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 [Terminé] Blood in the cut

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Riley Van Helden
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(#) [Terminé] Blood in the cut  [Terminé] Blood in the cut EmptyMar 18 Aoû 2020 - 1:08

Lundi 22 août

La première chose que je sens lorsque j’ouvre les yeux—c’est qu’il y a du sang séché sur mes cils, que j’ai la gorge sèche et tout mon corps me fait mal. Je reste un moment inerte contre le trottoir. Je ne sais pas depuis combien de temps je suis ici, ni pourquoi je suis allongé. Et alors que je passe une main lasse sur mon visage, je me rends compte avec horreur que le simple fait de bouger mon bras me lance. La douleur est supportable mais infiniment désagréable et surtout : Elle n’est pas isolée.

Je me souviens, lentement, de ce qu’il s’est passé. On m’a tabassé et on m’a volé des trucs. Mon téléphone, ça c’est sûr. Je ne sens plus le frottement du cuir sous mes bras, j’en déduis que je n’ai plus ma veste en cuir non plus—putain, je l’aimais beaucoup cette veste. Et—je suis en chaussette.

J’ai envie de crever. Je n’ai plus aucune volonté, je suis littéralement prêt à rester ici jusqu’à ce que je me sente mieux mais vu l’état dans lequel je me trouve, je suis presque sûr que ça n’arrivera pas si je ne fais que compter sur moi-même. Problème—on m’a aussi volé mon portefeuille. Merde. Évidemment.

Je n’ai pas mes papiers, je ne peux pas aller voir un médecin au pif. Je ne peux pas rentrer chez moi, mon père va me tuer. Je ne veux pas qu’il me voit comme ça, je ne veux pas qu’il sache. Et il faut que je me bouge le cul. J’essaye de frotter mon front, pour faire partir le sang séché mais je ne pense pas que ça serve à grand-chose.

Alors j’essaye lentement de me relever, mais le monde tourne autour de moi et je sens que je vais gerber. Je prends de grandes inspirations pour faire partir la nausée et ça finit par se calmer, au bout de longues secondes. Je m’assois dans un premier temps—et lorsque j’ai l’impression que ça va à peu près, j’essaye de me lever.

Je n’ai qu’une seule solution : Iroka-sensei. Je ne peux pas aller voir mes parents et si je dois me retrouver à l’hôpital, ce sera à elle d’en décider. Je ne peux rien faire de moi-même sans mes papiers et en plus—argh. Je vais être obligé d’expliquer ce qu’il s’est passé à mon père. S’ils ont mes papiers, ça veut dire qu’ils ont l’une de ses cartes bleues et donc je dois l’appeler pour qu’il la rende inutilisable. Mais je n’ai pas de téléphone et je ne connais même pas son numéro par cœur.

Je suis debout. Miraculeusement. J’ai mal partout, surtout à ma cuisse gauche. Il fait encore nuit, mais j’essaye quand même de soulever mon pull pour voir l’ampleur des dégâts et huh—je vais tourner de l’œil si je continue de regarder. Je déteste les blessures, et c’est encore pire quand ce sont les miennes. Heureusement, je crois qu’à part mon arcade et ma lèvre—ce ne sont que des bleus. Je fouille le fond de mes poches—je ne vais pas pouvoir marcher jusqu’à mon lycée. Je n’en serai pas capable.

Il me reste quelques yens. Pas énormément, mais de quoi m’acheter un ticket pour prendre les transports.

Je suis en chaussettes, putain.

Je ne peux pas marcher très vite alors j’en profite pour faire attention aux endroits où je mets les pieds. J’ai pas envie de me retrouver avec un bout de verre en travers du talon. Puisqu’il fait nuit, je ne croise presque personne – je ne sais même pas quelle heure il est, on m’a aussi pris ma montre – sauf une femme qui m’arrête et me demande si je vais bien, je lui dis que ça va et je ne suis pas du tout convaincant, mais on dirait qu’elle n’a pas envie de communiquer avec un jeune torché et blessé.

Je peux la comprendre. Je ne ressemble à rien. J’espère que personne ne me verra comme ça au lycée. De toute façon, je m’en fous. C’est moi qui contrôle les rumeurs, pas l’inverse. Demain je serai de nouveau propre sur moi et je dirais aux gens que je me suis cassé la gueule dans les escaliers.

Je finis par trouver l’arrêt de métro le plus proche. C’est presque vide. Je suis soulagé. On ne me redemande pas si ça va sur le chemin. Et quand j’arrive à la station la plus proche du lycée—je commence à paniquer. Je suis techniquement celui qui contrôle les rumeurs. Jusqu’à ce que je ne le sois plus parce que mon image s’est trop détériorée et qu’on me destitue de ma place de président du club de journalisme.

Mais je ne croise personne. Dieu merci, je ne croise personne. Les surveillants doivent plutôt se trouver dans l’aile des dortoirs. Je croise une horloge, proche de l’administration. Il est cinq heures.

Iroka-sensei n’est pas encore là. Mais je peux l’attendre. Alors je vais m’asseoir dans le couloir en face de la salle d’attente – puisque cette dernière est fermée – et j’attends. Je n’ai pas de musique pour me tenir éveillé au cas où un surveillant passerait par ici—mais qu’est-ce qu’un surveillant viendrait foutre dans le couloir de l’infirmerie ? Je suis caché derrière une poubelle et un pot de fleur. Sur un malentendu, on ne me verra pas et je n’aurais pas à retourner dans ma chambre dans cet état—face à Morgan, Mitsuki-chan ou Shiba-san. J'espère que Iroka-sensei ne me jugera pas, je dois ressembler à rien avec ma dégaine et mon eye-liner qui a coulé. Je mets ma capuche pour cacher le blanc de mes cheveux et—

Je finis par m’endormir, je me sens glisser le long du mur pour me retrouver allongé par terre mais je n’ai pas la force de me relever et je me laisse happer par le sommeil.
Récap des blessures:
 

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Dernière édition par Riley Van Helden le Sam 20 Fév 2021 - 10:44, édité 1 fois
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(#) Re: [Terminé] Blood in the cut  [Terminé] Blood in the cut EmptyDim 6 Sep 2020 - 19:23

DISCLAIMER GROSSIERETE:
 


 

Blood in the cut
And bitterness in the veins

[Terminé] Blood in the cut Ljeb
Tous les hommes commettent des erreurs. Aucune vie n’en est exempte, c’est impossible. C’est par nos erreurs que nous apprenons, que nous ouvrons les yeux pour nous frotter au monde et constater qu’il diffère de l’illusion que l’on pensait réelle. C’est par nos erreurs que nous changeons et, avec un peu de chance et pour peu que nous arrivions à les regarder en face, devenons meilleurs. Le principal problème des erreurs, c’est qu’elles ne sont visibles qu’une fois dans notre dos, une fois qu’elles sont commises et hors d’atteinte, qu’il ne nous reste plus qu’une troupe de regrets pour rejouer la scène et en faire l’autopsie. Le second problème avec les erreurs, c’est que bien souvent, on ne mesure leur importance qu’avec leurs conséquences et que ces dernières n’ont rien de proportionnelles. Au contraire. Je crois bien que par un curieux caprice de la fatalité, plus la bourde est ridicule, plus les retombées en sont salissantes. Dois-je préciser qu’en ce qui me concerne – Quel salaud… Quel putain d’enfoiré de salaud – je suis bon pour pelleter pendant un long moment toutes sortes de débris.

Le réveil sonne à 7h du matin. C’est une véritable torture. Et même si je sais très bien pourquoi je me l’inflige, Dieu sait que j’aimerais faire l’impasse dessus pour cette fois. Mais pour mon malheur, je suis quelqu’un de discipliné et je commence toujours à me lever à l’heure du travail une semaine avant la rentrée pour reprendre le rythme en avance, histoire d’être à peu près frais et dispo. J’ai beaucoup de griefs envers mon père mais si je devais le remercier pour une seule et unique chose, ça serait pour m’avoir inculqué dès l’enfance quelques habitudes saines. C’est à la discipline qu’il s’impose que l’on peut mesurer la valeur d’un homme. Certains feraient bien – Je ne regrette pas tout mais je devrais peut-être, mes fesses oui. Tu les regrettes pas trop celles-ci, j’imagine – de s’en inspirer plus souvent, moi le premier. Me tirant du lit en grognant, je caresse distraitement les chats qui le veulent bien en traînant les pieds de la salle de bain. Je suis lessivé. Je n’ai pas l’impression d’avoir dormi, à peine plus qu’hier. Pour mon malheur, j’ai plus de quarante ans. Je suis beaucoup moins prompt à me remettre de mes cuites qu’avant. J’aurais aimé m’en souvenir avant de me mettre dans un tel état chez- Chez personne. Je ne veux pas y penser. Évidemment, on n’a pas toujours ce qu’on veut dans la vie.

Une fois sorti des toilettes, je tente une douche pour me réveiller. Heureusement, je n’ai presque plus mal au crâne et je caresse l’espoir de pouvoir manger quelque chose. Hier, c’était vraiment – Monsieur picole, donc Monsieur peut s’envoyer un collègue sans avoir à assumer derrière – infernal. J’évite de passer trop longtemps sous la douche parce que ce n’est pas si efficace que ça de toute façon et rejoins la cuisine pour remplir les gamelles de mes chats qui miaulent avec impatience, se moquant bien de mon état pitoyable. Parfois je me dis que j’aurais du prendre un chien. Lui au moins saurait me donner vaguement l’impression de se soucier de moi. Je n’aurais pas – Monsieur picole, donc Monsieur peut me jeter plus facilement le lendemain – l’impression d’être un esclave à leur service quand je n’en ai vraiment pas besoin. Mon estomac étant un peu plus coopératif qu’hier, je parviens à manger deux tartines, un œuf au plat et une tasse de thé sans craindre de rendre le tout dans la demi-heure – Monsieur picole, donc Monsieur s’en fout si j’ai l’air d’une capote usagée pendant qu’il ne sait pas encore s’il doit regretter ou non – Je n’ai donc plus d’excuse pour retarder le moment de m’habiller, me coiffer, me maquiller comme un camion volé histoire de sauver les meubles en ce qui concerne mon visage – Mais je vous emmerde moi, Monsieur ! – et me rendre à l’université. Je ne sais pas pourquoi j’ai dit que je remercierais mon père pour sa discipline. C’est vraiment un piège à con la discipline, surtout quand on ne l’est qu’à moitié et qu’on oublie de prendre son travail à la maison.

Il y a cette histoire de budget du semestre demandé par la comptabilité. Typiquement le genre de choses que j’aurais du boucler avant les vacances d’été histoire d’être tranquille pour de bon. Mais non, j’étais trop occupé à décider quels sous-pulls et quelles chemises j’allais emporter – C’est vrai que moi non plus j’aurais pas du boire autant parce que j’ai fait plein de conneries mais ça n’empêche ! – à Los Angeles pour ne pas montrer mes tatouages tout en étant suffisamment estival. Je n’ai jamais été très bon pour – Désolé d’avoir passé une bonne soirée même si on était ronds comme des merlus ! – ranger mes priorités dans le bon ordre. Soupirant d’avance, je me gare sur le parking de l’université, jure en me battant avec ma ceinture qui vrille n’importe comment et claque la porte plus sèchement que je ne le devrais. Bien mal m’en prend car je suis encore trop épuisé pour tolérer le bruit. Je me maudis en marchant vers le bâtiment principal. Je suis vraiment un bien beau nigaud – C’est pas parce que j’ai pris mon pied que je n’ai pas le droit à un peu de considération ! – pour m’infliger tout ceci. J’aurais mieux fait de rester chez moi à dormir, au moins aujourd’hui. Mais je ne l’aurais sans doute pas fait car je ne peux pas dormir toute la journée non plus et quand je ne dors pas – Je ne suis pas là uniquement pour vider les valseuses de Monsieur, merde à la fin ! – je ressasse, ce qui n’est guère meilleur. Autant aller faire le zouave au travail. Du moins c’est ce que je me dis, avant d’atteindre le couloir de l’infirmerie.

Je me fige en plein mouvement, le pied en l’air. Là devant moi, à moins de cinq mètres, une forme humaine affalée près de la poubelle, à côté de la salle d’attente. Immobile.

« Oh God. »

Moi qui me plaignais de ne pas arriver à me réveiller, je peux me réjouir : c’est désormais chose faite. L’adrénaline me fait presser le pas jusqu’au – Cadavre ? Oh non pitié, tout sauf un cadavre, pas si tôt le matin – corps allongé par terre. Une multitude de questions quant au pourquoi et au comment de cette situation me passent par la tête mais je n’ai pas le temps de m’y consacrer. Je dois à tout prix savoir si cette personne est encore en vie et dans quel état avant de me préoccuper de qui elle est. Ceci dit – Mais – j’ai bientôt des éléments de réponses – Mais ça sent le pub un soir de match – à au moins deux de ces points. Estomaqué, je pose un genou à terre, repousse la capuche qui couvre la tête et – NOMDESDHFDLHGLSDGJ – lâche un juron très impoli en reconnaissant les cheveux blancs, à défaut de reconnaître le visage.

« Riley ?! Tu m’entends ? Mais qu’est-ce qui t’est arrivé ? Est-ce que tu peux te lever ? »

Je peux me tromper, mais quelque chose me dit que c’est vraiment – Un cadavre c'était pas si mal en fait – pas ma journée.
 



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(#) Re: [Terminé] Blood in the cut  [Terminé] Blood in the cut EmptyDim 6 Sep 2020 - 20:19

Lumière.

Le jour s’est largement levé depuis la dernière fois que j’ai ouvert les yeux. Je ne suis pas étonné de voir que je me suis endormi, mais ce que je peux regretter mon choix. Ce n’est pas la première fois que je bois – bien que je ne me sois jamais mis une caisse pareille – j’aurais dû savoir que c’était une mauvaise idée de dormir. De dormir devant l’infirmerie, sur le sol dur—j’aurais dû prendre sur moi et aller dans la chambre. J’aurais trouvé une excuse pourrie mais je suis persuadé que ça aurait été supportable. Là, j’ai mal absolument partout. Tous les membres de mon corps sont douloureux, mon dos est en miettes et quand je tourne la tête, j’ai la sensation que mon cou est—

« Que— »

Je déteste ma vie. Je pense sérieusement que si je le pouvais, je demanderai simplement à mourir sur place. Les gens me pleureraient, n’auraient pas le temps de savoir que j’ai agi comme un connard—parce que je connais très bien Malik. Jamais, jamais au grand jamais il n’oserait balancer la vérité alors même que je viendrais tout juste de mourir. Il est beaucoup trop bien élevé pour ça.

Bref. Ce n’est pas que ma vie que je déteste c’est—l’essence de l’existence même, le fait que notre monde soit régi par des lois : Physiques, chimiques, mathématiques et surtout logiques. Pourquoi ? Parce que dans le monde alternatif que mon état second alcoolisé avait créé pour moi, Kelly-sensei n’existait tout simplement plus. Il n’y avait plus de médecin scolaire, il n’y avait qu’Iroka-san douce et gentille infirmière qui ne veut de mal à personne et qui aurait gobé mon numéro si je lui avais dit pourquoi je ne veux pas qu’elle appelle mon père.

Là, je suis en face d’un problème. D’un énorme problème. Je ne peux pas me le voir, parce que c’est un pauvre con qui exerce son métier sans la moindre forme d’empathie et qui ne sait rien de la dévotion. Il est bien des choses en revanche : Un énième adulte aigri qui se croit beaucoup trop bon pour la plèbe et pense qu’il peut me faire la leçon sur le fait qu’il ne faut pas boire, qu’il faut que je reste enfermé dans ma chambre alors qu’on est à Los Angeles, merde. Suis-je étonné que ce mec aussi amer qu’un verre de Smecta n’ait pas eu de jeunesse ? Pas vraiment. Bien entendu qu’il ne pourrait pas me comprendre. Ni comprendre personne d’autre, d’ailleurs.

Alors je ne retiens la façon dont mes traits se teintent d’un profond dégoût lorsque j’ouvre enfin les yeux et que je le vois. C’est un putain de screamer et—bon sang, il va falloir lever le pied sur le fard à paupière violet. Chaque jour, j’ai l’impression qu’il l’estompe un peu plus haut et à force il va finir par arriver à la racine de ses cheveux.

Ma bouche est pâteuse, j’ai envie de l’envoyer chier mais c’est une très, très mauvaise idée et en plus je ne suis pas sûr que ma gorge soit capable de sortir un son de plus que le—truc que j’ai dit tout à l’heure. J’ai dit quelque-chose ? Je ne sais même pas si j’ai dit un mot ou si c’était juste un son.

Enfin—je ne vais pas le regarder dans le blanc des yeux pendant deux heures, on va finir par se faire chier. Et très honnêtement, je ne sais même pas si j’ai envie de me faire soigner, là tout de suite. Au moins, Iroka-sensei est rassurante et apaisante. Mais là, je cours droit au cauchemar—et à ma perte, accessoirement.

Sauf qu’il a l’air sérieusement inquiet. Et s’il y a bien quelque-chose que je refuserai quoi qu’il m’en coûte venant de lui – même si je dois y laisser la vie et je suis sérieux – c’est sa pitié. Elle me dégoûte encore plus que la vision d’horreur qu’il m’a donné au réveil. Donc je balaye l’air d’un geste de la main, essayant de retrouver un minimum de contenance. J’échoue lamentablement, mais au moins je réussis à me redresser jusqu’à être assis contre le mur.

Je crains qu’il insiste si je ne lui dis pas que je vais bien en revanche. Donc je prends appui sur la poubelle à côté de moi – ignorant toute main qu’il voudrait me tendre si jamais – et finit par tenir difficilement debout. J’ai mal partout et je ne peux tout simplement pas retenir la façon dont mes traits se tendent sous les grimaces de douleur qui me sont arrachées.

« Ça va, ça va », je lui dis en essayant de paraître aussi détaché de la situation que possible, teintant mon visage d’une expression désabusée. « Je suis juste tombé dans les escaliers, mais ça va mieux maintenant. Désolé de vous avoir inquiété. Je—vais y aller », je vais attendre qu’Iroka-sensei pointe le bout de son nez, en d’autres termes.

Je passe les doigts sur mes lèvres et retrouve du sang séché sur le bout de ces derniers. Il ne va jamais me laisser partir. Je suis en train de le prendre pour un con et je vais juste me prendre un retour de bâton si je ne trouve pas une meilleure excuse.

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(#) Re: [Terminé] Blood in the cut  [Terminé] Blood in the cut EmptyMer 9 Sep 2020 - 20:26


 

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Même s’il m’a été en partie imposé et que j’y ai trouvé mon lot de souffrances, j’aime mon métier. Je ne voudrais pas en exercer un autre aujourd’hui. Guérir les gens de leurs blessures ou de leurs maladies, les aider à rester en bonne santé et à prendre soin de leur corps et dans une moindre mesure de leur esprit, oeuvrer auprès des adolescents, tout cela me convient tout à fait et je sais que c’est beaucoup de chance. Tout le monde ne peut pas se vanter d’être impliqué et épanoui dans son travail, hélas. Malheureusement, même si je suis médecin par vocation, je suis homme par nature. Et parfois, juste parfois, l’une des seules choses qui me pousse à faire mon devoir – Le bien du malade, au physique et au moral, est la priorité du médecin – c’est le serment d’Hippocrate – Celui-ci doit faire ce qui est utile et avantageux pour le malade. Même quand il s’appelle Riley –

Que les choses soient bien claires : j’ai parfaitement conscience que mon aversion à l’égard de ce garçon est disproportionnée, malgré des bases solides. Après tout, que je sache, ce n’est guère qu’un petit – Con – sacripan comme on en croise partout dans le monde et tromper la vigilance des adultes pour aller se beurrer pendant un voyage scolaire est certes condamnable mais pas extrêmement surprenant dans l’absolu chez un jeune homme de son âge. Non, ce qui me hérisse viscéralement avec Riley depuis que j’ai eu le malheur de m’y frotter de plus près, c’est qu’il y a quelque chose vipérin chez lui. Il a beau se montrer sympathique et avenant avec tout le monde, il y a quelque chose de faux chez lui. Le diable m’emporte si j’arrive à mettre le doigt dessus par ailleurs. Je ne sais pas, c’est peut-être parce qu’il est beaucoup plus grinçant avec moi depuis notre petit différent à Los Angeles – Pas d’inquiétudes, je le lui rends volontiers car je suis un homme extrêmement mature – mais ses sourires et ses paroles mielleuses me font l’effet d’une troupe d’ongles sur un tableau noir. En fait, je crois – Cette façon de vouloir être au centre de l’attention, aimé de tous, et concentrer tous les regards – que quelque chose chez lui me rappelle Messiah… Cependant, même s’il m’arrive parfois de culpabiliser de ne pas le supporter, je soupçonne fortement que ça soit réciproque. Et dans ce cas-là, pourquoi s’inquiéter ? Comme si ça pouvait mal tourner…

Toutefois, j’arrive assez bien à mettre mon aversion de côté aujourd’hui, heureusement. Le pauvre est dans un état… Du sang partout sur le visage, des hématomes de compétitions et – Mais où sont ses chaussures ? – l’air d’être passé dans une essoreuse quand je le vois tenter de se remettre d’aplomb. Je l’aide comme je le peux à s’asseoir contre le mur, continuant de l’observer – Oh jeez, ton eyeliner a changé de fuseau horaire mon garçon – pour faire un premier bilan de son état. A priori, même si bouger lui est difficile, on dirait qu’il n’a rien de cassé. Tant mieux, c’est toujours ça de pris. Mais il va quand même falloir l’examiner pour m’assurer qu’il n’y a rien de–

Je hausse le sourcil – Attends voir – quand il mentionne la raison de ce carnage – Tu ne serais pas en train de me prendre pour un jambon, des fois ? – le regardant se lever et me levant à mon tour, circonspect.

« Hm. Un escalier, oui. Et tu as perdu tes chaussures trop tôt dans ta chute pour avoir le courage de retourner les chercher, j’imagine. »

Non non non, ça suffit, calme-toi Ashton. Même si c’est Riley et que tu as du mal avec lui, ne commence pas à devenir acide. Ce n’est pas encore la rentrée mais c’est un élève et tu es médecin. Comporte-toi comme tel. Poussant un soupir, je masse ma tempe encore lourde d’une main et ouvre la porte de l’infirmerie de l’autre. Allez, après tout rien de mieux qu’un peu de boulot en avance pour ne pas trop ressasser – Qu’est-ce qui m’a pris de lui parler de mon ex d’ailleurs, à cet autre con ? – des évènements déplaisants.

« Tu auras du mal à aller où que ce soit dans un tel état. Si tu étais devant l’infirmerie, c’est que tu voulais des soins, non ? Tu as eu de la chance que quelqu’un passe ici avant la rentrée… »
 



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(#) Re: [Terminé] Blood in the cut  [Terminé] Blood in the cut EmptyMer 9 Sep 2020 - 21:11

Je ne suis pas dans un état suffisamment stable pour retenir mes émotions. Je le sais et ça m’ennuie pour ne pas dire autre chose. C’est-à-dire que je vois l’irritation émaner de lui, ça se sentirait à des kilomètres et je ne peux pas vraiment le blâmer pour cela. Je n’ai pas besoin de le regarder dans les yeux pour sentir qu’il doit me mépriser et sérieusement—comme si j’avais besoin de l’approbation d’un mec pareil. Je n’en ai rien à faire de ce qu’il peut bien penser de moi.

Maintenant que j’y vois un peu mieux cela dit, je ne me gêne pas pour soutenir son regard et le détailler de bas en haut. De l’extérieur, Kelly-sensei se donne des airs de prince. Il a toujours l’air parfaitement composé, propre sur lui et ça le rendrait presque hautain. Si c’est à vomir ? Ce serait hypocrite que je pense une telle chose mais ce n’est pas comme si l’hypocrisie était quelque-chose qui me dérangeait. Aujourd’hui, j’ai le sentiment que ses traits sont marqués par la fatigue. Je ne peux pas savoir pourquoi cela dit—je ne le saurais probablement jamais, et ça me frustre.

Enfin bon, qu’il se la joue autant qu’il le souhaite avec moi, ça ne marchera pas. On ne me fait pas sortir de mes gonds si facilement. Même dans cet état. En revanche, ce n’est pas parce que je dois lui montrer du respect – et je ne manque jamais à mon devoir lorsque je l’ai en face de moi – que ça m’empêche de me comporter comme un parfait enfoiré.

Et lorsqu’il se permet une blague sur le fait que je sois en chaussettes, j’attrape la perche qu’il vient de me tendre avec toute la volonté du monde. Je suis peut-être inapte à cacher la douleur et les émotions négatives, mais je me sens particulièrement d’attaque pour exagérer ces dernières et en rajouter avec toute la finesse dont je sais faire preuve. Je laisse mon regard retomber sur mes pieds avant de revenir à lui, déglutit difficilement, mes sourcils se froncent et mon nez se retrousse dans un réflexe qui parait incontrôlé. Mais ce n’est pas de la colère qui passe sur mon visage, mes yeux brillent très légèrement—juste assez pour qu’il comprenne qu’il vient de sérieusement me blesser. Moi, mon amour propre et tout le reste. Parce que si mes pieds déchaussés sont la première chose qu’il a remarqué, il a sûrement compris qu’on m’a dérobé mes chaussures—et je n’aimerais pas voir ce type face à quelqu’un qui subit du harcèlement scolaire.

Ça me dégoûte et me rassure à la fois—on se comprend bien, entre raclures de bidet.

Mais comme pour essayer de me calmer, je prends une grande inspiration et fourre mes mains dans les poches de mon jean avant de les retirer subitement lorsque je me rends compte que ça me fait atrocement mal de serrer les bras contre mes côtes.

Kelly-sensei finit par revenir à lui-même et maintenant qu’il a fini son cirque, il me fait du cinéma. Il ne me propose pas son aide—non, il fait quelque-chose de bien plus sournois et essaye plutôt de redorer son blason en me faisant comprendre qu’il est mon saint sauveur, que j’ai besoin de lui, que je ramperai à ses pieds pour être soigné. Je serre les mâchoires – mauvaise idée – et déglutit de nouveau.

« Oui. J’étais effectivement venu parce que j’avais besoin de soins », je veux bien qu’il comprenne que je ne voulais pas tomber sur lui, qu’il est la raison pour laquelle j’ai décidé de tourner les talons. Je ne mentionne pas le nom d’Iroka-sensei parce que je pense que s’il a réussi à obtenir son diplôme c’est qu’il doit avoir un Q.I. à trois chiffres et comprendra que je m’attendais à voir sa collègue.

Sauf que mon orgueil ne l’emportera pas cette fois-ci. J’ai beau lever le menton pour essayer de garder la tête haute et ne pas me sentir couvert de honte, j’ai bel et bien besoin de lui. Il pourrait simplement se passer de l’exhiber comme si c’était un étendard de fierté. S’il a choisi d’être médecin pour avoir la conscience tranquille, je n’ai aucun mal à m’avancer pour dire qu’il fait fausse route. N’est-il pas censé être dévoué ?

Bref, ça ne me sert à rien de lui chercher milles défauts, je sais déjà à quel point il est pourri de l’intérieur. Aucun doute là-dessus. Donc je ferme hermétiquement mes paupières, incapable de réprimer l’amertume dans laquelle je baigne depuis que j’ai ouvert les yeux.

« Puisque vous vous proposez si gentiment », mon ton est plus plat que la Terre dans la tête des complotistes, et je fais de mon mieux pour parler sans railler. « Je vous suis. »

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(#) Re: [Terminé] Blood in the cut  [Terminé] Blood in the cut EmptyLun 5 Oct 2020 - 14:06


 

Blood in the cut
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Je l’avoue. J’ai peut-être – Peut-être ! – un dérangeant poinçon de culpabilité qui vient me tirailler péniblement entre les côtes quand je vois soudain Riley retenir difficilement ses larmes à ma remarque son absence de chaussures. En d’autres circonstances, je m’en voudrais même franchement parce qu’il vient visiblement de se faire agresser, qu’il venait chercher des soins et de l’aide à l’infirmerie et que c’est une expérience suffisamment traumatisante pour un garçon d’à peine dix-huit ans sans que j’ai besoin d’en rajouter en plus. Mais. D’une part, je doute que le garçon en question se soit beurré la truffe après s’être fait tabasser, donc je soupçonne qu’il a tout de même un peu cherché les ennuis. D’autre part, il s’agit de Riley. Bien que je consente de mauvaise grâce à lui laisser le bénéfice du doute, je suis prêt à parier qu’il n’est plus à une sournoiserie près… Néanmoins, en vertu de la présomption d’innocence, je ne réagis pas et – Ses côtes ont vraiment l’air douloureuses, il va falloir regarder ça – l’invite à entrer dans l’infirmerie. Puisque je suis là, je ne vais pas le laisser dans cet état. Quand bien même ce petit saligaud me fait subtilement comprendre que ce n’est pas sur moi qu’il espérait tomber. Je ne relève pas non plus en récupérant les clés dans ma poche. Désolé pour toi mon chou – Ça serait le bon moment pour un merci, non ? Non ? – mais tu as joué, tu as perdu. La prochaine fois, tu te contenteras d’une tisane et d’un anime.

Ou de la fermer. Juste ça, oui, ça serait suffisant pour t’épargner des tas d’ennuis.

J’ai à peine finir de déverrouiller la porte que Riley donne un coup de scie sauteuse sur ma patience avec une nouvelle remarque vicieuse à souhait. Je me fige et tourne la tête – What did you just say ? – plus vivement que je le voudrais, piqué au vif. Alors là…

« Oh c’est vrai, excuse-moi, j’aurais du penser à ramener une paire de chaussons des fois que quelqu’un se réveille pieds nus après sa cuite dans les parages. Tu veux du thé à la place ? »

Ça fait longtemps que je n’ai pas été aussi cinglant avec un étudiant et ça m’horripile au plus haut point. Certes, j’ai – Saleté de nuit blanche – quelques excuses pour justifier ma fatigue – Connerie de gueule de bois – et mon manque de patience – Enfoiré d’Hisao – en cet instant précis. Mais ça ne m’empêche en aucun cas d’être agacé et frustré de voir que Riley arrive à me faire perdre mon calme. Médecin par vocation, homme par nature. Il y a bien des fois où faire taire cette nature me serait très utile, surtout quand je croise des gens qui en réveillent les mauvais aspects. Poussant un soupir pour retrouver mon calme – Je ne m’excuserai pas – j’ouvre la porte, fais un rapide crochet par mon bureau pour récupérer ma blouse puis le précède dans la salle d’examen.

« Si tu ne tiens pas à me fréquenter plus que nécessaire, fais en sorte d’éviter les escaliers quand tu n’es pas en pleine possession de tes moyens. Assieds-toi là. Où est-ce que tu as le plus mal ? »

Tout en écoutant sa réponse, je rehausse mes lunettes sur mon nez pour examiner son visage. C’est impressionnant mais les dégâts sont moindres que ce que je craignais. Le sang vient surtout de son arcade superficiellement ouverte – Rien qu’un ou deux strip ne saurait corriger – et il souffre surtout de vilaines ecchymoses, notamment sur l’arête du nez et – Sweet Jesus – sous le menton. Celui-là mettra des semaines entières à guérir et va voir défiler tout l’arc-en-ciel, sans même un trésor au bout. J’en aurais presque pitié de lui. J’ignore ce qu’il a fait et sur qui il est tombé mais il a vraiment passé un mauvais quart d’heure. Ça aurait pu très mal finir… Je réunis de quoi nettoyer son visage et m’occuper de sa blessure à l’arcade en premier lieu et commence à laver délicatement le sang séché.

« Ils étaient combien ? Deux ? Trois ? »
 



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(#) Re: [Terminé] Blood in the cut  [Terminé] Blood in the cut EmptyLun 5 Oct 2020 - 17:55

Je déteste Andrew. Je déteste Claire. Je déteste Bianca. Chaque fois que je me retrouve en leur présence, je n’arrive pas à ressentir autre chose que du mépris, de la colère et parfois même du dégoût. Je suis incapable de contrôler mon ressenti à leur égard, mais j’arrive tout de même à garder la face. Et j’ai beau me montrer avenant, adorable et gentil envers la quasi-totalité des gens que je rencontre, le sentiment intérieur est – les trois quarts du temps – plutôt hostile. J’ai la présence d’esprit de me contenter du regard envieux et amical que les gens me portent sans souffrir des potentielles attaches que ces derniers sont supposés impliquer. Ça a l’air douloureux et ça l’était les premières années. Mais croyez-moi, ce n’est pas un fardeau si lourd quand on voit tout ce que la sincérité apporte comme souffrance. Je l’ai vécu avec Malik, et je le vis en ce moment-même avec Nakajima-san. Et j’espère qu’elle pourra me pardonner quand—

Kelly-sensei, lui, a le droit à un traitement tout particulier. Le même que celui que je réserve à ma famille, plus précisément. Je n’ai aucune envie de lui faciliter la tâche et si je peux le faire sortir de ses gonds, ce sera avec plaisir. Parce que je suis un élève presque irréprochable : Sans compter l’écart que j’ai fait à Los Angeles, je ne pose de problèmes à personne. Certes, mes notes ne sont pas excellentes, mais je n’empêche pas les cours de se dérouler dans le calme. Je participe même à la vie étudiante—je me considère comme un véritable modèle en ces murs. Et faire une erreur comme celle d’aujourd’hui ne me sera pas fatale. Qu’est-ce que je risque tout au plus ? Me faire exclure quelques jours ? Qu’on appelle mon père ? Allons bon, de toute façon je suis obligé de l’appeler pour lui dire la vérité. Sa carte bleue était dans le portefeuille quand on m’a volé, donc il faudra bien que je le contacte pour lui demander de faire opposition. Même si je ne sais pas encore comment je vais faire, parce que je n’ai pas d’argent pour trouver une cabine téléphonique, plus de téléphone et que je ne peux pas me montrer ainsi aux autres élèves. En définitive, on me punira pour mon mauvais comportement, j’aurais quelques ennuis… Mais l’on mettra ça sur le compte de mon jeune âge. Et je me relèverai.

Pour lui, c’est différent. Il a bien plus à risquer que moi. Kelly-sensei est un homme adulte, médecin qui plus est. S’il refuse de me soigner sous prétexte que je l’emmerde, je n’aurais aucun scrupule à en faire des tonnes pour le foutre dans la merde. D’autant plus qu’il se comporte vraiment comme un enfoiré avec moi. Si bien que je ne décroche pas mon regard de lui une seule seconde. Et plus le temps défile, plus j’ai l’impression que quelque-chose ne va pas – et pour une fois, ce n’est pas juste sa gueule le problème. Je ne sais pas quelle mouche l’a piqué, mais visiblement c’est à moi d’en faire les frais.

Je n’aime pas servir de défouloir. Pour autant, j’ai conscience de ma place d’élève et de son statut d’adulte au sein de ce stupide établissement. Alors j’aimerais ne pas me laisser faire, mais pour ça il faudrait que je sois en terrain neutre. Ce n’est pas le cas. Je prends donc une grande inspiration et baisse légèrement le menton, donnant tout ce que j’ai pour adoucir mes traits et s’il y fait attention, il pourra même voir les coins de mes lèvres s’étirer en une esquisse de sourire.

« Tant qu’il est anglais, j’accepte aussi le thé », je lui réponds avec tout l’enthousiasme du monde. Je suis certain que ça l’ennuie de gaspiller son thé pour moi.

Je ne sais pas si sa proposition était ironique, mais je suis presque sûr que ce n’était pas le cas. Et au pire—au pire, mon égo a déjà pris une branlée aujourd’hui et me faire remballer ne me tuera pas. Kelly-sensei peut essayer aussi fort qu’il le veut, il n’arrivera jamais à égaler ce qu’il m’est déjà arrivé ce week-end. Je n’aurais pas la prétention de dire que j’ai les épaules pour porter tout ça—mais je suis encore plus ou moins en état de choc et donc je me sens juste… À la fois à vif et aseptisé. C’est un état très étrange et désagréable, mais je m’attendais à pire.

Alors oui, ça inclut que chaque remarque acide qu’il me fait en rajoute une couche. Le contrecoup sera d’autant plus fort et j’en sentirai les dégâts plus tard. Mais dans l’immédiat… Je ne suis même pas proche de craquer.

Quand j’entre dans l’infirmerie, l’endroit me parait si glacial, si inhospitalier que j’ai juste envie de me casser en courant. Mais je sais très bien que si je veux m’épargner un bon lot de souffrance durant les prochains jours, je dois poursuivre cette épreuve difficile jusqu’à son terme.

Néanmoins, je ne peux pas m’empêcher de me tourner pour le regarder quand j’entends les conneries qu’il me sort. Je poste une main sur ma poitrine et feint l’innocence.

« Je n’ai jamais dit ça », et c’est vrai. Je n’ai jamais dit une telle chose, je le lui ai juste fait comprendre avec une certaine subtilité. Mais cet échange m’apprend deux choses plutôt contradictoires sur Kelly-sensei : Il a l’air perspicace – voire même intelligent – et pourtant, il se comporte comme un chien errant. J’ai secoué un bout de viande pendant deux secondes sous ses yeux et il a sauté dessus sans prendre la peine d’attendre que le message synaptique passe d’un neurone à l’autre. « Et j’étais parfaitement lucide », ça en revanche, c’est faux. Mais à quoi s’attendait-il ? De la franchise et un peu de remise en question ? Allons bon. Pas mon rayon. Après avoir démenti son affirmation, je prends place sur le banc d’examen non sans grimacer et soupirer de douleur. Il me faut un instant pour décider de la réponse à sa question, car honnêtement—je crois que… « J’ai mal partout. »

Être un patient insupportable, ça commence par rester vague alors qu’il est en quête de précisions. Pour le coup, je ne le fais pas exprès. J’ai vraiment mal partout et je ne saurais pas vraiment identifier quelle partie de mon corps est la plus douloureuse. Mes chevilles, mes jambes, mes côtes, mon dos, mon visage… C’est ça le plus difficile à encaisser. Ces connards ont abîmé mon visage—assez pour que le maquillage ne suffise pas.

Le voir s’approcher de moi pour essayer de nettoyer le sang qui a coulé sur mon visage me révulse, mais je sais que ça va être comme ça pour un moment. Je dois donc me faire violence—et c’est exactement ce moment de concentration intense que Kelly-sensei choisit pour me lâcher sa bombe. Si bien que je suis incapable de réprimer le soudain mouvement de recul qui écarte mon visage de ses mains alors que j’arque un sourcil – AOUCH – et revient immédiatement sur mon geste en grimaçant.

« Quoi ?! Je vous ai dit que— » Ma voix est fébrile et légèrement brisée parce que je sais que je suis dans une mauvaise posture. Je n’ai pas su anticiper ma réaction et sa question à la con – prévisible pourtant – donc si je mens, il le saura. Je ne peux plus lui mettre le doute. Je ferme hermétiquement les yeux et prends une grande inspiration. « Deux », et c’est tout ce que je lui réponds.

J’étais calme quelques minutes plus tôt, et là je suis de nouveau en colère. Contre lui, mais surtout contre moi-même. Il ne peut pas juste faire son travail sans poser de questions ? C’est trop demandé de se mêler de ses affaires ? Ce type a un don pour fourrer son nez là où on ne le lui a pas demandé et ça me gave à un point qu’il n’imagine même pas.

C’est pour cette raison qu’avant même que je ne m’entende réfléchir, je le regarde dans les yeux et réplique : « Qu’est-ce que ça peut vous faire, de toute façon ? » Je hausse doucement les épaules et tourne la tête. « Ça ne change rien à mes blessures. »

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(#) Re: [Terminé] Blood in the cut  [Terminé] Blood in the cut EmptyMer 7 Oct 2020 - 19:25


 

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« Splendide ! N’hésite pas à m’en demander poliment à ton prochain passage. »

Oui. Oui, je viens de lui signifier que nulle tasse de thé ne sera préparée pour lui aujourd’hui, sans la moindre honte. Riley est beaucoup de choses – Faux, vaniteux, hypocrite et sournois entre autre – mais il n’est certainement pas idiot. Je suis certain qu’il a compris le message salé embusqué dans ma réplique. S’il a choisi de la prendre au pied de la lettre, c’est uniquement pour – Me mouliner les c– me prendre au piège et piller mes précieuses réserves de thé. Je n’ai pas la moindre envie de lui accorder ce plaisir. Ni celle de retenir le rictus narquois qui étire ma bouche sans qu’il ne le voit alors que je le conduisais en salle d’examen.

« Encore heureux, mon garçon. Encore heureux… »

Ce n’est pas comme si tu étais doué toi aussi pour faire passer ton venin en douceur et je ne penserais certainement pas ce que je pense de toi si tu avais eu besoin de le formuler à voix haute. Quant à savoir si ça influence mon opinion dans le bon ou le mauvais sens et bien… Hm. Je trancherai plus tard. Quand il aura cessé d'essayer de me faire croire qu'il était sobre quand tout ceci est arrivé, par exemple.

Sa crispation alors que je m’approche pour examiner son visage ne m’échappe pas mais je choisis de l’ignorer. Inutile d’être un génie pour savoir que c’est tout sauf un moment agréable pour lui – À qui le dis-tu – et je n’ai ni l’envie ni l’énergie de lui en faire la remarque. Plus vite j’aurai terminé, mieux nous nous porterons l’un et l’autre. Par contre, je dois avouer que je ne m’attendais clairement pas à ce qui se produit ensuite. Riley n’a pas vu venir ma question. Elle était évidente, pourtant. Mais non, il tressaille, bégaye, se reprend difficilement. J’en reste immobile un instant, mon coton mouillé à la main, à le regarder me répondre de mauvaise grâce. Je suis… perplexe. Ce n’est pas tant le fait qu’il ait fini par cracher le morceau, non. Il aurait fallu qu’il soit stupide pour continuer à nier après s’être fait pincer de la sorte et Riley ne souhaite pas passer pour stupide aux yeux de qui que ce soit. C’est plutôt – Sa voix – la fragilité aussi fugace que brève qui affleure sur ses traits, la soudaine amertume dans son regard farouche alors qu’il contre-attaque immédiatement, non sans un certain mépris.

« Je me le demande… »

Qu’est-ce que ça peut bien me faire… Cette question est stupide. Elle n’a de sens que si l’on considère – Médecin par vocation – que je ne suis qu’une vulgaire machine à soigner – Homme par nature – ce qui est bien loin d’être le cas. Mais que pourrait y comprendre un adolescent souffrant, acerbe et doucereux si je tentais de le lui faire comprendre maintenant ? C’est parce que je connais la réponse que je termine simplement de nettoyer le sang séché de son visage, plus irrité que je ne le voudrais de la situation. Je ne suis pas dans de bonnes dispositions et je n’aime pas Riley, inutile de le nier. Je n’en suis pas fier, mais je n’irai pas jusqu’à en avoir honte non plus. C’est comme ça, c’est tout. C’est pourquoi je n’apprécie guère de réaliser d’un seul coup, avec de petits détails insignifiants comme celui-ci – Sa voix qui vacille alors qu’il essaie de nier par réflexe – qu’il est humain lui aussi. Qu’il est jeune. Qu’il souffre. Qu’il est plus que ce que je veux bien m’imaginer de lui. Ça n’a rien d’agréable et c’est surtout trompeur. Je sais parfaitement que baisser ma garde maintenant ne lui servira qu’à me piquer au vif encore plus cruellement dès qu’il voudra me rafraîchir la mémoire et me rappeler qu’il n’est qu’une infâme petite punaise. Alors si je pouvais – Oh bon sang – rapidement m’en souvenir tout seul – Ce que je suis fatigué – ça m’arrangerait. Je pousse un soupir une fois que son visage est à peu près propre.

« Tu as une petite coupure à l’arcade. Je vais la désinfecter et y poser des strips, elle n’est pas assez profonde pour qu’il y ait besoin de plus. Ça va piquer un peu. »

Un peu. Un peu. C’est le mot-clé de cette phrase. C’est-à-dire clairement pas de quoi – Nom d’un chien mais quelle mauviette – geindre comme il le fait avant même que j’ai posé le coton imbibé de désinfectant sur sa plaie. Je laisse échapper un claquement de langue agacé. Comme c’est curieux, la mémoire me revient…

« Oh for God’s sake, c’était trois fois plus douloureux sur l’instant, inutile d’en rajouter une telle couche. Tiens-toi tranquille et je finirai plus rapidement… »

Ce n’est quand même pas la fin du monde. Et puis surtout, s’il me fait un tel cirque maintenant, qu’est-ce que ça va être quand je vais devoir examiner ses côtes ? Je suis déjà épuisé rien que d’y penser. Je ne sais même pas comment les mots franchissent mes lèvres dans ces conditions, sans même que je les ai vus venir alors que je pose les strips sur sa coupure :

« Ce n’est pas dans tes habitudes de te mettre volontairement dans des situations que tu ne maîtrises pas, je me trompe ? En tout cas, se retrouver à la portée de personnes capables de coller un uppercut tel que celui-ci… » Je désigne l’énorme bleu sous son menton « … À un jeune homme ivre, puis de le rouer de coups à deux contre un, certainement à même le sol, ce n’est clairement pas dans tes habitudes. Alors je me demande sincèrement ce qui a pu te pousser à boire suffisamment pour en arriver là. »

Je n’ai pas jugé bon de repasser au japonais. Ma langue maternelle me demande moins d’efforts et c’est toujours ça d’énergie de sauvée…
 



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(#) Re: [Terminé] Blood in the cut  [Terminé] Blood in the cut EmptyMer 7 Oct 2020 - 22:44

Je ne peux définitivement pas m’empêcher de lever les yeux au ciel. Je suis incroyablement déçu, mais je m’en remettrai. Le sourire qui se dessine sur mes lèvres est résigné et amer, mais je ne peux définitivement pas le retenir. J’ai beau être dans un état lamentable, je ne vais pas non plus m’écraser devant lui. Ça ne me ressemblerait pas. Enfin bon—je ne suis presque pas triste de manquer cette tasse de thé. Je suis sûr que j’aurais trouvé quelque-chose à redire sur la qualité de toute façon.

Mais au moins Kelly-sensei s’est évité une catastrophe. Je suis amoché, et une tasse de thé bouillant renversée est très vite arrivée.

Je ne prête pas attention à ce qu’il me dit d’autre, parce qu’il y a une chance sur deux pour que ça m’énerve et je veux juste passer à autre chose. D’autant plus qu’il ne répond que très vaguement à la question que je lui pose et préfère tout simplement enchaîner. En même temps, ça m’aurait étonné qu’il sache faire preuve d’empathie. Plus le temps passe, plus je me demande s’il n’est pas devenu médecin parce que ça payait bien. Ça ne m’étonnerait pas trop. D’autant plus qu’il exerce dans un établissement scolaire plutôt que dans son propre cabinet, alors son emploi du temps doit probablement être bien plus léger que le serait celui d’un médecin généraliste lambda.

En somme, qu’il le veuille ou non, Kelly-sensei a la belle vie. Il n’a pas besoin de se s’envelopper d’une jolie cape de bienveillance, puisqu’il doit sûrement déjà avoir tout ce qu’il veut. Qui suis-je pour lui jeter la pierre ? Mon père aussi a fait ce choix, et ma sœur le fera sûrement aussi pour les mêmes raisons. L’argent attire.

Il me tire de mes pensées en m’adressant à nouveau la parole. Ne peut-il pas juste se contenter de me soigner en la fermant sérieusement ? J’aurais probablement adoré discuter avec Iroka-sensei mais là, c’est une vraie plaie. Néanmoins, je l’écoute quand il me dit qu’il va s’occuper de mon arcade et je suis sa main du regard quand il l’approche avec son coton imbibé. À peine le froid humide de ce dernier entre-t-il en contact avec ma plaie que je lâche mon plus beau « Awww » bien exagéré. Si la blessure avait été plus profonde et qu’elle avait, effectivement, suscité autant de douleur—l’on aurait pu penser que je jouerais bien la comédie. Hélas, tout comme Kelly-sensei me l’a fait remarquer, ça me pique tout juste. C’est à peine douloureux.

Mais je l’ai déjà dit : Je ne veux pas lui faciliter la tâche. Ce serait bien trop gentil pour quelqu’un qui ne m’a pas laissé prendre un thé dans son bureau. Et le pire, c’est que mon petit numéro marche parce qu’il part au quart de tour et est sérieusement à deux doigts de me traiter de tapette – et franchement l’hôpital se foutrait clairement de la charité. Non parce que je veux bien essayer de me défaire des clichés, mais Kelly-sensei ne fait absolument rien pour s’aider. Il pourrait troquer l’entièreté de son look extravagant pour le remplacer par une vulgaire étiquette collée à son front sur laquelle on aurait écrit « Gay » en lettres capitales… Le résultat serait le même. Non. Je suis même presque sûr que l’étiquette serait bien plus subtile.

Visiblement, je l’ai tellement saoulé qu’il n’a même plus la force de me parler en japonais. L’envie de jouer à l’idiot pour faire semblant de ne pas comprendre est très grande mais—j’avoue que ça m’arrange aussi de repasser en anglais. Ça reste la langue que je parle à la maison et dans laquelle je suis le plus à l’aise.

« Je n’en rajoute pas, vous vous y prenez juste comme un barbare », je soupire et laisse l’agacement prendre possession de mes traits. « Je dois souffrir en silence, c’est ça ? » Il ne manquerait plus qu’il me demande de la fermer. Qu’il essaye juste.

Et sans que je ne m’y attende, il répond plus ou moins à la question que je lui ai posé plus tôt. Tout du moins, il m’expose ses propres interrogations et ça me permet d’y voir un peu plus clair. Je ferme hermétiquement les yeux et réfléchis. Si je joue franc jeu, peut-être comprendra-t-il enfin qu’il fait fausse route sur mon compte. Non parce que, ça commence sérieusement à me gaver et garder mon sang-froid est un peu plus difficile chaque fois qu’il ouvre la bouche.

« Avec tout le respect que je vous dois », soit très peu. « Ça ne vous regarde pas. Mais contrairement à ce que vous pensez, je n’ai pas tant bu que ça », je grimace un peu chaque fois qu’il me touche, mais je ne peux pas me plaindre oralement vu que j’essaye de lui expliquer ma situation en restant aussi vague que possible. « Avec ou sans alcool, l’issue n’aurait pas été différente. J’étais au mauvais endroit au mauvais moment et être sobre n’aurait rien changé. Croyez-moi. »

C’est la stricte vérité. Je n’ai bu que la moitié d’une bouteille de saké bon marché, et c’était une petite bouteille. Donc certes, je n’étais pas dans mon état normal—mais si j’avais été là-bas et que je n’avais pas bu une seule goutte d’alcool, il me serait arrivé la même merde.

Je réfléchis un instant. Le soleil est désormais levé, et mon père doit être réveillé. Cela signifie une chose—et ça m’arrache littéralement la gorge de devoir prononcer ces mots.

« Je—j’ai besoin d’appeler mon père au plus vite. Mais on m’a aussi volé mon téléphone », je soupire doucement. « Est-ce que je pourrais emprunter celui de votre bureau s’il vous plait ? » Je sens qu’il va me dire que ça peut attendre la fin des soins mais, non. Ça ne peut pas.

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(#) Re: [Terminé] Blood in the cut  [Terminé] Blood in the cut EmptyDim 18 Oct 2020 - 9:08


 

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Je hausse les sourcils – Vraiment – et roule des yeux comme sous l’effet d’une surprise dépassant mon imagination quand Riley – Quel petit con – met en cause ma brutalité.

« Oh ! Moi qui croyais avoir sous les yeux toute l’étendue de ta résistance à la douleur, je frémis à la pensée qu’il te reste encore autant de courage… »

Ça fait quinze ans que j’exerce et que je sais exactement à quoi m’en tenir quant à ma délicatesse. Même dans mon état de fatigue et même si l’agacement tourne en rond dans ma poitrine et mes pensées, attendant patiemment de quoi s’emballer, je peux encore laisser glisser ce genre de remarque sans fondement. Et puis autant regarder la réalité en face : je sais déjà ce qu’il me répondrait si je lui demandais effectivement de cesser de faire la chochotte pendant que je soigne ses blessures. Autant m’épargner ce que je peux – Je dis ça mais je suis le premier à renchérir – en matière de réparties acides. Sans compter que, miracle, il semble avoir décidé dans sa grande bonté de faire preuve de ce qui commence à ressembler à de l’honnêteté – En fait je crois que s’il m’énerve autant – et m’en dire un peu plus sur ce qui l’a amené dans son état. Je reste silencieux tandis qu’il m’explique que l’alcool n’a rien à y voir – C’est parce que nous avons plus d’un défaut en commun – ou quasiment et qu’il s’agit davantage d’une histoire de malchance qu’autre chose. Pendant une paire de seconde, je me contente d’observer son visage tuméfié. Puis je m’éloigne avec un soupir pour récupérer un tube de pommade contre les bleus.

« Je te crois. »

Et c’est vrai. Je suis frustré de devoir l’admettre et une partie de moi proteste avec toute la mauvaise foi du monde en martelant qu’il peut bien dire ce qu’il veut, il n’a sans doute rien fait pour arranger les choses le connaissant, mais je n’ai pas d’autre choix que de la faire taire. Parfois – Wrong place – on est effectivement – Wrong time – au mauvais endroit au mauvais moment – Wrong reason – et qu’on soit ou non Riley Van Helden n’y change rien. Qu’on soit ou non Riley Van Helden ne signifie pas qu’on le mérite davantage qu’un autre non plus. Et moi, je dois museler mon orgueil, me rappeler qu’il est un adolescent qui vient de se faire passer à tabac avant d’être une vilaine vipère et que je suis médecin en plus d’être un homme. Bien davantage que lui, je dois – Il m’en coûte – faire preuve de raison et de patience – Mais c’est comme ça – et faire en sorte qu’il cesse de souffrir le plus vite possible. Même si je ne peux pas m’empêcher d’avoir l’impression de me faire arnaquer quand il me demande presque humblement la permission d’utiliser le téléphone pour contacter son père.

Poussant un soupir, je repose le tube de crème et quitte la salle d’examen pour aller chercher le combiné. Composant rapidement le code pour qu’il puisse passer son appel en dehors du réseau interne – Ça fait mal de l'admettre – je ne le lui tends pas tout de suite. Avant ça, je récupère une longue poche de gel – Mais il a demandé poliment – dans le réfrigérateur de l’infirmerie pour l’enrouler dans une serviette propre et la lui donner en même temps que le téléphone.

« Tiens. Garde ça contre tes côtes et appelle-moi quand tu as terminé. »

Puis je quitte à nouveau la salle pour qu’il se fasse passer un savon loin de mes oreilles. Je n’ai pas spécialement envie d’écouter. Je n’ai pas spécialement envie d'éprouver davantage de compassion pour Riley. En fait – Je suis stupide – mon ego en est presque à souhaiter une seconde piqûre de rappel sur la véritable nature de ce garçon alors que je suis de retour dans mon bureau – Je suis vraiment vraiment stupide – pour préparer du thé.
 



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(#) Re: [Terminé] Blood in the cut  [Terminé] Blood in the cut EmptySam 14 Nov 2020 - 23:39

Je ne sais pas pourquoi est-ce que j’ai accepté de me faire soigner par ce type. Je ne sais pas pourquoi est-ce qu’il a insisté pour me venir en aide. C’était un moyen habile d’essayer d’heurter ma sensibilité ? Ah—je suis immunisé, mon vieux. Au final, je ne sais même pas réellement ce qui l’a poussé à me détester de la sorte. J’ai voulu boire à Los Angeles parce que c’était l’occasion – bien que je ne sois pas majeur – et j’ai transgressé les limites qu’il m’avait imposé. Après quoi il a appelé mon père pour me balancer. C’est pour cette raison que je ne peux, personnellement, pas me l’encadrer. Mais quelle est sa raison ? Qu’est-ce que je lui ai fait ? J’ai été un adolescent stupide, admettons. C’est une raison pour m’avoir ainsi dans le collimateur ? Je ne sais pas. Il est toujours arrogant et mauvais avec moi, et même si je le lui rends bien, je ne comprends pas de quel chapeau est-ce que ça sort.

Très bien. Je l’admets. Je suis un merdeux, et il n’a pas tardé avant de le remarquer. La question que je me pose, c’est est-ce qu’il est simplement habitué aux gens comme moi ou est-ce qu’il est comme moi ? Je n’en sais rien. Une part de moi n’en a rien à foutre, une autre aimerait comprendre. Celle qui aime se mettre l’école entière dans la poche et qui est ennuyée dès que quelqu’un me regarde de travers.

Je m’attendais à ce qu’il m’envoie balader – moi et mes excuses – mais ça ne se produit pas. À la place, sans que je ne comprenne vraiment pourquoi, il décide de se comporter comme l’adulte qu’il prétend être et fait un pas vers moi au lieu de m’enfoncer. C’est pas trop tôt, j’ai envie de dire. Je jure que je dois me retenir de sortir quelque-chose d’acerbe ou de cynique. Je me contente de le remercier silencieusement en inclinant la tête alors qu’il continue de s’occuper de mes blessures.

Je suis trop crevé pour prendre du plaisir à l’emmerder. Vraiment. En temps normal, cela aurait été un plaisir mais la fatigue comme à tirer sur ma nuque, sur mon dos et j’ai juste envie de dormir. Mes nerfs sont à vif, je pensais pouvoir tenir mon image plus tôt, mais là—je ne suis plus capable de rien. J’ai besoin de me reposer. Mais avant ça… Je dois appeler mon père. Et Kelly-sensei accepte ma demande sans me faire de remarque. Finalement, ce n’est peut-être pas un aussi gros enfoiré que ce que je m’imaginais, mais je ne me fais pas d’illusions. Il veut juste calmer le jeu, parce que lui aussi a l’air d’avoir passé une sale nuit. Et je pense que tout comme moi, il veut la paix.

« Merci », je lui réponds en attrapant le téléphone et comme le monde ne cesse de me surprendre ce matin—il sort de la pièce pour visiblement éviter d’entendre ma conversation avec mon père.

Tenant la poche de glace contre mes côtes – non sans grimacer, parce que je hais le froid même si ça me soulage un peu – je compose le numéro de mon père et attend. Je pense qu’il est réveillé à cette heure. Au pire, il râlerait mais je n’en ai rien à foutre.

« Allô ? » Il n’a pas la voix du matin. C’est—bizarre.

« C’est—moi », il reconnaîtra ma voix. J’entrouvre les lèvres pour poursuivre, aller à l’essentiel et raccrocher mais il m’interrompt.

« Riley ? Oh bon sang Riley… Je me suis inquiété toute la nuit ! Où es-tu ? Tu es en sécurité ? Tout va bien ? »

Je déteste déjà cette situation. Il fait semblant. Je le sais. Pourquoi s’inquiéterait-il pour moi ? Il passe sa vie à me prendre pour un moins que rien, à me décrédibiliser. J’ai été son fils pendant quoi—trois, quatre ans ? Quand Futaba était encore là. Le jour où elle est partie, il a cessé d’avoir une famille. Il est redevenu le con qu’il avait toujours été avec ma mère. C’est triste de se dire à quel point un homme peut tant dépendre des autres jusqu’à ne plus être qu’un bête reflet de ce qu’ils offrent. Futaba était si lumineuse…

Je réprime l’envie de souffler du nez à cette réalisation, parce que je me rends compte que c’est sûrement ce que je suis aussi. Un miroir. Mais au moins, je ne suis pas une merde comme lui.

« Tout va très bien. J’ai perdu mon sac avec mon téléphone, mes clés et mon portefeuille dedans. Il faut que tu fasses opposition à ta carte bleue. C’est tout ce que j’avais à te dire. Bonne j— »

« Pourquoi tu t’évertues à me mentir ? Bianca m’a raconté ce qu’il s’est passé. Et je n’aurais pas pu louper ce que tu as cassé, de toute façon », je ne lui réponds rien et j’hésite sérieusement à raccrocher. « Tu as encore bu ? »

Il me pose cette question dès que j’ai le moindre problème depuis que Kelly-sensei a ouvert sa gueule. Évidemment qu’il allait me la poser maintenant.

« Non », je soupire. « Je te dis que tout va bien. »

« Riley écoute… Je m’en fiche, je veux juste que tu me dises la vérité. Ça ne me plait pas, mais je m’en fiche. Rentre à la maison, s’il te plait. Je te promets qu’il—ne se passera rien. Je ne veux pas que tu me caches ce qui ne va pas. »

Je ne sais pas quoi dire. Je suis complètement paumé et j’ai du mal à intégrer ce qu’il vient de me dire. Je n’arrive pas à en croire un seul de ses mots. Je sais qu’il me dit ça pour que je rentre et qu’il puisse me passer le savon de sa carrière.

« Je vais raccrocher. »

« Dis-moi où tu es et d’où tu appelles. Et ne me mens pas, je vais vérifier le numéro de téléphone. Et promets-moi de rentrer à la maison. »

Bien-sûr qu’il va vérifier. Je le sais. La première chose qu’il va faire sera d’appeler l’école pour demander si le numéro avec lequel j’ai appelé est bien celui de l’endroit où j’ai prétendu être. Donc je soupire, assez fort pour qu’il sente mon agacement et qu’il arrête de jouer les hypocrites. Il fait sûrement ça parce qu’il s’imagine que je suis entouré et qu’on l’entend.

« Je suis à l’infirmerie de mon école. Je vais bien. Et je rentrerai quand ça me chantera. »

Je suis très sérieux. Je ne veux pas remettre les pieds chez moi avant un bon moment, parce qu’il verra mes marques et je ne suis pas prêt à le confronter à ce sujet.

« Riley, je— », il abandonne. Je le sens dans sa voix. J’ai l’habitude de gagner face à lui, mais cette fois-là est plus satisfaisante que les autres. Jusqu’à ce que ça ne me tombe sur le coin de la gueule. « Fais attention à toi. Je t’aime. »

Et que seul le silence ne reste au bout du fil. Je n’y crois pas une seule seconde. Pourtant, mes nerfs lâchent. J’ai tenu jusqu’ici, j’ai donné tout ce que j’avais pour tenir mais là je ne suis plus capable de rien. Alors je ne m’attends pas à chialer comme un imbécile alors que je suis en territoire hostile. Je n’ai pas honte de pleurer, mais l’idée d’être aussi vulnérable face à Kelly-sensei me donne la nausée. J’essuie mes yeux du mieux que je le peux, prends une grande inspiration et espère que ça suffise. Mais ça ne suffira pas. J’ai les yeux bouffis, le nez pris et je suis—encore plus pitoyable.

Quand j’arrive à reprendre une respiration normale, je me lève, même si c’est douloureux pour retourner vers là où il est allé.

« Tenez », je lui tends le combiné. « Merci », je soupire. « Est-ce qu'on—a fini ? » Non. Bien-sûr que non. Il n'a même pas tout examiné et—

Je me sens piégé. Je ne sais pas s’il a terminé de m’administrer ses soins, mais il se tient entre la sortie et moi. Je voudrais m’enfuir en courant, mais je ne peux pas. Alors je reste planté là, comme un imbécile.

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(#) Re: [Terminé] Blood in the cut  [Terminé] Blood in the cut EmptyVen 27 Nov 2020 - 15:33


 

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L’Assam est tout juste fini d’infuser et je le retire de la théière quand Riley franchit la porte de mon bureau avec le téléphone et – Oh Jeez – les yeux rouges et bouffis. J’en reste muet une seconde. Je m’étais attendu à beaucoup de choses mais là j’admets que je suis – A quel point suis-je un monstre moi-même – totalement pris de court. Je récupère le combiné – Pour m’imaginer Riley incapable de pleurer ? – en essayant de rester aussi neutre que possible et le repose sur son socle. Les choses commencent à déraper beaucoup trop loin de leur ordre naturel pour ma résilience.

« Je t’en prie. Et non, pas tout à fait. Même si je ne pense pas que tes côtes soient fêlées, auquel cas nous le saurions déjà tous les deux… Tu veux du thé ? »

En dépit de ce que j’affirmais tout à l’heure, oui. Il paraît que je dois me montrer responsable – Il va peut-être refuser ? – et ravaler les protestations de mon ego pour ménager ce garçon. La proposition n’a pas l’air de l’enchanter – Ce serait bien qu’il refuse – mais il finit par accepter de mauvaise grâce. Ma foi, je vais de surprise en surprise. Riley ne me faisait pas l’effet de quelqu’un qui accepte facilement la pitié ou la compassion. Je pensais qu’il m’enverrait sur les roses – Ça ne m’aurait pas dérangé – mais il faut croire que rien ne doit se dérouler comme prévu en ce moment. Après lui avoir signifié de retourner en salle d’examen, je remplis un mug bleu qui patientait dans un placard – Hors de question que je lui confie ma vaisselle – et le rejoins. Le temps que je termine, le thé pourra refroidir un peu. Posant le récipient sur un meuble, je l’échange contre le tube de pommade et m’occupe enfin des bleus conséquents sur son visage. Il y en a certainement d’autre mais je ne vais pas lui demander de se déshabiller maintenant. Il peut bouger sans trop souffrir, il n’y a donc sans doute ni foulure ni fracture et il y a des limites à ma bonté quand j’écope encore les restes d’une telle gueule de bois. Pendant un moment, seul le silence s’étire entre nous, comme un élastique ou une corde s’approchant lentement de son point de rupture. Et puis, sans trop savoir pourquoi ni comment, je finis par parler :

« Il a crié si fort que ça ? »

C’est rhétorique. Je n’ai pas entendu leur conversation et je doute que Riley veuille m’en donner les miettes. Je m’interroge malgré tout. J’ai quantité d’opinions à son sujet mais je ne pourrais pas le qualifier de faible de caractère sans mentir éhontément. Et c’est parce qu’il se montre plus vulnérable que jamais en cet instant que la curiosité me met mal à l’aise. J’essaie vaguement de me souvenir de ma  brève conversation avec son père durant le voyage à Los Angeles, lorsque je l’ai appelé pour l’informer des frasques de son fils. Est-ce qu’il lui a réellement passé un savon ce matin ? Pour un téléphone et un porte-monnaie ? Non, à moins d’être un salaud, ce qui est une possibilité sur laquelle je ne m’avancerai aucunement. Il y a beaucoup trop de choses que j’ignore pour pouvoir me le permettre. Mais, même si je peux me tromper, mon intuition me souffle que la raison pour laquelle Riley s’est mis un handicap en buvant avant d’aller se faire tabasser – Ne te laisse pas avoir – cette raison qui ne me regarde pas y est pour bien plus qu’il ne le laisse entendre dans ses larmes impromptues. J’aimerais pouvoir cesser de m’en préoccuper – Rappelle-toi quel poison il peut être – mais il faut croire que je ne suis pas le seul à être plus vulnérable que d’habitude…
 



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(#) Re: [Terminé] Blood in the cut  [Terminé] Blood in the cut EmptyVen 27 Nov 2020 - 22:29

Que je le veuille ou non, pleurer m’a fait un bien pas possible. Ma cage thoracique est encore un peu serrée parce que je lutte toujours contre les sanglots et que j’essaye de garder une part de dignité face à Kelly-sensei, mais je ne sais pas… J’ai l’impression que le fait d’avoir ouvert un peu les vannes m’a fait du bien. D’autant plus qu’aussi surprenant cela puisse paraître, le médecin ne cherche pas à m’enfoncer plus bas que Terre.

Il en vient à—me proposer du thé. Je hausse les sourcils, complètement consterné par sa suggestion. Si son expression ne trahissait pas sa compassion, ses mots s’en chargent très bien et je ne sais pas exactement où me positionner dans l’immédiat. En réalité, je ne sais même pas comment réagir. J’arque un sourcil, lui lance un regard complètement désabusé—en train d’essayer de le jauger. Est-ce qu’il va encore me faire une feinte ? Me proposer si gentiment du thé pour m’envoyer balader deux secondes plus tard en me reprenant sur le fait que je ne sois pas bien éduqué ?

En repensant à cela, je sens une pointe d’amertume remonter mais j’essaye de ne me contrôler. J’aimerais lui dire d’aller se faire foutre, lui répliquer quelque-chose de cinglant au sujet de sa pitié mal placée ou du fait qu’il agit comme le ferait une girouette mais je me retiens. J’ai beau ne pas le porter dans mon cœur, je suis en face du médecin scolaire et même si c’est un peu foutu avec lui—je veux conserver la bonne image que j’ai dans cet établissement. Ce n’est pas le moment de déborder, ni l’endroit.

Alors j’accepte. Mon visage est passé par toutes les émotions possibles une fois que je l’ai fait, mais j’accepte. Mais avant cela et comme Kelly-sensei l’a précisé, je dois repasser par la salle d’examen. Au moins, nous en aurons bientôt terminé et je pourrais aller dormir. Parce que bon sang, j’ai sommeil. J’ai besoin de m’allonger dans mon lit et de me laisser emporter pour ne plus penser à rien.

Et c’est pendant qu’il est en train d’achever de s’occuper de mes bleus qu’il brise le silence et me laisse hébété pendant un instant. Ses mots m’arrache un souffle du nez nerveux—et je regrette immédiatement d’avoir ri, ce sont mes côtes qui me rappellent que je ne devrais pas le faire. Sérieusement—qu’est-ce que ça peut lui faire ? Pourquoi est-ce qu’il me pose cette question ? Je garde mon sang-froid, reste neutre dans ma surprise et réfléchit. Je pourrais l’ignorer. Me contenter de lui répondre oui, le laisser avec un mensonge comme j’ai l’habitude de le faire. Quelque-chose m’empêche de le faire. Je ne sais pas exactement ce que c’est, je suis tout simplement incapable de mettre le doigt dessus mais c’est là. Mon regard ne fuit pas cette fois-ci, je le regarde sans avoir particulièrement honte—mais il ne peut pas me rendre mon œillade, puisqu’il a l’air concentré sur sa tâche. Et c’est peut-être pour ça que j’ose le scruter, d’ailleurs.

« Non », je lui réponds, un air exaspéré sur le visage. « Et c’est bien ça, le problème. Il ne m’a pas gueulé dessus comme il aime tant le faire habituellement. Il était inquiet. Probablement encore plus parce que je suis ici, et pas à l’hôpital, d’ailleurs. Il ne vous apprécie pas spécialement. Surtout à cause de—votre apparence. »

Je détourne habilement l’attention—même si ce que je dis est entièrement vrai du début à la fin. Mon père m’a déjà fait comprendre par le passé qu’il ne voulait pas que je me retrouve de nouveau entre les mains du médecin scolaire – de peur que j’attrape l’homosexualité, je ne sais pas, un truc comme ça – parce qu’il ressemblait à, je cite, « un cliché de Drag Queen recruté au Trafalgar Square ». Et il m’a presque supplié de ne pas commencer à mettre du fard à paupière comme lui—m’intimant de me cantonner à l’eye-liner comme je le fais tous les jours. J’ai remercié le ciel qu’il n’ait jamais croisé la route de mes réseaux sociaux où je me maquille comme un camion volé. Mais un camion volé qui a la classe.

« Je ne suis pas aussi con que lui à ce sujet », parce qu’il peut me traiter de tout ce qu’il veut—mais j’ai des principes et je suis le premier à jouer le jeu de l’extravagance. « Vraiment. Le reste... C'est pas la question. »

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(#) Re: [Terminé] Blood in the cut  [Terminé] Blood in the cut EmptyMar 8 Déc 2020 - 8:25


 

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Une fois encore, j’ai cru qu’il ne me répondrait pas. Je ne sais pas si c’est la fatigue ou un reste d’audace éthylique mais j’ai l’impression de tellement tirer sur la corde ce matin que je suis sincèrement étonné qu’il ne m’ait pas envoyé paître pour de bon. En fait, je me demanderais presque depuis quand j’en ai quelque chose à faire mais – J’espère que je ne vais quand même pas finir par l’apprécier – pour une fois, je réduis ce cynisme au silence. Si je laissais mon jugement personnel obscurcir ma vue au point de devenir aveugle aux problèmes d’un élève, quel qu’il soit, ce serait une faute professionnelle et il est hors de question – Ça m’étonnerait grandement mais tout de même – qu’une chose aussi honteuse vienne entacher ma carrière. En toute sincérité, j’aurais beaucoup de mal à me le pardonner. Mais nous n’en sommes clairement pas encore là et de toute façon, Riley accepte de me répondre – Ouh, j’éviterais de rire à ta place mon garçon – avec un soupçon d’irritation que je ne peux pas voir de mes yeux mais que j’entends très bien en revanche. Et j’apprends beaucoup de choses.

À l’évidence, Riley ne s’entend pas avec son père. Pour en arriver au point où l’inquiétude de ce dernier, sincère ou non, l’exaspère à ce point, c’est que les racines de leur discord sont profondes et anciennes. J’ignore si je dois m’en désoler. Je dois admettre ne pas avoir eu une impression très chaleureuse du père Van Helden et, aussi insupportable soit sa progéniture, mes inclinations naturelles me poussent à me ranger du côté du plus ouvert des deux. Un bref rire roule dans ma gorge derrière mon sourire – Oh non, voici venir le rejeton de Sodome ! Allons Monsieur, vous me faites trop d’honneur – alors que j’entends où je me situe dans l’estime du bonhomme. Au moins, c’est une bonne chose de savoir que père et fils divergent sur ce point.

« Je t’en remercie. Mais je ne peux pas entièrement blâmer ton père, je suis loin d’être au sommet de ma gloire aujourd’hui… Est-ce que la douleur est plus vive quand tu inspires ou est-ce que ça reste constant ? »

Histoire que je sois rassuré pour de bon au sujet de ses côtes même si la probabilité d’une fêlure ou fracture me semble vraiment minime. Sa réponse me conforte dans cette idée et je hoche la tête avec satisfaction. Un peu de glace, de la pommade, du repos et du temps, voilà tout ce dont il a besoin à présent. Je lui prescrirai tout ça rapidement en faisant un crochet par mon bureau avant qu’il s’en aille. Avec un soupir – Dieu, que je suis fatigué – je récupère le mug de thé qui a pu refroidir tranquillement et le lui tends.

« D’ordinaire, c’est plutôt rassurant de voir qu’un père s’inquiéter pour son fils lorsque ce dernier ne rentre pas de la nuit et appelle le lendemain depuis l’infirmerie de son école… Les choses auraient été plus simples à gérer pour toi s’il t’avait crié dessus ? »

Je ne sais toujours pas ce que je cherche à faire. Et je ne sais toujours pas quand il va se décider à m’envoyer paître pour de bon.
 



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(#) Re: [Terminé] Blood in the cut  [Terminé] Blood in the cut EmptyMar 8 Déc 2020 - 19:55

Qu’il ne s’imagine pas que je l’apprécie. Je déteste accepter la peine et la pitié d’autrui—mais il y a quelque-chose de bien plus important à mes yeux que mon intégrité ou ma fierté, c’est mon image. Kelly-sensei est le médecin scolaire, et au vu de mes récentes déboires—il pourrait littéralement foutre ma vie en l’air en balançant toute la vérité à mon père. Alors si j’arrive à l’avoir dans ma poche, à lui montrer que mon géniteur ne veut pas mon bien et essaye simplement de faire bonne figure… Je pourrais peut-être m’éviter un bon lot de problèmes.

Ça ne se fera pas en un jour, je ne veux pas qu’il use de bienveillance à mon encontre—je veux qu’il se rende à l’évidence et comprenne qu’impliquer mon père dans l’histoire n’arrangera rien. Je me fiche de sembler ingrat—et peut-être bien que je le suis, je n’en ai sérieusement rien à foutre. Bianca et moi ne manquons de rien d’un point de vue matériel, ça je ne peux le nier. Mais le reste—est inexistant. Andrew est juste le type qui paye nos fournitures, nos vêtements, notre nourriture. Il a de l’argent, et payer et la seule chose qu’il sait faire.

Futaba me manque. Je devrais avoir tourné la page après toutes ces années, mais j’en suis incapable. Et le simple fait de penser à elle dans un moment pareil me déchire. J’écoute d’une oreille distraite la réponse du médecin, perdu dans mes pensées.

J’inspire profondément quand j’entends le mot clé et grimace, avant de doucement secouer la tête.

« Quand j’inspire ou que je force sur mes côtes. Sinon, ça va. »

J’imagine que je n’ai rien de cassé. Sinon ça me ferait tout le temps mal, non ? Je ne sais pas vraiment. J’attends son verdict—il semblerait qu’on ait bientôt terminé. Il hoche donc la tête pour me montrer que ça a l’air bon, et je ne dis rien. Je repense au fait qu’il m’ait remercié de—ne pas l’avoir jugé sur son apparence ? Je ne sais pas. Je ne serai pas spécialement bien placé pour le faire même si je n’arrive pas à la cheville de son excentricité. Bon, je pourrais passer des heures à critiquer tout ce qui me chiffonne dans ses tenues, au sujet de son maquillage ou sur la façon dont il coiffe ses cheveux parce que je suis un expert dans le dénichage de choses à redire. Mais ça n’enlève rien aux similitudes qui existent entre lui et moi. Aussi répugnantes m’apparaissent-elles.

Bref. Il me tend ma tasse de thé, et je le remercie à voix basse alors que je suis toujours assis sur sa table d’examen. Et pendant que j’en descends, je l’entends me poser une question qui ne me plait pas du tout. Je ne sais pas pourquoi est-ce qu’il s’évertue à essayer de comprendre ce qui ne tourne pas rond dans ma vie. C’est bon, je lui en ai suffisamment dit pour satisfaire sa curiosité, alors pourquoi est-ce qu’il continue à me poser des questions ? C’est limite intrusif. La colère vint teindre mes traits et—je descends un peu plus vite de la table que je ne le voudrais. Si je parviens à sauver le thé sans encombre, le monde se met violemment à tourner autour de moi et je n’ai même pas l’occasion de réfléchir à ce que j’aurais aimé lui répondre. Je titube un peu, me rattrape comme je peux pour ne pas tomber mais…

J’ai tout juste le temps de poser la tasse sur la surface la plus proche et une main sur ma bouche que je le sens. J’ai envie de crever seulement en sachant ce qu’il va se passer mais je ne peux absolument rien faire pour l’arrêter. Je ne tiens pas l’alcool—ça ne date pas d’aujourd’hui, et même si j’ai eu le temps de purger et que je sais que je suis complètement sobre en ce moment… Mon corps n’a visiblement pas assimilé ce que j’ai bu la veille et le monde autour de moi a disparu quand je rends absolument tout le contenu de mon estomac quelque-part devant moi. Sur le sol. Ou sur Kelly-sensei. Je ne sais pas, je suis trop occupé à survivre aux reflux atrocement acides qui me brûlent la gorge.

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(#) Re: [Terminé] Blood in the cut  [Terminé] Blood in the cut EmptyMer 9 Déc 2020 - 11:42


 

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« Bien. Tes côtes sont sans doute intactes. Il faudra juste faire attention et ne pas forcer jusqu’à ce que la douleur se résorbe et que les ecchymoses changent de couleur. N’hésite pas à prendre des douches chaudes ou à utiliser une bouillotte pour détendre tes muscles. Je vais te prescrire de la crème… »

Et ma besogne est désormais terminée, car je ne peux rien faire de plus que le temps et le repos ne feront pas bien mieux que moi. Ce qui signifie que je vais pouvoir – Rentrer me coucher – faire le travail que j’étais venu faire initialement ici, c’est-à-dire préparer la rentrée. Non pas que j’ai grand-chose à préparer du reste, mais comme quoi j’ai bien fait de venir jusqu’ici. Qui sait combien de temps Riley aurait comaté devant la porte avant que quelqu’un ne le ramasse ? Je crois que je – Il est un peu pâle, non ? – n’en apprendrai pas plus aujourd’hui tandis que je le regarde siroter lentement son thé. Malgré la fatigue qui pèse sur ses traits, je vois bien – Sous ses bleus et les débris de son maquillage, je veux dire – que j’ai mordu la ligne et que sa patience part en fumée en ce moment même. Tant mieux, je ne vois même pas pourquoi je m’acharnais alors que ce n’est ni le lieu, ni le moment, ni la personne pour ce faire. Cependant, je ne tarde pas à regretter mon insistance quand je vois soudain Riley descendre d’un bon de la table d’examen, perdre deux teintes de blanc ce qui constitue un beau tour de force, et vaciller en se plaquant une main sur la bouche. Fronçant les sourcils – Oh – je commets l’erreur de m’approcher, inquiet :

« Riley ? Tu ne te sens p- FOR FUCK’S SAKE !!!* »
*Par la grâce du Seigneur

J’aurais du le voir venir. Sérieusement, je suis médecin et j’étais moi-même bourré comme un polonais deux jours plus tôt. J’aurais du savoir ce qui allait se passer. Ça m’aurait évité – MAIS QUELLE HORREUR – de me retrouver repeint à la gerbe de la blouse aux chaussures – MAIS PRENDS UN JUS DE POMMES AVANT D’ALLER TE FAIRE TABASSER LA PROCHAINE FOIS BON DIEU – par les bons soins de Riley. L’espace d’un instant, je vois la seconde où je perds mon calme, engueule le malotru comme du poisson pourri avant de le jeter dehors et de tenter de ravoir mes fringues. Je la regarde dans les yeux, puis lui adresse un signe de la tête empli de regrets et me détourne d’elle. Prenant une grande inspiration – Non, mauvaise idée, je vais en remettre une couche par là-dessus si je fais ça – je ravale ma colère et enjambe avec soin la flaque nauséabonde dans laquelle je patauge pour venir auprès de Riley et lui poser une main sur le dos.

« Ça va aller. Viens par ici, je vais te chercher un verre d’eau. »

Le soutenant d’une main, je l’emmène en dehors de la salle d’examen histoire que nous puissions tous les deux respirer un peu d’air frais, puis je le laisse s’asseoir sur la première chaise venue. Rejoignant à grands pas le lavabo, je commence par rincer ma blouse, mon pantalon et mes chaussures du mieux que je peux avec l’éponge qui traîne mais – Tant pis pour la discipline – pas besoin d’être un génie pour savoir que la seule chose qui me reste à faire est de me changer, donc de rentrer chez moi. Je finis par revenir en soupirant auprès de Riley avec un verre d’eau pour qu’il puisse se rincer la bouche.

« Est-ce que tu te sens capable de retourner jusqu’à ta chambre ? Il est clair que quelques heures de sommeil seront le remède le plus efficace à ta disposition… »

Je ne devrais clairement pas réclamer de lauriers pour ça, mais je ne suis tout de même pas peu fier d’avoir su garder mon calme.
 



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(#) Re: [Terminé] Blood in the cut  [Terminé] Blood in the cut EmptyDim 13 Déc 2020 - 1:04

Oh Seigneur Tout-Puissant.

Dans l’immédiat, je suis presque sûr que la combustion spontanée serait moins douloureuse que l’expérience que je suis en train de vivre. J’ai toujours été un grand maître du contrôle de soi. Mes émotions m’appartiennent et je joue avec : C’est ce que je suis, ce que j’ai toujours été et ce que j’ai l’intention de devenir.

Mais il y a une chose que je ne sais pas gérer. Une seule chose. La honte.

Je fais absolument tout pour ne pas avoir à m’y confronter. Mon image est parfaite, mes réactions sont contrôlées, tout ce que j’entreprends l’est en fait. C’est parce que je suis justement habitué à cette perfection, à ce tout qui est parfaitement lisse que je ne bois jamais quand je vais en soirée. Je ne sais pas ce qu’il m’arrive ces derniers temps mais—je fais n’importe quoi.

Comme aujourd’hui, par exemple. Je suis couvert de honte et je n’ai pas la moindre idée de comment est-ce que je vais me sortir de cette situation. Je voudrais juste disparaître. Et en fait, je pense que je me sentirais encore mieux si Kelly-sensei s’énervait contre moi. Le problème c’est qu’il ne le fait pas. Il pose une main sur mon dos, et je suis encore trop dans les vapes pour me dégager. Il est—compréhensif, gentil. Je le déteste. Qu’il aille se faire foutre.

C’est quoi le problème des gens aujourd’hui ? Pourquoi mon père ne me hurle pas dessus ? Pourquoi Kelly-sensei non plus ? Qu’est-ce qu’il se passe ? Je ne comprends rien. Je ne comprends plus rien. J’aimerais juste que les choses se passent normalement pour une fois. Je sais que c’est un souhait que je fais dans le vent, parce que j’ai bu hier soir et que je me suis foutu dans la merde tout seul à cause de ça. Je n’ai eu besoin de personne pour chambouler les lois de l’univers qui disent que mon père est un enfoiré et que Kelly-sensei lui fait de la concurrence. Évidemment. Je leur fais pitié.

Évidemment.

Je retiens mes larmes. De justesse, cette fois-ci. Avec un peu de chance, il mettra le fait que mes yeux brillent sur le compte de mes nausées et du fait que je me sente comme une merde. Ça doit être très certainement se voir à des kilomètres.

Je le suis sans réfléchir quand il m’invite à prendre un verre d’eau pour me rincer la bouche. Lui s’occupe de limiter la casse sur ses vêtements et—merde, la honte me serre la poitrine si fort que je jure que je vais étouffer. Ma respiration se fait courte mais il faut que je respire et que je me dépêche de me sentir mieux pour me casser d’ici. Alors j’accepte son verre d’eau, me rince la bouche dans le lavabo à plusieurs reprise et finit par boire un peu d’eau parce que j’ai la gorge qui me tire tellement elle est sèche.

Dormir. Oh—dormir. J’aimerais pouvoir dormir. Hélas, je sais que ça ne va pas être possible. Pas maintenant en tout cas. Je ne lui réponds pas tout de suite, je cherche un seau et une serpillère des yeux et quand je finis par tomber dessus dans un coin de la salle je me dirige vers ces derniers.

« Désolé », c’est tout ce que j’arrive à répondre à ce qu’il m’a dit alors que je me dirige vers le lavabo avec le seau pour le remplir d’eau.

Même si je suis dans un état lamentable, le fait de vomir m’a libéré d’un poids et je pense que je peux au moins faire ça avant d’aller m’enterrer dans ma chambre pour les trois prochains jours. Si le Japon m’a bien appris quelque-chose, c’est à ne rien laisser derrière et j’ai déjà suffisamment honte pour me dire que Kelly-sensei s’est occupé de nettoyer ma gerbe ou qu’il a demandé au concierge de le faire, ou que sais-je.

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(#) Re: [Terminé] Blood in the cut  [Terminé] Blood in the cut EmptyLun 21 Déc 2020 - 15:21


 

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Mon dieu, le pauvre. Malgré tout ce qu’il m’inspire et les nombreux rappels que je me fais à moi-même pour ne pas oublier à qui j’ai affaire, cette fois ce n’est juste pas possible. Je ne peux tout simplement pas – N'en jetez plus, vous voyez bien qu'il souffre ! – ne pas avoir pitié de ce garçon qui enchaîne les tuiles. Même si, avec un peu de chance, ça le découragera de boire au-delà de ses limites à nouveau, la leçon comment à être un peu trop chère payée. Aussi, quand je le vois se diriger vers un coin de la pièce – Est-ce qu’il vient de s’excuser ? – après s’être rincé la bouche pour récupérer le balai et le seau – Mais enfin, tu t’appelles Cendrillon maintenant ? – je l’intercepte avant qu’il atteigne le lavabo.

« Ce n’est pas grave. Riley, ce n’est pas nécessaire. Tu peux partir et aller te reposer, je t’assure. Ne t’occupe pas de ça pour cette fois. »

Je sais qu’au Japon, les élèves sont responsables des locaux et les nettoient eux-même. Sur le principe, je n’ai rien contre. Au contraire, c’est un très bon moyen de leur apprendre le respect, les responsabilités et la vie en communauté. Mais pour le meilleur comme le pire, je ne suis pas japonais. Et j’invoquerai mon statut de gaijin avec le sourire s’il le faut – Ah, désolé, je ne savais pas. On ne fait pas comme ça là d’où je viens – mais il est hors de question que je laisse ce garçon à bout de forces récurer ses sucs gastriques au lieu d’aller prendre le repos dont il a urgemment besoin. C’est ce que je lui dis du regard avec, je l’avoue, un peu de bienveillance dans le sourire. Je n’ai pas pu m’en empêcher mais je promets qu’on ne m’y reprendra plus.
 



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(#) Re: [Terminé] Blood in the cut  [Terminé] Blood in the cut EmptyMer 30 Déc 2020 - 19:45

Il ne faut vraiment pas me le dire deux fois. Genre vraiment, vraiment pas. Aussitôt se poste-t-il entre le lavabo et moi que j’arque un sourcil, interloqué. Je suis obligé de lever la tête parce qu’il me met dix bons centimètres et ça aussi, ça m’énerve. Avant ma taille n’était pas un problème. J’étais dans la moyenne japonaise. Et là, je décide de découvrir une école internationale remplie aux trois quarts de gaijins et voilà que tout le monde me met trois têtes. Je le déteste. Je le déteste. J’aimerais qu’il n’existe pas. Je serre doucement les poings. Bon sang, ce que j’ai envie de le bousculer pour juste finir de nettoyer et qu’on n’en parle plus.

Mais Kelly-sensei est un trois tonnes. Si j’essaye de le bousculer, c’est moi qui vais me casser le bras et il ne va pas bouger de sa place. Je reste un instant à le regarder dans les yeux sans rien dire et je peux assurer que ces secondes sont dépensées à m’imaginer en train de le frapper. À lui demander d’arrêter d’être un gros hypocrite qui essaye de me faire croire qu’il est gentil—je suis pas stupide, je ne mordrais pas à l’hameçon. Vous êtes un enfoiré, vous l’avez déjà prouvé par le passé et vous êtes bientôt à la retraite—bien trop vieux pour changer votre plus profonde nature. C’est quoi la suite ? Vous allez revenir pour demander un truc ?

C’est moi qui fais ça. C’est moi qui gagne la confiance des gens et m’en sers a posteriori. Alors arrêtez de faire comme si vous étiez sympathique alors qu’on est exactement de la même espèce. Sauf que moi je l’assume et que j’ai un Q.I. suffisamment haut pour reconnaître les gens comme vous et ne pas essayer de les prendre pour des cons. Et ce n’est qu’au bout de ces quelques secondes d’égarement que je me reprends et accepte de poser le seau. Avec un peu de chance, il mettra ça sur le compte de la fatigue.

« D’accord, je— », j’essaye volontairement de me faire passer pour plus déstabilisé que je ne le suis réellement. La situation m’a tant énervé que je suis parfaitement éveillé et j’ai le sentiment que je ne réussirai pas à dormir en retrouvant ma chambre. Quel calvaire. « D’accord. Merci. »

Et je vous jure que je presse le pas pour me casser de là dès que j’en ai l’autorisation, qu’on m’enlève ce sourire de con de la vue. Plus je m’éloigne, plus je le déteste. Je sais que je vais finir par me calmer et qu’après ce qu’il s’est passé ce matin, je vais même finir par faire comme s’il n’existait pas et comme si nous ne nous connaissions pas. Je me connais. Mais dans l’immédiat, je suis hors de moi. Et ça ne change pas lorsque je retrouve enfin mes draps. Il me faut un bon moment avant de réussir à finalement m’endormir et passer à autre chose. Et je dors—oh, je dors jusqu’au soir, je mange un bout et je redors après. J’avais vraiment besoin de sommeil.

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(#) Re: [Terminé] Blood in the cut  [Terminé] Blood in the cut EmptySam 23 Jan 2021 - 18:08


 

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Combien de temps faut-il pour sonder une âme ? La question est épineuse. À mon sens, on pourrait y passer sa vie sans même arriver à faire le tour de la sienne alors celle des autres… Pourtant malgré cette évidence, il y a tant de choses qui passent dans le regard de Riley en cet instant que je me pose sincèrement la question. Mon sourire s’étiole légèrement alors que je le contemple en retour durant ce laps de temps si infime et si lourd à la fois. Tellement de choses habitent les yeux de ce garçon qui ne m’aime pas, que je n’aime pas non plus. Tellement d’émotions dures, âpres et acérées dont je ne peux que deviner la forme sans jamais la saisir. Un chaos que je devine le temps d’un battement de cœur, puis s’enfuit avant que j’ai pu y poser un nom. Je ne suis ni vexé, ni troublé, ni agacé par l’hostilité qui palpite furieusement dans son attitude, juste parce que je me suis montré gentil. Tout est trop bref pour que je puisse ressentir précisément quelque chose. Mais durant cet instant fugitif, il suffit d’un regard pour que je me demande réellement à quel point j’ai tort et à quel point j’ai raison au sujet de Riley. Combien de temps faut-il pour songer une âme ? Parfois, juste parfois, deux secondes peuvent suffire.

« Je t’en prie. »

La porte de l’infirmerie claque derrière lui et je pousse un soupir. Je suis – Quelle journée de merde – épuisé. J’ai l’impression de ne jamais l’avoir autant été. Et quand je songe à la belle flaque de vomi qui patiente dans la salle d’examen – Je n’aurais jamais du me lever de mon lit – je suis encore plus vide de forces qu’avant. J’en ai juste assez. Je veux me recoucher et oublier tout ce qui vient de se passer, tout ce qui a eu lieu il y a deux jours aussi dans la foulée. Me massant l’arrête du nez, je prends une grande inspiration et m’empare du seau et du balai. Et je jure devant tous les dieux du ciel que c’est la dernière chose que je fais avant de me casser d’ici.
 



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