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Mer 15 Juil 2020 - 0:36
Mercredi 17 Août


La séance qui attendait Hisao était un rendez-vous que ce dernier appréhendait depuis longtemps. En neuf ans d’expérience auprès de personnes dans le besoin dont sept ans véritablement passées sur le terrain, Yulian Kristianov n’était pas le premier patient suicidaire avec lequel il devrait interagir. Mais chaque individu était fondamentalement différent, et Hisao était profondément convaincu que l’empirisme n’était pas toujours la clé dans le domaine de la psychologie.

Tout du moins, il ne faisait pas tout. Évidemment, ses précédentes rencontres l’aidaient aujourd’hui à bien mieux appréhender la chose mais il y avait toujours un nœud dans sa poitrine lorsqu’il se retrouvait face à ce genre de profil. Celui d’échouer.

Sa rhétorique vis-à-vis de l’échec était pourtant toute faite. Hisao trouvait toujours les mots justes pour aider ses patients souffrant de la peur de l’échec—ou de l’échec lui-même. Mais concernant sa propre personne… C’était très différent. Il avait un mal atroce à appliquer ses propres préceptes.

La nuit qui précéda l’entrevue fut difficile. Il réussit tout de même à dormir suffisamment d’heures pour être parfaitement opérationnel le lendemain, mais les pensées n’avaient pas cessé de l’assaillir.

Tu n’es pas magicien, tu es psychologue.

On le lui avait souvent répété. Mais à ses yeux, ce n’était que partiellement vrai. Ce n’était peut-être pas de la magie mais c’était au moins une étincelle, quelque-chose qui réussissait à pousser ceux qu’il avait aidé vers le haut, vers leur propre guérison.

Hisao ne prenait pas le crédit de leur réussite face à leurs propres démons. Il ne ferait jamais une telle chose. Tout ceux qui s’en étaient sortis y étaient arrivés grâce à leur propre force. Leur propre force seulement. Il était un tremplin, et encore. Même cette analogie-là le dérangeait.

Le nœud dans sa poitrine était normal. Humain. Il le savait, mais ne pouvait pas s’empêcher de se reprocher le fait qu’il n’était pas en bois, qu’il n’était pas insensible. S’il l’avait été, aurait-il seulement été capable de devenir psychologue ?

Le début de la journée était passé sans encombre. Hisao avait su chasser ses doutes pour se consacrer entièrement aux deux élèves qui lui avaient rendu visite dans la matinée. Kristianov-san ne lui rendait visite qu’en fin d’après-midi, alors dès qu’il eut terminé son repas du midi—il se replongea soigneusement dans le dossier médical de son futur patient.

Les trois coups significatifs retentissants contre la porte ne manquèrent pas d’accélérer son rythme cardiaque. Hisao prit une grande inspiration et indiqua à l’élève qu’il pouvait entrer. Il se leva de sa chaise, un carnet et un stylo entre les mains.

« Kristianov-san », salua-t-il en s’inclinant légèrement vers l’avant. Il fit signe à ce dernier de prendre place sur le divan en face de lui et se dirigea lui-même vers son propre fauteuil pour y prendre place à son tour. « Mon nom est Hisao Tenma. Sens-toi libre de m’appeler par le nom qui t’arrangera le plus. Les formalités ne sont pas nécessaires entre ces quatre murs, sauf si elles t’aident à te sentir plus à l’aise. »

Hisao avait longtemps réfléchi à l’approche qu’il utiliserait au cours de cette séance. L’une d’entre elles avait fini par se démarquer des autres, mais avant de mettre en place quoi que ce soit, il voulait apprendre à connaître Kristianov-san.

« Avant toute chose, comment vas-tu ? » Demanda-t-il sur un ton léger pour installer une ambiance moins professionnelle. La confiance ne venait jamais avec la forme, mais avec le fond. Inutile pour lui de se presser vers des questions qui attaqueraient le problème de front.

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Jeu 16 Juil 2020 - 20:17

Angoisse. Crainte. Anxiété. Ces sentiments ne cessaient de tourner dans sa tête, dans son corps ces derniers jours. En effet, il était aujourd'hui grand temps de rencontrer le psychologue scolaire. Pourquoi ? Disons que ses parents ont eut une petite discussion avec lui comme quoi, ils souhaiteraient que Yulian suive une psychothérapie. Pourquoi une nouvelle fois ? Parce que les médicaments, c'est bien, c'est une chose. Mais ils souhaitaient une guérison complète sur le long terme. Bien que les médicaments soient très efficaces sur certains aspects, ils ne viennent pas dénouer le noeud de ses problèmes mais seulement le détendre. Donc, il était maintenant temps pour lui d'essayer d'avancer, de guérir véritablement.

Simplement... Ce n'était pas si facile de se confier à un parfait inconnu. Bien que c'était son travail, Yulian gardait une certaine crainte du jugement. Surtout qu'il se savait coupable. Comment pouvait-on vouloir l'aider sans préjugé alors que lui-même se sent fautif ? Mais ... C'est un souhait de ses parents. Alors, Yulian a accepté, parce qu'il a confiance en eux, parce qu'il souhaite aller mieux, parce qu'il ne veut plus les rendre malheureux. Alors, il allait obéir, y aller, travailler et un jour... S'en sortir. Il devait le faire. Il devait y arriver. Il devait vivre. Pour Demyan. Mais surtout pour lui. Et arrêter de survivre.

Alors, en cette journée, bien que sa mère avait essayé de le convaincre d'enfiler une tenue convenable. Yulian avait refusé, il ne souhaitait pas mentir, donner une fausse image de lui. Les vêtements donnent des indices sur le caractère, sur la personne. Il ne voulait pas se fausser. Le jeune homme s'habilla, le matin-même, d'un simple jean troué, d'un sweat léger pour cacher ses bras encore marqués et de ses baskets. Rien de bien transcendant, un look "normal" pour un ado, en somme, non ?

Alors qu'il se dirigeait vers le bureau, Yulian continuait d'être assailli par les sentiments négatifs de crainte. Mais il ne reculerait pas, pas cette fois. Droit devant vers l'avenir. Le jeune Russe fixa la porte du bureau et se dépêcha de toquer et de rentrer dès que l'autorisation lui eut été donné. Peut-être par crainte de faire demi-tour s'il mettait trop de temps à entrer. Yulian observa légèrement le bureau du psychologue, rien de bien notable. En tout cas, détacher le regard de l'homme imposant par son aura en face de lui lui permettait de réguler ses angoisses. D'ailleurs, lorsqu'il le salua, Yulian lui rendit son salut par un léger signe de tête, bien peu enclin à s'incliner.

"Bonjour..."

Hisao Tenma... Comment l'appeler ? Lui-même ne le savait pas. Tenma-san ? Hisao ? Ou... Peut-être Monsieur le psychologue ? Arf, il craignait que son choix ne fausse la perception de l'homme vis-à-vis de lui. Et ses craintes continuaient d'affluer. Oui, parce qu'il avait bien une chose que craignait Yulian des psychologues. Une chose qui l'a fait craindre cette aide dès la mort de son frère. La peur d'être manipulé, de dire des choses qu'il ne pense pas, poussé par ces personnes maniant trop bien les mots. La peur de se faire piéger. Et cette peur... Yulian l'avait craché à une jeune fille qui souhaitait simplement l'aider. Une confrontation qui s'était terminé par les larmes de cette dernière. Yulian inspira légèrement pour se calmer et alla s'asseoir sur le divan que l'homme l'avait invité à rejoindre un peu plus tôt. C'est ce dernier qui lança la conversation avec une première question. Une question basique, une question qu'on pose à chaque coin de rue mais qui pourtant pouvait tellement être source de mensonges, de vérités, de secrets.

"Mieux. Enfin, je suppose... Je dors un peu plus et mes cauchemars sont moins récurrents et moins... Violents. Et vous ? "

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Jeu 16 Juil 2020 - 21:15
Décapuchonnant le stylo entre ses mains, Hisao écouta attentivement la réponse de l’élève en face de lui.

La première question qu’il avait posé n’était pas anodine. Elle ne servait en aucun cas à agrémenter la psychanalyse mais en revanche permettait à Hisao d’avoir un premier aperçu de l’état d’esprit dans lequel se trouvait son patient. En l’occurrence, Kristianov-san avait choisi d’inclure une part d’honnêteté dans sa confidence : Celle qui parlait de ses cauchemars.

Concernant le reste – et notamment le fait d’aller mieux, Hisao resta dubitatif bien qu’il n’en montra rien. Il avait l’habitude qu’on lui donne ce genre de réponse, comme pour témoigner d’une avancée et du fait que les séances fonctionnaient. Mais—la psychothérapie restait une chose très complexe et contrairement aux médicaments, le progrès n’était pas garanti entre chaque séance. C’était exactement pour cette raison qu’il se méfiait des réponses de ce genre : Certains patients se mettaient souvent en tête que pour qu’il y ait un avancement dans leur guérison il était absolument nécessaire qu’ils entretiennent une relation positive avec leur psychologue.

Hors, la confiance et l’aisance étaient les seuls aspects positifs nécessaires au bon déroulement d’une séance. Deux choses qui se construisaient avec le temps.

Étant donné que Kristianov-san et lui se rencontraient pour la première fois, il décida néanmoins de lui laisser le bénéfice du doute et décida de ne pas rebondir sur le début de sa réponse. Il en aurait le cœur net bien assez tôt.

« Je vois, je suis content de l’entendre. Et je vais bien, je te remercie », répondit-il alors à son tour avant de poser son poignet sur le calepin. « Est-ce que tes cauchemars incluent des paralysies du sommeil ou des terreurs nocturnes ? » Demanda-t-il alors pour faire la passerelle avec son suivi médical et être sûr que Kristianov-san ait la bonne médicamentation.

Les mentions sur son dossier médical témoignaient d’elle-même de ce qu’il avait besoin de savoir mais Hisao ne faisait pas cela dans une véritable optique de renseignement, avançant plutôt à tâtons pour savoir jusqu’où son patient le laissait aller et ce qu’il acceptait ou non de discuter avec lui.

Lui laissant le temps de répondre et écoutant attentivement sa réponse, il reprit une fois qu’il eut terminé de noter ce dont il avait besoin, brisant à nouveau le silence.

« Très bien. Pour cette première séance, j’aimerais que tu me dises quelles sont les raisons qui t’ont poussé à venir me voir », évidemment, Hisao en connaissait déjà une bonne partie. Mais ce que le suivi médical lui disait ne reflétait en rien ce qui se trouvait à l’intérieur de l’individu. Il y avait des listes de symptômes, peut-être un résumé de la situation et un détail des médicaments prescrits au patient. « Je te poserais parfois des questions, mais tu ne seras pas obligé d’y répondre immédiatement si jamais tu n’en as pas envie. Nous avons assez de temps devant nous pour que tu prennes ton temps. »

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Jeu 16 Juil 2020 - 23:11

Il fallait que Yulian ait confiance. Cet homme travaillait dans une enceinte scolaire. Il ne pouvait donc décemment pas être un mauvais psychologue qui allait se contenter de le manipuler, n'est-ce-pas ? Tout le monde n'est pas si malsain dans sa façon de faire, n'est ce pas ? Surtout qu'une bonne partie de son public sont des adolescents troublés par une transition entre la vie d'enfant à adolescent à adulte, une transition pouvant être troublés par de multiples facteurs. Une transition bien souvent pénible et difficile. Ses parents l'ont rassuré, tout irait bien, cet homme n'allait pas abuser de ses confidences. Et... Yulian voulait leur faire plaisir. Alors il ferait de son mieux pour aller mieux même si ca doit prendre des années.

Le jeune homme continuait d'éviter le regard de l'homme, il ne souhaitait pas être en contact direct avec lui. Il ne se sentait pas à l'aise à cette idée, il aurait l'impression qu'il peut sonder son âme, ses désirs, ses craintes... Découvrir quel monstre il était réellement. Après tout, en parlant comme ça, c'est facile de l'innocenter, de dire que ce n'était qu'un accident mais s'il le connaissait vraiment tout au fond de lui, cet homme comprendrait alors le monstre qu'il abritait.

La question de l'homme le laissa quelque peu décontenancé, il n'avait jamais trop fait attention aux diagnostics qu'on lui attribuait. Il se contentait de prendre ses médocs et d'attendre... Après tout, tout ce qu'on disait n'était que du blabla médical ne pouvait pas expliquer vraiment la dureté de la douleur du jeune homme. Néanmoins, d'après ce qu'il savait du phénomène, il ne faisait pas de paralysie du sommeil puisqu'il n'a jamais ressenti ce phénomène. Quant aux terreurs nocturnes, il ne savait pas trop à quoi cela faisait référence. Donc, il allait essayer d'expliquer son cas avec ses propres mots.

"Je n'ai jamais été paralysé donc je ne pense pas... Pour les terreurs nocturnes, j'en sais trop rien, je m'y connais pas. Dans mon cas, c'est surtout que lorsque mes cauchemars sont particulièrement violents. Je... Mixe réalité et rêve. Je suis incapable de différencier les deux... Je suis réveillé mais en même temps, pas totalement... Je subis mon cauchemar dans la réalité. C'est horrible de ne plus savoir ce qui est vrai ou non durant ces moments-là et de ne pas réussir à se réveiller totalement.."

Yulian se mordilla légèrement la lèvre, durant ces moments-là, il voyait très souvent son frère dans la chambre, il l'entendait. Et les reproches sont particulièrement durs à encaisser et se réveiller totalement n'était pas si simple. Et lorsque cela arrivait, la douleur serrait son coeur car il avait temps rêvé, espéré que son frère soit en vie, le cauchemar lui offre cette vision là tandis que le total réveil lui arrache cette possibilité. Malheureusement, bien que les médicaments permettaient un endormissement plus rapide et par extension un temps de sommeil plus long, il ne réduisait pas les fréquences de ces évènements.

Le jeune homme resta silencieux tandis que l'homme prenait des notes, ce dernier ne prit pas beaucoup de temps avant de lui reposer une autre question. Une question dont la réponse lui semblait beaucoup plus nébuleuse. Il ne savait pas quoi lui répondre sur le coup. Tandis qu'il réfléchissait, l'homme lui assura qu'il pouvait prendre son temps, chose que le jeune homme fit. Un silence plana donc un instant avant que Yulian prenne à nouveau la parole.

"Mes parents me l'ont demandé. Ils ne veulent pas que je sois dépendant des médicaments sur le long terme... Ils voudraient que je sois heureux, pleinement...  Que j'accepte le passé. Mais pour moi, je ne suis pas sûr d'être prêt à vouloir aller mieux pour moi-même... Je ne veux juste plus voir mes parents tristes, blessés par ma faute. C'est si facile d'accepter le fait que nous sommes une erreur, un monstre mais accepter le fait d'avoir le droit d'aller mieux, d'être heureux... S'il vous plaît, ne leur dites pas tout ça. Je ne veux pas qu'il sache que je doute du fait d'avoir le droit d'être heureux. Ce serait... Les blesser une nouvelle fois..."

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Ven 17 Juil 2020 - 0:00
Les hallucinations hypnagogiques n’étaient pas quelque-chose de si étranger à l’oreille de Hisao. Il était cependant rassuré que Kristianov-san lui dise qu’il ne faisait aucune paralysie du sommeil. Contrairement aux cauchemars qui pouvaient être facilement évités sans passer par la prise de médicaments.

Tout en prenant ses notes, Hisao hochait doucement la tête. Il savait désormais qu’il devrait consacrer quelques-unes de ses séances à ces cauchemars. Mais pour le moment, il devait démarrer en douceur.

Alors il écouta attentivement le plus jeune tandis qu’il s’expliquait sur les raisons de sa venue. Il ne lui fallut pas longtemps pour identifier la lourde culpabilité qui semblait peser sur ses épaules et semblait littéralement être le nœud de son mal-être. L’implication de ses parents dans sa venue lui parût évidente.

Déconstruire ce qui rongeait Kristianov-san serait long et fastidieux, mais il voyait bien que derrière ces murs de culpabilité, il y avait un peu de volonté. Juste assez pour qu’il ait poussé sa porte. Son impression de ne pas mériter d’être heureux serait un obstacle, mais rien d’insurmontable tant qu’il avait quelque-chose à quoi s’accrocher. C’était de cette accroche-là qu’il avait le plus besoin en ce moment.

Une multitude de questions naquirent au sein de son esprit, mais il savait qu’une partie d’entre elles étaient bien trop directe pour le moment. Il se contenta de noter rapidement ce qui lui parut important et prit quelques secondes pour réfléchir.

« Je vois. Sache que tout ce que tu me dis est strictement confidentiel et reste entre nous. Le secret médical m’interdit de divulguer ces informations à qui que ce soit à moins que tu ne m’en donnes l’accord à l’écrit », c’était une inquiétude qui revenait souvent mais qui n’avait pas lieu d’être à ses yeux. Hisao respectait sérieusement les droits de ses patients. Mais il comprenait les doutes. L’être humain est faillible, et il faisait partie du commun des mortels. Tout ce qu’il pouvait garantir était de faire de son mieux.

« Pourquoi penses-tu être à la source de la tristesse de tes parents ? » Demanda-t-il alors, le ton parfaitement modulé.

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Sam 19 Sep 2020 - 12:26

Yulian essayait de fixer son regard sur le sol, observer les détails, même les plus minimes pour ne pas s’enfuir à toutes jambes d’ici. Réguler sa respiration pour gérer ses émotions. Il devait se contrôler et c’était difficile. Il avait envie de faire plaisir à ses parents, d’arrêter ses cauchemars mais c’était si difficile d’admettre qu’il ne méritait pas de vivre ça, qu’il était aussi une victime dans cette histoire.

Le jeune homme parût soulagé, libéré d’un poids à l’entente des propos du psychologue. Il respecterait ses souhaits, c’était une chose importante pour lui. Après tout, lors de la rencontre avec le premier psychologue suite au décès de son frère, il l’avait détesté, lui et tous les médecins par extension. Car cet homme avait cherché à le piéger, lui faire dire des choses qu’il ne pensait pas, il avait cherché à l’enfermer. Et ça, Yulian ne l’avait tout simplement pas supporté et pour se protéger, il avait alors jeté tous les psychologues et psychiatres dans le même panier, des charlatans manipulateurs qui ne voulaient qu’entendre ce qu’ils voulaient.

Néanmoins, il avait bien quelque chose qui le chiffonnait. Il parlait de secret médical, c’était une chose importante mais… Il y avait aussi une autre notion tout aussi importante, la notion d’assistance à personne en danger. Si Yulian redevenait à nouveau dangereux pour lui-même, il serait bien obligé de divulguer des informations pour le sauver, non ? Le jeune homme se mordilla légèrement la lèvre. Il avait besoin de savoir à quel point le psychologue était franc-jeu avec lui.

« Et si je vous dévoile que je compte sauter à nouveau du toit… Vous serez alors bien obligé de divulguer cette information pour pouvoir renforcer la surveillance sur moi ? Ou tout simplement pour me sauver de moi-même ? »

Yulian ne souhaitait qu’une chose de cet homme, il ne souhaitait pas de belles paroles. Il voulait juste qu’il lui dise la vérité, qu’il soit franc. Le russe avait besoin de ça pour lui faire confiance. Il ne souhaitait pas qu’on édulcore la vérité. Bien au contraire, il avait besoin de franchise pour pouvoir lui faire pleinement confiance.

Lorsqu’il lui posa la question, Yulian ne savait que répondre dans un premier temps. Pour lui, c’était logique, mérité, normal. C’était lui qui faisait de la merde depuis le début, lui qui les blessait encore et encore. Alors c’était normal de se penser source de leur tristesse. Le jeune homme resta un moment silencieux pour peser ses mots, rassembler ses pensées.

« Parce que tout est de ma faute. J’ai tué mon frère. J’aurais pu me tuer, sans m’en rendre compte, une première fois. Et… J’ai presque failli y arriver, en ayant conscience cette fois. Entre Demy et moi, j’aurais dû être celui à partir.»

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Ven 2 Oct 2020 - 13:57
Combien de fois avait-il entendu cette question auparavant ?

Les années d’expérience n’y faisaient rien. Lorsqu’Hisao se retrouvait de ces adolescents qui étaient suffisamment en peine pour tenter de mettre fin à leurs jours—le sentiment était toujours le même. Même si c’était l’un des fondements de la médecine moderne, le secret médical avait ses limites. Si le patient prévoyait de porter atteinte à une autre personne, par exemple, le spécialiste se retrouvait dans l’obligation de le dénoncer. Concernant le suicide—c’était légèrement différent. La violation du secret médical ne devait se faire qu’en cas d’extrême urgence.

Hisao prit une grande une grande inspiration et hocha doucement la tête.

« Si je n’ai pas le choix et que je n’ai plus d’autre recours, je devrais effectivement adresser le problème à un psychiatre et agir en conséquence pour que tu ne passes pas à l’acte. Mais si nous sommes ensemble, c’est pour que tu parviennes à surmonter tout ça. »

Aussi fragile Kristianov-san lui semblait-il – à la fois à travers ses mots mais aussi de par ce que son dossier disait sur lui – Hisao savait pertinemment qu’il ne fallait pas que ce dernier soit traité ainsi. En entrant dans ce bureau, il ne voulait pas que l’élève se sente jugé ou traité différemment. Bien entendu, certaines précautions étaient à prendre—mais jamais plus que de raison. Fragile ne voulait pas dire stupide et il n’y avait rien de plus désagréable que l’impression d’être manipulé avec des pincettes.

« Mais sache que si je prends cette décision, tu seras le premier à le savoir », inutile de le cacher. D’autant plus que si Kristianov-san présentait un risque immédiat, ce serait très probablement à Hisao de le prendre en charge pour le transférer vers des psychiatres ou, si la situation l’obligeait, dans un hôpital psychiatrique. « Tout dépendra du risque que tu présentes. Mais bien que tu n’en aies pas conscience, tu es déjà en bonne voie. »

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce n’était pas la case psychiatrie qui faisait le plus peur aux patients suicidaires—mais bien la case psychothérapie. Quoi de plus rassurant que de n’avoir qu’à exposer ses symptômes, sans avoir à mettre des mots sur ce qu’il se trouvait sa tête ? Hisao n’était pas là pour traiter les symptômes causés par ses problèmes, mais bien les problèmes en eux-mêmes.

Et si les médecins avaient décrété que Kristianov-san avait fait suffisamment de progrès pour passer par cette case, c’était bon signe.

Hisao écouta attentivement la réponse à sa question. Il avait feuilleté le dossier pour essayer de connaître les raisons qui avaient poussé Kristianov-san a essayé de mettre fin à ses jours, mais préférait entendre ces choses-là de vive voix. Il ne voulait connaître que les informations que le lycéen consentait à lui donner et n’avait, par conséquent, jeté un œil qu’aux renseignements hautement nécessaires.

Il ne connaissait pas la date du décès exacte de son frère, mais Hisao savait que l’incident s’était produit quelques années auparavant. Et une chose était sûre : Kristianov-san n’avait pas encore fait son deuil. Les raisons lui étaient encore inconnues, mais Hisao avait bien l’intention de l’aider à mettre des mots sur ses blocages.

« Qu’est-ce qui te pousse à croire que tu es responsable de sa mort ? » Lui demanda-t-il en premier lieu. Kristianov-san semblait chercher un coupable à la disparition de son frère, et s’était pointé du doigt en premier lieu. « Penses-tu que la situation serait différente pour lui, si vos places avaient été échangées ? »

Le transfert était quelque-chose de très fréquent. Un désir de porter le malheur des autres sur ses épaules. C’était souvent le marqueur d’une empathie très profonde—acquise au fil de la vie ou innée. Mais le transfert était toujours porteur de contradictions, et c’était en mettant Kristianov-san face à ces dernières qu’il pourrait l’aider à se rendre compte que prendre la place de son frère – si cela avait été possible – n’était pas une véritable solution.

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Lun 26 Oct 2020 - 15:41

Surmonter tout cela ? Etait-ce possible ou devait-il simplement apprendre à vivre avec ? Vivre avec cette culpabilité étouffante qui le prive d'air, l'empêche de déployer ses ailes et le maintient face contre terre. Le jeune homme bougea légèrement sur le divan, s'éloignant quelque peu du professionnel avant de fermer les yeux, un instant pour se concentrer sur ses sensations primaires. Présentait-il un risque ? Pas pour les autres, en tout cas. Pour lui, c'était différent. Il savait qu'il avait encore beaucoup de chemin à parcourir pour aller définitivement mieux et il ne savait même pas si c'était possible d'aller définitivement bien. Il avait oublié toute ces sensations. Il rouvrit alors les yeux pour rassurer l'adulte concernant sa présence mentale.

« Je ne pense pas présenter un risque... Pas en ce moment et pas pour les autres. Rassurez-vous. »

Les nouvelles questions le perturbèrent suffisamment pour qu'il fronce les sourcil et se redresse. Qu'est ce qui le poussait à croire qu'il était le responsable ? Rien ne le poussait, c'était juste la vérité. Il avait été celui qui avait proposé l'idée, celui qui l'avait poussé lorsqu'il s'était montré réfractaire, celui qui n'avait pas réussi à attraper sa main pour arrêter sa chute. Lui, qui était le jumeau dominant, le mauvais jumeau tandis que Demy n'était que lumière. Et ça, il n'était pas le seul à le penser. Sa famille plus éloignée était d'accord avec lui, il était le coupable. Donc, depuis son arrivée à KHS, Yulian n'avait pas reprit contact avec ses grand-parents et ses oncles/tantes, il n'a jamais remis les pieds en Russie non plus. Ses parents font les déplacements sans lui et cela ne le dérange pas plus que ça. Il ne voulait pas les confronter. Il ne s'en sentait pas la force. Yulian resta un long moment silencieux, le coeur lourd, ne sachant pas vraiment par où commencer. Il ne savait pas à quel point Hisao était au courant de l'accident, ni même s'il l'était.

« Il ne voulait pas, je l'ai poussé à le faire. Et une fois là-haut... Je n'ai pas réussi à le rattraper. Il a tendu la main et je suis resté figé, incapable de le rattraper, de le sauver, de le protéger. Ils sont d'accord, j'étais le dominant et cette domination l'a tué. Nous n'étions pas un, j'étais un. Et si... J'étais tombé à sa place, rien n'aurait été de sa faute, il m'aurait juste suivi ! Demy n'aurait été qu'un malheureux témoin tandis que moi, j'en suis l'auteur !! Il aurait eut le soutien de tout le monde ! Il n'aurait rien brisé ! Et surtout, il serait en vie pu**** !»

Le regard de Yulian s'humidifia tandis que son coeur battait trop fort, comme s'il cherchait à s'échapper de son corps. Sa respiration était rapide, trop rapide pour que ce soit normal. Il était en colère, triste. Il avait envie d'exploser, de crier sa haine, sa colère, son manque.

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Ven 13 Nov 2020 - 21:11
Hisao hocha pensivement la tête lorsque Kristianov-san lui expliqua qu’il ne pensait pas présenter de risque dans l’immédiat. Pour le moment, il n’avait aucune raison de douter de ses paroles, et il se contenta donc de le croire. Il ne serait pas naïf – il exerçait depuis suffisamment longtemps pour que ça n’arrive plus – mais s’il voulait entamer une relation saine avec son patient, c’était de la confiance que cette dernière devrait partir.

Même si généralement, Hisao essayait de prêter aussi peu d’attention que possible aux dossiers médicaux pour ne préférer laisser ses patients lui parler directement de leur contenu—Kristianov-san était un cas à part. Certaines informations étaient cruciales pour le bon déroulement de leurs premières séances. Il connaissait la teneur de l’accident et comprenait la culpabilité qui rongeait l’adolescent.

Le deuil en lui-même est une expérience universelle. Qui que l’on soit, on finit par devoir s’y confronter un jour ou l’autre. Ce qui touchait cet élève n’était pas seulement relaté au deuil—ce garçon devait porter le poids d’une mort accidentelle sur sa conscience. Un mal complètement différent qui n’engendrait jamais un deuil « normal », mais plutôt pathologique—obsessionnel en l’occurrence.

L’optique dans laquelle Hisao était à l’heure actuelle n’était pas de lui faire tourner la page. C’était encore bien trop ambitieux tant l’évènement était récent. Il fallait d’abord que Kristianov-san apprenne à reprendre un train de vie normal tout en supportant la douleur et la culpabilité. Il était tout simplement impossible de gérer autant de culpabilité et d’angoisse sans se trouver dans un cadre sain. Alors même s’il ne s’agissait que de prétendre—prétendre avait en réalité bien plus de vertus thérapeutique qu’on ne l’imaginait tant que l’on était conscient de soi et qu’on prenait suffisamment de recul.

Mais avant cela, Kristianov-san avait besoin de mettre des mots sur ce qu’il lui arrivait et Hisao devait l’aider à se poser les bonnes questions. Et vu ce qu’il en sortait pour le moment, une chose était sûre : L’adolescent avait besoin d’ouvrir les vannes. Même en tant que son nouveau psychologue, Hisao n’avait pas pu contacter ses prédécesseurs pour discuter de son cas mais… Hisao avait un ressentiment étrange. Ce n’était pas le premier dossier qu’il reprenait en cours de thérapie, mais c’était la première fois qu’il avait l’impression que rien n’avait été fait auparavant. Il se demanda un instant si ses psychiatres ne s’étaient pas contenté de le bourrer de médicaments et de calmants pour l’apaiser.

« Respire », fit-il doucement, prenant lui-même de grande inspiration pour que le jeune homme se calque sur lui. Son regard désigna la boîte de mouchoir à sa gauche, sous-entendant qu’il pouvait s’en servir à sa guise.

Mais il n’était pas là pour le pousser. Le monde était suffisamment cruel pour s’en occuper à sa place.

« Nous faisons tous des erreurs, Kristianov-san. Quelle que soit leur gravité, elles sont inéluctables et il faut apprendre à vivre avec ces dernières. Parfois, nous pouvons en tirer une leçon, un accomplissement. Parfois, elles deviennent un fardeau que nous nous pensons incapables de porter », lui répondit-il sur un ton calme qui, il l’espéra, pourrait l’aider à retrouver sa quiétude. « Si tu étais tombé à la place de ton frère, ce dernier aurait trouvé une raison de se blâmer. Quelle qu’elle soit : Il n’aurait pas eu de bons réflexes, aurait dû t’empêcher de monter, n’importe quoi d’autre... Ton propre enfer serait le sien. Les « et si » sont pétris de contradictions. » Car la culpabilité ne connaissait aucune explication logique, elle était régie par des lois qui obéissaient aux mêmes mécanismes mais qui étaient différentes d’une personne à l’autre. « Il serait peut-être en vie, mais la douleur de tes parents et la sienne seraient la même. »

Les traits d’Hisao arborait une expression pleine de compassion. Il n’éprouvait pas de pitié envers ce jeune garçon—en réalité, il n’éprouvait pratiquement jamais de pitié envers qui que ce soit. Bien trop affolé à l’idée qu’on le perçoive ainsi. Ce n’était pas un manque de sensibilité ou d’empathie—très, très loin de là. La peine de ses patients était la sienne en toute circonstance.

« Ce ne sont pas sur les conséquences alternatives de tes erreurs que tu dois te concentrer », reprit-il, toujours aussi composé. « La route te semblera peut-être longue jusque-là, mais elle est loin d’être sans espoir. »

Il le pensait. Il le pensait toujours, auprès de tous. Il y avait toujours de l’espoir et la vie de chacun lui semblait si précieuse qu’elle le rendait incapable de ne serait-ce que penser à l’abandon d’un dossier.

« Y a-t-il des choses que tu aimerais lui dire ? À lui ou à tes parents », demanda-t-il finalement.

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Mer 18 Nov 2020 - 22:03

Un simple mot, pas un ordre, un conseil. Yulian releva doucement la tête pour accrocher son regard sur le visage de l'homme, détaillant son inspiration, tentant vaguement de faire la même chose. Sa respiration n'était pas aussi profonde, mais elle lui permit de ravaler le noeud dans sa gorge. Le jeune homme suivit le regard de l'adulte pour se poser sur la boîte de mouchoirs. Enregistrant l'information, il baissa à nouveau la tête. Les larmes menaçaient de couler mais il retenait, avec grand peine, mais fierté ses larmes dans son regard orangé.

Il est vrai que les erreurs font parties de la vie, mais pour Yulian, ce n'était pas une erreur, ce n'était pas si minime... Son frère avait perdu la vie par sa faute, par son idée stupide. Et si l'inverse avait été vrai, Demyan serait-il à sa place ? Assis sur un divan à éponger sa tristesse auprès d'un homme qu'il ne connaissait pas ? Etait-ce qui serait arrivé ? Yulian ne le savait pas et de toute façon, ce n'était pas le cas. Le Russe pensait que son frère, lui, aurait pu avancer et n'aurait pas été aussi décevant que son jumeau.

« Peut-être n'aurait-il pas été aussi égoïste que moi... J'ai rendu mes parents encore plus tristes qu'ils ne l'étaient déjà. »

La route allait être longue mais pas sans espoir ? Etait-ce possible d'y voir de l'espoir ? Il ne le savait pas. Après tout, rien ne lui rendrait son frère, rien... La seule chose qu'il pouvait faire était de continuer à avancer sans son frère, seul et ça, c'était déjà difficile pour lui, alors y voir de l'espoir ? C'était trop...

« Je ne suis pas sûr d'arriver à y voir de l'espoir, vous savez... Je ne vois pas comment je pourrais. »

Yulian releva vivement la tête à la question du psychologue, perturbé. Avait-il quelque chose à lui dire ? Bien sûr, bien évidemment. Mais, il y avait tellement de choses... Alors que jusqu'à présent, Yulian avait réussi à maintenir ses larmes, le jeune homme remonta ses genoux contre lui et y posa ses bras puis sa tête, fixant obstinément devant lui mais avec un regard éteint, les larmes coulant sur ses joues.

« J'ai tellement de choses que j'aimerais lui dire... Vous allez me prendre pour un fou et... C'est sûrement le cas mais je me suis intéressé au paranormal pour ça mais je n'ai rien tenté, on ne rigole pas avec ça et je ne suis même pas sûr d'y croire par conviction ou par besoin... A Demyan, j'aimerais lui dire tellement de choses. Tout d'abord, à quel point je tiens à lui, que je suis désolé... Que la nuit où il nous a quitté... J'aurais voulu être présent. Et si le fait d'avoir quitté son chevet l'avait fait partir... ? Ce dernier regard entre nous, je n'arrive pas à le déchiffrer, pourtant, nous nous comprenions d'un regard. A papa, j'aimerais lui dire que je suis désolé de toute mes conneries, de ma baisse de résultats, de mon silence... A ma maman, je suis désolé de provoquer continuellement ce regard inquiet et triste, désolé d'avoir perdu l'appétit et pourtant, elle continue à cuisiner ce que je préfère. Demyan est et a toujours été une partie de moi et on me dit que nous étions dans l'erreur à ne pas vouloir nous dissocier et pourtant, je ne peux pas me résoudre à me dire que nous étions dans l'erreur tellement notre relation était puissante... Je l'aime et il me manque. J'aimerais que tout ça ne soit qu'un cauchemar. J'aimerais me réveiller...»

Finalement, ce n'était pas que des simples paroles qu'il aurait aimé dire. Ce discours était aussi un échappatoire, un moyen de dégager les mots, les idées qui le hantaient depuis trop longtemps. Et les larmes qu'il avait trop souvent gardé coulaient sur son visage sans qu'il ne fasse rien pour se calmer. Il en avait besoin et ça faisait du bien en quelque sorte...

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Mer 25 Nov 2020 - 21:17
Il voulait bien le croire. Les maux n’étaient pas comparables, Hisao était le premier à le prôner. La douleur que ses parents devait ressentir était très certainement différente de la sienne. Il ne put tout simplement pas s’imaginer son propre état s’il devait voir sa fille partir un jour. Aussi développée et forte son empathie était-elle, c’était une agonie qu’il était incapable de concevoir. Et Kristianov-san était jeune, un adolescent à qui on avait arraché un frère avec lequel il était certainement très fusionnel. Son chagrin devait être incisif, acide. Et probablement était-ce pour cette raison qu’il cherchait si ardemment un coupable et essayait de punir ce dernier aussi durement que possible.

Avant de finir par se désigner lui-même.

« Pourquoi penses-tu avoir été égoïste ? » Demanda-t-il alors, essayant à nouveau de lui faire poser des mots sur le fond de sa pensée. Sur toutes ces émotions qui semblaient le traverser. Pour réussir à garder la tête hors de l’eau, Kristianov-san devait trouver la source de toute la négativité qui grondait en lui.

Il en avait déjà sorti une partie, et c’était une progrès dont Hisao était déjà fier. Mais le deuil recelait tant de travers et de vices camouflés dans l’ombre. Même si c’était douloureux et que cela l’obligeait à regarder dans la direction des reflets de sa personnalité qui le terrifiaient—Hisao devait mettre la lumière dans ces coins d’ombre pour l’empêcher de sombrer de nouveau. Notamment pour lui permettre un jour de voir ce même espoir qu’il voyait en lui.

Oh—il ne le prendrait jamais pour un fou. Si l’humain était un être stable—ça se saurait. Hisao ne serait très certainement pas assis dans ce fauteuil et exercerait très certainement un autre métier. Alors il écouta attentivement chacun de ses mots. Les sciences occultes étaient un domaine auquel Hisao ne s’était jamais intéressé – il savait que Kana lui avait déjà parlé de certaines pierres avec des bienfaits, mais il n’était même pas sûr que les deux choses soient vraiment liées – il connaissait quelques clichés à ce sujet parce qu’il avait vu certains films d’horreur comme tout le monde. Cela dit, entendre l’un de ses patients s’intéresser à une telle chose n’était pas particulièrement surprenant. Kristianov-san n’était pas le premier à chercher un tel échappatoire. Il n’était pas fou, mais désespéré.

« Quand on aime, on ne cherche pas à être rationnel », lui assura-t-il, la voix toujours aussi calme et douce. « As-tu déjà essayé de lui écrire des lettres ? À lui ? Ou à tes parents. Des lettres que tu ne serais pas obligé de leur transmettre, mais qui te permettraient d’évacuer tout ce que tu as sur le cœur. Cela te permettrait aussi de ne pas oublier ce lien que tu avais avec lui », elles ne suffiraient pas à remplacer ce que l’adolescent avait perdu. Mais— « Ce serait une manière douce de réussir à avancer pas à pas, sans te donner l’impression de vouloir l’oublier lui. »

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Mer 9 Déc 2020 - 15:53

Pourquoi pensait-il être égoïste ? C'était évident, selon lui. Il n'était pas le seul à souffrir, bien au contraire et pourtant, il ne pensait qu'à lui, prêt à faire souffrir les autres encore et encore, par simple égoïsme. Il suffisait de voir le regard de ses parents, le souci sur leurs visages ou tout simplement... Les larmes de Jinken. Certes, c'était il y a un moment maintenant et pourtant, il n'avait pas oublié ce qu'il avait fait, dans quel état de colère il s'était mit. Pour quoi au final ? Pour qu'il soit dans le bureau d'un psychologue comme lui conseillait la Jinken autrefois.

"Je ne suis pas le seul à souffrir, loin de là... Et pourtant, je me concentre que sur moi et je fais du mal à ceux qui essayent de m'aider. J'ai fait pleurer une étudiante qui voulait simplement m'aider, j'ai... Menacé un professeur aussi. Un surveillant a dû se confronter à mon état sur le toit. J'ai créé des tensions au sein de ma famille et mes parents se confrontent à ma dégringolade sans pouvoir rien n'y faire. Et moi, je me laisse tomber, comme un vulgaire pantin."

Lorsque l'adulte lui demanda s'il avait tenté d'écrire des lettres pour coucher sur papier ce qu'il avait sur le coeur, Yulian secoua doucement la tête. Il n'avait jamais essayé car au fond de lui, il se demandait comment pouvait-il avoir les mots pour exprimer tout cela. Il s'était, jusqu’alors, contenté d'enfermer ces sentiments au fond de sa tête et de son coeur avant que tout devienne insupportable et se mettre à jaillir.

"Je n'ai jamais essayé... Il me semblait inconcevable de pouvoir mettre des mots sur ce que je ressens. Pour mes parents, j'aimerais le faire, ce sera plus simple que les confronter face à face. Mais pour Demy, je ne suis pas sûr d'être capable d'y arriver... Quand j'essaye de faire quelque chose en rapport avec lui, je suis totalement bloqué. J'adore dessiner mais... Quand j'essaye de le dessiner lui ou même moi, je suis figé, incapable..."

Le jeune homme posa sa tête sur ses bras, il avait l'impression que cette séance lui pompait toute son énergie, c'était épuisant de se confier ainsi et de pleurer. D'un geste machinal, il essuya les dernières trainées de larmes qui commençaient à s'assécher sur son visage.

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Dim 13 Déc 2020 - 1:52
Ce fut avec un oreille très attentive qu’Hisao continua d’écouter le jeune homme. Il ne répondit pas immédiatement à ses premiers mots, cherchant lui-même la parole qui pourrait le toucher. Ce fut dans la réponse à sa question qu’il trouva un semblant de solution. Mais avant cela…

« Tu n’as pas à te forcer concernant ton frère. Écoute-toi et attends d’être prêt avant de faire quoi que ce soit », lui assura-t-il. Peut-être ne le serait-il jamais, mais ce n’était pas quelque-chose d’intrinsèquement mauvais. L’on pouvait faire son deuil et pourtant continuer d’éviter de refléter le proche perdu dans sa créativité. « Les lettres sont une forme de communication comme une autre. Si tu estimes qu’elles pourraient te permettre de renouer lentement avec tes parents, tu peux essayer. Rien ne t’oblige à les leur donner si tu n’es pas satisfait du résultat. »

D’un œil extérieur, Hisao ne percevait pas les erreurs du jeune homme comme des échecs. Elles faisaient partie intégrante de son parcours. Il était encore trop tôt pour que Kristianov-san mette à profit ce qu’il avait appris de ces dernières, mais il se projetait au sujet de l’élève. Comme il le faisait auprès de tous ses patients.

« Faire des erreurs est un simple moyen de te rappeler que tu es humain », lui répondit-il. « Tu m’apparais comme un garçon qui a un grand cœur. Tu veux prendre soin de ceux qui t’entourent, mais tu peines à y arriver parce que tu es victime de ta propre détresse. C’est pour ça que tu dois prendre soin de toi en premier, pour pouvoir prendre soin des autres comme tu aimerais tant le faire. »

Il n’y avait pas de mal dans le fait de vouloir purger sa peine en venant en aide à ses proches. La chose avait même un véritable effet thérapeutique. Mais pour se faire, Kristianov-san avait besoin de récupérer. De retrouver une certaine stabilité. Cela ne se ferait pas en un jour, mais Hisao avait bon espoir. L’élève semblait d’ailleurs se penser plus bas que Terre. Tout du moins, telle était l’impression qu’il en avait eu.

« As-tu l’impression d’être au plus bas ? » Lui demanda-t-il. « De ne plus pouvoir descendre ? »

Cette question avait l’air rhétorique et plutôt évidente puisque son patient avait fait une tentative de suicide mais—non. Ce n’était pas le cas. Certaines personnes tentaient de mettre fin à leurs jours non pas parce qu’elles se trouvaient au plus bas, mais parce qu’elles se voyaient chuter et ne voulait pas s’écraser contre le sol. La mort leur apparaissait moins douloureuse que la chute finale. Et c’était pour cette raison qu’Hisao posait cette question. Il voulait connaître l’état d’esprit dans lequel le jeune homme se trouvait et s’était trouvé au moment de l’acte. S’il y avait bien une personne avec laquelle Kristianov-san devait pouvoir s’exprimer sans tabou et sans avoir peur de choquer au sujet de ce par quoi il était passé en essayant de mettre fin à ses jours—c’était avec Hisao.

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Mar 12 Jan 2021 - 16:10

Yulian jugeait la possibilité de faire des lettres, il se demandait bien ce qu'il pourrait en faire, par la suite. Il n'était pas sûr d'être capable de les donner à ses parents, néanmoins, en y réfléchissant, c'était peut-être un bon moyen pour extérioriser toute la colère qu'il accumulait contre lui-même ou contre ses parents restés en Russie, ceux qui restaient fixés sur l'idée que Yulian était le meneur, un acteur dans cette mascarade, que ce n'était pas qu'un accident. Ceux qui avaient, indirectement, participé à cette profonde culpabilité envers lui.

"Je ne suis pas sûr d'être capable de les donner à mes parents, pas maintenant du moins. Par contre, je me dis, que, j'ai beaucoup de choses à dire à certaines personnes. Mais je suis incapable de me tenir face à eux, tellement la colère est profonde en moi."

Prendre soin de lui en premier ? Devait-il se montrer égoïste, se laisser passer lui-même avant les autres ? Et était-il au moins capable de prendre soin de lui ? Il n'en était pas tout à fait sûr, après tout, il ne savait même plus ce qui était bien pour lui ou non. On lui avait souvent répéter que pour avancer, il devait oublier. Mais il ne voulait pas oublier Demyan, il s'en sentait tout à fait incapable. Il avait été tout pour lui et il l'était toujours.

"Prendre soin de moi ? N'est-ce pas égoïste alors que je créé que des problèmes autour de moi ? Je ne suis même pas sûr de savoir comment prendre soin de moi. Au contraire, j'ai l'impression de faire tous les mauvais choix possible."

Etait-il au plus bas ? C'était une évidence que non, pour lui. Il restait à stagner au-dessus du sol, puis, lorsqu'il révait de son frère, de l'accident, qu'il l'écoutait le blâmer encore et encore, c'est là qu'il se fracassait au sol et que tout semblait n'être que noirceur autour de lui. Et c'est suite à une de ses hallucinations au réveil qu'il avait tenté d'en finir car il n'avait pas supporté voir et entendre Demyan l'accuser.

"Non, pas vraiment. Je plane sans cesse au-dessus et... Parfois, je m'écrase avant de m'élever légèrement à nouveau... C'est comme si on me tenait au-dessus du sol et que sans prévenir, on rompait le lien qui me tenait élevé. Et la chute est douloureuse et peut se répéter encore et encore. Je ne suis pas au plus bas, j'y tombe juste quelque fois..."

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Sam 30 Jan 2021 - 17:29
« Tu n’es pas dans l’obligation de les leur donner. Elles peuvent simplement être un moyen pour toi d’extérioriser ce que tu as en toi. Leur objectif te regarde et c’est à toi de décider ce que tu souhaites faire de ces lettres dans le cas où tu déciderais de les écrire. »

Contrairement à la pensée commune, le deuil n’a pas d’archétype bien précis. Toutes les relations sont si différentes en tout point qu’on ne peut comparer la mort de deux personnes ensemble—et s’il y a bien une structure suivie par la plupart des gens dans l’acceptation de la mort, ce n’est pas pour autant que la nôtre est en tout point similaire à celle d’une autre personne.

Faire face à la perte d’un proche n’est pas seulement une épreuve, c’est un déchirement. Le plus important est d’abord d’y survivre et d’en guérir avant de penser à ce qui est correct ou non. C’est la première chose qui vient à l’esprit d’Hisao lorsqu’il entend la réponse de Kristianov-san à ses encouragements à prendre soin de lui avant les autres. Évidemment—c’est un choix égoïste. Il n’y a pas d’autre mot pour le décrire.

Et il est normal d’avoir peur des mots. L’identité se construit grâce à la communication—et l’on communique avec des mots. Il n’y a rien d’anormal dans le fait de trouver certains termes trop forts comparés à d’autres—c’est de là que vient le tact. Néanmoins, prendre trop souvent des pincettes peut s’avérer avoir un effet inverse, voire même négatif. Et c’est précisément pour cette raison qu’il faut que Kristianov-san accepte que ce choix est égoïste et décide malgré tout de le faire. Parce que prendre une décision égoïste ne fait pas de nous quelqu’un d’égoïste. Il est simplement question de balance.

« Retourne la question dans l’autre sens. Demande-toi pourquoi est-ce que tu ne créés que des problèmes autour de toi ? Qu’est-ce qui te donne l’impression d’être une aussi mauvaise personne ? Peux-tu poser des mots, des adjectifs sur ces comportements qui te font croire que tu ne mérites pas de prendre soin de toi ? »

La suite n’est pas bien plus rassurante. Quand on n’est au plus bas, il est plus facile de visualiser le fait de ne pouvoir qu’aller de l’avant. Kristianov-san n’est pas complètement désespéré et c’est précisément ce détail-là qui fait que tout est plus difficile. Il y a un espoir, quelque-part en lui, auquel il s’accroche indéfiniment mais qui ne cesse de le décevoir.

« Ce lien—qui te maintient « au-dessus », comme tu le dis… est-ce que tu saurais me dire ce que c’est ? Ce qui t’empêche de toucher le fond en permanence ? Est-ce une once de positif ? Ou une obligation ? Ou peut-être autre-chose ? »

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Mar 23 Fév 2021 - 16:14

C'était à lui de choisir quoi en faire de ces lettres... Mais tout d'abord, à qui pouvait-il écrire ? Tout d'abord, certainement, ses parents, il avait tant de choses à leur dire mais il ne se sentait pas capable de le faire, il avait bien trop honte de son comportement. Ensuite, les amis avec qui il avait coupé les ponts sans un mot. Mais il ne savait pas s'il était encore temps, le monde continue de tourner après tout. Ensuite, ils voudraient écrire à sa famille restée en Russie car il n'était pas sûr de pouvoir rester calme devant eux, mais il ne savait pas si la lettre aurait la portée qu'il voudrait qu'elle ait. Il voudrait leur montrer à quel point, il les déteste et les méprise.

"Je vois... Je verrais le moment venu, je ne sais pas s'il est encore temps pour certains ou tout simplement... Si la portée de la lettre est aussi forte que je le souhaite."

Poser des mots sur son comportement ? Il pouvait le faire mais il n'était pas sûr que ce soit vraiment la réponse qu'attendait l'homme. C'était bien noir, sombre. Yulian inspira doucement et ferma les yeux, se concentrant sur sa respiration, afin de ne pas angoisser et paniquer en réfléchissant à comment définir son comportement et ses actions. Après être resté quelques minutes ainsi, le jeune homme commença à prendre la parole, gardant tout d'abord le regard vague avant de regarder peu à peu l'homme.

"Absent, j'ai plus donné signe de vie à mes potes depuis l'accident... Je me suis volontairement éloigné alors qu'ils s'inquiétaient pour moi... Violent, j'ai fait pleurer une étudiante parce qu'elle voulait m'aider... Traumatisant, Nathan a dû me sauver de moi-même..."

Le jeune inspira doucement, et le pire de tous, le pire comportement qu'il avait adopté sans réussir à s'en débarrasser. Doucement, il remonta ses manches pour laisser apparaître ses bras détruits par ses moments de perdition. Rapidement, ne supportant pas la vision, il abaissa de nouveau ses manches, cela faisait un moment qu'il n'y avait pas touché mais il en était honteux.

"Destructeur."

Yulian ne chercha pas à donner plus d'explications, il comprendrait sûrement très bien où il voulait en venir avec ce mot. Après tout, il était au courant de ce qu'il avait tenté de faire. En tout cas, la nouvelle question de l'homme le laissa silencieux sur le coup. Il ne savait pas quoi répondre, il ne savait pas lui-même. Le déni, peut-être ? La peur de mourir ? La crainte d'achever ses parents ? Yulian ne savait pas vraiment. Et sincèrement, il n'était plus capable de réfléchir à présent. Il était épuisé.

"Je ne sais pas vraiment... Et vous ? Avez-vous déjà perdu quelqu'un qui représentait tout pour vous ?"

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Mar 13 Avr 2021 - 12:58
Au moins, Kristianov-san ne se contente pas de refuser sans donner suite à son raisonnement—il semble cogiter un instant et vouloir réfléchir plus longuement au sujet des lettres. Bien qu’Hisao pense fermement que ce soit une bonne initiative et qu’elle puisse l’aider—il n’est pas devin et ne peut certainement pas le forcer. C’est au bon vouloir de l’élève de faire ce qu’il entend à ce sujet. Mais extérioriser d’une manière saine comme celle-ci est thérapeutique et ne fera de mal à personne—chose qui semble faire peur au garçon.

La suite est… fructueuse, bien qu’Hisao voit que ce n’est pas une partie de plaisir pour Kristianov-san. Il n’est jamais simple de poser des mots sur ce qui ne va pas chez nous, sur ce qui semble dysfonctionner lorsque l’on a déjà la tête en vrac. Il s’apprête à revenir sur ses mots, se pensant trop exigeant et souhaitant rappeler au lycéen qu’il n’est pas obligé de lui répondre tout de suite, qu’il peut prendre son temps pour y réfléchir et revenir la prochaine fois avec une pensée plus formulée. Néanmoins, Kristianov-san le devance et finit par lui répondre.

« Comment fais-tu face à ces comportements que tu me décris ? As-tu envie de corriger le tir ou d’aller de l’avant ? »

Le jeune homme est conscient du mal qu’il cause—et c’est déjà un progrès en soi. Combien ne se rendent pas compte de ce qu’ils peuvent engendrer autour d’eux ? Comme à son habitude lorsqu’il s’agit de ses patients, Hisao essaye de voir le verre à moitié plein. Même si ce ne sont pas des attitudes saines, avoir conscience de ces dernières permettra à Kristianov-san de se remettre en question, de remplacer ces dernières, et peut-être même de faire en sorte de réparer le tort qu’il a pu causer.

« On dit que la création découle de la destruction. Peut-être que t’intéresser à l’un pourrait t’aider à ne plus subir l’autre, ou au moins à le tempérer. Est-ce qu’il y a des choses que tu aimes faire de ton temps libre ? »

L’activité est quelque-chose d’important lorsqu’il est question de dépression. Ceux qui en souffrent subissent un état végétatif, un manque de tout type d’envie et le vrai défi est de faire retrouver à ces derniers le désir d’être passionné par quelque-chose. Même temporairement, même si la motivation n’est que de s’occuper—il n’y a jamais de mauvaises motivations lorsqu’il est question de survivre plutôt que de vivre pleinement sa vie. Et c’est précisément ce qu’il arrive à Kristianov-san.

Sa question suivante le laisse interdit un instant. Le code de déontologie des psychologues et psychiatres lui interdit de parler de lui à ses patients, tout du moins tel était le cas en France. Et Hisao n’a pas l’intention de changer cet aspect de sa profession. Nombreuses sont les théories qui invoquent le fait que partager son expérience à ses patients n’a rien de salutaire et c’est même le contraire—cela peut pousser la personne dans ses retranchements, à penser que son mal vaut moins que celui de son thérapeute. D’autant plus que la relation entre un psychologue et son patient est asymétrique. Tout comme l’est celle entre un médecin et son malade, un professeur et son élève. Certaines limites ne peuvent être franchies, et Hisao adresse un sourire désolé à Kristianov-san alors qu’il cherche soigneusement ses mots pour lui expliquer la chose.

« Outre le fait que je ne sois pas en mesure de te parler de moi, ma propre expérience n’aurait pas grand-chose à t’apporter hélas », admet-il, s’excusant implicitement de ne pas pouvoir accéder à sa requête. « Néanmoins, la vie m’a appris ce qu’elle apprend à n’importe qui d’autre : on ne peut pas changer le passé. Mais nous sommes maître du regard que nous portons sur ce dernier. Il t’appartient à toi seul de vouloir devenir meilleur pour la suite, quand tu te sentiras prêt. Apprendre à s’écouter lorsqu’on se sent coupable est un long processus, mais rien dont tu ne seras pas capable. »

Et tandis qu’il prononce ces mots, son regard vient se poser sur sa montre pour surveiller l’heure. Il ne leur reste que cinq petites minutes avant de devoir mettre fin à la séance. Reportant de nouveau son attention sur l’élève en face de lui, il lui adresse un sourire et repose sa main sur l’accoudoir de son fauteuil.

« Notre séance touche à sa fin. Y a-t-il quelque-chose d’autre que tu souhaitais aborder ? »

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Dim 2 Mai 2021 - 21:38

Envie de corriger le tir ? D'aller de l'avant ? Ca arrive que oui, parfois non car il ne se sent même pas légitime d'avoir le privilège de pouvoir aller de l'avant. Parfois, il se sentait juste pleinement misérable et indésirable. Au point que... Tout irait bien mieux sans sa présence. Mais ce sentiment était-ce peut-être un réflexe égoïste ? Afin de ne pas se battre pour aller mieux et continuer à se laisser aller ? Tellement de sentiments et de sensations contradictoires. Yulian continua à garder le silence un moment avant de prendre la parole.

"Je... Je n'en sais rien... Parfois, oui... Parfois, j'ai juste envie de tout envoyer valser et abandonner, rester au point mort. Mais... C'est égoïste. Et pourtant, je ne me sens pas légitime au droit d'aller de l'avant..."

En tout cas, la question suivante permit au jeune homme de sentir ses poumons moins compressés, il se sentait moins angoissé par cette question. Après tout, il savait que tout ce qu'il faisait de son temps libre lui permettait de ne pas avoir à penser à sa situation, que ce n'était pas une bonne chose mais au moins... Il avait une réponse déjà prête.

"Je fais beaucoup de choses lors de mon temps libre. Ca permet de garder mon esprit occupé, je dessine beaucoup, je... joue aux jeux-vidéos et j'essaye d'en créer un. Et, j'ai aussi un groupe de musique avec des élèves de KHS. Mais, dès que je m'arrête... Mes pensées reprennent le pas et j'angoisse encore à nouveau. Avant, je jouais au foot mais... J'ai arrêté, je pensais trop à Demy... Le pire, c'est au moment de me coucher, je ne trouve pas le sommeil et, je ne peux rien faire... Je ne veux pas déranger mes colocs alors, j'attends... Et j'angoisse."

Yulian releva la tête vers Tenma-san, espérant pouvoir détourner la conversation vers lui afin de se reposer un peu. Il se sentait si sollicité depuis le début qu'il était particulièrement crevé. Apprendre à s'écouter ? C'était donc ça, la clé ? Mais... Méritait-il de s'écouter ? Après tout, il avait fait souffrir tellement de personnes qu'il ne sentait pas légitime à penser à lui.

"En être capable n'est pas la question... Je ne pense pas en avoir le droit."

Alors qu'il allait bientôt être libéré, le psychologue lui laissa le champ libre. Yulian prit un léger temps de réflexion, se demandant bien ce qu'il pouvait bien partager. Il avait tellement parlé et il se sentait juste complètement essoré et éreinté. Néanmoins... Quelque chose lui pinçait encore douloureusement le coeur. Il inspira profondément et releva un regard embué vers Hisao, retenant fièrement ses larmes, une question lui brûlant les lèvres, une question ne demandant pas forcément de réponse, juste... Elle permettait de faire ressortir cette idée qui ne cessait de le tourmenter.

"Pensez-vous qu'il m'en veuille ?"

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Une question de confiance, mais aussi d'espoir Empty Re: Une question de confiance, mais aussi d'espoir

Mer 2 Juin 2021 - 12:13
Il est encore trop tôt pour en juger parfaitement, mais Hisao caresse déjà l’apparition de certains doutes : Kristianov-san a encore un pied bien ancré dans les tendances dépressives et autodestructrices. Ce n’est pas une surprise, à en croire ce qu’il est inscrit sur son dossier. Ce qui en découle est plutôt évident et s’en ressent dans chacune de leurs interactions. Le jeune homme cherche à se punir pour ce qu’il lui est arrivé, une réaction on-ne-peut-plus normale lorsqu’on est au pied du mur, avec notre seule culpabilité à regarder dans le blanc des yeux.

« Ce sont déjà de très bonnes initiatives. Si le cœur t’en dit lors de nos prochaines séances, nous pourrons en discuter davantage. Je vois que la psychiatre t’a placé sous somnifères, je ne peux pas changer sa prescription mais je peux te prendre rendez-vous avec elle si tu estimes toujours avoir des difficultés à dormir pour qu’elle t’aide de ce côté-là. »

Malheureusement, l’angoisse au sommeil n’est pas quelque-chose sur quoi Hisao possède un quelconque pouvoir. Il pourra aider Kristianov-san à s’alléger au fur et à mesure que le temps passera, et son sommeil s’améliorera sûrement d’ici là mais en attendant… la médication est la solution la plus simple pour le jeune homme.

Quand l’élève lui pose sa dernière question, Hisao reste pensif un instant et cherche ses mots. Ce n’est pas quelque-chose qu’il peut exposer ainsi à Kristianov-san, mais ce dernier devra inévitablement apprendre à vivre avec le fait qu’il ne le saura jamais. Avec une éventualité, une instabilité qu’il devra murer dans le passé—empêcher d’être mobile comme elle l’est aujourd’hui. Accepter le fait de ne pas savoir, la persistance d’une ignorance bouffante.

« Je ne peux pas porter la voix d’une autre personne. Quel ton propre ressenti ? Est-ce que, toi, tu penses qu’il t’en veut ? Pour quelles raisons serait-ce le cas ? »

Mais Kristianov-san doit arriver à cette conclusion tout seul. Hisao ne peut pas lui pointer du doigt le processus éventuel d’une guérison qui peut prendre une multitude de chemins. C’est au jeune homme de faire son propre chemin, Hisao n’est rien de plus qu’une béquille—il ne se place pas au centre du cadre mais aide les plus jeunes à retrouver cette place sur celui de leur propre vie.

C’est pour cette raison qu’après avoir laissé suffisamment de temps à Kristianov-san pour qu’il lui réponde ou non, il reprend repose son stylo sur son carnet et range ce dernier sur ce bureau en tendant son bras avant de revenir à lui.

« Comment te sens-tu après cette première séance, Kristianov-san ? »

Personne ne court après des résultats concluants dès la première séance, c’est un fait. Même après la centième. La vie est un processus qui ne connait aucune terminaison autre que la mort et les problèmes rencontrés sont davantage des pierres à l’édifice que des marqueurs temporels que l’on préfèrerait oublier.

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