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 Lalala ~ J'agis de manière désinvolte.

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(#) Lalala ~ J'agis de manière désinvolte.  Sam 14 Mai 2011 - 0:40


● Comment lui en vouloir ?

Le grand air. Sortir hors des quatre mur de ma colocation bien plus que dérangeante à présente, et pouvoir inspirer à plein poumon, pour recracher avec haine l'air que je venais d’emmagasiner et tout cela, parce que je n'avais pas le droit de faire sortir quoi que ce soit d'autre. La vie continuait. Elle continuait lentement et maladroitement, en me rappelant bien souvent qu'elle n'était plus comme avant. Je n'allais pas me lamenter, je n'allais pas me laisser aller.. Non, c'était loin d'être moi tout cela, et dans tout les cas, je n'en avais pas le droit. Alors il me fallait aller de l'avant et vivre ma petite vie tranquille d'étudiant étranger, qui ne manquait pas de se faire dévisager dès qu'il prenait les transports en commun. Et dire que je n'avais jamais fait réellement attention aux manies des autres, à leurs faciès dans la rue, ou ailleurs. C'était presque ironiquement amusant de constater que beaucoup se ficher des autres, en réalité. Un peu comme moi. Ils n'avaient pas le temps, pas l'envie et ne voyaient pas l'intérêt de s'attarder quelques secondes sur des inconnus qu'ils ne reverraient certainement jamais.. Et ils avaient bien raison. Mais je faisais attention maintenant. J'essayais de trouver une histoire à la petite fille qui pleurait alors que sa mère la pressait en lui tenant le bras, ou bien ce jeune homme d'affaire qui semblait si déboussolé à relire ses notes. Peut être que la première avait perdu son précieux doudou, quand le deuxième n'avait pas assez préparé son projet et se voyait déjà en train de s'excuser auprès de son patron. C'était plausible en somme, mais les chances étaient tellement minimes pour que ce soit réellement le cas... Et quand bien même, je pouvais avoir raison ou tord, cela n'influerait en rien leurs vies. Ce n'était plus tellement moi ça, à m'attarder sur des choses futiles et infertiles. Je cherchais toujours à aller dans le concret, et comme une usine qui ne devait faire que du profit, pour éviter la moindre perte, je devais toujours agir pour l'élévation et l'évolution de ma propre personne.. Ce que je faisais depuis allait dans un autre sens.. Je développais mon ressenti ?..

Non, et en secouant vivement la tête, je m’apercevais que j'étais en train de donner une histoire à l'oiseau qui tentait de trouver sa nourriture dans l'herbe verte du parc de l'école. Encore une fois, c'était complètement idiot. Je m'appuyai donc contre le banc, qui m'avait gentiment accueilli, levant la tête par cette belle après midi de Juin, pensant simplement à ce que je pourrai faire de plus constructif. Mon air dubitatif et mon soupire en disaient long sur ma motivation du jour. Et pourquoi pas rester ici, à ne rien faire qu'à penser ? Parce que j'allais automatiquement tourner ces dernières vers un sujet que je ne voulais surtout pas, et aussi, parce que je n'avais pas tellement envie de me questionner. C'est donc d'un geste plutôt lent et mou que je vins à saisir mon sac de cours, l'ouvrant pour en sortir un magazine qu'il m'arrivait de lire de temps à autre. Loin de moi l'idée frivole d'en savoir plus sur la grossesse de telle actrice de Cinéma, ou bien dans apprendre sur la vie privée d'un footballeur Anglais.. Non, mon écrit était sur l'économie mondiale en générale, avec des pavés d'articles trop pompeux pour leurs auteurs. Et j'aimais bien me renseigner sur l'avancée économique du bébé de Père, comme il s'amuser à l'appeler affectueusement. Il était en légère hausse, ce qui était rare en ce moment, l'industrie automobile étant loin d'être fructueuse, ces derniers temps.

Mes yeux se relevèrent en voyant le petit oiseau de tout à l'heure s'envoler bien trop rapidement pour ne pas avoir été dérangé par autre chose, et c'est donc tout naturellement que je balançais mon magazine vers l'avant, presque content de pouvoir m'extirper de cette ennuyeuse lecture. Et je n'allais pas le regretter. Le spectacle qui s'offrait alors à moi se voulu bien plus plaisant et attractif. Un jeune chiot, typiquement Japonais, plutôt sale et semblant avoir faim, devait avoir tenté d'attraper l'oiseau. Un échec, évidemment et cela m'avait même étonné de ne pas l'avoir entendu japper à des mètres. Mon propre chien, Chocolate cake, avait toujours été très bruyant dans son jeune âge. Maintenant qu'il était en fin de vie, il n'avait même plus la force et la motivation nécessaire pour aboyer notre retour des cours. Comment lui en vouloir ? Il avait été un compagnon extraordinaire durant tant d'années. Mais ce chiot là, semblait bien moins franc et aventureux que mon Beagle. Et à présent, il tournoyait un peu sur lui même, le museau en l'air, semblant mesurer la hauteur qui le séparait de l'oiseau. Peine perdue, mais du haut de son petit gabarit de chiot, il ne devait même pas en avoir conscience. Pour attirer son attention, je vins faire claquer ma langue sur mon palet. C'était un bruit qui attirait l'attention des animaux assez facilement. Et là aussi, il me regarda un petit moment et je soutins son regard, essayant d'adoucir les traits de mon visage du mieux que je pouvais, même s'il ne s'agissait que d'un animal.

"Little boy, come.." Annonçais à mi-voix pour ne pas trop l'effrayer, à présent accroupi, le genoux droit sur le sol pour garder un bon équlibre. Il semblait bien plus peureux que sociable, et de surcroit, les chiens comprenaient par l'intonation de la voix donnée. La mienne se voulu calme et accueillante, espérant que cela fonctionnerait avec lui.

Il n'avait pas de maître d'ailleurs ? S'il en avait un, alors ce dernier devait être bien négligeant pour laisser son animal dans cet état.. Un chiot demandait de l'attention, beaucoup de temps et de considération. Lui ne semblait pas en avoir eu tellement, puisqu'il reculait à présent, me voyant certainement comme un potentiel danger. Je voyais même son fin museau remuer vivement, il devait alors certainement chercher à renifler mon odeur pour définir la gravité du risque. Proche du zéro, voir même en dessous. Si j'étais même incapable de frapper me défendre dans des situations qui demandaient de répondre par les poings, alors je ne me voyais pas du tout martyriser un pauvre petit chiot qui n'avait rien fait à personne. Bien entendu, lui ne pouvait pas le savoir, mais mon odeur ne devait pas dégager tant d’animosité que ça.. non ?

Alors je me relevai doucement, puisqu'un geste brusque n'aurait certainement pas joué en ma faveur, et je m'en allai de nouveau vers mon sac, en sortant rapidement de simple biscuits. Je cassai le premier dans mes mains le lançant ensuite à proximité du chiot, qui me regarda faire, avant d'aller doucement renifler le bout de gâteau. Il ne mit pas réellement longtemps à se décider à l'avaler et je pus tenter de me rapprocher légèrement quand à moi. A chaque fois que je lançais un nouveau morceau, je m'accroupissais, pour lui paraître bien moins impressionnable. Quelques dizaines de centimètres à chaque fois, il ne semblait plus tant s'en formaliser de toute manière. Le chiot semblait bien plus concentré sur la trajectoire des bouts de biscuits, ne voulant pas en rater un seul.


Dernière édition par Elliot Livingston le Jeu 2 Juin 2011 - 20:23, édité 3 fois
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(#) Re: Lalala ~ J'agis de manière désinvolte.  Dim 15 Mai 2011 - 2:10

Une belle après midi. Vraiment, je me demande comment je vais la remplir. La bibliothèque ? Non, il fait bien trop beau pour s’enfermer. La ville ? Trop loin, et puis je me connais, je vais me perdre. Faudrait déjà que je sois sûr de bien m’orienter dans mon propre pensionnat. Tiens bah, pourquoi pas le parc ? Je pense que c’est l’idée la plus perspicace, je me dirige donc vers cette partie de la prépa, ma besace à l’épaule. Je chante Grease dans les couloirs de l’école, mon casque empêchant toute remarque ou moquerie extérieure de m’atteindre. J’ai l’habitude, je ne regarde même plus. Ni ce garçon qui se tourne vers moi pour me fixer avec ses yeux ahuris, ni ce groupe de demoiselles qui glousse à mon passage. Et encore, là je ne danse pas. Trop compliqué, ma priorité c’est tout de même d’atteindre le parc. Mais je chantonne, ça me met de bonne humeur. Parfois, j’en étonne quelques uns à ne pas être gêné par les regards. C’est que, tout dans ma vie m’entraine à ça. Je suis fils de deux acteurs, si l’on peut dire, rien que ça, ça aide. Et en plus d’être plongé dans le monde du spectacle, je suis homosexuel. Alors si je commence à accorder de l’importance à ce que les gens pensent de moi, ou à avoir le trac en pensant à leurs réactions, je ne suis pas prêt d’être heureux. Le refoulement de soi est un phénomène que j’ai du mal à saisir. Comment peut-on être aussi aveugle ? Chassez le naturel et il revient au galop, c’est bien connu, non ? Rejeter ce que l’on est pour entrer dans le moule, je trouve cela tellement ridicule. Et même, je trouve ça triste pour ceux qui laissent la société leur imposer leur forme. Personnellement, je ne m’en remettrai pas. Ce doit être invivable. Être quelqu’un d’autre… Vivre pour une autre raison que la sienne. Erf.

Me voilà à l’entrée du parc. Ou plutôt à la sortie de l’école. Il se trouve que l’étendue de verdure entoure l’établissement dans sa totalité. Je ne sais pas par où aller. Je range ma boite à musique numérique ainsi que mon casque dans ma besace. Maintenant que je suis dehors, j’aimerai profiter de la sérénité qui règne à l’extérieur. Encore faut il la trouver, pour l’instant il y a des groupes d’étudiants par ci par là qui ressemblent plus à des champignons ayant surgis de la terre pour polluer l’endroit qu’à des jeunes gens studieux d’un pensionnat. Ce n’est que mon humble point de vue sur le tableau qui s’offre à moi, libre à vous de les décrire comme vigoureux et pleins de vie. Moi, je les trouve juste inintéressant. Aucun n’est habillé de manière attirante à mes yeux, et de toute manière je me vois mal m’incruster dans un groupe déjà formé. Pour l’instant, ce que je cherche, c’est un coin tranquille loin du monde pour me poser tranquillement. Je m’éloigne naturellement des différentes sources d’éclats de rire, toujours perdu dans mes pensées. Je me demande comment vont mes parents. Crétin, non ? Le gosse qui s’inquiète pour ses parents. Il n’y a aucune raison, je sais bien qu’ils sont majeurs et vaccinés, et que par conséquent ils ne risquent rien. Ils sont grands et indépendants, ils aiment ce qu’ils font et vivent heureux. Ca ne m’étonne pas qu’ils aient choisi de n’avoir qu’un enfant. J’ai déjà du être un sacré handicap à leur indépendance, il faudrait que je leur demande comment ils ont vécu ça un jour tiens. Maman me traiterai d’idiot si je faisais la remarque je suppose. Mais ils sont comme moi accros à la liberté, je me demande ce qui leur est passé par la tête quand ils m’ont conçu. Quoi qu’il s’agisse, je le remercie.

J’ai fini par trouver mon coin. Je m’assois contre un arbre, ouvre ma besace et en tire une pièce d’Oscar Wilde. C’est tellement ironique. Moi qui lisais des tonnes de mangas et autres stupidités nippones en Angleterre, me voilà à faire le mal du pays. Mais j’affectionne beaucoup cet auteur, il fallait bien que j’emmène une de ses œuvres avec moi. Malgré tout, je n’ai pas pu rester tranquille bien longtemps. Un chien me tourne autour. Est-ce que je me serai installé sur son territoire, si on peut appeler ça comme ça ? En tout cas il a l’air absorbé par ma besace et ce qu’elle peut contenir, mais en même temps il n’ose pas s’approcher. Je ne sais pas pourquoi, je décide de l’amadouer pour qu’il s’approche. Je me dirige donc vers lui mais ce truc sur patte s’enfuit au triple galop. On dirait un chien abandonné, je ne vais tout de même pas le laisser partir comme ça… Si ? Ce n’est pas comme si j’avais mieux à faire. Je me lève donc pour partir dans la même direction. Ma lecture aura été de courte durée. Bon, ce chiot court vite, je n’ai aucune idée de là où il se trouve désormais. J’avance donc à l’aveuglette, à l’instinct pour être plus précis. J’ai du mettre dix bonnes minutes à le retrouver, et il se trouve que la situation était bien différente. Un jeune blond était en train de l’amadouer, mais d’une manière bien plus efficace que moi. Je crois bien qu’il est dans ma classe. Je me sens crétin tout d’un coup. Pour plusieurs raisons. Déjà, je me suis comporté comme un abruti face au chien alors que le blondinet faisait preuve de compassion et était beaucoup moins brut que moi. Je n’ose pas vraiment m’approcher, je l’admire donc jeter ses bouts de biscuit petit à petit, mon épaule me servant d’appui contre un arbre. Est-ce que je dois m’approcher ? J’ai peur de faire fuir le chiot. Je ne voudrais pas casser tout ses efforts.

Délicatement, je fais le tour pour me retrouver derrière le chiot, concentré sur ce que lui lançait le blondinet. Celui-ci m’a sûrement remarqué, je le salue d’un lever de chapeau, que je repose immédiatement sur ma tête. Je préfère ne pas parler pour ne pas attirer l’attention du chiot, et je dois réfréner tous mes réflexes pour fermer ma grande bouche. Puis je suis lentement le chien jusqu’à être juste derrière lui et… Je le prends dans mes bras. Il n’est pas très propre, ma chemise sentira sûrement un peu l’animal mais tant pis. Mine de rien, il ne se débat pas vraiment. Tout ce qu’il veut, c’est continuer d’avoir à manger. Je me dépêche donc de rejoindre mon camarade de classe et je m’accroupis en face de lui tout en déposant le chiot. Je suis plutôt fier de moi, alors qu’il n’y a absolument aucune raison. Maintenant que je suis un peu plus dans la situation, je peux enfin parler. Ca me démange depuis un moment, tant pis si mon accent trahit mon origine. Mais je ne sais pas quoi dire tout de suite, tandis que je regarde encore le chiot que je viens de déposer. Bah, pourquoi réfléchir, je vais faire comme d’habitude et dire ce que je pense clairement, quitte à être trop direct. Les sous entendu, ce n’est pas trop mon truc. Faut être intelligent pour faire ce genre de chose. Je ne le regarde pas, mes yeux restent rivés sur la boule de poil.

- J’aime beaucoup la manière dont tu te comportes avec ce chiot. Ca déborde de compassion.
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(#) Re: Lalala ~ J'agis de manière désinvolte.  Lun 16 Mai 2011 - 1:13

● C'était lui, l'homme négligeant, qui ne prenait même pas soin de son animal ?

L'animal. Au moins, je n'avais pas à risquer d'avoir affaire à des êtres dotés de névroses et de démences étranges et dangereuses pour autrui. Si un animal pouvait se montrer dangereux, et seulement physiquement, il avait toujours une bonne raison de ne pas agir amicalement, contrairement à l'homme, qui jouissait de pouvoir faire le mal. L'animal se servait de sa méchanceté, s'il se sentait en danger, s'il devait l'être pour survivre, ou s'il était pris d'une peur incontrôlable. Jamais l'idée lui viendrait d'attaquer quelqu'un ou un autre congénère sans une raison valable et explicable. Les animaux, pourtant dépourvus de conscience et d'esprits, répondaient bien plus souvent à la logique que certains humains. Et c'était certainement pour cela qu'ils me plaisaient tant. Bien plus facilement gérable, puisque l'on pouvait connaître leurs comportements à l'avance, il était pour moi bien plus aisé de me lier à un petit individus. Les chiens étaient encore mieux que cela. Plutôt dépendants de l'homme, ils naissaient avec une confiance déjà acquise en l'homme, sachant qu'il était là pour les aider, les appuyer, et non pour venir à les nuire. Même les chiens qui avaient vécus leurs vies dehors, savaient très bien que l'homme n'était pas un prédateur à craindre. Ils le sentaient. Bien entendu, c'était beaucoup moins fastidieux que d'aller chercher un chien en animalerie, qui avait déjà été conditionné à la vie familiale, que de s'occuper d'un chien errant, ou abandonné. S'il fallait rajouter une caractéristique au chien, en plus de sa servitude plutôt prononcée, alors il était de ceux qui n'oubliaient pas, qui restaient salement marqué par de mauvais traitements, ou par un abandon. Je ne connaissais pas la vie du chiot devant moi, mais elle n'avait pas semblait commencer sous les meilleurs auspices.

Rien que sa peur de l'autre en disait grand sur son passé. Pourquoi avoir peur d'un homme qui semblait aussi dangereux qu'une mouche sans ailes et sans pattes ? Surement parce qu'il avait commencé à perdre cette confiance qu'il avait eu depuis toujours, ou qu'il avait commencé à douter. Et plus je me questionnais sur ce petit être, plus que me disais qu'il n'avait certainement pas de famille, ou que son maître avait préféré s'en débarrasser plutôt que d'assumer. Il semblait si affamé qu'il m'en pinça le cœur. Car si j'étais souvent impassible devant le malheur humain, parce que j'arrivais à le comprendre et à le concevoir, je n'arrivais pas à me convaincre qu'une petite boule de poil pouvait tant souffrir.

Je me trompais ? Voila qu'un élève de ma classe pointait le bout de sa cravate, toujours habilement habillé je dois dire. Il n'était pas là depuis énormément de temps, mais il se démarqué du reste avec sa chevelure blonde, comme la mienne, et ses airs bien trop occidentaux pour être d'ici. Il devait être anglophone, et même Anglais, du peu que j'avais pu entendre de lui. Cela me fait toujours plaisir de constater que je ne suis pas le seul venant du vieux continent. Peut être rencontrerai-je même des Écossais ? Pour l'instant, je me contentai de levait mon index pour répondre à son salut, voulant ainsi lui indiquer qu'il ne devrait pas s'approcher davantage du chiot. Peine perdue. Voila qu'il venait de l'attraper vivement entre ses mains et que je venais de voir tout mon travail s'envoler comme une poignée de poussière. Ou alors.. C'était son animal ? Mon regard se durcit légèrement et je vins croiser mes bras sur mes genoux, gardant tout de même un peu de biscuit, au cas où. Le chiot semblait bien trop calme pour ne pas connaître l'auteur de l'emprise qu'il devait subir, et là, la rencontre commençait à me plaire de moins en moins. C'était lui, l'homme négligeant, qui ne prenait même pas soin de son animal ? Si je n'avais pas eu de réel avis sur le blondinet, j'en avais un bien peu salutaire, à présent. Grimper dans mon estime était déjà une chose rare, et lui, il venait faire une chute digne de celles du Niagara. Et maintenant que le chiot avait retrouvé la terre ferme, et qu'il ne s’enfuyait toujours pas, j'étais certain de ma théorie. Il était son odieux propriétaire.

"Il faut bien, la compassion n'allait pas venir de son maître.." Déclarai-je en Anglais, le ton froid et même presque mauvais. Mes yeux se posèrent sur le chiot, occupé à renifler l'herbe pour tenter de trouver de nouveaux morceaux de biscuits. Je me relevai donc, m'appuyant sur mes genoux pour se faire. "Tu as de la chance que je ne sois pas procédurier, et que je préfère te laisser le bénéfice du doute sur cet écart de conduite."

Décidément, il m'était impossible d'éprouver une quelconque sympathie envers le genre de personne qu'était l'autre jeune homme. Comment pouvait-il arriver en pensant que j'allais l'accueillir avec mon plus beau sourire ? Il n'avait même pas eu la décence de se faire petit, d'en avoir honte, de montrer qu'il s'en voulait. Encore un comportement permissif d'humain que je n'arrivais vraiment pas à comprendre. Parce qu'il n'était qu'un petit animal, il n'avait pas le droit au même respect que lui ? Il était toujours si bien habillé de surcroit, semblait toujours être une personne réfléchie, et même agréable.. Alors pourquoi infliger cela à son animal de compagnie ? Ses chemises et ses chapeaux devaient avoir un meilleur traitement que ce petit animal, et ils n'étaient que de simple bout de tissus. Les bras croisés sur mon torses, je ne pouvais m'empêcher de le regarder de haut, cherchant à me calmer intérieurement pour ne pas hausser le ton. Il venait de m'énerver. Alors que je cherchais à passer un bon petit moment avec le chiot, il venait de me provoquer dans ma sensibilité. Not a good choice.

"Rassure moi, vraiment, j'aimerai me tromper." Je parlai légèrement plus vite, j'étais passablement énervé et n'arrivai plus tellement à me gérer. " Vraiment ! Dit moi qu'il est tombé dans une flaque boueuse, et qu'il a faim uniquement par gourmandise, parce que là, tu me fais perdre patience."
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(#) Re: Lalala ~ J'agis de manière désinvolte.  Lun 16 Mai 2011 - 11:10

Est-ce que je suis comme ça, moi aussi, quand je juge les personnes que je croise d’un simple regard ? Je n’espère pas. J’espère sincèrement pouvoir changer mes aprioris car là j’ai un peu du mal à saisir la situation. Certes, son geste de tout à l’heure me déconseillait peut être de toucher au chiot, mais de là à me parler ainsi. J’étais tellement absorbé par le chiot que je n’avais pas remarqué, mais son regard n’est plus le regard touchant qu’il adressait à l’animal il y a quelques secondes de cela. Au contraire même, il son visage est dur désormais. Il faut que je me fasse pousser une queue ainsi que deux grandes oreilles pour avoir droit à la même réaction ou bien ? Je ne comprends pas ce qui le pousse à passer d’un extrême à l’autre. A moins qu’il soit gêné que je l’aie vu aussi gentil, au naturel, et qu’il préfère se donner des airs d’adulte sérieux et studieux. A ce moment, les choses risquent de se gâter, je n’accorde pas beaucoup d’importance aux personnes qui n’assument pas leurs actes.

Et là, comme pour répondre à toutes les questions qui se bousculaient dans ma tête, il prend la parole. Est-ce qu’il a écouté ce que je viens de dire ? Evidemment, sinon il n’aurait pas répondu ainsi. Mais il était clairement distant. Son ton était froid, et il avait décidé de changer de langue, comme si cela l’éloignait encore plus de la répugnance que je pouvais lui évoquer. Je n’ai pas compris tout de suite pourquoi il me parlait ainsi. Il me rend clairement coupable de quelque chose, mais je ne vois pas quoi. Procédurier ? Parce que je mérite carrément ça ? Waouh, je ne sais pas ce que j’ai fait, mais ce doit être drôlement grave. Il va porter plainte pour atteinte à la vie relationnelle avec un chiot ? En ajoutant ces derniers mots il s’était relevé. Tandis que moi, je fixe toujours le chiot, accroupi. A vrai dire, je reste scotché, il ne manque pas de culot pour m’accuser comme ça de quelque chose que je ne saisis pas. Fixer le chien qui fouine juste devant moi reste ma seule échappatoire. Ca me permet de rester calme face à cette réaction. En temps normal je me serai levé en m’écriant pour me défendre, mais me défendre de quoi ? Je ne daigne même pas lever la tête vers celui qui me surplombe désormais. Je ne suis pas du genre à me laisser marcher sur les pieds, mais là, je suis juste paumé.

Je me ressaisis quand il continue son petit discours d’accusation. C’est bon, j’ai compris. C’était bête en fait, dès sa première phrase, il s’était dénoncé. Il me prend pour le maître du chiot. Et vu comment ses phrases s’accélèrent, il est sur les nerfs. Je pousse un long soupire, je me redresse et je le regarde droit dans les yeux. Je le fixe en réfléchissant à la situation la plus adaptée. Je n’avais plus de sourire sur le visage. Je ne suis pas énervé, la seule chose qui me dérange est qu’il a arrêté de nourrir le chiot, qui semble avoir pourtant encore faim. Et je n’ai rien d’autre dans ma besace qu’un peu de chocolat noir, je me vois mal donner ça à la petite bête. Je ne pense pas qu’il puisse manger ça. Une liste d’option se déroule dans mon esprit. Je pourrai partir avec le chiot en faisant semblant d’affirmer que c’est le mien et laisser ce blondinet avec sa fierté et ses conclusions hâtives, et chercher un déjeuner potable à la boule de poil. Après tout, les hommes détestent réaliser qu’ils ont tort, et vu comment il me prend de haut, il ne doit pas déroger à la règle. Et ça m’autoriserai à me défouler, avec une bonne dose de sarcasme. Je soutiens son regard, mais le chiot me fait reprendre son calme. Lui qui grappillait à droite à gauche jusque là, tournait autour de la personne en face de moi, comme pour en redemander. Il me fait oublier tout l’agacement qui était monté en moi. Lui qui était si craintif tout à l’heure…

- Je crois qu’il t’aime bien… Pourquoi as-tu arrêté ?

Je viens d’ignorer la totalité du discours qu’il m’a sermonné. Je crois que je vais me le mettre à dos, mais je suis prêt à repartir si ma présence le dérange tant que ça. C’est ma manière de lui faire comprendre que je n’en ai rien à faire du conflit, je ne m’inquiète que pour le chiot. Ca ne va pas changer ma vie, les charmants jeunes hommes, ça ne manque pas ici. Mais il est vrai que tout le monde ne possède pas la générosité dont il vient de faire preuve. Et dire que de l’autre côté de la mer, ce pauvre animal aurait certainement fini dans une assiette. Rien que d’y penser, ça me dégoute. Maintenant que j’y pense, le blondinet qui me fait face doit penser exactement de la même manière. C’est pour ça qu’il s’est excité comme une puce pour trois fois rien. Je devrais faire preuve de plus de compréhension, pour une fois. Je décide de lui adresser la parole en anglais cette fois ci, espérant inverser l’effet de tout à l’heure. Comme à mon habitude, je m’exprime avec toute la sincérité dont je suis capable.

- Contrairement à ce que tu penses, je ne suis pas son maître. Ce chien est passé pas loin de moi tout à l’heure, mais je lui ai fait peur. En voyant son état j’ai décidé de le suivre. J’admire la manière dont tu as su gagner sa confiance. Veux tu bien te calmer maintenant ?
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(#) Re: Lalala ~ J'agis de manière désinvolte.  Lun 16 Mai 2011 - 19:57

    « Tu verras... »

    Ce sont les derniers mots en Anglais que je pensais prononcer de la journée. Encore une fois ce matin, mon père m'avait appelé, histoire de me narguer surement car, pendant que je baignais dans le monde des gens normaux lui se noyait dans sa richesses et dans les différentes jouissances dont il pouvait abuser grâce à son argent. C'est sûrement pour ne pas devenir un homme comme cela que j'ai décidé de ne pas le suivre à nouveau à Londres et de rester au Japon pour commencer ma vie d'adulte par moi-même. Je ne voulais pas perdre les valeurs que ma mère et mes grands parents ont mit tant d'années à bâtir, je ne voulais pas devenir aussi odieux que lui. J'en avais peur.

    Mais pourtant il était là, en moi. Ce mal, il sommeillait, je le sentait. Il restait mon père et je lui ressemblait en beaucoup de choses. Physiquement, j'étais aussi imposant que lui. Musclé, grand aux traits fermés. Le reste c'était tout ma mère, mais mentalement, c'était là que je me détestais, car plus je vieillissais et plus je me trouvais de points communs avec lui. Hargneux, hautain, froid, taciturne, distant, sans aucun respect pour les autres. Mais contrairement à lui, je ne m'en vantais pas. Moi j'essayais de changer ou du moins de travailler là dessus et d'essayer de renforcer mes bons côtés. Travailler dans une école comme celle ci devrait m'ouvrir l'esprit et faire en sorte que je ne devienne pas une espèce d'ordure qui ne pense que par son organe génital.

    Énervé par cette énième conversation avec mon paternel je décidais de prendre une pause dans mon travail pour aller prendre l'air, décompresser. Je me connaissais, si je croisais un élève qui aurait le malheur de me regarder de travers ou d'avoir un cheveux mal placé, j'aurais été capable de le lui reprocher et de m'acharner sur lui jusqu'à le coller. Quoi que, même lorsque je n'étais pas énervé je faisais ce genre de choses, c'est tout ce qu'ils méritent ces adolescents, il n'ont plus aucun respect pour rien maintenant et sont bien trop superficiels à mon goût. Quelques heures de colles ne leurs feraient pas de mal, à aucun d'entre eux.

    Marchant rapidement dans les couloirs je remonte les manches de ma chemise à carreaux ouverte sur un t-shirt blanc, dévoilant ainsi mes nombreux tatouages sur les avants-bras, je n'en avais que faire à ce moment là et puis de toute façon avec les beaux jours qui arriveraient je finirais par ressortir les manches courtes alors ils finiraient tous par les voir. Au moins j'aurais reculé la sentence. Les mains dans les poches de mon jeans blanc je fouillais après une de mes sucreries préférée tout en me dirigeant à l'extérieur du bâtiment. Mon butin trouvé, j'introduisis la sucette à la cerise dans ma bouche et avançais à présent plus lentement, vers le parc.

    J'aimais cet endroit, il était constamment paisible, on entendait les oiseaux chanter, il était assez vaste pour que l'ont puisse s'isoler des autres groupes d'élèves et l'ont pouvait même s'endormir aisément. J'aurais réellement apprécié avoir un parc pareil lorsque j'étais étudiant. J'espère que dans ma future école à Londres il y en aura, car cela me manquera je suppose. Je n'ai jamais réellement pensé au jour ou je quitterait Kobe, mais je pense que le plus dur serait de dire au revoir à ma mère. L'école ne serait pas difficile à quitter, je n'y ai pas tissé de liens et c'est d'ailleurs fait exprès. Je n'avais pas de temps à perdre avec les sentiments. Quoi que, ma colocataire Rinka, je m'entendais parfaitement bien avec elle. Ses coups de gueule et les coups de griffe de son chats finiraient par créer un vide dans mon quotidien s'ils n'étaient plus là.

    Je secouais la tête pour ne pas penser à ces quelques détails futiles, sans importance et passais ma langue autour de ma sucette en me délectant du goût de cerise qui emplissait ma bouche. Cette saveur avait toujours eut le don de me calmer, lorsque j'étais énervé quand j'étais petit, je me souvient que maman me disais d'aller me défouler dans le jardin. Je courrais donc dans le jardin et je finissais par monter le plus haut possible dans le cerisier, arrivé là, j'y restais caché et je ne revenais que l'estomac plein de mon fruit préféré. Maintenant c'est aux bonbons en tout genre que je suis addict mais je ne vous cacherez pas que lorsque je rend visite à ma tendre mère, je grimpe aussi au cerisier pour lui voler quelques fruits rouges.

    Assit sur un banc, je fut sortit de mes pensées par quelques élévations de voix deux bancs plus hauts. Interloqué je levais le visage vers la provenance de ces sons et je fus surprit de reconnaître l'élève de prépa littéraire que j'avais rencontré il y a quelques temps déjà. Elliot Livingston si je me souvenais bien. Et l'autre tête blonde à côté de lui m'était encore inconnue. Tout deux semblaient se disputer, ou du moins c'était ce que je pensais comprendre aux bribes de paroles vagues que j'arrivais à entendre et au faciès du jeune Écossais. J'essayais d'analyser la situation pour voir ce qui se passait en réalité et je vis entre les deux, un petit chiot qui lui semblait totalement perdu. Il n'était pas en très bon état et son regard triste avait eut le don de me faire grimacer quelques peu. J'aimais beaucoup les animaux et en leur présence je devenais gaga. A l'exception de l'horrible tas de poil de ma chère colocataire. A eux trois je trouvais qu'ils faisaient une belle allégorie. La pureté, l'innocence, la douceur, encadrée par le conflit et l'incompréhension. Ils représentaient très bien le monde d'aujourd'hui. Et dire que l'on devait évoluer dans un climat pareil.

    Et puis, je réalisais une chose alors que j'étais en train de détailler l'inconnu -pour ne pas dire en langage familier que j'étais en train de le mater- c'est que c'était mon travail d'intervenir et d'empêcher qu'ils ne se disputent encore plus. Car bien souvent les garçons à cet âge là c'est bien impulsif et ça tape sans même s'en rendre compte. Et sur qui ça retomberait si l'un des deux tapait sur l'autre alors qu'un surveillant était dans les parages ? Et bien sur moi bien évidemment ! Ah quelle plaie ce job. Je soupire et croque dans la sucette tout en me levant. Je suis plus grand que ces deux là alors ce serait assez facile de me remarquer, j'avalais le bonbon et gardait le bâtonnet dans la bouche afin de jouer avec à l'aide de ma langue. Arrivé à leur hauteur je restais silencieux pendant une seconde ou deux puis je me décidais à prendre la parole, d'abord en Japonais, pas certain d'avoir entendu de l'Anglais.

    « D'habitude c'est à cause d'une jeune femme que l'ont se dispute messieurs. »

    J'esquissais un faible sourire, je n'étais pas non plus là pour les sermonner mais il ne fallait pas qu'ils me prennent pour leur ami alors je restait tout de même un minimum sérieux. Le blond inconnu n'avait pas du tout l'allure d'un Japonais. Bien au contraire il semblait bien occident. Et il me semblerait aussi que je n'avais pas rêvé tout à l'heure, j'avais bien entendu de l'Anglais. Je suppose donc que je peux me permettre de continuer dans ma langue natale.

    « Livingston... » Dis-je en faisant un mouvement de tête poli pour le saluer. « Jeune inconnu. » Même mouvement de tête après m'être tourné vers le deuxième blond.

    Puis mon regard se posa sur l'animal, je lui fis un sourire tendre et toujours avec une distance respectueuse je tendais la main afin qu'il la renifle. Évidemment il était bien trop peureux pour s'approcher suffisamment de moi même si je voyais dans son regard un intérêt pour ma personne. J'esquisse à nouveau un sourire et ramenais mon bras le long de mon corps. Je reportais mon attention vers les deux jeunes hommes et fronçais les sourcils.

    « Cette petite chose innocente et abandonnée ne devrait pas avoir à subir vos querelles messieurs. Un peu de tenue s'il vous plait, cet endroit est un lieu de détente et je ne pense pas que le reste de la cours voudrait profiter de votre conversation qui semblait... Animée. »

    Jouant avec le bâtonnet, je me disais en même temps que je parlais que je devrais faire un effort pour ne plus avoir cet accent Londonien qui me faisait défaut. Parfois je parlais trop vite et ceux à qui je m'adresse ne me comprennent pas toujours. Je n'aurais jamais pu faire professeur d'Anglais avec un accent pareil. Surtout avec le niveau qu'avaient certains Japonais...

    « A moins que l'un de vous ne soit coupable de l'état de ce pauvre animal ? Ce que je n'espère sincèrement pas... »

    A ces mots je me suis accroupis pour mieux l'observer. Il semblait réellement affamé. Et même si j'adorais les animaux, je n'aurais certainement pas fait une telle intervention si c'étaient deux jeunes minettes qui se disputaient là dessus. Non, la présence de mister Livingston m'avait quelque peu motivé, ce jeune homme était bien mystérieux et notre dernière rencontre s'était achevée assez.. étrangement. Espérons que celle-ci soit meilleure.
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(#) Re: Lalala ~ J'agis de manière désinvolte.  Mar 17 Mai 2011 - 14:29

● J'étais sur la défensive ?

S'il y a toujours eu quelque chose que je n'ai pas apprécié faire, c'était de m'énerver face à une autre personne. Il était certain que j'allais rencontrer des situations conflictuelles dans ma vie, que j'allais devoir faire face à des engueulades et des prises de becs. Mais dès que je le pouvais, je m'en dérobais, ou bien, je faisais tout pour rétablir une situation calme et paisible. Dans un premier temps, je ne me retrouvai plus. Je n'étais décidément plus le même, lorsque j'haussais le ton, ou que je voulais faire entendre mon autorité. M'énerver ne m'allait pas. C'était une manière d'être qui m’esquintait plus qu'elle ne me faisait du bien, et très vite, je pouvais remarquer que la situation aurait pu aboutir au même point, en continuant à discuter simplement et cordialement. C'était le cas ici aussi. Et je regrettais déjà de mettre montrer si hostile. J'avais eu de quoi m'émousser, bien entendu, mais j'allais devoir en assumer les conséquences, ce qui allait être beaucoup moins plaisant. Surtout si l'on prenait en compte le fait que j'avais débuté la mésentente. Dans tout les cas, puisque nous allions nous calmer, qu'il allait trouver de quoi se justifier, du moins je l'espérais, j'allais devoir prendre sur moi et lui demander pardon d'avoir agis de la sorte. C'était toujours très compliqué de faire cela, et j'avais pu le vivre quelques jours plus tôt, quand je m'étais entretenu avec l'un des surveillants du lycée. Rencontre bien intéressante en somme, mais qui s'était mal finie, comme presque toujours avec moi. Je n'avais su garder assez de patience pour lui répondre calmement, sans prendre ses questions pour des attaques personnelles sur ma manière de vivre. avec le recul de la situation, j'en avais amèrement conclu qu'il n'avait cherché juste qu'à se montrer sympathique, et qu'il faisait son travail d'éducateur, également. L'employer n'avait pas eu un mot de trop, ou du moins, il ne s'était pas emporté une fois comme j'avais pu le faire. Mais moi, avec mes grand airs et ma peur inconsidéré d'être découvert des autres, je n'avais pu faire autrement que de fuir, et que de paraître sévère et antipathique au final. Si Adams pensait de moi que je n'étais simplement qu'un sale enfant trop choyé et dédaigneux, alors pour le coup, je ne pouvais lui donner tord.

Soit, ce n'était pas le problème du jour, j'avais encore bien le temps pour réfléchir à notre prochaine rencontre, qui se ferait certainement dans les couloirs de l'école. Pour l'instant et alors que je toisais l'autre élève bien trop sévèrement pour la situation, je commençais à adoucir les traits de mon visage, au fur et à mesure qu'il tentait de s'expliquer. Ce n'était pas son chiot ?.. Alors j'étais dans un beau pétrin. En plus de l'avoir enguirlandé pour rien, je m'étais montré méprisant envers une personne qui ne l'avait pas mérité.. Ce n'était pas moi, ça. Non, pas du tout, je n'étais pas de ceux qui faisait le mal par simple plaisir, je n'étais pas de ceux qui se voulaient méprisants juste pour l'être et sans raison valable derrière. Comment mon esprit avait-il fait pour être ainsi ? Comment avais-je pu conclure à de telles théories, sans en vérifier tout les faits ? Toute la scène passait dans ma tête, avec de multiples interrogations. Il était vrai que j'avais supposé plus que je n'avais cherché à faire fonctionner ma logique, ce qui ne m'était décidément pas habituel. Mais alors, et comme avec le surveillant, j'étais sur la défensive ? Tout le temps ? A vrai dire, il ne me fallait plus grand chose pour trouver du mal à l'autre, pour le ranger dans la catégorie des non fréquentable. Je ne savais pas réellement pourquoi, mais presque automatiquement, il fallait que je me méfie des autres, que je leur trouve des défauts là où il n'y en avait peut être pas, des tords qui n'étaient que de vaines foutaises. Un long et agaçant frisson parcouru mon corps en entier, le cœur serré de devoir constater de cela, maintenant.

"Je-...C'est.." Bredouillai-je difficilement. Comme à chaque situation embarrassante, trouver les mots n'était plus quelque chose d'aussi aisé. Ils étaient bien mis en ordre dans ma tête, mais n'arrivaient jamais à sortir de mes lèvres correctement.

Et je ne pus même pas tenter de me reprendre, l'air plus abasourdi et abruti qu'autre chose, que la situation changea encore, se compliquant de nouveau. Adams ! Evidemment, si une personne devait nous surprendre à ce moment, ce devait être celui avec qui j'avais eu un autre conflit. Une telle situation se voyait être parfaite dans une pièce burlesque, mais tellement peu agréable à vivre concrètement. Le voyant arriver à grand pas, et parce qu'automatiquement, mon regard s'était tourné vers la nouvelle voix, je baissais maintenant la tête, inspirant un grand coup pour soupirer de lassitude. La situation n'était, bien sur, pas aussi grave que je semblais le faire paraître, mais c'était également un peu moi, d’exagérer pour un rien. Mais le gentleman Anglais que j'étais n'allait pas se laisser abattre plus longtemps, et alors que j'inspirai de nouveau à grand coup, les yeux fermés, je relevai la tête vers l'adulte présent.

"Adams." Aussi succinct qu'il avait été avec moi j'essayais cependant de ne pas paraître froid, puisqu'il n'avait rien fait de mal. Il devait toujours m'en vouloir, apparemment.

Et très vite, la conversation s'orienta vers le chiot à nos pieds, il était vrai qu'il avait été le centre de notre confrontation, et qu'il aurait du rester la préoccupation principale. Double erreur de ma part, en somme. Fort heureusement, l’animosité et l’atmosphère tendue ne l'avait pas affecté, et il semblait bien plus enclin à la rester avec nous, à présent sagement assis sur son postérieur, nous regardant tour à tour, la langue pendue sur le côté. Il n'avait pas répondu à l'appel de l'adulte, mais ce n'était pas plus très surprenant. Bien que plus confortable en notre présence, je le soupçonnais de rester uniquement en pensant avoir quelques miettes de biscuit supplémentaires. Si c'était le cas, alors il devait être affamé, et ce que j'avais à lui offrir ne lui suffirait certainement pas. J'avais déplié les bras à l'arrivé de l'Anglais, gardant mon poing gauche fermé, avec le reste du biscuit préalablement cassé.

"Un malentendu Adams, je vous prie de m'en excuser." Annonçai-je en regardant plus particulièrement l'autre blond, l'air tout autant désolé que mes paroles. J’espérais alors qu'il prenne mes excuses pour lui également, afin de ne pas devoir en redire. " Et comme vous l'avez supposé, il semble abandonné.. Ou peut être n'a-t-il jamais eu de famille." Tout en parlant, je m'abaissai de nouveau, ouvrant ma main pour l'approcher de son museau. Après quelques hésitations, il se décida à venir manger timidement, puis à se goinfrer du reste. Son petit manège me fit légèrement sourire, prenant réellement compte qu'il y avait alors bien plus important que de se disputer comme nous l'avions fait. "Il est évident qu'on ne peut l'ignorer à présent."

C'était vrai, et alors qu'il venait de vider ma main du biscuit pour l'emplir de sa bave, je me relevai, pour aller vers mon sac. J'avais encore des biscuits. J'en sortais plusieurs, et revins le plus rapidement possible vers l'assemblée, tendant l'un des gâteau à l'autre blond.

"Il semble t'apprécier, alors tu devrais.."
Encore un façon pour moi de montrer que je me sentais coupable et que je n'avais pas envie de rester borner sur ma première impression. Le chiot s'était presque laissé porté sans incident tout à l'heure, il allait certainement bien vouloir manger dans la main de l'autre élève, dont le nom ou le prénom m’échappaient toujours.
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(#) Re: Lalala ~ J'agis de manière désinvolte.  Jeu 19 Mai 2011 - 13:05

Je l’ai mis mal à l’aise, c’est indéniable. Alala, qu’il est drôle. Aurait-il un talent caché pour trouver des problèmes là où il n’y en a pas ? Je ne lui en veux pas, étant donné qu’il m’a écouté avec une oreille attentive. Et il ne m’a même pas traité de menteur, ce que certains orgueilleux n’auraient pas hésité à faire. C’est déjà du passé, dans ma tête, j’aimerai bien qu’il le comprenne. Le pauvre est là tout penaud comme si le ciel venait de lui tomber sur la tête. Je veux dire… L’erreur est humaine. J’ai beau avoir un sale caractère, très sale même je l’admets, je ne suis pas rancunier pour un sou. Mais je crois que la personne à qui je fais face possède une certaine… Fierté ? Je ne sais pas, en tout cas il doit croire que je lui en veux pour être aussi confus tout d’un coup. Il n’y a pas mort d’homme, que je lui aurais répondu, si un mister pas très poli n’avait pas décidé de se mêler de nos affaires.

« D'habitude c'est à cause d'une jeune femme que l'on se dispute messieurs. »

Rien que pour cette remarque, j’ai déjà trois raisons de le détester avant même d’avoir tourné la tête vers lui. Primo, son sarcasme est déplacé. Deuzio, il vient remettre une couche sur le problème. Et Tertio, je ne suis pas hétéro. Trois mauvaises raisons, j’en suis fort conscient, étant donné que la première est de mauvaise foi, la deuxième également et pour la troisième il ne pouvait pas deviner. Mais je crois que c’est son irruption brutale qui a l’effet d’une caresse dans le sens inverse du poil. Si moi et mon camarade étions restés seuls, cette histoire serait vite passée. L’arrivée d’une tierce personne va nous forcer à nous étaler sur le sujet. Je retiens un soupire et tourne la tête vers l’individu qui me dérange tant prêt à lui renvoyer un sarcasme. Et alors là vous n’allez jamais me croire mais toute ma mauvaise foi s’est envolée en un temps record. Je lui-même trouvée une excuse ; il a l’air d’être surveillant. Comment ça je ne suis pas crédible ? Ok, j’avoue, son physique se révèle être un argument de poids dans mon avis. Affreusement sexy. Grand, musclé, avec des tatouages, que demande le peuple ? Ahem, excusez moi.

Apparemment, ils se connaissent. Logique, le nouveau ici, c’est moi. Messieurs Livingston et Adams. Suis-je suis vraiment au Japon là ? Le surveillant aurait pu passer pour asiatique s’il n’avait pas été si grand. A côté de lui, les deux blondinets que nous sommes apparaissent comme de vrais étrangers pures souches. Je lui rends son salut d‘un mouvement de tête similaire, accompagné du même lever de chapeau que j’ai effectué pour mon camarade. Pure politesse, je préfère ne pas prendre la parole. De toute façon l’autre a déjà repris la parole. Tiens, il parle anglais lui aussi. Comment voulez vous que j’améliore mon accent si personne ne parle la langue nationale ici, hein ? Tiens, en parlant d’accent, je mettrai ma main à couper que ce surveillant est anglais du sud, voire Londonien. Etant moi-même de Londres, ça ne m’étonnerait vraiment pas. Moi qui pensait être unique, va falloir vraiment que je me rentre dans le crâne que cette école a un aspect international.

Un peu de tenue, un peu de tenue… Il peut parler ! Avec son bâton de sucette qui dépasse c’est relativement difficile de le prendre au sérieux. Et avec son style d’habits, je suis persuadé qu’il fait plus jeune qu’il ne l’est. A quoi ça rime, quand on est surveillant ? Car il n’est probablement pas professeur, ces gens là ont autre chose à faire que de trainer dans le parc de l’école. Premier à rétorquer, mon camarade de classe répond d’un air désolé, tout en me regardant. Il est décidément très réservé comme garçon, j’interprète ça comme sa manière de s’excuser. Je lui fais un sourire amical et un poil moqueur, et je me permets d'ajouter :

- Un malentendu ? Quel malentendu ?

Si avec ça il ne comprend pas que je ne lui en veux pas le moins du monde… Les deux personnes en face de moi ayant l’air de se connaitre, je me tais tandis qu’ils échangent des explications. Il y a quelque chose qui cloche chez ce Livingston. Il parle toujours comme ça ? C’est peut être… Ou plutôt sûrement moi qui suis d’un caractère un peu trop naturel et spontané mais déjà le simple fait que les deux hommes se soient appelés par leurs noms de famille m’interloque. Il n’y a que les profs pour exiger une chose pareille. Surtout que bon, le surveillant comme l’élève de prépa ne se gênaient pas pour devenir tout gaga-choupi devant la petite boule de poil. Heureusement qu’elle est là, maintenant que j’y pense, tout le monde l’apprécie et contre toute attente ça nous fait un point commun à tous.

Je suis ravi de voir le blondinet donner la fin de sa collation au chiot. Il me tend ensuite un morceau de gâteau pour que j’en fasse de même, toujours avec la même politesse. Je ne retiens pas un sourire sincère, content de voir les choses s’arranger avec ce charmant camarade de classe. Je le prends de bon cœur en le remerciant avec l’expression française consacrée.

- Merci beaucoup. Je l’aurai bien nourri avec mon chocolat, mais je ne suis pas sûr que ce soit ce qu’il y ait de mieux pour sa santé… D’ailleurs si tu en veux, n’hésite pas à demander.

Je n’avais pas essayé de continuer en français. De toute façon, la classe, c’est simplement de caser un mot. De plus, je ne pense pas avoir le niveau pour traduire naturellement la phrase que j’ai sortie sans faire de faute. Je plie les genoux pour me mettre au niveau du chiot et, après avoir brisé ce qu’il attend avec impatience, je dirige ma main dans sa direction. Livingston avait raison, le chiot est plutôt confiant et vient directement vers moi. Cela change pas mal de toute à l’heure où il semblait apeuré par tout ce qui ressemble de près ou de loin à un humain. Je dépose ce que j’ai à terre et j’en profite pour le caresser derrière l’oreille avec mon autre main avant qu’il reparte vers l’un des autres. Et puis d’une voix assurée je reprends la parole

- Au fait, moi c’est Liam.

J’aurai bien ajouté quelques mots, plus particulièrement pour le surveillant. Mais ça aurait cassé l’effet. J’ai volontairement omis d’ajouter mon nom de famille, manière personnelle d’indiquer que les conventions sociales et moi font quinze. J’espère qu’ils répondront en me donnant leurs propres prénoms, car je me vois mal commencer à les appeler monsieur, l’un comme l’autre.
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(#) Re: Lalala ~ J'agis de manière désinvolte.  Ven 20 Mai 2011 - 17:54

    Ma présence semblait les déranger.

    Et cela m'amusait. J'avais sentit l'ambiance se tendre un peu plus lorsque je m'étais mit à parler. Mon humour n'était peut être pas le meilleur du monde mais bon, ils n'allaient tout de même pas me blâmer, je ne faisais que mon travail, aller surveiller et contrôler que tout se passe bien parce que c'est bien connu une école doit être le monde des Bisounours sans qu'il n'y ait aucune dispute ni même de bagarres. Bien évidemment c'était faux, comme dans toutes les écoles les élèves se chamaillaient et se frappaient pour un oui et pour un non. Mais comme je m'ennuyais je décidais de me montrer un minimum responsable après tout, c'est moi qui doit montrer l'exemple non ? Mon regard passait de l'un à l'autre mais se faisait plus insistant envers Elliot qui semblait quelque peu perturbé par ma présence, il est vrai que la dernière fois que nous nous sommes vu, notre séparation ne s'est pas déroulée comme je l'avais imaginée mais tout était de sa faute j'avais beau y repenser je ne trouvais pas ce qui avait été inconvenant dans mon comportement, au contraire je m'étais montré exemplaire pour une fois car vous savez, parfois je suis une véritable ordure.

    Je me souviens de mon premier jour à l'école, j'avais rencontré dans les couloirs Mademoiselle Levaland, Valentine de son prénom. La demoiselle se promenait dans les couloirs la nuit et je l'avais sévèrement punie. Je n'avais pas hésité à me jouer d'elle et à me montrer très collant... Oui c'est le terme exacte. Je m'étais plutôt bien amusé, je m'étais transformé en yoyo, la punissant sévèrement pour ensuite la rassurer et pour finir par la punir deux fois plus. J'avais même frôlé l'agression sexuelle à un moment. Mais que voulez vous, croiser un homme la nuit, ce n'est pas sans risque. Je savais ce que je faisais, jamais je n'aurais fais de mal à cet enfant, mais j'avais pris un réel plaisir à faire naitre en elle différentes émotions et sensations qui n'étaient pas des plus agréables. Je n'étais pas le pire être du monde, je lui avait quand même payé un chocolat chaud pour finir alors je ne pense pas être quelqu'un de mauvais. On rattrape toujours ses erreurs avec de petits gestes maladroits pour se donner bonne conscience. Moi c'était ça. L'autre blond me salua de la même manière sans même prononcer un mot, je lui fit un petit sourire après l'avoir fixé longuement droit dans les yeux, puis je me détournais, indifférent.

    « Je préfère cela. »

    C'est tout ce que j'avais répondu en voyant que les deux jeunes garçons semblaient s'être réconciliés. L'autre blond au chapeau m'était complètement inconnu, je ne l'avais encore jamais croisé dans les couloirs et il m'intriguait un petit peu plus car il pouvait être n'importe qui. J'étais certain que c'était un élève et qu'il venait d'Angleterre, certainement la même région que moi au vu de ses façons de s'exprimer mais à part ces détails futiles, je n'étais pas très bien avancé. Pourtant je portait toujours une grande attentions aux membres anglophones de cette école. Il semblerait que celui ci m'ait échappé.

    A présent accroupit en face du chiot, je laissais les deux jeunes hommes converser entre eux et nourrir cette pauvre bête qui ne semblait pas farouche pour trois sous. J'aimais beaucoup cette race de chien typiquement asiatique, et propres ils étaient encore plus mignon. Celui-ci semblait réellement jeune. Je devais certainement me discréditer face au deux autres car ma façon de regarder cet animal s'approchait un peu de la « gaga-attitude » même sale et mal entretenu il aurait pu me faire mourir d'une overdose de « kawairies » avec ses mouvements maladroit, tout pataud. Je souriait tendrement et une fois qu'il eu dévoré les gâteaux je tendis la main à mon tour, espérant ne pas être rejeté une seconde fois. Curieux et un peu plus rassuré je suppose il vint me renifler, il cherchait certainement si je n'avais pas moi non plus de la nourriture mais je prit une mine désolée avant de lui caresser le dessus de la tête doucement. Je me suis relevé lorsque l'élève blond se présenta à nous, donc Livingston ne connaissait pas non plus ce nouvel élève. Mais son prénom me fit réagir, je savais bien que je me renseignais assez sur tous les élèves anglophones ! Il était bel et bien nouveau et son prénom l'avait marqué car c'était un prénom peu répandu. Je le regardais et j'eut un petit sourire en coin, ma langue passa sur mes lèvres qui avaient encore le goût du bonbon à la cerise, d'ailleurs je m'amusais toujours avec ce bâton, je ne devais pas avoir l'air très sérieux mais après tout, je n'étais qu'un surveillant, je devrais encore profiter du peu de temps qu'il me reste à pouvoir être décontracté avant de devenir professeur de musique.

    « Liam ? » dis-je pour montrer mon intérêt envers sa personne. « Liam Preston ? Je me trompe ? Oui j'ai vu ton nom dans un papier tout à l'heure, tu es nouveau non ? »

    C'était un des avantages d'être surveillant, c'est que au moins, on pouvait se payer le luxe de connaître tout le monde. Bien que ma discussion s'orientait vers le blond au chapeau, je ne cessais de regarder en coin le deuxième blond qui était plutôt amusant à regarder en société. Il semblait tout aussi gêné avec des gens de son âge qu'en présence d'adultes. J'avais eut peur, je croyais que c'était à cause de moi qu'il était ainsi la fois dernière. Quoi que... C'est peut être encore ma présence qui le dérange aujourd'hui ?

    « Je suis Nathanaël Adams, surveillant. Et comme tu le vois, je suis très proches des élèves. Si tu as un soucis, n'hésite pas à venir me voir. »

    J'esquissais un nouveau petit sourire en coin. Puis maintenant je me tournais vers Elliot, le regardant fixement pendant un petit temps, cherchant mes mots pour ne pas le brusquer. Mais je n'allais pas non plus rester planté là sans rien dire pendant cinq minutes parce que je dois prendre des pincettes pour m'adresser à lui. Décidant de laisser tomber cette volonté de faire attention je me lançais enfin. Un brin amusé.

    « Au fait Livingston, vous m'avez quitté bien prestement la dernière fois. J'en fut attristé et j'en suis même venu à me demandé si je n'avais pas agis d'une façon qui vous avait dérangé. N'hésitez à me le faire savoir sinon, je sais que mes... Manières de faire ne plaisent pas à tout le monde. »

    Bon, Liam ne devrait certainement rien comprendre et encore moins comprendre pourquoi je le vouvoyait lui et pas vraiment les autres. Allez savoir, il m'appelle « Adams » alors pour moi il sera « Livingston » le vouvoiement est venu automatiquement. Je trouve cela assez amusant. Prenant le bâton de sucette entre deux doigts, je le jetais agilement dans une poubelle se trouvant derrière Liam puis, j'enfonçais une main dans ma poche pour prendre une nouvelle sucette à la cerise et l'enfourner dans ma bouche après l'avoir ouverte. Prenant le soin de la retirer à chaque fois que je m'exprimerait.

    « Que comptez vous faire de ce petit bout de chou ? » Dis-je alors au bout d'un moment, reposant mon regard sur le chiot qui était bien sage pour son âge.
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(#) Re: Lalala ~ J'agis de manière désinvolte.  Sam 21 Mai 2011 - 19:16

● Tu descendais dans mon estime Adams.

Fort heureusement, je n'allais pas me mettre Adams à dos pour des chamailleries qui n'en étaient pas réellement. Je n'aimais pas tellement être en froid avec d'autres, parce qu'il s'agissait de relations, tout de même, et donc de choses à gérer. Personnellement, je préférai largement être la connaissance effacée pour qui on n'avait pas de réelle opinion, et que l'on ne cherchait pas tellement à fréquenter. De mon côté, cela me permettait de ne pas donner de l'importance aux autres. C'était important pour moi de ne pas me lier, puisque cela rendait la vie bien plus difficile à gérer. J'avais toujours été très bon tout au long de ma vie, devant même être un inconnu pour mes anciens camarades de classe. Elliot ? C'était un élève qui ne faisait que travailler. Voila ce qui devait ressortir le plus. Et ce n'était pas un mensonge. Je préférai largement m'accoquiner avec les personnages fictifs d'un livre, que de le faire en vrai. Mon cœur se serrait quand l'un d'eux ne s'en sortait pas indemne, et une fois l'ouvrage fermé, j'avais le droit de ne plus m'en soucier. Alors que dans la vraie vie, et une fois que l'on tenait à des personnes, on était forcé et obligé de penser à eux et à leur bien être pour une longue durée. Et l'on devait s'adapter également. Voila ce qui me faisait défaut. Je ne m'adaptais pas aux autres, j'attendais que l'on s'adapte à ma personne et à mon caractère et avec le mien, il n'était pas aisé de s'accorder. C'était encore une barrière de plus je supposai, et c'était alors plus facile pour les autres de ne pas faire d'efforts et d'abandonner avant même d'avoir commencé. Ceux qui n'aimaient pas l'être que j'étais n'avaient qu'à passer leur chemin.. Réaction bien trop puérile de ma part en somme.

Mais malheureusement pour moi, ou bien heureusement je ne pouvais le dire encore, certains ici s'y étaient pliés. Adams déjà, même si cela ne faisait que peu de temps que nous nous fréquentions, je venais de comprendre qu'il n'allait pas lâcher l'affaire de sitôt, surtout qu'il se permit de mentionner notre première rencontre, ce que je n'appréciai guère. Ce qui était privé devait le rester, et la dénouement de notre précédente entrevue l'avait été. Voila, il allait faire quoi ensuite, parler de mon père et de la situation embarrassante que j'avais avec ? Encore heureux que je n'étais pas du genre à faire confiance, ou à me confier, parce qu'il aurait certainement écrit un mot pour que toute l'école soit au courant. Tu descendais dans mon estime Adams, et tu n'étais déjà pas bien considéré. Je le regardai donc, le regard plus sec, les yeux légèrement plissés par un léger énervement.

"Je ne pense pas que l'endroit et le moment soient adaptés pour parler de ce genre de choses Adams, je vous prierai de ne pas insister." Et comme toujours, je ne pouvais m'empêcher d'avoir ce ton froid et dénué de sympathie.

Mais comme je ne voulais pas m'en tenir à cela, et que je préférai largement quand les choses se passaient bien, je préférai arrêter de le regarder, me concentrant sur le chiot qui mangeai dans la main du troisième Anglais. Encore une nouvelle personne et donc, un nouveau caractère et comportement à analyser. Je ne pouvais pas dire que je connaissais réellement celui de l'adulte présent, mais je connaissais au moins ses réactions, quelques une. Je savais qu'il était capable de prendre sur lui et de se tenir quand la situation le demandait, et qu'il savait être charmant si l'on y mettait les formes. Surement qu'il comprendrait alors que je n'avais nullement envie de voir mes déboires sociaux étalés ainsi au grand jours, et j'espérai qu'il comprenne simplement que j'allais oublier bien vite son petit écart de conduite. Mais le mal était fait, et j'allais certainement retenir un peu plus mes paroles face au brun. C'était de sa faute, uniquement de sa faute s'il n'était pas capable de tenir sa langue. Maintenant, le jeune Preston allait se poser des questions, il allait se demander pourquoi notre dernière rencontre s'était ma passée, et ce que nous y avions fait. Ce que je n'aimais pas, c'était la curiosité des autres, et si je savais faire la part des choses, en restant à ma place quand cela ne me concernait pas, c'était loin d'être le cas de tout le monde, et surtout des adolescents.

"Enchanté Preston." A la française, pour lui indiquer qu'il n'était pas le seul à maîtriser la langue de Molière. Il allait avoir le même traitement que les autres, et je ne pouvais que remercier intérieurement Adams d'avoir énoncé son nom de famille. Je n'aimais pas appeler les inconnus par leur prénom.. C'était bien trop vulgaire selon moi.

Puis, et comme la conversation tournait à nouveau vers le chiot, je m'abaissais pour le saisir à mon tour, le soulevant en même temps que je me relevai. J'aurai bien voulu le serrer contre moi, pour le rassurer, et lui permettre de poser ses pattes quelque part, mais après l'avoir rapproché de mes habits, je me ravisai, constatant qu'il était bien trop sale pour salir en haut de laine si fragile. Le chiot agita donc ses pattes à l'air, ne semblant pas tellement apprécier cette nouvelle position.

"Je pense qu'il faudrait contacter les associations adéquates. Et lui faire prendre un bain au préalable ne serait pas du luxe." Je le reposai ensuite à terre, sortant un mouchoir en tissu de ma poche gauche, pour essuyer mes mains. "Bien entendu, je peux m'en charger, que cela ne devienne pas une corvée pour l'un de vous."

En réalité, j'aimais contrôler ce qui se passait autour de moi. Et comme avec les travaux de groupes en cours, je ne supportai pas laisser le travail à d'autres, ne sachant pas ce qu'il allait en advenir. C'était pareil ici. Je savais que je n'aurai que de brèves nouvelles du chiots si je le laissai à Preston ou Adams, pire encore, je pouvais ne pas en avoir beaucoup. J'avais beau ne pas savoir y faire avec les autres humains, j'étais doué avec les animaux. Après tout, je m'occupais moi même de mon vieux chien et de ma jument. Chocolate cake avait toujours été le plus heureux des Beagle, j'avais donc été plutôt habile avec lui. Et finalement, j'arrivai à parler aux animaux, parce qu'ils arrivaient à ne pas juger les personnes qui s'occupaient d'eux. Je pouvais être un peu plus l'Elliot que j'étais réellement en présence de mon fidèle chien de chasse. Je n'avais pas à mettre les formes, je n'avais pas à faire en sorte de garder mes distances et de mettre toutes ses barrières pour ne pas laisser l'autre s'approcher trop de ce que j'étais.
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(#) Re: Lalala ~ J'agis de manière désinvolte.  Dim 22 Mai 2011 - 20:15

Il l’a fait exprès ? Non parce que, je ne trouve vraiment pas ça drôle. A vrai dire, j’ai envie de lui sauter au cou de l’étriper. De qui je parle ? A votre avis ! Le surveillant, évidemment ! D’abord, un faux espoir, il me tutoie et m’appelle pas mon prénom. Et très vite, désillusion, il déclame mon nom de famille. Argh, ce qu’il peut m’énerver. Heureusement pour lui qu’il est très attirant et que j’ai horreur du gâchis, parce que sur ce coup, il gère pas du tout. J’ai bien entendu pensé à entrer dans la peau d’un gamin en prenant croisant les bras, en soufflant avec une tête d’enfant gâté et en déniant cette information, mais cela me semble inapproprié car peu amusant. Je me rendrai surtout ridicule sans faire esquisser le moindre sourire, et je ferai fuir le blondinet.

Oui, même dans ma tête je refuse de l’appeler monsieur Livingston. Conventions à la noix, elles ne servent qu’à distinguer les enfants de bonnes familles des autres, des riches des pauvres. Mauvaise foi ? Sûrement, mais il y a tout de même un fond de vérité dans ce que je pense. En fait je suis surtout énervé par la trahison que le beau brun vient de fomenter. Trahison n’est évidemment pas le mot pour décrire la situation, mais c’est parfait pour ce que je ressens. Il l’a fait exprès, j’en suis sûr. Je lui jette un regard noir. Je ne me veux pas menaçant, de toute façon je pense que je suis plutôt amusant vu de l’extérieur quand j’essaye d’être méchant, car je ne suis pas très crédible. En ce moment précis, c’est parce que je n’ai pas de raison justifiée de lui en vouloir, j’ai donc plus l’air vexé d’avoir raté mon coup qu’autre chose. Mon regard noir ne sert qu’à montrer que je suis contrarié. Je confirme ses dires avec un grommèlement qui se voulait être une approbation.

- Yep, je suis nouveau… D’habitude, ce sont les jolies filles que l’on espionne.

Ce petit sarcasme doit faire écho avec sa toute première phrase, à son arrivée. Il est accompagné de mon sourire le plus charmeur, montrant ainsi de manière ostentatoire que c’est entièrement volontaire. N’étant pas capable de rester concentré longtemps sur un seul élément, mon visage change d’expression du tout au tout après cet excès de caprice. J’affiche un sourire amusé à sa présentation. Nathanaël, joli prénom. J’ai déjà croisé la variante Nathaniel, mais c’était dans un bouquin français, et non pas britannique. En tout cas, tu peux compter sur moi beau brun, je n’hésiterai absolument pas à venir te voir. Je me demande si je serai capable de m’exciter dans les couloirs rien que pour attirer son attention, tiens. Je sens que je vais avoir beaucoup de « soucis » soudainement.

En revanche, le sourire amusé, c’est dû à cette partie : Très proche des élèves ? C’est ce qu’on va voir. Je suis sûr que mon camarade de classe ne sera pas moins distant avec lui qu’avec moi. Et comme pour me donner raison, malgré l’extrême politesse dont fait preuve le surveillant, Livingston ne fléchit pas. En fait, je dirai même qu’il est encore plus distant que tout à l’heure. Il faudrait que j’apprenne à discerner les degrés de froideur de cet étonnant étudiant. Savoir jusqu’où je peux aller sans l’énerver de manière irréversible. Un peu comme là, il sonne tellement sérieux et solennel qu’on croirait entendre un juge. Un juge qui va sûrement finir par me condamner pour comportement imprévisible et inhabituel. Enfin, il s’était quand même montré désolé tout à l’heure. Voilà pourquoi malgré tout, il éveille chez moi une étincelle de curiosité et d’intérêt. Je veux mieux connaitre ce personnage.

Vu l’état des lieux, j’ai l’impression d’être le nouveau surveillant et eux les deux étudiants entre qui la tension risque de monter. Je décide donc d’étouffer cette tension, à ma manière. Et pour cela, je saute sur la première occasion que je trouve. Je ne veux pas que mon camarade pense que je m’intéresse à ce sujet, ni que je prenne parti pour qui que ce soit. Je préfère donc ne pas ajouter de mot à cet échange et changer de sujet. Je me tourne vers Nathanaël, j’inspire un coup, comme quand je me prépare à jouer un personnage sur scène. Puis je joins les mains sous mon menton, et j’ajoute à ma comédie des yeux de chat mouillés et une voix suppliante, clairement jouée

- Vous n’en auriez pas une pour moi ? Promis, je dirai à tout le monde que vous êtes le plus adorable et le plus craquant de tous les surveillants !

Et je fixe la sucette qu’il vient de déballer avec un air envieux. Définitivement, je suis irrécupérable, mais observer leurs réactions respectives me fera tellement rire. Je veux dire, au premier abord je passe régulièrement pour un jeune homme plein de classe car bien habillé, mais quand je me mets à jouer au gamin, les réactions sont vives et variées. Je maintiens la pose juste le temps qu’il faut pour voir leur tête et les laisser me répondre, puis je fais un petit mouvement pour épousseter mon gilet et reviens à la normale, comme si de rien n’était. J’espère que Nathanaël a compris qu’en temps normal, je ne l’aurai jamais vouvoyé. S’il entre dans mon jeu… Quoique non, il sera trop surpris. Enfin, nous verrons bien. Les prévisions, c'est pas mon fort.

Je me reconcentre sur le fond du problème. Que va-t-on faire du chiot ? C’est une excellente question, mais la réaction de mon camarade me laisse perplexe. Sa solution est on ne peut plus parfaite, rien à redire. C’est ce qu’il y a autour qui m’intrigue. D’abord, il m’appelle par mon nom de famille, mauvais point pour lui. Ses amis aussi, il les distingue comme ça ? C’est tellement… peu affectif. En tout cas, je ne rentrerai pas dans son petit jeu de personne de haute société, c’est tout simplement inimaginable. Ensuite, il a reposé le chiot et s’est… essuyé les mains avec un mouchoir. J’ai l’impression de voir un film tellement l’acte est naturel. De n’importe qui d’autre, je n’aurai pas relevé, mais de lui, ça confirme mon ressenti. Livingston, ce serait le nom d’une famille de bourgeois ? De riche ? J’aimerai bien le savoir. Juste pour déterminer l’origine de ce comportement si peu habituel parmi les gens de notre âge. Je suis aussi curieux de voir jusqu’où il supporterait ma spontanéité et son aspect trop franc. C’est pourquoi je ne me retiens pas de poser une main sur son épaule, un sourire amical aux lèvres

- C’est une excellente idée que tu as là, bro’. Vu que tu n’as pas l’air de vouloir le porter, je peux faire ça pour toi. Je t’aiderai à le laver.

Ne souhaitant pas non plus risquer de manquer de respect, je retire ma main et je me rapproche du chiot de manière à être la personne la plus proche de lui. Ca ne me dérange pas de laisser l’appel à mon camarade, il se débrouillera sûrement mieux que moi, je n’aime l’administratif. Mais je ne vais tout de même pas tout lui laisser sur les bras alors autant l’aider tant que je le peux. Je m’apprête à me baisser pour prendre l’animal dans mes bras, quitte à complètement dégueulasser – oui c’est le mot – mon gilet et ma chemise, mais je un détail me traverse l’esprit. J’arrête mon geste, je me redresse et je me tourne vers le beau brun avec un air interrogateur. Non, promis, cette fois je ne joue pas la comédie.

- Tu penses qu’on peut lui faire prendre un bain ici, à l’école ?

En fait, je n’ai jamais lu le règlement intérieur en détail. Trop long, trop barbant. Et je ne sais pas si les animaux de compagnie sont autorisés dans l’enceinte de l’établissement. Au pire, on peut sûrement demander à Nathanaël de nous accompagner, au cas où nous aurions besoin de justifier la présence du chiot.

[HRP : Remarque, bro' est la contraction de brother en anglais. Parfois utilisé entre amis comme surnom affectif]
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(#) Re: Lalala ~ J'agis de manière désinvolte.  Lun 30 Mai 2011 - 18:14

    Ma présence dérangeait fortement Livingston et j'en étais ravis. Oui c'est un peu étrange comme phrase mais au moins je ne le laissais pas indifférent, il est le genre de personne chez qui j'aime provoquer diverses réactions car ces dernières étaient toutes plus ou moins inattendues. Et je ne me trompait pas sur le cas de Elliot, il avait bel et bien des réaction que je n'arrivais pas encore à prévoir. Bien que ce ne soit que notre deuxième rencontre j'appréciais déjà sa compagnie rien que pour cela. Lui au contraire semblait bien gêné que je sois là. Tant pis pour lui, j'avais aussi envie de faire connaissance avec le nouveau british de l'école. Je ne réagis pas tout de suite et me tourne donc vers Liam qui me confirme qu'il vient d'arriver à Kobe High School, je souris à sa remarque. Il semble avoir de l'humour contrairement à l'autre blond à ses côtés. Cependant je n'ajoute rien, je n'ai pas à défendre de points de vues sur la sexualité et encore moins sur la mienne. Même si, il faut l'avouer, le regard que je lui lançai à ce moment là était assez explicite. Et c'est l'autre jeune homme dénué d'humour qui reprit la parole après moi, il ne voulait pas que nous parlions de notre dernière rencontre. C'est limite si je ne me sentais pas agressé par les paroles qu'il me lançait. Quoi c'est vrai c'était lui qui était partit d'une façon extrêmement impolie et c'est moi qui me ferait remonter les bretelles parce que je lui fais souligner son manque d'éducation ? Je hausse simplement les épaules avant d'ajouter.

    « Ce n'était qu'une remarque sur votre impolitesse Livingston. » Dis-je alors d'un ton bien plus glacial que d'habitude.

    Il avait réussit à me refroidir avec son sale caractère qui me mettait un peu en rogne mais je devais me montrer aussi professionnel et cette mauvaise humeur ne devait pas se refléter sur mes actions vis à vis des élèves.
    La sucette dans la bouche, j'observe à présent l'étrange scène que me jouait ce nouvel acteur dans ma petite vie routinière en tant que surveillant. Un de mes sourcils se hausse tellement je suis surprit par ce qu'il me dit. Je ne peux cependant pas m'empêcher de sourire en coin devant son air alors j'enfonce une main dans ma poche et je lui sors un des bonbons et le lui tend poliment, ajoutant avec un petit clin d'oeil.

    « Jolie façon pour avouer ton attirance jeune homme, cependant tu n'es pas le premier à me déclarer ta flamme tu sais ? Mais promet moi une chose, promet moi de prendre des cours de théâtre à l'avenir... »

    Mes yeux pétillent et mon sourire est malicieux à cet instant, je sens que cet élève doit être assez amusant à vivre mais à la longue il doit devenir insupportable. Peut être qu'il sait aussi bien se tenir et être calme. Allez savoir je ne le connais pas encore assez. Mais j'aime beaucoup rentrer dans ce genre de jeux du chat et de la souris. Simplement pour s'amuser. Je redeviens assez rapidement sérieux car je sais que ce genre de comportement ne plairaient surement pas au troisième jeune homme présent dans cette cours d'école. Et puis notre plus grande préoccupation était quand même ce pauvre petit chiot, et pour prendre les choses en main, Elliot savait y faire même si apparemment la propreté de ses vêtements l'importaient plus que la propreté du chien lui même... Cependant il semblait vraiment vouloir s'occuper de lui. Avec une seule phrase j'avais réussit à motiver deux étudiants. J'étais un génie, au moins ils ne se disputerons plus. Je les regarde un instant, la sucette dans la bouche. Je retire cette dernière lorsqu'il est temps pour moi de reprendre la parole.

    « Il me semble que les animaux sont autorisé ici. Nous pouvons nous rendre aux sanitaires pour le laver mais l'idéal serait une baignoire ou une bassine. Je pense que cela se trouve assez facilement. La concierge ne devrait pas m'en vouloir si je lui emprunte une bassine ou quelque chose qui y ressemble. Après ce que vous voulez faire de ce chiot cela vous regarde vous pouvez le garder ou le confier a une association professionnelle. Je pense que vous êtes tous les deux assez responsables pour savoir comment gérer cela non ? »

    Je m'approche de Liam et tend une nouvelle fois ma main vers le chiot, il me renifle à nouveau et je lui caresse le haut de la tête. Il semble vraiment seul et affamé. Il faudrait régler cela aussi, car je ne pense pas qu'il survive longtemps sans nourriture.
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(#) Re: Lalala ~ J'agis de manière désinvolte.  Mar 31 Mai 2011 - 15:28

● C'était se moquer de moi, littéralement.

Ah ! Quel culot tout de même ! Me reprendre sur ma politesse ! C'était comme demander à une demoiselle d'agir de manière beaucoup moins féminine. Comment pouvait-il se permettre de remettre en cause mon éducation ? Il n'avait pas le droit, il ne pouvait pas tout simplement parce qu'il était en tord. Si j'étais certain d'une chose, c'était de ma condition face aux autres. Ma façon d'être avec eux, de leur parler et d'y mettre les formes. J'étais certainement l'élève le plus poli de cette école. Il n'avait nullement le droit de m'accuser de sorte. Et puis quoi après ? Il allait me reprocher de parler grossièrement et familièrement ? Il allait dire que je portais une tenue négligée et inadaptée en société ? Non. Jamais. Jamais il ne pourrait dire de telles balivernes sur ma personne. C'était faux. J'étais toujours bien habillé, presque peigné au centimètre près, et je faisais toujours preuve de courtoisie et de politesse. J'eus été bien honteux de laisser penser que les Livingston n'étaient pas des gens très fréquentables. C'était le cas. Notre famille défendaient de nombreuses valeurs oubliées de la jeunesse Anglaise. Des valeurs que je trouvais toujours aussi importantes, et des valeurs que je préservai le plus possible. Partout où j'allais et où j'étais allé, on me félicitait pour ma prestance, pour mon savoir vivre. Les amis de Père étaient toujours enchantés de pouvoir converser avec un jeune homme si élégant et respectueux. Mes professeurs avait toujours souligné que j'étais l'un des élèves les plus agréable à vivre, en plus de mes résultats scolaires effarants. Ca n'allait pas être un simple surveillant de lycée Japonais qui allait remettre en cause tout ce que je venais de citer. Adams venait de se tromper, Adams venait de profondément me vexer. J'admettais sans mal qu'on me reprenne sur mes faiblesses, car c'était une manière pour moi de les amoindrir, mais remettre en cause ce qui faisait ma force.. C'était se moquer de moi, littéralement. Adams avait tord, Adams n'aurait pas du, Adams allait bien vite le comprendre. Car je pouvais également me montrer haineux. Loin de moi l'idée d'utiliser la force, c'était plus qu'inutile. Mais Adams n'aurait plus que des réponses acerbes à ses questions et il allait devoir se frotter à l'Elliot qui n'était pas sociable pour un sous. C'était de sa faute après tout, il l'avait cherché. Je n'aimais pas que l'on me provoque de la sorte, je trouvais cela stupide que de cherchais à déstabiliser l'autre, juste par plaisir d'aller un peu plus haut dans la provocation. Adams aurait du admettre simplement que l'on allait reparler de tout cela plus tard et non pas cherché à m'exaspérer.

Ne pas s'énerver. Pas tout de suite, et j'allais avoir tout le loisir de lui faire comprendre qu'il venait de toucher l'un de mes points sensibles. Pour l'instant, rester neutre, voir légèrement froid. Lui ne semblait pas enclin à y mettre du sien, et son propre ton méritait largement que le mien baisse dans la sympathie. Ruminant dans mon coin, les dents serrées pour ne pas lui répondre dans la hâte, j'étais dans mes propres pensées, me remémorant tout ses moments qui justifiaient tant l'homme poli et courtois que j'étais. Je me souvenais même de cette fois, lorsque Mère avait invité plusieurs de ses amies, et que je m'étais proposé à leur faire le thé. Véritable maître d’hôtel et bien encré dans mon rôle, j'avais eu le comportement parfait. J'étais en âge de me servir de la théière seul, ainsi que de préparer mon propre thé. Le thé était vraiment un moment important dans la vie d'un véritable Anglais, et il l'était d'autant plus dans notre famille. Les amies de Mère l'avaient félicitée à de multiples reprises, s'émoussant d'avoir affaire à un fils aussi bien éduqué. Et c'est donc plongé dans mes propres pensées, certainement parce que je ne voulais plus l'écouter, que je n'entendis pas sa prochaine tirade, les yeux rivés sur le chiot pour ne pas m'emporter.

Mais je revins vite parmi les deux autres, relevant le visage vers l'autre blond. Il.. M'a touché ? Sans en avoir l'autorisation. L'énervement s'estompa, aussi vite qu'il avait pointé le bout de son nez, pour laisser place à la peur. Il m'a touché, et a continué de le faire. Étrangement, je ressentis comme une douleur partir de l'épaule, douleur qui ne gêna point pour gangrener le reste de mon corps. Je n'ai jamais voulu qu'il fasse une telle chose, qu'il se permette ainsi de rentrer dans mon intimité. Le contact ne m'avait jamais tant dérangé que maintenant, ou plutôt, depuis cette matinée. Une infime partie de moi me disait de me calmer, me répétait que ce n'était pas important, et qu'il n'y avait pas lieu de s'emporter.. Mais la peur l'écrasait de toute sa grandeur, et je ne pouvais raisonner convenablement, imaginant déjà qu'il pensait à me faire du mal, comme il l'avait fait. J'allais être condamné à ça pour le reste de mes jours ? A éviter tout contact avec les autres, et surtout physique, parce qu'il provoquait une peur irraisonnée ? Il était maintenant temps pour moi de me trouver une douce et fidèle compagne, une amie qui serait me faire oublier le rapprochement infect d'un autre homme. Même ses mots n'avaient aucune importance. Il m'avait parlé bien trop familièrement et je m'en serai offusqué de manière générale.. Mais ça ne comptait plus, je voulais juste qu'il me lâche. Ce qu'il fit, bien heureusement, après avoir fermé ses lèvres. Il n'allait pas aller plus loin, et mes peurs se révélèrent tout de suite infondées et bien idiotes. Comment penser que tout le monde pouvait être comme cet être ? Ce n'était certainement pas le cas.. Et pourtant, je n'avais pu m'empêcher de croire fermement que tout allait recommencer. Déglutissant plutôt difficilement, puisque ma gorge s'était immanquablement serrée, je tentais de garder mon regard fixe sur le visage de l'autre élève, bien que la tâche se démontra bien compliquée.

"Oui..Je-..Bien sur..." Bredouillais-je de nouveau, non pas par gêne, mais parce qu'il me manquait pas mal de mes moyens. Cela devait se voir sur mon visage que je semblais présent perdu, et les deux autres devaient se dire que j'étais de ces personnes instables, incapable de rester dans un état plus de cinq minutes.

Autant ne pas parler, dans ses cas là. Mais il venait de proposer son aide non ? Un rapide tour par ma mémoire, et sa phrase semblait se remettre en place dans ma tête. Il demandait de bien vouloir le laisser m'aider pour le chiot, et donc de le laver en sa compagnie. Bonne idée ? Sur le papier, elle l'était. Mais dans la réalité, c'était bien plus compliqué. Échanger une telle activité avec Preston laissait de nouvelles chances à ma peur de renaître en moi. Nous avions de fortes chances de nous toucher à nouveau, et rien que l'idée pouvait m'en donner des frissons. Le surveillant semblait également prendre part au petit jeu, ce qui ferait une personne de plus à gérer. Ce n'était pas bon. J'avais encore le choix de fuir. Fuir parce que le chiot n'était plus seul dans tout les cas, fuir parce que c'était bien plus simple que d'affronter le sentiment dérangeant que j'avais pu ressentir, quelques instants auparavant. Mais Adams allait pouvoir me le reprocher de nouveau. Si je venais de lui faire un procès mental, ce n'était pas pour lui donner raison, quelques minutes après. Alors encore une fois, j'allais devoir prendre sur moi et sourire, essayant de réparer les pots cassés et en me forçant à paraître le plus amical possible. Je n'aimais pas tellement feindre mon ressenti, mais c'était presque devenu un réflexe. J'avais du ravaler tant de choses tout au long de ma vie et ça n'allait pas être une de plus qui allait changer la donne.

"Je ne pense pas que l'on doive se rendre dans les douches des élèves.."
En réalité, je ne voulais pas aller dans un lieu ou j'allais être irrémédiablement mal à l'aise. ".. Ce ne serait pas très hygiénique et respectueux pour les autres." Décidément, je venais de trouver la bonne excuse, pas peu fier de moi. " Le mieux serait de laisser Adams se charger de la bassine.. Je pense que l'on peut trouver du savon dans nos affaires respectives. Il y a une arrivée d'eau près du petit jardin des élèves, pour les plantes.. On peut toujours tous s'y retrouver ?"

C'était aussi une manière de faire une petite pause, en partant de mon propre côté. Relevant ma manche sur ma montre, je regardai l'heure, pour fixer un prochain rendez-vous.

"Je pense que l'on peut se retrouver d'ici une demie heure. J'irai chercher de quoi laver le chien dans la chambre, et me changerai pour me préparer à diverses salissures.." Puis, mon regard se tourna vers l'autre blond, avec un léger sourire sur le visage. "Tu pourrais t'occuper de lui pendant ce temps ? Si cela te convient, évidemment." Puis vers l'adulte présent. "Adams, vous savez ce qu'il vous reste à faire." C'était plus fort que moi, et je ne pouvais m'empêcher d'être légèrement plus distant et moins accueillant avec le surveillant. Sûrement le trop plein d'amertume que je disposai encore à son égard.

Je saluai ensuite rapidement les deux homme, m'abaissai pour caresser rapidement le chiot, li tapotant plusieurs fois la tête, puis me relevai pour partir en direction du pensionnat et des dortoirs, les mains dans les poches. J'allais pouvoir souffler, c'était bien mieux ainsi. J'allais également pour me préparer à divers désagréments.

[Hrp : Elliot s'en va donc pour mieux revenir, Il serait donc bon de passer directement à quand ils se retrouvent ensuite, pour ne pas laisser trainer le Rp. A vous de voir après. =)]
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(#) Re: Lalala ~ J'agis de manière désinvolte.  Sam 11 Juin 2011 - 20:25

Ahem. La vie est belle et les oiseaux chantent ? C’est la seule chose que j’aurai trouvé à dire suite à cette réponse glaciale de la part du surveillant. C’était bien plus froid que la première réponse de mon camarade qui, si elle n’avait pas été des plus cordiales, n’était pas non plus un appel au mépris. D’ailleurs je crois que cela a bel et bien piqué au vif le blondinet, mais il ne répond rien. Je suppose qu’il est de ce genre de personne qui prenne sur elle tout le temps. Il faut faire attention à ce genre de chose, quand on emmagasine trop, le jour où les plombs sautent, c’est une vraie bombe nucléaire. Enfin, je n’ai pas tellement mon mot à dire sur la question, moi qui préfère toujours tout exprimer. Je dois représenter l’extrême inverse, à trop parler.

Toujours est-il que la réaction de Nathanaël me plait fortement. Il ne m’a pas renvoyé dans mes buts mais surtout il a fait preuve de beaucoup d’ouverture d’esprit et de tolérance face à ma manière d’agir. Je croise rarement des personnes comme ça. Et puis sa tête, vous auriez vu. J’ai cru que son sourcil allait dépasser son front et s’échapper jusqu’au ciel tellement il était étonné. Collector. Il gagne un bon point, même si sa réponse m’aurait contrarié en temps normal. Je vais devoir faire preuve de répartie. Je le fixe droit dans les yeux et saisit la sucette en le soutenant du regard.

- Je ne doute pas du fait que vous ayez moult prétendants avec votre charisme. Et sachez très cher que je suis plongé dans le monde du spectacle depuis mon plus jeune âge, mais je comprends que mon talent vous laisse sans voix, vous n’êtes pas obligé de l’admettre ne vous inquiétez pas... Au fait, merci

J’ai jugé bon pour une fois d’utiliser la deuxième personne du pluriel. C’est plus pour continuer mon petit numéro qu’autre chose. Et puis c’est tout de même à la limite de la manière dont je peux m’adresser à un surveillant, donc autant y aller mollo. Il avait sous entendu clairement qu’il me plaisait, et donc pour ne lui laisser aucun indice, j’ai préféré continuer sur un ton amusé et exagéré. J’ai quand même stoppé la voix d’acteur à ma dernière phrase, mes remerciements sont sincères et accompagné d’un léger sourire. Il faut dire qu’il ne me laisse pas indifférent, mais de là à craquer pour lui. Il fait partie du personnel et moi des étudiants, je me doute bien que toute relation est interdite. Et puis je refuse de me laisser aller à un phantasme digne d’une étudiante de troisième année persuadée d’être amoureuse de son professeur. Je baisserai dans ma propre estime si je me mettais à penser un truc de ce genre. N’empêche, je sens qu’on va bien s’entendre. Je me demande comment lui et l’autre élève de prépa ont pu en arriver à des considérations mutuelles aussi peu sympathiques. Je veux dire, ils sont sûrement aussi adorables l’un que l’autre dans le fond. Dans les formes, mon camarade de classe est assez distant mais il ne peut pas être comme ça tout le temps. Du moins je n’espère pas, ce ne serait pas viable.

Enfin là, sincèrement, je m’en contre fiche. Non, la situation actuelle est bien plus importante. Je suis… Choqué, je crois bien que c’est le mot. Ok, j’ai voulu jouer au malin en l’appelant par un surnom affectif, mais là, c’est trop. Vu sa réponse, il n’a même pas calculé le surnom. Non, c’est ma main. J’en suis persuadé, j’ai senti un frisson partir de là. Il s’est tendu, braqué, je ne sais pas mais il y a un hic. Comme toujours, je fixe mon interlocuteur droit dans les yeux quand je prends la parole, et là, j’ai bien senti qu’il y avait un problème. Je crois avoir perçu de la crainte, mais à vrai dire je ne veux pas y croire. Comment est-ce que je pourrais lui faire peur en déposant simplement ma main sur son épaule. Je veux dire, j’ai fait quelque chose de mal ? Je ne vais pas le tuer. Des raisons stupides commencent à jaillir de mon esprit quand je sens son soulagement à mon recul. Ce soulagement confirme malheureusement le désarroi dans lequel notre contact l’a mis. Qu’est-ce qui pourrait provoquer ça ? Je ne suis pas malade, et l’homosexualité n’est pas contagieuse je crois bien. Mais qu’est-ce que je raconte, je suis crétin. Ressaisis toi, Liam ! Il doit simplement ne pas avoir l’habitude de croiser des gens tactiles comme moi… Oui, ce n’est que ça, il n’a pas eu peur, il était juste un peu surpris… Et c’est pour ça qu’il balbutie. Je ne dois pas prendre des cours de théâtre, mais plutôt d’autopersuasion.

L’espace d’un instant, j’étais resté sans voix. Rapidement, je reprends une tête enjouée en écoutant le plan du jeune blond. C’était du faux, du toc, mais ça fera l’affaire pour le moment. J’aurai loisir à penser plus tard. Enfin, plus tard sera dans cinq minutes à peine si l’on se sépare comme il l’a proposé. Notez qu’il m’a souri, alors qu’il a encore été répréhensif avec Nathanaël, et que donc le choc est passé. Mais notez aussi qu’il cherche à s’éloigner un moment, comme pour reprendre ses pensées. J’ai la partie la plus simple à exécuter, je n’ai qu’à aller au point d’eau et les attendre là-bas en occupant le chiot. Le seul hic étant que je ne suis pas sûr de la direction à prendre pour s’y rendre. Mais ça, ils n'ont pas à le savoir. Je ne dis mot jusqu'à ce qu'il m'interpelle.

- Okay, faisons comme ça !

Je ne cherche pas à faire mon difficile, je ne propose rien de plus, je ne veux pas poser de question du genre pourquoi lui peut se changer et pas moi. En quelque sort, je me fais conciliant. Je veux juste qu’il parte. Ce qu’il fait après nous avoir tous salués, même le chiot. Je lui fais un signe de la main pour lui rendre son salut puis je le regarde s’éloigner au milieu des arbres. Nathanaël ne va sûrement pas tarder à en faire de même. Et n’ayant plus trop la tête à jouer le gars heureux, j’affiche un air pensif mais le moins triste possible. Je suis encore un peu dérangé par la réaction de Livingston. J’avais vraiment l’impression d’être quelqu’un de mauvais. A vrai dire, j’attends que le surveillant décolle pour me diriger vers la direction qui me semble être la bonne. Non parce que s’il me voit partir dans la mauvaise, il va se taper un fou rire tout seul. Avant qu’il parte, j’hésite à le retenir pour lui poser une question. Ce que je finis par faire.

- Dis. Il est toujours comme ça ?

Je suppose qu’il aura également remarqué la réaction, mais peut être que je suis le seul à l’interpréter autant. Je dois être un peu parano. Je l’écoute me répondre puis je me baisse pour accueillir le chiot dans mes bras. Mes hauts auront besoin d’un bon passage dans la machine à laver. Voire dans le lavabo à la main avant. Mais ce n’est pas très grave, ça se lave bien ce genre de truc. Je me dirige donc à moitié sûr de moi vers le lieu de rendez vous. Rangez les mauvaises langues, j’y suis arrivé sans détour. Une fois là bas, je joue avec le chiot et, il faut le dire, je m’amuse comme un petit fou en attendant les deux autres.
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(#) Re: Lalala ~ J'agis de manière désinvolte.  Lun 13 Juin 2011 - 12:53

    Quelle étrange situation, je n'arrêtais pas de me le dire. Les deux blonds que j'avais en face de moi avaient tout deux des comportements tout à fait différents et c'était assez difficile à gérer. J'aurais voulut gagner la confiance d'Elliot tout en pouvant continuer à sympathiser avec ce nouvel élève qui avait l'air beaucoup moins coincé et lui au moins semblait avoir un sens de l'humour assez prononcé. Dans les deux cas, le mieux était de rester moi-même, mais même maintenant je pouvais avoir des réactions tout à fait différentes selon les personnes. Et le fait d'avoir deux personnes opposées avec moi me rendait particulièrement nerveux. Tiré entre deux comportements différents je ne savais pas quelle posture prendre. Qui plus est, je ne pouvais pas jouer au double face toute la journée, être strict et sérieux avec l'Écossais et devenir par la suite rigolos et un peu puérile avec le Londonien. Je soupirais et me contentait de sourire face à la réplique de Liam qui m'expliquait qu'il était dans le monde artistique depuis son enfance. Peut être s'intéressait-il à la musique ? Dans ce cas là il aurait été intéressant de le revoir un autre jour pour parler de choses futiles telles que celles-ci. Pour l'heure, il ne fallait pas traîner, Livingston passait à l'action et prenait les directives. Je remarquais rapidement qu'il était tout de suite plus froid avec moi, un peu vexé par un tel comportement je croquais dans ma sucette pour l'avaler et je gardais le bâton en bouche, il me servira d'anti-stress pour la suite. En fait je n'avais plus de sucette dans mes poches, j'avais donné la dernière à Mister Preston, mais bon ce n'était pas grave, j'en avais plein mon appartement, il y en avait qui trainaient un peu partout, de peur de tomber en panne sèche j'en cachait dans chaque pièces, placards, recoins utiles. C'était une tactique comme une autre. Car quand j'avais des sucettes je ne fumais pas et vu qu'on ne peu pas fumer sur son lieu de travail, les sucettes étaient d'un réel secours.
    J'avais gardé le silence, hochant simplement la tête lorsqu'on s'adressait à moi pour montrer que j'étais d'accord, les mains à présent dans les poches de mon pantalon je regardais cet étrange élève strict s'en aller, il était si mystérieux et difficile à cerner que j'en étais troublé maintenant, il me faisait réfléchir et ça, ça m'énervait car j'avais considéré jusqu'à présent ces élèves comme des adolescent puériles qui ne méritaient pas ma sympathie ni même que je ne leur accorde un tant soi peu de gentillesse. Et maintenant que je rencontrais deux élèves plus âgés, je les trouvais intéressants et parfois même amusants. Elliot en faisait partie. Je soupirais et sans quitter l'Écossais des yeux je répondais à Liam qui venait de me poser une question.

    « Je n'en sais rien, il est... Différent. »

    Je me tournais ensuite vers lui et posa mon regard sur le chiot. J'eus un petit sourire et lui fit signe pour lui dire qu'on se reverrait plus tard. Maintenant je me dirigeais vers le domaine de la concierge pour lui emprunter une grosse bassine. Je doute que Rinka m'en veuille réellement, je n'ai pas eut le temps de la voir sur le chemin alors je lui dirais ce soir quand elle rentrera, de toute façon j'ai laissé un mot là où j'avais pris la bassine comme quoi son colocataire super-sexy en avait besoin et que je la remettrais à sa place dès que j'en aurais plus besoin. Au pire elle me gueulera dessus et je rigolerais. La bassine en ma possession, ce fut une chose très simple à trouver, je fus donc le deuxième à arriver sur notre point de rendez vous. Je décidais donc de commencer par nettoyer la bassine grâce à l'arrivée d'eau, puis, je commençais à la remplir. La bassine était assez grande et il serait facile de mettre le chiot dedans pour qu'on puisse le laver. Comme je m'ennuyais j'avais remit mes écouteurs sur mes oreilles -oui parfois je me comporte comme un élève- et j'écoutais une vieille chanson bien débile mais qui me plait toujours autant. Le fait que j'ignore Liam et le chiot n'était pas vraiment intentionnel, non j'avais juste un peu besoin d'être au calme sans avoir a tenir une conversation avec quelqu'un, et puis le ridicule ne tue pas alors...

    « I got pocket, got a pocket full of sunshine I got a love that knows that it's all mine oh,oh,oh... Wish that you could, but you ain't gonna own me do anything you can to control me oh,oh,oh... »

    Je me mettais à fredonner en me dandinant très faiblement, attendant que Elliot nous rejoigne, j'étais à présent absorbé par l'eau qui remplissait petit à petit la bassine.


Chanson chantée
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(#) Re: Lalala ~ J'agis de manière désinvolte.  Mer 15 Juin 2011 - 15:05

● J'étais en fureur contre moi même.

Partir, juste quelques temps histoire d'avoir le temps de me ressaisir totalement. Dans mes moment de panique, j'avais toujours eu ce besoin de m'isoler des autres, d'une quelconque présence humaine pour pouvoir redevenir moi même. Je gérais mal mes émotions au quotidien, et encore moins quand elles se voyaient pressées par une anxiété nouvelle. Ca avait été le cas là, et même si je n'avais pas du tout envie de laisser le chiot aux deux autres, il me fallait un peu de temps pour être présentable au monde à nouveau. C'est donc le pas de plus en plus pressant, que j'allais rejoindre ma chambre. La tête basse, l'épaule encore légèrement sensible par son geste maladroit. C'était stupide de réagir ainsi. Je le savais, une partie de moi aussi, mais c'était bien trop compliqué de se raisonner dans une telle hâte et dans un moment de désordre total. Pour une personne soignée et consciencieuse comme je l'étais, ça n'allait pas. Tout devait toujours être parfaitement rangé, chaque objet avait sa place, chaque vêtement avait une manière d'être plié. C'était de même dans mon esprit. Chaque moment, chaque personne avait des réactions que je lui devais. C'était ainsi. J'étais souriant, respectueux et des plus poli avec les adultes et les Sensei. J'étais distant et plus froid avec les élèves.. J'étais sévère et sec avec mon jeune frère, ou bien encore, j'étais obéissant et soumis à Père. J'avais toujours eu l'habitude de fonctionner ainsi, et si je m'adapter en fonction de la personne, presque toujours, je ne voulais jamais m'abaisser à son niveau, devenir familier si elle l'était. Je gardais toujours cette fierté d'être un peu de moi-même, et cela même si l'autre n'appréciait pas toujours. Ca avait été le cas avec l'autre élève. Sa provocation, à vouloir me donner un surnom amical, était la réponse à la mienne, quand je m'étais montré certainement trop poli à son goût. Pourquoi ne pas accepter la différence alors ? Je ne comprenais pas. Et en réalité, je ne cherchais jamais à comprendre les autres.

Là, j'enjambais promptement les marches du pensionnat. Ma chambre n'était plus loin et une fois enfermée à l'intérieur, j'allais pouvoir me lâcher totalement, desserrer les traits de mon visage que je voulais neutre, encore. Je n'allais pas crier non, puisque cela pourrait me nuire au final. Mais je craignais recommencer, une fois de plus, juste pour me calmer légèrement. Bien heureusement pour moi, la chambre fut vide à mon arrivée. Par un si beau temps, je ne pouvais pas blâmer mes colocataires de préférer s’aérer plutôt que de rester bêtement enfermé dans les locaux. J'avais d'ailleurs choisis moi même cette option, à la base. Je me dirigeai vers mon lit, ayant pris soin de ma déchausser, avant d'en saisir mon oreiller pour le jeter contre le mur proche. Il n'avait rien fait, évidemment, mais il me fallait bien un moyen d'extérioriser tout ce que je pouvais ressentir, à l'instant. De la colère. J'étais en fureur contre moi même. Pourquoi ce simple geste m'affectait-il autant ? Pourquoi je n'étais pas capable de rester normal plus de cinq minutes après ? Pourquoi toutes ces idées stupides et non-fondées prenaient alors tant de places dans ma tête. Je serrai les dents et les points, accroupi devant mon lit, la tête dans les draps pour étouffer un cri que je n'avais su retenir, tout compte fait. Et je restai ensuite ainsi quelques minutes, tentant de ne penser à rien, et de me calmer. Ensuite, la tête sur mon côté droit, je relevai légèrement ma manche pour contempler ma légère cicatrice acquise durant mon enfance. Juste la regarder. Elle me calmait, elle m'avait toujours calmée quand mes yeux verts parcouraient son imperfection.

"Ils ont réellement besoin de moi ?" Me soufflai-je à moi même, ne forçant même pas pour articuler.

Bien entendu, puisque je devais ramener de quoi nettoyer le chiot. Mais pendants quelques secondes, j'aurai bien aimé pour simplement m'allonger et rester à me reposer une heure ou deux. Je n'avais pas le choix, mais l'idée était là, l'idée de ne rien faire, de prendre une réelle pause. Alors il me fallait me ressaisir. Déjà, je me levai, m'aidant de mes bras pour cela. J'allais ensuite chercher des affaires plus adaptées à ce genre d'activités. Un t-shirt beige uni, ainsi qu'un short d'une couleur semblable. C'était bien là les vêtements les plus simple que je pouvais fournir. Je me changeai donc rapidement, passant un coup de peigne sur ma chevelure pour ne pas paraître négligé. Puis, j'allais piocher dans mon nécessaire de toilette, vider ma besace pour la remplir des produits à apporter. Il ne me fallut qu'une dizaine de minutes pour être totalement prêt. Mais je n'avais plus envie d'y aller, j'avais envie de rester là, le cœur encore bien lourd parce ce qu'il avait du subir.

C'est pourquoi j'étais resté quelques minutes debout, à me poser plusieurs questions. Et si je prétextais avoir un devoir à rendre pour ne pas rester plus de cinq minutes en leur présence à nouveau ? Mauvais plan. Preston était également dans ma classe, et pourrait aisément dire que c'était un mensonge. Je n'avais pas de famille au Japon et avait déjà précisé avoir du temps devant moi. Je n'avais donc aucune échappatoire, sauf me casser une jambe dans les couloirs. L'idée me fit légèrement sourire, je n'allais pas atrophier mon corps pour une telle broutille.. Non, je pouvais toujours me tenir à l'écart, et les laisser faire. Adams savait déjà que ça ne devait pas être le genre d'activité que j'appréciais, de toute manière. Oui, c'était la meilleure des solutions. Fuir sans réellement le faire. Preston n'aurait rien à dire, et je ferai tout pour qu'il ne s'approche plus de moi, également. Je pris également le temps de prendre de la boisson, eau et jus d'orange, ainsi que des biscuits que j'avais acheté dans la semaine. Ils étaient de simples biscuits, et donc, j'allais pouvoir en donner à la pauvre bête qui devait encore avoir faim. Les autres aussi allaient pouvoir en profiter, également. Pour finir, je pris un bol en plastique, pour lui permettre de boire. La belle saison approchait à grand pas, et il faisait déjà chaud. Ce fut donc beaucoup plus calmement que je rejoignis le point de rencontre. Evidemment, je pus remarquer de loin qu'ils étaient déjà tout les trois là. Preston semblait s'occuper de l'animal, quand Adams faisait autre chose. En m'approchant encore, je constatai qu'il remplissait la bassine, tout en chantant une musique qui me parut bien niaise.

"Je vous prie de m'excuser pour mon retard." Annonçai-je en ne pouvant pas me dérober du spectacle donné par le surveillant. Franchement, resté ainsi posé face à des élèves.. La chose me bloqua carrément, l'air presque ahuri de le voir se dandiner de la sorte. Même ma bouche ne pouvait se fermer entièrement, tant je ne comprenais pas son comportement. Je l'avais de dos, certes, mais il chantait...Si mal.

Mon regard se posa ensuite sur le chiot, et je m'abaissais, pour l'attirer à moi. Je laissai mon sac à terre, pour lui caresser la tête.

"Tu vas te sentir mieux après n'est ce pas ? S'il te plait, ne nous en veux pas si tu n'apprécie pas l'eau, c'est pour ton bien."
Ma voix se voulait bien plus douce et rassurante même. Il ne comprenait pas, mais il devait entendre à ma voix que je ne lui voulait pas de mal.
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(#) Re: Lalala ~ J'agis de manière désinvolte.  Lun 11 Juil 2011 - 19:21

Jouer avec le chiot me permet de me changer les idées. J’ai retiré mon gilet, que j’ai déposé sous un arbre, et je m’amuse avec le petit animal. Etant donné qu’il est dans un sale état, ma chemise est désormais toute tâchée, mais à vrai dire je m’en fiche. J’ai peut être l’air superficiel à toujours me soucier de mon apparence, mais je ne considère pas l’être. J’admets, ça fait plaisir de se sentir bien habillé, de se dire que les gens vous regarde avec intérêt quand vous passez dans un couloir, mais ce n’est pas une raison pour devenir quelqu’un de pompeux et d’exécrable en plaçant soi-même au dessus de tout le reste. Et puis, en toute franchise, je m’amuse bien avec ce chiot. Ne sachant pas trop quoi faire au début, je lui lançais un baton qu’il me ramenait avec beaucoup d’enthousiasme. Ensuite je lui ai raconté un bout de ma vie, mais il ne fut pas très bavard. Il commentait avec quelques aboiements riches en intonations. Mais maintenant, je suis simplement posé par terre en train de le papouiller. En plus d’avoir de la terre un peu par tout, je ne dois pas sentir particulièrement bon. Mais ça va encore, ce n’est pas trop dérangeant ni trop envahissant. Pas grave, je prendrai une bonne douche plus tard.

Je pense que je me suis vraiment inquiété pour rien quant à la réaction de Livingston tout à l’heure… C’était crétin. Il doit juste être timide et un peu prude et ne pas avoir l’habitude, c’est tout… Cette pensée sonne comme de l’autopersuasion dans mon esprit. Erf, dire que j’avais réussi à chasser ça de ma tête jusqu’à maintenant. Il faut que je trouve un autre sujet à aborder, car le chiot ne fonctionne plus. Je lève la tête, toujours assis à terre, et cherche de tous les côtés une échappatoire. Epic fail, il n’y a que de la verdure et le point d’eau. J’allai jurer à l’injustice quand tout d’un coup je vois une silhouette familière se détacher du décor pour se diriger droit vers le point d’eau. Ce n’est autre que Nathanaël. Celui-ci avait répondu de manière assez succinte à ma question lorsque nous nous sommes quittés, me laissant à mes méditations. Différent hein… Ca c’est sûr, monsieur Livingston n’est pas n’importe qui. Peut être qu’en apprendre plus sur lui me serait bénéfique. Voire prendre un peu exemple sur ses principes.

Le surveillant m’ignore purement et simplement et se dirige droit vers le point d’eau. J’en serai presque vexé. Presque, car je commence à l’entendre chantonner, et presque aussitôt, je sens un fin sourire s’installer sur mes lèvres. Je connais cette chanson, je l’apprécie beaucoup pour ses paroles enjouées, positives et motivantes, mais pas pour son rythme, que je trouve trop faible pour un message pareil. Petit hic, Nathanaël ne semblait pas être un virtuose du chant. Il ne chante pas vraiment juste, je me demande ce que pourrait donner sa voix avec un peu (beaucoup ?) de travail. Je me demande s’il sait jouer d’un instrument, tiens. Ce serait sympa, une bonne approche pour me rapprocher de lui. La musique… J’y penserai à l’avenir. Voire, la danse, vu comment il se dandine. Quelque part, je suis rassuré. Il ne fait pas parti de ces surveillants qui jouent un rôle et sont toujours impeccables, avec des phrases avec cinq ou six formules de politesses et des tournures qui se veulent professionnelles. Non, il a vraiment l’air proche des élèves, le genre de surveillant populaire avec qui on peut plaisanter tant que l’on reste respectueux. Le tout est de ne pas franchir la ligne. D’ailleurs si je continue à mater comme ça, je risque fort un reproche de sa part. Ou de celle de Livingston qui vient de faire son apparition. Je hausse les épaules, souriant pour lui faire comprendre que son retard n’a aucune importance, tant qu’il est là.

- Ce n’est rien. Je jouais, et Nathanaël est toujours sur sa bassine…

Je suis très étonné par la réaction de l’étudiant d’ailleurs. Elle est très spontanée, beaucoup plus naturelle que d’ordinaire. Mon camarade de classe est légèrement bouche-bé, et n’arrivait pas à défaire son regard du beau brun. Sauf que lui, c’est certainement pas pour la même raison que moi. Il est assez clair que je mate dans toute ma discrétion, pas lui. Lui doit plutôt être scandalisé, ou une réaction dans le genre. Une réaction comme il en a eu jusqu’alors serait plutôt logique. Mais pour une fois, il a plus l’air de s’en amuser que de s’en indigner. Et ça me mets de bonne humeur. Même si ce que je pense est peut être totalement à côté de la plaque, je m’en fiche. Je me redresse, laissant le chiot se diriger vers mon camarade qui lui adresse quelques mots. Je ne remarque que maintenant que le blondinet s’est changé pour mieux accomplir la tâche que nous nous sommes fixé. Le chanceux. Enfin, remarque, c’est la première chose que je ferai une fois tout ça terminé. Livingston ayant accaparé l’attention de l’animal, je montre mon impatience en me plaçant juste à côté du surveillant. Mais uniquement pour vérifier où en était le niveau de l’eau, hein. Pas du tout pour me rapprocher de lui physiquement. Ce serait malvenu, n’est-ce pas ? Juste un rapide coup d’œil, puis je me retourne vers le chiot et le jeune blond. Avant que le surveillant ne se concentre à nouveau sur nous, je lache une remarque à mi-voix en direction de mon camarade

- Il ne chante pas très bien… Tu crois qu’on devrait lui dire ou le laisser jusqu’à ce que la pluie lui fasse réaliser ?

Je me voulais plus taquin qu’autre chose. J’espère qu’il ne prendra pas ça comme une remarque désagréable ou une mauvaise plaisanterie déplacée. J’essaye juste d’être moi-même sans refaire les erreurs de tout à l’heure. Je ne donne pas cher de mon moral si jamais il me refait la même tête… Parce que là pour le coup, je ne pourrai plus me cacher derrière cette excuse ridicule de caractère. En tout cas j’espère que ça va bien se passer… A la limite, j’aurai préféré qu’il me rassure moi, et pas le chiot, en attendant que Nathanaël en ai fini avec la bassine d’eau.
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(#) Re: Lalala ~ J'agis de manière désinvolte.  Mar 12 Juil 2011 - 13:40

    Mon comportement était bien puérile et je le savais, cependant cela ne me perturbait pas plus que cela. Je restais égal à moi-même. Je savais être très strict et cruel avec certains élèves, mais je savais aussi me montrer très proches d'eux. Quand bien même je faisais l'idiot, généralement j'étais un surveillant plutôt apprécié au sein de cette école. Peut être parce que je suis resté un grand gamin au fond. Mais n'oublions pas mon rôle. En réalité, j'avais senti l'ambiance un peu tendue et comme à chaque fois dans une telle situation que je ne supporte que très mal il faut que je m'isole ou que je fasse quelque chose de très stupide. Là j'avais fais un peu des deux. Je m'étais isolé en écoutant de la musique mais je m'étais aussi tout de suite ridiculisé en chantant cette chanson plutôt niaise qui avait le don de me mettre de bonne humeur. Le comportement de Elliot Livingston quelques minutes plus tôt m'avait totalement froissé et je comprenais de moins en moins cet adolescent. Ou plutôt ce jeune adulte. Il avait des réactions tellement imprévisibles que je n'arrivais pas à prévoir comment il prendrait la moindre de mes remarques, de mes regards ou même de mes idioties. Au fond, il me perturbait totalement. Et je n'aimais pas ne pas avoir un minimum de contrôle sur les choses, maintenant accroupi devant ma bassine, je me concentre sur l'eau qui monte pour ne pas avoir à l'attendre, ni même à faire la discussion avec l'autre jeune homme, Liam Preston. Il avait l'air vraiment sympathique et je savais qu'un jeune homme comme ça je ne tarderais pas d'oublier la limite des convenances quant à mon rang au sein de cette école et lui en tant qu'élève. Quoi-que, je n'ai jamais vu qu'il était stipulé qu'il était interdit de se lier d'amitié avec l'un des élèves ? Toujours est-il que si je voulais sympathiser avec lui ce ne serait pas dans cet encadrement scolaire, bien trop impersonnel et dérangeant. Je sentais une nouvelle présence dans mon dos, certainement Livingston qui était enfin arrivé avec ce qui nous manquait pour s'occuper du chiot. Moi, je continuais de chantonner, plutôt mal en effet et je savais que mon rayon ce n'était pas le chant mais plutôt le piano. Les seules fois où j'arrivais à chanter juste et avec une assez belle voix c'était lorsque je jouais du piano en même temps, sinon c'est irrémédiablement faux. Un petit sourire se posa sur mon visage, j'étais un peu en train de me dire que les deux élèves n'avaient pas de chance de devoir subir cela. Mais qu'ils se rassurent, elle n'est pas très longue et les paroles sont toujours les mêmes.

    C'est quand Liam s'approcha de moi que la musique s'arrêtait dans mes oreilles. Je posais mes yeux sur lui un bref instant, détaillant son visage d'aussi près. Un adolescent avec une peau parfaite. C'est rare. Je regardais ensuite la bassine, ayant à présent terminé de chanter et de me dandiner comme un idiot. J'attendis que l'élève près de moi se retourne vers son camarade de classe pour ensuite couper l'eau et me redresser avec un petit sourire aux lèvres. Je ne sais pas si il se rendaient compte que je les entendait ? En tout cas la remarque m'amusa grandement. En me tournant vers eux je remarquai alors que le chiot était de nouveau avec Elliot. Plus je les regardais ces deux là et plus je me disais qu'ils étaient fait pour s'entendre. Parce qu'il est vrai que le jeune Écossais était véritablement très tendre envers lui, bien plus sympathique qu'avec nous même. Enfin du moins qu'avec moi. Mais ça je pense que c'est parce qu'il m'en veut encore pour tout à l'heure alors que je n'ai toujours pas compris ce que j'avais fais de mal. Restant près de la bassine, je me permettais de répondre à Liam, sur le même ton taquin.

    « Excusez-moi pour ce chant peu mélodieux. Il est vrai que je n'ai pas la musicalité dans le sang, c'est bien connu. »

    J'avais mon éternel sourire malicieux aux lèvres. Je me trouvais comique de dire ça alors que j'étais un futur professeur de musique et que j'étais déjà un très bon pianiste, pratiquant cet instrument depuis plus jeune âge. Mais ça, Liam ne pouvait pas le savoir, il n'y avait que Elliot qui était au courant de cela pour l'instant. Et il est vrai que la seule impression qu'avait eut l'autre Londonien n'était pas la meilleure vu que j'avais chanté faux. Je frottais mes mains entre elles puis je jetais un petit regard au chiot, pour ensuite regarder longuement Mister Livingston qui semblait... Egal à lui même en fait. Je pense que je plais beaucoup plus à Liam qu'à lui. J'avais sentis tout à l'heure son regard sur moi alors qu'il était censé s'occuper du chiot, il faut dire que le spectacle que je leur avait offert n'étais pas non plus des plus banal.

    « Bon, et bien si nous lavions ce petit chéri ? Parce ce n'est pas qu'il sent mauvais, mais quand même un petit peu et je ne pense pas qu'il se sente bien à être aussi sale. »

    Je tendais une petite main vers le chiot mais ce dernier ne daigna pas même me regarder. Décidément, il ne semblait pas m'apprécier lui aussi. A croire qu'il était comme Elliot. Vraiment fait pour s'entendre ces deux là. Je finis par abandonner toute approche et me reculais un peu pour aller m'appuyer contre l'arbre qui était juste à côté de la bassine. Enfin une journée de travail un petit peu plus intéressante. Et en plus de ça, grâce à cette intervention ils avaient réussit à me faire oublier mon père et ses menaces constantes.
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(#) Re: Lalala ~ J'agis de manière désinvolte.  Jeu 14 Juil 2011 - 18:36

● L'homme avait toujours été cruel.

Je n'avais qu'une hâte, que cette péripétie prenne fin le plus rapidement possible. Je n'étais pas du genre sociable à la base, alors en plus, quand je craignais de devoir avoir un contact physique.. Je n'aimais pas ça. Je préférais les distances bien établies et les relations plus que platoniques. Bien entendu, j'allais devoir évoluer par la suite et cesser d'avoir un tel comportement pour fonder ma propre famille.. Mais pour l'instant, je n'avais pas à faire l'effort et à surmonter tout mes blocages originels, ainsi que ceux qui s'étaient greffés récemment. Preston semblait être un britannique, tout ce qu'il y avait de plus correct. Il parlait bien, se présenter convenablement et dégageait tout de suite une bonne impression. Il ne s'était pas emporté une seule fois face à mon caractère parfois compliqué à cerner, et pourtant, Dieu sait qu'il aurait pu. Non, toujours plutôt léger et simple, je l'avais pourtant trouvé légèrement enfantin face au grand Adams. Trois britanniques, pour trois caractères complètements opposés. C'était toujours comme cela de toute manière, et notre - tout récent et éphémère - trio était la preuve que tout les stéréotypes n'étaient que des fabulations de mauvaises langues. La nationalité ne faisait pas un homme, et encore moins sa manière d'être. Pour preuve, et alors que les Japonais semblait toujours courtois et polis, avec un sens aigu du respect à l'autre.. J'avais été.. Oui, la suite, je la connaissais et je n'avais nullement besoin de la formuler entièrement, même dans mon propre esprit. Toujours était-il que Preston n'arrivait pas à trouver grâce à mes yeux. Je me connaissais, et je cherchais déjà de quoi l'inculper, afin de ne pas me lier, et de me convaincre de la mauvaise personne qu'il ne devait pas être. Son toucher m'avait dégouté. Comme jamais. Je n'avais jamais aimé les accolades d'Edwin et sa manie de toujours tout ramener au contact.. Mais ça me blasait plus que cela me donnait l'impression d'être sali, d'être vraiment mal. Là, c'était différent, et je voyais même une certaine connotation malsaine à sa manière d'agir. Pourquoi ne pas simplement rester loin de moi ?

"Une pluie ne serait pas la malvenue, étant donné l'état de cette petite bête. Autant ne pas briser ses rêves." Pour une fois, je me plaisais à penser que ma voix fut légèrement plus amicale.. Ou du moins, beaucoup moins froide que les précédentes tentatives.

Tant que Preston restait à sa place, je pensais pouvoir converser calmement avec lui. Certainement qu'un professionnel du comportement humain pouvait déceler de la peur et de la crainte dans le timbre de ma voix.. Mais face à de simples mortels, je n'avais pas de risques. Pour l'instant. Tout ce qui fallait faire, c'était de ne pas craquer, surtout, ne pas craquer. Ou le faire seul, comme à chaque fois que mon mental ne suffisait pas. Montrer ses faiblesses aux autres était le meilleur moyen de se faire avoir à nouveau. L'homme avait toujours été cruel, et c'est ainsi qu'il faisait sa vie, en profitant des failles des autres.. Et ce, même de ses alliés. Bien que j'en fus longtemps conscient, je me fichais de ce détail, avant de me faire toucher moi même. Comme un vase éméché pendant des années qui venait de recevoir le coup de trop, et qui se fissurait de part en part. J'avais beau recoller les morceaux à chaque fois, il était à présent bien trop fragile pour ne subir ne serait-ce que la caresse de l'index d'une douce et soigneuse femme. Soit, tant que ma carapace restait intacte pour les autres, c'était encore le principal à mes yeux. Père n'aurais jamais accepté être le parent d'un enfant faible, qui n'arrivait pas à faire face à la première difficulté. En tant qu'aîné, je devais être fort, je devais être presque indestructible et infaillible. De surcroit, j'avais bien trop de fierté pour demander de l'aide, telle qu'elle soit.

Et pour en revenir à la situation du moment, je souriais toujours aussi faussement, afin de correspondre à la situation. Adams nous avait rejoint, dans le monde des personnes qui ne chantaient pas tuer le sens auditif des autres. Immédiatement, si je m'écoutais, alors j'aurai certainement repris le surveillant pour son manque d'éducation, dans le fait qu'il s'autorisait à s'excuser de lui même. Mais il était l'adulte, et j'allais encore passer pour le rabat joie de service, me faisant plus charrier que le reste, au final. Ce fut même difficile de me retenir en réalité. Ma bouche s'était ouverte, et j'avais même commencé par pointé mon index en l'air, comme à chaque fois que je voulais reprendre une personne sur une question de politesse et de savoir vivre. Adams proposa de commencer à laver le chiot, et je ne vis pas d'objections. Baissant mon bras, je retirais la besace de ce dernier pour la poser à terre et en sortir les différents produits. Très curieux, comme un enfant, le chiot vint renifler mon sac, cherchant certainement des miettes de gâteaux, ou même des gâteaux eux mêmes. Le petit galopin réussi même à chaparder l'un des emballage, avant que je ne puisse faire quelque chose, et s'enfuit un peu plus loin, sa course élancée, et sa tête haute, comme glorieux. Heureusement, il n'eut pas le temps de déchiqueter le paquet de gâteau que Preston le souleva de terre, n'ayant sans doute pas de mal pour lui ôter sa proie de ses crocs. J'en profitai pour regarder vers Adams, perdant mon sourire, comme un automatisme.

" J'espère que nous n'usons pas de votre temps de travail, et que vous n'allez pas recevoir un blâme de notre faute Adams. Si tel est le cas, ou le risque.. Je pense que l'on peut se débrouiller seul, maintenant."

C'était vrai, et même si je n'aimais pas l'idée de me retrouver seul avec Preston, je savais que c'était bien plus facile de gérer une autre personne, plutôt que plusieurs. Adams était celui que je connaissais le mieux, mais c'était aussi le plus apte à nous quitter avec une bonne excuse. Je tournai ensuite même tête vers le jeune blond, qui revenait avec le chiot, me reculant d'un pas en arrière en espérant ne pas être mouillé par l'eau que l'animal allait irrémédiablement faire jaillir de cette bassine. De toute manière, j'avais toujours été pour l'observation et non pas pour l'action.
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(#) Re: Lalala ~ J'agis de manière désinvolte.  Sam 16 Juil 2011 - 18:36

Oh non… Non mais quel gaffeur, je mérite une baffe pour celle là. Nathanaël m’a entendu… Une personne normale tenterait certainement de fondre sur place avant de devenir rouge comme une pivoine, mais ce n’est tellement pas mon genre. Non, moi, j’assume mes actes et paroles jusqu’au bout. J’en ai reçu deux réponses bien différentes. Et celle de Livingston me plait particulièrement. Il a l’air plus ouvert que tout à l’heure. Prendre l’air sans nous lui aurait il permis de se remettre en forme ? Ou bien, peut être que je l’ai mal cerné. En tout cas, je ne vais pas me plaindre, je suis vraiment content. Et puis en l’occurrence, la réaction du surveillant était plutôt positive elle aussi, vu le ton qu’il avait utilisé. Et puis son sourire ne peut être qu’accueillit avec beaucoup d’entrain de ma part. Assumant ma bêtise jusqu’au bout, je ne peux qu’afficher fièrement le sourire de l’enfant pris la main dans le sac. Il est temps de passer aux choses sérieuses, je me concentre donc sur ce qu’il se passe en face de moi.

Et justement, je ne suis pas deçu. Mon camarade allait prendre la parole, et je pense que c’était destiné au surveillant. Il avait une pose de maitre d’école prêt à donner un cours ou une explication de morale. Dans tous les cas, je m’attendais à ce qu’une réplique glaciale tombe une nouvelle fois, mais le surveillant – qui n’avait pas dû remarqué ce comportement – reprit la parole en premier, proposant de passer à l’action. Je crois qu’il y a vraiment un truc pas net entre ces deux là, et je mettrai ma main à couper que c’est le brun qui a vexé le blond. Ma curiosité sautille à l’intérieur de ma poitrine, frappant de tous les côtés en espérant sortir et s’exprimer, mais je préfère la laisser enfermer. Evoquer ce sujet ne ferait qu’alimenter un conflit que je n’aime déjà pas observer. Mais si je revois l’un ou l’autre dans un cadre plus privé, je ne me gênerai pas pour évoquer le sujet. Mais voilà, pendant que je suis perdu dans mes pensées et mes observations, Livingston ouvre sa besace pour joindre les actes aux mots, c'est-à-dire pour commencer à laver le chiot. Or, il se trouve que le petit malin ne se retient pas de fourrer son museau dedans puis de…

- Hé ! Le chiot !

Quasiment immédiatement, je me mets à courser le petit fuyard. Enfin, courser… Je dirai plutôt intercepter, car à la course je crois que sa nature animale lui aurait permis de me battre à plate couture. J’ai simplement eu de la chance de me trouver à proximité de sa trajectoire. Je soulève le petit voleur et je lui retire le paquet, amusé par le peu de protestation dont il fait preuve. Je suppose qu’il voulait avant tout s’amuser encore un petit moment.

- Je vois que tu es aussi gourmand que moi… Mais d’abord, tu vas prendre un bon bain.

Le chiot entre les bras, je me tourne vers les deux autres restés aux alentours de la bassine. Je ressens immédiatement le changement d’ambiance qui a eu lieu le temps de mon absence, si courte soit elle. Je crois qu’ils se sont échangés quelques mots de trop, je ne veux même pas savoir quoi. Livingston ne sourit plus, comme à chaque fois que ces deux là s’adressent la parole. Je me demande si j’arriverai à détendre l’atmosphère encore longtemps. Je n’ose même pas crier un « Attention, j’arrive ! » tandis que je me rapproche d’eux. Je trouve ma situation bien délicate et un poil inconfortable pour être honnête. Je n’aime pas les tensions, alors me retrouver au milieu n’est pas la meilleure chose qui puisse m’arriver. Peut être serait il temps de changer de tactique. Plutôt que d’être excessivement plaisantin, je préfère jouer la carte de l’indifférence sur ce coup. C’est ça, je vais faire comme si je n’avais rien vu, que j’ignorais ce qui venait de se passer ces quelques secondes où j’avais attrapé le chiot. Feindre l’ignorance.

C’est ainsi que je me rapproche d’eux sans dire un mot et en souriant. Je vois mon camarade s’éloigner de la bassine, ce qui me fait rire intérieurement. Pourquoi s’est il changé, si c’est pour au final avoir peur d’être mouillé et taché ? Me concentrant sur ce que j’ai à faire, j’essayer de déposer le chien dans la bassine sans qu’il réagisse de manière trop brusque. Autant il ne m’avait pas opposé de résistance pour les gâteaux, autant là c’était tout le contraire. Il secouait les pattes pour ne pas rentrer dans l’eau toute froide. Et pas la peine de préciser que ma chemise rose pale était aussi mouillée que lui, d’ailleurs je crois qu’on commence à voir au travers. Mais je n’y porte pas vraiment attention, pas plus qu’aux deux autour de moi. Les yeux rivés sur le chiot, je l’occupe pour qu’il évite de sortir de la bassine. Maintenant qu’il est dedans, il ne râle pas trop. Mais si j’arrête de m’occuper de lui, il va surement s’esquiver. Et puis maintenant que je suis tout mouillé, je suppose que cette tâche me revient. Jetant un peu d’eau sur lui pour finir de bien le mouiller, je prends la parole, toujours sans le quitter des yeux et absorbé parce que je fais.

- Nath, ou bien bro’, quelqu’un veut bien me passer de quoi le laver ?

… Léger bug dans mon esprit qui se traduit par une pause dans mes mouvements. Double gaffe. Je me suis adressé au surveillant en utilisant un diminutif. Déjà, même moi j’étais conscient que c’était un peu déplacé. Rien ne me dit que j’en ai le droit, étant donné que Nathanaël ne m’en a pas donné l’autorisation. Ensuite, j’ai apostrophé Livingston… Ah non, ça je n’y peux rien, il ne m’a toujours pas dit son prénom. Mais peut être que c’est uniquement vers lui que j’aurai du me tourner, vu que c’est lui qui est parti chercher le nécessaire de nettoyage. Mais c’est sorti tout seul, comme il s’est éloigné, je me suis dis qu’il n’apprécierait peut être pas mettre la main à la tâche… Olala, je sens que je vais me faire passer un savon. Je me reprends, réussissant à bouger à nouveau, et je continue à mouiller le chiot, silencieux, attendant que les réprimandes tombent.
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(#) Re: Lalala ~ J'agis de manière désinvolte.  Dim 17 Juil 2011 - 17:11

    Voir cet animal se démener ainsi pour réussir à voler un tant soit peu de nourriture m'amusait. Il était vraiment adorable ce chiot et il avait tendance à me rendre un peu gaga sur les bords. Malheureusement il ne semblait pas vraiment enclin à m'apprécier. Ce qui était tout aussi amusant c'est que je m'imaginais que l'autre Anglais, le Londonien là Liam, allait lui courir partout dans la cour de l'école et moi je me préparais à éclater de rire en le voyant faire. Car un chiot, même si c'était petit, ça courrait plutôt vite. Malheureusement la tâche fut beaucoup plus facile semblerait-il pour lui car le chiot se trouvant dans sa trajectoire il n'eut pas le besoin de faire beaucoup d'efforts afin de pouvoir le rattraper. C'était dommage, cette situation aurait pu détendre l'atmosphère, même si au fond j'étais assez détendu pour l'heure, voyant que Livingston ne m'agressait pas trop. Enfin ça, ce n'était qu'une question de temps car la prochaine fois que nous devrions nous parler j'étais certain à quatre vingt dix pour cent que l'ambiance retomberait d'un coup. C'était dommage car tout faisait pour que cette après midi se passe plutôt bien. Elle avait démarré de façon très mauvaise en ce qui me concernait, j'avais préféré prendre l'air pour ne pas m'énerver sur mon lieu de travail et j'avais rencontré ces deux jeunes hommes. C'était aussi un peu mon devoir de les accompagner dans cette tâche après tout. Cependant si c'était pour me crêper le chignon avec cet Écossais caractériel toutes les deux minutes, je ne voyais plus l'intérêt de ma présence parmi eux.

    Effectivement, j'avais raison, Elliot avait profité que Liam soit occupé ailleurs pour aller me dire d'une façon bien peu discrète que ma présence le dérangeait. Ce n'était peut être pas voulu mais c'est ainsi que je l'interprétais. Oui vraiment, il ne devait pas m'aimer et il n'attendait qu'une seule chose, que je m'en ailles. Je ne devais pas montrer à quel point j'étais vexé car j'étais l'adulte dans l'histoire et il n'était pas très recommander de se vexer pour des enfantillages. Et puis au fond, il avait raison, j'avais du travail et si je voulais profiter de la salle de musique ce soir, j'avais plutôt intérêt à finir assez vite toutes les taches bassement administratives qu'un surveillant était obligé de faire. Je l'écoutais donc patiemment, mon visage plus vraiment enclin à rigoler mais ne reflétant aucune émotion particulière, j'étais simplement redevenu neutre. Il semblerait que même si je me montrais sympathique avec lui, je n'arriverais jamais à obtenir sa confiance ou même à lui faire comprendre que je n'étais pas quelqu'un à considérer comme une menace. Mince quoi, je veux bien reconnaître que j'étais un abrutit fini quand je m'y mettais mais nous avons réussit à discuter tous les deux lors de notre première rencontre, normalement tous les élèves m'adorent parce que je suis quelqu'un d'assez facile à comprendre et à cerner, je me veux proche d'eux, sympathique alors qu'à mon arrivée ici j'étais quelqu'un de fermé qui s'amusait à coller les élèves pour des raisons totalement futiles. Je repense à cette pauvre élève, Valentine, qui avait justement subit mes sautes d'humeurs et qui s'était faite collée plusieurs heures alors qu'elle n'avait pas vraiment fait quelque chose de grave.

    « Vous avez raison Livingston, je pense que je vais vous laisser. Je n'apprécie pas les animaux de toute façon. »

    J'avais repris la langue Japonaise histoire de marquer un écart entre les deux élèves et moi. Et j'avais bien évidemment menti à propos des animaux mais c'était comme si j'avais besoin de me justifier face à lui. Il m'intimidait un peu car, il venait du même genre de milieu que moi, bien qu'à mon avis il devait être un peu plus aisé, mais pourtant il avait eut une éducation bien différente de la mienne. Et ses attitudes lui donnaient une certaine prestance qui faisait qu'à coté de lui, n'importe qui aurait pu se prendre pour une... une merde oui. Liam, de son côté, vaquait à ses occupations et s'était attaqué à la tache la plus dure, placer le chiot dans l'eau. Je lui jetais un petit regard méfiant avant de soupirer un peu. Ils s'en sortirons très bien tous les deux. Une personne de plus ne serait que trop encombrante. Je fronçais les sourcils lorsque l'homme à la chemise à présent trempée qui lui moulait parfaitement le corps s'adressa à moi par un surnom peu commun. Préférant ne pas le relever, je repris la parole.

    « Bien, je vais vous laisser maintenant, je vous prie de bien vouloir m'excuser mais j'ai encore beaucoup de travail. S'il vous plait, une fois que vous aurez terminé, allez rendre la bassine à la remise de la concierge Adaichi-san. Merci. »

    Je m'inclinais à la façon des Japonais et après un dernier regard pour Elliot, je tournais les talons et retournais vers le bâtiment principal de l'école. La routine reprenait, et mes soucis s'envolaient, préférant ne plus penser à ce qu'il adviendrait de ce chiot et de ces deux élèves.
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(#) Re: Lalala ~ J'agis de manière désinvolte.  Jeu 21 Juil 2011 - 15:38

● J'avais été le pire des lâches.

C
ertainement qu'il m'aurait été plus agréable de partir pour les laisser à deux. Ils semblaient tout aussi sociables et loquaces l'un que l'autre, alors que j'étais froid et distant avec les autres.. Et surtout envers l'adulte présent. Mais encore une fois, et après avoir pris le temps de me changer, de revenir avec des affaires qui m'appartenaient, je n'aurai pas du tout été crédible dans le rôle de celui qui quitte la partie, et préfère laisser le travail, ou l'amusement à d'autre. Et ce n'était pas tout. En trouvant ce chiot, en le caressant et en lui donnant de l'importance - même infime - je m'étais engagé envers lui, comme une grande personne avec des responsabilités. Bien entendu que j'étais responsable. C'était une belle preuve de maturité d'ailleurs. Je n'aimais pas fuir mes obligations, et un bon enfant sage que j'étais, j'avais toujours privilégié l'obéissance et le respect des règles, surtout vis à vis d'autrui. Là, je m'étais investi à rendre la vie de ce petit animal bien meilleure qu'elle ne semblait avoir commencé. Par la suite, quand il allait être propre, puis nourri à sa faim, j'allais certainement entreprendre les démarches nécessaires pour lui trouver un foyer aimant, m'assurant même par le suite des bons soins qui lui seraient prodigués. Je ne pensais pas réellement à le prendre avec moi. Un chien était une charge importante, et un chiot demandait d'autant plus d'affection et d'attentions. Je ne savais plus vraiment si j'étais capable de ressentir de la sympathie pour un autre être et ce, même si celui ci n'avait rien à voir avec mes problèmes. D'un autre côté, j'avais toujours au du mal à m'attacher aux autres, et pourtant, je pouvais citer par centaines les bons souvenirs avec Chocolate Cake. Ce chien avait réussi à me cerner au premier regard, et jamais, il n'avait osé me juger pour le caractère difficile que j'avais, depuis mon enfance. Non, de son immense sagesse canine, il l'avait simplement accepté, prenant ce que je voulais bien lui offrir comme le plus précieux des cadeaux. Il me faisait rire par ses maladresses, me serrait le cœur quand il revenait blessé des ses promenades champêtres. En définitif, il me manquait cruellement.

Le pire dans tout cela, était de me dire qu'il devait se sentir abandonner, à cause de mon égoïsme sans fin. Je n'avais pu le prendre avec moi, craignant qu'il ne survive pas au long voyages, aux escales et autres accommodations de l'avion. Bien que l'idée me déchirait le corps entier, je savais que mon chien était à la fin de sa vie, et qu'il méritait plus que tout de la passer paisiblement, avec ses habitudes et son confort. Depuis quelques mois même, il ne parvenait même plus à monter les escaliers pour rejoindre ma chambre. Je le portai donc, le mettant au bout du lit, place dument gagnée après de longues années à dormir dans un panier, aux cuisines. Tout ce que j'espérais pour l'instant, c'était qu'il aille bien. S'il mourait sans ma présence, j'allais m'en vouloir pour longtemps. Il méritait tellement d'avoir son maître à ses côtés pour ce moment si difficile. Je savais que Père lui donnerait tout les soins nécessaire, puisqu'il avait fini par s'attacher aussi à ce beagle, mais ce n'était pas pareil. Sentir la compassion et l'amour de son maître, même aux derniers instants.. J'avais été le pire des lâches à ne pas penser à tout cela, avant de quitter ma terre natale. Et maintenant que je voyais le chiot, plein de vie, remuer parce qu'il devait prendre le premier bain de sa vie.. Je sentais mon cœur se serrer, et les émotions commençaient à prendre le dessus, sans demander si elle dérangeaient.

"Pas Bro', Livingston, Preston ! J'ai un nom ! Un nom et non un surnom stupide et dépourvu de sens !" La voix à la fois fébrile et énervée, je lui répondais n'importe quoi, ne le regardant même pas, l'air perdu et ailleurs, comme parti depuis un petit moment.

Certainement ma réticence à le voir me donner un tel surnom, alors que l'on ne se connaissait pas réellement, mêlée à mes pensées embrumée pour mon chien resté en Écosse. J'avais pris la parole sans réellement m'en rendre compte, ou plutôt, sans prendre le temps de réfléchir à mes paroles. Les lèvres serrées, l'air de plus en plus éploré à cause des aboiements du chiot, je n'avais pas envie de penser encore à tout cela, de me dire que j'étais la pire des personnes, de penser que tout le reste avait été mérité, aux vus de mon comportement plus que douteux. Non, je ne voulais pas ça, je voulais aller bien, je voulais ne penser qu'aux bonnes choses et à mon avenir qui allait se vouloir florissant et plein d'ambitions. Pourquoi mes pensées s’axaient toujours vers le mauvais ? Pourquoi il m'était devenu presque impossible de constater les bons côtés d'une situation et ne pas seulement sombrer dans le péjoratif. Posant mes mains sur mes oreilles, pour que tout cela cesse, je secouai vivement ma tête, ne voulant pas de ce genre de philosophie de vie. Tout devait redevenir comme avant, au plus vite, avant que je ne craque réellement.
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(#) Re: Lalala ~ J'agis de manière désinvolte.  Sam 30 Juil 2011 - 20:13

Pire que ce que je pensais. Voilà comment résumer la situation. Nathanaël n’a même pas relevé ma gaffe, mais il s’est tout de même mis à parler en japonais. J’en déduis, de sa réponse, que ce n’est pas vraiment de ma faute, je pense même qu’il n’a aucune raison de s’adresser à moi comme il le fait avec mon camarade de classe. Pourtant ses consignes nous sont bien destinées à tous les deux. En soit, cela n’a rien de froid. Mais ce n’est pas non plus particulièrement chaleureux. Or notre échange s’était déroulé sur le ton de la taquinerie pratiquement depuis le début, et je suis légèrement blessé par cet excès de formalité sorti de nulle part. Voilà, je suis contrarié. C’est ridicule, je n’aime pas avoir ce genre de sentiment dans la poitrine. Et un peu confus aussi. Je me doute bien que ce revirement de situation est en partie du à ce que lui et l’autre se sont dit, mais je ne dois pas me voiler la face, j’y suis bien aussi pour quelque chose. Non ? Et évidemment, pour arranger les choses, quand je suis contrarié, je fais des choses stupides. Là, j’ai tout simplement pris un ton désinvolte et très gamin, et j’ai crié pendant que je l’entendais s’éloigner.

- Good Byyyyyye

Je ne peux pas détourner mon regard du chien, et ça m’arrange un peu. Ca m’évite de devoir les regarder. Comme aucun des deux ne me connait vraiment, ils n’ont aucune chance d’interpréter cette action ridicule de la bonne façon. Alors que si je croisais leurs regards, ils auraient peut être vu que j’étais vexé. Ca me dérangerait, d’autant plus que c’est injustifié. En plus, je ne pourrais même plus le mater. Mais au final, ce n’était pas moi le plus mal en point. En effet, l’autre blond finit par me faire quitter le chiot du regard tellement sa voix est tremblante. Accroupi, les mains dans la fourrure de l’animal, je lève la tête vers mon camarade de classe qui ne me regarde même pas alors que c’est contre moi qu’il s’énerve. Ca y est, le surveillant est déjà parti que la tension remonte. Sauf que cette fois je ne me sens pas trop d’humeur patiente. Insignifiant ? Il est bien marrant, j’y ai réfléchi, à mon surnom, moi. Et il signifie quelque chose ! Simplement, il n’est pas assez futé pour s’en rendre compte. Un sarcasme s’échappe tout seul de mes lèvres insolentes

- Toi comme moi savons très bien que tu as également un prén…

Et finalement, ma voix s’est stoppée net. Je crois qu’il ne m’a pas entendu. Non mais là, je m’inquiète vraiment. Tout mon agacement et toute mon ironie s’envolent d’une traite lorsque je le vois mettre ses mains sur ses oreilles. Il secoue la tête, les yeux fermés, ce n’est pas bon signe. Il souffre. De quoi, je n’en ai strictement aucune idée. Je ne sais pas du tout comment je dois réagir. Une plaisanterie serait peut être malvenu, mais si je me comporte spontanément et que je pose une nouvelle fois la main sur lui, ça risque d’être pire. Il serait encore tétanisé sur place comme si j’allai le violer ou je ne sais quoi. Je retire mes mains du chiot, et je me redresse lentement jusqu’à être debout en face de lui. Pour tout vous dire, je lutte pour conserver mon sang froid. J’ai cette sensation, cette image un peu comme dans les films, qu’il crie en silence. Je ne sais pas ce qu’il a, mais c’est loin d’être agréable. C’est même peut être grave. Mais pourquoi cette réaction tout d’un coup ? Il voulait le départ du surveillant depuis le début, cela se sentait bien dans son attitude, alors pourquoi ne pas sauter de joie maintenant qu’il est parti ? Je ne vois pas d’autre élément déclencheur possible, à moins que mon surnom ai brassé chez lui quelques souvenirs douloureux. Impuissant, je n’ai aucun mot de réconfort à lui prodiguer, et tout ce qui sort de ma bouche n’est qu’un lamentable murmure…

- Livingston… Honteux de ma propre inutilité, je hausse la voix sans pour autant être agressif, et je fais deux pas en avant pour me rapprocher de lui. Hé, Livingston, reprend toi ! Qu’est-ce qu'il t’arrive ?

Notez que j’ai su mettre ma fierté de côté et l’appeler par son nom de famille. Qu’il ne rêve pas, ça ne deviendra pas une habitude. Mais ce serait crétin d’accorder de l’importance à une chose pareille dans un tel moment. Intérieurement, je prie pour que Nathanaël refasse son apparition, mais j’ai peu d’espoir. Tant que je ne sais pas ce qui lui prend, je ne peux pas vraiment l’aider.
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(#) Re: Lalala ~ J'agis de manière désinvolte.  Sam 13 Aoû 2011 - 16:25

● Preston commençait d'ailleurs à se douter de quelque chose.

Moi, où l'être pas si bon et altruiste que je l'aurai voulu. M'occuper de ce chiot avait été une mauvaise idée en fin de compte. Mauvaise parce qu'elle avait ravivé bien trop de souvenirs, qui eux, étaient plus que merveilleux. C'était comme un manque auquel je n'avais pensé avant, qui venait de se créer. Je me faisais du mal à penser que Chocolate Cake pouvait l'être aussi. C'était stupide, même s'il ne m'avait plus, il y avait encore tout le reste de la famille, et bien des personnes pour s'occuper de lui. Père n'aurait jamais autorisé que l'on ne le laisse partir à la dérive. Il le savait vieux, et même s'il avait sa propre meute pour la chasse, mon chien avait toujours été particulier pour toute la famille, même lui était forcé de le reconnaître. Alors certainement qu'il devait m'attendre dans le hall de notre habitation chaque soir, puis, qu'il se résignait ensuite de m'y voir franchir la porte.. Mais de là à être malheureux.. Il pouvait encore faire toutes ses activités quotidiennes sans moi et ma fichue présence pas si importante que ça au final. J’espérais juste qu'il ne meure pas avant que je passe un moment en Écosse. Il avait le droit de revoir son maître une dernière fois, d'avoir de ses affectueuses caresses, de son temps et de son amour. Chocolate Cake n'avait jamais été un chien capricieux, loin de là même, alors s'il pouvait réclamer, ne serait-ce qu'une seule fois. De toutes les façons, si je rentrai pour une semaine, voir moins, j'allais passer mon temps avec lui, en plus de celui à devoir me faire voir par les amis de Père, pour raconter ma vie à l'autre bout du monde. Je pouvais passer des heures simplement à le regarder du coin de l’œil, assis sur le canapé de ma chambre, un livre à la main, tout en le caressant doucement. Ce chien était un peu comme mon meilleur ami, d'ailleurs, il l'était certainement. Pour une fois, Edwin allait devoir prendre soin d'une chose précieuse à ma place, et j'avais beau me dire qu'il en était largement capable.. Je le voyais fauter, comme toujours. Et s'il arrivait malheur à mon chien par sa faute, jamais je ne pourrai lui pardonner. J'avais déjà ressenti plus d'affection pour mon Beagle que pour mon frère cadet, simplement parce que cela était bien plus facile avec un animal. Pour mon frère, je devais aller avec ses réactions, son caractère et sa force d'esprit. C'était alors bien plus laborieux et fastidieux.. Et Edwin était si...exténuant dans ses moments.

Mais en réalité, et à présent, la question n'était pas du tout à se poser, à savoir s'il était capable de s'en occuper. Non, pour l'instant, j'aurai du simplement me concentrer sur l'activité du jour, et sur le chiot qui avait eu tellement moins de chance que mon Beagle. Lui n'avait pas demandé à ce que mon chien me manque, il avait eu simplement faim et avait agi en conséquence, pour sa propre survie. Preston commençait d'ailleurs à se douter de quelque chose, et j'avais autant envie de lui parler, que de me raser le crâne pour n'en laisser qu'une mèche teinte en verte.. Autant dire qu'il avait plus de chance d'entendre parler de la découverte d'un Ovni que de l'existence de mon propre chien, là-bas, en Écosse. Soit, je secouais légèrement la tête, me donnant une raclée mentale pour reprendre correctement mes esprits et cesser toutes mes divagations mentales.

"Oh.. ! Rien, rien rien.." Comme si répéter ce mot allait aller dans mon sens, plutôt que de m'enfoncer davantage.. Enfin, je me concentrai sur le chiot, qui barbotait avec plaisir maintenant qu'il s'était habitué à la température. "Je ne pense pas que l'on doive le laisser trop longtemps ainsi.. Il va finir par prendre froid." Et mon ton neutre, tendant vers la froideur, était sagement revenu. J'avais su me contrôler pour le bien de tous, et surtout pour le mien.

J'allais donc me rapprocher de la bassine, quitte à être mouillé. Après tout, je m'étais affrété exprès pour subir ce genre de salissures. Je pris le shampoing, même s'il n'était pas pour les chiens, il allait pouvoir le laver un minimum, et en mit sur son dos en le tenant par la nuque pour qu'il ne bouge plus tellement. Je frottai ensuite énergiquement son dos, me rendant bien compte qu'il était réellement sale. Heureusement qu'il était petit d'ailleurs, et je me voyais mal agir de la sorte avec un molosse de plus de cinquante kilogrammes. Non, la tâche semblait plutôt aisée ici, même si e me prenait des giclées d'eau en pleine figure, et un peu partout. Heureusement que le beau temps était au rendez-vous aussi, et qu'alors, aucun de nous n'allait attraper froid.. Ou avec très peu de chances alors. Un peu débordé par la situation, je continuais de fixer le chiot, tout en osant relever le regard quelques secondes pour chercher Preston.

"Tu veux bien ?.." Encore de l'eau en pleine figure, décidément, ce chiot n'avait pas du tout l'habitude de la présence humaine, ni de comment se comporter alors. ".. Prendre le relais ? Je pense que si tu le tiens, et si je le frotte, ça sera bien plus simple."

Et je lâchais le chiot dans la bassine, qui profita pour patauger à son aise, bien plus content d'être libre de ses mouvements. Les bras tendus devant moins, je constatai alors les dégâts, puisque j'étais bien trempé. Je les secouai légèrement, avant de bien regarder Preston, constatant que je n'étais pas le seul à avoir subi l'énergie du chiot. Mon regard fuit tout de même, alors que je posai mes mains sur mes genoux.

"Ta chemise Preston.. On voit à travers.."
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(#) Re: Lalala ~ J'agis de manière désinvolte.  Mer 31 Aoû 2011 - 16:41

Rien ? La bonne blague. Elle est curieuse, cette réponse automatique. Je veux dire, j’aurai sûrement répondu la même chose, surtout que lui et moi, nous nous connaissons à peine. Mais c’est tellement pas crédible. Je ne suis pas crétin, j’ai bien compris le message qui vient derrière, ce ne sont pas mes oignons. Ca m’inquiète un peu, ça me semble humain comme réaction, mais ce serait malvenu de ma part d’insister. Et puis je n’ai pas envie de me prendre la tête pour savoir. Je trouve ce gars de plus en plus étrange, de plus en plus… Je ne trouve pas vraiment le mot. Et puis il enchaine en parlant du chiot, évidemment, quand on nie aller mal, on change de sujet. Je le laisse faire, n’insistant pas sur le sujet qu’il souhaite à tout pris esquiver, et je l’observe donc se mettre à la tâche, me demandant comment il va s’y prendre. Partagé entre l’amusement et l’attendrissement, je reste planté là alors qu’il frotte le dos de la boule de poil. C’est toujours comique lorsqu’une tête d’ampoule se met à l’action, mais en même temps, toute scène avec un animal abandonné réveille mystérieusement de la compassion.

Je suis sorti de mes pensées par la voix de Livingston – je me jure à moi-même de dénicher son prénom lors d’un prochain cours – qui s’élève avant d’être subitement interrompue par un éclaboussement. Je ris, m’arrêtant rapidement pour écouter ce qu’il a à me dire. Hochant la tête pour acquiescer dans un premier temps. Mais alors que je m’apprête à m’abaisser pour l’aider, il ajoute une dernière remarque. Je me redresse et baisse la tête pour constater les dégâts. En effet, c’est encore pire que ce je pensais, j’hésite même à me mettre torse nu en fait, pour ce que ça changerait. Ca me permettrait de la laisser sécher, vu le beau temps qu’il fait. Mais bon, j’ai un peu la flemme, et puis j’ai plus envie que ça de me désaper devant mon camarade de classe. On n’est pas à la plage. Et puis, cette situation ne m'évoque aucune gêne ni honte quelconque. Je me baisse donc enfin en face du chiot qui s’éclate depuis tout à l’heure pour le tenir de mes deux mains. Evidemment, ne pouvant plus se balader à droite à gauche, tout ce qu’il trouve à faire, c’est me jeter encore plus d’eau dessus. Par conséquent, je fais un peu la grimace, mais ça ne me dérange pas tellement.

- Je ne peux pas vraiment y faire grand-chose. Je me changerai après.

Et puis là, une idée a me traverse l’esprit comme un éclair. Aller me changer, partir quoi… Est-ce qu’il avait dit ça pour que je m’en aille ? Déjà qu’il a su habilement demander au surveillant d’aller voir ailleurs s’il y était, je commence à douter d’un coup. Surtout qu’il voulait s’en occuper seul au début, non ? En tout cas, ça me semble tout à fait possible. C’est clair qu’une fois le chiot nettoyé, je vais lui laisser et partir me changer illico presto, mais si je pouvais au moins le voir tout propre, ça me ferait du bien. Je serai un peu plus soulagé, vous voyez ? Enfin bon, je verrai bien à ses réactions suivantes s’il cherche à se débarrasser de moi. Pour l’instant, je vais simplement laisser ma curiosité s’exprimer et le questionner sur ce qui me chiffonne depuis tout à l’heure

- Dis moi… Comment ça se fait que toi et ce surveillant vous soyez aussi froids l’un envers l’autre ? Erf, arrête de t’agiter comme ça !

Je galère un peu, entre deux jets d’eau, mais j’arrive tout de même à sortir la question sans m’interrompre. Evidemment, ma dernière remarque s’adresse à l’animal qui voudrait bien que je le relache. Je lui jette un peu d’eau sur le museau, histoire de. C’est totalement inutile, mais ça l’amuse autant que moi je crois. Revenons en à nos moutons, Livingston. Je ne sais pas pourquoi, mais je sens qu’il va me renvoyer dans mes buts. Soit en me jetant un ton glacial, soit en me répondant encore qu’il n’y a rien. A la limite, je ferai mieux de trouver Nathanaël pour lui demander, si je veux vraiment savoir. Combien de fois ma mère a-t-elle bien pu me répéter que la curiosité est un vilain défaut. J’aurai pu en prendre bonne note si mon père ne disait pas le contraire à côté, et que sans curieux têtus et collants, on s’ennuierait. Evidemment, il parlait de moi sous ces différents adjectifs, pot de colle que je pouvais être à l’époque. Je me demande si je suis toujours capable de l'être.
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Lalala ~ J'agis de manière désinvolte.
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