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 Puis je relis mes livres, je rêve d'aventures.

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(#) Puis je relis mes livres, je rêve d'aventures.  Dim 5 Fév 2012 - 18:05

● Il me fallut bien du courage pour ne pas en adopter plusieurs.

Les cours avaient repris depuis plusieurs semaines déjà, et voilà que je songeais à nouveau au chiot que nous avions trouvé il y avait plus d'un mois de cela. Comme promis à Adams et à l'élève dont le nom me faisait défaut maintenant, j'avais pris soin du petit animal pour la nuit, avant de le confier à un des refuges de la ville. La séparation avait été plutôt douloureuse de mon côté. Lui, ne s'en souciait pas tellement, puisqu'il était bien plus occuper à remuer la queue en voyant les nouvelles personnes qui allaient s'occuper de lui. Avec les vacances et le voyage scolaire qui suivirent, je n'aurai décidément pas eu le temps de m'occuper d'un animal. L'adopter pour l'abandonner pendant plus de deux semaines ? Non, ce n'était pas ce que je voulais pour lui. J'avais eu envie d'aller le voir la semaine dernière. Il m'avait fallut bien du courage pour me convaincre de ne pas le récupérer, avant même de mettre un pied dans le refuge. Et quelle fut ma déception quand on m'apprit qu'il n'était plus là depuis plus d'une semaine déjà, parce qu'une gentille famille était venue pour le prendre avec elle. J'en étais content, et attristé également. Content parce qu'il allait avoir une belle vie à présent et que la directrice du refuge venait de m'assurer que la famille disposait d'un petit jardin. Ils avaient pris le chiot pour combler le manque de leur dernier animal, disparu quelques mois auparavant. Je pouvais aisément les comprendre. Ils pourraient aussi comprendre ma peine quand j'appris que le sort ne me laissa même plus l'opportunité de craquer devant sa petite bouille adorable. Le voir aurait été fatal de toute manière. Alors j'étais reparti en saluant et en remerciant les différents employés de cet établissement. Je n'avais pas le cœur de rencontrer d'autres boules de poil, ce jour là.

Et tout rentra dans l'ordre, pendant quelques jours. J'avais ensuite cette folle idée de retourner au refuge, maintenant que ma petite peine s'était envolée, pour aller adopter un autre animal. Comme je n'étais pas certain de mon choix et que je me savais dicter par mon ressenti, non par ma logique, j' étais donc allé voir Dakota afin de lui demander son avis. Elle était ma petite amie après tout, et je savais son jugement à la fois neutre et réfléchi. Dakota possédait un chaton également, surnommé Miaouss par son colocataire un peu turbulent. Ce dernier m'avait forcé à manger l'un de ses bonbons d'ailleurs, quand j'étais allé rendre visite à l'Américaine dans sa chambre. Je l'avais bien vu le sortir de sous son matelas, quelques secondes auparavant, mais il avait tellement insisté que je m'étais vu forcé de l'avaler. Bref, là n'était pas la question. Dakota trouvait que c'était une très bonne idée, et l'adolescent ne manqua pas d'aller déranger le chaton dans son sommeil pour me le montrer, en m'assurant que si j'avais aussi un chat, il se chargerait de lui trouver un prénom. Je l'en remerciais donc, plus par politesse qu'autre chose. Pour moi, le prénom d'un animal ne devait pas se choisir à la légère.

Ensuite, j'avais pris l'après midi pour retourner au refuge, en compagnie de Dakota, qui avait le temps pour m'aider à choisir un petit compagnon. Sur la route, nous nous étions mis d'accord sur un chat, puisqu'il serait bien plus facile de le faire vivre dans de telles conditions. Je comptais également sur les membres du club des amis des animaux pour le faire jouer et sortir de temps à autre. Je ne voulais pas que mon chat devienne une espèce de petite créature peureuse, qui sursauterait au moindre bruit. Il me fallut bien du courage pour ne pas en adopter plusieurs. Cela amusa beaucoup Dakota, de surcroit. Mon choix s'arrêta sur un chaton qui n'en était plus réellement un, puisqu'il était âgé de six mois déjà. Il était relativement grand maintenant et assez âgé pour être propre et débrouillard. La directrice du refuge m'assura qu'il était le plus doux de tous ses petits pensionnaires et qu'il ne râlait jamais quand on désirait le prendre ou le câliner. Un chat facile à vivre en somme. Un mâle. J'allais donc devoir le faire castrer un peu plus tard dans l'année. Je la questionnais un peu sur ce chat, et j'appris que ses maîtres l'avaient acheté très cher, sur un coup de tête, puisqu'il s'agissait d'une race Américaine. Il aurait un point en commun avec ma dulcinée alors. Leurs fille avait développé une allergie quelques semaines après leurs achat et le couple s'était vu contraint de s'en séparer. C'était un très beau chat et je m'étonnais même qu'il soit encore disponible. Après la paperasse et d'autres remerciement, je regagnais donc le pensionnat en compagnie de Dakota, qui devrait me quitter à ses portes, ayant des choses à faire de son côté.

Une fois à la Kobe High School, je laissais donc la jeune femme à ses occupations, gagnant le parc de mon côté. Je ne voulais pas que mon nouveau compagnon connaisse uniquement la chambre dans laquelle il allait vivre tout de suite. Je m'étais même muni d'une laisse adaptée aux félins pour le laisser gambader dans l'herbe verte.

Mais encore fallait-il lui mettre. Assis au pied d'un arbre, en tailleurs et avec le chat sur les genoux – qui pensait visiblement plus à dormir que s'échapper d'ailleurs – je cherchais le sens du harnais que je venais de déballer. Pas facile quand on avait eu un chien qui n'avait jamais été attaché de sa vie.

Spoiler:
 
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(#) Re: Puis je relis mes livres, je rêve d'aventures.  Mer 8 Fév 2012 - 21:35

Tu t'étais levé tôt ce matin là. Profitant des premières heures libres de la matinée, tu décidais de faire un tour à la bibliothèque. Cela n'était pas sans rapport aux derniers cours de littérature. Votre professeur y avait en effet placé une référence à livre qui ne t'était pas inconnu. Cela remontait à l'époque où tu prenais des cours avec un professeur particulier. Il t'avait conseillé - lorsque ton niveau de japonais serait monté - un livre traitant de la représentation de l'ombre dans les sociétés orientales. Tu avais alors cherché à acquérir le livre, sans grand succès. Aucun éditeur n'avait prévu de le sortir avant deux ou trois ans, les contrats avec la maison d'édition japonaise et les traducteurs touchant à leur fin. Après avoir cherché en vain sur des sites spécialisés ou dans les bibliothèques, tu avais finis par abandonner l'idée de voir un jour ce livre entre tes mains. Et pourtant... Voilà que maintenant, une chance s'offrait à toi de pouvoir le parcourir. Tu avais donc planifié son emprunt dès que tu aurais un moment de libre. C'est ainsi que tu te retrouvais à fouiller les étagères de la bibliothèque de l'école, à la recherche dudit livre. Tu mis du temps avant de pouvoir mettre la main dessus. Pas tout à fait habitué au classement des livres, l'essai mit du temps avant de se présenter à toi. Mais à force de recherche et de patience, il se révéla à toi, coincé entre deux autres essais du même auteur. Voyant par la fenêtre le parc et le magnifique temps ensoleillé qu'il y avait aujourd'hui, tu préféras te mettre tranquillement à l'ombre d'un arbre plutôt qu'à l'ombre des murs de l'école pour parcourir les pages du livre.

Dehors le temps était chaud et le soleil était largement visible. Seuls quelques nuages se promenaient par-ci par-là tels des moutons égarés de leur troupeau. Tu sentais la chaleur sur ta peau, qui se réchauffait progressivement au contact des rayons du soleil. L'automne s'annonçait mais le temps ne se refroidissait pas. Il n'était pas encore prêt à faire son retour et cela profitait tant aux élèves qu'aux professeurs. Bon nombre d'étudiants se retrouvaient après les cours pour travailler dans le parc, à la fraîcheur des feuilles sombres. Le vent ne soufflait pas encore. De temps en temps, une bise légère venait caresser tout doucement les joues, faisait onduler des mèches de cheveux et donnait du mouvement aux vêtements. Pour autant, il ne faisait pas froid. Au contraire, la température était agréable. Cela avait également une incidence sur les petits moutons. Ces derniers se déplaçaient lentement, prenant tout leur temps. Parfois il leur arrivait de masquer légèrement le soleil, cela faisait que la luminosité se ternissait un peu, parfois ils évitaient l'astre du jour - peut-être par peur -.

Marchant dans le parc d'une allure nonchalante, tu ouvris le livre emprunté plus tôt dans la journée. Lisant les premières lignes, ces dernières te plurent tout de suite. Immédiatement, tu plongeas dans un monde de lumière et d'obscurité où toutes les valeurs que tu avais appris à ce sujet étaient inversées. Il ne te fallut pas longtemps pour ne plus suivre le chemin tracé et te retrouver à côté du sentier. Les mots, bien qu'en japonais, te parlaient. Tu comprenais assez facilement ce que l'auteur développait et tu n'avais pas envie de lâcher ton bouquin. Ce que tu aurais dû faire... En effet, au bout de quelque mètres, tu bousculas une jeune femme, qui semblait très pressée d'aller à un endroit dont tu ne sais pas le nom. Cela aurait pût en rester là. Mais non. En effet, quelques instants après, ce fut au tour d'un arbre de te faire réintégrer la réalité. Te retrouvant à terre, légèrement sonné, tu mis cinq minutes à reprendre tes esprits et à te remettre debout. Pour autant, tu ne lâchas pas ton livre. Tu n'avais qu'une seule envie par rapport à ce dernier : le dévorer. Oui, tu voulais absolument le parcourir de fond en comble afin de découvrir de nouvelles possibilités et de nouvelles notions, afin de les ajouter à ton monde de mots et d'idées.

Celui-ci allait ainsi connaître des nuances dans la perception de l'ombre. Et puis cela te permettrai ainsi de comprendre un peu plus la culture dans laquelle tu baignais désormais. Mais cela te permettrait également de gagner des parts de marché sur ton futur projet. Pour l'instant, cela resterait surtout au chaud dans ton petit monde. Fermentant lentement, l'essai aurait tout le temps de prendre son sens et de découvrir ses vérités. Celles-ci seraient ainsi plus lumineuses et tu pourrais ainsi les utiliser à bon escient...

Ainsi tu continuais à marcher sans regarder la direction dans laquelle tu t'engageais. Tu ne vis pas l'arbre arriver. Tu ne vis pas non plus la personne qui se trouvait assise devant, à l'ombre. Ce n'est que lorsque tu tombas la tête la première que tu commenças à réaliser que le monde réel était bien réel. Ton livre valdingua au loin et sans comprendre le pourquoi du comment, tu te retrouvais sur un jeune blondinet à l'air passablement coincé, habillé comme un gentleman anglais avec un chat contre son torse. Il te fallut au moins cinq bonnes secondes pour réaliser ce qu'il s'était passé et tu te relevas promptement. Il faut dire également que le chat et ses griffes menaçantes y étaient pour beaucoup... Tu n'avais pas envie de finir lacéré par une créature aussi petite.

Gêné, tu ramassas ton livre avant de te planter devant le garçon et de présenter tes excuses.

- Heu... Bonjour ! Je voulais te dire que j'étais désolé pour bah euh... T'être rentré dedans quoi ! J'étais absorbé par euh, un livre très intéressant et euh, je te n'ai pas vu. Sincèrement désolé ! Ça va toi ?


Dernière édition par Jay White le Sam 25 Fév 2012 - 1:27, édité 2 fois
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(#) Re: Puis je relis mes livres, je rêve d'aventures.  Lun 13 Fév 2012 - 17:50

● C'était déjà bien difficile de me plaire en temps normal.

Décidément, je n'étais pas très doué pour me servir de ce harnais. Le petit animal entre mes jambes était bien conciliant, ou plutôt, il préférait largement dormir que de me compliquer la tache. Je n'avais jamais eu de chat. Même chez moi, nous n'en avions jamais eu. Père trouvait que c'était le genre d'animal à profiter de ses maitres, sans rien leurs donner en retour. Je pensais comme lui à vrai dire. Les chiens étaient fidèles, affectueux et rendait l'amour qu'on leur donnait sans aucune condition. Les chevaux étaient des animaux pouvant servir à la chasse, à la course ou bien à l'équitation, et à travers le temps, ils avaient prouvés à maintes reprises leur utilité. Les cochons et les volailles servaient aux repas, et même les poules avaient leur utilités. Mais les chats.. On les disait chasseurs de souris.. Quand ils le voulaient, bien évidemment. Les chiens pouvaient très bien effrayer les rongeurs, de surcroit. Non, un chat avait toujours cette nonchalance et cet air supérieur, alors qu'ils n'étaient pas utiles pour un sous. Ils restaient à dormir, à manger, puis allaient dormir à nouveau. Autant dire qu'il y avait bien plus palpitant comme vie. Et lors de coup dur, un chat ne venait jamais à l'aide de son maître, préférant – encore une fois – vivre pour ses propres intérêts. Alors pourquoi ? Tout simplement parce qu'un félin, et plus particulièrement un chat, avait l'avantage de s'adapter à tout mode de vie, et surtout à celui là. Je voyais mal me prendre un chiot, et le laisser faire des dégâts dans la chambre que je partageai avec d'autres. Je ne voulais pas le rendre malheureux également, puisqu'il ne pourrait pas sortir à son aise. Et si je vivais en appartement plus tard, j'allais avoir du mal à concilier ma vie professionnelle et le bien être d'un animal qui vivrait plus d'une dizaine d'année. Non, je voulais un compagnon, mais je ne voulais pas le faire souffrir par pur égoïsme, il en était hors de question.

Alors que lui, allait certainement pouvoir vivre sa vie comme il l'entendait. Il irait dormir quelque part la journée, serait indépendant aux niveaux de ses besoins. Et peut être que si j'avais de la chance, j'aurai le droit à un câlin le soir, à la fin des cours et des activités des clubs. Le ronronnement des chats m'était presque inconnu, et je ne savais même pas si ça allait être un bruit que j'allais trouver agréable, ou son contraire. Soit, il était là à présent, et je ne pouvais plus faire marche arrière. Enfin.. Je ne voyais pas tellement sa présence. Il se laissait même soulever lorsque que j'essayais de fixer son harnais. J'entendais d'ailleurs ses ronronnements s'intensifier dès que je le manipulais.. A croire qu'il appréciait être traité de la sorte.

Mais je n'eus pas le temps de lui attacher correctement qu'on me tomba dessus, réveillant férocement mon nouvel animal. Il eut comme réflexe de s'agripper – littéralement – à ma chemise, et plus particulièrement à ma peau. Je retins un cri de douleur en serrant les dents, pour ne pas l'effrayer davantage. Je n'avais pas envie qu'il se sauve alors qu'il n'était même pas encore attaché. Mes bras virent instinctivement l'entourer, pour l'empêcher de s'enfuir également. Lui avait toujours ses griffes plantées dans mon torse et je tentais alors de lui faire lâche prise, tout en le gardant contre moi. Une fois cette affaire accomplie, je pris le temps de regarder le maladroit qui venait de présenter ses excuses.. Il s'agissait d'un élève de ma classe, pour qui je n'avais pas une forte estime. C'était déjà bien difficile de me plaire en temps normal, mais lui ne faisait rien pour arranger mon exigence. Il était du genre à s'habiller comme pour Carnaval, se mettant même parfois des accessoires de fille dans le cheveux. Autant dire que c'était un comportement que j'exécrais au plus haut point. J'avais toujours tenu mes distances, ne me cantonnant qu'aux formalités quand celles-ci se présentaient. Vraiment, il était loin, très loin de me plaire.

« Lire est une bonne chose, mais faire attention à ne pas importuner les autres l'est encore plus White. »

Le visage froid, sans aucune expression, je le fixais, caressant le dos de mon chat pour le calmer. Sa queue était encore en train de remuer, ce qui n'était pas un bon signe chez les félins. Je n'avais pas à me montrer courtois avec une personne qui ne l'était pas et qui semblait se ficher des autres. Heureusement que j'avais avec moi un panier à chat, pour y mettre le mien en cas de problème. Il ne sembla pas vraiment aimer le fait de se retrouver coincé dans un si petit endroit, mais j'avais mal, et je devais vérifier s'il n'avait pas trop fait de dégâts. Je retirai donc ma chemise en ne prêtant pas plus attention à White. Il devait être tellement dans son propre monde qu'il n'allait même pas chercher à continuer notre conversation.

Une fois dévêtu, je touchais du bout des doigts mes blessures, qui ne semblaient pas être profondes. Une fois dans ma chambre, j'allais devoir tout de même les désinfecter. Je ne voulais pas aller voir l'infirmier et risquer de tomber sur celui qui semblait si étrange. Pour si peu, il se serait moqué de moi, comme lors de notre rencontre à la plage durant le voyage scolaire. Non, je pouvais très bien régler cela seul, à vrai dire.
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(#) Re: Puis je relis mes livres, je rêve d'aventures.  Mer 15 Fév 2012 - 19:04

L'être humain lorsqu'il est dérangé fait souvent preuve d'irritabilité. C'est à ce moment là que sont prononcées des paroles blessantes. Elles étaient le fruit d'une réaction tout à fait spontanée. L'humain se sentant agressé dans son intimité n'avait pas le temps de juger et d'évaluer. La remarque fusait d'elle-même. À peine prononcée que déjà elle s'évanouissait dans l'air. Mais pas dans l'esprit. Celui qui la disait pouvait ou non être pris de remords. En revanche, il y avait tout à parier que le destinataire des mots allait être piqué par ces derniers. De là pouvait naître un conflit, aussi bien dans les gestes que dans les armes. Bien triste finalité pour des êtres civilisés. Il y avait toutefois une autre option. Cette dernière consistait à dépasser le stade des gestes pour s'attaquer directement aux mots. Ainsi les deux parties s'accordaient à se répondre et à mettre au point la situation. Un conflit pouvait émerger tout comme une solide amitié. Le résultat ne dépendant que de la bonne volonté des protagonistes.

La remarque fut sans appel. Les mots fusèrent de sa bouche comme un vent froid d'hiver. Malgré leur dureté et tout le méprit que l'on pouvait y discerner, ils ne t'atteignirent pas. Tu étais imperméable à toute critique. Les mots glissèrent sur toi comme l'eau sur la roche. Tu considéras le garçon d'un œil dénué d'émotion. Certes, cet être légèrement plus grand que toi t'avait fait réintégrer le monde terrestre et sortir de ta bulle mais pour autant il ne t'atteignait pas. Ton monde était inaccessible pour les étrangers. Celui ne l'était d'ailleurs pas tant. Sa tête te disait quelque chose. Lui en tout cas semblait te connaître puisqu'il te nomma par ton nom, sur un ton méprisant en passant... Tu le comprenais. Tu venais de le déranger alors qu'il était tranquillement installé, son animal contre lui. Le chat l'avait semble-t-il blessé. Tu voyais la chemise déchirée en partie, même si ce n'était pas grand chose. Il l'enleva d'ailleurs, ce qui te surpris. Tu vis les griffures causées par le chat. Elles n'étaient pas profondes, heureusement pour lui.

T'approchant un peu plus du garçon, tu effleuras ses blessures du bouts des doigts. Tu voulais vérifier qu'il n'allait pas trop mal. D'ordinaire peu attentionné aux personnes étrangères, dans le cas où tu étais responsable tu t'intéressais à la situation et proposais immédiatement ton aide. C'était ainsi un moyen pour toi de te faire pardonner. Les griffures ne saignaient pas, signe de bonne augure. Tu ne voulais absolument pas faire un tour par la case infirmerie. Le bâtiment était grand premièrement et secondement, tu ne voulais pas en plus rencontrer de nouvelles personnes. Une rencontre dans une journée te suffisait amplement ! Tu remarquais que le jeune homme avait la peau chaude. Plus que toi en tout cas puisque son torse te paraissait tiède. Le fixant d'un regard toujours vide, tu défis ta veste et la lui tendis.

- Je suis désolé que ton chat ait déchiré ta chemise. Même si les déchirures ne sont pas profondes je te laisse ma veste pour pas que tu n'ait froid et pour que tu ne te balades pas le torse à l'air.

Cette veste, des plus classiques par sa couleur noire provenait d'une boutique réputée qui se trouvait à deux rues de chez toi lorsque tu habitais à New-York. C'était la première veste que tu avais acheté là-bas, lorsque ton père t'y avait emmené pour la toute première fois il y a maintenant quatre ans de cela. À quoi penses-tu petite voix dans ma tête ? Au fait que cela peut signifier deux choses... Tu m'intéresses, dis-m'en plus. Cela peut signifier que tu n'accordes pas de valeur aux objets et que, deuxièmement, tu cherches à couper tout contact avec ton père... Tu n'as pas tord tu sais... Pour les deux cas en plus. Mais ce n'est pas l'ordre du jour. Tu as raison, excuse-moi.

- Par ailleurs, je voudrais savoir si nous nous connaissons... Tu te rappelles de mon nom mais moi je n'ai aucune idée du tient. Pourtant, je suis sûr de t'avoir déjà vu car ton visage et cet air pincé me parlent...

Le mot était sorti tout seul. Tu n'avais aucunement l'intention de le blesser mais ta franchise n'avait eu aucun problème à s'exprimer. C'était là ta qualité première. Mais également ton défaut. Tu n'hésitais aucunement à exprimer ton opinion, quitte parfois à blesser les personnes. À l'abri dans ton monde, tu ne voulais rien savoir. Tu te fichais de ce puissent penser les gens. Tu exprimais ton opinion, point à la ligne. Et puis, peut-être qu'avec un peu de chance, il allait le prendre plutôt bien qui sait... En tout cas ta blague, même si elle n'en était pas une, te fis rire. Intérieurement. Tu n'étais pas impoli et tu savais tout à fait de comporter en public.


Dernière édition par Jay White le Sam 25 Fév 2012 - 1:28, édité 2 fois
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(#) Re: Puis je relis mes livres, je rêve d'aventures.  Jeu 23 Fév 2012 - 15:47

● J'aurai pu inventer n'importe quelle raison.

Je n'aimais pas devoir me dévoiler ainsi aux autres. Rien que pour aller dans les douches, j'attendais d'être dans ma cabine pour me déshabiller. Certains autres ne s'en souciaient même pas et n'hésitaient pas à s'exhiber comme si cela n'avait pas d'importance. Je savais bien qu'il était de coutume pour les rugbymen de prendre leurs douches en commun, mais nous n'étions pas des sportifs de haute niveau. J'étais de ceux qui étaient pudiques encore et même si cela pouvait faire bien rire certains de mes camarades, je préférais le rester. J'avais peur également. Peur à cause de ce qu'il avait fait de mon corps. Je n'arrivais toujours pas à penser son nom, ni son prénom. En réalité, je n'arrivais toujours pas à y faire face pleinement. Alors je faisais avec, y pensant le moins possible et me concentrant davantage sur mes devoirs scolaires et mes activités de club pour ne pas laisser vagabonder mon esprit. Ce chat allait peut être aussi m'aider à passer ce cap, à me rendre compte que la vie continuait, finalement. Je n'avais pas le choix, et je ne voulais pas de cette faiblesse de ceux qui se laissaient aller.

Mais je ne supportais plus qu'on me touche. Qu'un autre me touche, plus particulièrement. J'étais plus à l'aise avec Dakota, mais elle était une fille et également ma petite amie. Il était normal alors que je lui prenne la main. Et même avec elle, je n'aimais pas tellement le contact physique. Loin d'être idiote, je pensais qu'elle l'avait bien vite remarqué, même si nous n'en avions jamais parlé. En réalité, la lenteur du rythme d 'évolution de notre relation me convenait parfaitement. Je pouvais voir les choses venir et surtout, je pouvais m'y préparer. Mais lui. Il ne m'inspirait pas du tout confiance, avec ses fantaisies. Je n'avais pas envie qu'il me touche et il l'avait pourtant fait. Le regard baissé sur mon propre torse dénudé, je n'avais pas réellement fait attention à son approche. J'eus comme un coup de jus intérieur. Mon cœur manque un battement et je me reculais vivement, apeuré par ce qu'il venait de faire. Non, il n'avait pas le droit de me toucher. Même avec ma permission, même avec la meilleure raison du monde, même si ma vie en dépendait. Il n'avait pas le droit. Je le fixais gravement, ramassant rapidement ma chemise pour venir me cacher le torse grossièrement. Il devait être comme lui. Je ne voulais pas. Pas cette faire, je n'allais pas me faire avoir ni même risquer de tomber dans son piège. Je n'eus pas non plus envie de me coller à sa veste. C'était une manière de dire que j'étais son objet également ? Jamais, jamais je ne pourrai lui appartenir.

« Non, on ne se connait pas, j'ai dis un nom au hasard et je suis tombé sur le tien. »

Autant dire que la panique et la réflexion ne faisaient pas bon ménage. Alors que je tenais à m'extirper de cette situation, je venais de lui donner une raison de plus de rester. A moins d'être complètement abruti, il n'allait pas me croire, c'était évident. Rien que le fait qu'il soit pensionnaire et moi également était une excuse pour le connaître. J'aurai pu inventer n'importe quelle raison, sauf le déni. Mais je l'avais fais. Je n'osais toujours pas le regarder d'ailleurs. Je ne voulais pas, j'avais peur, et je ne voulais pas qu'il s'en rende compte.

« Je voulais dire. Si. Bien sûr que ce n'est pas un hasard. » J'avais l'air bien idiot maintenant, à bafouiller en peinant à m'expliquer correctement. « On est dans la même classe. »

Je reculais encore un peu, pour marquer une net distance. S'il n'était pas un malade mental désirant me faire du mal, il devrait bien comprendre que je ne voulais pas de son contact direct. S'il s'approchait de nouveau, je pourrai me mettre à hurler de toute mes forces, quitte à perdre toute ma virilité. Je m'en fichais, je ne voulais juste pas que tout recommence encore une fois.
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(#) Re: Puis je relis mes livres, je rêve d'aventures.  Jeu 23 Fév 2012 - 16:58

L'agression amène la violence. Lorsque l'homme doit faire face à une menace ne connaît que la violence. Il perd son humanité. Progressivement ses traits se retrouvent déformés par la rage et la haine. Il veut survivre et est prêt à tout pour y arriver. Ses capacités s'en retrouvent développées. Il réfléchit et agit plus rapidement. Lorsqu'il ne peut se défendre à mains nues, ses capacités lui permettent de créer des outils qui se transforment vite en armes. Mais il peut arriver que la violence ne se déchaîne pas. Ainsi, si l'homme réussit à reprendre le contrôle de lui-même avant de se déchaîner, il peut changer la situation. La retourner à son avantage. Ou tout simplement se mettre en sécurité. Les mots apparaissent donc comme la meilleure protection contre la menace. Parler, cette faculté propre à l'homme est son premier bouclier même s'il a tendance à l'oublier. Les mots sont également sa première arme. Les flèches qu'il décoche avec peuvent-être plus blessantes que n'importe quelle pointe empoisonnée. Ainsi, le combat commence. La menace se transforme en adversaire.

Il s'était écarté de toi brutalement tout en tout jetant ta veste au loin. Il ne voulait pas de ton aide apparemment. Tu lisais la peur dans ses yeux. Tu étais une menace. Il s'était mis en position de défense, à l'écart de toi. Pour une fois que tu essayais d'être gentil avec quelqu'un, voilà qu'on te maltraitait. Cela ne te faisait rien. Comme à ton habitude tu ressentis peu de considération envers le jeune garçon. Enfin, peut-être pas après tout... Ne dis pas n'importe quoi petite voix. C'est plutôt toi qui devrais regarder la vérité en face... Ce garçon te touchait par son comportement. Visiblement quelque chose clochait et tu voulais l'aider. Je n'irais pas jusque là personnellement... Parce que tu n'es qu'un trouillard ! Si ce garçon ne t'intéressait pas, pourquoi serions-nous en train de polémiquer ? Pourquoi ne serais-tu par parti depuis longtemps comme tu as l'habitude de le faire ? Je vais te dire pourquoi tu n'es pas parti Jay, ce garçon t'intrigue. Voilà la raison ! Il t'intrigue parce qu'il a ses yeux et ses manières hautaines que tu aimais tant. Mais ce n'est pas lui. Fais-toi une raison. Boucle-là veux-tu ! J'ai déjà évoqué la chose. Je ne veux pas en parler. Excuse-moi Jay.

Ramassant ta veste et ton livre tu t'assis en face de lui. Tu le considéras des yeux une minute. Certes il avait quelques traits avec lui, surtout au niveau des yeux. Et cet air dédaigneux auquel tu avais eu droit tout à l'heure ressemblait au sien lorsque tu étais menacé ou lorsqu'il se sentait agressé. Quelques souvenirs te revinrent et tu réprimas un sourire. Tu regardas tes doigts que tu avais croisé. Tu n'aimais pas du tout ce que tu allais faire mais tant pis. Il fallait que tu le fasses. Au moins pour honorer l'éducation que tu avais reçu. Tu devais montrer que tu n'étais pas le gros malotru impoli pour lequel te prenait ton interlocuteur. Tu prenais ton temps pour parler mais cela ne faisait rien. Tu cherchais à lui mettre un nom sur ton visage. Mais rien ne venait. Il fallait dire que tu n'étais pas très attentif aux personnes qui t'entouraient. Tu te contentais simplement de connaître le nom de tes professeurs et des personnes importantes au sein de l'établissement.

- Je suis désolé mais aucun nom ne me vient en te voyant. Pourtant je suis sûr de t'avoir déjà croisé... Si tu dis que nous sommes dans la même classe, ceci expliquerait donc cela. Enfin, ce n'est pas ce que que je voulais te dire. Je voudrais m'excuser. M'excuser de t'être rentré dedans, de t'avoir dit quelque chose de méchant comme et d'avoir fait quelque chose qui a pût te blesser. Ce n'était pas mon intention donc pardonne-moi.

C'était lâché. La sensation que tu éprouvais maintenant était comparable à celle éprouvée par les enfants lorsqu'ils avouent une grosse bêtise. Ils sont alors soulagés mais remplis d'inquiétude face à la réaction de la personne. Tu étais soulagé de lui avoir présenté des excuses, ne serait-ce que parce qu'il lui ressemblait. Ce n'est pas très clair petite voix... Oui, mais tu me comprends ! Parfaitement, tu penses que je fais un déplacement des opinions de celui qui se trouve en face de moi sur les siennes. Tu penses qu'en m'excusant, je reste le même dans son esprit à lui. C'est ça ! Mais chut maintenant...

- Tu sais, je sais reconnaître mes défauts, notamment celui de ne pas être ouvert aux autres. C'est pour cela que je fais parfois des gaffes. Comme là. Je ne sais pas toujours quoi dire ou quoi faire en présence de quelqu'un. Je voulais t'apporter mon aide toute à l'heure, ce que je fais rarement sache-le, et je suis désolé si je t'ai fais mal. Ce n'était pas conscient ni voulut.


Dernière édition par Jay White le Sam 25 Fév 2012 - 1:28, édité 1 fois
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Invité
« Invité »
(#) Re: Puis je relis mes livres, je rêve d'aventures.  Sam 25 Fév 2012 - 1:23

● Il ne me connaissait pas ? Balivernes.

Au moins, il n'en voulait pas à ma personne. Je pouvais me concentrer sur cela. Il n'avait pas cherché à s'approcher davantage et plus surprenant encore, il cherchait à demander pardon, non sans maladresses. Je pouvais lui pardonner de ne savoir placer les mots correctement. Déjà, il n'employait pas sa langue maternelle, ce qui était bien plus compliqué. Moi, j'avais un niveau quasiment parfait en Japonais, je savais qu'il n'en était jamais de même pour les autres. Et grâce à ces longues tirades, je pus même déduire qu'il devait venir des États-Unis, ou d'un pays proche. Il en avait l'accent en tout cas. Cette manie de mâcher légèrement les mots, alors que nous faisions tout pour les prononcer les plus correctement possible. Je n'en voulais jamais aux autres de n'être pas aussi doués que je l'étais. Je préférais cette situation d'ailleurs, parce que trouver une personne plus expérimentée que moi reviendrait à travailler davantage. C'était ainsi, il fallait toujours que je surpasse les autres dans toutes les matières. Sauf en sport. Mais le sport ne demandait pas de réflexions, alors il n'entrait pas dans mes critères.

Mais maintenant, il blessait mon égo. Il ne me connaissait pas ? Balivernes. C'était impossible de ne pas me connaître. J'étais toujours le premier en cours à répondre aux questions, à en poser des nouvelles pour approfondir un peu plus le cours, ou bien à demander des devoirs supplémentaires. Cette dernière action m'avait éjecté au rang de personne à abattre le plus rapidement possible par les cancres. Mais je trouvais ce principe normal. Pour moi, nous n'étions pas en cours préparatoires pour flâner et tenter de ne rien faire. Il fallait toujours en savoir plus pour être certains d'entrer dans les plus grandes écoles ensuite. Après tout, c'était le but de ces deux années. Bref. J'étais un personnage important pour la vie de la classe, selon moi, que ce soit en bien ou mal d'ailleurs. Mais ce n'était pas tout. Président du club de littérature, je faisais souvent allusion aux activités du club auprès de mes camarades, leur précisant qu'il serait bon pour eux de le rejoindre. J'étais arrivé second lors du concours organisé par l'école aussi, ce n'était pas rien après tout. Alors non, il mentait. Ça ne pouvait être autre chose. Et alors qu'il était si souvent dans ses rêveries, presque plus asociale que je ne l'étais, j'eus été capable de retenir son nom – et même son prénom – alors qu'il n'avait pas réussi le contraire ? Non, impossible et mon incompréhension se lisait sur mon visage, quand je le regardais, puis qu'il avait pris le temps de me parler.

« J'accepte tes excuses White. Bien qu'il ne soit pas très poli de s'excuser soit même, au passage. » C'était plus fort que moi, il fallait toujours que je rappelle le manque de politesse et d'éducation des autres. Il venait de se heurter à mon égo également et fière personne que j'étais, je ne pouvais le laisser passer. « Livingston. Livingston Elliot. Tu sais, ton camarade toujours actif en cours, celui qui gère le club de littérature et qui passe beaucoup de temps à s'occuper de diverses choses au sein de l'école. »

Voilà, c'était dit. Je pensais avoir été relativement gentil au début, mais je n'avais pu m'empêcher de placer certains sarcasmes par la suite. Il me restait un autre problème à régler de toute manière. Je me cachais toujours le torse avec ma chemise, et j'allais bien devoir la remettre pour en changer ensuite. Ce que je fis donc. Porter des vêtements troués n'était pas du tout ce que j'aimais à l'accoutumé. J'étais plus de ceux qui étaient tirés à quatre épingles et qui remarquaient toujours les défauts des autres. Vraiment, la négligence et moi n'étions pas en bon terme, loin de la.

« Et pour ton aide, sache juste que toucher le corps d'une autre personne sans sa permission peut être très mal interprété. Je ne sais pas si tu agis ainsi avec les filles, mais si tel est le cas, tu dois te prendre de sacrées raclées parfois. »

Pas tout de suite. Il venait de m'énerver légèrement, alors je n'allais pas pouvoir être agréable. Soit. S'il fuyait mon humeur presque massacrante, ce n'était pas plus mal après tout.
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(#) Re: Puis je relis mes livres, je rêve d'aventures.  Dim 4 Mar 2012 - 23:14

Il était dans la même classe que toi. Le voile était donc levé sur l'identité du mystérieux jeune homme. Cherchant dans ta mémoire tu n'arrivait pas à le cerner. Non, décidément non. Sa voix te rappelait quelque chose. Oui, elle revenait souvent durant les cours. Tu lui accordais ce point. Mais son nom et son visage ne te disais rien. Depuis ton plus jeune âge tu n'étais pas habitué à considérer les personnes autour de toi. Elles avaient progressivement fini par disparaître, devant des silhouettes chuchoteuses. Il fallait que tu te concentres un minimum pour saisir leurs paroles alors tu ne faisais pas d'effort pour le faire. Seuls tes professeurs avaient droit à ce privilège. Les autres restaient de simples ombres, partiellement intégrées à ton univers. C'était un moyen pour toi de rester concentré sur ton objectif : le retrouver. Tes camarades de classe, tes professeurs, tes cours... Tout ceci n'était qu'un prétexte. Tu avais migré au Japon dans le seul but de le retrouver. Tu avais prétexté une ouverture pour l'empire familial mais il n'en était rien. Pour le moment en tout cas. Car cette couverture devenait importante avec la mise en marche du réseau de ton père. Enfin, ces contres-temps ne sont pas à l'ordre du jour ! Non le jeune garçon ne te disait rien. Et ce n'était pas plus mal d'ailleurs. Tu étais bien dans ton monde, seul. Le simple fait de le reconnaître aurait voulu dire que tu l'avais intégré dans ton monde. Et ça, tu ne le voulais pas. Il était le seul à avoir le droit de pénétrer dans ton monde. Tous les autres y étaient formellement exclus. Cela afin de te protéger. Tu ne voulais en aucun cas revivre l'enfer que tu avais connu. Tu étais décidé à prendre ta revanche. Et ta détermination arriverait au bout de tout.

Son arrogance. Jusque là tu ne t'en étais pas aperçu. Mais maintenant elle apparaissait clairement. Oui, il était arrogant. Et fier qui plus est. Tu le détaillas un peu plus à travers tes cheveux. Il avait la peau, les cheveux et les yeux clairs. Anglais sans le moindre doute. Ce qui te frappa, c'est qu'il ressemblait beaucoup à une connaissance de ton père... Oui, tu ne le remarquais que maintenant. À cause de ta rêverie perpétuelle... Tout à fait ! C'était le portrait craché, les années et les kilos en moins, de l'ancien directeur des ressources humaines. Tu avais son nom sur le bout de la langue. Lui tu t'en souvenais parce qu'il s'était montré un peu trop proche de toi à ton goût. C'était lors d'un dîner officiel avec tes parents. Le porc avait mis sa main sur ta cuisse l'air de rien. Croisant les jambes tu lui avais décoché un coup de pied dans le tibia, tout en l'intimant du regard de ne pas recommencer. Grâce à cela tu avais pût passer la fin du repas tranquillement. Il faisait mine d'être absorbé par la conversation mais tu avais vu clair dans son jeu. Il ne pensait qu'à une chose, trouver le moyen de t'avoir. Il te faisait des avances discrètement. Avances que tu refusais toujours. Ainsi tu n'hésitas pas à renverser ton verre pour qu'il écarte sa main, trop proche de ton assiette à ton goût. Il alla même jusqu'à t'accompagner aux toilettes. Tu lui fermas la porte au nez en lui indiquant que ce n'était pas là l'attitude d'un gentleman. Après cette avance, le dîner se déroula plus calmement. Il ne revint vers toi pour te faire des avances que dans le vestiaire. Tu le congédias, une fois de plus, gentiment. Entendons-nous... Tu lui avais murmuré dans l'oreille qu'il allait devoir se trouver une autre biche à sauter car les porcs dans son genre ne t'intéressaient pas. Tu étais parti en rigolant doucement de sa mine déconfite.

- Logan Rockfeller !

Tu éclatas de rire. C'était bien lui dont il s'agissait. Il te rappelait ce porc de Rockfeller. Enfin physiquement. Ce vieux croûton était aux antipodes du jeune homme qui se trouvait devant toi. Déjà il n'était pas aussi attaché aux conventions. Et puis, il était d'une grossièreté et d'un vulgaire sans nom. C'était décidément tout le contraire de l'autre. Et puis il n'était pas aussi maniéré et attaché aux apparences. En bon hétérosexuel machiste et pervers, il faisait tout pour prouver sa virilité. Ce qui est assez paradoxal au vue de la proposition qu'il te faisait... Soit il cherchait à faire croire à tout le monde l'inverse de ce qu'il était. Soit il s'offrait de temps en temps des petits extras avec de jeunes éphèbes. La deuxièmes solutions semble plus probable quand même... Dommage pour sa sublime femme et ses deux enfants ! C'était vraiment le contraire ce petit être qui se tenait en face de toi. Tu ne pouvais t'empêcher de sourire en détaillant la comparaison que tu faisais. Plus tu avançais, plus tu trouvais cela drôle. Oui, il faut croire que mettre côte à côte un gros porc et un petit peureux t'amuse beaucoup... Je n'en vois pas l'intérêt personnellement. Ni l'amusement que tu peux avoir. Mais si tu prends ton pied comme ça, ne te prive pas !

Il était mignon. Pas Rockfeller, l'autre. Il voulait t'aider. Oui, c'était le mot qu'il avait employé. Avant de laisser tomber son langage précieux. Tu t'en amusas. Pas longtemps toute fois. Ton sourire tomba un peu. Il se métamorphosa en un petit rictus satisfait que tu affichais continuellement. Il prenait comme argument la gent féminine. La toucher ? Il en était exclu. Tu avais une aversion profonde pour les corps féminins. Tu les trouvais mal formées. C'était là un des mystères de Dame Nature. Tu ne comprenais pas les rondeurs, les lignes courbes et les formes étranges des femelles. Leur poitrine développée et ronde te repoussait. Les courbes dessinées par le bassin et les cuisses te dégoûtaient. Tu préférais nettement les lignes droites et la stature carré des hommes. Leurs lignes marquées et larges te rassuraient et t'attiraient. Le mieux étant encore les siennes. Tu te souvenais de ces matins passés à le regarder pendant son sommeil. À regarder son corps musclé et parfaitement dessiné. Surtout la ligne qui partait de ses épaules et qui se terminait sur ses fesses. Enfin, tu ne passais jamais longtemps à le regarder dormir. Tu préférais te blottir et rendormir dans ses bras. Décidément, il était l'homme parfait. Et la démonstration de la perfection des courbes masculines de surcroît. Oui, Dame Nature avait ses bizarreries que tu ne comprenais pas. Cette chose mise à part, tu considères les dames et les lady tout à fait normalement. Enfin, quand c'est le cas. Mais tu ne te vois pas sortir avec une femme. Faire une vie avec non plus cela dit en passant...

- Les femmes ? Je n'agis pas avec elle. Je préfère les hommes. Et merci de t'inquiéter mais je m'en sors plutôt bien avec eux. Toi en revanche, tu devrais être moins froid. Je suis sûr que tu arriverais à te trouver une petite fille mignonne. Ou un garçon... Je ne connais pas tes préférences en la matière...

Enfin, pour cela encore faudrait-il avoir la personne aimé avec soi. Ou dans le cas de l'autre, d'avoir une personne dans sa vie. Il avait l'air pas mal occupé. Tu doutais fort que quelqu'un puisse partager sa vie avec lui. Toi aussi tu étais occupé à ta manière. Cela avait changé lorsque tu l'avais rencontré. Plus rien n'avait d'importance. Tu ne désirais qu'une chose : passer ta vie dans ses bras. Tu voulais passer tes heures à le regarder, à l'entendre parler et à écouter son rire. Lorsque vous étiez ensembles, plus rien n'avait d'importance. Tout prenait une dimension extraordinaire. La moindre chose, fusse-t-elle aussi banale qu'un éternuement, devenait magique et importante. Tu essayais de passer le plus de temps en sa compagnie. Lorsque vous ne pouviez pas vous voir, tu l'appelais ou lui envoyais des messages. Vous étiez constamment liés. Tu pleurais chaque minute où tu ne l'avais pas. Tu te contentais, lorsqu'il dormait et que tu étais réveillé, de te dire qu'il serait bientôt sur pieds. Oui, vous aviez passé beaucoup de temps ensemble durant un an. C'est peut-être pour cela que la rupture fut aussi douloureuse. Il avait remplacé toutes les absences dans ta vie. Te retrouver seul d'un coup te parût insurmontable et inenvisageable. Tu compensas cette perte en te consacrant pleinement à tes études. Là encore, dans le but de le retrouver par la suite. Mais tu ne voyais pas comment tu aurais pu y mettre autant de passion et d'attention si quelqu'un avait partagé ta vie. C'est pour ces raisons que tu ne le voyais avec personne. Le fait qu'il était impliqué pleinement dans ce qu'il faisait montrait qu'il était seul. À coup sûr.

- Encore faudrait-il trouver le temps pour... Tu sembles assez occupé pour pouvoir partager la vie de quelqu'un. La solitude ne te pèses pas ?
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(#) Re: Puis je relis mes livres, je rêve d'aventures.  Jeu 8 Mar 2012 - 23:34

● Je me mis à déglutir difficilement en y pensant.

Il me fit légèrement sursauter à vociférer ainsi sans prévenir. Surtout pour parler d'une personne que je ne connaissais pas, mais qui semblait bien l'amuser. Pour moi, rire ainsi à pleine bouche était vraiment quelque chose de peu recommandé. N'avait-il vraiment aucun savoir vivre ou aucune classe ? Impossible. Même la personne la plus malfamée du monde en avait. Pour moi, tout le monde pouvait un jour gagner en grâce et en politesse, en courtoisie et bienfaisance. Enfin, l'éducation jouait beaucoup. J'avais parfois été confronté à ce genre de personne qui se vautrait sans cesse dans leur ignorance. A devoir côtoyer des personnes vulgaires et fières de l'être. Je pouvais concevoir que l'on puisse avoir des difficultés à trouver un professeur de maintien et de diction dans les quartiers les plus pauvres des grandes villes et autres, mais pas que l'on ne fasse point le moindre effort. La société faisait tout pour éduquer les enfants de manière un peu plus égale de surcroit. Les petits des écoles publiques avaient le droit à des sorties au musée, et l'on motivait souvent les plus grands à faire du théâtre ou à s'ouvrir l'esprit. Et même si je n'aimais pas Internet en général, je devais avouer qu'il pouvait aider grands nombres de gens qui n'avaient pas les moyens de se payer des sorties éducatives et hautement instructives.

De toute façon, ce n'était pas si surprenant que ça de le voir se conduire de manière aussi grotesque. Il n'avait pas été particulièrement poli depuis le début de notre rencontre et je n'attendais plus rien de lui à présent. Et puis, comme je ne pouvais pas tomber sur un être normal dans ce lycée, il se mit à parler de son goût pour.. Les hommes ? Je me mis à déglutir difficilement en y pensant. A nouveau, j'avais peur pour moi. C'était donc si rare d'avoir des penchants naturels pour l'autre sexe de nos jours ? Je ne comprenais pas, je n'arrivais pas à le comprendre et jamais je ne pourrai l'accepter. S'il était homosexuel, alors il allait certainement imaginer que je l'étais aussi, que je pouvais être une vulgaire proie de plus, un bout de viande à mastiquer un temps, ou un nouveau trophée à conquérir pour la gloire. Jamais, plus jamais j'allais me laisser aller à une telle décadence et une telle déviance. Mes idées malsaines s'étaient envolées maintenant et j'étais heureux avec Dakota à mes côtés. Réellement heureux. J'aimais sa présence, son sourire, sa voix et son corps, même si bien sûr, il avait toujours été pudiquement vêtu en ma présence. Il était hors de question pour moi de lui faire du mal et de toute manière, je ne ressentais rien pour les autres hommes, à part de la crainte et de l'aversion aussi. C'était ainsi, il avait changé complètement le rapport déjà fragile que j'entretenais avec les autres hommes, pour toujours. Le contact d'une femme ou d'une fille ne me dérangeait pas – bien que je n'étais pas friand de tout cela naturellement – mais le contact d'un homme était devenu sale pour moi, même celui d'un professeur m'encourageant dans mes exercices d'une tape amicale et bienveillante. C'était comme si je ne pouvais plus l'accepter, comme si mon corps ne pouvait plus l'accepter également. Jamais, plus jamais White n'allait me toucher comme il s'en était permis.

« Ma vie privée ne te regarde pas White, tout comme ta...déviance n'a pas à être étalée au grand jour ainsi. Tu devras faire attentions aux personnes bien moins tolérantes que je le suis. »

Je n'étais pas tolérant. Je le savais, mais je savais aussi qu'il y avait pire que moi dans le monde. Les personnes homosexuelles étaient la cause de beaucoup de conflits, de morts et de larmes. C'était de leurs fautes si les autres ne pouvaient pas les accepter. Repousser des envies aussi abjectes n'était pas si compliqué que cela pourtant ! Mais plus le temps avançait et plus l'on prônait l'homosexualité comme étant quelque chose de tout à fait normal. Balivernes, foutaises même. C'était un vice, et c'était puni par la loi de Dieu.

Alors je n'avais pas envie de rester en sa compagnie une seconde de plus. Rassemblant mes affaires, et ma chemise déchirée que je portais à nouveau, je me levais rapidement et sans un mot de plus, pour le laisser à ses occupations. Après tout, il était en train de lire quand il s'est imposé au chaton et à moi même, il allait bien pouvoir reprendre sa lecture maintenant. De mon côté, j'allais songer à ne jamais l'approcher, à ne jamais l'aider pendant les cours et à tout faire pour ne jamais me trouver avec lui lors de travaux à rendre en groupe. Il était dans une liste mental de gens à éviter à tout prix. Inutile de se demander pourquoi d'ailleurs. J'allais aussi veiller – de manière discrète, bien entendu – à éloigner Dakota de ce genre de personne. Si raffinée jeune fille qu'elle était, elle n'avait nullement besoin d'une telle personne dans son entourage.

D' un geste bref de la tête, je le saluais promptement - puisque je restais un gentleman dans toutes les situations – pour ensuite commencer à partir vers l'établissement, le pas rapide pour m'éloigner le plus vite possible de sa personne.
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(#) Re: Puis je relis mes livres, je rêve d'aventures.  Ven 9 Mar 2012 - 22:41

Il avait ramassé ses affaires et tourné les talons. Tu n'allais pas le laisser partir. Oh que non ! Ce qu'il avait osé te dire dépassait tout ton entendement. Il ne fallait pas laisser cela. Tu ne l'acceptais pas. Ta peau, ta chair, tes muscles et tes os refusaient de broncher face au mot qu'il avait osé utiliser. Déviance. Voilà le mot qui te restait en travers de la gorge. D'où sortait-il ainsi pour te juger. Jamais personne n'avait osé te parler sur ce ton ou encore juger ta sexualité. Étrangement, quelque chose naissait en toi. Une volonté était née. Elle grandissait rapidement. Personne ne pouvait te juger. Personne ne pouvait le juger. Car là était le problème en définitive. Il se permettait de juger celui qui t'étais cher. Et ça, non, tu ne pouvais l'accepter. Personne ne s'en prenait à l'homme que tu aimais. Œil pour œil, dent pour dent. Tel était ton crédo et tu allais lui faire comprendre. Ton sourire disparut. En dessous de ta mèche, tes yeux lançaient des éclairs et étaient chargés de poignards. Déviance. Le mot sonnait comme une insulte. Chaque lettre se découpait dans ton esprit. Déviance. Le son qu'il laissait était aussi tranchant que l'acier. Tu pouvais sentir la déchirure causée par ce mot cruel. Non. Tu n'allais pas laisser passer cela. Tu voulais bien faire un effort mais te juger comme il l'avait fait, tu ne le supportais ni ne le tolérais.

Tu te levas tranquillement et remis ta veste. Mettant ton livre dans ta poche, tu décidais de le rattraper. Il fallait mettre les choses au clair avec ce jeune homme. Ce qu'il avait vécu n'importait pas. Son aversion pour je ne sais quoi non plus. Mais le fait qu'il te manqua de respect, cela importait. Il était absolument hors de question de le laisser filer sans avoir obtenu des excuses. Tu le rattrapas. Te mettant à sa hauteur, tu vins te placer devant lui. Écartant les bras en signe de croix tu lui intimais de ne plus bouger. Tu allais t'expliquer. Tu penchas vers lui.

- Je t'arrête là. Tu peux dire tout ce que tu veux sur moi. Cela ne m'atteint pas. Je me fiche éperdument de ce que tu penses de moi. Les gens et leur opinion sur moi ne m'intéressent pas. Toutefois, je ne te laisserai pas dénigrer l'homme qui partage ma vie. Je me contrefiche de ce que tu peux penser de l'homosexualité. Je ne m'affiche pas avec mon amoureux. Je préfère nettement rester chez moi, avec lui à regarder un film dans le canapé. Ta tolérance a ses limites. La mienne aussi. Je ne suis pas là en train de m'exposer. Je n'ai pas besoin de cela. Je n'ai pas non plus besoin de ton approbation. Tu veux être blessant, à quoi cela te sert-il ? Tu dis être bien élevé, mais tu n'es qu'un petit mal-autrui !

Tu t'assis devant lui, décidé à ne pas laisser passer la chose. Vous alliez avoir une petite discussion. Qu'il le veuille ou non. Tu voulais des excuses, tu allais les obtenir. Tu décidais de camper là et de lui barrer la route. Il pouvait faire ce qu'il voulait, tu allais être aussi collant qu'un chewing-gum sur une semelle de chaussure. Ton visage n'affichait plus rien, aucune émotion. Plus de sourire du tout. Tes joues n'avaient plus du tout de couleurs. Ta peau était aussi pâle que la glace. Intérieurement tu fulminais mais tu montrais aussi froid que possible.

- Ta vie privée ne me regarde pas certes Livingston. Mais la mienne ne te regarde pas non plus.

Tu le regardais à travers tes cheveux. Tu l'observais et le jugeais. Ce n'était pas dans tes habitudes pourtant. Mais son mot t'avait atteint et tu refusais de laisser passer un tel affront.
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(#) Re: Puis je relis mes livres, je rêve d'aventures.  Dim 11 Mar 2012 - 12:23

● Il ne faisait qu'étaler sa débauche et sa décadence.

Je n'avais qu'une idée en tête, pouvoir rentrer au pensionnat pour m'occuper un peu de mon chaton adolescent et être à même de penser à autre chose que cette désagréable rencontre. Je savais que j'allais l'oublier au bout de quelques heures, et qu'au repas, je ne penserai même pas à en parler à Dakota, étant donné qu'il n'aurait plus d'importance. Le mieux avec ce genre de personnes était de les ignorer. Tout simplement. Pour beaucoup, c'était bien difficile de faire abstraction du monde et des autres qui les entouraient. Mais je le faisais au quotidien. Je préférai largement refouler mes sentiments et mes états d'âmes, surtout ceux là. Je n'aimais pas avoir un tel ressenti pour une personne que je connaissais à peine, parce qu'au fond de moi même je savais que j'étais partiellement en tort. Alors refouler ces émotions était la solution de facilité, non-appréciée de beaucoup de personnes. On m'avait parfois dit que c'était mauvais pour ma propre santé et qu'au final, j'allais devoir tout assumer un jour, en une seule fois. Je n'y croyais pas. En général, j'avais du mal à croire à ce genre de choses, puisque ce n'était jamais arrivé. Bien sûr, j'avais des moments de faiblesse, comme tout à chacun, mais jamais, jamais ne n'avais regretté d'avoir enfoui un sentiment un jour. C'est aussi de cette manière que j'avais pu affronter la plus grande épreuve de ma vie. Je n'allais pas tout changer maintenant, puisque c'était un succès depuis des années.


Un long soupir.

Je venais de le vexer ? Il n'avait pas apprécié les termes que je venais d'employer pour qualifier sa sexualité ? C'était de sa faute après tout. Il n'était pas normal et devait donc en assumer les critiques. C'était comme blâmer un professeur qui nous mettait une mauvaise note après un hors sujet dans une copie. S'il acceptait pleinement sa déviance, il devait également accepter le regard des autres et les remontrances naturelles de ceux-ci. Ce n'était pas moi l'anormal dans l'histoire, c'était lui, lui et son pseudo discours sur le respect et la tolérance. Comment un homme aussi différent des normes et de la normalité pouvait-il parler de respect d'ailleurs ? Respectait-il les autres en se comportant ainsi comme un pêcheur aux yeux de tous, sans même se cacher au premier inconnu ? Non. Bien sûr que non. Il ne faisait qu'étaler sa débauche et sa décadence, en la mettant même sur un piédestal. Je n'aimais vraiment pas ce genre de comportement, et tournai donc le regard en attendant la fin de ses longues tirades, aussi ennuyeuses qu'inintéressantes. Elles ne valaient même pas la peine d'être commentées. Je n'étais pas de ceux qui se voulaient impulsifs de toute manière, ni de ceux qui pensaient que sur-enchérir était un manière de prouver ses raisons. Non, je préférais laisser l'autre dans son ignorance bornée, en sachant intérieurement que je n'étais pas celui en tort. Voilà, il s'attendait sûrement à une réponse des plus cinglante, à me voir m'énerver pour imposer ma manière de penser. Non, il n'allait rien avoir de tout cela, uniquement parce qu'il l'attendait. J'énervais bien plus les autres en agissant de cette manière et je voulais l'ignorer aussi. Bonne occasion pour commencer.

« Soit, nous sommes au moins d'accord sur ce dernier point. Vis donc ta vie de ton côté, et je ferai de même. Tout ira bien dans le meilleur des mondes. »

Je le contournais donc, secouant doucement la tête face à ce comportement puéril. S'asseoir allait lui permettre de m'arrêter ? Il pensait réellement que j'allais sagement lui obéir alors que je n'avais plus envie de discuter avec un tel être ? Quel idiot.
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(#) Re: Puis je relis mes livres, je rêve d'aventures.  Dim 11 Mar 2012 - 20:15

Tout ira bien dans le meilleur des mondes. Tu te relevais et le considérais à nouveau. Tu le voyais s'éloigner. Il ne servait à rien de le rattraper. La discussion avait été close de manière définitive. Il n'y avait aucun espoir d'obtenir quelconques excuses, tu le savais. Mais pour autant tu allais lui laisser matière à réfléchir. Tu refusais de le laisser filer la conscience tranquille. Il comprendrait que derrière son petit air supérieur et bien élevé, il n'était en fait qu'un malotru sans vergogne. Tu ne voulais pas le considérer au départ. Tout ce que tu voulais, c'était t'excuser. Cela avait été fait. Maintenant tu attendais ses excuses à lui. Visiblement, elles ne viendraient pas aujourd'hui... Tu lâchais l'affaire mais tu te promis que ça ne passerait pas. La prochaine fois que vous vous croiseriez, tu lui ferais savoir.

- Soit ! Tu ne veux pas t'excuser, tant pis ! Ce n'est pas moi qui dormirait mal cette nuit. Saches que ce n'est pas en méprisant les autres que tu seras respecté. Tu n'obtiendras en retour que le mépris et cela sera parfaitement légitime ! Tu te penses supérieur mais en définitive, tu ne l'es pas. Tu caches bien ton jeu avec tes bonnes manières et tes principes Livingston mais tu ne vaux rien.

Tu partis. Il t'avait profondément touché en l'attaquant. Accélérant le pas, tu sortis ton livre et t'y replongeas. Les mots que tu pouvais lire n'avaient peu de chance de te blesser. Tu ralentis le pas au bout de quelques mètres afin de mettre ta marche en concordance avec ton rythme de lecture. Intérieurement tu étais blessé. Rares étaient les occasions où tu laissais des personnes pénétrer dans ta sphère intime. Cette expérience-là avait été douloureuse. Non seulement parce que tu avais dû casser les barrières de ta forteresse mais qu'en plus, le retour avait été négatif. Mais aucun retour en arrière n'était possible. Tu le savais. À partir de maintenant, Elliot Livingston faisait partie de ton univers, de ta vie. Tu ne pourrais plus l'ignorer et lorsqu'il serait dans la même pièce que toi, tu le verrais à coup sûr. Tu soupiras et te replongeas dans la lecture de ton livre, prenant soin au passage à ne pas trébucher ou percuter quelque chose. Il faisait beau et chaud. L'automne s'annonçait.
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Puis je relis mes livres, je rêve d'aventures.
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