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 спортивный вечер - {PV Anna-Maria}

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Evgeniya Kolotitsev
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(#) спортивный вечер - {PV Anna-Maria}  Ven 28 Sep 2018 - 15:35

Anna-Maria
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Evgeniya
спортивный вечер (soirée sportive)
Sept...huit… Neuf...Dix ! Frapper, frapper, et encore frapper. Vêtue d’un simple top de sport blanc et d’un short de muay thaï assorti, je m’entraînais sur le mannequin gracieusement prêté par le club de karaté. Ma jambe droite partait percuter en alternance les côtes et la tête, toujours plus vite, toujours plus fort. S’entraîner était devenu une routine quotidienne. Même par le passé, lorsque je n’avais plus l’envie de faire quoi que ce soit, après le décès d’Alexei, j’avais continué, mécaniquement, à m’entraîner. Il était temps de passer à la jambe gauche. Dans le gymnase vide, chaque coup résonnait entre les murs de béton. Tourner la cheville du pied d’appui, lancer la hanche en gardant le buste droit, adapter sa garde, puis envoyer la jambe, frapper comme pour traverser l’obstacle, replacer le pied d’appui, puis le pied de frappe, recommencer. C’était devenu un rituel. Cinq séries de dix coups de pieds par jambe, en alternance gauche-droite, puis les poings. Sans être une culturiste ou une accro du sport, je dois avouer que c’est une activité qui m’a toujours fait du bien. Certes, les jours où le stress s’installait, c’était un excellent exutoire, mais même sans cette constante, je m’imposais de rester en forme, de continuer à m’exercer. Sept...huit...neuf...dix. Retour à la jambe droite, cette fois, en coup de pied retourné. Tourner les épaules vers le bas, dans la direction opposée de celle suivie par la jambe, lever celle-ci, la tendre, puis abattre le talon d’une rotonde sur la mâchoire du mannequin. Encore. Et encore. Et encore.

D’ordinaire, nous nous entraînions, par le passé, sur un sol de béton, froid et gris. Le tatami est tellement agréable, comparé à cette horreur que les russes ont pour terrain pour pratiquer ! Oh, bien sûr, il y en a également, et ce ne sont pas les moyens financiers qui auraient manqué pour m’en faire installer dans le domicile familial, mais je voulais être comme les autres. Au-dessus d’eux. Mais comme eux. C’était comme ça que je résonnais à l’époque. Et depuis que j’ai quitté le pays, tout ce que je souhaite, c’est finalement d’être quelqu’un de normal. De ne plus chercher cette compétition. J’avais arrêté le combat professionnel, il y avait une bonne raison à ça. J’avais quitté l’armée et abandonné tout espoir de redevenir officier un jour, laissant derrière moi une autre carrière prometteuse. Là aussi, il y avait une bonne raison. J’entends encore parfois la voix de mon instructeur, Vadim Starov, un grand chauve émacié spécialisé dans le massage de cervicales à objectif éliminatoire : « Tu peux faire mieux que ça, Evgeniya ! », quand tous mes collègues n’arrivaient pas à exécuter la moitié des mouvements qui me semblaient basiques. Désolé, vieux vautour, mais non, je ne ferais pas « mieux », désormais. Je ferais ce qui me plaît.

Rien qu’à y penser, j’en ai envoyé ma jambe percuter si fort la tempe du mannequin d’entraînement qu’il s’est effondré dans un « BLAM » sonore. Si j’avais été un peu plus maline, je l’aurais mis vers le milieu du tatami...quelle courge. Il me fallait le relever, maintenant ! Certes, j’ai du muscle, surtout pour une femme de mon gabarit...mais il pèse son poids, l’engin, mine de rien. Laissons tomber les coups de pieds pour aujourd’hui, ce pauvre dummy allait finir par sentir la sueur plantaire. Soupirant longuement après l’avoir remis sur pieds (enfin, sur socle, dans le cas présent), je m’étirais les épaules et les jambes, puis les dorsaux et les trapèzes. Ne JAMAIS  négliger les étirements. Enseignement important des formations militaires si l’on veut être en capacité de bouger le lendemain sans avoir l’air d’une grand-mère arthritique. Un peu de gainage ne me ferait pas de mal, avant de revenir lui artiller sa petite tête en silicone anthropo-texturée à grands coups de poings et de coudes. J’avais déjà couru, fait mes pompes, un peu de corde à sauter, mon programme touchait presque à sa fin ! Quelques coups supplémentaires, un peu de gainage, haltères, étirement,  une petite demi-heure sur le mur d’escalade en auto-assurance, et je pourrais enfin aller prendre une douche bien méritée et enfiler de nouveau des vêtements décents.

Oui, j’ai bien dit « décents ». Non pas que je trimballe une poitrine digne de certaines revues peu recommandables pour l’éducation sexuelle de la jeunesse mondiale, mais j’avais suffisamment de volume pour que la brassière fasse ressortir mes seins d’une façon qui m’avait valu quelques (dizaines de) commentaires grivois à l’entraînement, fut un temps...Quand le claquement de la porte se fit entendre. Rejetant la tête en arrière, je ne pus que contempler l’horloge du gymnase. Dix huit heures trente. En général-on me l’avait assuré-, à cette heure, étudiants et professeurs préféraient prendre un peu de temps pour eux après la journée de cours, ou prendre part aux activités de leurs clubs. En prime, le jeudi, aucun d’entre eux ne venait, d’après le planning, s’abroger  la « possession » de la zone sportive. Tant pis. Il me faudrait donc aller ailleurs pour terminer tout ça. Je pouvais dire au-revoir à ma séance coups de poings et escalade...Heureusement que j’avais ma paire d’haltères qui m’attendait à la maison, et un rameur. Je ne comptais pas m’arrêter en si bon chemin ! Ramenant mes cervicales à une position qui ferait plus travailler le dos, mais qui ne me permettait pas de voir l’ingénu(e?) qui s’était invité(e?) à ma séance d’entraînement vespérale, je m’adressais donc à du vent en signalant ma présence et le fait que j’aie bel et bien entendu que quelqu’un venait d’entrer, dans un japonais approximatif.

- Je ne m’attendrait et merde, je m’étais trompé de temps et de personne, en prime… correction immédiate : je ne m’attendait... toujours pas la bonne personne, mais le temps était bon. Au diable la grammaire :  Pas à ce que quelqu’un vient (impossible de faire une phrase correcte...j’étais trop concentré sur mon gainage.) Par ici à cette heure-là !  Au moins, cette partie là ne devait pas avoir de fautes…

Terminant prématurément l’exercice, curieuse comme j’étais, je me relevais d’un saut carpé avant de rouler des épaules pour me tourner vers la porte. C’était toujours plus agréable de voir les gens à qui l’on adressait la parole ! Et puis, il faut dire ce qui était, il faisait trop chaud pour moi, et mes articulations n’aimaient pas ce genre de températures...D’où des étirements d’autant plus réguliers. J’attrapais ma gourde de kvas à l’airelle -fait maison, inutile de compter sur les produits industriels, et encore moins sur le fait de pouvoir en trouver au japon- avant d’en avaler une bonne rasade. Protéïnes, vitamines, et tanins diurétiques et détoxifiants : tout ce qu’il fallait pour entretenir une bonne forme physique. « Un esprit sain dans un corps sain », dit-on !

- Puis-je savoir à qui j’ai l’honneur ? , demandai-je avec un sourire. Les formules de politesse, ça, je les avais enregistrées. Après un matraquage régulier par mon CD de cours de japonais, certes, mais je les connaissais !
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(#) Re: спортивный вечер - {PV Anna-Maria}  Sam 29 Sep 2018 - 17:57

J’adore faire du sport. Je sais, je l’ai déjà dit et redit, mais je continue à appuyer sur ce point à cause de son importance, j’adore faire du sport. Du coup, naturellement, quand j’ai du temps libre, je me dirige vers le gymnase. A savoir, aujourd’hui, c’est ma journée neutre, celle où je ne vais ni au club de littérature, ni de dessin, et à la place, je passe tout un après-midi à m’entraîner.
Aujourd’hui, tout particulièrement, j’avais essayé de réserver l’après-midi pour réviser et dessiner, mais impossible de me concentrer. Et, maintenant que je viens de quasiment envoyer balader ma meilleure amie, je me dis qu’il est peut-être grand temps que j’arrête de me battre contre mes envies.
Je préfère choisir une heure où je suis certaine qu’il n’y a pas de cours, quitte à devoir me faire petite à côté des clubs, mais je sais bien qu’ils ne diront rien tant que je reste dans mon coin. J’essaie de me faire discrète, et visiblement, il y a personne, jusqu’à ce que j’entende un accent… Russe. Ou en tout cas d’Europe de l’est. Je dis surtout russe car c’est le seul que je connais.

Désolée de déranger. elle a l’air relativement musclée. Elle doit être plutôt sportive, ça m’intéresse beaucoup. Maria Wittmann.

Pendant que je parlais, je posais tout ce dont j’avais besoin, ma serviette, ma bouteille d’eau, ma besace contenant mon kit de soins professionnel. Et après, je commençais directement à m’échauffer, essayant de lancer la conversation, sentant ma jambe me tirer un peu plus que d’habitude, mais je passais ça comme un manque d’entraînement de ma part.

Et vous ? Je ne vous vois pas souvent dans le gymnase.

Pour le moment, je la vouvoie, car d’après son âge, elle est probablement membre du personnel. Ou sinon, elle est dans la même situation que Roman et moi, et est une étudiante plutôt vieille. Les deux options ne me semblent pas incohérentes, même si son côté très sportif me laisse plutôt pencher sur une membre du personnel – après tout, la sélection sportive ici est… Assez décevante, mais ne faisons pas dans la critique gratuite.

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Evgeniya Kolotitsev
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(#) Re: спортивный вечер - {PV Anna-Maria}  Sam 29 Sep 2018 - 23:14

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Je me retournais pour voir a quoi ressemblait la jolie blonde qui venait d'arriver était partie pour s'échauffer. Bonne nouvelle, visiblement, le fait que je reste ne la dérangeait pas! J'allais peut-être pouvoir finir mon entrainement! Maria Wittmann...non, ce nom n'était pas japonais, définitivement. Donc je pouvais m'esquiver royalement de cette langue Japonaise dans laquelle j'excellais a peu près autant que dans l'art de la couture. Et j'aime autant vous dire que j'ai toujours été une quiche en couture. Pas foutue de Faire un patchwork potable! Comme aligner une phrase en japonais. Ça non plus, j'en étais pas vraiment capable.

- Et vous ? Je ne vous vois pas souvent dans le gymnase.

- si ca ne te dérange pas, je suis plus a l'aise avec l'anglais... Je m'appelle Evgeniya Nikolaïevna Kolotitsev!, répondis-je avec un air enjoué en observant le dummy du coin de l'oeil, lui envoyant un coup de genou monumental dans la tempe avec un claquement sec : autant finir l'entrainement en discutant! mais je préfère qu'on m'appelle Ienya ou Evka. Je viens d'arriver début août, ca fait...deux fois que je viens ici!

J'achevais ma série de coups de pied-genou, alternant l'un et l'autre rapidement, avant de souffler un peu et de me diriger vers le mur d'escalade, auquel j'avais déjà accroché un baudrier. L'enfiler ne prit que quelques secondes, durant lesquelles je m'adressais de nouveau a Maria.

- Et...par pitié, tutoie-moi, je ne suis pas si vieille! Tu t'entraines souvent? On pourrait s'entrainer ensemble de temps en temps, si ca te dit!

Je grimpai une premiere fois, par le chemin le plus marge et facile, pour placer mes points d'assurance, puis redescendais avant de m'equiper. Une medicineball a la ceinture, les poids aux chevilles et aux poignets, j'atteignais les quatre vingt cinq kilos maintenant que j'étais harnachée et lestée! Un bout de bois taillé en forme de pistolet dans la main pour m'obliger a grimper d'une seule main, j'attachais la corde au mousqueton a ma ceinture, je verifiais l'assurance en tirant dessus. Un peu de magnésie sur les mains, je prenais le grip de mon "arme" bien en main et entamais ma grimpette réelle. Cette fois, je visais autant que possible les prises les plus petites. L'escalade n'était pas mon sport de prédilection, mais les parcours d'obstacles militaires n'en étaient pas exempts. Un peu d'expérience acquise qui me permettait, sur un mur d'escalade d'entrainement, de donner des performances plus qu'honorables. J'appréciais la sensation des tensions musculaires se modifiant au fil de l'ascension, sentir l'effort tirer sur chaque muscle, chaque partie du corps permettait de localiser les zones a travailler. Aussi équilibré que soit mon entrainement usuel, l'escalade était le complément parfait a celui-ci pour exercer équitablement ma musculature.

J'arrivais rapidement en haut du mur, m'accrochant a certaines prises par les coudes ou posant mes genoux sur d'autres pour me permettre de poursuivre mon cheminement vers la dernière plaque du mur, que j'attrappai de ma main libre pour me hisser d'un cran et saisir le câble a ma hanche. Une fois l'assurance validée de ma main libre, je redescendis en rappel, enchainant les zig-zags pour mieux brandir mon "arme" en direction des prises teintes de rouge. J'arrivais rapidement en bas, rangeant l'arme factice a ma ceinture et détachant le baudrier avant de resserrer l'élastique retenant ma queue-de-cheval. J'avais déjà remarqué qu'elle semblait avoir une jambe faible (blessure?), mais cela semblait se confirmer a ses étirements. Un petit sourire aux lèvres, je posais le baudrier au sol avant de me rapprocher d'elle tranquillement.


- Tu t'es froissée un muscle? Tu as l'air de forcer sur ta jambe.

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(#) Re: спортивный вечер - {PV Anna-Maria}  Sam 6 Oct 2018 - 11:40

Elle parle vite. Trop. Et en anglais. Mon niveau d’anglais est bien loin de l’optimal. Mais j’arrive quand même à la suivre, nos accents assez peu différents me permettant de la comprendre. Du coup, quand elle faisait son entraînement, je réfléchissais.

Je suis juste tombée. Il y a une semaine. Mais je n’ai pas mal.

Je fais volontairement des phrases courtes pour espérer ne pas trop faire d’erreurs. Comme mon ancien professeur d’anglais l’aurait dit « Une phrase courte mais correcte est mieux qu’une phrase longue mais incompréhensible ».
Après, je n’étais pas médecin, et mes études en premier soin me laissaient bien comprendre qu’aucune douleur n’était normale, même si elle était minuscule, surtout si elle durait une semaine, mais je l’ignorais pour une quelconque raison. Peut-être était-ce à cause de mon Ego… Ou juste un peu de relachement.

Ce n’est pas grave, Evgeniya Son nom était peut-être assez compliqué, mais j’espérais bien le retenir. ça passera.

Oui, ça passera. Comme la plupart des douleurs que j’avais ressenties jusqu’à présent, ça passera. Après tout, la douleur que j’avais dans le dos est bien passée, elle, alors pourquoi est-ce que ma jambe devrait continuer à souffrir ? Ça ne ferait pas de sens, dans tous les cas.

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(#) Re: спортивный вечер - {PV Anna-Maria}  Dim 7 Oct 2018 - 2:01

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- Inutile de faire la guerrière, miss Wittmann. On ne dit pas "ça passera" quand a pas mal . Et aggraver une entorse n'est jamais une grande idée.

Sans parler d'expérience, c'était quelque chose qui se voyait beaucoup, notamment à la sélection d'entrée dans les groupes d'intervention Spetsnaz. Des hommes et des femmes qui préféraient ignorer la douleur et se donner à fond pour réussir, et qui finissaient simplement par valider les tests...et rater le second examen médical. Parfois sans espoir de pouvoir retenter leur chance plus tard. C'était triste, mais c'était ainsi : la douleur indiquait un problème à résoudre. La capacité à en faire abstraction permettait d'aller plus loin, sans aucun doute, mais à quel prix? Parfois bien trop élevé pour que se donner des airs ou tout simplement réussir un évènement ponctuel ne vaille la peine de détériorer sa santé. Elle semblait jeune -quoi que, je ne devais pas l'être bien moins, sans doute une universitaire-, et pourtant, de ce simple échange se dégageait une certaine aura de fierté. Elle parlait en anglais, mais accourcissait ses phrases: là où elle semblait plus à l'aise en parlant japonais, elle favorisait la concision et la certitude de ne pas faire d'erreurs à l'éventuelle expression longue d'un ressenti détaillé.

Faire abstraction, comme dit précédemment de sa blessure, montrait bien également une certaine envie de ne pas perdre la face. Tomber n'avait rien de honteux, tout le monde tombait! un lacet défait, un terrain humide, un gamin qui court que l'on veut éviter, une peau de banane, un rebord de trottoir mal fichu...Des raisons de tomber, il y en avait plus que de raison! Et fatalement, il arrive que le fait de choir mène à des contusions plus ou moins graves. Le manque d'importance de leur cause les rendait donc normales, et l'on pouvait facilement positiver en disant "je m'entraîne pour renforcer un peu ma jambe, ça évitera qu'elle ne m'élance trop!" au lieu de faire semblant d'occulter une douleur bien présente pour dire "je n'ai pas mal". J'avais donc face à moi une jeune femme fière, pour ne pas dire peut-être "un peu orgueilleuse", mais qui ne semblait néanmoins pas dénuée de sympathie. Cependant, il était fort possible que ma présence l'ennuie. Mais ça, il fallait y penser avant de s'installer, finalement : j'étais arrivée la première à une heure où jamais personne ne vient ! Et je ne comptais d'ailleurs pas repartir avant d'avoir terminé mon entraînement. Oui, je sais, cinq minutes plus tôt, avant d'aller jouer les macaques armés, à grimper sur un mur d'escalade avec un espèce de TT-33 grotesque à la main, j'étais plutôt partante pour aller finir ma session à l'appartement, mais...Il y avait ici bien plus de place, de matériel, et des douches qui ne mettaient pas huit minutes avant que l'eau chaude n'arrive. Il lui faudrait donc prendre quelque peu son mal en patience...à moins qu'elle ne se détende un peu!

- Si tu la fais travailler, ça ne va pas aider le mal à passer...je t'aurais bien accompagnée à l'infirmerie, mais je n'ai aucune idée d'où ça se trouve dans cette école. J'aurais du travailler un peu plus le plan des lieux que l'escalade..., lachaî-je avec un petit sourire amusé, et si ça vient du dos, fait attention à ne pas t'être coincée un nerf : ca peut rapidement entraîner des complications!

Je m'installais à côté d'elle, et entamai une série de pompes, prenant tout mon temps pour les effectuer. Quinze par quinze, quarante-cinq secondes de repos entre chaque série: tout était réglé comme du papier à musique, dans mon programme, et pas question de perdre une seule seconde, pour quelque raison que ce soit : laisser trop de repos à des muscles ne leur permettait pas d'assimiler l'exercice, leur en laisser trop peu ne leur permettait pas de suivre le rythme. Il fallait donc tout planifier à la seconde près pour avoir un entraînement efficace! Oh, certes, en termes d'explosivité dans le geste, c'était ainsi : travailler avec des temps de pause courts et des exercices intenses, enchaînés sans réelle pause du début à la fin de la séance permettait de faire du muscle sec et fonctionnel, contraîrement au culturisme, qui prônait la masse musculaire (ou plutôt, la masse graisseuse endurcie) inefficace sauf pour soulever des poids. Ca servait pour sauver un chaton coincé sous une armoire, mais dès qu'il s'agissait de se défendre, là...ce n'était plus la peine de compter sur les adeptes de la discipline. Et puis...comment dire? Sans tomber dans le sexisme ordinaire (qui relève totalement de la norme dans mon pays), c'était une discipline mal adaptée au corps féminin. L'harmonie qu'un travail mesuré et raisonné offrait à un corps de femme n'avait clairement rien à envier à l'expression physique d'une masse musculaire certaine, c'était même bien plus agréable visuellement! Imaginez la demoiselle au visage le plus beau que vous n'ayez jamais vu...Sauf qu'elle mesure un mètre quatre vingt quinze et pèze cent dix-huit kilos de muscles. Ca brise le charme, tout de suite, non? Enfin, c'est un avis personnel. J'avoue, d'ailleurs, avoir toujours préféré le corps fin mais musclé chez les hommes, plutôt que les veines sortantes et les biceps larges comme mes cuisses si ce n'est plus. C'était plus...raffiné. Je profitais de mon exercice physique pour lancer un regard en coin à la jeune femme, toujours à ses étirements. Mes cours de profilage psychologique étaient bien loin (et pourtant, pas si loin que ça...mais c'était une discipline qui avait un don particulier en ce qui concernait l'initiation d'un endormissement rapide et profond de ma petite personne...Difficile dans ces conditions d'en garder un réel souvenir!), mais son attitude et l'ardeur qu'elle mettait à la tâche n'étaient pas sans confirmer mon idée précédente. Oh, peut-être n'était-ce qu'au moment ou nous étions dans la même pièce, elle était au sortir d'une journée éprouvante où quelqu'un l'aurait moquée sur un sujet sensible, certes, c'était possible, et ç'aurait expliqué sans aucun doute possible une attitude si assidue et orgueilleuse, mais...son expression paraissait naturelle, et non forcée par un évènement récent.

Si je commençais à tenter de profiler tous les élèves de l'école un par un, j'en aurais pour un moment, et sans aucun doute, la moitié de mes petites fiches seraient fausses, mais je ne pensais pas me tromper pour Maria. D'un autre côté, elle prenait tant soin d'elle qu'il était difficile d'imaginer qu'elle ne soit ni sociable ni sympathique : pas d'ongles brisés, un visage fin, une peau visiblement peu marquée par les affres de la puberté (Boje moï, il m'avait fallu presque trois ans après la fin de celle-ci pour ne plus être marquée par l'acné et autres joyeusetés pubères...), il y avait donc fort à parier qu'elle aimait se mettre en valeur parfois, et qu'elle ne souhaitait pas décevoir certaines personnes, probablement de l'école puisqu'elle préférait cacher sa blessure à ceux qui la fréquentaient. Il y avait donc une raison possible, et sans doute même probable, à ce désir de ne pas céder devant les autres...mais je regrettais que nous n'ayons pas entamé la discussion sur une note plus joyeuse. Une journée de cours terminée pour tout le monde, un peu d'entraînement physique...son fatalisme venait presque ternir légèrement le tableau de la soirée. "ça passera". J'avais déjà entendu un amputé de la jambe dire ça, mais la situation était un peu différente : il dédramatisait, elle, elle dédouanait les faits de leur importance. Mon attention se reporta vers sa jambe.

- Tu veux que je regarde? J'ai une formation de secours m...*hrm* si besoin, et une trousse de matériel de soin dans mon sac.

Par habitude j'avais failli lâcher l'information. Un massage cardiaque, un diagnostic rapide, bon, ça, toute formation de secouriste le proposait! Mais les formations de secours Spetsnaz incluaient aussi le retrait d'une balle en zone artérielle ou non, et je n'avais pas envie d'être encore une fois vue comme l'alien de service : blonde, poitrine généreuse, toute fine, mais qui sait tirer à tout ce qui a une gachette, et qui en plus sait retirer des balles d'un corps ou soigner une morsure de serpent venimeux...."professeur de sport" serait un titre suffisant, et la formation d'enseignante dans le domaine avait rajouté à ma liste le diagnostic de blessures courantes des sportifs. Cela dit, si elle me renvoyait balader, il allait bien falloir que je trouve un autre sujet de discussion, si je ne voulais pas qu'on finisse chacune dans un coin à s'entraîner sans aucune ardeur : l'une parce que blessée, l'autre parce que vexée...
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(#) Re: спортивный вечер - {PV Anna-Maria}  Mer 17 Oct 2018 - 21:57

Quand elle se proposait de m’aider, je m’arrêtais directement dans mon entraînement. J’avais l’habitude, maintenant, des gens qui me venaient en aide plus ou moins par altruisme, je faisais de même pour les gens, mais il me fallait quand même quelque secondes pour réfléchir.
Ce n’était pas une question à laquelle je pouvais répondre simplement, et ce n’était pas spécialement une question de montrer une quelconque faiblesse ou quoi que ce soit, c’était surtout… J’aurais aimé dire que mon orgueil n’avait rien à voir là-dedans, et que je ne sentais vraiment quasiment plus grande douleur, juste que ça me tirais, mais je savais très bien que ce ne serait pas une idée trop judicieuse.
Donc je choisis de me poser par terre, un peu plus relaxée. Je vois qu’on était toutes les deux aussi préparées, même si je n’avais pas vraiment fait attention. Ça me fait sourire, on a certainement vécu des situations similaires, que ce soit pour notre altruisme ou ce que je pense être notre diligence et notre attachement visible au sport.

Dans ce cas là, je te fais confiance.

Je tendais ma jambe. Pas la peine de faire un diagnostic, même sérieux, car je savais bien que j’étais partiale. S’il ne tenait qu’à moi, je continuerais certainement à courir comme avant, mais en même temps… Je devais bien avouer que je pouvais sentir que ce n’est pas normal.
Je ne suis pas vraiment à l’aise avec le silence dans ce genre de situations, donc, pour éviter qu’il se pose, je commence à m’intéresser d’un peu plus près à mon interlocutrice, qui m’intéresse vraiment au plus haut point. Pas seulement pour nos similarités, non, mais surtout pour connaître son parcours. Qu’est-ce que je pourrais apprendre d’elle ? Après tout, j’ai souvent besoin d’être au contact de personnes fragiles pour mon métier, donc ça pourrait toujours être bien d’élargir un peu plus mon panel de connaissances.

Tu es ici pour te lancer dans la médecine, ou c’est juste l’équipement avec lequel tu te balades toujours pour faire du sport ?

Je ne sais pas pourquoi j’avais posé cette question. Elle avait parlé d’une formation en secourisme, seulement, et voilà que je me lançais déjà dans une surinterprétation… Incorrigible. Mais ça ne servait à rien de m’excuser, maintenant, il fallait seulement que je la laisse parler, pour voir un peu ce qu’elle allait me dire. Si ça se trouve, elle allait juste rire. Ou me trouver des pouvoirs de médium.

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(#) Re: спортивный вечер - {PV Anna-Maria}  Lun 5 Nov 2018 - 2:36

Anna-Maria
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спортивный вечер (soirée sportive)
- Medecine ? Oh, non. Habitude d’école, le capitaine disait toujours :  avoir une trousse de secours en permanence quand on fait du sport, et savoir s’en servir. On ne sait jamais ce qui peut arriver...Hm.

Je massai doucement sa jambe pour localiser plus facilement la zone douloureuse. Visiblement, les muscles étaient en état de fonctionnement, sans tension particulière ni hématome perceptible, de même qu’aucun os ne semblait particulièrement touché. Mes mains caressant sa peau remontaient le long du membre blessé. J’étais quelque peu jalouse de voir une peau aussi lisse et...propre. Mon trusi floqué de l’emblème de l’Académie militaire d'état-major Nicolas  cachait des restes de bleus et des cicatrices qui me faisaient complexer depuis que j’avais quitté l’armée...Maria était indéniablement une belle jeune femme, et elle ne devait guère avoir plus de cinq ans de moins que moi, pourtant, quoi que nos visages et l’absence de rides sur ces derniers indiquent notre âge proche, nos corps semblaient, eux, avoir vécu des périodes bien différentes. Je ne dis pas qu’elle ait eue une vie facile, ne nous méprenons pas sur mon propos, seulement...de ce que je pouvais en voir, elle ne portait pas autant de traces ineffaçables laissées par d’anciennes blessures, et devait avoir un mode de vie plus...soigneux que le mien, millimétré, certes, mais néanmoins assez brut. Je reportais mon attention sur la partie douloureuse de son corps .

- Alors...ta jambe en elle-même n’a pas l’air blessée. Tu t’es peut-être déplacée un nerf dans le dos. En soi, ce n’est pas grand-chose tant que tu peux bouger sans trop de mal, mais ça pourrait être problématique sur le long terme..., annonçai-je...avant d’infliger une pression sur son genou tout en soulevant sa cheville, la forçant à tendre sa jambe au maximum d’un coup, la voyant se pencher légèrement en arrière par réflexe pour éviter la douleur qu’un nerf pincé au bas des vertèbres occasionnerait. Si elle avait été un soldat, , j’aurais appliqué les consignes militaires, mais  sur une élève...je risquais de me faire remarquer pour violences. Rétablir en urgence un muscle, un nerf, ou remboîter une articulation devait prendre une seconde, sur le terrain, pas plus, les méthodes étaient donc efficaces...Mais beaucoup trop douloureuses pour les appliquer dans un cadre scolaire.  Cependant, un professionnel de santé, même s’il mettait plus de temps, saurait arranger les choses de façon plus douce...Son geste, cela dit, confirmait mes doutes. C’est bien ce que je pensais. Ne force pas trop sur ta jambe ou ton dos, ce n’est pas grand-chose actuellement, cela dit, ce n’est pas une raison pour aggraver les choses. J’imagine que tu es à l’université, je n’ai donc pas vraiment d’autorité sur toi...Mais si tu avais été une de mes élèves, je t’aurais envoyée immédiatement chez un osthéopathe.


Seulement, je n’étais que professeure en lycée. Et en prime, je n’avais même pas donné mon premier cours. De quoi porter une sérieuse atteinte à ma crédibilité. Cela dit, je ne comptais pas pour autant, lorsque je serais confrontée à une horde d’élèves plus ou moins portés sur l’entretien de leur condition physique, me laisser marcher sur les pieds sous prétexte que j’étais encore jeune et que j’arrivais en cours d’année ! Mes années militaires avaient beau être derrière-moi, je n’avais pas pour autant oublié tout ce qu’elles m’avaient apporté. Joies. Tristesses. Blessures. Rigueur. Efficacité. C’était pour ça aussi que l’on m’avait acceptée au sein de cet établissement. Parce que je n’étais pas « juste » une enseignante avec un joli diplôme flambant neuf. Mais parce que lorsque l’on est promu lieutenant des forces Spetsnaz, on a un bagage. On a une vie derrière. Une vie dans un cadre...spécial. C’était un monde à part. Un monde dans lequel j’avais baigné depuis mon enfance. Un père ingénieur en armement, une mère diplomate, et cinq frères militaires...Cela dit, contrairement à  beaucoup, je conservais une chose, une part de ma personne qu’un passage prolongé au sein de ces unités si particulières effaçait chez beaucoup : mon humanité. Et ça aussi, c’était un atout de poids.

Bien sûr, ici, dans ce gymnase, hors des heures de cours, avec une élève qui devait presque avoir mon âge, tout ça n’avait pas de réelle importance, si ce n’est que les souvenirs d’école et de terrain revenaient comme un réflexe en la voyant ainsi peiner avec sa jambe, mais ça en aurait plus tard. Enfin, en un sens, si. Sans ma formation et l’habitude de bondir sur le premier camarade blessé que je voyais pour essayer de calmer la douleur ou d’au moins lui éviter de trop la ressentir voire de l’aggraver, je n’aurais probablement pas dépassé le stade des salutations cordiales mais totalement désintéressées.

- Et sinon, quel type de sport pratiques-tu en général? demandai-je avec un sourire pour me chasser de la tête ces images du passé...
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(#) Re: спортивный вечер - {PV Anna-Maria}  Lun 12 Nov 2018 - 13:04


J’aurais bien aimé la confronter à propos du capitaine, mais pas pour l’instant, puisque j’étais beaucoup plus concentré sur ce qu’elle faisait. J’étais intéressée de savoir si on avait reçu la même éducation, ou si l’une d’entre nous semblait avoir des connaissances plus poussées – ça serait peut-être même une excellente occasion pour moi d’apprendre des choses un peu plus concrètes sur les blessures liées à l’activité physique, celles qui sont un peu plus rares ou liées à des critères particuliers, comme l’âge ou la condition physique.

Pendant qu’elle m’examine et que je me retrouve à avoir un petit réflexe, je me rappelle bien de ce que j’avais pu entendre à ce sujet par le passé, au détour d’un long monologue, à l’intérieur duquel le major ne finissait que par se plaindre de la « génération de chochottes » qu’on était, quand il se rendait compte qu’il faisait peur à certains de ses élèves par son côté extrêmement sévère. Je ne l’ai jamais remis en question, tout naturellement, après tout je n’étais pas très bien placée pour, mais c’est pour cette raison que la remarque à propos de l’ostéopathe me faisait sourire. Après tout, « prendre soin de soi c’est pas que acheter des vêtements et des cosmétiques hors de prix ».

Je m’arrête un instant sur le détail de l’université et des élèves seulement l’espace d’un instant avant de le laisser couler – elle n’a pas l’air de s’être offusquée et ça ne la dérange pas que je la tutoie, donc pas besoin de m’arracher les cheveux à ce sujet.

— Je pratique régulièrement l’athlétisme, et en ce moment je travaille pour aider les gens avec leur remise en forme. Et depuis que j’ai vu à quel point c’est éreintant de devoir accompagner une poignée de gens, je commence à admirer le travail des professeurs.

Ce n’est pas juste pour lui faire un compliment, je sais très bien que certains professeurs sont plus attentifs que d’autres à leurs élèves, mais quand je me rends compte que certains d’entre eux sacrifient de leur temps libre – qui doit déjà être bien limité – pour pouvoir parler avec leurs élèves.

— Et du coup, tu as fais ta formation de secouriste avec un militaire ? Ça doit être génial !

Si elle a parlé d’un capitaine, c’est ce qui me semblerait le plus logique – après tout, ils sont censés avoir de bonnes connaissances dans le sujet, et l’armée étant au service de l’État, ça me semble être naturel qu’ils soient en charge de faire apprendre le secourisme, mais je ne connais pas vraiment les coutumes encore plus à l’Est, je ne m suis jamais vraiment documentée à ce sujet, bien malheureusement, la géographie n’a jamais été mon point le plus fort.

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(#) Re: спортивный вечер - {PV Anna-Maria}  Mar 20 Nov 2018 - 21:25

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Je pratique régulièrement l’athlétisme, et en ce moment je travaille pour aider les gens avec leur remise en forme. Et depuis que j’ai vu à quel point c’est éreintant de devoir accompagner une poignée de gens, je commence à admirer le travail des professeurs

- C'est une occupation utile! Bravo pour l'initiative! Mais en ce qui concerne le travail des professeurs...C'est essayer de s'adapter à tous les élèves et préparer ses cours en fonction, qui est difficile. Après, c'est une question d'écoute et d'autorité!

Je n’avais pas particulièrement fait attention à la mention faite du passé, mais cela n’avait pas échappé à mon interlocutrice. J’essayais, en changeant de domaine d’activité et de pays, de sortir de cette vie, de m’éloigner de tout ce que j’avais pu vivre au sein de l’armée, mais force était de constater que les choses n’étaient pas si simples. Il ne suffisait pas de s’enfuir, il ne suffisait pas de s’occuper jusqu’à ne plus y penser...Le cerveau n’était pas fait pour oublier, mais bien pour enregistrer. Le corps aussi, d’ailleurs. J’étais un peu déstabilisée par sa question , mais je n’avais pas forcément à parler de ma carrière chez les Spetsnaz, ni des tests d’intégration à ces unités. Ni de ma famille. Après tout, il y avait différentes formations en école militaire ! Je remballai ma trousse de soin pour la fourrer dans mon sac tout en tentant de garder mon calme...Il me faudrait définitivement être plus attentive, à l’avenir. Je soupirais doucement à son envie de développer le sujet.

-Et du coup, tu as fais ta formation de secouriste avec un militaire ? Ça doit être génial !

- Da, Génial...Disons que...C'était...enrichissant, mais strict! J’ai été formée à l’Académie Militaire Nikolaev, à Saint Petersbourg. Double cursus en SOGHRM et TIZOD... enfin, stratégie opérationnelle et gestion des ressources humaines ou matérielles, plus la formation d'intervention sur le terrain. Autant dire que quand on a appris à gérer des bourrins de cent dix kilos par paquets de cinquante, ce ne sont pas des classes de lycéens qui font peur ! Et ça m’évite d’être une instruc...une professeure de sport incapable de monter l’exemple..., dis-je en souriant pour éluder au plus vite la partie professionnelle intermédiaire, ...même si il paraît que la marche forcée de quinze kilomètres avec trente kilos de matériel sur le dos et le combat d’élimination ne sont pas au programme de cours de lycée..., conclus-je,sérieuse au possible…avant de craquer dans le masque que je venais de constituer, laissant échapper un petit rire amusé.

Un peu de réalisme ne ferait pas de mal : les trois quarts des élèves, à en juger par le trombinoscope, auraient besoin de deux bivouacs et de pauses, sans parler d’éventuelles blessures et/ou évanouissement...et je n’étais pas sadique (chose assez rare lorsque l’on fait une partie de sa carrière chez des agités du couteau, je tiens à le notifier), mais l’idée de faire faire un kilomètre ou deux en punition, en ajustant suffisamment le poids du bagage pour ne pas risquer la santé du « supplicié » pourraient être adéquates un jour ! Mais pour en arriver là, il faudrait tout de même que j’aie affaire à un imbécile de premier choix… Mes pensées revinrent à la blessée et à notre discussion, et je repris la parole tranquillement.

- Ca laisse des habitudes, ce genre d’études, ajoutai-je avec un petit clin d’oeil amusé, avant de poursuivre le désamorçage de l’image qui me paraissait drôle quelques secondes plus tôt : il n’était pas dit que ce soit amusant pour tout le monde. C’est de famille, chez moi, l’armée ! Mais j’ai préféré prendre une autre voie, épuiser des gamins en quête de gloire pendant cinq à six ans pour espérer monter en grade, on a vu plus intéressant, comme métier!

Un petit mensonge par omission. Ce n’était qu’un petit mensonge par omission. Et puis, une étudiante n’irait pas vérifier ! Surtout sans savoir écrire en cyrillique...Quoi qu’avec internet, il était possible d’avoir de mauvaises surprises : si mon parcours professionnel précédent venait à se savoir, je doute que tous les parents d’élèves apprécient que leurs enfants soient confiés à une ancienne formatrice militaire...C’est quelque chose d’incroyable, de voir à quel point la catégorisation sociale et le déterminisme en général avaient leur place dans la société, à tel point qu’aux yeux du monde, ce que l’on fait dépasse ce que l’on est. Je n’avais plus qu’à oser espérer qu’elle ne s’enhardisse pas à quelques recherches et traductions, les médias de ma terre natale ont une fâcheuse tendance à diffuser chaque remise de médaille, chaque nomination, histoire de faire savoir (ou plutôt, faire croire) à la populace que la Russie était peuplée de héros sans pareils.

Mais Maria n’avait pas l’air de ce genre...pourquoi s’amuserait-elle à ça ? De plus, elle semblait plus intéressée par la connaîssance de mon parcours scolaire que celle de ma carière. Il y avait juste deux ans à ne pas mentionner, rien que deux petites années...Et ce qui m’a poussé à me lancer là dedans non plus.

- C’était moins amusant que la fac’, cela dit. entre le couvre-feu et les horaires de lever, il y avait déjà devenir dingue, mais ça, c’est rien à côté des profs. Ca apprend la vie à la dure ! Et quand on se retrouve en fac’...C’est tellement plus agréable, tranquille, simple...Mais comment est-ce que je raconte ça, moi ? Je n’suis pas si vieille que ça, c’était il y a moins d’un an !


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(#) Re: спортивный вечер - {PV Anna-Maria}  Mar 27 Nov 2018 - 11:45


Elle avait donc fait l’école militaire ? Visiblement, si j’en croyais ce qu’elle me disait, et surtout son visage, par moments, j’avais vraiment l’impression que ça n’avait pas été une bonne expérience pour elle. Mais je ne regrettais pas du tout d’avoir posé la question. Après tout, ma curiosité venait tout juste d’être satisfaite, donc, plutôt que de m’excuser et de la gêner encore plus, je choisis l’autre option, que j’estimais comme plus humaine.

— Merci d’avoir partagé un peu de ton expérience. N’empêche, j’ai l’impression qu’il faut des nerfs très solides pour pouvoir s’en sortir, là bas. J’en deviendrais presque admirative.

Je peux retirer le presque. Elle a connu des choses très compliquées, et elle a sûrement eu beaucoup dû souffrir, même si je ne savais pas grand-chose des écoles militaires, donc c’est un peu normal que je la respecte. Quelqu’un qui s’accroche comme ça à travers des choses compliquées, il y a de quoi en faire un modèle. Mais maintenant, il fallait encore revenir sur un point beaucoup plus léger que je n’avais pas pu empêcher de remarquer.

— Toute ta famille est dans l’armée ? Ça doit donner quelque chose d’assez tendu, non ? Avec la discipline militaire, les repas de familles ne doivent pas être très amusants, si ?

J’ai encore beaucoup de clichés sur les militaires, peut-être même encore plus qu’avant. L’idée du soldat loyal prêt à mourir pour sa patrie est encore plus ancrée dans mon esprit, même depuis que je dessine pour Klaus et pour ses représentations plus sombres et plus ternes de l’armée.

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(#) Re: спортивный вечер - {PV Anna-Maria}  Mar 27 Nov 2018 - 22:52

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-Merci d’avoir partagé un peu de ton expérience. N’empêche, j’ai l’impression qu’il faut des nerfs très solides pour pouvoir s’en sortir, là bas. J’en deviendrais presque admirative.

-Inutile de devenir admirative, regarde : je suis professeur de sport, aujourd’hui, celle qui a le moins de temps sur les plannings ! Autant dire que je me suis fatiguée pour rien...Mais c’était intéressant, comme expérience. Enfin. Je n’aurais pas du m’étendre autant dessus, pour être franche...Imagine que les parents d’élèves de première année apprennent qu’on a collé l’équivalent d’une instructrice de l’armée russe à l’éducation de leurs gamins...Je serais bonne pour changer d’emploi. Agent de sécurité, peut-être ?, répondis-je avec un petit sourire en me redressant pour m’étirer le dos.

Je comptais esquiver la discussion à ce sujet, ne pas juste la repousser (sans quoi, me connaissant, je risquais d’être quelque peu offensante), mais je n’en eus pas le temps. C’était une bien triste fatalité, en un sens, que de se retrouver ainsi embringuée dans cette discussion. Alos, oui, bien sûr, c’est de ma faute, j’aurais du faire plus attention à ce que je racontais, aussi, je ne peux pas blâmer les autres pour mon manque d’attention. Mais même si Maria, en elle-même, ne me dérangeait pas le moins du monde, c’était une question bien au-delà de l’interlocutrice : une question de sécurité. De l’emploi, d’une part, et de mon mental. Le dilemme était de taille : en même temps, je souhaitais m’intégrer à cette école, y faire mon petit nid et passer outre mon existence antérieure, c’était pour ça que j’avais choisi l’enseignement : mon jeune âge me permettait de me rapprocher plus facilement de mes élèves, et, par extension, d’instaurer une relation de confiance dans l’apprentissage...Mais en tentant de m’intégrer, inévitablement, il me fallait parler. Or, je n’étais pas habituée à clore une discussion sans avoir fait le tour du sujet dans son intégralité, alors je freinais des quatre fers, mais le mal était déjà fait : elle avait assez d’éléments pour engranger sur la suite de la conversation. J’étais déjà assez tendue comme ça, il ne fallait pas que je craque, mais il m’était nécessaire de trouve un échappatoire...

-Toute ta famille est dans l’armée ? Ça doit donner quelque chose d’assez tendu, non ? Avec la discipline militaire, les repas de familles ne doivent pas être très amusants, si ?

- Da. Pour les Russes, l’armée, c’est LA voie royale. Tu peux diriger une grosse entreprise et brasser des millions...Si tu es à côté d’un colonel, la société te verra comme une petite personne et lui, comme un héros en puissance, alors, au final...Ca motive ! Après, pour les repas de famille...on avait une blague, dans l’armée : Tu sais comment on appelle un colonel ivre ? Un humoriste. Alors...oui, dit comme ça, effectivement, c’est pas drôle du tout. Mais quand tu as fait des repas d’anniversaire au mess des officiers, tout de suite, elle devient hilarante. Et c’était la même chez moi : début de repas, sinistre, le plat arrive, c’est le silence à table...Et après la seconde bouteille de vodka, c’est tout de suite BEAUCOUP plus détendu. Ca ressemble plus à une soirée d’étudiants débauchés qu’à un repas de famille entre militaires...

Je repensais à ces fameuses soirées alcoolisées, à cette jeunesse stricte, élevée dans la plus pure tradition nationaliste russe, ou les trois choses qui comptaient étaient la famille, le pays et la réputation. Beaucoup de gens, extérieurs au pays, pensaient que mes compatriotes étaient majoritairement des bourrins sans cervelle, tout juste bons à picoler et à fumer des cigarettes en se piquant à l’héroïne, mais si il arrivait que ce soit la vérité pour certains, généralement de familles particulièrement modestes, baignant dans la criminalité... jamais, dans ma famille, nous n’avions eu ce genre de problèmes, quand bien même quelques récits peu flatteurs de gueule de bois de mes frères étaient parvenus à mes oreilles…

- Et toi, tu as fait toute ta scolarité dans cette école?



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