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(#) I think I prefer to stay inside  Jeu 21 Avr 2011 - 17:03


C'était sans doute le club qui coinçait et rebutait les autres.

Voila, et alors que je n'avais envie de rien, ou de pas grand chose plutôt, tant de contraintes me tombaient dessus. Le gagnant du concours nous avait quitté et je m'étais vu remettre son titre, contre mon gré et sans mon accord, évidemment. Le pire dans cette histoire allait que j'allais devoir faire bonne figure. Paraître content et heureux, épanoui dans mon rôle de représentant masculin de Kobe. Porter un masque en somme. Ce n'était pas réellement une nouveauté pour moi, mais je n'avais guère l'habitude de me retrouver projeté sur les devants de la scènes et encore moins quand il s'agissait de choses que je trouvais si futiles... Ce que je voulais surtout, c'était continuer ma scolarité dans l'anonymat. Une chance que je ne sois pas attirant physiquement, je le pensais dans tout les cas. Oui, un Mister Kobe sans grand charisme ni charme ou bien sans une plastique digne des plus grands acteurs hollywoodiens.. C'était déjà bien moins imposant, et beaucoup plus neutre. Pour l'instant, et puisque la plupart du pensionnat ne semblait pas au courant, j'étais tranquille, m'excusant quand je passais trop près des fortes têtes du lycée, faisant en sorte d'être le plus discret possible. Égal à moi même en somme, en un peu plus exagéré tout de même. Oui, parce qu'il y avait toujours cette volonté de se sentir effacée, encore plus grande qu'avant, et certainement poussée à l'extrême. Je n'agissais pas pour mon bien futur, j'agissais surtout pour le bien du présent, de l’instantané et pour le bien de mon état mental qui ne s'améliorait pas tellement. J'avais beau faire semblant en société, lorsque je me retrouvais seul, il ne me fallait pas plus de quelques secondes pour craquer, pour y penser, pour en avoir mal. C'était ça le pire. La douleur quasi constante. Plus un mal être en réalité. Et si je n'étais pas à plaindre comparé à d'autres, je n'étais pas dans la capacité de relativiser non plus. Il m'avait pris une part de moi même, j'en gardais et garderais des séquelles physiques et mentales. Il m'était déjà bien plus difficile d'entrer en contact avec les autres. Presque paranoïaque par moments, je voyais toujours de la méchanceté chez les autres, comme s'ils cherchaient tous à reproduire ce qu'il m'avait fait. Idiot, stupide et illogique en fait, mais c'était plus fort que moi, comme s'il avait réussi à emporter une partie de ma raison, également.

Mais la vie suivait son cours, et heureusement dans un sens. J'avais réussi à garder mon sang froid à diverses reprises, reprenant les cours comme l'élève sérieux et discipliné que j'étais, trouvant même une certaine satisfaction à fréquenter l'un des surveillants du lycée. Bien entendu, il ne devait pas m'approcher, il ne devait pas franchir les limites et les barrières que j'avais érigé entre moi et le monde. Mais je faisais des efforts, ou du moins, je les voyais comme tel. Comme là, alors que je venais d'être nommé président du club de littérature, puisque l'ancien avait également quitté notre établissement. Je m'étais vu incapable de refuser, et même si la première réunion du Club n'avait pas encore eue lieu, je sentais déjà le poids de ce rang m'accabler. Et comment ? C'était simple. Le président se chargeait aussi du recrutement des membres et le notre n'était pas réellement populaire, il fallait l'avouer. Je devais donc aller faire la promotion de notre activité, pourtant si saine et si intéressante, aux élèves les plus stupides et attardés qu'il soit.. Une corvée plus qu'une tâche à effectuer, en réalité, mais c'était dans mes fonctions, alors j'allais sagement obéir, comme dans mes habitudes.

C'est donc pourquoi je me retrouvais dans les couloirs, alors qu'il n'y avait plus cours, mais seulement option pour certains, à tenter d'aborder un élève pour lui parler de mon club. Mais pour l'instant, ça ne s'était pas montré très concluant, pas du tout même. Un plus grand occidental m'avait poussé contre un mur, pestant qu'il avait bien mieux à faire que de lire, et un groupe de jeunes filles m'avait ris au nez, gloussant ensuite en regardant un jeune homme, certainement à leur goût. Pourquoi était-ce si compliqué ? C'était certaine, j'allais finement choisir la prochaine personne que j'allais aborder, ne voulant pas me prendre une nouvelle veste en moins de deux. Et je ne comprenais pas. J'étais sérieux, habillé correctement et sobrement, bien coiffé et je pensais inspirer la confiance plutôt qu'autre chose.. C'était sans doute le club qui coinçait et rebutait les autres. Mes yeux scrutèrent donc les couloirs, alors que j'étais contre un mur, afin d'éviter d'être dans le passage des autres, et je tentais de me faire une idée des élèves qui passaient, rien qu'en espionnant sagement leurs habitudes, leurs manies, leur manière de se mouvoir et leur physique. Ce lycée était bien trop rempli de gens anormaux à mon goût. Mais heureusement, je ne manquais pas de ressources et presque pas de volonté. C'est pourquoi je me mis à marcher, tentant de trouver la personne idéale. Une jeune élève, surement une première ou seconde année, le nez dans son casier, me parut être un bon choix, si bien que je m'approchais d'elle, avant de l'aborder.

"Hum.. Fujioka ?" J'avais la chance de connaître son nom, puis qu'il était inscrit sur l'un des cahiers de son casier. Mal à l'aise déjà, et cherchant déjà un point de fuite quand elle allait se retourner et me regarder, je déglutissais rapidement, me disant que je ne devais pas craindre une enfant qui devait à peine entrer dans l'adolescence. "..Serait-il possible que tu m'accordes un peu de ton temps pour que nous parlions du club de littérature ?"

Rien de plus, et je me contenterai de sa réponse. Je n'étais pas de ceux qui aimaient forcer les autres et certainement que je n'aurai jamais fait un bon commercial. J’espérais tout de même qu'elle m'écouterait un minimum, puisque j'allais devoir justifier l'existence de ce club, il fallait y trouver assez de membres pour le faire tourner. Il était vrai que j'avais également choisi la facilité en abordant une jeune demoiselle, qui ne semblait ni farouche, ni enclin à me frapper pour une quelconque raison. Ou du moins, son apparence extérieur me disait ça d'elle.


Dernière édition par Elliot Livingston le Lun 27 Juin 2011 - 15:28, édité 2 fois
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(#) Re: I think I prefer to stay inside  Ven 22 Avr 2011 - 11:26

Saviez-vous à quel point il était difficile d'être différente dans une école japonaise, et encore plus lorsqu'il s'agissait d'un pensionnat ? La Kobe High School n'avait rien de prestigieux aux yeux de Nagisa. Le prestige, c'était sur le papier... Lorsque l'on était à l'intérieur et qu'on affichait un comportement différent du moule dans lequel tout le monde était censé entrer, prestige rimait soudainement avec vertige. Elle était ici depuis le début de l'année et commençait gentiment à se demander pourquoi elle s'était inscrite dans cette école. Elle se souvenait de la raison, mais trouvait maintenant, après quelques mois, que c'était sans doute la décision la plus stupide qu'elle n'ait jamais prise de toute sa vie. L'accident qu'elle avait eu avec un hachoir durant son enfance semblait presque être un meilleur choix que l'idée d'arriver ici.

Antisocial, c'était le terme qui la poursuivait. Au début de l'année, deux ou trois élèves de sa classe avaient tenté de sympathiser, même si elle ne se souvenait déjà plus de leurs noms. Cela avait été une réaction tout à fait naturelle de leur part. Naturelle dans le sens ou Nagisa transpirait la fragilité de tout son être et attirait donc involontairement plus ou moins la protection de toute sa classe. Si elle n'avait été que fragile sans être légèrement névrosée et phobique sociale, les choses se seraient sans doute mieux passé, mais cela impliquait d'être normal... ce qu'elle n'était pas.

Même si tout le monde avait abandonné l'idée de faire connaissance avec elle (hormis 2 ou 3 irréductibles qui revenaient tout le temps à la charge mais qui finiraient eux aussi fatalement par abandonner), la classe lui fichait la paix. On la laissait seule, on ne venait plus lui parler mais elle n'était pas victime de blagues douteuses ou dégradantes. En fait, la vie dans la salle de classe lui plaisait, hormis quand un professeur l'interrogeait et qu'elle devait répondre devant tout le monde. Soit elle bégayait complètement (mais donnait souvent la réponse juste) soit elle s'évanouissait... Mais cela n'était arrivé qu'une fois. Son cerveau avait mis au point différents mécanismes de défenses face aux questions des sensei qu'il s'était mis à considérer comme des agressions personnelles après avoir observé les réactions de sa propriétaire. Le mécanisme le plus simple pour éviter l'évanouissement, et ce dernier était tout neuf, était de déconnecter partiellement Nagisa de la réalité et de substituer les gens qu'elle voyait par l'image de son père et de sa mère. Cela marchait plutôt bien, même si l'image de la personne réelle subsistait en dessous, ça la calmait et c'était une bonne chose. Le gros inconvénient, c'est qu'avec ça, elle conservait un sourire complètement béat et tanguait, pour peu qu'elle soit debout, ce qui encourageait encore moins les gens à venir lui parler.

Comme je l'ai dis un peu plus haut, la classe lui fichait la paix mais ce n'était pas le cas du reste de l'école. La rumeur comme quoi une élève du nom de Nagisa Fujioka était complètement antisociale et trouillarde avait vite fait le tour de Kobe. La plupart des élèves avaient décidé de s'en ficher, mais un petit groupe s'était dit qu'il serait marrant de la persécuter. Elle n'avait jamais su de qui il s'agissait. Travaillaient-ils en groupe ou était-ce des élèves en particuliers qui ne savaient pas que d'autres faisaient la même chose qu'eux ? Difficile à dire mais, même si elle avait su leurs noms et prénoms, elle n'aurait pas été les dénoncer... trop peureuse qu'elle était de s'attirer encore plus d'ennuis.

Elle avait déjà eu droit aux punaises dans ses chaussures, au savon sur ses vêtements de sport (ce qui impliquait que même des filles étaient dans la course, ce qu'elle ne s'expliquait que difficilement) et aux menaces... Les menaces écrites étaient ce qu'ils semblaient tous affectionner le plus. Elle ne reconnaissait pas les écritures mais, au vu de ce qu'elle avait reçu déjà que ce soit dans son casier ou son bureau en salle de classe, elle avait réussit à déterminer qu'il y avait au moins 6 personnes qui avaient décidé de lui rendre la vie dure... peut-être plus, mais dans ce cas les autres n'avaient jamais pris le risque d'écrire.

Aujourd'hui, elle ne ruminait pas toutes ses idées noires. Les cours s'étaient terminé depuis un petit moment et, pour une fois, personne n'avait mis de punaises sur sa chaise ou de menace de lui casser la figure dans son bureau. La journée avait démarré sous de bons auspices, et même les sensei avaient décidé de lui ficher la paix en ne l'interrogeant pas une seule fois. C'était une journée comme elle aurait aimé qu'il lui en arrive plus souvent et, pour la première fois depuis son arrivée ici loin du cocon rassurant de la maison, elle eut l'impression que les heures avaient filé à une vitesse impressionnante. C'était d'un pas guilleret qu'elle s'était dirigée vers son casier, toutefois en évitant de passer trop près des gens afin de ne pas déclencher une crise de panique injustifiée et involontaire de sa part.

Ledit casier était vraiment quelque-chose de tout simple. Un casier avec son nom inscrit dessus qui, en plus, était pile à sa taille. Elle n'avait même pas besoin de se baisser ou de lever les bras pour atteindre ses affaire. Bon, évidemment, si elle avait mesuré une taille normale, elle aurait été fatalement obligée de se baisser mais, visiblement, être petite avait parfois ses avantages. Elle ouvrit son casier... et perdit immédiatement son sourire.

Trois, il y en avait trois de ces messages. Au début, ces derniers lui conseillaient surtout de quitter l'école pour qu'il ne lui arrive rien de mal... Maintenant, c'était carrément des menaces de mort, à peine voilée. Elle prit le premier et le déchiffra en tremblant (déchiffra car son propriétaire avait vraiment une écriture de cochon). Il disait : « Casse-toi, on veux pas d'une anormale comme toi ici. » Elle prit le deuxième et le laissa tomber au sol après l'avoir lu... « Je vais te tuer petite Fujioka, ce sera rapide. »

Mais ou était-elle tombée sincèrement ? Est-ce que Kobe était en fait une prison ou les détenus se tiraient dans les pattes ? Est-ce que le simple fait d'être solitaire impliquait qu'elle devait fatalement se prendre autant de coups dans son moral ? Elle prit le troisième... et ne le lu même pas. Les deux précédents avaient assez gâché sa journée et mit son moral au fond du trou, ce qui était très certainement le but, et elle n'avait pas envie de s'achever en lisant ce troisième message. Elle regarda un peu au fond du casier voir si il n'y en avait pas d'autres qui trainaient et constata avec un soulagement tout relatif qu'il n'en était rien. Relatif car demain pouvait être encore pire...

Elle avait déjà oublié le message qui trainait par terre, celui qui précisait qu'il allait la tuer (ce qui était probablement une menace destiné à faire peur mais que Nagisa, avec son sens des réalités totalement exacerbés ne pouvait pas s’empêcher de prendre très au sérieux.) et continuait à regarder un peu partout lorsque quelqu'un l'interpella en l'appelant par son nom.

Immédiatement, son esprit galopa vers de plus sombres contrée pour s'imaginer qu'il s'agissait d'un de ses bourreaux qui venait la harceler jusqu'ici, en personne, en se disant que les menaces écrites n'étaient plus assez marrantes. Ce n'était pas totalement irréaliste... Si elle continuait à laisser trainer les choses ainsi, c'était ce qu'il risquait d'arriver et, à ce moment là, Nagisa ne s'en sortirait peut-être pas qu'avec des blessures morales. A ce moment là, il serait sans doute trop tard. Non pas qu'elle était trop fière pour demander de l'aide... elle espérait juste qu'ils se lasseraient avec le temps. Si ils avaient dû se lasser, ils l'auraient déjà fait.

Elle recula très timidement pour voir qui l'avait ainsi interpellée et eut la certitude qu'il ne s'agissait pas de l'un de ces harceleurs qui lui pourrissait la vie. Il paraissait trop... triste ? Non ce n'était pas le mot, mais il avait l'air déprimé malgré tout. Elle se demanda bien pourquoi... mais s'abstint de le dire à haute voix.


« Oui ? »

C'était la réponse à l'interpellation, et il s'empressa de parler, comme si il avait peur qu'elle s'enfuie. Le club de littérature ? Elle n'en avait jamais entendu parler... néanmoins, le jeune homme qu'il y avait en face d'elle était de ce genre qu'elle appréciait au premier coup d’œil, car il lui ressemblait. En ce moment, elle voyait Elliot comme l'un de ses semblables, et elle ne savait même pas pourquoi. Elle avait aussi l'impression qu'il était venu lui parler à contrecœur, elle ne comprenait pas vraiment pourquoi...

Elle réfléchit quelque-peu... Elle avait envie de se changer les idées et d'oublier ce qu'elle venait de vivre à l'instant, alors oui, elle accorderait un peu de son temps à ce garçon pour parler du club de littérature et tenterait par la même occasion de passer pour une fille normale. Lorsqu'elle reparla, sa voix tremblait très légèrement, mais elle conservait un petit sourire de circonstance. Elle appréciait déjà le jeune homme simplement car il n'envahissait pas son espace vital, il conservait une certaine distance entre eux deux.


« Oui, je veux bien parler avec toi du club de littérature... Est-ce que tu recherches des membres ? »

Elle avait posé la question comme ça, au hasard et dans le vent, mais considéra sérieusement l'idée de le rejoindre... Elle aimait bien lire, et ce club là avait l'air plutôt calme. Elliot ne le savait pas encore, mais il venait probablement de gagner une nouvelle membre en la personne de Nagisa qui s'était décidé très vite à dire oui si le jeune homme lui proposait d'entrer dans le club.

Son regard tomba sur le bout de papier qui contenait la menace de mort, trainant toujours par terre et elle se baissa précipitamment pour le ramasser avant que le regard du jeune homme ne tombe dessus. Tellement précipitamment en fait qu'elle se cogna violemment la tête à son casier encore ouvert et tomba au sol, à moitié assommée, et n'ayant toujours pas ramassé ledit bout de papier.
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(#) Re: I think I prefer to stay inside  Lun 25 Avr 2011 - 17:33

● Ils devaient être attaché à la lecture non ?

Je n'étais décidément pas un bon vendeur. Et c'est pour cela que je devais m'attaquer d'abord aux élèves qui semblaient aisément abordables, avant de pouvoir jouer la carte du bouche à oreille ou du copinage pour avoir un peu plus de membres. Cela ne m'enchantait pas tellement d'aller vers les élèves les plus jeunes, ils allaient être certainement bien plus difficiles à gérer, pas toujours concentré, et leur âge faisait qu'ils n'avaient ni la même mentalité, ni la manière de voir les choses d'un jeune adulte. Beaucoup moins de recul, de remise en question, d'étonnements. Ce pourrait être intéressant de mêler leur avis si..frais à ceux des autres, mais je savais déjà qu'ils allaient être bien limités parfois, ne sachant pas reconnaître la grandeur et la magnificence d'un écrit par apport à un autre, par exemple. Si les jeunes étaient, bien plus couramment, dans l'histoire, l'intrigue et le fond, j'étais beaucoup plus attaché à la forme, à la syntaxe et au style de l'auteur. J'aimais les histoires simples, sans super héros ni super sorcier amorphe et cicatrisé. Et il était de même pour les personnes de mon âge, ceux qui aimaient réellement la littérature, et qui prenaient le temps d'apprécier un livre pour la qualité de son écrit. C'est ce que je pensais, ou espérais, du moins. Je n'y avais pas réellement pensé auparavant, mais surement que je devrai passer une annonce en cours, quand nous n'étions qu'en demi groupe et donc, qu'entres littéraires. Ils devaient être attaché à la lecture non ? Où au minimum, ils devaient posséder une certaine culture en la matière, puisque leurs études avaient été menées en ce sens. Oui, et j'allais surement me servir de l'heure d'Anglais, le mardi matin, pour faire ma propagande. Je n'étais pas non plus un bon despote, et à l'évidence, la Corée du Nord gagnerait à m'avoir pour gouvernent..

Pour l'instant, je devais m'occuper de ma nouvelle victime que je détaillais rapidement des yeux, plus par habitude que par envie de porter un jugement sec et acerbe. Elle semblait normale, voir basique. Mais très vite, mon regard ne pu s'empêcher de s'attarder sur l'une de ces mains, salement amochée par une vilaine cicatrice. Je n'en avais jamais vu d'aussi imposante, surtout sur une partie si petite du corps humain. A côté, ma blessure de jeunesse à l'avant bras pouvait se comparer à la blessure de guerre d'un enfant, tombé sur son genoux droit lors de jeux de colamaya. Vraiment rien, et si la mienne tendait à se blanchir avec le temps, je doute qu'elle puisse espérais d'une telle discrétion de la part de sa mutilation. J'eus quand même la présence d'esprit de bouger mon regard de cet endroit, pas certain qu'elle apprécie réellement de me voir ainsi l'épier. C'était sa vie, et j'étais de ceux qui n'aimaient pas tellement en apprendre sur les autres. Déjà, et en premier lieu, je m'en contre-fichais royalement. Gérer sa propre existence pouvait s'avérer être une chose bien complexe, alors s'intéresser à celle des autres.. C'était au dessus de moi, de mes forces et de l'empathie que je ne ressentais quasiment pas. C'était comme faire quelque chose d'inutile, mais le faire par obligation. Je ne me forçais donc pas, et si j'affligeais cette doctrine aux autres, j'étais de la même sorte. Je ne parlais de moi, je savais que les autres n'en avaient pas besoin. J'étais bien assez grand et réfléchi pour faire face aux épreuves de la vie et j'avais énormément de mal avec la curiosité malsaine, il fallait dire. Oui, ceux qui cherchaient toujours à vouloir aider les autres étaient les pire, puisque ce n'était pas naturel. L'homme est un animal sociable non ? Il fallait donc qu'il y ait toujours une bonne raison de s'attacher et de s'attendrir sur l'histoire des autres. Une raison personnelle et égoïste, bien entendu.

Et puis badaboom. Comme le disent les jeunes enfants. Soupirant mollement, j'étais à présent l'heureux comparse d'une jeune demoiselle maladroite. Je lui laissai quelques secondes pour qu'elle reprenne correctement ses esprits, avant de l'aider à se relever. Je ne pouvais la sermonner d'être maladroite à ce point, puisque j'étais souvent du même genre, mais quand même.. Et tout cela pour un bon de papier..Je sortais donc une petite bouteille d'eau de mon sac à bandoulière pour lui donner, qu'elle puisse prendre le temps de s’éclaircir les idées.

"Tu devrais faire attention réellement.. Et tu risques d'avoir une belle bosse d'ici quelques jours.. Pas réellement malin pour aller parler aux garçons." J'esquissais un faible sourire en coin, pour la mettre en confiance, me doutant bien que cela ne devait être l'une de ces préoccupation favorite. Et puis, je m'abaissais pour ramasser le bout de papier qui semblait si important, en faisant attention à ne pas le lire, le retournant donc dès qu'il ait quitté le sol. "Ne t'inquiètes pas, je ne suis pas du genre curieux." Annonçais-je en lui tendant son bout de papier. ".. Du moins, pas pour les individus, mais j'ai une certaine curiosité d'apprendre, c'est certain."

Oui, c'était aussi important qu'elle ne me voit pas comme une personne trop détachée de tout pour être un bon président de club. C'était ça aussi, savoir vendre son produit non ? Je reposais ensuite ma main sur mon sac, assez content de ne pas avoir ameuté le couloir entier. C'était l'après midi et tous avaient mieux à faire que de s'occuper de l'échange enflammée d'une première ou seconde année, avec un blondinet Anglais aux airs si austères.
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(#) Re: I think I prefer to stay inside  Mar 26 Avr 2011 - 10:31

Nagisa ne pensait pas exactement comme le jeune homme. Il ne lui fallait pas de raisons pour s'attendrir sur l'histoire des gens, mais toujours était-il qu'elle avait remarqué son regard sur sa main qu'elle ne prit pas la peine de cacher. Après tout, il l'avait vue à présent et la cacher serait aussi utile que de dire que Big Ben n'existait pas. De toute manière, il ne semblait pas s'en inquiéter plus que ça. Il ne lui avait pas fait la scène qu'on lui faisait la plupart du temps, à savoir s'inquiéter de manière exagérée et lui demander ce qui lui était arrivée, alors que la cicatrice était clairement vieille de plusieurs années même si elle n'était pas belle à voir. Ce genre de réactions de la part des gens lui donnait généralement l'envie d'être ailleurs le plus rapidement possible.

Ce qu'avait fait Elliot, c'était faire preuve de respect, et la jeune fille trouvait cela admirable. Rien que par ce geste tout simple qui consistait à ne pas poser de questions indiscrètes (ce que d'autres ne se gênaient pas pour faire), il avait gagné sa sympathie. Bon après, il y avait eu le passage ou elle s'assommait et elle n'avait plus pensé à rien d'autre qu'à la bosse qui commençait à se former sur son crâne. Dans le brouillard de la douleur lancinante qui lui martelait le crâne à présent, elle entendit le jeune homme lui dire que sa bosse ne serait pas la meilleure des stratégies pour aller parler aux garçons, ce à quoi elle répondit d'une voix un peu pâteuse, reprenant toujours ses esprits.


« Je ne parle pas aux garçons, je ne parle à personne. »

Et puis, généralement, elle s'intéressait plutôt aux filles, bien que les garçons ne la laissaient pas indifférentes non plus... ça dépendait lesquels toutefois.

En fait, celui qui était en face d'elle était le premier garçon à qui elle adressait la parole depuis le début de son année scolaire. Oh comme d'habitude, il y en avait bien qui avait essayé avant lui, mais elle les avaient évités comme la peste. Non pas qu'ils semblaient méchants, mais Nagisa étant ce qu'elle était, c'était par pur réflexe qu'elle avait procédé ainsi.

Elle lui avait tendu la main gauche lorsqu'il l'avait aidé à se relever, et c'était là aussi un réflexe. Non pas qu'elle se souciait à présent qu'il puisse voir sa cicatrice puisqu'il l'avait déjà aperçue. C'était simplement pour ne pas lui broyer les doigts... N'ayant plus aucune sensibilité dans ladite main avec la cicatrice, le cerveau avait toujours le réflexe de la faire serrer le plus fort possible afin de ressentir une sensation, ce qui ne marchait pas bien sûr mais qui aurait pu faire très mal à celle d'Elliot qui, elle, avait logiquement toute sa sensibilité. Lorsqu'il lui tendit la bouteille d'eau, elle la saisit de la main droite tandis que la gauche était en train de tâtonner à l'endroit ou elle s'était tapée afin d'évaluer la taille de la bosse qui allait en résulter. Apparemment, ce n'était pas trop grave et aurait disparu d'ici quelques jours, mais elle aurait mal à la tête pour encore une bonne heure vu comment elle avait tapé de toute sa force.

Si le cerveau avait le réflexe de serrer le plus fort possible pour faire ressentir des sensations, Nagisa le contrait généralement en desserrant son étreinte. Lorsqu'on ne ressentait plus rien, il était difficile de dire à quel niveau de force on agrippait quelqu'un ou un objet et le contre de Nagisa à l'égard de la bouteille d'eau fut un peu trop violent, dans le sens ou elle desserra beaucoup trop les doigts et vit cette dernière lui échapper. Dans un admirable réflexe qui l'étonna elle même, elle se baissa et la rattrapa de la main gauche juste à temps pour voir le jeune homme ramasser le bout de papier.

Elle eut un léger début de panique en se disant qu'il allait fatalement le lire mais, une fois de plus, elle fut agréablement surprise en voyant qu'il avait pris le soin de le prendre du coté ou c'était blanc, avant de le lui tendre en disant qu'il n'était pas du genre curieux. Elle bu un peu à la bouteille et la lui retendit finalement, prenant le bout de papier en même temps. Elle le déchira en un bon million de morceaux et fourra ça dans son casier.


« C... C'est gentil de ta part, de toute façon, c'est quelque-chose qui ne concerne que moi. »

Ce n'était pas totalement vrai. Une affaire pareille de harcèlement moral et de menaces de mort ne concernait pas que Nagisa. Elle concernait aussi le personnel enseignant mais la jeune fille aurait préféré mourir plutôt que d'aller se plaindre. Au fond d'elle-même, elle pensait qu'elle méritait ce qui lui arrivait. Après tout, elle était trop différente non ?

Elle avait parlé d'une petite voix tremblante au jeune homme à propos du bout de papiers... Et juste après cela, elle le déchira en un bon million de morceaux qu'elle jeta dans son casier avant de le refermer. En fait, elle s'était coupée involontairement auparavant et ne savait même plus ce qu'elle disait avant de s'éclater la tête sur le métal. Elle fouilla un peu dans ses souvenirs immédiats et remonta jusqu'à la source. Si le jeune homme était venue lui parler c'était pour...


« Le club de littérature ! »

Elle se rendit compte qu'elle avait parlé à haute voix et se mit une main sur la bouche en guise d'excuse, la gauche... la droite restant timidement cachée dans son dos. Même si Elliot l'avait déjà vue, elle ne comptait pas la lui exhiber à tout bout de champs non plus. Elle s'était dit qu'elle allait rejoindre le club de littérature, mais en y réfléchissant, est-ce que c'était une bonne idée ? Elle aimait bien l'impression de calme qui avait l'air de se dégager de ce club mais... ce n'était pas qu'elle n'aimait pas lire, mais ce n'était pas non plus son activité favorite même si elle devait bien avouer qu'un bon roman de temps à autres faisait du bien. Après tout, elle était ici depuis le début de l'année et n'avait rejoint encore aucun club, alors pourquoi pas celui-ci ?

« Je me rappelle maintenant. Tu m'as parlé du club de littérature euh... »

Elle se rendit compte qu'elle ne savait toujours pas son nom, et se rendit compte également qu'ils n'avaient pas commencé par la base de toute discussion avec un inconnu : La présentation. Elle ne l'avait plus fait depuis tellement longtemps qu'elle avait oublié. Elle mit les mains dans le dos et, avec un sourire, se présenta finalement.

« Je m'appelle Nagisa Fujioka, je suis en première année et je serais ravie de rejoindre le club de littérature... pas seulement pour te faire plaisir, mais bien parce que j'en ai envie. »

Elle ne savait pas vraiment pourquoi elle avait rajouté cela à la fin. Peut-être parce que son interlocuteur avait l'air blasé... et qu'elle avait envie de lui remonter le moral. La petite fille triste et solitaire, c'était elle en général, et bien qu'elle le supporte aisément sur sa personne, elle n'aimait pas du tout le voir chez les autres...
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(#) Re: I think I prefer to stay inside  Mar 3 Mai 2011 - 18:20

● C'était une erreur de paraître aussi absent devant une autre personne.

Ne parler à personne ? C'était certainement un peu exagéré, comme le faisaient particulièrement les jeunes de son âge. C'était impossible de ne parler à personne dans un endroit pareil et même si elle était aussi introvertie et timide qu'elle semblait vouloir le faire croire, je me doutais qu'en elle brûlait l'envie de se lier à d'autres. C'était toujours ainsi chez les plus jeunes. Ils disaient souvent le contraire de ce qu'ils désiraient vraiment. Et rien que l'intonation plutôt désolée de sa voix tendait dans ce sens. Peut-être avait-elle peur de la différence, ce constater de la méchanceté gratuite des autres adolescents.. Surement l'avait-elle vécu, d'ailleurs. Mais ce n'était pas une raison pour dire de telles sottises. Elle venait de me parler d'autre part, alors ses propos ne tenaient déjà plus la route. C'était une manière de me dire qu'elle se sentait mal ? Ou une barrière mise en place pour que je ne cherche pas plus à en savoir sur elle ? Je ne savais réellement. J'avais toujours eu du mal à comprendre les autres, parce qu'ils ne fonctionnaient jamais comme j'avais l'habitude de le faire. Je ne pensais pas avoir raison, ou agir comme il le fallait, mais j'avais du mal à faire avec la logique des autres, à les comprendre, à ressentir ce qu'ils essayaient de me faire comprendre. C'était certainement pour cela que je n'étais pas un bon ami, ou que je pouvais être simplement un ami de surface. Je n'arrivais pas à aider les autres, parce que je n'arrivais pas à mettre de l'importance sur leurs souffrances, quand je ne les comprenais pas. Il était difficile de compatir, quand ma logique me disait que c'était normal, que c'était une étape de la vie, que c'était une chose qui allait arriver, de toute manière. Certainement que ça n'allait pas être la même chose si cela m'infectait directement, mais ma vie avait été si tranquille et si paisible, jusqu'à mon arrivée ici, que je n'arrivais toujours pas à être triste pour les autres.. Pourquoi d'ailleurs, si ça ne me concernait pas ? Dans ce cas, je devrai être constamment triste, pleurant sur le sort des humains qui n'avaient pas la même chance que nous. Mais non, c'était ainsi, c'était injuste et surement assez violent à admettre, mais je n'y pouvais rien, malheureux ou pas.

Enfin, je ne me voyais pas comme totalement dépourvu de sentiments. J'étais mal, également, alors que je paraissais plutôt normal. Mais comme je n'aimais pas me mêler des affaires des autres, je ne laissais personne venir dans les miennes. Isaki-san en avait fait les frais, alors qu'il ne cherchait qu'à m'aider ? Je n'avais pas réellement su en fait. Non, je ne savais toujours pas. Pourquoi l'avait-il fait ? Je comprenais son geste et l'intention de m'éviter une bête et irréfléchie mort, mais je n'arrivais pas à découvrir pourquoi il avait tenté d'en savoir plus, de connaître le fond de la forme.

Mais je ne voulais pas. Je ne voulais absolument pas qu'on vienne à apprendre ce qui s'était passé au pensionnat. Déjà, si je le faisais, cela allait remuer bien trop de choses pour laisser l'établissement intact, et comme il en était parti, j'aurais été le seul qui en aurait pâti. Bien triste avenir que d'être considéré comme le pauvre petit étranger qui avait subi une chose aussi horrible. Si il y avait quelque chose que je ne supportais pas, c'était bien la pitié. Ou comment faire croire aux autres que l'on pouvait comprendre leurs souffrances. C'était impossible de savoir ce que je pouvais ressentir quand je me retrouvais seul, en boule dans mon lit ou encore sous la douche les yeux rivés constamment sur la poignée de porte, à craindre qu'un autre vienne à l'ouvrir pour recommencer. C'était des peurs absurdes et dénuées de sens, tout les êtres humains n'étaient pas comme lui, mais je ne pouvais m'empêcher d'y penser à chaque fois, et presque à chaque instant. Alors comment pouvait-on comprendre une telle paranoïa ? Je n'étais pas fou, et pourtant, je me sentais partir à la dérive, doucement, lentement, comme si j'avais en plus à en être conscient. Je me refusais tout laisser aller. Je m'interdisais de faiblir devant les autres.

Je la laissais donc me parler, puisqu'elle semblait avoir envie de le faire, profitant de ce court instant pour penser à certaines choses. Il ne fallait pas non plus que je me laisse trop emporté. J'étais souvent bien plus tête en l'air à présent, comme dans les nuages, et ce n'était pas réellement bon pour ma réputation de personne sérieuse. C'est pourquoi je n'entendis pas la moitié de son discours, pris assez au dépourvu, les yeux posés sur la fermeture de l'un des casiers derrière elle. C'était une erreur de paraître aussi absent devant une autre personne, je devais me ressaisir, vite.

"Hum.. Ah.. Oui." Bafouillais-je en clignant des yeux deux ou trois fois. J'avais entendu ses prénom et nom, et avec le reste, je pouvais aisément reconstituer sa phrase sans trop me tromper. "Je me nomme Livingston, et me prénomme Elliot. C'est assez difficile pour les Japonais de le retenir en général, alors si tu désires vraiment entrer dans le club, je suppose que tu peux m'appeler Sempai."

C'était comme cela, au Japon, non ? Dans les livres que j'allais vu, c'était ainsi en tout cas. Et même si elle me reprenait de mon erreur, elle trouverait bien le moyen de prononcer mon nom si étrange pour les asiatiques. Pour eux qui n'avait pas l'habitude de trouver des "L" dans leurs mots, mon patronyme et mon prénom devait bien difficile à comprendre, surtout à l'écrit. Heureusement que le lycée n'était pas seulement, et pratiquement Japonais. C'était un lycée international en plus, et beaucoup des pensionnaires nippons avaient de fortes connaissances sur les langues occidentales, parce que beaucoup possédaient une double nationalité. Je n'avais pas appris les profils des élèves par cœur, alors c'était toujours une découverte quand j'allais parler à quelqu'un de nouveau, comme là. Je savais qu'Izaki-san n'avait pas tellement de problème avec l'Anglais, alors il ne lui avait pas fallut énormément de temps pour prononcer, à peu près correctement, mon prénom.

"J'ai dans mon sac le formulaire d'inscription, tu souhaites y répondre de suite ?" Annonçais-je en le tapotant légèrement de ma main posée dessus. "Mais ça ne sera pas très facile ici, alors tu peux toujours revenir aux horaires d'ouvertures du club.. Tu verras, il n'y a pas foule, alors pas de risque de te faire bousculer."

Oui, mon club n'avait pas un franc succès, et j'étais le premier à l'admettre.. Et à aimer cette situation. Et là, maintenant ? Elle n'avait pas le temps ? Je disposais d'un double des clés de la salle en question, surement aux vus de mon âge et de mon dossier scolaire, et il m'était toujours possible d'y accéder assez facilement. De plus, l'administration avait bien fait son travail, et nous nous trouvions juste à côté de la bibliothèque de l'école. Quoi de plus agréable pour y faire une petite expédition, quand nous devrions choisir un nouveau livre ?

"..Ou tu peux venir avec moi au club maintenant. Je ne pense pas que l'on nous en voudra de l'utiliser pour ça." Ma voix restait la même tout du long, calme et plutôt monotone. Presque comme si la conversation pouvait m'ennuyer.

Au moins, la petite n'était ni débordante d'énergie, ni trop énervée pour courir partout et me prendre la tête au bout de quelques minutes. Elle ne l'avait certainement pas remarqué, mais elle était le genre de personne que j'appréciais.
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(#) Re: I think I prefer to stay inside  Jeu 5 Mai 2011 - 20:08

Elle n'était pas dans les pensées du jeune homme en face d'elle, mais si elle avait pu les entendre elle l'aurait contredit sur le champ. Elle ne parlait effectivement à personne. Jusqu'à présent, il avait été la première personne à lui adresser la parole dans l'école et, surtout, il était le premier à avoir reçu une réponse. Il ne le savait sans doute pas, et ne le saurait sans doute jamais, mais c'était une chance qu'il ne risquait pas de voir se reproduire avec quelqu'un d'autre... Enfin, pas vraiment puisque la prochaine se déroulerait sous la douche là ou ce dernier n'avait pas accès, mais ça, même Nagisa ne le savait pas encore.

Pour l'instant, toute son attention était tournée vers le garçon dont elle ne connaissait pas encore le nom. Elle ne savait pas pourquoi mais il lui semblait... comment dire ? Morne, plat, sans substance, presque immatériel. Ce n'était sans doute qu'une impression mais elle la ressentait tellement nettement qu'elle se demandait tout de même si ce n'était pas plus que ça. Et puis, est-ce qu'il n'était pas un peu trop monocorde ? Est-ce qu'il n'aurait pas dû faire preuve d'un peu plus d'enthousiasme en constatant qu'il avait une nouvelle membre pour son club ? Est-ce que... ?

Oh ? Je ne vous l'ai pas dis ? Si il y avait bien une chose qui était plus fort que toutes les phobies, névroses et tics nerveux dont souffrait la jeune fille (et qui les écrasaient tous dans une victoire écrasante en fait) c'était sa curiosité. Ce garçon aux cheveux blonds avait éveillé sa curiosité, et maintenant que la machine s'était mise en marche, elle ne pouvait plus l'arrêter. Le fait était que c'était pratique car elle oubliait toutes ses appréhensions à l'égard de l'inconnu mais avait également ses points noirs. Comme par exemple le fait qu'elle chercherait immanquablement à en savoir un peu plus sur lui et qu'elle aurait nécessairement sans doute des questions indiscrètes. Pour l'instant elle se contenait mais sa curiosité avait provoqué des changements visibles en extérieur.

En premier lieu, elle semblait beaucoup moins craintive et beaucoup plus ouverte au monde extérieur. En fait, c'en était presque choquant car elle ressemblait à une jeune fille de son âge, complètement normale. Lorsqu'il lui annonça son nom, elle tenta tant bien que mal de le prononcer histoire de montrer qu'elle l'avait retenu.


« éliiioté Li... Liva... Livinguesaaune... Enfin, sempai ira très bien... »

Effectivement, c'était dur à prononcer. Contrairement à la plupart des japonais et japonaises, Nagisa n'avait aucune haine particulière envers les gaijin. En fait, grâce à l'éducation de son père, elle les trouvaient assez fascinants. C'était ce dernier qui lui avait appris, principalement car il avait beaucoup voyagé dans sa jeunesse, à être tolérant envers les étrangers et, surtout, que la culture japonaise avait beau être belle et riche, elle n'en était pas pour autant supérieure aux autres. Rencontrer un gaijin, c'était rencontrer de la différence. Et comme elle était elle-même différente à sa façon, elle ne se sentait que plus proche de ces derniers.

Elle considéra la question qu'il lui avait posé. Désirait-elle remplir le formulaire tout de suite ? Elle avait pris la décision sur un coup de tête mais savait pertinemment que si elle prenait le temps d'y réfléchir, elle se rétracterait. Elle se connaissait trop bien pour savoir qu'il n'y avait pas d'autres alternatives possible et hocha doucement la tête, bien qu'un peu hésitante, en réponse.

Il venait plus ou moins d'admettre que son club ne rencontrait pas le succès escompté et, même si elle ne l'annonça pas à haute voix (ne sachant pas vraiment quel serait la réaction de son interlocuteur si elle le faisait), cela lui allait très bien. Moins il y avait de monde, mieux elle se portait. Néanmoins, revenir plus tard ne lui plaisait guère. Après tout, comme cité plus haut, si il lui laissait le temps... Elle fut ravie qu'il lui propose de le faire directement et, cette fois, son hochement de tête fut beaucoup plus assuré.


« Cela me va très bien, je te suis. »

Ce Elliot Livingston, avec ses manières un peu pataude, apathique, était le genre de personne qui lui plaisait, même si il ne s'en doutait certainement pas. Après tout, plus ils étaient calmes, moins ils avaient de chances de lui faire du mal. Logique idiote, mais efficace...
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(#) Re: I think I prefer to stay inside  Mar 17 Mai 2011 - 11:40

● C'était bien plus pratique que de laisser la salle ainsi.

Si la journée continuait ainsi, alors j'allais finir par avoir assez de membres au club, voir même un peu trop. Non, c'était simplement une légère plaisanterie mentale, et je savais bien que le reste n'allait ps être si simple. Pour parler comme Edwin, avec beaucoup moins de professionnalisme que lui, je venais de franchir le premier niveau du monde imaginaire de l'un de ces jeux vidéos. Il avait bien voulu me montrer une fois, me certifiant que j'allais adorer, et que nous allions pouvoir nous amuser ensemble réellement. Je proposais toujours des jeux de sociétés à Edwin. Des jeux de logiques, des jeux de lettres et des jeux éducatifs. Même le célèbre Monopoly ne lui allait pas. Il perdait chaque fois, ne sachant pas gérer ses biens de manière astucieuse. Père appréciait beaucoup nous voir jouer à un tel divertissement, du moins, quand j'étais un peu plus jeune. C'était un procédé comme un autre d'apprendre la gestion de l'argent et d'une entreprise.. A un certain niveau. Mais les jeux vidéos. J'étais contre, bien entendu. Non pas que je connaissais déjà l'avis de Père la dessus, mais de ma propre opinion, ils étaient bien plus nocifs qu'autre chose. Un coup de pouce à l'imagination des enfants ? Comment un hérisson bleu, qui courrait plus vite qu'un guépard, et ramassait des anneaux d'or, tout en tuant des monstres en leur sautant dessus pouvait donner du bon sens à un enfant ? L'imagination avait ses limites, et elle avait été largement dépassée ici. Mais Edwin aimait cela, et il avait toute les plateformes de jeux qui devaient exister. Il lui arrivait même parfois de me parler de certains. Je me fichais bien qu'un espion secret avait réussi à empêcher une attaque nucléaire sur le monde, par une espèce de machine mobile. Edwin m'exaspérait vraiment parfois, un peu trop pour désirer le revoir prochainement. Je me demandais même quand il allait commencer à grandir et quand nous pourrions avoir une conversation sur l'histoire de notre pays et de notre grande et majestueuse Famille Royale sans l'entendre soupirer et détourner le regard un peu partout au bout de quelques minutes. Si la pomme que j'étais s'était sagement appuyé contre l'arbre, son fruit avait du rouler des heures entières, s'éloignant le plus possible de ses racines.

Mais là, il n'était en aucun cas question d'Edwin, comme il n'en serait plus question pendant un petit moment. Même si les vacances d'étés approchaient, et que j'allais certainement devoir rentrer et remplir mes devoirs de fils ainé, j'avais encore du temps devant moi pour souffler, pour me reposer de tout ce qui m'attendait de l'autre côté de la planète bleue. Fujioka et moi marchions sans un mot, certainement parce qu'aucun de nous deux ne trouvaient de quoi alimenter la conversation. Pourquoi parler pour dire de piètres futilités, de toute manière ? Bien, elle avait la sagesse qu'Edwin ne possédait pas encore, et cela allait être surement bien reposant d'avoir un tel membre au club. Et si je ne pouvais pas refuser un membre spontané, je pouvais tenter de contrôler ceux que j'allais moi même chercher, évitant subtilement ceux qui ne correspondaient pas à mes critères. Evidemment que je n'aurai pas du agir ainsi, mais c'était le sélection naturelle non ? Je pensais à mon bien être avant tout, et à m'imposer une difficulté réduite.. Comment pourrait-on m'en vouloir ?

"C'est ici." Bien heureusement, nous n'étions pas réellement loin du dit-lieu. "Tu permets ?" La jeune fille étant du côté du mur, et donc de la porte, je préférais la prévenir, plutôt que de franchir son périmètre de sécurité. Je n'aurai pas aimé que l'on s'approche ainsi de moi sans m'en tenir compte, il m'était donc essentiel d'en faire de même. "Je possède toujours les clés de cette salle de classe non utilisée. Tu verras, elle est légèrement moins grande que les autres, mais ce n'est plus plus mal." Tout en parlant, je m'affairais à ouvrir la serrure, puis la porte, pour y entrer de suite.

Comme à l'accoutumé, la salle n'avait pas bougé d'un iota. Les chaises étaient parfaitement rangées à leurs places, les bureaux droits, disposés en carré pour plus de convivialité lors de nos débats. Il nous était arrivé d'enlever franchement les bureaux, pour ne laisser que les chaises, mais très vite, nous nous étions rendu compte de la laborieuse remise en place du matériel. C'était bien plus pratique que de laisser la salle ainsi. Contre les fenêtres, une commode renfermait des livres, mais elle était fermée, et donc, cela la jeune fille n'allait pas pouvoir le constater. Après mon rapide coup d’œil d'inspecteur sur la pièce, j'entrai donc un peu plus pour lui laisser la place de faire de même, pivotant sur moi même pour ne pas lui faire totalement dos. Presque machinalement, je scrutais sa réaction à la découverte de la pièce. Elle en aurait certainement une, et bonne ou mauvaise, j'allais partiellement la prendre pour moi. J'étais le président du club à présent, et notre lieu de rencontre devait refléter le genre de personne que j'étais. C'était peut être stupide, mais je ne voulais en aucun cas qu'elle puisse penser de moi que je puisse être un homme négligé et négligeant.

"Comme tu peux le voir, tout est à sa place, comme je l'aime." M'empressai-je d'ajouter pour me rassurer. "Tu peux te mettre à l'aise, et prendre ton temps si tu as des questions, je ne suis pas réellement pressé."

Et en fait, je n'avais pas réellement envie de la laisser filer, pour devoir recommencer à nouveau à recruter. Rester sur une victoire m'était bien plus gratifiant que de risquer d'essuyer un refus. M'avançant vers l'une des tables, j'y posais ma besace, sortant le formulaire d'inscription, ainsi que de quoi écrire.
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(#) Re: I think I prefer to stay inside  Mer 18 Mai 2011 - 15:37

Nagisa n'avait pas d'avis particulièrement tranché sur les jeux-vidéos. Contrairement à Elliot, elle n'aurait pas refusé si on lui avait proposé... Ah pardon, je reprends. Elle n'aurait pas refusé si son père ou quelqu'un qu'elle considérait comme un ami extrêmement proche le lui avait proposé. Elle n'aurait peut-être pas adoré mais aurait très certainement trouvé le moyen de s'y amuser.

Ce dont elle était complètement folle ? Les téléphones portables... ce qui était plutôt concept lorsque l'on savait que les seuls numéros qui étaient inscrit dans son répertoire était ceux de ses parents. Néanmoins, il y avait environ 2 ans, son père avait décidé de lui offrir un de ces petits appareils pour son anniversaire et elle en était tombée totalement amoureuse. Depuis, à chaque fois qu'un nouveau modèle sortait, elle allait l'acheter avec les sous de son papa. Ce dernier ne lui en tenait pas rigueur, principalement car il laissait tout passer à sa fille mais aussi car elle ne demandait rien d'autres. L'emmener dans une boutique de vêtements au moment des soldes était le meilleur moyen de déclencher chez elle un ennui profond et une soudaine envie d'aller prendre l'air en vous laissant faire vos achats tout seul. Ce n'était pas qu'elle n'aimait pas se faire belle, elle s'habillait rarement comme un vieux sac, mais elle ne comprenait pas comment toutes ces filles (par ailleurs bien superficielles à son goût) pouvait se précipiter dans les boutiques uniquement pour y acheter du tissu moins cher, et le tout en masse ce qui était encore plus inexplicable.

Bon par contre, il ne fallait pas l'emmener dans une boutique de téléphonie mobile car elle adoptait exactement le même comportement que les filles qu'elle trouvait pourtant si superficielle, et ce que ce soit jour de soldes ou pas. Généralement, elles repartaient avec beaucoup d'accessoires et de matériels dans des petits sacs tandis que son porte-monnaie s'était allégé d'une somme considérables de yens.

Enfin, ce n'était pas exactement le sujet en ce moment. Elle irait probablement revoir ses parents durant les vacances, quoi que elle n'en était pas encore sûre, mais pour le moment elle se concentrait sur l'instant présent. Elle suivait son tout nouveau sempai à travers les couloirs jusqu'au moment ou il arriva devant une porte en annonçant que c'était ici. Elle recula promptement en hochant la tête lorsqu'il lui demanda si il lui permettait et écouta tout son monologue sans l'interrompre ni même penser à y répondre.

Elle ne savait pas exactement ce qu'elle faisait là... A la base, elle lisait des lettres de menaces qui, bien qu'habituelles, ne lui en faisait pas moins mal et avait décidé de rejoindre le club de littérature principalement pour se changer les idées même si elle s'était plus ou moins persuadée que c'était car elle en avait réellement envie. Elle ne savait pas non plus ce qu'on faisait dans ce club... On lisait des livres, c'était sûr, mais... c'était tout ?

Enfin, loin d'elle l'idée de vouloir dénigrer l'activité d'un club (et elle aimait bien lire aussi), mais comment le fait de lire en permanence pouvait se révéler amusant à termes ? Est-ce que l'on devait aussi composer ses propres histoires ? Dur à deviner...


*Je suppose que je le saurais en y participant.*

Pensée logique mais qui était néanmoins effrayante. Avec Elliot, ça allait, elle ne se sentait pas effrayée mais elle était tout de même en train de se demander qui était les autres membres ? Est-ce qu'ils étaient tous comme lui ? Ou est-ce qu'il y avait des jeunes hommes surexcités qui lui sauterait dessus à la première occasion ? Est-ce qu'il y avait des filles avec les mêmes intentions ?

Cela faisait beaucoup de pensées idiotes en une fois et elle secoua la tête pour les chasser. La porte s'ouvrit finalement et elle fit un pas à l'intérieur pour mieux observer la pièce.


*Propre et rangé.*


Et c'était tout. Contrairement à son sempai elle n'accordait que peu d'importances à l'état d'une pièce. Elle pouvait très bien étudier ou lire dans une pièce bordélique au possible du moment qu'elle avait un petit coin ou s'asseoir. En fait, elle préférait presque les pièces en désordre car l'espace y était réduit, ce qui signifiait qu'elle contenait moins de personnes et que les distances limites de sécurité risquaient beaucoup plus d'y être respectée. De plus, elle aimait beaucoup les petits coins confinés, alors le fait que la pièce soit moins grande comme l'avait annoncé son vis-à-vis était très bien accueilli de la part de la jeune femme.

Elle s'avança et ne manifesta pas de réactions particulières concernant l'état de la pièce ou du commentaire d'Elliot qui disait que tout était comme il l'aimait. Ce qui l'étonnait surtout, c'était de ne pas y voir de livres... Dans un club de littérature, ou plus précisément dans la salle du club de littérature, ce qui devait sauter aux yeux n'était-il pas les livres plutôt que les bureaux ou les chaises ?

C'était de la logique de hangar mais on ne pouvait pas lui reprocher d'être juste, bien que bancale. Les livres étaient très certainement rangé quelque-part (elle ne fit pas attention à la commode, ou plutôt elle ne pensa pas que ces derniers pouvaient être à l'intérieur) et s'assit au moment ou le jeune homme lui donna le formulaire ainsi qu'un stylo pour pouvoir y écrire.

Elle l'observa de bout en bout et constata avec soulagement qu'il n'y avait pas de questions qu'elle ne comprenait pas, ce qui aurait été plutôt dur vu que ce dernier demandait principalement des informations personnelles comme le nom et le prénom. Il ne lui fallu pas plus de dix minutes pour le remplir, dans le plus parfait silence. Lorsqu'elle tendit la feuille ainsi que le stylo qui allait avec à Elliot, elle prit enfin la parole.


« Voilà, c'est remplit. »

Elle laissa planer quelques secondes de silence puis se décida enfin à poser les questions qui la taraudaient depuis quelques-temps, depuis qu'elle avait rencontré son sempai en fait... Et depuis qu'elle s'était rendue compte que...

« Je... Sempai ? Ça n'a pas l'air d'aller très bien. »

Elle se mit à rougir immédiatement en se faisant toute petite sur sa chaise. Qu'est-ce qu'il lui prenait de poser ce genre de questions ? Elle entrait dans la sphère privée du jeune homme et, d'ailleurs, ce dernier avait bien fait en sorte de ne pas lire le bout de papier lorsqu'il l'avait ramassé auparavant, et cela lui avait fait plaisir.

Hum, non attendez ! Plaisir ? Non ça ne lui avait pas fait spécialement plaisir, elle s'en rendait compte à présent. Elle avait eu du respect pour Elliot de ne pas avoir lu quelque-chose d’apparemment privé mais, à quelque-part, elle aurait aimé qu'il ouvre la petite boule de papier, qu'il la lise et qu'il soit révolté... Qu'il lui dise peut-être qu'il fallait en parler aux professeurs, qu'il allait la protéger... Enfin elle ne savait pas, mais elle aurait aimé qu'il le fasse. Qu'il lise, et qu'il ait une réaction malgré ses protestations.

Si il ne lui parlait pas du fait qu'il n'allait pas bien (enfin elle croyait qu'il n'allait pas bien, mais ça restait à confirmer), peut-être était-ce aussi car il avait envie que quelqu'un lui demande pourquoi ? Néanmoins, comme elle n'en était pas sûre, elle reprit très vite.


« Je... suis désolée, je me mêle de ce qui ne me regarde pas. »

Et elle ne parla plus, s'attendant presque à ce qu'un silence pesant s'installe. A présent, elle voulait quitter la pièce, persuadée déjà que le jeune homme allait la gronder en lui demandant de quoi elle se préoccupait puisque ça ne la concernait pas ? En tout cas, les angoisses irraisonnée de Nagisa était en mode « on »
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(#) Re: I think I prefer to stay inside  Lun 30 Mai 2011 - 15:22

● Je rêvais d'une vie simple et sans trop d'embuches.

Voila, j'étais à présent bien plus dans on élément, presque caché et reclus dans mon antre secrète. Une salle de cours non-utilisée. C'était le repaire idéal pour un solitaire comme je l'étais. Il était certain que je fuyais assez rapidement les salles les plus fréquentées, comme le réfectoire, toujours pleins de monde, même en dehors des repas, ou bien la bibliothèque et la salle commune. C'était parfois étrange de se dire qu'un lieu comme la bibliothèque pouvait être sauvagement occupé, mais c'était le cas. Les élèves savaient bien qu'ils devaient être plus calme qu'ailleurs, mais certains profitaient de cet endroit pour seulement bavarder de choses cocasses et creuses, se disant qu'il n'y aurait aucun surveillant pour les reprendre de ne pas travailler. C'était facile de leurrer la bibliothécaire, seule à gérer le lieux, relativement étendu tout de même, elle ne pouvait faire face à l'afflux d'élève, tout en continuant son travail. Je ne la blâmais pas, loin de là, mais j'aurai aimé parfois pouvoir lire tranquillement, sans être dérangé par un groupe de jeune fille gloussant en regardant des photos d'acteurs connus dans un magasine quelconque. Ce que je supportai le moins, en définitif. Je comprenais encore que la littérature pouvait ne pas être une passion.. Mais trouver de l’intérêt à connaître sur le bout des doigts la vie d'une personne célèbre.. C'était presque malsain, comme si la forme intéressait bien plus le fond. Apparemment, les beaux jeunes hommes étaient souvent plébiscités pour être des acteurs au Japon. Et de ce que j'avais lu sur eux, je savais que la plupart avait été mannequin, ou chanteur, ou je ne sais quoi d'insignifiant, avant de faire le dur et exigeant métier d'acteur. Bien évidemment, et même sans avoir jeté un œil sur la filmographie de l'un deux, je savais déjà qu'ils ne devaient pas avoir un talent extraordinaire. Ce n'était pas le plus important non ? Tant que le corps faisait le reste. Notre société s'était tournée vers le paraître avant l'être de toute manière, c'était indéniable, malheureusement.

Et ce n'était pas avec mes idées et mon corps frêle que j'allais pouvoir y faire quelque chose. Je ne pensais même pas vouloir changer le monde. C'était une entreprise bien trop fastidieuse pour un homme comme moi. Comme toujours, je préférais l'anonymat, et si Père voyait en moi le fils idéal pour reprendre sa fructueuse affaire, je me voyais bien mal en tant que dirigeant, à prendre des décisions qui pourrait changer le quotidiens de centaines d’employer. A m'écouter, je rêvais d'une vie simple et sans trop d'embuches, bien que je ne pouvais décrire l'avenir. Une jolie et sobre maison de campagne, entourée d'un immense jardin et de terres cultivables. Un élevage de chiens, qui me rendrait tellement heureux.. Et une famille normale. Oui normale, avec un homme qui épouse une femme et des enfants qui pointent le bout de leurs nez. C'était ce que je désirai le plus, bien que j'allais devoir changer sur certains points. J'étais jeune encore, bien trop jeune pour sombrer dans le désespoir en me disant que je ne serai jamais attiré par une femme. C'était faux, et dans tout les cas, ça devait être faux. Ressentir de l'attirance, et même tomber sous le charme d'un autre homme avait été une épreuve réellement difficile pour moi. Je redoutais à nouveau de retomber dans cette spirale inconcevable. Je faisais tout pour le contraire arrive enfin, et je faisais également en sorte de ne pas trop m'approcher des hommes de mon âge. Ma précédente rencontre avec le surveillant avait été bien difficile à gérer d'ailleurs, de ce côté là. C'était un ravissant et plaisant jeune, bien que je me refusais à l'admettre vraiment. Continuer de le fréquenter n'allait donc pas être possible. Et heureusement qu'il était du personnel, ne plus le voir ni lui parler allait être bien plus aisé que de se forcer avec un camarade de classe, c'était certain.

Mais pour l'instant, je n'avais guère à me préoccuper de telles futilités.. Ou de telles affaires que je voulais futiles. La demoiselle semblait avoir fini de répondre au maigre questionnaire d'adhésion, et après me l'avoir rendu, je lisais rapidement ses réponses. Même à l'écrit, elle se semblait pas si bavarde que cela. Le minimum avait été rempli, et j'avais déjà eu le droit à de véritables nouvelles en guise d'explication du pourquoi de l'assentiment à mon club. Rien de toute cela ici. Je pouvais également et facilement penser qu'elle ne possédaient pas les bagages nécessaires pour s'étendre longuement sur le sujet, ce qui était compréhensible pour son jeune âge. Je m'apprêtais donc à répondre sur le coup, lui stipulant que c'était parfait, avant d'être pris de court par une question plutôt dérangeante.. Si j'allais bien ? Certainement que oui ! Pourquoi penser le contraire, cela ne devait se voir, et je faisais tout au quotidien pour ravaler ma tristesse en présence d'autres. Peut être mon ton trop monotone, peut être ma manière de vouloir fuir la population.. Peut être autre chose. Le plus perturbant était que ne savais absolument pas ce qui venait de lui faire penser une telle chose.

Et bien trop surpris par sa question, je m'étais redressé plus droitement, sentant un frisson me parcourir la colonne vertébrale. Mon battement de cœur se mit aussi à accélérer lentement, signe que je perdais petit à petit mes moyens. Ca allait encore et je pouvais toujours lui répondre que mon état ne la regarda pas. Ou non. Non, c'était quasiment lui certifier que j'allais mal et donc attiser encore plus sa curiosité. Du calme, il fallait absolument que je retrouve mon calme qui me caractérisait tant. Très vite, et voyant probablement que cela ne m’accommodait guère, la jeune fille se ravisa, me stipulant qu'elle n'avait pas à tenir ce genre de propos. C'était vrai. Et bien que les premiers instants de notre rencontre avaient été assez étonnants, je n'avais pas cherché à en savoir d'avantage. Ah, la curiosité humaine, décidément, je ne pouvais pas y échapper.

"Ce n'est rien." La rassurai-je avec un sourire bien forcé. "Il est vrai que je peux paraître aller dans un état négligeable de temps à autre, mais ce n'est pas le cas.." Je déglutissais lentement, et le plus discrètement possible, jamais très à l'aise quand je devais mentir de la sorte. ".. Mais c'est là ma façon d'être et d'inter-agir avec les autres. Sûrement que les différences de continents y sont pour quelque chose. En Angleterre, pays d'où je viens, il est presque normal de voir un homme arborer une telle expression de visage." Et comme pour ne pas appuyer mes dires, je continuais à sourire bêtement, quel âne bâté j'étais !

Maintenant, il ne fallait plus laisser de blanc, ou l'opportunité de penser de telles choses à mon égard. Je pensais l'avoir bien rassuré, mais je n'étais pas à sa place et le doute allait toujours planer. L'histoire des Anglais à la tête triste et morne avait été bien osée tout de même, mais j'avais du temps avant qu'elle ne se rende compte par elle même de se stupide mensonge. La jeune demoiselle semblait bien timide, et même si les Anglophones ne manquaient pas dans l'école, je la voyais mal aller interroger l'un d'entre eux sur mes abnégations. Un mensonge pour un bien, il fallait que je m'en convainc. Je n'aimais vraiment pas mentir, et je savais déjà que j'allais mal dormir ce soir, me demandant comment faire pour réparer cette erreur. Mentir était un pêché bien vilain, et voila que j'allais devoir demander pardon à Dieu, avec moultes prières. Pour l'instant, je me contentai de plier en quatre son papier, le rangeant dans la poche droite de mon pantalon. Pas très sérieux comme réaction, mais j'avais agis sans trop m'en rendre compte, occupant mes bras par des gestes, certainement. J'allais ensuite dans le donc de la salle, où un carton était entreposé. Debout devant ce dernier, je posais mes mains sur mes hanches, tête baissée vers la grosse boite.

"Fujioka ?" L'Interrogeai-je sans même me retourner. "Te serait-il possible de m'aider quelques minutes ? Nous venons de recevoir le nouveau livre du club de Littérature et j'aimerai déjà préparer la salle pour la prochaine réunion.. Tu pourras également te faire une idée sur nos lectures." Je sortis ensuite mon couteau suisse de ma poche gauche, faisant surgir la légère lame qui s'y trouvait. Une main sur le carton, l'autre donné un cout sec sur le papier collant, j'ouvrai ensuite le carton, sortant un exemplaire des nombreux livres présent à l'intérieur. Je me tournai ensuite vers elle, pas totalement non plus, juste pour qu'elle puisse observer la pochette. "Il s'agit du "Vieil homme et de la mer" d'un auteur Américain. Édition Japonaise, évidemment. C'est un livre que je connais bien, qui peut être intéressant à étudier en petit groupe. J'espère qu'il te plaira."

Et je lui tendais le livre, pour qu'elle puisse le feuilleter pendant que j'allais sortir le reste. du moins, j’espérai que tout cela allait suffire pour changer complètement la conversation, et pour que nous ne revenions plus à cette absurde histoire de savoir comment j'allais.. J'étais plutôt doué pour changer les conversations à l'accoutumé.
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(#) Re: I think I prefer to stay inside  Mar 31 Mai 2011 - 15:53

Il y avait eu quelque-chose... un clignement d’œil un tout petit peu trop prononcé peut-être ? Non ce n'était pas ça... Il s'était redressé... c'était presque imperceptible mais, pour l’œil aiguisé de celle qui n'arrêtait pas d'observer les gens de loin, c'était comme se mettre un panneau en plein milieu du visage signifiant que l'on n'allait vraiment pas bien. Ce n'était pas vraiment exagéré... à force de regarder les gens évoluer autour d'elle dans leurs relations et leur haine sans jamais y participer, Nagisa avait finit par développer un genre de « don » qui lui permettait de déterminer au premier coup d’œil quel type d'émotion ressentait un être-humain, ou s'il en changeait brusquement.

Évidemment, certains étaient doué pour le cacher et elle le savait, mais ce Elliot Livingston ne faisait pas partie de ce genre de spécimens là. Lui, il était plutôt à ranger dans la catégorie « j'essaye de cacher ce que je ressens de toutes mes forces mais je n'y arrive pas. » Une empathie complètement exacerbée... c'était ce qu'elle avait développé à force d'observer les gens... On pouvait dire qu'elle ressemblait à un reporter animalier avec pas mal d'années de métiers derrière lui. De celui qui connaissait sur le bout des doigts toutes les réactions de tout les animaux sauvages qu'il pouvait croiser.

Évidemment, il s'en défendit... Mais Nagisa restait clairement curieuse à ce sujet. C'était cette curiosité qui lui avait valu d'avoir une main invalide, mais elle ne l'avait jamais chassée pour autant. Au contraire, elle y cédait dès que cette dernière venait lui passer le bonjour. Elle n'eut pas vraiment besoin de l'observer très longuement durant ses explications pour comprendre qu'il lui mentait au moins sur un point, si ce n'était sur toute la ligne. Elle ne lui en voulait pas particulièrement de faire ça... Elle même était une grande menteuse lorsqu'il s'agissait d'inventer une excuse complètement improbable pour fuir dès qu'on lui adressait la parole. D'ailleurs, si cet Elliot ne l'avait pas faites fuir, était-ce simplement parce qu'elle avait été curieuse à son sujet dès qu'elle avait posé les yeux sur lui ? Ou alors c'était peut être simplement aussi car elle s'était à moitié assommée sur son casier... bêtement. Mais l'hypothèse de la curiosité était tout de même bonne car, même sans les menaces stupides et méchantes qu'elle avait reçue, elle aurait ressenti un intérêt spontané pour le jeune homme. Nagisa avait beau être une antisociale phobique des relations humaines, cela n’empêchait pas qu'elle désirait ardemment sortir de cet état... De fait, lorsqu'elle était mise en confiance, elle était de ce type de personne qui voulait absolument régler les problèmes des gens, ce qui impliquait bien sûr qu'elle se mêle de ce qui ne la regarde pas.

Ce sempai avait des préjugés qui ne lui plaisait guerre. Par exemple, lorsqu'il lui disait que en Angleterre, tout les hommes tiraient la tronche, c'était une manière détournée de lui dire qu'il la mettait dans le même panier que celui des japonais et japonaises intolérant/es qui n'y connaissaient rien aux autres pays. Son père avait voyagé en Angleterre, et il lui en avait parlé. Il avait parlé de ce pays comme étant l'un des plus jovials qu'il ait pu visiter lors de son tour du monde. Il y avait rencontré des personnes, jeunes comme vieilles, toutes aussi joyeuses les unes que les autres et lui avait expliqué que le cliché des anglais qui portent tous des costumes 3 pièces avec un chapeau melon n'était que des racontars.

C'était à cause de ça, et non à cause de son sourire, qu'elle lançait à Elliot un regard qui signifiait clairement : « Serais-tu en train de te ficher de moi ? » Ce même regard indiquait que ça ne lui plaisait pas tellement. D'autant qu'il ne voyait pas pourquoi il insistait comme ça. Ne s'était-elle pas excusé en disant qu'elle se mêlait de choses qui ne la regardait pas ? Il lui semblait bien que oui. Il changea brusquement de sujet après avoir plié en quatre le questionnaire qu'elle venait de remplir puis se leva pour se diriger vers un carton. Interloqué par cette réaction auquel elle ne s'attendait pas du tout, elle resta assise jusqu'à ce qu'il lui adresse à nouveau la parole, l'appelant par son nom.


« O... oui ? »

Un instant, elle cru qu'elle allait se faire enguirlander par le jeune homme pour l'avoir interrogée ainsi sur sa vie privé mais il n'en fit rien. A la place, il lui demanda si elle pouvait l'aider et elle hocha la tête en signe d'assentiment juste avant de se lever pour se diriger vers lui, gardant tout de même une prudente distance entre son corps et le sien. Non pas qu'elle n'était pas en confiance avec son sempai... Enfin si, elle n'était pas du tout en confiance, et il lui faudrait encore beaucoup de temps avant que ce dernier puisse espérer briser la barrière virtuelle qu'elle avait mise entre elle et les gens. Et encore plus pour qu'il puisse espérer un jour la toucher, mais ça c'était une autre histoire et, comme ça ne risquait pas d'arriver de sitôt, il n'y avait pas lieu d'en parler pour le moment.

Elle sursauta légèrement lorsque le jeune homme planta le couteau dans le scotch mais, heureusement, il ne l'avait pas vu, étant de dos par rapport à elle. Sans se retourner vraiment, en fait presque comme si il passait l'ouvrage par dessus son épaule sans que ce soit tout à fait le cas, elle se fit mettre un livre entre les mains sans trop comprendre pourquoi, lorsqu'elle se rappela soudainement qu'elle avait signé pour le club de littérature... Pour un bon bout de temps, les livres allaient être son quotidien après l'école, ce qui n'était vraiment pas pour la déranger... Peut-être même qu'elle trouverait d'autres personnes comme elle dans ce club. Les surexcités ne devaient pas être légions ici, et elle soupçonnait que si l'un d'eux avait voulu rejoindre le club, son sempai l'aurait refusé... Avec diplomatie certes, mais refusé tout de même. Le calme semblait être une qualité de rigueur pour s'y inscrire.

Elle eut son explication rapidement. Livingston lui proposait de regarder à quoi ressemblait leurs lectures, mais elle attendit quand même un petit moment. Il lui avait demandé si elle pouvait l'aider, mais n'avait pas l'impression d'être vraiment utile en lisant... Voyant que rien d'autres ne venait, elle retourna s'asseoir afin de pouvoir avoir un meilleur appui sur l'ouvrage et commença par regarder le résumé à l'arrière. Il s'agissait apparemment de l'histoire d'un pécheur cubain (nation dont elle n'avait jamais entendu parler, son père n'avait pas dû visiter, ou elle ne se souvenait pas qu'il lui avait parlé), pauvre de surcroit qui partait en mer pour chasser un gros poisson afin de ne plus être malchanceux...

Cela semblait... intéressant dirons-nous simplement. Elle n'avait jamais eu ce type de lecture jusqu'à maintenant mais ne demandait à vrai dire qu'à élargir ses horizons. Au lieu d'ouvrir le livre pour l'étudier plus en profondeur, elle le posa sur la table et, poussée par sa fierté (qui était minuscule mais pourtant bien là), elle demanda.


[color=blue]« Sempai ? Pourquoi tu m'as mentit sur les anglais qui font la tête ? Je crois autant à ça qu'au fait qu'ils portent tous des chapeaux melons et des costumes. »

Immédiatement, elle regretta ce qui venait de sortir de sa bouche. Pourquoi insistait-elle à ce point maintenant qu'elle y pensait ? Elle n'en voulait pas à Elliot de lui avoir mentit... Elle lui en voulait de l'avoir prise pour une idiote, et de penser indirectement qu'elle devait être comme toute les japonaises fière de son pays et crachant sur les autres nations, ce qui n'était de loin pas le cas. Le comportement de la plupart des japonais vis-à-vis des étrangers la choquait plus qu'autre-choses en fait. Comme pour se rattraper, elle annonça.

« En... Enfin, ce n'est... pas grave. Laisse tomber... »

Elle ouvrit finalement le bouquin, commençant à lire pour se changer les idées, espérant que Elliot Livingston en resterait là.
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(#) Re: I think I prefer to stay inside  Lun 6 Juin 2011 - 15:03

● C'était mon caractère, ma manière d'être et d'agir.

Les livres. Ils me permettaient de m'évader la plupart du temps, surtout quand je n'avais pas envie de penser à la réalité. Se plonger dans une belle histoire était un moyen certain pour échapper à tout ce qui nous pesait sur terre. C'était bien plus facile de pleurer pour les malheurs d'un héros fictif, pour s'esclaffer de ses gaffes ou de s'attendrir de ses belles rencontres. Si l'homme était plus émotif en lisant, en général, c'était justement parce qu'il pouvait se laisser aller, sans craindre de paraître trop cruel, ou trop compatissant. Ce n'était pas réel, et les plus belles histoires écrites par les plus grands auteurs étaient souvent les plus réalistes également. Joli petit paradoxe en somme. Cependant, la lecture allait avoir une autre importance pour moi aujourd'hui, elle allait me permettre de détourner la conversation, et de ne pas la centrer sur ma propre personne. Si la jeune demoiselle s'était voulu polie, et même presque plutôt introvertie au début, voila qu'elle insistait lourdement pour en savoir plus. Il était vrai que je n'avais pas bien agi en choisissant de lui mentir.. Mais tout de même.. Comment pouvait-elle connaître l’Angleterre d'ailleurs ? C'était comme demander la manière de vivre d'un congolais à un Américain. Trop éloigné, trop différent. Les hommes avaient tendance à calquer leurs habitudes sur les autres, ou bien, à croire ce qu'on pouvait leur rapporter, quand ils savaient une autre civilisation bien trop éloignée de la leur. Fujioka avait dû entendre parler de mon pays natal dans des livres, ou bien en regardant des séries télévisées et des films.. Rien de bien instructif en somme.. Pire même, pour le cinéma, nous n'étions que des personnes décalées de l'Europe, passant leur temps à boire du thé le petit doigt levé, ou bien, dans un autre extrême, des jeunes punks aux crêtes affolantes de couleurs et au habits parsemés de trous et de mauvais goûts. Notre belle île n'était ni l'un ni l'autre, c'était un pays chargé d'une magnifique histoire, d'un patrimoine extraordinaire, et surtout, d'habitants plus divers les uns que les autres. Si Fujioka me sortait qu'elle l'avait vu à la télé, alors surement que j'allais lui rire au nez.. Savait-elle seulement comment les occidentaux percevaient les Japonais en général ?

C'était légèrement méchant et mesquin, mais je n'avais pas du tout envie d'aborder le sujet de ma santé mentale. Encore moins avec une jeune fille de son âge. J'avais cette fierté de croire que la maturité venait également avec l'âge, et que quoi que l'on pouvait en dire, une enfant de quatorze ans n'avait pas le mal recul et le même réfléchi qu'un homme d'une vingtaine d'années. Même si des exceptions devaient exister et même si je ne daignais pas avouer que certains adultes se voulaient trop enfantins et puérils, jamais je ne pourrai me confier à une personne aussi jeune, voir plus jeune, carrément. C'était comme avouer que l'on avait manqué quelque chose que l'autre possédait déjà. Un enfant âgé de deux ans se concentrait sur sa parole, quand son cadet d'un an portait toute son attention sur son équilibre. C'était pareil ici, et je me sentais régresser, rien qu'à l'idée qu'elle puisse me comprendre, et m'aide. C'était aussi un moyen de me persuader de ne rien dire, une fois de plus. Et certainement que n'importe quelle personne allait se faire affublée d'un défaut, parfois imaginaire, pour que je décide encore et toujours de me taire. C'était mon caractère, ma manière d'être et d'agir, je n'avais pas du tout envie de changer, et surtout pas maintenant, quand une partie de moi se savait déjà complètement égarée.

Et ce fut pourquoi je ne lui répondis même pas, prétextant être trop occupé pour avoir à lui répondre. C'était faux, j'étais largement capable de tenir une conversation, tout en rangeant des livres sur une étagère. Un petit sourire vint se loger sur mes lèvres, quand je l'entendis regretter ses paroles.. Pourquoi les avoir dites alors ? Elle pouvait les regretter, et c'était d'ailleurs fort compréhensible, mais pourquoi faire comme si de rien n'était ? C'était encore plus stupide et candide comme comportement. Ce n'était pas comme si j'allais lui crier dessus, et d'ailleurs, elle avait vite eu fait de s'en rendre compte.. Enfin, j'allais me servir des livres et du clubs pour orienter la conversation ailleurs, comme j'étais si habile pour le faire. L'ignorer totalement sur ses questionnements était certainement la meilleure chose à faire, de toute manière.

"Tu ne m'as pas parlé du genre de lectures que tu as habituellement, d'ailleurs." Mon ton se voulait un peu forcé vers la sympathie, avec une légère pointe d'amertume et d'énervement tout de même. Soit, ce n'était pas comme si une jeune fille de son âge allait s'en servir contre moi. " Tu lis de la littérature Japonaise en générale ? L'école t'a déjà proposé de connaître des auteurs venant d'autres pays ?"

C'était aussi une bonne manière de ne pas revenir au sujet précédent, que de l'assaillir de diverses questions. Elle allait devoir y réfléchir, devoir se souvenir de tout ce que je venais de lui demander, et ses interrogations précédentes allaient vite la quitter. Surtout que je continuais mon petit rangement en même temps, pour donner de la forme à la conversation et un endroit pour que son regard se concentre. J'avais même décidé d'aller légèrement plus lentement qu'à l'habitude, prenant soin d'inspecter chaque livre de son état, de le feuilleter légèrement, puis de le poser sur l'étagère. Il y avait peu de chance pour que j'en trouve un en mauvais état, puisqu'ils étaient neufs, mais c'était également pour attirer un autre de ses sens à se concentrer sur autre chose que le timbre de ma voix. J'étais presque devenu un calculateur à présent, alors qu'un simple non à sa demande d'en savoir plus aurait suffit à calmer sa curiosité.. Ou peut être que non. Je n'avais pas envie de lui laisser le choix et le temps de penser à tout ce qui avait pu me rendre triste, et sûrement que de constater que je ne voulais pas tellement parler de mon pays, allait lui indiquer qu'il me manquait. C'était une bonne raison que d'être triste non ? L’Angleterre, et surtout l’Écosse me manquaient réellement, mais je n'allais pas en être accablé. Certainement que je ne rechignerais pas sur un délicieux mets de nos régions, comme un bon ragout d'agneau ou bien un diplomate.. Mais de là à avoir le mal du pays. Non, j'étais encore apte à faire la part des choses, même si l'envie de rentrer se faisait parfois ressentir, ces derniers temps.
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(#) Re: I think I prefer to stay inside  Mer 8 Juin 2011 - 19:11

Il fallait se méfier à présent. Elle s'était dit plus tôt que son sempai était le type de personne qu'elle aimait bien à cause de sa personnalité un peu pataude et légèrement effacée... Mais elle avait appris depuis longtemps que c'était justement ce genre de personnes qui était les plus prompt à s'emporter d'un coup sans que l'on ait pu ne serait-ce que le soupçonner auparavant. Enfin bref, en somme il ne fallait plus qu'elle questionne le jeune homme sur son état car ce dernier lui donnait la nette impression qu'il était en train de très gentiment monter les tours. Il fallait relâcher la pression maintenant et orienter la conversation sur un sujet moins risqué... Mais comme elle n'était pas particulièrement douée pour parler, elle resta silencieuse, se contentant de réouvrir le bouquin qu'elle avait fermé quelques secondes auparavant pour continuer à le lire.

Elle ne trouvait pas l'histoire particulièrement passionnante à vrai dire. Qui plus est, elle ne lisait pas vraiment vite justement à cause de l'ennui qu'elle ressentait en même temps que les lignes défilaient sous ses yeux sans qu'elle ne cherche vraiment à comprendre ce qui était écrit. Pour le moment, elle était plus concentrée sur le silence pesant qui s'était installé entre eux deux. Elle n'aimait vraiment pas ça et se sentait oppressée, jusqu'au moment maudit ou Elliot reprit la parole. C'était paradoxale mais lorsqu'elle avait entendu la petite pointe d'énervement dans sa voix, elle avait immédiatement regretté le silence qui s'était installé jusqu'à maintenant.

Enfin, il lui avait posé des questions et il faudrait qu'elle y réponde sous peine d'être considérée comme une grosse malpolie.


*En quoi ce serait impoli hein ? Il a répondu à tes questions lui ?
- Non mais c'est moi qui lui ai dit qu'il n'y avait pas besoin...
- Et alors, même le dernier des imbéciles aurait compris que tu as fait ça pour ne pas le mettre en colère. Il pouvait très bien répondre.
- Mais non ! Il est occupé à ranger !
- Et depuis quand ranger des livres empêche de donner des réponses aux questions ?
- Oui mais...
- Oh laisse tomber...*


Il y avait un tas de voix qui peuplait la tête de Nagisa. Certaines qui n'avaient que pour but de la faire se sentir encore plus mal qu'elle ne l'était déjà dans sa peau. Celles qui, au contraire, essayaient justement de l'encourage à s'ouvrir aux autres. Et enfin, celles qui, justement, lui énonçait toutes les vérités qu'elle refusait de reconnaître sans elles. Même si elles n'étaient que le reflet de sa propre pensée, elle avait finit par se dire que la plupart de ses voix avaient leurs vies propres tant elle avait l'impression que ce n'était pas du tout elle qui parlait dans ces moments là. Bon d'accord, peut-être un petit début de schizophrénie, mais tant que les voix se limitaient à l'espace privé de ses pensées, tout allait bien.

Bon, elle allait laisser tomber comme le lui avait conseillé la voix des vérités et se concentrer pour essayer de répondre au jeune homme. Quel type de littérature elle lisait habituellement ? La bonne réponse était : Aucune. En fait, elle était trop concentrée sur ses problèmes d'antisociabilités pour penser à des distractions comme lire un livre ou regarder la télé. Elle avait bien tenté de se convaincre auparavant qu'elle lisait beaucoup et qu'elle méritait sa place dans le club de littérature mais bon... ce n'était que du vent.

... Ah non en fait, il y avait bien un type de livre qu'elle dévorait littéralement, mais elle doutait très fortement que ça puisse passer : Les mangas. Elle les avaient découvert il y a environ deux ans et en avait emporté une bonne partie avec elle afin de pouvoir les lire le soir juste avant de se coucher, lorsque l'on ne lui hurlait pas dessus pour éteindre la lumière car on voulait dormir, ce qui était plutôt rare.

C'était un préjugé, mais elle soupçonnait son sempai d'être de ce type de personne qui ne considérait pas les mangas comme de la littérature, et même pas comme un livre à part entière en fait. C'était un fait que lorsqu'une émission télévisée recensait le nombre de lecteurs potentiels chez les jeunes et s'alarmaient de voir que ces derniers lisaient de moins en moins, ils ne prenaient pas du tout en compte les mangas dans leur recensement, pas plus que les livres illustrés en fait... Alors que ces deux catégories étaient quand même parmi les plus lues chez les jeunes japonais d'aujourd'hui.

Bon, elle avait le choix. Soit mentir effrontément en disant que oui, elle lisait beaucoup de littérature japonaise... et se retrouver coincée au moment ou Elliot Livingston lui demanderait des titres OU dire la vérité et essuyer le regard clairement réprobateur que lui enverrait son sempai. Néanmoins, elle n'avait pas trop le choix, alors elle prit une assez grande inspiration... avant de dire d'une toute petite voix.


« Je lis surtout des mangas... »

Elle avait baissé les yeux en parlant, clairement honteuse à l'énoncé de cette vérité, mais elle les releva rapidement pour continuer d'une voix un peu plus forte, le poing sur la poitrine.

« Mais je ne demande qu'à connaître et à apprendre ! C'est d'ailleurs pour ça que je veux rejoindre le club de littérature ! »

Ça, c'était un mensonge... et un gros. Elle avait surtout rejoint le club de littérature parce que Elliot avait l'air complètement désespéré de trouver des membres. Mais bon, pas grave... son mensonge sonnait comme une vérité même à ses oreilles à elle car elle y croyait dur comme fer. Elle se hâta de retourner la question au jeune homme afin qu'il ne s'attarde pas trop sur cette histoire de manga comme unique lecture...

« Et toi sempai ? Que lis-tu ? »
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(#) Re: I think I prefer to stay inside  Ven 17 Juin 2011 - 15:37

● Heureusement que le club de Manga n'était plus.

Les mangas. Quelle horreur. Ce n'était pas de la littérature pour moi, mais du divertissement de bas étage. Les mangas étaient la Bande dessiné des Français, ou les comics des Américains. Rien de bien sérieux en somme. C'était d'ailleurs souvent décrit comme un loisir de jeunes, un divertissement pour les enfants. Une manière de les amener à des lectures plus sérieuses. Une étape entre le livre pour enfant, avec de belles images, très peu de textes et parfois, des pages en reliefs.. Et entre les véritables livres, ceux qui n'avaient pas besoin de dessin pour appuyer leur écriture. Je ne comprenais pas les adultes qui passaient leurs temps à cela. Que l'on aime lire et suivre les aventures d'un personnage, quand on est encore enfant, je pouvais le concevoir.. Mais continuer une fois l'âge de raison passé. C'était comme vouloir jouer aux cubes plutôt que de préférer un Tangram. C'était comme préférer un puzzle de cinquante pièces, quand on était capable d'en faire un de cinq cent. Je ne comprenais vraiment pas cette manie de l'homme de ne pas vouloir s'améliorer, ou repousser ses limites. Lire un Manga, c'était comme fermer son esprit à toutes les merveilleuses histoires écrites par les plus grands écrivains de tout temps. N'importe qui, avec un coup de crayon habile, et l'intelligence d'un enfant de huit ans, pouvait faire son propre Manga, ou sa propre bande dessinée. Même les histoire complètement stupides et illogiques trouvaient leurs places. Je n'étais pas réellement contre la fantaisie, mais j'aimais qu'elle réponde tout de même à une certaine logique. Le petit Prince de Saint-Exupéry n'avait rien de réaliste, et pourtant l'ensemble de l'histoire tenait la route et l'on pouvait alors doucement se laisser emporter par l'imagination de son auteur. Non, j'avais pu voir des mangas à plusieurs reprises, et les histoires étaient toujours exagérées, ou les relations se voulaient toujours trop mielleuses.

Et puis, les Japonais avait la perversion d'écrire des histoires bien trop érotiques pour moi. Je n'aimais pas ce genre de lecture, et j'avais encore moins apprécié tomber sur un livre de ce genre, sans le vouloir. Comment pouvait-on dessiner de telles horreurs ? La sexualité devait se vivre, à mon sens, et non pas se rêver sur des pages blanches encrées de noir. Je n'aimais pas parler de ce sujet à la base, alors je n'imaginais même pas que certains jeunes puissent s'échanger ce genre de lectures.. En discuter et en débattre même. Rien que l'idée me fit froid dans le dos, et me serra la gorge, tant j'en fus dégouté. Heureusement que le club de Manga n'était plus, je n'aurai pas apprécier apprendre qu'ils avaient ce genre de pratique, par exemple. Mais à quoi pensaient les dessinateurs ? Ils n'étaient pas dégoutés de devoir dessiner de telles immondices et déviances ? Rendre grâce à deux personnes, de sexe différents, qui s'aimaient.. Je pouvais -à la rigueur- le comprendre.. Mais faire l'étalage de l'homosexualité comme un objet de désir.. C'était bien trop pour moi, bien plus que je ne pouvais le supporter.

"J'ai parlé de Littérature, Fujioka, et non de stupides bouquins à peine divertissants pour tenir éveillé un singe en laboratoire."
J'avais été bien plus sec et froid que tout ce qu'elle avait pu entendre de moi depuis le début, mais rien que l'idée qu'elle puisse connaître ce genre de choses..

Je n'avais normalement pas le droit de la juger ainsi, mais emporté par mon énervement interne, je n'avais pu réellement mon contenir. C'était ma manière à moi de réagir, que de blâmer l'autre en lui faisant comprendre qu'il n'était que médiocre. Certainement que la jeune fille allait s'en sentir blessée, mais sur le coup, je ne parvenais pas à bien réfléchir, et à avoir le plus de tact possible. Je n'aimais pas souvent que l'on ait une pensée différente de la mienne, même si je pouvais aussi le concevoir. D'après moi, et quand mon raisonnement était logique, je ne voyais pas comment une autre personne pouvait ne pas comprendre ou admettre mes raisons. Enfin, pour l'instant, je me contentais de faire le tour de la table, puisque les livres étaient rangés, pour lui faire face. Je laissais trainer ensuite les doigts de ma main gauche sur la table de cours, m’imprégnant de sa matière. J'aimais le contact du bois, fortement. Je la regardais ensuite quelques instants, avant de forcer un nouveau sourire. Si elle rejoignait le club, alors elle allait devoir apprendre à vivre avec moi, à raisons de quelques heures par semaines. Ce n'était pas bien grave si elle s'était sentie brusquée.

"Apprendre, bien sur. Tu as eu moins l'intelligence d'esprit de ne pas te contenter de ce que tu possèdes déjà, c'est une très bonne chose. Tu le savais ?" Lui indiquai-je pour la rassurer également, et lui montrer que je n'allais pas lui en vouloir plus de quelques minutes. "J'aime énormément lire les pièces de Théâtres. Plus que de les voir jouer même parfois." Tout en parlant, je pointai ma tête, par le côté, de mon index droit. "L'imagination. C'est parfois bien décevant de constater qu'un metteur en scène n’interprète pas une scène comme on l'avait cru.. Ou qu'un acteur ne joue pas dans le ton que l'on avait donné aux personnages." J'avais baissé mon doigt après le premier mot, juste pour appuyer mes dires. ".. J'aime aussi les histoires d'autres époques, les romans historiques et les histoires simples, sans grand héros qui sauve la planète à coup de supers pouvoirs."

C'était encore une manière de lui dire que je n'aimais vraiment pas cette tendance à donner tout et n'importe quoi à l'homme pour le rendre intéressant. Une force surhumaine, un pouvoir lui permettant d'être invisible, ou la capacité de lire dans les pensées des autres.. L'être humain était déjà bien fascinant à la base, et relater l'histoire d'un simple orphelin dans les rues de Londres, deux siècles plus tôt, me paraissait être beaucoup plus enrichissant.
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(#) Re: I think I prefer to stay inside  Dim 19 Juin 2011 - 18:40

Elle était timide, aucun doute là dessus, et possédait tellement de problèmes d'ordre psychologique qu'un séjour en hôpital psychiatrique n'aurait pas été du luxe.
Enfin, elle n'était pas folle non plus mais... sur le plan strictement médical, la jeune fille aurait dû aller voir un psy depuis longtemps. Elle le savait, et ses parents aussi, mais avait fait délibérément le choix de s'en sortir seule, ce que ces derniers avaient accepté sans discuter. La faute à une société qui considérait encore bien trop souvent le fait d'aller consulter comme un signe d'insanité évidente. Stupide ? Oui ! Mais pourtant véridique.

Comme toutes les personnes ayant des problèmes assez envahissant pour venir empiéter sur leur qualité de vie, elle avait un exutoire qui lui permettait d'oublier à quel point elle se sentait mal dans sa peau. Et heureusement ! Car sinon, elle aurait déjà sombré dans une folie sans nom ou le mot « discernement » ne signifiait pas grand-chose.

C'était les mangas. C'était eux qui lui permettait d'oublier un moment à quel point la vie pouvait être cruelle avec elle, et eux encore qui lui avait permis de remonter la pente lorsqu'elle s'était faites rejetée après avoir ouvert son cœur à quelqu'un pour la première fois de sa vie (mais ils avaient eu du boulot cette fois-là.) C'était eux aussi qui lui donnait de précieuses informations (erronées) sur comment devait se comporter un être-humain normal face à tel ou tel type de situation.
C'était son petit paradis, et elle ne s'en serait passé pour rien au monde à part contre le fait, peut-être, de devenir enfin normal.

Si elle en avait parlé à Elliot, c'était parce qu'elle avait eu le sentiment qu'il ne l'aurait non pas bien pris, mais qu'il aurait simplement haussé les épaules en disant que chacun avait le type de lecture qui lui convenait.

Elle su qu'elle s'était trompée au moment ou elle avait vu l'expression de son visage mais avait gardé un petit espoir que ce ne soit pas le cas en essayant de se convaincre qu'elle interprétait mal ladite expression.
Et lorsqu'il parla, elle n'essaya plus du tout. En fait, elle était même trop stupéfaite pour pouvoir faire autre-chose que d'écarquiller les yeux, la bouche légèrement entrouverte en se demandant si elle entendait réellement ce qu'elle croyait entendre.

Elle finit par comprendre que oui, et la stupéfaction fit place à la colère. Cette colère qu'elle ne connaissait pas avant rencontrer une certaine jeune fille et qui revenait de plus en plus souvent depuis que cette dernière avait croisé sa route.
La seule réflexion censée qui lui vint à l'esprit fut.


*Je rêve ou il vient de sous-entendre que je suis un singe ?
- Tu ne rêves pas. Et là, il dit qu'il te fera regagner le statut d'humaine si tu restes dans le club*


La deuxième partie n'était pas vrai mais elle n'était pas en état de le déterminer. Est-ce que ce type venait de chier ouvertement sur la seule chose au monde qui lui permettait de faire face aux problèmes qu'elle vivait au quotidien ? Est-ce qu'il était en train de lui parler de ses propres passions comme si de rien n'était à présent ? Oui ! Et ce n'était pas la, mais les gouttes d'eaux qui firent déborder le vase.

Elle attendit qu'il ait finit de parler, non sans lui jeter un regard noir de mépris, puis posa ses mains sur la table avant de se relever lentement.
Elle le regarda de haut un instant, les yeux haineux, puis se décida enfin à parler.


« Tu sais Sempai, si il y a une chose, juste une seule, que je ne peux pas supporter, c'est l'intolérance. »

Elle marqua une légère pause. Elle ne semblait plus du tout être la petite fille timide qu'il avait rencontré au début. La colère, ce sentiment pourtant si vil, lui donnait des ailes et lui permettait de dire librement ce qu'elle pensait au mépris de sa vraie nature.
Plus tard, elle aurait sans doute envie de s'enterrer en y repensant, morte de honte en essayant vainement de revenir pour s'excuser mais... pas pour le moment.

Elle finit par prendre une grande inspiration et continua, prenant le ton le plus méprisant possible.


« Qui est-tu pour juger ceux ayant ce type de lecture ? Qui es-tu pour ME juger ? Le tact, ça te dis quelque-chose ? Déjà entendu parler ? »

Elle ne lui laissa volontairement pas le temps de répondre, les questions n'ayant pour but avoué que de le faire réfléchir à ce qu'il venait de dire, et continua.

« Je crois qu'un singe, ou dans mon cas une guenon, n'as absolument pas sa place ici. Déchire donc ma feuille d'inscription. Je ne compte pas revenir »

Elle se retourna finalement et se dirigea vers la porte de sortie. Elle savait très bien qu'il faudrait qu'elle revienne s'excuser plus tard, mais elle voulait juste quitter la pièce à présent.

Elle avait un peu peur maintenant car elle se rendait compte qu'elle avait tout déballé sans avoir la moindre idée de quel serait la réaction de son interlocuteur.

Elle marchait vite en direction de son salut. Une fois dehors, tout irait bien. Elle espérait juste qu'il ne lui ferait rien dans l'intervalle...
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(#) Re: I think I prefer to stay inside  Lun 27 Juin 2011 - 15:49

● Le club n'était pas un endroit pour plaisanter.

Il était vrai que je pouvais me montrer intolérant de temps à autre. Mais je ne trouvai pas que j'avais spécialement tord. Certainement que j'aurai du être plus poli, et simplement lui avouer que je n'aimais pas ce genre de lecture.. Mais l'importance qu'elle prenait dans la vie des jeunes à présent me révoltait à mon tour. Comment pouvait-on préférer ce genre de lecture à des grands classiques ? Bientôt, même les enfants allaient devoir étudier ce genre de bouquins à l'école. L'idée me fit rire intérieurement, et me lâcha un rictus, semi-énervé, semi-consterné. Je comprenais l'emportement de la jeune fille, elle ressemblait bien à Edwin sur ce plan là. Lui aussi aimait beaucoup les Mangas.. Et lui pensait pouvoir me les faire apprécier, surtout. Il tentait toujours de me faire lire des histoires, tantôt chevaleresque à la mode asiatique, tantôt de simples histoires à l'eau de rose comme il y en a beaucoup pour les ménagères. Edwin préférait quand ça bougeait, quand il y avait de l'action. J'avais beau lui recommander des histoires de pirates -parce que je savais qu'il les appréciait particulièrement- comme Captain Blood, qui était plus de son âge.. Non, il fallait que Monsieur ait des images, comme si son imagination était incapable de faire sans. C'était ce qu'il me révoltait le plus. Surtout que les dessins dans les mangas n'avaient rien de réalistes.. Les cheveux étaient de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel, les yeux se voulaient rouges ou violets, et les proportions n'étaient jamais respectées. Des yeux énormes, de petits corps et un sourire improbable, prenant tout le côté du visage.. Comment pouvait-on se dire que c'était un passe temps correct ? J'avais fait l'effort de commencer le tome un d'une de ces immondice.. Parce qu'en plus, certains avaient des tas et des tas de tomes.. A peine arrivé à la dixième page, que je pouvais déjà pointer plusieurs incohérences. Le plus drôle avait été que les auteurs ne s'étaient pas du tout renseigné sur le mode de vie occidental, et un garçon s'était donc prénommé Laura.. Quoi de plus logique en somme.

Je le laissai donc faire, soutenant son regard comme pour lui indiquer que je n'allais pas faiblir dans ma manière de penser. J'en croisais doucement les bras quand elle reprit la parole pour m'affubler de plusieurs insultes, me trouvant bien présomptueux sur le coup. Et bien, c'était ainsi, et j'allais être ainsi tout le temps qu'elle allait être dans le club. Les autres avaient du s'en accommoder, et en réalité, ça ne les changeait pas tellement de l'autre président. Le club n'était pas un endroit pour plaisanter ou pour doucement rire des dernières sorties des Mangas, en faisant semblant de s'intéresser à la littérature. Il était sérieux et présent pour ceux qui en valaient la peine. Peut être m'étais-je un peu trop emporté à son sujet, puisqu'elle était alors incapable de se remettre en question. Peut être avait-elle acquiescé à toutes mes questions pour ne pas me froisser, et uniquement pour que l'on s'intéresse à elle. A vrai dire, plus j'y pensais, et plus je trouvais ce raisonnement juste. Elle paraissait perdue et seule.. Surtout seule.

"Le tact n'a rien à voir avec la franchise Fujioka. Je parle toujours avec franchise et sincérité, que cela blesse mon interlocuteur, ou non." Je décroisai ensuite les bras. pour la regarder partir. "Bien dommage que tu prennes ma petite comparaison pour toi." Fermant les yeux deux secondes, je soupirai. "Je sais que tu viendras, alors je garde ta feuille."

Oui, je la laissai partir, je n'étais pas réellement de ceux qui courraient après les autres pour arriver à leurs fins. Fujioka était assez grande sur elle et pour revenir, une fois sa vanité calmée. Je l'avais touchée uniquement parce que j'avais parlé de singes, et non pas à cause de mon intolérance. D'ailleurs, elle avait terminé sur ses paroles, comme s'il n'y avait que cela d'important après tout. Et une fois qu'elle fut partie, je secouais vivement la tête, légèrement baissée, me disant que j'allais arrêter mes recherches pour aujourd'hui. J'allais ensuite ramasser les différents bout de scotch du carton pour les mettre à l'intérieur, afin de le ramasser et de le mettre près des poubelles. J'étais légèrement énervé encore, mais ce n'était rien, elle allait revenir, j'en étais certain.
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I think I prefer to stay inside
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