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 You might think I'm happy. [Libre]

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(#) You might think I'm happy. [Libre]  Mer 1 Déc 2010 - 15:53

● Après tout, pourquoi faire ?

Ce fut dur, compliqué et même réellement détestable de devoir se réveiller une nouvelle fois. Au moins, si je puis dire, je n'étais plus au lycée, ni même au pensionnat. Deux jours. Cela faisait maintenant quarante-huit heures qu'il m'avait presque tout prit. Presque ? Je restais en vie, à regret, quasiment. J'avais décidé de m'éloigner de tout ce qui pouvait me rappeler ce moment. Tout. Donc, sans attendre, et en séchant mes cours du matin. Je m'étais précipité dans ma chambre, écrivant rapidement une lettre d'excuse à l'administration, la main tremblante. Un mensonge ? Évidemment. Mais je n'avais plus le choix. La date jouait en ma faveur, puisqu'à des milliers de kilomètres de là, Père était bien occupé. Tellement qu'il lui serait impossible de démentir mes propos, dans la lettre donnée. J'avais simplement précisé, que je devais rentrer chez moi, une semaine, voir plus, pour régler une affaire familiale de la plus haute importance. L'alibi parfait, puisqu'ils n'allaient pouvoir le vérifier, et qu'en plus, ils leur seraient impossible de se montrer curieux, sur la raison de mon départ prématuré. Pourquoi sous entendre mon retour ? A vrai dire, je ne savais trop réellement si j'aurais le courage de rentrer. C'était bien plus facile de laisser ce genre de lettres, que d'annoncer un véritable et définitif départ. J'étais presque certain d'être laissé en paix, alors que je séjournerai à Kobe même.

Mes nouveaux appartements ? Une chambre d'hôtel, sans grande prétention. Juste de quoi vivre dans un minimum de confort. J'y avais passé toute l'après midi, la veille, et à vrai dire, aujourd'hui, je ne savais si j'allais en sortir. Pour l'instant, je restais là, à soupirer dans mes draps, la couverture remontée jusqu'à mon nez. La bouche pâteuse, le regard encore embrouillé par ma courte nuit, je n'avais, mais aucune envie de me lever. Mais il le fallait. Oui, tout simplement pour ne pas sombrer dans un état végétatif. Ne rien faire était la meilleure des solutions, pour repenser à cet horrible instant. Je devais donc m'occuper, même si l'envie ne se pointait pas, et qu'elle avait du prendre congés, pour un long moment encore. Me laissant trainer plus que je ne marchai, je me dirigeai vers la douche, posant brièvement mes yeux sur mon ventre, quand celui-ci réclama, une fois de plus, d'être rempli. Il ne devait pas comprendre que ma gorge était littéralement coincée, et que seul l'air pouvait encore y pénétrer. Impossible d'avaler quelque chose, rien que l'odeur me donnait des haut de cœur. Soit, j'essayais tout de même de m'hydrater un minimum, même si le geste ressemblait plus à un acte de survie, qu'un réel bienfait. Ce n'était pas tellement grave pour l'instant. Mon corps le supporterait, après ce qu'il avait du endurer. Sous la douche, je laissais l'eau couler une bonne demie heure, sans même bouger. Je ne sais pourquoi réellement, mais j'avais maintenant besoin de me sentir réellement propre, d'être sur de ne plus avoir aucune saleté sur mon corps. Ma douche et une préparation, plus que négligée, finies, je pouvais quitter ma petite chambre, m'attardant quand même sur le lit, que je faisais, évitant ainsi un surplus de travail au service de ménage.

Et moi, maintenant, dans la rue, qu'allais-je faire ? Je n'aimais pas tellement le centre ville, puisqu'il était bien trop bruyant pour mes oreilles, mais je n'avais pas tellement le choix. Caché derrière mes lunettes, un chapeau non adapté au temps ensoleillé, et des habits neutres, j'avançai vers le tumulte de la ville, les mains dans les poches, la tête légèrement baissée, afin de voir ma route, sans être trop vu des passants. Marcher ne me ferait vraiment pas de mal, alors je décidai de ne pas prendre les transports en commun. Une heure de marche, au moins, et j'arrivai dans l'une des rues les plus fréquentées de Kobe. Les odeurs, qui se dégageaient des restaurants, et autre échoppes, me donnaient déjà une certaine nausée. Relevant la tête brièvement, j'avançai de nouveau, le pas trainant. Je finis par trouver un banc libre, et m'y assis, les mains dans les poches, toujours, croisant les jambes par réflexe. Et là ? Je dus bien passer des heures à regarder passer des promeneurs, des jeunes et des personnes âgés, des pressés et des moins pressés. Quand certain m'intriguaient plus que d'autres, je m'amusai, si je puis employer ce mot, à leur imaginer une vie, une courte histoire. Activité plus qu'inutile en somme, mais elle avait le mérite de m'occuper l'esprit, et de passer le temps. Surtout.

La nuit se pointait déjà, et j'avais du vexer une grand-mère, venue s'assoir gentiment à mes côtés, pour me parler un moment. Comme incapable de parler depuis cet instant, j'avais sorti un petit papier, sur lequel j'avais déjà écrit mes excuses, puisqu'il m'était impossible de converser, de vive voix. Oui, j'étais devenu incapable de prononcer le moindre mot, et je dus également lui faire peur, avec mes cernes, mon teint blafard et mon expression vide de sens et de sentiment. Soit, je me levai à nouveau, les jambes légèrement engourdies, et reprit le chemin inverse, afin de rentrer calmement. A mi chemin, et alors que le temps se rafraichissait clairement, une fois la nuit totalement tombée, je m'arrêtai machinalement, relevant la tête. Un passage à niveau. Fermé, évidemment. Je regardai à ma droite, pour voir le train arriver au loin, sans même me protéger le visage, quand une bourrasque m'agressa, tant il passait vite. Les barrières jaunes et noires se relevèrent, et bizarrement, je n'avançai pas pour autant.

Non. Après tout, pourquoi faire ? Je gardai mon regard fixé sur le train qui s'éloignait, et qui n'allait pas tarder à disparaître de mon champ de vision. Une idée me traversa l'esprit, rapidement. Le genre d'idée que j'avais eu, depuis deux jours, mais que je ne voulais surtout pas laisser s'installer dans ma conscience. Mais là, elle ne partit pas. Non, et resta même fermement accrochée. Il se passa bien une dizaine de minute jusqu'à que le bruit, qui annonçait la fermeture proche des barrières, ainsi que l'arrivée d'un nouveau train, me fit reprendre le sens de la réalité.

Sans trop savoir pourquoi, et sans chercher à le comprendre d'ailleurs, je fis quelques pas, avant que le barrage ne se ferme. Planté au milieu, je n'avais plus qu'à attendre son passage, le fixant de mes yeux à moitiés fermés.

Hrp : Je n'ai pas envie de voir mourir Elliot, donc j'aimerai une personne qui ne le laisse pas trépasser. Si votre perso jubilerait à l'idée de le voir se faire déchiqueter, merci de passer votre tour. xD


Dernière édition par Elliot Livingston le Jeu 10 Fév 2011 - 12:56, édité 1 fois
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(#) Re: You might think I'm happy. [Libre]  Jeu 2 Déc 2010 - 20:23

La journée s'annonçait pourtant bien. Ayant un prof d'absent, je n'avais cours seulement le matin. Je passai ma matinée a réfléchir sur ce que je pourrais faire dans l'après-midi et grâce à cela, les heures de cours sont passé très vite. Une fois la sonnerie annonçant la fin des cours retentit je sortais tranquillement pour aller en direction de ma chambre alors que tout les autres élèves courraient à perdre haleine vers la cantine. Je n'avais plus cours de la journée, il m'était donc inutile de me presser. J'avais décidé de passer mon après midi à trainer en ville, ainsi qu'au parc, histoire de me détendre un peu. Bien entendu j'embarquais mon paquet de clope ainsi ma guitare accoustique, c'était une sorte de réflexe, je ne pouvais plus sortir sans la prendre même dans les cas ou je ne l'utiliserai surement pas. En l'occurrence, là, j'allais en avoir besoin puisqu'en fin d'après midi je devais aller chez une camarade de classe pour lui donner un cours. C'est donc avec l'étui en bandoulière et une clope au bec que je sortis de Kobe High School, me dirigeant tout d'abord vers un petit bar-restaurant, histoire de manger un peu. J'avais l'habitude d'aller dans un bar Irlandais qui servait une très bonne bière, et pour ne pas changer c'est à la même place, en terrasse, que je m'asseyais pour pouvoir satisfaire mon estomac qui commençait à crier famine.

Une fois rassasié, je fis vite fait le tour de quelques magasins avant de me rendre au parc. L'envie de jouer de la guitare s'était pointé et c'était un des meilleurs endroit pour succomber à cette envie sans que quelqu'un vienne vous emmerder. Surtout qu'à cette heure de la journée les gens sont soit au travail soit en cours ce qui m'arrangeait grandement. Je passai donc une grande partie de l'après midi assis dans l'herbe a jouer. Parfois une ou deux personnes qui passaient dans le coin s'arrêtaient pour m'écouter et me complimenter. Je ne cherchais pas vraiment la reconnaissance de qui que ce soit mais ça faisait toujours plaisir. Il fallut attendre jusqu'au environ de dix huit heures pour me voir me lever et partir. J'étais pourtant bien partit pour rester plus tard mais je devais quand même donner un cours et je ne pouvais donc pas faire attendre mon élève, une fille de ma classe très gentille et surtout très mignonne. Tellement mignonne d'ailleurs qu'une fois chez elle, le cours de trente minutes s'étendit sur une longue séance de deux heures ou elle ne toucha pas que le manche de sa guitare. Je n'étais plus tellement fan de ce genre de plan mais c'était de sa faute, elle n'avait qu'a ne pas m'accueillir avec une jupe si courte et un décolleté qui ne pouvait qu'attirer l'œil. Seul bémol a tout ça, c'est que pendant que je faisais des bêtises, la nuit avait commencé à se pointé et j'allais devoir rentrer au lycée sans y voir grand chose. Par chance le ciel était dégagé et la lune, faisant office de miroir, éclairait plutôt bien les environs. J'avais laissé ma guitare chez la jeune fille, non pas par oublie mais pour avoir une excuse pour me pointer chez elle avant le prochain cours de prévu, je suis diabolique je sais.

J'étais donc très content à l'idée de repasser deux très bonne heures dans un avenir très proche mais cela ne dura pas. Sur le chemin se dressait un passage a niveau. Celui-ci était fermé et un son très particulier annonçait la venue d'un train. Jusque la rien d'alarmant, sauf qu'en y regardant de plus près il y avait quelqu'un sur la voie, et il ne semblait pas décidé à s'écarter. A cause de la nuit je ne pouvais pas encore distinguer son visage. Ni une ni deux je sprintais dans sa direction, s'il ne voulais pas bouger, j'allais l'y aider. Je sautais la barrière pour ensuite agripper la personne fermement d'une main par la taille et pour ensuite la placé sur mon épaule. Tout cela sans m'arrêter de mon élan, je posais ma main encore libre sur l'autre barrière pour m'aider a la sauter. Le gros coup de vent que je sentis dans mon dos m'indiqua que j'étais vraiment passé de justesse. En temps normal je n'aurai surement pas pu le porter mais grâce à la grande dose d'adrénaline qui avait parcouru mon corps a cette instant j'étais sur que j'aurai même pu soulever plus. Mes mains en tremblaient encore. Le chauffeur du train ne s'était même pas arrêter et avait continuer sa course comme si de rien n'était, l'enfoiré ... Je soufflais un grand coup pour calmer mon cœur qui était également très agité par ce qui venait de se passer puis je choppais le col de la personne de que je venais de sauver d'une mort certaine.

"Non mais ça va pas t'es complètement taré !"

Un nuage qui s'était placé devant la lune pour assombrir le ciel se dégagea, affichant le visage de l'homme et provoquant chez moi une grande surprise qui me fit le lâcher. C'était Elliot Livingston, un de mes camarades de classe. Je ne comprenais pas. Pourquoi avait-il voulu mettre fin à ses jours ? Je ne le connaissais que très peu mais pourtant il n'avait pas l'air d'aller si mal. Je posais ma main sur son épaule, parlant avec un ton plus calme.

"Rien ne peut justifier ce que tu t'apprêtais à faire. Si tu as des problèmes il y a beaucoup de manières de les régler mais celle là n'apporte pas de solution"


Je le fixais, tout en étant des plus soulagé d'être tombé au bon moment et de l'avoir empêcher de commettre l'irréparable.
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(#) Re: You might think I'm happy. [Libre]  Ven 3 Déc 2010 - 15:25

● J'allais juste reprendre le même rythme de vie de ces deux derniers jours.

Tout..abandonner. C'était surement la manière la plus lâche, de mettre fin à tout ce que je vivais. Oui, c'était même certain d'ailleurs. Je ne savais pourquoi l'envie de le faire avait finalement pris le dessus, mais au moins, j'allais être en paix. Après tout, c'était le plus important non ? Être harcelé mentalement, par mes propres pensées, était surement la pire des tortures. A choisir, j'aurai préféré qu'il me brûle le corps, qu'il laisse des traces visibles sur celui-ci, pour au moins me rattacher à quelque chose. Non. Rien, ou presque. Je sortis mes mains de mes poches, et les portai à mon visage, poings fermés. Mes poignets étaient encore rouges et légèrement bleus, à certains endroits. Les liens, avec lesquelles il m'avait attaché, avaient été bien destructeur, comme le reste, dans un sens. C'était en quelque sorte, la seule preuve visible de son horrible forfait. Je soupirai pour la dernière fois, puis je relâchai mes bras, les laissant simplement pendre le long de mon corps. Bien droit, seule ma tête était tournée vers le train. Un œil fermé, l'autre tentait toujours d'évaluer la distance, qui devenait de moins en moins grande. Les phares du train m'éblouissaient même, devenant de plus en plus lumineux. C'était la fin, la vrai, dans quelques secondes maintenant. Et surtout, c'était le point de non retour, puisque mon corps était trop endormi et trop mou, pour esquiver la collision. Oh, je me doutais bien que j'allais plus subir que la face de ce moyen de transport, mais au moins, le choc allait être si violent, que j'avais de fortes chances de mourir sur le coup, sans même rien voir venir. C'était mieux. Et c'est surement ce dernier point qui m'avait fait m'avancer et pencher de l'autre côté. Les autres idées étaient mauvaises, puisqu'elles prenaient du temps, avant de voir tout s'arrêter comme de bon. Bizarrement, et maintenant que j'entendais le bruit, fort désagréable, du chauffeur qui devait penser que j'étais là par mégarde, je n'arrivais même pas à me sentir mieux, ou soulagé, ce que j'avais espéré, pourtant. Je fermais à nouveau les yeux, pas masochiste au point de regarder ce qu'il allait m'arriver, même une demie seconde. On revoyait notre vie une fois sur le point de mourir ? C'était surement une vieille croyance, mais l'idée d'y penser ne me déplu pas.

Un coup brusque, mais beaucoup moins fort que ce que j'aurai cru, et surtout, un contact chaud. Je n'eus pas le temps de réaliser qu'on venait de me sauver, que déjà, j'étais malmené à nouveau. Mes yeux s'étaient ouverts, finalement, dès que j'eus senti un mouvement, qui ne fut pas celui que j'avais attendu. On me criait dessus, tout en m'empêchant partiellement de respirer correctement. Quel comble, pour quelqu'un qui venait de devenir, une sorte de héros. Une sorte seulement, puisque le seul sentiment que j'avais à son égard, pour le moment, était une sorte de colère, qui grandissait en même temps que les secondes défilaient. Je n'eus pas le temps de réagir, ni même de faire quoi que ce soit, qu'il me lâchai, me permettant de souffler légèrement, crachant une bouffé d'air par la bouche. Ma respiration était encore lourde et surtout, assez rapide, à cause de ce que j'avais tenté. Izaki-kun ? Qu'est ce qu'il faisait là à une heure pareille ? Pourquoi m'avait-il trouvait, et surtout, pourquoi avait-il fait ça ? Beaucoup de questions se bousculèrent dans mon esprit, et déjà, je ravalai ma salive, alors que ses mains se posaient sur mes épaules. Il voulait des réponses ? Surement l'énervement. C'était d'ailleurs la première fois que je le voyais dans cet état. Pas que nous soyons proches et que je puisse aisément juger son caractère, mais le Japonais m'avait semblé être quelqu'un de calme, et d'assez sympathique à fréquenter. Soit. Je n'avais jamais cherché à en savoir plus en réalité, trouvant préférable de me lier à personne dans cette école, ou de faire le strict minimum, comme à mon habitude.

Je baissais légèrement la tête, ne voulant pas affronter son regard lourd de sens. Maintenant que j'étais découvert, en plus, j'allais devoir rentrer au pensionnat ? Non ! Je ne voulais pas, en tout cas. Sans le vouloir, ou sans que je puisse réellement contrôler toutes les émotions qui m'envahissaient, deux larmes coulèrent de chaque extrémités de mes yeux. Il avait raison. J'avais des problèmes, oui, mais jamais je ne souhaiterai en parler. Il avait aussi tord sur la fin de sa phrase, puisque mourir aurait été la meilleure des solutions. J'aurai aimé être capable de lui crier dessus, pour lui faire comprendre quelle bêtise il venait de faire, dans son immense courage. Mais a voix restait bloquée, encore et toujours, et sans même essayer de parler, je savais que ce serait un nouvel échec. Alors je fis la seule chose en mon pouvoir. Je levai le bras gauche, afin de retirer sa main droite posée sur mon épaule, et fit de même avec l'autre. Je n'avais pas du tout envie d'un contact physique, qui me mettait bien plus mal à l'aise qu'autre chose. Trop proche de lui, je reculai d'un pas, et m'inclinai, le corps presque à la verticale. Il le prendrait comme un merci, une excuse ou une manière de lui montrer que j'étais reconnaissant, qu'importe, il était Japonais, il allait savoir se débrouiller avec ce genre de détail. Moi ? Je voulais juste qu'il parte en fait, qu'il parte et qu'il ne parle à personne bien sur, puisque pour l'administration du lycée, j'étais en Angleterre, bien loin de me faire sauvagement tué par un train à vive allure.

Après m'être relevé, je tournai légèrement la tête sur le côté, fixant machinalement une boite aux lettres, fixée de l'autre côté de la rue. J'haussai en suite les épaules, en guise de réponse à ses multiples interrogations. Il allait surement me demander pourquoi, m'indiquer comment m'en sortir autrement, mais à vrai dire, je ne savais même même, si je le voulais vraiment. Comme mon haussement d'épaule, j'étais totalement indécis, incapable de voir un quelconque avenir. Comment penser à continuer, si même en cherchant pendant des heures, il vous était impossible de vous voir dans dix jours, dans deux mois ou dans cinq ans. C'était tout à fait illogique de penser de s'en sortir dans ce cas. Non, moi, et depuis qu'il m'avait détruit, je cherchais simplement à survivre, ou à me laisser mourir, en y réfléchissant bien.

Ca y était. J'avais laissé surement assez de temps pour partir, et il devait avoir compris qu'il n'aurait pas de réponse de ma part. Peut-être pourrai-je le remercier un jour, ou je n'en aurai même pas l'occasion. Je ne pouvais savoir, j'allais juste reprendre le même rythme de vie de ces deux derniers jours. Il n'y avait toujours pas d'avenir sous mes pieds, comme si la route s'était arrêtée, sans prévenir, et qu'elle me laissait le choix entre la retrouver, ou me perdre et m'enfoncer un peu plus dans un bois sombre et lugubre. La tête de nouveau face à lui, mais toujours baissée, je le contournai, fourrant mes mains dans mes poches, reprenant ma route, comme s'il ne s'était rien passé, en quelque sorte.
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(#) Re: You might think I'm happy. [Libre]  Jeu 9 Déc 2010 - 23:49

J'avais l'impression de parler à un mur de pierre. Il restait là, debout devant moi, la tête baissée, ne disant rien. Je ne pensais pas qu'il soit sous le choc puisqu'il ne s'était pas retrouver sur la voie par accident, il devait surement réalisé que sa fin n'était pas encore arrivé et qu'il allait devoir vivre encore un peu avec le fardeau qui l'avait poussé jusqu'au suicide. Pourtant il pouvait s'en sortir, on le peut toujours. Il suffisait d'en parler à quelqu'un, de trouver des solutions pour résoudre ce problème. La solitude n'était pas du tout le bon choix car il y avait de fortes chances qu'il recommence à tenter un acte aussi désespérer. Pour éviter ça je voulais qu'il me parle, qu'il réponde à mes questions pour que je puisse l'aider. Mais rien. Lorsque des larmes commencèrent à couler sur ses joues je commençais vraiment à me sentir mal pour lui.

Néanmoins ce sentiment était partagé avec un sentiment de colère. Je n'étais quasiment jamais énervé et je ne cherchais pas à l'être mais là, s'il eu fallu lui mettre un bon coup pour le réveiller je l'aurai fait sans hésiter. Il n'avait aucunement conscience des répercutions que son suicide aurait apporté. Toute la douleur et la tristesse que sa famille ainsi que ses proches auraient eu à endurer à cause de cela sans même savoir pour quel raison il aurait fait ça. Ce n'était surement pas voulu et il ne s'en rendait pas compte mais ça le rendait égoïste. Je n'aimais pas ce genre de personnes, ne faisant que fuir les problèmes au lieu de les affronter, provoquant encore plus de souffrance que ce qu'eux même ressentaient. Malgré tout je n'allais pas lui crier dessus. Je l'avais fais une fois mais ce n'était pas du tout la solution. J'allais l'aider à s'en sortir, qu'il le veuille ou non.

Comme je l'aurai parié, Elliot préféra une nouvelle fois la fuite plutôt que de tenter d'affronter ses problèmes. Il me contournait, toujours la tête baissée pour surement éviter de croiser mon regard, et commençait à s'en aller. Je prie une grande respiration que je relâchai ensuite doucement dans un long souffle pour ensuite me retourner et le rattraper.

"Je suis désolé mais tu n'iras nul part pour l'instant et tu vas m'écouter. Je ne suis pas superman moi, je ne sauve pas les gens pour me barrer trente secondes après comme si de rien était, surtout quand je connais la personne que je sauve"

Je m'avançais pour me mettre devant lui, histoire qu'il ne continue pas de marcher.

"Et si cette raison est trop futile à ton gout je vais t'en donner une autre, je suis un égoïste. Si je te laisse partir maintenant dans cet état je suis quasiment certain que tu recommenceras à nouveau et je n'ai pas envie de me sentir coupable de ne pas avoir pu t'aider"

Lorsque l'on empêche une personne de faire quelque chose, il y a des risques que celle-ci s'énerve et se mette à vous criez dessus mais peu importe. Il pouvait me détester pour ce que j'avais fait, ce n'était pas pour ça que j'allais arrêter. De plus, ce que je venais de lui dire était tout à fait vrai. Certes mon but premier était de l'aider mais je ne voulais en aucun cas me sentir coupable pour n'avoir rien fait et de l'avoir laissé s'en aller. Seulement, même avec la meilleur volonté du monde, je ne savais pas quoi lui dire pour qu'il se décide à s'ouvrir et me parler, et je voulais encore moins qu'il se braque encore plus. C'était, en plus, dans des moments de stresse comme celui-ci que le manque de nicotine se faisait le plus sentir. Je mourrais d'envie de sortir une cigarette mais, ne sachant pas si Elliot était dérangé par la fumée ou pas, je préférai m'abstenir pour l'instant. Malgré tout ce bordel dans mon esprit, j'essayais de rester concentré le plus possible sur le jeune Anglais. Le pauvre n'avait même pas prit la peine d'essuyer les larmes qui avait perlé sur ses joues. Je lui tendis un mouchoir avec un sourire, essayant d'être le plus rassurant possible.

"Tiens, sèches tes larmes, les Anglais sont censé rester classe en toute circonstances non ?'


J'essayais de le faire sourire. Ce n'était pas vraiment la méthode la plus approprié en vue des circonstance mais c'était devenu presque une seconde nature pour moi de plaisanter et j'étais seulement doué pour réconforter les gens de cette façon.

"S'il te plait Elliot parle moi, raconte moi ce qui s'est passé. On ne se connait pas beaucoup mais je suis sur que je peux t'aider, ou au moins je le veux vraiment alors ne rejette pas mon aide. Laisse moi t'aider à porter ce fardeau qui t'accable."


Je restais devant lui, sans bouger. Il ne me regardait toujours pas dans les yeux mais s'il le faisait il verrait que je suis vraiment prêt à l'aider et qu'il ne pourrait pas se débarrasser de moi en me contournant une nouvelle fois.
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(#) Re: You might think I'm happy. [Libre]  Sam 11 Déc 2010 - 12:26

● On ne pouvait revenir en arrière.

Je n'avais vraiment pas l'habitude de pleurer. Non. J'avais toujours été tout en contenance, ne montrant presque jamais mes véritables sentiments aux autres, qu'il s'agisse d'une joie certaine et vive ou d'une tristesse lourde et affligeante. Pourquoi ? Surement qu'il n'y avait pas de réponse toute faite pour ce genre de chose. Je n'y voyais pas l'intérêt. Franchement, non. Si j'avais toujours été capable de tout régler seul, ou bien de me satisfaire d'un petit moment de d'allégresse, je ne voyais vraiment pas la nécessité d'en faire partager les autres. Les sentiments, que l'on pouvait avoir et ressentir, étaient bien plus que personnels. Et après tout, la plupart du temps, et même quasiment à chaque fois, il était impossible de se faire comprendre totalement de l'autre, de partager sa peine, ou sa joie. J'étais d'ailleurs souvent désœuvré, lorsque j'étais confronté à une personne expressive. Les enfants me faisaient peur, dans ce sens, puisqu'ils ne manquaient jamais d'exprimer leur ressentit, par leurs gestes, et surtout, par des expressions faciales plus que réussies. On ne pouvait pas non plus leur en vouloir, puisqu'ils manquaient cruellement de vocabulaires, incapables de présenter ce qu'il vivait, par de simples mots. Même les mots m'étaient superflus, en réalité. Et j'en avais vexé plus d'un. Surtout Edwin. Grand enfant dans un corps presque adulte maintenant. Mon manque d'expression, de réaction et mon trop d'introversion, l'avaient souvent énervé plus qu'ils n'auraient du. Il n'avais jamais compris, que même si mon visage restait neutre, je pouvais être fier de lui, quand il m'amenait les preuves de sa réussite scolaire, ou lorsque qu'il prenait le temps d'organiser une sortie entre frères, alors je me contentai juste de le suivre, pas tellement enclin à ce genre de futilités. Non, réellement, je n'étais pas de ceux qui exprimaient ce qu'ils ressentaient, et même là, alors que mon cœur avait cédé sur certains points, et que l'iceberg avait du fondre légèrement, je me sentais déjà me durcir à nouveau, comme si un vent glacé, avait tout remis à sa place. C'était mieux. J'en étais certain.

Bien sur qu'il ne me laissa pas repartir, et je n'eus pas le temps de faire plus de trois pas, que déjà, il revenait à la charge. Je ne pleurais plus, ou du moins, il ne restait que d'infimes traces de larmes sur mon visages, pratiquement toutes effacées par la fraicheur de la nuit. Étonnement, j'eus presque envie de rire, intérieurement. Pourquoi plaisanter dans un tel moment ? Surement que d'être confronté à la mort, de si près, et de l'avoir frôlé également, était une situation limite pour lui. Les excès menaient toujours à d'autres excès, et ici, Izaki-san avait du franchir une ligne. Un retour en arrière par un comportement totalement inverse, histoire d'être sur de s'éloigner le plus possible de l'horreur ? Surement. Je ne pouvais lui en vouloir, lui en tenir compte, comme je ne pouvais le remercier. Comment faire ? Je ne savais pas encore, s'il avait réellement bien agi. Il se trompait, dans tout les cas, je n'avais nullement l'intention de recommencer, tout comme mon geste n'avait pas été prémédité. Non, c'était venu comme ça, alors que tout avait été, presque miraculeusement, mis en place. Si l'occasion ne s'était pas présentée, alors je serai dans ma chambre d'hôtel, à cette heure là, bien loin de la nouvelle galère, sans laquelle je m'étais glissée.

Presque automatiquement, lorsque mes yeux mi-clos virent une masse prendre place devant mon propre corps, je détournai le regard, ne voulant en aucun cas affronter le sien. Ils bougèrent encore, quand des mots accompagnèrent les mouvements du Japonais. Je sortis ma main gauche de ma poche, et pris le mouchoir, restant sans bouger quelques secondes, indécis sur ce que je devais faire. Même un simple choix devenait difficile, et alors que ma main restait en suspend, elle décida d'elle même, ou obéit à un ordre caché, en s'abaissant tout doucement, comme si essuyer mon visage viendrait à reconnaître que j'avais faiblis.

Parler ? En quoi parlait pouvait-il m'aider ? Franchement ? Et pourquoi à lui, alors que nous fréquentions la même classe et qu'il croisait également l'autre.. Autant aller directement le clamer dans tout le lycée, au porte voix, afin que chacun puisse pleinement en profiter. De toute manière, je ne pensais pas, que d'en parler, pouvait arranger la chose. Après tout, que je mette, oralement, des mots sur ce qu'il m'était arrivé, ferait changer le passé ? Non. Jamais. Seul le futur pouvait être modifié, puisqu'il n'avait pas encore été touché par le temps, et qu'il n'était pas encore totalement figé. Là, même un miracle n'aurait pu m'aider à changer quelque chose. C'était peut être la première fois que je regrettais réellement un élément du passé, alors qu'avant, je faisais tout pour relativiser, et accepter, me convainquant que ce qui était fait, ne pourrait changer. On ne pouvait revenir en arrière, alors les regrets, et les remords ne servaient à rien. Ici, c'était juste que.. J'avais été détruit. Je n'étais pas dans un état assez stable, pour penser à m'en sortir, ou pour penser à quoi que ce soit de censé. Izaki-san était bien gentil, et surement que je le remercierai plus tard, par simple politesse, mais je ne pouvais pas en parler. Jamais. Non, c'était réellement in-envisageable. A tel point, que mon corps semblait en osmose avec mon esprit. Mes cordes vocales refusaient simplement de fonctionner, et j'avais du m'habituer, en deux jours, à être incapable de prononcer le moindre son, et surtout, le moindre mot. Lui en parler serait d'autant plus difficile, même s'il s'agissait là, d'une excuse bien appropriée.

Je fouillai donc légèrement dans la poche intérieure de ma veste, sortant un petit calepin, un fin crayon de bois attaché à celui-ci, par une ficelle. En temps normale, il me servait à noter mes idées pour mes devoirs, qui pouvaient me venir à n'importe quel moment, et être certain de ne pas les oublier. Là, il allait avoir une tout autre utilité, me permettant tout de même de m'expliquer, sans me faire comprendre. J'écris donc, hésitant sur les mots, ou plutôt les signes, à employer. Mon geste resta faiblement tremblant et incertain, comme si écrire ces quelques phrases, pouvaient laisser une trace réelle, de moi. Une fois que j'eus fini, et alors que j'avais du me relire une bonne vingtaine de fois, je lui tendis le calepin, sans pour autant le lui donner. Surement que j'en aurais encore besoin, et lui n'avait pas la nécessité de devoir écrire, il pouvait aisément parler.

/Je ne te demande rien, Izaki-san. Encore moins que tu doives t'alourdir de quoi que ce soit. Ces choses là me regardent, autant que tes propres soucis. Si c'est une promesse que tu attends de moi, pour soulager ta conscience, je te la ferai. Mais en aucun cas, je ne veux ton aide./

Après une bonne minute d'attente, et alors que je pouvais le fixer, puisque ses yeux se concentraient sur la lecture de ma réponse, je baissai à nouveau le regard, lorsque que le sien se leva de nouveau. Je ramenai mon bras le long de mon corps, attendant simplement sa réponse. Évidemment que j'avais du paraître encore plus distant, et surtout, bien trop sec et froid, mais les mots écrits avaient toujours plus de mal à être juste, et je n'étais plus réellement à ça près, en réalité. Il n'avait réellement pas eu de chance.
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(#) Re: You might think I'm happy. [Libre]  Mar 4 Jan 2011 - 0:31

J'étais peu être trop gentil. C'était à chaque fois pareil, lorsqu'une personne que j'appréciais un minimum avait un problème, je quittais mon côté cool, un brin je m'en foutiste pour devenir beaucoup plus inquiet, voir limite chiant. Je n'aimais pas voir quelqu'un malheureux, c'est comme si ça cassait mon monde ou tout va bien et on se soucis de nos actes qu'après. De ce fait je pouvais vraiment paraitre insistant voir agaçant lorsqu'il s'agit d'aider quelqu'un. Il ne fallait pas m'en vouloir, j'essayais vraiment de l'aider mais ce genre de chose n'était pas vraiment de mon ressort. D'ordinaire je lui aurais proposé d'aller faire la fête et de se bourrer la gueule pour oublier mais je me doutais bien qu'il n'était pas friand de ce genre de remède maison contre la morosité. Et puis la curiosité, le fait de vouloir connaitre le pourquoi de cette action, n'arrangeait pas vraiment les choses. Après tout, peut être était-ce mieux qu'il ne me dise rien. Ce n'était pas, de toute façon, en insistant de plus bel que j'allais arriver à quelque chose de positif. Tout ce que je pourrais faire c'est le braquer d'avantage. Une part de moi me disait de l'écouter et le laisser faire, il n'avait pas prononcé encore un seul mot, j'avais l'impression de parler à un mur mais en même temps une autre part de moi me disait de ne pas encore abandonner.

J'étais tiraillé, ne sachant trop quoi faire, le tout rythmé par un silence si lourd qu'il en était presque palpable. Mais la situation allait peut être se désamorcer un peu. En effet Elliot sortit un carnet et se mit à écrire dessus. C'était sans doute un message à mon égard, mais pourquoi ? Ne pouvait-il plus parler ? Était-ce le choc d'il y a cinq minutes qui avait provoqué ça ou bien tout simplement cela venait-il de ce qu'il ne voulait pas me dire ? J'en n'en savais rien et je ne le saurais probablement jamais mais j'étais sur que ce n'était pas juste parce qu'il ne voulait pas me parler, non. A mon sens, il était bien trop respectueux pour agir ainsi. Je le fixait tandis qu'il continuait d'écrire sur son calepin, attendant avec une certaine impatience le message qui allait m'être adresser. Une fois qu'il l'eut fini, il tendit le bras pour me montrer son message. Je m'empressais de le lire et commença à froncer les sourcils au fur et a mesure de la lecture. Ok je pouvais paraitre insistant et têtu mais lui l'était au moins tout autant. je me grattais la tête, tout en réfléchissant sur ce que j'allais lui répondre. Je n'allais tout de même pas lui balancer "Ok tu peux partir, bye bye". Ça voudrait dire qu'il aurait gagner et je ne voulais pas. Je n'allais plus vraiment le harceler sur ses problèmes mais ce n'était pas pour ça qu'il allait être débarrassé de moi pour autant, non mais. Je le fixait en affichant une petite moue ennuyée:


"C'est d'accord ... je me rend bien compte que tu ne me diras rien, néanmoins ce n'est pas pour ça que je vais te laisser comme ça. J'aimerai au moins te raccompagner jusqu'au pensionnat, ou même autre part si tu n'a pas envie d'y rentrer. Et comme ça durant le peu de trajet que nous ferons, on pourra essayer d'en apprendre un peu plus l'un sur l'autre. On fait d'une pierre deux coup, je t'aide d'une façon ou d'une autre a oublié tes problèmes durant un court instant et pour toi ça sera une façon de me remercier de d'avoir aider"


Je poursuivais avec un petit sourire en coin:

"Et ce n'est pas parce que tu ne peux pas parler que tu ne diras rien. Tu as ce magnifique carnet alors tu auras intérêt a t'en servir, quitte à écrire en anglais ça ne me dérange pas"

J'étais déjà un peu plus redevenu moi même. Évitant les soucis pour juste parler et faire mieux connaissance. J'espérais qu'a défaut de me voir encore insister il accepterait au moins de jouer le jeu. C'est vrai que je ne lui avait pas vraiment demander son avis mais il devait surement préférer parler de sujet plus futile plutôt que de ses problèmes. Je n'attendais pas qu'il se mette en marche pour commencer a lui poser des questions. Il allait se rendre compte, si ce n'était pas déjà le cas, que je peux parfois être un vrai moulin à paroles.

"Alors je commence à te poser une question, tu as des frères ou des sœurs ? Et si c'est le cas, est-ce qu'ils ont un peu la même personnalité que toi ou alors ils sont complètement différents ?"


Sur le coup je ne me rendais pas vraiment compte qu'il allait devoir écrire pour me répondre et qu'il ne pourrais surement pas écrire trois pages à chaque fois que je pose une question, mais le principale était qu'il me réponde.
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(#) Re: You might think I'm happy. [Libre]  Mer 5 Jan 2011 - 23:20

● Il m'en voulait ? Surement.

L'attente avait du être longue pour lui. Après tout, je m'étais permis de lui écrire beaucoup, ou du moins, de prendre mon temps pour le faire, dessinant les Kanjis pour qu'ils lui soient les plus lisibles possible, du mieux que ma main le pouvait. Parce qu'il commençait à faire froid. Et que d'écrire dans une telle condition n'avait pas été agréable. Bien entendu, là n'était pas la vraie raison, mais au moins, le tremblement léger de mes mains pourraient s'en être expliqués. Maintenant, c'était à moi d'attendre, bien que j'avais de quoi m'occuper. Les yeux fixés sur son visage, quand les siens s'étaient posés sur mon calepin, je cherchais ses réactions, j'essayais de déterminer où il pouvait en être, et quels mots allaient plus le marquer que d'autres. Bien sur, il s'en sortit pas avec un large sourire. C'était évident que non, et je n'entendais pas une telle attitude. Il m'en voulait ? Surement. Après tout, après avoir construit un solide mur, je me mettais à ériger une muraille. De tout les côtés. Comme celle qui protégé la chine des envahisseurs, je tentais de me protéger le plus possible, comblant les failles qu'il pourrait apercevoir. Mais comme n'importe quel édifice conséquent, il y en aurait, en dépit de ma volonté. Heureusement pour moi, j'étais assez introvertie, pour cacher ses failles, et les reculer le plus loin possible de ma longue et infranchissable muraille. Izaki-san n'aurait surement, ni le temps ni l'envie, d'atteindre mes limites. Soit. C'était un tout. Il lui restait quoi ? Se frustrer, partir et retourner à sa vie, tout en ayant une pensée compatissante en m'apercevant au pensionnat. Le Japonais devait penser que j'y séjournais toujours, d'ailleurs.

Mais non. Son regard se posa sur mon visage, à nouveau, et je détournai toujours le mien, cherchant un point de fuite bien plus rassurant que l'affrontement réel. Izaki-san avait compris ? Non, il ne pouvait pas comprendre ce que je ressentais. Personne ne le pouvait, ou alors, il n'avait pas assez d'éléments pour monter une hypothèse solide. Je ne voulais pas qu'il s'en fasse, qu'il élabore des théories, pour ensuite essayer d'agir en conséquence. Je voulais faire mon chemin seul, je ne voulais même pas repenser une seconde à me suicider. C'était une erreur, une grave erreur de jugement, qui, sur le coup, et à l'aide du chagrin, m'avait parue envisageable. Si l'on apprenait de ses fautes, alors je savais à présent que je ne voulais pas mettre fin à ma vie, si difficile allait-elle être. Non. C'eut était trop facile, et c'eut était trop lâche de ma part. J'étais Elliot Livingston, fils de l'une des plus grandes fortunes d'Angleterre, et j'étais même l'hérité de cette entreprise. Je ne valais décidément pas une telle fin. Non, vraiment pas.

Surement que je divaguais légèrement, me confortant avec des arguments pseudo réels, puisqu'une vie ne valait pas plus qu'une autre. Mais j'avais tant besoin de ce grand coup de fouet mental, pour ne plus jamais retomber dans cet état. C'était, un pas en dehors de la route, que j'allais devoir ré-emprunter aussi vite que possible. Quelque chose me fit tilter, dans son flot de parole, que j'écoutais d'une oreille. Il voulait me faire oublier mes problèmes ? Les camoufler simplement, en jouant au "comme si". Ce n'était pas vraiment une mauvaise idée, non, pas du tout même. Après tout, dès que j'étais contre, ou bien, dès que je n'étais pas content d'une décision de Père, j'intériorisais, me surchargeant de travail ou de lecture pour penser à autre chose. N'importe quelle activité était bonne et prenable. Même le sport. J'allais aux écuries, m'occupai de ma jument, et du poney d'Edwin, qui avait du mal à prendre soin de ce qu'on lui donnait, même quand l'affaire se révélait vivante, et donc, à conséquences. Bien entendu, je n'allais pas pouvoir m'occuper de Genièvre, tout comme Chocolate cake était bien trop loin pour l'emmener se balader toute une après midi dans les bois. Non, là j'avais Izaki-san, un autre humain, et par là, il pouvait répondre, interagir et serait bien plus exigeant qu'un animal de compagnie. Il pouvait également se montrer bien plus intéressant pour m'occuper l'esprit.

J'avais presque envie de répondre à son sourire même. Il exagérait à propos de mon carnet, qui était tout à fait banal. C'était juste le fait qu'il me permettait de communiquer un minimum encore, alors peut être devais-je le considérer plus. Soit. Tout en marchant, je m'empressais d'écrire à nouveau, tout en écoutant ce qu'il avait à me dire, encore. Je n'avais jamais cherché à me rapprocher des autres, et Izaki-san n'avait pas dérogé à la règle. Mais, je le découvrait bavard, presque trop même. Je pouvais même m'exprimer en Anglais ? Alors j'allais devoir utiliser des tournures simple pour qu'il les comprenne, bien que son niveau semblait plutôt bon, au cours de Moe-Sensei. Une fois que j'eus écrit ce que j'avais à dire, j'arrachais le petit bout de papier, pour lui donner, c'était bien plus simple ainsi.

/ C'est une idée, Isaki-san. Une bonne idée même, et je rentre à ma chambre d'hôtel, je tiens à m'éloigner du pensionnat quelques jours, j'espère que tu pourras garder cela pour toi. /

Il fallait ça aussi. Maintenant qu'il savait, il allait surement me chercher aux cours que nous avions en commun, et aussi, aller demander pourquoi je n'étais plus là. J'avais du mentir pour pouvoir m'évader quelques temps, et bien que la présence du Japonais ne me dérangeais plus, je n'allais pas le laisser m'enfoncer encore plus. S'il avait pu comprendre le reste, alors cette demande n'allait être qu'une formalité. Et le temps qu'il me lise, j'en profitai pour répondre à son enchainement. Il me questionnait sur ma famille. C'était vrai que j'en parlai peu, mais je parlais peu de tout. Ils me manquaient. Maintenant que j'y réfléchissais. Surtout Mère. Mère était toujours très douce et gentille avec moi, elle essayait même de modérer Père lorsque se trouvait trop strict, ou trop exigeant envers son fils ainé. J'essayais d'écrire le plus vite possible, puisqu'il attendait à présent. J'arrachais ensuite deux bout de papier, que je lui donnais dans l'ordre, pour qu'il ne se perde pas.

/ J'ai un petit frère, qui est mon opposé. Edwin. C'est un adolescent en crise, alors il est assez difficile à gérer. Sinon, j'ai également une petite sœur, Ellenor. Sa personnalité n'est pas encore bien définit, puisqu'elle est jeune encore, mais je pense qu'elle suivra le modèle de notre mère, ce qui est plutôt une bonne chose.

Et toi ? Les Japonais sont plus souvent des fils ou des filles uniques non ?/


C'était plus une croyance qu'autre chose, mais je savais bien que les pays asiatiques devaient recourir à des restrictions parfois barbares sur les naissances de leur pays. Le Japon était une Archipel, de surcroit, et il fallait donc faire attention à ne pas surcharger le pays, bien que cela soit difficilement contrôlable, de mon point de vu.
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(#) Re: You might think I'm happy. [Libre]  Sam 8 Jan 2011 - 15:42

    Je crois que si on m’avait balancé 2000 volts dans la gueule, j’aurais eu la même douleur.


    Depuis deux jours, Elliot Livingston était introuvable. Aucune trace de lui, ni à l’internat, ni en cours. Et quelque part, personne ne le cherchait activement. La rumeur disait qu’il était retourné en Angleterre chez sa famille. Aussi quand cela arriva aux oreilles de Yôma, ce dernier haussa simplement les épaules en disant que c’était bien dommage. Il ne se sentait nullement concerné par ce départ. Et pourtant, il en était le responsable. Il avait commis une horreur, un acte punis par la loi, une immondice qu’il ne réalisait même pas. C’était dire à quel point il était inconscient.

    Après cette fin de deuxième journée, quand les cours furent terminés, Yôma reçu une invitation pour sortir en ville. Il accepta, peu motivé, mais profita donc de cette petite escapade pour se faire la malle de son côté. Détour dans un bar, petit passage dans une boutique de mangas et jeux vidéos ; Yôma flânait sans grand but précis et se délectait simplement d’être tranquille. Et pourtant, cela n’allait pas durer. S’il était tout simplement resté dans sa chambre d’internat, sa vie n’aurait pas été ainsi bouleversée.

    Sur un skate qu’il avait piqué à un mec de l’internat, casque sur les oreilles, il vagabondait dans les rues et s’en allait en direction de coins moins fréquentés, qui se rapprochaient davantage de la campagne. Là où des trains passaient régulièrement. Le soleil finissait sa course dans le ciel et était en train de disparaître derrière une montagne, le ciel s’assombrissant au fur et à mesure. Yôma passa de l’autre côté des rails, et visita les lieux, un peu rêveur. Son humeur était plutôt bonne en fait, il se sentait l’âme d’un grand romantique ce soir. S’asseyant dans l’herbe, il profita des dernières couleur rosées du ciel avant que les étoiles ne commencent à apparaître. Non loin de lui, les trains passaient à intervalles régulières. Ses pensées se perdaient dans des souvenirs d’enfance qu’il avait passée dans la campagne. Le bon vieux temps. L’époque où il n’avait pas à subir le temps qui passe.

    Ce n’est qu’au bout d’un certain temps que Yôma finit par se lever. Skate sous le bras, il retournait vers le passage à niveau, à une bonne cinquantaine de mètres de lui. La musique était toujours à fond dans ses oreilles et crachait quelques bruits indescriptibles pour quiconque pouvait l’entendre. Mais il n’y avait personne dans les environs. Au fur et à mesure qu’il se rapprochait, Yôma distingua des formes qui elles étaient de l’autre côté. Bâillant, il ne remarqua pas de suite qu’une personne venait de se placer volontairement sur les rails. Le nippon se frotta les yeux et s’arrêta dans son chemin en grognant, ayant buté sur une pierre. Il releva alors la tête et aperçu enfin le jeune homme, blond, qui attendait en plein milieu. Sur le coup, Yôma ne compris pas. Il n’était pas en Angleterre celui-là ? Il s’avança un peu et voulu l’interpeller ; mais au loin, le bruit d’un train se fit entendre et ses phares pointèrent Elliot.

    Jamais, ô grand jamais, Yôma n’aurait pensé que quelqu’un puisse vouloir se donner la mort. Il n’aurait jamais imaginé qu’Elliot puisse le faire et ce deux jours après qu’il ait été abusé. Courant en direction du passage à niveau, le cœur battant à tout rompre, il s’arrêta soudainement quand le train lui bloqua vivement la route. Ses genoux flanchèrent et il tomba sur le sol, regardant le train et tous ses wagons défiler sous ses yeux. Est-ce qu’il avait réussi à s’échapper ? Est-ce qu’Elliot avait été percuté ? L’absence de sang dans les environs lui fit espérer qu’effectivement l’anglophone n’avait rien. Yôma attendit, encore, assis par terre, la respiration saccadée. Son cœur affolé ne perdit pas son rythme. Ce train était décidément interminable.

    Sa vue fut dégagée. Elliot allait bien, et un autre homme se tenait à ses côtés. Peu doué pour retenir les noms, Yôma ne chercha même pas à s’en souvenir d’ailleurs. Il regardait le jeune anglais, frêle et tremblant. Il avait voulu se suicider ; mais pourquoi ? L’esprit du nippon s’affola. Tout un tas de questions lui vinrent à l’esprit et le tiraillèrent de toute part, faisant même naître au coin de ses yeux quelques larmes tant sa peur avait été grande. Autant il était incapable de comprendre ce qu’était le bien et le mal, autant la mort était quelque chose qui l’effrayait énormément et qu’il ne voulait jamais rencontrer. Ce soir, il l’avait vue, il avait compris son impact sur la vie de ceux qui son témoins de sa puissance. Comme si elle avait voulu le punir pour ce qu’il avait fait, elle avait dirigé Yôma vers ce passage à niveau pour qu’il soit témoin des conséquences de ses actes. Le jeune homme trembla, un frisson d’horreur lui parcourant l’échine. Est-ce que c’était à cause de lui ? Est-ce que c’était lié à ce qu’il lui avait fait ? Son acte avait donc eu autant d’impact sur Elliot ? Il peinait à le réaliser, mais quelque part, il savait que c’était la vérité.

    Face à son propre immondice, Yôma voulu reculer. Il lâcha le skate et recula légèrement, sans parvenir à décrocher son regard du blond à lunettes. Puis, à force de prier pour qu’on le laisse s’enfuir, il réussi à se retourner et s’enfuit à toutes jambes dans l’obscurité des arbres voisins. Il couru à en perdre haleine, jusqu’à ce que le goût du sang lui vienne à la bouche tant il s’était épuisé. Là, il s’appuya sur un arbre et posa sa main sur sa poitrine, au niveau de son cœur, qui battait à une allure que jamais il n’avait connue. Le regard perdu sur le sol, il eut du mal à déglutir et peinait à respirer. Il se tint ensuite la gorge, douloureuse et sèche, avant de se laisser glisser contre l’arbre. Il ramena ses genoux contre lui et vint y enfouir son visage, ses bras les entourant.

    La culpabilité, c’était ça ? Avoir mal et s’accuser d’être à l’origine de la souffrance d’autrui ? Incapable de se calmer, il se remémora tout ce qu’il avait fait subir à Elliot. La logique prenait peu à peu place, et il comprenait que la douleur ne pouvait pas être seulement instantanée ; parfois, elle restait et consumait une personne de l’intérieur. Alors il se recroquevilla encore plus sur lui-même, ses doigts se crispant sur ses vêtements. Assumer ses actes, prendre ses responsabilités ; était-ce là ce qui l’attendait ? Non. C’était pas possible. Il ne voulait pas être responsable de cette tentative, ça ne pouvait pas être ça. Il y avait forcément autre chose.

    Lâche. Crétin. Yôma ne rentra à l’internat que bien plus tard et se fit sacrément sermonner ; mais il ne répondit pas et alla dans sa chambre. Il ne ferma pas l’œil de la nuit. Tourmenté par cet évènement, il ne savait plus quoi faire, ni quoi penser. Et si c’était vraiment sa faute ? S’il avait vraiment fait du mal à Elliot au point que ce dernier ne désire la mort ? Ne serait-ce pas alors à lui de payer le prix de son crime ?… Yôma, pour la première fois de sa vie, réalisait que ce qu’il faisait, c’était mal. Très, mal. Et la culpabilité qu’il aurait dû ressentir pendant des années fit son apparition seulement maintenant ; et bien plus grande que si elle avait été régulière.
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(#) Re: You might think I'm happy. [Libre]  Mer 26 Jan 2011 - 22:53

J'étais content de moi. J'avais enfin trouver un moyen qu'il s'ouvre un peu à moi. Certes notre discussion pouvait paraitre futile en comparaison de la précédente mais au moins cette fois-ci j'avais des réponses à mes questions. Et puis, étant de nature très sociable, j'avais toujours voulu connaitre un peu plus Elliot. Il était très cultivé et, en classe comme à l'extérieur, il parlait toujours poliment mais sans pour autant utilisé le vouvoiement à tout bout de champ, chose qui m'énerve souvent. Il faisait contraste avec mes amis qui étaient, pour la plupart, des gros fêtards ne vivant que pour l'alcool et les filles. Ça ne pouvait pas faire de mal d'être ami avec quelqu'un comme lui. De plus, étant d'origines différentes, il serait surement capable de m'apprendre pleins de choses intéressantes sur l'Angleterre, et pour ma part je pourrais lui apprendre deux trois trucs à savoir quand on réside au Japon. D'autant que l'Angleterre était un pays qui m'intéressais pas mal. Déjà parce qu'il était pour ainsi dire la patrie du Rock et aussi parce que la culture y était radicalement différente de la notre, au Japon. Tout ça pour dire que maintenant qu'il s'était mit à parler, ou plus exactement à écrire, je n'allais plus le lâcher. Il avait donc un petit frère ado et une petite sœur. Je souriais en l'imaginant se disputer avec son frère pour des bêtise ou bien jouer avec sa sœur qui devait surement être toute mignonne. Il me retourna ensuite la question en émettant une hypothèse qui était bel et bien vrai.

"Tu en as de la chance. Comme tu l'as dis, pas mal de japonnais n'ont qu'un enfant, voir deux, et moi je suis fils unique. J'aurai bien aimé avoir un petit frère ou une petite sœur, je me serais surement moins ennuyer par moment"


Car oui, dans mon enfance, j'étais souvent contraint de jouer tout seul, n'ayant pour seul compagnie qu'une baby-sitter qui se souciait plus de ses magasine de fille plutôt que de moi. Mais bon, je n'avais pas le choix étant donné que mes parents étaient souvent pas mal occupé par leur boulot. C'est d'ailleurs pour cette raison que je m'étais inventer un animal de compagnie imaginaire, pour éviter de m'ennuyer tout seul. Je me grattais le menton et je me demandais quelle question j'allais lui poser maintenant. J'avais envie de parler du pourquoi de son arrivé à Kobe High School mais c'était peu être quelque chose de privé alors dans le doute j'ai préféré m'abstenir.


"Tu es passionné par quelque chose en particulier ?"

Je l'imaginais bien féru de lecture. Enfin, disons plutôt que je ne le voyais pas vraiment être amateur d'un autre hobbies que celui là. C'était peu être qu'un préjugé car c'était un bon élève mais je ne l'imaginais pas par exemple faire du sport. Je pensais également à la musique, qu'il pouvait peut être jouer d'un instrument tel que le piano ou bien le violon mais c'était plus mon côté musicien qui espérait cela. En effet j'étais toujours content de parler musique avec un musicien car celui ci comprenait au moins autant que moi le bonheur qui nous est procuré lorsque l'on joue. Mais pour son bien je pensais qu'il valait mieux qu'il ne soit pas trop porter sur la musique, sinon j'allais encore plus parler et il ne supporterait surement pas ça très longtemps. Vraiment je prenais plaisir à parler avec lui et j'espérais que ça allait duré encore un petit moment. Plus son hôtel était loin mieux ça serait.
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(#) Re: You might think I'm happy. [Libre]  Jeu 10 Fév 2011 - 14:32

● Heureusement qu'il y avait eu la cuisine.

Et l'on avait même accéléré le pas, presque à regret. Les rues défilaient et mon absence de voix n'aidait pas vraiment à faire avancer la conversation. Je devais écrire, lui donner, il devait lire et réfléchir à une réponse. Je dois avouer qu'il fallait faire preuve d'une certaine patience, pour le supporter à la longue. Et comme je l'avais supposé, Izaki-san avait été un enfant unique, trouvant certainement du réconfort avec les autres enfants, quand il eut l'âge d'aller en maternelle, puis de commencer son cursus scolaire. Personne ne devait être fait pour être totalement seul, certaines personnes se voulaient bien moins sociales que d'autres, moi le premier, mais c'était vraiment impossible de ne côtoyer personne, sans en sentir un réel manque. Même pour moi, moi et ma fichu tendance à me ficher des autres, à penser qu'il est bien plus distrayant, intéressant et didactique de rester dans mon coin, à lire, à apprendre ou à faire des expériences sans l'aide des autres. Je n'avais jamais vraiment cherché la présence des autres, mais je ne disais pas non à ceux qui osaient s'approcher, la plupart du temps. Et puis, c'était souvent eux qui ne voulaient pas, eux qui abandonnés bien vite devant la froideur de mes réponses et la neutralité de mon visage. Il était certain que j'étais de ces personnes introverties, que je n'étais pas du genre à tout partager ni à m'esclaffer pour un rien.. Et pourtant, j'aimais tout autant ces petits moments intimes passés avec d'autres personnes, à échanger simplement, à parler, à discuter et à en rire, peut être. J'étais surement trop exigeant aussi, cherchant toujours à m'entourer des gens les plus calmes, les plus posés, les plus réfléchis. Être avec des personnes partageant le même caractère était bien plus facile à gérer de toute manière, et j'avais beau essayer de faire des efforts, je ne parvenais pas encore à gérer ceux qui ne vivaient que par l'action, qui ne réfléchissaient pas avant d'agir, qui n'envisageaient pas toute les conséquences possibles à leurs actes. Leur liberté de faire m'effrayait, autant que je pouvais l'envier.

Des passions ? Bien entendu, des inavouable même. Ou du moins, il ne m'avait jamais été véritablement possible d'en profiter pleinement. Comme un bon premier fils, j'avais toujours du m'intéresser aux bonnes choses établies par Père. La lecture, l'art et les bonnes manières. Le reste restait de l'amusement, et je n'avais jamais vraiment pu me passionner de quelque chose, quand Edwin avait eu une dizaine de collection différence, allant du timbre à la recherche des pièces du monde.. Non, pour son premier né, c'était bien trop futile, et cela aurait certainement gâché mon précieux temps d'enfant. Même quand j'avais des moments de détentes, je devais toujours faire en sorte de l'utiliser à la manière de père.. Comprendre le fonctionnement d'une voiture plutôt que de faire bêtement rouler sa miniature sur le parquet, ou bien dessiner des portraits de famille, bien comme il le fallait, pour que Mère puisse montrer à ses amies à quel point j'avais été bien élevé et que cela se ressentait même sur mes croquis incertains d'enfant. Je n'avais pas le droit au singe qui volait, à la mer qui se voulait au dessus du niveau de la terre.. Non, tout devait être réaliste, poli et guilleret.

Heureusement qu'il y avait eu la cuisine. Ou plutôt, la pâtisserie. Je n'avais jamais réellement su pourquoi, mais c'était un réel plaisir pour moi de préparer ces desserts sucrés, de les faire partager, de m'améliorer encore et encore sur la préparation et le goût. Il avait été certain que Père ne l'avait pas vu venir d'un bon œil, mais cet art culinaire demandait une telle rigueur, qui avait fini par s'y faire, appréciant aussi grandement de goûter le résultat de mes expériences. J'allais donc parler de ça, puisque c'était ma seule réelle passion. Reprenant mon calepin, la tête à nouveau baissée sur ce dernier, j'écrivais à nouveau, rapidement, négligeant même quelques mots pour être sur de ne pas le faire patenter trop longtemps. Une fois fini, je lui donnais mon écris, comme il devait en avoir pris l'habitude.

/ La pâtisserie. Cela semble étrange venant de moi non ? J'aime énormément cuisiner, et faire partager ce qui peut en résulter. J'aime les odeurs, les gouts et les différentes saveurs, j'aime faire de mon mieux et chercher à avancer la dedans, je dois dire que depuis mon premier dessert, j'ai eu le temps de bien apprendre les techniques. /

Et puis, relevant la tête alors qu'il lisait, j'aperçus mon hôtel, assez rassuré d'y être enfin parvenu. Izaki-san ne me dérangeait pas, au contraire même, mais mes jambes étaient encore faiblement secouées par ce que j'avais fait, et je restai légèrement fébrile, même si je m'efforçai de paraître normal à ses yeux. Il me fallait du repos, et même mes yeux commençaient à vouloir se fermer tout seuls, m'obligeant à cligner de temps à autre et à me forcer mentalement à ne pas bailler. C'était assez étrange de constater qu'une telle chose avait-pu être aussi éprouvante... Peut-être pourrai-je passer une bonne nuit, et ne pas être réveillé par des cauchemars improbables et dérangeants. Dans tout les cas, je n'allais pas mettre des heure à trouver le sommeil, je l'espérai. Mon corps réclamait du repos, et mon esprit semblait aller dans son sens, trouvant que mes réflexions vaines devaient cesser pour aujourd'hui. Demain allait-être un autre jour, plus difficile, puisqu'à cause de ma rencontre, j'allais surement prendre la décision de rentrer au pensionnat. Je devais donc avoir le force physique nécessaire, qui comblerait celle mentale qui me faisait défaut depuis un certain temps.

Écoutant la réponse de mon camarade, je m'empressai également de reprendre mon calepin, mais yeux faiblissent légèrement à mesure que ma phrase s'écrivait sur le papier.

/C'est ici que je séjourne. Et je pense ne pas tarder avec toi ce soir, j'espère que tu m'en excuseras. Je te remercie de l'aide apportée et m'excuse de l'inutilité de mon acte. Sérieusement Izaki-san, ça ne se reproduira pas./

C'était aussi une manière de le rassurer, puisqu'il pourrait croire que j'allais me débarrasser de lui pour faire une autre connerie du genre. Mais non, je ne voulais pas, et comme je lui avais promis, c'était la seule et unique fois de ma vie où j'avais pu être aussi faible. Le reste ne pourrait être qu'une remonter de la pente, donc une amélioration. C'était encourageant n'est-ce pas ? A peine. Pour moi, presque plus rien ne l'était, et il allait m'être difficile de trouver une réelle raison de continuer mon existence comme avant, de me trouver un but auquel m'accrocher. Je le saluais une dernière fois, bien poliment, restant courbé plusieurs secondes pour lui prouver ma reconnaissance. Izaki-san n'allait plus pouvoir être un camarade de classe comme un autre, il avait une partie de moi avec lui et allait faire parti de ma vie, bien plus activement que je n'avais pu l'imaginer.. si je l'avais imaginé. Soit, je le laissai donc et rentrais dans ma chambre, allant directement vers le lit pour m'y reposer, m'endormant en quelques minutes seulement.
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