Partagez | 
 

 [Terminé] Data Processing...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
« Invité »
(#) [Terminé] Data Processing...  Mer 14 Avr 2010 - 0:38

Un lointain coup d'oeil à la machine à café. 70%.
Grognement.
Les yeux mis-clos, il entreprit d'évaluer son environnement, malgré le brouillard qui emplissait ses yeux. Là-bas, la plante verte. Sinon, tables, chaises. Grandes fenêtres, pièce bien éclairée. Luminosité du soleil ; journée avancée à ... 30,9583%, approximativement. 7h26, donc. Cours à assurer d'ici une bonne heure... Au vu de son état actuel et des statistiques évaluées sur les jours précédents, cette mission aurait été abandonnée avant même de débuter, en d‘autres circonstances...
Le "Ding !" triomphant de la machine à café lui fit l'effet d'un troupeau d'éléphants chargeant joyeusement ses tympans. A l'aveuglette, le professeur Forstner se traîna jusqu'à la machine ; dut s'y reprendre à deux fois avant de parvenir à s'emparer du gobelet.
Après un trajet de retour à sa chaise mené à la vitesse d'une limace tétraplégique, il s'y affala dans un soupir, sans ménagement, et entreprit de chercher ses lunettes à tâtons sur la table. Quelques secondes plus tard, celles-ci retrouvaient leur place sur le bout de son nez et il découvrait le monde sous un tout autre jour. Le café quotidien sur lequel il misait la majorité de ses espoirs de résurrection s'avéra soudainement être un thé flotté, saveur Paic Citron.
Nouveau grognement primitif qui fleure bon la vie préhistorique : putain de machine de mes deux.

Le genre de matinée qui ne devrait pas être à mener jusqu‘au bout. Mais, malheureusement pour ses papilles et sa personne, le thé allait devoir être bu, et la journée poursuivie. Bien que sont engagement ait été plutôt aisé, il avait tout intérêt à faire ses preuves dans le mois suivant son retour à l’école. Puisqu’on lui demandait simplement de planter deux-trois grains de programmation dans quelques cerveaux, sa tâche n’était pas, en soi, particulièrement ardue. Passer de troglodyte somnolent incapable de supporter une autre lumière que celle de son écran à jeune prof actif et respectueux des horaires, en revanche, c’était un véritable problème -surtout en si peu de temps.
Depuis quelques jours, donc, il cumulait ses habitudes et ses résolutions, et il en résultait un rythme de vie qui n’était définitivement pas sain. Les nuits passées à créer, programmer, effacer, recommencer, etc, ne s’effaçaient pas si facilement ; et les journées à enseigner se mêlant à l’affaire transformaient son manque de sommeil en calvaire. Notamment si l’on comptait sur son emploi du temps littéralement exécrable, aux heures placées tôt, tard, durant les repas…
Des débuts difficiles à assurer, en somme. Les élèves, quant à eux -pour le peu de cours qu'il avait eu à donner jusque-là- ne présentaient pour l'instant pas de grande difficulté. Sa matière étant optionnelle, seule la motivation -ou presque- pure et simple pour l'informatique pouvait justifier leur présence ; ce n'était donc pas une véritable corvée. Mais ni challenge, ni petit génie à l'horizon pour le moment. A vrai dire, la seule vision qu'il avait pour l'instant du petit monde de Kobe se résumait à une bande de morveux sans grand intérêt. Il ne lui avait pas encore été donné de faire connaissance avec ses colocataires imposés, et les adultes se perdaient facilement se vue dans une telle foule d'élèves.
A son souvenir, la vie à Kobe était drôlement plus agitée... Faire son retour de l'autre côté du bureau était probablement pour beaucoup dans ce changement de point de vue, mais Jung ne parvenait tout de même pas à s'expliquer un tel fossé entre l'ambiance qu'il ressentait en tant qu'élève -pourtant pas très actif ou fêtard- et les mornes sensations qu'il pouvait éprouver dans son costume de professeur.

En matière de sensations, ce qu'il s'apprêtait à faire subir à ses papilles promettait d'être très, très désagréable. Avec une appréhension certaine, il arrêta subitement de se morfondre intérieurement pour approcher le gobelet déjà tiède de ses lèvres.
Une gorgée, pas vraiment de goût, pas le temps. Deuxième gorgée, humainement impossible.
Le liquide vaisselle devait vraiment avoir été recyclé par ces moyens.
Reculant sa chaise avec fracas, il se précipita jusqu'à l'évier qui jouxtait la machine à café et rinça son gosier à grandes lapées d'eau glacée. Le reste de l'immonde infusion eut vite fait de finir sa course dans la poubelle et le jeune prof tentait de récupérer le peu de dignité qui restait à sa propre estime en essuyant délicatement les verres de ses lunettes. Bon sang, heureusement qu'il avait été seul, sinon les dégâts ne se seraient pas limités à son goût et son ego...


Dernière édition par Jung Forstner le Dim 7 Nov 2010 - 17:27, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
« Invité »
(#) Re: [Terminé] Data Processing...  Sam 17 Avr 2010 - 23:06

Pour ne pas changer, la demoiselle s’était levée tôt pour profiter pleinement de l’air pur et dépenser son énergie de bonne heure dans une petite promenade dans les bois. Certains pouvaient la qualifier de folle, elle s’en fichait bien. Elle aimait ça, et ce n’était pas les critiques des autres qui allaient changer ses habitudes. Après donc une heure de trottinement à sauter par-dessus les branches au sol, et à éviter les bosses et racines qui barraient sa route, elle revint vers Kobe High School. Vraiment, il n’y avait rien de mieux qu’un jogging pour se préparer sa journée et bien se réveiller. Elle devrait vraiment initier Hidekazu à ce petit plaisir qu’elle appréciait tant. C’est vrai ça. S’il ne prenait pas soin de son corps, il deviendrait rabougri et mou en vieillissant, et il n’était pas question qu’elle le laisse à ce triste destin.

Traversant la zone de l’établissement, elle aperçut au loin un élève tourner en rond devant le local à matériel et vint le rejoindre. Il lui expliqua qu’il n’avait pu obtenir la clé et en avait absolument besoin. Dans sa grande gentillesse, elle le lui prêta à condition qu’il vienne la rendre en salle des profs, condition qu’il accepta les yeux pleins de joie. Alala, voir un tel engouement dans le regard d’un adolescent faisait plaisir à voir. C’est donc en courant par petites foulées qu’elle retourna à son appartement, en profita pour se doucher, se changer, se recoiffer d’une queue de cheval. Désormais vêtue d’un pantacourt brun et d’un t-shirt assez grand qui retombait légèrement sur ses épaules, elle conclut que vu l’heure, il devait l’avoir rendu, elle s’empressa donc de retourner dans ledit lieu, sandales blanches au pied.

Un parfum de thé vraiment faible était suspendu dans le couloir qui menait à la pièce, indiquant qu’elle n’était pas déserte à cette heure. Sûrement un professeur qui avait décidé de boire un café avant de donner cours. Quoi que, ça ne sentait vraiment pas le café. Elle s’en approcha donc et vit un homme, d’une vingtaine d’années déverser le contenu d’un gobelet dans la poubelle. A cette vision, elle resta muette et l’aperçut nettoyer ses lunettes. Kim clignota légèrement des yeux puis se décida à frapper doucement à la porte. De son air enjoué, elle le salua, se rappelant vaguement de son nom qu’elle avait lu quelque part :

« Fo… Forstner-san ? »

Avançant d’un pas, elle fit une légère courbette et poursuivit :

« Enchantée ! Lawson Kim pour vous servir. »

Elle sourit ensuite en soulevant son visage et se pencha vers le mini réfrigérateur pour en sortir une bouteille d’eau où on pouvait clairement voir son nom y apparaître. Et oui, c’était important de le noter au cas où on lui piquerait sa boisson. Elle pointa alors l’étiquette du doigt et fit :

« C’est écrit là. » ponctua-t-elle d’un sourire à pleines dents.

D’une main experte, elle en dévissa le bouchon et l’apporta à ses lèvres pour en boire quelques gorgées. « Pwah ! » émit-t-elle quand elle finit de s’hydrater. C’est que c’était froid mais rafraîchissant, surtout après avoir couru.

La jeune femme reposa la bouteille là où elle l’avait trouvé et se tourna vers le nouvel arrivant au sein du corps enseignant après avoir fermé la porte de l’appareil d’électroménager. S’appuyant sur le meuble avec ses mains, elle le questionna :

« Vous êtes professeur de… hum… Hésitant, elle reprit tout de même et tenta une réponse : De technologie ? »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
« Invité »
(#) Re: [Terminé] Data Processing...  Dim 9 Mai 2010 - 0:51

L’atroce journée qu’il avait en perspective ne semblait pas près de s’arranger. Alors que ses lunettes retrouvaient à nouveau leur place sur son nez, il découvrit à ses côtés une jeune femme… Bien, une jeune femme pour le moins souriante. Celle-ci prononça son nom avec une pointe d'hésitation, auquel il ne put répondre que par un léger hochement de tête, puis se présenta en une courbette. Le professeur d’informatique se contenta de cligner des yeux, le regard un peu perdu : une prof, c’était une prof ? Probablement. Là, c’était surtout un témoin de sa matinée calamiteuse. Une jolie fille, aussi, sans doute ; les élèves ne connaissaient pas leur chance. De son temps à Kobe, le pourcentage féminin du corps enseignant se résumait à deux thons et une harpie… Quoi d’autre pour définir l'étrangère ?
Lawson Kim. Certes, un nom et un prénom aident, accessoirement à reconnaître une personne. Enchantée ?
Soudainement conscient de son manque flagrant à la plus basique des politesses, Jung s’empressa de rendre sa révérence à la jeune femme tout sourire :
"Forstner, Jung Forstner. Egalement enchanté…"

Tandis que sa collègue se désaltérait, le professeur d'informatique continua de l'observer du coin de l'oeil. Elle semblait tellement débordante d'énergie qu'on pouvait presque voir celle-ci suinter par tous les pores de sa peau. Une attitude si... mouvementée en devenait presque suspicieuse. Du moins pouvait-elle sembler complètement surréaliste à Jung, dont le niveau de rayonnement physique évoquait celui d'un lombric à l'état larvaire. Quiconque aurait pu observer la scène qui se jouait en salle des profs aurait probablement occulté le jeune homme de l'espace tant cette Kim était vigoureuse dans ses gestes, ses paroles...
Oui, c'en devenait anormal, sans aucun doute.
Il faut bien avouer que tout ce qui s'éloignait un tant soit peu des critères de Jung lui paraissait anormal ; soit une partie plutôt massive du monde réel. Son auto-estime élevée au plus haut degré lui permettait de faire abstraction de toute vérité remettant en question ses propres défaillances. Simplement, son point de vue constituait une norme. Et cette norme appliquée à sa vie quotidienne faisait très clairement de cette femme une personne bien trop énergique.
Le simple fait d'observer Mlle Lawson suffisait presque à le fatiguer ; tous ces mouvements brusques, ces sourires... Tiens, encore un. N'était-elle donc pas humaine ? Il était définitivement impossible pour un être normalement constitué de présenter sa dentition si généreusement. Existait-il une galaxie où des humanoïdes vivaient avec le sourire ? S'ils bougeaient également si vite, ce devait être un enfer. Peut-être était-ce un problème d'échelle temporelle ? Si jamais elle ne s'était pas encore adaptée aux secondes terriennes, il fallait d'urgence lui permettre de remettre sa pendule interne à l'heure.

Tout à ses extrapolations internes, Jung s'apprêtait à s'enquérir des difficultés d'adaptation de son interlocutrice, lorsque celle-ci coupa net et le débat qu'il avait engagé, et le souffle qu'il s'apprêtait à prendre, par ces mots :
"Vous êtes professeur de… hum… De technologie ?"

Bouche béante que le coréen s'empressa de refermer, il déglutit avec peine. L'air hésitant qu'affichait sa collègue était on ne peut plus humain ; il était temps de redescendre sur terre.
On le prenait pour un professeur de technologie !
Une race on ne peut plus inutile, des plus exécrable sur Terre, des individus à la stupidité si flagrante qu'elle en devenait malsaine, et lui, on le plaçait parmi ceux-là ?
Flash Info -- Oui, l'expérience en matière de technologie de Jung Forstner fut plutôt mauvaise.
Enchaîner les exercices pratiques royalement crétins et des applications pseudo-utiles au quotidien ; apprendre à des mioches à la limite du bas-âge à allumer un ordinateur... On pouvait difficilement trouver pire insulte pour Jung. De morne, son regard devint brillant, presque vif -un spectacle assez rare- et surtout teinté d'une lueur de colère hautaine pour le moins antipathique. Son ton se fit sec tandis qu'il assénait, outragé ;
"Non. Certainement pas, non... J'enseigne l'informatique."

Contrôlant difficilement une moue boudeuse d'enfant contrarié, il résolut de s'adosser à une étagère. Il enchaîna d'une voix lourde, à contre-coeur, dans un souci de bon sens -il serait de mauvais ton de retourner des insultes à la première collègue rencontrée, si grande que fut son erreur :
"Et vous... Mlle Lawson ?"
Revenir en haut Aller en bas
Invité
« Invité »
(#) Re: [Terminé] Data Processing...  Mar 1 Juin 2010 - 14:34

Parfois, recourir à son instinct animal, de survie, ou féminin, n’est pas forcément ce qu’il y a de mieux à faire, surtout quand ledit instinct ne sert réellement qu’à répliquer à une attaque, d’autant plus quand celle-ci est offensive et agressive. Et oui, par de nombreux entraînements incitables car beaucoup trop importants et tenus secrets, la demoiselle peut par un simple réflexe retourner un bodybuilding à l’air un peu trop méchant… Évidemment, certaines personnes y ont déjà assisté, et n’ont pas voulu particulièrement s’y risquer à en parler ou à voir si ça fonctionnait dans n’importe quel cas, ou gabarit. En somme, la petite voix à l’intérieur de Kim qui d’ordinaire vous guide et vous indique diverses vérités fausses ou non, n’est pas suffisamment instruite dans le domaine de la devinette, puisque ce dernier l’avait poussé à émettre une réponse qui laissa son interlocuteur bien vexé, enfin, il le paressait en tout cas. C’était-elle donc lourdement trompée ? Il lui semblait pourtant que la matière qu’il enseignait était en lien avec les ordinateurs ou quelque chose dans le même genre…

Le regard de son interlocuteur changea alors soudainement, affichant une teinte d’énervement. Elle aurait donc fait une si grosse bourde que cela ? Le jeune homme dans une tonalité peu amicale s’empressa de la corriger et d’affirmer qu’il s’agissait d’informatique. Dubitative, la demoiselle eut un sérieux doute… Alors ce n’était pas la même chose ? Il faut dire qu’elle et la technologie au sens large, ça faisait bien plus que deux… Et comme il fallait distinguait les deux… Pas étonnant qu’elle n’y arrive pas. D’une petite voix où on sentait fortement sa désolation là, elle balbutia : « Ah euh… Excusez-moi. ». Oui elle était désolée, puisque son erreur semblait suffisamment importante pour contrarier son nouveau collègue. En soit, quand on se spécialise dans un domaine, le mélange de deux termes techniques ne peut plus passer inaperçu. Dans son cas, si on intervertissait de noms de sport semblables, mais malgré tout différents, elle ne pourrait le pardonner. C’est pourquoi elle comprenait plus ou moins et n’avait pas hésité à s’excuser. Toutefois, elle ne savait pas qu’est-ce que ça changeait.

Bien qu’elle ait fauté, le dénommé Forstner avait repris la parole, et ne s’était, contrairement à l’américo-taïwanaise, lancé dans le jeu des devinettes et l’avait tout simplement questionné. Le fait qu’il accepte de lui parler signifierait donc qu’il pardonnait sa faute ? Plongeant son regard azurin dans celui du professeur d’informatique, elle annonça d’un grand sourire :

« Professeur d’E.P.S. »

Sa carrure athlétique n’affirmait donc pas qu’elle enseignait cette matière ? Il était sans doute plus fréquent de voir un homme imposant et à la voix forte crier derrière sur les élèves sur un terrain de sport. Enfin bon, elle était sûre que malgré sa petite taille, elle pouvait très bien paraître aussi crédible que ces tas de muscles, du moins, ça restait à voir.

Osant relancer la conversation après qu’un léger silence eut le temps de s’installer, elle l’interrogea, certaine de ne pas l’avoir vu auparavant, ou peut-être n’avait-il rien de mieux à faire que de se cacher pour éviter ses collègues. A moins que ses rares venues en salle des professeurs soient la raison qu’elle ne l’ait encore jamais rencontré. Cette hypothèse n’était donc pas à écarter.

« Si je ne me trompe pas une nouvelle fois, vous êtes arrivé récemment, n’est-ce pas ? Il ne me semble pas avoir déjà eu l’honneur de vous avoir croisé. »

De toute façon, ses cours et tous ses problèmes personnels ne l’aidaient pas particulièrement à faire connaissance avec les autres professeurs. Comme quoi il faut vraiment un moral d’acier pour vraiment réussir à gérer le travail et le reste. Mais elle ne perdait pas courage d’y arriver.

[hrp : posté avant le 5 /o/]
Revenir en haut Aller en bas
Invité
« Invité »
(#) Re: [Terminé] Data Processing...  Ven 18 Juin 2010 - 22:59

Carrière sportive et plastique agréable.
Relation sociale pouvant éventuellement s‘avérer utile, donc : à creuser.

Peu réceptif à l‘air dépité qu‘affichait sa collègue, visiblement sincère dans ses regrets, Jung se contenta d‘hocher silencieusement la tête alors qu‘elle s‘excusait de sa méprise. La technologie, sérieusement… On l‘aurait traité d‘électricien qu‘il aurait mieux réagi encore.
Ah, quoique…

« Professeur d’E.P.S. »

Dubitatif un instant, le coréen examina son interlocutrice sans un mot. C‘était une blague ? Tandis que ses yeux la parcourait de la tête aux pieds -sans la moindre arrière-pensée bien sûr, n‘oublions pas que Jung est probablement fiancé à sa bande passante- il fallut bien se rendre à l‘évidence. La musculature de la jeune femme était probablement quatre fois plus développé que la sienne. Non, à vrai dire il n’existait sans doute même pas le moindre coefficient de proportionnalité pour les comparer. Une athlète. Pas étonnant que ce soit un telle boule d‘énergie et qu‘elle ne puisse différencier technologie et informatique. De son côté, voilà de nombreuses années qu‘il avait renoncé à comprendre ceux qui pouvaient éprouver du plaisir en faisant des tours de terrains. Qu‘un hamster à la cervelle altérée par l‘enfermement ne trouve rien de mieux à faire que tourner dans une roue, passe encore ; mais des êtres humains…
Fixant le bout de ses chaussures quelques secondes, il se résolut à garder la comparaison pour lui. Il ne doutait pas une seconde que cette Kim Lawson était capable de lui encastrer la tête dans le micro-ondes en moins de deux, bien qu‘il la domine largement du regard. Il n‘y avait pas non plus grand doute quant à la faiblesse de la résistance qu‘il était en mesure de fournir ; il était donc plus prudent d‘éviter de partager son incompréhension de longue date envers le sport.
Alors que ses yeux retranchés derrière leurs verres se portaient à nouveau sur la jeune femme électrique, celle-ci reprit la parole :

« Si je ne me trompe pas une nouvelle fois, vous êtes arrivé récemment, n’est-ce pas ? Il ne me semble pas avoir déjà eu l’honneur de vous avoir croisé. »

Nouveau hochement poli de la tête en guise d‘acquiescement.

« Le poste s‘est libéré il y a peu, et j‘étais dans le coin… »

Il était dans le coin depuis un moment déjà, à vrai dire. Malgré les trois années qui avaient passé entre la fuite de ses études et son retour dans ce lycée, il fallait bien reconnaître qu‘il faisait partie du paysage de Kobe désormais. D‘autant qu‘il rechignait à évoquer ce pan de son passé, et que de façon officielle, il s‘était contenté de rester dans cette ville, ce qui ne l‘aidait pas à insuffler beaucoup d‘exotisme à ses récits. Rendre la conversation plaisante était loin d‘être son point fort -avoir une conversation plaisante de A à Z étant soi-même au-dessus de ses capacités- cependant, il s‘était résolu à faire quelques efforts. Du moins, pour l‘instant. Et envers cette jeune femme. Rien ne garantissait que le prochain inconnu croisé dans le couloir aurait affaire à autre chose qu‘à l‘un de ses grognements emplis de mépris pour le piètre homo sapiens qu‘il représente.

« Je passais régulièrement au lycée, donc j‘ai sauté sur l‘occasion. J‘ai suivi la quasi-totalité de ma scolarité ici, il y a quelques années… Et vous occupez votre poste depuis… ? » continua-t-il.

Tous ces efforts relationnels lui fatiguaient l‘esprit et le gosier. Sans compter l‘agitation qu‘avait provoquée l‘arrivée de sa collègue. Un regard vers la machine qui lui avait précédemment déversé son immonde jus le dissuada de tenter à nouveau sa chance. D‘un coup de rein, il se redressa en s‘écartant de l‘étagère et allongea le bras pour s‘emparer d‘un verre. Une rapide inspection lui révéla diverses traces signifiant qu‘il avait été lavé de façon médiocre, mais ses confrères souffrant probablement des mêmes stigmates, il conserva celui-ci. Murmurant un léger « Veuillez m‘excuser » accompagné d‘un sourire maladroit qui se voulait avenant, il contourna la professeur pour s‘emparer du liquide vaisselle laissé à l‘abandon sur un plan de travail et revint se placer face à l‘évier. Bien qu‘il lui soit difficile de se concentrer sur deux tâches en même temps et que l‘hygiène du récipient qu‘il comptait porter à sa bouche le préoccupe assez largement, il s‘efforçait de garder un contact visuel avec son interlocutrice tandis qu‘il lavait minutieusement ce dernier. Souci de politesse. Vexer un homologue pour boire à sa guise lui paraissait acceptable, mais ce n‘était sans doute pas l‘avis du commun des mortels. Décidément, il devenait presque bon à ce jeu-là.
Encore quelques études et il serait peut-être finalement apte à découvrir l‘utilité des relations sociales, chose qui lui échappait encore -à l‘exception des raisons tels que besoins pratiques ou instinct grégaire, bien entendu.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
« Invité »
(#) Re: [Terminé] Data Processing...  Mer 14 Juil 2010 - 15:55

A vrai dire, à part Rei avec qui elle partageait son appartement et Hidekazu, évidemment, elle n’avait jamais vraiment fait connaissance avec le reste du corps enseignant, qu’elle ne le connaisse pas alors qu’il était arrivé depuis un bout de temps n’était donc pas impossible. Surtout qu’elle n’était pas vraiment du genre physionomiste, et que sa mémoire se faisait assez sélective. Et donc, elle pourrait passer sans problème pour une idiote face à son collègue en émettant une hypothèse complètement fausse… C’est donc pour son plus grand bonheur qu’elle apprit qu’elle n’avait pas tort, pour une fois. A cela il rajouta une information personnelle. Comme quoi il aurait passé sa scolarité à Kobe High School. Tiens ? Les traits du jeune homme ne semblaient pas si japonais pourtant. Depuis son arrivée au pays du soleil levant, elle avait pas mal côtoyé de cette population, et à force on s’y fait. Elle-même étant ce qu’on appelait ici une « Gaijin » arrivait à déterminer ses « Confrères »… Et lui semblait bien en être un… Par contre, parvenir à trouver le pays d’origine était autre chose…

Sans qu’elle n’en soit trop étonnée, son collègue vint à lui retourner la question. Depuis combien de temps déjà était-elle là ? Avec tous les événements qui s’étaient accumulés sans qu’elle ne le veuille vraiment, elle avait à force, perdu la notion du temps. Peut-être cinq semaines, voir plus, deux mois qui sait… Perdue dans ses pensées à calculer le nombre de jours qu’elle avait passée dans l’enceinte du lycée, elle en fut sortie quand Jung se mit alors à bouger pour atteindre un objet qu’elle n’eut encore identifier, s’excusant quand il fut à proximité de la demoiselle. Il choppa alors ce qu’il semblait être du liquide vaisselle et retourna à sa place initiale. Ainsi il entreprit de nettoyer un verre, sans pour autant quitter la jeune fille du regard. Kim fut surprise de la dextérité dont il faisait preuve, à frotter le récipient sans le regarder. Soudainement, elle se souvint de la question qu’il lui avait posée et se décida à lui répondre, la voix hésitante, l’index posé sur ses lèvres :

« Tout juste deux mois, me semble-t-il. »

Continuant à détailler le visage de son interlocuteur, ainsi que ses potentielles origines, la taïwanaise se risqua à se montrer curieuse. Elle avait bien le droit, non ? Comment ça c’est un mauvais défaut ? C’est tout à fait humain de s’interroger sur la personne qu’on a en face de soit… Imaginons que c’est un meurtrier en série, il faut bien qu’elle se renseigne avant de l’apprendre à ses dépends lorsqu’elle baignera dans son propre sang. De toute façon, elle a toujours été de ces personnes qui veulent tout savoir, ce n’est pas aujourd’hui qu’elle changera. Ainsi, commençant son petit interrogatoire, tout en restant pas trop modérée, la rouquine le questionna :

« Dites-moi, Forstner-san, de quelle origine êtes-vous ? Si ce n’est pas trop indiscret de ma part. »

C’est qu’elle ne savait pas si cette question risquait de l’offenser. Après tout, de simples mots mal posés peuvent se montrer blessants. Par exemple, s’il était amnésique… Ne pas pouvoir répondre à une chose aussi simple peut être vexant. Se voyant quelque part dans l’obligation de commencer par elle, et cela, rien que par politesse, la taïwanaise s’exécuta pour donner l’exemple :

« Pour ma part, je suis américo-taïwanaise. Ce n’est pas bien banal mais bon… »

Réfléchissant à ses propos, elle se mit alors à douter. Et si le fait qu’elle ait elle-même donner une réponse signifiait par sous-entendu qu’elle le forçait à le faire aussi alors que ce n’est pas le cas… Et si en faite, il s’en fichait complètement et allait commencer à la trouver lourde… Et si dans un excès de violence et d’agacement, il lui lançait le verre qu’il avait dans les mains sur sa figure… Et si par réflexe, elle lui rendait l’appareil et déclancherait un mode bersek enfoui depuis… Depuis un certain événement auquel elle préférerait ne pas y penser à cet instant et qu’alors elle se mettait à le torturer avec sadisme et un rire affreusement terrifiant… Et si, et tant de « Et si » qui s’accumulait dans son imagination et lui faisait tourner la tête, au point de perdre légèrement l’équilibre et tomber au sol… Dans une voix affaiblie, Kim, tête baissée, mains par terre, ajouta :

« Vous n’êtes pas obligé d’y répondre… »

Aucun doute, il allait la prendre pour une folle. Il n’y avait pas à dire, elle avait vraiment du mal à faire la causette avec une personne qui semblait bien plus normale qu’elle…
Revenir en haut Aller en bas
Invité
« Invité »
(#) Re: [Terminé] Data Processing...  Jeu 22 Juil 2010 - 9:21

Le verre constituait finalement un abreuvoir acceptable. Satisfait de son nettoyage dans les formes et soulagé d’avoir pu assouvir ses besoins maniaques grâce à la présence salvatrice du produit vaisselle, Jung se permit un léger sourire. Dans le doute, il l’adressa au robinet plutôt qu’à sa collègue. Sait-on jamais : il ne maîtrisait pas encore assez les sciences sociales pour se permettre d’afficher une expression personnelle. Les interprétations étaient sans doute nombreuses, sans compter l’imagination débordante des esprits médiocres qui pouvait facilement mener à un quiproquo des plus incongrus.
Tandis que la jeune femme lui répondait quant à son ancienneté avec une pose probablement censée aider à la réflexion, il actionna donc le jet d’eau pour enfin remplir son verre. Tiens, devait-il lui proposer un rafraîchissement ? Elle venait de boire. Ce serait stupide, même par politesse. Quoique nombre d’aspects de la politesse ou de la plus basique des bonne conduite en société lui paraissent stupides. En proie au doute, il prêta de justesse attention à la question qui lui était posée.

« Dites-moi, Forstner-san, de quelle origine êtes-vous ? Si ce n’est pas trop indiscret de ma part… Pour ma part, je suis américo-taïwanaise. Ce n’est pas bien banal mais bon… »

Résolu à laisser de côté son problème de conscience, le coréen procéda à nouveau à un rapide examen de son interlocutrice. Inutile d’être devin pour trouver dans ses traits un métissage, mais de là à relier les Etats-Unis à Taïwan…
Bon sang, il fallait absolument qu’il se rafraîchisse la gorge. Levant un index pour faire signe à la jeune femme de patienter un instant, il vida son verre d’un trait avant de le reposer doucement dans l’évier. Dieu que c’était bon… Rien ne remplacerait jamais le café, tant pour ses besoins physiques de boisson, que psychologiques d’énergie. Cependant, il fallait bien reconnaître qu’en matière de fraîcheur, l’eau n’était pas atteignable. S’emparant à nouveau du liquide nettoyant, il entreprit de laver une seconde fois le verre dont il venait de faire usage. Un souci d’hygiène et de propreté visiblement peu respecté par ceux qui avaient l’occasion de se servir sur cette étagère, si l’on en jugeait par l’état de la vaisselle qui s’y trouvait. Une grimace de dégoût voila un instant son visage alors qu’il apercevait du coin de l’œil un pichet aux traces de doigts graissées bien visibles. Le geste était incontrôlable : d’un large balayage de son bras de mante, il agrippa l’objet et lui fit subir le même traitement. Son antre avait beau être un indescriptible amas de couvertures, de pièces détachées et d’objets hétéroclites, il avait toujours été irréprochable en ce qui concernait la propreté. Il lui semblait par ailleurs aberrant que cette manie ne soit pas générale. Aussi se fit-il intraitable face aux potentiels microbes qui grouillaient innocemment dans le coin. S’il laissait libre cours à son instinct, toute la vaisselle présente allait y passer. Tiens, il n’avait même pas jeté le moindre coup d’œil au réfrigérateur. À coup sûr, celui-ci regorgeait de produits bons à jeter. Ce serait sa prochaine étape.
Tout à sa soudaine frénésie ménagère, le maniaque n’en fut tiré que par le bruit salutaire qui résulta de la chute de sa collègue. La présence de celle-ci et la discussion qu’ils tenaient ayant été complètement occultées de l’esprit de l’informaticien, celui-ci dut faire face à un instant de confusion en contemplant la jeune femme étalée à terre. Suite à un léger instant de flottement, sa collègue lui adressa quelques mots d’une voix faible, visage tourné vers le sol. Une pensée incongrue s’insinua dans l’esprit du coréen : la position dans laquelle cette femme se trouvait était vraiment tragique. Véritablement digne d’un théâtre grec ; elle aurait presque mérité un projecteur.
Revenant à lui d’un raclement de gorge, il prit la peine de formuler une phrase :

«  Non, non, je… Mes parents étaient américains. »

Mais je suis de nationalité coréenne. Jugeant la précision hors de propos, Jung se vit planté face à un dilemme de la pire espèce. Devait-il porter secours à Melle Lawson ? … Elle ne présentait pas véritablement les caractéristiques d’une demoiselle en détresse, mais venait tout de même d’expérimenter la gravité du sol de façon pour le moins brutale. Ceci dit, il avait les mains dans l’eau, la vaisselle, et… En vérité, ce pichet lui semblait bien plus mal en point que son interlocutrice. Par ailleurs, c’était une adulte, certainement capable de faire usage de ses propres membres, et une sportive. Prendrait-elle une main tendue comme une insulte ? Oh, et puis il n’avait aucune envie de lui tendre la main. Qui sait les germes qu’elle avait récolté sur ses paumes en se servant de cette bouteille d’eau.
La situation embarrassante ne l’était pas vraiment ; il n’y avait pas grand besoin de réfléchir plus avant. Bien que les conditions et l’attitude sociale à adopter lui échappent complètement, Jung ne ressentait pas la moindre envie de venir en aide à sa collègue ; et ses mains trempées dans la vaisselle lui donneraient toujours une bonne excuse au cas où la partie adverse s’offusquerait de la chose. Il résolut donc de retourner à son ménage, jugeant que son regard ne ferait que mettre la jeune femme mal à l’aise. À moins qu’elle n’ait besoin d’une preuve de compassion ? Mais mimer un air compatissant lui était difficile… Oh, et puis elle n’avait qu’à se débrouiller. Ces quelques verres nécessitaient une aide bien plus urgente.
Plongeant à nouveau les bras et les yeux dans l’eau moussante, le coréen se lança à cœur joie dans sa course effrénée aux taches. Fallait-il malgré tout un signe d’attention ? Il n’avait plus vraiment la tête aux efforts de sociabilité. Ceci dit, ç’aurait été stupide de gaspiller autant de mots pour ensuite arrêter la discussion qu’il s’était efforcé de tenir avec cette jeune femme de façon si brute. Il finit donc par ajouter le détail qui lui était venu à l’esprit en premier lieu, d’une voix lointaine, comme rêveuse :

« Mais je suis de nationalité coréenne. Eux aussi. Je n’ai pas connu l’Amérique à proprement parler… »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
« Invité »
(#) Re: [Terminé] Data Processing...  Mer 18 Aoû 2010 - 21:19

Quand on y regardait, que ce soit de près ou de loin, la position de Kim était assez pathétique. Évidemment, il s’agissait du sens actuel, celui désignant toute chose qui faisait pitié, le côté négatif du mot. A partir de quand avait-elle commencé à arborer ce comportement plus que clownesque, elle ne le savait vraiment, et voudrait bien changer, mais c’était dur… On ne peut faire disparaître une telle facette du jour au lendemain. Mais après tout, quand on veut on peut n’est-ce pas ? Ainsi sa motivation et son désir de bouger les choses seraient éventuellement la clé du succès. Mais ce n’était pas pour aujourd’hui, son attitude étrange avait sûrement déjà effrayé son interlocuteur, du moins, elle le pensait, et ce n’était pas si étonnant en faite. Au final, elle se demandait même pourquoi il n’avait pas déjà décampé, la laissant ainsi stupidement positionnée sur le sol de la salle des professeurs. C’était après tout une réaction presque normale. Mais non, celui-ci ne bougea point d’un pouce et répondit tout de même à sa question malgré Kim qui lui disait qu’il n’était pas obligé.

Des parents américains ? Certes, son visage disait de lui qu’il était étranger, mais un occidental avec une si bonne prononciation d’une langue asiatique tel que le japonais, c’était assez bluffant. Tout de même rassurée qu’il ait pris le temps de lui donner une réponse, la demoiselle envisagea de se lever, et non d’insister pour avoir une réponse plus précise. Après tout, elle l’avait suffisamment fait comme ça. Les yeux rivés sur le lino qui habillait le sol de la pièce, la taïwanaise vint à entendre des paroles qui semblaient à la fois lui être destinés, mais aussi ne pas l’être. Un détail lui fut alors révélé, répondant à toutes les questions qui avaient pu lui traverser l’esprit quant à ce jeune homme bien mystérieux. Il avait donc bien vécu en Asie pour avoir cet accent qu’ont les asiatiques. Accent notamment assez dérangeant quand il s’agit de parler anglais ou toutes langues occidentales. Mais c’est à force d’entraînement qu’on arrivait à une prononciation correcte supposait-elle.

Le fait qu’il accepte de donner quelques informations sur sa personne lui faisait tellement plaisir, peut-être était-ce le début d’une grande et longue amitié, ou pas. Oui, car de toute évidence, la route vers la réussite semblait vraiment semée d’embûches. Enfin, qui sait, peut-être qu’un jour ces deux collègues se retrouveront autour d’une coupe de crème glacée, un jour… Mais celui-ci ne risquait pour l’instant pas d’arriver.
Se relevant l’air de rien, la jeune femme se remit sur pied, n’attendant en rien l’aide d’un quelconque prince charmant qui, à cette heure de la journée devait se goinfrer de quelques cochonneries et de café, affalé devant la télé. Vision qui l’avait toujours amusé, mais l’énervait aussi tout autant.
Le regard fixé sur son collègue toujours dans sa vaisselle, un léger sourire sur les lèvres, elle le remercia pour cette réponse et se risqua à une proposition peut-être déplacée vu le peu de temps qu’ils se connaissaient :

« Ça vous dirait d’aller prendre un verre dans un café à côté ? Puisque les boissons ici ne semblent pas être à votre goût dit-elle sur le ton de la plaisanterie. C’est moi qui offre. » affirmait-elle pour finir.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
« Invité »
(#) Re: [Terminé] Data Processing...  Dim 7 Nov 2010 - 17:26

Y avait-il jamais eu sentiment de satisfaction plus intense que celui qui découlait de l'intime persuasion d'avoir effectué une action véritablement bonne ?
Les pupilles du professeur d'informatique qui contemplait le spectacle de la vaisselle désormais étincelante répondait amplement à la question. Restait à connaître la notion de charité. Concernant Jung Forstner, celle-ci s'arrêtait au bord de l'évier ; il ne verrait probablement jamais l'utilité qu'il pouvait y avoir à aider une grand-mère à traverser. À moins que celle-ci ne soit en vérité très haute placée dans la société dont il faudrait s'attirer les grâces, ou une menace pour l'univers qu'il vaudrait mieux éviter de mettre en rogne. Car il est connu que les grands-mères ont toutes cette part de mystère qui ne peut dissimuler qu'une double identité. Vite. Des paroles, que son crâne en ébullition ne fonde une nouvelle théorie du complot basée sur ces pauvres créatures du troisième âge.
Fort heureusement, son interlocutrice interrompit effectivement juste à temps ses élans.

Ça vous dirait d’aller prendre un verre dans un café à côté ? Puisque les boissons ici ne semblent pas être à votre goût...
Hein ? Non, non, non, n--
C’est moi qui offre.
Oh ? ... Pourquoi pas...

Bien... Pourquoi pas ?

Un rictus plus ou moins agréable, plus ou moins maladroit étira les lèvres du professeur. Quelle tête fallait-il afficher lorsque l'on venait d'accepter une invitation ? Jung Forstner n'était pas un invité. Encore moins un invité qui acceptait. Ce début de journée s'avérait décidément fort riche en expériences socio-culturelles. Il fallait bien avouer qu'il commençait à se prendre au jeu. Sans doute que sa collègue mi-schwarzy mi-brindille présentait des caractéristiques agréables à son propre inconscient.
Et puis... Prendre Jung par le café de qualité et le porte-monnaie était quand même d'une grande aide.
S'emparant de la montre qu'il avait mis de côté pour se plonger dans la vaisselle à corps perdu, il prit la peine de vérifier l'heure. Il était encore tôt. Si le bâtiment où ils prenaient place n'était pas trop éloigné de l'école, il aurait largement le temps de profiter de l'instant avant que le devoir ne le rappelle au lycée. Montre attachée, mains méticuleusement séchées grâce au torchon présent sur l'étagère -après vérification de celui-ci sous tous les angles afin de s'assurer de sa propreté-, Jung glissa vers la table où se trouvaient ses affaires et s'empara du sac qu'il y avait laissé. Sans prendre la peine de jeter un oeil aux mouvements de sa collègue, il atteint la porte en quelques larges enjambées. Après avoir ouvert celle-ci, son pied s'avança instinctivement, mais ses efforts d'humanité le rappelèrent à l'ordre juste à temps pour éviter qu'il ne s'éclipse tout à fait. Retenant l'idée de quitter la pièce, il maintint la porte ouverte de son grand geste du bras -les particularités physiques d'une mante religieuse géante s'avèrent très utiles pour retenir des ports- et, fier de son respect des règles de bienséance, accrocha à nouveau du regard la jeune femme. Kim semblait également prête à décoller de la pièce, et afin de clarifier la situation -sait-on jamais- le coréen aussi galamment que possible -si tant est qu'un ermite mégalomane fût capable de prendre un ton galant :

Après vous.

Et puis, encore un semblant de sourire. Décidément, il s'adaptait bien plus facilement qu'il ne l'aurait lui-même crû.


HRP : C'est tout petit et pourri ! D: Désolée. Tu connais mon passage à vide actuel...
Revenir en haut Aller en bas
 
[Terminé] Data Processing...
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Kobe High School :: Hors RPG :: Poubelle :: Archives des rps :: Anciens rps-
Sauter vers: