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 [Terminé] Si par le plus grand des hasards.. [Yôma !]

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(#) [Terminé] Si par le plus grand des hasards.. [Yôma !]  Mer 22 Sep 2010 - 1:53

La littérature Anglaise était la meilleure.

La pause du midi. Il m'était bien difficile de m'habituer pleinement à la nourriture japonaise, à arriver à manger du riz quasiment tout les jours, à me familiariser avec les baguettes au détriment des couverts... Alors que faire dans un tel vacarme... Décidément, j'étais loin d'aimer le réfectoire, à des années lumières même. En premier lieu, il y avait l'attente. Oui, attendre alors que l'on sort de cours, que la tête est remplie, mais que l'estomac est vide. C'était une bien cruelle torture que de ne faire qu'un service, un seul et unique. De ce fait, je n'étais pas le seul à avoir faim, et surement l'un des plus calme, dans cette situation. La plupart se retrouvaient en groupe. Des groupes de filles, les plus bruyantes d'ailleurs, des groupes de garçons, et des groupes mixtes. Mais rares étaient les élèves qui, comme moi, décidaient d'être seul. Oui, puisque de mon côté, j'avais jugé préférable de rester retiré, durant la pause méridienne, très peu conquit par l'idée de devoir converser, en plus de me rassasier, étant donné que nous n'avions pas un temps infini là dessus. Et aussi, parce que j'avais un mal fou à m'intégrer, comme à mon habitude. Je reflétais surement l'image de la personne froide et sérieuse, bien plus heureuse avec des livres et des exercices, qu'avec ses congénères.. Ce qui n'était pas totalement faux en somme. Mais quand même, je savais être sociable, un minimum, et il était rare que je sois foncièrement méchant, ou de mauvaise humeur même. Je me savais ennuyeux pour les autres, oui, et je savais bien que si l'envie me prenait un jour, de vouloir partager mon repas avec d'autres, j'allais devoir être celui qui ferait le premier pas.. Loin d'être ma façon d'être, en définitif.

Soit, je réfléchissais à tout cela, les mains dans les poches, les yeux et la tête légèrement relevés au plafond, me dirigeant vers ce réfectoire qui ne m'enchantait guère. Mon sac de cours sur mon épaule gauche, puisque c'était un sac à bandoulière, je me demandais comment les japonais ne pouvaient-ils pas se lasser du riz.. En fait, j'en avais déjà un peu assez, et j'aurai préféré retrouver autre chose comme accompagnement.. Des pâtes ? Non, ils étaient aussi bien fort pour les nouilles instantanés, ou le repas pour celui qui n'avait pas le temps. Non, mais quelques pommes de terres auraient été les bienvenues, doucement revenues à la poêle, avec une noisette de beurre et de l'ail, tout simplement. Je soupirai à cette idée, ce n'était pas demain que j'allais retrouver un tel plat dans mon assiette, non loin de là même. Et je pouvais déjà entendre le brouhaha, dès qu'un élève ouvrait l'une des portes pour se rendre dans ce lieu si...repoussant ? Oui, à force de le côtoyer, je finissais par croire qu'il serait préférable pour moi de ne plus manger, pour ma santé mentale du moins, puisque ma santé physique ne mettrais pas longtemps à en ressentir le manque, malheureusement. Mais une chose était sure, je pouvais manquer un seul repas, reposer mon esprit ailleurs, lui laisser une journée de répit, ou même, juste un déjeuner tranquille, se nourrissant du calme et de la sérénité. Il ne me fallut pas longtemps pour me décider, que déjà je repris une marche plus prononcée, plus rapide, et surtout, je m'éloignais du réfectoire. Direction ? Je ne savais encore.

Dehors. Je voulais au moins me retrouver au grand air, assurément. Pouvoir respirer à plein poumons, et comme les élèves étaient feignants, en général, ils ne se tentaient pas à faire un aussi long parcours entre la cantine et la cour, bien trop éloignés l'un de l'autre après un repas prit. Non, la normal voulait qu'ils restent un peu sur leurs tables, trainant, provoquant parfois quelques mésententes ou malentendus, rien de graves en somme, des querelles de lycéens, tout simplement. Non, j'étais presque certain de mon coup, et je n'allais pas tarder à le savoir, puisque je poussais la porte du hall de ma main droite, la gauche tenant la rabouillère de mon sac de cours. Sans attendre davantage, et plissant légèrement les yeux au changement de lumière, je me dirigeait vers le cour, sachant très bien que si quelques élèves avaient décidé de sauter le repas, ils préféreraient largement le parc, avec un temps pareil. Quoi de mieux qu'un banc, de l'ombre, un ciel bleu, et surtout, du calme pour lire ? Rien, non. Peut être un bon thé. Mais je n'allais pas non plus être exigeant. Oui, j'avais toujours plusieurs livres sur moi, et ceux qui s'en moqueraient rataient quelque chose. La littérature Anglaise était la meilleure. Bien que je devais l'avouer, j'étais loin, très loin d'être objectif là dessus. Mais elle avait son charme, que beaucoup de non-anglais n'arrivaient pas à saisir.. Comme j'avais parfois du mal avec la logique des livres Allemands, souvent bien plus cru que les notre. Et voila qu'elle s'offrait enfin à moi, et vide, comme je l'espérais tant. Une étendue de béton, toute simple, avec plusieurs banc pour pouvoir s'y reposer. Je n'avais pas pour habitude de m'y attarder, puisque la bibliothèque était le meilleur endroit pour être sur de ne pas être dérangé.. Mais celle-ci devait être fermé, sa surveillante se nourrissant, comme n'importe quelle autre personne.

Soit. Après un court arrêt pour scruter les lieux, je repris le pas, me dirigeant d'emblée vers un banc, le moins éloigné. Très vite, un peu plus loin, et à terre, je pus remarquer à ce qui semblait être un livre. Revirement de direction. Quelqu'un l'avait oublié ? Je me baissé pour le ramasser, constatant qu'il ne s'agissait pas du tout du genre d'ouvrage que j'avais l'habitude d'avaler. Non. Un manga ? Je crois que les Japonais nommaient ainsi leurs bandes dessinées, comme les Américains parlent de Comics. A lire "à l'envers" puisque la mode occidentale voulait qu'on ouvre le bouquin de l'autre côté. Je regardais sa couverture, bien curieux d'être tombé dessus.

"Naruto ?" M'interrogeais-je à voix haute.

C'était un aliment ? Non ? Un espèce de décoration, à base de poisson, à mettre dans des Râmen ? Étrange pour un nom de livre, même pour ce genre. Pourtant, le nombre "Quarante et un" semblait indiquer que le manga devait être réputé, pour avoir tant de numéros. Et le dessin ne m'en apprenait pas plus. Un garçon blond, surement un adolescent, avec une espèce de plaque de fer sur le front, et un signe incompréhensible. Je ne pouvais même pas voir son visage entièrement, puisqu'il le cachait avec ses mains, faisant une croix de ses doigts. Plus bas, d'autres personnages, tous habillé d'un grand manteau noir, avec des nuages rouges... L'un d'eux portait un masque et l'ont pouvoir voir une immense faux, appartenant à un personnage de dos.. Un livre violent ? Surement le genre de manga pour garçon, typiquement, ou le héros doit affronter les forces du mal. Du revisité, en somme. Ce qui ressemblait à un personnage, m'intrigua un peu plus que le reste.. Il était caché par.. Des grandes feuilles de palmier ? J'en souris en coin, me disant que les dessinateurs avaient une bien belle imagination, pour créer ce genre de personne.

Je décidai donc de m'assoir, sur le banc à quelques pas de moi, croisant les jambes, toujours plus curieux de voir à quoi cela pouvait ressembler, à l'intérieur. Soit. Son possesseur n'allait pas m'en vouloir, puisqu'il n'en saurait rien, et quand même, il y avait pire comme crime, bien pire. J'ouvris donc l'ouvrage au hasard, me demandant un millième de seconde encore si j'allais effectivement tomber sur une scène de combat, et comment elle allait pouvoir être représentée.

...

Le temps se figea, ou du moins, mon corps se figea totalement. Les yeux exagérément ouvert, je fixai les deux pages qui s'offraient à moi. Impossible de bouger, de les tourner, de le refermer. Pourtant, j'avais plus qu'envie de jeter ce manga, de le déchirer, de le brûler même.Mais rien. Je ne bougeait pas, me demandant comment ce genre de dessin pouvaient exister...Des hommes en plus..C'était ce qu'il y avait de pire, représenter une telle déviance..Et..Et ce genre de..chose se vendait ?


Spoiler:
 


Dernière édition par Elliot Livingston le Ven 12 Nov 2010 - 18:31, édité 2 fois
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(#) Re: [Terminé] Si par le plus grand des hasards.. [Yôma !]  Mer 22 Sep 2010 - 14:38

L’ennui était quelque chose d’insupportable. De lourd, pesant, un « truc emmerdant » comme dirait l’autre, là. Un gros soupir. Le prof parlait, ne faisait que ça, et son pouvoir soporifique dépassait l’imagination de l’homme. Il parlait de cellules, de division cellulaires, il parlait de noyau, de membrane, de filament, de sexualité des plantes et autres trucs inintéressant dont Yôma ne se rappellerait même plus trois secondes après. Deuxième gros soupir, chaise bancale, tête levée vers le plafond. Cela faisait bien deux heures qu’il s’amusait à compter le nombre de taches qu’il y avait là-haut, juste au dessus de sa tête. Il en avait comptabilisé vingt-trois dans un périmètre de cinq mètres carré. Alors il allait agrandir son champ, conscient que ce serait la seule chose qui pourrait capter un minimum son attention.

Trente. Le nombre avait augmenté, mais les aiguilles de l’horloge, elle, n’avaient pas tant bougé. Troisième gros soupir, et l’on entendit un « hum hum ! » indigné venant du professeur. Mais Yôma fit la sourde oreille, et plongea sa main dans son sac, sortant un manga. Le prof le foudroya du regard mais bien évidemment, son élève ne s’aperçut de rien car il s’était plongé dans sa lecture, avec une tête de blasé. Pourquoi les cours existaient-ils ? Ne pouvaient-ils donc pas vivre simplement et se satisfaire des choses de la nature ?… Hum. Il n’y aurait même plus de morale de ce fait. Et Yôma, ne lisant qu’à moitié, s’envola vers un tas de pensées brumeuses -et douteuses. Il pourrait avoir toutes les filles et tous les hommes qu’il veut, du moment qu’il les soumettait… Il pourrait taper quelqu’un sans avoir besoin de s’expliquer… Il pourrait s’en aller sans avoir à s’inquiéter d’un problème d’argent… ah… Bon. Il aurait été père à treize ans, probablement. Mais rien ne l’aurait obligé à s’occuper des gosses. C’est vrai quoi ; avant même qu’ils aient vu le jour, lui il se serait déjà barré.

La sonnerie retentie. Yôma, bien trop occuper à penser et à lire, ne rangea aucune de ses affaires et resta dans la salle de classe. Jamais il n’était le premier à rentrer, mais il n’était pas non plus le premier à sortir. Dernier dans les deux cas. Et c’était volontaire. L’histoire était plutôt gnangnan au départ. La vision d’un mec fragile qui pleure pour rien n’était pas du genre attendrissante, enfin, cela n’était que son avis. Il était de toute façon inconcevable que Yôma puisse s’attendrir devant quoique ce soit. Un type sans cœur, violent et vulgaire, en plus d’être un vicelard orgueilleux et prétentieux. Une fois le petit manga achevé, il se releva et le rangea dans la poche arrière de son pantalon, laissant son sac de cours ici. Pour ce qu’il en avait à faire, de toute façon, on pouvait bien lui piquer ses affaires…

Dans le genre « si j’ai la flemme alors je fais pas » Yôma était passé maître. Il avait faim, certes. Son ventre était vide, mais il n’avait pas envie de marcher jusqu’à la cafet’ où il pourrait manger. Alors une petite balade le tenta, dans le parc juste à côté, profitant du fait que personne ne traînait encore ici. Tout le monde étant parti manger, il serait tranquille. Ecrasant l’herbe verte de ses baskets noires, il plaça sur son oreilles un casque, branché à son portable, et alluma la musique. Sourire aux lèvres, il alla s’exiler à l’ombre d’un arbre, s’allongeant à son pied, bras croisés derrière la tête. Il n’était pas rare de le voir glander avec de la musique dans les oreilles, ou en train d’emmerder les gens, aussi. Parfois même, il se baladait avec un magazine de fesses dans les mains, sans que personne ne le sache. Niveau discrétion, on ne faisait souvent pas mieux que lui sur ce point là. Et comme en plus de ça il n’était pas très expressif face à ce genre de choses, cela ne se devinait absolument pas. Il fallait le voir pour le croire… Et si quelqu’un regardait par-dessus son épaule, même pas il ne s’en cachait. Il proposait même aux gens d’expérimenter avec lui ce que les pages illustraient -et inutile de préciser qu’il se fait toujours refouler.

Ce n'est seulement qu'au bout d'un certain temps que Yôma se redressa sur ses coudes, voulant relire un passage de son manga. Mais il ne l'avait plus. Ah ? Le garçon se releva et fouilla ses poches ; rien. Il était donc tombé en cours de route ?... Très certainement. Abaissant son casque, le regard balayant les environs, il aperçu, plus loin, un blondinet avec, entre les mains, quelque chose qui lui rappelait vaguement ce qu'il cherchait. Yôma eut un sourire et éteignit sa musique, se faisant discret, puis s'approcha par derrière. Effectivement, c'était bien son manga. S'abaissant pour être à la hauteur du banc, il croisa la coudes dessus et regarda looooooonguement la page... Il ne la tournait pas ? Qu'est-ce qu'il avait ? En plus il n'avait même pas calculé sa présence. Il était choqué ? Bah ! C'était une scène de sexe, et alors ? Ca faisait quoi ? Lâchant un gros soupir, histoire de se faire remarquer, Yôma continua de regarder la page, observant les détails, imaginant les bruitages... aaah, c'était beau.

« Bah, t'attends quoi pour tourner la page ? » déclara-t-il d'un ton blasé.

Il ne comprenait pas la surprise de l'autre face à l'ouvrage, mais il se demandait si cela ne faisait pas son petit effet. Se mettant debout, il se pencha au dessus du garçon avec un grand sourire. Con. Mauvais. Malsain.

« Ca te donne envie, c'est ça, heiiiiiin ? »

N'attendant guère de réponse, il attrapa le bouquin, le lui arrachant des mains et le jeta au bout du banc, comme s'il s'agissait de quelque chose d'indésirable. C'était toujours comme ça avec lui. Il ne faisait jamais rien de ce que vous voudriez qu'il fasse. Yôma n'en fait qu'à sa tête et il fait tout pour vous mettre dans une position inconfortable, jouant avec vos limites, titillant vos nerfs, mettant votre sang-froid à rude épreuve. C'était quelque chose qui l'amusait grandement et il ne rechignait jamais à se prendre une beigne de temps à autre -un bon prétexte pour pouvoir en donner à son tour, disait-il. Posant vivement ses mains sur le dossier du banc, de chaque côté du blondinet -visiblement européen- il rapprocha son visage dangereusement, le regard brûlant de mauvaises intentions.

« En plus t'es franchement pas mal... Te voir rougir de plaisir, me supplier d'arrêter alors que ton corps en redemande... Me délecter de ta chair tendre... Toi, frêle et tremblotant... Nan, ça te tente pas ? »

Et plus il parlait, plus son visage se rapprochait, sa voix diminuant, tombant encore plus dans les graves. Haha. Il se doutait que l'autre se braquerait ; il attendait d'ailleurs avec impatience le moment où il tenterait de le gifler, ses mains étant prêtes à vivement retenir le coup. Cela dit, il ne niait pas que ce blond avait un charme certain, et cette tête d'innocent, trop coincé sûrement, lui donnait l'horrible envie de le souiller. Encore quelqu'un de trop pur, de trop bon, un être trop blanc... Et s'il en faisait une proie ?



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(#) Re: [Terminé] Si par le plus grand des hasards.. [Yôma !]  Mer 22 Sep 2010 - 23:03

Mes prévisions ne furent pas bonnes

De telles images, comment supporter de telles images... Et mes yeux, je ne comprend pas comment ma rétine puisse tenir devant une représentation de débauche et d'indécence...Et rien que l'idée qu'une personne ait pu, intentionnellement, dessiner une telle chose, commençait à me retourner l'estomac, à me donner la nausée. Je n'avais jamais vu ce genre de choses, et même si, parfois, dans mes pires moments de faiblesses, j'avais eu des pensées plus qu'impures, des idées d'embrassades entre hommes...ou j'étais moi même acteur.. J'avais je ne m'étais laissé aller à imaginer ce genre de choses, c'était bien trop immonde, abjecte fantasque. Comment ne pas interdire une telle pratique ? Rien que l'idée de coucher me gêner, à vrai dire. Je n'y avais jamais réfléchi, pensant que j'avais le temps, que cela viendrait avec la maturité de l'âge, et surtout, avec la bonne personne. La bonne fille surtout. Oui, et même si je n'avais pas encore totalement étouffé ma déviance, je me persuadais presque tout les jours que je finirai ma vie bien normalement, avec une femme, des enfants.. Ce qu'il fallait, en somme. Alors pourquoi ? Pourquoi s'amuser à pervertir les jeunes esprits avec de telles atrocités...C'était pire que tout, pire qu'un vol, pire qu'une trahison à son pays, pire qu'un meurtre même...Mais..Ce livre, s'il trainait là, comme cela, par terre, là où pleins d'élèves passaient dans une journée...Non. Impossible, il ne pouvait pas..Un élève ? Jintayo-kun ? Bien sur que mes pensées s'orientèrent immédiatement vers cet être...que je ne préférai pas qualifier..Après tout, il était de cette déviance..Et assez fou pour tenter de pervertir les autres volontairement. Je ne pouvais en être sur, et en réalité, cette idée était plus que rassurante, puisque s'il s'agissait de ce dernier, alors je pouvais être sur que sa maladie était unique au sein de l'école. Oui, le pire dans tout cela, serait qu'il ne soit pas le seul, à devoir se faire soigner.

Un sursaut. Et pas des moindres. Alors que je n'arrivais pas à lâcher ce livre maudit, quelqu'un se chargea de me faire redescendre sur terre, stoppant ainsi toutes les hypothèses qui fusaient dans ma tête. Une nouvelle fit son apparition... allait-il croire que j'étais capable d'apprécier ce genre de lectures ? J'étais bien, maintenant, certainement rouge comme le sang, les mains tremblantes et le corps fébrile. Le parfait coupable. Je voulu tourner la tête, mais ça n'aurait servi qu'à aggravé mon cas. L'inconnu se fit entendre, m'indiquant qu'il s'agissait d'un garçon...Un garçon qui voulait que je tourne la page ? Pour quelle raison ? Il voulait connaître la suite. Non. Non. Non. Pas encore, pas une deuxième fois, j'allais finir par rentrer sagement en Angleterre, et reprendre l'entreprise familiale comme Père le voulait tant. Le pire, était que j'étais fautif, j'avais choisi cette école, j'avais vanté ses mérites auprès de toute ma famille à de multiples reprises.. Je ne savais même pas si on allait me laisser rentrer...Abandonner était loin d'être dans les habitudes de Père, et en tant que fils aîné, je me devais de suivre ses pas, le plus fidèlement possible. Alors.. Rester ici ? Avec tant de fous, tant de déviants ? Ma crainte se confirma, de surcroit. Comme l'autre, il semblait aimer le contact, apprécier plus que tout la promiscuité. Pourquoi ? Mes livres m'avaient mentis ? Les japonais étaient souvent réputés pour leur pudeur et leur manque de démonstration de leur sentiments...C'était le monde à l'envers, j'étais le plus pudique de tous.. Ou j'allais fini par le croire.

Me donner envie ? Et puis quoi ? Celui là semblait bien plus direct, bien plus enclin à m'énerver surtout. Mais non. Non. Puisque c'est ce qu'il voulait, je n'allais pas le contenter, pas si facilement. Ne bougeant toujours pas, j'adoptais la technique de l'ignorance, celle qui marchait le mieux dans ces cas là. Oui, parce qu'il cherchait justement à m'entendre, à me voir perdre pied, à le frapper peut être...dérangé comme il devait être, apprendre qu'il puisse être masochiste ne m'étonnerait réellement pas. J'essayais de deviner ses réactions, pour ainsi pouvoir rétorquer de la manière la plus subtile possible.. Normalement, il allait prendre le livre... Bingo.. Et.. Et m'obliger à regarder la suite. Chose simple à esquiver, je pouvais aisément fermer mes yeux. Mais non..Non.. Mes prévisions ne furent pas bonnes, et le livre, qui avaient pourtant tout son intérêt ici, vint à se faire maltraiter, valdinguant un peu plus loin. Je n'osai pas tourner la tête pour suivre sa route, me contentant de le faire grâce à mes yeux. Tout se déroulait vite. Bien trop vite. Le voila qui se retrouver à m'encercler, et je ravalais ma salive, accentuant ma respiration, réellement effrayé. Comme par réflexe, je rentrais ma lèvre inférieur dans ma bouche, sachant très bien qu'il me serait difficile d'éviter, ou de repousser, un baiser forcé, que je ne voulais pas évidement. Les mains à plat sur le banc, prêt à bondir à n'importe quel instant, je l'écoutais à moitié, davantage concentré sur un moyen de fuir qu'autre chose. Pourquoi s'attarder sur ses dires de toute manière ? Un ramassis de connerie, comme le reste, une moyen fourbe de me faire perdre encore plus pied, alors que je tombais déjà à moitié dans le gouffre. Déglutissant à nouveau, encore plus difficilement, j'ouvris légèrement ma bouche, afin de parler.

"..." Rien. Sur l'instant, rien n'avait pu sortir, même pas un faible son, ou une once de décibel. Absolument rien. Quelques secondes passèrent, avant mon deuxième essaie. "Lai-..Laisse moi.."

J'aurai voulu être convainquant, réellement. J'aurai voulu lui hurler dessus, m'emporter et le pousser assez fort pour être sur de pouvoir m'extirper de son emprise..Mais j'avais été hésitant, j'avais été tremblant, et ma voix avait été des plus faible.. Rien de bien convainquant, au contraire, fou comme il était, il allait prendre ça pour un "Vas-y, abuse de moi maintenant, j'attends que ça." J'espérais réellement exagéré dans mes propos, riant jaune, à l'intérieur de moi même. Si une moins je pouvais contrôler les traits de mon visage, le rendre complètement neutre. Mais non, ce genre de situation étaient bien trop limites, et je n'arrivais jamais à contrôler quoi que ce soit. Rageant. Je pouvais tenir tête à n'importe quelle personne, je pouvais aisément mentir à des adultes plus que cultivés, et je perdais tout mes moyens lorsque quelqu'un, et surtout un beau garçon, s'approchait de moi.

Beau ? Non, il ne l'était pas, non je délirais juste parce que je n'arrivais pas à rester parfaitement calme, à être l'Elliot qui me caractérisait tant, ce jeune homme froid, et surtout, surtout distant. Je devais retrouver cette distance pour retrouver ma sérénité, je devais le faire sortir de mon périmètre rouge, celui que personne n'avait le droit de franchir. Le pousser n'était pas la meilleure des solutions, il avait un parfait appuie, et pouvait largement se tenir au banc, si j'insistais trop.. Alors.. Pas le temps de réfléchir, je passais sous son bras gauche, bousculant légèrement son genoux vers l'arrière, histoire de pouvoir me dégager totalement. Une fois debout, je fis quelque pas, avant de reprendre mon souffle. Je n'étais pas bien fatigué physiquement, mais la tension, qu'il avait fait ressentir à mes muscles, se caractérisait encore mieux à présent. Je me retournai vers lui, remontant machinalement mes lunettes sur mon nez. Voila. A présent il m'était bien plus possible de retrouver mon teint pâle, et mon air neutre, voir agacé légèrement.

"J'espère que je dois prendre cela comme une plaisanterie de mauvais goût. Un simple jeu d'enfant mal éduqué."

Il voulait de l'énervement ? J'étais le plus calme du monde. N'attendant pas plus longtemps, je tournai les talons, les mains dans les poches, ne lui laissant pas l'opportunité de me répondre. Après tout, nous étions en pleine journée, qu'allait-il faire ? Rien, il ne voudrait pas se faire prendre, j'en étais certain.


Dernière édition par Elliot Livingston le Sam 25 Sep 2010 - 13:40, édité 3 fois
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(#) Re: [Terminé] Si par le plus grand des hasards.. [Yôma !]  Jeu 23 Sep 2010 - 0:22

Deux mots. Voilà donc ce qu’il était capable d’articuler face à Yôma. Et lui, il en était content. Le grand sourire vainqueur, accompagné du regard moqueur ; celui qui vous rappelle que vous êtes le perdant, le dominé, le faible. Lui, il est fort. Ce type blond n’était rien de plus qu’un petit faiblard, un gaijin qui croyait tout savoir. Xénophobe ? Non, tout de même. Mais Yôma aussi partait avec son lot de préjugés sur les gens venant d’ailleurs. Ceux qui n’étaient pas des dits « bridés », il ne le considérait pas plus qu’il ne considérait les femmes. Tss ! Ce naze… même pas un minimum de répondant. Aucun cran, rien. Une lopette. A moins que je lui fasse un effet monstre, il est carrément apeuré ! De quoi il a peur ? Que je le viole ? La blague… Il devrait plutôt en être heureux.

Se rapprochant encore un peu, Yôma visait ses lèvres. Elles semblaient l’appeler ; mais il n’y allait pas. Il se mordilla la lèvre inférieur, envieux, désireux d’y goûter, juste par curiosité. Que l’autre ne veuille pas, il s’en foutait. Il avait l’habitude des baisers forcés. N’avait-il pas été ainsi toute sa vie ? Un enfant à problème, pourtant bien éduqué ? Il savait que son comportement était décalé et très souvent inapproprié. Mais il ne comprenait pourtant pas pourquoi -et puis, il ne cherchait pas non plus à comprendre. Dominant de base, il terrassait quiconque s’opposait à lui, de quelconque manière que ce soit. Des mots, des gestes, des regards ; tout y passait. Un défi était un défi, un combat était un combat. Et si personne n’était là pour l’arrêter, Dieu seul sait combien seraient charcutés chaque jour.

Se décidant finalement à vouloir l’embrasser, il fut cependant surpris, de voir le jeune homme passer sous son bras et sortir de sa petite prison. Yôma se redressa lentement, ayant perdu son sourire. Il n’avait pas l’habitude à ce que les gens le fuient de cette manière ; en général ils criaient ou le frappaient, et certains même finissaient pas le supplier de passer à l’action. Fille comme garçon. Du pareil au même, puisqu’il est le plus fort, le plus puissant et donc, en conséquence, le mâle dominant -hum. Le garçon sembla beaucoup plus assuré, comme si la distance installée lui avait rendu confiance en lui. Le nippon esquissa un sourire, fourrant ses mains dans les poches de son pantalon, d’un air totalement méprisant. Lui, un enfant mal éduqué ? Faux. Il était maintenant assez grand pour agir en fonction de ses propres besoins et savait différencier le bien du mal -plus ou moins. Et ce qu’il faisait, il le faisait pour son bien à lui. Les autres n’avaient qu’à aller au diable s’ils n’approuvaient pas son mode de vie. Il s’en portait très bien et ça ne l’empêchait pas de rire aux éclats, de manger, et de chier.

Bien. Puisque « l’autre » semblait plus apte à la discussion en étant à distance, convenable, Yôma se demandait s’il pouvait le battre sur son propre terrain. Mais… plus tard. Parce que lui tourner le dos, l’ignorer, ça l’énervait. Vraiment. Et n’étant pas le genre de gars à fuir les embrouilles, il pouvait très facilement s’emporter. Cela lui était déjà arrivé de frapper quelqu’un sous les yeux même de ses parents. Non, il n’avait jamais éprouvé le moindre remord. Il me cherche le nabot là… il est con ou quoi ? Il se la pète avec ses grands airs ; il me prend vraiment pour un débile. Ah ouais… Je vais lui faire tâter du débile, à ce gaijin. Con de blond. Non, vraiment ; la patience n’était pas l’amie de Yôma.

D’un pas vif, sourcils froncés, il rattrapa le blondinet, lui saisissant fermement le poignet ; d’un geste sec et vif, il l’expulsa contre l’arbre juste à côté, avant de venir plaquer son avant bras sur son torse, le bloquant. Mauvais ? Il l’était. Violent aussi. Mais pire que ça, il n’avait aucune morale. Frapper un plus jeune que lui ? Il le faisait. Frapper les filles ? Il le faisait aussi. Violer ? Il l’avait déjà fait. Mais qu’est-ce qu’un type comme lui foutait dehors ? Fallait croire qu’il était le seul à avoir vraiment conscience de ce qu’il faisait, tant ses parents l’avaient surprotégé -alors qu’il ne leur avait jamais rien demandé. Son visage proche de celui du garçon, un sourire carnassier sur les lèvres, il planta son regard dans le sien, brûlant d’envie de lui faire du mal, de le voir pleurer et rougir de honte, réclamer même son pardon.

« Hey ! Tu fais…
-Ta gueule ! »

Tournant vivement son visage vers la personne qui osait le déranger, Yôma ne relâchant pas pour autant la pression de son bras. Une jeune fille, probablement en deuxième année, blonde, menue, pas moche. Le nippon se rapprocha encore du blond, posant son autre main sur sa hanche.

« J’en fais ce que je veux, petite conne, c’est mon mec. Alors dégage. »

Sans lâcher la jeune fille du regard, qui semblait choquée par ses propos, Yôma sortit sa langue, et, tendrement, il la fit glisser sur la joue du blond, prenant un malin plaisir à les surprendre tous les deux. Ouais, il aimait ça… surprendre les gens… les décontenancer, leur faire perdre tous leurs repères. Les dominer. La main sur sa hanche remonta doucement sous la chemise, frôlant ses flancs du bout des doigts.

« … à moins que tu ne veuilles nous rejoindre ? »

Ni une, ni deux ; elle partie, prenant ses jambes à son cou. Petite sotte. Qu'est-ce qu'elle croyait ? Qu'elle pouvait lui crier « Non arrête ce que tu fais c'est pas bien » ? La blague !... Allez donc faire la morale à un type qui n'en a pas. Ce serait pire que de parler au mur, car il ne vous écouterait même pas. Ou il ne vous laisserait pas le temps de la lui faire. Cette idiote allait probablement rapporter le problème, mais il s'en foutait. Il avait encore du temps devant lui, quoique rien ne garantissait non plus qu'elle irait dire quelque chose. Après tout, si Yôma et ce type étaient en couple, cela leur donnait le droit de pouvoir exprimer leur amour de n'importe quelle manière que ce soit... ou pas. Reportant son attention sur sa proie -car il l’avait maintenant décidé, ce mec serait sa proie- il arborait toujours ce même sourire, et il savourait cette pleine puissance qu’il avait.

« Tu prendrais ton pied avec moi, tu rates vraiment quelque chose en me disant non… »

Espèce de gamin pourris gâté. Toi et tes grands airs, je vais vous démolir. Je suis pas ton clebard, et encore moins un inférieur. C’est toi qui vas apprendre à te taire et à faire ce que je dis. T’es rien. T’es un pauvre petit mec apeuré dès qu’il voit une scène de sexe entre deux mecs. T’es homophobe ? Je vais t’apprendre à être plus tolérant. Tu as de la chance, je suis un bon maître… mes élèves y prennent toujours beaucoup de plaisir.
Je vais te souiller.
Je vais te ruiner.
Je vais t’anéantir.

Et une fois que tu seras détruit, alors tu seras complètement à moi et à personne d’autre.
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(#) Re: [Terminé] Si par le plus grand des hasards.. [Yôma !]  Jeu 23 Sep 2010 - 2:45

Je ne me considérais pas comme mauvais.

Et voila. J'avançais, doucement bien sur, parce qu'il aurait tant aimé me voir partir en courant, il aurait tant aimé que je finisse par accélérer le pas, lui indiquant à quel point il était fort, à quel point il avait dominé la situation, du début à la fin. Mais non. Et ça n'allait pas être un adolescent mal fini qui allait m'apprendre à gérer une situation. Loin de là. J'étais le plus doué, le habile, et surtout, j'étais le plus agaçant. C'était à la portée de tous que de s'énerver, d'utiliser sa force pour montrer sa supériorité..Mais le faire alors que l'on vous donne perdant, à tout les coups ? C'était bien moins aisé, bien moins simple? J'aurai aimé le voir dans une situation inverse, sans nul doute qu'il aurait pleuré, imploré son tortionnaire de le laisser en paix, ou mieux encore, et lâche comme il devait l'être, il se serait fait dessus. L'idée fit se loger un léger sourire sur mon visage. Oui, mon point faible était la proximité, et j'en étais bien conscient. Mais une fois débarrassé de se fardeaux, je devenais le plus fort, assurément. Les hommes étaient ainsi de toute manière, et bien que je ne me pensais pas si orgueilleux, je découvrais que dès que l'on me provoquais réellement, je chercher toujours à surpasser l'autre...Un bon trait de caractère en somme, qui serait fortement apprécié de Père. Après tout, si j'étais pareil en affaire, cela ne pouvait en être que plus profitable. Je ne me considérais pas comme mauvais. Non, loin de là même et aux vus de son comportement, ma réaction fut plus que logique et raisonnée. C'était ce qui me plaisait le plus.. J'enfonçais l'autre, avec la plus simple des armes, la sincérité. C'était l'une des plus cruelle également, puisque les autres ne s'y attendaient jamais, et que surtout, il y avait toujours un temps, même minime, où leur conscience leur soufflait que j'avais eu raison, que je les avais découvert, que je les avais mis à nu. Personne. Personne ne pouvait s'en sortir indemne, et surtout, le summum, était mon final. L'ignorance. Pire que tout à la fois. On pouvait se faire haïr du monde entier, que ce n'était rien à côté d'une seule personne qui ne daignait pas vous prêter une quelconque attention. Oui, l'homme, aussi vaniteux soit-il, avait besoin d'être reconnu, presque constamment. Je finis même par en soupirer, me rapprochant du parc, puisque je devais y passer pour regagner le pensionnat.

Et puis. Plus rien. Le vide pendant une dizaine de seconde. Ou plus, en réalité, je ne serais réellement le dire, ou m'en souvenir même. Une main qui m'attrape, une force bien trop puissante pour que je puisse y faire quelque chose, où aller contre.. Et un coup. Un coup sur la tête, un coup dans la nuque, et un coup dans le dos. La totale. Plus, encire un peu après, une forte pression sur mon torse. Mes yeux clos. Oui, clos durant toute la durée de l'action. Le visage complètement crispé par la douleur, la mâchoire serrée, un léger gémissement se faufilant entre mes lèvres, entrouvertes sur leurs extrémités, alors que mes dents se serrent, du mieux qu'elles le peuvent. Mince ! Non ! Mes yeux s'ouvrirent lentement, et déjà, je savais ce qu'il venait de se passer. Une réaction violente, âpre, fulgurante, enragée, impulsive, démesurée. Oui, pour une simple altercation entre deux élèves, une simple disputes de mâle voulant défendre son territoire, et son honneur. Non. Rien n'allait aussi loin normalement. Je n'en vais jamais aux mains, ou du moins, il fallait me pousser dans mes derniers retranchements.. Alors.. Agir ainsi pour si peu ? Il était..pire que la folie elle même... Pourquoi accepter un être aussi dangereux, pourquoi le laisser côtoyer des individus si aptes et enclins à se taquiner à longueur de journée...C'était impensable, et impardonnable pour la société Japonaise de laisser de genre de personne en liberté, surtout pour un pays si attaché au respect, habituellement.

A l'intérieur, j'explosai, j'hurlai même. Mais rien, rien ne laissait transparaître une telle chose. Mon visage exprimé seulement la douleur et l'oppression, et je chercher par tout les moyens des solutions pour respirer plus facilement. Oui, quand le corps était ainsi mit à rude épreuve, il passait devant tout, devant la logique devant le besoin de lui répondre à quel point il était exécrable.. Pour l'instant, je cherchais à me déplacer de quelques millimètres, juste pour ne plus souffrit de ce bout d'écorce qui était en train de meurtrir directement ma colonne vertébrale. Et aussi, je sentais mes lunettes tomber, petit à petit, le choc ayant délogé les branches de mes oreilles. Elles ne tenaient plus vraiment à rien, et n'importe quel geste brusque suffirait à les faire tomber. Et justement. Diantre ! Avec son regard faussement mauvais, il pouvait au moins les remettre en place ! Non. C'était surement bien trop lui demander, et en réalité, j'en venais plus à me demander pourquoi elles tenaient toujours, et surtout, pourquoi il n'avait pas tenté de les casser, ou autre chose, après tout, c'eut été le parfait stéréotype de la brute de sa victime. L'un cassant les lunettes de celui qui n'avait rien demandé, et était, physiquement bien plus faible.

Une nouvelle voix. Hésitante, aiguë et féminine. Je la voyais à peine, et je ne l'avais même pas vu arriver. Quoi de plus normal, dans ma situation ? J'avais mieux à faire que de me soucier des alentours, de vérifier si des oiseaux s'étaient logés dans l'arbre, d'essayer de chercher des formes amusantes aux nuages. J'étais loin, bien loin d'avoir le temps de penser à cela. Mais maintenant, maintenant qu'elle s'était faite remarquée, elle allait pouvoir m'aider...ou pas. Elle semblait déjà tellement intimidée, surtout avec l'autre qui ne lui laissa même pas le temps de parler. Je penchai ma tête sur le côté, ce qui fit tomber mes lunettes à terre, simple détail, pour le moment, afin de lui montrer, avec toute l'expression que pouvait dégager mes yeux, que j'avais besoin d'aide, oui maintenant, plus que tout. Il était fort, brutal, et ne répondais à aucune moral ni aucun principe. Mes yeux criaient à l'aide, au secours, ils imploraient la jeune fille de venir me secourir. L'autre continuait de vociférer ses inepties, m'imposant comme étant..son mec ? Non. Il voulait dire quoi par là ? Que... Que ? non, jamais ! Elle ne pourrait le croire, c'était impossible qu'une jeune homme, présentable et élégant comme je pouvais l'être, puisse être un immonde malade mental. Ses paroles ne devaient pas me toucher, mais si j'avais de plus en plus de mal à me contrôler et qu'il avait certainement compris qu'il me fallait de l'éloignement pour être totalement compétent.

Et j'étais bien trop occupé à ma tache. D'un coup, mes yeux, qui se voulaient si implorant, s'ouvrir en grand, révélant à présent un sentiment de surprise, mêlé au dégout. Sa langue. SA LANGUE. Oui, il s'amusait encore plus là, et si j'avais bien en tête son côté sadique et tortionnaire, j'avais oublié qu'il l'était l'un de ces déviants de la pire espèce... Je retins un haut de cœur, tellement son acte me répugna. Plus encore, sa main vint à frôler mon côté gauche, et je ne pouvais rien, y faire.. Il cherchait quoi, à m'exciter ? La bonne blague, réellement et ailleurs, si l'on m'avait raconter cela comme une chose à arriver, j'aurai certainement rit aux éclat, chose rare, en somme. Mais là, non, je n'avais pas du tout envie de rire, partagé entre le sentiment de vouloir garder la fille près de nous, pour être sur qu'il n'aille pas trop loin, et celui de prier pour qu'elle s'enfuit, avant qu'elle ne tombe également entre ses mains.

Soit. Elle avait choisit à ma place, et c'est sans surprise que la pauvre petite s'extirpa vite de cette situation, l'autre fou en ayant rajouté une couche. Seuls. Oui, à nouveau, nous étions seuls. Ce n'était pas une situation très recommandable, en sa présence, d'après ce que j'avais pu remarquer. Non, loin de là même. Il se sentait tellement confiant, arborant toujours le même sourire, fier et imbus de lui même. Je détestais ce genre de personne, et je peinais à rester calme, de plus en plus. Moi ? Lui dire non ? Évidemment ! Pourtant..Sa façon de s'adresser une dernière fois à moi m'intriguait, je n'avais encore rien dit.. Mais il était évident qu'il connaissait la réponse à une éventuelle proposition. Je devais jouer le tout pour le tout, le quitte ou double. Oui, continuer dans ma lancer, j'allais soit tout perdre, et subir encore plus sa fureur, ou soit l'enrager à un tel point qu'il partirait d'un coup, trop frustré de s'en prendre à une personne qui n'en avait que faire des ses actes, les plus odieux soient-ils. Desserrant légèrement les dents, je puisais dans ce qu'il me restait de self-control, pour lui répondre de la manière des plus neutre possible.

"So dude, conceited and boring.."

Dans ma langue maternelle, et avec le bel accent qu'offrait l'Angleterre à ses habitants. Orgueilleux comme il était, je le voyais mal se concentrer à apprendre une autre langue, que celle qu'il avait apprit naturellement en grandissant. Dans tout les cas, quand j'étais au bout de mes limites, l'anglais revenait toujours entre mes lèvres.. Quoi de plus naturel ? Succès garanti, on ne pouvait rien ressentir dans ma voix, ni du mépris, ni de la peur, ni de la menace. Rien. Absolument rien, j'aurai pu dire cela à n'importe qui, à n'importe quel moment de la journée et dans n'importe quelle situation.
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(#) Re: [Terminé] Si par le plus grand des hasards.. [Yôma !]  Jeu 23 Sep 2010 - 3:43

Il était difficile d’imaginer que Yôma puisse avoir un minimum de capacités intellectuelles. On le pensait bête et méchant ; le cliché de base du pauvre couillon qui sèche les cours pour aller agresser les petits de la maternelle afin de voler leur goûter. Non. Yôma n’était pas de cet acabit. C’était différent. Il n’était pas méchant pas envie, il l’était naturellement, et parfois lui-même il s’énervait tout seul tant il peinait à se contrôler. De base, il n’était pas un méchant garçon. Il était parfaitement possible d’avoir avec lui une discussion calme et instructive, dans le coin d’une pièce à boire du thé. Après une séance de sexe, par exemple (xD). Cela dit, au même titre que tous les plus grands hommes de ce monde, il n’était pas mauvais à cause de sa stupidité. Etant doté d’une incroyable capacité d’assimilation, il avait aussi développé un flair impressionnant pour comprendre le comportement humain face au danger. Il ne saurait comprendre le reste, cela dit.

C’est parce qu’il avait passé son enfance à se battre qu’il avait développé cet instinct de chasseur. Il était un prédateur, oui, bah une racaille des bac à sable comme on en voit souvent. Il n’avait pas besoin de se la jouer wesh mec, il n’avait pas besoin d’insulter et frapper à tout va… il dégageait naturellement une aura malveillante et peu attrayante. Durant toutes ces années, il avait pu faire face à un tas de comportements, et avait retenu les dominants. Face à lui, il y en avait qui pleuraient et qui fuyaient, lâches, mais probablement les plus sages. Il avait rencontré ceux qui se la raclaient aussi ; solitaires ou en bande, des petits bouseux qui avaient parfois cinq ans de plus ou de moins que lui. Il y avait ceux aussi qui allaient constamment dans son sens ; Yôma aurait dit que la lune était triangulaire et que la mer c’était du lait, l’autre l’aurait confirmé. Et puis enfin, il y avait ceux qu’il ne supportait pas, ceux qui le regardent, puis qui se barrent, genre « t’en vaux pas la peine ». Le nippon était bien trop orgueilleux pour laisser passer, et neuf fois sur dix, il venait aux mains et frappait l’autre. Qui plus est, il ne connaissait pas la retenue… les dégâts étaient parfois lourds.

Aussi lorsque le regard du jeune étranger croisa celui du japonais, une image furtive traversa l’esprit de ce dernier, qui fantasmait déjà sur sa victime. Un détraqué sexuel ? Ça y ressemblait. Pourtant il ne l’était pas. Selon lui ses pulsions étaient tout a fait normal, et imaginer un beau garçon dans son lit, qui frémit de plaisir et crie son nom, c’était quotidien. Ce blondinet, il faisait parti de la catégorie de ceux qu’il aime le moins. Pire encore, il était beaucoup trop sexy pour être juste beau ; en plus il avait une tronche d’intello de base ; cheveux courts, regard strict, coincé, lunettes… cet étranger était donc quelqu’un qui n’était pas là pour le plaisir, mais bel et bien pour les études. Peut-être le petit bourge étranger qui a lu des dizaines de livres sur le Japon en s’imaginant qu’ils sont encore des samouraïs et des ninjas contemporains ? Parce que lui, vu sa tronche, il était templier peut-être ? Un Sarazin ? Haha. Il devait très certainement s’amuser à analyser le comportement de Yôma, à vouloir l’anticiper et deviner ses paroles ; mais y parvenait-il ? Car Yôma lui-même ne se prédisait pas souvent…

Et là.
L’anglais tomba. Yôma arqua un sourcil, mais ne sembla pas plus surpris que ça. Lui ? Orgueilleux et ennuyant ? Ah ! Il s’était pas vu l’autre. Ne perdant pas un millimètre de son royal sourire colgate blancheur, il se rapprocha encore, voulant voir quelles étaient les limites de l’anglais -ce qu’il semblait être en tout cas. Son corps quasiment collé au sien, sa main toujours sur son corps, il vint faire frôler ses lèvres sur elle de sa proie. Un échange suave et doux, contrastant beaucoup avec la brutalité dont il faisait preuve. Un geste conçu pour déstabiliser encore ce gaijin. Parallèlement, sa main libre s’en était allée dans son corps, le décollant légèrement du tronc pour amener son corps vers lui ; ils entrèrent en contact. Probablement que ce garçon avait peur de certaines choses. Parce que pour un homophobe, il ne le trouvait pas particulièrement violent ni désireux de s’enfuir. Il aurait pu se montrer plus agressif ou pleurer afin d’être pitoyable et d’ennuyer Yôma ; mais non, lui, il restait là, le foudroyant du regard et surtout ne ripostait pas. Alors le nippon en eut marre de voir sa belle gueule le fixer ainsi.

Il l’embrassa. Purement et simplement. Mais le baiser n’avait aucun message à transmettre ; aucune émotion, que ce soit haine ou intérêt, affection ou dégoût, rien. Il ne faisait que faire plaisir à la personne qui était venue le chercher. Yôma jouait avec l’anglais. Il le caressa doucement en bas du dos, gardant ses lèvres sur les siennes. Cela dit, malgré la douceur de ce baiser, la pression de son bras ne demeurait pas moins présente et continuait à bloquer la proie. Il fit glisser sa langue sur ses lèvres, cherchant d’abord à le rendre envieux, à l’apprivoiser ; puis il tenta de le faire ouvrir la bouche, mais en vain. Elle restait fermée. Alors, il recula son visage et perdit toute trace d’un sourire.

« Uptight and disdainful. »

Non. Il l’aurait. De gré ou de force, il l’aurait. Aucune de ses proies ne lui avait échappé pour le moment, et ce type ne serait pas le premier à le faire. Retirant son bras afin de de libérer, lui permettant ainsi de reprendre complètement sa respiration, Yôma ne décida pas d’abandonner pour autant ; il l’attrapa vivement par le bord du pantalon et y faufila en même temps sa main, saisissant rapidement quelque chose qui exprimait plutôt clairement son ressenti…

« J’le savais. »

Sourire narquois.

Bien sûr. C’était évident. Forcément, je suis un mec ; si ça se trouve dans son pays les gays sont tellement mal vus qu’ils les pendent… ce qui l’a choqué tout a l’heure, c’était bien la vision de deux hommes, et non la scène de sexe en elle-même… Ca fait pitié.
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(#) Re: [Terminé] Si par le plus grand des hasards.. [Yôma !]  Jeu 23 Sep 2010 - 16:59

Ses caresses.. Ils devaient les stopper.

C'était fait. Ou plutôt dit. Quoi que.. l'on pouvait aisément associé les deux. Même si je ne bougeai pas, même si je parlais peu et même si n'importe qui aurait pu me prendre pour un gars purement passif, ce n'était pas le cas. Il attendait de moi que je me débatte ? Il allait pouvoir attendre. Il attendait que j'hurle, que j'essaie de lui échapper, que je lui supplie d'arrêter, où au contraire, de faire ce qu'il voulait pour en finir au plus vite.. Il allait pouvoir attendre encore plus longtemps. Oui, tout ce qu'il avait pu imaginer, tout ce qu'il avait pu désirer de moi, il n'aurait rien, absolument rien. Ni même une expression de peur, plus rien. Il pouvait aussi continuer à accentuer sa pression, il pouvait tenter de me faire mal pour me faire plier, la douleur physique était moins forte que mon mental, assurément. J'étais sur, et presque certain à présent, si j'avais réussi une fois à lui tenir tête, sans faillir, malgré notre proximité, alors je pouvais le faire encore et encore, le meurtrir à ma manière, lui faire mal avec mes mots, avec ma nonchalance, avec ce dédain qui me caractérisait tant. Et quoi de plus facile, que d'ignorer un inconnu ? J'étais déjà tellement capable de le faire, quand Edwin venait m'enquiquiner durant mes études, durant mes leçons, ou même quand je lisais simplement. Oui, même mon propre frère, j'arrivais à lui faire croire qu'il n'avait pas tellement d'importance à mes yeux. Il se supportait pas cela d'ailleurs, non, et s'énervait souvent, partait en marmonnant des insultes, certainement, à mon égard. Lui, ce petit emmerdeur de première, cet être si répugnant, ferait la même. J'en étais sur, maintenant, là et pas une seconde plus tard, il allait partir.

Quitte ou double ? J'avais perdu. Et je perdais également toute la confiance que j'avais su me construire. Si je m'étais senti fort, au moment de lui répondre, je me sentais misérable à présent. Oui, pas moins, pire encore même. J'avais tant voulu qu'il perde son sourire moqueur, que se visage se décompose, à la fois à cause de comportement, mais aussi parce qu'il n'avait pas du comprendre mes paroles..Mais non.. Rien ne se passe comme prévu, je pouvais au moins lui donner ça, c'était un adversaire de taille, et bien plus encore. A un tel point que je me demandais comment faire, s'il m'étais impossible de deviner ses réactions. C'était finit, j'avais perdu. Perdu et coincé surtout, incapable de de partir, de fuir, de le laisser en plan, lui et ses fantasmes interdits, et abjectes.

Qu'il..Qu'il recule et vite. Non, mon corps était faible ! Mon corps ne comprenait toujours pas qu'il ne devait surtout pas réagir à ce genre de stimulus. Je ne savais le contrôler bien longtemps, et rien que l'idée de son être sur le mien...C'était..NON ! Ce n'était rien ! Absolument rien, je devais ressentir du dégoût, tout ce dégoût que mon esprit pouvait avoir pour ce genre de chose, de ce genre de pratique, de ce genre de déviance. Mes lèvres tremblèrent et j'enfonçais ma tête, le plus possible, dans le tronc. Oui, ça me faisait mal, mais c'était ça ou supporter sa perversion...ou alors.. Ce n'était qu'un gain de temps infime, tellement son visage se rapprochait vite, et si lentement à la fois. Un court échange, et pourtant c'était comme s'il m'avait torturé pendant des heures entières..l'idée d'être tourmenté des jours entiers en devenait même plaisant, tellement enviable à côté d'un tel supplice... Comment certaines personnes pouvaient supporter cela ? Comment pouvaient-elles se regarder en face, en commettant un tel pêché ? Ce n'était pas pour rien que l'Église avait prohibé ce genre de pratique, et j'avais beau ne pas être le plus pieux des hommes, je savais où poser les limites à l'amour et au désir surtout. Ma raison le savait, oui, ça elle le savait si bien. Mon corps et mon envie.. Un peu moins, bien moins même. Et lui en rajouté, bien décidé de me faire crever sur place, foudroyer de peur. Mourir de peur paraissait aussi une solution, en réalité. Oui, j'étais si terre à terre, et voila que je venais à penser à commettre un pêché, pour en détruire un autre. Soit. Mon cœur s'emballait, non parce que c'était appréciable, mais surtout parce que j'étais tétanisé pas la peur, et le doute. Surtout le doute. Qu'allait-il faire à présent ?

Bien pire en somme. Nos corps se rapprochaient, non avec mon accord, évidemment, et il pouvait à présent sentir le moindre de mes mouvements, savoir à quel point il avait un tel contrôle sur moi. Pourquoi je ne fis rien ? Parce que.. Mon corps en réclamé, débauché comme il était, vile et petit comme il me dégoûtait. Si mon intellect savait très bien que je devais le repousser, au plus vite, mon corps restait inerte. Heureusement que j'avais assez de force mentale pour ne pas lui céder, c'eut était un comble. De nouveaux, nos lèvres entraient en contacts, alors qu'elles n'auraient jamais du se connaître ainsi... Rien. Rien. Je ne ressentais rien. Plus rien fait, même incapable d'en être totalement écœuré. Ma bouche tremblait légèrement et toute ma concentration se tournait vers elle, alors qu'il essayait de franchir ce sanctuaire. Non. Au moins, là, il ne m'avait pas eu. Il n'allait pas m'avoir de toute manière, et c'était me première maigre victoire, il fallait l'avouer. Ses caresses.. Ils devaient les stopper. Immédiatement. C'était trop pour un corps si faible que le mien, si apte à se laisser tenter par tant de débauche et de luxure. Je tentais de reculer légèrement mon bassin, ne voulant pas lui faire le cadeau de ma décadence intime. Heureusement qu'il ne sembla pas le remarquer, bien trop occupé par mes lèvres..pour le moment. Oui, parce qu'il allait se lasser, comme de tout. Et très vite en vouloir plus, toujours plus comme un enfant faisant une crise dans un magasin de jouet. Oui, il était comme un sale môme en fait, incapable de raisonner correctement. Incapable de se poser des limites et de penser au bien être d'autrui.

Puis vint le moment de répits. Court surement. Et au lieu de fuir, je cherchais déjà à reprendre convenablement mon souffle. Oui, parce qu'il commençait à sacrément me manquer, avec son bras collé sur mon torse. Je sentais aussi mes muscles se détendre automatique, dès que nos corps se séparèrent.. Enfin. Je n'étais plus assez intéressant ? Le bambin avait fini par casser son jouet, et allait en quémander un autre, un nouveau, un mieux, un brillant et un emballé ? C'était à espérer. Mais non. Une fois de plus, il faisait l'exact contraire de ce que je désirai..Et..Finit par m'achever.. violer mon intimité la plus reculée, ainsi, sans aucune retenue ni aucune gêne. Comment faisait-il ? Bon. Maintenant, en plus, il savait. Mon corps défaillant lui prouvait à quel point il avait eu raison....

Stop. Assez. Et surement que j'aurai du en finir avant. Il venait de dépasser MA limite. Il était fort, puisque jamais, non jamais personne n'avait réussi, ou en si peu de temps. Non. J'allais changer, l'homme change toujours quand on le pousse à bout et bien plus loin encore. Lui avait traversait la ligne et l'avait fait les mains dans les poches, sifflotant, fier de m'avoir eu. De la pire des manière en somme. Soit. Il voulait du répondant ? Il allait en avoir. Pousser quelqu'un au plus profond de ses retranchements, était bien connu pour lui donner toute la force du monde, et je ne dérogeais pas à la règle. Sans attendre une seconde de plus, et surtout parce que son éloignement présent me le permettais, je saisis ses épaules, violemment, pour l'abaisser légèrement. Me rapprochant légèrement de lui, je vins à cogner mon genoux entre ses jambes, sans aucune retenue. Oui, je savais qu'il n'allait pas supporter, aucun homme en était capable. D'ailleurs, c'est surement pour cela, que les hommes ne s'attaquaient jamais à cette partie du corps, entre eux. Ils savaient que c'était lâche, mesquin, bas , petit. Mais lui n'avait aucune morale, aucun sens des principes..Alors pourquoi se retenir. Bien sur, il tomba à terre, et son visage me montrait à quel point il était loin d'avoir apprécié. Et moi ? Je souris en coin, rapidement, plus que ravi de voir la situation revirer ainsi. Maintenant, je pouvais facilement m'enfuir. Mais non. Non, il méritait bien plus encore, il méritait de comprendre qu'il n'avait pas le droit de me toucher, qu'il n'en aurait aussi plus l'occasion surtout.

Et donc. Donc, vite, sans attendre, je posais un genoux à terre, l'autre venant écraser son torse. A ton tour d'avoir du mal à respirer, ce n'était que justice, après tout. L'une de mes main vint accrocher son cou, toujours avec tant agressivité, et j'en profitais même pour planter mes ongles dans sa chair. Il n'avait pas eu le temps de réagir ? Tant mieux. Mon autre main s'affaira à partir fouiller ma pocher, en sortant rapidement un objet, bien utile pour une fois. Mon couteau-suisse. Je sortais la lame, évidemment, puisque lui brandir un tire bouchon ou un décapsuleur n'auraient pas eu du tout l'effet escompté. Il était beaucoup moins plaisant, de sentir la lame froide sur sa joue hein ? J'appuyais légèrement, sans pour autant lui ouvrir la peau, il ne le savait pas, mais j'évitais le contact avec le sang, pour une tout autre raison. Un faible sourire, à nouveau, alors que je ne relâchais aucun de mes points de pression. J'approchais mon visage, avant de me détourner vers son oreille, juste pour le provoquer, puisqu'il aimait tant la proximité, et le contact pur.

"Échec et mat." Chuchotais-je doucement, soufflant exagérément dans son oreille, avant de me reculer immédiatement.

Oui, je pouvais à présent reprendre la langue du pays. Et j'appuyais un peu plus sur mon genoux, également. Il avait perdu, il avait voulu joué, et malheureusement, il avait été bien trop loin pour que je puisse le supporter.

"T'as deux solutions maintenant. Soit tu hoches la tête, je te laisse partir et tu baisses les yeux quand, malheureusement, on devra se croiser. Soit, tu fais rien, tu t'entêtes dans ta stupidité, on attend que quelqu'un passe et tu connais la suite ? J'ai un témoin, t'es fichu."

En vrai, il n'avait pas réellement le choix, et il allait choisir la première solution, je voulais juste qu'il sache, et qu'il comprenne, qu'il était tombé sur bien plus fort que lui, et qu'il devait s'incliner. J'étais bon, je ne lui demandais ni pardon, ni même de me supplier. Non, je cherchais juste la paix, je cherchais à être certain qu'il ne m'utiliserait plus comment il venait de le faire, que jamais il ne réussirait à me déstabiliser autant. Je n'étais pas son jouet, et encore moins sa chose.
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(#) Re: [Terminé] Si par le plus grand des hasards.. [Yôma !]  Jeu 23 Sep 2010 - 18:33

Drogué. Voilà ce à quoi pouvait ressembler Yôma, en fait. Un espèce de drogué au sexe et à la violence, un être abjecte tant par ses pensées que ses actions. Il n’avait d’humain que les pêchés que la religion interdisait. Un démon ? Certains l’avaient déjà appelé ainsi. Il n’était pas ce petit joueur qui s’amuse avec vos peur juste pour flatter son égo et vous manipuler ; non, lui, il allait beaucoup plus loin. Quand un type menaçait un gamin afin de lui piquer son goûter, Yôma, lui, irait foutre une tarte dans la tête du gosse pour lui prendre ce qu’il veut. Voire même, il le prend, comme ça, sans davantage d’intérêt pour le bambin. La force de Yôma ne résidait pas dans sa méchanceté ou dans son égo surdimensionné. Et Elliot ne tarderait pas à le découvrir.

Peut-être était-il tout simplement quelqu’un de dérangé psychologiquement ? Une personne instable et inapte à la vie en société ? Fort possible. Mais pourquoi était-il dehors alors ? Parce que personne ne l’attrapait. Il pouvait frapper, voler, vandaliser, à chaque fois il s’en sortait quasiment indemne. Il n’était jamais seul à agir. Quand il allait chercher les autres, neuf fois sur dix, ces derniers se retrouvaient toujours contraints à devenir comme lui ; violents et cruels. Ce qui faisait que quoiqu’il fasse, il n’était plus le seul coupable. Et il le savait parfaitement. Il y a des gens qui naissent prédateurs, et qui gardent les instincts premiers des animaux ; Yôma était de ces gens. Il était un prédateur, un carnivore qui chasse autant le jour que la nuit. Il ne tolérait pas non plus qu’un autre prédateur puisse chasser sur le même terrain que lui ; s’il avait décidé qu’Elliot serait sa proie, il démolirait quiconque poserait ses yeux sur lui. Il était très facile de prédire quand Yôma s’énerverait et agirait violemment ; mais il était difficile de prévoir quand il s’arrêterait et ce qu’il ferait exactement. Se battre, c’était normal. Pisser le sang aussi, c’était le prix à payer pour se défouler sur les autres.

Les mains de l’anglais se posèrent sur ses épaules ; Yôma releva les yeux vers lui, se demandant ce qu’il s’apprêtait à faire. Le coup vint si vite qu’il ne pu l’esquiver. Retenant de justesse un cri de douleur, en se mordant la langue violemment, il retira vivement sa main du pantalon, pour se tenir son propre entrejambe. C’était lâche ! Un coup bas des plus dégueulasses, que lui-même ne faisait pas en temps normal !… enfin. Quand il n’était pas trop en colère. La douleur était intense, et il n’en avait pas connu souvent, comme celle-ci. Il se plia en deux et grimaça de douleur, ses sourcils se fronçant. Il avait mal, et ça se voyait. Reculant de quelques pas, plutôt abasourdis par ce soudain retournement de situation, il tomba à genoux, se faisant ensuite rapidement plaquer au sol, genoux sur le torse. Ce type, cet anglais ; il voulait le dominer ? Plutôt crever. Jamais Yôma ne laisserait passer de tels actes, l’humiliation était bien trop grande. Et pourtant, là, derrière, tout au fond de ses sentiments, brillait une intense satisfaction. Celle d’avoir rendu le passif en actif. Est-ce qu’il s’énervait souvent ? Non, probablement pas. Il se serait énervé bien avant qu’il ne le touche à cet endroit, autrement. Il avait ainsi touché son point faible, la « chose taboue » que personne ne devait approcher ? Trop bon. C’était trop bon. En fait, il pouvait s’énerver comme il le voulait, Yôma serait satisfait de savoir qu’il l’avait dominé, et qu’il le dominait encore, même avec le visage tordu par la douleur et un genou le bloquant. Sa gorge fut enserrée, et Yôma suffoqua légèrement, son visage n’affichant plus le moindre sourire. Voilà, c’était ça… Il l’avait rendu violent. Il était aussi fautif que lui.
Le gagnant ? C’était Yôma.

Lame froide appuyée, contre sa joue, Yôma avait les yeux fermés, cherchant à passer outre la douleur, tout du moins à la calmer. Ce n’est que lorsqu’il sentit le souffle chaud près de son oreille qu’il rouvrit les yeux, étonné. Ce mec… est-ce qu’il réalisait que chuchoter si près de son oreille, dans une pareille position, c’était terriblement excitant pour Yôma ? Un sourire allait presque se dessiner sur son visage, mais la pression du genou se fit plus forte et il grimaça à nouveau. Mais malgré la douleur, il ne cherchait même pas à se dégager. Il serrait les dents, refusant catégoriquement de laisser filer le moindre son. Le regard fixement posé sur l’anglais, que son regard foudroyait, le nippon ne pipa aucun mot, réfléchissant deux secondes à ses paroles. Est-ce que ce blanc-bec pensait réellement qu’il allait l’écouter et choisir parmi ses propositions ? Non, jamais. Il avait connu des situations bien plus délicates et personne, non, personne, n’avait le droit de lui dire ce qu’il avait à faire. Ses choix il les faisait tout seul, et peu importait les propositions des autres. Finalement, son sourire revint.

« Parce que tu crois sérieusement que j’en ai quelque chose à foutre ? Pour avoir des témoins je n’ai qu’à gueuler, c’est toi qui est sur moi avec la lame. N’est-il pas normalement interdit de se trimballer avec des armes, et encore moins de s’en servir ? Le pire, c’est que là, tu m’excites horriblement. »

Le mot de la fin. La phrase faite pour énerver davantage, pour refaire surgir ses hormones, sa curiosité. Pour Yôma, un mec qui refoule ses préférences sexuelles était forcément craintif de son potentiel séducteur sur un homme qui, tout comme lui, aime aussi les hommes. Raison pour laquelle il était persuadé que son regard dériverait vers son entrejambe, afin de vérifier ; et bon, vu le coup qu’il venait de se prendre, Yôma ne mettait pas ses parties en valeur… difficile de voir, donc. Mais il profita de ce bref regard pour bouger ses bras. L’une de ses mains attrapa celle qui tenait le couteau suisse, afin de l’immobiliser, tandis que l’autre main allait… à nouveau vers l’entrejambe. Mais il ne fit qu’y poser la main, la pressant légèrement à cet endroit, fixant le regard clair de l’étranger.

« Je te fais envie, alors pourquoi tu t’en prives ? C’est parce que tu as la frousse ? Tu l’as jamais fait ? T’as peur, j’en suis sûr, c’est écrit en gros sur ta face. Même pas les couilles de t’assumer… alors que tu bandes à en crever. Ca te plait de me dominer comme ça ? »

Non, Yôma ne faisait pas dans la dentelle. Trop franc, trop direct, trop peu délicat. Lui et la douceur, ça n’était pas compatible. Et quand y’en avait, c’était qu’elle servait à camoufler une violence. Mais il ne mentait pas non plus… Ce gars lui faisait beaucoup d’effet à jouer les coincés, les homos refoulés. Plus il se débattait et voulait se débarrasser de la plaie qu’il était, plus le désir de se l’approprier se faisait grand. Est-ce que ce garçon avait conscience de la merde dans laquelle il se foutait ? Yôma n’obéissait à aucune loi, aucune norme ; alors pourquoi s’obstinait-il à calculer comme s’il avait quelque chose à faire des règles ? Être ici, le nippon s’en foutait. Les études ne l’intéressaient pas. Alors, se faire renvoyer, il s’en foutait ; et vu la taille de l’école, il pourrait encore s’y faufiler même après en avoir été exclu. Petit blond, tu n’as donc pas compris que tu es une proie et non un prédateur ?

Ne t'inquiète pas, tu seras à moi. Et tu verras, tu vas aimer ce que je vais te faire, tu vas hurler ton plaisir et m'en redemander. Tu deviendras dépendant de moi et chacune de mes absences te rendra malade à en mourir. Ouais, petit gaijin. Tu vas m'aimer, et tu vas me vouloir pour toi seul. C'est pas une menace, c'est une évidence. Tu commences déjà à m'appartenir, peu à peu... Je t'aurai. Et tu en crieras de plaisir.
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(#) Re: [Terminé] Si par le plus grand des hasards.. [Yôma !]  Ven 24 Sep 2010 - 21:56

Le règne est fini.

Un sentiment de puissance, oui, d'extrême puissance même. Maintenant, il faisait moins le malin, et oh, grand hasard il ne cherchait plus à brailler, à crier, à hurler même. Pourquoi ? Parce qu'il venait de perdre.. Perdre devant un si petit que moi ? Oui. Bien sur que je l'avais remarqué, son air supérieur, sa façon clair de me dire "T'es moins bien que moi, alors t'obéis et tu te tais." Mais non. Il avait un gros défaut, un bien gros, dans toute sa splendeur. Il m'avait sous-estimé, tout simplement. L'Anglais n'était plus le même apparemment, et surtout, il devait lui donner beaucoup moins envie maintenant. C'était pathétique. Comme si une relation, si abjecte soit elle, puisque nous étions tout les deux des hommes, pouvait seulement se résumer par un gars au dessus et l'autre, presque attaché en laisse, obéissant aux moindres des désirs de son maître. Aux vus de ces lectures, cette façon de faire ne m'étonnais même pas. Encore un jeune accroc aux films pornographiques, scotché devant des pseudos relations ne résumant à des contacts bestiaux et physiques. Non. Au moins, s'il acceptait être un déviant, il pouvait au moins l'être, avec une certaine intelligence. Je n'acceptais pas ce genre de choses, et savoir qu'il était si...si stéréotypé.. M'avait presque déçu. Carrément. Lui qui se voulait si original, pourquoi suivre bêtement ce que lui diront des images et des vidéos de gens caricaturés ? L'homme n'était ainsi, l'Homme était complexe, il était interessant, et n'était jamais totalement blanc, ou totalement noir. C'était pareil ici, et croire que je ne puisse être que le dominé..Grave erreur, ou trop gros égo ? Surement. Apparemment, il n'avait pas l'habitude du genre de réactions que j'avais. Un sacré avantage, je pouvais le surprendre, et il n'avait jamais eu le temps de préparer ses réponses, ses rétorques, ses contres attaques.

Comme là. Oui, là, maintenant qu'il était médiocrement à terre, prenant bien le contact de la terre, de l'herbe grasse. Comment aurait-il pu imaginer que le jeune homme, si respectable et studieux, si coincé et sérieux, si calme et discret, que j'étais, puisse, une seule seconde, rien qu'imaginer se rebeller, et surtout, surtout parvenir à prendre totalement le dessus sur la situation. Jamais. Non, il avait surement cru que je finirai par m'énerver, oui ça c'était même certain, puisque chaque homme avait ses limites.. Mais je ne pensais pas qu'un seul millième de seconde, il puisse, rien qu'envisager, de me voir sur lui, totalement paralysé par mon emprise, et également sous la menace d'une arme blanche. Évidemment que mon petit couteau ne pouvait pas bien lui faire de mal, la lame n'était même plus totalement aiguisée, avec le temps...Et avec ces utilisations multiples aussi. C'était étrange d'ailleurs, et surement que j'étais incapable de blesser une autre personne avec la tranche qui servait à ça. Soit. Ce n'était pas comme si il pouvait le deviner, rien qu'en me regardant, ou alors, alors il commencerait sérieusement à m'effrayer.

Il n'hochait pas la tête ? Pour s'obstiner ainsi ? Il était piégé, fait comme un rat, comme un homard qui attend d'être ébouillanté, les pinces tenues pour qu'il ne puisse même pas se défendre. J'en soupirai presque, maintenant exaspéré par son aveuglement et sa fierté surtout. Mes yeux dans les siens, le regard plus que conquérant, j'attendais une réaction, puisqu'il y en aurait une. Oui, il n'était pas du genre à se laisser avoir, et je commençais même à croire qu'il était bien docile, de rester comme cela à terre. Mon excès de colère s'était vite calmé et je n'avais surement plus la même fougue, ni même la force dont j'avais fait preuve pour retourner la situation en ma faveur. Lui, il était grand, et apparemment, il n'était pas étranger aux conflits, aux hostilités, aux combats. Ce n'était pas du tout de mon genre, et bien vite, il reprendrait le dessus, physiquement. Dès qu'il le voudrait en réalité. Mais là non, apparemment, et je ne savais pourquoi, il me laissait le temps d'y croire, pensant surement qu'avec un excès de force, se mêlerait un excès de confiance. Non, j'avais eu cette sensation d'invincibilité, mais c'était passé, tout simplement parce que je connaissais mes propres limites... Chose qu'il ne savait pas faire.

Sa prise de parole fit changer légèrement mon regard, moins intense, moins conquérant, déjà je revenais au naturel, qui reprenait toujours le dessus. Moi ? En tord ? Oui, certainement, et si des élèves sortaient, là maintenant, il était évident que j'allais être le fautif. Après, je maniais assez aisément la langue et le psychologie humaine, pour pouvoir m'en sortir sans embûches. Je pouvais être bon acteur également, si la situation le demandait. Oui, maître dans l'art de tromper les autres, peut être moins que lui, peut être étais-je bien plus prévisible, mais ce n'était rien. Non, parce que j'avais l'autre fille de mon côté.

Dans tout les cas, sa dernière phrase ne me laissa pas de marbre, non. Même si j'avais tout écouté, ces derniers mots eurent l'effet d'une bombe.. réellement. Comment pouvait-il parler de ce genre de chose, avec une telle aisance ? Je bafouais lorsqu'il s'agissait de révéler à une personne que je l'appréciais, même un minimum, et lui, parlait de choses si intimes avec tant facilité, et une grande familiarité. Il était clair que son vocabulaire se voulait beaucoup plus cru et populaire que le mien, mais ses idées, ses façons de me provoquer, d'utiliser les mots pour me toucher, pour m'atteindre, un peu plus encore.. Il était bon, plus que bon même, un chef d'orchestre menant à merveille ses musiciens, capable de faire ressortir le meilleur d'eux même. Alors bien sur, puisque cela m'avait tant heurté, puisque j'en avais si peur, doucement, mes yeux filèrent vers ledit endroit. Remontant plusieurs fois vers le regard de l'autre adolescent, essayant de lutter contrer cette envie de vérifier ses paroles, je finis par tourner vivement la tête, légèrement déçu ne pouvoir réellement savoir, en grande partie rassuré de ne rien voir. Même là, il avait préparé ses paroles. Ma main saisie, je ne pouvais plus rien faire de mon arme blanche. Soit. Il pensait réellement que je m'en servirai ? Il me connaissait si mal encore.. Mes doigts de libre, je m'arrangeai pour ranger le couteau dans l'appareil, avant de poser à nouveau mon regard dans le sien, toujours, pour le captiver, pour qu'il reste en place, encore quelques secondes de plus, juste pour gagner un peu de temps.

Boom.

Encore une fois. Mon cœur. Il n'avait pas le droit ! C'était mon intimité ! N'importe quelle personne censée était à même de savoir qu'il été obligatoire de se retenir de ce genre de chose, de s'abstenir. Et ses paroles, toujours ses paroles, plus crues, plus brutales et choquantes que jamais. Moi ? Aimer ce genre de chose ? Aimer le dominer ? Il n'avait rien compris. Je cherchais juste le meilleur moyen de fuir, sans le faire. Il avait le don de m'énerver, lorsque je luttais intérieurement pour retrouver le calme.. Exacerbant. Pour m'en défaire, je lâchai son cou, repoussant violemment sa main. Et puis, il dut être si déçu, de constater qu'il ne me faisait pas autant d'effet que cela. Dans mon geste, je me levai, rangeant mon couteau-suisse dans ma poche.

"Puisque tu sembles inapte, même, à répondre à une simple interrogation, ou puisque que tu n'as pas assez d'esprit pour bien comprendre une situation, je choisirai pour toi. Je suis contre toute forme de violence, telle qu'elle soit. Je te prierai, ou plutôt, je t'ordonne de m'ignorer."

Oui, je parlais à nouveau comme avant, m'affairant à m'arranger, un peu, secouant ma laine, recoiffant légèrement mes cheveux. Mon regard se leva, deux secondes, et un sourire vint se lever sur mes lèvres. Un groupe. Un bon groupe d'élève enjoué, bien heureux d'aller se prélasser au soleil avant de reprendre leurs activités plus studieuses. C'était parfait. Je descendis à nouveau mes yeux émeraudes, pour les confronter à nouveau au Japonais.

"Tu as perdu." Annonçais-je en penchant la tête. Accentuant bien le fait que j'étais amusé, par cette situation, que je voulais finale. "Jamais, je ne t'appartiendrai, ou ressentirai quoi que ce soit pour toi, ni même de la haine, puisque tu n'en vaux même pas la peine."

Oui, il avait voulu jouer, sa réaction, envers la demoiselle, m'avait indiqué qu'il était du genre à posséder les autres, à les descendre au niveau de simple choses, d'objets insignifiants obéissants à sa loi inexistante. Il pensait les autres à se pieds, et ce, uniquement parce qu'il avait une belle gueule, un franc et bon parlé, et un certain courage ? Son altesse se repose sur ses lauriers, le règne est fini, la révolution est en marche, fièrement portée par un Anglais. Et pour couronner le tout, Je lui tendis ma main, afin qu'il puisse se relever, pour deux raisons. Déjà, il n'était pas assez important pour me marquer, et aussi, parce que les autres élèves, qui passaient près de nous, prendraient la scène d'une manière si..délicieuse. Le petit blondinet, au secours du pauvre maladroit tombé par mégarde. Jouissif.
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(#) Re: [Terminé] Si par le plus grand des hasards.. [Yôma !]  Ven 24 Sep 2010 - 23:17

Non. Non. Non ! Jamais je ne te laisserais. Jamais tu n’auras un moment de répit, jamais tu ne me domineras !
Je te l’interdit.
Tu es à moi, rien qu’à moi et uniquement moi, JE T’INTERDIS d’être indifférent et de me zapper, je veux que tu rêves de moi, que ce soit en bien ou en mal, je veux marquer ton esprit et ton corps, je veux que tu te souviennes de moi, que tu prononces mon nom !
Non, et non !… Tu ne peux pas faire ça. Tu ne peux pas.
Je te l’interdis.


Ses mains se retirèrent, et Yôma pu reprendre pleinement son souffle. Le nippon n’avait rien senti. Il avait si rapidement débandé ? C’en était insultant. Comment ce type pouvait-il rester aussi indifférent alors que lui il s’énervait et cherchait à jouer avec ses nerfs ? Comment est-ce possible ?… et puis c’est qui, ce mec ? Cette ordure… rien ? RIEN ?! Oui, rien. Il ne ressentait rien. En fin de compte, cet anglais était une coquille vide, magnifique à l’extérieur mais aussi pourris que lui à l’intérieur. Ils n’étaient donc pas si différents, selon le nippon qui le foudroyait du regard. Se redressant sur les coudes, il regardait le blond qui lui faisait un joli discours sur ce qu’il avait à faire. D’où il s’octroyait le droit de filer des ordre ? Hein ? Je vais te tuer. Haine, dégoût, colère ; un mélange chaotique de sentiments obscurs avait pris forme, et Yôma subissait la douleur du silence, n’arrivant pas à éclater. Mais il le savait, il allait le faire. Il allait très prochainement devenir fou, perdre contrôle sur lui-même.

Calme toi. Reste zen. Respire, pète un coup, j’en sais rien mais calme-toi. Tu vas le frapper sinon, le démolir, lui arracher les cheveux, les vêtements, et même le violer ; t’es pas une pourriture, Yôma. Respire. Calme toi… putain mais… calme toi, merde… merde, merde, merde ! Il fout quoi le nabot là ?! Non, dégage de là !

Ce type n’était pas mal non plus question cruauté. Ses mots étaient d’une violence terrible pour Yôma, qui était déjà au bord de la crise de nerf. Il ne voulait pas. Il ne tolérait pas qu’il puisse être indifférent. Cet anglais n’avait tout simplement pas le droit de lui demeurer insensible. Pour Yôma, qui n’avait grandit qu’à travers l’affection de ses parents et la crainte de ses camarades d’école, il ne lui était pas concevable qu’on reste indifférent face à lui. Que ce soit amour, peur ou haine, tout le monde éprouvait toujours quelque chose à son égard. Curiosité, admiration, crainte ou dégoût… il y avait toujours une pensée qui associait un sentiment à son nom. « Indifférence » n’avait pourtant, à ce jour, jamais été cité. Et comme un horrible pieu planté au sein même de son cœur, foudroyant son estime et sa confiance, il perdit pied. Littéralement. Il pouvait être bon dans la manipulation et un gros crétin orgueilleux, il n’en demeurait pas moins un enfant atrophié émotionnellement. Toute l’attention devait être reportée sur lui, sans quoi il rageait, s’énervait, frappait et violentait.. Se violentait, parfois. Il se mordit la lèvre.

Retiens toi. Maîtrise toi.

Mais, faible conscience, il ne t’écoute plus. Il a déjà abandonné l’idée de se battre de cette manière. Un filet de sang s’échappa du coin de sa lèvre tant il avait forcé pour se taire, ignorant les ricanements au loin des élèves qui ne faisaient -heureusement- que passer. La situation était complètement inversé. En parfaite position du dominé, de l’humilié, Yôma n’en pouvait plus. Ce mec allait le regretter. Il allait lui faire ravaler ses paroles, le malmener afin qu’il soit obligé de le haïr. Il hanterait ses nuits, et il craindrait que derrière chaque fenêtre le japonais se cache, l’espionnant, guettant le moindre de ses mouvements. Il voulait le traîner dans la boue, l’entendre hurler qu’il le détestait.
Alors, dès que les élèves furent éloignés, Yôma céda. Il attrapa la main du garçon et le tira vers lui, le faisant tomber sur le sol, se plaçant juste au dessus, une main de chaque côté de son visage.

« Je t’interdis de m’ignorer ! Tu peux pas être indifférent, ne rien éprouver ! C’est impossible, je ne veux pas ! Je refuse que tu ne penses pas à moi, même si c’est pour m’insulter, tu m’entends ?! Jamais ! Jamais je ne te laisserais être aussi vide et morne ! T’es aussi humain que moi, tu ne PEUX PAS ne rien éprouver pour moi ! Alors arrête ton char et admets le ! »

Il était étrange de voir ces deux là. L’un qui ne montrait strictement aucune émotion, et l’autre qui étalait ses sentiments comme on étale de la confiture. Là où l’anglais semblait bloquer, le nippon, lui, n’arrivait justement pas à se retenir, et laissait trop souvent libre court à ses émotions, qui lui faisaient dire des choses que lui-même jugeaient insensées. Mâchoire serrée, sourcils froncés, il avait laissé le regard pervers pour un autre sentiment, quelque chose s’apparentant à la peur et la crainte. Comment un enfant aussi normalement éduqué pouvait-il ainsi dévier et présenter autant de troubles psychologiques ?

« Je te l’interdis… »

Jamais personne ne l’avait ainsi rembarré. Jamais, ô grand jamais, il n’avait été ainsi refoulé et humilié. Les gens qui avaient affirmé être indifférents avaient un comportement qui généralement disaient le contraire. Alors que lui… il semblait tellement sincère. Il le pensait vraiment ? Que Yôma le laissait indifférent ? Ce dernier ne voulait pas l’accepter. Tant pis. Corps et âme pour ne pas être « rien » ; il l’aurait, et pas n’importe quel moyen que ce soit. Il était un battant et ne se laisserait pas démonter par ce gaijin. Sa colère, autant que sa honte, étaient tout autant facile à ressentir tellement son visage l’exprimait. Une expression à la fois paniquée et blessée, rageuse de ne pouvoir maîtriser la situation. Est-ce que l’anglais s’était-il douté de la réaction qu’aurait pu adopter Yôma ? Est-ce qu’il avait songé, ne serait-ce qu’une seule fois, qu’il pouvait agir de manière totalement instinctive et irréfléchie ? Pourquoi vouloir tout le temps trouver une logique au comportement humain ? Et surtout, pour lui ? Sa logique à lui différait de celle des autres…

Haletant, parce que fatigué par ses propres excès de rage, son regard fixait le visage du garçon coincé sous lui. Vu leur position, peu de gens auraient eu le courage de déranger la scène, car ils semblaient avoir une dispute plutôt personnelle. Deux personnes les observaient au loin mais n’intervenaient pas, probablement inquiètes, mais davantage curieuses. Yôma rouvrit la bouche, voulant dire quelque chose, mais les mots lui manquèrent, et il tourna son visage sur le côté, regardant ailleurs, dents serrées. Il finit par faire quelque chose de plutôt inattendu et totalement inapproprié à la situation. Quelque chose qu’il savait bien faire, mais qu’il n’arrivait jamais à placer au bon moment ; une maladresse innée. Profitant du fait que le blond ne pouvait le fuir, il pencha à nouveau son visage vers lui et l’embrassa encore, désireux de laisser encore une trace de sa personne sur lui. Non, il ne l’oublierait pas. Il n’oublierait jamais. Il le marquerait à vie, de façon à ce que ces souvenirs soient intenses, bien trop intenses pour être mis de côté et oubliés. Yôma avait peur de l’oubli des gens.

Je ne veux pas qu’il oublie.
Rien ne serait plus humiliant que l‘oubli…

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(#) Re: [Terminé] Si par le plus grand des hasards.. [Yôma !]  Sam 25 Sep 2010 - 16:44

Il fallait en finir, le plus rapidement possible.

Alors voila, c'était fini, réellement cette fois ? Allait-il enfin comprendre, qu'il était toujours possible de tomber sur meilleur que soi même. Allait-il avoir un once de logique et d'humilité pour saisir ma main, se lever, et partit ? Bien sur, je ne demanderai pas de s'excuser, déjà, je n'en avais que faire, et surtout, je savais qu'il ne le ferait pas, bien trop orgueilleux pour s'excuser, probablement. Il était le genre d'homme à commettre les pires horreurs, les actes les plus repoussants et immondes, et ensuite, se justifier par des raisons futiles, toutes plus improbable les unes que les autres. Dans un sens, il était à plaindre, incapable de faire dans le raisonnable, et toujours compter sur sa démesure pour venir palier ses faiblesses émotionnelles. Je ne pouvais le nier, j'étais du même genre, mais à l'exact contraire. Quand une chose infime le faisait sortir de ses gonds, une montagne ne me faisait même pas sourciller. S'il était toujours à s'exprimer à outrance, je l'étais toujours à tout enfouir, certain de pouvoir tout contrôler, moi même, plus tard, seul, sans que personne ne puisse me voir. Alors.. Nous avions tord tout les deux ? Assurément. Moi, et mon incroyablement manque de sensibilité, d'attachements aux autres même, et lui, qui ne désirait qu'une seule chose, une seule et unique, compter aux yeux de toutes les personnes qu'il avait pu rencontrer. Dans les deux cas, c'était impossible. On ne pouvait vivre sans attaches, et on ne pouvait pas non plus marquer chaque personne. Évidemment, puisque nos personnalités étaient si opposées, nous ne pourrions jamais, ni nous comprendre, et encore moins nous entendre. Non, chacun irait, à sa manière, dans cette démesure qui nous caractérisait tant. La mienne était bien moins visible, mais tout autant pénible, dans un sens. J'allais le blesser à n'en avoir que faire de lui, et il me blesserait à tant vouloir m'approcher, me marquer. Un cercle vicieux, nous allions nous détruire mutuellement avec notre entêtement, notre envie de montrer à l'autre que notre manière de vivre était la manière, la mienne parce qu'elle était bien plus saine, et lui parce qu'il pouvait vivre tant de choses, expérimenter tant d'expériences que jamais je n'oserai imaginer faire. C'est pourquoi il fallait en finir, le plus rapidement possible.

Cette fois, et grâce à Dieu, j'avais le temps en ma faveur. Pas celui du ciel et des nuages, non, celui qui passait, ne s'arrêtait jamais de passer. L'heure tournait, et celle du repas filait comme une souris prise en chasse par un chat. De ce fait, nous n'allions plus être seuls, et déjà, le parc avait du se remplir. Indubitablement, les autres élèves n'allait guère se soucier de nous deux. Non, ils avaient leur propre vie, leur propre histoire, leur propre bande. Même les élèves seuls trouveraient une occupation bien plus gratifiante, et intéressante, que de nous observer. L'égoïsme de l'homme jouait en ma faveur une fois de plus. Soit. Il avait quoi, à me regarder ainsi ? Il ne voulait pas de monde aide ? Tant pis, il était bien trop idiot pour tout comprendre. Incroyablement intelligent et si bête à la fois. Les comportements contradictoires menaient aux personnes les plus extraordinaires de ce monde, c'était simple à prouver, les exemples ne manquaient jamais. Je le voyais enrager, se mordant les lèvres pour éviter de me crier à quel point j'étais mauvais, à ma manière. Oui, c'était le cas, et pourtant, je n'avais rien fait, en soit. J'avais juste trouvé son point faible, et je m'en étais servi. Pas très noble, mais à quoi bon tenter de rester respectueux, face à une telle personne ?

Prit au dépourvu, et surement que je l'avais bien cherché, je me retrouvai à nouveau à terre, sous son emprise. La chute ne me fit pas particulièrement mal, mais mon égo en prit un sacré coup. Oui, j'aurai du le sentir venir, car en réalité, c'était aussi gros qu'une maison, voir un immeuble. Je le cherchai, inconsciemment ? Je voulais de son contact, de sa rivalité ? Non, c'était plus qu'impossible, j'étais bien trop posé et sage pour vouloir qu'une telle relation s'installe entre nous, même pour de de la haine, même pour une simple connaissance ou pour m'en faire un ennemi. Je ne lui devais rien, et lui allait rien me devoir. Et dans le meilleur des mondes, surement que nous nous serions déjà quittés, nous arrangeant pour ne plus avoir à nous fréquenter. Mais là, nous étions sur terre. Oui, cette terre si improbable, marquée par tant d'évènements et de situations complexes. Que c'était drôle. Oui, dans ma situation, plus que délicate, je le trouvai tellement drôle, cédant à sa faiblesse si facilement. Je n'avais même pas eu besoin de l'entendre dire, pour en être sur déjà, mais lui, lui ne parvenait pas à admettre que je pouvais être sa faille. Oh, il s'emportait, et non par colère, mais par peur, une immense peur qui se lisait dans ses yeux et dans le timbre de sa voix. Il n'aimait pas cela ? Tant mieux, il allait apprendre à souffrir à son tour. Et pour continuer dans ma lancée, mon visage n'exprima rien, ni contentement, ni sourire, ni même une once de joie. Non, rien. Il ne voulait pas morne et terne ? Il n'allait avoir que cela à présent et n'allait plus être confronter qu'à ma froideur extrême, la plus poussée qu'il soit.

Je voulu lui répondre, tout de suite, pour ne pas se laisser installer un silence long, et surtout bien ennuyant, mais il me prit de court... M'embrassant à nouveau. Fichtre non ! Il n'avait pas le droit de ce genre de choses ! Non ! Pas ça ! Je ne voulais pas d'un tel contact avec lui, et même un simple frottement de sa main contre ma peau chaude était de trop. Calme. Je devais me calmer, maintenant. Je n'avais pas trouvé sa faiblesse pour rien, je n'avais pas fait tout ses efforts pour qu'un simple contact lui donne à nouveau l'avantage que nous cherchions toujours à gagner. Non, et même si mes yeux me trahirent pendant l'échange, je devais retrouver toute ma froideur, dès qu'il allait s'éloigner et ouvrir les sien à nouveau. Heureusement que je ne mis rien dans ce baiser. Lui, au contraire, avait réellement changé sa façon de faire, et même un inexpérimenté comme je l'étais l'avait remarqué. Il se voulait beaucoup plus passionné, beaucoup plus épris de ce lèvre contre lèvre. Pourquoi ? Pour me faire faiblir à nouveau ? C'était trop tard. Bien trop tard, et bien trop répétitif aussi. Même le léger goût de sang n'y ferait rien, puisque j'étais loin du moment où j'allais devoir céder à ma dépendance. Et une fois l'échange terminé, je parvins à reprendre mon expression vide. Soupirant même de lassitude.

"C'est tout ? Tu m'as surpris la première fois, je dois l'avouer, mais va vérifier , tu ne me fais déjà plus aucun effet."

Je levai légèrement la tête et pointait des yeux le bas de mon ventre. Il comprendrait bien vite que je lui parlais de mes parties intimes, et qu'effectivement, il n'y avait rien à pointer du doigt, rien qui pointait, d'ailleurs. C'était une sorte de clin d'œil mesquin, une manière de lui dire "Je connais la suite, tu m'embrasses, tu me touches, t'es lassant comme gars en fait, tellement prévisible". Et en même temps, je savais parfaitement qu'il n'irait pas vérifier, puisque je ne voulais en aucun cas qu'il me touche encore. Une simple provocation, mais j'étais sur de mon coup, quasiment. Je me relevais légèrement sur mes coudes, regardant autour, comme pour lui faire comprendre, ou plutôt, lui faire croire qu'il m'ennuyait tellement, que je me devais de trouver une nouvelle occupation. Tout cela n'était que mensonges, que pires foutaises..Mais comment pouvait-il le deviner, derrière un manque total d'expression, et ce, même dans le timbre de ma voix. Soupirant à nouveau, je fini par le regarder, sans plus d'enthousiasme.

"Je n'estime même pas mon propre frère, tu crois que tu peux avoir une quelconque importance pour moi ?" M'arrêtant quelques secondes, je vins à m'appuyer sur mon bras droit, pour lui pousser légèrement l'épaule avec la main droite. "Aller, soit gentil, et laisse moi partir, c'était drôle, juste un moment, mais bon, trouve toi un autre jouet, un que tu pourras toucher, au moins."

Et je sous-entendais clairement "Et un à ta portée, surtout". Oui, pour m'avoir, ou même l'espérer, il allait devoir faire plus que ça, et surtout, ne pas agir comme il venait de le faire, gagner en subtilité, savoir déjouer mes propres failles, qu'il ne connaissait pas encore totalement. Et dire que je ne connaissais même pas son nom, c'était encore mieux, ainsi, j'allais pouvoir jouer sur l'ignorance à outrance, j'allais pouvoir enfoncer le couteau un peu plus loin dans la plaie que je venais d'ouvrir. Ce Japonais m'avait marqué, oh oui, et jamais je ne l'oublierai certainement, mais cela, il était encore à des miles de le savoir.
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(#) Re: [Terminé] Si par le plus grand des hasards.. [Yôma !]  Ven 1 Oct 2010 - 23:28

    Se justifier ? Yôma ne le faisait pas. Quand il faisait quelque chose, il ne disait jamais « pourquoi ». C’était toujours aux autres d’en deviner la véritable raison. Lui-même des fois ne se rendait pas toujours compte des raisons qui le poussaient à agir. Tellement simple, mais à la fois d’une complexité abasourdissante… Yôma. Tout n’était pas blanc ou noir ; il n’y a pas toujours de juste milieu, mais rien n’est réellement absolu. Alors pourquoi, lorsque l’on regarde Yôma, on ne voit jamais que ses mauvais côtés ? Personne a ce jour n’avait su voir son courage et sa franchise, son honnêteté. Mentir, il ne savait pas le faire ; était-ce un mal ? Lui-même l’ignorait, mais les autres devraient bien le savoir. Habitué à tuer depuis sa naissance, le prédateur ne réalise pas forcément qu’être chassé est un calvaire. Et là, dans son inconscient, loin, hors de sa porté, Yôma songeait à la personne qui le prendrait en chasse. Quelqu’un pouvait-il réellement le faire ? Le mettre dans tous ses états, le dominer, avoir du pouvoir sur lui ? Tout le monde en avait ; mais qui s’en rendait compte ? Cet anglophone, pour le moment, était le seul à l’avoir compris.

    Il aurait tellement voulu… une réaction. Un refus, une acceptation ; quelque chose de concret et bien défini. Alors qu’il s’était montré doux, se voulant plus convaincant et moins effrayant que précédemment, il essuyait un refus encore plus glacial qu’avant. Pourquoi s’obstiner à le repousser ? Autant lui céder, le satisfaire, et le problème était réglé…mais l’un comme l’autre avait son orgueil et refusait de laisser place à son adversaire. Alors, forcément, ils étaient amenés à s’affronter. Comme deux guerriers. Pas forcément à la loyale, mais ils allaient réellement se livrer une forte bataille, et Yôma ne perdrait pas. Mais l’absence de réactivité chez l’anglophone fit se reculer le japonais, qui l’observa en silence quelques secondes. Il soupira. Ce fut comme une bombe. Encore plus grosse que celle d’avant. Les poings de Yôma se refermèrent brusquement sur l’herbe, et il serra les dents.
    Ta gueule.

    Yôma ne voulu pas regarder tellement il était horrifié par l’iceberg qu’il avait devant lui. Jamais il n’aurait cru ça possible jusqu’à ce jour. Pour lui, qui avait toujours été maître de toute chose, c’était une totale remise en question, et pire encore, c’était comme si ce gaijin lui volait tout ce qu’il avait déjà conquit. Son cœur semblait avoir cessé de battre et le temps filait à lentement, se moquant très certainement de lui. Histoire de bien lui faire ressentir la douleur, de lui dire qu’elle était longue et pénible, et que ce n’était que le début. Ses mots le transpercèrent et il se redressa, se retrouvant assis sur l’anglophone. Il le fixait avec crainte, comme s’il allait l’anéantir ; mais n’était-ce pas ce qu’il était déjà en train de faire ? Catégoriquement, Yôma refusait la défaite. Ses sourcils se froncèrent et il fixa le jeune homme avec une telle rage dans le regard qu’il semblait s’enflammer sur place.

    « Va crever. Je suis le seul à décider de qui fait quoi, alors ferme là ! »

    Le coup partit tout seul. La gifle s’abattit vivement sur la joue au blondinet, tournant son visage sur le côté. Puisque les baisers et les attouchements ne faisaient plus rien, peut-être que la violence… Mais, pas aujourd’hui. Pas maintenant. Un bon nombre d’élèves se rapprochait peu à peu et la colère de Yôma, bien que bourdonnante, n’était pas suffisante pour qu’il le frappe aussi ouvertement. Et qu’il prenne le risque de tout perdre bêtement, aussi. Parce que oui, il en avait conscience ; se faire prendre reviendrait à perdre devant l’anglais. Il avait perdu cette manche, de toute façon, c’était clair et net. Une défaite qu’il n’oublierait pas et ne saurait pardonner. Se retirant de sur lui, Yôma l’attrapa par le col et le souleva, le plaquant à nouveau contre l’arbre.

    « Tu peux dire et faire ce que tu veux, je sais que je finirai par t’avoir ! »

    Le lâchant tranquillement, il le fixa encore un moment dans les yeux, lui faisant bien comprendre que ce n’était que partie remise. Et de cette façon, il aurait tout le temps de songer à ce qu’il pourrait lui faire, à la petite vengeance qu’il concocterait… voire même, au supplice qu’il lui ferait subir. Oui. Il voulait le voir supplier et demander pardon, presque pleurer et hurler son nom. Il le ferait. De gré, de force, de n’importe quelle manière et pour n’importe quelle raison, tant qu’il faisait ce que Yôma voudrait, ce dernier serait satisfait. Et se connaissant assez bien, le nippon savait que ce n’était qu’une question de temps avant d’obtenir ce qu’il voulait. Il recula de quelques pas, le fixant avec mépris, et lui tourna finalement le dos, s’éloignant d’ici à très vive allure, mains dans les poches. Vexé ? Oui, beaucoup. Son ego avait pris une sacrée claque, tellement énorme qu’il avait songé, l’espace d’un instant, à faire péter une bombe à cet endroit pour qu’il disparaisse à jamais.

    Yôma n’était pas certain de pouvoir l’amener à éprouver de quelconques sentiments ; mais il savait que sa mémoire serait marquée par son être, et que son corps n’avait pas fini de toucher le sien. Tu seras à moi. Et il ne lui demandait pas son avis. Le temps passerait, et il serait probablement le seul témoin de la guerre qu’il s’apprêtait à livrer contre l’anglophone. Qu’il le fuit, qu’il l’évite ; Yôma lui collerait au derrière comme la puanteur colle le phacochère. Et l’image n’était pas la pire xD…

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(#) Re: [Terminé] Si par le plus grand des hasards.. [Yôma !]  Lun 4 Oct 2010 - 16:14

● J'allais être sa première fois.

Pan. Comme l'annonce d'un décès d'un proche peut tomber sans prévenir, j'avais reçu une gifle des plus violente, sans même la voir venir. C'était à s'en douter, il était violent, il était brutal, et il avait surtout tant besoin d'exister à travers des gestes, des actes, des actions. C'était aussi une manière de garder le contact, je pensais. Oui, puisque son baiser n'avait pas marché, puisque ses caresses me rendaient tellement vide de sentiments, de sensation. Il voulait que je ne le domine pas, il voulait que je me laisse faire, comme tout les autres surement, il allait être servi..Mais dans le sens inverse, évidemment. Me violenter était tout ce qu'il lui restait, il ne pouvait plus rien faire d'autre, pour ne pas me perdre. Oui, il avait déjà perdu, et oui j'en jubilais. J'aurais voulu en sourire, j'aurai voulu lui montrer à quel point on pouvait toujours trouver plus fort que soit même. Mais non, je tenais mon rôle à la perfection, et je n'allais pas m'en défaire maintenant, c'était bien trop tôt. Je le voyais déjà, plus tard, lorsque nous nous croiserons à nouveau, au réfectoire, à la bibliothèque, dans les couloirs ou ailleurs. Qu'importe. S'il avait tant besoin de me marquer au fer voluptueux et si tentant de sa peau si douce, il savait déjà que j'avais un pion d'avance, qu'il devrait sur surpasser pour arriver à ma hauteur, et voir, prendre le dessus, à nouveau. Je n'étais pas totalement hors de danger, non, il avait bien remarqué que ce que j'avais vu sur son horrible torchon m'avait odieusement gêné, il avait du comprendre à quel point je ne voulais pas revoir, ou pire, revivre ce genre de choses. C'était certain, pour triompher une nouvel fois de cet être indésirable, je devais garder mes distances, l'empêcher de m'atteindre, par tout les moyens possibles.

Je gardai donc ma tête sur le côté quelques instants, l'œil gauche presque clos, simple réflexe en fait, avant de le fixer de nouveau, sentant pleinement la douleur de son acte. Ce n'était pas bien grave, et s'il désirait tant que je me souvienne de lui, ça n'allait pas être une simple gifle qui allait laisser la plus voyante des cicatrices. Non, elle allait rester sur ma joue cinq petites minutes, et encore, je n'étais pas de ceux dont la peau marquait facilement. Et même pas il ne me laissais de répit, non il comprenait bien trop vite pour cela, il savait déjà que s'il me laissait le temps de rétorquer, ma froideur le poignarderait encore, chose qui ne voulait pas une fois de plus. De nouveau sur l'arbre, et pas des plus confortablement, je dus encore l'écouter, boire ses mensonges une fois de plus. Il m'aurait ? Il en était encore loin encore, et il se surestimait quand il ne voyait pas les qualités des autres. S'il était têtu et déterminé, alors je le serai davantage, juste pour le voir perdre pied, juste pour jubiler du fait que j'allais être sa première fois. Non, il n'y avait aucune allusion sexuelle dans mes propos, car jamais je ne laisserai un homme, et surtout un homme dans son genre, me toucher à ce niveau. Je voulais être le premier à lui résister, le premier à lui faire comprendre qu'il devait grandir et cesser tout ces caprices d'enfants surprotégé. Comment ses parents n'avaient-ils pas pu voir le monstre qu'ils avaient eux mêle façonnaient ? Il était fils unique ? Certainement.

Soit. Qu'allait-il faire maintenant ? Me frapper de nouveau, tenter d'ouvrir ma peau pour effectivement la marquer. Un quart de seconde, je crois que j'eus peur. Oui, peur qu'il se souvienne de mon couteau-suisse dans ma poche, peur qu'il profite de sa position pour s'en servir contre moi, et effectivement, me marquer à vie. Mais non. Je n'eus même pas à me plaindre de son étreinte, à en ressentir une quelconque gêne, que déjà il me lâchait, me permettant ainsi de me décoller infiniment de cette arbre. Ses yeux. Je n'arrivais pas à m'en défaire.. Les yeux sont le miroir de l'âme ? Alors les siens pouvaient en dire tant sur sa personne. Ils me montraient toute la peur qu'il pouvait ressentir, une peur de ? D'être découvert ? D'être enfin mis à nu par une autre personne ? Il n'en avait pas envie en tout cas, puisque dans ces pupilles, brillaient aussi la soif, la rage de vaincre, une sorte de détermination presque sans aucune faille. Oui, j'allais le revoir, je ne savais quand, ni comment, ni où et dans quelles circonstances, mais il était sur qu'il n'allait pas me laisser gagner si facilement. Si nous étions sur une champ de bataille, alors mon armée aurait gagné les terres, et lui s'en irait, avec des pertes, blessé et encore plus avide de victoire. Ce n'était pas bon, non pas du tout, et l'idée d'être constamment sur ms gardes ne m'enchantait guère, loin de là même. Lentement, bien trop lentement surement, il commença à s'éloigner, ne voulant pas me tourner le dos immédiatement. C'est qu'il avait sa dignité, le petit Japonais, et elle venait de se prendre une belle raclée, autant ne pas l'amoindrir davantage. Et moi, oui moi, alors qu'il me montrait bien à quel point il pouvait me haïr, je restais là, toujours aussi morne et terne, toujours aussi inexpressif et désespérant.

Ce n'est qu'en le voyant partir, que je m'accordai un léger sourire, content, très content même et bien satisfait d'avoir remporté la première bataille. C'était toujours la plus importance, celle qui donnerait le ton à tout le reste, celle qui déterminerait l'implication des adversaires pour emporter la guerre. Celle là semblait être particulièrement intéressante, une guerre, ainsi, menée au nez et la barbe de tous. Comme c'était plaisant. Mon côté conquérant en ressortait de plus bel, et j'avais tout le reste du temps pour paraître calme, posé et réfléchi. Il allait être mon punching-ball, il allait être ma séance de Yoga particulière, mon défouloir personnel.. Et grâce à lui, j'allais surement avancer dans ma déviance, dans le sens que je voulais. Tout refouler n'était pas bon, mais tout recracher sur une tiers personne était tellement jubilatoire.

"Comme c'est.."

Je ne terminai pas ma phrase à voix haute, conservant mes pensées les plus profondes pour moi, et uniquement pour moi. Puis, le fixant jusqu'à qu'il disparaisse, je m'avançais pour ramasser mes lunettes, sortis un mouchoir en tissus pour les essuyer et vins les poser sur mon nez. C'était bien mieux de voir correctement. Et la vie reprit son cours, les mains dans les poches, également, j'allais cherché mon sac, oublié sur le banc, avant de retourner à mes propres occupations, chassant assez vite cette petite période mouvementée de ma vie de mon esprit, pensant plutôt aux cours, aux devoirs, et aux livres à lire. Direction, la bibliothèque, juste pour me détendre.
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