Revenir en haut
Aller en bas


Partagez | 
 

 Dans la famille Johansson, je demande...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
■ Age : 21
■ Messages : 215
■ Inscrit le : 12/11/2017

■ Mes clubs :

Mon personnage
❖ Âge : 16 ans
❖ Chambre n° : L-7
❖ Arrivé(e) en : Mars 2015
Kael Johansson
« Elève ; en 4ème année »
(#) Dans la famille Johansson, je demande...  Mar 10 Juil 2018 - 22:20

Dans le brouhaha permanent de la ville à peine endormie, une sonnerie de portable se faisait entendre. Au fil des minutes, elle se mélangeait à la cacophonie, devenait une nouvelle discordance dans la nuit. Une personne désirait ardemment en joindre une autre, avec un désespoir rare. Et vain. Vain car cette autre personne ne comptait pas répondre à cet appel désespéré.
Il s'agissait évidemment de Kael. Son état d'esprit était presque indescriptible tant il était détruit et noirci par un flot de sentiments contradictoires. Tout se confondait pour ne donner que des images rémanentes de malfaisance.
En début de soirée, Kael quitta sa maison sans prévenir et erra en ville jusqu'à arriver au quartier portuaire de Kobe. Le port illuminé par les lumières de la nuit se reflétait sur la surface de l'eau qui le bordait. Kael plongeait son regard dans ces lumières calquées sur l'eau, l'esprit perdu dans des pensées profondes. Il se sentait amer. Amer de ressentir une frustration accompagnée d'une insatisfaction. Emma allait partir. Et elle n'avait même pas l'audace de le lui dire en face. Depuis leur "accrochage" au stand du club de photo, elle l'évitait et ils ne se parlaient plus. L'annonce de son départ soudain ne plaisait évidemment pas à Kael mais il n'avait pas d'autre choix que de l'accepter. Il ne pouvait rien dire pour la retenir, surtout pas après lui avoir refait le visage. Qu'était-il pour elle, sinon qu'un ami qui l'avait brutalisée? Kael le comprenait très bien. Il n'avait pas le droit de lutter pour garder Emma. Elle ne serait jamais restée pour lui. Il aurait voulu éclaircir ce sentiment de bien-être qu'il avait avec elle et la chérir comme une amie qu'elle aurait dû être. Ce qu'il ne fera jamais.
Son portable le tira de ses pensées et son humeur se fit plus exécrable encore. C'était sa petite sœur, qui l'appelait inlassablement. Kael s'était disputé avec elle, pour ne rien arranger à son moral déjà assombri. Pourquoi? Kael s'énervait rien qu'à y repenser. Il regarda le numéro s'afficher sur son écran de téléphone. Son expression traduisait tout le mécontentement qu'il avait à cet instant-là. Après quelques secondes, il se décida enfin à décrocher mais ne laissa aucune chance à son interlocutrice.

« Fous-moi la paix, bordel de merde! »

Il jeta ensuite son portable contre le garde-corps qui séparait le quai de l'eau. L'écran tactile se brisa à la base et le cellulaire s'éteignit suite au choc. Kael s'approcha du bord du quai et s'adossa contre la rambarde, en soufflant. Il se laissa glisser au sol jusqu'à s'assoir. Il posa son bras sur son genou et leva la tête au gratte-ciel qui lui faisait face. Puis, il baissa lentement son regard sur son portable endommagé et, inévitablement, se mit à penser à sa sœur la Crevette. À l'autre bout de la ligne, il l'entendit pleurer. Ses sanglots résonnaient encore. Douloureusement.

Il se demandait encore pourquoi elle voulait faire ça. Pourquoi est-ce qu'elle souhaitait entrer à Kobe High School. Lui était clairement contre. Il ne voyait pas ce qu'elle cherchait à accomplir en choisissant de fréquenter le même établissement que lui. Surtout qu'elle était la seule des deux jumelles à le faire. Kael ne trouvait aucune explication logique et raisonnable à cela. Ce choix, c'était forcément un caprice de gamine pour lui faire chier. Il ne le concevait pas autrement. Il restait persuadé que pour elle, ce n'était qu'un jeu. Et ça l'énervait tellement. Kael ferma les yeux et soupira de nouveau sous l'exaspération.

Soudain une voix rauque perça les sons ambiants de la nuit.
« Toujours aussi délicat et sensible à ce que je vois. Tu n'as pas changé, Kael. »

Ce ton de parole plein d'assurance, ce timbre de voix posé et serein... Kael n'avait même pas besoin de se tourner vers sa provenance pour savoir de qui il s'agissait. Il reconnut immédiatement son frère aîné. Kael ne l'avait pas revu depuis un an. Celui-ci était accompagné par une jeune fille, frêle et réservée. Elle fit une petite courbette en guise de salutations, que Kael lui rendit brièvement d'un geste de la tête.

« On peut pas en dire autant de toi. » rétorqua-t-il à son frère qui lui semblait avoir pris un sacré coup de vieux.

Kael se releva péniblement, époussetant l'arrière de son pantalon. Il s'approcha ensuite de son aîné et lui fit une accolade partagée. Il ne s'attendait pas à le voir ici même s'il savait qu'il était arrivé à Kobe depuis peu, justement pour lui rendre visite. Il l'avait honteusement oublié le temps du drama qu'il traversait avec sa sœur cadette. C'était une bonne surprise de les croiser. Aussitôt qu'il les vit, Kael put mettre de côté ses soucis du moment. Même si son enthousiasme ne semblait pas atteindre des sommets, en vérité, il ne le montrait juste pas vraiment.
Son attention se porta ensuite sur la demoiselle. Kael s'agenouilla à son niveau et lui adressa un petit sourire bienveillant. Chose très rare qu'il ne réservait qu'à quelques personnes sur Terre.

« Bonsoir Mifuyu. »
Il prit ses petites mains dans les siennes et la jeune fille lui sourit timidement.
« Bonsoir, tonton... » dit-elle faiblement.
« Elle voulait absolument te revoir. » ajouta l'homme qui se tenait à côté d'elle, le regard tendre et aimant face à sa réaction. « Tu es contente? » adressa-t-il ensuite à Mifuyu.
Elle hocha innocemment la tête en approbation.
Kael se releva et poussa l'épaule de son frère d'une tape sèche.
« Et toi t'avais pas envie de me revoir, c'est ça? » lança-t-il, taquin. Ce à quoi, l'aîné se sentit obligé de répondre, et avec le sourire : « Non, effectivement. »

Kael roula des yeux, désabusé, mais ce n'était qu'une façade car évidemment, ils étaient tous les trois contents de se revoir.

Son frère se dirigea vers le portable sinistré et le ramassa en grimaçant, les arcades sourcilières rongées par un désespoir total vis-à-vis du cadet. Il soupira, bouche fermée, avant de prendre une certaine inspiration, préparant une remontrance qu'il savait pourtant déjà perdue.
« Les gens vont croire que tu roules sur l'or si tu n'arrêtes pas de casser ton smartphone. » fit-il remarquer, presque plaintif pour son père. Il savait que Kael avait déjà dû changer de portable à cause d'un premier incident. Anecdote que l'ami ne se pria pas de citer pour son humble défense.
« La première fois, c'est une blonde aux gros seins qui l'a pété. C'était même pas moi. » répliqua-t-il.
Aussitôt, son frère lui ficha un coup sec à l'abdomen.
« Parle pas comme ça devant ma fille, idiot. »
Kael para ce coup mais son grand sourire franc montrait à quel point ça l'avait manqué de pourrir son frère.
Mitchell Johansson. Un nom qui lui semblait si nostalgique à chaque retrouvailles. Plus le temps passait, et plus Kael se disait que son frère changeait. Lui qui était autrefois si droit, si parfait - presque tellement que cela l'étouffait - avait désormais l'image d'un homme plus libre que jamais. Et c'était tant mieux. Kael était rassuré de le savoir épanoui. L'aîné et le cadet ne se voyaient pas souvent depuis que Mitchell avait quitté le cocon familial. Son absence laissait un gros vide que Kael n'était jamais parvenu à combler, malgré la présence de sa mère et de ses sœurs. De ce fait, cela le rendait toujours heureux de pouvoir lui parler comme au bon vieux temps.

« Tout à l'heure, grand-père a appelé. Il a dit que tu étais parti... » déclara soudainement la demoiselle. Visiblement, cette information l'avait beaucoup travaillée et continuait de l'inquiéter. Elle baissa les yeux au sol et joignit ses mains entre elles.

Kael la regarda avec une légère peine et repensa alors à sa dispute avec la Crevette. Son regard s'assombrit et il alla se poser sur un banc qui longeait l'allée du quai. Il ne savait pas quoi répondre à Mifuyu sans avoir l'air de l'agresser verbalement à chacune de ses justifications. Il savait pertinemment que tout son entourage devait s'inquiéter mais il était en désaccord avec sa sœur et rien ne pouvait changer cela. Il lui était impossible d'encaisser une nouvelle pareille sans manifester son avis sur la question. Alors il resta silencieux. Son grand-frère l'observa attentivement mais il connaissait bien son cadet alors il haussa les épaules et eut un petit rictus amusé. Mitchell posa sa main sur l'épaule de sa fille et la guida près de son oncle. Tous les deux s'installèrent près de Kael, qui les fuyait du regard, les ignorant presque.

« Je me disais bien que c'était trop hasardeux. » confia-t-il sèchement.

« Oui, Papa m'a raconté pour toi et Ayako. » expliqua l'aîné, d'abord pensif. « Mais je ne pensais pas qu'on te trouverait si vite. »

Mifuyu se tut mais elle posa délicatement ses mains sur celle de Kael et se tournait vers lui, le regard neutre et droit. Mitchell croisa les bras et regarda en direction de la mer éclairée par les lumières de la ville.
« Je connais le point de vue des autres, je voudrais avoir le tien, Kael. » demanda-t-il calmement.

Son frère avait une sorte de pouvoir sur lui, une certaine emprise qui mettait Kael en confiance et le poussait à se confier d'une manière si aisée qu'il ne connaissait cela avec personne d'autre. Et ceci valait autant pour l'un que pour l'autre. C'était certainement le point le plus fort de leur complicité fraternelle.

« Ils ont juste pas confiance en moi. Ni papa, ni maman, ni Ayako. C'est pour ça qu'elle veut absolument venir dans ce bahut et qu'elle a réussi à convaincre les parents. » Il marqua une pause. « J'ai frôlé l'exclusion le mois dernier alors ils flippent tous. »

Kael n'avait pas envie de prononcer ces noms à qui il devait ses heures de colles et ses avertissements. Car ces noms seuls suffisaient à le plonger dans la haine. Il serra son poing puis il sentit le contact de la petite main de sa nièce le rassurer. Il pencha instinctivement la tête vers elle et put voir ses yeux rouges rivés sur lui. Elle avait des yeux magnifiques et un regard d'une intensité spéciale.

Depuis leur première rencontre, Kael trouvait que Mifuyu dégageait quelque chose de particulier. Elle était la raison pour laquelle il se teignait les cheveux et portait des lentilles. Ses cheveux blancs et ses yeux rouges, à elle, n'étaient pas un artifice. Elle était née comme ça et vivait durement avec cette maladie de naissance. Malgré cela, Mifuyu donnait un sens à la vie de Mitchell et rien que pour cela, elle devenait spéciale dans celle de Kael. Mais ceci est une autre histoire.

L'aîné reprit d'ailleurs la parole.
« Je ne savais pas que tu te souciais de l'avis des autres. C'est nouveau, ça. » commenta-t-il, sarcastique.

Kael grimaça à l'entente de cette remarque d'enfoiré mais il savait que son frère ne disait cela que pour l'enfoncer davantage. Il n'avait rien à y redire car c'était vrai; Kael s'occupait assez peu de l'opinion d'autrui, au point de s'en empoisonner la vie. Mais là, il était question de la famille, de ses parents, de sa petite sœur. Au fond, ce dont il n'avait pas envie, c'était que la Crevette soit pointée du doigt comme étant la sœur de celui-qui-a-pété-la-gueule à Jed, jeté des aliments suspects sur une cruche quelconque, ou encore envoyé Emma à l'infirmerie... Il redoutait les représailles indirectes. Les brimades à l'école, sa sœur avait déjà connu ça et il craignait qu'elle subisse d'autres formes de rejet. À cause de lui. Il pensait sincèrement qu'elle ne réalisait pas l'impact que cela avait de porter son nom.

Kael ne pouvait pas communiquer clairement ces inquiétudes. Pourtant, son frère aîné semblait émettre des suppositions s'en rapprochant, vu le visage espiègle qu'il avait. Mitchell se releva doucement et sortit son téléphone. Il s'éloigna pour passer un appel, à leur père sûrement. Kael ne le retint pas. Il prit dans sa main celle de Mifuyu, qu'il agrippa sans trop serrer non plus. Elle n'avait jamais rencontré ses "tantes". Il sentait qu'elle avait aussi envie de les voir. Ils étaient aussi venus à Kobe pour ça. Kael ne pouvait pas la priver de ce moment qu'elle attendait. Même s'il y avait encore ce malaise, il devait rentrer. Auprès des siens.

Son frère revint vers eux et déclara simplement : « Rentrons. »

Kael le dévisagea puis il se leva promptement après une minute de mutisme.

Sur le chemin du retour, Kael put constater qu'ils étaient venus en voiture depuis la maison alors le retour ne fut pas très long. Une fois devant le pas de la porte, il hésita à entrer dans sa propre maison. Cependant, lorsqu'il entendit le son de la voix de la Crevette se précipiter vers l'entrée, il comprit qu'il ne pouvait plus reculer et qu'elle allait se jeter sur lui en chialant. Il soupira profondément et poussa la poignée de la porte avant de s'annoncer. Sans surprise, la Crevette se tenait juste à l'entrée, les yeux gonflés et les joues trempées. Elle ne disait rien, sans doute parce qu'elle attendait que son frère l'engueule ou lui ordonne de s'écarter. Mais Kael ne fit rien de tout cela. Il se contenta d'attraper sa petite tête rose et de lui ébouriffer les cheveux.

« Arrête Ayako, t'es moche. » dit-il.

Parce qu'il n'avait rien de mieux. Ayako fondit en larmes, malgré ses efforts visibles de retenir ses émotions de Crevette. Elle était soulagée que son grand-frère soit revenu.

« Ce-C'est... toi, le... le boudin... » tenta-t-elle de dire entre deux sanglots et reniflements.

Home sweet home.
Revenir en haut Aller en bas
 
Dans la famille Johansson, je demande...
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Kobe High School :: Kobe ; centre ville :: La plage-
Sauter vers: