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 [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao]

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Ashton Kelly
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(#) [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao]  [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao] EmptyJeu 10 Sep 2020 - 19:25


 

Friday Night Fever
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[TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao] Xvbf
Pour qui aime la musique, le Royaume-Uni est une terre bénie des dieux. En ce qui me concerne, si j’ai bien eu une chance dans la vie, c’est de naître – Avant cet imbécile de tête brûlée de Karson – dans ce pays dans le courant des années 70. L’idéal aurait été le début de cette décennie, voire la fin des années 60 – Oui je suis en train de me plaindre d’être trop jeune – mais j’ai heureusement eu un ou deux amis au collège et au lycée qui m’ont fait découvrir les merveilles du rock, du punk, de la new wave of british heavy metal et de Queen. God save Queen. Iron Maiden, Black Sabbath et Judas Priest aussi, bien sûr. Et Motörhead. Et The Clash. Et The Who. Et The Doors. Et Depeche Mode. Bref. N’importe qui comprendra que j’aime la musique et que ma façon de le faire s’accorde à mon style : extravagante. Je chante et je danse comme si rien d’autre que moi n’existait, pas même un public atterré ce qui est souvent le cas. Si je suis le héros de ma nièce – Ash, je te paie le resto et le bowling si ça te fait plaisir – et le cauchemar de mon frère – Mais pour la paix de mon foyer, arrête de la suivre quand elle chante la Reine des Neiges – c’est pour une bonne raison. Aussi, il n’est pas difficile de deviner que je suis particulièrement impatient de découvrir le karaoké japonais ce soir, sans compter que cette découverte ne se fait pas dans des circonstances ordinaires.

Si je devais décrire ma relation avec Hisao, je dirais qu’elle n’a absolument aucun sens. Nous sommes passés par tellement de stades différents en si peu de temps qu’on n’y croirait pas si ça se passait dans un film et jusqu’à ce matin encore, nous nous évitions comme la peste parce que suite à une soirée trop arrosée – Si jamais y a du Queen – une nuit torride - Je sais pas si j’arriverai à rester naturel – et un énorme malentendu survenu durant la gueule de bois, nous ne pouvions plus nous sentir. Difficile donc de penser que nous nous sommes réconciliés il y a à peine quelques heures et que nous allons au karaoké pour fêter ça. Est-ce que je m’en plaindrais ? Certainement pas. Au contraire, mon moral aujourd’hui était à peu près l’équivalent d’un Mirage 2000 : 18 000 mètres d’altitude et un blindage à toute épreuve. Après, ça ne m’empêche pas d’être un peu stressé non plus. Avec la chance qu’on a dès qu’on est ensemble, je préfère rester sur mes garde. Cela dit, je ne vois pas comment les choses pourraient mal tourner dans un endroit conçu pour chanter à pleins poumons jusqu’aux petites lueurs du jour.

Le soleil décline lentement mais sûrement alors que je guette l’arrivée à destination par la fenêtre du taxi. J’étais un peu anxieux à l’idée d’être en retard – Peut-être que je n’avais pas besoin d’hésiter pendant littéralement un quart d’heure entre deux paires de boucles d’oreilles – mais finalement, je vais être pile à l’heure. Et puis flûte, je ne regrette pas le temps que j’ai consacré à me préparer. C’est la première fois que je vais passer la soirée au karaoké avec un ami, c’est normal de faire un peu d’effort sur sa tenue. Je ne doute pas de la ponctualité d’Hisao de son côté. Après avoir payé et remercié le taxi, je m’extraie de la voiture, décide qu’il fait encore suffisamment bon pour ne pas avoir besoin de veste et termine à pied les cinquante derniers mètres. Je ne peux évidemment pas m’empêcher de jeter un coup d’œil à mon reflet dans la vitrine d’un magasin et de rectifier – Inutilement – un détail de ma coiffure. Pas que j’ai grand-chose à faire ceci dit. Pour une fois, mes cheveux sont quasiment lâchés et je me suis contenté de tresser les mèches sur mes tempes pour les nouer ensemble derrière ma tête avec une jolie épingle à cheveux en forme de graines d’érable. Non, ce n’est pas sur la coiffure que j’ai mis le paquet, ni même sur les vêtements où je me suis contenté d’un pantalon blanc et d’une chemise noire en toute sobriété. Je ne peux pas en dire autant pour les bijoux : mes poignets frissonnent de bracelets de différentes tailles et diamètres, mes deux mains se partagent cinq bagues, un fin collier laisse scintiller son médaillon libellule entre mes clavicules et les longues et multiples chaînettes qui pendent en rideau de mes boucles d’oreilles m’arrivent quasiment jusqu’à l’épaule. Bref, j’ai fait – Péter l’artillerie lourde – un tout petit peu plus d’effort que d’habitude. Pas davantage en vérité, ce n’est pas un rendez-vous non plus.

Arrivant à proximité de l’entrée, je repère Hisao au long ruban jaune qui retient ses cheveux et lui adresse un signe de la main dès qu’il se tourne dans ma direction. Vérifiant rapidement ma montre – Pile à l’heure – je souris avec amusement.

« Bonsoir. J’aurais du me douter que tu arriverais en avance juste pour me coiffer au poteau. »

Reportant le regard sur la façade du karaoké – Ouvert jusqu’à 6h du matin, eh ben – je tends le cou pour tenter d’apercevoir l’intérieur. Je n’ai pas la moindre idée d’à quoi ça peut bien ressembler.

« Ça ne se voit pas beaucoup mais je suis très curieux. Et très impatient. »

Et très très content d'être là.
 



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Dernière édition par Ashton Kelly le Sam 3 Oct 2020 - 10:27, édité 1 fois
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Hisao Tenma
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(#) Re: [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao]  [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao] EmptyJeu 10 Sep 2020 - 21:45

Vendredi 2 septembre


Hikaru. Il fallait impérativement qu’il appelle Hikaru avant de faire quoi que ce soit d’autre. Il avait attendu d’avoir une heure de libre entre deux consultations et avait aussitôt composé le numéro de son frère qui était en repos. Et en pleine grasse-matinée, à en croire le grognement significatif qu’il avait entendu au bout du fil.

« Oh merde, je te réveille, désolé », s’excusa-t-il sans pour autant lui proposer de raccrocher pour terminer sa nuit.

« En effet », il murmura quelque-chose d’inaudible et Hisao entendit son frère bailler de l’autre côté du globe. « Tu n’es pas au travail ? »

« J’ai une heure devant moi. Donc j’ai le temps de parler un peu avec toi. »

« Et de quoi voulais-tu me parler ? »

« Oh, de rien. Je—euh, venais juste prendre de tes nouvelles », devant le fait, c’était terriblement difficile d’assumer qu’il venait d’appeler son frère pour lui dire qu’il s’était réconcilié avec un ami.

« Hisao. »

« Tu vas bien ? Comment se passent tes vacances ? »

« Hisao. »

« Oui ? »

« De quoi est-ce que tu voulais me parler ? »

Il soupira longuement et décolla son téléphone de son oreille pour lever les yeux au ciel avant de retourner à son frère.

« Je me suis réconcilié avec Ashton », et de toutes les réactions qu’il avait pu imaginer, il ne s’attendit pas à celle-ci.

« Anaïs », Hisao fronça les sourcils. « Anaïs ! Tu me dois cinquante balles ! » Pardon ?!

« Excuse-moi, quoi ?! Ne me dis pas que— »

« Oh bah on n’allait pas se gêner, tiens ! Bon, maintenant il faut que tu me racontes. »

« Non, non. Attends, vous avez fait un pari sur ça ? Sérieusement ? Tu te fous pas un peu de ma gueule ? »

« Tu t’attendais à quoi ? Y a que pas que sur ça qu’on a fait un pari, si tu veux savoir. »

« Je veux savoir. »

« C’est elle qui a démarré les hostilités. Après le truc de Los Angeles, déjà, elle m’a parié qu’il allait se passer un truc. Donc quand tu m’as appelé le lendemain de ta petite soirée et qu’elle a gagné, j’ai parié avec elle que votre embrouille durerait moins d’un mois, elle avait dit une semaine. Du coup, elle a perdu », il marqua une pause et au fil des mots, Hisao écarquilla les yeux. « Et y en a deux autres, mais je les garde pour moi. Je te promets que tu sauras en temps voulu. »

« Je ne sais même pas quoi dire. À part que vous avez douze ans », il essaye de garder un ton sérieux, mais l’on pouvait sentir dans sa voix qu’il était en train de sourire. « Et que ça ne sert sûrement à rien que j’insiste, n’est-ce pas ? »

« Effectivement. Du coup, tu as l’intention de me raconter ce qu’il s’est passé ? »

Hisao prit une grande inspiration, soudainement incertain. Appeler son frère avait été un réflexe naturel, mais maintenant qu’il devait parler et expliquer que tout n’était qu’un pauvre malentendu stupide… C’était difficile. Il commença son récit en douceur, mais Hikaru – dans toute sa splendeur – finit par le mettre à l’aise et Hisao accepta finalement de lâcher quelques détails.

« La comptable l’a entendu. C’est sûr. Elle fait juste semblant », ou encore : « Remets la cravate. Si tu ne remets pas la cravate, je ne t’invite pas à mon mariage. Remets la cravate et je veux une preuve que tu l’as fait, avec une photo de toi en face du karaoké. »

L’heure passa à toute vitesse et lorsque Hisao passa un coup d’œil sur sa montre pour se rendre compte qu’il ne lui restait que cinq minutes avant son prochain rendez-vous, il s’empressa de raccrocher – sans manquer de souhaiter une bonne journée à son frère et à sa belle-sœur – pour se préparer. Il ne restait plus que quelques heures avant sa soirée et il appréhendait grandement de retrouver Ashton seul à seul pour une activité qui ne manquerait certainement pas de le mettre mal à l’aise. Et pourtant, sans vraiment pouvoir expliquer pourquoi ni comment—il avait hâte.

Il réussit à se vider la tête avant de terminer ses heures de travail, histoire d’être pleinement consacré à ses patients avant de rendre la blouse pour passer sur le billard à son tour. Lui-même psychanalyste, il n’était pas particulièrement dérangé par le fait d’être à découvert devant une autre psychologue—d’autant plus qu’il avait eu la chance de tomber sur quelqu’un qui lui correspondait très bien. Ces deux dernières semaines avaient été plutôt lourdes et difficiles à endurer, avant d’aborder sa vie personnelle, Hisao se déchargea des consultations de la semaine—exprima ses doutes en grande partie, parce que même s’il se faisait confiance sur le plan professionnel… Cela ne l’empêchait pas de remettre en question assez souvent.

Au final, Ashton ne vint qu’en dernier. Ne vous mettez pas la pression. Misagi-sensei était une femme ouverte d’esprit. Je pense surtout que je m’imagine trop de choses. Hisao avait cherché pendant plusieurs semaines pour trouver un contact comme elle sur la ville de Kobe. C’est du pareil au même, vous vous mettez la pression et vous réfléchissez trop. Il faut lâcher du lest. Et sur ce point-là, il était on-ne-peut-plus épanoui d’avoir trouvé la perle rare. Je finis toujours par m’imaginer le pire. Ça ne me réussit pas. Il l’avait même recommandée à sa fille, si jamais cette dernière en ressentait le besoin—mais Kana se sentait bien dans sa peau, et dans sa tête. Faites l’inverse, alors. Essayez de vous projeter dans les meilleurs scénarios plutôt que dans les pires. Et c’était tout ce qui comptait. Je ne sais pas si je vais y arriver.

Il en avait marre de cette cravate. Hisao n’aimait pas les cravates—enfin, il savait qu’elles étaient avantageuses sur lui, mais c’était la même chose pour tous les hommes. La cravate et le nœud papillon seyaient à n’importe qui. Littéralement.

Sauf qu’il avait dit oui à son idiot de frère, et ce fut pour cette raison qu’il se retrouva à chercher dans son placard, à la recherche de quelque-chose d’un peu plus classe.

Pourquoi j’ai accepté déjà ?

Il y trouva un pantalon noir un peu plus cintré – et peut-être à peine un peu plus moulant – qu’il posa sur son lit et sortit une chemise tout aussi sombre. Le temps était doux, alors il décida qu’il laisserait sa veste blazer de côté et—ah, la cravate. Il en avait quelques-unes – noire pour la plupart se déclinant dans différents motifs sobres – mais il opta plutôt pour celle couleur bordeaux qui détonnerait un peu du noir. À peine nouée autour de son col, la même question revint et—

Je ne cherche pas à lui plaire, c’est juste le minimum syndical. Ce n’est pas un rendez-vous.

Tenue parée, cheveux parfaitement noués – sans pour autant réussir à dompter les deux ou trois mèches rebelles qui encadraient son visage – Hisao prit grand soin d’arriver en avance sur leur lieu de rendez-vous, histoire de pouvoir prendre cette foutue photo – Parfait ! Amusez-vous bien ! – sans être pris sur le fait. Tel un adolescent, il passa les dernières minutes d’attente sur Reddit, relevant de temps à autre la tête pour faire attention à ne pas malencontreusement snober son collègue et rangea son téléphone lorsqu’Ashton pointa le bout de son nez, pile à l’heure.

Et bon sang, il dût faire appel à tout son sang froid pour ne pas se confondre en une myriade d’expressions faciales différentes. Usant des dernières gouttes de flegme que sa journée lui permettait, il se contenta de lui sourire empêchant son regard de jongler entre ses milles et une facettes. Il avait du mal à croire que son collègue s’était aussi bien habillé pour l’occasion. Il ne s’en plaindrait pas, oh que non, mais—

Bon, il a toujours été canon mais c’est encore pire quand je suis sobre.

« Tu commences à me connaître », lui répondit-il sur le même ton amusé, peinant à croiser son regard—c’était plus rassurant de regarder cette jolie devanture.

La dernière fois qu’Hisao avait initié l’un de ses collègues à quelque-chose de typiquement japonais, ça ne s’était pas nécessairement très bien passé – il s’en voulait toujours, même s’il n’y était pour rien et que Christopher ne lui en avait sûrement pas tenu rigueur – alors il espérait que cette soirée se passe un peu mieux.

« Eh bien, j’espère que ça te plaira dans ces cas-là. Enfin, si tu aimes chanter—j’imagine que ça ne peut que bien se passer », lui assura-t-il en entrant dans le bâtiment.

Ils avancèrent ensemble jusqu’à l’accueil saluant l’hôtesse qui leur expliqua toutes les modalités, les interdictions, les services proposés – elle le faisait très probablement parce qu’Ashton transpirait l’Occident par tous les pores de sa peau – et lorsqu’elle eut enfin terminé, Hisao sortit son portefeuille pour payer la location de la salle – ne sachant pas à quelle heure ils se fatigueraient, il choisit le forfait le plus haut. Le prix n’était clairement pas excessif, alors ça ne changeait pas grand-chose pour lui.

« J’ai proposé l’activité, j’invite. C’est ma règle. »

L’endroit était sombre et les lumières particulièrement tamisées. L’hôtesse les amena jusqu’à l’une des salles privées et appuya sur un petit bouton dans une télécommande qu’elle tenait dans la main et le voyant au-dessus de la porte devint rouge.

« Passez une excellente soirée », fit-elle en inclinant le buste avant de tourner les talons pour repartir à l’accueil.

Hisao posa son portefeuille et ses clés sur la petite table devant eux, débarrassant ses poches et reporta son attention sur Ashton. La pièce n’était que légèrement éclairée, puisque l’écran était suffisamment lumineux pour compenser. Il attrapa la tablette et s’approcha de son collègue.

« Il y a énormément de choix. On peut choisir un genre, ou une playlist prédéfinie et la mettre en aléatoire—ou tu peux chercher un titre en appuyant là », il lui tendit l’appareil et esquissa un sourire. « À toi l’honneur. »

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Ashton Kelly
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(#) Re: [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao]  [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao] EmptyVen 11 Sep 2020 - 19:31


 

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Je n’ai pas fait attention dans l’immédiat mais – Il porte une autre cravate – Hisao est très élégant lui aussi. Il a pris le temps de se changer avant de venir, tout en sobriété par rapport à moi – Une cravate bordeaux sur une chemise noire – et ses vêtements sombres rendent un bel hommage à sa carrure. Les touches de couleur de son ruban et de sa cravate l’empêchent de passer pour un croque-mort et je ne peux pas m’empêcher de lui jeter discrètement quelques regards appréciateurs alors que nous entrons dans le karaoké, avant que la réceptionniste ne mobilise toute mon attention. Il faut être attentif quand on découvre un lieu comme ça, surtout si on veut éviter de passer pour un imbécile ensuite. Quand elle annonce le prix – Oh, ce n’est pas cher – je hoche la tête et porte la main à ma poche pour sortir mon portefeuille, avant d’être pris de vitesse par – Mais enfin, Monsieur ! – Hisao qui insiste pour m’inviter. Ça ne m’enchante guère mais le connaissant, je me doute qu’il fait ça par pure générosité. Je me contente donc de sourire :

« À ta guise mais dans ce cas, je paye les boissons. C’est ma règle à moi. »

Après quoi, je suis l’hôtesse et Hisao vers le box qui nous a été alloué, laissant mes yeux – Dis donc, c’est moi ou ce pantalon met carrément en valeur son– virevolter curieusement un peu partout. Les pièces sont toutes insonorisées, mais ça n’empêche pas le son de filtrer légèrement sous les portes surmontées de voyants rouges et nous ne sommes clairement pas les seuls à être venus nous briser la voix ce soir. Bientôt, nous arrivons dans notre box, une petite pièce tamisée avec table basse au centre et canapés le long des murs orientés vers l’immense écran qui nous fait face. C’est sans doute ça que ça va se passer. Remerciant poliment l’hôtesse qui nous souhaite de passer une bonne soirée, j’imite Hisao et vide mes poches avant de jeter un œil sur la tablette. Et d’ouvrir de grands yeux de merlan frit.

« What the- 2, 6 millions de chansons ?! Mais qu’est-ce que c’est que ce catalogue ? On pourrait passer l’année à chanter tous les soirs sans en faire le tour ! Je ne sais pas quoi choisir… Incroyable…  »

Demandant la tablette, je fais défiler les différentes playlists – Est-ce qu’ils en ont, est-ce qu’ils en ont – absolument estomaqué. La tête me tourne. Même en excluants les titres japonais que je ne suis pas encore capable de chanter correctement, nous avons de quoi faire – ET OUI, ils ont du INXS, la soirée sera splendide – pendant des heures et des heures. Pour le coup, je ne m’attendais pas à une telle somme de musique et je mets autant de temps à me décider que plus tôt devant mon arbre à bijoux. Mais comme il faut bien se lancer un jour – Merde, c’est du Rihanna que je vois là ? – je finis par partir en terrain connu :

« La playlist aléatoire sera très bien pour commencer. Celle-ci, par exemple. Elle sera parfaite, si tu me pardonnes de céder tout de suite à l’appel du rock occidental. À qui l’honneur ? »

Tiens ! Wonderwall. Et bien j’aime autant ma foi. Si je tombe trop vite sur Rihanna, je vais jeter aux orties le peu de crédibilité qu’il me reste.
 



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Hisao Tenma
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(#) Re: [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao]  [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao] EmptyVen 11 Sep 2020 - 21:19

Hisao se sentit idiot. Non pas parce qu’Ashton avait accepté d’être invité – au contraire, ce point-là lui faisait plaisir – mais parce qu’il avait été attiré dans un piège à con. Évidemment que son collègue essayerait de l’avoir ainsi. Bon, il pouvait bien comprendre l’attention—mais le prix de la salle et celui des consommations était différent. Un verre. Il se laisserait payer un verre, mais pas plus.

Les enceintes n’avaient même pas encore montré ce qu’elles avaient dans le ventre qu’Ashton lui fit d’ores et déjà part de son émerveillement – communicatif – et Hisao ne put réprimer un sourire en le voyant faire. Il n’avait pas fait beaucoup de karaoké dans sa vie. Soit trop jeune, soit trop occupé lorsqu’il résidait encore au Japon, il n’avait connu les karaoké que lorsque Hikaru, sa fille et lui étaient revenus en vacances sur leur terre natale.

Et inutile de dire que son frère l’avait tiré de force dans ces établissements – il avait d’ailleurs volontairement omis de lui dire qu’il allait au karaoké au téléphone, de peur de se faire passer un savon monumental. En réalité, lui-même se demandait ce qu’il faisait ici. Ce n’était pas bien difficile à déceler, il avait voulu lui faire plaisir – parce qu’entre les souvenirs de caresses brûlantes, Hisao avait pris le temps de se remémorer tout le reste, incluant l’espèce d’amour inconditionnel que ce dernier semblait vouer à la musique.

Ça n’expliquait toujours pas pourquoi Hisao s’était-il mis dans cet embarras-là. Parce qu’il faisait toujours passer les autres avant lui-même ? Peut-être bien. Au final, cette soirée lui donnait un avant-goût aussi cauchemardesque qu’excitant—ça ne faisait tout simplement pas de sens. Mais tout ce qui tournait entre Ashton et lui ne faisait pas de sens, de toute façon. Connaissance, ami, amant, inconnu, ami à nouveau. L’ambiguïté jamais très loin du cours de ses pensées – qu’il faisait de son mieux pour refouler.

Quelle idée d’aller s’enfermer dans quatre mètres carré avec lui ?

Tandis que son collègue s’amusait avec son nouvel appareil révolutionnaire entre les mains, Hisao attrapa la seconde tablette pour jeter un œil aux boissons et à la nourriture qu’ils pourraient commander – parce que mine de rien, il n’avait pas eu la présence d’esprit de manger avant de venir et en faisait les frais maintenant.

Entendant les mots de son collègue, il releva innocemment la tête et—et qui a dit que le blanc faisait ressortir les imperfections ? Ashton était dos à lui – pour la bonne cause – et bien entendu, Hisao n’avait pas pu s’en empêcher. Il faisait de son mieux pour ne faire qu’y jeter de brèves œillades, sait-on jamais que l’objet de son attention ait la bonne idée de se retourner et qu’il soit pris la main dans le sac.

Tout ça pour finalement se rendre compte qu’il avait simplement perdu son temps puisqu’il n’avait rien choisi. En entendant les enceintes cracher leur premier son, il posa la tablette sur la table et son regard se dirigea sur l’écran. La playlist eut pitié de lui.

Dieu merci, pas du Queen. C’est encore trop tôt.

Wonderwall. C’était doux, plutôt modéré comme premier choix et parfaitement dans les goûts d’Hisao qui se redressa et se pencha pour attraper l’un des deux micros. D’autant plus que ce qu’il y avait de pratique avec cette musique, c’est qu’il n’aurait pas besoin de s’esquinter les cordes vocales dès le début de la soirée en essayant de forcer dans les aigus. Il pouvait garder sa propre tonalité – et chanter un peu moins faux. Il esquissa un sourire en coin.

« Le rock occidental me va très bien, ne t’en fais pas », et il l’aimait beaucoup trop pour son propre bien. « J’ai peur de ne pas assumer ce qui pourrait venir après, alors je choisis la facilité et je prends celle-ci étant donné que je la connais et que je l’aime bien », il marqua une pause. « Disons que c’est pour montrer l’exemple. Piètre exemple, mais exemple tout de même. »

Il attendit que son collègue posa la tablette sur la table pour presser le bouton qui lancerait la musique et son stress s’intensifia lorsqu’il entendit les premières notes de guitare. Il avait sauté sur l’occasion puisque Wonderwall était une musique plutôt simple, mais maintenant qu’il était debout, complètement à la merci du regard de son collègue, son cœur se sentit affreusement à l’étroit dans sa poitrine. Il détestait être au centre de l’attention et s’était attendu à ce qu’ils fassent directement des duos—mais quelle naïveté. Bien-sûr que non. Impossible.

Il prit une grande inspiration pour essayer de se détendre – en vain – et si les premières paroles furent hésitantes à souhait, il finit par se laisser emporter par la mélodie au bout de quelques vers. There are many things that I would like to say to you, but I don’t know how. Les refrains furent bien plus faciles à chanter que les couplets – tenir des notes longues ne lui était pas si difficile et Wonderwall en était truffée. I said maybe, you’re gonna be the one that saves me. En définitive, la chanson ne s’avéra pas être un fiasco total et Hisao – particulièrement surpris – s’en sortit jusqu’au bout et pas si mal que ça. And after all, you’re my wonderwall.

Cela dit, réussite ou non—il n’arriva pas à retenir le soupir de soulagement qui lui fut arraché arrivé au bout. Même s’il avait réussi à ne pas s’évanouir de honte en plein milieu, il ne s’était pas lâché pour autant et avait accumulé une pression monstre sur ses épaules. Il fit de son mieux pour ne pas trop le laisser paraître mais son visage était un véritable traître.

Sauvé d’une discussion qui aurait pu être gênante, la playlist changea de musique et attendit qu’on presse son bouton « play ». Hisao haussa subitement les sourcils en voyant le titre à l’écran.

« Oh, INXS. Ce n’est pas de ce groupe que tu me parlais, plus tôt ? »

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(#) Re: [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao]  [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao] EmptySam 12 Sep 2020 - 13:37


 

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Dieu merci, Hisao n’a rien contre mon choix de playlist – C’est un homme de goût – et il prend même le premier tour de piste. Je m’installe aussitôt docilement dans un canapé, veillant à ne pas m’asseoir sur mes cheveux et repose la tablette pour l’écouter, sourire aux lèvres.

« Ne sois pas si modeste, tu vas très bien t’en sortir ! Et puis elle est adaptée à ta tessiture, en plus… »

Me permets-je d’ajouter avec une pointe d’espièglerie. Loin de moi l’idée de vouloir me moquer – Ça ne se fait pas – mais si Hisao a la chance de posséder une belle voix de basse, cette chance va de paire avec le fait d’être à des kilomètres de sa zone de confort quand il s’agit de chanter du Queen. Et vraiment très loin de moi l’idée de vouloir me moquer parce que je n’étais – Tu m’étonnes que la comptable soit venue nous rappeler à l’ordre – clairement pas dans la mienne non plus. Je suis donc très curieux de découvrir, maintenant que je suis sobre et attentif, ce que vaut réellement la voix d’Hisao. Et bien je ne suis pas déçu.

Les premières mesures sont hésitantes. Il lui faut un petit moment pour juguler son stress et se caler convenablement sur la musique. Mais dès que c’est fait et qu’il se laisse porter par la mélodie – Oh – son interprétation vaut le détour. La voix d’Hisao est grave, riche et chaude, dépourvue d’ornements superficiels car sa justesse se suffit à elle-même. Inutile de dire qu’elle est du meilleur effet – Qui a besoin de Liam Gallagher ? – sur une balade sentimentale comme Wonderwall. Dès le deuxième couplet, je me balance en rythme sur mon coin de canapé, me laissant bercer bien volontiers. Piètre exemple, mon œil. Il n’a vraiment – Je ne regrette pas qu’il ait pris le premier tour – pas à rougir. Je le lui signifie en applaudissant chaleureusement dès que la chanson arrive à son terme et qu’il échoue à cacher son soupir de soulagement, ou les restes de stress de son visage.

« Et bien voilà, j’en étais sûr. Bravo, c’était super ! Tu veux que je te dise ? La voix de Liam Gallagher m’ayant toujours plus ou moins insupporté, ta prestation était encore plus agréable… »

C’est tout ce que j’ai le temps d’ajouter avant que – Oh God – la chanson suivante ne démarre parce qu’on n’a pas mis pause et que je ne reconnaisse instantanément cette batterie, ce chuchotement – Come over here – et cette ligne de guitare qu’Andrew Farriss a vu germer dans sa tête alors qu’il attendait un taxi. Impossible pour moi de ne résister à l’appel de cette chanson – Même si c’est pas forcément la meilleure à écouter dans ces circonstances – et en un rien de temps, j’ai déserté le canapé pour attraper mon propre micro – Avec cette personne-là – et faire face à l’écran.

« Oui, c’est INXS. Et je suis désolé d’avance… »

Je sais à quel point Hisao est réservé. Et je sais à quel point il peut vite être éprouvant pour une personne réservée d’être les parages quand je suis mis en présence d’une musique que j’aime et dont j’aime le tempo. Double peine quand il s’agit d’INXS car ma voix ressemble, paraît-il, beaucoup à celle de Michael Hutchence. Zone de confort, disions-nous ? Je suis en plein dedans. Je n’ai donc aucun garde-fou pour m’empêche de me lâcher sur cette chanson qui transpire la séduction – C’est très utile de s’en rappeler maintenant – à chaque mesure. Ça commence doucement, alors que je bouge juste en rythme pour m’imprégner de la musique. Mais rapidement, alors que j’attaque le premier couplet, mon corps s’emballe : ma main libre se perd dans ma chevelure, les bracelets à mes poignets cliquettent avec mes mouvements, ma voix prend de l’assurance alors que je m’échauffe. Et mon bassin se délie comme une bannière dans le vent, roulant souplement d’avant en arrière en une ondulation ravageuse, lourde de sens.

J’avais treize ans quand j’ai découvert ce groupe. Treize ans, donc, quand j’ai commencé à travailler mon déhanché.

« So slide over here, and give me a moment… »

Si j’étais raisonnable, j’essaierais de me retenir un peu. Je ne suis pas raisonnable. Je suis venu ici pour chanter et danser, certainement pas pour faire preuve de raison. Ce n’est pas compatible avec la musique, de toute façon. Et c’est bien dommage parce que si c’était le cas, je me souviendrai que – La dernière fois qu’Hisao a vu ce mouvement – je ne suis pas ici avec n’importe qui – J’étais à moitié nu sur ses genoux – et qu’il est peut-être un peu trop tôt pour cette chanson-là. Enfin, tout ça, je ne m’en souviens qu’à la fin alors que la dernière parole résonne dans le silence…

« I've got to let you know… You're one of my kind… »

Et que je reprends mon souffle. Je lève les bras au plafond avec une brève exclamation de victoire en voyant le joli rang A qui s’affiche à la fin – Ah, y a du score ? – et vais ensuite me laisser retomber sur mon coin de canapé – Qui chante pour le score, sérieux ? – fatigué et heureux. Béni soit le karaoké. Comment j’ai pu vivre tous ces mois au Japon sans y mettre les pieds…

« Aaaah… J’aurais aimé avoir le temps de m’échauffer un minimum avant de tomber sur celle-là, j’ai un point de côté maintenant. Heureusement que c’est ton tour… Tiens, je ne connais pas du tout ce groupe. Ça va aller ? »

Je posais la question pour la chanson – The Pretty Reckless, ça ne me dit rien – mais quand mes yeux se posent sur son visage, je me dis que je pourrais aussi bien élargir à l’expression qu’il affiche.
 



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(#) Re: [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao]  [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao] EmptySam 12 Sep 2020 - 14:39

Bon sang, tout mais pas ça.

Même si Hisao était heureux – d’une manière ou d’une autre – d’avoir livré une prestation plutôt correcte, il ne s’attendit pas une seule seconde à ce qu’Ashton réagisse de la sorte et le bruit de ses deux paumes claquant l’une contre l’autre lui fit presque l’effet d’une douche froide. Il essaya de garder son malaise pour lui autant que possible. La dernière chose qu’il voulait était que l’ambiance se dégrade à cause de sa réserve. Alors il esquissa un sourire maladroit face au geste de son collègue. L’émotion qui le traversait était contradictoire. À la fois parce qu’il ne voulait pas refuser ce compliment et qu’il lui faisait vraiment plaisir mais aussi parce qu’il angoissait à l’idée de ne pas savoir comment le prendre, de ne pas trouver la réaction adéquate.

Une fois le fil de ses pensée retrouvé, il reprit un peu contenance et se racla la gorge.

« Je— », n’y crois pas une seule seconde, Liam Gallagher est un professionnel et je suis psychologue, pas chanteur. « Merci », fit-il si bas qu’il ne savait même pas si son collègue était parvenu à l’entendre.

Heureusement pour lui, l’attention d’Ashton fut plutôt dédiée à l’écran alors Hisao en profita pour poser son micro et prendre place sur le canapé. Si lui avait été plutôt anxieux au premier abord, ce n’était absolument pas le cas de son collègue qui avait presque bondit pour prendre place devant l’écran et—

Entamer le show habillé le plus hot et sexy que j’ai jamais vu de ma vie.

Pas qu’il ait souvent eu une vue pareille, à vrai dire. Sobre, en tout cas. Il devait être en train de rêver. C’était forcément ça, se dit-il pour se rassurer. C’était loin d’être un mauvais rêve – oh non, il faudrait être fou pour qualifier la chose ainsi – mais bon sang, il comprenait pourquoi Ashton s’était excusé avant même d’avoir commencé à chanter. Rien n’allait pour l’arranger : Que ce soit dans les paroles de la musique ou dans la violente impression de déjà-vu que lui donnaient ses hanches habiles.

Est-ce qu’il dansait comme ça aussi, la dernière fois ? Comment j’ai pu louper un truc pareil ?

Non, ce n’était pas à ce moment là que son déhanché presque torride lui faisait penser même s’il l’aurait ardemment préféré. Les images d’Ashton assis à califourchon sur lui en train de faire rouler son bassin contre le sien—même avec toute la volonté du monde, il n’arriverait pas à bannir ces dernières. Il n’arrivait déjà pas à décrocher son regard de son corps tout entier alors lutter contre son esprit était peine perdue.

Alors qu’il s’acharnait à retrouver un semblant de contenance, son cœur fit un bond dans sa poitrine lorsque la chanson toucha à sa fin et que le regard d’Ashton croisa le sien. Il prit sur lui-même pour composer un sourire et déglutit difficilement, bien conscient de son air déstabilisé.

« Tu as ça dans le sang. C’était— », déconcertant, fascinant, ensorcelant, envoûtant, troublant. « Exceptionnel. »

Mais son sourire s’estompa à l’instant où ses yeux se posèrent sur l’écran. Make Me Wanna Die.

« Oh Seigneur », avait-il pensé à voix haute avant de couvrir son visage de l’une de ses mains. Non seulement il avait pensé à voix haute, mais il avait aussi grillé sa couverture. Nul besoin d’être un fin observateur pour se rendre compte qu’il avait reconnu la musique en question. « C’est un groupe récent que—j’aime bien. Mais— » mais ? Il marqua une pause, ne sachant absolument pas quoi dire de plus. Cherchant ses mots, il se résigna à se lever du canapé pour reprendre son micro et poussa un long soupir. « C’est plutôt explicite. »

Au moins, Ashton était prévenu. Hisao prit une grande inspiration, calma le léger tremblement qui avait pris sa main gauche en la laissant tenir le micro et finit par presser le bouton « Play » sur la tablette.

« Take me, I’m alive… »

Dès ses premiers vers, la chanson annonçait la couleur. But everything looks better when the sun goes down. En réalité, le titre en lui-même était déjà plutôt parlant. I had everything, opportunities for eternity. Mais les paroles rappelaient que cette musique portait atrocement bien son nom. And I could belong to the night.

Hisao aimait cette musique. You make me wanna die. Il aimait l’ambiance sombre et évocatrice qu’installaient les musiques de ce groupe. I’ll never be good enough. Il aimait la voix grave et basse de Taylor Momsen, qui lui permettait de s’aligner sur la hauteur de ses notes sans chanter faux. You make me wanna die. C’était sa fille qui lui avait fait découvrir et même s’il était pourtant terriblement attaché à Joan Jett, il s’était découvert une véritable passion pour le groupe en question. And everytime I look inside your eyes, you make me wanna die.

Mais ce n’était pas tant la chanson en elle-même qui posait problème. C’était la tension autour de lui, l’étroitesse de la pièce. Bien qu’Hisao ne soit pas à même de livrer la même performance qu’Ashton, il faisait de son mieux pour s’appliquer – son corps bougeait légèrement dans le rythme et ses yeux étaient fermés, puisqu’il n’avait pas besoin des paroles.

« Taste me, drink my soul… »

C’était le fait que ce soit Ashton et personne d’autre que lui, abattant son regard dans son dos. Show me all the things that I shouldn’t know. Ashton et les souvenirs que les traits de son visages portaient. When there’s a blue moon on the rise.

Hisao se sentit flotter—légèrement absent sur la fin des paroles, pris dans la mélodie et essayant d’oublier l’environnement autour de lui en se concentrant sur cette dernière. Lorsque les dernières notes s’achevèrent, il laissa tomber son bras gauche le long de son corps et échappa un nouveau soupir. Il était loin d’être aussi à l’aise qu’Ashton—alors il essayait de faire de son mieux. Il ne prit même pas la peine de regarder son score et se tourna instinctivement vers son collègue, le menton légèrement rentré et les traits de son visage tendus dans une mine pleine d’appréhension.

« Je pense qu’on pourra difficilement faire plus suggestif, maintenant », essaya-t-il de plaisanter avant de retourner prendre place sur le canapé. Et il fut si soulagé en voyant le prochain titre s’afficher sur la tablette.

We Will Rock You. Une musique de Queen qui ne leur rappellerait rien de tendancieux. Parfait pour faire redescendre la tension, et l’idée le fit même sourire.

« Oh, je vais t’accompagner sur celle-là. En frappant dans mes mains, par contre », oh non, il n’était pas prêt pour retourner sur les devants de la scène dans l’immédiat.

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désolée ash. je te bisoute quand même.  
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(#) Re: [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao]  [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao] EmptyDim 13 Sep 2020 - 12:18


 

Friday Night Fever
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J’ai d’abord mis ça sur le compte des lumières tamisées qui affrontent celle de l’écran mais malgré l’urgence avec laquelle il se recompose, Hisao est un vrai livre ouvert. Bien trop pour que je puisse nier ce que j’ai vu dans son regard quand je suis revenu près de lui et qu ressemblait à – Stop – de l’admiration. Ça ne m’empêche pas de le faire malgré tout – Je n’ai rien vu – pour le bien des compromis mentaux qui nous permettent de garder la soirée soutenable. On ne peut pas conserver une bonne ambiance en chantant à plein poumons avec un collègue dans un karaoké – Il ne s’est rien passé – si on se souvient toutes les trente secondes de toutes les plaisantes activités pratiquées avec ledit collègue deux semaines plus tôt. Si seulement Hisao voulait bien me faciliter un peu la tâche avec ses compliments beaucoup trop sincères…

« Oh, tu vas me faire rougir. Merci beaucoup… »

Dis-je en remettant un peu d’ordre dans mes cheveux, encore tout essoufflé de ma performance. Son compliment me fait tellement plaisir que je ne cherche même pas à le démentir – Ash, ouvre la porte et rends-moi mon baladeur ! – et à lui avouer que je n’ai aucunement ça dans le sang. Plutôt des heures et des heures d’entraînement – Sors de la salle de bain, je sais très bien que t’es encore en train de te dandiner sur Original Sin ! – grappillées où je le pouvais dans ma jeunesse, au grand désarroi – Ashton, y a le miroir de ma chambre si tu veux mais barre-toi de là que je puisse me brosser les dents ! – de ma pauvre fratrie, première victime de ma passion pour ce groupe.

Comme nous avons encore oublié de mettre sur pause, la chanson suivante se lance et je vois le sourire d’Hisao glisser sur son visage alors qu’il reconnaît le titre, semble-t-il. Je ne peux pas me retenir de pouffer quand il m’explique les raisons de son embarras. C’est vrai qu’on l’imagine difficilement – Non, pas tant que ça – chanter des choses osées. Je m’installe confortablement dans le canapé pour reprendre le rôle du public.

« N’hésite pas si tu aimes bien ce groupe ! Mes chastes oreilles survivront. »

Fou que je suis. Comme je le disais, je sais à quel point Hisao est réservé. Aussi, je ne m’attendais pas – Wow – à autant de guitares saturées dès l’intro, ni à cette batterie qui alourdit soudain les pulsations de mon cœur à son image comme pour me préparer à ce qui arrive ensuite.

Je ne suis pas près. Je n’aurais jamais pu l’être.

La lumière de l’écran l’éclaire à contrejour alors qu’il me tourne le dos. Un faible halo artificiel s’estompe sur les contours de ses vêtements noirs et de ses cheveux, ne profilant que les lignes puissantes de ses épaules, de sa taille, de ses jambes légèrement écartées alors qu’il marque le tempo de son corps. Il ne se déchaîne pas comme j’ai pu le faire, il n’en a pas besoin. Pas de mouvements ou d’effets superflus, tout est concentré dans l’essentiel. Sa silhouette massive qui masque la lumière, dense et obscure, s’effaçant pour laisser toute la place à sa voix. Son timbre grave, sombre lui aussi, rocailleux sur les tonalités les plus âpres de ce morceau dont la sensualité brute et sauvage me prend totalement de cours. Une partie de moi refuse d’y croire. Ça ne peut pas être Hisao qui bat ainsi la mesure de cette chanson endiablée et chante ces paroles à la force d’évocation dévastatrice. Et pourtant quand arrive le refrain, ce doute vole en éclats, terrassé tout comme moi par la montée en puissance de sa voix.

J’oublie comment respirer. J’oublie où je me trouve. J’oublie pourquoi je suis ici. Totalement subjugué, je regarde le temps qui se dédouble et fait advenir une autre scène pour la superposer à mon regard. Tissée par l’irrésistible chant de prédateur d’Hisao – I can see in your eyes, your eyes – je revis soudain le moment précis – You make me wanna die – où tout ce dont il parle dans cette chanson – Tu vas me tuer – est advenu – Pourras-tu me pardonner ? – de la façon la plus réelle qui soit. Je revois cette même silhouette à la charpente si virile debout devant moi, me surplombant de son ardeur et des reliefs de ses muscles, effaçant tout le reste. Je revois les flammes sombres de ses yeux posés sur ma peau, mes lèvres, mes doigts, convoqués avec force depuis le passé par chaque élément du présent. Elles s’insinuent dans mes veines et réveillent tout un réseau de cordes tendues et brûlantes qui sommeillaient jusque là. Les inflexions toujours plus indomptables de la voix d’Hisao jouent sans prévenir de cet instrument qui répond – We'll burn up in the light – à toutes ses paroles – I look inside your eyes – et je suis – You make me wanna die – tétanisé.

J’ai fait passionnément l’amour avec cet homme il y a deux semaines. Et je ne peux soudain plus l’oublier.

Inutile de préciser l’état de fébrilité absolument ridicule qui est le mien quand la chanson s’arrête enfin. Par miracle, je parviens à fermer la bouche quand il se retourne. C’est tout. Pour le reste, je ne sais pas si le peu de lumière parvient à cacher la façon dont je me suis empourpré mais si je suis sûr d’une chose – Secoue-toi, merde ! – c’est que même une brusque coupure de courant ne pourrait masquer la façon dont je quitte le canapé avant même qu’il n’ait fini de s’y asseoir pour battre en retraite – Grouille ! – vers la porte.

« Je… pense que tu as raison… Excuse-moi, je vais faire un tour au chaud. Aux toilettes. Je vais aux toilettes. Je reviens. »

Oui, ça s’impose. Je fuis donc prestement dans le couloir, repère le panneau indiquant mon refuge comme si ma vie en dépendait et attends d’être en sécurité derrière la porte pour pousser un long soupir tremblant. Je suis encore le coup de ce qui vient de se passer, quoi que ça puisse être. Et je suis terrifié. Clairement, je n’avais pas prévu de ressentir tout ça. Je n’avais pas envie de ressentir tout ça. Ce n’est pas – Salut – une bonne chose. Je fréquente Hisao tous les jours au travail et c’est un ami que j’estime sincèrement. J’ai suffisamment déploré la perte de cette amitié jusqu’à ce matin pour avoir envie de la gâcher à nouveau – Pour rien, je voulais juste faire ta connaissance – avec ce genre de pensées parasites. Oui, nous avons couché ensemble pendant un moment d’égarement parce que nous avions bu tous les deux. Ce sont des choses qui arrivent et ça a eu suffisamment de conséquences comme ça. Ça n’arrivera plus. J’ai quarante-et-un ans, pas seize, et je suis parfaitement capable de gérer mes pulsions malvenues. Je ne laisserai pas – Et parce qu’on se cherche du regard depuis tout à l’heure – cet évènement empoisonner tout le reste. Une fois cette mise au point effectuée, je me contente d’un peu d’eau froide sur la nuque pour ne pas ruiner mon maquillage et retourne dans le box, m’excusant auprès d’Hisao avec un sourire implacable, à nouveau maître de moi-même.

Heureusement pour nous, comme il l’a si bien souligné, il y aura difficilement plus suggestif que ce qui vient de nous tomber dessus. À moins qu’il n’y ait du Nine Inch Nails – Closer par exemple – dans cette playlist. Ce qui m’étonnerait, ce n’est quand même pas tout à fait du rock. Du moins je prie pour que ça ne soit pas considéré comme du rock, là tout de suite – Je la passerai de toute façon – par ceux qui ont concocté cette playlist occidentale – Il y a des limites à ma résilience – Résolu à ne plus me laisser surprendre, je remets distraitement en place les divers éléments de ma quincaillerie – Et puis elle est vulgaire en plus – tout en allant reprendre mon micro. La chanson qui m’est échue est un incontournable de Queen accessible à mon timbre de voix et dépourvue de toute charge érotique immédiate. Sauvés. J’adresse un sourire par-dessus mon épaule à Hisao quand il décide de faire la percussion.

« Parfait ! C’est le minimum syndical sur celle-ci de toute façon. »

Et cette fois-ci, Freddie Mercury n’a pas à se retourner dans sa tombe. En fait, ce morceau me fait un bien fou alors que je tape du pied en rythme sur le sol, bientôt aussi impliqué que sur INXS bien que le style soit différent. Chanter me permet de reprendre pied pour de bon et quand le titre s’achève, les bouffées de désir et d’angoisse qui m’ont pris par surprise ont été totalement maîtrisées. Je fais tout de même attention à respecter plus scrupuleusement que d’habitude la distance de sécurité d’Hisao quand je reviens m’asseoir pour désigner la tablette.

« Une dernière et on se commande à boire ? C’est physique tout ça. »

Surtout si on est là pour quelques heures encore. Ce qui est le cas parce que – Oh ! The Offspring, ça fait longtemps ! – nous sommes loin d’avoir effleuré la surface de cette playlist.
 



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Dernière édition par Ashton Kelly le Ven 25 Sep 2020 - 17:51, édité 1 fois
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(#) Re: [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao]  [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao] EmptyDim 13 Sep 2020 - 15:29

Ashton était un homme gâté sur de nombreux aspects – dont un qui lui effleura l’esprit mais qui n’avait strictement rien à faire dans ce cheminement de pensées – que ce soit par la nature avec son visage délicat, élégant et aux angles parfaitement tracés mais aussi d’un point de vue intellectuel. Son collègue était toujours pertinent – et Hisao se retrouvait particulièrement dans ce besoin de ne pas parler pour ne rien dire – intéressant et arrivait à le faire rire. Hisao n’était pas forcément quelqu’un de drôle bien qu’il lui arrivait de placer une ou deux remarques malicieuses de temps en temps – étonnant quand on le voyait entouré de sa fille et son frère qui étaient deux clowns hors-pairs – mais il appréciait l’humour. C’était d’ailleurs probablement ce qu’il préférait chez les autres. Aussi surprenant cela puisse paraître.

En définitive, il y avait beaucoup de choses qui lui plaisaient chez Ashton. Et si en premier lieu, Hisao s’était naïvement dit que c’était une bonne chose, il avait très vite déchanté le jour où il avait accepté l’idée que leur échange charnel lui était resté dans la peau et qu’il crépitait chaque fois qu’il posait les yeux sur son collègue. Les regards ne s’égaraient jamais – hormis lorsqu’il était sûr qu’on ne le prendrait pas la main dans le sac – mais la curiosité s’éveillait sans cesse. Elle l’implorait de retourner détailler la courbe parfaite de ses lèvres, de jauger la longueur du rideau rassurant de ses longs et doux cheveux, de se perdre dans ce regard profondément bleu qu’il n’osait jamais croiser très longtemps de peur de ne plus retrouver son chemin.

Et toute cette réflexion fut soudaine, bouleversante—inattendue alors qu’Hisao peina à croire ce qu’il venait de voir. Dans la lumière tamisée de la pièce, il distingua avec une lucidité bien trop accrue ce qui se jouait sous ses yeux : Le visage et le cou empourpré, la tension dans tout son corps et bon sang—ce n’était qu’une chanson, certes tendancieuse, mais qu’une chanson tout de même – d’autant plus qu’Ashton était parfaitement sobre et donc potentiellement capable de supporter quelques sous-entendus lubriques. Ce qu’il avait retrouvé n’avait rien en commun avec ses attentes. Une fébrilité presque contagieuse qui fit s’installer une chaleur désagréable dans tout son corps, mais surtout sur ses joues alors qu’Hisao ne savait tout simplement plus où se mettre.

Son corps avança tout seul vers le canapé pour y prendre place et son cœur ne manqua certainement pas de se soulever de la plus sournoise des manières dans sa poitrine lorsqu’Ashton se leva soudainement pour—aller aux toilettes. Il n’arriva même pas à sourire en entendant son lapsus. Hisao était tout simplement pétrifié et la confusion se mêlait à ce truc qui serrait sans relâche sa cage thoracique et n’avait aucun putain de sens.

Il profita de ce moment pour légèrement desserrer sa cravate et soupirer une fois la porte refermée derrière son collègue.

Qu’est-ce qu’il vient de se passer ?

Quelques secondes furent nécessaires avant que ses pensées retrouvent de nouveau ne serait-ce qu’un soupçon de cohérence. Le fil de ses pensées étaient haché, distordu et rien n’allait dans son sens. Rationnel, reste rationnel. Ce n’était pas de l’amour, il s’en persuadait dur comme fer. Si bien qu’il chassa le moindre doute à ce sujet. Il était intimement convaincu qu’Ashton avait trop souffert pour succomber si facilement. La souffrance n’explique pas tout mais—ce n’est juste pas ça, je le sais, je le sens et je le réfute. Mais une forme de désir ? Oh, oh ça peut-être. Très certainement. Il fallait être aveugle pour ne pas le voir.

Il essaya de se souvenir de la dernière qu’il avait fait face à une situation du genre. Non, pas cette dernière fois-là, la dernière fois où tu étais sobre crétin. Mais rien ne lui venait. Il était bien trop troublé pour réussir à faire appel à sa raison. Ashton était un homme séduisant. Ashton lui plaisait. Ashton était un excellent coup. Non, arrête ça immédiatement. Et s’il ne pouvait définitivement pas réprimer la sensation à la fois étrange et agréable qui l’avait pris de cours lorsqu’il avait intégré la réaction de son collègue—il n’avait aucun mal à refouler cette dernière. Ce n’est pas un rendez-vous. Cela dit, être conscient de ce qu’il ne fallait pas ressentir était une chose. À quoi pensait-il tout à l’heure ? Réussir à ne pas se poser les mauvaises questions au mauvais moment en était une autre. Est-ce que je lui plais toujours ? Surtout lorsque ces questions le faisaient courir à sa perte. Est-ce que ça l’intéresserait de coucher de nouveau avec moi ? Et qu’elles n’avaient rien de pertinent, rien. Est-ce que ça m’intéresserait ?

Totalement.

C’était moins dur à accepter que ce qu’il s’était imaginé. La réalisation était tombée un peu brutalement, mais ne le surprenait pas tant que ça. Pour autant, est-ce que cela voulait dire qu’il gérerait plus facilement la chose ? Non. Non, clairement pas. Il le savait et sentait déjà ses doigts trembler alors que ses mains étaient posées sur ses cuisses, alors qu’il essayait difficilement de garder son calme. Il dût s’y reprendre à plusieurs fois, inspirant et expirant de grandes bouffées d’air en acceptant doucement qu’il ne serait jamais capable de faire passer des messages clairs.

Hisao n’était pas le genre à faire des appels de phares, pas plus qu’il n’avait de notions en messages subtils. La séduction n’était pas son fort – il en comprenait très bien la théorie, sinon il serait incapable de se comporter ainsi une fois alcoolisé – et la seule idée d’essayer de faire comprendre ses intentions à Ashton déclencha un frisson absolument ignoble qui remonta le long de tout son corps. Suffisamment désagréable pour le réveiller et le sortir pour de bon de son état de stase.

À la bonne heure. Ashton revint drastiquement différent. Composé et souriant désormais, sa confiance entraîna Hisao à l’imiter et ce dernier lui adressa un léger sourire. Se plier aussi soudainement au changement d’ambiance – d’une tension sexuelle insoutenable à une promesse de détente et d’amusement – ne lui réussissait pas très bien, cela dit. L’on décelait trop aisément les marques d’incertitude sur son visage tandis qu’il se battait encore contre ses propres fantasmes ridicules. Heureusement pour lui, il réussit à se faire violence pour ne pas devenir rouge et garder un semblant de contenance.

Il lui proposa donc de l’accompagner, détendant ses épaules alors que les mots sortirent de sa bouche. Et Ashton accepta sans l’ombre d’une hésitation avant de lancer la musique et—nous voilà repartis. Tapant dans ses mains en rythme avec la chanson, Hisao se laissa prendre au jeu et le fait de bouger, de se laisser porter réussit définitivement à le détendre. Il alla même jusqu’à chanter en chœur sur les « We will, we will rock you », pour coller avec la musique.

La chanson n’était pas bien longue mais elle sembla suffire pour détendre l’atmosphère et Hisao n’allait certainement pas s’en plaindre. Ses yeux se posèrent avec appréhension sur la suivante tandis qu’Ashton lui proposa de faire une pause après cette dernière.

« Bien-sûr. Je vais sûrement me prendre quelque-chose à grignoter aussi, je n’ai rien mangé avant de partir », comme un idiot, s’empêcha-t-il d’ajouter.

Oh.

Oh.

« Malheureusement, je la connais très bien mais je décline toute responsabilité. C’est mon frère qui nous empoisonne la vie avec cette musique. »

Et quel euphémisme. Hikaru avait décidé – un beau jour – que ce serait sa musique. Problème ? Il trouvait bon de mettre sa musique à chaque putain d’occasion. Anniversaires, Nouvel An, Noël, Halloween, Pâques – Pâques, merde. Et surtout, avait la bonne idée de forcer Hisao à chanter pendant que lui faisait les chœurs féminins. Parfois, ils échangeaient. Mais à la fin, le résultat était le même.

Victime d’un besoin de se défouler pour évacuer la pression, Hisao décida de continuer sur sa ligne conductrice : Il se donnerait à fond et puisque la musique n’était pas tendancieuse cette fois-ci – Dieu merci – il s’autoriserait même à se lâcher un peu.

Gunter, glieben, glauten, globen.

« Give it to me baby ! » Mon dieu, la voix de tête ne lui réussissait vraiment pas mais le but n’était pas d’être bon. Il essayait – peut-être – d’amuser son collègue avec sa mauvaise performance, mettant en pratique deux ou trois pas de danse pour rester dans le rythme. Une fois le vers féminin chanté, il fit un pas sur la droite, comme s’il jouait le rôle des deux parties. « Uh huh ! Uh huh ! »

Un pas à gauche, rebelote. Il recommença le même schéma trois fois. And all the girlies say, I’m pretty fly for a white guy.

Les couplets débutèrent et puisqu’il connaissait tout aussi bien Pretty Fly que Make Me Wanna Die, il n’eut aucun mal à détourner les yeux de l’écran pour faire quelques écarts – jetant des regards vers son collègue de temps à autre. Sa main libre accompagna sa petite danse ridicule – mais précise et bien exécutée – dans ses mouvements. Il avait déjà perdu toute crédibilité à cause de sa voix et parce que—bon sang, il chantait faux. Cette chanson-là n’était absolument pas dans sa tessiture et certains « Uh huh ! Uh huh ! » manquèrent de peu de lui arracher les cordes vocales.

« Now he’s gettin’ a tattoo yeah, he’s gettin’ ink done ! » Douloureux souvenir d’un tatouage réalisé avec l’idée que ça ferait de lui un rebelle, un marginal qui s’assumait, qu’il ferait son meilleur doigt à sa famille si accrochée aux traditions et à son pays natal.

Crédule, naïf, idiot, tu vas le regretter. Et Hikaru avait raison, de temps en temps – et surtout, toujours quand on aurait aimé qu’il ait tort.

Il était risible comme ça, mais Hisao préférait de loin cette sensation-là plutôt que celle du regard brûlant qui raidissait son corps tout entier et l’embrasait dans le processus. Enfin, non. Il aimait cette sensation, mais ne supportait pas les conséquences qu’elle avait sur lui. Il n’assumait pas ses réactions ni ses envies alors l’idée d’être tourné au ridicule dans l’immédiat lui parut infiniment plus supportable. Quitte à être tombé sur Pretty Fly, autant que ce soit grandiose.

« Let’s get some more wannabees, ah ! Hey, hey, do that brand new thing ! » Dernier vers.

Je décline toute responsabilité, mais je l’aime bien quand même. Juste parce qu’elle me rappelle de bon souvenirs malgré tout.

« Je suis terriblement désolé pour le carnage, je n’ai pas osé la passer vu que je la connaissais par cœur. Hikaru sait se montrer convaincant, surtout si c’est pour me tourner en ridicule », fit-il une fois que la musique mourut lentement pour laisser place au silence, échappant un rire bref, gêné mais amusé.

Avait-il déjà mentionné le prénom de son frère avant ? Non ? Il ne savait plus. Ashton comprendrait, ou lui poserait la question, de toute façon.

Laissant retomber ses bras le long de son corps, Hisao reprit lentement son souffle – parce qu’il avait pas mal bougé, cette fois-ci – et posa le micro sur la table basse avant de rejoindre Ashton sur le canapé. L’idée de boire quelque-chose lui sembla bien plus attirante qu’elle ne l’avait été plus tôt. Il attrapa la tablette d’une main lasse et pour en consulter rapidement la carte. Impossible de me mettre une mine ce soir, je conduis en plus d’avoir une bonne raison de ne pas le faire. une Ramune. Parfait. Avant d’essuyer un regard intrigué, il reprit la parole.

« Ma fille m’a très mal habitué », se justifia-t-il aussitôt de son choix. Il passa la tablette à Ashton, veillant à ne surtout pas effleurer ses doigts. « Je te laisse choisir, pour la nourriture. Je ne suis pas très difficile et je n’ai aucune allergie. »

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(#) Re: [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao]  [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao] EmptyDim 13 Sep 2020 - 23:39


 

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« Oh mais il fallait le dire tout de suite ! On aurait commencé par ça ! »

Il doit avoir faim maintenant s’il n’a rien avalé avant de venir. Moi-même je grignoterais bien quelque chose. Mais j’y penserai parce qu’Hisao repart pour un tour de piste avec une autre chanson qu’il connaît. Espérons qu’elle sera moins ravageuse que les précédentes – Je me méfie maintenant – même s’il y a peu de chances à priori puisque c’est un sale coup de son frère. Souriant, intrigué – Un peu tendu – je le regarde prendre place et s’emparer du micro.

Une fois encore, je n’étais pas prêt. Mais je n’ai clairement pas à m’en plaindre cette fois.

Dès les premières paroles, j’écarquille les yeux comme je ne l’ai jamais fait de ma vie et seul un réflexe salvateur me fait lever la main devant ma bouche pour cacher à quel point la mâchoire me tombe sur les genoux.  Là devant moi, Hisao se donne à fond sur une chanson beaucoup trop haute pour sa voix – Mais c’est atrocement faux ! – sans même négliger les chœurs féminins alors que ces derniers ne lui réussissent vraiment pas. Oh, et quand je dis qu’il se donne à fond, ai-je oublié de préciser qu’il danse ? Oui Monsieur, il danse alors qu’il est sobre comme un chameau – Mais c’est complètement improbable ! – et sans trop de mal par-dessus le marché ! Mais de combien de surprises regorgent encore cet homme ? Et surtout, comment voulez-vous – Mais c’est incroyablement drôle ! – que je résiste à un truc pareil ?

Dès la deuxième volée de chœurs, malgré tous mes efforts pour me retenir, je ris aux larmes. Je ne peux rien maîtriser. Dès que j’essaie de reprendre le contrôle de mon corps, il se remet à chanter, à danser ou les deux à la fois et je suis bon pour une nouvelle crise d’hilarité irrépressible. Inutile de préciser que le charme est rompu par rapport à la chanson précédente – Je m’attends presque à voir la comptable débarquer à nouveau pour nous dire de baisser le son – et que ça fait un bien fou. Moi qui avais peur que de la tension subsiste et nous gâche la soirée, je ne pourrais pas être plus détendu que maintenant alors que je peine à reprendre mon souffle et que mon ventre me fait souffrir le martyr. Je n’ai toujours pas fini de rire comme un bossu quand Hisao termine son chef d’œuvre – Heureusement que je suis passé aux toilettes, au final – et je dois faire un effort surhumain pour redevenir capable d’articuler une phrase cohérente :

« Je… Si jamais un jour, j’ai… l’occasion de rencontrer ce… ce héros de la nation, je jure que je lui serre la main et que je lui paie une bière… À la pinte ! Pour son enseignement merveilleux. C'est lui qui... qui t'a appris à danser aussi ? Oh God… Mes abdos… »

J’ai fait mon sport de la soirée en trois minutes de chanson, c’est fantastique. Tout ça grâce à cet Hikaru que je n’ai vu qu’en photo et qui a eu la bonne idée d’exploiter son petit frère – Pourquoi je n’ai jamais fait pareil avec cette andouille de Karson ? – pour l’accompagner sur une chanson. Le gaillard fait un bond dans mon estime, ne serait-ce que parce qu’il a sauvé notre soirée sans le savoir. Quand Hisao revient s’asseoir pour se reposer un peu après son show inattendu, je suis aussi épuisé que lui et je vais certainement me commander une petite cochonnerie à manger moi aussi. Je lui pardonne son choix de boisson avec un sourire complice :

« Je ne vois pas où est le problème. J’aime beaucoup celui au melon. »

Et puisqu’il me laisse le choix, je prends un bento tout prêt pour lui avec du riz sauté, des légumes au sel et des boulettes de viande, une cup de ramens instantanés goût crevette pour moi – Heureusement que tu es généraliste et pas nutritionniste, Ashton – et des chips de patates douces pour grignoter pendant le reste de la soirée – Tu n’aurais pas de quoi être fier autrement – Soirée qui se déroule à la perfection après ça.

Avoir ri un bon coup et mangé quelque chose nous fait beaucoup de bien et après une toute petite, minuscule, insignifiante cigarette digestive, nous sommes repartis pour dégommer la playlist. En fait de dégommer, nous finissons par en changer au bout d’une heure – Another Brick in the Wall – histoire de varier un peu les plaisirs – Cult of personnality – mais toujours du côté occidental car je serais vraiment infichu – Pedestrian at Best – de chanter convenablement en japonais. Ça ne m’empêche pas d’essayer une fois ou deux et le résultat est à la hauteur de mes espérances : catastrophique. Évidemment, quand on ne lit pas les kanjis assez vite, qu’on trébuche sur chaque phrase et qu’on finit par rire tout seul de son piètre niveau – Pon ! Pon ! Dashite- Bon sang mais comment font ces gamines pour chanter si haut et rester sérieuse avec de telles fringues ?! – c’est assez prévisible. Heureusement pour moi, j’aime beaucoup rire de moi-même et je ne m’inflige pas cette torture bien longtemps. Nous changeons de playlist, donc. Et là…

« Oh… »

… Arrive sa Seigneurie…

« Euh… »

Lady Gaga – Alejandro, en plus –

Je me fige un instant, peu certain de l’attitude à adopter. D’un côté, j’aime beaucoup, beaucoup cette artiste. De l’autre, je ne suis pas toujours certain de totalement l’assumer. Enfin, pas avec tout le monde. Et en même temps, chanter à pleine voix du Lady Gaga avec une sono de cette qualité – Il n’avait pas des CD chez lui ? – je n’en ai pas tous les jours l’occasion. Incapable de me décider, je – Suis absolument sûr qu’il avait des CD chez lui – jette un coup d’œil vers Hisao, comme s’il pouvait m’aider à décider de la marche à suivre…
 



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(#) Re: [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao]  [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao] EmptyLun 14 Sep 2020 - 2:05

Il n’était plus habitué à voir quiconque s’esclaffer devant sa prestation sur Pretty Fly. C’était un spectacle presque intime : Seules Anaïs et Kana étaient habitués à le voir livrer cette performance – lorsqu’il était avec son frère entre autres, il s’était accoutumé à leurs rires. Ashton était la première personne extérieure à assister à la chose depuis des années. Quelques anciens amis proches l’avaient déjà vu, mais ça remontait à la fac. C’était loin, très loin.

Et il avait oublié ce que ça faisait d’amuser la galerie. Timide et réservé comme il l’était, il ne l’avait pas souvent vécu et il en avait perdu le cran au fil des années. Hisao comprenait soudainement bien mieux son frère et sa fille : Il y avait quelque-chose d’incroyablement satisfaisant dans le fait de réussir à faire rire quelqu’un après s’être autant dépensé pour y arriver. Néanmoins, lorsque son numéro toucha à sa fin, il ne put s’empêcher d’accompagner son collègue dans son rire.

« Je t’assure qu’il t’insupporterait sérieusement au bout de dix minutes », épuiser les gens était l’un des plus grands talents d’Hikaru. Que ce soit à quinze ans ou à trente-neuf, son frère n’avait jamais perdu une once d’énergie et mettait cette dernière au service d’objectifs divers et variés : Enchaîner les mauvaises blagues, faire passer Hisao pour un tyran sans cœur, drainer l’énergie vitale des gens qu’il n’aimait pas dans les soirées où il était invité et surtout, essayer de décrédibiliser son frère auprès de sa fille. « Et je t’arrête tout de suite, c’est moi qui lui ait appris à danser. Pas l’inverse. »

Il dansait toujours aussi mal, cela dit. Et si Hikaru appréciait particulièrement remettre la faute sur son frère en le traitant de mauvais professeur, Hisao se faisait un malin plaisir de lui renvoyer la balle en l’accusant d’être le pire élève que j’ai jamais vu de ma vie, ce n’est quand même pas de ma faute si tu es aussi raide qu’un bambou.

Et se défouler un peu avait eu l’effet escompté : Entre rire et souffle court, la tension avait disparu des épaules d’Hisao lorsqu’il s’assit à côté de son collègue. Il décida qu’il aurait tout le temps de se torturer une fois seul – tant qu’il était avec Ashton, il voulait profiter. Lentement mais sûrement, il se sentait de plus en plus à l’aise en sa compagnie et l’idée lui faisait un bien fou.

Au moins autant que ce bento qu’il avait choisi pour lui, ou que cette Ramune pour se désaltérer. Leur petit repas fut de très courte durée parce que visiblement, chanter n’attendait pas. Ils écumèrent le rock occidental jusqu’à l’overdose – et Hisao eut l’occasion de faire découvrir son amour pour Joan Jett à Ashton à travers Bad Reputation et I Hate Myself For Loving You – en passant de classique en classique – I Was Made For Loving You de KISS, ou encore Burn It To The Ground de Nickelback qu’Hisao assumait totalement apprécier sans une once de honte. Après cela, les playlists défilèrent tandis qu’ils n’arrivaient tout simplement pas à choisir chaussure à leur pied. Jusqu’à ce qu’Hisao appuie – accidentellement – sur une playlist sobrement nommée « Guilty Pleasure Songs ».

Le chaos débuta. Ce fut Ashton qui paya en premier avec Kyary Pamyu Pamyu, mais Hisao ne fut pas en reste lorsque Pink Lady sortit son nez de nulle part ou qu’il accepta de chanter Daddy de PSY à contre-cœur, alors même qu’il ne parlait pas un mot de coréen. Inutile de dire que ce fut un véritable fiasco, une nouvelle crise de rire et plus le temps passait, plus il se laissait porter par les mélodies et laissait son corps bouger en rythme avec la musique. Et puis—

Lady Gaga.

Lady Gaga.

Ses sourcils se haussèrent subitement et il fit de son mieux pour camoufler son attrait pour la chanteuse. À force d’entendre Kana en chanter et en diffuser à travers l’appartement pendant qu’elle prenait sa douche, qu’elle étudiait ou rangeait sa chambre—Hisao s’était surpris à apprécier à écouter quelques titres dans son coin. « Guilty Pleasure Songs » portait atrocement bien son nom. Gardant un air aussi innocent que possible, il croisa le regard d’Ashton et son sang ne fit qu’un tour. Un léger sourire au coin des lèvres, Hisao croisa les bras et haussa les épaules, l’air détaché et peu sérieux. C’était sans mal qu’il voyait la pointe d’hésitation dans son regard et il avait bien l’intention d’en profiter.

« Si tu la connais et que tu l’aimes bien, fais-toi plaisir », lui assura-t-il. « Ce qu’il se passe au karaoké reste au karaoké », et sera très bien conservé dans un coin de ma tête, omit-il volontairement de dire.

Alors Ashton chanta, se déhancha sur Alejandro de Lady Gaga, avec une passion qui lui ressemblait et Hisao n’arriva tout simplement pas à s’enlever de la tête qu’il le trouvait absurdement sexy—d’une manière très différente de celle qui lui avait traversé l’esprit lorsqu’il avait chanté sur Need You Tonight, mais le fond de sa pensée était le même. Il prit sur lui tout du long pour contrôler ses pulsions superflues et indésirables et se contenter d’apprécier le spectacle à sa juste valeur. La voix de Lady Gaga était haute, mais ses chansons n’étaient pas inadaptées aux tessitures basses et ce fut précisément pour cette raison qu’Ashton n’eut aucun mal à suivre la cadence, livrant une performance à couper le souffle – comme toutes les précédentes. Mais tout en sachant ce que représentait cette chanson et ce qu’incarnait Lady Gaga—il y avait une toute nouvelle dimension à sa façon de bouger son corps en rythme avec la musique.

Lorsque son show toucha à sa fin, Hisao ne put tout simplement pas se retenir de frapper dans ses mains à son tour pour l’applaudir. Il jeta un œil à la tablette pour anticiper ce qui viendrait ensuite et un large sourire se dessina sur ses lèvres. Ashton ne s’était même pas encore assis qu’Hisao attrapa son propre micro et se leva du canapé. Attendant patiemment que quelqu’un appuie sur son bouton « Play », la tablette joua les premières notes de l’instrumentale de Born This Way. Le hasard était si bien fait.

« Je viens seulement de me rappeler qu’il y avait un mode duo », fit-il avec une mine faussement innocente. « Et puisque j’aime tout autant Lady Gaga que toi, que je ne peux juste pas laisser passer l’occasion et que tu es incroyable dessus », un peu plus et il lui aurait lancé un regard suppliant. « Veux-tu faire celle-ci en duo avec moi ? » Demanda-t-il en désignant l’espace vide à côté de lui alors qu’il s’était avancé sur le devant de leur petite scène. Il marqua une pause et inclina doucement la tête sur le côté, légèrement amusé. « S’il te plaît ? »

S’il était déloyal ? Totalement. Mais Hisao ne s’était pas amusé comme ça depuis si longtemps et même s’il n’oubliait pas la soirée mémorable qu’il avait passé avec Ashton durant les vacances, il avait oublié ce que ça faisait de ressentir toutes ces choses-là en ayant pleine possession de ses moyens. Pas une goutte d’alcool pour altérer ses sens, il vivait pleinement l’expérience et même si sa réserve le rappelait parfois à l’ordre—il essayait et réussissait à se lâcher un peu plus.

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(#) Re: [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao]  [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao] EmptyLun 14 Sep 2020 - 11:13


 

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Évidemment, je suis démasqué presque aussitôt et – Qu’est-ce que c’est – Hisao m’encourage à embrasser mon destin autant que cette chanson pendant que lui – Que ce petit sourire ? – se délecte du spectacle. C’est-à-dire en me laissant chanter tout seul. Je le gratifie aussitôt de mon expression la plus scandalisée, portant dramatiquement la main à ma poitrine. Pas que je me sois privé de faire de même pendant qu’il émiettait les dernières parcelles de sa crédibilité sur PSY mais en ce qui me concerne – Je sais que tu as les CD chez toi, faux frère – je ne crois pas une seule seconde à ce petit air innocent. Mais puisqu’on me met une fois de plus au défi, je relève théâtralement le menton (non sans un minuscule sourire en coin car je m’amuse en réalité comme un petit fou) et lance la musique. Et ma propre crédibilité étant déjà aux orties depuis un moment, je décide qu’Hisao en aura pour son argent, me décale par rapport à l’écran pour ne pas lui tourner le dos cette fois-ci et je laisse parler la Lady en moi.

La hauteur est un peu complexe mais clairement pas hors de ma portée – J’ai connu un Alejandro moi aussi  – avec un peu d’efforts. J’ai donc pas trop de mal à consacrer l’essentiel de mon énergie au jeu de scène et – C’était une vraie dramaqueen – je me fais plaisir. Puisque nous ne sommes que tous les deux, ça fait un moment que j’ai remonté les manches de ma chemise et ouvert les deux premiers boutons parce qu’il fait bien plus chaud dans cette pièce qu’en début de soirée. Tout au long de la chanson, je soulève mes cheveux, effleure mon visage, pousse l’audace jusqu’à caresser parfois mon torse et mes hanches avec tout le maniérisme dont je suis capable. En un mot, je mets à profit le temps honteusement long que j’ai passé devant le clip quand il est sorti et que les danseurs m’ont rendu fou pendant des semaines. Et, puisqu’il l’a quand même un peu cherché, je ne me prive pas pour regarder Hisao droit dans les yeux de temps en temps, le pointant sensuellement du doigt avant de me détourner comme une diva – Don’t call my name – Quand ça se termine, je ne regrette finalement pas une seule seconde qu’il m’ait laissé me dépatouiller. Je me suis vraiment bien amusé. Ce qui ne m’empêche d’être de nouveau outré quand la chanson suivante s’affiche à l’écran et qu’il me rejoint l’air de rien, comme un prince, en se rappelant d’un seul coup qu’on peut chanter à deux et – Je le SAVAIS !!! – qu’il est aussi fan que moi. Je plisse les yeux pour lui faire le regard du jugement, dont l’effet est complètement saboté par le fait que je ne retiens qu’à grand peine mon sourire.

« Donc, tu es en train d’avouer de ton propre chef que tu m’as délibérément laissé me démerder sur Alejandro alors que tu aurais pu chanter avec moi dès le départ. »

Oh, si ce n’était que ça. Voilà que Monsieur me prend par les sentiments : son geste, son invitation et le petit éclat de malice dans ses yeux suppliants me mettent un coup au cœur et je reste immobile une seconde. Il y a quelque chose de vraiment troublant à voir Hisao relâcher la pression, quitter sa réserve et prendre l’assurance nécessaire à ce genre d’attitude. Cette fulgurance de charisme me fait à nouveau sentir le danger – Bourré ou non, il a vraiment beaucoup de charme – l’espace d’un instant. Juste un instant avant que je ne décide que j’ai beaucoup trop envie de chanter cette chanson et que je maîtrise suffisamment la situation pour ne pas me laisser avoir comme une midinette par son petit sourire. Je ne suis pas né de la dernière pluie non plus et moi aussi j’ai un ou deux as dans ma manche. Sourcil relevé et sourire espiègle en coin, je porte la main à mon épingle à cheveux, la retire avec grandiloquence pour la poser sur la table basse et secoue la tête avec panache avant de lancer la chanson.

« En piste, my Lord. »

Non mais. Ni une ni deux, nous avons ainsi l’occasion de découvrir les joies du mode duo, où nous chantons tour à tour les couplets avant de nous rejoindre sur les refrains. Ma performance est globalement la même que sur Alejandro, à une exception près : cette chanson étant inscrite en lettres de feu au Panthéon de l’univers comme étant ma préférée de tous les temps, je débloque des réserves spéciales d’énergie – I'm beautiful in my way, 'Cause God makes no mistakes ! – et j’ai le sourire aux lèvres du début à la fin. Même lorsque je fixe Hisao dans les yeux quand viens mon tour sur les couplets ou que nous nous lâchons tous les deux sur les refrains. Et, après le fou rire qu’il m’a offert sur Pretty Fly, c’est le moment le plus libérateur et le plus jouissif – I'm on the right track baby, I was born this way ! – de toute cette soirée, notamment parce qu’il est aussi déchaîné que moi. Si j’avais encore des doutes sur ses talents de danseur, ils ne sont plus permis. Il n’a rien à m’envier en termes de mouvements outranciers et je me répète mais je suis époustouflé – Je crois que je ne l’ai jamais vu – de le voir dans un tel état, lui qui était raide comme un piquet à deux mètres de moi cet après-midi encore. Une partie de moi a conscience que je n’assisterai pas de nouveau à ce spectacle de si tôt et – Aussi souriant – je ne peux en détacher mon regard.

Quand la musique s’arrête, je suis tellement ravi que je me laisse retomber avec un « Wouhouuuu ! » jubilatoire sur le canapé, à bout de forces. Une retouche maquillage s’impose dans peu de temps, j’ai tellement transpiré…

« C’est le genre de chansons que j’aurais adoré avoir à 17 ans… Et un partenaire de danse pareil aussi, d’ailleurs. Je vous tire mon chapeau bien bas, Tenma-san ! Nous avons atteint la perfection ! »

Même le score le dit.
 



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(#) Re: [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao]  [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao] EmptyLun 14 Sep 2020 - 12:32

Le fait que l’atmosphère se soit détendue depuis le début de la soirée n’empêcha absolument pas la tension sexuelle de s’installer de nouveau. Mais Hisao était bien trop occupé à se donner à fond pour ne pas décevoir son collègue qui lui donnait ses meilleurs pas de danse et dont le chant n’avait rien à envier au corps. L’aise dont il faisait preuve aux côtés d’Ashton était un témoin de toute la confiance qu’il lui accordait – sans vraiment savoir pourquoi, d’ailleurs, ce qui était tout particulièrement effrayant – et sa timidité n’hésitait pas à resserrer son emprise de temps à autre.

Tu vas t’en vouloir. Il se moquera sûrement de toi dès qu’il en aura l’occasion et que l’euphorie prendra fin.

Mais tout était trop puissant autour de lui pour qu’il écoute cette petite voix qui essayait de l’arracher à sa joie. Ashton et son déhanché endiablé, chacun de ses mouvements portés avec toute la provocation du monde. Hisao n’avait absolument pas regretté son choix, pas même une seule seconde. Avec un brin de culpabilité, il avait apprécié son show privé avec toute l’envie du monde, peinant à contenir l’embarras alors que son collègue le pointait du doigt, replaçait sa main sur sa poitrine et manquait d’effleurer ses hanches.

C’est beaucoup trop, pensa-t-il alors que son esprit classa cette performance au panthéon de toutes celles qu’il avait vu ce soir. C’est beaucoup trop, pensa-t-il naïvement alors même qu’il ne s’attendait pas une seule seconde à ce que l’expérience suivante mette un énorme coup de pied dans toutes les barrières mentales qu’il s’était imposé au cours de la soirée.

Parce qu’Ashton accepta. Oh, il accepta aussi déterminé que possible et la lueur de défi dans ses yeux fit naître une pointe d’excitation inextinguible dans sa poitrine. Quelque-chose de si fort qu’il lui arracha un sourire parfaitement incontrôlable alors qu’il prenait place à côté de lui.

My Lord. Il recommence.

Mais trop tard pour y penser. Les basses résonnèrent dans la pièce, et ce fut Ashton qui ouvrit la danse avec le premier couplet. Hisao ne perdit pas une seule miette du spectacle qui s’offrait à lui. S’il pensait une seule seconde avoir tout vu depuis son canapé, c’était sans compter sur le fait qu’il pouvait désormais vivre toute cette passion, toute cette ardeur – debout et à un mètre de l’homme qui le tourmentait littéralement depuis qu’il avait posé un pied à l’intérieur de ce box.

Et les pensées parasites n’en étaient plus vraiment. Elles l’aidèrent presque à supporter la soudaine chaleur environnante tandis qu’il dût donner de sa personne à son tour. « There’s nothing wrong with loving who you are ». Tant pis s’il se perdait sur le chemin de l’attirance. C’était agréable pour le moment, et il accepta de se dire que ça le ferait peut-être souffrir. She said, « Cause he made you perfect, babe ». Un regard en coin bien placé entre deux ondulations de ses hanches et un geste évocateur. « So hold you head up girl and you’ll go far, listen to me when I say ». Tant pis, parce qu’il passait une soirée d’enfer et il ne voulait pas que ça s’arrête à cause de ça. Il ne voulait pas tout gâcher sous prétexte qu’il trouvait son partenaire attirant.

« I’m beautiful in my way, ‘cause god makes no mistakes ! I’m on the right track, baby I was born this way ! »

Main sur la poitrine, yeux clos et sourire aux lèvres, Hisao ne s’était tout simplement jamais autant amusé sobre sans que son frère ne soit impliqué dans l’équation. Et il n’arrivait tout simplement pas à croire que le responsable de tout ceci était encore en froid avec lui ce matin-même. Mais n’était-ce pas l’une des choses qui lui donnait le plus de charme ? Cette imprévisibilité qui ne l’agaçait pas, alors qu’elle aurait dû.

Son regard croisa le sien à plusieurs reprises, et alors qu’il peinait habituellement à soutenir ce dernier—il n’avait plus aucune envie de s’en décrocher actuellement. Alors même que la chanson touchait à sa fin et qu’il n’était plus bon de rester scotché à ces iris envoûtants.

Le cri de victoire d’Ashton lui arracha un bref rire alors qu’il se laissa aller sur le canapé à son tour, reprenant lentement son souffle.

« Arrête », dit-il en balayant doucement l’air de la main. « Ça fait beaucoup trop longtemps que je n’ai pas dansé ainsi pour être digne de tes compliments », les souvenirs auraient pu être douloureux, mais il n’avait juste pas envie de se laisser gâcher le moment. Il en était tout bonnement incapable. « Par contre, je pense que ta propre prestation est inégalable. De très loin », et unique aussi.

Une gorgée de Ramune et une respiration régulière retrouvée plus tard, Hisao se pencha vers la tablette, sans appréhension aucune et—

« Oh », boost de sérotonine instantané. « Je l’aime beaucoup, celle-ci. »

Il se releva sans désenclencher le mode duo – parce que c’était encore plus amusant que tout le reste.

« Par contre, elle ne se prête pas du tout à nos voix », ajouta-t-il avec un petit rire.

Pour le coup, Gloria Gaynor avait une tessiture bien trop haute pour qu’il puisse rivaliser ne serait-ce qu’une seconde. Mais est-ce qu’ils en avaient réellement quelque-chose à faire ? Après Pretty Fly et Pink Lady, Hisao avait déjà perdu toute sa crédibilité. Pourquoi se priver ?

Le piano débuta et la chanson avec. Cette fois-ci, ce fut à lui d’emboiter le pas. At first I was afraid, I was petrified. Même s’il était incapable de tenir les notes aussi longtemps que la chanteuse et que sa performance était terriblement mauvaise, elle restait l’une de ses préférées lorsque venaient les fêtes – et notamment le Nouvel An, où elle était considérée comme un véritable classique. Kept thinking I could never live without you by my side. Elle était une sorte de promesse de renouveau, et même si Hisao n’avait aucune raison amoureuse de s’identifier à cette dernière, elle représentait une bonne partie des relations de sa vie. But then I spent so many nights thinking how you did me wrong. Il avait enchaîné défaite sur défaite, en amour, en famille, en amitié. And I grew strong. And I learned how to get along. Il avait fini par apprendre à s’affirmer. Avait tout envoyé se faire foutre, parce qu’il en avait eu marre d’être traité comme s’il n’avait aucune valeur. And so you’re back, from outer space. I just walked in to find you here with that sad look upon your face. Même si toutes ces choses-là lui avaient fait perdre confiance en lui et qu’il en souffrait aujourd’hui, il savait ce qu’il valait. I should have changed that stupid lock, I should have made you leave your key. Son frère et sa fille s’en étaient assurés. If I’d known for just one second you’d be back to bother me.

« Go on now, go ! Walk out the door ! » Ashton se joignit à lui sur le premier refrain, et même si les premiers vers avaient été chantés avec un peu plus d’émotions, il retrouva sa fougue et son sourire en un rien de temps. « Just turn around now, ‘cause you’re not welcome anymore ! Weren’t you the one who tried to hurt me with goodbye ? » Et dans un coin de sa tête, il se doutait que cette musique devait avoir un certain sens pour son collègue. Après avoir passé vingt ans enchaîné à quelqu’un de toxique pour lui, elle mettait le doigt sur un point sensible—et Hisao espérait du fond du cœur qu’elle n’installerait pas une mauvaise ambiance. C’était la dernière chose qu’il voulait. « Did you think I’d crumble ? Did you think I’d lay down and die ? » Il s’amusait beaucoup trop pour ça. Et tout y était, une fois de plus. « Oh no, not I ! I will survive ! Oh, as long as I know how to love, I know I’ll stay alive », sa gestuelle, ses pas de danse, son regard. « I’ve got all my life to live, and I’ve got all my love to give, and I’ll survive », et même si son corps lui imposait des limites, dans sa tête la soirée ne faisait que commencer. « I will survive ! Hey, hey ! »

Et c’était à son tour. Après avoir tout donné, il ne décrocha plus son regard d’Ashton. Curieux à l’idée de voir ce qu’il avait encore dans le ventre après tout ce qu’il avait déjà donné.

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« Oh, je t’en prie ! Le temps ne fait rien à l’affaire, on dirait que tu as fait ça toute ta vie ! Et moi je suis épuisé… Mais juste pour l’instant, promis. »

Hors de questions de s’arrêter là. Il est quoi, minuit ? Une heure ? C’est le week-end, on peut s’égosiller jusqu’à l’aube si on veut ! Et si on se fend la poire comme ça à chaque fois, on revient chaque semaine ! Le plan sonne parfaitement dans ma tête et je me dépêche d’avaler la fin de ma boisson pour pouvoir le mettre à exécution. Jusqu’à ce que je reconnaisse la chanson suivante.

Pris par surprise, il me faut un moment pour réaliser qu’Hisao s’est levé aussitôt, bien décidé à donner de la voix dessus. Mais ce n’est pas parce qu’il a entièrement raison au sujet de nos voix qui seront aux fraises à cette hauteur que je ne le rejoins pas immédiatement. C’est parce que mon cœur s’affole dans ma poitrine à l’idée de l’accompagner. Ça fait des années que je n’ai pas écouté Gloria Gaynor et je ne suis pas certain de pouvoir chanter cette chanson aujourd’hui, pour une raison qui me fait honte.

J’ai vécu dans ma chair ce dont elle parle – J’étouffe avec toi – Je me suis tenu en tremblant dans mon salon soudain devenu une terre hostile – Tu es trop compliqué à gérer – foudroyé par le départ de l’homme que j’aimais et qui m’avait pourtant abandonné sans difficulté. Et j’ai cru mourir, j’ai cru m’étouffer dans le vide de sa présence, le trop plein de son absence qui me privait de sommeil, d’appétit, d’horizon – C’est mieux pour nous deux si on arrête là – de tout ce qui pouvait me donner envie de respirer. Et j’ai hurlé tout ma rage et ma détresse dans ce même salon, après avoir chassé cet homme odieux qui m’avait méprisé une fois de trop. Mais la vérité, c’est que j’ai fui – J’ai commis une erreur – Je l’ai rejeté, puis je me suis enfui à l’autre bout du monde pour ne plus jamais avoir – Tu m’as manqué – à me confronter à lui. S’il réapparaissait demain devant ma porte – Toi et moi, c’est pour la vie – avec son sourire et ses yeux et ses promesses que je sais vides de substance – Je veux retrouver ton petit goût d’infini – serais-je capable de le repousser à nouveau ? Ai-je vraiment changé, suis-je réellement assez fort ? Pourrais-je tenir bon et lui dire – S’il te plaît Ash, laisse-moi entrer – lui dire « Va-t-en, tu n’es plus le bienvenu » ? Je n’en sais rien… Mais il y a une chose que je ne peux pas ignorer en revanche, alors que je me perds dans ces questions sans réponse.

Hisao chante et danse face à moi. Il se laisse de nouveau aller sur la musique même si sa voix peine à suivre, sans s’en soucier une seule seconde alors que sa réserve habituelle a de nouveau disparu. Il s’investit dans les paroles avec fougue, avec ses gestes et ses pas de danse et ses regards qui chargent peu à peu mon sang d’une forme de courage. Je le sens battre dans mes veines. J’ai toujours peur mais – Il n’est plus là aujourd’hui – sans que je sache comment ni pourquoi, je finis par me lever du canapé et attraper mon micro malgré mes tremblements lorsque le refrain approche. Ce n’est qu’une chanson, et pourtant c’est plus que ça. Et de la même façon qu’il y a deux semaines, lors d’une confidence que j’aurais du retenir – Rien ne sera jamais gâché – il est là. Que ce soit son front contre le mien ou ses yeux qui me brûlent de leur intensité, il me soutient même s’il ne sait pas tout – Tant que tu es là pour redresser la barre – Et c’est suffisant pour que je me sente capable d’un ridicule acte de bravoure.

Le début est difficile – Go on now, go. Walk out the door ! – À mon grand dam, ma voix tremble un peu et je dois faire un effort pour lui redonner l’assurance dont elle a besoin pour s’adapter comme elle peut à la hauteur de la mélodie. Et puis, peu à peu – Just turn around now 'cause you're not welcome anymore – l’ardeur d’Hisao devient contagieuse, j’accepte de me laisser emporter et – Weren't you the one who tried to hurt me with goodbye – la peur reflue. Elle disparaît, dépouillant au passage le souvenir de Messiah de toutes les épines qu’il enfonçait sous ma peau – Did you think I'd crumble ? Did you think I'd lay down and die ? – et l’adrénaline rugit dans mes veines. À ma grande surprise, je découvre que j’étais à deux doigts de passer à côté de cette chanson formidable – Oh, no, not I ! I will survive ! – et que c’est proprement scandaleux. Je m’emploie aussitôt à corriger cette erreur monumentale.

Comme un défi lancé au passé, je redeviens aussi flamboyant que dans le reste de la soirée. Je cale mes pas – Oh, as long as I know how to love I know I'll stay alive – sur ceux d’Hisao pour danser avec lui, répondre à ses gestes par les miens, faire voler mes cheveux avec insolence. Oubliant l’angoisse que m’inspirait cette chanson à l’idée de ne pas être capable de ce qu’elle célèbre, je l’embrasse à corps perdu. Les mots sont les miens – I've got all my life to live, I've got all my love to give – la colère est la mienne et face à moi, en plus d’Hisao à qui je dirai toute ma gratitude pour ce moment en temps et en heure – And I'll survive, I will survive, hey, hey – il y a un fantôme que j’exorcise le temps d’une soirée.

« It took all the strength I had not to fall apart ! Kept trying hard to mend the pieces of my broken heart ! »

– Je serai toujours là – Ce n’est pas vrai.

« And I spent, oh, so many nights just feeling sorry for myself, I used to cry but now I hold my head up high ! »

– Je te le promets – Ce n’est pas vrai.

« And you see me somebody new, I'm not that chained-up little person still in love with you ! »

– Je te le jure – Ce n’est pas vrai.

« And so you felt like dropping in, and just expect me to be free ! »

– Je t’aime – Ce n’est pas vrai. Et je n’ai plus besoin de toi à présent.

« And now I'm saving all my loving for someone who's loving me ! »

Si je regarde Hisao en chantant ces paroles, c’est parce qu’il va bientôt me rejoindre sur le refrain que nous finissons ensemble de façon grandiose. Quand la chanson se termine, je suis tellement épuisé que j’en ai les jambes qui tremblent – Cette fois c’est sûr – et je me laisse tomber avec un gémissement d’agonie, le front luisant de sueur – Mon maquillage est bon à jeter – Posant les yeux sur Hisao, je laisse échapper un petit rire essoufflé :

« Si j’ai encore un soupçon de voix demain, ça sera un foutu miracle… Je demande humblement cinq minutes de pause, j’ai besoin d’une boisson chaude. »

C’est nécessaire si nous voulons continuer et en ce qui me concerne, je veux continuer. Non seulement je vis la meilleure soirée de mon existence, mais surtout je ne veux pas rester sur cette chanson. Même si elle m’a fait plus de bien que je ne saurais le dire, elle est trop chargée en émotion. J’espère qu’on tombera sur d’autres trucs ridicules, je les appelle de mes vœux. Commandant un lait au miel – Ils ont vraiment tout prévu, incroyable – sur la tablette, je la passe ensuite à Hisao s’il veut lui aussi quelque chose, avec un sourire :

« Tu prends feu à chaque fois sur cette chanson ? »
 



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(#) Re: [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao]  [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao] EmptyMar 15 Sep 2020 - 14:04

Ce n’était pas dans ses habitudes.

Hisao n’était pas celui qui poussait les autres. C’était plutôt l’inverse—on l’entraînait, on lui montrait l’exemple et de fil en aiguille il se laissait influencer. Il se laissait prendre au jeu dans lequel on le plongeait et finissait par se lâcher, par s’appliquer, pas se conformer à ce qu’on attendait de lui. Ce n’était pas aussi terrible que ça en avait l’air, mais avec si peu d’aisance en société, c’était la seule manière qu’Hisao avait trouvé pour s’intégrer un minimum.

Hisao n’était pas celui qui poussait les autres.

Ou peut-être que si. N’était-ce pas ce qu’il faisait tous les jours dans son fauteuil, face à ses patients ? Hisao ne s’était jamais vu ainsi—il ne s’était jamais considéré comme un coach de vie, comme quelqu’un qui motive à aller de l’avant, comme celui qui entraînait les autres à aller dans un sens ou dans l’autre.

Il n’aidait pas les gens à avancer—il leur apprenait à le faire d’eux-mêmes. Sans aide extérieure. Tout le travail effectué était le fruit de leurs efforts—lui ne faisait rien de plus que mettre le doigt sur des douleurs dont ils n’avaient même pas conscience. Tout ceci dans le but d’éveiller des questions intérieures qui n’avaient jamais été effleurées, questions auxquelles il aidait à trouver des réponses—mais sans jamais les trouver lui-même.

Il n’était rien de plus qu’un support.

Ça s’appliquait dans son travail principalement, mais aussi dans la vie de tous les jours. Il écoutait bien plus qu’il ne parlait, s’était forgé des épaules d’acier pour encaisser tout ce qu’il y avait à encaisser au prix des rares amitiés qu’il avait réussi à nouer par le passé. Il ne s’en plaignait pas—c’était un mode de vie qu’il avait choisi et qui lui convenait.

Alors ce n’était pas dans ses habitudes. Pourtant, lorsqu’Ashton resta assis un instant avant de le rejoindre, il décida de garder cet air déterminé qui lui ressemblait si peu. Il décida de suivre sa ligne directrice, de ne pas reculer devant l’hésitation et l’incertitude de son collègue. Il se doutait des raisons qui le poussaient à rester assis – il n’en avait eu qu’un bref avant-goût dans sa salle de bain, mais il n’avait pas besoin d’en savoir plus. Savoir que cette histoire était allée jusqu’à marquer sa peau était largement suffisant pour qu’il mesure l’ampleur des dégâts. Et il ne lui en voudrait pas de ne pas se lever. Il ne lui en voulait même pas à cet instant précis, il ne voulait pas lui offrir sa pitié – Ashton méritait bien mieux que ça – et le meilleur moyen qu’il trouva pour le lui montrer fut de danser, chanter comme si plus rien n’existait autour de lui.

L’entraîner à son tour, lui donner un peu de courage pour qu’il oublie le sens qu’avait cette musique pour lui – ou l’accepte – et ne pense plus à rien d’autre.

Et les coins de ses lèvres s’étirèrent en un sourire on-ne-peut-plus sincère lorsqu’il vit Ashton finalement le rejoindre. Les premiers vers du refrains étaient hasardeux, chantés sans grande conviction mais chantés quand même. Mais ce ne fut strictement rien face à la sensation chaude et enivrante qui irradia sa poitrine lorsqu’il se rendit compte que l’incertitude s’estompa lentement pour laisser place à la même passion dont Ashton avait fait preuve plus tôt. C’était un entrain différent, une ferveur qui n’avait plus seulement pour vocation d’enflammer la – modeste – piste de danse, cette fois-ci c’était comme si c’était lui qui s’embrasait tout entier.

Comme s’il envoyait se faire foutre chacun de ses démons—un par un. Et c’était un spectacle, c’était toujours un spectacle. Hisao ne décrocha pas son regard de lui une seule seconde, plongea ses yeux dans les siens et bougea inconsciemment ses lèvres en l’accompagnant silencieusement sur les paroles alors que les derniers refrains arrivaient et—

And now I’m saving all my loving for someone who’s loving me !

Le sourire d’Hisao se mua en un « o » soudain, pris de court par le sens des paroles – et du regard – qui se heurta à lui avec une violence inouïe, soulevant son cœur dans sa poitrine et consumant sa peau dans une chaleur teinta ses joues et son cou—le força à détourner les yeux pour essayer de se concentrer sur l’écran dont la lumière l’aveugla un instant.

Le temps semblait s’être arrêté mais seulement parce que son esprit s’était fermé en urgence, assiégé par un torrent de pensées toutes plus incohérentes les unes que les autres. En réalité, le temps ne s’était jamais vraiment arrêté—au contraire, il défilait si vite qu’Hisao manqua les deux premières lignes du refrain, le regard perdu, le visage décomposé et le cerveau soudainement incapable de lire l’anglais—complètement décontenancé par ce qu’il venait d’entendre.

Une chanson. Ce n’est qu’une chanson. Et ce n’est pas un rendez-vous.

Il essaya de camoufler la chose autant que possible – malheureusement bien conscient que ça ne pouvait pas être passé inaperçu. Sauver les meubles était une question de vie ou de mort, et là tout de suite—il avait besoin d’espace. Mais il avait un refrain à chanter pour garder la face, alors il y jeta ses dernières forces en espérant que ça ferait l’affaire jusqu’à ce que les dernières notes ne s’estompent jusqu’au silence.

Ashton s’affala dans le canapé le premier et Hisao eut besoin d’une seconde avant de se rendre compte qu’il ferait mieux de faire pareil. Le problème n’était pas résolu pour autant—ses pensées l’étouffaient et il avait besoin d’air, mais sortir pour aller aux toilettes serait infiniment suspect après s’être égaré ainsi.

Alors il resta assis là, les épaules un peu tendues et essaya de ne pas figer son sourire sur son visage tandis qu’il essayait de faire le vide.

Non.

Il attrapa distraitement la tablette que son collègue lui avait tendu—comprenant avec trois plombes de retard ce qu’il venait de lui dire. Incapable de se concentrer sur la carte, il ajouta simplement un deuxième lait au miel dans leur panier avant de reposer la tablette sur la table.

Non, non, non, non. C’est physique. Uniquement physique.

Il prit une grande inspiration pour se ressaisir.

Je n’y connais pas grand-chose, mais je suis quasiment sûr qu’on ne déclare pas à quelqu’un qu’on l’aime en chantant I Will Survive. Et Ashton ne m’aime pas.

« Moi non plus », pause. « Euh—moi aussi, je voulais dire. Le lait au miel est une bonne idée. Surtout si ça dure encore. Enfin, je ne suis pas spécialement fatigué dans l’immédiat mais je sens que ça va commencer à tirer d’ici quelques heures », ajouta-t-il en riant légèrement, détendant difficilement et lentement son corps encore sous pression. « Désolé pour ce moment d’égarement. J’étais perdu dans mes pensées sur la fin. »

Il était préférable qu’il s’explique avant que le malaise ne s’installe pour de bon. Même s’il était troublé au plus haut point, il ne voulait pas ruiner l’ambiance pour autant. On n’a pas toujours ce qu’on veut, craignait-il.

Se concentrer sur ce que lui disait son collègue était déjà une bonne distraction. Sa réserve reprit momentanément le dessus alors qu’il passa nerveusement une main dans sa nuque. En feu ? Est-ce qu’il se moque de moi ? J’en ai trop fait ? Je voulais juste le mettre à l’aise.

« Je—l’apprécie et puisque ma fille l’aime aussi, alors on ne fait jamais les choses à moitié », c’était leur hymne à eux en quelques sortes. « Donc je dirais que oui », ajouta-t-il avec un sourire amusé mais incertain.

Ashton profita du temps que les commandes prirent à arriver pour aller aux toilettes et donna inconsciemment à Hisao l’espace dont il avait besoin depuis que la chanson s’était achevée. Il poussa un long soupir, car même s’il n’était pas exactement fatigué – ce qu’il venait de se passer l’avait épuisé mentalement. Il savait que cette pause suffirait à le ressourcer, qu’il arriverait à parfaitement reprendre ses esprits pour la fin de la nuit – mais c’était l’après qui l’inquiétait. Hisao se connaissait, lui et sa passion pour les films hollywoodiens qui se jouaient dans sa tête.

Lorsque son collègue revint des toilettes, les boissons chaudes avaient été apportées et Hisao avait déjà sa tasse en main. Il attendit qu’Ashton soit installé confortablement pour reprendre la parole.

« J’en déduis que le karaoké te plaît pour le moment ? Toujours pas fatigué ? » Lui demanda-t-il, avec une lueur de défi lointaine dans ses yeux.

Et le lait au miel faisait un bien fou – il remercia implicitement son état de stase désormais calmé qui l’avait poussé à commander la même chose qu’Ashton. S’il n’était pas loin d’être à bout mentalement, au moins son corps et ses cordes vocales pourraient encore tenir quelques heures.

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(#) Re: [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao]  [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao] EmptyJeu 17 Sep 2020 - 6:44


 

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Je ne l’ai pas remarqué tout de suite parce que j’étais trop pris dans la chanson et dans mon processus cathartique, mais Hisao n’était plus autant dedans à la fin qu’au début. Je me demande pourquoi. J’espère que je n’en ai pas trop fait, je ne me suis pas rendu compte à quel point j’étais passé dans un état second. Mais même maintenant que la chanson est terminée – Quoi, moi non plus ? – il a l’air un peu à côté de ses baskets. Je souris et balaye ses excuses – Lui non plus n’aura plus de voix demain ? – alors qu’il se joint à moi pour la pause. Je vais certainement profiter de ce répit pour retourner aux toilettes – En même temps, avec Pretty Fly et Pink Lady pour lui briser les cordes vocales, ce n’est pas étonnant – et me remaquiller. On ne fait pas ça en public, ça ne se fait pas.

« Il n’y a pas de mal. Il faut dire que ça fait un moment qu’on est là, on perd un peu la notion du temps. Et puis c’était sensationnel. Heureusement que tu étais là pour me montrer la marche à suivre au début. Moi, c’est là que je me suis perdu dans mes pensées… »

Je confesse cela avec un sourire timide, ne soutenant son regard qu’une seconde avant de baisser les yeux, incapable de donner forme à ma gratitude. J’y renonce rapidement. À mon avis, c’est encore trop frais, j’ai besoin de prendre du recul et je ne suis pas forcément le seul. Après tout, si Hisao est aussi déboussolé d’un seul coup, c’est peut-être parce que lui aussi avait des choses à évacuer sur cette musique. Lui aussi était particulièrement déchaîné et je ne suis pas une exception. Tous les hommes ont leur lot de douleurs et de cicatrices. Celles d’Hisao sont secrètes car il ne se livre pas facilement, voire pas du tout, et que nous ne nous connaissons pas encore assez mais elles existent forcément. Qui sait ce que pourrait signifier à ses yeux cette chanson si particulière ? Quelque chose au sujet de – Tu pars trop loin, Ashton – la mère de Kana, peut-être ? Après tout, elle n’était en photo nulle part dans son appartement alors que sa fille et son frère tapissaient les murs de sa chambre. Ça s’est peut-être mal fini entre eux ? D’autant que si – Beaucoup, beaucoup trop loin – mes savants calculs sont exacts et qu’il a à peu près trente-cinq ans comme je me l’imagine, il l’a eue jeune. Quoi que ce soit, il est évident que je ne lui ferai pas le moindre reproche pour s’être un peu perdu à la fin, bien au contraire. J’aimerais pouvoir être aussi présent et rassurant qu’il l’a été pour moi car sans lui je n’aurais pas réussi à me lancer et ça aurait été vraiment dommage. Je lui dois vraiment beaucoup…

M’excusant un instant le temps que les boissons arrivent, je m’éclipse cinq minutes pour me remaquiller aux toilettes – Waaah, le carnage – parce que j’en avais effectivement bien besoin. Heureusement que la pièce n’est pas très éclairée. Quand je reviens, ma tasse patiente sur la table basse et je sirote le mien en savourant la gratitude – Avec un brin de thym en plus, ça serait le paradis – de ma gorge et de mes cordes vocales qui n’ont plus l’habitude d’être sollicitées aussi généreusement. Requinqué par le doux breuvage, je réponds aussitôt avec un grand sourire à la question d’Hisao :

« Fatigué ? Tu plaisantes ! J’ai dix-sept ans, là ! Je finis mon verre et on continue autant que tu veux ! »

Je viens peut-être de passer le pinacle de mon énergie et me trouve sur la pente descendante mais je n’en ai toujours pas assez. Et dès que la pause est finie, on s’y remet avec entrain ! La playlist portant bien son nom, nous nous retrouvons à mener des duos improbables sur Take on me, ABBA ou Livin’ la Vida Loca et heureusement que je suis encore à peu près en forme. Je n’ai fini ni de danser – Je me serais damné pour les yeux de Ricky Martin quand j'étais plus jeune – ni de rire devant nos performances respectives. Sans compter que nous ne sommes définitivement pas au bout de nos surprises quand arrive l’une des masterpieces de la playlist. La chanson que tout le monde aime et que personne n’assume. Moi le premier en temps normal – Même si je la chante à voix trèèèèèès basse quand elle passe au supermarché – mais au point où nous en sommes ce soir, tous les filtres ont volé en éclat depuis longtemps… Je soupire en levant les yeux au plafond, sourire aux lèvres

« Cette fois-ci je passe aux aveux dès le début : j’aime cette chanson. Je vais donc la chanter séance tenante. Aurais-je l’honneur de te voir m’accompagner ? »

Je parle de Mariah Carey, bien sûr. All I Want For Christmas Is You. Évidemment.
 



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(#) Re: [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao]  [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao] EmptyJeu 17 Sep 2020 - 13:33

Même si Hisao l’avait déjà plus ou moins saisi, l’aveu d’Ashton l’aida à se sentir un peu mieux dans sa peau le temps de quelques secondes. C’était toujours rassurant de se dire que l’on n’était pas seul à surmonter certaines choses – même si les raisons de leurs absences respectives étaient très certainement drastiquement différentes.

À ses mots, Hisao répondit un sourire maladroit. Dans l’ensemble, rien n’avait changé. L’ambiance était la même, et le cours de ses pensées se faisait plutôt clément. Dans l’immédiat, il n’avait ni la force ni la volonté de s’infliger toutes ces choses auxquelles il n’avait plus envie de penser. À ce feu qui crépitait toujours sous sa peau depuis qu’il en était arrivé à ces conclusions tout aussi déchirantes que plaisantes. Des détails, à son sens, qu’il était parfaitement capable d’ignorer pour le temps d’une soirée. Et puis—il s’amusait tellement qu’il s’en voudrait de tout gâcher ainsi. Mais son énergie – et son euphorie – étaient tout de même arrivées à leur apogée. Et Hisao doutait sérieusement qu’il puisse continuer toute la nuit en se défoulant de la sorte.

Il vivait avec une jauge en lui, une jauge qui se vidait beaucoup trop rapidement pour tout ce qu’il avait envie de faire—ce n’était pas une jauge d’énergie « physique », non. C’était une mesure du temps qu’il passait en société, à essayer de s’entendre avec d’autres personnes, à passer du bon temps avec ces dernières. En temps normal, cette jauge serait déjà vide depuis longtemps—mais il appréciait Ashton plus qu’il ne le pensait. Alors il arrivait inexplicablement à supporter davantage sa compagnie. Ne serait-ce que pour lui faire plaisir—mais aussi et surtout parce qu’il passait un bon moment. C’est de la bonne fatigue, pensa-t-il pour se rassurer.

Son collègue, lui, ne semblait pas fatigué le moins du monde. Sa fougue arracha un léger rire à Hisao qui termina lentement sa boisson douce et chaude. Un breuvage qui fut le bienvenu, d’autant plus lorsque leur petite pause s’acheva et qu’il fut temps de s’y remettre. La playlist se déchaîna littéralement sur eux, parfois pour son plus grand bonheur – Livin’ La Vida Loca, Gimme! Gimme! Gimme!, Take On Me, Billie Jean, Karma Chameleon, I’m Gonna Be, Black Betty, Just Can’t Get Enough – et parfois pour son plus grand malheur – Girls Just Wanna Have Fun, Tainted Love, Never Gonna Give You Up, Funky Town, Kids In America, The Time Of My Life, Sexbomb, et bon sang encore du Pink Lady[/i] – surtout pour son plus grand malheur en fait.

Guilty Pleasure Songs.

Parce que c’était ce qu’elles étaient, vraiment. Ce n’étaient pas tant des musiques qu’Hisao n’aimait pas – il ne les connaitrait pas aussi bien autrement – mais il devait être honnête avec lui-même : Il avait honte de les apprécier.

Depuis combien de temps étaient-ils enfermés dans cette petite pièce ? Hisao avait arrêté de compter et s’amusait tellement qu’il en avait oublié de regarder l’heure sur l’écran. Chaque fois qu’il y pensait, la musique avait déjà démarré et il était trop tard—il était déjà transporté par l’entrain d’Ashton et la mélodie. Et sérieusement—en simples termes de chiffres, Hisao avait probablement plus chanté en une nuit qu’il n’avait parlé avec Ashton depuis Avril. Il ne pouvait pas en être sûr, mais il en était intimement convaincu.

Sa voix brisée en témoignait lourdement. Il était exténué, épuisé et ne voulait pas s’arrêter pour autant. Il laisserait son collègue décider du moment où tout ceci prendrait fin. Étant donné que c’était sa première fois, il ne voulait pas le couper dans son entrain. Il tiendrait le coup si c’était nécessaire—sans problème. Le réveil allait être très douloureux, mais tant pis. Si Hisao n’avait pas eu l’intention de veiller, alors il n’aurait pas invité Ashton au karaoké en sachant pertinemment que ce dernier aimait chanter et danser.

Et puis—le coup fatal s’amorça. La musique qui allait très probablement avoir raison de lui, celle qui le rendrait aussitôt zombie et drainerait toute son énergie. Il écarquilla les yeux lorsqu’il entendit le tintement doux significatif de l’instrumentale.

All I Want For Christmas Is You.

Si Hisao l’aimait bien ? Non. Il l’adorait. S’il l’assumait ? Certainement pas. Mais—ce qui se passe au karaoké reste au karaoké n’est-ce pas ? Il hésita, longuement. Les sourcils légèrement froncés et le regard incertain. Désormais trop suspicieux pour ne pas être franc avec Ashton – et parce qu’il lui avait déjà fait un sale coup avec Lady Gaga – Hisao se leva, non sans un long soupir.

« Tu vas me tuer », fit-il en riant un peu, resserrant sa prise sur son micro. « Mais allons-y. Si ça peut te faire plaisir », ajouta-t-il avec un sourire malicieux au coin des lèvres.

Mariah Carey avait une tessiture beaucoup, beaucoup trop haute. Et c’était si ignoble, que même Hikaru lui demandait de se la fermer aux repas de Noël – après lui avoir imprimé la chanson dans la tête évidemment. Ashton serait concrètement dans la même galère, mais s’en sortirait toujours un peu mieux que lui. Le premier couplet, lent et doux lui fut d’ailleurs décerné et Hisao attendit patiemment son tour, des étoiles dans les yeux alors qu’il voyait son collègue se délecter des paroles de cette maudite chanson.

« I don’t want a lot for Christmas », répéta-t-il en écho au premier couplet. « There is just one thing I need, and I don’t care about the presents underneath the Christmas tree ! » Il y mettait peut-être un peu trop de cœur pour quelqu’un qui avait regardé l’écran d’un air blasé quelques secondes plus tôt, mais tant pis. Il assumait. « I don’t need to hang my stocking, there upon the fireplace ! Santa Claus won’t make me happy with a toy on Christmas day ! »

Et cette fois-ci, ils furent en chœur. C’était bien plus facile lorsqu’ils se retrouvaient à chanter ensemble, Hisao avait l’impression que la voix d’Ashton couvrait la sienne et avait un peu moins honte. La vérité était telle que ce n’était absolument pas le cas, mais tant qu’il n’en savait rien et se voilait la face, tout allait bien.

« I just want you for my own », et putain de merde, un clin d’œil lui échappa. Pourquoi j’ai fait ça ?! Pris dans la ferveur dansante de la musique, il n’eut pas le temps de se figer et se contenta de sentir la chaleur lui monter aux joues, mais puisqu’ils dansaient et chantaient sans relâche—il espéra simplement qu’Ashton ne le verrait pas. « More than you could ever know », et puis, il arrêtait pas de m’envoyer des regards provocateurs et de me pointer du doigt, alors c’est bon non ? Juste un clin d’œil ? « Make my wish come true », ce n’est pas si grave, je n’aurais qu’à lui dire que je n’ai pas fait exprès. « All I want for Christmaaaaas—is youuuuuu ! »

C’était beaucoup trop festif pour l’heure, et Hisao avait sérieusement l’impression d’être en plein mois de décembre. Il s’attendait à sortir du karaoké et qu’il fasse moins dix à l’extérieur, à s’enrouler dans son plaid une fois rentré chez lui alors que—pas du tout, il faisait chaud à en crever dedans comme dehors et décembre était encore très loin.

Quand la chanson se termina – enfin – Hisao dut prendre une grande inspiration pour s’en remettre. Tout comme il l’avait prévu, cette dernière l’avait vidé de toute son énergie. Il avait besoin de s’asseoir deux minutes avant de reprendre. Il attrapa la tablette entre ses mains par pure curiosité et oh—non, non, non.

L’instrumentale se lança, attendant patiemment que quelqu’un appuie sur le bouton « Play » et Hisao tâcha d’être clair sur ce point-là :

« Je suis sincèrement et profondément désolé, Ashton, mais Let It Go, c’est juste au-dessus de mes moyens », lui dit-il avec un sourire désolé aux lèvres, non sans échapper un petit rire gêné dans la foulée.

Hisao avait des limites. Il en avait déjà franchi une bonne partie depuis que la soirée avait commencé et sa réserve reprenait lentement le dessus sur lui depuis un moment déjà, et—bon, c’était une jolie musique, mais cette dernière l’insupportait et montait beaucoup trop haut pour qu’il enchaîne dessus juste après All I Want For Christmas Is You.

« Mais je ne veux pas te gâcher le plaisir. Je te regarderai pendant que je me repose un peu », proposa-t-il en espérant qu’il ne prenne pas mal son refus.

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(#) Re: [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao]  [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao] EmptyJeu 17 Sep 2020 - 22:00


 

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Tout se passe très vite. Hisao hésite et finit par se lever, vaincu, pour chanter la chanson avec moi, non sans lâcher au passage une petite phrase malicieuse sur ce que je lui inflige. Et bien évidemment, ce trait d’humour d’apparence inoffensive est une vraie bombe qui fait à nouveau voler les frontières de l’espace temps et me renvoie à la dernière fois – Toujours la même – où Hisao a prononcé ces mots à mon encontre. Une boucle de chaleur pulse dans le bas de mon ventre et vient nouer le cours de mes pensées. C’est sans doute pourquoi je m’entends répondre avant même de réfléchir :

« Quel mauvais médecin je fais… »

Je suis – Oh putain – dépité de moi-même. Heureusement que la musique a déjà commencé et que nous avons bientôt les paroles sur lesquelles nous concentrer parce que – Tu es stupide où tu le fais exprès ? – je n’aurais jamais pu assumer un truc pareil. Comme de juste, cette brave Mariah est perchée à des sommets inatteignables pour nous, pauvres voix de basse et de baryton, et la débandade est totale. Et bien évidemment, je n’en ai absolument rien à faire alors que je me délecte des tendres paroles de cette chanson niaise à souhait, chargée de – Tu ne veux pas lui proposer de repartir pour un tour dans les toilettes, tant que tu y es ? – bons souvenirs à base de décoration de sapin, de pains d’épices et de chocolat chaud. Noël est de loin ma fête favorite, je prends chaque année un plaisir sans borne à la préparer et ce plaisir passe évidemment par le fait de chanter seul ou en famille – Tu ne peux pas tenir tes souvenirs et tes hormones le temps d’une soirée ? – des titres tous plus cucul les uns que les autres, celui-ci en tête. Et je suis absolument ravi qu’Hisao s’écorche les cordes vocales avec le même plaisir que moi. Nos voix parviennent à peine à couvrir mutuellement la catastrophe et c’est tellement drôle que mon sourire s’étire d’une oreille à l’autre du début à la fin. Enfin, jusqu’à ce que je croise inadvertance son regard et qu’il – I just want you for my own – m’adresse un clin d’œil.

J’en perds le rythme et la voix – Quoi ? – pendant deux pleines secondes et me détourne par réflexe vers l’écran pour tenter de cacher le rougissement – Il a bien fait ce que j’ai vu ? – qui m’envahit les joues par surprise. Ça ne règle rien au problème parce que je suis soudain infichu de me rappeler des paroles, même en les ayant sous les yeux et que je trébuche plus d’une fois durant ma partie. Depuis les heures que nous sommes coincés ici, j’avais à peu près intégré le fait qu’Hisao avait laissé tomber sa réserve habituelle et je m’étais complètement fait à l’idée de le voir chanter, danser, sourire et tout ce qui a fait le sel de cette soirée. Mais ça – Il vient de me faire un clin d’œil en chantant qu’il me voulait pour lui tout seul – je dois avouer que je n’étais pas prêt – Ça ne peut pas être sérieux, hein ? – du tout. Je n’ai pas d’autre choix de cesser de penser et – Ce n’était pas sérieux – me jeter à corps perdu dans le reste de la chanson pour reprendre contenance. Heureusement qu’elle est super festive et entraînante.

Quand elle tire à sa fin, je suis à peu près parvenu à reprendre mon envie sur moi-même bien que mon coeur batte un peu plus vite quand je repose les yeux sur Hisao – Et que j’ai follement envie d’un feu de cheminée et de Christmas pudding, là tout de suite – Cette fois, nous sommes aussi crevés l’un que l’autre et je pense que nous arrivons à la fin de cette fantastique soirOH NOM D’UN CHIEN !!! Mes yeux s’écarquillent quand j’entends l’instru du morceau suivant et je me retiens de couiner d’excitation. Alors là, non. Il est hors de question que je quitte cet endroit en laissant cette chanson derrière moi. Et à Hisao qui déclare forfait, je n’ai qu’une seule chose à répondre : Tant mieux ! Récupérant mon portable dans ma poche, je m’empresse d’envoyer – Baptême de karaoké pour Tonton Ash. Devine quelle chanson j’ai choisie pour ma nièce chérie – un SMS à mon frère car il n’est que 20h à Newcastle et je tends ensuite mon portable à Hisao après avoir enclenché le mode vidéo.

« Et bien ça tombe à la perfection ! Tiens, prends ça et filme-moi s’il te plaît ! C’est pour ma nièce, elle adore ce dessin animé ! Please, il faut à tout prix que je lui montre ! Attends, donne-moi juste cinq minutes… »

Et avec une dextérité née d’une longue habitude – Hop, hop, hop – Je rassemble mes cheveux en une épaisse tresse – Hooooop – la roule à l’arrière de ma tête, la maintiens avec mon pic à cheveux – Et hop ! – et je replace mon peigne de façon à ce qu’il soit posé sur le haut de mon front, comme une couronne. Là, je suis fin près. Rien n’est trop beau pour la fille de mon frère, même pas atteindre les sommets du ridicule devant un collègue que je vais recroiser tous les jours.

Au même moment, à Newcastle, Karson Kelly recevait un message de son frère aîné sur son portable et jurait à voix basse en comprenant sa teneur, répondant aussitôt :
– On venait de réussir à passer une semaine entière sans regarder ce putain de film. J’ai pas les mots pour dire à quel point je te hais –


Mais plus le temps de niaiser car la musique commence. Je rentre dans le rôle, une fois de plus. Et cette fois-ci, je suis une princesse. Une reine même, récemment couronnée et récemment exilée dans la montagne après avoir révélé un pouvoir dangereux, interdit. Et je découvre mon nouveau royaume dans la neige – The snow glows white on the mountain tonight, not a footprint to be seen – avec tous les gestes de cette satanée chanson, appris avec ma nièce de sept ans juste après qu’elle m’ait offert le peigne pour aller avec.

– T’es au karaoké ou à l’abattoir ? Nan parce qu’au son, j’aurai sans doute du mal à faire la différence –

« Let it go, let it go ! Can't hold it back anymore ! »

Ouuuh, que c’est laid. Là, j’ai vraiment atteint le point où mes cordes vocales crient grâce, littéralement. Et rien que de penser que je vais faire subir ça à mon frère, j’ai du mal à garder mon sérieux. Or, il faut à tout prix – No right, no wrong, no rules for me I'm free ! – que je garde mon sérieux ! Je suis en train de construire un magnifique palais de glace ex-nihilo, car mes pouvoirs sont livrés avec diplôme supérieur d’école d’architecture !

– T’es pas encore couché, d’ailleurs ? –

Et voici venu le moment crucial – I'm never going back ! The past is in the past – Avec toute l’emphase dont je suis encore capable, j’envoie valdinguer mon peigne puis le pic à cheveux – Let it go, let it go ! And I'll rise like the break of dawn – libère ma tresse et me tisse à même le corps une su-perbe robe en givre toute brillante et scintillante, mon dieu mais si je pouvais faire ça dans la vraie vie, ça serait absolument formidable ! Je suis jaloux d’Elsa ! Extrêmement jaloux !

– T’es avec ton mec, là ? –

Et voilà, la chanson est terminée, et mes tous derniers espoirs d’avoir un semblant de voix d’ici quelques heures s’en vont avec les dernières notes. Gloussant bêtement de moi-même, je vais récupérer les babioles que j’ai lancé au hasard, pose le micro sur la table basse et me laisse tomber pour la dernière fois sur le canapé. Cette fois-ci, je rends les armes. Je suis vidé…

« Merci d’avoir endurer ce massacre jusqu’au bout. Je crois que je viens d’atteindre les limites de mon endurance… Pour une première au karaoké, c’est une performance honorable. Tu as pu filmer ? La qualité n’est pas trop nulle ? C’était vraiment gentil d’accepter ! »
 



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(#) Re: [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao]  [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao] EmptyVen 18 Sep 2020 - 0:11

Il fallut un moment à Hisao avant de connecter les points entre eux. Tout débuta par une sensation de déjà-vu, précédant la réalisation brutale et soudaine qui le frappa.

Quel con, mais quel con je suis, je—et ça veut dire quoi ça ?! Pourquoi est-ce qu’il a répondu un truc pareil, je—

Le temps le rattrapa et avant même qu’il ne puisse penser, la musique avait débuté et ils furent tous deux projetés dans la magie de Noël. Ashton y donnait tout son cœur et sa seule vision ne faisait qu’accentuer l’impression qu’Hisao avait : Celle d’être en décembre, de se mettre à la recherche d’un cadeau de Noël pour son frère, sa belle-sœur et sa fille. Il aimait bien Noël – pas autant que certaines personnes cela dit – car l’idée de se retrouver avec sa famille, en petit comité, pour profiter d’un bon moment était particulièrement rassurante. Il avait beau être revenu dans ce pays qui l’avait vu grandir, il s’y sentait un peu perdu, loin de tout ce qu’il avait appris à connaitre et à apprécier. Ici, il n’avait pas grand-chose. Kana passait de superbes moments au Japon—elle avait rencontré quelques amis, s’était assez bien intégrée et tout était si nouveau pour elle. C’était de la découverte, de l’exploration. Et jusqu’il y a peu, c’était la seule chose qui le retenait ici.

Jusqu’il y a peu.

Il n’eut pas le loisir de se perdre dans ses pensées davantage, parce qu’Ashton intercepta ce clin d’œil qui lui avait échappé dans un excès d’amusement. Il avait eu l’audace de se prendre au jeu et ce clin d’œil n’avait aucune signification ! C’était juste—juste pour aller avec la danse et peut-être—pour chercher à le taquiner, mais ce n’était pas la raison principale !

Enfin, il ne savait pas vraiment, au final. Il n’avait juste pas réfléchi. Il avait agi bêtement—mais ça devenait une habitude, en la compagnie d’Ashton. Il perdait ses moyens de la manière la plus ridicule qui soit dans des moments qui lui demandaient sérieux et flegme. Parce que oui—aussi amusant cela pouvait-il paraître, danser et chanter lui demandaient ces deux choses-là. Notamment pour ne pas qu’il s’emporte comme un adolescent.

Là était tout le problème de la timidité : On ne donne rien, jamais rien et tout ce que l’on voudrait dire, faire, montrer s’accumule telle une montagne de regrets que l’on finit par oublier. Qui remonte quand on ne s’y attend pas pour s’empêcher de dormir sereinement jusqu’au lendemain. Et un beau jour, quelqu’un change tout ça. Il est entraînant, on aimerait bien que tout soit aussi facile pour nous que pour lui, on se laisse aller et on en fait trop. Jamais très longtemps, parce que ça ne dure pas et est particulièrement éphémère. Mais c’est là, ça existe et ça ne passe pas inaperçu.

Jusqu’aux prochains jours de silence.

Il se figea presque sur place un instant et perdit le fil des paroles. En l’entendant devenir hésitant, Hisao s’en voulut. Beaucoup. Il se sentit stupide, mais son visage resta figé dans un sourire parce qu’il n’avait pas pris une seule seconde pour faire se muer son expression en quoi que ce soit d’autre. La suite de la chanson fut chantée l’esprit vide, cherchant à s’accrocher à quelque-chose de réel qui ne soit pas du domaine de la torture psychologique.

La musique suivante aida. Non seulement elle le réveilla suffisamment pour qu’il proteste—jugeant plus important le fait de ne pas chanter Let It Go pour sauver le peu de dignité qu’il lui restait que d’essayer de réparer les pots cassés.

Ashton accepta sans broncher—plus encore, il attrapa son téléphone pour composer quelque-chose dessus avant de le tendre à Hisao pour—qu’il le filme en train de danser ? Lorsqu’il lui expliqua, la situation lui parut un peu moins surréaliste. Hisao accepta sans broncher, hochant la tête pour accepter son nouveau travail de cadreur et—

Je lui ai fait un clin d’œil juste après avoir fait une référence involontaire à notre soirée.

Attendant patiemment qu’Ashton termine de réarranger sa coiffure pour être en parfait accord avec Elsa, Hisao alla s’adosser au mur entre l’écran et son collègue – tant pis pour le repos, il s’assirait plus tard – histoire de trouver un cadre qui lui rendrait hommage.

Il avait l’air déstabilisé mais pas dégoûté, ou même dérangé—arrête. Arrête.

La musique se lança et si Hisao avait cru ne serait-ce qu’un instant avait assister à un show plus tôt, il s’était lourdement trompé. Ashton dansait, chantait, jouait comme si sa vie en dépendait et comme s’il ne faisait plus qu’un avec la Reine des Neiges elle-même. La bouche légèrement entrouverte, Hisao ne savait pas s’il devait rire, être impressionné ou—en fait, il était plein de choses en même temps à cet instant. La téléphone vibra à plusieurs reprises dans ses mains, et même s’il fit de son mieux pour ne pas lire les messages qui s’y affichaient, ses yeux en captèrent quelques bribes—dont le nom du contact. Visiblement, Ashton avait prévenu son frère qu’il allait lâcher une bombe et recevait toute sa hargne en retour.

Il ne l’avait pas fait exprès. Il le jurerait. Hisao n’était pas quelqu’un de très curieux dans sa nature—il accordait une profonde importance à l’intimité et c’était exactement pour cette raison qu’à chaque nouveau message, son doigt passait sur l’écran pour faire remonter la notification et l’ignorer.

Mais il ne l’avait pas fait exprès. Et son cœur fit un bond spectaculaire dans sa poitrine lorsque ses yeux se posèrent sur ces six petits mots. Sur un seul d’entre eux, en réalité. Il écarquilla les yeux et sentit son sang se geler dans ses veines.

Son quoi ?

Non. Il était en train de rêver. Il y avait quelque-chose qu’il n’avait pas compris. Il y avait forcément quelque-chose qu’il n’avait pas compris. C’était de sa faute, pas de celle d’Ashton. Un détail lui avait échappé, un détail important, n’importe quoi—mais il y avait forcément une explication rationnelle à ce message. Et il essayait dur de la trouver tout en continuant de cadrer la scène, mais ses mains s’étaient raidies sur le téléphone, et son corps tout entier était tendu. Son cœur battait si fort qu’il n’était pas loin de sortir de sa poitrine et que même les basses collées à l’écran près de ses oreilles n’arrivaient pas à contrebalancer.

Là, c’était beaucoup trop pour lui. Il en avait enduré des choses—les bijoux, le maquillage, son déhanché ardent sur Need You Tonight, son regard équivoque alors qu’il avait achevé Make Me Wanna Die, And now I’m saving all my loving for someone who’s loving me, tout, tout, tout.

Ce. N’est. Pas. Un. Putain. De. Rendez-vous.

Mais, ça, il n’était tout simplement pas capable de l’encaisser. Il déglutit, plus d’une fois. Tenta vainement de retrouver une respiration régulière et de calmer l’embrasement qui s’était emparé de son corps tout entier.

La musique s’arrêta. Et jamais, jamais Hisao n’aurait pensé une seule seconde avoir autant désiré que Let It Go se joue pour toujours. Car il fallait désormais affronter la dure réalité. Mais même lorsqu’elle était atrocement canon, séduisante et lui ôtait les mots de la bouche, la réalité n’était pas toujours facile à regarder en face. Alors il baissa instinctivement les yeux quand Ashton s’avança vers lui.

« Je—je— », trouver ses mots. Vite. Ce n’est pas le moment de flancher. « Oui—c’était—vraiment bien et, je crois que ça allait à peu près pour la qualité », sa voix était incertaine, il buta sur les mots plus d’une fois. Il hésita.

Il hésita à lui dire que son frère lui avait répondu. Il hésita à appuyer sur le problème. D’un côté, il n’avait qu’une envie : S’enterrer, là, tout de suite ; mais de l’autre… Hisao voulait comprendre pourquoi est-ce qu’Ashton avait dit à son frère qu’ils étaient ensemble. Certes, c’était de la curiosité—mais merde, ça le regardait quand même un minimum, non ?!

Alors il hésita, se faisant la réflexion qu’avec un peu de chance, ils rentreraient tous deux chacun de leur côté et que la soirée se terminerait bien. Ashton ne se rendrait pas compte qu’il savait – une fois qu’Hisao aurait inventé une excuse à la con pour expliquer qu’il ait perdu ses moyens ainsi – et il aurait tout le loisir de se torturer l’esprit dans le lit quand il serait couché.

Ça, ou chercher à comprendre. Mais il n’avait pas le courage de le confronter directement. Et il voulait savoir. Après une grande inspiration, il reprit d’une voix hachée :

« Je crois que ton frère t’a répondu. »

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(#) Re: [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao]  [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao] EmptySam 19 Sep 2020 - 7:27


 

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« Qu’est-ce qu’il y a ? »

Je pose la question en toute sincérité, avec même un léger voile d’inquiétude parce que cette fois, Hisao a vraiment l’air mal à l’aise. En l’espace d’une chanson, il est redevenu timide et tendu – Je chante si mal que ça ? – incapable de me regarder dans les yeux ou de parler sans bafouiller. Le contraste est tellement violent avec ce que j’ai pu voir ces dernières heures que je ne peux pas m’empêcher de penser que quelque chose ne va pas, il est – Bon d’accord, c’était vraiment atroce – impossible qu’un tel changement sorte de nulle part. Hélas, j’ai bien vite l’explication – Oh merde – de cette catastrophe. Quand il est question d’une réponse de mon frère, je flaire aussitôt le sale coup et m’empresse de reprendre mon téléphone. Et évidemment – OH MERDE !!! –  Bouche bée, je relis trois fois cette saleté de SMS avant de reposer les yeux sur Hisao, catastrophé. Aussitôt, c’est la panique.

« Holly shit, WHAT ?!! Mais quel abruti de con, c’est pas possible !!! Ce n’est pas du tout ce que tu crois, Hisao ! »
*Saperlipopette, QUOI ?!

Tremblant comme une feuille, j’envoie sur le champ un message à ce petit salopard de Karson pour démentir ses âneries, non sans faire au moins six fautes de frappe tant je suis stressé. Ça ne pouvait pas être pire. J’aurais du y réfléchir avant, je – Vais le tuer – sais bien pourtant que ça ne finit jamais bien quand j’implique mon frère dans quoi que ce soit et avec Hisao, ça atteint des sommets. Tout ça parce que j’ai été assez stupide pour boire comme un trou et lui envoyer cette… Ecarlate des oreilles au cou, c’est mon tour d’être incapable de le regarder dans les yeux alors que je cherche mes mots pour lui expliquer la situation, la boule au ventre :

« C’est à cause de… c’est à cause de la photo. J’ai beau lui avoir expliqué 500 fois, il persiste à t’appeler comme ça dès que tu arrives dans la conversation parce qu’il est con comme un balai et qu’il est né pour emmerder le monde, moi en tête ! Je suis vraiment désolé… »

Mon dieu, est-ce que c’est crédible ? C’est pourtant la vérité mais en cet instant, elle semble tellement ridicule qu’il est impossible qu’Hisao gobe une telle histoire. Est-ce qu’il va être assez charitable pour accepter de me croire ? Pour ne pas penser que je suis un menteur et un salaud – Oh non, pitié – qui l’utilise pour se faire mousser auprès de son frère ? Cette hypothèse me tord le ventre d’angoisse et je suis incapable – Il ne voudra plus jamais me parler – d’arrêter de trembler.

« Jamais je ne lui aurais fait croire une chose pareille. Je ne t’aurais jamais fait une chose pareille non plus, je… je ne me sers pas de toi pour m’inventer une vie, je n’en ai pas besoin ici… »

Pas ici, non. Sur le moment, je suis tellement paniqué que je ne me rends même pas compte de ce que je viens de dire.
 



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(#) Re: [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao]  [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao] EmptySam 19 Sep 2020 - 11:14

Qu’était-il censé répondre à ça ?

À cet être de panique complètement décomposé qu’était devenu Ashton en l’espace de quelques secondes ? Habituellement, il avait l’œil pour ça. Que ce soit dans son bureau ou avec sa fille, Hisao arrivait généralement à faire la différence entre la panique provoquée par le mensonge et les autres formes qu’elles pouvaient prendre. Mais il était toujours détaché de ces situations. Elles ne l’affectaient pas directement et par conséquent, il avait toujours suffisamment de recul pour être maître de la situation.

S’il était maître de la situation actuellement ? Non. Il n’était même plus vraiment maître de lui-même en réalité. Le vide de son esprit était bien plus rassurant que toutes ces questions qui finiraient par l’assiéger—oh ce qu’il pouvait appréhender ce moment. Celui où il se retrouverait seul avec lui-même à essayer de comprendre, d’interpréter.

Tout était si confus, si contradictoire… Il avait envie de s’enfuir en courant, de peur de comprendre et de se retrouver face à quelque-chose qui échapperait à son contrôle. Mais d’un autre côté—il ne voulait pas quitter cette pièce. Tant qu’Ashton était là pour lui griller le cerveau, il n’aurait pas à penser. C’était éprouvant, certes, mais au moins il n’avait pas conscience de l’ampleur des mots, des actes. Il ne réalisait pas encore.

Alors il attendit patiemment d’entendre ce que son collègue avait à lui dire. Ses yeux se posèrent sur ses mains tremblantes, sur son cou et son visage rougis par—par la honte ? Il ne savait pas exactement. Sur son regard complètement perdu. Il n’avait pas l’air de mentir, mais ça faisait tellement de choses à intégrer qu’Hisao n’était plus sûr que son jugement soit très fiable. S’il avait été rationnel, il ne serait sûrement plus là. Il aurait pris ses affaires, se serait excusé et serait reparti chez lui pour essayer de réfléchir à tête reposée à tout ceci.

Mais il y avait tant de facteurs qui l’empêchaient d’agir raisonnablement. Déjà parce qu’il avait l’intime conviction que quitter les lieux sans explication serait atrocement douloureux pour Ashton, mais aussi parce qu’il ne voulait pas de nouveau faire une croix sur ce qu’il venait tout juste de retrouver. Il avait passé une si bonne soirée avec lui – en dépit de toutes les pensées parasités qui avaient jugé bon de venir l’envahir – qu’il n’arrivait tout simplement pas à se faire à l’idée de devoir renoncer à tout ça. Il lui faisait confiance, il l’appréciait.

Il détendit lentement ses épaules. Écoutant aussi attentivement que possible les explications bancales de son collègue. Malgré la réserve qui faisait inévitablement barrière sur son cœur, il avait envie de le croire. Son explication tenait à peu près la route—avec toutes les mésaventures qui leur étaient arrivées, ce n’était clairement pas le plus absurde qu’il ait entendu sortir de cette bouche.

Alors il baissa simplement les yeux, trouvant plus de facilité à essayer de composer une phrase correcte s’il regardait le sol. De toute façon, il n’était pas capable de soutenir son regard pour le moment. Enfin—ça, c’était avant d’entendre la suite de ses propos. Si la première partie envoya un afflux rassurant de chaleur dans sa poitrine, la seconde lui fit relever hâtivement la tête, le regard encore plus confus.

« Tu—n’en as pas besoin—ici ? » Il plissa les yeux, complètement décontenancé. « Je—je ne suis pas sûr de comprendre pourquoi est-ce que tu—enfin… »

Comment ça besoin ? Comment ça ici ? Qu’est-ce que ça voulait dire ? Qu’il se serait servi de lui dans d’autres circonstances ? Si sa situation l’avait exigé ? Il déglutit difficilement et ses yeux firent un bref aller-retour entre la porte, ses affaires sur la table et son collègue.

Non. Reste calme. Tu as mal compris. Ne pars pas comme ça, tu vas le regretter.

« Je—écoute je ne t’en veux pas mais je veux juste savoir une seule chose », il prit une grande inspiration, entrouvrit et referma les lèvres plusieurs fois avant que les mots ne trouvent enfin leur chemin. « Je veux—juste savoir quelles sont tes intentions à mon égard. »

Il n’avait pas pris la peine de réfléchir. Oh non. La question était sortie sans filtre, alors qu’elle pesait sur son cœur depuis plus de temps qu’il ne voulait bien l’admettre. Mais s’il avait été capable de soutenir ses interrogations le reste de la soirée—il n’avait plus rien pour le distraire désormais et il fallait juste que ça sorte. C’était nécessaire.

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(#) Re: [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao]  [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao] EmptyVen 25 Sep 2020 - 12:05


 

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Bien évidemment, je ne réalise mon erreur qu’en entendant Hisao rebondir dessus. Je ne me rends compte de ce que j’ai dit que lorsque les mêmes mots dans sa bouche me font tressaillir – Oh non – me glacent des pieds à la tête. L’effet est immédiat et je détourne le regard en rentrant les épaules, cherchant instinctivement à réduire les prises, à – Non, certainement pas – me protéger face à la menace. Je ne peux pas répondre. Je me maudis à la fois de cette incapacité et de m’être mis dans cette situation en parlant sans réfléchir. Il était quasiment sûr qu’Hisao ne laisserait pas passer un truc pareil. Moi-même je ne laisserais pas passer un truc pareil et la seule pensée qu’il puisse m’imaginer en train de me servir de lui de la sorte me met en rage contre moi parce que je ne peux pas répondre. Je ne peux pas avouer ce que c’était – Je vais bien, ne t’en fais pas – d’esquiver les questions, de broder les réponses, de renvoyer constamment la balle pour ne pas inquiéter mon frère. Je ne peux pas avouer – Je suis juste un peu fatigué en ce moment – que je n’osais jamais l’appeler, que parfois j’écoutais avec angoisse le téléphone sonner sans pouvoir décrocher parce que j’avais peur qu’il me demande trop en profondeur comme j’allais. Je ne peux pas dire – Oui, hier soir, avec des collègues. Rien de spécial, on a juste bu un verre – à quel point j’avais honte de vivre en apnée, en suspension, en attendant un homme qui ne le méritait pas… Au final, peut-être que j’aurais du répondre à sa question. Ça aurait été moins violent que la suite.

Finalement, il n’y a qu’une chose qu’Hisao veut savoir. Une seule chose qui peine à franchir toutes les tensions qui grèvent son corps, de la ligne de ses épaules à la barrière de ses lèvres. Et une fois encore, ses mots me font l’effet d’un coup. C’est mon tour d’ouvrir la bouche et de rester muet, les veines soudain douloureuses à force de contenir les débordements de mon cœur devenu fou. La gorge sèche comme du parchemin, je me demande l’espace d’un instant si je ne vais pas fuir, récupérer mes affaires et quitter en trombe le karaoké pour aller appeler un taxi à trois rues de là. Ça me paraît une bonne idée. Ça ne serait même pas la première fois… Si seulement je parvenais à bouger. Si seulement je n’avais pas à nouveau passé l’une des meilleures soirées de mon existence, avec le même homme. Je n’ai envie de ruiner à nouveau tout cela à cause de mon orgueil ou de ma lâcheté. J’en ai assez de refaire les mêmes erreurs, encore et encore. Mais que puis-je lui dire ? Je suis le premier à redouter ce que je pourrais bien trouver si je m’avisais de chercher la réponse… Finalement, les mots m’échappent en vacillant sur mon souffle sans que je ne parvienne à les retenir :

« Je… Je n’en sais rien… »

Je baisse les yeux, honteux, estomaqué en réalisant que je dis vrai. Quand je regarde en moi-même et que le visage d’Hisao émerge de mes pensées, je suis incapable de savoir – Menteur – ce que je désire réellement, jusqu’où je serais prêt à aller avant que l’angoisse ne me rattrape. Haussant les épaules avec raideur, j’essaie de poursuivre, conscient que ce n’est pas suffisant même si je suis déjà au supplice :

« Je voulais juste oublier cette dispute ridicule, repartir sur de nouvelles bases et passer une bonne soirée avec toi. Et ça a été le cas sur toute la ligne, je n’aurais pas pu rêver mieux. Mais… »

Mon portable vibre à nouveau dans ma main et je le range avec impatience, fâché d’être interrompu par mon crétin de frère à qui je dois déjà cette situation insoutenable. Refermant mes doigts tremblants sur les manches de ma chemise, je sens mes joues s’empourprer de nouveau tandis que la dernière partie de mon aveu franchit mes lèvres :

« Mais je n’arrive pas à réfléchir… Quand je suis avec toi, je… Je ressens trop de choses pour arriver à réfléchir… »

Et je suis terrifié. Il y a des années que je n’ai pas eu aussi peur de ce que je pourrais éprouver.
 



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(#) Re: [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao]  [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao] EmptyVen 25 Sep 2020 - 18:24

Comment ça tu ne sais pas ?! Je ne sais pas non plus, mais tu pourrais—

Tout ceci n’avait aucun sens. Hisao était en train de se jeter dans un abîme de sentiments qu’il ne comprenait pas, ne voulait pas comprendre et sur lesquels il n’avait strictement aucun contrôle. C’était effrayant—mais surtout frustrant. Lui qui était d’ordinaire si composé, si peu facilement irritable avait tout simplement l’impression de s’égarer chaque fois qu’il avait le malheur de se retrouver avec Ashton.

J’aide les gens à faire face à leurs sentiments tous les jours alors que je ne suis même pas capable de gérer les miens. Je suis sérieusement bon à jeter. C’est ridicule.

Et tout aurait été bien plus simple s’il n’appréciait pas autant ces moments passés avec lui. Le malheur de se retrouver avec Ashton—non, ce serait terriblement faux d’appeler la chose ainsi. Et c’était bien ça le problème. Parce qu’il aurait pu se faire une raison—il en aurait été parfaitement capable en réalité. Il avait littéralement passé sa vie à se résigner, à accepter avec tout le fatalisme du monde qu’il serait toujours de passage dans la vie des gens.

Alors pourquoi est-ce qu’il n’arrivait pas à s’y résoudre ? Pourquoi est-ce que ça semblait si difficile de se dire qu’il n’était pas de passage dans sa vie à lui ? Pourquoi était-ce si compliqué d’accepter qu’il n’avait pas envie d’être la solution temporaire pour une fois ? Et ce qu’il voulait de lui—oh, il en avait une vague idée, mais ajouter davantage de flou à ce mélange déjà incompréhensible ne l’aiderait certainement pas.

Il avait envie que cette relation lui appartienne, pour une fois. Quelle qu’elle soit. Une amitié—ou n’importe quoi d’autre qui se profilerait et qui ne soit aussi platonique. Alors quand Ashton continua, il retint sa respiration, incapable de rester calme. Lui qui pensait devoir faire avec ces incertitudes avait peut-être autre chose à se mettre sous la dent qu’un vulgaire « je ne sais pas ». Hisao n’était pas rancunier—mais ça ne l’en aurait pas empêché de lui en vouloir, s’il l’avait laissé avec ce silence pesant. D’autant plus qu’il avait platement ignoré sa première question.

Mais quoi— ? Finis tes phrases merde !

Au moins, Ashton lui avait ôté un poids de la poitrine. Sa respiration était toujours affreusement saccadée et son cœur cherchait la lumière au bout du tunnel—mais il y avait ça en moins. Et peu lui importait ce que ça pouvait être, parce qu’il arrivait désormais à penser un peu plus facilement. Bon sang ce que ça pouvait lui faire du bien d’entendre une telle chose—de se retrouver dans cette situation rassurante qui lui soufflait que finalement tout n’était pas perdu. Que tout n’était pas à jeter. Qu’Ashton avait passé une bonne soirée en dépit de ce qui se déroulait en ce moment même. Qu’il venait de lui avouer que cette nuit avait même été au-delà de ses espérances.

Mais tandis que la lucidité le regagnait lentement, son collègue envoya tout valser avec ses derniers mots. Il fallait être terriblement stupide pour poser des questions dont on ne voulait pas entendre les réponses et c’était pourtant la spécialité d’Hisao.

Tout vola en éclats à cet instant. Tout. Le bout de raisonnement qu’il avait essayé d’établir plus tôt. L’idée illusoire qu’il avait encore une once de contrôle sur la situation. Le volume de la musique derrière eux n’était pas bien haut—mais il était suffisant pour lui sembler assourdissant, alors que son propre pouls hurlait dans ses tympans et l’empêchait de former la moindre réflexion.

« Oh—je—eh bien », les mots s’étaient précipités hors de sa bouche. Comme si son corps se pliait sous la contradiction, qu’incapable de penser il jugea bon de parler. Mais parler pour dire quoi ? Maintenant qu’il avait ouvert la bouche—il fallait répondre, non ?

Et si Ashton ne voulait tout simplement pas savoir ? Peut-être avait-il simplement eu envie de se décharger de ce qu’il avait sur le cœur. Mais Hisao n’avait aucune raison de lui imposer la chose en retour. Enfin—il en avait bien une, mais elle ne regardait que lui.

Il était tiraillé. Entre l’envie de ne pas lui infliger ses propres doutes, ses propres ressentis ; et le désir de tout lâcher sur la table parce que ça lui pesait. Ses yeux se posèrent sur lui, sur ses lèvres, sur l’écran, sur ses pieds, sur les doigts de sa main gauche qui se tordaient sans cesse.

« Moi aussi je—me sens bien quand je suis avec toi », il faut respirer, Hisao. Il passa une main sur son visage mais cette dernière resta en place, comme pour cacher l’embarras sans fin qui empourprait ses joues comme il le ferait sur une foutue lycéenne. « Je—j’essaye de ne pas me poser de questions parce que—je ne sais pas si j’arriverais à faire face aux réponses mais—enfin », il y avait de tout dans son regard. De la détresse, de la confusion, de la peur, une pointe de désir brûlant. Il prit une grande inspiration et soupira. « Je ne sais peut-être pas avec exactitude ce—ce que c’est, mais je sais sans l’ombre d’un doute que c’est réciproque. »

Il tremblait, cette fois-ci.

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(#) Re: [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao]  [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao] EmptySam 26 Sep 2020 - 23:10


 

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Si on m’avait dit qu’un banal karaoké pouvait être le théâtre d’autant de rebondissements dans une seule soirée, j’aurais peut-être réfléchi deux ou trois fois avant d’y mettre les pieds, sans compter que pour l’instant, je me sens dans cet endroit comme si je montais à l’échafaud. Je suis – Qu’est-ce qui m’a pris… – au supplice. Je ne sais pas ce qui m’est passé par la tête au moment où j’ai lâché une telle bombe – Comme si je savais davantage à quoi je pense maintenant – mais il est clair à présent que je ne sais plus du tout ce que je dois faire. Je n’ai pas envie d’avoir une réponse à cet aveu. Quelle qu’elle soit, je doute de pouvoir la supporter. Apprendre que, c’est gentil mais je me fais des films et ce n’est pas réciproque, je peux aller mourir de honte gentiment dans un coin merci, me paraît aussi insoutenable que l’inverse. Que ça pourrait être – Non – partagé, que ça pourrait – Hors de question – déboucher sur autre chose qu’une simple amitié… Je n’ai jamais eu – Je ne veux plus jamais – le ventre aussi noué – Jamais – qu’en cet instant – Être le petit ami de qui que ce soit – où j’attends qu’Hisao se remette du choc. Parce que je dis de moi mais le pauvre homme a l’air particulièrement dans les choux lui aussi.

La musique continue de défiler en sourdine, attendant que la prochaine chanson soit lancée, et si j’étais en état de réfléchir, je trouverais peut-être le contrepoint atrocement gênant mais je ne suis pas capable d’y penser. Je parviens à peine à regarder l’étourdissement sur son visage – On dirait une statue – alors qu’il prend la mesure de ce que je viens de dire. Je n’ai pas la moindre idée de ce à quoi il peut bien penser, comment il va interpréter mes mots ou même son propre ressenti vis-à-vis de tout ça et si je pouvais ne jamais le savoir – Arrête de regarder partout, aies pitié de moi et concentre-toi bordel – une partie de moi s’en satisferait tout autant. Une partie seulement, car l’autre se suspend à ses lèvres dès qu’il reprend la parole, buvant ses mots hésitants qui achèvent de me mettre sur le grill. Stressé comme rarement auparavant – Bon dieu, si tu me sors une connerie comme quoi c’est flatteur ou que tu l’as pas vue venir, je me barre d’ici et je vais me soûler dans la première boîte de nuit venue – je ne me rends compte que j’ai cessé de respirer que lorsqu’il parvient à poursuivre. Et la première pensée cohérente qui émerge après le souffle de feu qui ratiboise mon esprit est – Oh – proprement affligeante alors que je contemple ses yeux baissés, la charpente de tendons sur sa main qui ne parvient pas à cacher la rougeur de son visage…  

– Il n’a jamais été aussi bouleversant que comme ça –

Mon cœur fait un salto puis tambourine à toute vitesse, quelque chose de chaud se tord dans mon ventre… Je tente de déglutir et de parler mais c’est comme si mes propres mots avaient disparus, remplacés par ceux d’Hisao – Je ne sais peut-être pas avec exactitude ce que c’est – qui remplissent tout l’espace, le peu de place laissée – Mais je sais sans l’ombre d’une doute que c’est réciproque – par son regard. Ce regard qui me brûle de tellement de choses que je sens l’angoisse se disputer à l’embrasement dans ma poitrine…

« Oh… D’accord… D’accord… »

Il me faut une seconde pour me rendre compte que j’ai parlé – Et pour dire des conneries en plus – alors je n’avais même pas conscience d’avoir ouvert la bouche. Je n’ai plus conscience de grand-chose, à vrai dire. C’est comme si nous avions basculé dans une autre dimension en l’espace d’une chanson. Il me paraît impossible que nous ayons passé la soirée à chanter, à danser et à nous amuser alors que nous sommes là, maintenant, l’un face à l’autre. C’est ce sentiment d’irréalité qui me pousse à dire n’importe quoi, pour oublier ne serait-ce qu’un instant sa proximité. Le fait que si je le voulais – Je ne veux pas – je n’aurais qu’à tendre le bras – Je ne veux pas… – pour le toucher.

« Je… suis rassuré de ne pas avoir rêvé tous les signaux que j’ai cru voir ce soir. Je commençais à me demander si je ne devenais pas fou… »

Petit rire nerveux. Je baisse les yeux, me sentant ridicule même si, paradoxalement, ça me soulage un peu de l’avouer. Même si je sais que certains de ces prétendus signaux ne venaient en effet que de ma propre tête – Make me wanna die n’a jamais si bien porté son nom – je n’en suis pas encore à imaginer ce clin d’œil ou sa façon de me regarder après ma performance sur INXS. Malgré tout, je n’ai pas l’impression d’avoir détendu plus que ça l’atmosphère. Au contraire, plus les secondes passent, plus elle devient – Ça n’est pas bon – étouffante et me rappelle pourquoi je ne voulais pas connaître la réponse d’Hisao. Je ne veux surtout pas voir ce qui se profile, la suite logique de nos aveux mutuels – C’est trop dangereux – Me mordant la lèvre, je finis par reprendre la parole, la boule au ventre :

« Hisao, je… Je suis vraiment désolé mais, il faut que je te le dise aussi… Ça va sonner très prétentieux et ce n’était peut-être même pas ton intention mais je… je veux que tu le sache…  »

Dieu, que c’est difficile. J’ai l’impression de dire une chose, puis son contraire. J’ai l’impression d’être déchiré en morceaux et cette sensation – C’est peut-être la seule solution – est terriblement familière. Elle me terrifie – Qui se contenterait d’une amitié dans de telles conditions ? – et me broie le cœur. Pourtant il faut que je le dise, c’est nécessaire. Je ne peux pas continuer en sachant que – Est-ce réellement de cela dont tu veux te contenter, d’ailleurs ? – ce n’est pas fixé. C’est mon seul moyen de me protéger.

« Je… préfère rester célibataire. Je ne veux pas me relancer dans une relation alors que… Que j’arrive enfin à m’écouter un peu depuis que je vis ici. Tu n’es absolument pas en cause dans cet état de fait, sache-le… »

Je m’empresse d’ajouter cette dernière phrase, affolé à l’idée de le vexer ou qu’il s’imagine que je le mène en bateau à souffler le chaud et le froid comme j’ai l’air de le faire. Je sais bien que c’est à ça que ça ressemble mais – Aucun risque – je n’ai pas d’autre choix. Je ne veux pas me laisser entraîner comme ça m’est déjà arrivé. Je veux garder – En ce moment même – le contrôle de ce qui m’arrive pour une fois et ce contrôle est en péril dès lors que je suis avec Hisao. C’est bien pour ça que j’évite de le regarder directement, que je m’efforce de rester immobile et – J’ai tellement envie de l’embrasser que j’ose à peine faire un mouvement – de ne pas penser. Je ne dois surtout pas penser…
 



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(#) Re: [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao]  [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao] EmptyDim 27 Sep 2020 - 0:53

Hisao avait l’impression de danser sur une ligne tendue à cinq-milles mètres au-dessus du sol. Non seulement parce que toute cette situation lui donnait un vertige pas possible et que son estomac se nouait presque jusqu’à la nausée mais aussi parce que le moindre faux lui serait létal. Et alors qu’Ashton essayait de collecter ses pensées pour formuler une réponse – qui n’en était même pas une au final – lui attendait que le verdict tombe. Il ne savait même pas s’il tomberait un jour. Y avait-il seulement un verdict à tout ceci ?

Il avait arrêté de danser sur la corde. Il y était suspendu, au moins autant qu’aux lèvres de cet homme qui avait fini par avoir eu raison de lui en fin de compte. C’était si éprouvant, si loin de tout ce qu’ils avaient vécu ce soir—et c’était surtout loin d’être aussi simple.

Si j’avais su, je n’aurais pas posé cette foutue question. C’est ce que ferait quelqu’un de sensé qui ne veut pas avoir de réponse. Je suis si stupide. Je suis le roi des cons, je—

Son cœur se souleva lorsqu’il entrouvrit de nouveau les lèvres pour poursuivre. Sa main glissa lentement pour retomber le long de son corps et son regard ne le quitta pas—dépassant sa réserve, sa timidité, toutes les barrières imaginables. S’il ne voulait pas flancher, il avait besoin d’avoir toutes les cartes en main—celles qu’Ashton lui donnerait gracieusement par le biais de la parole et celles que les traits de son visages glisseraient discrètement. Sauf qu’il n’y avait pas de propos sous-jacent, pas de secrets. C’était sur un plateau d’argent qu’il se livrait à lui.

Alors il attendit—il attendit cette vérité poignante qui au choix : Couperait le fil ou lui tendrait une main. Peu importait l’issue, elle serait toujours un moyen de se sortir de cet état de stase insoutenable. Et après avoir passé autant de temps en apnée à mettre à mal sa patience, ça venait de lui tomber sur le coin de la gueule sans préavis. C’était si étrange et si simple de respirer de nouveau que ça en devint presque douloureux. Car ce ne fut pas une main qu’Ashton lui tendit—oh non. Ce fut tellement plus, ce fut—

Hisao eut besoin de quelques secondes pour tout intégrer. Son cœur battait si vite, mais ce n’était plus cette cacophonie bourdonnante insupportable. C’était un rythme effréné mais régulier, quelque-chose qu’il était capable de gérer et qui ne l’empêchait plus de penser cette fois-ci. Parce qu’il y avait tant de choses à dire qu’il ne savait pas par où commencer.

Des signes—des signes, involontaires mais indéniables. Sur ce point-là, impossible de contester les mots de son collègue. Hisao essaya de se souvenir de ce qu’il avait vu, mais sa mémoire était un ramassis de flashs insensés qui passaient et bouclaient sans qu’il n’ait jamais le temps d’en voir les contours. C’était flou, c’était intense, mais cette fois-ci, c’était doux.

Ce n’était pas un rendez-vous, non. Jusqu’à ce que ça le devienne, n’est-ce pas ?

Et la suite—bon sang, la suite. La détresse émanait de lui et cette image commençait à être insupportable. Incapable de laisser Ashton dans cette condition – probablement en train de se torturer l’esprit sans fin – Hisao s’insuffla un élan de courage avec une grande respiration.

« En effet—je—ce n’était pas mon intention », il marqua une pause. Ses mots étaient maladroits, mal choisis, mais ceux-ci n’étaient pas lâchés sans réflexion derrière. « Ashton, tu—tu n’as pas besoin de t’expliquer avec moi parce que je te comprends », c’était la façon la plus juste de le dire. Celle qui correspondait le mieux à ce qu’il avait en tête. « Je n’insinuais pas forcément que nous devrions—que tu n’aies pas à rester célibataire. Il y a beaucoup de choses que je ne sais pas—mais je—je n’ai pas besoin de les savoir pour cerner ce que tu veux et ce que tu ne veux pas dans l’immédiat. »

Il l’appréciait. Il avait passé des moments formidables avec lui. Il voulait en vivre de nouveaux et que ça ne s’arrête jamais. Mais s’il ressentait des choses ?

Bien-sûr que oui. Il aurait été terriblement inconscient, hypocrite, idiot d’essayer de le nier. Mais s’il y avait bien une chose dont il était sûr, une chose qui dépassait tout ce qui lui nouait le ventre et lui retournait le cœur, c’était qu’Hisao ne voulait pas qu’un tas de sentiments vienne gâcher ce qu’il avait avec lui. Et si cette envie semblait désintéressée—faite sur-mesure pour convenir à Ashton et lui faciliter la tâche, ce n’était pas exactement le cas.

Hisao était attaché à sa liberté. Il avait honte de le reconnaître, ne le criait pas sur tous les toits, mais c’était une chose qu’il chérissait énormément. Élever une enfant seul était le plus grand bonheur de toute sa vie, mais il ne pouvait définitivement pas démentir le fait que c’était chronophage. Que ça l’avait fatigué à la fois physiquement et mentalement. Qu’il avait toujours eu très peu de temps pour lui.

Ce n’étaient pas des reproches—très loin de là. Il l’aurait refait mille fois, en boucle, sans relâche et sans la moindre hésitation. Il aurait sacrifié tout son temps libre même, il n’en aurait rien eu à faire parce que Kana le comblait comme personne n’aurait jamais pu le faire.

Mais il avait la chance inouïe d’avoir un peu de temps pour lui. D’avoir une fille indépendante, intelligente, qui dans leur complicité avait besoin d’autant d’espace que lui. Et ce temps était précieux. Il était sien et seulement sien. Hisao ne voulait pas que ce temps appartienne à qui que ce soit d’autre. C’était pour cette raison qu’il n’avait jamais réussi à s’investir correctement dans une relation après Minami. Kana lui avait appris à aimer la solitude, à la chérir parce qu’elle lui faisait un bien pas possible.

Et il n’était pas prêt à sacrifier ces choses-là au prix d’un couple. Il se savait parfaitement capable d’apprécier Ashton intellectuellement – charnellement – et spirituellement, sans s’encombrer de ça. Sans qu’ils aient tristement s’enchaîner l’un à l’autre.

N’importe qui aurait pensé que c’était horrible—c’était encore l’un de ces amours – quel amour, merde – impossible dont il valait mieux éteindre la flamme avant qu’elle n’embrase tout ce qui tenait encore debout. Mais Hisao n’arrivait pas à le voir ainsi, il était juste content d’être tombé sur quelqu’un qui réussirait peut-être enfin à comprendre cet aspect de sa personnalité.

Peut-être.

Il hésita, paupières fermement closes et l’esprit dans le flou. L’empathie d’Hisao avait un énorme défaut—il détestait, détestait parler de lui-même. En tant que psychologue, il était pourtant censé savoir que ce n’était pas une si mauvaise chose, mais il n’y pouvait rien. Il avait juste l’impression de mettre son cœur sur la table et de laisser n’importe qui faire n’importe quoi avec.

Et ce n’était même pas comme si la confidence qu’il s’apprêtait à faire était délicate ou sensible. C’était juste que—parler de lui—

Mais Ashton n’est pas n’importe qui, non ? Et il m’a dit des choses bien plus dures et plus rudes que ça, alors—

« J’aime ma liberté. Je—je ne veux pas la sacrifier », mais cette fois-ci, parler n’enleva pas de nouveau poids sur sa poitrine. Parce que maintenant, il avait peur qu’Ashton pense qu’il le voyait comme un boulet à traîner au pied. Ce n’était pas le cas, oh non, ce n’était pas le cas. « Je préfère rester célibataire aussi. Mais ce n’est pas pour autant que j’ai envie de—d’ignorer le fait que tu m’attires. »

Et maintenant, il ne savait plus quoi penser.

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(#) Re: [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao]  [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao] EmptyDim 27 Sep 2020 - 21:27


 

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– Est-ce qu’il m’a déjà regardé ainsi ? – Oui. Plusieurs fois, même. Il est difficile d’oublier cette intensité. Alors pourquoi ai-je l’impression de me retrouver à nu sous ses yeux quand il découvre son visage et m’écoute ? Pourquoi suis-je aussi hypersensible dès qu’il est question de cet homme ? Si seulement j’avais la réponse. Si seulement je voyais clairement le nom et la forme du péril auquel je m’expose. Car quand il se révèle enfin, Dieu m’est témoin qu’il ne ressemble à rien de ce que j’imaginais. Jamais je n’aurais pu imaginer cela…

Ça commence par la surprise qui fait battre mes paupières, et puis par ce soulagement si grand, si vertigineux que j’ai l’impression de vaciller alors que je hoche la tête quand il affirme que je n’ai pas besoin de m’expliquer. Qu’il me comprend. Qu’il ne sait pas tout mais – Nous avions les yeux fermés et nos fronts se touchaient – qu’il voit – Et c’était suffisant pour qu’il soit là – qu’il respecte mon choix. Pendant une poignée de secondes, la gratitude que je ressens pour lui est si vive qu’elle agrandit les battements de mon cœur. J’avais si peur qu’il ne saisisse pas, qu’il pense que c’était une façon détournée de le rejeter ou que sais-je encore… Peu de personnes comprennent qu’on a besoin parfois de rester seul et Hisao en fait partie. En fait, je le découvre dans le souffle d’un blizzard glacé qui gèle soudain ma poitrine, il est dans le même cas que moi. Lorsque l’aveu tombe avec difficulté, après qu’il ait longtemps lutté pour parvenir à me le dire.

– J’aime ma liberté. Je ne veux pas la sacrifier – Je ne comprends pas tout de suite pourquoi ces mots me font si mal. Il me faut un peu de temps pour mettre mes contradictions en lumière.

Je ne pourrai pas le rendre heureux. Même si je le désirais, même si je n’étais pas aussi terrifié à la seule idée de faire de nouveau partie d’un couple, ces deux phrases réduisent à néant la possibilité que cela advienne – Parce que j’espérais que ça advienne ? – un jour. Les gens ne sont pas libres avec moi. Quelqu’un d’aussi émotif, passif et avide que moi – J’étouffe avec toi – ne fait que drainer l’énergie des autres jusqu’à l’extinction par sa soif d’affection et son insécurité. Ça ne pourrait – Tu m’épuises – jamais marcher. C’est tellement évident – Tu es trop compliqué à gérer – que j’avais déjà toutes les clés en main pour le réaliser. Pourquoi je n’y ai pas pensé plus tôt ? Hisao angoisse à l’idée d’être touché quand je bois voracement le moindre contact. Ce simple fait résume à lui seul tout ce que cette relation aurait d’impossible même si je l’avais souhaité et ce n’est pas ce que je souhaite, non. La déception, la tristesse que je ressens n’ont rien rien à voir avec ça. C’est simplement que j’ai été la moitié d’un couple pendant si longtemps que j’ai parfois du mal à m’imaginer seul encore aujourd’hui, même si je ne suis pas malheureux de l’être. C’est simplement une autre des innombrables marques que Messiah a laissées en moi, au point que je me demande parfois si j’arriverais un jour à construire quelque chose ailleurs que sur ses décombres. L’amertume me poisse la bouche à cette pensée fataliste. Non vraiment, Hisao mérite mieux que ça. Heureusement – C’était ce que je voulais ? – que je m’en rends compte maintenant. Heureusement que je peux – Est-ce que c’était vraiment ce que je voulais ? – renoncer tout de suite…

Que me reste-t-il à faire alors ? Et bien… déterrer une autre ruine et faire ce que j’ai appris à la perfection pendant vingt longues années : ravaler et sourire. Je suis atterré de constater que je n’ai rien perdu quand je m’entends répondre d’une voix douce :

« Je comprends. Moi aussi je… Moi aussi je te comprends. »

Et c’est vrai. Je ne suis on ne peut plus sincère et cette sincérité fait partie intégrante de la douleur sourde que j’enferme entre mes côtes, résolu à la museler sévèrement pour le moment. Il est hors de question que je la laisse éclater en sa présence et que je manque de tout ruiner une nouvelle fois alors que nous avions passé une si bonne soirée et que l’honnêteté d’Hisao est un honneur dont je ne me serais pas cru digne ce matin encore. Même si je dois avouer que l’innocente cruauté de cet homme me semble un instant ne pas avoir de limites tandis que ces derniers mots me font baisser les yeux sur un sourire.

« Même si je le voulais, je ne pourrais pas l’ignorer non plus. Mais… »

Mais je ne serai jamais capable de le revivre. Je ne pourrai pas faire de nouveau l’amour avec toi sans désirer davantage, sans m’en vouloir de ne pas me contenter de ce que tu veux bien me donner, sans souffrir de retomber encore dans les mêmes erreurs. Je ne pourrai pas t’embrasser puis te laisser partir sans avoir l’impression de recommencer à gâcher ma vie en attendant un homme…

« Mais il va falloir me ménager un minimum. Si tu chantes encore une fois Wanna Make Me Die devant moi, je suis bon pour l’infarctus. »

Ma lâcheté m’abasourdit encore quand nous quittons le karaoké quelques temps plus tard, après avoir décidé d’un commun accord que nous en avions assez pour cette fois. Un violent frisson me secoue de haut en bas en sortant. Nous sommes aux heures les plus froides de la nuit et j’avais tellement chaud là-dedans que le contraste est aussi brusque qu’inattendu. J’enfile ma veste et défais ma tresse pour pouvoir me blottir dans mes cheveux – Le nec plus ultra de l’écharpe, je le dis haut et fort – et sors mon portable de ma poche pour chercher le numéro d’une compagnie de taxi. Je voudrais déjà être chez moi…

« Je ne sais même pas si les taxis circulent encore à une heure pareille… »
 



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(#) Re: [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao]  [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao] EmptyLun 28 Sep 2020 - 1:54

Que ce soit d’un point de vue relationnel. Je ne comprends pas, Hisao. Tu n’as plus quinze ans, et à un moment il serait temps que tu te réveilles pour décider de ce que tu veux—arrête de faire perdre leur temps aux gens ! Que ce soit d’un point de vue sentimental. Dégage. Je ne veux plus jamais te voir. Je n’aurais jamais dû te dire tout ça, j’avais confiance en toi. Que ce soit pour une question de la confiance. Qu’est-ce que je dois faire pour que tu me parles ? Tu ne me donnes jamais d’indice, je suis perdue. Hisao avait toujours été incompris. Il ne jetait pas la pierre à ses ex-partenaires, loin de là. Il se savait être de loin—de très loin, le seul fautif. Celui qui s’exprimait mal, n’était pas clair, n’osait jamais être pleinement sincère tant il était persuadé qu’on le rejetterait s’il agissait de la sorte. À faire de son mieux pour se conformer à ce que l’on voulait de lui, à se montrer influençable, malléable—mais le naturel revenait toujours au galop. Et il finissait par décevoir ces personnes pour qui il pensait compter, mais qui s’étaient amourachées de ce qu’il n’était pas.

Alors il y avait quelque-chose d’incroyablement fort dans l’acceptation d’Ashton. Suffisamment fort pour le faire se sentir incroyablement léger, si—léger que ça lui en aurait presque fait tourner la tête. C’était étrange, inhabituel qu’il se sente ainsi en la compagnie de quelqu’un d’autre que sa fille ou son frère. Il n’avait pas la moindre idée de ce qu’il devrait dire.

En fait, il ne savait même pas s’il avait envie de dire quelque-chose. Dans l’immédiat, son corps ne lui réclamait qu’une seule chose et—oh.

Est-ce que ça veut dire que je ne peux pas l’embrasser ?

Il ne se serait pas laissé tenter de toute façon. Déjà parce qu’ils étaient filmés par les caméras de surveillance, mais maintenant qu’Ashton venait de le mettre en garde, il préféra garder ses mains le long de son corps et sa bouche où elle était.

« Ah… Je—je me disais aussi », c’était donc ça qu’il avait vu dans son regard avant qu’il ne s’éclipse aux toilettes juste après avoir chanté sur Make Me Wanna Die. Il croisa les bras et laissa un sourire s’installer au coin de ses lèvres. « Qui te dit que je n’ai pas d’autres cartes dans ma manche ? »

De toute façon, il y a un univers entre ce que j’aimerais faire et ce que je suis physiquement capable de faire.

Son audace n’était pas aussi directe que celle dont il avait fait preuve la première fois. Elle prenait un caractère plus doux, plus discret. Il n’était pas habitué à parler ainsi – à séduire – et il savait que sa timidité le rendait maladroit. Alors il ne s’y risquait presque jamais—sauf quand cet homme à la longue chevelure envoûtante, au regard bleu troublant et à la voix profonde qui le rendait stupide l’y poussait. Comme si c’était plus fort que lui, comme si le besoin de le voir rougir et remettre une mèche inexistante derrière son oreille était insatiable au point de passer au-delà de sa réserve habituelle.

Ils finirent tous deux par sortir de l’établissement, ayant décidé qu’ils avaient suffisamment veillé pour cette nuit. Hisao était exténué et ça se sentait. À la fois dans la façon qu’il avait de se laisser un peu plus aller, mais aussi sur les traits de son visage. Le contre-coup n’était pas évident à supporter, mais il n’avait pas non plus énormément de route jusqu’à chez lui.

« Je ne sais pas non p—attends, quoi ? » Il reporta son attention sur lui, le sourcil arqué et l’air perplexe. « Tu rentres en taxi ? » Bien-sûr que oui, sinon il ne se poserait pas cette question, crétin. Même si son cœur ne s’était pas arrêté de tambouriner dans sa poitrine et que l’idée de se retrouver dans l’habitacle de sa voiture avec Ashton faisait naître en lui un lot d’images complètement indécentes et inappropriées, il ne pouvait pas se résoudre à le laisser prendre un taxi. « Je peux te ramener. Ça ne me fera qu’un minuscule détour et ça me ferait plaisir. Je m’en voudrais que tu ailles dépenser de l’argent pour ça », lui proposa-t-il avec un nouveau sourire aux lèvres.

D’autant plus qu’il avait très probablement déjà pris un taxi pour l’aller. Et qu’il avait payé ses boissons. Comparé au prix de la salle—Hisao se sentait ridicule. Il pouvait au moins faire ça.

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(#) Re: [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao]  [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao] EmptyLun 28 Sep 2020 - 13:41


 

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« Je n’en doute pas une seconde. »

Je ne sais pas comment j’ai pu répondre ça, comment j’ai pu rire à son trait d’humour et son sourire espiègle alors même qu’un retour de flammes me remontait le long des côtes. C’est à croire que je ne suis plus capable d’avoir peur alors que j’enfile mon ancien costume, que je fais savamment croire que tout va bien quand la seule idée qu’il puisse avoir d’autres façons de torturer mes désirs rend ma déglutition difficile. Il avait déjà remarqué mon trouble sur cette chanson – Sans rire – j’aurais du m’en douter – Un néon dans le Sahara aurait été plus discret – Je frissonne encore rien qu’à repenser à l’impression qu’il m’a faite, à sa silhouette découpée à contre-jour et à sa voix dense et grave, sulfureuse de promesses – Arrête – et je me désespère alors que j’entérine ma décision. Il ne doit plus rien se passer de charnel entre lui et moi. Tout volerait définitivement en éclats et c’est la dernière chose que je veux.

Il est absolument fascinant de constater à quel point Hisao sabote tous mes plans. Je bats des cils en entendant sa question, pris par surprise.

« Euh… Oui ? »

C’est-à-dire que je ne suis pas venu à pied et qu’il faut bien que je rentre chez moi, je n’ai pas beaucoup d’autres options. En réalité – Oh mais c’est pas vrai – j’aurais du le voir venir. Il est bien trop gentil pour rentrer tranquillement chez lui de son côté pendant que je bats de la semelle sur le trottoir en attendant de donner mes sous à un chauffeur de taxi. J’aurais du voir venir le piège au lieu de – Seuls tous les deux, à un mètre d’écart, dans un habitacle saturé de son odeur – tenter mollement de refuser comme je le fais :

« Oh mais tu n’es pas obligé… Je suis venu comme ça à l’aller, je ne vais pas en mourir. Tu as déjà payé la salle et, et cesse de sourire ainsi, c’est bon, j’accepte. Merci beaucoup… »

Je secoue la tête en levant les yeux au ciel, souriant moi aussi même si je suis exaspéré par ma propre faiblesse. Si je dois souffrir de cette situation à l’avenir et il est certain que je souffrirai le martyre d’une façon ou d’une autre, et ben je ne l’aurais pas volé. J’avais tout à fait moyen d’être raisonnable et de refuser poliment pour qu’il puisse rentrer se reposer alors qu’il est aussi fatigué que moi. Je ne l’ai pas fait parce que – Je ne voulais pas le vexer – je n’ai pas changé. Ici ou ailleurs, peu importe sur quel continent je me trouve, je suis toujours le même imbécile. Le même fou qui endure en souriant pour le plaisir d’un homme… Nous rejoignons la Toyota noire d’Hisao garée un peu plus loin, quasiment sans un mot. Ce n’est pas plus mal. On a suffisamment donné de la voix au karaoké et nous taire ensemble n’a jamais été un problème. Du moins, tant que sa proximité n’attirait pas l’attention de mes sens qui ne cessent de revenir voleter de son côté, comme des papillons vers la lumière. Contournant la voiture pour – Oh, on a rasé un mur de près, dis donc – monter côté passager, je lui donne mon adresse pour le GPS et me laisse aller contre le dossier avec un soupir, les paupières lourdes.

« Aaah… Quelle soirée. Je suis sur les rotules, c’était incroyable… »

Peut-être un peu trop. Je n’en reviens toujours pas de tout ce qui s’est passé en moins d’une soirée. Comme toujours avec Hisao ceci dit mais cette fois, c’est sûr… On a battu… Tous les records…

En moins de cinq minutes de trajet, je m’assoupis contre la vitre.
 



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(#) Re: [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao]  [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao] EmptyLun 28 Sep 2020 - 21:00

Inutile de dire qu’Hisao ne répondit absolument pas à la doléance de son collègue et son sourire s’étira davantage lorsqu’il comprit que c’était ce dernier qui l’avait fait céder. Au moins, il n’aurait pas à insister ni à se justifier des raisons pour lesquelles il voulait le ramener. Quoique—

« Et tu as payé toutes nos boissons ainsi que la nourriture, ce qui a très largement déséquilibré la balance », ajouta-t-il finalement.

Le chemin jusqu’au parking ne fut pas excessivement long, mais suffisamment pour qu’Hisao se perde un moment dans ses pensées. Ashton ne lui en voudrait sûrement pas—le silence n’était pas un problème pour eux, en général. Ils avaient vraiment frôlé la catastrophe à cause d’un nouveau malentendu et—tout ceci ne s’était pas seulement bien terminé. Il avait également eu la chance inouïe de pouvoir parler un peu plus à cœur ouvert, de pouvoir être franc sans avoir peur d’être jugé. Et ça faisait si longtemps qu’il ne s’était pas senti aussi bien avec quelqu’un qu’il ne savait tout simplement pas comment agir, comment lui parler, comment—il était perdu. Ashton lui avait demandé de le ménager, mais Hisao serait le premier à avoir besoin d’un peu de temps, en dépit des exigences sordides que lui hurlaient son corps et son esprit chaque fois qu’il avait le malheur de poser les yeux sur lui.

C’était fatigant de se sentir comme un gamin de seize ans alors qu’il avait vingt ans de plus. Hisao n’avait jamais été très chanceux d’un point de vue relationnel, alors ce terrain avait un goût d’inconnu dans sa bouche. Tout ne lui était pas étranger, mais c’était la première fois que ce n’était pas difficile, que ça ne lui tordait pas les tripes. C’était la première fois qu’il ne blessait pas l’autre dans le processus avec sa maladresse, avec ses propres démons.

C’était fatigant, mais c’était bien loin d’égaler à quel point il était heureux en ce moment-même.

Une fois arrivés à sa voiture, Hisao monta et attendit patiemment qu’Ashton s’installe à côté de lui. L’avoir aussi proche dans de telles conditions le déstabilisait quelques peu, mais c’était supportable. Il était épuisé et il préféra essayer de garder ce qu’il lui restait de concentration pour conduire. Les routes devraient être tranquilles, mais—on n’est jamais trop prudent. Il esquissa un sourire aux mots de son collègue.

« Je ne pourrais pas mieux la décrire », lui répondit-il en laissant échapper un léger rire. « Je pense que je vais dormir jusqu’à Lundi, cela dit. »

Minimum. Enfin, ça, c’était sans compter sur le fait qu’il avait un rendez-vous à treize heures le lendemain pour faire le rappel de certains vaccins de Taro. Oh—qu’est-ce qu’il avait hâte d’attendre une heure assis dans une salle d’attente à essayer de ne pas s’endormir. Il avait volontairement omis cette information pour éviter que son collègue ne s’inquiète pour rien et qu’ils aient à écourter leur petite soirée. Et puis, une fois le rendez-vous chez le vétérinaire terminé, il retournerait probablement dormir—ou comater sur le canapé devant une saga de films qu’il avait déjà vue. Kana ne passerait pas le voir avant dimanche, alors il avait une bonne journée pour récupérer.

Tout en gardant son attention sur la route, il s’égara dans ses pensées à plusieurs reprises. Heureusement pour lui, la route n’était pas bien longue, le détour avait ajouté un petit quart d’heure de plus au chemin qu’il avait eu l’intention d’emprunter pour rentrer chez lui mais—un quart d’heure de plus, un quart d’heure de moins… Il préférait savoir qu’Ashton était bien rentré et qu’il n’avait pas déboursé une fortune pour être reconduit chez lui.

Enfin—il ne regretta son geste qu’une fois garé sur le parking devant l’immeuble où habitait son collègue. Ashton avait fini par s’endormir sur le lit de ses cheveux contre la vitre. Hisao ne put s’empêcher de laisser son regard s’égarer un instant—il avait l’air si paisible emporté par le sommeil qu’il n’osa pas le réveiller immédiatement. Ses traits étaient détendus, doux et les quelques rayons de lumière qui passaient à travers les vitres venaient mettre en relief l’élégance de chaque angle de son visage—et alcool ou non, il n’arrivait pas à s’enlever de la tête que cet homme était sculpté comme une véritable œuvre d’art.

Il va se réveiller tout seul. J’en suis sûr.

Peut-être qu’inconsciemment, il finirait par se rendre compte qu’il n’était plus bercé par la tranquillité de la route, que la lumière des réverbères autour d’eux finirait par le tirer de son sommeil. Hisao n’aurait qu’à lui dire que « oh non, on vient tout juste d’arriver, tu as juste dormi deux minutes » et le problème serait réglé.

Mais non. Les minutes passèrent, une puis deux puis trois puis cinq et il dut se rendre à l’évidence.

Non, bien-sûr que non, il ne va pas se réveiller tout seul. La radio indique quatre-heures vingt-sept, et vu comment nous nous sommes dépensés, je ne vois pas comment est-ce qu’il pourrait se réveiller. Il doit être exténué.

Il hésita un moment. Il pourrait se contenter d’appeler son prénom—mais recula devant cette idée lorsqu’il se remémora son réveil chez lui. Certes, il n’aurait pas le même effet qu’une porte qui claque mais il ne voulait pas le surprendre. Mais ne le surprendrait-il pas dans tous les cas ? Huh.

Sa main s’avança doucement vers son épaule sans la toucher, s’ouvrit, se referma, se recula, hésita. Il ne se sentait pas spécialement mal à l’idée de le toucher, mais—ça n’en était pas moins étrange. Alors même qu’il avait posé ses mains et sa bouche partout sur son corps deux semaines plus tôt—il n’osait même plus le toucher à travers le tissu de sa chemise. Pourtant, il en avait envie, mais il avait peur de sa réaction, peur de le surprendre, peur de le dégoûter, peur d’être maladroit, peur de—

Il ferma les yeux un instant et arrêta de réfléchir pour finalement couvrir son épaule avec sa main avant de secouer aussi lentement que possible. La dernière chose qu’il voulait était d’être brusque et de le faire sursauter.

« Ashton ? » Ajouta-t-il à son geste, la voix basse et douce. « Ashton ? » Ses doigts tremblaient un peu, mais il décida d’ignorer la gêne. Il n’avait pas le choix, de toute façon.

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(#) Re: [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao]  [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao] EmptyLun 28 Sep 2020 - 23:28


 

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Je vais fermer les yeux cinq secondes – Pas une de plus, promis – C’est ce que je me suis dit alors qu’on attendait que le feu daigne passer au vert. Forcément, rien d’étonnant à ce que je plonge aussitôt dans le sommeil si doux, si confortable, guidé par sa voix enchanteresse faite de moteur ronronnant… C’est une autre voix qui m’en tire un peu plus tard, calme et chaude comme le contact sur mon épaule. Et sur le moment, alors que je me redresse – Hm ? – et cligne des yeux comme un hibou derrière mes lunettes – Où suis-je ? – je ne réalise pas tout de suite. Je tourne la tête, reconnais Hisao, reconnais mon immeuble dehors, reconnais sur l’horloge du tableau de bord que j’ai largement – Est-ce que j’ai bavé ? Non, c’est bon – dépassé les cinq secondes.

« Oh… Déjà ? Pardon, je n’ai rien vu venir… Merci encore de m’a voir ramené… »

Ma main vient frotter mon visage par réflexe alors que j’étouffe un bâillement – Merde, mon maqui- Oh, tant pis je vais l’enlever dans cinq minutes – pour repousser le sommeil encore un moment et pouvoir lui dire au revoir en bonne et due forme. Enfin, c’est ce que je comptais faire. Ce que j’aurais fait si reprendre mes esprits ne m’avait pas soudait fait réaliser qu’Hisao – Oh – n’a pas retiré sa main de mon épaule. Je me statufie dans la seconde, ma gorge s’assèche, tout ce que je voulais dire disparaît de ma tête. Dans ma poitrine, mon cœur fait un bond tellement violent qu’il rebondit contre mes côtes et il me paraît impossible – Il me touche – qu’il ne le perçoive pas au creux de sa paume. Mon regard se pose sur lui, sur ses yeux sombres et ses traits tirés par la fatigue – Hisao me touche alors que le contact l’angoisse – son autre main refermée sur le volant. Il y avait quantité de choses que je voulais lui dire et qui crépitent encore dans le silence mais je ne m’en souviens plus. Il me paraît impossible de me souvenir de quoi que ce soit qui ne soit pas la chaleur de sa paume sur mon épaule, ce contact dont j’ai soudain si pleinement conscience que j’ai l’impression que l’intégralité de mes nerfs y sont concentrés. Je ne suis pas sûr d’avoir envie de parler si cela signifie briser ce moment… Après un temps que je ne saurais définir, une éternité à compter les pulsations de mon cœur qui tendent toutes vers cette main posée sur moi, je finis par reprendre la parole, sans esquisser un geste :

« Deux choses. La première, c’est que les gens qui te trouvent plus sympathique ivre sont des philistins qui n’ont aucune idée de ce qu’ils manquent. Le seconde, c’est que j’ai préféré cette soirée à l’autre que nous avons passée ensemble. Parce que tu étais sobre et que tout était sincère. Et que je te préfère définitivement sobre… »

Et je ne devrais pas rougir comme je le fais, je ne devrais pas trembler – À moins que ce ne soit lui ? – alors que je prononce ces mots mais je n’ai aucune prise là-dessus. Parce que c’est la vérité. C’était peut-être éprouvant de bien des façons et je garderai une note douce-amère quant à ce qui s’est passé à la fin – Dès que je rentre, j’engueule ce con de Karson – mais je pense tout cela sincèrement. Qu’Hisao ait été capable de lâcher prise, de s’amuser, d’être aussi franc avec moi sans même être sous l’emprise de l’alcool est un cadeau que j’estime à sa juste et inestimable valeur. Qu’il soit capable de me toucher en ce moment même en est un autre à double tranchant, bien plus terrible dans sa façon de brouiller toutes mes pensées. Une voiture passe dans la rue d’où nous venons, la lumière distante de ses phares accroche les angles de son visage – Je n’aurais qu’un geste à faire – et dans un sursaut de bon sens, mon esprit se cabre. Je ne dois pas m’attarder. Si je reste davantage – Un seul mouvement – je vais le regretter. Tentant à tout prix de respirer calmement, je finis par lever une main hésitante – Pour l’embrasser – pour décrocher sa main de mon épaule…

« Merci pour cette soirée, Hisao… »

… Et je ne réalise que trop tard à quel point c’était une mauvaise idée. Quand mes doigts glissent sur le dos de sa main, son poignet, ses phalanges et que je ne peux soudain plus les retirer, possédé par l’afflux d’étincelles qui vient de remonter tout le long de mon bras à ce simple contact…
 



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Hisao Tenma
« Personnel ; psychologue »
(#) Re: [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao]  [TERMINE][Karaoké] Friday Night Fever [Hisao] EmptyMar 29 Sep 2020 - 11:54

Pourquoi n’avait-il pas retiré sa main ? Il ne savait pas exactement. Peut-être parce qu’il avait subitement décidé que la chaleur contre sa paume et la façon dont elle faisait s’agiter son cœur dans sa poitrine surpassaient de loin l’angoisse qui fourmillait sous sa peau. Il ne l’avait touché que dans un seul et unique but : Le tirer de son sommeil pour lui permettre d’aller finir sa nuit dans un endroit un peu plus confortable que les sièges de sa voiture.

Jusqu’à ce qu’il décide qu’il—était bien ici et n’avait pas envie de repartir. Qu’il n’avait pas envie de le laisser rentrer chez lui – que ce n’était pas du tout raisonnable parce qu’ils étaient tous deux épuisés – et que toutes les bonnes choses ont une fin mais que s’il pouvait retarder celle-ci… Et quelque-chose de chaud irradia sa poitrine alors que les secondes défilaient. C’était si facile avec lui. Parce qu’il avait la marque de ses doigts gravée à jamais dans sa peau, parce que ce n’était pas la première fois, parce qu’il lui faisait confiance.

D’une façon où d’une autre, Ashton finit par réussir à articuler quelque-chose et Hisao n’eut absolument aucun temps de préparation. Les mots étaient sortis sans préavis aucun et toute la chaleur de son corps migra sur ses joues, sur son cou. Cette main qui tenait le volant comme si sa vie en dépendait glissa et vint se plaquer contre son visage pour essayer d’en cacher la couleur pourpre.

« Ne—ne me dis pas des choses comme ça, je—tu— », ressaisis-toi bon sang. « Ça—me touche. Vraiment… »

Même s’il avait été vrai et honnête sous l’emprise de l’alcool, Hisao comprenait ce qu’Ashton supposait lorsqu’il lui disait qu’il avait apprécié la sincérité de cette soirée. Et—il était d’accord avec lui sur toute la ligne. Déjà parce que le fait d’être sobre lui avait permis d’apprécier chaque signe à sa juste valeur sans être gêné par le flou et la brume constants à l’alcool, mais aussi parce que c’était une réussite personnelle. Cela faisait des années qu’il n’avait pas réussi à se lâcher ainsi. Avec son frère et sa fille, c’était infiniment différent évidemment—mais Ashton était extérieur à tout ça. Il l’avait guidé hors de sa zone de confort sans jamais le lâcher et avec une bienveillance qu’il n’arrivait tout simplement pas à intégrer.

C’était acté. Il ne voulait pas partir. Il ne voulait pas rentrer et mettre fin à cette soirée pour se glisser seul sous les draps froids de son lit, dans cet appartement qui lui semblerait soudainement si vide.

Lorsque la main d’Ashton se dirigea vers la sienne, il retint sa respiration—craignant qu’il veuille l’arracher à sa chaleur corporelle. Il accepterait la sentence sans broncher : Ashton lui avait demandé de le ménager et il mettrait un point d’honneur à essayer de respecter cette règle autant que possible. Mais lorsque les doigts brûlants sur sa peau ne semblèrent jamais vouloir repartir—ce fut amplement suffisant pour tout envoyer se faire foutre. Sa main libre chercha le col de la chemise de son collègue et se posa sur ses clavicules à moitié couvertes. Seuls ses dernières phalanges dépassaient et touchaient la peau de son cou en-dessous du tissu – c’était juste assez de contact pour ne pas le faire trembler de plus belle. Même s’il avait désespérément envie de le toucher, il ne pouvait certainement pas occulter ce que son corps lui hurlait. Que même si le toucher délicat de ces doigts sur sa main était agréable, il n’en était pas moins oppressant.

Et son visage était soudainement si proche du sien—il s’humecta la lèvre inférieure hésitant, mais plus si incertain alors que ses yeux se posèrent sur sa bouche, sur son cou et se plongèrent dans son regard avant de se fermer et qu’il l’embrasse sans ne plus chercher à savoir si c’était la bonne chose à faire ou non.

Ça n’avait rien de ce qu’il connaissait déjà—les sensations étaient bien plus fortes, plus réelles alors qu’il avait pleine possession de ses moyens et tout était si lent—si doux qu’il n’était pas loin de fondre à son contact. Qu’il en oubliait la façon dont son cœur se tordait, à la fois victime du stress intarissable qui régnait sur son corps et du brasier aussi agréable qu’enivrant qu’Ashton avait déclenché en lui.

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désolée ash. je te bisoute quand même.  
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