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 Petrouchka ♪

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(#) Petrouchka ♪  Mar 26 Juin 2012 - 23:53

    "Petrouchka, ne pleure pas
    Entre vite dans la ronde
    Fait danser tes nattes blondes
    Ton petit chat reviendra ♪
    "

    En l’occurrence, Petrouchka pouvait très bien être renommée Yuri, et le petit chat en question s'apparentait plus à un "petit lièvre" ou à une "luciole", ou bref, à Heikki Sielu-Shikin, que Yuri commençait à désespérer de revoir un jour. Et il doutait qu'il se soit "fait polichinelle dans les chemises en dentelles de [son] grand papa". Ahahah. Plus sérieusement, cela faisait une ou deux semaine que Yuri avait rencontrer le finlandais dans la salle de musique, et depuis cette rencontre... chaotique ? Virulente ? il n'avait pas recroiser Heikki. Oh, il aurait pu le chercher. Avec quoi ? A part un prénom, un bleu sur la joue qui était passé de rouge, à bleu pour finir à noir jaunâtre avant de disparaître, il ne voyait pas quoi. Déjà que ces deux seules informations étaient inutiles, il faut le dire. Donc bon, chaque matin Yuri se réveillait en espérant croiser Heikki dans la journée, et puis... non. Pas de trace du blond. Et d'ailleurs peut-être qu'il... OH NON. Non, quand même pas... ?! Il n'aurait pas eu tellement peur du pot de glue affectif qu'était Yuri pour changer d'établissement... ? Hum. Non. Yuri chassa cette idée de son esprit, tellement elle lui semblait peu plausible et ridicule, même à lui. Et de toute manière, le russe étant d'un naturel très distrait et rêveur, il se pouvait très bien qu'il ait croisé Heikki sans percuter et que ce dernier en ait profité pour s'éclipser ni vu ni connu, n'ayant décidément pas envie de se faire happer par les tentacules russes. Encore. Oh ça pouvait très bien être possible. Ca arrivait qu'on le fuit, tellement il peut avoir envie de s’incruster dans la vie des gens, Yuri, et sans leur demander leur avis. Mais bon. Ça l'attristait un de ne pas rencontrer de nouveau Heikki. C'était comme si on lui avait montrer un nouveau jouet, qu'il avait pu l'utiliser quelques instants, et qu'on lui avait ensuite arracher pour toujours. Bien sûr, dit comme ça, c'est tout à fait scandaleux. Et il est évident que Yuri n'est pas du genre à considérer ses semblables comme des jouets, mais dans l'esprit, c'est ça. Il voulait à tout prix connaître plus de chose sur le finlandais, et ça l'embêtait sérieusement de ne pas pouvoir mener son idée à bien. Mais comme l'a dit Rabbi Nahman de Bratslav, "le pire des péché, c'est de se décourager". Donc Yuri ne se décourageait pas et gardait l'espoir de revoir, un jour ou l'autre, son cher petit Зайчёнок* ou sa chère petite Светлячок**. Comme on veut, et ça dépend de l'humeur de Yuri. D'appeler le finlandais son "petit lièvre" ou "luciole", je veux dire.
    Enfin, là, pas de blond à l'horizon. On ne pouvait pas crier "Land Ahoy !", comme dirait les navigateurs anglais, et c'était bien ce qui chagrinait la pauvre petit russe.

    Oh mais l'attente finit toujours par payer. Yuri allait pouvoir le vérifier.

    Yuri se réveilla un mercredi matin, sans savoir qu'après deux semaines et demies, il allait pouvoir sauter de nouveau sur Heikki. D'ailleurs, après tout ce temps, qui semblait indéfiniment long pour Yuri, quand il a hâte de quelque chose, il s'habituait tellement à la question "bon, je vais le croiser aujourd'hui ou pas ?" que son esprit l'avait assimilée et que c'était à peine si il en avait conscience. Curieux mécanisme...
    Un peu embrouillé, en tout cas, en cet instant. Yuri avait un peu de mal à émerger. Au bout d'un temps infini, il finit par s'extirper de son lit, l'air endormi. Il regarda les aiguilles de son réveil. Difficilement. Hein ? Trois heures trente cinq ? C'est pas l'heure de se lever. Le russe allait se laisser mollement tombé sur son lit, quand il réalisa une chose. Ne pas confondre la petite et la grande aiguille. En fait, il était sept heures et quart. Autrement dit, faut se lever. Le russe se dit que c'était pas une bonne idée de rester pendu au téléphone avec Yulia, sa cousine, pendant une bonne partie du soir. Mais bon, tant pis.

    Toujours dans le pâté, et je préviens tout de suite : un russe dans le coltar, ça raconte encore plus de bêtises, ça a des réactions et des actions encore plus random, c'est une vraie boule affective et c'est encore plus distrait. Et quand il se réveille le matin comme ça, bien qu'il gagne de l'énergie, il reste comme décrit juste avant toute la journée. Les réactions corporelles sont normales, mais les réactions morales, hein...

    Enfin, toujours est-il que le russe fila -aussi vite qu'un escargot octogénaire, prendre sa douche. Il enfila ensuite ses vêtements, un peu plus réveillé déjà. Quoique avec la tenue qu'il avait choisi... En fait, c'est Yulia qui lui avait fait parvenir il n'y a pas longtemps. Il s’agissait d'un t-shirt noir avec de la dentelle noire au niveau du col, un short et une veste saumon, ainsi qu'un collant noir (parce-qu'il fait pas chaud quand même), et une paire de ballerine saumon***. Bref, très masculin, ahah.

    Yuri passa dans sa chambre prendre son sac de cours, et, tombant son son flacon de parfum à la framboise, qu'il ne retrouvait pas, décida de s'en parfumé. Après tout, peut-être que ça lui porterait chance. Sur ce, il s'en alla tranquillement en cours, bien décidé à ensuite consacrer son après-midi à sa quête : retrouver Heikki.

    Bon. Ça y ait, les cours étaient finis, il avait mangé, il avait tout l'après midi devant lui. Il était déjà passé par la salle de musique, mais aucune trace du finlandais. Tout à fait motivé, comme un trappeur dans le fin fond du Canada pour survivre, Yuri décida d'inspecter les couloirs. Il se demandait par quel heureux hasard il pourrait bien croiser Heikki, mais bon. Ça ne lui coûtait rien d'essayer.

    Yuri trottinait donc gaiement dans les couloirs répandant derrière lui son parfum de framboise, croisant quelques fois des élèves le regardant un peu bizarrement, pour certains. On ne se demande pas pourquoi. Mais Yuri était tout attentif à reconnaître une tête blonde au yeux bleus, comme cella là, à quelques mètres de lui, par exemple. Bref, chercher Heikki... mais. Minute. Une tête aux yeux bleus comme celui là... Mais oui. MAIS OUI ! Yuri stoppa net. Un large sourire sur le visage. Enfin. ENFIN. Cible localisée.

    Et encore plus rapide et précis que les Orgues de Katioucha, n'en déplaise à Papy Staline, il se jeta joyeusement -ou avec euphorie, plutôt, sur Heikki, en criant -et on ne doit pas crier dans les couloirs, normalement. Mais chut. Faut faire comme si on avait pas entendu. Bref, on criant un sincère, et franc, et joyeux :

    "HEIKKIIIII !! COUCOUUUU !!"

    Et une fraction de seconde plus tard, Yuri l'avait déjà attrapé dans ses tentacules, le serrant contre lui comme un ours en peluche, lui plaquant un gros bisou sur la joue, et l'asphyxiant certainement avec son parfum à la framboise. Pour changer.

    Et j'avais prévenu qu'à partir du moment où il a pas assez dormi et qu'il se réveille encore dans le pâté, Yuri a des réactions encore plus... excessives ? Expansives ? Random ? Comme il vous plaira de les définir. Et sans doute, en ce moment, une alarme était en train de s'exciter quelque part, en disant que ce n'était pas le genre de bonne réaction à avoir. Avec Heikki, du moins. Mais Yuri, il s'en fiche.


*"svetliatchok"
**"zaïtchionak"
***la tenue de Yuri. Je me suis dit qu'il serait trop chou comme ça xD


Dernière édition par Yuri Klioutchevski le Mar 3 Juil 2012 - 22:46, édité 1 fois
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(#) Re: Petrouchka ♪  Mer 27 Juin 2012 - 20:18

Heikki était parti de cette pièce en trombe les larmes aux yeux. Sa rencontre avec le petit russe avait raviver d'ancien souvenirs qu'il aurait préférer effacé. Pendant qu'il courait à en perdre halène dans les couloirs pour retourner dans sa chambre il entendait la voix de Leena en boucle dans son esprit.
« il est utile »
« il est utile »
« il est utile »
Cette nuit là il ne dormit pas. Il avait l'impression qu'une plaie qu'il pensait être cicatrisée était encore belle et bien ouverte et suppurait des miasmes noires qui allaient bientôt l'engloutir. Il voulait être néant. Il voulait encore une fois mourir. Heikki sentait qu'il avait envie de pleurer, d'éclater en sanglot mais il n'en fit rien. Il n'était pas seul dans cette chambre et il ne voulait pas de la condescendances de ses camarades forcés.

Le temps passa. Un jour. Et puis deux. Trois. Quatre. Une semaine.
Heikki continuait sa vie morne, fade et sans intérêt. Mais quelque chose n'allait pas. D'un côté il avait l'impression que son cœur saignait toujours. Cette plaie avait été tellement difficile à refermer qu'elle allait mettre du temps à cicatriser. Ensuite, il s'en voulait. Parce qu'il avait oser frapper quelqu'un et qu'il s'était toujours dit qu'il préférait imposer sa force par son intellect et pas par ses poing. Et puis...
Et puis...
Et puis ce petit blond lui manquait. C'était vraiment dur à admettre pour quelqu'un comme Heikki mais pendant quelques instants il s'était vraiment senti bien avec lui. Enfin...bien n'était pas vraiment le mot. Le petit finlandais était passé par une palette de sentiments mais pas par le confort....il avait été énervé, exaspéré, furieux, honteux, coupable, blessé humilié et...attendrit. Il faut dire que quand il avait vu les beaux yeux de Yuri s'inonder de larmes il avait vraiment eu l'impression d'avoir commis un pêché capital en le frappant.
Néanmoins Heikki n'avait aucune envie de revoir ce petit russe si énervant mais cette pensée le rendait triste. Tssk il n'arrivait pas à poser de mot sur cette sensation.

Ce matin là il jeta un coup d'œil par la fenêtre et réalisa que le temps était aussi maussade que son humeur. En soupirant il attrapa un pull rouge à col roulé et l'enfila. Il haïssait les pull ou les chemises à manches longue. Comme il avait des bras assez courts les manches se finissaient toujours au niveau de ses paumes et lui donnaient l'air d'un gamin. Il accompagna ça d'un jean noir. Heikki attrapa son sac et s'en fut en cours.

Les quelques cours de la matinées se déroulèrent sans encombre. A la pause le jeune homme alla déposer quelques cahiers dans son casier. Ce dernier était rempli de livre. En général des classiques de la littérature en format bilingue. Cependant le finlandais n'eu pas le temps de s'attendrir sur les différents auteurs qu'un boulet de canon couleur saumon se jeta sur lui et le plaqua contre la porte de son casier. Le faux blond étouffa un hoquet de douleur quand il senti la poignet de celui ci lui rentrer dans le flanc.
Il ne comprenait pas trop ce qui se passait il....
Il sentit un énorme bisou se déposer de force sur sa joue.
Ça ne pouvait être qu'une seule et unique personne.

-Yuri?

Heikki senti son cœur manquer un battement. Avec autant de délicatesse possible ( il ne voulait pas encore lui faire du mal) il posa ses mains sur les joues du russe et lui tira la tête en arrière pour pouvoir voir son visage.
C'était bien lui.
Après tout ce temps....le finlandais pensait que le petit blond aurait mal pris son départ et serait parti se faire d'autres amis. En revoyant les yeux de Yuri le visage d'Heikki passa par plusieurs émotions. Tout d'abord un faible sourire l'illumina, puis se rendant compte de sa faiblesse le sourire céda la place à un rictus dur et froid. Le jeune homme lâcha le visage de son vis à vis puis poussa ce dernier pour pouvoir s'extirper du casier ou il était encastré.

-Ne me dis pas que tu veux toujours être mon ami? Un conseil, ne poursuis pas de chimères, ça n'arrivera pas.


Il se tourna de nouveau puis ferma son casier, remit le cadenas et rejeta son sac sur son épaule.

-Je vais en cours. Ne me suis pas et n'essaye pas de me rejoindre après. Tu n'as pas des trucs à faire? Comme par exemple aller en classe ou trainer avec tes précieux amis!

Il fallait que Yuri cesse de vouloir se rapprocher de lui.
Heikki lui ferait du mal
Et Heikki souffrirait aussi.
C'était mieux pour tout les deux que cela n'aille pas plus loin.
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(#) Re: Petrouchka ♪  Jeu 28 Juin 2012 - 0:23

    Bon. Il y avait une bonne et une mauvaise nouvelle, se dit le russe.

    La bonne, c'était que la réaction d'Heikki avait été étonnamment bonne, ce qui surpris Yuri tout de même. Il n'avait ni hurlé et ne l'avait frappé. Il avait juste prit entre ses mains le visage du russe, pour vérifier qu'il s'agissait bel et bien de lui. De toute manière, qui d'autre pouvait arriver comme une fleur de cette façon... Quoi ? Ah oui. Pardon. Rectification : qui d'autre que Yuri pouvait bien lui fondre dessus comme un aigle sur sa proie ? Pas beaucoup de gens, sans doute.
    Et puis... n'empêche, ça avait pas mal surpris Yuri, que le finlandais le touche de lui-même, sans que cela fut absolument nécessaire, lui qui disait éviter au possible le contact physique. Du coup, sous la surprise, les joues de Yuri avait rosies légèrement, tandis qu'un petit sourire se dessinait sur ses lèvres. Les yeux amusés, il lui fit gentiment remarquer :
    "C'est drrrôle, je crrroyais que tu n'aimais pas tout ce qui ressemble à un contact physique... ?"

    Donc bien sûr, ce n'était pas méchamment dit, même si on pouvait l’interpréter de cette façon. Non, c'est juste que Yuri est assez fort quand il s'agit de titiller les gens sur des sujets qu'ils n'apprécient visiblement pas beaucoup, pour voir ce qu'ils en pensent réellement.

    Ah, et aussi, n'était-ce pas une ombre de sourire que Yuri avait tout d'abord aperçu sur le visage d'Heikki ? Si. Il en était sûr, même si ce sourire s'était vite mué en une sorte de rictus froid. Yuri est très rêveur et maladroit, il loupe beaucoup de choses, certes, mais bizarrement, il a toujours eu un don certain pour remarquer de tout petit détail. Ce n'est pas vraiment logique, mais quand ça touche au russe, on se dit que finalement, il ne faut pas chercher. Il tient plus souvent de l'énigme en lui-même qu'autre chose. Cela fait que ses intentions sont souvent délicates à cerner, qu'on peut douter de ses réelles motivations et qu'il est difficile de deviner ce qu'il peut avoir derrière la tête, de temps en temps. Mais bref.

    La mauvaise nouvelle, par contre, c'était que visiblement, Heikki n'envisageait toujours pas Yuri en tant qu'ami. Le russe aurait pu se décourager un peu, mais évidement, ce ne fut pas le cas. Il y avait du progrès, déjà, lui semblait-il. Et comme il sait se montrer patient, quand il s'agit d'atteindre un objectif important, il ne comptait pas arrêter son char tout de suite. Surtout que nouer un lien d'amitié avec le finlandais, il jugeait cela comme important. Plus celui-ci résisterait, d'ailleurs, plus Yuri gagnerait de motivation et persisterait. Ce n'était pas non plus comme si il finirait -s'il réussissait à devenir ami avec Heikki, ce dont il ne doutait d'ailleurs pas- par se lasser. Yuri ne se lasse qu'extrêmement rarement des choses ou personnes qu'il a commencé à aimer ou apprécier. Il ne fait même pas d'overdose d'une chanson même si ça fait une semaine qu'il l'écoute en boucle, c'est pour dire.
    Donc bon, même si ça l'embêtait un peu, il n'était pas non plus plus soucieux que cela de l'avenir de sa quête.

    En ce moment, de toute façon, la première idée qui s'était installée dans l'esprit de Yuri, c'était qu'il ne devait pas laisser filer encore une fois le finlandais. Pas tout de suite. Aussi agrippa-t-il le bras du blond, lui adressant un sourire adorablement innocent, le regard disant "cherche pas, je risque pas de te lâcher de si tôt. Tu n'iras nulle part sans moi, donc reste tranquille, tu veux". Car il a beau avoir une apparence assez frêle, Yuri a tout de même assez de force, ou de ténacité, en fait, pour rester accrocher au bras d'Heikki même si celui-ci décidait de se débattre. Faut bien qu'il honore son titre de sangsue, non ?

    Ceci fait, Yuri se dit qu'il ferait mieux de prévenir clairement le finlandais de ses intentions, quand même. Qu'il sache exactement ce qu'il l'attend. Pour qu'il n'ait pas de raison d'avoir peur... Ou pas, en fait. Bref, Yuri lui dit cependant remarquer, y pensant ç l'instant :
    "Tu pourrrais dirrre bonjour quand même, au lieu de t'épuiser en discours tout à fait inutiles, tu sais."

    Le ton était faussement réprobateur, et un sourire allègre demeurait plaqué sur son visage. Oh oui, ce genre de propos n'a aucun effet sur Yuri. Du moins, les effets désirés par le propriétaires desdits propos ne marchent généralement pas.
    Et Yuri, de déclarer alors, donc :
    "Pour te répondrrre, bien sûr que je veux toujours êtrrre ton ami. Quand j'ai dit quelque chose, il est quasiment impossible de me fairrre renoncer. Et comme tu es ma prrréocupation prrremièrrre en ce moment, du moins, depuis que je t'ai retrrrouvé, je ne vais pas te lâcher de si tôt, il marqua une pause, avant de finir, content de lui, et je ne pourrrsuis pas de chimèrrres, comme tu dis. On disait bien que ceux qui pensaient pouvoir un jour fairrre en sorrrte que l'homme aille dans l'espace étaient des rêveurrrs se berrrçant de totales illusions, non ? Et pourrrtant, Iouri Gagarine y est aillé, dans l'espace, ça a été le prrremier. Donc je ne vois pas pourrrquoi je ne pourrrais pas être ami avec toi, ton prrremier même. Yuri rajouta, après un bref silence, à moins que tu aies déjà eu des amis, aprrrès tout, je n'en sais rien."

    Oh ça arrivait souvent à Yuri, de déblatérer un long moment, comme ça. Bon, certes l'exemple de Gagarine n'était pas vraiment comparable à leur situation, mais il plaisait bien à Yuri, puisqu'il portait, bien qu'ayant une orthographe différente, le même prénom que lui. Et comme Iouri avait été dans l'espace en premier, Yuri gagnerait en premier l'amitié du finlandais. Sauf si justement, comme il l'avait soulever en dernier, Heikki avait déjà eu des amis. Yuri pensait que c'était le cas, rares étaient les personnes qui avaient toujours été seules, quand même. Et si il visait juste, le russe se demandait ce qui avait bien pu se passer pour que le blond rejette la compagnie en bloc.
    Et pour lui demander cela, il fallait qu'il le connaisse un peu plus que ça. Ignorant donc totalement le fait qu'Heikki lui avait dit aller en cours, toujours accroché à son bras, Yuri le tira un peu, tout en disant :

    "Il fait frrroid... On va trrrouver un radiateur. Ce sera mieux pour discuter, tu ne crrrois pas ?"

    Il lui destina un sourire appuyé, et ô combien adorable, qui disait néanmoins clairement qu'il n'avait pas le choix. C'était limite si il lui aurait pas fait les yeux irrésistibles du Chat Potté. Mais ça, il le réserver pour des cas où il n'a vraiment pas d'autres choix pour arriver à ses fins. Donc chut. Et de toute façon, le bras du blond était toujours prisonniers de ceux tentaculaires du russe.
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(#) Re: Petrouchka ♪  Jeu 28 Juin 2012 - 19:16

Heikki était complètement déboussolé. Il avait éprouvé de la joie à revoir ce petit russe si irritant. Il avait été heureux de voir son visage quand il lui avait prit la tête entre ses paumes. La remarque de ce dernier l'avait fait rire intérieurement. Il n'était pas contre les contacts physiques du tout. Il n'aimait pas les bisous, les câlins, les papouilles...bref tout ce qu'on est normalement censé se faire dans un couple. Outre le fait que personne ne lui en fait et qu'il n'a absolument aucune envie d'en faire non plus, il considère ça comme extrêmement dégradant quand il en reçoit. Après il n'est pas maniaque et n'a pas une abbération pour les contacts physiques en règle général. Mais étant donné que les papouilles semblaient faire partie intégrantes des interactions basiques que l'on se fait même entre connaissance dans l'esprit du russe, Heikki ne fit aucune commentaire à ce sujet.
Il était également assez irrité de voir débarquer Yuri de nul par. Il pensait qu'il en avait fini avec cette sangsue qui avait en plus de lui faire perdre son sang froid, réouvert une plaie profonde en lui.

Non il n'avait pas envie que la sangsue reste auprès de lui. Il ne ferait que lui faire encore plus mal. Surtout que ce type n'avait pas l'intention de le laisser filer. Il l'avait traqué pendant tout ce temps comme un stalker le ferait avec une idole. Si le russe n'avait pas été aussi petit frêle et inoffensif Heikki aurait eu peur que l'on retrouve son cadavre mutilé dans les bois la semaine suivante.

Quoi qu'il en soit au moment ou Heikki pensait filer discrètement en prétextant aller en cours Yuri lui attrapa le bras. Le finlandais leva les yeux au ciel. Heureusement qu'il n'était pas homophobe sinon le petit blond se sera sûrement pris plusieurs autres coups de poing à essayer de lui faire des bisous et à lui agripper le bras comme ça. En même il était certain que ce geste revenait à dire «  Oh non cette fois tu ne te tirera pas comme ça ».

Il était foutu.

En plus le petit russe lui fit la morale en ajoutant qu'il aurait pu lui dire bonjour au lieu de l'agresser avec des discours inutiles. Puis il parti dans un long monologue un peu inutile. Heikki ne l'écoutait que d'une oreille. Il lui semblait qu'il parlait de Gargarine et qu'il ne poursuivait pas de chimères. Le finlandais soupira. Il avait l'impression que c'était lui qui en poursuivait en espérant que Yuri renoncerait à être son ami. Enfin bref il avait un peu zaper tout ce que le petit blond avait pu dire sur des astronautes russe et la relation que ça avait sur les bons sentiments et l'amitié mais il avait tiqué sur sa dernière phrase. S'il avait déjà eu un ami.
Sans s'en rendre compte il dit tout haut:

-je ne veux pas repenser à cette traitresse.

Après que cela fut dit le russe lui proposa d'aller près du radiateur car il avait froid. Heikki se sentait par contre totalement bien et n'avait aucune envie de suivre le petit blond. Accepter d'aller prés du radiateur serait comme accepter de passer un moment avec lui alors qu'il s'évertuait à lui faire comprendre qu'il ne voulait pas. Mais Yuri lui fit un sourire plein de tendresse qui failli faire sursauter le finlandais. Pffff qu'est ce qu'il avait à se laisser attendrir par cette petite bouille. Ça lui avait fait la même chose quand il l'avait vu pleurer.

Heikki se laissa faire. Il avait perdu ?Il alla s'adosser au mur toujours avec sa sangsue russe pendue à son bras. Il se passa une main dans ses cheveux. Il méritait clairement le surnom de lièvre surtout maintenant. On voyait clairement ses racines noires sous ses cheveux couleurs paille.
Le jeune homme sentait qu'il avait encore une carte à jouer. Une dernière chance en somme. D'un ton neutre il annonça:

-Je sais que tu as envie que je sois ton ami mais c'est impossible. Si tu le deviens tu va en souffrir et moi aussi. Tu te rends pas compte que la dernière fois que je t'ai vu j'étais tellement mal que j'ai passé la nuit à ressasser des souvenirs douloureux et à pleurer. Toi qui ne veux que le bonheur des autres est ce que tu arrivera à continuer à me suivre alors que tu sais pertinemment que tu me fait du mal.

Il marqua une pause et continua du même ton monocorde. Il avait le cœur qui se serrait mais il essayait de garder contenance.

-Et j'ai un tempérament suicidaire. Tu arriveras à te regarder dans le miroir si tu te réveillait un matin et apprenais que je me suis ouvert les veines?
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(#) Re: Petrouchka ♪  Ven 29 Juin 2012 - 0:24

"Tant que chante la colombe
Par dessus le toit
Danse avant que la nuit tombe
Jolie Petrouchka ♪
"

    Yuri se sentait plutôt content, et confiant, en cet instant. La quiétude régnait dans son esprit ralenti et ensommeillé, il faut le dire. Ah, s'il savait ce qui l'attendait. Mais bon. Il ne se doutait évidement pas que la suite se révèlerait douée de beaucoup moins d'allégresse. Et que finalement, le finlandais risquait vraiment de lui donner du fil à retordre. Même la détermination russe pouvait éventuellement faiblir, qui sait. On verra cela plus tard, ce n'est pas encore le moment.

    Il y avait encore pour l'instant un ciel bleu et de mignons petits nuages dans l'esprit russe, tandis qu'Heikki l'avait suivi, forcé, jusqu'au radiateur. Une fois arrivés, Yuri lâcha le bras du finlandais adossé au mur pour aller se coller au radiateur. Il s'assit en tailleurs, le dos contre la paroi du chauffage. Il poussa un soupir de satisfaction. Voilà que la douce chaleur de synthèse se répandait doucement dans son dos et le réchauffait. Si il avait été un chat, le russe se serait mit à ronronner. Yuri aimait beaucoup la chaleur, plus que le froid, un inconvénient en hiver quand on habite en Russie, ce qui expliquait en partie ce besoin compulsif de se sentir proche de ses semblables. La chaleur humaine est le meilleur des chauffages, aussi bien au sens propre du terme qu'au sens figuré. On peut ajouter aussi, que plus il fait froid, plus Yuri ressent le besoin d'aller se lover auprès des autres comme un chaton auprès de sa mère et de ses frères et soeurs. Soit c'est mignon, soit c'est étouffant. Ça dépend des points de vue.

    Et c'est qu'il se serait presque endormi, comme ça. Si la voix dénuée de sentiment du finlandais ne l'avait pas tiré de l'état léthargique dans lequel il plongeait. Avant les propos, cette voix monocorde embêta Yuri. Il n'aimait pas ce genre de voix plate, qui sonnait faux dans ses oreilles, qui lui était très désagréable. L'aspect mécanique que cela prenait déshumanisait le locuteur au yeux du russe, qui aimait tant les gens.
    Et quand Heikki eut fini de parler, le russe eut une, ou plutôt des réactions assez curieuses, qui rentraient en conflit avec son mode de fonctionnement habituel. Yuri était tellement peu habitué à ces cas de figure, que durant quelques instants, son esprit même semblait se mettre en pause, un peu perdu, ne sachant quelles réactions avoir. C'était toute une programmation du système qui se déroulait alors. Cela peut paraître très mécanique, mais n'est-ce pas ainsi que marche l'esprit ?

    Bref, Yuri, dont l'esprit peinait déjà de part son manque de sommeil, commença à réagir toutefois.

    Quoi ?

    La première chose qui s'imposa dans l'esprit du russe, fut la remarque du finlandais quant à la nuit qu'il avait passé juste après leur rencontre dans la salle de musique.

    Lui ? Yuri, il avait fait pleurer quelqu'un ?

    L'idée lui paraissait tellement... invraisemblable. Le russe ne voulait, et ne faisait, pas de mal à une mouche. La chose la plus horrible qui pouvait lui arrivé, c'était que quelqu'un puisse souffrir par sa faute. Le russe avait toujours voulu répandre le bonheur dans son passage, puisque c'était ce vers quoi il courait depuis qu'il avait huit ans. Et Heikki lui disait qu'il lui faisait du mal ?
    Inutile de dire que dans un premier temps, la joie habituelle du russe fut comme soufflée. Et l'expression de son visage fut d'un seul coup triste, et quand on connaissait le russe, c'était presque effrayant.

    Yuri, pris de doutes, se leva très rapidement, attrapa les mains du finlandais dans les siennes, les sourcils un peu froncés, les yeux larmoyant, à la limite de fondre en larmes, tellement cela pouvait le paniqué, et s'exclama :

    "C'est vrrrai ? C'est vrrraiment vrrrai ? Je te fais du mal, je t'ai fais pleurrrer ? Tout ça à cause de moi ? Tu me détestes, c'est vrrraiment ça, hein, dis moi ?!"

    Un russe en pleine panique et bouleversé, ça donne ça. Vraiment. C'est assez surprenant, quand Yuri est vraiment amené à perdre ses moyens. Ça arrive très peu souvent, mais lorsque ça arrive, ça vire limite à la crise d'hystérie mêlée à la crise d'angoisse. C'est vraiment quand il est profondément touché par une chose qu'il a fait, et qu'on lui fait remarquer que cette chose qu'il a fait n'a pas apporté du bonheur mais du malheur. En proie au doute, quittant son optimisme pour le doute le plus total, il a plus l'apparence d'un oisillon tombé du nid, près à se faire avaler tout cru par un gros chat.

    Mais ça, c'est durant un laps de temps. Ça ne dure jamais bien longtemps. On peut croire, c'est vrai, que c'est fini, Yuri n'est en fait pas si sûr de lui que ça.

    Cependant, la force mentale de Yuri n'est pas à sous-estimer. Le fait qu'il puisse avoir fait du mal à quelqu'un lui était si révoltante qu'il ne pouvait pas y croire. Du moins, se ressaisissant, il se fit remarquer que si c'était vraiment le cas, il ne le faisait pas exprès. Et ça changeait la donne, pour son équilibre personnel. Il ne pouvait pas être méchant, car il ne faisait pas exprès, il ne souhaitait que le bien, et il était persuadé, malgré les réactions finlandaises, que non, il ne le blessait pas. Du moins, peut-être était-ce vraiment le cas en cet instant, mais à long terme, non. Yuri était sûr, intimement persuadé, avec les plus fortes convictions quant au fait qu'Heikki finirait pas être content de l'avoir. Et s'il devait le blesser pour cela, même si cela embêtait vraiment le russe, il continuerait, pour finir par avoir un bon résultat. Aussitôt que Yuri pensa cela, il recouvrit sa bonne humeur et sa détermination habituelles. On pouvait aisément dire que la résistance russe face au siège de Stalingrad par la Wehrmacht reflétait bien la mentalité de Yuri : certes, il pouvait lui arriver de trembler pendant un instant, de ne plus savoir où il en est, de douter, pour finalement, à la fin, inévitablement, garder cet aspect inébranlable de ténacité, de motivation, de conviction et de volonté pour triompher, à la fin et à la surprise générale.

    Alors, se calmant, revigoré par ses propres pensées le ramenant à la raison, et lui rappelant sa douce doctrine, celle à suivre quoique qu'il arrive, et la seule et unique qu'il y ait à suivre, selon lui, Yuri ravala ses larmes, et l'air paniqué d'auparavant s'effaca peu à peu.

    Il restait cependant toujours une chose qui le chiffonnait -en plus de ce qu'il a dit il y a quelques instants. Certes, il est convaincu qu'il n'agit pas par méchanceté, mais ça l'embête quand même.
    En effet, ce qui le chiffonnait donc maintenant, c'était ces deux mots. "Tempérament suicidaire". Ils raisonnaient dans son esprit, d'une façon très curieuse. C'était comme si ils étaient dit dans une autre langue, que Yuri, tout en comprenant, ne parvenait pas à saisir le sens exact. Comme si ils formaient une idée que le russe ne pouvait pas assimiler, qu'il ne pouvait pas admettre. Une chose lui échappant totalement, même en la voyant. En fait, c'était comme attraper de la fumée avec les doigts... On a l'impression d'y arriver, mais ce n'est qu'une illusion. Jamais la fumée ne sera capturée. En ce moment, Yuri avait parfaitement conscience de ce que disait Heikki, mais jamais cette pensée ne pourrait s'installer dans l'esprit du russe. Car la seule idée que l'on puisse même songer à attenter à ses propres jours était une chose complètement aberrante pour Yuri. L'idiotie la plus inimaginable jamais inventée. C'était l'imbécilité la plus extraordinaire qu'il ait été donné de penser, selon Yuri.

    J'ai toujours dit, affirmer, redit, réaffirmer que Yuri ne s'énervait qu'exceptionnellement. Pour les choses qui lui semblait vraiment graves. Et le... suicide... -qu'il haïssait ce mot - en faisait partie.

    Alors oui, cette fois-ci, et depuis un long moment, Yuri s'énerva. Ca avait limite quelque chose de surréaliste, quand on connaissait un minimum Yuri, de le voir s'énerver. C'était comme s'il y avait une incohérence totale. Car une personne définitivement et infiniment joyeuse comme lui, dans l'esprit des gens, ça ne peut pas s'énerver. C'est pourtant le cas, désolée de vous décevoir. Yuri est humain, tout le monde est énerver par des choses, même le plus candide des hommes.

    Le russe, tenant toujours les mains du finlandais dans les siennes, darda ses yeux bleus, qui pétillaient de mécontentement cette fois, et pas de gaieté, dans ceux d'Heikki. Un air réprobateur flottait clairement son visage, et ses sourcils s'étaient arqués. Il déclara alors, la voix pleine de reproches :
    "Tu n'as pas le drrroit de faire ça, de considérrrer ta vie comme sans intérrrêts, ou n'imporrrte quoi de ce genrrre, et d'y mettrrre fin. Il faut que tu aies conscience que c'est un cadeau qui t'as été fais, par tes parrrents, et ce serrrait trrrès égoïste et ingrrrat pour eux de gâcher un tel cadeau. Ce n'est pas toi qui peut décider de la terrrminer. Ne te prrrends pas pour Dieu."

    Bien sûr que Yuri a une apparence d'un gamin de quatorze ans, un style vestimentaire, des réactions habituelles, et tout cela d'un môme de dix ans ! Mais il a dix sept ans, et il sait être mature et les faire. Cela ne dure jamais bien longtemps, cette espèce de joie incommensurable qui le caractérise finit toujours par revenir au galop parce-qu'il ne peut décidément pas vivre sans elle et cela le rajeunit, mais il sait qu'il y a des choses avec lesquelles il ne faut pas plaisanter.

    Un petit moment durant, Yuri continua de fixer le finlandais en silence, avec cet espèce d'air sévère en total décalage avec ses expressions habituelles, ce qui rend la chose encore plus déstabilisante. Puis, recouvrant sa douceur ordinaire, ne pouvant vraiment pas résister plus longtemps, insatiable à souhaiter semer du bonheur partout, à chercher des solutions pour améliorer les choses, il lâcha les mains du finlandais pour le prendre dans ses bras, afin de lui faire un gros câlin. Yuri avait toujours trouver que c'était un bon remède quand on a le moral assez bas. Seulement voilà, c'est du point de vue de Yuri quoi.

    Mais bref, tout en l’étreignant gentiment, le russe lui dit, on ne peut plus sérieux :

    "Je suis sûr que tu dis tout ça pour que je te laisse. Et pour vérrrifier que tu ne commettrrras la plus idiote absurrrdité de ta vie, je vais te suivrrre parrrtout, qu'en dis tu ?"

    Il voulait se débarrasser de Yuri ? Et bien c'est raté. Le russe n'en est toujours plus que motivé. Il faudra que le finlandais arriver à le comprendre, ça.

    Il il avait une chose de curieuse, aussi, c'était cette impression qu'il y avait, de ressemblance avec un certain ballet de Tchaikovsky... Le lac des cygnes, pour être plus précise. Le cygne blanc n'était-il pas, en ce moment même, en train d'étreindre le si semblable et pourtant différent cygne noir ? En apparence, c'était tout à fait cela. Toutefois, Yuri était toujours persuadé qu'Heikki n'était pas foncièrement mauvais. Qu'il avait juste une blessure qui sans doute le rongeait. Ne l'avait-il pas dit ? "Des souvenirs douloureux" ? Si. Mais cela, en plus de la remarque qu'avait dit tout haut le finlandais un peu plus tôt, à propos d'une "traitresse", était complètement sortis de la tête de Yuri. Oh mais ça lui reviendrait bien à un moment ou un autre.

    Yuri était donc là, en train de faire un gros câlin à Heikki, persuadé du pouvoir médicamenteux de son action. Oh, si des gens passaient à ce moment, ça pouvait faire jaser. Mais Yuri peut tellement passer pour une fille, de dos comme ça, même en ayant les cheveux assez court, sans trop l'être, que finalement, c'est tout à fait discret.
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(#) Re: Petrouchka ♪  Ven 29 Juin 2012 - 21:29

Au fin fond de son âme il y avait une créature noires et malveillante qui enssérait son cœur de ses bras squelettiques et tentaculaires. A mesure que cette chose ensserait l'organe, a mesure se dernier laissait echaper des flopée de sang noirs qui se changeaient peu à peu en un flot, une rivière encre qui allait noyer son âme, son identité, son moi le plus profond.
Heikki se noyait.
La créature grandissait de jour en jour.
De minute en minute.
Lorsqu'elle sera assez grande il sera temps d'en finir. De libérer les dernières particules d'oxygène de ses poumons et il s'écroulerait. Enfin tout sera fini. La mort, quelle perspective rassurante des fois.

Surtout quand on disait d'un ton monocorde, presque robotique à un petit être qui n'était qu'amour et joie de vivre qu'il avait souffert de cette effusion d'amour et qu'en plus il avait un tempérament suicidaire. Cela lui ferait du mal d'apprendre qu'il avait blessé quelqu'un et qu'en plus ce quelqu'un voulait se supprimer. Mais Heikki ne voyait pas d'autre solution pour se préserver de cette sociabilisation à outrance et de protéger cet adorable petit russe de son influence néfaste. Autant qu'il pique une crise et qu'il le déteste.

La réaction du russe tarda un peu à venir mais il fut comme le finlandais l'attendait. Le petit blond eu les larmes aux yeux et se précipita prendre les mains de son vis à vis en lui demandant si c'était vrai, s'il lui avait vraiment fait du mal. Heikki senti son cœur se serrer en voyant l'adorable petite bouille du russe défigurée par la tristesse. Il détestait le voir malheureux. Encore plus le voir pleurer. Déjà la dernière fois qu'ils s'était vu et qu'il y eu ce malheureux coup de poing il avait ressenti le même chose. Dans ses moment il préférerais encore se subir la pire des humiliation que de continuer à voir le petit blond sangloter. La dernière fois il s'était excusé et lui avait même fait un baisemain.
Mais cette fois c'était différent. C'était pour le protéger. Heikki se contenta donc de fixer ses mains captives entre celles de son vis à vis sans dire un mot. Yuri avait vraiment de belles mains, des doigts fin et délicats, comme ceux de Heikki en somme. Des doigts de musiciens.

Absorbé par la contemplation de leurs mains et surtout pour éviter de croisé le regard triste du russe le petit finlandais ne s'était pas rendu compte du changement d'humeur de celui ci. Ce fut quand Yuri prononça quelques mots qu'il réalisa que le jeune homme était en colère. Heikki leva vite les yeux vers lui. C'était tellement rare de voir cette boule d'énergie et de joie de vivre énervée que cela valait sûrement le détour.
Le petit russe n'était vraiment pas pour le suicide. En même temps cela cadrait avec sa personnalité. Le faux blond écouta attentivement ses arguments. Pfff.... « Ne te prend pas pour Dieu ». Heikki ne voulait pas créer la vie mais la raccourcir. Il était de ceux qui pense qu'ils sont maitre de leur corps et de leur existence. S'il lui plaisait de la supprimé pourquoi pas? Tant que dans sa chute il n'entraine aucune tierce personne.

Le finlandais porta son attention vers le plafond du couloir comme s'il était d'une importance capitale qu'il le fixât à ce moment précis. Tout se déroulait comme il l'espérait. Il voulait dégouter Yuri pour qu'il abandonne. C'était sa dernière chance.

Cependant le petit russe ne réagit ensuite pas comme il le devrait.

Le petit blond lui lâcha les mains pour le prendre tendrement dans ses bras. Heikki écarquilla les yeux surpris. Mais bordel pourquoi est ce que ce type aimait tant ce genre de chose? Pourtant...pourtant...le finlandais ne trouvait pas ce genre de câlins aussi douloureux et énervant que les bisous que le blond voulait lui faire constamment.

Au contraire il se sentait plutôt bien. Le rose lui monta assez vite aux joues quand il réalisa ce fait. Pendant ce temps Yuri était entrain de lui expliquer qu'il allait le suivre constamment pour éviter qu'il ne commette l'irréparable.
Heikki esquissa un léger sourire. Il était évident qu'il avait perdu. Même sa dernière tentative qui pourtant était sensé être celle de la dernière chance n'avait pas ébranler l'envie du russe de le coller comme la sangsue qu'il était. Il faudrait bien que le finlandais fasse avec. Il se rendait bien compte que plus il repoussait le blond plus celui ci allait l'accrocher.

-Bien...bien...j'ai perdu. Suis moi si tu veux. Mais je te disais la vérité, j'ai vraiment été blessé la dernière fois que je t'ai vu et si l'envie me prend de mettre fin à mes jours je le ferais que tu le veuille ou non. Mais rassure toi ce ne sera pas pour tout de suite. J'ai quelque chose d'important à finir d'abord.

Pendant qu'il disait ses paroles il réalisa aussi qu'il devait vraiment mettre certaines conditions au stalking de cette petite sangsue.
Notamment en ce qui concernait les câlins, bisous et autres trucs comme ça.

-Par contre si tu pouvais éviter de me faire des bisous, câlins et tout...Ce n'est pas parce que j'ai dis que je ne m'étais jamais posé la question de mon orientation sexuelle que tu doit te comporter avec moi comme avec ton petit ami.

Il jeta un coup d'œil à droite à gauche. Même si Yuri était très effémine on pouvait quand même se rendre compte que c'était un garçon. Heikki n'avait vraiment rien contre l'homosexualité mais bon...y'avait des limites quand même.

-Parce que là je pense que tous ceux qui passent dans ce couloir pensent qu'on est en couple
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(#) Re: Petrouchka ♪  Sam 30 Juin 2012 - 16:58

    Yuri est un personnage fantasque, il faut bien le dire. De part ses fantaisies, autant orales que comportementales, ses caprices qu'il cherche toujours à assouvir -à noter que la détermination à combler ses caprices s'arrête là où elle risque de causer du tord, vraiment à quelqu'un. De part cela, le russe présente un caractère pour le moins versatile, lunatique et inconstant, qui se déclenche de temps à autre et qui prend le dessus sur l'enthousiasme coutumier. C'est rare, et quand ça arrive, Yuri a tendance à difficilement se reconnaître. Il a l'impression qu'il s'agit de quelqu'un d'autre, tellement ça ne lui ressemble pas. Bien sûr que cela ne lui ressemble pas, puis qu'il est exactement ainsi, ce n'est pas de la ressemblance mais son essence même. Au même titre que sa joie de vivre. Sauf que peu habitué à cela, quand ça refait surface, d'un seul coup, il est surpris, peu accoutumé à cela.

    Et en cet instant, ça faisait vraiment longtemps qu'une personne n'avait pas autant secoué ses idéaux et ainsi créer une implosion chez le russe. Cette personne était évidement Heikki. Qui avait de ce fait du soucis à se faire, si vraiment la présence de cet hybride pieuvre/sangsue russe l'insupportait : il venait tout simplement de gagner un prix certain, et une place certaine, dans une partie du coeur de Yuri, celle où étaient situées ses étagères relationnelles. Il venait de gagner sa place sur celle réservée aux personnes jugées "spéciales". C'était une étagère assez poussiéreuse et branlante, tout simplement parce-que peu de personne s'y installait. Il fallait vraiment que la curiosité de Yuri soit vraiment piquée, que ce soit par une action, un mot, une expression, etc... pour qu'une personne y gagne sa place. Il faut noter qu'avoir sa place ici n'est pas péjoratif, ni totalement mélioratif. Je veux dire par là que ces personnes sont certes, plus appréciées que des connaissances, mais la relation nouée avec elles ne permet pas qu'elles aient leur place sur l'étagère réservée aux amis. Elles bénéficient toutefois d'une attention particulière de la part de Yuri, de part l'aspect ambigu, et par extension, fascinant, qu'elles présentes. C'est un peu compliqué à saisir, mais c'est le fonctionnement de l'esprit de Yuri. Voilà ce qui peut en partie expliquer le fait qu'on peut avoir du mal à le cerner, de temps en temps, tellement lui-même peut se perdre dans le cheminement de ses pensées, et parmi le dédale compliqué que présente son coeur et son esprit.

    En bref, Heikki avait réussi à plonger le russe dans cet état d’abattement, proche de la neurasthénie tellement le suicide lui était antipathique qui l'avait rendu désormais "spécial" pour Yuri. Et si il existait encore une chance pour que le russe finissent par laisser le finlandais tranquille, elle venait définitivement de se consumer.

    Nonobstant, il y avait là le reflet du comportement contradictoire de Yuri, sa curieuse inconstance, et le fait qu'il s'agissait vraiment d'un caprice de sa part.
    Yuri est quelqu'un de sociable et expansif, et de ce fait, cherche des amis comme lui, c'est plus simple. Nouer une amitié avec une personne qui partage des goûts et/ou des traits de caractère avec notre propre personne est plus simple, c'est indéniable. L'amitié est une chose sensée être agréable, il est inutile de chercher à se compliquer les choses en partant sur des bases qui suintent d'ambiguïté. C'est ce que font les gens sociables d'habitude. Mais Yuri continuait, lui, à vouloir l'amitié du finlandais. Et ce, tout en sachant qu'au lieu de passer son temps, et peut-être de le perdre même, à courir après lui, il aurait déjà pu se faire plusieurs autres amis. Mais comme expliqué plus haut, Heikki résistait, révoltait le russe d'une certaine façon, mais n'était pas pour autant assez antipathique pour que Yuri passe son chemin. Donc, du point de vue russe, cette amitié, si elle se formait, serait intéressante, il n'en doutait pas. Le chemin tortueux qui y menait était lui même intéressant. C'était un défi, comme les gens curieux aiment, et Yuri en fait évidemment partie.
    N'est-ce pas un bel exemple pour illustrer un amphigouri ?

    Et là, en cet instant, Yuri venait de remporter une bataille, certes pas la guerre, mais Heikki venait de reconnaître son premier échec face au russe. Ce dernier était fier que sa ténacité aie finit par payer. A l'image de son pays, il savait tenir tête pour finir par triompher, ou alors, si la victoire était impossible, à se battre jusqu'au bout. L'issue de se combat là était imprévisible, et Yuri préférait se dire pour l'instant qu'il gagnerait, de toute façon. Et après tout, par métaphore, l'Histoire était de son côté. Les Russes avaient souvent triomphé des Finlandais, que ce soit durant la Guerre de Finlande, au IXème siècle, l'arrachant à la Suède, ou plus récent, lors de la Talvisota, ou Guerre d'Hiver, au XXème siècle. Yuri était donc vraiment déterminer à gagner l'amitié d'Heikki, comme la Finlande avait pu être prise par la Russie par deux fois déjà.

    Enfin... si sa principale arme ne lui était pas enlevée. A savoir, son côté très tactile. Car après tout, si on était physiquement proche des gens, c'était plus simple d'être mentalement proche d'eux. Ça, c'est ce qui était écrit dans caboche russe, plus précisément dans la case ayant trait à "comment je dois me comporter pour me faire des amis". Pour lui, coller les gens, c'est essentiel aux bases amicales. C'est pas le cas pour tout le monde. Yuri s'était toujours dit que c'était bizarre, ne pas aimer recevoir/faire des câlins, bisous et tout le reste. Il est mignon, n'est-ce pas ?

    Bref. Après que Heikki lui ait donc dit de limiter ses débordements affectifs physiques, qu'il cesse de se comporter avec lui comme s'il s'agissait de son petit-ami, il finit par lui faire remarquer que pour n'importe qui qui passait dans le couloir, ils ressemblaient fortement à un couple.

    Oh, Yuri fut loin de dire au finlandais qu'il avait raison, qu'il allait arrêter, ou même de s'excuser. Très loin.

    La seule réaction que cela provoqua chez Yuri fut... l'amusement. Tout à fait. Les commissures de ses lèvres tressautèrent, ses yeux se mirent à pétiller, clairement amusé. Et il lança, tout en s'esclaffant, le rire cristallin :

    "Quelle drrrôle d'idée ! Tu nous imagines, ensemble ? Ca aurait plus quelque chose de comique, de burrrlesque je dirrrais même, qu'autrrre chose, il marqua une pause, puis, le rire calmé, mais c'est vrrrai que de simple apparence, ça peut parrraîtrrre ambigü."

    C'était quelque chose que Yuri avait du mal à percuter, que coller ainsi les gens pouvaient donner lieu à de mauvaises interprétations et à porter à confusion. Oh lui-même, il s'en fichait pas mal. Ça l'amusait même, il aimait bien jouer avec cela, c'est pourquoi il n'avait pas dit que oui, il arrêterait. Peut-être se contiendrait-il un peu plus, mais il ne cesserait pas pour autant. Ce serait aller contre sa nature.
    Et d'humeur badine, et ne souhaitant pas réellement calmer son caractère tactile, la suite de cela n'est pas très étonnante en soit.
    En effet, Yuri venait d'avoir une idée qui l'enchantait. L'air pensif, il déclara au finlandais :

    "Cela m'embêterrrait tout de même qu'ils se méprrrennent à se sujet, et de les laisser avec des idées fausses. Jusque là, on pouvait croire que Yuri reconnaissait qu'il devrait se contrôler un peu plus. Mais il n'en est rien, ahaha. Il finit donc, je pense donc qu'il serrrait mieux de leur donner raison, tu ne crrrois pas ?"

    Il était sûr que non, Heikki ne le croyait pas. Mais Yuri ne s'en formalisait pas du tout.
    Aussi posa-t-il ses deux mains à plat sur le torse d'Heikki, un fin sourire aux lèvres, et rapprochant son visage de celui du finlandais. De ce fait, leurs visages étaient vraiment, vraiment très près, et on ne pouvait douter des intentions du russe en cet instant.

    Ou si, en fait. On peut.

    En effet, désormais presque assez proche pour embrasser le finlandais, Yuri dévia brusquement sa trajectoire, pour transformer ce baiser potentiel, en... bisou d'esquimaux. Oui, tout à fait. C'est donc tout sourire que Yuri frottait son nez à celui du finlandais. Parce-que les bisous esquimaux, c'est trop chou.

    Yuri s'éloigna rapidement de quelques mètres en sautillant gaiement, tout en riant, content de lui. Le russe aime bien rire et plaisanter après tout. Mais il se doutait évidemment que cette plaisanterie ne serait pas du goût d'Heikki, voilà pourquoi il décida de rester à bonne distance, pour l'instant. Mais c'était pas de sa faute, c'était le finlandais qui avait provoquer cette idée -absurde, certes- dans l'esprit du russe.
    Enfin, pour clarifier les choses, Yuri précisa :

    "Je rigolais, ne t'inquiète pas. Je n'avais pas l'intention de te voler un baiser, non plus."

    Sur ce, ne souhaitant pas revenir près du finlandais pour l'instant, ignorant la réaction qu'il pourrait avoir, Yuri rejoignit d'un pas leste la fenêtre à quelques mètres. Il s'y accouda, regardant au dehors. Les propos d'Heikki qui disaient qu'il était sérieux quand il affirmait vouloir mettre fin à ses jours revinrent en mémoire à Yuri, tandis qu'il observait le temps maussade au dehors.
    Même s'il avait recouvrer sa gaieté habituelle, l'état de tristesse qu'il avait ressenti quelques instants auparavant reviendrait prendre le dessus régulièrement toute la journée. Cela faisait tout le temps ça. Si ce côté refaisait surface, il en avait pour la journée, quoiqu'il fasse. Ca s'en allait que le lendemain.
    Songeur, les yeux perdus dans le vague, fixant un point quelque part dehors, Yuri demanda, à lui, à Heikki, à personne comme à n'importe qui :

    "Tu crrrois qu'il va bientôt neiger ?"

    On était en octobre, après tout. En Russie, il devait neiger en tout cas. Yuri ignorait si cela l'enchantait ou au contraire le peinait. Cela faisait des années qu'il avait un rapport étrange avec la neige.

    Il resta comme ça un moment, silencieux à scruter le paysage au dehors. Enfin, il jeta un coup d'oeil au finlandais, lui demandant, le visage sérieux :
    "Qu'est-ce qui t'es arrrivé, pour que tu es temps envie d'en finir ? Et qu'est ce qui te retient de le fairrre tout de suite ?"
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(#) Re: Petrouchka ♪  Dim 1 Juil 2012 - 0:33



« Une nuit j'ai rêvé d'une rose blanche fanée
Un nouveau né peignant une vie de solitude
J'ai rêvé de mon futur. Revécu mon passé
Et été témoin de la beauté de la bête. »
traduction de Nightwish « Bless the Child »

La rose blanche symbole de la mort se fanant. Chaque pétale flétri tombant sur sa vie faite de solitude et de lassitude. Rêve-t-il cet enfant brun qui aime se croire blond? Non jamais. Il ressasse son passé sans cesse sans trouver une solution à ses problèmes. Maintenant qu'il avait rencontré Yuri, qu'il avait abdiqué. Rêvera-t-il de son futur? Sera-t-il pleins de promesse? Une amitié qui lui sera encore douloureuse ou un moyen de sortir des ténèbres qui l'entourait. Yuri réussira-t-il à réveille la Belle qui sommeillait encore dans le corps de la Bête?
Cette rencontre avec le petit blond allait elle être un tournant dans sa vie?

Heikki ne le savait pas trop. Mais il avait perdu alors pour le moment il préféra se laisser porté. Que pouvait-il faire d'autre. Il rejeta sa tête en arrière pour la coller contre le mur et ferma un instant les yeux. Les gens passaient dans le couloir autour d'eux mais il s'en fichait. Il s'était toujours foutu des gens. Et même avec un homme dans les bras il se foutait de ce que l'on pourrait dire.
Après tout même lui ne le savait pas. Il n'avait désiré personne dans sa vie, comment pourrait il décemment se dire être d'une orientation sexuelle particulière dans ce cas?

De plus aussi bizarre que cela puisse paraître il commençait à apprécier d'avoir le petit blond dans les bras. Il avait l'impression que la chaleur de l'âme du russe commençait à se répandre dans la sienne et ça lui réchauffait le cœur. En parlant de cœur il sentait celui du blond battre contre sa poitrine.Bambam bambam. Un son régulier. Assourdissant. Répétitif. Comme des tambours.

Puis il entendit la voix cristalline de Yuri qui se mit à rire et répondit à sa remarque. Il lui annonça gaiment qu'il ferait un couple absolument pas assorti, voir même limite burlesque. Tsssk déjà qu'il ne le voulait pas comme ami...alors en couple.
Heikki répondit sur le même ton neutre:

-Je te jure que je préfèrerais m'ouvrir les veines à grand coup de lame de rasoir que de devenir ton petit ami

C'était vraiment glauque...La remarque déjà n'était pas terrible alors quand, en plus on sait que le blond à des tendances suicidaires...
Puis le russe avoua qu'il serait effectivement mal que les gens se méprennent à leur sujet...alors autant leur donner raison.
Attends...quoi?! QUOI?!

Heikki ouvrit les yeux en grand en une demi seconde. Tout se passa très vite, il vit Yuri poser ses mains sur son torse et rapprocher son visage du sien. Le finlandais pâlit dans la seconde. Son cerveau affichait en boucle des messages « FATAL ERROR ». Il était tétanisé, incapable de bouger. Son cœur battait tellement fort qu'il avait l'impression de faire une tachycardie. Sentant bien qu'il était piégé son dernier réflexe de défense fut comme un petit animal apeuré de mettre la tête sur le coté en fermant les yeux avec une expression terrifiée sur le visage.
Il n'allait pas.
Il n'allait pas.

Il n'a pas fait ce que Heikki pensait. Yuri c'était contenté de lui faire un baiser esquimaux..en sommes de frotter son nez contre le sien. Puis il avait lâché le finlandais et avait fait quelques mêtre en chantant avant de se poser devant une fenêtre et de demander s'il neigera bientôt.

Pour Heikki la réaction fut tout autre. Le sang battait toujours à ses tempes et il avait l'impression qu'il allait faire un arrêt cardiaque tant son cœur tambourinait dans sa poitrine. Son visage avait perdu toute couleur. A cet instant précis il se demanda pourquoi il s'était excusé la dernière fois.
Ce n'était pas trop tard.
Il n'avait qu'à attraper ce petit russe et le frapper jusqu'à ce qu'il a des bleus sur tout le visage. Après il arrêtera de le suivre et de lui faire des frayeurs comme ça. Heikki fronça les sourcils et se tourna vers son vis à vis et là il surpris son expression mélancolique qu'il avait tandis qu'il regardait le paysage.

Raaahhh...qu'est ce qu'il détestait le voir triste. Ce fut comme ci juste à le regarder tout l'état d'angoisse dans lequel il était avait disparu. Il ne savait pas pourquoi ça lui faisait ça mais à chaque fois qu'il voyait ce petit russe mal dans sa peau il avait l'impression que tous ses ennuies étaient moins important que de faire revenir un sourire sur son vissage. Là ce fut comme si sa colère s'était envolée. Il se contenta de se laisser glisser le long du mur et de s'assoir par terre tandis que Yuri lui posait des questions plutôt personnelles. Pourquoi il voulait en finir et pourquoi il ne le faisait pas maintenant.
Pfff c'était marrant. C'était la première fois qu'il allait sérieusement parler de ça avec quelqu'un. Parce que oui il allait répondre. Et honnêtement. Il avait l'impression que quand le russe était calme sérieux voire triste qu'il pouvait faire n'importe quoi pour lui.
Heikki chassa rapidement cette dernière phrase de son esprit et s'appliqua à répondre pour décrire au mieux son mal-être:

-Ma vie...n'a aucun éclat. Elle est terne et n'a aucun but. Chaque jour se suit et se ressemble. Je suis las de continuer à vivre sans aucune motivation sans aucun rayon de soleil. Je mourrais en ne laissant derrière moi personne pour me pleurer et c'est aussi bien comme ça.

Il marqua une pause le temps de trouver ses mots et repris:

-Mais j'ai envie de laisser une emprunte. De prouver que mon existence n'était pas totalement vaine. Je vais écrire une symphonie avant de m'éteindre. Tant qu'elle ne sera pas achevée je ne mettrais pas fin à mes jours

Il se tu ensuite tout portant sa main à son oreille il titilla un peu ses piercings. Le contact du métal l'apaisait un peu.
Voilà...
Il avait tout dit.
Ite missa est.( latin: la messe est dite [tout est dit])


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(#) Re: Petrouchka ♪  Dim 1 Juil 2012 - 19:38

    Dire qu'en cet instant Yuri était quiète serait faux. Certes, il semblait plongé dans une sorte de léthargie, provoquée par son manque visible de sommeil, et encore plus récemment, par le réveil de son sérieux, de sa maturité, et on peut le dire, de souvenirs douloureux. Car oui, même si semblant aussi lumineux que l'astre solaire, le russe a aussi connu des épisodes qui avaient un temps éteint son scintillement habituel, comme l'eau éteint le feu. Yuri était agité en cet instant, et cela se manifestait, de façon contradictoire, par ce calme apparent. Dire qu'il était à cet instant mélancolique serait inexact : il s'agit d'un état de dépression intense vécue avec un sentiment de douleur morale caractérisée par un ralentissement psychomoteur et des idées de suicide. Il serait plus correct de parler d'un état de prostration, dans la mesure où il s'agit d'un état d'accablement profond qui se traduit par une absence complète de ressort d'énergie. Oui, il s'agit plus de cela, bien que cet état soit régulièrement tranché par un sursaut de dynamisme, une décharge qui sortirait Yuri de sa torpeur. Le russe détestait ce caractère versatile qui lui faisait changer d'état d'esprit toute les dix minutes, et le fait qu'il en ait désormais pour la journée ne l'enchantait guère; Il lui faudrait attendre le lendemain pour chasser cet état et retrouver son dynamisme habituel, jusqu'à ce que quelqu'un ait la bonne idée de heurter les idéaux fondamentaux de Yuri. Mais il ne se faisait pas trop de soucis avec cela, il se disait que ça n'arriverais pas de sitôt. Rencontrer quelqu'un du même état dépressif qu'Heikki, il ne risquait sans doute pas de le faire tout de suite.

    Étrangement, bien que ce soit le finlandais qui ait provoquer cela chez le russe, ce dernier restait. Soit parce-qu'il était déjà trop impliqué, selon lui, pour s'en aller maintenant, ou parce-qu'un vrai désir d'aider le jeune homme venait de l'animé. En réalité, c'était un mélange des deux.
    Au début, le fait qu'Heikki symbolise des choses que Yuri n'appréciait guère l'avait seulement rendu plus sérieux, et mature, et même malgré la perte d'engouement que cela avait entraîné, ça ne l'embêtait pas plus que cela. Mais maintenant, plus cela semblait sérieux, plus le russe se sentait mal, sans pour autant se décider à s'en aller et chasser cette aura lourde qui les entourait.
    Plus la discussion gravitait autour de telle pensées noires, plus Yuri était mal à l'aise. Peut-être parce-qu'il n'était définitivement pas habitué à une telle morosité, peut-être parce-que lui aussi, ça lui faisait ressasser des mauvais souvenirs qu'il arrivait pourtant à dominer en état normal, peut-être parce-qu'il n'aimait pas voir les autres broyer du noir... Peut-être pour tout ça. Sûrement, pour tout ça. Une espèce de philanthropie qu'il cultivait, qui l'obligeait à vouloir aider les autres, sans que ceux-ci ne le demandent, même si ils ne le voulaient pas parfois... Et qui faisait bien souvent que Yuri se sentait bien si les autres se sentaient bien, et inversement. Toutefois, ce n'est pas le même état d'esprit qu'en cet instant. Quand il se sent triste pour les autres, ça a quelque chose de plus éloigné que maintenant, où il se sent vraiment triste. C'est difficilement explicable.

    Au fond, Yuri est aussi sensible que fort. Sa force tient dans le fait qu'il ne lâche jamais rien, et que même si jamais il tombait le plus bas possible, il s'en sortirait. Et sa sensibilité est liée à cet altruisme qui le caractérise, et l'importance qu'il peut donner à ses semblables. Par exemple, pourquoi ne s'en allait-il pas maintenant, alors qu'il se sentait opprimé par tant de mauvaises pensées ? Ca aurait été beaucoup plus simple pour lui de se dire qu'il ne s'agissait pas de ses affaires, qu'il devrait laisser Heikki se débrouiller tout seul, ne pas chercher, et c'est tout. Il passerait vite à autre chose. Seulement voilà, il s'était amicalement entiché du finlandais, et ça le peinait de le voir triste comme cela. Mais pouvait-il vraiment l'aider ? Si jamais il était doué de la même détermination que le russe, ce dernier ne pourrait rien faire. En cet instant, Yuri se dit qu'il n'avait qu'à dire ce qu'il avait à dire, et après tout si "quelque chose suit son cours", elle le poursuivrait, non ? Oh Yuri était désorienté en cet instant, et ne savait plus trop que croire. Il attendait juste qu'une saute d'humeur arrive pour le ramener sur son habituel chemin tout étincelant. Mais il semblait qu'elle se laisse désirer.

    Il avait écouté attentivement Heikki lui donner ses raisons, toujours en fixant le paysage, un point quelque part, ou scrutant le ciel pour y déceler un flocon qui ne pointait toujours pas. Les paroles finlandaises traversèrent dans son esprit son trouver aucun point d'accroche car Yuri ne concevait définitivement pas qu'une vie puisse être résumée ainsi. Même quand c'était arrivé, Yuri n'en n'était pas arrivé à ce point. Vraiment ? Ou peut-être que si. Il ne se souvenait plus très bien, ayant tellement changé depuis. Heikki ne voyait-il donc aucune lumière dans la vision qu'il avait du monde, de sa vie ? C'était exactement la question que se posait Yuri. Que cela puisse être vrai le dépassait complètement. Bizarrement, ce fut à cette pensée que la balance se renversa, et que le russe recouvrit un peu de gaieté. Il savait que si il voulait continuer à démontrer à Heikki que la vie est belle, il fallait sortir un peu de la torpeur dans laquelle il était plongé. Bon, autant profiter du temps où il serait de nouveau prompt. Ca avait quelque chose de fatiguant, ces sautes d'humeur.

    Bref, sans un mot, Yuri disparut au bout du couloir, tournant sur la droite. Oh non, il ne s'en allait pas, il allait juste chercher une chose à laquelle il venait de penser. Il s'était dirigé vers son casier, non loin de là, y avait fouillé et avait sortit un petit livre. Cela fait, il s'était dépêcher de rejoindre le finlandais là où il l'avait laissé, allant s'asseoir à son côté. Bien sûr, Yuri, cherchant presque inconsciemment la proximité, prit place à côté de lui de telle façon que leurs épaules s'effleuraient.
    Après un petit silence, il commença :

    "Tu sais, j'ai toujours beaucoup aimé la neige, j'ai toujours aimé voir les flocons tomber du ciel et venir chatouiller mon visage quand je levais la tête pour les voir tomber. J'ai toujours trrrouvé que la Russie, recouverrrte de neige, était magnifique et resplendissante de purrreté. Mais quand elle recouvrrre les routes, à ce moment là, je ne peux m'empêcher d'éprrrouver une grrrande averrrsion à son égarrrd, Yuri marqua une légère pause, avant de repartir sur quelque chose qui semblait n'avoir aucun rapport avec le début. J'ai un frrrère, Sevastian, et une soeur, Lena. Lena a cinq ans de plus que moi, et je n'ai jamais été trrrès prrroche d'elle. C'est une ballerrrine, elle a toujourrrs étét plus obnubilée par ses perrrforrrmances que par entrrretenir des liens frrraternels avec nous, mon frrrère et moi. Elle est au Théâtrrre du Bolchoï maintenant, donc je pense qu'elle a eu raison. Mais j'ai toujours été trrrès prrroche de Sevastian, tu vois, on était toujourrrs ensemble. En quelque sorrrte, c'était mon modèle et mon repèrrre. Un jour, il est parrrti chez un ami, comme souvent. Il neigeait vrrraiment beaucoup cette jourrrnée là. Puis, au lieu de rentrrrer à la maison, il est parrrti voir quelqu'un d'autrrre. Tu sais de qui il s'agissait ? Bizarrrement, il semblait que cette jourrrnée là, Dieu avait choisit de l'emmener chez lui. Il n'est même pas allé à l'hôpital. Sur les routes la neige n'est pas aussi purrre qu'ailleurs..., Yuri s'arrêta une nouvelle fois, un peu plus longtemps. Puis, la voix un peu hésitante, il reprit, J'étais complètement perrrdu, j'avais huit ans à cette époque. C'était comme si tout était devenu noir, plus rien ne m'interrressait. Je voulais que tout finisse, je pensais plus ou moins la même chose que toi maintenant. Parce que je l'avais perrrdu, je ne voyais plus quoi fairrre, parce-que..."

    A cet instant, Yuri se tut. Sa gorge était trop nouée pour pouvoir poursuivre, et sa voix s'était de toute manière brisée sur le dernier mot. Il se mit à lutter contre les larmes qui lui montaient aux yeux. Oh non, il n'allait pas pleurer, il savait que cela peinerait son frère. Il lui avait interdit de pleurer, il lui avait dit d'être heureux. Juste heureux, il vivait, il ne devait pas gâcher sa vie. Ce fut plus dur que d'habitude, un peu fragiliser qu'il l'était en ce moment, mais le russe recouvrit son calme. La voix sérieuse, il déclara :
    "Mais je me suis rappelé deux choses : Sevastian m'avait toujours répéter que je devais être heureux, mes auteurs préférés le répétaient eux aussi sans cesse. Et j'ai réalisé que c'était vrai, qu'il fallait être heureux, pour au moins une chose : pour mon frère, et si jamais je décidais de mettrrre fin à mes jourrrs, ce serrrait un manque de respect enverrrs lui, Yuri coula un regard à Heikki, en poursuivant, je te raconte tout ça pour dire que nous n'avons pas le drrroit, nous qui vivons, de choisir de mettre un terrrme à notre vie. Il y a tant de gens qui meurrrt alorrrs qu'ils ne le voulaient pas, donc si ceux qui ont la chance de vivrrre décident de mourrrir, c'est un manque de respect. Gaspiller une vie qui aurrrait pu êtrrre vécue, alorrrs que d'autrrres qui voulait la vivrrre ne le peuvent pas, c'est absurrrde."

    Sur ce, Yuri se saisit de son livre, chercha une page en particulier, et y passa un peu de temps avant de se mettre à dire :
    "Tu connais Samuel Beckett ? Il s'agit là d'une pièce de théâtrrre, "Fin de partie". Drrrôle de titrrre, n'est pas ? Et pourrrtant, si on y cherrrche bien, il y a des passages d'espoir. Comme celui-ci : "On m'a dit, Mais c'est ça, l'amour, mais si, mais si, crrrois moi, tu vois bien que c'est facile. On m'a dit, Mais c'est ça, l'amitié, mais si, mais si, je t'assurrre, tu n'as pas besoin de cherrrcher plus loin. On m'a dit, C'est là, arrrête toi, rélève la tête et regarrrde cette splendeur. Cet orrrdrrre ! On m'a dit, Allons, tu n'es pas une bête, pense à ces choses là et tu verrras comme tout devient clair. Et simple ! On m'a dit, Tous ces blessés à morrrt, avec quelle science on les soigne." Après une brève pause, Yuri fit remarquer, Si tu ne les connais pas, cherrrche l'amitié et l'amour, tout serrra résolu, et cela apporrrterrra de la lumièrrre. Et quelqu'un te pleurrrerrrra forrrcément, tu as une famille, tu n'es pas tombé du ciel comme ça."

    Yuri se rendit compte qu'il avait beaucoup parlé, et raconté un peu sa vie. Mais il avait envie de le dire, sans savoir si cela avait servi à quelque chose. Il se disait toutefois que c'était de cette manière là qu'il pouvait aider le finlandais, si jamais il pouvait l'aider. C'était la seule façon qu'il avait entrevue, et il se sentait quiète de cela.

    Il repensa ensuite à ce qu'avait dit le finlandais, à propos de ce qui le retenait de terminer sa vie pour l'instant. Il voulait écrire une symphonie, qu'il lui avait dit. Yuri se dit que pour l'instant, il n'avait jamais eu l'idée de composer. Il ne se sentait pas encore prêt pour cela. Pourtant, il était extrêmement doué au violon, il savait donner des émotions à la musique, alors sans doute parviendrait-il à les créer.

    "Pourrrquoi te limiter à une seule symphonie ? Pourrrquoi ne pas en crrréer pleins d'autrrres ? Ta vie aurrrait ainsi un sens, tu ne penses pas ? Et tu n'aimerrrais pas savoir ce que les gens en pense ?", demanda Yuri, pensivement.
    Yuri n'avait fait que soulever des points de pure logique. Si Heikki trouvait que sa vie n'avait pas de sens, il n'avait qu'à lui en créer un, et il était juste devant ses yeux. Le russe restait un peu perplexe à propos de ça. De toute façon, depuis le début, le finlandais le laissait souvent dubitatif.

    Ayant dit tout ce qu'il avait à dire, Yuri resta silencieux, un moment durant. ll se sentait mieux depuis quelques instants. Du moins, mieux depuis qu'il avait déblatéré sa longue tirade, sans pour autant avoir retrouver son bien-être coutumier. Mais l'état léthargique s'était estompé, avec les paroles.
    Perdu dans ses pensées, les yeux dans le vague de Yuri se posèrent sur le jean d'Heikki. Il se demanda de quelle matière il s'agissait. Oui, il est comme ça, à souvent s'arrêter sur des détails insignifiants. Et stupides, on peut le dire. Enfin bref, pour savoir, il posa sa main sur la cuisse du finlandais. Ah bah c'était bien de la matière "jean". Vérification faite, il retira sa main, tout en se disant qu'on pouvait se douter de ses intentions, aussi jeta-t-il un coup d'oeil à Heikki, en lui précisant :

    "Je voulais juste voir en quelle matièrrre il était, en fait."

    Il accompagna ses dires d'un sourire innocent. Et tient, d'un seul coup, ça lui refit penser à quelque chose. Avec une moue un peu triste, il fit remarquer à Heikki :

    "Je t'horrripile tant que ça pour que tu prrréfèrrres mourir plutôt qu'êtrrre mon petit-ami ? C'est blessant..."
    Au fond, cela ne lui importait pas vraiment, mais dans l'état où il se trouvait en ce moment, ça lui avait fait un petit pincement au coeur. Oh il restait toujours persuadé que s'ils devaient sortir ensemble, ce serait vraiment comique, mais qu'il dise préfére mourir... D'habitude, les gens le trouve mignons et sont loin de préférer mourir plutôt que de l'avoir en copain. Enfin...
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(#) Re: Petrouchka ♪  Dim 1 Juil 2012 - 22:50


« Demain dans la paume de nos mains
Que nous restera-t-il à part une épine sans rose
Demain dans la paume de nos mains
Nous devons prendre soin de cette épine sans rose »
traduction Edguy Thorn without roses

Que nous restera-t-il à part une épine sans rose.
Une vie sans aucun espoir. Quand on perd quelqu'un la vie perd immédiatement tout son attrait. Elle devient morne et terne. Mais en même temps on trouve une raison de vivre. Celle de survivre pour ceux qui restent et en mémoire de ceux qui sont partis.

Mais pour Heikki tout cela était très abstrait. Il n'avait pas été super proche avec ses parents. Ceux ci filaient le parfait amour et le jeune homme bien qu'il ait été aimé et désiré s'était toujours considéré comme la cinquième roue du carrosse. La seule personne qui l'avait aimé chaleureusement et pour laquelle il avait été important c'était sa grand mère. Il allait régulièrement lui faire des courses et l'aider à faire la cuisine. Il se sentait bien avec elle. Mais depuis qu'elle se sentait trop diminuée et qu'elle avait emménagé avec l'une de ses filles et qu'Heikki était à Kobe il n'avait pas pu vraiment lui reparler autant qu'il aurait voulu. Il avait l'impression d'avoir été encore abandonné. Comme avec Leena en somme.

Yuri avait abandonné Heikki un instant. Pendant un moment le finlandais c'était demandé s'il avait intérêt à profiter de l'occasion pour s'enfuir et enfin être débarrassé de cette sangsue affective qu'était le petit russe. Mais le faux blond avait tiqué sur l'expression du visage de Yuri.
Il était triste, angoissé...et autre chose...la douleur. Il avait des pensées douloureuse en ce moment. Heikki se mordit la lèvre. Comment pouvait il le laisser ainsi, lui qui sentait son cœur saigner à chaque fois qu'il voyait cette lueur de tristesse dans les yeux du russe. Le finlandais resta donc adossé au mur du couloir en attendant que son camarade revienne.

Le petit blond revint rapidement avec un livre à la main et alla s'assoir à coté d'Heikki. Puis le jeune homme se mit à parlé. Sa voix pourtant douce et cristalline était cassée par l'émotion. Le finlandais posa son regard sur le russe. Il avait perdu toutes ses couleur et racontait le pourquoi du comment de sa joyeuseté habituelle. Sa bonne humeur cachait en réalité un belle cicatrice qui apparemment n'avait cicatrisé qu'en façade. La mort de son frère avec qui il était très proche. Les envies de suicide qu'il avait eu à ce moment là.
Heikki resta silencieux pendant que Yuri racontait son histoire. C'était une preuve de respect. Et en même temps...cela lui parlait. Il sentait un eccho à ses problèmes. C'est vrai qu'Heikki n'avait jamais rencontré quelqu'un avec qui discuter de ses problèmes. Voire même jamais rencontré quelqu'un avec qui discuter sérieusement. Et puis....
Et puis il y avait autre chose...
Yuri venait de lui montrer une facette de sa personnalité qu'il trouvait...comment dire...intéressante. Il y avait une sorte d'aura qui se dégageait du petit russe quand il était sérieux, comme si sa beauté était décuplée. A ce moment il voulait en savoir plus sur lui. Il voulait bien plus le connaître. Et ça c'était nouveau pour lui.

Au fond de lui il repensa à Leena et son cœur se serra. Il ne voulait pas refaire l'erreur de laisser quelqu'un être proche de lui mais...Mais il n'avait pas envie de laisser le petit russe regarder d'un air triste le paysage, voir les flocons de neiges tomber et se mettre à pleurer en pensant à son frère. Pendant un moment il se dit que ses problèmes n'étaient vraiment pas comparable à ceux de Yuri.
D'ailleurs quand celui ci s'exclama qu'il n'était pas tombé du ciel et qu'il avait bien des parent qui le pleureront Heikki se mit à murmurer plus pour lui même que pour le petit blond:

-Et toi tu me pleureras...?

Puis Yuri lui affirma qu'il serait mieux qu'il en écrive plusieurs de symphonies. Pfff...Heikki ne voulait pas savoir ce que les gens pensaient de ces suites de notes. Le finlandais esquissa un sourire pâle puis reposa sa tête contre le mur. C'était du à dire mais il était bien. Il se sentait bien. C'était étonnant. Comme si il était dans une sorte de bulle remplie de coton. Comme si son cerveau était sur pause.
Est ce que c'était le petit russe qui lui faisait se sentir aussi bien?

Et là il senti quelque chose glisser sur sa jambe. Ouvrant rapidement les yeux il regarda l'objet du délit. Yuri venait de posa sa main sur sa cuisse. En croisant le regard estomaqué du jeune homme ce dernier dit pour se justifié qu'il voulait juste savoir quelle était la matière de ce pantalon.
Ben...un jean....
C'était pourtant évident....
Heikki senti une main glacée lui enserrer l'intestin. Nan...là s'en était trop. C'était évident que le russe essayait de le draguer. Tous ces câlins ses bisous et maintenant ça. Et puis...ce qu'il lui demanda ensuite. S'il l'horripilait tant qu'il préférait mourir plutôt que d'être son petit ami. En lui lança un regard outré Heikki siffla:

-Je t'ai déjà dit que je ne voulais pas d'ami alors un petit ami. En plus je ne suis pas gay alors la question ne se pose pas!

Il marqua une pose:

-Enfin je ne sais pas si je le suis ou pas mais ça ne change rien. Je ne suis pas intéressé alors arrête de me faire des avances ça ne mennera à rien. Je t'autorise déjà à me suivre ça ne te suffit pas!?

Néanmoins Heikki voulait faire quelque chose pour le beau petit blond qui l'avait tant touché en parlant de son passé. Il savait que ce serait dur mais ça lui ferait surement plaisir. Et puis...il en avait aussi envie. Il ne voulait pas que le petit russe reparte sans qu'il ne puisse le revoir. Il voulait le connaître un peu mieux. Le jeune homme attrapa son sac à ses coté et sorti un de ses cahier, il en arracha une page blanche et y écrivis quelque chose. Puis tendit la feuille à Yuri.

-C'est mon nom, mon numéro de téléphone et mon numéro de chambre...je...j'ai pensé que ça te ferais plaisir..pour que..tu puisse continuer de me suivre partout.
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(#) Re: Petrouchka ♪  Lun 2 Juil 2012 - 0:18

    Yuri guettait comme un chat à l'affut le retour de l'état léthargique, mais ce dernier ne semblait pas poindre le bout de son nez pour le moment. Et tant mieux. Il se sentait vraiment mieux, parce-qu'il avait parlé, parce-que l'atmosphère lourde d'il y a quelques instants semblait s'être dissipée... Tout ça, oui.

    Et comme un chat, Yuri se mit à bailler. Longuement. Il était vraiment fatigué, et l'accablement avait eu le don d'user ses nerfs, et sans doute continuerait-il à les user une fois qu'il aurait décider de frapper à la porte et de s'installer de nouveau. Sale bête. Mais bon, profitons de l'instant présent, toute en légèreté. Yuri ignorait quel effet son long discours avait eu sur Heikki, qui était resté silencieux tout le long. En tout cas, il n’énonça pas d'idées glauques par la suite, ce qui avait permis, du point de vue de Yuri, d'enlever un poids sur l'atmosphère, et faisait retarder le retour d'une certaine lourdeur.

    Mais n'empêche, il avait bien envie de se lover comme un petit chaton vers la première source de chaleur qu'il avait à porté de lui. Ses yeux tombèrent sur le finlandais, évidement. Le russe le considéra un petit moment, hésitant.

    Bon...

    Yuri réussit à résister à l'envie de se servir d'Heikki comme d'un oreiller, gagnant en lucidité pour une fois, et se disant qu'il devait sans doute plus que titiller les limites finlandaises. Il faut dire que ça l'amuse un peu, mais il faut savoir ne pas en abuser. C'est comme le chat qui vient se planter devant la télé quand on la regarde. C'est drôle un moment, mais il finit toujours par se voir lancer une jolie pantoufle. Le russe se disait qu'il allait éviter de provoquer cela. Normalement. Logiquement. Peut-être. Enfin... Tout cela est hypothétique, en fait. Inconstance, inconstance...

    Et au final, peut-être qu'il avait déjà dépasser les limites, après tout ? Surtout au vu de ce que venait de s'exclamer Heikki, apparemment outré. Il lui disait quoi ? De cesser ses avances ? Quelles avances ?
    Yuri le regarda avec des yeux de hiboux, c'est à dire un peu écarquillés sous le coup de la surprise. Le russe n'avait jamais fait d'avances à qui que ce soit... Ou si. Il y avait une fois où son oncle avait voulu lui faire une blague -pas vraiment drôle, du point de vue de sa mère- et avait verser un liquide étrangement ressemblant avec de l'eau et qui s'avérait être de la vodka. Bien sûr, Yuri, qui avait quinze ans à ce moment là, ne s'était rendu compte que ce n'était pas de l'eau que lorsqu'il avait eu l'impression qu'Hiroshima venait d'éclater dans sa gorge. Et du coup, il était tellement bourré que d'après les propos de son oncle hilare, il avait dragué la jardinière de Géranium dans le jardin de la façon la plus pathétique qui soit. Donc bref, à part des géranium, il n'avait jamais flirter avec qui que ce soit. Voyez-vous, dans l'esprit du russe, câliner, bisouiller et tout ce qui se rapporte au champs lexical du contact, ça ne rime pas avec avances. Quand il fait ça, c'est purement amical et il n'y voit pas de double sens. Sauf que tout le monde y verrait un double sens, évidement. Donc Yuri se retrouve sans arrêts à créer des quiproquos sans s'en rendre compte.

    Mais là, dans un éclair de lucidité, il se rendit compte que oui, mettre sa main sur la cuisse de quelqu'un, c'était vraiment limite. Mais c'était vraiment par simple curiosité pour voir la matière ! C'est vrai quoi, maintenant, on peut donner n'importe quel aspect trompeur au coton, à l'élasthane et tout.
    Néanmoins, Yuri ne pouvait s'empêcher de trouver amusantes les réactions vives que pouvait avoir Heikki. Il s'énervait un brin pour rien quand même...
    Pour clarifier la situation, Yuri lança, avec un sourire amusé :

    "Oh mais je ne flirrrt pas avec toi, rassurrre toi ! Et même si il n'est pas impossible que je puisse un jour tomber amourreux de toi, car après tout, on ne sait pas de quoi l'avenir est fait, là, je veux juste qu'on soit amis. J'agis toujourrrs comme ça avec tout le monde, donc n'y voit pas quelque chose de perrrsonnel."
    C'était bien vrai après tout. Il agissait toujours comme ça avec tout le monde, garçons ou filles, il ne fallait pas voir ça comme un signe quelconque. D'ailleurs, cela avait déjà donné de faux espoirs à certaines personnes, et ça avait peiner Yuri. Mais il ne peut vraiment pas aller à l'encontre de son caractère expansif.
    Et quant au fait tout à fait hypothétique qui ferait qu'il pourrait tomber amoureux du finlandais, c'était vrai aussi. Après tout, on ne sait jamais. Mais bon, il en doutait un peu, et il envisageait seulement une perspective amicale avec lui. Ce serait déjà un grand pas.

    Alors qu'il pensait à cela, il entendit Heikki sortir un cahier de son sac, déchirer une page et griffonner des trucs dessus. Il le regarda faire avec curiosité jusqu'à ce que le finlandais lui donne le bout de papier en lui disant qu'il s'agissait de son numéro de portable et de chambre, et de son nom. Pour lui faire plaisir. Pour qu'il puisse continuer à le suivre.

    Oh.

    Ça. C'était. Trop. Mignon.

    Si, si. Yuri trouva cela vraiment mignon et gentil.

    Aussi, tandis que ses joues rosissaient de contentement, il regarda Heikki avec un sourire rayonnant, en lui lançant :

    "Tu me l'as donné sans que je te le demande... Ça veut dirrre que finalement, tu m'aimes bien quand même, n'est-ce pas ?il marqua une pause, avant de rajouter, un large sourire aux lèvres et les yeux pétillants, tu sais quoi ? Je vais même dorrrmir avec, je la mettrrrais sous mon orrreiller et j'y ferrrais un bisou tous les soirs avant de me coucher !
    Sur ce, pour le remercier, il lui fit un rapide bisou sur la joue, toujours aussi rayonnant. Il doutait qu'Heikki prenne cela comme un remerciement mais bon, tant pis. Yuri était vraiment content. Ah, il semblait loin désormais, abattement de tout à l'heure.

    Ah, en parlant de ça...

    "Et pour répondrrre à ta question, moi, oui, je te pleurrrerrrais. Aprrrès tout, je t'aime bien. "

    Bah oui, il avait bien entendu. Il est fort dans l'art de remarquer les toutes petites choses, les minuscules détails. Et parfois, pas les choses évidentes. C'est comme ça.
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(#) Re: Petrouchka ♪  Lun 2 Juil 2012 - 21:58

Le sage, le fou, le pécheur
Et ce que tu va être, personne ne peut le dire
Le sage, le fou , le pécheur
Personne ne peut prédire le destin. Pas question Pas question! »
traduction Helloween The sage the fool the sinner

Heikki était un sage. Il avait un grande culture, une certaine sensibilité artistique et on pouvait clairement énoncer qu'il était intelligent. Même s'il manquait de recul pour certains sujets. Certes il était mature...mais peut être un peu de trop.
Heikki était fou. C'était un inconscient qui réagissait un peu trop souvent en suivant ses passion sans écouter son esprit sage qui le métait en garde. Il avait des envies de suicides. Il voulait se détruire sous sa carapace pour une petite ingénue.
Heikki était un pécheur. Il avait commis autant de péchés que ne peuvent en contenir les sept capitaux. Il était colérique et son orgueil était inégalé. Il était gourmand de littérature, de musique classique...il avalait opéra et théâtre tragique comme l'on dévore des petits pains. Il était paresseux, il recherchait certes l'excellence mais ne se donnait jamais à fond pour l'avoir. Il était envieux de la joie de vivre des autres humains et avare de cette tranquillité que lui offrait sa solitude.
Ne manquait que la luxure....
Personne ne peut prédire le destin.
En tout cas pour le moment il n'en était pas question.

Pour le moment Yuri était entrain de démentir le fait qu'il voulait séduire le faux blond même s'il n'était pas impossible qu'il puisse tomber amoureux de lui. Enfin il lui assura qu'il était ultra tactile avec tout le monde.

-Comment ça ce serait possible? Je suis aussi attirant que ça? lança le finlandais d'un ton ironique.

Après est ce que le petit russe allait comprendre l'ironie. Enfin bon, Heikki commençait enfin à faire de l'humour, c'était bon signe pour quelqu'un qui ne parlait presque jamais à un autre être humain.

Et puis Heikki griffonna sur une page de son cahier ses coordonnées. Il observa longueusement la réaction de Yuri. Celui lui explosa dans une sorte d'effusion de joie. D'ailleurs le finlandais cru voir voler quelques paillettes et étoiles autour de lui pendant qu'il lui répondit. Le petit russe était vraiment heureux de cette attention. Il s'écria que le faux blond devait quand même bien l'apprécier s'il lui avait donner ces informations de lui même. Et puis il lui fit encore un bisous sur la joue. Heikki se contenta pour ne pas hurler et leva juste les yeux au ciel.
Le finlandais posa doucement ses prunelles sur le petit blond. Il avait une impression bizarre qui grandissait en lui. Du bonheur. Il était content de lui. Fier de lui. Autant il avait éprouver une honte insondable lorsqu'il l'avait fait pleuré mais maintenant il se sentait assez joyeux de voir un sourire éclairer le visage du petit russe. Et puis il y avait aussi toutes ses minutes à parler sérieusement ou il avait senti que Yuri était plus mature qu'il n'y paraissait et que contrairement aux apparences ils se ressemblaient énormément. Ils s'était tous deux créer une carapace pour protégé leur cœur meurtri. Autant Heikki s'était coupé des autres comme un hérmite, autant Yuri se dissimulait derrière un naturel joyeux et enjoué pour cacher ses blessures.
Là le finlandais avait juste envie de faire plaisir au petit russe. Calmement il répondit:

-Bien évidemment que je t'aime bien. Je ne t'aurais pas repoussé aussi violemment si je n'avais pas su tout de suite que tu aurais une chance de te rapprocher de moi... que tu allais réveiller de vieilles blessures.

Puis Yuri se souvenant de ce que Heikki avait laisser échapper pour lui même lui avoua qu'il le pleurerait s'il disparaissait. Le faux blond posa son regard sur le sol ramena ses genoux sur sa poitrine et y posa ses mains. Un sourire passa sur son visage.
Un vrai sourire.
Mais s'éclipsa presque aussitôt comme si le jeune homme s'était forcé à le perdre.
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(#) Re: Petrouchka ♪  Mar 3 Juil 2012 - 0:36

    "Hamm. - Qu'est ce qui se passe ?
    Clov. - Quelque chose suit son cours."

    Ces deux répliques sont répétées par trois fois, avec une légère différence à chaque fois, tout en gardant la même idée. Par trois fois, comme la Sainte Trinité. Car Beckett, en écrivant cela, réfère au Destin qui toujours fait que "quelque chose suit son cours". Dans "Fin de Partie", certes, mais on peut toujours finir une partie et en commencer une autre, après tout.

    Toujours est-il qu'en cet instant, le cours de ce "quelque chose" se déroulait bien calmement, et semblait être auréolée d'augures assez bonnes, oui, Yuri osait le penser. La tournure qu'avait pris la discussion depuis quelques instants, désormais loin de tourner autours de souvenirs douloureux, avait pris une allure plutôt banale, ce qui réjouissait fortement Yuri, tout pétillant et quiète. C'était comme si un patronus venait d'éclater et repoussait en cet instant les vilains détraqueurs, songeait Yuri. Ah parce-que oui, le russe aime Harry Potter. C'est trop cool ! Il a bien dû tous les lire au moins quatre fois chacun, et à bien évidement été chaparder une petite branche à un arbre pour s'en faire une baguette, piquer un balai à sa mère pour essayer de jouet au quidditch avec sa cousine Yulia, reproduit la recette de la bière au beurre, ou encore passer tout un temps sous une couverture en se persuadant qu'il s'agissait d'une cape d’invisibilité, toujours avec sa cousine. Et encore, ce n'est qu'une infime partie de tout ce qu'il a essayer de reproduire.
    Qui a dit immature ? Qui ?! C'est faux. Surtout quand on sait qu'il jouait toujours à cela il y a pas plus tôt que... trois ans. Oui, à quatorze, il continuait à jouer à Harry Potter. Mais bon. C'était seulement un jeu, après tout.
    Et il avait donné des preuves de maturité il n'y a pas plutôt qu'il y a quelques instants, donc on peut passer outre.

    Bref. Au lieu de raconter des bêtises, retournons à l'instant présent.

    Yuri se disait que la ressemblance qu'il y avait entre Heikki et lui était vraiment amusante. Bien sûr, elle était frappante au niveau physique, c'était indéniable, mais ils se ressemblaient aussi dans le fond. Il avait tout les deux vécu quelque chose qui les avait profondément blessé. Yuri avait réussi à surmonter son épreuve, doué d'une détermination innée, mais aussi parce-qu'au bout de deux ans durant lesquels il n'avait été plus qu'une ombre se contentant d'être là, il avait finit par comprendre qu'il devait vivre pour son frère. Pour lui, il devait être heureux, pour lui, il devait être doublement heureux, afin de vivre pour lui la vit qu'il n'avait pas pu vivre. C'était pour ça que le russe restait fort, et quasi inébranlable. Cette simple raison lui suffisait pour toujours tenir le coup et franchir les obstacles.

    Mais pour en revenir au sujet de leur ressemblance, elle semblait ce limitée à cela. Après, leurs personnalités restaient assez opposées. C'était cela qui était intéressant, et qui attirait tant Yuri, cette opposition ! Le russe aimait découvrir de nouvelles choses, appréhender de nouvelles manières d'être, de penser. Juste par curiosité. Aussi, répondit-il quand Heikki lui demanda -ironiquement, il le remarqua quand même- comme s'était possible et s'il était si attirant que ça :

    "Oh tu sais, on a tous forrrcément quelque chose d'attirrrant quelque part. Et moi par exemple, j'ai toujours été attirrré par les gens qui avaient plusieurs choses de totalement opposées à moi. Aussi bien amicalement, qu'en matièrrre amourrreuse."

    C'était bien vrai, Yuri avait toujours eu des attentions particulières envers les gens présentant des choses qu'il n'avait pas, ne connaissait pas, et qui donc le captivait. Si on gagne un jour le fort intérêt de Yuri, dans le sens où il est vraiment captivé par une personne, cette personne ne perdra jamais l'attention de Yuri. Généralement, quand Yuri se lance dans quelque chose, ça a toujours un aspect définitif. Ça a de bons et de mauvais côtés.

    Oh, et en parlant d'attention, on peut dire que Yuri a une ouïe plutôt sélective. Ou du moins, elle est assez vive quand il entend certains mots qui le font tout de suite réagir, quand bien même il est perdu dans ses pensées. En l'occurrence, il s'agissait de "je t'aime bien".

    Évidemment, Yuri fut saisi d'un ravissement complet. Le sourire tout à fait content, les yeux scintillants, et tout et tout. Si on était dans un shojo, fleurs, paillettes, poudre d'étoiles et petits soleils graviteraient autour de Yuri, c'est certain. Bon. Ça fait combien de victoires, deux ? Oui, ça doit être ça.
    Les joues du russe virèrent à une jolie teinte rose, comme toujours quand il est vraiment content. En effet, la coloration des joues chez Yuri est plus symbole de joie que de gêne. Du moins, tant que la couleur est rose. Rouge, ça veut dire qu'il est gêné. C'est mignon, non ?

    Ooooh, en parlant de chose mignonne ! Yuri eu un brusque sursaut, pensant soudainement à quelque chose, et il fut étonné que l'évidence même de cette chose ne lui soit pas apparue avant. Aussi se décolla-t-il du mur contre lequel il était adossé, pour se décaler un peu, s'asseyant en tailleur, et de façon à être en face d'Heikki. Il posa brusquement une main sur un des genoux du finlandais. Car Yuri à toujours eu la sale manie d'attraper le bras, de poser sa main sur le bras/genoux/cuisse/épaule -bref, selon la configuration- de la personne avec qui il parle quand il percute soudainement quelque chose.
    Ses grands yeux bleus lumineux fixèrent Heikki, tandis qu'il s'exclamait :

    "Tu sais quoi ? Je viens de me rappeler que j'avais un lièvrrre en peluche dans ma chambrrre, un Зайчёнок, comme toi donc !, Yuri marqua une pose, toujours en souriant, avant de finir, avec fierté, il faudrrra que je te le montrrre ! Quand tu passerrras par ma chambrrre par contrrre, il est un peu grrros, donc je peux pas le trrrimballer comme ça !"

    Oh, oui, on pouvait se dire qu'il manquait sérieusement un grain à Yuri, qu'il avait été bercer trop près du mur quand il était petit, ou encore qu'il avait du se prendre un coup de marteau et que ses neurones, ceux qui restaient, avait dû être découper à la faucille, ahaha, ou que sais-je encore. Mais bon, ça l'enthousiasmait à ce point parce que c'est mignon, et Yuri aime quand c'est mi-... Bon. D'accord. Je vais arrêter de le rappeler sans arrêt.

    Bref, ça l'enthousiasmait, en tout cas. Oh et l'air pensif, il rajouta, comme pour lui même :

    "La seule chose que je me demande, c'est lequel est le plus mignon... Toi, ou ma peluche ? Telle est la question !"

    Et sur ce, il dirigea un franc sourire tout innocent à son homologue blond. Yuri, en cet instant, s'amusait vraiment bien.
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(#) Re: Petrouchka ♪  Mar 3 Juil 2012 - 20:06

J'ai vendu mon âme pour des diamants
Et raison d'acclamation
J'ai prié pour des anges blancs
Pour démolir mon esprit
Blowing out the flame Avantasia

Ange...

Heikki observait du coin de l'œil Yuri qui s'était mit à rougir ou plutôt à rosir sous la joie du « je t'aime bien qu'avait osé dire le finlandais. Ce dernier resta un moment silencieux à voir pétiller les yeux du russe de joie. Pfff, il était vraiment influençable. Il suffisait d'un compliment pour qu'il parte au quart de tout de la tristesse à la gaité.

Pourtant le faux blond sentait bien que ce n'était pas de ce Yuri là avec qui il se sentait bien. Etait ce du à son esprit négatif en toute circonstance qui parlait quand il disait qu'il aimait observer le russe quand celui ci déprimait. Il faut dire que le petit blond était vraiment magnifique lorsqu'il déprimait. Il y avait un je ne sais quoi d'angélique dans son attitude quand son regard était emprunt de sérieux et de maturité. Un ange pleurant sur l'horreur du monde.

Tandis que son alter égo, le Yuri heureux et pétillant de joie était tout bonnement exaspérant à être tactile à outrance. Toujours à faire des câlins constamment.
Bref si effectivement Heikki se laissait un peu fondre devant les réflexions profondes du petit blond ce n'était pas dans le même état d'esprit qu'il observait Yuri balancer fleurs et paillettes autour de lui à chaque battements de cils puis parler d'un lapin en peluche.

Le finlandais sentit comme un coup de marteau derrière sa nuque. Un lapin en peluche. Oh mon Dieu dites moi qu'il ne le comparait pas à un lapin en peluche. Le jeune homme regarda le russe d'un air énervé et dit d'un ton cassant.

-Je n'ai aucune envie de voir un lapin en peluche.

D'ailleurs il avait oublié un truc important. Il détestait ce surnom. S'il se teignait les cheveux en blond jusqu'à leur enlever tout éclat et toute vitalité c'est parce qu'il détestait la couleur noire que sa mère lui avait légué.

-Je préfère encore « luciole » à « lièvre » comme surnom. Je déteste mes cheveux. Si j'avais pu j'aurais été comme mon père un grand blond aux yeux bleus.


Oh oui il aurait aimé ressemblé à son père. Un viking. Alors que lui avait hérité de la petit taille et de la stature menue de sa mère ainsi que de ses cheveux typiquement asiatique. Également d'un beau yeux légèrement bridé mais il ne s'en plaingnait pas de ça.
Le jeune homme reposa les yeux sur Yuri. Il allait lui laisser accéder à ce qu'il y a sous sa carapace? Ce serait dur...difficile...extrêmement douloureux. Il ne pouvait pas le laisser être son ami. Mais en même temps il ne voulait pas le laisser partir.
Non..Heikki voulait encore passer du temps avec lui. Alors allait il être son ami comme le voulait le blond? Le finlandais ne le laisserait sûrement pas faire. Mais il pouvait essayer d'être gentil. Essayer...Il ne se forçait même pas.
C'était bizarre...
Il aimait tellement être là. Il se sentait si bien là contre le chauffage avec ce petit an...ce petit russe. D'un air entre le mépris et l'air narquois il tint ce langage:

- Toi ton surnom ce serait iilimato. La sangsue. Car tu n'arrête pas de me coller, de me toucher, d'essayer de me faire des bisous alors que j'ai horreur de ça.

Puis se radoucissant en esquissant un sourire que l'on pourrait qualifier d'adorable et qui ne lui était pas coutume mais qu'il faisait assez souvent ces dernière minutes:

-Mais...quand tu m'a parlé de ton frère...que tu as tenté de me persuader que me suicider était mal..ce Yuri là j'aimerais l'appeler enkeliça veut dire...ange.


Il avait prononcé ce mot à demi ton, il était presque inaudible. Le finlandais se leva ensuite très rapidement, les joues rouges puis s'exclama, souhaitant surtout changer de sujet:

-J'en ai assez de rester dans les couloir du lycée. Si on sortait?Je sais que c'est assez bizarre et je pense que je vais sûrement le regretter mais je veux passer du temps avec toi.
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(#) Re: Petrouchka ♪  Mar 3 Juil 2012 - 22:25

    La chambre de Yuri, c'est Peluche land. Mais vraiment, surtout chez lui. Quoique, en fait, plus que Peluche land, c'est presque carrément une chambre de fille qu'il a. Les murs sont mauves pâles, les couvertures de son lit sont la plupart du temps nanties de fleurs diverses et variées, il a une armoire immense pour stocker la quantité énorme de vêtement qu'il peut avoir, les tapis qui recouvrent par endroit le sol de sa chambre sont ces espèces de tapis en poils tout doux, et fushia, il y a une pile impressionnante de dvd taxé "comédies romantiques", sur les murs mauves, des tableaux représentant des champs de fleurs et autres paysages lyriques, mais aussi, un poster de Titanic, parce-que DiCaprio, il est trop beau, et Winslet est trop mignone. Donc c'est super mignon. Donc Yuri adore. Il y a aussi un poster de Valentine's Day -oui, Yuri adore cette fête, soit dit en passant, et un tas de mangas shojo sur une étagère. Bref, on pourrait se croire dans une chambre de fille, certes. Mais après, tout est une question de point de vue. Ce n'est pas parce-qu'on a stéréotypé toutes choses comme typiques aux filles qu'un garçon ne pourrait pas aimer. C'est dans la tête tout ça. Au départ, tous ces objets sont neutres. Le russe ne se formalise pas de ce que peuvent penser les gens. Et d'ailleurs, pour rompre avec sa chambre assez féminine, la plupart des étagères de la chambre de Yuri sont occupés par des classiques de littératures, des tonnes de partitions et autres CD classiques. Goethe, Kierkegaard, Beckett, Musset, Shakespeare, Tolstoï, Dostoïevski, Balzac, Marx, Cervantes, et pleins d'autres côtoient Chopin, Ravel, Tchaikosvki, Saint-Saëns, Beethoven, Mozart et autres compositeurs. Donc la chambre de Yuri n'est pas entièrement une chambre d'adolescente toute niaise et girly.

    Mais bref, on parlait de peluches. Canards, poussins, chats, chiens, chevaux, moutons, oiseaux, tigres, lions, poissons, lapins... Tout y passe. De toute les grosseurs, de toute les façons, de toutes les matières... Yuri aime collectionner les peluches, et ça a été vraiment très dur de choisir lesquelles il allait rapporter dans sa chambre d'internat. Parce que oui, il en avait rapporté, dont ce fameux lapin qu'il voulait montrer à Heikki. Bien que ce dernier ne partageait pas vraiment son avis. Du tout, même. Le russe afficha une moue déçue et triste. Son lapin en peluche était tellement mignon pourtant... Alors qu'il se mettait à réfléchir à un moyen d'arriver à traîner Heikki dans sa chambre pour venir voir son lapin, Yuri eu une autre idée quand le finlandais lui dit préféré le surnom de "luciole" par rapport. Avec un petit sourire, Yuri s'exclama :

    "Dans ce cas, à Noël, j’achèterrrai une luciole en peluche ! Comme ça, j'aurrrais toujours une Светлячок* avec moi. C'est cool non ?"

    Sourire appuyé qui veut dire "t'as pas le choix de trouver ça cool" parce-que Yuri se doutait bien que le finlandais, non, ne trouverait pas ça spécialement "cool". De toute façon, cela importe peu au russe, du moment que l'idée lui plait. Idée qu'il oubliera peut-être d'ailleurs. Yuri a tellement d'idée "magistrales" et "fulgurantes" en une journée qu'il ne peut pas se souvenir de toutes.
    Bref. Se demandant si ça se trouvait au moins, les lucioles, il sortit de ses pensées quand Heikki l'informa de son surnom. Hein ? Sangsue ? Beurk. Yuri eu une grimace, tout en s'exclamant :

    "Oh non, pas une sangsue ! Ça me rappelle toujours une scène dans Big Fish, où le hérrro de l'histoirrre plonge dans un lac et en ressorrrt avec pleins de sangsues accrrrochées parrrtout... C'est dégoûtant... Depuis, je peux plus me baigner dans un lac, ça m'a trraumatisé je crrrois... Et si tu veux mon avis, j'ai quand même un aspect plus reluisant qu'une sangsue."

    Beurk, vraiment. Yuri frissonna en repensant à cela. De toute façon, les insectes/mollusques et lui, ça ne faisait pas bon ménage. Sauf que les papillons et les coccinelles. C'est mignon ça.
    Enfin... si Heikki tenait à le surnommer comme ça, il n'avait qu'à. Il y avait sans doute plus péjoratif comme surnom, y avait mieux aussi, c'est sûr, comme "ange" par exemple, ça oui, c'est vraiment mignon.
    Aussi Yuri regarda avec surprise le finlandais. Tiens ? C'était étonnant... Il avait l'air de bien aimer quand il était en mode déprime ou quoi ? Le russe ne comprenait pas trop, et trouvait un peu bizarre qu'on puisse aimer la tête de quelqu'un en train de déprimer... Chacun son truc après tout, et si ça lui permettait de gagner ce surnom, c'était plutôt pas mal. Oh bien sûr, il n'allait pas se mettre à déprimer juste pour cela, mais une chose est sûre, c'était chou. Et la réaction du finlandais qui s'en suivit eu le don d'élargir le sourire de Yuri, qui se mit d'ailleurs à roucouler, plus pour lui qu'autre chose :

    "Ты такая прелестная** !"

    Ensuite, Heikki lui proposa vivement qu'ils aillent ailleurs et ne restent pas dans les couloirs. Et surtout, il reconnaissait avoir envie de passer encore un peu de temps avec lui. Ce qui fit que le russe était aux anges, à cet instant. Ça lui plaisait vraiment bien comment tout ça suivait son cours. Si ça pouvait perdurer ou même continuer dans ce sens, ce serait parfait.

    Yuri se leva rapidement également, tout en s'exclamant :

    "Tu as raison ! On n'a qu'à aller... dans le parrrc ? J'ai ai assez de rester enferrrmé, j'ai envie de prrrendrrre l'air. Le russe marqua une pause, et après avoir jeter un coup d'oeil dehors, signala, tu n'as qu'à parrrtir devant, je te rejoindrrrais. Il à l'air de pas fairrre trrrès chaud, donc je vais passer dans ma chambrrre pour me changer."
    Sur ce, et sans attendre aucune réponse, faisant comme si tout était d'accord, Yuri adressa un dernier sourire au finlandais avant de s'en aller, en trottinant gaiement, vers sa chambre.
    Oh non, Heikki n'allait pas regretter de passer un moment avec lui, c'était sûr.



*toujours "svetliatchok"
** prononciation "Ti takAya prelEsnaya", signification "tu es/c'est trop mignon !"
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Petrouchka ♪
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