rangeant mes lunettes avant de chercher la clé dans ma veste. C’était peut-être parce que cela faisait un moment mais il n’avait pas besoin d’être aussi formel pour me demander ça, ils le faisaient tous après tout.

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(#) Re: [Salle de musique] L'heure de se reprendre en main  Mer 13 Déc 2017 - 21:02

Bien que je sois confiant, je restais malgré tout un peu nerveux à lui demander une telle faveur. Je savais ce que signifiait la fin de l’année scolaire pour tous les professeurs et je ne voulais en aucun cas qu’il se force à accepter ma demande uniquement pour me faire plaisir et me motiver alors qu’il n’avait pas réellement de temps à m’accorder. Je ne voulais devenir un fardeau à ses yeux. Tout au long de ces derniers mois, je voyais bien qu’il passait beaucoup plus de temps à corriger mes copies que celles des autres. J’étais peut-être déprimé, mais pas aveugle. Bonnes ou mauvaises, mes copies étaient toujours celles avec le plus de remarques. Il m’avait déjà consacré beaucoup de son temps alors je comprendrais son possible refus. Néanmoins, je devais rester positif. J’étais motivé à reprendre la musique et ce, plus que jamais. Peu importe sa réponse, j’étais au moins certain d’obtenir son soutien.

- Tu as besoin des clés de la salle c’est ça ?


Certes… Il était vrai qu’à une époque je lui demandais souvent les clés de la salle pour me pratiquer après les cours, bien souvent en compagnie de mon tendre ami. Cette époque me manquait en quelques sortes. Tous ces après-midi paisibles passés avec mon amour à faire ce qui nous passionne tant, ce pourquoi nous sommes devenus si proches. Cela nous manquait à tous les deux… sauf que Keitô ne voulait me presser et ne m’avait exprimé ses sentiments à ce sujet avant récemment. Cela dit, je n’avais rien encore demandé qu’Ogawa-Sensei cherchait ses clés dans la poche de sa veste. L’idée que je reprenne la musique le réjouissait tant? Je me sentais presque coupable d’avoir inquiété mon professeur à ce point…

- Ce n’est pas tout à fait ça, Sensei…

Un jour, je lui redemanderais les clés de la salle, comme autrefois… Tous les jours même, si je pouvais rattraper tout ce temps perdu. Je jouerais toutes les mélodies du monde à mon bien-aimé pour le remercier d’être là pour moi et d’avoir cru en moi. Toutefois, avant cela, je devais réapprendre à jouer, d’où pourquoi je faisais actuellement face à mon professeur. Même s’il ne serait pas toujours là pour m’accompagner dans mon rattrapage, recevoir de ses conseils pour me guider sur la bonne voie seront plus que suffisants; cela et ses encouragements… C’était tout ce dont j’avais besoin. J’avais une confiance presque aveugle envers mon professeur. Dans un certain angle, je lui confiais presque mon « destin » entre les mains. S’il ne réussissait pas à m’aider à rejouer de la musique, je ne saurais dire qui serait apte à m’aider.

- En fait, Ogawa-sensei, j’aimerais que vous m’aidiez à rejouer du piano. Vous voyez… Il y a quelques mois, j’ai, comment dire… subit un accident et ma main droite en a subit quelques conséquences…

Il n’y avait plus que nous deux dans la salle, donc je pouvais bien être totalement franc avec lui. Il l’avait toujours été avec moi, sans compter qu’il ne pouvait pas totalement m’aider s’il ne savait pas toute l’histoire. De plus, ce n’était pas comme s’il n’était au courant de rien non plus. Je lui avais déjà dit au sujet de Keitô et je m’étais même « défouler » sur lui en octobre lorsque j’étais sur le point de complètement craquer. Je remontai donc la manche de ma chemise du côté droit, lui dévoilant la longue cicatrise blanche. Bien que le sujet soit encore sensible parfois, j’assumais désormais ce qui s’était passé ce jour-là. J’avais tenté de faire l’irréversible, mais il était temps pour moi de mettre cette histoire derrière et d’avancer. J’inspirai un bon coup et gardai le plus grand des sérieux.

- J’ai fait une erreur ce jour-là et je dois maintenant payer pour les conséquences qui en sont découlés.  J’ai jugé que vous étiez le mieux placé pour pouvoir m’aider, Ogawa-Sensei.

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(#) Re: [Salle de musique] L'heure de se reprendre en main  Lun 8 Jan 2018 - 18:50

« Ce n'est pas tout à fait ça, Sensei… »

« Ah ? » Intrigué par ce que pouvait bien vouloir le pianiste, autre que les clés de la salle, je reporta sans attendre toute mon attention sur lui sans cacher mon questionnement.

J'abandonna par la même occasion ma quête de clé dans la poche de ma veste, certain maintenant qu'elle ne me serait pas demandé par un autre élève vu la classe qui se vidait petit à petit. Voir le compagnon du jeune homme en face de moi prendre lui aussi la direction du couloir me fit cependant comprendre que ce dont voulait me parler le virtuose n'avait rien de simple ou d'anodin car dans le cas contraire, il l'aurait très certainement attendu sur le pas de la porte comme à son habitude.

« En fait, Ogawa-sensei, j'aimerais que vous m'aidiez à rejouer du piano. Vous voyez… Il y a quelques mois, j'ai, comment dire… subit un accident et ma main droite en a subit quelques conséquences… »

Un accident ? J'étais certes au courant qu'il ne voulait plus toucher au majestueux instrument qui trônait au fond de la salle mais avec notre dernière grande discussion, j'avais mis ça sur le compte de son état psychologique. Il mangeait à peine et ne semblait pas très bien dormir non plus à cette époque alors je m'étais plus ou moins fait une raison sur son manque d'envie de jouer et de composer à partir de ça. De plus, je n'avais pas entendu parlé d'accident pour l'un de mes plus vieux élèves de la part de Sakura. Je ne cache pas vraiment mes appréciations personnelles envers les compétences et le travail de quelques élèves quand je suis en privé ou dans la salle des profs alors si une chose était arrivée à l'un de ceux en qui je croyais fermement, elle m'aurait prévenue sans aucun doute. Maintenant, c'est vrai que la vie des étudiants ne se limite pas à l'enceinte de l'école et les parents ne sont pas tenu de nous informer de tout ça s'ils ne le souhaitent pas quant bien même cela serait important.

Naïvement, ou peut-être simplement parce que je ne voulais pas imaginer le pire, j'essayais de me faire l'image mentale d'une simple chute. Un poignet cassé, foulé, voir pourquoi pas une brulure faite par accident et mal cicatrisé à l'endroit en question. je crois que je voulais me rattacher au terme "accident" alors que qu'inconsciemment, au moment même où Kodoku avait commencé à remonter sa manche, l'horrible réalité fit sa place dans mon esprit.

J'eu à peine le temps de poser les yeux sur la longue cicatrice, qui arborerait dès aujourd'hui sa peau claire jusqu'à la fin de sa vie, que des sueurs froides me prirent de courts et je ne pu m'empêcher de détourner les yeux pour ne pas en voir plus. Je savais pertinemment que si je ne regardais pas le mur, le tableau ou que sais-je de plus anodin, je n'aurais pu me détacher de cette vision et imaginant sans cesse la détresse dans laquelle avait été le jeune homme pour en venir à se faire ça. Enfin je dis ca mais même maintenant, la tête tournée dans une autre direction et les yeux fermés le temps d'encaisser cet aveux, des scénarios horribles pointaient déjà dans un creux de ma tête.

Je n'avais jamais fait face au suicide. Que ce soit personnellement ou de part mon entourage. Je rationnalisais la mort par le fait qu'on ne pouvait pas y échapper et qu'elle nous tombait dessus sans que l'on ai à la chercher et qu'on ne pouvait donc rien y faire. Chiemi, de par son travail me parlait parfois d'enfants qu'elle n'avait pas réussi à sauver malgré les soins et ma réponse était toujours qu'elle avait fait de son mieux et que certain cas était tout simplement pris trop tard pour être soulagé. La maladie emporte les gens tout comme la vieillesse et là aussi je rationalisais la chose. Je m'attends à ce que mes grands-parents, qui m'ont élevé toute ma vie, partent un jour de cette manière mais bien que je sache pertinemment que ça me ferait un mal atroce de les perdre, je sais aussi qu'ils ont vécu une vie remplie et heureuse malgré les drames qu'ils ont parfois traversés. En parlant de drame, il y avait aussi les accidents qui survenaient oui. C'est instants brusques qui arrachent des vies sans signe avant coureur. Etant donner que j'ai perdu mes parents jeune, j'imagine que les personnes aux courant doivent se dire que je sais de quoi je parle. Pas tant que ça pour être honnête. Je n'avais pas l'âge de comprendre et je ne ressens pas vraiment ce manque dont beaucoup souffrent et je me dis simplement, à chaque fois que j'y pense, que ce qui était fait était fait. Ressasser le passer ou jouer avec des "Et si" ne changerait rien et malgré le bouleversement qu'aurait pu être cette disparition, je m'en sors plutôt bien.

Tout ça pour dire que du plus loin que je me souvienne, je n'avais jamais pris la peine de vouloir voir plus loin. Etre rationnel dans ce genre de situation ne marcherait pas. On ne peut pas étiqueter la souffrance par des solutions ou même de belle réponses. Il n'y a même tout simplement pas de réponse à y donner. Des raisons oui mais même celles-ci n'étaient pas profondément compréhensible d'un regard extérieur. J'ignore comme l'entourage proche de mon élève avait réagi en découvrant le funeste destin qu'il avait tenté de se donner. Avaient-ils seulement profondément essayer de comprendre ses raisons où avaient-ils prit la décision de le protéger à partir de maintenant en n'essayant de ne voir qu'un futur possible. Ces mêmes personnes étaient-elles lié directement à son malheur d'ailleurs ? Je n'en sais rien en fait. Je sais les problèmes, ou du moins plutôt le ressentit par rapport au problème qu'il avait rencontré avec Heiki mais je suspectais sans mal qu'il y avait eu beaucoup plus noir que ca pour le pousser à une telle folie.

« Kodoku... »

Après une lourde déglutition, c'est avec difficulté que je me ressaisis enfin pour le regarder à nouveau, évitant soigneusement de baiser le regard sur son bras.

« J'ai fait une erreur ce jour-là et je dois maintenant payer pour les conséquences qui en sont découlés. J'ai jugé que vous étiez le mieux placé pour pouvoir m'aider, Ogawa-Sensei »

Je ne sais pas ce qui était le plus dur là-dedans. Imaginez la souffrance par laquelle il était passé ou bien d'imaginer qu'il allait maintenant devoir vivre avec ce qu'il appelait son "erreur" chaque jour qui passe. Il semblait confiant, enfin non pas confiant, plutôt résolu à avancer en s'adressant à moi aujourd'hui. C'était une bonne chose mais je trouvais malgré tous la situation particulièrement amère.

« Si la musique peut faire quoi que ce soit pour toi je serais heureux de pouvoir t'aider » lui dis-je sincèrement après un léger moment de réflexion.

Je ne voulais pas lui poser de question sur son acte. Peut-être lui demanderais-je plus tard si tout allait mieux pour lui mais dans l'immédiat je préférais me concentrer sur sa demande, aussi bien pour lui que pour moi. Il avait besoin d'avancer et non de recaser le passer et moi, je n'étais tout simplement pas vraiment la personne la mieux placer pour l'aider dans tout le reste. Je repris mon étui à lunette et l'une de mes fardes de partitions avant de prendre lentement le chemin vers le piano.

« Si tu as du temps maintenant, autant nous y mettre dès aujourd'hui. Plus tôt on commencera, plus tôt ta main retrouvera de sa vigueur. Et vu ce que je vous prépare pour l'année prochaine tu auras besoin de tout ton talent crois-moi » Dis-je en essayant de retrouver mon entrain.

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(#) Re: [Salle de musique] L'heure de se reprendre en main  Ven 9 Fév 2018 - 6:05

Rouler cette manche de chemise fut tout un défi. Avouer ce genre de chose n’était pas chose facile à faire après tout. J’assumais peut-être ce qui s’était passé cet été, mais son éventuelle réaction m’effrayait.  Le suicide était un sujet plus que tabou dans notre société. Cela démontrait que nous étions des incapables, des impuissants face à la vie. J’avoue mettre senti comme étant la pire merde de ce monde ce jour-là. La déprime m’avait envahie et m’aveuglait complètement. Sans repère, je ne trouvais pas le chemin à prendre pour échapper à toute cette détresse qui consumait mon être. Il était paniquant de ne plus saisir le sens de sa propre existence. Quand je repense à ce jour, je me dis parfois que je ne conçois pas vraiment comment les choses auraient pu être autrement. Tout était si noir, si froid… Je n’avais jamais réellement compris par le passé comment un individu pouvait envier la mort jusqu’à ce que je le vive moi-même. À ce moment bien précis, j’étais persuadé que quitter ce monde était l’unique solution à mes problèmes. Je me souviens… Je me souviens parfaitement de la douleur; de cette pénible douleur que me procurait tous les battements de mon cœur. L’arrêter était la seule solution possible pour cesser cette torture qui pourtant m’envahissait seulement depuis quelques heures. J’étais pathétique.

Aujourd’hui, je me demandais encore pourquoi je ne m’étais tout simplement pas directement planté ce couteau en plein centre de ma poitrine. Pourquoi avait-il fallu que je teste la lame sur mon poignet avant? Je savais déjà pertinemment que le métal était bien assez affuté. Attendais-je qu’on vienne me sauver? Qui sait? Les souvenirs de cette soirée m’étaient assez flous, mais je crois que je souhaitais réellement au plus profond de moi-même que Keitô vienne m’arracher cette arme de mes mains et me sauve de ce triste destin.

Mon professeur détourna les yeux au moment où ils se posèrent sur la marque. Je n’en fus aucunement insulté. Je comprenais que cette nouvelle information majeure pouvait le rendre des plus mal à l’aise. De mon côté, une légère dose d’adrénaline dans mes veines fit accélérer mon rythme cardiaque. Sa réaction me rendit plus nerveux. Je ne savais dire s’il était complètement dégouté, ou s’il avait simplement de la difficulté à imaginer ce que j’ai vécu il y a de cela plusieurs mois maintenant. Toutefois, mes doutes furent dissipés lorsque son regard revint sur moi. Je pouvais y percevoir une certaine compassion. Bien qu’il prît un moment avant de me répondre, je pouvais ressentir que je n’avais plus à m’inquiéter en ce qui concerne ses intentions à me soutenir dans cette épreuve. Ma nervosité se calma enfin.

- Si la musique peut faire quoi que ce soit pour toi je serais heureux de pouvoir t'aider.

Face à sa réponse positive, je ne puis m’empêcher de lui sourire, soulagé. Je crois bien que c’était la première fois que j‘abordais une telle expression devant mon professeur principal. Après tout, il était plutôt rare de me voir sourire; bien qu’on puisse m’y surprendre beaucoup plus depuis que je suis en couple avec Keitô. J’étais heureux qu’il accepte ma requête. Je l’avais bien mal imaginé me refuser son aide, mais je me trouvais insouciant de me convaincre qu’il accepterait alors qu’il y avait tant de choses à prendre en compte dans sa décision.  

- Si tu as du temps maintenant, autant nous y mettre dès aujourd'hui. Plus tôt on commencera, plus tôt ta main retrouvera de sa vigueur. Et vu ce que je vous prépare pour l'année prochaine tu auras besoin de tout ton talent crois-moi.

Je le regardai se diriger vers le piano au fond de la salle, partition à la main, avant de suivre le pas, enthousiaste. J’étais effrayé à l’idée de retoucher à l’instrument, mais je me devais de rester confiant. Je voulais lui montrer que j’étais bel et bien déterminé à reprendre la musique.

- Oui, je suis prêt.

Néanmoins, une fois arrivés tout près du majestueux instrument, un frisson d’inconfort me parcouru tout le corps. J’avais beau être déterminé, mais j’allais devoir me défaire de cet inconfort que me provoquait ces reviviscences peu agréables.  D’un mouvement plutôt lent, je déposai, un peu hésitant, ma main droite sur le rebord du piano. Mon cœur battait à toute vitesse. Bien que cicatrisée, j’avais l’impression que la plaie sur mon avant-bras se réouvrait dans un pincement douloureux. Je pris une grande respiration. Il fallait que je prenne mon courage à deux mains. Pas question de reculer, surtout maintenant. Cela dit, je réalisai que je n’avais pas encore mentionné ce détail à Ogawa-Sensei, ce que je fis immédiatement, tentant de garder mon plus grand clame.

- Une dernière chose, Sensei. En fait, pour tout vous dire, j’ai fait ma tentative aux pieds du piano qui se trouve à mon domicile… Et je vais vous avouer que la seule la présence de l’instrument parvient à me rendre mal à l’aise. Disons simplement que les souvenirs de cette journée reviennent me hanter, d’où pourquoi j’ai préféré les éviter jusqu’à aujourd’hui. Je suis motivé à mettre tout cela derrière moi, mais je tenais à être honnête avec vous. En ce moment, je ne saurais dire si je panique ou si je suis nerveux.

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