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 Malchance incessante.

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(#) Malchance incessante.  Mer 16 Mai 2012 - 14:40

Un certain proverbe dit que l'on trouve toujours pire que soi. Au niveau de la chance, je pense pouvoir affirmer que je suis au point final de la chaîne. Si je pensais déjà être le plus malchanceux du monde, je n'avais pas encore défini quels évènements faisaient que personne ne m'égalait dans ce domaine. Cette journée, ou tout du moins ce que j'en ai déjà vécu, pourrait être placée en tête - en exemptant bien sûr la mort de Minami, laquelle pesait encore sur ma conscience.
Pour commencer, et ce sans doute plus par défaillance technologique de mon réveil que de flemme, j'avais réussi à me lever avec vingt minutes de retard - autant vous dire que, si j'avais su ce qui m'arriverait cette matinée, je serai resté au lit. Je m'étais contenté d'une douche rapide et d'un déjeuner en vitesse, filant ensuite réveiller Aeru qui ne risquait pas d'être debout, en vue de l'heure.
Lui laissant le temps de s'extirper totalement de ses songes, je préparais la totalité de mes affaires, pour partir sitôt qu'elle serait prête. Inutile de préciser que je manquais à maintes reprises de faire tomber le sac, me couper le doigt avec un couteau ou encore de trébucher dans les escaliers.
Pourtant, cette succession d'évènements n'était que le début de ma poisse du jour, qui dura d'ailleurs toute la matinée - laquelle pourrait être qualifiée de normale ; en exemptant ce détail. En plus de ça, il ne m'était pas permit de bailler aux corneilles : Octobre n'était pas une période où je pouvais me permettre de me relâcher dans mon travail.
Mon anniversaire était passé depuis environ deux semaines, bien que je n'aie pas pris le temps de le fêter autrement qu'avec Aeru, dans notre appartement. Nous étions quasiment toujours ensemble et, à vrai dire, ce n'était pas pour me déplaire.

Toujours pouvoir garder un oeil sur elle me rassurait, aussi étais-je certain qu'elle ne manquerait pas de se perdre dans cet établissement ; si tant est qu'elle arrivait à échapper à ma surveillance.
De ce côté-là, je n'avais pas vraiment eu de problèmes, aussi avais-je pu me permettre de partir déjeuner une heure en avance, comme à mon habitude, pour pouvoir sans mal surveiller les môm... étudiants, lorsque ceux-ci auraient leur pause-repas.
"Parfait", me suis-je dit, "Je vais avoir la paix pour un moment." Si cela risquait réellement d'arriver, dame poisse n'avait pas fini de gâcher ma journée. Le repas terminé, je décidais -non sans une longue réflexion proportionnel à mon niveau d'intelligence pas bien élevé- de partir en direction des terrains de sport.
Cette zone était plutôt fréquentée le midi, mais à cette heure-ci, totalement déserte, en toute logique.


"Tu peux t'amuser, si tu veux. On a le temps." ai-je dit, souriant.

Encore une fois, je regrettais d'avoir parlé trop vite. Je m'ennuyais implacablement, certes, mais j'avais mal estimé le temps qu'il nous restait avant la sortie des élèves. Ceux-ci ne tarderaient pas à sortir de cours, certains venant rejoindre les terrains de sport. Je me contentais de surveiller Aeru, mettant de côté ce détail.
Autant profiter du temps libre qu'il nous restait. Je la rejoignis donc, incapable de rester plus longtemps inactif - aussi supposai-je que ceci était dû à ma tempérament impulsif. Me dépenser n'était pas plus mal, j'avais ainsi moins de chance de m'emporter sur un élève. Cette fois encore, j'espérais que mes pensées s'avèrent juste.
J'eus à peine le temps d'y songer que sonnèrent les douze coups de midi. Avec un soupir las, je me redressais, prêt à me mettre au travail, adressant un sourire à ma fille qui signifiait qu'elle pouvait continuer de jouer.


Dernière édition par Shinichi Fujita le Mar 12 Juin 2012 - 15:17, édité 1 fois
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(#) Re: Malchance incessante.  Jeu 17 Mai 2012 - 11:57






Moi, mon papa, je l'aime vraiment très très fort. Même que c'est le meilleur des papounet du monde qui ait jamais existé sur la terre. Bon, d'accord, sa cuisine, c'est pas toujours trop trop bon, mais c'est un papa, et les papa c'est des garçons, et les papas ça sait pas cuisiner. Alors il faut toujours une jolie et gentille fille pour l'aider à préparer le repas. Mais moi, j'ai que les repas de Papa, parce que y'a pas de jolies gentilles filles à la maison. Avant, Papa il m'a dit que y'avait Maman, même que Maman, bah, elle est trop trop belle sur la photo qui est sur le meuble. Papi et Mamie, ils avaient dit qu'elle était là-haut, au ciel, au paradis, mais j'ai pas tout tout compris. Parce que je sais plus que n'importe qui que son Paradis à ma Maman, c'était dans les bras de mon Papa ! Parce que même si il cuisine comme une savate, c'est un super trop bon papa trop mignon et même que j'aime jouer à la coiffeuse et lui faire des houppettes et des couettes ! Je suis sûre que Maman aussi, elle aimait bien jouer à coiffer Papa ! Tout le monde aime bien les cheveux de Papa, ils sont trop marrant ! Ils sont bleus ! Ouais, même que c'est tout joli le bleu ! Et puis, ils sont courts et ils sentent trop trop trop bon ! Même que mon Papa, il sent vraiment trop bon, il sent encore plus bon que le parfum ! Et moi je sens toujours l'eau de toilette pour bébé que mon papa il met sur ma figure le matin. C'est tout frais, le coton il est tout mouillé et ça chatouille dans le cou... Et puis ça réveille ! Et puis moi, j'ai une peluche. Même que j'en ait trois ! C'est des grosses peluches encore plus grosses que moi, alors elles sont vraiment très hautes, parce que mon papa il dit que je suis grande maintenant. Les peluches, elles sont en forme de boules toutes molles, y'en a une verte, une blanche et une rose et il faut les empiler pour faire joli dans la maison ! Même que le maison elle est toute jolie ! Papa disait que Maman aimait beaucoup ces peluches, elle les serrait tout fort contre elle, dans ses bras. Si les peluches, elles ont l'odeur de Maman, alors Maman sent vraiment, vraiment très bon ! Comme Papa ! On sent tous bon !

Un papa rapluie
Qui me fait un abri
Quand j'ai peur de la nuit.


Ce matin, mon papa, il m'a réveillée, si si, il m'a réveillée ! Mais d'habitude, c'est moi que je le réveille, il dort toujours tellement beaucoup que même les tout petits bébés dorment pas autant que lui ! Moi, je sais reconnaître les chiffres, enfin presque tous les chiffres. Par exemple, quand le réveil il dit le chiffre quatre sur l'écran, il faut courir réveiller Papa en sautant sur son lit parce qu'il est tard et qu'il va être en retard au travail, si si ! Et après, on dit que je confond les quatre et les sept, c'est trop pas vrai ! Z'êtes tous des menteurs, moi je compte trop bien d'abord. Mais aujourd'hui, c'est Papa qui m'a réveillée, parce que j'étais encore en train de dormir. Y'a des fois où mon rêve, il est tellement trop bien que je veux pas me réveiller, mais Papa me réveille quand même. Moi, j'aime réveiller Papa, mais j'aime pas être réveillée, après je suis toujours de mauvais poil. Alors Papa sort de la chambre pour me laisser me réveiller toute seule comme une grande. Mais moi, je suis tellement trop bien dans mon rêve que je pose ma tête sur l'oreiller et que je me rendors. Mais Papa il revient une nouvelle fois. Bon, j'aime pas quand mon Papa il est contrarié alors je me lève pour lui faire plaisir et puis, je fais comme tous les matins : je me frotte les yeux très fort en grognant comme un ours..on ! Et puis je vais dans la cuisine. Toujours quand il me réveille, Papa il fait mon petit déjeuner avant, mais ça va, ça a pas besoin d'être cuisiné par lui alors c'est bon et ça me met pas encore plus de mauvais poil. Pendant que je mange, je regarde souvent soit la télé, soit Papa qui s'amuse, et quand Papa s'amuse, c'est toujours plus rigolo que la télé ! Alors d'abord, il court partout, il va chercher mes habits pour aujourd'hui, puis il se coupe les doigts en préparant le repas de midi. Comme ça fait mal, il danse la java, comme dans mes dessins animés, logique. Après quand j'ai fini mon p'tit dej', il m'habille et il me coiffe et il me fait toute belle ! Parce que mes cheveux, ils deviennent tout emmêlés quand je dors, je sais pas du tout pourquoi ! Et mon Papa, il me met toujours un joli nœud dans les cheveux, il dit que je ressemble trop beaucoup à Maman... en plus petite. Aujourd'hui, Papa il a trop bien choisit, comme toujours, je le laisse choisir il a des bons goûts. Normalement, je sais m'habiller toute seule, mais comme je suis de mauvaise humeur, j'ai pas envie alors c'est Papa qui m'habille avec un manteau bleu très foncé et accessoires fushyas et colorés; Moi, mon Papounet c'est le meilleur. Parce que d'abord, à chaque fois qu'il m'habille il me dit que Maman aurait été contente si elle avait été là, de voir que je suis la plus jolie petite fille du monde. Mais moi, je suis modeste, alors je continue de croire que toutes les petites filles sont belles comme des princesses aux yeux de leur Papa et de leur Maman. Par contre, c'est vrai, soyez pas jaloux, mais avouez que j'ai le meilleur papa du monde, quoi ! C'est pas ma faute à moi si il est beau, gentil, qu'il sent bon et que ses cheveux sont trop marrants.

Un papa ratonnerre
Je ne sais pas quoi faire
Quand il est en colère.


Après, moi je vais me brosser les dents comme une grande, sauf que je râle parce que Papa, pour faire le ménage, il a planqué le tabouret en hauteur et c'est pas juste, j'arrivais pas à l'attraper. Moi j'ai besoin du tabouret, mais c'est pas plus mal, il est joli, tout rouge avec des points noirs et une tête de coccinelle devant, c'est trop beau les coccinelles ! Enfin, peut-être que vous vous en fichez, mais pas moi, et toc ! Et puis, après, Papa il m'a prit dans ses bras parce qu'on était en retard. Et puis, j'ai des petits pieds, moi, alors je marche pas vite. Mais lui, il a des grandes jambes musclées qui marchent super vite, tellement que ça fait du vent, peut-être qu'il court aussi vite que Bip Bip dans Bip Bip et le Vil Coyote. Alors on descend pour aller à son travail. Il travail dans une école, je crois, j'y vais toujours avec lui, y'a plein d'enfants grands comme ça ! plus grands que moi, d'abord ! Parfois, ça fait bizarre d'être la seule toute petite au milieu de tous ces grands, grands. Mais c'est pas grave, moi aussi un jour je serais grande comme eux. Y'a pas longtemps, j'ai fêté l'anniversaire de mon papounet ! Il avait 25 ans...je crois. Moi, je sais compter jusqu'à trente. Papa, il a son anniversaire en plein quand y'a de l'école ! Moi, mon anniversaire c'est en Décembre, le sept et c'est cool parce que c'est presque les vacances !

Un papa rasol
Avec qui je m'envole
Quand il rigole.


Quand on arrive dans l'école, il était quand même un peu tard, et Papa il a été prendre son déjeuner. Moi, je l'ai suivi, mais j'avais pas faim du tout, je venais à peine de prendre mon p'tit dej' ! Papa, il prend son déjeuner tôt pour surveiller les grands enfants, après, il est cool, mon papa, je suis sûre que quand il leur crie après quand ils font des bêtises, c'est parce qu'il s'inquiète ! Comme pour moi, il me crie dessus quand je lui fais peur et que je fais des bêtises, parce qu'il a peur qu'il m'arrive quelque chose. Et puis aussi, je suis unique, le pauvre serait perdu si il me perdait, voyons ! Après la pause déjeuner de Papa, je le suis jusqu'aux terrains de sport. C'est marrant les terrains de sport, y'a plein de garçons qui jouent à donner des coups de pied dans un ballon, moi aussi je veux faire ! Alors, une fois là-bas, en attendant que mon Papa il aille travailler, je prend un ballon et je met des coups de pied dedans. Sauf que j'ai pas la force des grands enfants sportifs, moi, alors le ballon, c'est à peine si il quitte pas mon pied. Et puis, je le voyait pas si gros le ballon, moi... En fait, il arrive jusqu'à mes genoux. Mais je continue de jouer avec parce que c'est rigolo, jusqu'à ce que mon Papa veuille aller travailler. Je rigole comme à chaque fois que je m'amuse, et puis je passe le ballon à Papa. Mais il a pas vu, il se lève dès qu'il a entendu une cloche mystérieuse qui envoûte les Papas et les pousse à aller travailler. Il baisse la tête vers moi et me regarde en souriant. Moi, je continue de jouer et je fais semblant que je l'ai pas vu. Et puis bah, je boude un peu parce que mon Papa, il est rien que juste à moi ! Et je veux qu'il joue avec moi, encore un peu, les grands enfants, ils sont grands et ils se surveillent seuls !

Mais moi, j'ai une bonne idée, j'ai souvent tout plein de bonnes idée. J'aime pas faire des caprices alors je m'arrange avec mon cerveau pour trouver des idées bien pour que j'obtienne ce que je veux. Je suis diabolique, en fait. Alors je cours avec mon ballon, je frappe dedans plusieurs fois pour le mettre dedans les buts, comme les grands, et puis je souris, je rigole et je sautille partout. Après je reviens vers lui et je dis ce que disaient les grands l'autre jour :

« Papaaaa ! Je suis en train de gagner 1-0 contre toi, viens prendre ta vengeance ! »

Et puis je sautille tout partout en le regardant avec mon petit air fripon que je réserve rien qu'à lui. Parce que d'habitude, je suis timide et toute mignonne, avec les autres grandes personnes, mais avec Papa, je fais ma "fripouille" comme il dit, parce que j'aime m'amuser avec mon Papa, il est rigolo. Alors je le nargue et je cours partout autour de lui. Peut-être que si je lui passe le ballon il va venir jouer avec moi. Alors c'est ce que je fais et puis je lui tire la langue. Je veux qu'il vienne jouer avec moi. Et puis, après, je le laisserais travailler et je me trouverais quelqu'un d'autre pour jouer. Mais pour l'instant, je voulais jouer avec personne d'autre que mon petit papounet.

Un papa tout court
Que je fête en ce jour
Avec tout mon amour.


[HS- Hoy ! J'ai vu que la plupart des gens écrivaient à la première personne ici, j'ai voulu essayer pour
la première fois... Moi je trouve ça pas mal....]
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« Invité »
(#) Re: Malchance incessante.  Sam 19 Mai 2012 - 16:57

Ainsi arrivait comme d'habitude le moment fatidique. L'instant où tous ces imbéciles d'adolescents sortaient de leurs salles de classes puantes pour accourir dehors, telle une meute d'animaux affamés. Avec leurs rires aussi moches que leurs faces boutonneuses, qu'ils pensent séduisantes. Laissez-moi rire. J'ai envie de leur écraser mon pied dans la figure. Ils jouent leurs vies dans leurs études, et seule la connerie compte pour eux. Si je n'étais pas pion, je n'hésiterai pas une seconde à leur faire comprendre la vie. Le problème est que, si je n'étais pas pion, je ne penserai pas être en mesure de les approcher - si tant est que j'avais l'envie et le temps de m'occuper de gamins. Parmi les être idiots qu'étaient les enfants, il n'en existait qu'un seul que je pouvais supporter ; celui-ci étant Aeru. Ce n'était pas étonnant, car si j'étais déjà un piètre père, je ne pourrai même pas me qualifier comme tel si je n'étais même pas capable de supporter sa présence. Par ailleurs, je doute qu'il existe un quelconque défaut qui puisse la qualifier. Une petite fille de 5 ans qui s'amuse à jouer dans un ballon, et qui pourrait continuer des heures, que peut-on y voir de négatif ? Moi-même, je n'éprouvais aucun ennui à la regarder faire, aussi le tintement de la cloche de midi m'apparaissait-elle comme une malédiction. J'avais beau faire celui qui ne voyait rien, je savais que le fait que je parte travailler ne réjouissait pas Aeru. Toutefois, elle ne vint même pas pleurer comme l'aurait fait la majorité des enfants de cet âge-là. Elle se contentait d'attirer mon attention, son prétexte m'arrachant un léger sourire. Si ça ne tenait qu'à moi, je jouerai déjà avec elle.

J'observais les adolescents arriver, un air consterné sur le visage. Ils allaient encore jouer ensemble, se disputer comme des idiots pour finalement se disputer un match qui tenait davantage de la violence. Leur seule vue m'arracha un sourire crispé, mais je me contentais de les regarder passer en silence. Je n'avais que faire de leurs querelles, aussi n'avais-je à intervenir que si cela tournait mal. Mon regard restait toutefois également rivé sur Aeru. Elle serait bien capable de s'éclipser sur un coup de tête si je la lâchais ne serait-ce qu'une demi-seconde du regard. Pire encore, elle pourrait avoir l'idée de jouer avec ces bouseux - pardon, ces élèves ; une idée à laquelle je n'osais même pas penser. Vu comme c'était parti entre eux, on pouvait espérer qu'elle ne tiendrait pas deux minutes avant de sortir sur un brancard - aussi avais-je l'intention de faire subir un traitement bien pire à ces garnements si ma fillette finissait dans un tel état par leur faute. Avec un soupir, je glissais mes mains dans mes poches, non sans rester près d'elle, bien résigné à finir cette journée calmement. Pas que j'étais fatigué, mais je savais que le moindre coup de colère jouer en ma défaveur - aussi savais-je que ce fait-là ne serait pas pour leur déplaire après ce que je leur aurai fait subir. Vous aurez compris que si je n'ai jamais frappé personne, alors ces gosses n'ont pas de boutons sur le visage. Mauvais exemple, je vous l'accorde, mais s'ils passaient autant de temps devant leurs cahiers à étudier que devant la glace à tenter de les crever, peut-être qu'ils aboutiraient à quelque chose dans leurs pitoyables vies. Je tournais la tête vers Aeru, sachant pour mon plus grand malheur qu'elle mourrait d'envie de les rejoindre pour aller s'amuser.

"Je te déconseille d'aller jouer avec eux. Mais si tu y tiens, je resterai pour te surveiller." dis-je d'un ton rassurant.

"Si tu tiens à te prendre un ballon dans la figure" rajoutai-je en mon fort intérieur à brûle-pourpoint. Certainement par association d'idées. Sans doute allai-je regretter cette chance manquée de pouvoir faire taire mon esprit, puisque ce que je souhaitais le moins avait en général énormément de probabilités de se réaliser. Communément appelé la malchance ou encore la poisse, ce phénomène n'avait cesse de s'acharner sur moi - aussi m'étais-je déjà surpris à ne plus souhaiter deux bonnes rations de takoyakis. Malheureusement, ce stratagème avait lamentablement échoué, j'étais donc condamné à subir les tortures du destin. Comme c'était le cas depuis toujours. J'avais juste à espérer que le sort se montrerait clément à l'égard d'Aeru, et donc indirectement à mon égard. Une prière qui avait certainement autant de chances de réussir que ma fille en avait de marquer un but. Je suis désolé, mais c'est la vérité. J'ai beau l'aimer davantage que quiconque ne le pourrait jamais, je savais pertinemment qu'une gamine de cinq ans n'aura pas grandes choses face à tous ces adolescents. Elle était si petite que le ballon lui arrivait aux genoux, et son shoot avait autant de puissance qu'une grand-mère de 80 ans au lancer de poids. Une grand-mère fatiguée, je préfère préciser. Vous serez surpris par la performance de la mienne dans ce sport - aussi avais-je des raisons de penser que cette force était due aux nombreux lancers de casseroles effectués sur mon paternel. Même si je n'étais que très jeune à l'époque, une telle vigueur de la part de ma mamie m'avait marqué. Parti comme c'était pour Aeru, je supposais qu'elle n'hésiterait pas à déposer une candidature pour les Jeux Olympiques, même après la soixantaine passée.

"Fais attention à toi." ajoutai-je.

Quand vous aurez une fille de cinq ans survoltée comme l'est la mienne, vous comprendrez pourquoi je n'avais cesse de lui répéter ces mots - même si je savais, entre autre, qu'elle n'en tenait pas rigueur. Peut-être avait-elle également hérité de ma chance légendaire, arrivant de ce fait à se fourrer dans des situations des plus tendues sans avoir rien demandé. Même sans ça, je savais bien qu'il était dangereux de la laisser jouer avec des types pareils, et je n'allais certainement pas me priver d'intervenir si quelque chose arrivait. Leur niveau d'intelligence n'était pas très élevé, ils seraient bien capables des pires besognes si ça pouvait les faire gagner ce stupide jeu. Peut-être suis-je parano, ou encore bien trop protecteur à l'égard d'Aeru, mais mieux vaut trop que pas assez. Et honnêtement, sachez que dans le cas présent, j'aimerais beaucoup que ce soit de la paranoïa.

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« Invité »
(#) Re: Malchance incessante.  Sam 9 Juin 2012 - 4:39

Fuir. Partir le plus loin possible pour ne pas être retrouvé. Voilà ce que Shôtaro avait à l'esprit en ce moment. Pourtant, la situation dans laquelle il se trouvait n'avait rien de grave et encore moins de dangereux, mais quand on connaissait un peu plus le personnage, on pouvait aisément comprendre son désir de devenir invisible - et comme c'était une chose totalement impossible, la fuite semblait être la meilleure option. La fuite vers un endroit qu'il ne fréquentait jamais d'ordinaire. La tactique semblait la bonne car qui aurait l'idée de venir le chercher aux abords des terrains de sport ? Lui qui n'était pas sportif pour un sou et qui passait ses journées le nez dans ses bouquins ou devant son ordinateur.

Remettons donc les choses dans leur contexte avant d'aller plus loin. Ce matin, alors qu'il sortait d'un cours, une fille l'aborda. Comme ça. Sans prévenir. Bon, en même temps, c'était une pensée totalement ridicule car les gens ne se mettaient pas à crier "Attention, je vais te parler !" avant de s'adresser à quelqu'un. Sauf que personne ne parlait à Shôtaro et les rares personnes qui avaient essayé s'étaient heurtées à un mur. Le jeune homme n'en avait rien à faire des autres et il ne cherchait pas à se faire des amis. D'ailleurs, il se fichait bien de ce qu'on pouvait penser de lui. Son seul objectif était de réussir ses études et pour ça, il n'avait besoin de personne.

Donc, cette fille vint lui parler et ce, pour lui demander de l'aide pour ses devoirs. Elle se foutait de lui ou quoi ? Certes, Shôtaro avait une réputation d'intello - justifiée - mais sûrement pas celle de donner des cours particuliers aux autres. Où allait le monde ? Lui ? Aider quelqu'un ? La bonne blague ! De plus, la fille en question faisait partie du groupe des gens populaires de l'école. Que venait-elle foutre avec quelqu'un comme lui ? Enfin, ce n'était pas sa réputation à lui qui était en jeu. Il la connaissait de vue car oui, même lui connaissait les populaires. D'ailleurs, il mémorisait généralement tous les noms de ceux qu'il rencontrait, ainsi que leurs visages, bien sûr. Et donc, il se trouvait face à Chizu Suzuki. Chizu qui était vraiment très collante et avait refusé de le lâcher jusqu'à ce qu'il accepte de l'aider.

Marre de l'entendre geindre, il finit par lui dire oui. Elle le laissa donc tranquille pour le moment et promit de passer à sa chambre un peu plus tard dans la journée. Super... Bah, il trouverait bien une excuse pour se défiler. Car il était évident qu'il n'avait aucune intention de se casser la tête pour cette fille. Déjà qu'il avait beaucoup de mal avec les filles en général...plus qu'avec les autres.
Quoiqu'il en soit, il avait rejoint sa chambre et s'était mis au boulot. Du coup, il avait complètement oublié Chizu et quelle ne fut donc pas sa surprise lorsqu'elle vint frapper à sa porte. Agacé, Shôtaro affirma avoir un truc urgent à faire avant de quitter sa chambre en vitesse, non sans avoir emporté quelques bouquins.

Le temps que la jeune fille réalise qu'il venait de la planter, il serait déjà loin. Du moins était-ce ce qu'il avait cru en se dirigeant vers les terrains de sport. Sérieux...qu'est-ce qu'il ne fallait pas faire ! Surtout que cet endroit était très bruyant et dangereux. Il ne tenait pas vraiment à se prendre un ballon en pleine tête et ainsi perdre quelques cellules grises ! Sans parler du mal de crâne qui irait avec. Mais pour l'heure, il décida de prendre sur lui. Il chercherait un autre coin plus tard...tout en sachant qu'il ne pourrait pas non plus fuir Chizu éternellement. Il finirait bien par retomber sur elle à un moment ou à un autre. C'était mathématique.

Alors qu'il cherchait un endroit où se poser, son attention fut attirée par un type aux cheveux bleus, comme lui. Ou presque. Car ceux de ce type étaient plus clairs. Bah, en même temps, on s'en fichait un peu. Bref, ce type était en train de parler à une petite fille avant que celle-ci ne rejoigne les sportifs de l'école. Hein ? Que faisait une enfant ici ? Et pourquoi ce type la laissait aller là-bas ? C'était dangereux ! Une seconde. En quoi ça le concernait ? Le fait était qu'il n'avait pas envie d'assister à un accident, même si les mômes avaient tendance à l'agacer. Se faisant violence, il s'avança vers le type en question.

"C'est irresponsable de laisser une enfant avec des abrutis pareils."

Il n'avait cependant pas l'intention d'en dire plus et chercha déjà un banc ou autre où se poser. C'est là qu'il eut soudain comme un doute. Ce type lui disait quelque chose. En y réfléchissant un peu plus, il lui semblait qu'il s'agissait du nouveau surveillant de l'établissement. Mais il n'y avait pas que ça...son visage ne lui était pas étranger, même si là, tout de suite, il fut incapable de mettre un nom dessus. Un comble pour quelqu'un qui se vantait pourtant de ne jamais oublier un nom et un visage.

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« Invité »
(#) Re: Malchance incessante.  Jeu 14 Juin 2012 - 21:49

Je m’arrêtai net, à quelques mètres des garçons, encore essoufflée par ma course et pointai du doigt la raison de ma venue aux terrains : Shôtaro Fujita. Pour une fois que ce n’était pas à cause des garçons…

« -Toi ! Espèce de lâche ! Gros nul ! »

Je ne le lâchai pas du regard, de peur qu’il prenne une fois de plus ses jambes à son coup, et m’approchai sans faire attention aux personnes autour de nous.

« -On ne t’a jamais dis qu’un gentleman ne doit pas faire attendre les dames, et qu’il est très mal poli de fausser compagnie à ses invités ? »

Bon, il est vrai qu’il ne m’avait jamais dit qu’il reviendrait, et il n’avait jamais prétendu être un garçon bien élevé, encore moins être un gentleman. Mais même, c’était la seule chose qui me traversait l’esprit, et vu qu’il venait de me poser un lapin, je préférai ne pas trop réfléchir, car ce n’est pas moi qui en aurait subi les conséquences.

Pour mieux comprendre pourquoi j’avais fait le chemin des dortoirs aux terrains en courant, il faut remonter en arrière, juste après la sonnerie de ce matin-ci. Le prof de langue nous avait donné un devoir à rendre dans une semaine, et je n’avais aucune envie de me casser la tête pour le faire. Alors quand j’ai vu les cheveux bizarres de Shôtaro, forcément, je lui ai demandé de l’aide. Bon, il est vrai que j’ai un peu insisté pour qu’il dise oui, mais juste un tout petit peu. Alors on s’est donné rendez-vous dans sa chambre. J’y suis allé, il m’a dit qu’il avait quelque chose à faire, alors je l’ai laissé y allé.

Et puis je l’ai vu allez vers les terrains. Non mais ! Je me suis faite avoir comme une débutante ! Et puis franchement, vous imaginez un mec comme Shôtaro allez vers les terrains ? Pff ! Quelle idée lui avait traversé l’esprit ?

Enfin bon, sur le moment, c’est pas ce qui m’inquiétait. Je suis partie en courant –enfin, ça variait entre marche rapide et petite course, parce que bon, on est pas censé courir dans les couloirs- et je l’ai rattrapé. Voilà grosso-modo ce qu’il c’est passé.

J’avais du mal à retrouver une respiration normale, et j’avais horriblement chaud. Je commençai même à transpirer. Et j’étais entouré de pleins de monde. Forcément. Y’a des jours comme ça, où on enchaine les mauvaises surprises… Comme ce jour-là, par exemple. Je lâchai enfin l’intello des yeux pour observer les personnes près de nous. Il y avait, en plus d’un groupe d’imbéciles en train de jouer au foot, un homme avec des cheveux encore plus étranges que ceux de Shôtaro. Et puis, derrière lui, pas très loin, une petite fille. Haute comme trois pommes, et incroyablement choux.


« -Euh…Bonjour… »



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« Invité »
(#) Re: Malchance incessante.  Sam 16 Juin 2012 - 12:18

S'il y a bien une chose que je détestais, c'est que l'on me fasse la morale. Ne dites pas que ce n'est pas le cas, la majorité des gens ont quelques envies violentes lorsqu'on leur énonce des choses qu'ils savent déjà pendant de longues minutes. Par ailleurs, si je haïssais déjà ce fait-là, je ne supportais pas que l'on fasse des commentaires sur ma façon de m'occuper de ma fille. Je vous l'accorde, mon talent d'éducation avait beau être piteux - aussi les différents mômes que j'ai recadrés ici, à ma façon, pourront témoigner de ça -, je me jugeais quand même capable de surveiller un enfant qui se trouvait à moins de dix mètres de moi. S'il m'arrivait de m'inquiéter pour rien, je me doutais que ces sportifs étaient assez intelligents pour faire preuve de douceur lorsqu'ils se font aborder par un enfant de cinq ans - aussi étais-je prêt à intervenir dans le cas contraire.

Toutefois, la personne qui m'avait abordé me disait quelque chose, et pas seulement parce que ses cheveux avaient l'air tout aussi extravagants que les miens - sinon plus. Je le dévisageais quelques secondes et, si ses propos piquaient mon énervement, sa tête me donnaient une sacré envie de rire. On aurait dit, outre une même envie de changer la couleur de nos cheveux, que lui et moi étions diamétralement opposés. S'ils paraissaient être un véritable intello, travailleur et sérieux - comme cela devait être le cas, à vrai dire, on me disait souvent que je donnais l'idée d'être tout l'inverse. Délinquant et flemmard, une personne absolument pas inquiète du lendemain - et sans cet air méchant, j'aurai sans doute eu l'air je-m'en-foutiste au possible. Ne sachant pas de quelle façon répondre à cet individu, je tournais la tête à nouveau vers Aeru pour observer la scène en silence.

L'envie de m'énerver était très plaisante, et lorsque je me décidais enfin entre la colère et un petit air sarcastique pour me moquer de cet élève impertinent, quelqu'un arriva sur place. Il s'agissait d'une élève, ou quelque chose qui devait s'en rapprocher, parce que cette furie ne laissait apparemment pas le temps aux gens de l'analyser qu'elle attaquait déjà - aussi fus-je heureux de constater que je n'étais pas la cible de son impulsivité propre aux demoiselles. Vous m'avez bien entendu. Les femmes, qui ont la manie de nous engueuler en partant de principes que l'on a jamais énoncés, de compliquer les choses, et que j'avais la très bonne manie d'éviter. Malheureusement, dans cette situation, il m'était un peu plus compliqué de m'éclipser, aussi décidais-je de la jouer fine. Afin de déposer tous mes problèmes dans les bras de cet autre élève, je glissais :

"C'est irresponsable de laisser une enfant seule dans un si grand établissement."

Comme ça, c'était réglé. On m'avait dit que reprendre les termes d'une personne pour les lui retourner, en les modifiant quelque peu évidemment, était d'autant plus efficace dans un débat. Il n'y a rien de plus ridicule qu'une personne qui en critique une autre pour une chose qu'elle a fait - et encore plus, pour quelque chose qu'elle est en train de faire. Bien entendu, comme à l'accoutumée, je n'appréciais la sagesse des conseils d'autrui que bien plus tard - aussi espérais-je, malgré tout, de n'avoir pas à faire face à celle des propos de mon interlocuteur. Apparemment, tout se passait bien pour le moment, ce qui n'était pas pour me déplaire. Ils avaient bien comprit qu'il fallait ralentir un peu le rythme avec un enfant. Si mon désir de protéger Aeru était intact et restait ma principale préoccupation, une petite envie personnelle de vengeance brûlait au fond de moi, qui détestait avoir tort.

En revanche, il est clair que je n'allais pas laisser ma fille prendre des risques pour ma propre satisfaction - aussi aurai-je vite fait de l'éloigner de ces types si elle ne s'amusait pas autant. Même si je savais que ces jeunes n'allaient rien tenter si je les surveillais, et partant de ce fait, je ne les quittais pas des yeux, je ne pouvais m'empêcher de laisser l'inquiétude me gagner. C'était sans doute de la paranoïa et, de ce fait, je pensais à noter dans un coin de ma tête d'aller chercher des médicaments - et, dans un tout autre registre, vérifier l'existence du monstre sous mon lit que je craignais depuis tout petit, à cause de bruits nocturnes incessants. Toutefois, si je savais que les sportifs n'étaient pas un danger pour Aeru, le fait que tant de gens s'amassent en cet endroit commençait quelque peu à me gêner. Passer un midi tranquille ? Voilà que je me mettais à l'humour.

"Bonjour." répondis-je sur un ton neutre.

À présent que les formalités étaient faites, puisque je supposais qu'un pion n'avait pas à se présenter aux élèves - la majorité de ceux-ci devant connaître les noms du personnel, restait à faire un choix. Celui de profiter du spectacle d'une superbe scène de ménage entre deux élèves, ou de rester au calme en leur priant d'aller se mettre sur la... pardon, de se disputer plus loin. Enfin, pause gâchée pour pause gâchée, autant laisser couler le reste, de ce fait, je me contentais de rester silencieux en observant le jeu qui se déroulait devant mes yeux. Pour peu que le fait de surveiller une bande de délinquants imbéciles soit déjà assez agaçant, je n'avais pas envie de me prendre la tête avec d'autres personnes en entrant dans un débat. Par ailleurs, je ne pouvais balayer de ma tête cette étrange impression de déjà vu lorsque je regardais le visage du garçon.

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(#) Re: Malchance incessante.  Ven 27 Juil 2012 - 17:40






Moi, j'aime jouer avec les gros ballon ! Parce que, d'abord, c'est facile de frapper du pied dedans parce que mon pied il est tout petit alors je risque même pas de le rater, d'abord ! Et puis, en plus, parce que jouer à taper dans un ballon pour le mettre dans les buts, c'est drôle ! Même que dans les dessins animés, les gens qui travaillent en tapant dans les ballons, ils déchirent même le filet des buts, en plus, d'abord ! Même qu'ils se font même pas gronder. Alors moi aussi je veux faire ça, parce que c'est drôle et que je me ferais pas gronder si je dis que je suis une tapeuse de dedans les balles, comme à la télé dans les dessins animés ! Et puis, en plus, je ferais mes yeux qui pleurent et mon Papa il viendra. Comme il est grand, et fort, et tout musclé, et intelligent, et beau, et bah personne il va me gronder, tout le monde il va me féliciter, d'abord, parce que je tape trop, trop bien dans les ballons ! Et que mon Papa, il tape trop, trop bien sur la figure. Alors ils auront peur de mon Papa et ils me caresseront la tête et me tireront les joues comme les vieilles dames gaga devant les bébés, d'abord.

Et puis, alors, maintenant, je regarde mon Papa et je lui fais un gros, grand sourire tout mignon pour qu'il cède et qu'il aille pas surveiller les grands enfants, d'abord. Parce que de toute façon, si il préfère les surveiller et qu'il préfère pas me surveiller moi, alors je ferais rien que des bêtises, en plus, d'abord ! Mais non, il reste là, avec moi, même, parce que je suis sa préférée et que c'est mon Papa, d'amour ! Alors je fais la fière quand je regarde les grands. Ouais parce que, la cloche qui jette un sort aux Papas pour les faire travailler, elle jette aussi un sort aux grands enfants pour les faire jouer. Du coup, ils font n'importe quoi, ils se dispersent tout partout et ils sortent de leur classe. Ou alors, ils vont manger les trucs pas bon à la cantine. Mais là, il y en a qui viennent dans les terrains pour jouer alors je les regarde passer. Mais eux, il me voient pas, je suis trop petite et ils sont trop grands, ils ont des graaaandes, grandes jambes, d'abord. Et même que y'en a un qui a faillit me bousculer, mais il a juste faillit, il m'a même pas vue. Mais je les regarde, avec mon ballon toujours serré contre moi. Ils sont grands et ils font du bruit avec leurs grandes bouches, mais c'est pas grave, j'ai quand même envie de jouer avec eux. Alors je regarde mon Papa.

"Je te déconseille d'aller jouer avec eux. Mais si tu y tiens, je resterai pour te surveiller. Fais att-"
« Ouaiiiiis ! »

J'écoute même pas la fin de la phrase qu'il dit, mon Papa. Je suis contente, parce que mon Papa, quand je lui fais mes yeux tout gentils, et bah il me dit toujours oui, d'abord ! Parce que mon Papa, c'est le plus beau, et le plus gentil, et le plus intelligent de tous les Papounets du monde. Parce que, mon Papa, c'est le plus mieux, d'abord. Alors je me mets à sautiller tout partout et à courir autour de lui, avec mon ballon dans les bras. Mon ballon, j'ai un peu beaucoup du mal à le tenir, parce que il est tout gros d'abord, et qu'il est tout lourd. Et puis, si ça se trouve, c'est un ballon magique qui s'en va des mains des petite filles qui le portent. Alors j'ai un peu peur, puis je m'arrête de tourner tout autour de mon Papa. Je le regarde un peu puis je me baisse pour poser le ballon par terre devant mes pieds et de courir pour shooter dedans comme les grands enfants qu'ils font. Alors, je fais comme à la télé, parce que je suis une grande fille tapeuse de dedans les balles, avec mon ballon magique qui roule très loin. Et là, même, il roule tellement loin qu'il va voir les grands, et sans moi. Alors je me met sur la pointe des pieds pour mieux voir où il va, parce que je suis grande, trèèès grande, comme les grands enfants quand je me met sur la pointe de mes pieds. Je suis même aussi grande qu'eux d'abord ! Mais non, les grands qui jouent au ballon, ils veulent pas me rendre le mien. Alors je me retourne vers mon Papa parce que je suis triste, sans mon ballon et je lui fais mes grands yeux tout mouillés qui vont pleurer pour qu'il soit triste lui aussi, qu'il me trouve toute mignonne et qu'il aille chercher mon ballon.

Mais mon Papa, il m'entend même pas, en plus. Même qu'il parle avec un autre garçon. Même que le garçon, et bah c'est un grand enfant, comme ceux qui jouent au ballon à côté et qui veulent même pas me rendre le mien. Le garçon, il a des cheveux bleus foncés, bleus comme mon Papa, d'abord ! D'ailleurs, il a presque la même forme des mêmes grands oeils de mon Papa, mais pas la même couleur.

"C'est irresponsable de laisser une enfant ablahblahblah[...]"

J'écoute même pas la suite, parce que il faut jamais écouter ce que se disent les grands, c'est personnel et on doit pas entendre, des fois. Et puis même que de toute façon, les conversations des grands, elles sont pas drôle, alors elles sont nulles, d'abord. Moi, je préfère jouer avec un ballon. Et puis, en plus, Papa est occupé à discuter avec le grand garçon qui a parlé mais que j'ai même pas du tout beaucoup écouté d'abord, parce qu'ils se disent des choses de grands et que je comprend pas, voilà. Et que c'est nul. Alors, comme Papa, il me voit pas, je file sans même pas faire un seul petit bruit, je part à petits pas de loup, d'abord, très doucement, comme dans les dessins animés, sur la pointe des pieds. Même que je fais comme les chats, on les entend même pas les chats quand ils marchent parce qu'ils ont des coussinets qui font que on les entend même pas marcher, d'abord. Et puis, quand je suis sûre qu'il me voit plus, alors je gambade vite vers le bac où les grands, ils y mettent tous les ballons tout rond, d'abord. Et même les ballons pas ronds. Mais le bac, il est trop grand, alors je pose mes petites mains sur le rebord du bac et je pousse très, très fort avec mes bras, puis je m'aide de mes pieds pour grimper. Comme je suis trop petite je peux juste faire dépasser que mes yeux pour voir ce que je prend. Il y a des toutes petites balles toutes jaunes et puis des gros ballons marrons qui ont une forme toute bizarres. Même que j'ai même vu des grosses balles oranges qu'on met dans un panier qui est très haut, comme ce que j'ai vu à la télé. Il faut que je choisisse le plus vite possible mon ballon que je veux, sinon, Papa il va voir que je suis partie. Alors je tend très fort le bras et je prend le plus vite possible mon ballon tout rond. Il est tout blanc avec des carreaux noir, et il est tout dur même pas en mousse, en plus, alors il fait mal. Mais c'est pas grave, je me laisse glisser sur le sol, mais un tout un petit peu trop vite, même que je me râpe le menton contre le bord du bac et que ça fait mal, ça fait une égratignure qui saigne un petit peu mais c'est pas grave. Je suis forte, moi, et je pleure jamais, je suis pas un bébé, même, d'abord ! Alors je court vers mon papa et je tient très, très, trèèèèès fort mon ballon pour pas qu'il s'échappe vers les grands, d'abord. Et je rejoins Papa et le grand garçon aux cheveux qui ressemblent à Papa, comme si j'étais même pas partie, d'abord.

« -Euh…Bonjour… »
"Bonjour."

Je regarde mon Papa, puis devant lui, et je vois une fille. Elle est grande, aussi, plus grande que moi, d'abord ! Mais plus petite que Papa et que le garçon aux cheveux comme Papa. Alors je la regarde. Elle a des cheveux encore plus clairs que les miens, d'abord, et ils sont tout bouclés, on dirait qu'elle a des algues marrons claires sur la tête, c'est tout bizarre. Même que, de toute façon, il y a tout plein de gens bizarres dans l'écoles où Papa il travaille. Y'a même des grands enfants avec des cheveux jaunes, en plus ! Papa il dit que c'est parce qu'ils sont pas Japonais, mais si ils sont pas Japonais, ils peuvent pas être autre chose, d'abord, non ? Donc, bref, mais c'est pas grave, elle est très jolie, hein, la fille, avec ses algues sur la tête ! Même qu'elle a des oeils noisettes, comme moi mais en plus clair, d'abord ! Mais c'est pas grave, ils sont trop beaux quand même. Par contre, les miens ressemblent à ceux de ma Maman, alors ils sont plus beaux, évidemment ! Et même que la fille, elle avait l'aire d'être toute fâchée contre le garçon quand je suis revenue. Mais maintenant, elle va mieux, alors je suis contente et je lui fais mon plus grand sourire tout mignon pour plus qu'elle soit en colère. Parce que c'est pas drôle de gronder et c'est même pas drôle non plus de se faire gronder, en plus. Moi, j'aime pas ça du tout, du tout, même que quand on me gronde, ça fait pleurer, d'abord. Faut pas que le garçon et bah, il se mette à pleurer. Alors je regarde Papa, puis la fille, et puis après le garçon. Et puis je vais vers Papa et je me cache contre lui, d'abord.

« Papa..? »

Y'en a, ils sont méchants, ils sont trop nuls, ils disent que je fais ça parce que je suis timide mais c'est même pas vrai, d'abord ! Moi, je suis pas timide, je veux juste faire un câlin à mon Papa, juste comme ça. J'ai même pas peur des grands enfants, en plus. C'est juste que mon Papa, c'est le plus gentil des Papas alors.......Même que mon Papa, je l'aime très beaucoup fort, et gros comme ça, d'abord ! Et toc.

[HS- Presque un mois de retard, je m'en excuse et je m'en veux énormément. Vraiment désolée d'avoir autant freiné le RP. Et en plus, c'est court et c'est tout pourri ce que j'ai fait ;;.]

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(#) Re: Malchance incessante.  Sam 4 Aoû 2012 - 0:23

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Shôtaro pensait avoir échappé à Chizu, mais il avait fait une grossière erreur en assumant être en sécurité dans ce lieu qu'il détestait tant. Son plan avait pourtant été parfait ! Se réfugier dans un lieu où un intello n'irait jamais en temps normal et donc, un lieu où on ne le chercherait pas. Finalement, il n'était peut-être pas si futé que ça. Ou pas très sportif vu que la jeune fille n'avait pas eu trop de mal à le rattraper. Le sport et Shôtaro, ça faisait deux. Et puis, ils avaient l'air complètement idiots, tous ces ados qui couraient après un ballon. Ridicule. Quoiqu'il en soit, il avait adressé la parole au nouveau pion, lui faisant quelque peu la morale, chose que ce dernier ne sembla pas apprécier. En même temps, rares étaient ceux qui aimaient qu'on leur fasse la morale.

C'était tout de même étrange...ce type lui rappelait quelqu'un, il lui disait quelque chose, mais le jeune homme fut incapable de se souvenir de qui il pouvait s'agir. Il n'eut d'ailleurs pas le temps de se creuser davantage la tête car la tornade Chizu venait d'arriver, lui faisant une véritable scène de ménage. C'était chiant. Très chiant et Shôtaro ne cacha pas du tout son agacement. Gentleman ? Lui ? Il n'avait jamais prétendu l'être, au contraire. Il était un lâche, il en était conscient et il l'assumait. De toute façon, il ne cherchait pas à plaire aux autres, il n'avait pas besoin d'eux ni de leur opinion pour vivre sa vie.

"Oui, je suis un lâche et alors ? Si tu cherches le prince charmant, c'est pas ici que tu le trouveras."

Il en avait déjà marre d'être ici, mais il doutait pouvoir se débarrasser de Chizu si facilement. Quelle plaie ! Une véritable sangsue, cette fille ! Cette dernière venait d'ailleurs de saluer le pion qui lui avait répondu sur un ton très neutre avant que la fille de ce dernier ne les rejoigne en se cachant quelque peu derrière son père. Il fallait avouer qu'elle était vraiment à croquer...et si même Shôtaro le pensait, ça devait être vrai. Pourtant, il n'aimait pas particulièrement les enfants, mais là...comment ne pas craquer devant une telle bouille ? Enfin...pour le peu qu'il craquait, il n'en montrait rien. Le regard du surveillant commençait à lui peser. Pourquoi le dévisageait-il comme ça ? Le jeune homme fronça les sourcils et remit ses lunettes en place. Lui aussi avait le sentiment de l'avoir déjà vu ?

Ah ! Ça l'énervait ! Ça l'énervait même beaucoup ! Il fit alors quelque chose qu'il ne faisait jamais en temps normal: il s'approcha tout près du jeune homme et détailla le moindre trait de son visage. Il le connaissait, il en était sûr ! Et puis, au bout de quelques secondes, ça fit tilt dans sa petite tête. Il se recula aussitôt et pointa l'autre du doigt, l'air complètement ahuri.

"Shin...Shinichi ?!"

Non, pitié, faites qu'il se soit trompé ! Si c'était bel et bien son cousin, il n'était pas sorti de l'auberge. Cela faisait des années qu'ils ne s'étaient pas vus et Shôtaro ne s'en était pas porté plus mal, au contraire. A vrai dire, ça n'avait jamais été le grand amour entre eux, ils se cherchaient en permanence, bref, Shinichi avait toujours beaucoup agacé Shôtaro - comme pratiquement tout le monde, en fait. Car il était rare de trouver quelqu'un qui n'agaçait pas notre intello de service, très rare.

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