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 Prendre ses marques [Libre]

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Hayao Sakai
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Hayao Sakai
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(#) Prendre ses marques [Libre]  Prendre ses marques [Libre] EmptyDim 20 Sep 2020 - 21:28

Il avait commencé par s’adresser à l’administration, informée de son arrivée. Là, on lui avait poliment fourni un plan de l’école, un badge déclinant son identité et quelques explications un peu succinctes, destinées aux nouveaux arrivants. Mais qu’importe, il avait déjà pu visiter les lieux lors des entretiens qu’il avait l’occasion d’y passer pendant les vacances d’été. Il savait à peu près à quoi s’attendre et n’attendait que l’occasion de se mettre au travail.

Il n’avait d’ailleurs rien laissé au hasard pour ce changement de vie qui commençait pour lui. Il était arrivé la veille au soir à Kobe d’Osaka par le train, dans un trajet qui lui avait pris moins d’un quart d’heure. Tout était déjà organisé avant même son départ. Il n’avait voyagé qu’avec un simple attaché-case, comprenant des vêtements pour la semaine, son ordinateur portable, et quelques effets personnels. Ses meubles, confiés aux soins d’une entreprise de déménagement réputée, arriveraient le week-end suivant. Il avait choisi son futur appartement sur photos. Il s’agissait d’un lieu d’habitation sobre et fonctionnel, à peu près dépourvu d’âme et de charme, mais c’était tout à fait ce qu’il recherchait.

Ce fut donc sans émotion particulière qu’il traversa le campus pour se rendre sur son nouveau lieu de travail : la bibliothèque. Il avait rapidement répertorié les taches qui l’attendaient, ainsi que la durée qu’il estimait devoir y consacrer, d’après ce qu’il avait pu entrevoir. Bien sûr, il se laissait une marge de manœuvre, d’autant qu’une grande inconnue lui échappait tout de même : à quel point les élèves du campus auraient-ils besoin de lui ? Devrait-il sillonner les couloirs et les rayons à tout bout de champ pour réclamer le silence ? Ou rencontrerait-il de vrais passionnés, dépassant parfois ses propres compétences ? A quel point serait-il médiateur entre les richesses de cet endroit et le public, en l’occurrence les élèves ?

Ou alors serait-il en mesure d’inventorier, de documenter, de cataloguer, de prendre contact avec les éditeurs, de nouer des relations avec d’autres grands établissements aux collections intéressantes, de rencontrer les professeurs des différentes matières pour dialoguer, de repenser l’organisation de l’espace, d’organiser les collections, de promouvoir les ouvrages auprès des classes, de gérer les accès, en prévoyant des espaces de lecture et de consultation, de passer en revue le règlement des lieux, de revoir l’entretien des livres…

Il y avait tant à faire que ça en donnerait presque le tournis. Mais pour lui, le travail ne faisait que démarrer et il n’avait qu’une hâte : commencer. D’ailleurs, alors que ces pensées lui traversaient l’esprit encore et encore, il avait atteint l’entrée de cette incroyable bibliothèque. Il en poussa résolument la porte, en se disant qu’une bonne première étape serait de comprendre comment se déroulait la gestion des emprunts.
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Gareth N. Kobayashi
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(#) Re: Prendre ses marques [Libre]  Prendre ses marques [Libre] EmptyJeu 24 Sep 2020 - 19:44




♫ Prendre ses marques ♫
Matinée du Mercredi 7 septembre 2016

Les périodes les plus difficile quand on était professeur étaient sans aucun doute les débuts d’années et leur fin. A la rentrée la pression se faisait sentir : préparer ses cours en temps et en heure, s’assurer de respecter le programme à la lettre, s’entendre avec les élèves tout en faisant preuve de fermeté, entretenir de bonnes relations avec ses collègues était également primordial pour le bon déroulement de l’année, autant d’un point de vue professionnel que psychologique. A l’arrivée du printemps en revanche, c’était la course afin de terminer l’intégralité du programme, s’assurer que chaque élèves maîtrisait les compétences nécessaires à l’obtention de ses examens.

Je ne pouvais empêcher ce petit sentiment de culpabilité de venir me serrer la gorge lorsque certains de mes élèves ne parvenaient pas les réussir. Bien sur je ne pouvais travailler à leur place et il en valait de leur responsabilité individuel, mais tout de même... Avais-je suivi ces élèves correctement, avais-je raté un épisode difficile dans leur petite vie d’adolescent ? Autant de questions qui me poussaient chaque année à redoubler d’efforts dans ma profession. Lorsqu’on pensait avoir tout appris, on n’évoluait plus.

Cette année n’échapperait pas à la règle. D’un pas tranquille mais décidé, je me dirigeai vers la bibliothèque du campus, afin de trouver des ressources documentaires pour agrémenter mes cours. Rendre l’enseignement de l’histoire de l’art au fil des siècles intéressant était une tâche ardue, voire relevant du parcours du combattant. Aussi l’habitude de faire des powerpoint, que mes élèves pouvaient retrouver sur le site de l’établissement, m’était venue naturellement lorsque j’enseignais encore au lycée. Un cours écrit subsistait évidemment, mais un support visuel permettait aux idées de s’ancrer plus facilement dans la mémoire.

J’ouvris la porte de l’antre des savoirs, tout était comme on pouvait l’attendre d’un tel endroit, incroyablement silencieux. L’odeur subtil de livres vint chatouiller mes narines et mes pas me menèrent dans la partie réservée aux arts. De l’Asie, à l’Europe ou à l’Amérique latine, il y en avait pour toutes les périodes du monde, une vraie mine d’or. Tout sauf celui que je recherchai activement, coup du sort. Aujourd’hui je prévoyais de préparer un cours pour les deuxièmes années, qui les ferait quitter les frontières du Japon. N’ayant pas particulièrement envie de fouiller les étagères de fond en comble, je me pris à chercher le bibliothécaire, qui était d’ailleurs arrivé également cette année. Cette pensée me fit douter qu’il puisse m’aider à peine embauché, loin de moi l’envie de lui faire perdre son temps...

Après quelques instants, je remarquai enfin Sakai-san, occupé à trier et ranger des ouvrages, j’eus encore moins le désir de le déranger. Néanmoins je ne pourrai avancer son aide.

« Bonjour Sakai-san, pardonnez-moi de vous déranger mais, je ne parviens pas à trouver un livre dont j’ai besoin pour mes cours. »

Je dépliais une feuille où le nom de l’ouvrage était inscrit.

« Je cherche La Renaissance italienne : Architecture, peinture, sculpture et dessin, de Rolf Toman. C’est l’édition de 2013. »

Le titre était légèrement étiré mais je préférais lui donner toutes les informations dont il pourrait avoir besoin pour lui faciliter la tâche. J’ajoutai tout de même :

« Est-ce que vous pensez pouvoir m’aider ? Je comprendrais que vous ayez besoin de temps pour prendre vos marques en ce début d’année. »

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Hayao Sakai
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(#) Re: Prendre ses marques [Libre]  Prendre ses marques [Libre] EmptyJeu 24 Sep 2020 - 22:58

Hayao n’avait pas perdu de temps. Bien qu’il ait initialement eu l’intention de s’affairer à cette fameuse gestion des emprunts, un rapide tour des lieux lui avait fait saisir toute l’urgence d’une autre tâche bien plus importante : mettre – ne serait-ce qu’un tout petit peu – d’ordre dans cette bibliothèque. Attention, la définition « d’ordre » d’Hayao défie sans doute celle du commun des mortels, et on ne pouvait pas dire que les rayonnages vomissaient leur contenu sur les bureaux ou dans les lieux dédiés à une lecture plus récréative. Au contraire, place nette avait été faite sur les espaces de travail, tout comme au niveau des assises d’ailleurs, mais c’était plutôt *dans* les rayons qu’il y avait du grain à moudre.

A vrai dire, il ignorait complètement si l’actuelle définition, visiblement fantasque, de rangement utilisée en ces lieux venait d’élèves un peu farceurs ou d’un prédécesseur peu scrupuleux (ou plus simplement surmené) mais la situation avait grand besoin d’être si ce n’est réglée, au moins à minima améliorée. En effet, il remarqua très vite un livre de médecine qui s’était fait une place parmi les ouvrages de biologie, ou encore un certain nombre de titres qui semblaient avoir leur propre idée de ce que « triés par ordre alphabétique » pouvait bien vouloir dire.

En positivant, il se dit que c’était l’occasion idéale de revoir et mettre en place son propre système de classification et de tri. Ça n’aurait rien de révolutionnaire mais il commençait déjà à s’inspirer de la façon dont ça avait géré à Osaka. En attendant, il avait donc déposé ses affaires sur la chaise du bureau lui étant attribué (sans même prendre la peine d’en allumer le poste informatique) avant de retrousser les manches de sa chemise immaculée et de se mettre à la tâche. Il avait jeté son dévolu sur ce qui semblait être le rayon Sciences physiques, bien qu’il y retrouva rapidement des ouvrages plus généralistes, ou encore des livres dédiés aux sciences appliquées.

Il faut reconnaître que, pour beaucoup, ça n’aurait pas été si terrible que ça. Après tout, si on est pas trop tatillon, tout ça se rapproche plus ou moins, et n’importe quel étudiant un tant soit peu débrouillard aurait probablement trouvé le bouquin qui l’intéressait en un temps restreint. Mais reconnaissons-le, Hayao était probablement peut-être un tout petit peu maniaque sur les bords. Il venait de poser sur sa pile nouvellement constituée le livre « La révolution d’un seul brin de paille ; une introduction à l’agriculture sauvage » de Masanobu Fukuoka, lorsqu’il perçut sur sa droite une présence presqu’imperceptiblement gênée, qui sans tarder s’adressa à lui.

« Bonjour Sakai-san, pardonnez-moi de vous déranger mais, je ne parviens pas à trouver un livre dont j’ai besoin pour mes cours. »

Hayao se retourna plus franchement vers son interlocuteur, pour reconnaître l’un des professeurs, dont il avait déjà vu le visage sur les pages web de présentation de l’école. Impossible cependant de reconnaître de qui il s’agissait en cet instant précis. Bien qu’Hayao soit particulièrement grand pour un japonais, l’inconnu le dépassait de loin en taille. Par ailleurs, la couleur ses yeux, de ses cheveux, trahissait vraisemblablement des origines étrangères. Cela attisa évidemment la curiosité du bibliothécaire, qui n’en laissa cependant évidemment rien paraître. Il était très curieux de nouveaux horizons, lui qui n’avait jamais connu qu’Osaka. Le professeur s’adressait à lui très posément, avec beaucoup de politesse, et d’une manière qu’Hayao aurait sans nul doute qualifiée de résolument aimable. Il s’inclina légèrement en lui répondant :

« Je vous prie de bien vouloir me pardonner Sensei, mais je n’ai pas votre nom en tête. »

L’homme ne sembla pas s’en offusquer, et avait quant à lui du recevoir une note de l’établissement lui précisant l’identité du nouveau bibliothécaire. Il prit la peine de lui indiquer plus précisément ce dont il aurait besoin :

« Je cherche La Renaissance italienne : Architecture, peinture, sculpture et dessin, de Rolf Toman. C’est l’édition de 2013… Est-ce que vous pensez pouvoir m’aider ? Je comprendrais que vous ayez besoin de temps pour prendre vos marques en ce début d’année. »

Le titre avait l’avantage d’être on ne peut plus clair : il s’agissait sans aucun doute possible d’un livre d’art, qui plus est portant sur une culture étrangère, par un auteur lui aussi étranger (quoique probablement pas italien, en se basant sur les maigres connaissances que le doctorant avait de cette langue et du latin). Ceci piqua davantage la curiosité d’Hayao qui releva la tête à l’énonciation de ce nom, intéressé par ce que préparait le professeur. Ceci étant, il aurait tout aussi bien pu s’agir d’une lecture personnelle, mais au vu de la peine qu’il prenait à le trouver, il en doutait fortement.

« Je suis navré de devoir vous avouer que j’ignore si nous disposons de cet ouvrage. Je vous propose que nous jetions un œil ensemble. »

Comme toujours, le bibliothécaire était droit et honnête, sans se chercher d’excuses. Il éprouvait une certaine culpabilité à ne pas pouvoir être plus utile ou opérationnel de façon plus immédiate, mais il devait faire avec les cartes qu’il avait en main : c’est-à-dire assez peu pour le moment. Il se surpris à penser qu’il aurait certainement dû commencer par se familiariser avec le logiciel de l’école, au lieu de laisser ses démons maniaques prendre la main dans son cerveau. Mais il était trop tard pour ça de toute façon. Il délaissa la pile qu’il avait commencée à former, se laissant au passage une note mentale d'y revenir plus tard, avant de se diriger vers l’immense section Culture de la bibliothèque, qu’il avait eu l’occasion de repérer. Il n’avait qu’une crainte : faire perdre son temps au professeur, qui par ailleurs connaissait probablement mieux ledit rayon que lui-même...
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Gareth N. Kobayashi
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(#) Re: Prendre ses marques [Libre]  Prendre ses marques [Libre] EmptySam 26 Sep 2020 - 20:46




♫ Prendre ses marques ♫
Durant le mois d’août, j’avais pu tranquillement préparer ma rentrée dans le but de faire la meilleure impression possible. Que ce soit en m’efforçant de retenir le nom des collègues que je serais susceptible de croiser le plus souvent ou le fonctionnement du pôle administratif. La bibliothèque avait déjà accueillie ma compagnie plus d’une fois, néanmoins, chacune d’elles où je me posais devant les étagères destinées à la culture, une nouvelle découverte s’amorçait. Le rangement des ouvrages n’était pas catastrophique, mais il aurait été appréciable de ne pas retrouver celui recherché deux étagères plus bas à gauche quand il devrait être en haut à droite. D’autant plus lorsqu’on faisait ma taille et que se baisser était hm, pénible.

Le nouveau bibliothécaire, concentré dans sa tâche, se tourna vers moi et je pu mieux prendre connaissance de son visage. Les photos administratives ne nous rendaient absolument pas justice. L’homme était plutôt grand pour un japonais, que je soupçonnais pure souche, à peine une dizaine de centimètres de moins que moi, et encore. Chemise cintrée sans un pli qui dépasse, de même pour le pantalon, Sakai-san avait tout l’air d’être propre sur lui. Et plutôt bel homme je devais l’admettre, pas très souriant au premier abord mais sa politesse me laissa penser qu’il était certainement un peu stressé. Nullement vexé par le fait qu’il n’ait pas souvenir de mon nom, je me contentais d’un sourire rassurant.  

« Ce n’est rien ne vous en faites pas, je suis Kobayashi Gareth, professeur d’arts appliqués à l’université. »

Les présentations faites, je lui fis part de mon problème et me rendait compte que ma première intuition était juste. Sakai-san semblait cependant manifester un certain intérêt à ma recherche, du moins j’en avais l’impression, le japonais était difficile à déchiffrer. D’une certaine manière il me rappelait moi plus jeune, à qui on reprochait parfois de ne jamais laisser transparaître ce je pensais, ce qui était totalement volontaire de ma part. Moins on parvenait à lire en moi, moins mes faiblesses pouvaient être exploitées par des petits opportuns. Je me demandais si c’était un peu la même chose pour mon collègue. J’avais conscience de spéculer un peu trop, c’était sûrement sa personnalité et rien de plus. Il fallait vraiment que j’arrête de tenter d’analyser les gens plus que de raison. Néanmoins ceux qui parlaient peu observaient beaucoup, les choses allaient ainsi.

Non surpris qu’il ne sache pas où le livre pouvait se trouver, je hochai la tête, hésitant encore entre décliner son aide alors qu’il avait beaucoup à faire ou l’accepter. Ce n’aurait pas été très poli et loin de moi l’envie qu’il pense que je sous-estime sa capacité à pouvoir m’aider juste parce qu’il était nouveau. Finalement, Sakai-san m’avait l’air tout à fait serviable derrière son air impassible. D’ailleurs, je pensais reconnaître, un petit accent du Kansai mais encore une fois sans aucune certitude. Les personnes diplômées apprenaient avec soin à savoir gommer l’accent de leur région pour adopter le tokyoïte.

« C’est bien aimable à vous, je m’excuse encore alors que vous avez du travail. Il me semble bien avoir vu l’ouvrage sur le site de l’école, nous finirons par tomber dessus. »

Je le suivais à travers les tables de travail, où s’installaient divers élèves, l’air déterminé à débuter leurs devoirs, exposés ou autre besogne donnés aussitôt la rentrée débutée. Rendue dans la section culture, nous commencions donc à chercher. Peut-être se trouvait-il au sein de la partie plus généraliste, simplement nommée « Occident ». Il ne me paraissait pas étonnant qu’un étudiant ne fasse pas la distinction entre auteur européen à consonance anglophone et américain. Toman était pour sa part Allemand, ce qui s’avérait assez difficile à deviner. Alors que je débutais mes recherches, mon regard se tourna vers le bibliothécaire. Il serait bien dommage de travailler dans un silence de mort, je détestais cela. Nous pouvions en profiter pour faire connaissance, en chuchotant bien entendu, que l’envie de lui prenne pas de me mettre à la porte parce que je parlais trop fort ! Un sourire amusé étira mes lèvres à cette pensée alors que je prenais doucement la parole.

« Comment trouvez-vous l’établissement ? Sa taille m’a impressionné à mon arrivée, le lycée où j’enseignais auparavant était plus modeste. Quelle note donneriez-vous à sa bibliothèque comparée à votre précédente ? Ça restera entre nous. »

Un léger rire m’échappa tandis que je reposais une petite pile de livres. Oui, je me risquais une petite plaisanterie pour le mettre à l’aise. J’étais simplement curieux de savoir s’il pensait avoir du pain sur la planche à Kobe en comparaison à l’école où il avait dû exercé avant.  

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(#) Re: Prendre ses marques [Libre]  Prendre ses marques [Libre] EmptyMar 29 Sep 2020 - 21:25

« Ce n’est rien ne vous en faites pas, je suis Kobayashi Gareth, professeur d’arts appliqués à l’université. C’est bien aimable à vous, je m’excuse encore alors que vous avez du travail. Il me semble bien avoir vu l’ouvrage sur le site de l’école, nous finirons par tomber dessus. »

Le professeur fut indulgent avec Hayao en lui déclinant son identité : un professeur d’université donc. Il se montra également extrêmement poli devant le manquement du bibliothécaire à lui proposer une réponse correcte et immédiate. Cependant, dans ce pays, il était toujours extrêmement difficile de savoir s’il s’agissait là d’une bienveillance sincère, ou alors d’une indulgence feinte afin de ne pas troubler l’ordre et les autres. Il avait bien du mal à empêcher cette question de s’imposer à son esprit, et en cet instant détestait son formatage sociétal. Le sujet de la sincérité était d’une importance capitale pour lui mais c’était une qualité qui prenait beaucoup de temps à se confirmer.

Chassant ces idées noires de son esprit alors qu’ils arrivaient à leur destination, il n’avait pu s’empêcher de remarquer les regards curieux, et un peu trop appuyés à son goût, des élèves, sans savoir s’ils s’adressaient à lui, le petit nouveau, ou au flamboyant Kobayashi-San. Oui, parce que c’était bien ainsi qu’il s’imposait petit à petit dans l’esprit d’Hayao. Il était grand, souriant, assuré… solaire presque. Ce dernier adjectif, le japonais le tirait aussi de ces cheveux clairs, si rares dans leur pays… Il fut tiré de cette pensée alors qu’il parcourait distraitement les titres qui s’étalaient à son champ de vision par un chuchotement amusé :

« Comment trouvez-vous l’établissement ? Sa taille m’a impressionné à mon arrivée, le lycée où j’enseignais auparavant était plus modeste. Quelle note donneriez-vous à sa bibliothèque comparée à votre précédente ? Ça restera entre nous. »

Hayao n’était pas sûr de ce dont il devait être le plus surpris : la légèreté de la question, le ton employé, ou encore la tournure nonchalante que prenait la conversation. Il n’imaginait pas pour autant que le professeur Kobayashi puisse là lui tendre une sorte de piège destiné à le mettre en mauvaise posture, mais son acolyte semblait bien moins enclin à démontrer un sérieux sans faille qu'Hayao, qui avait cette vision du travail très étriquée. En effet, pour lui, le sérieux, l'acharnement et les nuits blanches avaient permis de couronner de succès son doctorat. Il n'avait jamais tellement imaginé son labeur autrement, tant il avait lutté pour l'excellence. Mais maintenant qu'il y était arrivé, qu'il était là, en poste, peut-être y avait-il d'autres choses à explorer que cette vision austère ? A la question du professeur, ses pupilles s’agrandirent légèrement alors qu’il était un brin décontenancé. Pour autant, il n’en était pas moins rapide, bien que toujours diplomatiquement correct :

« Je n’ai pas beaucoup d’éléments de comparaison Kobayashi-Sensei. Je dirais que la bibliothèque de l’université d’Osaka m’était plus… familière. »

C’était une façon soit très habile, soit très maladroite, d’exprimer à quel point son sens de l’ordre était en émoi alors qu’il continuait de tenter d’explorer aussi rapidement que possible les titres qui s’enchaînaient sous ses yeux avec un manque cruel et évident de logique. Ils avaient fini par atterrir dans la section « Arts étrangers » mais il se surprit à penser que ce n’était pas que le fruit du simple hasard, après tout, son comparse lui avait désormais signifié que ce n’était pas là sa première visite. En tant que professeur des arts appliqués, il se devait d’avoir déjà parcouru ce rayon.

« J’ai encore beaucoup à apprendre ici avant de pouvoir vous servir de façon plus efficace. »

A peine avait-il prononcé ces mots qu’une petite suite de livres, portant sur les mouvances d’art de la renaissance occidentale, eut enfin l’air d’avoir un minimum de sens, flattant ainsi son esprit très strictement analytique et logique. Peut-être y avait-il par là quelque chose à creuser. Ses gestes se firent imperceptiblement plus fébrile, son sens du travail bien fait reprenait le dessus. Il ne put retenir un geste indicateur de la main à l’attention du professeur.

« Peut-être trouverons nous ce que vous recherchez par ici. Je vous prie de m’excuser de cette familiarité, mais que souhaitez-vous aborder avec vos élèves ? Leur prodiguez-vous des cours d’histoire de l’art ou plutôt des techniques inspirées de l’époque ? »

Il se permit donc de sortir de son rôle, rien qu’un peu, toujours en chuchotant… Après tout, il lui semblait bien que Kobayashi l’avait autorisé à dépasser, rien qu’un peu, les limites de cette tache banale de son job.
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Gareth N. Kobayashi
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(#) Re: Prendre ses marques [Libre]  Prendre ses marques [Libre] EmptyMer 30 Sep 2020 - 20:36




♫ Prendre ses marques ♫
Si les japonais étaient particulièrement doués pour dissimuler leurs véritables opinions et ressentis, ils l’étaient à contrario beaucoup moins pour faire preuve de discrétion. Un comble pour le pays ayant vu naître l’ère ninja, dont la popularité n’était plus à refaire. A cette pensée je levais les yeux aux ciels en prenant sur le fait quelques regards fureteurs cachés derrière des bouquins. Si certains se dirigeaient vers Sakai-san, la nouvelle tête responsable de la bibliothèque, bon nombre m’étaient adressés et je m’y étais parfaitement fait avec les années. Que ce soit ma taille, mes yeux ou la couleur de mes cheveux, je ne pourrais jamais passer inaperçu au sein de la population nippone. Personnellement, ça ne me dérangeai pas plus que cela, ce serait mentir que d’insinuer qu’attirer l’attention n’avait pas un côté flatteur par moment.

Tout en fouillant parmi les nombreux trésors jalousement gardés par les étales, je pris le risque d’engager la conversation avec un ton moins formel et plus sur le ton de la confidence. Voyager en Angleterre et rencontrer ma famille du côté de l’Occident avait définitivement joué sur ma personnalité. En quelque sorte, j’étais plus enclin à être moi-même, à oser adoucir les règles de savoir-vivre millimétrés nippon pour laisser la spontanéité s’installer. Elles avaient toute mon admiration et donnaient son charme à ce pays cher à mon cœur mais, entravaient tant d’échanges que seule la consommation d’alcool parvenaient à libérer.

Mes tentatives n’étaient pas toujours concluantes, souvent mes interlocuteurs gardaient fermement les remparts de leurs intimes pensées, représentés par la plus grande des politesses. D’autres fois, plus rares et d’autant plus plaisantes, ils se plaisaient à pouvoir parler avec franchise et sans risque. J’étais particulièrement curieux de savoir à quelle catégorie de personnes appartenait mon collègue. Attentif, je guettais sa réaction, veillant tout de même à ne pas le fixer trop longuement. Le bleu de mes yeux avait tendance à m’affubler d’un regard plus perçant que je ne le voudrais, et leur rareté provoquaient quelques malaises dont je me serais bien passé. Hayao-san possédait des yeux étonnamment clair, me permettant de voir sa pupille tressauter à ma question. La surprise était la première réaction, la seconde arriva plus rapidement que je n’en avait l’habitude. De toute évidence le bibliothécaire était doué de répartie et d’un contrôle étonnant de chacun de ses mots. Devrais-je m’en étonner alors qu’en face de moi se tenait un homme de lettres, j’en doutais grandement.

Plus familière disait-il... J’analysais l’information pour en lire entre les lignes, cherchant chaque petit cliquetis qui pourrait à terme me permettre de trouver la clé du cadenas. Au premier abord sa réponse était tout bonnement sincère et la nouveauté des lieux faisait encore son effet. Si l’on creusait plus, il pourrait également s’agir d’une manière polie d’exprimer son désappointement face à l’organisation de la bibliothèque, dont l’établissement ne pouvait malheureusement pas se vanter. Je ne pouvais pas encore pencher sur l’une des deux possibilités, ce qui était m’apparaissait certain était son appartenance à la première catégorie de personnes. La bonne nouvelle était qu’il pourrait apporter sa touche personnelle en ce lieu dépourvu de repère, se balader dans les rayons deviendrait qui sait, un plaisir pour les étudiants !

« Je peux comprendre, vous allez devoir retrouver tous vos repères, ou en créer, je crains qu’il n’en manque sévèrement. Je suis certains que d’ici quelques jours vous aurez pris vos marques. »

Me servir... Je n’en demandais pas tant. Sakai-san semblait cacher de nombreuses facettes, telle que celle du dévouement. C’était réellement dommage qu’un sourire ne détende pas subtilement les traits de son visage. Plus de temps lui était certainement nécessaire pour lâcher prise... Ou pas. C’était à mon tour d’afficher une mine surprise, je ne m’attendais pas à ces questions sur mon travail et m’étais presque résolu à ré-adopter un ton plus formel afin de ne pas, briser l’ordre. Suivant son geste, je me rapprochais de la pile de livres sous ses yeux. Il était fortement possible que ce cher Toman se cachent parmi ses confrères étrangers. Ravi que Sakai-san se permette de discuter avec moi, je lui répondis en soulevant soigneusement les ouvrages.

« Finalement vous êtes plus efficace que vous ne pensez, ne vous sous-estimez pas. »

Un léger rire traversa mes lèvres avant que je ne reprenne.

« Actuellement je prépare un cours sur l’histoire de l’art oui, prendre connaissance des différentes inspirations au fil des siècles est vraiment important pour je dirais, nourrir son esprit artistique. Je prévois également des cours sous forme d’ateliers, qui permettent de mettre en pratique les techniques vu en histoire, ils sont l’essentiel des heures d’enseignement. En art le travail paie plus que le talent, contrairement à ce que certains peuvent penser. Je suis venu ici pour tenter de rendre mes cours d’histoire moins soporifique pour ces jeunes gens, ce n’est pas chose aisée. »

Je lâchais un petit soupire en pensant à mes élèves avachis et tentant de garder les yeux ouverts durant mon cours. Je ne pouvais pas leur en vouloir j’en avais souffert également plus jeune.  

« Est-ce un domaine qui vous intéresse ? »

J’eus à peine fini ma phrase que des rires au volume sonore relativement faibles mais assez élevés pour briser la tranquillité de la salle se firent entendre. Ils venaient d’une table un peu plus loin, dissimulée derrière une étagère à travers laquelle quatre paires d’épaules tressautant pouvaient être remarquées. Mon âme de professeur fut immédiatement tentée de m’y rendre pour ramener le calme, les sourcils froncés, j’esquissai un demi-pas, mais me ravisai aussitôt. Ce n’était pas mon rôle et ces étudiants profitaient irrémédiablement du départ de l’ancien bibliothécaire pour prendre leur aise, non effrayés de la nouvelle autorité. La réaction de Sakai-san attisait une nouvelle fois ma curiosité.

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(#) Re: Prendre ses marques [Libre]  Prendre ses marques [Libre] EmptyJeu 1 Oct 2020 - 22:34

Hayao sentait le regard intelligent et inquisiteur des yeux d’azur de son interlocuteur accrocher le sien sporadiquement. Il ne pouvait s’empêcher d’en ressentir un certain malaise, si attaché à ce code social qui lui dictait de ne pas soutenir un regard. Clairement, le professeur Kobayashi avait une vision beaucoup plus souple et libérée des règles de la vie en société, mais toutefois sans invasion aucune. Comme dans ses paroles, il y avait une manière délicate, presqu’aussi transgressive qu’innocente, d’outrepasser la rigidité des convenances relationnelles. Le bibliothécaire n’avait pas imaginé l’exotisme qu’il recherchait en quittant Osaka s’immiscer jusque dans la bibliothèque où il officierait désormais. Il était venu pour s’affranchir de la routine qu’il avait toujours connue et le professeur ne manquait pas de l’intriguer. Alors, même si les barrières construites année après année dans son esprit mettraient du temps à s’effriter, même si toutes les règles implicites intériorisées ne se laisseraient pas si facilement avoir, après tout tant mieux. Pour l’autochtone, c’était déjà un pas vers ce qu’il était venu trouver.

« Je peux comprendre, vous allez devoir retrouver tous vos repères, ou en créer, je crains qu’il n’en manque sévèrement. Je suis certain que d’ici quelques jours vous aurez pris vos marques. »

L’affirmation d’une personne extérieure de l’impression qui avait saisi Hayao en pénétrant les lieux lui offrait un certain réconfort. Il n’était pourtant pas homme à manquer de confiance en lui, mais dans le rapport qui s’établissait entre eux dans cette nouvelle relation, la curiosité et le respect (dû à tout professeur), qu’il éprouvait pour Kobayashi-Sensei, lui enjoignait de recevoir cette remarque avec une certaine gratitude. Ses traits s’autorisèrent à esquisser l’espace d’un instant l’ombre subreptice de la reconnaissance. Il savait que ce légère signe lui suffirait à être compris de l’autre. De toute évidence, si le professeur n’était peut-être pas né de parents japonais, il contrôlait parfaitement tous les usages en vigueur au pays du soleil levant, et n’avait encore donné aucune raison de douter de sa maîtrise de ceux-ci.

Ce fut donc légitimement que, lorsque vint le tour du bibliothécaire d’outrepasser légèrement les limites avec une question hors du contexte de la visite du professeur, ce dernier afficha un étonnement, qu’Hayao s’amusa à interpréter immédiatement comme feint. Il perçut cette réaction, qu’il aurait normalement tout à fait comprise avant de s’excuser platement et bien bas, à tort ou à raison, comme une pointe d’humour, qui le détendit. Après tout, l’autre lui avait bien avant montré qu’il n’était pas contre un léger élargissement des mesures courantes. La phrase suivante ne se fit d’ailleurs pas attendre pour le confirmer.

« Finalement vous êtes plus efficace que vous ne pensez, ne vous sous-estimez pas. »

Hayao pencha la tête en avant pour dissimuler son visage, embarrassé de son laisser-aller plutôt que gêné de la fausse pique qu’il venait de recevoir, et ses mèches foncées recouvrirent un instant ses yeux, peut-être après que l’autre n’ait pu entrapercevoir les ridules du sourire aux coins de ses yeux. Cette rencontre fortuite lui plaisait, mais il craignait de faillir à son devoir et à ses obligations en ne faisant pas montre de plus de discipline. Il se reprit pour autant tout aussi rapidement afin de ne plus rien laisser paraître de ça moins d’une seconde plus tard, recouvrant son habituel sérieux, son habituelle rigidité, autant mentale que physique.

« Actuellement je prépare un cours sur l’histoire de l’art oui, prendre connaissance des différentes inspirations au fil des siècles est vraiment important pour je dirais, nourrir son esprit artistique. Je prévois également des cours sous forme d’ateliers, qui permettent de mettre en pratique les techniques vues en histoire, ils sont l’essentiel des heures d’enseignement. En art le travail paie plus que le talent, contrairement à ce que certains peuvent penser. Je suis venu ici pour tenter de rendre mes cours d’histoire moins soporifique pour ces jeunes gens, ce n’est pas chose aisée. »  

« Est-ce un domaine qui vous intéresse ? »


Le bibliothécaire n’ignorait pas que les cours d’histoire de l’art représentaient une partie non négligeable du cursus des élèves en art appliqués. Bien qu’il n’en soit pas lui-même familier, il avait déjà vu tous ces cool kids des spécialités artistiques, avec leurs allures singulières, débarquer dans les bibliothèques et lui demandant d’un air désabusé des encyclopédies sur la vie de Katsuhika Hokusai ou de Tani Bunchō, ou encore la liste des lauréats du prix Nitten pour ce qui concernait les artistes plus récents. Clairement, le but de ces étudiants en choisissant cette voie n’était pas les méandres de la recherche, mais bien l’exercice débridé de leurs mains d’artistes en devenir. En revanche, les requêtes concernant des mouvances étrangères étaient plus rares, et il s’apprêtait à édicter une réplique de cet acabit lorsque, non loin d’eux, quelques rires bien malvenus se firent entendre – le devoir l’appelait. L’homme s’inclina poliment à l’égard de son interlocuteur.

« Je vous prie de m’excuser Kobayashi-Sensei, je crois que ces élèves auraient besoin de moi. »

Une autre formule détournée et un peu trop galvaudée pour ce qu’elle signifiait réellement afin de lui indiquer qu’il ne pouvait en rester là. A défaut d’avoir rétabli de l’ordre dans les étagères pour cette fois, il ne pouvait se laisser envahir en plus d’importuns manquant de considération pour leurs semblables comme pour la quasi-sacralité de l’endroit. Il était de ces chanceux dont l’attitude évoquait une autorité naturelle assez parlante pour se passer de mots plus hauts que d’autres, et il lui était désormais temps d’exercer ce pouvoir un peu hypnotisant pour quiconque l’observait. Juste avant de s’éloigner pour indiquer calmement la sortie aux indésirables, au risque de passer pour un trouble-fête (ce dont par ailleurs il se moquait éperdument), il indiqua du bout du doigt un livre qu’il venait de poser sur le dessus de l’entassement d’ouvrages qu’ils étaient tous les deux occupés à éplucher.

« Au fait, vous me direz si La Renaissance italienne aura inspiré vos élèves. »

Il tourna les talons vers la table d'où émanaient les petits rires, ou plutôt gloussements, qui troublaient le calme de la bibliothèques. Il s'interrogea un instant si ceux-ci avaient pour objet le professeur non loin de là. Il l'imaginait aisément très aimé des élèves, et probablement pas très loin des fantasmes de certains non plus. Après tout, bien qu'assez atypique, il avait beaucoup de charme, et cet exotisme n'était probablement pas pour déplaire à des adolescents en émoi. Fidèle à lui-même, il ne souriait pas, ni n'exprimait grand-chose à vrai dire. Il était là pour faire son travail. Il n'avait aucune intention de réprimander les élèves, pour lui aucune autorité n'était obtenue par la force, mais émanait au contraire de considération, de respect et d'adhésion. Les règles établies dans ce genre de lieu étaient claires et connues de tous, il n'allait donc pas leur faire l'affront de les leur répéter. Ce fut très posément et calmement, à voix basse, afin de se plier lui-même aux règles imposées, mais sans doute aussi d'un ton glacial et sans appel que de toute sa hauteur il leur asséna ces mots, en ouvrant la main vers la porte d'entrée :

« Comme votre temps d'étude est de toute évidence terminé, la sortie est ici. »
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(#) Re: Prendre ses marques [Libre]  Prendre ses marques [Libre] EmptyMar 6 Oct 2020 - 20:02




♫ Prendre ses marques ♫
Malgré tout le soin que j’avais pour ne pas lui faire affront de mon regard, je sentis le malaise tant craint montrer son nez du côté de Sakai-san. Je balayai les livres des yeux afin de couper court à la torture sociale que cet échange impliquait pour lui. Le bibliothécaire était intriguant. La majorité des gens aurait réinstallé une certaine distance professionnelle mais lui, étrangement, s’adaptait à ma souplesse concernant les normes sociale. Sakai-san me rappelait ces félins face à une nouvelle donnée dans leur environnement ; trop peureux pour s’en approcher vraiment mais trop curieux pour la quitter des yeux. Conversait-il avec moi pour se faire une idée de la psyché d’un autochtone multiculturel ?

Comme dis plus tôt, les japonais étaient curieux. Que l’on me parle afin de prendre la température et savoir si j’étais plus japonais qu’étranger, je l’avais déjà malheureusement vécu. Néanmoins, Sakai-san ne me donnait pas l’impression de me jauger, son ton restait naturel, un point guindé mais bienveillant. Je jurerai avoir vu ses traits se détendre l’espace d’une seconde à ma réponse. Oh, voilà que je l’embarrassai, ou pas, je vis l’ombre d’un sourire ou plutôt les petits plis au coin de l’œil signifiant sa présence. Je ne pu m’empêcher d’en tirer une certaine satisfaction. Mon collègue devait être passé maître dans la maîtrise de ses émotions, car une seconde plus tard, le mirage s’était évanouit et son air impassible avait reprit total contrôle de son faciès. Je venais à peine de le rencontrer et pourtant, je me surpris à me demander si j’arriverai un jour à obtenir sa confiance au point qu’il laisse tomber son masque.

Alors que je m’appliquais à lui expliquer ce en quoi consistait mes cours, des élèves perturbateurs se firent entendre à quelques mètres. Si j’eus le réflexe de penser à les recadrer, je laissai rapidement la tâche au bibliothécaire. Un sourire étira mes lèvres à sa façon de pointer le problème, un brin de sarcasme, ça me plaisait bien. D’un œil intéressé, je suivais la direction de son doigt et admirai l’ouvrage recherché. Cela avait mis moins de temps que prévu !

« Vous avez l’œil, je n’y manquerai pas, merci. »

Si ma réponse laissai penser que j’allai me contenter de m’installer dans un coin tranquille et travailler directement, il n’en était rien. Ouvrant le livre distraitement, mon regard suivait mon collègue jusqu’à ce qu’il parvienne au groupe d’énergumènes. La vérité était que je n’avais pas envie de mettre fin à notre conversation maintenant, c’était également une manière de s’intégrer sur son lieu de travail, non ?

Direct, sans fioriture, avec calme mais fermeté. Voilà sur quel ton les étudiants s’étaient vivement retournés, surpris dans leurs petites plaisanteries. Son expression rigide avait le ton de les intimider. Non parce qu’il paraissait dur mais parce qu’il leur était difficile de savoir de quel bois il était fait. Les plaintes ne firent pour autant pas attendre.

« S’il-vous-plaît Sensei, on n’a pas encore fini, on s’excuse pour le bruit, expliqua une jeune fille, gênée. »

Son ami fut bien moins coopératif.

« Vous êtes le nouveau bibliothécaire ? L’ancien il nous laissait discuter et rigoler, en plus il n’y a presque personne..., ajouta-t-il en bougonnant. »

Si le respect était une vertu fondamentale, quelques étudiants un peu rebelles échappaient toujours à la règle, comme partout. Les deux autres baissèrent la tête face au culot de leur ami, honteux qu’il ose répondre, tandis que la première cachait son visage de ses mains, embarrassée. Elle murmura à son intention :

« Kaito-kun, tais-toi... »

Tiens, Kaito ? Mais c’était l’un de mes élèves en plus, un deuxième année qui plus est. J’avais eu un doute en entendant sa voix, n’étant pas familier à tous mes étudiants, mais le doute s’était envolé. Un sourire narquois aux lèvres, je me rapprochai sournoisement de leur table, écoutant la suite de la conversation. Une fois à proximité, je soulevai délicatement la feuille du jeune Kaito, constatant en effet qu’il était loin de pouvoir s’adonner à flâner dans ce lieu d’études.  

« Hmm... Effectivement Kaito-kun, je suis persuadé que ton esprit créatif pourrait mieux appréhender le talent de Yayoi Kusama. Rassure-moi, tu n’es pas comme cette illustre dame, atteint d’hallucinations visuelles te faisant croire que les mots ont remplis ta copie ? »

Ce dernier se mit à balbutier, cherchant ses mots alors que je le narguai du regard. Contrairement à mon collègue je ne pouvais restreindre mon appréciation du sarcasme, même avec mes élèves. La plupart du temps, cela les faisait plutôt rire, du moins lorsqu’ils n’étaient pas la cible de mes remarques. Ces dernières restaient cependant bon enfant et je rétablissais aussi vite un environnement calme où l’élève se sentirait compris et en sécurité. Loin de moi l’envie d’avoir de mauvais rapports avec eux ou de les mettre mal à l’aise pour le reste de l’année.

« Sakai-san, c’est à vous de décider si ces jeunes gens méritent de rester parmi nous. »

Je voulu l’informer que s’il avait besoin d’aide sur quoique ce soit je pouvais repousser de quelques instants mon travail mais, il aurait été mal venu de faire cette proposition à proximité d’oreilles juvéniles.  

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(#) Re: Prendre ses marques [Libre]  Prendre ses marques [Libre] EmptySam 10 Oct 2020 - 22:05

Les mains à plat sur la table de travail, le buste légèrement incliné vers les élèves qu’il avait apostrophés, Hayao attendait patiemment qu’ils s’exécutent. Comme c’était parfois le cas avec les élèves un peu rebelles, ceux-ci cherchaient à défendre leurs agissements, de façon plus ou moins honnête ou au contraire détournée. Une jeune fille lui présenta des excuses, qu’il pouvait entendre, un autre élève tenta de le comparer à son prédécesseur, un argument complètement irrecevable dans le système logique de pensée de l’homme.

« Je ne comprends pas, les règles sont pourtant très claires. »

La compagne de travail du dit élève comprit très vite qu’ils étaient en train de s’attirer des ennuis, et pour Hayao, il s’agissait donc désormais de se montrer équitable. Sans dire un mot, il tourna doucement la tête vers le dénommé Kaito, d’un regard froid et insondable. Cette fameuse mauvaise première impression qu’il pouvait donner venait essentiellement de ce genre d’attitude. Ce changement d’attitude mit très vite dans son champ de vision son comparse des minutes précédentes. En effet, Kobayashi-Sensei se rapprochait de la table et interpella l’étudiant récalcitrant.

Il souleva son devoir d’un air distrait, en souriant. Son style était fondamentalement différent de celui d’Hayao, pour des valeurs, ou en tout cas, un effet recherché similaire. Il avait ce don de sociabilité que le doctorant n’avait pas. Cette chaleur et cette humanité, et tous les mots qu’il disait semblaient fluides, amicaux et à propos. Lui n’était pas si gauche et robotique. Le bibliothécaire de surcroît compris rapidement que le jeune homme en question n’était autre que l’un des élèves du professeur d’art.

Les talents de pédagogues de celui-ci étaient indéniables. L’impression chaleureuse qu’il dégageait ne pouvait faire douter qu’il soit apprécié de ses élèves, pensa Hayao. D’ailleurs, pour ne pas prendre une place qui ne lui revenait pas, il laissa galamment la place au bibliothécaire de faire son choix sur la décision à prendre. Celui-ci apprécia tout autant le geste que le souci d’équité. Il savait qu’il avait encore fort à faire pour reconstruire la réputation qu’il avait pu bâtir à Osaka. Celle d’un homme intègre, droit et jamais injuste… mais manquant aussi cruellement de flexibilité.

« Je vous remercie Kobayashi-Sensei. Je n’ai pas changé d’avis. »

Il se redressa et repris la pose d’un peu plus tôt, ouvrant le passage vers la sortie de l’orientation de son corps. Les élèves semblaient ne pas savoir trop sur quel pied danser, mais devant le silence qui s’ensuivit, ils finirent par remballer leurs affaires dans un silence presque parfait, mis à part quelques bougonnements irrités de ce cher Kaito-san. Hayao imprima une image visuelle du jeune homme dans sa mémoire, for future refence. Lorsque ceux-ci se furent éloignés, il replaça dans une manie distraite les chaises qui n’avaient été poussées que trop négligemment par les élèves pour le repos de son regard méticuleux.

« Je suis enchanté d’avoir fait votre connaissance Kobayashi-Sensei. Vous êtes très doué avec les élèves je dois dire… Mais je pensais que vous seriez déjà reparti. Aviez-vous besoin d’autre chose ? »

L’espace d’un instant, il douta de lui avoir fourni le bon ouvrage et pencha la tête sur le côté pour lire le titre du livre que le professeur tenait dans les mains. C’est dans ce genre de moments que toute sa naïveté et son manque de tact s’exprimaient le mieux. Tout entier fermé aux sentiments, agissant selon son propre système de règles intransigeant, il manquait alors en lui toute cette humanité que Kobayashi-San pouvait laisser irradier en trois mots et deux phrases. Le pire dans tout ça ? Il n’en avait absolument aucune conscience.

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(#) Re: Prendre ses marques [Libre]  Prendre ses marques [Libre] EmptyLun 12 Oct 2020 - 22:04




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Kaito-kun était connu pour son caractère légèrement rebelle. La vérité était que j’étais intervenu pour lui éviter plus de problèmes qu’il ne s’en créait déjà. Étrangement, j’étais parvenu à briser un peu la glace qui l’entourait, à ne plus mériter son regard emplit de défi et d’une pointe de dédain. Le jeune garçon m’avait expliqué la raison. C’était parce que j’étais le seul qui ne l’avait pas averti dès la rentrée qu’il était au courant pour son caractère, jugé difficile dans un pays qui ne tolérait aucun écart, aussi minime soit-il. Je ne m’étais pas laissé influencé par les retours de ses anciens professeurs, aimant à laisser le bénéfice du doute à chaque élève et surtout, ayant horreur de ce genre de jugement.

Ceci expliquait pourquoi il n’osa rien me répondre, mais ce n’était pas parce que je m’appuyai sur mon jugement le concernant, que je laisserai passer pour autant son manque de respect flagrant. Vouant à Sakai-san le respect qui lui était dû, je lui rendis la main sur la situation. La bibliothèque était sous son autorité et à moins d’injustice évidente, c’était la sienne qui prévalait. Cette dernière était d’ailleurs intransigeante et sans appel, se mariant parfaitement avec la droiture qui émanait de lui.

Aurais-je pris la même décision à sa place ? J’en doutais, mais nous avions des tempéraments différents, une approche différente et aucune méthode n’était meilleure que l’autre. J’aurai même tendance à dire que la fermeté pure obtenait plus de résultat. En laissant une chance, on donnait une possibilité de récidive, en sanctionnant directement, on en diminuait drastiquement les chances. Et puis, j’appréciai davantage les personnes qui assumaient leur choix plutôt que les indécis. Ainsi, lorsque mes étudiants tournèrent leur regard vers moi, cherchant un quelconque soutien de ma part, je ne flanchai pas. D’un geste de la tête, je leur signifiait à mon tour la sortie.

« Que ça vous serve de leçon. Kaito-kun », l’interpellai-je.

Le jeune homme leva la tête dans ma direction et je me contentai de hausser les sourcils, soulignant l’évidence derrière mes paroles. Il soupira avant de se mettre face au bibliothécaire. Le brun s’inclina platement devant l’homme.

« Je vous prie de m’excuser, Sensei. »

Lorsque Sakai-san décida s’il acceptait ou non ses excuses, le petit groupe s’en alla, la tête basse. Je ne pus m’empêcher de secouer la tête, un léger sourire aux lèvres. Mon collègue s’empressa de ranger les chaises, visiblement pas assez proche de la table à son goût. Un peu maniaque donc, pensais-je. Sakai-san incarnait la droiture, l’ordre et le professionnalisme à toute épreuve et ce en seulement quelques minutes en sa compagnie.

Pourtant malgré ces adjectifs taillé dans le marbre, il ne dégageait aucune froideur, aucun ressentit désagréable de mon point de vue, c’était, curieux. Sa voix me sortit de mon analyse et je clignai des paupières quelques fois avant de daigner lui répondre. Comment lui dire que je préférais faire un brin de causette avec lui plutôt qu’aller m’isoler dans un coin pour travailler mon cours ? Oui ce n’était pas très sérieux, mais je l’étais déjà depuis plusieurs mois. Mois durant lesquels j’avais été incapable d’expliquer à mes anciens collègues pourquoi je refusais leur sortie organisées bien qu’ils aient remarqué ma tristesse mal dissimulée.

Je n’en pouvais plus de me parler à moi-même devant la télévision le soir, d’attendre impatiemment de pouvoir appeler mes amis Irumi et Shojuro pour échanger des banalités. J’inclinai la tête à son compliment, l’appréciant à sa juste valeur. Seulement, peut-être devrais-je réellement le laisser travailler... Etait-ce, sa façon à lui de me congédier ? Non, je n’en avais pas l’impression. L’autre qualité dont il était pourvue était sa serviabilité et il en faisait preuve une nouvelle fois.

« C’est gentil de votre part, même si parfois je me demande si je suis assez ferme. Et, en effet c’est bien le livre que je recherchais, je devrais certainement m’y mettre... Mais, j’ai toute la journée pour cela, aussi, si vous acceptez, ça me ferait plaisir de vous aider dans votre travail. »

En espérant qu’il ne le prenne pas mal, ce serait bien la dernière chose que je voudrais.

« Et je suis toujours curieux de la réponse, concernant l’art. » je lui souris en mettant mon livre sous le bras.

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