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 [Rues du centre-ville] L'homme dans la caverne [LIBRE]

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Luc Prevost
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(#) [Rues du centre-ville] L'homme dans la caverne [LIBRE]  Mer 10 Oct 2018 - 18:49




Peu à peu, j’échappai à mes cauchemars et ma conscience émergeait avec le sentiment d’être sali  jusqu'au tréfonds de mon être. Instinctivement, je me doutais de l’heure mais, comme pour obtenir un maigre réconfort et avoir l’impression de reprendre contrôle de ma vie, je vérifiais sur mon téléphone. Il était bien 3h du matin.

En tant normal, je me serais réconforté. J’avais encore quelques heures devant moi pour me reposer. Mais ces derniers temps, j’étais poursuivis par mes démons. Ils avaient trouvés la clé leur ouvrant la porte menant à mes rêves et ils semblaient décidés à les hanter. Le repos n’était plus un refuge et la culpabilité devenait alors ma seule échappatoire.

L’esprit encore embrouillé, mes pensées à la dérive, je me redressais et posais les pieds sur le sol frais du parquet. Je pouvais encore me souvenir des détails les plus troublants et les plus dérangeants de mon rêve. Il était bien là, ce mélange de sentiments coupables de plaisir que mon être évoquait encore.

Mon désir, si longtemps nié, refoulé, détourné, ne trouvait plus le chemin de sa saine expression.

Je me servais un verre d’eau et humectais ma bouche desséchée. Je manquai de m’étouffer. Ma gorge était serrée, douloureuse et contractée. Et ce ne fut que grâce à la force de l’habitude que je parvins à déglutir.

Ma psy me l’avait dit. Je me sentais seul. Et plus je me sentirais seul et plus mon état allait empirer. C’était certainement en train d'arriver à l’instant. Mon subconscient m’envoyait des signaux d’alerte. Partir au Japon n’avait été qu’une fuite en avant, une manière de me prémunir des conséquences les moins graves.

Pour le reste, si je craquais, je serais tout de même damné, pour l’éternité.

Poussé par un sentiment d’urgence, je me levais, l’esprit étrangement clair et pourtant pesant. J’avançais de quelques pas et j’atteignais la fenêtre de ma chambre. Mon regard se perdit sur le spectacle de la ville plongée dans la semi-pénombre froide des néons. Au loin, je percevais les navires qui passaient dans l’horizon diffuse. L'océan et le ciel se confondait dans l’obscurité.

Soudain, je fus attiré. J’eus envie de la froide caresse de l’eau glacée, le calme des profondeurs, l’immensité des abysses. Je m’arrêtai en portant un regard étonné sur moi-même. Voilà longtemps que je n’avais pas eu de pensées suicidaires. Ces dernières n’étaient rien comparés à celles que j’avais affronté par le passé. Elles étaient tel un mince nuage éthéré venu voilé l’espace d’un instant la lumière de la lune.

Mon regard se porta sur mon pc et une pensée occupa soudainement tout mon esprit. Je fus tenté de poser mes doigts sur le bouton l’allumant mais je retins mon geste avant de serrer en poing ma main précédemment tendue. Il fallait trouver une autre solution.

Mes yeux comme deux puits sombres se portèrent de nouveau sur le monde nocturne, derrière ma fenêtre. Ce dernier avait longtemps été étranger pour moi. Élevé dans une tour d’ivoire, emprisonné telle une princesse à son sommet, j’étais toujours resté réticent à mettre le nez dehors.

Pourtant, je savais que ce n’était pas en restant dans ces murs que je trouverais le salut. Je prenais peut-être un risque en sortant, le risque de finir sur la plage, face à l’océan. Mais en restant ici, j’étais comme dans l’allégorie de la caverne de Platon, ne connaissant l’éclat du soleil que par l’ombre qu’il dessine sur moi.

Ainsi, quelques dizaines de minutes plus tard, j’étais douché, habillé et fin prêt à sortir. L’idée de manger m’avait traversé l’esprit mais mon estomac s’étaient alors retourné et j’y avais renoncé.

Et à mesure que je quittai mon domicile et m’en éloignai, une étrange peur, aussi indescriptible qu’injustifiée me gagnait. Qu’étais-je en train de faire ? Allais-je au devant du danger, allais-je mourir, mué par une soudaine pulsion suicidaire ? Et pourquoi ces étranges questions venaient répandre le feu de la panique dans mon esprit ? Basculais-je dans la folie ?
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