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 Aurore, décalage & cauchemar.

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(#) Aurore, décalage & cauchemar.  Ven 11 Nov 2011 - 2:56



Kobe, 15H49. Un gamin et un chien dans la rue.

Jack mordit à pleines dents dans son sandwich poulet-crudités. Prenant le temps d'apprécier cette première bouchée, il plongea la main dans sa poche pour en sortir quelques billets froissés qu'il regarda d'un œil éteint. Il compta un peu moins de mille cinq cent yens, calcula rapidement de tête l'équivalence en dollars et dut se rendre à l'évidence : il ne tiendrait pas la semaine. Il lança un regard désolé à Satan, qui avait déjà terminé le deuxième sandwich et en redemandait. Lui accordant une bouchée de ce qui allait sans doute être son seul repas de la journée avec la barre de céréales que lui avait gracieusement donné l'hôtesse de l'air, il remit négligemment son argent à sa place et reprit sa marche. Il était arrivé en fin de matinée, après avoir cherché le sommeil pendant les neuf heures de trajet, assis entre une vieille japonaise bavarde et un petit garçon surexcité qui s'était donné pour mission de le tenir éveillé jusqu'à la fin. Le décollage s'était fait à Paris à dix-neuf heures trente-sept, après deux heures d'attentes à l'aéroport ; il devait être actuellement sept heures du matin en France et la fatigue commençait doucement mais sûrement à faire papillonner les yeux de Jack. Le taxi qui lui avait extorqué quatre-vint pour cent de ses biens l'ayant jeté dans le centre ville de Kobe, à un bon kilomètre du lycée, il traînait depuis dix bonnes minutes ses jambes fatiguées et son imposante valise, demandant son chemin tous les cent mètres dans un japonais approximatif qui en avait fait grimacer plus d'un. Marchant toujours, il se rendit compte. Il était au Japon. Il était au Japon, seul, et il allait y étudier sans doute plus d'un an ; le projet qu'il avait monté depuis des mois prenait soudain tout son sens. Cette découverte le reboosta, et c'est avec une joie teintée d'excitation qu'il avala le reste de son sandwich avec les quelques centaines de mètres qui le séparaient du lycée.

La première image qu'il en eut fut digne de celle du château de Disney land aux yeux d'un enfant de cinq ans. Il en resta muet quelques instants, extatique, un sourire passablement idiot cloué sur la face. Jack et les études n'avaient jamais étés très bons amis ; il était plutôt d'un naturel hyperactif et l'idée de rester toute une journée assis à écouter ce que les professeurs s'efforçaient de transmettre n'éveillait chez lui qu'un profond ennui. Il n'en était pas au stade de l'élève lambda soutenant que le français et les mathématiques ne servaient à rien dans la vie courante, mais il avait du mal à comprendre ceux qui, avides de savoir, se passionnaient pour les fonctions polynomiales ou l'analyse poussée de la fable de la Poule aux œufs d'Or. Ceci étant, Jack aimait lire. Il avait adoré étant petit les contes et en avait dévorés par centaines, tristes comme joyeux, de Grimm à Andersen en passant par Perrault. Cet amour du monde des fées, licornes et sorcières s'était évaporé avec ses illusions lors de sa quinzième année, et c'était avec un plaisir plus modéré qu'il lisait à présent des romans divers et des recueils de poésie. Il aimait s'y plonger simplement, apprécier la beauté de certains vers ou l'habileté de certaines répliques, sans avoir à profondément en analyser les figures de styles et autres simagrées littéraires. Il avait toujours soutenu que l'écrivain n'attendait pas du lecteur qu'il décortique chacune de ses phrases, mais qu'il les apprécie modestement, sans chercher à savoir le pourquoi du comment il avait choisi tel mot et non pas un autre. Jack avait d'ailleurs préféré se confronter aux mathématiques plutôt que de risquer de se dégoûter de certains auteurs en littérature, et s'était orienté vers une filière scientifique l'année passée. Il n'y était ni mauvais ni bon, s'accrochant fermement à la moyenne à force d'un travail régulier. La seule matière où ses notes sortaient du lot était la philosophie, autrement dit la seule qui l'intéressait réellement. Alors que ses camarades parisiens bâillaient d'ennui au seul nom d'Héraclite ou de Sartre, lui jonglait avec aisance avec les concepts philosophiques et montrait un réel investissement dans la plupart de ses devoirs. Au final, élève moyen et discret, Jack n'avait pas la tête vide mais était loin d'être un amoureux des études. Cependant, au delà d'un lycée, Kobe représentait la dernière étape d'une longue guérison et la concrétisation d'un but qu'il poursuivait depuis trois ans. S'il réussissait à s'intégrer tout en ayant ses examens, il aurait gagné. Un pari risqué, mais nécessaire. Légèrement nerveux, il passa sa main dans le pelage grisonnant de son compagnon et passa le portail de l'établissement.

¤

Note à l'internaute : Attention, l'auteur va procéder à une ellipse afin de ne pas avoir à décrire le passage de Jack au secrétariat, le contenu de ce dernier étant fastidieux à écrire et n'intéressant personne.

¤

Jack s'affala dans son lit avec un soupir d'aise. Ce que la paperasse pouvait être emmerdante ! Il avait l'impression que son entretien avec le directeur avait duré des heures, alors qu'il devait s'agir en tout et pour tout d'une quinzaine de minutes. Les papiers étaient signés, Satan faisant connaissance avec le quartier, un surveillant avait emmené Jack à sa chambre et le plan de l'établissement trônait sur sa table de chevet. Son énergie retombée avec l'euphorie de l'arrivée, il sentait à présent ses yeux se fermer tout seuls. Il n'avait encore rien installé dans sa chambre, si ce n'était le drap du lit qu'on lui avait désigné, et sur sa valise ouverte gisaient couverture et oreiller, pas encore habillés de leur housse respective. Il s'était promis de ranger ses affaires avant de dormir. Mais il n'était que dix-sept heures et des poussières, il avait le temps. Il s'agissait juste de se poser quelques minutes. Réfléchir. Le directeur l'avait prévenu qu'il serait avec un autre cinquième année mâle, un dénommé Sebastian. Jack appréhendait légèrement le moment où ils se rencontreraient, tout en l'attendant avec impatience ; ce serait sans doute le première élève qu'il verrait, et ils allaient apparemment dormir dans la même chambre jusqu'à la fin. Commencer sur un bon pied avec lui était primordial. Sebastian, ce n'était pas un prénom japonais. Il avait connu un Sebastian, en Californie ; un petit chérubin brun maladroit qui jouait à des jeux de fille avec lui. Jack se demanda ce qu'il était devenu. Il l'imagina prêtre, puis bonne sœur. Astronaute. Danseuse étoile. Sorcier. Licorne.

Et puis il s'endormit là, en travers du lit, une main sur son ventre découvert, l'autre près de son visage, un pied dans le vide. Tout simplement.


Dernière édition par Jack Hawkins le Ven 25 Nov 2011 - 21:12, édité 4 fois
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(#) Re: Aurore, décalage & cauchemar.  Ven 11 Nov 2011 - 19:23




Aurore, décalage & Cauchemar.

C'est une blague ? Et la caméra, elle est planquée où ?



L'installation s'est faite bien plus facilement que prévu. En fait, j'ai une chambre à moi tout seul, et c'est normal. Je suis pas un élève comme les autres. Même si mon cul se posera des heures sur une minuscule chaise en bois, même si j'aurai le droit à la même nourriture que les autres, je reste Sebastian Roosevelt, fils du richissime Julian Roosevelt. Ce qui implique que je dois être traité différemment. J'ai toujours eu l'habitude de ne pas faire parti du peuple et de la masse, et je ne vois pas de quel droit ce serait différent ici. J'aime avoir mes particularités, et toutes ces faveurs qui font de moi l'être à part, l'intouchable, la divinité vivante. Me toucher ? Il faut mon accord. Me parler ? Il le faut aussi. Garde à ceux qui osent élever le ton contre moi, c'est une chose que je ne supporte vraiment pas. On me dit mélomane, et l'on est en droit de le penser. Que faire, quand on nous a toujours poussé dans cette voie, et quand le destin s'est acharné à donner raison à la petite voix intérieure du pouvoir. Je m'aime, j'aime qu'on m'aime et d'ailleurs, je trouve cela bien anormal que l'on ne m'aime pas. De la jalousie, de la haine, mais jamais de l'indifférence. Je ne suis pas de ceux qu'on ne remarque pas et quand je fais mon entrée -souvent fracassante- dans la vie de quelqu'un, c'est toujours pour y laisser une trace, ma marque, quitte à pisser sur son territoire. Je suis le chef de la meute, je suis né pour diriger de toute manière. La seconde place ? Non, elle n'est pas pour moi. Si je décide de gagner, alors je gagnerai, même si pour cela, je dois recourir à des moyens peu recommandés. Mon père m'a toujours appris que le mensonge n'était pas un défaut à maudire, mais qu'il était un art à apprendre. Un art si délicat et si consciencieux qu'il était bien difficile de le maîtriser à la perfection. Mentir n'est pas une faiblesse pour moi, c'est une force, une force que j'use et j'use encore, afin de m'améliorer. La finalité de tout est de se satisfaire soi même, et à ce petit jeu, je suis plutôt doué.

C'est donc confiant, les mains sagement posées dans les poches de mon pantalon, que j'avançais vers ma chambre. Journée tranquille. Je l'avais passée à l'extérieur, afin de repérer les endroits les plus tendances de la ville. Les boutiques aptes à accueillir ma personne pour me revêtir, les endroits les plus chics pour y emmener une conquête, histoire de la séduire un peu plus. Je n'étais pas contre les Fast-food et autre bouffe Américaine de la fin de XX ème siècle, loin de là. J'aimais croquer à pleines dents dans le gras lui même, à m'en boucher les artères. Le plaisir avant tout, mon corps était déjà assez bien sculpté pour subir quelques à côtés. Je m'étais d'ailleurs affublé d'un sac, afin de me satisfaire en provision, pour les jours à venir. Les prochaines livraisons se feraient personnellement, bien entendu, je n'allais pas me déplacer à chaque fois. Bien trop pittoresque. J'aime aussi tout particulièrement être servi par les autres, puisque tout mon corps entier ne doit pas s'user à de futiles tâches de la vie quotidienne. L'autre lycée me manquait, légèrement, alors que j'arpentais les couloirs de celui-ci, pour rejoindre ma chambre personnelle. Là-bas, je ne pouvais pas faire plus de trois pas sans être regardé -sauf si j'avais décidé de ne pas aller en cours, ou d'en partir en plein milieu, sans même un regard pour mon professeur- alors que je n'étais encore qu'un nouveau, un nouveau fier, marchant droit et ne faillant pas lorsque des groupes d'amis s'amusaient à le fixer dans les yeux, comme pour le fixer. Bientôt, j'allais être leur Roi, de toute manière, j'allais être l'objet de convoitise de la plupart des filles de cet établissement, et j'allais être celui attendu de tous. Mes voisins béniraient le Seigneur, ou l'autre Dieu de leurs religions, d'avoir été choisis pour être assis à mes côtés, ou pour mériter un regard, voir une parole. Quand j'arrivais dans un nouvel endroit, je ne pouvais m'empêcher d'avoir ce genre d'idées. Jusqu'à présent, elles s'étaient toujours réalisées, jusqu'à présent, j'avais toujours été assez proche de nos différentes habitations pour appuyer ma grandeur. Mais déjà, l'on voyait la qualité des tissus que je portais, et l'on pouvait constater de leurs marques par différents petits logos. Je n'aimais pas la vulgarité, et je ne supportais pas ceux qui n'assumaient pas leur richesse.

« Tu crois que je pourrai dormir à côté de toi ? Ou je vais devoir prendre un autre lit, puisqu'il y en a quatre ? »

Perdu dans mes pensées, une petite voix d'enfant se fait entendre. Je souris, je la connais plus que bien. Joyce est venue me rendre visite, et il était temps. Elle ne vient que lorsqu'elle est sûre de ne pas me mettre en danger, et le couloir vide des chambres est un bon endroit. Je tourne doucement la tête pour la voir, elle est là, souriante comme toujours. Elle m'apaise, je n'ai même plus envie de penser à tous ses plans de conquêtes, ou bien à vouloir écraser telle ou telle personne. Elle a toujours des tonnes de questions que je ne me pose plus, et s'inquiète pour des choses que je trouverai bien futiles. Elle est comme ça Joyce, c'est un peu celle qui me fait rire et sourire quand les autres ne sont là que pour me distraire. Ses questions, si philosophiques que Descartes lui même n'en reviendrait pas, me font du bien, elles m'obligent à rester sur terre, et à penser un peu plus naïvement, peut être.

« Tu sais Chaton, j'pense que tu es assez grande pour dormir dans ton propre lit. » Je la regarde, puis je m'arrête, ce qu'elle fait également. Là, je m'avance légèrement et me baisse à sa hauteur, pour la regarder dans les yeux. « Mais en cas de cauchemar, tu pourras venir te réfugier sous mes couvertures. » Je lui souris un peu plus et lui fais un clin d'oeil pour la rassurer. Puis je me relève, pour reprendre la route. Voilà ce que j'aime réellement, passer du temps avec elle. Et comme je ne pense même pas sortir manger au réfectoire ce soir, on aura du temps à nous deux. J'ai pris exprès des spécialités d'ici -chez un traiteur de la ville, histoire de manger convenablement- pour tenter de m'habituer aux rations de riz qui vont être quasi-quotidiennes. Une fois que la porte de ma chambre, ou plutôt notre chambre, est devant nous, je l'ouvre, la laissant entrer en premier, comme toujours.

« Oh ! Regarde ! Il y a un garçon qui dort sur le lit que je voulais prendre ! Tu crois qu'il va rester avec nous ?! » Dit-elle en le pointant de son petit doigt, assez émerveillée et excitée par la chose endormie dans notre chambre.

Moi, je ne suis pas du même avis. Non pas du tout même. Je le fixe. Je le fixe et j'ai perdu mon sourire de tout à l'heure. Qu'est ce qu'il peut bien foutre ici ? La chambre m'est réservée, c'est certain. Il s'est trompé. Il n'a pu que se tromper, et au lieu de bien vérifier ses papiers, il s'est vautré lamentablement sur l'un des lits. C'est mieux ainsi je dois dire. S'il avait été éveillé, Joyce aurait du me quitter, et j'aurai du être désagréable. Pour l'instant, elle s'amuse à s'approcher doucement de lui, et à reculer tout en rigolant quand il respire trop fort. J'adore quand elle agit de la sorte. Moi, je m'attèle à prendre sa valise, pour la trainer dehors. Je suis trop bon, mais je veux surtout bien lui faire comprendre qu'il n'a pas à être ici. Je m'arrête à mi-chemin, quand mes yeux s'attardent sur l'étiquette du bagage... Paris ? Un Français. Génial. J'aime pas tellement les Français, ils s'amusent toujours à critiquer les Anglais que nous sommes. Ils se vantent d'avoir la meilleure cuisine du monde, quand ils mangent des escargots et le sang cuit du porc. Vraiment, ça donne envie. Les Français sont très sûrs d'eux aussi, et je n'aime pas devoir fréquenter ce genre de personne. Je reprend ce que j'étais entrain de faire, et je ferme ensuite la porte, en la claquant, histoire de le réveiller. Joyce entend le bruit, et tout de suite, elle comprend aussi. Elle me fait un petit signe de la main et disparaît, le temps que je puisse régler ce détail. Je l'attend, les bras croisés, je veux entendre son explications pour être assez pour n'avoir pas su livre des chiffres convenablement. Il va m'amuser, il a intérêt, parce que je suis irrité là.
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(#) Re: Aurore, décalage & cauchemar.  Sam 12 Nov 2011 - 4:01



La porte claqua. Les yeux de Jack s'ouvrirent. La vision d'un autre homme dans la chambre le fit se raidir brusquement et décoller du lit à une vitesse surprenante. Sortant à peine d'un sommeil trop court, les sens encore brouillés, il trébucha vaguement en reculant, vacilla, parvint plus ou moins à retrouver un point d'équilibre. Là, son cerveau se remit en route. Il venait d'arriver au Japon. Il était passé à l'administration, le directeur lui avait donné un plan, expliqué comment fonctionnaient les cours et indiqué sa chambre, où un surveillant l'avait mené. Il avait ouvert sa valise pour faire son lit, avait finalement abandonné en plein milieu et s'était endormi. Il se réveillait il ne savait pas à quelle heure, avec un garçon en face de lui qui n'avait de toute évidence pas l'air enchanté de le voir. Cherchez la logique. Une petite lumière s'alluma soudain dans son crâne. Ce devait être son fameux colocataire. Il ouvrit la bouche pour se présenter, la referma. Ouvrit un peu mieux les yeux. Canon. Le mec. Blond vénitien, des traits fins. Des lunettes sérieuses qui contrastaient avec sa chevelure en bataille. Il était grand ; certainement plus d'un mètre quatre vingt. Bien fringué. Peut-être trop. Il lui rappela immédiatement un ex parisien, friqué comme pas permis, totalement imbu de lui-même, et à son grand dam affreusement attirant. Cependant, à cet instant, la personne qui était en face de lui était avant tout passablement irritée pour une raison qui lui échappait totalement.

« … Sebastian, c'est ça ? » *

Fail. Il était au Japon, pas en Californie.

« Gomen, orewa amerikahito desu. Namaewa Jack desu. »
- Désolé, je suis américain. Mon nom est Jack.

Il songea à tenter un sourire, et puis abandonna l'idée. Le besoin pressant de fumer se fit sentir. Il chercha sa valise des yeux, ne la trouva pas, croisa le regard de Sebastian et comprit. Comme une évidence. Il était indésirable. Ses lèvres se tordirent en un rictus. Merde. Premier jour au Japon, premier jour à Kobe, on lui mettait déjà des bâtons dans les roues. La vie était une vraie chienne, parfois. Il serra les poings, de frustration et de nervosité, la fatigue l'empêchant de se contenir. Deux choix s'offraient à lui. Casser la belle gueule de son colocataire et foutre en l'air tous ses espoirs d'intégration ou sortir pour fumer, se calmer et réfléchir. Le choix fut vite fait. Il rejoignit la porte, se retenant de bousculer l'autre au passage, sortit et la referma aussi doucement qu'il le pouvait, c'est-à-dire assez pour que le claquement résonne dans tout le couloir. Sa valise l'y attendait, comme il le suspectait. Il n'y prit que son paquet de tabac et la laissa là, seule, rejoignant l'extérieur à pas vifs.

La première bouffée de nicotine fit ralentir les battements saccadés de son cœur. La seconde acheva de le détendre. Jack avait plusieurs fois tenté d'arrêter de fumer, cette addiction se trouvant être gênante pour son amour de l'escalade. Seulement, à chaque tentative, il se rendait compte que la cigarette le rendait plus docile, et qu'arrêter revenait à le transformer en véritable bombe à retardement. Depuis qu'il avait envoyé un camarade de classe à l'infirmerie, il avait décidé d'arrêter d'arrêter. Exhalant un long panache de fumée grise, il leva les yeux au ciel. Les emmerdes le rattrapaient décidément bien vite. Fatigué, il n'était même pas en état de s'en défendre correctement. Se souvenant soudain qu'il n'avait toujours aucune idée de l'heure, il sortit son portable de sa poche. Six heures et quart. En France, neuf heures du matin. Long soupir. Il n'avait aucune idée de comment réagir face à l'attitude de son colocataire. Changer de chambre ? Il n'allait pas faire une demande de ce type sitôt arrivé. Dormir à l'hôtel ? Il n'avait déjà pas assez d'argent pour nourrir Satan. Dehors ? La question ne se posait pas. Il n'avait pas le choix. Sebastian, quelles que soient les raisons de son inhospitalité, allait devoir partager son espace de vie. A présent plus calme, Jack écrasa son mégot sur un muret et le jeta dans une poubelle après avoir vérifié qu'aune braise ne risquait de dégénérer en catastrophe. Plus vite la corvée serait faite, plus vite il pourrait dormir. Serein, il remonta aux dortoirs.

Il ne prit pas la peine de frapper à la porte, entra, posa sa valise au pied de son lit et se campa devant Sebastian, qui ne s'attendait de toute évidence pas à le revoir.

« Écoute, mec, je sais pas à quoi tu joues, mais que tu le veuilles ou non on est coloc. J'ai pas demandé à être avec toi, j'te connais pas, il n'empêche qu'on va devoir cohabiter. J'avais pas l'intention en venant ici de me prendre la tête avec qui que ce soit. Maintenant, si tu veux vraiment pas voir ma gueule, j't'en prie, bouge ton cul et démerde-toi avec la direction. A part ça je m'appelle Jack Hawkins et je suis en cinquième année. Enchanté. » *

Pour le coup, il avait totalement oublié que son interlocuteur ne parlait pas forcément couramment anglais. Mais grand ou pas, beau gosse ou pas, Jack ne comptait pas se laisser marcher sur les pieds. Il se détourna et ré-ouvrit sa valise, comptant cette fois-ci fermement s'installer. Sebastian ou pas, dans deux heures, il dormirait à poings fermés, blotti dans ses couvertures.

* Lorsque la langue n'est pas précisée, Jack parle en anglais.



Dernière édition par Jack Hawkins le Ven 25 Nov 2011 - 21:14, édité 1 fois
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(#) Re: Aurore, décalage & cauchemar.  Sam 12 Nov 2011 - 16:46




Aurore, décalage & Cauchemar.

Il va apprendre à qui il s'adresse.



Et en plus, je tombe sur une bête de cirque. Génial. Rien de mieux pour me gâcher la fin de soirée, quand j'avais pensé la passer sagement sur mon ordinateur, à prendre des nouvelles de l'autre pays et à trainer sur Facebook, pour constater des centaines de commentaires que je devais avoir sur mon mur. Je ne suis pas de ce genre à passer ma vie sur un pc, mais j'aime bien la nouvelle technologie. D'ailleurs, mes affaires ne tiennent pas bien longtemps. J'ai pris comme excuse ce voyage, pour pouvoir me fournir à nouveau en divers accessoires et autres petits bijoux à la mode.. Ils devraient tenir le mois ? Et encore. Je me lasse tellement vite des objets, et même davantage des personnes qui m'entourent. Ah tiens, j'y pense. Si j'arrive à choper une photo assez potable de l'énergumène devant moi, je pourrai la poster sur mon mur, et ainsi montrer à tout le monde que je n'ai pas changer. Me moquer de lui, écrire un commentaire salace sur ce qu'il est.. Ou du moins, de l'avis que je m'en fais. J'aime bien faire ce genre de choses. Et avec ses nom et prénom, je pourrai même retrouver sa page pour en apprendre un peu plus sur lui. Facebook, ou comment donner du pouvoir à tous les détraqués de ce monde. Une grosse merde, incroyablement populaire, comme je les aime. La débauche même au niveau informatique. Le mec qui l'a créé est un génie. J'hausse un sourcil, perplexe, sans bouger une autre partie de mon corps. Sebastian ? Comment peut-il connaître mon prénom ? Je souris faiblement, mon plan fonctionne, je suis déjà si connu, que même les nouveaux me reconnaissent. Je suis admiré dès mon arrivé, comme si j'avais une réelle notoriété. Que ça fait du bien à l'égo de se sentir important. Mais j'le comprend pas. J'ai une tronche de Japonais qui comprendrait pas l'anglais ? Putain d'Américain de merde. Comme si ton accent ne t'avait pas déjà trahis. Je ne répond pas, je ne préfère pas répondre car je ne veux pas employer cette langue qui n'est pas la mienne. Toujours paraître le plus confiant et le plus sûr de soi, lors d'une rencontre. Il est long à percuter en plus, il se présente, mais sa valise n'est même plus là. J'suis tombé sur un lent du cerveau. Génial, il va mettre des heures à comprendre qu'il s'est trompé de porte, et qu'il a sauvagement envahi mon territoire. J'ai du mal à le cerner, il a l'air anxieux, il a l'air de ne pas comprendre. Je soupire donc. Je n'ai pas envie de passer mon temps à lui expliquer la situation.

Et d'un coup, il marche en ma direction. Il veut partir ? Il a du comprendre de lui même. Tant mieux. Je me recule sur le côté, pour le laisser passer. Oui, je fais un effort, et à vrai dire, s'il en fait un en me laissant en paix, je veux bien ne pas l'emmerder, pour le moment. Jack. Quel nom inintéressant. Il n'a rien de Français de pauvre mec. Qu'est-ce qu'il pouvait bien foutre au pays du fromage qui pue ? J'en sais rien, j'en serai plus par la suite. J'aime savoir.

«  Joyce ? Reviens, le con est parti. » Ouais, j'ai envie qu'elle me rejoigne. Parfois, il m'arrive de lui demander de venir. Le plus souvent, c'est elle qui décide de ses apparitions, et même, elle les choisit mal. Mais là, j'avais envie de lui parler un peu, histoire de me détendre. Elle y arrive tellement bien. Comme je sais qu'elle viendra quand elle l'aura décidé, je ne la cherche pas, je m'occupe plutôt à brancher mon I-pod sur son enceinte pour mettre un peu de musique. Un truc bien fort, un son bien trash histoire d'oublier ce qui vient de se passer. Je secoue ma tête devant l'appareil, puis je me retourne, légèrement emporté par le rythme de la chanson. J'en profite pour en chanter des bribes tout en déchargeant mon sac de tout ce que j'ai pu acheter dans l'après midi. Ça va être chiant de garde tout ça, j'devrai investir dans un réfrigérateur, même un petit. Et quand je relève mes yeux, je vois Joyce. Je souris d'abord, puis je remarque qu'elle ne sourit pas du tout, elle a même ses deux mains plaquées contre ses oreilles. Ah oui, elle aime pas ma musique. Elle me fait rire, avec ses gestes d'enfant, et sa petite bouille d'ange. J'arrive pas à lui tenir tête bien longtemps. Je prend donc la télécommande de l'enceinte, et je lui mets du Chopin, je sais qu'elle l'apprécie tout particulièrement. Je baisse le son aussi, parce que du Chopin à fond, c'est un peu comme inutile.

« Il avait l'air gentil ce garçon pourtant.. » Me dit-elle tout en s'asseyant sur le lit, ses jambes balançant dans le vide.

« Gentil ? Avec toi, même un violeur serait une crème Chaton. Tu l'as vu qu'endormi en plus.  On est mieux à deux, et rien qu'à deux. » Joyce est comme ça, il faut toujours qu'elle voit le bien chez les autres. C'est un peu mon contraire la dessus, mais c'est surtout parce qu'elle reste jeune, quoi qu'il arrive. J'm'en tape que ce soit un enfant de cœur, ou le président d'un association pour sauver les bébés phoques. Je l'aime pas, j'aime pas grand monde, et surtout pas un emmerdeur qui se permet de dormir dans ma chambre, parce qu'il arrive pas à trouver la sienne. Et la propriété privée, il connait pas ? Si c'est comme ça, j'vais m'amuser à aller chercher des trucs dans les chambres des autres, quitte à suivre le mouvement. Je secoue légèrement la tête, et je retire mon haut. Avec l'humidité et la chaleur, c'est désagréable d'avoir du tissus sur le dos. En plus de cela, je ne supporte pas suer, ou sentir que mon corps puisse être sale. J'aime pas la saleté, elle apporte des maladies, et j'aime pas ça. J'en profite aussi pour retirer mon pantalon. J'aime bien me promener à poil. Enfin, pas totalement, surtout pas dans un pensionnat où la porte coulissante peut s'ouvrir à n'importe quel moment, et de toute manière, c'est pas super top d'avoir le tout qui se ballade de gauche à droite. Le boxer, c'est la bonne alternative, car ça maintien le tout en place, sans être trop encombrant. J'ouvre la fenêtre aussi, histoire d'aérer et que l'odeur de l'autre intrus quitte les lieux. Ah ! La belle vie, je m'allonge sur mon lit, d'abord en travers, avant de m'y étendre confortablement, ma tête posée sur mes bras. J'ai Joyce, j'ai de la musique, et j'ai de quoi bouffer aussi. Rien de mieux. Joyce s'occupe toute seule, j'ai pas besoin d'être derrière elle tout le temps. Savoir qu'elle est là me suffit.

« Écoute, mec, je sais pas à quoi tu joues, mais que tu le veuilles ou non on est coloc. J'ai pas demandé à être avec toi, j'te connais pas, il n'empêche qu'on va devoir cohabiter. J'avais pas l'intention en venant ici de me prendre la tête avec qui que ce soit. Maintenant, si tu veux vraiment pas voir ma gueule, j't'en prie, bouge ton cul et démerde-toi avec la direction. A part ça je m'appelle Jack Hawkins et je suis en cinquième année. Enchanté. »

J'ai même pas eu le temps de le voir venir celui-là. Il fout quoi ? Il a pété un câble ? Je prend quand même le temps de l'écouter, histoire de pas en perdre davantage à le faire répéter.. C'est quoi ce ramassis de connerie ? Je me redresse, restant assis sur le bord de mon lit. Les bras croisés sur mes genoux, y appuyant le haut de mon corps. C'est quoi son problème ? Il veut vraiment rester ici ? Il a pas compris que la chambre n'était pas à partagée ? Non vraiment, ou alors, il est fan, et il veut trouver n'importe quelle excuse pour pouvoir rester avec moi, pensant que ça nous rapprocherait.. La célébrité n'a pas que du bien parfois.. J'vais faire quoi de lui ? Il croit sincèrement que je vais aller mon cul à sa place, si ce qu'il dit est vrai ? C'est lui qui a merdé en se retrouvant dans ma chambre, alors qu'il y en a des tonnes d'autres. Vraiment, il fait rien pour son intégration le pauvre gars.

« En plus de ça, j'vais devoir t'avoir dans ma classe ? Ah bah, génial, c'est mon jour de chance. » Je dis ça tout en me levant, et en me rapprochant de lui. Il sait vraiment pas à qui il a affaire, ou bien il joue son rôle à fond ? C'est qu'il a l'air sincère le con. Putain, si l'administration a jugé que je devais être traité comme n'importe quel autre.. Mon père a pas donné assez pour que ça ne soit pas le cas peut être.. J'en sais rien, mais faudra bien que je lui passe une coup de fil pour mettre tout ça au clair. J'espère qu'il a pas eu la lubie de faire en sorte que je n'ai pas d'avantages ici, parce qu'il va m'entendre gueuler. Il est débile parfois mon père, il aime bien foutre la merde quand l'envie me prend. Et le con de coloc a encore fait fuir Joyce. Avec lui dans les jambes, j'vais pas pouvoir me décompresser souvent. Putain, il fait chier, il aurait pas pu fermer sa gueule et obéir simplement. « Ooooook ! » Lance-je tout en lui tournant rapidement autour, histoire de l'inspecter. « Déjà, tu vas aller te changer, tu pues, c'est infecte. Ensuite, tu prends le lit à l'opposé, et je ne veux pas que tu m'adresses la parole. » T'as gâché tous mes plans mec, tu vas pas me voir sourire de si tôt.


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(#) Re: Aurore, décalage & cauchemar.  Dim 13 Nov 2011 - 2:54



Jack était quelqu'un de tolérant. Plus tolérant que n'importe qui. Il n'avait jamais imposé sa religion, tentait toujours de comprendre les points de vue des autres et s'abstenait en général de tout jugement de valeur. Son adage était que toute différence pouvait être un enrichissement ; il avait son propre avis sur chaque chose, mais se remettait régulièrement en question, ce qui lui permettait d'affiner ses choix et de mûrir. Jack était quelqu'un de tolérant, et s'il y avait bien une chose qu'il ne supportait pas, c'était qu'on ne le soit pas. C'était à cause de l'intolérance qu'il en était là aujourd'hui, à essayer de guérir de son traumatisme en s'isolant au Japon ; à cause de cette fouteuse de merde qui transformait la différence en haine et un conte de fée en histoire d'horreur. Il s'était rendu compte au fil du temps que l'Homme était un animal violemment intolérant, et ce constat l'attristait plus que tout. Cependant, il restait des comportements qu'il avait beaucoup de mal à accepter, et celui de son colocataire en faisait clairement partie. La suffisance. Elle se lisait sur son visage avec une évidence limpide. Sebastian puait l'orgueil, suintait le mépris et l'arrogance. La seule chose qu'il avait envie de lui répondre, c'était un énorme « Ta-gueule ». Ta-gueule, avec ta putain d'expression de merde. Elle te rend laid, tu t'en rends même pas compte. Mais une petite voix criait au fond de lui de se taire, de laisser passer, de se contenter d'ignorer purement et simplement les piques aigries de l'autre. A se croire fin, avec son boxer de marque. Avoir un nom collé au cul ne donnait à personne le droit de se sentir supérieur ; c'était simplement ridicule. La chaleur, la fatigue et l'exaspération pesaient sur les épaules de Jack comme pour l'enterrer dix pieds sous terre, et il n'était pas sûr de pouvoir résister bien longtemps à l'envie d'envoyer son poing dans le joli visage du gamin.

« Déjà, tu vas aller te changer, tu pues, c'est infecte. Ensuite, tu prends le lit à l'opposé, et je ne veux pas que tu m'adresses la parole. »

Il le cherchait. Jack inspira longuement. Garder son calme était une priorité. Il ôta son tee-shirt et le jeta en boule au pied de son lit avant de défier Sebastian du regard.

« J'ai l'air d'avoir envie de t'adresse la parole ? Maintenant t'arrêtes de couiner et tu me laisses m'installer ou ça va vraiment mal se finir. »

Il avait quel âge ? Quatre ans ? A quoi ça rimait, de venir l'emmerder comme ça ? S'il pensait pouvoir l'intimider si facilement, il se fourrait le doigt dans l’œil jusqu'au coude. Jack avait horreur qu'on lui prenne la tête quand il était fatigué, et sa patience avait des limites. Se détournant de son colocataire, il entreprit de faire son lit. Avec un peu de chance, l'autre allait se désintéresser de lui et continuer sa petite affaire, à poil si ça lui chantait. Jack pourrait aller prendre sa douche et enfin rattraper ses heures de sommeil manquantes. Il ouvrit sa valise et en sortit une pile de vêtements qu'il rangea sommairement dans son armoire ; sa trousse de toilette connut le même sort, ses cours de l'année passée trouvèrent place sur son bureau et sa Bible de poche fut rangée dans le tiroir de sa table de chevet sur laquelle il posa sa lecture du moment : On the road, de Kerouac. Outre le fait que l'auteur et lui partageaient le même prénom ainsi que les mêmes origines, Jack appréciait le style décalé de ses œuvres et aimait lire quelques pages tous les soirs, retrouver le pays de son enfance et s'endormir sur une note de voyage.

Il n'avait emmené aucune photo, ou quoique ce soit qui puisse servir de décoration. Le résultat était au final parfaitement impersonnel, vide. De sa vie à Paris, le garçon ne gardait que quelques numéros sur son portable, et des souvenirs que sa mémoire seule se chargeait d'immortaliser. Il ne voyait pas l'intérêt de tapisser son coin de mur de posters ou d'images quelconques qui lui rappelleraient tous les soirs son passé. Ôtant son jean qui rejoignit son tee-shirt, Jack prit simplement une serviette dans ses affaires, sa trousse de toilette et partit se doucher. L'eau chaude lui fit le plus grand bien. Jack était quelqu'un de particulièrement pointilleux au niveau de l'hygiène, et supportait mal de devoir rester sale sur un trop long laps de temps. Si la douche était pour certains une évidence, pour d'autres une corvée, elle était pour lui un plaisir, et nul doute qu'il pourrait y rester des heures à chaque fois s'il s'écoutait. Il ne la prolongea cependant pas plus que de raison, la fatigue lui dictant de retourner à la chambre avant de s'endormir sous le jet d'eau, et c'est aussi détendu que s'il ne s'était rien passé qu'il réinvestit les lieux du crime, portant sa serviette autour de la taille, ses cheveux gouttant encore dans son dos. Il ne prit pas la peine de regarder ce que pouvait bien faire Sebastian, n'en ayant pour ainsi dire rien à faire, et piocha dans son armoire un boxer qu'il enfila rapidement. Posant la serviette sur le dossier de sa chaise de bureau après avoir terminé de se sécher, il récupéra son lecteur MP3 dans la poche de son sac et s'allongea dans son lit, écouteurs aux oreilles. Il choisit Casse-Noisette, de l'Orchestre National du Bolchoï, et ferma les yeux, se plongeant dans les premières notes de la Danse de la Fée Dragée. Et puis son esprit s'échappa. Loin de cette chambre. Loin du Japon. Dans un monde où les fées habitent dans des fleurs et où les cigarettes se consument dans une fumée arc-en-ciel.



Dernière édition par Jack Hawkins le Ven 25 Nov 2011 - 21:15, édité 1 fois
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(#) Re: Aurore, décalage & cauchemar.  Lun 21 Nov 2011 - 19:26




Aurore, décalage & Cauchemar.

Fallait qu'il soit croyant en plus.



L'autre était vraiment étrange. J'avais toujours le chic pour tomber sur des gens tout droit sortis des hôpitaux psychiatrique de toute manière. Quand nous devions faire des projets en cours, et que certains profs trouvaient cela si amusant de nous coller un partenaire au hasard, il fallait toujours que je tombe avec le reclus de la classe. Le genre de dégénéré que personne ne voulait en ami. A croire que c'était trop difficile de me mettre avec la bombe du moment, histoire de rendre la tâche bien plus agréable et ludique. Non, j'étais tombé sur le puant, le mec capable de bouffer sa part de pizza quand elle était tombée sur le sol, ou bien qui ne devait pas connaître les bienfaits de la douche. Il y avait l'illuminée aussi, ou la nana dans son monde, persuadée d'être investie d'une mission pour sauver le monde et pensant savoir lire le futur dans son milkshake à la pomme. Je crois que la pire des partenaires avait été la grosse de la classe. La moche, gâtée par l'intelligence mais pas par le physique, qui rendait n'importe quel autre thon de l'école vachement attrayant. Ouais, ça doit être la vengeance de mon Karma ça, tout ça parce que je suis pas toujours hyper sympa avec mon prochain. Enfin bref, en y réfléchissant plus profondément, et s'il allait rester avec moi pendant le reste de l'année scolaire, voir pendant les autres années à venir..Devoir me prendre la tête après une journée de cours.. Ou d'autres engueulades.. Ouais, non.. Très peu pour moi en fait. A sa réponse, je n'eus comme réaction que de faire rouler mes yeux, haussant les épaules en retournant vers mon coin. Il ne voulait pas sympathiser avec moi ? Tant mieux dans un sens, la cohabitation allait être bien plus facile si chacun restait à sa place. L'ignorance était également un plan envisageable. S'en tenir aux politesses les plus élémentaires, pour ne pas se bouffer la gueule. Lui et moi, bonjour, bonne soirée et bonne nuit. Trois expressions que j'allais devoir dire quotidiennement pour éviter d'être en mauvais termes. La situation allait être vraiment délicate alors.

« Mbwa wa kichwa » Histoire de lui montrer qu'il n'était pas quand même bien placé dans mon estime. Une insulte, placée en Swahili, et marmonnée entre mes dents pour qu'il ne comprenne vraiment rien. Manquerait plus qu'il le parle, et encore mieux que moi. J'sais pas avec qui je suis tombé après tout.

Puis, je retourne sur mon lit, m'y affalant complètement en regardant la plafond. Un long soupire, tout en me grattant le bas du ventre. Mais qu'est ce que j'allais pouvoir bien faire en sa présence ? Être naturel ? Ouais, certainement. Il ne semblait pas incommodé par mon nudisme, et tant mieux. J'aime pas les vêtements en général. Venant d'un pays chaud, j'ai toujours eu l'habitude de me vêtir le moins possible et d'être à poil – ou presque - à la moindre occasion. Mon regard se concentre de nouveau sur lui, il bouge. Je l'observe légèrement et le voit partir avec des affaires de toilettes.. Il est docile en fait, il vient de faire exactement ce que je lui demandais. J'en profite pour me lever et aller voir un peu dans ses affaires. A défaut d'en faire un ennemi, autant bien le connaitre, pour éviter les bourdes. Il a pas grand chose en fait. Ses fringues sont correctes, pas aussi classes que les miennes évidemment, mais correctes. Ouais, il lit de la merde, le genre de truc qui m'endormirait bien vite.. Osef, c'est pas moi. J'ouvre ensuite le tiroir de sa table de chevet, puisque j'avais entendu le bruit de son ouverture, certainement pour y placer quelque chose de plus personnel. Et là, LA découverte. Une bible, ouais une vraie comme dans les téléfilms débiles de la chaine de la mère. Le genre de truc qu'on voit dans les sitcoms Américaines. C'est un cul-bénis alors ? C'est p'tet pour ça qu'il a pas osé me sauter dessus, hormis à cause de ma taille et de ma prestance. Un putain de religieux. J'sais pas, moi aussi on m'a baptisé, on m'a fait chier avec toutes ces conneries.. Mais j'ai pas de bible quoi ! Il doit venir d'une secte, un truc du genre, ou bien il veut prêcher la bonne foi dans cette école. C'est pas net un adolescent avec une bible dans sa table de nuit. Je la feuillète, c'est une vrai en plus. Même pas il en aurait coupé les pages pour cacher de la drogue ou de l'alcool. Non, y'a juste des versets et des histoires à dormir debout. Génial. Je la jette là où je l'ai trouvée, sans même faire attention à comment je la replace. Je referme. Je retourne sur mon lit et je sors mon pc de sa pochette. Ils ont le net ici, et encore heureux. De là, je me connecte sur les différents sites sociaux pour voir ce qu'il s'y passe. J'édite mon mur, afin que tout le monde puisse savoir que je suis tombé sur le colocataire le plus étrange du monde. Y'a six heures en moins d'ici à la Tanzanie. Il doit être sur le pc. Ouais, il y est, certainement qu'on ne l'a pas encore appelé pour manger. J'en profite pour lui parler un peu, pour rire, pour lui raconter ce qu'il s'est déjà passé ici. Il rit aussi, il me conseille de faire gaffe, parce que les fanatiques religieux peuvent être dangereux. Ça va, il a pas non plus des drapeaux et des pancartes qui indiquent qu'il a envie de brûler le lycée parce que des catins en jupes courtes s'y promènent.

Mon frère est encore là quand il revient d'ailleurs, il a demandé à la cuisinière d'apporter un repas dans sa chambre pour pouvoir continuer de me parler. Je l'ignore, je me marre juste de temps à autre des conneries que ce con peut bien sortir. Vraiment, il me dit qu'il finira par me jeter de l'eau bénite à la gueule, pour faire fuir le démon qui est en moi. Il essaie et je lui pisse dessus, ça sera une autre forme de bénédiction. Et le temps passe, je poste quelques commentaires et je traine sur le net. J'me sers à Soda, puis deux, j'ouvre un paquet de chips histoire de pas crever de faim durant la soirée. L'autre dort de toute manière, alors je peux même pas mettre de la musique histoire de bouger un peu plus. Mettre un casque ? Non, j'aime bien entendre le son partout, et pas uniquement dans une petite partie de mes oreilles. D'ailleurs, je quitte le pc et je profite de ce calme pour accrocher différents trucs sur le mur, histoire de personnaliser un peu plus cette chambre austère. Un grand drapeau du Royaume uni déjà, juste sur la longueur de mon lit, parce que j'adore ce pays. S'pas une mince affaire de le punaiser seul sur le mur. J'espère que je trouverai pleins de trucs débiles à acheter ici, histoire d'en mettre un peu partout. J'aime bien vivre dans le bordel.


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(#) Re: Aurore, décalage & cauchemar.  Lun 28 Nov 2011 - 1:31



Le Sebastian californien n'était pas devenu danseuse étoile, ni astronaute. Il n'était pas prêtre non plus. Non. Il s'en souvenait à présent, Sebastian voulait devenir pâtissier, « pour manger des gâteaux toute la journée ». Il voulait vivre dans une maison en pain d'épice, sans la sorcière. Jack et lui avaient souvent mangé ensembles, Jack n'aimant pas les sucreries et lui cédant volontiers son dessert ; Sebastian, de son côté, partageait avec lui les jouets de sa sœur, et sa sœur avec. Elle était mignonne, sa sœur, elle avait un an de plus, les joues rondes de l'enfance et de jolies boucles rousses. Si Jack n'avait pas été homosexuel, ils auraient joué aux amoureux, et en grandissant ils seraient sortis ensembles et se seraient mariés une fois devenus adultes. Ils auraient eu deux enfants, un garçon et une fille, et un chien de race pure qu'ils auraient appelé Cookie. Mais Jack n'avait jamais eu d'intérêt pour la sœur, et s'il l'avait acceptée de bon gré dans leurs jeux, il avait toujours préféré être seul avec Sebastian. Marie, elle s'appelait, la sœur. Elle était morte dans un accident de voiture quelques semaines après le départ de Jack, avec son père et sa mère. Seul Sebastian s'en était tiré. Dieu savait ce qu'il faisait aujourd'hui, et Jack s'en voulut de n'avoir jamais repris de nouvelles de lui.

C'était là que dérivaient ses pensées, alors que Casse-Noisette le berçait encore. Allongé sur son lit, les yeux fermés, coupé du monde, il réfléchissait, sans pouvoir retrouver le sommeil malgré la fatigue. Il n'était pas le plus à plaindre, il le savait. Dans le monde entier, il faisait partie des rares privilégiés. L'argent avait rarement été un problème pour lui, il avait la chance de pouvoir voyager, il était en bonne santé, ses proches étaient en vie. Devant l'histoire tragique de Sebastian, sa situation était nettement enviable. Ne pas s'entendre avec son colocataire était une expérience que beaucoup avaient vécu, et Jack aurait dû prendre en compte cette éventualité et être plus sur ses gardes. Pris au dépourvu devant cet accueil, il s'était énervé et n'avait pas cherché à arranger les choses. D'un côté, Jack se disait qu'il avait fait du mieux qu'il pouvait, montrant qu'on ne pouvait pas se permettre de le traiter ainsi tout en évitant de sortir les poings, ce qu'il faisait habituellement ; d'un autre côté, il se demandait s'il n'avait finalement pas eu tort de s'imposer ainsi à une personne dont il ne connaissait rien. Se torturer l'esprit à savoir ce qui se serait passé s'il avait agi autrement ne servait cependant qu'à le fatiguer un peu plus, ce dont il n'avait absolument pas besoin. Il serait toujours temps plus tard de rattraper le coup ; ou non.

Las de ne pas trouver le sommeil, Jack sauta de son lit, enfila un jean, attrapa son portable et s'accouda à la fenêtre. Plus près de la cabine téléphonique que des iPhones ou Blackberries que l'on voyait dans toutes les mains, il n'en possédait pas moins un forfait coûteux qui lui permettait de passer des appels illimités dans le monde entier. En échange de ce financement, il devait appeler sa mère au moins une fois par semaine. Ce ne fut cependant pas le numéro de la maison qu'il composa, mais celui d'Emilie. Emy la droguée, Emy que sa tante détestait, Emy qui habitait en banlieue mais qui fréquentait le même lycée que lui parce qu'Emy le génie. Jack compta le nombre de sonneries, s'attendit à entendre la messagerie, sourit en entendant un grognement rauque.

« Réponds surtout pas à mes SMS, putain. Et puis tu me réveilles en plus. T'es vraiment qu'un con. »

La voix éraillée d'Emilie, c'était comme une clope, en mille fois mieux. Euphorique, Jack laissa échapper un petit rire avant de répondre, doucement, par respect pour son colocataire.

« C'est bon de t'entendre, tu sais ?
- Tais-toi, va. Comment ça se passe, au pays des nouilles instantanées ? »

Bien sûr, il aurait voulu lui raconter son arrivée catastrophique dans la chambre, lui demander ce qu'elle aurait fait à se place, bien qu'il sût pertinemment quelle aurait été sa réponse ; mais la vision de Sebastian à quelques mètres de lui l'en fit s'abstenir. D'une, il parlait peut-être français – après tout, Jack n'avait aucune idée de ses origines – ; de deux, l'idée de parler de quelqu'un en de mauvais termes devant lui tout en faisant en sorte qu'il ne comprenne pas était contraire à ses principes. Il aurait tout le temps de lui en parler plus tard, seul. Il choisit donc de vider sa haine sur le chauffeur de taxi.

«  … Un vrai connard, je te jure, il voulait pas baisser le son de sa radio, ma tête allait exploser. J'ai dû payer deux fois plus cher pour qu'il prenne Satan, soi-disant que c'était dangereux et qu'il était déjà sympa de le prendre. Il m'a baladé, en plus, genre je suis étranger donc je suis incapable de voir qu'on tourne en rond. D'ailleurs j'suis dans la merde, du coup, j'ai plus un rond, je sais même pas ce que je vais manger ce soir … Et toi, depuis hier ?
- Rien de neuf, Alphonse a ramené une souris crevée dans ma chambre. Ce chat est définitivement con. Et tes colocs, ils sont cools ? Vous êtes par chambre de combien ?
- Quatre, mais on est que deux dans la mienne …
- Il est avec toi ? C'est un mec, nan ?
- Ouais.
- Sympa ? Mignon ?
- Non, oui.
- Il est sûrement pas japonais, alors.
- Non, justement.
- Il parle français ?
- J'sais pas …
- On en reparle plus tard ?
- Ouais. »

Ils parlèrent longtemps, de tout et de rien, et puis vint le temps de raccrocher. Retour à la vie réelle. Sebastian était sur son PC, toujours en boxer, un paquet de chips entamé à côté de lui. Le ventre de Jack se mit à crier famine. Encore un peu de patience. Qui dort dîne, dit-on. Demain je te paye un petit déjeuner de roi, tu verras. En attendant, ta-gueule. Il s'assit sur son lit, désœuvré. De l'extérieur, ça ressemblait à une chambre normale, deux garçons, chacun à sa place, chacun vaquant à ses occupations, chacun s'occupant de lui-même. Dans le regard de Jack, c'était l'horreur. Si d'ordinaire ne pas se faire apprécier ne l'affectait pas plus que de raison, le discours qu'il avait tenu à Emilie résonnait encore dans sa tête ; il était ici pour apprendre à s'intégrer, pas pour se contrefoutre de ce qu'on pensait de lui. Mais qu'est-ce qu'il pouvait bien dire, dans ces cas-là ? Ils ne se connaissaient pas que déjà son colocataire avait tenté de le virer. Jack chercha une de ces phrases toutes faites qui auraient pu tomber dans une série américaine et arrangeaient toujours tout. Il n'avait de toute évidence pas du en regarder assez. Au final, c'est la franchise qui lui fit ouvrir la bouche.

« J'ai pas envie de passer l'année dans ce genre d'ambiance. Je sais pas pourquoi ça a commencé comme ça, mais on va devoir passer pas mal de temps ensemble, alors autant qu'on s'entende un minimum, non ? »

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(#) Re: Aurore, décalage & cauchemar.  Ven 2 Déc 2011 - 13:56




Aurore, décalage & Cauchemar.

Je suis la bonté même.



J'adore passer mon temps et le perdre sur le net. On dirait pas comme ça, mais y'a tellement de conneries complètement inutiles, que je peux facilement gâcher une journée à la passer devant mon écran. J'suis pas comme ces geeks qui passent leurs temps sur des jeux en ligne. Mon p'tit frère commence à l'être par contre. Il joue au plus connu, un truc comme World of quelque chose. J'ai essayé. C'est pas mal, mais j'ai rien capté quand il m'a parlé. Paraît qu'il faut un langage spécial quand on se connecte, et d'ailleurs, quand mon personnage avait mis les pieds dans une des grandes villes du jeu, j'étais capable de voir les conversations des autres joueurs. Un langage de débile. On comprend pas un mot sur deux, et la plupart de sont que des sigles pour aller plus vite. J'ai vite arrêté. Ça fait devenir fou apparemment. Peut être pas jusque là, mais si j'ai bien capté le principe, faut jouer avec d'autres personnes, et être présent à certaines heures pour aller tuer les plus gros monstres du jeu. C'est contraignant quand on a pas les mêmes horaires. C'est pour ça que Justin dort presque plus la nuit. C'est son problème, pas le mien, et j'suis bien trop de kilomètres pour faire semblant de m'en soucier. Non, moi j'aime juste aller flâner sur Facebook tout en parlant avec des contacts. J'aime bien aussi les sites de partage d'images, y'en a souvent des bien hilarants. Après, j'pense pas qu'un pc ça serve à grand chose d'autre, et au pire, s'il se pète un jour, j'en prendrai un autre. J'm'en fous de perdre le contenu de mon disque dur, vu ce qu'il y a d'intéressant à l'intérieur. Encore une fois, j'suis pas comme tous ces tarés qui ne voient que par leurs ordinateurs. J'vais juste devoir y passer un peu plus de temps, jusqu'à que je sois bien sociable. Après, j'aurais plus une seconde à moi, comme en Tanzanie.

Ah, tiens, il dormait pas lui ? Dommage, j'aurai pu être tranquille quelques heures. Après tout, c'est p'tet l'heure de la prière du soir. L'idée me fait légèrement sourire, alors que je le suis distraitement des yeux pour savoir ce qu'il s'apprête à faire. Un coup de fil, une langue que je ne maîtrise pas. Génial. Il perd totalement mon attention, alors que je plonge ma main dans le paquet de chip's, tout en regardant une vidéo d'un chat qui se jette dans des emballages de yaourt. J'bois une nouvelle gorgée de soda et je me permets de lâcher un rot d'enfer. C'est ma piaule également, et si le curé d'en face pense que c'est un pêché, je serai ravi d'aller brûler en enfer. Sérieusement, faudra que je fasse gaffe à pas me prendre de l'eau bénite sur la tronche un matin.

« J'ai pas envie de passer l'année dans ce genre d'ambiance. Je sais pas pourquoi ça a commencé comme ça, mais on va devoir passer pas mal de temps ensemble, alors autant qu'on s'entende un minimum, non ? »

Ah, il parle aussi ? Ça fait longtemps que j'ai décidé du contraire en même temps, il a un train de retard le pauvre. Mais il attendra la fin de ma vidéo sur Youtube. Être vivable, je veux bien, mais être poli et courtois, c'est p'tet un peu trop me demander. Il a de la chance, il restait plus qu'une petite dizaine de seconde à peine. Je prend quand même le temps de m'étirer le dos, parce que ça fait pas mal de temps que j'ai la même position.

« Des chips ? » Sans le regarder, et continuant ce que je suis en train de faire sur le net, je lui tend le paquet. C'est ma manière de lui dire qu'on est plus en guerre, un peu comme un calumet de la paix. J'espère qu'il va le comprendre, et j'espère aussi que les chips sont pas un blasphème chez les catholiques endurcit comme lui. Puis, comme j'ai pas tellement envie de rester comme un con le bras tendu, je laisse le paquet tomber à terre. J'suis moi même déjà sur le sol, donc il va pas chuter de haut. J'arrête deux secondes l'ordinateur pour sortir un autre soda de mon sac. Il a de la chance que j'en prenne toujours trois tonnes par habitude de l'abondance de toute. S'il est sage et qu'il se met pas à citer la bible selon Saint Matthieu, j'ferai même l'effort de manger avec lui, j'ai acheté de quoi faire de toute. Ensuite, je claque l'écran de l'ordi portable, pour le refermer. Ça se met en veille tout seul ces trucs là, J'me tourne de sorte à lui faire face, tout en m'appuyant sur le contour du lit. Une gorgée de soda, et je reprend la parole. « Alors..Jack -C'est ça non ?-.. Des passions dans la vie ? Les filles, le dessin, la musique, la drogue.. » Je marque un temps d'arrêt, d'à peine deux secondes, juste pour qu'il le remarque. « .. La religion ? » Et là, j'esquisse un beau sourire d'emmerdeur.
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