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 Un Chien vaut mieux que deux tu l'auras

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(#) Un Chien vaut mieux que deux tu l'auras  Sam 3 Déc 2011 - 14:53

Dans le parc tranquille, tout n'était que silence. Il faut dire qu'il était encore tôt et qu'à part James et son abruti de chien, personne n'avait été assez fou pour sortir alors que l'air était encore froid de la nuit passée. Autant dire que c'était pour lui le moment idéal pour lire un peu en toute sérénité. Assis en tailleur sur l'herbe encore légèrement humidifiée par la rosée matinale, le solitaire avalait avec avidité les mots qui s'enchaînaient sur les pages abîmées de l'épais volume lové sur ses genoux. Complètement indifférent à l'aube qui teignait de rose la nature environnante, il s'isolait dans une bulle de paix, loin de tous ces péquenauds qui peuplaient l'école.

C'était un instant à savourer car à Kobe, la solitude est rare et ne s'obtient qu'en faisant quelques sacrifices. En effet, peu importe où il allait, il y avait toujours beaucoup trop de gens à son goût. Et personne ne voulait le laisser tranquille. Tous ces idiots n'arrêtaient pas d'essayer d'avoir des... des interactions sociales avec lui. Il faut pas s'étonner après s'il se font méchamment remettre en place. C'est vrai quoi, s'il voulait parler à quelqu'un, il le ferait, merde quoi. Il voulait juste la PAIX. C'est si dur que ça à comprendre ?

Il en était donc réduit à sortir à l'aube pour avoir un semblant de tranquillité. Cela ne le gênait pas outre mesure, il souffrait d'insomnie chronique de toute façon. Ce qui avait tendance à l'agacer, c'était plutôt...

Bwarf ! aboya le Chien en courant vers son maître.

Evidemment, il ne semblait pas avoir compris que l'action d'ouvrir la gueule en y tenant un bâton provoque la chute dudit bâton. C'est bête, hein. L'animal ne sembla pas s'en rendre compte avant d'arriver à la hauteur de James.

T'as pas l'impression qu'il te manque un truc, dumbass ? lâcha l'adolescent sans même relever la tête.

Le clébard s'immobilisa brièvement avant de repartir dans un train d'enfer à la rechrche du bout de bois perdu. James connaissait ce rituel par coeur : le Chien allait retrouver le putain de bâton, faire une danse de la joie en sautillant autour, reprendre le poisseux jouet de fortune dans sa gueule pleine de bave, ramener le bâton à son maître non sans avoir fait quelques détours en courant comme un damné dans des directions complètement aléatoire, James le lui relancerait, répéter l'opération 250 fois. L'adolescent ne savait pas ce que son abruti de chien trouvait de si marrant à tout ça mais tant qu'il pouvait continuer à lire, ça lui convenait. Par contre, le Chien était bruyant. Insupportablement bruyant. Mais James avait fini par se résigner : il était comme ça. Le Chien faisait du bruit quand il mangeait, quand il jouait, quand il était content, quand il était pas content, quand il dormais, quand il marchait... Bref, le bruit semblait faire partie intégrante de son organisme, tout comme cette exaspérant enthousiasme dont il faisait preuve à chaque seconde de chaque jour de chaque année de sa courte vie.

Mais c'était aussi le seul être vivant que James pouvait supporter, et il méritait bien quelques sacrifices. Cependant, prétendre qu'il n'a jamais eu envie d'encastrer le canidé survolté dans un mur de béton à coups de batte de baseball serait un mensonge éhonté. Il avait lu quelque part que refouler ce genre de pulsion était extrêmement dangereux pour la santé mentale et provoquait tout un tas de pathologies charmantes telle que la schizophrénie ou la sociopathie.

Ceci explique cela, je suppose.

Haussant une épaule, il retourna à sa paisible activité. Pendant une bonne demi-heure, il continua à lire, oubliant jusqu'à l'existence du monde extérieur. Puis, d'un coup il releva la tête en fronçant les sourcils. Quelque chose clochait. Il scruta le parc vide d'un air suspicieux. Mais il n'y avait rien à signaler. Tout était désert, silencieux, paisible, tranquille et immobile. Oui, tout était calme. Trop calme, selon James. Quelque chose manquait. Un quelque chose quadrupède, bruyant et particulièrement stupide, pour être plus précis.

Avec un soupir, il referma le volumineux ouvrage d'un geste sec. Annoying little bastard. Il se leva et rejoignit les chemins de terre qui sillonnaient le parc, le précieux livre sous le bras. Il marchait d'un pas pressé en pestant contre l'insolent canidé qui avait osé lui fausser compagnie. Ce chien avait vraiment un don particulier pour faire les trucs les plus énervants aux moments où il ne devait surtout pas l'énerver.

Ce petit bâtard de mes deux va comprendre sa douleur une fois que je l'aurai retrouvé. S'il est pas mort en tombant dans un puits, je me chargerai personnellement de mettre un terme à sa pauvre vie de crétin demeuré et stupide.

OOOOOOOOOOOHEEEEE, LE CHIEEEEEEEEN ! RAMÈNE TON CUL DE CLOCHARD ICI AVANT DE TE BLESSER D'UNE MANIÈRE DÉBILE ! Et fais pas celui qui comprend pas, tu sais aussi bien que moi que ça t'arrive tout le temps !

Il pressa inconsciemment le pas, vaguement inquiet de ne pas voir l'objet du peu d'affection qu'il soit capable de montrer ne pas revenir ventre à terre à l'appel de son maître adoré. Et s'il était tombé sur un salopard de première qui l'avait maltraité ? Bon, d'accord, les chances que cela arrivent restaient très minces, mais on sait jamais. James commençait à imaginer des tonnes de scénarios alors qu'il continuait d'appeler son chien d'une voix forte et claire. Son japonais était assez pitoyable et son accent américain désastreux mais c'était le dernier de ses soucis à cet instant précis. Il sentait l'anxiété lui serrer la gorge et tenta de se calmer en se persuadant que tout allait bien.

De toute façon, quand on en venait au Chien, James avait tendance à perdre tout sens logique. Il fallait rester rationnel. Bon, d'accord, le Chien ne répondait pas. Peut-être avait-il rencontré une gentille personne qui aura l'extrême obligeance de raccompagner le pauvre animal à son maître chéri.

Ou peut-être avait-il été dognappé par un serial killer de chiens qui voulait exiger une rançon en échange de sa libération et qu'il renverrait son chien en pièces détachées par la poste (avec même pas le bon nombre de timbres sur l'enveloppe, en plus).

Ou peut-être qu'il en avait eu marre de ce propriétaire indigne de sa joie, de sa lumière, de son bonheur. Peut-être avait-il trouvé un meilleur maître, un qui ne l'engueule pas tout le temps.

BON LE CHIEN T'ARRÊTE TES CONNERIES MAINTENANT ET TU VIENS, YOU SHITTY DOG !

James continua à parler dans sa langue natale, ne cessant d'appeler l'objet de ses recherches par tout un tas de petits noms charmants. Il se foutait de réveiller tout le pensionnat, il voulait juste faire taire cette petite voix affolée qui lui murmurait des horreurs depuis le fond de son cerveau.
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