Partagez | 
 

 Maladresse et... catastrophes. [Eisaku] [TERMINÉ]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Invité
« Invité »
(#) Maladresse et... catastrophes. [Eisaku] [TERMINÉ]  Sam 11 Déc 2010 - 17:57

Un timide rayon de soleil filtrant à travers les rideaux se dépose délicatement sur mon visage, plus précisément sur mes yeux, ce qui à pour conséquence de détruire le monde des rêves dans lequel j’étais si bien. J’ouvre mes yeux au regard orangé et regard autour de moi, perdue. Le soleil écorchant mes yeux, je tente de me protéger en plaquant ma main sur la moitié supérieure de mon visage, tout en gémissant. Le réveil n’avait jamais été une chose facile pour moi. Je tente donc de me rendormir en m’enfouissant sous mes couvertures, mais rien à faire : je suis définitivement réveillée. En grognant, je rabats mes couvertures à mes hanches et fixe le plafond, n’ayant aucune idée de quoi faire maintenant. Je n’ai aucune envie de me lever, et aucune envie de dormir. Non mais quel dilemme… Je soupire et après 10 minutes, je finis par me décider à me lever.

Prenant toute l’énergie à ma disposition, je me donne une poussée avec les bras après m’être assise au bord du lit et me retrouve debout au milieu de la chambre. Je remarque alors que mes 4 autres colocataires dorment encore confortablement dans leur lit. Perplexe, je regarde l’heure. QUOI? IL EST JUSTE 8 HEURES DU MATIN!?

Découragée, je résiste de toute mes forces pour ne pas me recoucher et décide d’aller prendre ma douche, histoire de me réveiller. Car il faut dire que c’est loin d’être mon genre de me lever à cette heure, surtout un samedi matin, alors que la plupart du temps j’avais lu toute la nuit, comme il avait été le cas hier. Je vais prendre mes choses pour la salle d’eau, et bien sûr je m’affale de tout mon long sur le sol en m’enfargeant dans un T-shirt trainant sur le sol entre-temps, arrachant un gémissement de la part d’un de mes colocs. Je sors de la chambre précautionneusement, fermant doucement la porte derrière moi. Alors que je me retourne je passe à 2 doigts de foncer dans quelqu’un qui passe devant ma chambre, mais je réussis à m’arrêter juste à temps. Surprise, je me dis que ça va peut-être être une bonne journée sans trop de maladresse aujourd’hui! Mais toutes mes espérances sont détruites lorsque mon bras se frappe durement contre le coin du mur alors que je me mets à marcher en direction de la salle d’eau. Finalement, ça risque d’être une journée infernale…

Cette conviction se fortifie lorsque, une fois dans la douche, je confonds les poignées pour contrôler l’eau. Je suis sûre que j’ai réveillé tout l’étage en poussant un cri perçant alors que l’eau glacé rentre en contact avec ma peau. Et je n’arrange pas mon cas lorsque, trop pressée de stopper cette douche froide, je m’ébouillante en tournant au fond la poignée pour l’eau chaude. Maintenant j’en suis plus que sûr. Je vais probablement mourir d’une de mes maladresses aujourd’hui.

Une fois sortie de la douche, je m’habille avec mon style bien à moi : Un T-shirt manches longues à l’effigie de Mickey Mouse, des shorts aux bords usés, des bas montants jusqu’aux genoux, des converses noires. Je rassemble ensuite mes cheveux en une toque lâche en arrière de ma tête après les avoir sécher au séchoir évidemment. Je sors ensuite de la salle d’eau, et je suis plutôt surprise de voir que je ne suis pas la seule à être levée, et qu’il y à même beaucoup d’activités! La salle commune commence lentement à se remplir, les élèves circulent dans les couloirs, et les surveillants ont même commencé leur ronde, et tout ça malgré le fait qu’il doit être environ 9 heures le matin. Je regarde toute l’activité naissante en ce début de journée et je souris, savourant pour la millionième fois le bonheur d’être sortie de prison après 16 ans de captivité. Jamais je n’avais autant apprécié la vie, et je savais pourtant que demain j’allais trouver le moyen de l’apprécier encore un peu plus. Je ferme un peu les yeux, me laissant caresser par le soleil de mai passant au travers de la fenêtre et me disant que même si j’allais probablement mourir de maladresse aujourd’hui, c’était tout de même une belle journée!

Je me rends à ma chambre, fonçant dans 2 ou 3 personnes au passage, y dépose mes affaires en faisant bien attention encore une fois de ne pas réveiller mes colocataires qui dormait encore, bien évidemment, et je ressors en vitesse de là, avant de faire un vacarme fou en fonçant dans quelque chose. Je me rends ensuite à la cafétéria, passant proche de me prendre une commotion cérébrale en descendant les escaliers. Je songe sérieusement à proposer à l’école d’avoir des ascenseurs au lieu d’avoir des marches, mais je recale ce projet en réalisant que je trouverais sans aucun doute le moyen de rester prise dedans et de mourir de faim avant qu’on vienne me secourir. Enfin à destination, je commande ma nourriture, que la madame derrière le comptoir me dépose dans un cabaret, et elle me le tend.

Je m’empresse de le prendre, et me retourne vers les chaises et les tables destinés aux mangeurs. Je les regarde, peu inspirée, et mon regard tombe sur une fenêtre, donnant sur l’extérieur ensoleillé. Pourquoi ne pas manger dehors? Sûre de ma nouvelle résolution, je me dirige vers la sortie de la cantine sous les cris de la madame derrière le comptoir qui m’ordonne de ramener le cabaret sinon elle me retrouverait et je le payerai cher… Et voilà, j’ai trouvé la cause de ma mort aujourd’hui : je vais oublier de ramener le cabaret et la madame allait me tuer dans un coin sombre. Toute souriante, je me retrouve dans les corridors, cherchant une sortie vers l’extérieur.

Je marche lentement dans les couloirs, cabaret à la main, posant mon regard orangé sur les portes de classe que je croise, pour voir s’il s’y passait quelque chose ou non. Bien sûr, étant samedi matin il n’y avait pas grand monde, mais il arrivait parfois qu’il y ait des gens, surement des clubs ou un truc comme ça. Alors que je pose mes yeux sur une classe vide, ce qui devait se produire arriva : je fonce dans quelqu’un, qui devait être aussi déconcentré que moi pour ne pas me voir, et je lâche mon cabaret sur cette personne. Horrifiée, je vois une personne à terre recouverte de la nourriture alors que je suis miraculeusement encore debout et sans aucune substance sur moi. Je plaque mes mains sur ma bouche et me fond en excuse :

« Je suis VRAIMENT désolé! Je n’étais pas concentré, je te jure que je ne t’ai pas vu! Excuse-moi! Oh non… »

Et alors que je me penche vers cette personne, je trouve le moyen de glisser sur une flaque de thé, thé qui était dans une tasse sur mon cabaret quelques secondes plus tôt, et je tombe avec un court cri sur la personne toujours au sol.



Dernière édition par Sei Yamada le Lun 27 Déc 2010 - 21:35, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité
« Invité »
(#) Re: Maladresse et... catastrophes. [Eisaku] [TERMINÉ]  Sam 11 Déc 2010 - 19:34

L’aube pointait à peine le bout de son petit nez à la fenêtre. Et pourtant… pourquoi est-ce qu’il faisait aussi clair dans cette chambre ? Les paupières d’Eisaku papillotèrent sous la clarté que laissait entrer la fenêtre malgré les rideaux rabattus. Manque de bol jusqu’au bout, hein ! Même le soleil venait le déranger ! Mais le jeune homme avait les membres lourds, si lourds que décidément non il n’avait guère envie de sortir de sa torpeur. Il poussa un bref soupir et se retourna en s’emmitouflant un peu plus dans ses couvertures. Sa tête heurta abruptement le mur qui jouxtait son lit et il étouffa un grognement de douleur. Son oreille capta le bruit de plusieurs respirations lentes et régulières : ses colocataires dormaient encore. Tant mieux ! Mais un pépiement strident chantonna gaiement à ses oreilles dès que son propriétaire se rendit compte que son maître s’était réveillé. C’est vrai, il avait oublié la nouveauté de l’année. Eisaku adressa un coup d’œil meurtrier au volatile qui pépia de plus belle tout en soutenant son regard assez gauchement. Quelques secondes interminables s’écoulèrent ainsi dans un soudain silence inquiétant.

« Très bien, je me lève ! » grogna l’adolescent, vaincu, en s’extirpant de ses couvertures et de son lit à contrecœur.

En fait de nouveauté, son père avait finalement consenti à ce qu’Eisaku emporte son canari avec lui puisque le règlement intérieur de l’école n’interdisait pas les animaux domestiques de ses pensionnaires. Et vu que le jeune homme s’en était sorti sans trop de pépins à ses examens, ben… une récompense valait mieux qu’une remontrance paraît-il. Le canari avait donc rejoint la chambre de son bienheureux propriétaire dès le début de l’année pour sa plus grande joie… et son plus grand dam. En effet, l’oiseau ne cessait de le réveiller aux aurores chaque matin et ne se gênait pas pour chanter jusqu’à ce que quelqu’un vienne le câliner. Ce qui n’était pas toujours du goût de ses colocataires… m’enfin bon. Eisaku se leva donc, ouvrit la cage pour laisser le volatile se dégourdir un peu les ailes et lui donner à manger et à boire. Kaze – le canari – voletait joyeusement dans la pièce en allant se percher sur les armoires et les montants des lits. Il vint également mordiller copieusement les doigts de son propriétaire avant d’accepter de retourner dans sa cage à sautiller sur ses perchoirs. Le jeune homme soupira d’aise en observant les nouvelles coupures provoquées par le bec peu délicat de l’oiseau, puis regarda l’heure : huit heures et demie. Il prépara son nécessaire de toilette et sortit de la chambre pour prendre sa douche matinale. Une fois lavé, séché, habillé et coiffé, il descendit les marches pour aller prendre son petit-déjeuner. Enfin descendre… disons plutôt qu’il rata une marche, ce qui lui évita de perdre son temps pourrait-on dire. Il en était quitte pour une autre belle bosse…

Eisaku s’était habillé de façon assez simple comme à son habitude : une simple chemise en coton de couleur vert pomme, un jean délavé et une paire de baskets blanches à stries noires à demi dissimulées par la longueur du jean d’ailleurs. Et cette fois, il avait fait attention à ne rien perdre durant sa descente : pas de bouton manquant, pas de chemise placée étrangement, poches du jean non retournées. Oui, il fallait vraiment faire attention à tout. Perdre un bouton et paraître pour un violé ou un clochard, ça suffisait une fois dans sa vie. Pas deux ! Enfin qui sait...

Le jeune homme avait donc réussi à descendre le pic de l’impossible – Ndla : les escaliers – et se trouvait en bas des marches. Son estomac le rappela à l’ordre : l’heure du petit-déjeuner. L’étudiant se démena pour repérer le bon couloir qui mènerait à la cantine mais… se trompa. Il avait beau être là depuis un an, ça ne l’empêchait pas de continuer à se paumer. Il n’existerait pas qu’il faudrait l’inventer ! Bref, après un bon quart d’heure de recherche, il réussit à repérer une bifurcation et l’emprunta en sentant la bonne odeur de nourriture en émaner. Cette odeur lui fit parcourir d’autres couloirs qui donnaient sur des salles de classe. Non ! Sa bévue l’avait-elle amenée aussi loin ? Il soupira de lassitude et poursuivit son chemin, longeant les salles vides à cette heure et sûrement encore vides jusqu’à la reprise des cours. Concentré sur l’odeur de nourriture qui lui aiguisait l’appétit, Eisaku se laissa emporter par la rêverie. Ce qui fut une erreur fatale : il sentit un choc contre sa poitrine le projeter en arrière et se retrouver le cul par terre. Premier choc. Et juste au moment où il levait les yeux pour savoir ce qui s’était passé, le deuxième choc : un plateau tintant et trébuchant lui tomba sur la tête, déversant tout son contenu sur lui, ses habits et sur le sol. Ses cheveux dégoulinaient, baignés par il-ne-savait-quelle-substance, ses doigts trempaient dans quelque chose de mou et de relativement spongieux et une assiette lui dégringola du sommet du crâne pour venir s’écraser sur ses genoux, lui causant une douleur supplémentaire. En quelques mots : Eisaku venait de toucher le fond de la malchance.

Il réussit enfin à lever les yeux et ce qu’il vit aurait rendu ses joues écarlates de honte s’il n’avait pas automatiquement fermé toute trace d’émotion de son visage. Seule scintillait dans ses yeux une lueur d’incompréhension et de surprise totale. Des cheveux mauve foncé tirant sur le rouge foncé encadraient un visage rond, délicat dont les deux grands yeux orangés le fixaient d’un air désolé et profondément contrit. Eisaku observa même quelques ecchymoses orner ce visage féminin tout en se demandant s’il s’agissait d’une sportive – une karatéka peut-être ? – ou si c’était seulement un coup de la malchance pour elle aussi. Et c’est alors qu’elle ouvrit la bouche pour déblatérer un flot d’excuses d’une voix précipitée sans même reprendre son souffle, faisant presque tourner la tête d’Eisaku sous le flot d’informations assez important.


« Ce… Ce n’est pas g… »

Il fut interrompu lorsque la jeune fille se pencha vers lui et… glissa sur une flaque liquide de couleur dorée qui avait inondé le sol. Et la chute fut d’ailleurs assez brutale : la jeune fille en question, cause de tous ses maux, s’abattit de tout son poids sur lui, lui écrasant l’estomac et lui broyant presque la cage thoracique sous le choc. Eisaku en eût le souffle coupé et dût s’y reprendre à plusieurs fois pour reprendre un tantinet sa respiration. Il étouffa une exclamation de douleur, agrippa sa camarade par les épaules et l’écarta de lui, en tentant lui-même de se relever. Manque de bol toujours, le liquide était toujours aussi traître et son pied dérapa à nouveau, se pliant sous son poids. Le jeune homme étouffa un profond juron indigne aux chastes oreilles et s’efforça de paraître calme, très calme.

« Tout va bien… Tout va merveilleusement très bien… »

Mis à part qu’il était couvert de thé et de nourriture brûlante de la tête aux pieds et qu’il était sans doute bon pour une entorse s’il essayait encore de se dépêtrer de cette situation, et qu’en plus il y avait un témoin à la clé. Certes un témoin pas plus chanceux que lui mais un témoin tout de même. Bon, sauver la face, sauver la face…

« Bon écoute, va falloir qu’on s’y mette à deux si on veut se sortir de ce pétrin. Enfin… si tu n’y vois pas d’inconvénient majeur. »

Qui sait, il était peut-être encore tombé sur une spéciale avec sa chance toute coutumière. Physiquement elle l’était sans aucun doute, mentalement… he didn’t know. Sa voix avait pris une tournure un peu hésitante à la fin de sa phrase et le jeune homme espérait vraiment que son bégaiement n’allait pas pointer le bout de son nez maintenant. La situation était déjà suffisamment gênante comme ça.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
« Invité »
(#) Re: Maladresse et... catastrophes. [Eisaku] [TERMINÉ]  Sam 11 Déc 2010 - 21:46

Légèrement sonné, je lève la tête et rencontre une paire d’yeux marron clairs, presque rouges. Surprise, je reste immobile, malgré la douleur irradiant de mon poignet sur le quel je suis tombée, et j’observe cette couleur peu habituelle qui me fascine. Bon, faut bien dire que ma couleur orangée qui orne mes iris est loin d’être quelque chose qu’on voit souvent, mais quand même! Je note alors les mèches d’un violet très foncé ainsi que visage neutre, exprimant tout de même une pointe de surprise. Moi, mon visage exprimait carrément l’ahurissement : mais qu’est-ce que je fous par-dessus lui??? Je me rappelle alors d’être glissée le thé et d’être tombée tête première sur l’inconnu, alors que je m’apprêtais à l’aider à se relever. Mouais… bah la prochaine fois je vais garder mes bonnes intentions pour moi, comme ça je vais arrêter de blesser les gens…

Je suis ramenée à la réalité lorsque le jeune homme en dessous de moi retient une exclamation de douleur et qu’il m’agrippe les épaules et tente de se relever tout en m’écartant de lui. Comprenant sa démarche, je vais pour me relever moi-même lorsque le jeune homme retombe sur le sol, me faisant tomber moi aussi par le fait même. Par réflexe, je tends mes bras et les mets de chaque côté de l’inconnu, histoire de ne pas lui retomber dessus une autre fois. Mais mon poignet, déjà fragile depuis ma première chute, émet une onde de douleur qui me fait grincer des dents. Je sursaute, autant à cause de la douleur qu’à cause du juron de l’inconnu, et retire rapidement mes mains du sol et m’assois par terre, sans tenir compte de la nourriture.

Le jeune homme me dit que tout va très bien, mais je n’en crois pas un seul mot. J’avais bien senti sa jambe se dérober sous lui, il devait bien y avoir eu une blessure quelque part lorsqu’il avait essayé de me tasser. Je le regarde, pensive, mais décide de ne pas répliquer. Jamais, pour rien au monde, je ne dirais que je suis blessée. Alors je ne vais certainement pas faire avouer aux autres qu’ils le sont! C’est alors que l’autre prend la parole :


« Bon écoute, va falloir qu’on s’y mette à deux si on veut se sortir de ce pétrin. Enfin… si tu n’y vois pas d’inconvénient majeur. »

Je le fixe quelques secondes de mon regard orangé avec une certaine surprise. Puis, j’éclate doucement de rire.

« Si moi je vois un inconvénient majeur à essayer de trouver un moyen pour ne plus me rouler dans mon petit-déjeuner? Nan t’inquiète je suis tout à fait d’accord! »

Je lui souris, comme je le fais toujours, et observe les alentours. Il n’y a pas un chat dans le couloir, c’est déjà ça! Sans plus attendre, je me mets à 4 pattes, m’enfin à 3 pattes car je garde mon poignet blessé replié contre moi, sur le sol et me mets à marcher d’une démarche bizarre plus loin, là où il n’y as pas de nourriture glissante qui veut ma mort! Bon, j’avoue que j’ai l’air attardée à marcher à 3 pattes, mais c’est ça où essayer de me relever dans la zone dangereuse et prendre une chance de me casser une jambe. Je préfère donc avoir l’air bizarre. Une fois plus loin, je me relève en appuyant ma main non-blessée et pleine de riz sur les casiers. Une fois debout, je m’étire brièvement, ma chute ayant agrandi ma collection d’ecchymoses de la semaine.

Je me dirige ensuite vers le jeune homme, maintenant assis au milieu de la nourriture, et lui tend ma main droite, gardant l’autre main, plus douloureuse celle-là, derrière moi. Je me campe bien sur mes 2 pieds et l’aide à se relever. Lui tenant toujours la main, nous nous éloignons de la zone pleine de nourriture et le relâche ensuite. Je l’observe encore une fois, cette fois-ci de la tête au pied, et remarque qu’il est aussi grand que moi avec mon 1 mètre 70. Je remarque ses vêtements plus normaux que les miens, mais qui se ressemble étrangement, avec toute la nourriture éparpillée sur nos 2 accoutrements. Je souris et, sans aucune gêne, lui ôte un grain de riz sur la joue. Je lui souris d’un air désolé.

« Je suis tellement désolé! Tu veux un dédommagement? Genre prendre un thé et me le verser dessus? Laisse-moi au moins te donner une serviette pour ôter toute cette nourriture! »

Puis je laisse mon regard dérivé tandis qu’il me répond. Puis soudainement, je vois le cabaret de mon petit-déjeuner traîner un peu plus loin. Je sursaute violement en me souvenant des remontrances de la cuisinière. Aussitôt, je me précipite pour prendre le cabaret, passant à un cheveu de me retrouver sur le sol encore une fois. J’empoigne ensuite l’inconnu et l’entraîne avec moi jusqu’à la cantine. Une fois arrivé, je prends le cabaret et le dépose brusquement en avant de la dame qui me regarde bizarrement, moi et le jeune homme. Faut bien dire qu’on est couvert de bouffe de la tête aux pieds… À bout de souffle, je trouve quand même le moyen de prononcer :

« Et voilà… j’ai… j’ai ramené ce foutu… cabaret! »
« Tu aurais pu le ramené à la fin de la journée ma jolie, cela n’aurais pas fait de différence tu sais! » me répond-t-elle d’une voix bourrue.

Je lui jette un regard noir et lui tourne le dos. Je rencontre alors le regard de l’inconnu. J’éclate de rire, ce qui ne m’aide pas à respirer normalement. Quelques secondes plus tard, je reprends mon calme et prend une grande inspiration.

« Désolé pour la course, c’est juste que si je ne ramenais pas mon cabaret, la cuisinière allait me tuer dans un coin sombre. »

J’entends un soupir derrière moi et j’ai toute les peines du monde à ne pas rire de nouveau, me contentant d’un large sourire.

« Je suis Sei Yamada! Et toi? »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
« Invité »
(#) Re: Maladresse et... catastrophes. [Eisaku] [TERMINÉ]  Dim 12 Déc 2010 - 19:51

Eisaku se retrouvait pour la deuxième fois de la journée dans une position gênante. Entre nous, il en avait l’habitude depuis le temps. Le fait est qu’il y avait une fille dans cette histoire-ci. Et il ne pouvait s’empêcher de la dévorer du regard, leurs nez se touchaient presque tellement leurs positions respectives les avaient rapprochés. Et malgré sa tentative d’écartement, Eisaku avait empiré les choses. Elle était près, trop près, beaucoup trop près de lui. Heureusement, elle s’appuyait sur ses mains cette fois-ci et ne reposait plus de tout son poids contre sa poitrine et son ventre. C’était déjà ça de gagné. La bouche de la jeune fille se tordit et elle se recula pour retomber sur son postérieur. La tête du brun venait de lui faire horreur ou quoi ? Elle avait l’air de prêter attention à son poignet, s’était-elle blessée dans sa chute ?

Plus urgent : se sortir de cette mélasse. On s’occuperait des petits bobos plus tard. Eisaku avait proposé à son interlocutrice maladroite et quelque peu gaffeuse de s’y mettre à deux. En solo, ça n’irait pas : ils glisseraient l’un comme l’autre, se rattraperaient au second et… retomberaient dans la nourriture étalée en s’en barbouillant davantage. Pas d’autre choix que la coopération donc. Les yeux de la jeune fille s’agrandirent de surprise, puis elle éclata carrément de rire. Quoi ? Qu’avait-il donc dit de si drôle ?

« Si moi je vois un inconvénient majeur à essayer de trouver un moyen pour ne plus me rouler dans mon petit-déjeuner? Nan t’inquiète je suis tout à fait d’accord! »

Son sourire l’éblouit presque tant il était lumineux et lui donnait envie de faire de même. Mais Eisaku se ravisa à la dernière seconde, plutôt méfiant. Ce sourire pouvait être trompeur, cacher quelque chose derrière. Et si toute cette maladresse avait été feinte, provoquée par une force extérieure pour le railler ? C’était un scénario possible. Seulement… il n’y avait personne d’autre qu’eux dans ce couloir pour un coup fourré soigneusement préparé. Sa partenaire jetait des coups d’œil à droite et à gauche comme si elle cherchait quelqu’un, puis se redressa à quatre pattes – enfin à trois plus précisément – pour s’avancer dans une zone classée interdite à la nourriture et reprendre pied. Attendez… trois ? Elle devait effectivement s’être blessée, elle maintenant son poignet contre elle durant son avancée vers les casiers. Eisaku se sentit tout drôle à cette idée : elle s’était blessée par sa faute et c’était peut-être grave. Poignet cassé ?

Ni une, ni deux, elle se redresse en s’aidant de la poignée d’un casier et revient vers lui pour l’aider, main tendue. Les yeux bruns du jeune homme glissèrent rapidement sur le bras qu’elle s’efforçait de maintenir derrière son dos, puis remontèrent sur sa main et son visage. Il avança la main et attrapa fermement l’aide qui lui était offerte. Il réussit enfin à se remettre debout après moult péripéties – le thé et la nourriture éparpillée partout, ça glisse vachement bien ! – et s’examina de fond en comble. Ses vêtements étaient vraiment bons pour la machine. Il poussa un soupir et replaça quelques mèches humides de chaque côté de sa tête, du thé copieusement aspergé sur sa peau blanche et quelques grains de riz venant agrémenter le tout. Un bref coup d’œil sur sa compagne de galère lui apprit qu’elle n’était guère en meilleur état que lui. Bon au moins il n’était pas le seul à galérer cette fois-ci. Eisaku ferma soudainement une paupière en se reculant devant la main tendue en direction de son visage… pour lui ôter un grain de riz perdu. Il détendit ses muscles et expira en veillant à faire le moins de bruit possible. Ne stresse pas pour rien, Eisa-chan.

La jeune fille recommençait à sourire, elle affichait un sourire d’excuse et une mine toute désolée. C’était un peu normal après tout, c’était de sa faute. Et c’est là qu’elle ouvrit la bouche pour débiter un flot de phrases sur un ton précipité. La tête du jeune homme allait encore en prendre un coup. Son index vint barrer la bouche de la jeune fille pour lui intimer le silence, le temps de rassembler ses idées. Et franchise oblige, cela sortit avant qu’il n’aie vraiment eu le temps d’y mettre de l’ordre :


« Ecoute, c’est pas grave. Enfin si vu qu’on ressemble à deux naufragés repêchés en haute mer. Mais rien d’irréparable, je pense. E-enfin… un petit tour à la machine à laver et on en parle plus. »

Il n’eût pas vraiment le temps de dire tout le fond de sa pensée qu’elle fit un bond, agrippa sa main et le traîna derrière elle au pas de course. Trop surpris, Eisaku ne prit pas vraiment la peine de s’en plaindre : son corps suivait le mouvement par automatisme. Et c’est ainsi qu’ils se retrouvèrent… devant la cuisinière de la cantine, les regardant comme s’ils sortaient du zoo ou d’un cirque tout en jetant des petits coups d’œil critiques à son cabaret et en haussant un sourcil. Un dialogue s’ensuivit entre la cuisinière et la jeune fille, enfin si on pouvait appeler leurs quelques mots un dialogue. Puis, elle se retourna sur lui et éclata de rire en voyant la tête qu’il faisait. Eisaku se ressaisit, rapetissa ses yeux qui devaient être de la taille d’une grosse assiette, et s’autorisa un sourire assez amusé par la tournure des évènements. La bonne humeur de sa compagne était contagieuse, faut croire !

Elle lui expliqua alors la raison de sa course : elle risquait de se faire dégommer par la cuisinière si elle ne rapportait pas son plateau dans les délais, explication accueillie par un long soupir derrière elle. Dénigrement de la cuisinière, visiblement. L’un des sourcils d’Eisaku s’arqua, ajoutant une touche supplémentaire à son expression amusée. Et c’est après ce « petit » interlude que la jeune fille se présenta à lui comme étant Sei Yamada. Joli nom. Simple et facile à retenir. Eisaku hocha gravement la tête puis s’inclina.


« Enchanté de faire ta connaissance. Je suis Eisaku Tsujimura. »

Il se releva et sous l’impulsion, une mèche de cheveux trempée vint se coller dans un joli splatch juste sous son œil droit, au niveau de la pommette. Son sourire s’effaça et sa bouche laissa échapper un nouveau soupir, presque agacé cette fois-ci. Malchance un jour, malchance toujours. Et vint s’ajouter au tableau le bruit d’un estomac particulièrement affamé par toute cette aventure. Double malchance. Quoique…

« J’ai faim. »

Ce qui était d’ailleurs la stricte vérité même si elle n’était pas remplie d’un minimum de tact. Le problème était qu’il était encore trempé de la tête aux pieds. Y’avait plus qu’à reprendre une deuxième douche et à se changer avant d’aller faire la queue. Son regard s’attarda à nouveau sur Sei, et plongea d’ailleurs à nouveau dans les prunelles orangées.

« Est-ce que… » Il ravala sa salive. « ... ça te dirait d’aller manger ? Enfin, après s’être changés… Parce que bon, c’est génial de ressembler aux rescapés des dents de la mer mais manger au sec, ce serait plus… agréable, non ? »

Il ferma les yeux et se frotta les paupières du bout des pouces en dégageant la mèche humide de sa joue par la même occasion.

« Tu n’es pas obligée d’accepter, je comprendrais. »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
« Invité »
(#) Re: Maladresse et... catastrophes. [Eisaku] [TERMINÉ]  Lun 13 Déc 2010 - 1:32

Eisaku Tsujimura. Je répète ce nom plusieurs fois dans ma tête, histoire de ne pas l’oublier. Plutôt joli comme prénom, j’aime bien! Je sens un grand soulagement m’envahir. J’avoue que depuis que je suis sortie du manoir Yamada, j’ai toujours cette petite peur au fond de moi que lorsque je me présente à quelqu’un, il fasse le lien entre mon nom et la compagnie très connue Yamada Inc. Mais Eisaku n’a eu aucune réaction anormale lorsque je me suis présentée, ce qui veut dire qu’il n’a pas fait ce fameux lien, que je redoute tant. Je pousse un soupire de soulagement discret et j’esquisse un sourire. Alors que le jeune homme se relève, j’aperçois alors un léger sourire qui éclaire son visage. Pourtant, j’étais sûre que le jeune homme était quelqu’un qui souriait à de rares occasions, ce qui est tout le contraire de moi! C’était peut-être seulement une impression! Mais lorsqu’une mèche de ses cheveux vient se mettre en travers de sa vue, sa réaction me fit dire que finalement, Eisaku était peut-être de ceux qu’il fallait aider pour sourire. Je me retiens de pouffer de rire devant la tête décourager d’Eisaku et remonte les manches de mon chandail au niveau des coudes.

Je ne peux m’empêcher de porter mon regard encore une fois sur mon compagnon. Il faut dire que depuis que je lui ai foncé dedans, je n’ai pas vraiment eu tout le loisir de l’observer calmement. Grand et plutôt élancé, il dégageait une sorte de calme et ne semblait pas être du genre à s’énerver. Encore une fois je bloque sur ses yeux, qui me fascinent toujours autant. Rien à dire, Eisaku est vraiment très beau avec ses cheveux noirs mi-long et son visage sérieux, et ce même recouvert de nourriture. Je n’avais jamais eu de contact avec le sexe opposé, pas plus avec mon propre sexe je dois dire, et j’étais un peu prise au dépourvue. Mais bon, il faut bien que je côtoie le plus de personnes possibles dans ma vie si je veux rattraper les années perdues, alors autant qu’elles soient attirantes, non?


« J’ai faim. »

Je sursaute aux paroles du jeune homme, et secoue ma tête imperceptiblement. Non mais c’est quoi toutes ses pensées bizarres au juste? Oui Eisaku est beau, pas besoin d’en faire tout un plat! Je me donne une gifle mentale, histoire de me concentrer sur la situation actuelle. Il a dit quoi déjà? Ah oui! Il a faim! J’avoue que moi aussi j’ai faim, car à cause de ma super résolution de manger dehors, mon petit-déjeuner intouché se retrouve sur le sol du lycée. J’ai une petite pensée désolée pour le concierge qui va devoir nettoyer tout ça. Mais bon, c’est tout de même son travail! Revenant au sujet principal, je porte mon regard sur la file d’élèves qui attendent d’être servi pour manger. Je vais pour me mettre dans cette file lorsque je croise le regard de la cuisinière, un regard dégouté. Surprise, je me demande pourquoi elle me regarde ainsi. Je me souviens alors de mes cheveux dégoulinant de thé, mon chandail taché de sauce et des grains de riz s’accrochant un peu partout sur mes vêtements. Et même qu’Eisaku est légèrement pire que moi! Je vois alors qu’Eisaku s’apprête à parler, et je porte sur lui mes iris couleurs d’été.

J’écarquille alors les yeux tout au long de sa tirade. Nan c’est moi où est-ce que ce jeune homme est entrain de m’inviter à manger avec lui? J’ai toute les peines du monde à ne pas éclater de joie. Quand j’étais plus jeune, je me désolais de ne pas être normale, d’être différente et de ne pas avoir une vie normale. C’est pourquoi j’ai quitté le manoir Yamada. Mais voilà que maintenant je suis dans un lycée, comme quelqu’un de normal, et qu’un garçon m’invite à manger, comme quelqu’un de normal. Absolument rien au monde n’aurait pu me faire plus plaisir et ce Eisaku venait de tirer pile dans le mile sur ce qui me rendrait heureuse. Pourtant, mon expression doit porter à confusion puisqu’il enchaine :


« Tu n’es pas obligée d’accepter, je comprendrais. »
« Non mais tu rigoles? Comme si j’allais refuser! Rien ne me ferait plus plaisir de manger avec toi, je te jure! »

Pour appuyer ce que je dis, un immense sourire de bonheur intense illumine mon visage rond encadré de mèches mauves et sales de nourriture. Puis je ris doucement.

« Moi aussi j’adore ressembler aux rescapés de la mer, mais puisque tout le monde nous regarde, je suppose que prendre une douche est une idée géniale! » Je me fige ensuite quelques secondes, envahie de pensées parasites, puis lâche une phrase totalement incongrue « Tu as déjà vu le film Jaws? Moi j’ai adoré! »

Puis sans attendre de réponse, je me mets à marcher en direction des dortoirs à l’étage. Après quelques secondes, j’entends les pas précipités d’Eisaku qui me rejoigne. Une fois qu’il est à ma hauteur, je lui souris aimablement encore une fois et continue de marcher. Une fois dans les marches, je me prends le pied et me rattrape avec mes mains. Le choc avec mon poignet gauche me fait claquer les dents de douleur, mais je me relève comme si de rien n’était et je me relève avant qu’Eisaku puisse m’aider. À peine quelques marches plus tard, c’est au tour du jeune homme de se prendre le pied et de tomber. Je le regarde surpris et souris. À ce que je vois, cet Eisaku est aussi maladroit que moi, ce qui me rassure un peu je dois dire. Je ne suis pas la seule!

Nous arrivons finalement aux étages. Eisaku s’arrête devant la chambre 22, qui doit surement être la sienne, et moi je continue 3 portes plus loin devant la chambre 25. Je suis plutôt surprise de voir qu’il est si proche de moi. On se donne rendez-vous devant nos chambres après nos douches et j’essaie d’ouvrir la porte. Un air ahurit se peint sur mo visage lorsqu’elle refuse de s’ouvrir. Ah, c’est drôle car… je n’ai pas la clé. Sûrement un de mes colocataires qui a barré la porte après que je sois partie pour pas que je revienne, car chaque fois je fais un vacarme fou en tombant quelque part dans la chambre. Ce n’est pas la première fois qu’ils me barrent la porte et que je n’ai pas la clé. Mais cette fois-ci, j’ai besoin de prendre mes choses pour prendre une douche et de vêtements! Je cogne quelques petits coups mais personne ne répond. Je cogne encore mais j’ai seulement l’impression d’entendre quelque chose comme : « La prochaine fois qu’elle cogne elle va y goûter! » Je fige mon poing et soupire. Mes colocs dorment encore à ce que je vois…

Je tourne la tête sur le coté et vois Eisaku qui m’observe. J’esquisse un sourire gêné et m’approche de lui.

« Euh… je me suis comme fait jeté en dehors de ma chambre. Est-ce que tu pourrais… euh… me passer quelques vêtements et du shampoing? »

Tout au long de ma tirade, je me passe la main dans mes cheveux graisseux et me traite mentalement d’imbécile.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
« Invité »
(#) Re: Maladresse et... catastrophes. [Eisaku] [TERMINÉ]  Mar 14 Déc 2010 - 22:02

Le soupir de la jeune fille le laissa presque pantois. Presque. Et se pouvait-il bien que ce soit un soupir de… mais oui ! De soulagement ! Elle se sentait soulagée. Pourquoi ? Eisaku n’avait fait que se présenter, rien de plus spectaculaire. Il arqua un sourcil dans sa direction mais se mordit la langue pour éviter de poser la question fatidique. Un autre jour, peut-être… s’il parvenait à s’en rappeler. Sei pouffa alors de rire en le regardant arranger sa chevelure. Ouais bon d’accord, il était ridicule. Elle n’était pas la première à rire de ses mésaventures, mais cela le mettait toujours aussi mal à l’aise. Il n’en laissa cependant rien paraître, si ce n’est une légère tension au niveau des épaules. Elle était insouciante, elle ne se contrôlait pas, elle ne le faisait pas de manière délibérée, se répétait-il inlassablement à lui-même. Parce que des abrutis, Kobe en regorgeait aussi et l’adolescent en avait eu sa part, comme les autres. Eisaku croisait les doigts dans le vain espoir que Sei ne faisait pas partie de ces gens-là. Non… Pas aussi maladroite qu’elle l’était. Et elle se trouvait au même niveau que lui en la matière. La tension disparut de ses épaules comme si elle n’avait jamais existé et le jeune homme poussa un long soupir de soulagement. Fallait qu’il arrête de se faire des films pour rien.

Ils échangèrent un long regard ; Eisaku se plongea à nouveau dans les yeux orangés de Sei. Une variation plus claire de brun auréolée de la clarté du soleil ambiant serait une réponse des plus logiques pour expliquer ce phénomène mais… on aurait vraiment dit deux soleils brillant de tous leurs feux. C’était très troublant, et apaisant aussi. Les longs cheveux roux-violet de Sei lui tombaient sur les épaules en bloc, quelques mèches isolées s’égaraient sur son front et se mouvaient de temps en temps devant l’un de ses yeux comme pour rompre le contact oculaire. La couleur de la teinture était aussi troublante mais après tout, pour un soleil… ça allait plutôt bien. Oh là ! Attends, mon p’tit gars ! Tu n’avais strictement aucune chance avec les filles, celle-là ne ferait pas exception. Après tout qui s’intéresserait à un mec trop peu volontaire dans son genre, aussi maladroit que ses pieds et nul, absolument nul en tout ? Personne. Eisaku baissa un instant ses paupières dans le but de cacher ses yeux afin de ne communiquer à personne son désarroi intérieur. Ouais, aucune chance… Pas bien grave.

Son estomac refit surface, l’interrompant dans ses réflexions. Eisaku entendit alors un autre estomac lui répondre de bon cœur du tac-au-tac et haussa à nouveau le sourcil en rouvrant ses paupières. L’amusement brillait à nouveau dans ses yeux. Bilan, Sherlock ? Leurs estomacs criaient famine. C’est donc tout naturellement – bon avec un peu beaucoup de mal en fait, avouons-le – qu’Eisaku l’avait invitée sans y placer beaucoup d’espoir. A sa grande surprise, Sei lui sauta presque au cou en entendant sa proposition. Presque. Elle n’en était pas très loin au vu de son air plus que ravi. Ah tiens, l’adolescent le plus sous doué du monde avait-il tapé dans le mille ? Miracle ! Ou gros coup de chance, au choix. Nan pas possible, la chance était contre lui, c’était de notoriété publique. Sa suggestion d’aller se rafraîchir un peu tomba pile aussi, tout comme sa plaisanterie un peu foireuse à son goût sur lequel elle enchaîna en parlant cinéma. Jaws, hein ? Non, ça ne lui disait rien.


« Je ne pense pas l’avoir vu. Faudrait que je voie si je peux encore le trouver. Ça raconte quoi ? »

Mais elle était déjà repartie en direction des dortoirs et Eisaku la suivit, sans paraître irrité le moins du monde qu’elle ait ignoré de prendre sa réponse. Ce n’était pas quelque chose d’important et ils y reviendraient sans doute plus tard. L’adolescent s’arrêta net au bas de la première marche et fixa le sommet de l’escalier d’un air presque horrifié. Il se rattrapa juste à temps et réafficha une expression neutre. Les escaliers… Superman c’était la kryptonite. Eisaku c’était les escaliers. Cela vous donnait une plus large idée de son ressenti chaque fois qu’il devait en traverser un, c’est-à-dire au moins deux à trois fois par jour minimum. Sei gravit courageusement les marches, l’air courageux épinglé sur le visage. Mais son pied dérapa et le jeune homme s’en rendit compte bien trop tard pour la rattraper. La jeune fille s’étala à terre et grinça des dents, ce qui inquiéta légèrement – comprenez : intérieurement, beaucoup – Eisaku. Mais elle se redressa et poursuivit sans lui laisser le temps de l’examiner de pied en cap. Le jeune homme s’en souvenait maintenant : sa compagne de galère s’était blessée à la main lorsqu’elle avait glissé. Et si la douleur n’était pas encore partie, cela signifiait peut-être qu’il était cassé… ou foulé. Ou quelque chose du genre. Désirant éviter une nouvelle hécatombe et prenant son courage à deux mains, le jeune homme lui emboîte rapidement le pas. Mauvais calcul : la marche se déroba sous son pied et son corps partit vers l’arrière. Il atterrit lourdement au bas des marches sans autre forme de procès, sur le dos et légèrement sonné. Et une bosse de plus, une ! Eisaku soupira en se relevant, le corps entièrement perclus de courbatures. Il y arriverait ! Il empêcherait que Sei tombe une nouvelle fois. Celui qui devait tomber ici c’était lui ! Uniquement lui !

Ils parvinrent finalement aux étages sans autre incident, la nervosité faisant trembler les mains d’Eisaku fermement accrochées à la rampe d’escalier. Il soupira de soulagement en posant le pied sur le palier et continua son chemin normalement jusqu’à sa chambre, la n°22. La jeune fille poursuivit sa route trois chambres plus loin, lui fait un signe de la main et le plante là. Eisaku fait jouer sa clé dans la serrure et rentre dans la pièce sans vérifier que sa partenaire en faisait de même de son côté. Dans la chambre, pas un chat. Ses colocataires devaient sans doute manger elles aussi, soit à la cantine – mais il s’étonnait de ne pas les y avoir vues – soit quelque part en ville. Son canari piailla vivement à son entrée dans la pièce et le jeune homme remplit sa mangeoire de nouvelles graines. Kaze en profita pour lui mordre les doigts comme il en avait pris l’habitude et grignota son déjeuner sans plus lui accorder le moindre regard. Eisaku en profita donc pour dénicher quelques affaires propres, un essui, du shampoing et un gant de toilette avant d’aller retrouver Sei… qui attendait toujours devant sa chambre en espérant qu’un miracle se produise.


« Quelque chose ne va pas ? » demanda-t-il sitôt que la question ait fusé dans ses pensées.

La jeune fille lui adressa un sourire gêné et le rejoignit en quelques enjambées, l’air visiblement embarrassé. Elle n’avait quand même pas perdu sa clé, si ? Eisaku venait-il de trouver quelqu’un de plus malchanceux que lui sur cette terre ?


« Euh… je me suis comme fait jeté en dehors de ma chambre. Est-ce que tu pourrais… euh… me passer quelques vêtements et du shampoing? » lui répondit-elle en se passant frénétiquement la main dans ses cheveux.

Était-ce de la pitié qui traversa ses prunelles brunes ou un élan de franche compassion ? Lui-même n’aurait su le déterminer. Il baissa les yeux sur les vêtements et les flacons de shampoing – un pour le corps, l’autre pour les cheveux – qu’il tenait à la main, soupira et reporta son regard sur la demoiselle en détresse.


« P-Prends ceux-là, je vais m’en chercher d’autres. » répondit-il en lui tendant le tout.

Il les déposa entre les mains de la jeune fille, plus petites que les siennes, et retourna dans la chambre se chercher d’autres vêtements potables. Les vêtements dénichés, plus qu’à partir en quête de deux autres flacons de shampoing, ce qui lui prit plusieurs minutes. Il douta même un moment d’avoir emporté une petite réserve lorsqu’il les vit enfin dans un coin de son armoire. Il les attrapa, un air victorieux sur le visage, et en fit malencontreusement tomber un sur son pied. La douleur irradia ses orteils, puis la totalité de son pied avant de se communiquer au reste de son anatomie. Eisaku étouffa un juron, ramassa la bouteille qu’il posa à côté de sa compagne sur la pile de vêtements et d’essuies, et emporta le tout à l’extérieur.


« Prête ? »

Il attendit son affirmation avant de s’éloigner vers la salle de bain réservée aux garçons. La douche ne fut pas pénible en elle-même, mais quelque chose lui collait aux doigts et à la peau et fut assez délicat à repousser. Une quinzaine de minutes plus tard, Eisaku sortait de la douche lavé, les cheveux encore trempés, et plus ou moins habillé. Il entreprit de sécher ses cheveux de longues minutes et enfila sa chemise propre. Il peigna ensuite ses cheveux emmêlés encore humides et emporta ses habits sales jusqu’à sa chambre. Il fallait qu’il les porte à la laverie mais cela pouvait attendre. Il revint ensuite à la salle de bain et attendit patiemment que Sei en sorte. Eisaku continuait à mettre de l’ordre dans ses cheveux indisciplinés sous l’action de l’eau en attendant.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
« Invité »
(#) Re: Maladresse et... catastrophes. [Eisaku] [TERMINÉ]  Mer 15 Déc 2010 - 2:53

Je regarde avec étonnement les vêtements ainsi que les savons qui sont apparus comme magie dans mes mains. J’ai à peine le temps de relever mon regard que le jeune homme est déjà reparti à l’intérieur de sa chambre se chercher d’autres vêtements et savons, puisque les autres sont dans mes mains. Pour la première fois depuis que j’ai rencontré Eisaku, je suis rouge tomate. Pour une raison qui m’échappe, je suis gênée à ce moment précis, alors que je ne l’étais pas en fonçant dans Eisaku, ou encore lorsqu’il m’a invité à manger. Pourquoi? Peut-être parce que le jeune homme m’a aidé sans protester et sans dire un seul mot sur ma stupidité de me faire jeter hors de ma chambre. Et le fait qu’il m’ait aidé si facilement me gêne beaucoup, même moi j’aurais au préalable demandé pourquoi les colocataires l’ont jetés hors de la chambre ou encore j’aurais longuement hésité à passer mes choses à quelqu’un que je connais à peine. Mais lui il n’avait pas dit un seul mot.

Je fixe les vêtements d’Eisaku, tandis que je reprends peu à peu ma couleur normale. Ouh la, ça me fait tout bizarre, il est rare que je sois gênée, étant quelqu’un d’assez extravertie. Je souris bêtement en regardant les choses du jeune homme. Bon, encore une fois j’ai l’air étrange à fixer des vêtements de gars dans mes mains, couvertes de nourriture, debout comme un piquet en plein milieu du corridor devant une porte de chambre ouverte. Quelqu’un qui passe proche de moi renforce ma certitude alors qu’il me regarde avec perplexité. C’est définitif : je suis bizarre dans ma tête moi. J’entends alors Eisaku étouffer un juron dans la chambre, ce qui élargie mon sourire bête. Je me rends alors compte que je souris bêtement, alors je me secoue, faisant voltiger mes cheveux vermeilles histoire de me reprendre. Important : ne pas sourire bêtement alors qu’on est seul. Je me répète cette phrase plusieurs fois dans ma tête, pour bien la retenir.


« Prête? »

Je sursaute et passe à 2 cheveux d’envoyer valdinguer tout ce qu’il y a dans mes mains sur le sol. Je relève mes yeux et croise le magnifique regard de mon compagnon, qui venait juste de sortir de sa chambre avec de nouveaux vêtements pour lui. Je cligne des yeux plusieurs fois, perdue, puis réalise que je n’ai pas bougé d’un pouce depuis tout à l’heure, trop perdue dans mes pensées. Je me traite d’idiote mentalement, puis hoche la tête en souriant, signifiant que j’étais enfin prête à aller ôter toute cette crasse de sur moi! Je le suis donc jusqu’aux douches, et alors qu’Eisaku se dirige vers celles des garçons, moi je bifurque vers celles des filles. Je reprends encore une fois ma douche, bien que je l’aie prise il y a à peine 20 minutes de cela peut-être. L’eau chaude me fait le plus grand bien. Même si j’aurais envie de rester sous l’eau toute la journée, je me presse quand même un peu, puisqu’il y a de grandes chances que le jeune homme m’attende à la sortie de sa douche, puisque nous allons manger ensemble. Je souris encore une fois bêtement, puis presqu’aussitôt je me pince les 2 joues avec mes mains pour faire disparaitre ce stupide sourire bête. Je me lave avec la main droite, ménageant mon poignet gauche qui m’élance encore un peu. Parlant de celui-ci, je l’observe quelques instants. Il est rouge et un peu plus chaud que la normale, mais je ne m’en fais pas avec ça. Si je ne le bouge pas pendant quelques jours, tout devrait se remettre en place, non?

Je sors enfin de la douche puis sèche mes longs cheveux mauves. J’observe la racine de mes cheveux sur le dessus de ma tête quelques secondes, notant avec satisfaction que ma repousse de cheveux bruns n’est pas encore visible. Dès qu’il y a une repousse, je fonce refaire ma teinture! Pas question de redevenir une brunette! Une fois mes cheveux secs, j’observe les vêtements d’Eisaku : une chemise en coton blanche de couleur unie et une paire de jean tout à fait normale. Je résiste à l’envie de prendre des ciseaux et de faire des trous dans les jeans de mon nouvel ami, comme je le fais toujours avec mes vêtements. Je ne crois pas qu’il apprécierait! Et puisqu’il m’a passé ses vêtements si gentiment… mauvaise idée! Je décide donc de rajouter ma touche personnelle d’une autre façon.

Je garde mes propres sous-vêtement, évidemment, puisqu’ils ont une la chance de ne pas être touchés par ma gaffe de ce matin. J’enfile donc les jeans simples d’Eisaku, puis je mets ma camisole blanche, aussi épargnée par un miracle par les dégâts, que je portais sous mon chandail de Mickey. J’enfile ensuite la chemise blanche par-dessus ma camisole, boutonnant uniquement les 3 boutons du bas, laissant le reste de la chemise ouverte sur ma camisole. La chemise étant trop grande pour moi – elle m’arrive en bas des fesses, presque – je prends donc ma ceinture, un lacet qui fait presque 2 mètres de long, le retire de ma paire de jean que je portais ce matin, puis je l’enroule plusieurs fois autour de ma taille, par-dessus la chemise, puis fait finalement un nœud avec les 2 extrémités. Satisfaite de mon nouveau style, j’enfile mes converses noires, complétant le tout. Je décide de laisser mes longs cheveux descendre en cascade le long de mes épaules puis, après avoir ramassé toutes mes choses, je sors finalement des douches.

Je fais à peine quelques pas que je tombe nez à nez avec celui que je voulais voir. Il était entrain de se passer la main dans ses cheveux noirs lorsque je suis arrivée. Je vois alors le regard de mon compagnon se porter sur mon accoutrement. Je souris, toute fière de moi.

« Alors, tu me trouves comment avec tes vêtements? »

J’éclate de rire, ne me prenant pas au sérieux. Je reporte encore une fois mes yeux couleurs été sur les siens, qui sont rougeâtres sous l’effet du soleil qui pénètre par grands rayons à travers la fenêtre. Je m’approche lentement puis, posant la main sur sa joue pour mieux observer ses yeux qui me fascine, je reste quelques secondes à l’observer de près avec un air ahuri. Je finis par dire :

« Tu savais que tu as des yeux magnifiques? »

Je m’éloigne ensuite rapidement, ôtant la main de sur sa joue, puis lui souris encore une fois. Comment ferais-je pour ne pas sourire au juste? Je chasse une mèche mauve-rouge de mon front puis remonte les manches de la chemise trop grande pour moi à la hauteur des coudes. Alors que je m’apprête à retourner à la chambre d’Eisaku pour y déposer ses affaires, je me retourne pour marcher dans la bonne direction lorsque je fonce de plein fouet dans un gars qui doit faire au moins 2 têtes de plus que moi. Je recule de 2 pas sous le choc puis me frotte le nez, qui me picotait après me l’être cogné sur le torse de l’individu. Il me regarde avec agressivité puis crache :


« Tu es dans le chemin la naine! »

Avec un air de surprise pure sur le visage, je regarde le colosse sans comprendre. J’observe les alentours sous son regard intrigué, puis je finis par me rendre à l’évidence. Avec une innocence déconcertante, je lui réplique :

« Non mais je peux savoir c’est où que tu vois un nain ici toi? J’ai toujours rêvé de voir un nain et puis toi tu me crée des faux espoirs! La prochaine fois arrête de dire n’importe quoi au lieu de me décevoir, taré! »

Je lui lance un regard méchant, dans la mesure qu’une fille qui n’a jamais été méchante de sa vie peut faire un regard méchant, puis empoigne la main d’Eisaku en continuant de marcher plus loin sous le regard interloqué de l’inconnu. Une fois devant la porte de chambre de mon compagnon, je lui relâche la main pour mettre mes vêtements sales dans sa chambre le temps que mes colocs m’ouvrent l’accès à ma propre chambre. Je le remercie pour sa générosité de m’avoir dépanné, disant mes phrases à une vitesse effrénée comme j’ai l’habitude de faire, jusqu’à ce qu’il m’interrompt en mettant un doigt devant mes lèvres comme il a l’habitude de faire! Une fois sortis de la chambre, je le regarde en souriant :

« Alors, on va manger maintenant? »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
« Invité »
(#) Re: Maladresse et... catastrophes. [Eisaku] [TERMINÉ]  Lun 20 Déc 2010 - 11:48

Tout en jouant avec ses cheveux humides, Eisaku repensait à la réaction de Sei lorsqu’il lui avait fourré dans les mains ses vêtements : elle était devenue aussi rouge qu’une pivoine, et son teint n’avait pas dû pâlir depuis son voyage sous la douche. Cet état de fait amusait beaucoup le jeune homme même s’il comprenait à peu près les raisons de la gêne de la jeune fille : lui-même aurait sans doute fait une tête similaire si ça avait été sur lui que c’était tombé [J’veux même pas essayer d’imaginer Eisa avec des fringues de fille ! xD], et Dieu merci il y avait échappé. Une fille avec des habits masculins, c’était beaucoup moins ridicule qu’un garçon avec des vêtements féminins. L’égalité des sexes, tu parles !

Sei ne revenait toujours pas : celui qui a osé dire que les femmes prenaient un temps fou pour se pomponner avait bien raison ! Non pas qu’il râlait, Eisaku saurait attendre, et puis retirer toute la victuaille collante de sa peau ne devait pas être non plus une partie de plaisir. Le jeune homme s’adossa au mur sur lequel il était appuyé, et y posa un pied pour se maintenir en équilibre précaire. Il continuait pensivement à jouer avec ses mèches de devant, en regardant au loin dans le vague. D’autres étudiants passèrent à côté de lui pour prendre aussi leur douche quotidienne et certains lui jetaient de drôles de regards. Les filles devaient s’imaginer qu’il attendait le bon moment pour les épier à poil sans doute, et les mecs devaient saluer sa folle entreprise avec envie et presque jalousie. Eisaku soupira et ferma les yeux dans la ferme attention de ne plus les voir et de les oublier. Ces regards répétés allaient finir par lui faire péter un plomb, et lui attirer immanquablement des ennuis comme toujours. Et se retrouver en face du CPE ou en heure de colle… Non merci. Déjà qu’il en bavait assez pour parvenir à des notes plus ou moins satisfaisantes dans les cours…

Des pas retentirent à côté de lui et il rouvrit les yeux… sur sa camarade de galère. Enfin ! Le soulagement se peignit sur ses traits et ses épaules se détendirent aussitôt. Le soulagement fit de suite place à la stupeur, ses yeux s’ouvrirent de surprise et il en aurait presque ouvert une bouche béante façon manga : l’étudiante venait de transformer ses vêtements en quelque chose d’un peu plus personnalisé. Eisaku secoua la tête, toute surprise s’envola de ses traits, remplacée par une franche admiration dans le regard tandis que le visage redevenait neutre à nouveau, véritable mur sentimental. Elle avait trouvé le moyen de porter des affaires masculines tout en y apportant une touche féminine, et le mélange lui allait à ravir. A part le fait que le jean et la chemise étaient trop larges pour elle, personne n’aurait jamais deviné que ceux-ci appartenaient à Eisaku. Ou si peu…


« Je trouve que ça te va bien. Bon… C’est un peu large, bien sûr, mais ça te va bien. »

Elle éclata soudain de rire, Eisaku pencha la tête sur le côté en haussant le sourcil, sans trop savoir ce qu’il devait en penser. Riait-elle de son avis ou d’autre chose de plus secret ? Il ne le saurait probablement jamais puisqu’elle s’arrêta au moment même où ses yeux s’éclaircissaient sous l’effet du soleil, se transformant en véritables rubis rougeoyants. Le jeune homme se figea lorsqu’il sentit une main sur sa joue, ne broncha et resta fixé sur l’air impressionné affiché par la jeune fille. Quelque chose l’impressionnait-elle à ce point en lui ? Quoi ? Ses yeux ? Ah…

« M-Merci. Mais les tiens n’ont vraiment rien à envier aux miens, tu sais. »

Un compliment rapide de retourné, pfiou ! Eisaku se sentit revivre lorsque cette petite main si frêle quitta son visage pour suivre sa propriétaire dans sa démarche pour sortir de ce couloir. Le jeune homme tourna la tête au « bong ! » et vit une scène plutôt affolante : Sei s’était cognée contre un colosse. Et un géant peu poli, d’ailleurs. Un joueur de basket peut-être, vu sa taille. Sa compagne l’apostropha, en l’engueulant presque l’air de ne pas y toucher, ce qui laissa le sportif interloqué au premier abord, puis assez furieux. Il leva la main dans l’intention de frapper cette impertinente mais Eisaku s’interposa – un peu trop mollement à son goût – en évitant son regard.

« C’est bon, elle est avec moi. »

« La naine et l'andouille, j’aurais dû m’en douter tiens ! Vous allez tellement bien ensemble ! » railla son interlocuteur en les toisant de sa taille toute puissante.

Eisaku leva soudain les yeux, une flamme brûlant au fin fond de ses prunelles. Mais Sei l’avait déjà empoigné et l’entraînait vers le fond du couloir avant qu’il n’ait pu réagir, ce qui n’était pas plus mal. Il en aurait fait de la charpie ou du moins l’aurait amoché avant de finir lui-même à l’infirmerie. Son esprit se trouvait tourmenté, voyageant entre deux rives : faire celui qui n’a rien vu ou l’emmerdeur de service. Eisaku se retrouva devant sa chambre et eût tout le loisir de se calmer pendant que la jeune fille déposait ses affaires sales à l’intérieur. Ce n’est qu’une fois calmé et serein qu’Eisaku pénétra dans sa chambre à la recherche de sa compagne qui lui bondit presque dessus en lui lançant des paroles de remerciement à vitesse grand V, faisant à nouveau bourdonner la tête du jeune homme. Ce dernier posa à nouveau l’index sur les lèvres de la demoiselle dans l’espoir qu’elle calme sa frénésie. Elle se tut, il réussit à l’entraîner hors de la pièce, et elle s’écarta de lui en souriant :


« Alors, on va manger maintenant ? »

Elle était décidément déconcertante. Eisaku s’autorisa un soupir, se passa la main dans ses cheveux déjà plus secs qu’il y a quelques minutes, et sourit, amusé. Il hocha finalement la tête, oubliant tout ce qui avait bien pu se passer jusqu’à présent.

« D’accord. Il y a un endroit particulier où tu voudrais aller ? »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
« Invité »
(#) Re: Maladresse et... catastrophes. [Eisaku] [TERMINÉ]  Mer 22 Déc 2010 - 1:15

« D’accord. Il y a un endroit particulier où tu voudrais aller ? »

J’hausse les sourcils, surprise. Je croyais qu’on allait manger à la cafétéria, mais on dirait bien qu’Eisaku me donne la possibilité de choisir un endroit, comme par exemple un endroit hors de l’école. Car s’il me demande si je veux aller à un endroit en particulier, ça doit certainement être en dehors de l’école puisque la seule place ou manger ici est la cafétéria. Par une rapide déduction, voilà ma conclusion : Eisaku me propose effectivement d’aller à quelque part avec lui. Je retiens ma joie de mon mieux, même si c’est une tâche plus que difficile pour moi. Malgré tout mes efforts pour ne pas lui sauter au cou, un énorme sourire illumine mon visage, et je suis même convaincue que la joie se lit dans mes yeux. La vie normale que je rêvais de vivre quelques moi plutôt se concrétise en ce moment précis, devant mes yeux. Comment ne pas être joyeuse? Je reviens ensuite sur terre et réfléchis à la question. Qu’est-ce que je veux manger?

« Je connais un restaurent proche d’ici vraiment sympa, et leur soupe miso est la meilleure du monde! »

Je me retiens de mentionner que ce dont j’aurais vraiment envie en ce moment ce serait de bons ramens mais bon… pour le petit-déjeuner, ça ne plait peut-être pas à tout le monde! Donc je vais me contenter d’un petit-déjeuner normal et après, à midi, on verra! Nous nous mettons donc en marche vers la sortie de l’école. Je dois encore affronté une fois de plus les escaliers de l’école, au grand dam de moi et Eisaku, qui est aussi maladroit que moi à ce que j’ai vu depuis ce matin. Je soupire devant les nombreuses marches et me tourne vers mon nouvel ami.

« Toi aussi ces marches sont ton pire cauchemar? »

Malgré tout, je m’engage dedans avec prudence, faisant bien attention de ne pas tomber, histoire d’arrêter de malmener mon poignet douloureux. Je m’agrippe fermement à la rampe et réussis à me rendre en-bas sans réelles encombres. Une fois sur le sol droit, je saute de joie, et en sautant, passe à un cheveu de m’étaler de tout mon long à terre. Heureusement, Eisaku n’était pas loin et je réussis à m’agripper à lui avant de foutre le camp sur le sol. Et par miracle, nous réussissons à rester debout. Serait-ce de la chance? Je ne crois pas, j’ai rarement de la chance! Je fais un sourire d’excuse au jeune homme et le remercie de m’avoir rattrapé. Sans plus attendre, je m’engage dans les couloirs pour sortir de l’école. Nous arrivons enfin dehors, sous le soleil de mai. Il faisait quand même assez chaud, et nous étions juste bien. Je m’étire longuement, profitant de la chaleur du soleil sur mon visage. Je regarde ensuite mon compagnon pour la énième fois. Je n’avais de cesse de l’étudier, essayant de le comprendre avec le peu d’information que je possède. Récapitulons… Il est maladroit, ça, j’en ai eu la confirmation plusieurs fois! Il est aussi peu démonstratif, tout mon contraire, mais j’ai quand même eu la chance d’apercevoir brièvement deux ou trois fois son sourire. J’ai aussi remarqué qu’il se raidit à mes contacts et qu’il est sur la défensive. Je me demande bien pourquoi! Mais bon, je vais bien le découvrir un jour, non?

Nous nous mettons en marche vers le restaurent dont j’ai parlé, qui est à peine 5 minutes de marche à partir de l’école, tout au plus. Tout en marchant, j’observe les alentours, notant au passage le plus de détails possibles comme j’ai l’habitude de faire. Nous étions dans une rue bondée, encadrée de chaque coté par des magasins et des foules de gens marchant sur les trottoirs, gens dont moi et Eisaku faisons parti. Le ciel sans nuage laisse passer d’emblée le soleil, ce qui explique les vêtements plus ou moins léger des personnes qui passent, léger si on prend en compte que nous sommes en mai. Une nuée d’oiseau passe rapidement dans le ciel bleu, un autobus passe à coté de nous. Je porte ensuite mon regard sur mon compagnon, pour être sûre de ne pas le perdre de vue. Je fonce dans plusieurs personnes au passage, m’empressant bien évidemment de m’excuser. Je continue alors de regarder les alentours, portant mon regard d’été sur les magasins. Il y a des magasins de vêtements, dont les vitrines sont garnies de tout de sorte de textile, il y en a aussi de nourriture, dans le style supermarché. Je continue de noter les fonctions des magasins lorsque mon regard se fige.

Un magasin d’électronique. Je m’arrête en plein milieu du trottoir, laissant passer les gens qui me suivent à coté. Appréhensive, je regarde la vitrine. Elle est remplie d’écran de télévision, qui montre différents postes de télévision. Je regarde plus attentivement et regarde la marque de la télévision, inscrite dans le boitier encadrant l’écran, dans le bas. L’inscription est claire : Yamada Inc. Je fronce les sourcils, contrariée. C’est de la faute à ces foutus trucs électroniques si j’ai vécu ce genre de vie. Voyant soudainement Eisaku qui revient vers moi, puisque je suis immobile depuis quelques secondes, je m’empresse de bredouiller une excuse bidon pour mon soudain arrêt, puis l’entraine plus loin avant que son regard ne tombe sur la petite inscription au bas de l’appareil électronique. Bon, je sais que je m’emballe care c’est pratiquement impossible que quelqu’un fasse le lien entre mon nom de famille et la compagnie de mon père, et même que s’il fait le lien il agisse différemment avec moi, mais je préfère ne prendre aucunes chances. Et je préfère oublier cette famille. Je continue donc mon chemin avec Eisaku vers le restaurent, espérant qu’il n’ait rien remarquer de tout mon petit manège.





Suite : Comme un cheveu sur la soupe [Pv Sei Yamada]
Revenir en haut Aller en bas
 
Maladresse et... catastrophes. [Eisaku] [TERMINÉ]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Kobe High School :: Hors RPG :: Poubelle :: Archives des rps :: Anciens rps-
Sauter vers: