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 [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16]

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Hisao Tenma
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Hisao Tenma
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(#) [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16]  [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16] EmptySam 3 Oct 2020 - 10:25

Dimanche 11 septembre

« Tu as fait quoi ? Ça sent la mort. »

« Je ne te permets pas », Hisao croisa les bras, prit un air sérieux et désigna l’assiette de muffins du menton. « J’ai fait des muffins et cette fois-ci, tu ne peux pas dire qu’ils sont mauvais. »

« Ah—ça explique pourquoi ça pue. Ils sont à quoi ? »

« À la cannelle. Goûte-les. »

« Quoi ? Non. Hors de question. Je sais d’ores et déjà que je vais m’étouffer si je mets ce truc dans ma bouche », elle secoua fermement la tête de droite à gauche, comme si son choix était indiscutable. « Papa, la cannelle c’est beaucoup trop ambitieux pour toi. »

« Essaye », décroisant les bras pour joindre ses mains ensemble dans un mouvement suppliant, Hisao détendit légèrement son visage. « Je me suis vraiment appliqué cette fois-ci. »

« Bon d’accord », lâchant un énième soupir, sa fille attrapa l’un des muffins entre ses mains et l’inspecta un moment – allant même jusqu’à renifler ce dernier – et Hisao ne put s’empêcher de rire, sourcils haussé et air faussement vexé sur le visage. « J’ai un mauvais pressentiment », dit-elle avait de croquer dans le gâteau. Et la réaction fut immédiate. Les yeux écarquillés, les joues gonflées, elle courut vers la cuisine pour attraper une feuille d’essuie-tout et recracher ce qu’elle venait de mettre dans sa bouche.

« Par contre, là tu exagères », répondit-il à ses gestes, complètement calme avec seul un sourcil arqué pour noter sa suspicion.

« Non—non, j’exagère pas, c’est immonde ! J’ai failli m’étouffer ! J’avais bien dit que la cannelle, c’était trop ambitieux pour toi… Papa, c’est vraiment pas bon. »

« Impossible, c’est Ashton qui m’a donné la recette. Je ne peux pas m’être planté cette fois-ci. »

Mais ce qu’Hisao ignorait, c’est qu’en vendant le nom de celui qui l’avait encouragé à faire des gâteaux—Kana ne pourrait tout simplement pas rester les bras croisés. Sa fille attendit une seconde que ce dernier ait le dos tourné et attrapa un muffin pour s’enfuir avec. Elle avait besoin d’une preuve. Il ne la croirait jamais autrement.
Lundi 12 septembre

Elle était assise dans la salle d’attente, attendant dans l’ombre en espérant plus que tout au monde que son père ne passe pas par là. Elle ne lui mentait jamais et se voyait mal faire semblant d’avoir mal quelque-part pour lui justifier sa présence près de l’infirmerie. Heureusement pour elle—Hisao ne se montra jamais. À onze heures passées, il se trouvait probablement en rendez-vous avec quelqu’un.

L’élève précédent finit enfin par sortir et la jeune fille prit sa place sans trop tarder. Après tout, elle était supposée être en cours et s’était fait accompagner ici par un surveillant en mentant sur sa condition. Même si elle n’aimait pas franchement les études, ce n’était pas trop son genre de sécher sans avoir une bonne raison derrière. Surtout qu’ici, les absences était très mal vues—contrairement son ancien lycée français qui oubliait d’appeler son père une fois sur deux.

« Bonjour, Kelly-sensei », Kana était là la mort dans l’âme. Tout en témoignait. Les traits de son visage, le soupir fatigué et presque désolé. Lorsqu’elle s’assit devant le bureau du médecin, ce ne fut pas pour lui exposer un problème de santé mais pour essayer de comprendre ce qu’il s’était passé. « Vous avez essayé de m’empoisonner et ce crime ne restera pas impuni. On ne suggère pas à mon père de faire des gâteaux—et quand la mauvaise idée lui vient seule, on essaye par tous les moyens de l’en empêcher. C’est une règle d’or. »

Et sans un mot de plus, elle dézippa la fermeture éclair de son sac à dos pour en sortir un petit tupperware, dans lequel se trouvait l’un des muffins radioactifs concoctés par son père. Il lui était inconcevable d’être la seule à souffrir de ses piètres talents de pâtissier, surtout lorsque le complice se trouvait en face d’elle.

Kana ne ressortirait peut-être pas vainqueur de cette bataille, mais elle se serait battue jusqu’au bout pour se rendre justice, à elle et à son palais malmené.
Mardi 13 septembre

La journée avait été calme et s’achevait sur une note plutôt similaire. Hisao avait profité du fait que son dernier rendez-vous ait été annulé pour mettre un peu d’ordre dans les dossiers de la semaine. Cela passait notamment par le fait de mettre ses notes au propre dans chaque fiche de suivi psychologique—il avait perdu l’habitude de rester courbé aussi longtemps pour écrire. Si bien qu’à l’approche de dix-sept heures, il avait presque réussi à se bloquer le cou et—

Releva la tête beaucoup trop vite lorsqu’il entendit frapper à sa porte. « Oui ? » Avertit-il pour laisser la personne entrer, massant sa nuque et plissant les yeux.

« Bonjour Hisao », lui ? À cette heure-ci ? « Je ne te dérange pas ? »

Pas qu’il n’était pas habitué à le croiser, loin de là, mais—leurs échanges se faisaient plutôt à des horaires fixes lorsqu’ils avaient besoin de mettre en commun au sujet de certains élèves.

« Oh—Ashton. Bonjour. Je peux faire quelque-chose pour toi ? »

« En fait, oui. Rien de grave, mais j’étais curieux de savoir comment tu t’en étais sorti avec les muffins. »

Ça sent mauvais. Hisao plissa légèrement les yeux mais prit une mine presque innocente pour lui répondre.

« Oh ! Plutôt bien—je dirais… Pourquoi ça ? »

Il avait bien sa petite idée. Il ne voyait qu’une seule personne capable de l’avoir vendu. Mais vendu de quoi ? Il les aimait bien, lui, ses muffins. Bon certes—ils étaient un peu secs. Et un peu fort. Et un peu trop sableux. Et—

« Parce que Kana m’en a gentiment apporté un hier et, hum… » Son visage se tordit dans une expression presque douloureuse. Lui aussi, il exagère. « Hisao, c’était… c’était immangeable… »

Aouch.

Mais plus que cet atroce reproche qui remettait en cause à la fois ses talents et sa capacité à suivre une recette… J’en étais sûr. J’espère bien qu’elle est bien cachée dans sa chambre.

« Attends—quoi ? Elle a fait quoi ? » Il se pinça l’arête du nez, peinant à digérer que sa propre fille l’avait trahi. « Quand ? »

Il aurait dû le voir venir. Il aurait dû les ranger, les mettre hors de sa portée.

« Hier matin. Pendant le—juste avant d’aller en pause déjeuner. »

« Je vais la tuer », c’était sorti tout seul à la suite d’un soupir. Il n’avait pas été capable de le contrôler. Ashton haussa les épaules à sa réponse.

« Oh, ce n’est pas bien difficile. Refais une fournée et son compte est bon, je te le garantis. Et je ne comprends sincèrement pas comment tu as fait ton compte, ça m’intrigue au plus haut point. Tu as bien suivi la recette que je t’ai donnée ? »

Mais bien évidemment que je l’ai suivie, à la lettre même !

« Euh—oui, je crois ? » Articula-t-il avec une voix incertaine. Il se sentait ridicule. « Enfin, j’ai fait de mon mieux… »

« Mais c’est pour ça, je ne comprends pas… » Ashton sembla chercher une raison, arborant une mine pensive alors qu’Hisao était tout bonnement perdu, démuni sur la chaise de son bureau en faisant machinalement tourner le stylo dans sa main. « Dis-moi. Es-tu… disponible dimanche prochain ? »

Q—quoi ? Il n’est quand même pas en train de me proposer ce que je crois, là ?!

« … Oui ? » Son visage trahissait clairement l’appréhension qu’il ressentait à cet instant.

« Si tes muffins sont rat—si ça n’a pas aussi bien marché que prévu, c’est peut-être qu’il est un peu tôt pour que tu pâtisses tout seul. Peut-être que je pourrais te donner quelques conseils et techniques si, disons… Tu venais retenter le coup à la maison. »

Huh.

En soi, Hisao n’était pas dérangé par l’idée. Mais c’était plutôt le fait de se retrouver seul chez Ashton et avec Ashton qui le déstabilisait. Ces derniers jours avaient été lourds en émotions et même s’il ne laissait strictement rien paraître et n’avait pas changé son comportement vis-à-vis de son collègue—les pensées étaient toujours là et elles non plus n’avaient pas changé.

« Oh. Oh—je… C’était si mauvais que ça ? » Pour qu’Ashton en vienne à l’inviter chez lui… « Je—d’accord, j’accepte mais je ne veux pas m’imposer chez toi… »

Certes, c’était une invitation mais—question de principes. Et puis, même s’il était intrigué, il n’en demeurait pas moins angoissé.

« Tu ne t’imposes pas, c’est moi qui te le propose. Et oui, Hisao. Je suis vraiment désolé, mais oui, c’était trop mauvais… » Ou en tout cas, ça l’était assez pour lui faire arborer un air compatissant.

« Je—suis désolé que tu aies eu à les goûter alors », même s’il n’était toujours pas convaincu qu’ils étaient aussi mauvais que ce qu’Ashton et sa fille prétendaient. « Elle va vraiment m’entendre. Elle est uniquement venue te voir pour ça ? » Non parce qu’il y a des limites à la connerie quand même.

« Et pour m’accuser d’avoir tenté de la tuer par procuration. Et en profiter pour chiper une madeleine au passage, peut-être. »

Elle a osé—

« Elle a dit que c’était de ta faute, en plus ?! Bon sang mais— »

« Elle plaisantait », ajouta-t-il avec un sourire malicieux. J’espère bien, oui. « Et c’était drôle avec le recul. Bref. Disons quinze heures ? Ça sera prêt pour l’heure du thé, comme ça. »

« D—d’accord, d’accord. C’est parfait pour moi », et pas du tout stressant. Je n’ai absolument pas la pression.

« Merci », pourquoi le remerciait-il ? Parce qu’il allait peut-être arrêter d’empoisonner sa fille ? Hisao ne savait pas exactement comment le prendre mais décida de ne pas relever. « J’aurais tout ce qu’il faut, tu n’auras besoin de rien amener. »

Et quand Ashton quitta son bureau quelques minutes plus tard, Hisao ne perdit pas une seule seconde et attrapa son téléphone portable sur le coin de la table pour ouvrir sa messagerie.

« Je suis invité à un atelier cuisine qui n’a que pour seul but que de me ridiculiser. J’espère que tu es fière de toi. Je te jure que si jamais un jour j’arrive à faire des gâteaux corrects, tu n’en auras pas une miette », tapa-t-il sur l’écran à toute vitesse.

« Ce jour n’arrivera jamais, tu es une cause perdue. (⌒▽⌒)☆ »

« Et toi tu es officiellement déshéritée. »
Dimanche 18 septembre

Ce fut ainsi qu’Hisao se retrouva devant l’immeuble de son collègue, en train de se garer sur ce même parking où il l’avait embrassé, l’avait écouté, avait eu la peur de sa vie—où beaucoup trop de souvenirs étaient ancrés. Il ne savait même pas s’il avait bien fait d’accepter ou s’il était content d’être là. Enfin—passer du temps avec son collègue lui faisait toujours absurdement plaisir, bien plus que de raison. Mais s’il devait se montrer parfaitement rationnel—ce n’était pas une bonne idée de s’enfermer dans cet appartement, seul avec lui.

Mais Ashton le lui avait proposé avec tant de détresse dans les yeux qu’il avait tout simplement été incapable de refuser. À la fois parce qu’il avait sérieusement envie d’arrêter de rater tous ses gâteaux, mais aussi parce qu’il—se sentait bien quand il était seul avec lui. Chose qu’il n’oserait pas lui répéter – il le lui avait déjà dit une fois et c’était une fois de trop, même si c’était complètement sincère.

Verrouillant les portières de sa voiture de loin, il marcha jusqu’à l’interphone de son bâtiment pour sonner à ce dernier. Et se sentit con—il se sentait toujours con lorsqu’il devait parler à travers un interphone. Lorsque le grésillement significatif se fit entendre, il retint sa respiration.

« Bonjour Ashton, je—c’est moi, Hisao », comme si sa voix n’était pas assez reconnaissable. Il avait cinq minutes d’avance, mais Hisao avait toujours cinq minutes d’avance.

C’était le minimum syndical pour quelqu’un qui appréhendait absolument toute les sorties et toutes les interactions sociales qu’il faisait au quotidien. Ça, et le fait qu’il détestait être en retard. Il attendit patiemment que la porte se débloque pour pousser cette dernière et entreprit de monter les escaliers jusqu’à l’appartement indiqué – pas d’ascenseur, ça tombe en panne, les ascenseurs.
HRP:
 

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Dernière édition par Hisao Tenma le Mer 14 Oct 2020 - 12:42, édité 4 fois
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Ashton Kelly
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(#) Re: [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16]  [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16] EmptySam 3 Oct 2020 - 13:27


 

How to save a cake
Where did he go wrong ?

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Lundi 12 septembre

Mes deux sourcils grimpent de concert sur les hauteurs de mon front tandis que je bats des paupières. Si je me suis inquiété en la voyant entrer avec sa mine de condamnée à mort, je ne suis plus maintenant la proie – Plaît-il ? – que d’une immense surprise.

« Bonjour, Kana-san. Peut-être ai-je mal compris mais... de quel crime suis-je accusé exactement ? »
« De ne pas avoir empêché mon père de pâtisser. »


Fait-elle en posant sur mon bureau le muffin extirpé d’un tupperware. Aussitôt – Oh – je sais d’instinct que quelque chose ne va pas avec ce gâteau. La couleur, l’odeur, la… la texture pour ce que je peux en juger à l’œil nu. Tout hérisse mon intuition. Jetant un regard méfiant à Kana qui continue de me fixer comme si j’étais responsable de cette sinistre création, je finis par prendre précautionneusement la pâtisserie – Ça ne peut pas être si terrible, je lui ai tout détaillé dans la recette – l’examiner un instant en la tournant entre mes doigts – S’il sait lire, il n’y a pas de raison qu’il se soit planté – et en croquer un morceau. Trois secondes de mastication me suffisent pour mesurer – Oh purée – l’étendue des dégâts. Une cuisson trop longue. Un four trop chaud. Pas assez de beurre. Et de la cannelle. Beaucoup. Beaucoup. Beaucoup trop de cannelle. Réprimant un haut-le-cœur – C’est officiel : il est complètement illettré – je me force à avaler cette bouchée de torture, la mort dans l’âme.

« For God's sake… »
« Je vous en supplie. Faites quelque-chose, je--je vous payerai si besoin. »

*Pour l'amour du ciel...

Retirant la main que j’avais plaquée sur ma bouche de peur d’en rendre le contenu par réflexe, je plonge mon regard dans celui de la malheureuse enfant, première victime de cette abomination.

« Tu n'auras pas besoin de payer qui que ce soit. Tu as suffisamment payé comme ça. Je ne sais pas si c'est réellement dans mes compétences mais il est de mon devoir de médecin de faire tout mon possible pour réparer ce désastre. Tiens, prends ça. »

Dis-je en piochant une madeleine fraîche de ce matin dans ma propre boîte à gâteaux. Il faut au moins ça – Elle ne devrait pas être en cours, au fait ? – pour purifier ses papilles. Elle l’accepte sans trop savoir quoi en faire. Elle s’attendait sans doute à devoir batailler un peu plus pour me convaincre.

« Ah, euh, bah... Merci. Je ne sais pas s'il acceptera par contre. »
« A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. Et le péril est grand… »
« Bon--au moins, je ne suis pas folle. Parce que les gâteaux n'avaient vraiment pas l'air de le déranger, lui. À coups de « Impossible, c'est Ashton qui m'a donné la recette. Je ne peux pas m'être planté cette fois-ci. »


Je lève les yeux au plafond et me retient de ricaner, légèrement outré. C’est moi qui vais porter le chapeau pour ce carnage, en plus… Même si dans les faits, je ne peux pas nier avoir ma part de responsabilités. C’est moi qui l’ai encouragé, d’une certaine façon. J’aurais très bien pu accepter ses compliments quand j’ai apporté mes cupcakes cannelle-citron en salle des professeurs pour l’anniversaire de Kasahara-san. Rien ne m’obligeait à lui donner la recette version muffin pour qu’il puisse les refaire à sa fille – Mais il avait l’air tellement content à l’idée de cuisiner pour elle – et si j’avais su que ça se solderait par cette monstruosité, Dieu sait que je m’en serais abstenu. À présent – Et elle est où, la mauvaise idée ? – je n’ai plus le choix. Je dois réparer mes erreurs. Et pour ça, je vais trouver Hisao – Et ben elle est là – dès le lendemain dans son bureau…

Dimanche 18 septembre

Après tout, les choses se passaient trop bien jusqu’ici, n’est-ce pas ?

« Bonjour, Hisao ! C’est au quatrième étage. »

Je déverrouille la porte et – Shit, shit, shit ! – me dépêche de finir de déplacer l’étendoir à moitié garni dans ma chambre, en me demandant si quatre étages en ascenseur représentent un laps de temps suffisant pour finir d’étendre la lessive. Clairement non. Je ferme hermétiquement la porte de la pièce en espérant que Ciaran ne me fera pas une scène. Quelle idée de faire tourner une machine – C’était pour que le panier à linge cesse de déborder – alors qu’on va recevoir du monde chez soi. Quelle idée de prétendre donner des cours de pâtisserie à qui que ce soit. Quelle idée d’inviter Hisao…

Un peu plus de deux semaines se sont écoulées depuis mon baptême de karaoké et tous les évènements qui s’en sont suivis. Un peu plus de deux semaines que mon cœur se serre – Chant, danse – et que mes entrailles se tordent – Aveux de désir et d’erreurs du passé – quand je me laisse surprendre par les souvenirs – Baiser insupportablement doux – et les sensations rémanentes – Et tout espoir de relation tué dans l’œuf – qui se sont émaillés sur ma peau au fil de la soirée. J’avais beau appréhender au plus profond de moi-même le lundi suivant ce week-end invraisemblable, tout s’est fait aussi naturellement que je l’escomptais. Nous nous sommes croisés en salle de repos, nous nous sommes salués et souri, et en un regard, nous avons retrouvé notre façon d’être l’un avec l’autre. La juste distance qui fait que nous sommes à l’aise, en confiance lorsque nous sommes ensemble. Évidemment, il faudrait être fou pour s’imaginer que cette naïve quiétude soit autre chose qu’un statu quo. C’est bien pour cela que, sans qu’un mot n’ait été nécessaire, nous faisons attention tous les deux à ne pas nous effleurer par mégarde et que toutes nos références à cette soirée ne concernent que nos performances musicales. Hisao a sans doute autant conscience que moi que ce fragile équilibre pourrait voler en éclats en un clin d’œil. Quoi de mieux dans ces conditions que de l’inviter chez moi pour faire des gâteaux. Seuls. Un dimanche après-midi.

– Tu sais ce que tu es, Ashton ? – Oui – Un gros abruti – Exactement.

M’étant débarrassé de l’étendoir – Le linge attendra un peu – je reviens avec empressement dans le salon pour pouvoir lui ouvrir, balayant une dernière fois la pièce du regard. J’ai passé la matinée à faire le ménage. Les litières sont propres, les piles de bouquins qui poussaient un peu partout ont été dûment rangées, les jouets sont dans le panier au pied de l’arbre à chat, la salle de bain et les WC reluisent, la cuisine est prête à l’emploi et je crois que plus rien ne traîne. Mon appartement a toujours des airs de vieux cottage anglais mais ça – Pourvu qu’il ne trouve pas ça ringard – je n’y peux pas grand-chose. Prenant une inspiration, je me dirige vers la porte et me jette un dernier regard au passage dans le miroir de l’entrée. Ni maquillage ni bijoux, cette fois. Juste une tresse serrée, un sous-pull fauve à col en V et une paire de créoles en argent – J’espère que ce n’est pas trop – parce que je n’aime pas ne rien porter aux oreilles. J’aurais peut-être du me contenter d’anneaux plus petits mais je n’ai plus le temps d’y penser car quelques coups sont frappés à la porte et me font sursauter. Je franchis les derniers pas qui me manquent et – Je ne suis pas nerveux – me dépêche de lui ouvrir.

Mon sourire fleurit sur mes lèvres avant même que j’ai pu réfléchir – Calme-toi – et je réalise avec un frisson que je n’ai pas eu trop de deux semaines de discipline mentale depuis la dernière fois où nous nous sommes retrouvés en tête-à-tête – Reste à ta place – pour garder le contrôle de mes réactions. Je m’empresse de m’effacer pour le laisser entrer.

« Merci beaucoup d’être venu. Entre, mets-toi à l’aise. Plus tard, Bennett… »

La chatte m’a en effet suivie et j’ai à peine indiqué à Hisao le placard où laisser sa veste et ses chaussures qu’elle a déjà décidé de se plaindre à voix haute du déficit de mon attention à son égard. Cependant, elle ne tarde pas à se taire et – Ah, j’avais oublié – à reculer, méfiante. Ciaran, lui, quitte son coussin pour bondir sur la table devant la banquette – Tarô – et arrondir le dos en grondant. Silver, lui, s’est réfugié en haut de la bibliothèque, les oreilles frôlant le plafond. Je souris en les regardant, amusé. Au moins, ils nous ficheront la paix un moment. Je conduis donc Hisao dans le salon, lui faisant signe de s’installer où il le souhaite tant que je m’arrête pour ma part dans la cuisine, ouvrant le placard à thé.

« Ne touche pas le gros grincheux là-bas sans son autorisation et, hormis le fait que celle-ci soit une vraie pot-de-colle, ils ne devraient pas t’ennuyer plus que ça. Tu veux boire quelque chose ? »
 



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Merci à Meyu et Hisao pour les kits, leur temps et leur talent Coeur
Ashton s'exprime en japonais, en anglais et baragouine en français
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Dernière édition par Ashton Kelly le Sam 3 Oct 2020 - 15:48, édité 1 fois
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Hisao Tenma
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(#) Re: [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16]  [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16] EmptySam 3 Oct 2020 - 15:25

Ce furent les quatre étages les plus difficiles qu'Hisao eut à monter dans sa vie. Chaque marche supplémentaire resserrait un peu plus le nœud dans sa poitrine. Il n’était pas non plus angoissé, mais définitivement nerveux. Pourtant, ils se voyaient assez souvent en tête à tête au travail—mais les murs de l’établissement autour d’eux rendaient chaque échange plus facile. Comme s’ils étaient une garantie contre un potentiel dérapage, une discussion trop profonde pour l’état fébrile de leur relation.

Hisao n’arrivait tout simplement à vivre avec cette idée, d’ailleurs. Il n’arrivait pas à se dire tout ceci était aussi fragile, que ça ne tenait qu’à un fil – et qu’il avait failli tout gâcher la dernière fois – que c’était un véritable champ de mines. C’était une image dévalorisante qu’il n’appréciait pas, parce qu’il n’avait absolument pas l’impression de vivre leur relation comme telle. Certes, c’était bancal et étrange mais—il n’était pas contraint ni ne voulait pas traiter son collègue comme une petite chose qui pourrait se briser à n’importe quel moment—il en était même venu à mépriser cette idée. Non—à ses yeux, Ashton était bien plus fort qu’il ne le laissait entendre et ne voulait l’admettre.

Il n’eut pas l’occasion de se perdre davantage dans ses pensées, puisqu’il venait d’arriver au quatrième étage et voyait la porte de son appartement depuis le bout du couloir. Ce qui signifiait qu’il ne pouvait plus se laisser aller à rêvasser ni ne pouvait avoir l’air de trop réfléchir. Qui sait comment Ashton l’interpréterait.

Frappant trois coups contre sa porte, ces dernières secondes de répit passèrent bien trop vite à son goût. Plus de deux semaines pour digérer ce qu’il s’était passé et plusieurs jours depuis son invitation n’avaient pas réussi à le préparer. Ce fut sa première réflexion lorsque la porte s’ouvrit sur son collègue – qui, même chez lui un dimanche, était toujours présentable et arrangé – et son sourire contagieux qui le faisait frémir. Répondant à son invitation, il entra chez lui sans le quitter des yeux.

Non, je ne ferais pas exprès de rater mes prochains gâteaux pour avoir une bonne raison de revenir ici—mais ce n’est pas l’envie qui manque.

« Merci à toi de m’avoir invité chez toi. Et encore désolé d’avoir ruiné ta recette à ce point », lui répondit-il avec un léger rire. Avant de se concentrer sur l’espace autour de lui, il lui tendit la petite boîte dans ses mains – boîte dont il avait carrément oublié l’existence en montant les escaliers. « Je—ne savais pas quoi te prendre pour ne pas venir les mains vides et je m’étais fait la réflexion qu’une bouteille ne serait peut-être pas une bonne idée. Donc j’espère que tu apprécieras quand même, bien que ce ne soit pas grand-chose », lui dit-il en lui tendant le petit paquet orange emballé – par Kana, parce que je ne sais pas le faire.

Ce cadeau avait une longue histoire derrière lui. Kana, je suis dans la merde. Il était le fruit d’une intense réflexion qui avait duré une semaine et s’était conclue en quelques heures dès lors que sa fille avait été impliquée. Encore ? Hisao avait passé sa fin d’après-midi la veille à chercher son Saint-Graal dans toutes les boutiques du centre-ville. Tu te souviens de l’atelier cuisine dont je te parlais ? C’est après-demain, et je ne sais pas quoi lui amener, sachant que ça ne peut pas être de l’alcool ni de la nourriture. Tout ça pour se faire bien voir. Oulà. Il aime quoi ? Ou pour lui faire plaisir. Surtout pour lui faire plaisir en réalité. Euh… Beaucoup de choses ? Même s’il ne l’assumait pas totalement et se rassurait en se disant que c’était la moindre des politesses après avoir été invité. Tu sais quoi ? Envoie-moi une liste par SMS et je vais y réfléchir. Une bougie qui sentait le miel. Hisao n’avait aucune idée de si la chose lui plairait ou non mais… Fais-moi confiance, il va a-do-rer. Il avait confiance en sa fille.

Une fois sa petite attention offerte, ses chaussures rangées et sa chemise cintrée dans le placard, il prit place sur la petite banquette contre le mur et s’autorisa à jeter un œil aux alentours. Son appartement était beaucoup plus petit que le sien – et il étouffait un peu – mais il pouvait comprendre. Hisao avait dû faire pas mal de travaux chez lui pour donner cet aspect ouvert, ce qui n’était possiblement pas le cas de son collègue. Et puis, tout le monde n’aimait pas les grands espaces. Il avait imaginé bien des choses avant de poser les pieds ici, mais son mobilier et sa décoration dépassaient toute attente. Ce n’était—clairement pas dans ses goûts personnels, mais ça n’en était pas moins joli pour autant. Et puis, ce n’était pas comme si ce détail importait. Tant qu’Ashton se sentait bien chez lui.

Une chose était sûre cependant : Ses trois chats avaient bien plus de caractère que le sien. Taro avait beau se croire chez lui et se comporter comme un prince – non, un roi – il était très calme, plutôt câlin et se laissait très facilement faire. L’un d’entre eux n’était visiblement pas enchanté de le voir – et encore moins lorsqu’Hisao prit place sur la banquette devant la table où il s’était précipité – et les deux autres le regardaient avec de grands yeux curieux. L’un à une distance plus raisonnable que l’autre – probablement plus peureux.

« Pas de problème. Ils sont chez eux, après tout », fit-il en esquissant un léger sourire. « Oh et—je veux bien. N’importe quoi qui te fera plaisir. »

Les mains légèrement crispées sur les cuisses, Hisao se fit la réflexion que sans l’effet de la fatigue et la ferveur du karaoké, il lui était infiniment plus difficile de se détendre. Ce n’était pas personnel pour le coup—dès qu’Hisao posait un pied sur un territoire inconnu qui n’était pas neutre comme un lieu public, par exemple, il ne pouvait tout simplement pas retenir l’angoisse qui titillait ses nerfs. Cela dit, il mettait tout en œuvre pour le cacher. La dernière chose qu’il voulait était qu’Ashton pense qu’il n’était pas à l’aise ici – ce qui était en partie vrai – mais ce n’était pas pour autant qu’il n’appréciait pas avoir été invité. Au contraire.

« J’espère que tu n’en attends pas beaucoup de moi, parce que d’après ma fille je suis une cause perdue. Enfin, je ferais de mon mieux quand même », les mots lui arrachèrent un soupir embarrassé alors qu’il arborait un air tout aussi amusé que dépité. « Qu’as-tu prévu ? »

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Ashton Kelly
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How to save a cake
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Je cligne des yeux en recevant le petit paquet, très joliment emballé dans un tissu orange à pois absolument adorable – C’est lui qui a fait ça ? – avec un petit ruban blanc du plus bel effet. Je le ramène dans la cuisine en l’observant sous toutes les coutures, fasciné par la délicatesse de la confection. Je n’ai presque pas envie de l’ouvrir tant c’est joli. Et surtout, je n’en reviens pas – Tu parles, en y réfléchissant un peu c’était courru d’avance – qu’Hisao ait pris la peine de m’apporter un cadeau.

« Oh, je… Merci beaucoup, je ne m’y attendais pas. Tu n’étais pas obligé, tu sais ? L’emballage est vraiment mignon, tu es doué de tes mains ! Et bénie soit ta clairvoyance, l’alcool aurait sonné comme une mauvaise idée pour moi aussi. Je vais nous faire du Darjeeling, si tu n’as rien contre. »

Pendant que l’eau chauffe dans la bouilloire – 90°C – je sors du buffet une théière en porcelaine blanche, pas trop kitsch et surtout suffisamment simple pour accompagner les deux tasses bleu nuit à bordure dorées – La simplicité, allégorie – que je place sur le plateau. Bennett bondit à côté de l’évier en miaulant, des fois que je sois en train de remplir les gamelles, et je la repousse gentiment par terre. Oui, j’ai très mal élevé mes chats et je le regrette un peu en cet instant précis. J’espère qu’ils ne me feront pas honte pour la suite. Dès que la boule remplie de Darjeeling infuse dans la théière, je retourne le sablier – 4 minutes – et amène le plateau à table où je rejoins Hisao, après avoir récupéré mon cadeau. Malgré ma curiosité, je m’efforce de défaire l’emballage aussi délicatement que possible car je suppose qu’il voudra récupérer le tissu et le ruban. C’est ainsi que je découvre une petite boîte en carton et dans cette boîte, une coupelle en bois tenant dans ma main et dont le contenu répand un parfum – Oh – qui me fait frissonner. Je relève les yeux sur Hisao, incapable de masquer ma surprise.

« Une… bougie parfumée ? Tu m’as offert une bougie parfumée ? Au miel d’acacia ? »

Oui, c’est tout à fait ça. Il y a même de petites fleurs d’acacia séchées harmonieusement disposées en arc de cercle autour de la mèche, semblant flotter sur la cire. De la vraie cire d’abeille jaune pâle, douce au toucher, au lieu de la paraphine des bougies industrielles. Je suis ébahi. J’ai rarement vu un objet aussi joli et qui corresponde autant à mes goûts. Le rouge me monte instantanément aux joues – Calme-toi – quand je pense au temps, au soin qu’Hisao a du mettre pour le choisir. Pendant un moment, je ne peux que lui sourire car il me faut quelques secondes – Ne t’emballe pas – pour trouver mes mots – C’est juste un très beau cadeau –

« Je ne sais pas quoi dire… Elle est superbe et il y a très peu de choses que j’aime davantage que le miel. Merci beaucoup, ça me fait très plaisir. Jeez, elle est tellement belle que je ne sais même pas si je vais oser l’utiliser ! Tu crois qu’elle peut flotter sur l’eau ? Je suis quasiment sûr que oui, il faudra que je teste la prochaine fois que je prendrai un bain… »

Et je ne peux m’empêcher d’être frustré de façon très puéril quand je pense que j’ai déjà pris un bain pas plus tard que la veille au soir et qu’il me faut donc attendre encore quelques jours pour pouvoir en reprendre un de façon raisonnable. En attendant, je la laisse sur la table – Allez c’est bon, j’en reprends un ce soir et je n’aurais qu’à repousser le suivant au mois prochain – pour le simple plaisir de pouvoir la regarder et je sers le thé. Sans cesser de gronder à l’adresse d’Hisao, Ciaran reconnaît le signal et vient s’asseoir sur mes genoux en mettant au défi l’intrus de tenter de protester. Silver est toujours embusqué en haut de la bibliothèque et ne quitte pas l’invité de ses grands yeux curieux. Bennett en revanche a décidé que l’odeur inconnue amenée par cet étranger n’était pas suffisante pour la dissuader de se comporter comme la lady qu’elle est et elle bondit sur la banquette pour passer et repasser sur les cuisses d’Hisao, frottant sa tête contre lui – Les poils tricolores sur le t-shirt et le jean, mon dieu – avec ses miaulements de séductrice. Habitué à ce manège, je réponds à sa question avec un sourire après avoir ajouté une demi-cuillerée de sucre dans ma tasse.

« Nous allons faire de l’angel cake aux fruits rouges. Parce que c’est délicieux, facile à faire, parfait pour le thé et que ce n’est absolument pas mon gâteau préféré. Et puis cette fois-ci, je pourrais voir de mes yeux la sortie de route. Tu te sens d’attaque ? »
 



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Évidemment. Hisao aurait dû le voir venir. C’était pourtant si prévisible qu’il fasse un petit commentaire au sujet de l’emballage—Kana y avait mis tout son cœur alors qu’il lui avait bien expliqué que ce n’était qu’un petit paquet de rien du tout pour ne pas venir les mains vides. Non—non, elle avait pris son plus joli tissu à pois, avait soigneusement découpé de quoi l’envelopper et était allée acheter un ruban adéquat, jugeant qu’elle ne pourrait pas faire avec ce qu’elle avait déjà.

Pas qu’Hisao n’était pas quelqu’un de créatif – très loin de là – mais s’il ne s’en sortait pas trop mal dans son art de prédilection, il ne pouvait pas en dire du reste des arts plastiques – rien qu’à voir comment il fuyait les élèves sculpteurs au club d’arts – car oui, il considérait les emballages de Kana comme de l’art. Celui-ci était plutôt simple comparé à d’autres, mais elle passait parfois des heures à coudre elle-même sur le tissu de l’emballage pour que les motifs soient en accord avec la forme du paquet. Alors même s’il n’en avait pas du tout l’air—celui-ci était plutôt sobre.

« Ça me va très bien », dit-il en souriant pour répondre à sa suggestion. « Et—je crains que le mérite ne me revienne pas. Au début, je voulais l’emballer moi-même mais j’ai été arrêté en cours de route parce que ma fille adore faire ce genre de choses. Mais je lui transmettrai tes compliments. »

À l’image de son appartement et de sa décoration minutieuse, Ashton semblait également avoir une joli collection de vaisselle raffinée et délicate. Même s’il avait été plutôt intrigué par cet aspect de la personnalité de son collègue, ce n’était pas aussi surprenant que ça en avait l’air. Après tout, il était quelqu’un de très soigné, il n’y avait donc rien d’étrange à ce que son domicile rappelle cette facette de sa personne.

Néanmoins, il se demanda un instant comment ses chats faisaient pour se défouler dans si peu d’espace et—sa question fut bien vite éludée lorsque ses yeux se posèrent en hauteur pour y voir les arbres à chats suspendus. Il ne put retenir un sourire – il n’installerait jamais un truc pareil à Taro, maladroit, grand et lourd comme il l’était, il serait capable de briser quelque-chose ou bien pire, de se faire mal en tombant.

Il ne put s’empêcher de sourire en voyant le même félin que plus tôt essayer d’attirer son attention. Celui-ci semblait un peu moins bavard, timide – et territorial – que les deux autres, mais pas moins incorrigible pour autant. Au moins, il avait la présence d’esprit de sauter sur le plan de travail, à l’inverse de Taro qui se disait que c’était une bonne idée de littéralement grimper à son jean plutôt que d’utiliser ses longues pattes pour bondir. Ashton ne s’évitait peut-être pas les poils dans la cuisine, mais au moins, ses jambes n’étaient pas parsemées de traces de griffures.

Quand son collègue se joignit à lui, ce fut pour apporter le petit plateau préparé avec soin quelques secondes plus tôt. Il reporta alors son attention sur le petit paquet pour l’ouvrir et Hisao resta muet, appréhendant sa réaction. Il avait confiance en Kana et avait même trouvé l’idée plutôt bonne une fois qu’elle la lui avait glissée mais—ça ne l’empêchait très clairement pas de stresser comme un imbécile.

D’autant plus lorsque la surprise se fondit sur son visage et qu’il répéta à voix haute le contenu de la boîte. Hisao rentra légèrement le menton et pinça ses lèvres, noyé dans l’expectative.

« … O—oui ? » Il hésita à lui demander si ça lui plaisait mais se retint—Ashton finirait bien par le lui dire non ?

Il inspecta la bougie comme pour en capter chaque détail alors que le parfum s’était déjà répandu autour de lui alors même que cette dernière ne brûlait pas. Il ne s’était pas imaginé que ce serait aussi fort et espérait du fond du cœur que cette dernière lui plaisait au moins un peu. Il ne voulait pas que les murs de son appartement s’imprègnent d’une odeur qu’il n’aimait pas.

Enfin, il lui semblait avoir entendu au détour d’une discussion dans laquelle il avait été inclus – sans pour autant y participer – qu’il appréciait le miel. Donc il était pratiquement sûr que ce parfum lui plairait mais—

Ce ne fut qu’une fois qu’un sourire fut esquissé sur son visage qu’il se détendit et débloqua sa respiration. Hisao se reprit dès l’instant où il se rendit compte qu’il lorgnait involontairement sur ses lèvres. Il avait beau faire tous les efforts du monde, essayer de ne pas déborder—chaque fois qu’il les voyait se mouvoir pour sourire, pour parler, pour n’importe quoi… Les images, les sensations lui revenaient et le faisaient frissonner.

Ce n’est rien de plus qu’un petit cadeau à la con, ça lui fait plaisir et c’est tant mieux. Il n’y a rien derrière ce sourire, rien derrière ces mots, rien, rien, rien, rien.

« Je n’en ai pas la moindre idée… Tu peux toujours essayer. Et je—suis content que ça te plaise autant », lui répondit-il, cherchant des yeux un point fixe sur le sol alors qu’il se frottait la nuque. Hisao fut ramené à la réalité – pour son plus grand bien – par les deux seuls chats qui osaient l’approcher. L’un d’entre eux prit place sur les genoux d’Ashton et continua de râler à son encontre. Mais il n’eut pas le temps d’y réagir, parce que le second vient se frotter à lui sans la moindre gêne, allant et venant sur ses cuisses et déposant un magnifique tapis de poils sur ses vêtements – tant pis pour le jean noir, tant pis pour le t-shirt blanc, – qui ravirait probablement son propre félin une fois rentré chez lui. Il n’attrapa pas immédiatement la tasse qui lui avait été présentée et attendit patiemment que l’animal soit satisfait de ses caresses pour arrêter de cogner dans ses bras, dans ses côtes, tout ce qu’Hisao daignait lui offrir. « Comment s’appellent-ils ? » Demanda-t-il distraitement alors qu’il essayait d’attirer son assaillant pour qu’il se couche sur ses cuisses en tapotant sur ces dernières, le suppliant implicitement d’arrêter de faire bouger ses coudes.

La vaisselle d’Ashton avait l’air si fragile et si précieuse qu’il ne voulait pas malencontreusement faire tomber sa tasse et la casser – ou renverser le liquide chaud sur la pauvre bête, aussi. Quand elle fut enfin calme, il attrapa son thé pour en prendre quelques gorgées.

Hikaru ne jurait que par le Darjeeling. Alors la saveur lui rappelait ses après-midis passés chez lui. C’était un parfum réconfortant qu’il appréciait surtout par habitude que pour autre chose – en termes de goût, Hisao préférait l’Oolong.

Sa réponse le sortit du cours de ses pensées et il hésita un instant.

« D’accord—je ne connais pas. Je n’y connais pas grand-chose en gâteau à vrai dire… Mais je prends note », lui répondit-il avec un léger sourire en coin. Hisao prenait toujours soin d’enregistrer ce genre d’informations et bénissait sa mémoire parce que c’était cette petite habitude qui lui avait permis de trouver ce cadeau. Enfin, qui avait permis à Kana de trouver une idée. « Ça devait aller, je pense… J’espère juste que je ne vais pas te rendre fou en loupant quelque-chose d’évident. »

Parce qu’il y avait une chose dont Hisao avait peur. C’était de devoir pâtisser devant lui tout seul pendant qu’Ashton cherchait le problème. Oh—Seigneur, il se sentait déjà mal rien que d’y penser. Il avait suffisamment confiance en son collègue pour que ce dernier ne lui tende pas un piège pareil, mais il n’arrivait pas à s’empêcher d’angoisser. Et son esprit ne décrocha pas une seconde alors même que la discussion se poursuivit sans encombre.

Mais lorsque sa tasse fut enfin vidée… L’anxiété l’assaillit de plus belle et Hisao dut se faire violence pour ne pas laisser sa nervosité transparaître.

J’écoute des jeunes me parler de leurs problèmes personnels toute la journée, j’entends des choses sombres, des choses dures—et je suis décomposé à l’idée de faire un gâteau. Un putain de gâteau.

C’était risible tant c’était ridicule.

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(#) Re: [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16]  [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16] EmptySam 3 Oct 2020 - 21:04


 

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« Oh ? C’est adorable de sa part. Et je réitère, elle est vraiment très douée de ses mains. »

– Il me regarde – Je ne l’ai pas remarqué tout de suite. J’étais tellement ravi par ces angéliques petites fleurs d’acacia posées sur la cire que je ne pouvais penser qu’à mon prochain bain avec cette merveille. Mais le geste adorablement gêné d’Hisao ramène mon attention sur lui juste à temps pour surprendre la façon dont ses yeux ne manquent rien du mouvement de mes lèvres et – Il me regarde vraiment – je m’empresse de baisser le nez dans ma tasse pour pouvoir prétendre que je n’ai rien vu. Bien sûr, ce n’est pas suffisant pour que mon traître de corps ne réagisse de façon aussi sournoise que possible et que mes nerfs sensitifs ne se tendent soudain tous dans sa direction comme des fleurs vers la lumière, dans l’espoir de capter son regard. Je caresse machinalement l’épaisse fourrure de Ciaran pour apaiser ce trouble – Parfois je me demande – qui n’a strictement rien à faire là maintenant. Moi aussi je peux me surprendre à le contempler quand j’ai un moment d’égarement mais ça arrive à tout le monde et ça ne va pas au-delà. Hisao est certainement dans le même cas. Il est hors de question que je me laisse aller – Si on ne ferait pas mieux de s’envoyer en l’air un bon coup – à fantasmer de façon ridicule alors qu’il a juste regardé un peu ma bouche et que je me souviens encore précisément de toutes les choses – Histoire de pouvoir faire d’autres trucs ensemble sans y penser en permanence – qu’il a faites à cette bouche. Heureusement pour nous, la distraction vient bientôt de mes chats et je range aussitôt toutes mes hormones au placard pour sourire avec fierté en présentant mes compagnons :

« Le seigneur et maître sur mes genoux, c’est Ciaran. La demoiselle sur les tiens, c’est Bennett. Et la vigie là-haut, c’est Silver. Parce que j’étais en panne totale d’inspiration et qu’il était tellement maigre et malade quand je l’ai ramassé que j’étais à peu près sûr qu’il ne passerait pas la nuit. »

Inutile de préciser que je n’ai jamais été si heureux de me tromper, même si cet agent du chaos me rendra fou bien avant l’heure avec les catastrophes qu’il est capable de déclencher dès que j’ai le dos tourné une seconde de trop. Heureusement que les deux autres sont calmes pour trois, même si maintenant que Bennett a l’air d’avoir adopté Hisao, il va avoir un mal fou à s’en dépêtrer. Je ne peux retenir un bref rire quand il me confie ses quelques craintes quant à la suite des opérations. Sachant qui j’ai en face de moi, je me doutais bien qu’il serait un peu stressé mais je doute franchement que ça soit si terrible, même si je reconnais que ses muffins défient encore mon imagination.

« J’espère que ça te plaira, dans ce cas. Et je promets de ne pas m’énerver contre toi. Ce n’est pas comme ça qu’on fait aimer quelque chose à quelqu’un de toute façon. »

Or, c’est le but premier de la manœuvre. Peu importe au fond que le gâteau soit réussi ou non – Il sera forcément réussi de toute façon – tant qu’Hisao prend plaisir à cette expérience pâtissière et que nous passons un bon moment. Je ne l’ai pas invité pour autre chose, même si je reconnais que je serais très heureux si je pouvais transmettre au moins une partie de ma passion. C’est ainsi que dès que le thé est terminé, je débarrasse le plateau dans la cuisine en veillant à mettre immédiatement la vaisselle hors de portée des chats et ramène ma superbe nouvelle bougie dans la salle de bain. Avisant ma natte qui me bat le milieu du dos, j’ouvre le placard à la recherche de mes pics à cheveux et – Pourquoi je n’ai pas réfléchi à ça avant ? – j’hésite un moment pour savoir lequel choisir. La logique et la raison voudrait que je reste dans la droite ligne de mon apparence du jour et que j’en prenne un aussi sobre que possible mais – Ça fait longtemps que je n’ai pas mis la pivoine, non ? – je dois bien l’avouer, j’ai quelques petites difficultés – Oh ! J’avais complètement oublié que j’en avais un avec des oiseaux bleus – à résister aux jolies choses. Et il s’avère que j’ai – Allez, celui en bois noir tout simple sera très bOH MON DIEU NON, IL FAUT QUE JE PRENNE CELLE-LA ! – beaucoup de jolies choses dans mes affaires. Ça me joue souvent des tours.

Quand je reviens dans la cuisine, j’essaie bien entendu de faire comme si ma tresse n’était pas retenue en chignon sur ma tête avec un splendide pic à cheveux garni de fleurs de glycines dont la grappe tinte tout doucement en frôlant ma nuque. Un accessoire pas du tout adapté – Tu es irrécupérable, Ashton – à une séance de pâtisserie, donc. Heureusement pour moi, Hisao n’est pas du genre à faire de commentaires là-dessus. Du moins je l’espère – Je ne le drague pas – Ouvrant les placards, je récupère les objets de première nécessité (balance, mixeur, robot pâtissier, verre doseur, cuillères et maryse) et les matières premières (farine, sucre, œufs et cream of tartar, of course) pour tout poser sur le plan de travail. Allumant le four – Il faudrait être stupide pour draguer quelqu’un avec un pic à cheveux de toute façon – je tends à Hisao le tablier propre que j’avais mis de côté pour lui et enfile le mien.

« Bien ! Pour commencer, il faut mixer ensemble 100g de farine et 110g de sucre. Tu veux bien t’occuper de peser le tout et de les mettre dans le bol du mixeur pendant que je me charge des œufs ? »
 



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(#) Re: [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16]  [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16] EmptyDim 4 Oct 2020 - 1:45

Ciaran, Bennett et Silver.

Ah, et celui qui avait décidé d’élire domicile sur ses cuisses était en réalité une femelle. Il sourit à la réponse d’Ashton, jetant un œil à chacun de ses félins alors qu’il les nommait. En entendant la petite histoire de Silver, il ne fut plus si surpris que ce dernier soit aussi peureux. Taro était un peu comme lui lors de ses premières années—il avait surtout eu atrocement peur d’être abandonné à nouveau et ne se laissait jamais approcher par quelqu’un d’autre qu’Hisao ou Kana. Pas même Hikaru ou sa fiancée.

Il ne retint certainement pas son sourire lorsqu’Ashton lui fit la promesse de ne pas s’énerver. Même sans cette dernière, Hisao l’imaginait mal en arriver là mais—l’entendre de vive voix était quand même plutôt rassurant. Cela dit, il doutait de sa capacité à lui faire aimer la pâtisserie pour autre chose que l’envie de faire plaisir à sa fille. Hisao avait beaucoup de mal à prendre du plaisir dans des domaines qu’il ne maitrisait pas. La frustration et l’insatisfaction étaient deux choses qu’il gérait assez mal – et c’était pour cette raison qu’il ne jouait pas plus de vingt minutes quand sa fille le traînait devant Mario Kart – et dès lors qu’il se sentait mauvais quelque-part, il abandonnait très vite.

Enfin—aujourd’hui, il n’abandonnerait pas. Pas tant qu’il serait avec Ashton – histoire de ne pas perdre toute crédibilité à ses yeux.

Pendant que son collègue alla ranger sa nouvelle bougie dans sa salle de bain, Hisao en profita pour jeter un œil à la cuisine – c’était petit et compact, et Ashton devait être quelqu’un de très organisé. Car même avec ses innombrables plans de travail et toute la place disponible, lui finissait toujours par trop s’étaler et trouvait un moyen de ne plus avoir de place. Que ce soit en termes de cuisine simple ou de pâtisserie. Hisao était organisé au travail et pour sa fille—mais pas pour lui-même. Il suffisait de le voir peindre pour comprendre le carnage.

Lorsqu’il revint de la salle de bain, sa coiffure avait changé – évidemment, avec des cheveux aussi longs, mieux valait les relever en cuisine – et Ashton y avait ajouté un petit… Bijou ? Pic à cheveux ? Barrette ? En dehors de son ruban, des élastiques ou d’un stylo de dépannage, Hisao n’utilisait jamais rien pour ses cheveux alors il ne savait pas exactement ce que c’était—juste que c’était joli, fin et que ça pendait. C’est pratique au moins ? Et que ça contrastait avec ses vêtements plus sobres.

Ils n’avaient toujours pas commencé, et Hisao se sentait déjà perdu. Déjà, il se fit la réflexion qu’il avait été stupide de prendre un t-shirt blanc pour venir faire un gâteau avec son collègue. Enfin, jusqu’à ce qu’Ashton ne lui donne un petit tablier. Hisao l’enroula autour de lui, essayant de cacher le plus de surface de son t-shirt blanc qui serait très certainement bon pour le lavage avant la fin de cette journée de toute façon.

Il allume déjà le four ? Attends, mais il va le laisser préchauffer une heure ? Non parce que c’est le temps que je prends à faire la pâte généralement alors—

Hisao chassa ces pensées inutiles, se faisant une raison : Ashton s’y connaissait bien mieux que lui, alors il n’allait pas commencer à questionner ses agissements. Après tout, il était là pour apprendre… Techniquement. Alors lorsque ce dernier lui demanda de verser cent grammes de farine et cent-dix de sucre dans le bol du mixeur. Il hocha donc la tête aux consignes de son collègue.

Bon, ça, c’est simple. Ça, je suis capable de le faire.

Ignorant inconsciemment la balance – il n’avait pas l’habitude d’en utiliser une parce qu’il n’en avait tout simplement pas chez lui – il s’attela à la tâche avec minutie. Heureusement, les paquets qui contenaient les deux ingrédients étaient comme ceux qu’il achetait : Des marqueurs étaient dessinés sur le carton afin de pouvoir à peu près se repérer dans les quantités. Dans deux petits bols à part, il versa à l’œil les deux petits amas de sucre et de farine demandés par son collègue et soupesa chaque bol l’un après l’autre pour jauger.

Ses yeux s’arrêtèrent sur la petite plaque en aluminium. La—la balance. Et il sentit soudainement le regard d’Ashton sur lui. Quelque-chose clochait, parce que c’était un truc qu’il avait déjà entendu auparavant de la bouche de sa fille. On n’a pas de balance nous ? Faut que je teste un tuto que j’ai vu sur YouTube. Et son sang ne fit qu’un tour. Mais comment tu as fait pour le brownie, la dernière fois ? Bon tant pis, je vais utiliser cette de la salle de bain, hein. Le regard d’Hisao allait et venait entre ses bols, Ashton et la balance. Cette foutue balance.

« Ahahah—ahahah… » Il essaya de camoufler la nervosité dans un rire forcé. « J’avais oublié la balance, je—suis-je—bête… » Piètre menteur qu’il était.

La honte, le stress, l’anxiété, toutes les émotions négatives possible et imaginables remontèrent et lui donnèrent un arrière-goût amer dans la gorge. Hisao voulait fuir. Partir de cet endroit, ne plus jamais recroiser Ashton et même retourner en France. Car s’il restait au Japon, son collègue pourrait éventuellement le retrouver.

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(#) Re: [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16]  [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16] EmptyDim 4 Oct 2020 - 12:14


 

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Pour ceux qui ne l’auraient pas compris, j’aime la pâtisserie. Je suis tombé dedans tout petit grâce à la baby-sitter qui s’occupait de nous et je n’ai jamais arrêté parce que j’étais l’aîné de deux goinfres en pleine croissance qui réclamaient sans arrêt. Avec des parents aux idées moins arrêtées quant à ce que doit être une belle carrière, peut-être vivrais-je de ma passion aujourd’hui mais ça ne sert à rien d’y penser. Avec des « si », on mettrait Glasgow dans une boîte à chaussures et surtout, je ne serais certainement pas ici en train de pâtisser avec Hisao et ça serait bien dommage parce que – Il est mignon en tablier – je suis très content d’être là où je suis en ce moment. Nous nous sommes installés sur la table à manger après avoir poussé une partie des chaises, histoire de ne pas se marcher dessus dans ma cuisine. Tenant le séparateur au-dessus du saladier, je casse chacun des dix œufs d’une main au-dessus de l’ustensile et l’agite doucement de l’autre jusqu’à ce que tout le blanc se soit écoulé. Je garde précieusement chaque jaune – Ne jamais balancer les jaunes d’œuf – dans un bol à part et, tout en mettant les coquilles de côté, je jette un œil discret aux gestes d’Hisao. C’est là – Attends – que je vois les premiers détails – Mais qu’est-ce qu’il fait exactement ? – annonciateurs du problème.

Je m’interromps, l’œuf à la main, perplexe. Pourquoi ne se sert-il pas de la balance ? Il ne l’a pas vue ? Je l’ai poussée exprès de son côté, pourtant. Il ne peut pas être en train de doser à l’œil. Qui ferait une chose pareil ? En pâtisserie, ce n’est ni plus ni moins que du suicide, à moins de connaître la recette absolument sur le bout des doigts, comme moi avec les pancakes. Mais là, je doute que ça soit le cas s’il ne connaissait pas l’angel cake en venant ici…

« Tu… Tu n’as pas l’habitude des balances électroniques ? Moi je préfère parce qu’elles sont plus précises mais j’ai aussi une balance mécanique, si tu veux… »

S’il n’y a que ça pour qu’il soit à l’aise, aucun soucis. Parce que je le vois se décomposer sous mes yeux et j’ai vraiment de la peine pour lui. Peut-être qu’il ne savait vraiment pas à quoi ressemble une balance électronique – Et peut-être qu’il fait toujours l’impasse sur la balance quelle qu’elle soit – Non, ça je ne peux pas y croire. Personne ne fait ça. C’est impos- trop tard. L’idée est plantée et elle me pousse dans la tête comme une mauvaise herbe. Ça me semble invraisemblable, mais je fais des gâteaux depuis des années et des années. Et si je suis honnête, mes premiers muffins n’avaient que peu de choses à envier – J’avais douze ans et un cadet dégénéré dans les pattes, je précise – à ceux d’Hisao. Si jamais c’est le cas, ça expliquerait beaucoup de choses… J’ouvre la bouche, la referme, puis me décide à avancer avec moult précautions :

« Hisao. Est-ce que… Est-ce que tu te sers d’une balance, d’habitude ? »
 



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(#) Re: [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16]  [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16] EmptyDim 4 Oct 2020 - 16:20

« N—non, ce sera parfait ! Je—pas de problème », quel con, mais quel con. J’aurais dû attraper la balance et ne rien dire.

En réalité, Hisao avait passé la majeure partie de sa vie à utiliser les dosages inscrits sur les paquets qu’il utilisait, et puisque cette habitude ne lui posait jamais problème lorsqu’il s’essayait à la cuisine, il en avait déduit que ce serait pareil pour la pâtisserie. Et chaque fois qu’Hikaru et Kana essayaient de lui faire comprendre qu’en dehors de son brownie qui changeait à chaque fois, il était incapable de produire le moindre gâteau sans que ce soit ignoble—il se disait qu’ils exagéraient. Ou qu’il était simplement mauvais. Pourquoi sa technique fonctionnerait en cuisine, mais pas en pâtisserie après tout ? Et puis, avec le peu de gâteaux qu’il faisait—une balance ne lui était pas très utile, aussi était-ce pour cette raison qu’il n’avait jamais investi dans l’instrument.

Mais cette fois-ci, non seulement il se retrouvait face à son erreur, mais en plus il se sentait affreusement ridicule à côté de son collègue. Non pas qu’Hisao soit incapable de se remettre en question—oh non, loin de là… Cela dit, il aurait préféré s’en rendre compte d’une autre manière. Être un peu moins exposé.

Le regard perdu dans le vide, il tira la balance électronique vers lui et pesa le bol du mixeur, retenant que ce dernier faisait quatre-cent-cinquante-six grammes. Il vida son bol de farine à l’intérieur avant de se rendre compte qu’en effet—peut-être que son erreur était un peu plus délicate que prévu. La balance afficha quatre-vingt-cinq grammes de plus que le poids du bol, alors il ajouta un peu plus de farine jusqu’à arriver à cent grammes tout pile. Il y versa ensuite lentement le sucre, de peur qu’il y en ait en plus et il y en avait effectivement beaucoup trop. Il remit le surplus dans le paquet et soupira.

Même s’il s’était attelé à sa tâche avec calme et minutie pour essayer de camoufler son malaise, ses gestes étaient imprécis et incertains. Et il sentait toujours ce même regard sur ses épaules. Qu’avait-il fait de mal cette fois-ci ? Il osa regarder Ashton une seconde et regretta aussitôt lorsqu’il lui posa la question. Tournant instinctivement la tête pour retourner à son bol, il sentit la chaleur lui monter au visage. Parce que bien entendu, ce traître de corps ne voulait pas lui obéir et lui donner cette image calme qu’il aurait tant voulu arborer.

« Bien-sûr », sa voix était légèrement tremblante et si peu assurée qu’elle trahissait aisément à quel point la question l’avait déstabilisé. Hisao s’imaginait qu’en s’attelant à sa tâche, Ashton passerait simplement à autre chose en se disant que ce n’était rien de plus qu’un petit oubli. Mais une fois de plus, il était naïf. Alors avant même de réfléchir, il— « Non. Je n’ai—jamais acheté de balance. »

Hisao ne savait pas mentir pour deux raisons. La première était qu’il était probablement le plus mauvais acteur que la Terre ait connu, et la seconde était une question de mental. Mentir éveillait un fort sentiment de culpabilité en lui, et lorsqu’Hisao se sentait coupable—il parlait trop ou se taisait à jamais. Il avouait ses torts et s’excusait à outrance ou se braquait. Et ne savait, par conséquent, pas tenir un mensonge.

Heureusement pour Ashton, il n’y avait rien d’hostile là-dedans. Alors ce fut plutôt sur les premières options qu’il se rabattit.

« J’ai toujours dosé à l’œil. Mais je t’assure que parfois ça fonctionne. Pour le brownie mais c’est—le seul. Mais étant donné que ça marchait pour un, je me disais que—ce n’était pas ça qui bloquait pour les autres et— » Nom d’un chien, j’ai honte.

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How to save a cake
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Je hoche mécaniquement la tête. Pas de problème. Hm. C’est certainement pour ça que j’ai l’impression qu’il y a au contraire un gros problème. Hisao est anxieux de nature, j’ai fini par le comprendre. Et je ne dois sans doute pas l’aider en l’observant comme je le fais mais – Il a oublié de faire la tare – je dois avouer que je ne comprends pas. Pour quelqu’un qui n’avait juste pas remarqué la balance devant lui, il est quand même très peu familier de l’instrument en question. Mais pourquoi ne me l’aurait-il pas dit dans ce cas ? C’est quand même étrange. Hisao s’est montré sincère avec moi sur des sujets infiniment plus délicats – Il serait d’ailleurs extrêmement malvenu d’y repenser maintenant – je ne vois pas pourquoi il aurait peur de m’avouer qu’il- Finalement, puisque je n’ai pas pu m’empêcher de poser la question en le voyant galérer à faire ses calculs de tête, la vérité éclate au grand jour. Et je suis – Il a tenté de me mentir ? – sidéré.

« Oh ! Oh… Et bien… Et bien ça explique beaucoup de choses… »

Ce n’est pas peu dire. Tu m’étonnes que ses muffins étaient catastrophiques. Tu m’étonnes qu’il ne réussisse que parfois le brownie. En pâtisserie, on respecte les doses. C’est la base. Mais ce n’est même pas pour ça que je reste sans voix à le regarder. Le fait qu’il n’ait pas de balance chez lui, ça me paraît fou dans une cuisine, mais admettons. Celui qu’il ait réellement tenté de me cacher la chose et que mon neveu de quatre ans soit littéralement plus doué que lui pour mentir, pourquoi pas. C’est simplement – Il est – et tout bêtement – Vraiment – de le voir rougir de la sorte en tentant maladroitement – Trop mignon – de se justifier. J’ai beau mettre à contribution tout le self-control dont je dispose, je ne peux finalement pas faire autrement que cacher ma bouche derrière ma main pour étouffer le rire qui m’échappe. Il ne faut surtout pas que je me laisse aller, le connaissant il va penser que je le tourne en ridicule. C’est pourquoi je m’empresse de l’en assurer dès que je peux :

« Pardon… Je te jure que je ne me moque pas de toi. Je trouve ça juste… Je trouve ça chou, en fait… »

Finis-je par avouer – Chou ? Sérieusement ? –avec un petit sourire coupable. Je m’en veux de qualifier de « chou » un homme dans la force de l’âge comme Hisao – Surtout que j’ai beaucoup, beaucoup d’autres qualificatifs qui me viennent en tête avant celui-là – mais je ne pouvais juste pas faire autrement. Je l’ai rarement trouvé aussi attendrissant qu’en essayant de cacher sa bêtise, puis de justifier cette dernière. Néanmoins, je retrouve rapidement mon calme et, puisque j’ai identifié une des causes du problème, autant se livrer à une parenthèse pédagogique avant de continuer :

« Il faut que tu saches que la pâtisserie est très différente de la cuisine sur un point : elle demande infiniment plus de précision et de rigueur. La cuisine, c'est comme une balade en forêt. Tu as une carte pour te repérer et si tu la suis, tu arriveras au résultat voulu sans problème. Si tu sors légèrement du chemin ou que tu rates un sentier, tu peux te perdre mais tu peux aussi, avec un peu de bon sens et de calme, retrouver la route et retomber sur tes pattes. Et avec de l'expérience, tu peux même aller explorer les sous-bois et découvrir de chouettes coins à champignons. La pâtisserie, c'est la même chose à ceci près que la forêt est minée. Et je ne te conseille pas de dévier de ton itinéraire d'un centimètre quand tu t'aventures sur un terrain miné. Oh, et regarde… »

Poussant le bol du mixeur de la balance, je le remplace par mon saladier rempli de blancs d’œufs, tare le tout, puis casse le dernier œuf que je tenais à la main. Et, miracle, seul le poids de ce dernier s’affiche sur l’écran. J’adresse un petit sourire à Hisao.

« C’est l’avantage des balances électroniques. »

Au moins, on pourra dire qu’il ne sera pas venu pour rien. Maintenant que ce souci est à peu près réglé, nous pouvons continuer la recette. Quand la farine et le sucre sont mixés ensemble, je confie à Hisao le soin de la tamiser deux ou trois fois dans un saladier. Ça peut sembler un peu superflu mais – Plus le mélange sera fin et léger, plus la texture finale sera homogène – je veille à lui expliquer à quel point ça ne l’est pas. Après quoi, je filme le bol de jaunes d’œufs pour le ranger au frigo avant d’attaquer la partie meringue. Rien de bien méchant car heureusement, nous n’avons pas à la monter à la force du bras grâce au robot. En revanche, une fois que les blancs commencent à prendre, il faut ajouter lentement le reste de sucre – Si on le met trop vite, la meringue ne sera pas suffisamment épaisse et fondante – donc ça prend un peu de temps. J’explique tout cela à Hisao par-dessus le ronronnement de l’appareil, en m’étendant sur le cream of tartar qui est en fait un dérivé acide utilisé dans la préparation du vin qui va permettre de stabiliser la texture des blancs d’œufs, ou sur l’arôme de vanille qui fera toute la différence en matière de goût. Je suis peut-être – Un peu – passionné, mais quitte à choisir et à l’assumer, je suis content que ça soit par les choses douces et sucrées qui se mangent. Si bien qu’après un peu plus de cinq minutes, nous avons une splendide meringue, rebondie et ferme comme un nuage.

« On va pouvoir passer à la dernière étape avant la cuisson. Tu veux ajouter la farine et mélanger ? Je vais récupérer le moule pendant ce t- GODDAM SHIT !!! Mais qu’est-ce que c’est que ça ?! Stop, stop, ne mélange rien ! C’est une catastrophe… »
*Palsambleu !!!

Horrifié, je regarde mon moule à angel cake, fendu sur le côté quasiment jusqu’à la base. Je ne sais pas comment c’est arrivé. Je n’ai pas la moindre idée de comment je me suis débrouillé pour fendre un moule en métal – Putain, il faut que ça arrive maintenant – sans m’en rendre compte. Quand est-ce que je m’en suis servi pour la dernière fois ? Pourquoi je ne l’ai pas remarqué avant ? Je l’ai depuis des années, est-ce qu’il est seulement arrivé en fin de vie ou – À chaque fois que je tente de passer un bon moment avec Hisao, il faut toujours qu’il arrive une merde – est-ce que j’ai vraiment cassé ce truc sans faire attention ? Je le pose sur la table avec un soupir dévasté, éteins le four et tente de garder mon calme. C’est très – Et j’ai même pas penser à vérifier – difficile.

« C’est pas vrai… »
 



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(#) Re: [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16]  [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16] EmptyLun 5 Oct 2020 - 11:23

Si en premier lieu Hisao ne croisa aucune forme de mépris, de dérision ou d’humiliation dans le regard d’Ashton, cela ne l’empêcha pas de se faire un sang d’encre pour autant. Il cherchait que faire de ses mains en attendant – parce qu’Ashton ne lui avait pas donné la suite de la marche à suivre – et patientait, aussi silencieusement que possible en ravalant l’amertume provoquée par son aveu.

Si seulement il s’était attendu à un truc pareil…

Ses sourcils se haussèrent dans un réflexe incontrôlable, ses yeux s’ouvrirent aussi grand que possible, sa tête tourna lentement – faisant presque grincer les os de sa nuque dans le processus – et il croisa enfin le regard d’Ashton. Il n’était pas moins rouge qu’avant pour autant, mais la consternation dominait absolument toute autre émotion qui essayait de se présenter dans l’immédiat. Le mot résonnait dans sa tête dans un écho absurde alors qu’Hisao intégrait lentement sa signification et toute la symbolique qu’il incarnait.

« Tu—quoi ? »

Des adjectifs, on en avait utilisés à son encontre. Parfois avantageux, parfois caustiques. Mais celui qui venait de sortir de la bouche d’Ashton était une première. Et il avait beau se remémorer son propre reflet dans le miroir autant de fois qu’il le voulait, il n’arrivait décidément pas à comprendre ce qui venait de pousser son collègue à l’appeler ainsi. Il était tout simplement hébété, incapable de décrocher son regard du sien ou de calmer le rouge sur ses joues. D’autant plus que sa remarque ne l’aidait pas le moins du monde à faire le vide.

Qu’était-il supposé répondre à ça ? Parce qu’il avait beau chercher, strictement rien ne venait à lui. Son esprit était parvenu à faire le vide dans un moment où il n’en avait pas besoin—et alors qu’il aurait pu user d’une telle capacité plus tôt. Heureusement pour lui, Ashton vint à son secours et reprit lui-même la parole. S’ensuivit une métaphore longuement tissée pour essayer de lui faire comprendre que non, il ne pouvait pas décider de rajouter un peu plus de sucre à la fin parce qu’il en avait envie et que oui, les doses étaient importantes et qu’il était capital de respecter ces dernières. Hisao resta muet tout le long, écoutant sérieusement ses conseils. Lorsque son doigt se dirigea de nouveau vers la balance et qu’il y plaça le bol avec ses blancs d’œuf à l’intérieur, Hisao reporta son attention sur l’objet électronique.

Oh. Ah.

« Comment j’ai pu passer à côté de— », se murmura-t-il à lui-même. Il émit un petit rire nerveux et ferma les yeux un instant. « Le chemin est encore long avec moi », fit-il dans un soupir. Il était presque désespéré par sa propre ignorance.

Et semé d’embuches, semblerait-il.

Si seulement il avait pris la peine d’écouter les conseils de Kana, il n’en serait pas là. Peu importe comment se terminerait la journée, la première chose qu’il ferait en rentrant chez lui serait de lui présenter ses plus plates excuses. Lui qui avait l’habitude de lui faire confiance pour un tas de choses, s’était contenté d’éluder ses conseils et ses suggestions de vidéos sur YouTube. Et maintenant, il s’en voulait—ça lui aurait sûrement permis de ne pas se taper une honte pareille devant son collègue.

La suite de la recette se déroula sans encombre. Apprenant lentement de ses erreurs, Hisao n’hésita pas à poser les bonnes questions cette fois-ci – après le coup de la balance, il doutait fortement de trouver quelque-chose d’encore plus ridicule – et écouta attentivement chacun de ses conseils. Plus que ça, il resta tout simplement suspendu à ses lèvres pendant toute la durée de ses explications. Il y avait quelque-chose d’incroyablement—fascinant dans le fait de voir Ashton aussi passionné par ce qu’il faisait. Si bien qu’à chaque instant où Hisao n’était pas en train d’effectuer méticuleusement chaque tâche qu’il lui donnait – et bien plus méticuleusement que lorsqu’il essayerait de le refaire chez lui – il n’arrivait tout simplement pas à décrocher son regard de lui. Heureusement, puisque son collègue lui expliquait des choses—ses regards avaient tout d’une simple politesse. Au fond, il savait très bien qu’ils étaient responsables du nœud aussi étrange qu’agréable qui s’était formé dans sa poitrine.

Et éprouver de l’affection était une chose. Se laisser avoir ainsi en était une autre—et elle lui faisait peur. Atrocement peur. Son cerveau luttait, donnait tout ce qu’il avait en son pouvoir mais rien n’y faisait : En dehors d’Ashton lui-même, il n’arrivait pas à associer ces sensations à quelque-chose de positif dans ses souvenirs. Toutes ses expériences s’étaient mal terminées, et la plus intense d’entre elles fut aussi la plus douloureuse qu’il eut à vivre. La solitude ne m’a jamais dérangé.

Lorsqu’ils atteignirent l’étape finale, les mots d’Ashton le tirèrent de ses pensées. Se concentrer sur la préparation du gâteau lui permettait au moins de ne pas trop penser, de ne pas chercher à mettre le doigt sur des contradictions qu’il n’assumait même pas. Sur les choses qu’il lui avait dit entre les murs de ce karaoké et dont il doutait désormais. Pourtant, je me sens seul, quand je rentre chez moi et que je sais que je ne verrais ni ma fille, ni mon frère, ni—

En l’entendant jurer, Hisao fit volte-face, le bol de farine toujours entre ses mains. Yeux plissés et sourcils froncés, il essaya de comprendre ce qu’il se passait—en vain. Tout ce qu’il voyait dans l’immédiat, c’était son collègue avec un moule entre les mains. Jusqu’à ce qu’il comprenne en voyant la fissure. Au début, Hisao se fit la réflexion qu’il n’y avait pas mort d’homme, parce qu’il semblait avoir une quantité démesurée – à ses yeux – de moules à gâteaux dans ses placards.

Il hésita un instant, déposant le bol sur la table et pointa d’un doigt timide les différents moules qui se trouvaient à l’intérieur.

« Je—j’imagine qu’on ne peut pas en utiliser un autre ? » Mais il se sentit de nouveau stupide une fois la question ayant passé la barrière de ses lèvres. Si Ashton était aussi dépité, c’est qu’il devait avoir une excellente raison. Il prit donc un instant pour réfléchir. « Je suis certain de ne rien avoir qui ressemble à ça chez moi mais—peut-être que certains magasins sont ouverts ? Qu’est-ce qu’on fait ? » Demanda-t-il finalement. Même s’il n’était pas des plus à l’aise et que leur activité avait bien failli virer à la catastrophe – lorsqu’il avait survécu à sa honte colossale plus tôt – Hisao passait un bon moment et n’avait pas spécialement envie de s’arrêter en si bon chemin.

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(#) Re: [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16]  [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16] EmptyLun 5 Oct 2020 - 17:09


 

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Je secoue la tête en réponse à Hisao lorsqu’il demande si on ne pourrait pas se servir d’un autre moule, d’un ton peut-être un poil plus sec – Alors que ce n’est même pas contre lui que je suis fâché – que nécessaire :

« Non. Le moule à angel cake est très spécifique, rien qu’en terme de hauteur ou de diamètre. Et il faut absolument qu’il y ait cette partie tubée qui se détache au milieu. Si on essaie de le faire dans un autre, il ne montera pas bien, le centre sera tout affaissé et on perdra 80% de la texture… Bon sang, mais pourquoi il faut que ça arrive maintenant… »

Excédé, je passe les mains sur mon visage et dans mes cheveux pour tenter de me calmer, semant une traînée de grains de sucre sur ma joue. En général, je suis quelqu’un de calme et de posé et je sais que c’est ainsi que les gens me considèrent, ignorant la terrible vérité comme les bienheureux qu’ils sont. Hisao n’a pas tout à fait tort en affirmant – C’est bien le moment pour repenser à cette conversation, tiens – que les grands frères ont quelque chose à prouver. En ce qui me concerne, cette malédiction du premier né prend une forme toute simple : je déteste perdre. Plus encore, échouer dans une tâche où je me sais parfaitement capable de réussir me fait atteindre de bouillants sommets de frustration. Là, cette saleté de moule qui m’empêche de faire ma spécialité, je le vis comme une insulte, une défaite d’autant plus cuisante qu’elle a Hisao pour témoin qui tente de suggérer des solutions. Sa sollicitude, si bien intentionnée soit-elle, me fait l’effet d’une giclée de citron sur la plaie béante de mon ego. Malgré tout, je prends sur moi pour ne pas passer mes nerfs sur lui. Il n’y a qu’une seule personne dans cette pièce contre qui je suis en colère :

« Je ne sais pas… Ce n’est pas un moule qu’on peut trouver dans le premier kombini venu mais on ne peut pas terminer sans, et en plus on est dimanche aujourd’hui. On pourrait aussi utiliser la préparation pour faire autre chose à la place, comme un roulé aux fruits, mais… Raaah, si seulement je m’en étais rendu compte avant, je suis vraiment le dernier des cons… »

L’agacement que je ressens envers moi-même en revanche, je ne fais aucun effort pour le retenir. Je m’énerve au dernier degré. Et ça joue les chevaliers rédempteurs en donnant de grandes leçons aux autres, et ça fait des super métaphores pour dire à quel point il faut être rigoureux à base de mines et de balades en forêt… À côté de ça, ce n’est même pas fichu de vérifier que son matériel est opérationnel du début à la fin. Ah il est beau, le pâtissier. Ah il est crédible, à vouloir corriger les bourdes de ses collègues. Hisao, au moins, a conscience de ses capacités et il reste humble en toutes circonstances. Ce n’est certainement pas lui – Ouiiiiii, le gâteau sera réussi quoi qu’il arrive – qui nous aurait mis dans cette situation – Pas besoin de vérifier que le moule n’est pas fendu en deux, c’est booooon – avec son fichu orgueil – Blaireau, va – Je soupire à nouveau, dépité. La colère se fait déjà moins vive, se retire pour laisser la place à un triste sentiment de désenchantement. Toute la joie que j’avais à faire ce gâteau aujourd’hui est retombée, à un point où j’en suis presque surpris. Il m’est déjà arrivé de rater des pâtisseries, évidemment. Même si c’est assez rare aujourd’hui, certaines techniques complexes me donnent encore un peu de mal – Raison pour laquelle je campe lâchement sur mes terrains de prédilection – et même dans ces cas-là, je ne suis pas aussi abattu. Mais bien que je n’arrive pas à me défaire de cet intense sentiment de frustration, un instinct de survie m’empêche de me pencher plus avant sur son origine. Encore qu’en réalité, elle soit tellement criante que c’est ridicule d’essayer de l’ignorer.

La vérité, c’est que j’étais content de faire de la pâtisserie avec Hisao. Stressé et parasité par des tas de pensées déplacées, certes, mais heureux de pouvoir passer du temps avec lui et de faire quelque chose que j’aime en sa compagnie. J’étais comblé jusqu’ici : il m’a apporté un superbe cadeau et j’ai pu découvrir des aspects de sa personnalité dont j’ignorais encore l’existence. Son adorable tentative de mensonge, son petit rire gêné en découvrant les merveilles de la technologie de pointe d’une balance, son application touchante quand il suivait mes consignes – Franchement je suis désolé mais il est chou, je ne vois pas d’autre mot – son silence attentif quand il m’écoutait …J’avais hâte qu’on puisse savourer le fruit de nos efforts ensemble. Qu’est-ce qu’il va penser de moi, maintenant ? Moi qui voulais lui donner des conseils pour l’aider à réussir ses gâteaux, je ne me sens absolument plus légitime. J’ai honte de mon erreur stupide et je réalise que je suis malheureux à l’idée – Si on reste sur un échec – qu’il garde un mauvais souvenir de cet après-midi – Il ne voudra sans doute plus recommencer – à cause de moi et de ma négligence. Cette pensée me fait tellement de peine que j’en suis indigné. Je me redresse du plan de travail où je m’étais appuyé, abattu. Il est hors de question de s’avouer vaincu. Je refuse. Quel qu’en soit le prix, nous mangerons de l’angel cake aujourd’hui. Je me tourne vers lui, encore un peu piteux mais plus déterminé qu’avant.

« Je suis désolé, Hisao. Si j’avais pensé à vérifier avant, on n’en serait pas là… Est-ce que ça te dérangerait qu’on sorte et qu’on essaie de trouver un magasin ouvert où on pourrait en acheter un autre ? »

Je réalise après coup que je suis angoissé à l’idée qu’il refuse.
 



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(#) Re: [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16]  [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16] EmptyMar 6 Oct 2020 - 11:39

Tu as encore manqué une occasion de la fermer, bien joué Hisao.

Même s’il ne le prenait pas personnellement, Hisao avait bien remarqué que le changement de comportement soudain chez son collègue et il pouvait bien le comprendre. Lui-même supportait plutôt mal l’échec en général—d’autant plus lorsque l’échec en question s’appliquait à son domaine de prédilection. Alors même s’il n’appréciait pas forcément qu’Ashton lui parle sur ce ton, il prenait sur lui sans le montrer. Et puis, l’après-midi avait si bien commencé qu’il ne voulait pas laisser une once de susceptibilité venir la gâcher. Après tout, son collègue n’était pas en bois et avait bien le droit d’avoir ses moments de faiblesse, non ?

Il ne comprit aucune des raisons pour lesquelles ce moule était nécessaire, mais il hocha tout de même la tête pensivement. Parce que si l’objet était essentiel, il fallait désormais trouver une solution. Ce serait dommage que tout ceci se termine sur une note négative. Hisao ne laisserait pas la chose arriver sans avoir essayé. Et ce, même si Ashton essayait platement de l’en décourager en lui expliquant que ce genre de moule n’était pas très répandu. Alors certes, trouver une boutique qui propose ce dernier avait tout de suite l’air bien plus ardu que ce qu’il s’était imaginé. Mais il n’abandonnerait pas pour autant.

« Ne dis pas ça. Ce n’est pas grave », lui dit-il en secouant doucement la tête et en esquissant un sourire léger. « On va bien trouver une solution. »

Que ce soit en changeant de gâteau en cours de route comme il l’avait suggéré ou en continuant sur leur ligne directrice d’une manière ou d’une autre.

Si au début, il n’avait rien croisé de plus que de l’irritation dans le regard d’Ashton—il y avait presque une forme de détresse dès à présent. Et ça, Hisao ne pouvait pas le laisser passer. Malgré la honte et tout le reste, il passait définitivement un bon moment avec son collègue et là, un stupide moule était en train de le ruiner. Hors de question, certainement pas. Il avait un permis et une voiture, ce n’était pas pour faire l’impasse quand les missions de dernière minute s’imposaient. D’autant plus qu’il était tout juste seize heures, alors hors de question de se trouver des excuses. Lorsqu’Ashton lui demanda timidement – bien qu’un peu plus confiant que plus tôt – si Hisao était partant pour sortir à la recherche d’un moule, ce dernier ne put retenir un rire attendri.

« Ça ne me dérange pas le moins du monde. On a commencé un gâteau, on va le finir », lui répondit-il sur un ton amusé en croisant les bras. « Ce n’est pas ta faute. Je pense qu’on devrait être habitués à ce que rien ne se passe jamais comme prévu quand nous sommes ensemble. »

Parce que c’était bien entendu encore un sale coup du karma. Ce dernier semblait exceller pour se renouveler à chaque fois et réussir à les surprendre de par l’originalité de ses crasses. Si bien qu’à force, ça en devenait risible. Même s’il avait encore bien du mal à se détendre en mettant de côté la gêne et l’embarras constants auxquels il était sujet, Hisao avait décidé de faire de son mieux pour prendre les imprévus un peu plus légèrement. Il détestait cela en temps normal, mais la présence d’Ashton – et le fait de savoir qu’il n’était pas le seul à les subir – étaient rassurants. C’était toujours ça de pris.

Alors qu’il se dirigea vers le placard pour prendre sa chemise pendant que son collègue s’occupait de mettre la préparation en lieu sûr – hors d’atteinte des chats, déjà – Hisao pensa à un détail.

« Par contre, je préférerais conduire si ça ne te pose pas de problème », il soupira et se frotta nerveusement la nuque. « Je supporte très mal les trajets en tant que passager. »

En d’autres mots, j’ai la gerbe et je préférerais que tu ne me vois pas pendant que je suis mourant sur le siège d’à côté.

Avant de sortir, Hisao sortit son téléphone pour faire se faire une carte mentale des magasins qui étaient ouverts. Laissant Ashton se calmer—puisqu’il était surtout en colère contre lui-même, il n’y avait pas grand-chose qu’il pouvait faire pour l’aider dans l’immédiat. Son collègue avait juste besoin d’un peu de temps pour digérer la chose. Il nota l’itinéraire dans le GPS de son téléphone, traçant une route qui passerait par chaque boutique ouverte. Il n’y en avait pas beaucoup, alors il avait peu d’espoir de trouver quelque-chose d’aussi spécifique qu’un moule à Angel Cake… Mais Hisao rangea son pessimisme de côté et reporta de nouveau son attention sur Ashton.

« J’ai trouvé quelques magasins ouverts. Il doit bien y en avoir un d’entre eux qui vend des moules comme le tien. »

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How to save a cake
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Je le savais déjà car c’est loin d’être un secret et j’ai déjà eu l’occasion de le constater mais en reprendre conscience me fait toujours quelque chose à chaque fois : Hisao est d’une bienveillance absolument confondante. Alors que je suis là à m’énerver tout seul et à fulminer en moi-même, lui garde son calme et sa résolution, relativise et me redonne courage, sans cesser de sourire. Je suis tellement touché que j’ai honte de mon comportement. Heureusement qu’il est là – J’ai vraiment de la chance d’avoir un ami comme lui – pour se comporter en adulte à ma place. Heureusement que c’est moi qui avais proposé de lui donner des conseils… Sa bonne volonté m’aide à endiguer la brûlure de mon ego meurtri. Après tout, c’est vrai que ce n’est qu’un moule et dans l’absolu, ce n’est qu’un gâteau. C’est moins important que le fait que nous passions un bon moment tous les deux. Même s’il aurait pu s’épargner cette piqûre de rappel – Il parle de la balade à vélo ? De la cuite et de la nuit magistrale chez lui ? – sur le karma qui nous colle toujours. Je n’ai pas spécialement envie d’imaginer comment cette après-midi est susceptible de se terminer – Ou de la soirée karaoké qui s’est achevée par des confidences honteuses parce que j’étais trop bouleversé par sa façon de m’embrasser ? – quand je vois ce à quoi on a déjà eu droit. Ravalant mon trouble, je lui rends son sourire :

« Oui, tu as raison. Merci beaucoup. »

Ragaillardi grâce à lui, je m’occupe donc de filmer les bols et de les ranger au frigo, de mettre hors d’atteinte de mes trois monstres tout ce qui est susceptible de se casser, de vérifier par habitude que leur fontaine à eau est remplie et fonctionne. Et je pose un regard surpris sur Hisao lorsqu’il demande à conduire – Il faudrait que je compte le nombre de fois où il fait ce geste quand il est gêné – pour s’éviter d’être malade.

« Oh, pas de soucis. C’est donc pour ça que tu avais toujours l’air un peu palot à la fin des trajets, pendant le voyage scolaire… »

Hm. Je n’étais peut-être pas obligé de réfléchir à voix haute et de lui rappeler ce genre de choses. Espérant qu’il me pardonnera, je retire le pic à cheveux pour aller le ranger dans la salle de bain, laissant ma tresse retomber entre mes omoplates. Je suis plus à l’aise comme ça quand je n’ai pas besoin de faire attention à l’endroit où mes cheveux peuvent atterrir. Après quoi, j’enfile rapidement une veste en jean et nous quittons l’appartement pour retourner à sa voiture. Je hoche la tête quand il m’informe de l’itinéraire qu’il a pris le temps de chercher sur son téléphone.

« J’espère, oui. Ne serait-ce parce que j’aurais besoin de ce moule à l’avenir quoi qu’il arrive. Mais même si ce n’est pas le cas, ce n’est pas grave. On fera un roulé aux fruits et de la crème pâtissière avec les jaunes d’œufs. »

Ajouté-je avec un petit sourire. C’est une manière comme une autre de tenter de lui faire comprendre que je suis parvenu à me calmer et à relativiser en suivant son exemple. Malgré tout, je suis bien conscient que je peux mieux faire et c’est pourquoi je reprends la parole une fois dans la voiture – Bon sang, je ne peux même pas sentir l’odeur de l’habitacle sans me rappeler des choses – après avoir bouclé ma ceinture de sécurité.

« Désolé d’avoir été sec tout à l’heure. Ce n’est pas contre toi que j’étais fâché… »

D’autant plus que j’avais promis de ne pas m’énerver contre lui. Heureusement, on dirait qu’il ne m’en veut déjà plus et nous pouvons ainsi partir l’esprit libre – J’aurais du fumer une cigarette avant de partir – vers l’objet de notre quête. Inutile de préciser que même avec toute la détermination du monde, ce n’est pas très concluant. Comme je le craignais, le moule à angel cake est trop spécifique pour qu’on puisse le trouver ailleurs que dans des magasins spécialisés dans les articles de cuisine. Or, la boutique de produits occidentaux où je me fournis la plupart du temps est fermé car nous sommes dimanche et, si les commerces japonais ne sont pas dans ce cas, nous constatons bien vite qu’aucun ne vend ce dont nous avons besoin. Je suis, je l’avoue, un peu découragé après le cinquième magasin et je soupire alors que nous revenons vers la voiture.

« J’aurais du m’en douter. C’est un gâteau trop typé, il n’est pas encore assez à la mode pour qu’on trouve couramment de quoi le faire ici. Je devrais sans doute en commander un sur internet… »

Ça ne m’empêche pas de porter contre moi le carton d’une yaourtière et une poêle à crêpes toute neuve, parce que la mienne commençait sérieusement à perdre son revêtement. Et parce que ça fait un moment que je voulais tenter – Y avait 60% de réduction, je n’allais pas passer à côté ! – de faire mes propres yaourts.
 



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Pour son plus grand bonheur, Ashton semblait s’être plus ou moins débarrassé de son amertume. Même s’il avait prononcé ses mots avec bienveillance, Hisao avait tout de même eu peur que son collègue se braque, pour une raison ou une autre. Il ne lui en aurait sûrement pas voulu, mais il n’avait pas non plus envie que cette fois-là tourne au vinaigre à son tour. Ce serait jouer avec son cœur une fois de trop et là, Hisao n’en avait pas besoin. Tout ce qu’il voulait, c’était aller au bout de cette belle journée avec la satisfaction de ne pas avoir raté un gâteau.

Hisao ferma machinalement les yeux et grimaça légèrement lorsqu’il entendit Ashton lui rappeler l’expérience douloureuse de Los Angeles. D’autant plus que, pour une raison obscure, le bus le faisait souffrir bien plus que la voiture—même s’il était surélevé et qu’il se plaçait vers l’avant. Hisao avait tout essayé : Cachets, remèdes miracles, tromper son attention, sophrologie, sommeil, rien n’y faisait. Les transports étaient tous un calvaire pour lui.

Une fois Ashton revenu de la salle de bain et l’itinéraire fait, Hisao enfila sa chemise qui patientait sur son avant-bras depuis qu’il l’avait sortie du placard.

« Je te fais confiance là-dessus. »

Ainsi, ce fut avec un collègue à peu près remis d’aplomb qu’il descendit les marches de l’immeuble pour prendre sa voiture et partir en quête d’un moule à gâteaux. Et sérieusement—si on lui avait dit que la journée se passerait ainsi, Hisao n’y aurait pas cru une seule seconde sans le voir de ses propres yeux.

Il s’assit donc sur le siège conducteur, ferma la portière derrière lui et attacha sa ceinture. Mais il fut interrompu dans le cheminement de ses pensées par des excuses qu’il n’avait absolument pas vu venir. Pour une raison ou une autre, il avait toujours cette—mauvaise image d’Ashton selon laquelle il ne s’excusait pas facilement. Mais plus le temps passait… C’est lui qui est revenu. C’est lui qui a fait un pas vers moi. Plus il se persuadait que cette image était faussée. Ou alors, c’est moi qui m’excuse trop et j’ai l’impression que les autres ne le font pas assez. Il en était venu à la conclusion qu’il avait juste gardé un souvenir amer de cette dispute, mais se faisait lentement une raison : Tout ceci était derrière eux et il n’y avait plus aucun malaise à ce sujet aujourd’hui.

« Ne t’en fais pas. Je ne l’ai pas pris personnellement », lui répondit-il avec un léger sourire.

Et le calvaire commença. Parce qu’une fois de plus, Hisao avait proposé quelque-chose qui l’angoissait au plus haut point. D’autant plus qu’il avait déjà passé une partie de l’après-midi la veille dans des boutiques bondées de gens—devoir réitérer l’expérience alors qu’il ne s’était toujours pas remis des foules du Samedi était ambitieux.

Heureusement pour eux, ils savaient exactement ce qu’ils cherchaient, alors chaque escapade était rapide et aussitôt se rendaient-ils compte que le magasin en question ne proposait pas de moule à Angel Cake qu’ils cherchaient la sortie pour reprendre leur route. Enfin, sauf pour le dernier établissement, duquel Ashton sortit les mains pleines. Hisao avait pris sur lui et n’avait fait aucun commentaire – se contentant de soupirer quand son collègue ne pourrait pas le voir parce qu’il l’attendait à l’entrée du rayon, là où les gens ne se bousculaient pas pour une promotion.

Mais même si Ashton avait trouvé son bonheur ailleurs que dans son moule, ils n’avaient toujours pas réussi à mettre la main sur leur Saint Graal. Et Hisao se faisait lentement rattraper par son pessimisme, d’autant plus lorsqu’il entendit les mots de son collègue. Ce dernier semblait s’être fait une raison. Cela l’ennuyait d’abandonner ainsi, mais il fallait bien se rendre à l’évidence.

Hisao prit de nouveau place dans sa voiture, et alors qu’il commença à boucler sa ceinture—

« Oh—oh attends », Hisao se précipita aussitôt sur son téléphone pour l’enlever du socle qui l’accrochait au tableau de bord. Ouvrant sa messagerie pour envoyer un SMS à Kana, il tapa son message à vitesse éclair. « La mère d’Itagaki-san est pâtissière, non ? Est-ce qu’elle aurait un moule à Angel Cake chez elle à dépanner ? Appelle-le et appelle-moi ensuite si possible. » Lorsqu’il reposa le téléphone sur sa cuisse, ce fut pour lancer un regard à son collègue. « Je crois que j’ai la solution, mais je dois attendre que ma fille me réponde. »

Ils attendirent quelques minutes ainsi, laissés dans l’expectative—jamais Hisao n’aurait cru une seule seconde qu’un bête gâteau pourrait être responsable d’autant de suspens à lui seul. Jusqu’à ce que son téléphone vibre enfin contre sa jambe. Il décrocha aussitôt et n’eut même pas le temps de dire allô que la voix de sa fille résonna à travers le haut-parleur.

« Elle a. Mais par contre, il va falloir que je vienne avec vous, parce que j’allais pas lui dire que c’était pour mon père. J’ai dit que c’était pour moi, sa mère m’aime bien. T’es avec lui là ? »

« Oui. »

« Bonjour Kelly-sensei. Bon, bah je m’habille. Viens me chercher hein, je viens pas en bus. »

« Cela va de soi. À tout de suite. »

Il raccrocha donc finalement le téléphone et esquissa un large sourire en direction d’Ashton, recalant le portable dans son socle.

« La mère du petit-ami de ma fille est pâtissière. Et elle a accepté de prêter son moule à Kana. On va peut-être réussir à le faire, ce gâteau. »

La route jusqu’à son appartement ne fut pas très longue. Hisao n’habitait pas si loin du centre-ville, et de toute façon… Avec toute la route qu’ils avaient fait jusqu’ici, ce n’étaient pas quelques kilomètres de plus qui le gênerait. Il était dix-sept heures passées, conduire et piétiner dans les boutiques l’avaient un peu fatigué alors il n’avait qu’une hâte : Retourner à ses activités avec Ashton et oublier qu’ils avaient couru après un moule pendant plus d’une heure.

Lorsqu’il arriva devant son immeuble – sans racler sa portière contre la murette du parking, cette fois-ci – Kana était déjà là, les mains dans les poches de sa veste. Sans perdre une seule seconde, elle avança vers la voiture et ouvrit la portière pour s’installer sur la banquette arrière.

« Salut les nazes. »

« Pardon ? Sois polie, s’il te plaît », rétorqua-t-il sur un ton sec. « C’est quoi son adresse ? »

Kana leva les yeux au ciel. « Rebonjour papa, bonjour Kelly-sensei. Vous allez bien ? » Elle soupira. « Pas d’ma faute si vous arrivez jamais à rien sans qu’il se passe un truc », avant d’attraper le téléphone de son père pour y rentrer l’adresse d’Itagaki-san et le lui rendre.

Hisao avait un mauvais pressentiment. Le trajet n’avait même pas commencé que sa fille ressentait déjà le besoin de l’ennuyer. Il devrait avoir l’habitude à force—mais avec Ashton assis à côté de lui c’était difficile. D’autant plus lorsqu’il entendit de nouveau sa voix et se tendit.

« T’as cassé son moule ? Désolé, Kelly-sensei, mon père est un peu maladroit » Lui demanda-t-elle avec une expression outrée, et Hisao soupira longuement. « C’est pour ça que tu soulèves des montagnes pour en trouver un autre ? »

« Non, je n’ai pas cassé son moule. Je—ne veux juste pas gâcher de la nourriture vu qu’on avait pratiquement terminé. Surtout que je crois que ce n’est pas un désastre pour le moment, alors si je peux au moins réussir un gâteau dans ma vie, je ne vais pas passer à côté de l’occasion. »

Et ça n’a rien à voir avec le fait que je veuille continuer à passer du temps avec lui. Non, absolument pas.

« Ah. D’accord. Eh mais attends—tu jettes les restes quand— »

« Kana, ça suffit. »

« Mais c’est vrai ! » Elle croisa les bras, tournant la tête pour regarder par la fenêtre. « Et puis ça ne m’aurait pas surpris, t’as bien cassé mon téléphone la dernière fois. »

Hisao écarquilla les yeux. « Pardon ?! » Il lui lança un regard noir à travers le rétroviseur. « Je n’ai pas cassé ton téléphone. En revanche je me demande qui a eu la brillante idée de mettre son jean au sale avec le téléphone dans la poche. »

« Et moi je vérifie toujours les poches pour être sûre qu’il n’y a pas de mouchoirs quand je fais le linge, donc tu aurais pu vérifier ! »

« Non, parce que j’ai la présence d’esprit de vérifier mes poches avant de mettre mes vêtements au sale. C’est du bon sens. D’autant plus que tu en as eu un nouveau juste après donc tu ne vas quand même pas te plaindre. »

« En plus j’ai perdu toutes mes photos », un sourire dangereux se dessina sur ses lèvres. « Sauf celle où on a empilé la moitié de la décoration de l’appart’ d’Hikaru sur ta tête pendant que tu dormais », ajouta-t-elle en français. À peine les mots furent-ils sortis de sa bouche qu’Hisao ouvrit grand les yeux. Il attendit d’arriver au feu rouge au bout de la route pour se retourner sur son siège et regarder sa fille dans les yeux. En croisant son sourire néanmoins, il ne put tout simplement pas retenir l’éclat de rire, avant d’essayer de reprendre son sérieux en vain.

« Si tu as le malheur de ressortir cette photo Kana, je te jure sur tout ce que j’ai de plus précieux que tu vas le regretter », et à peine enleva-t-il sa main du dossier du siège d’Ashton pour se rasseoir correctement qu’il entendit le klaxon derrière lui. « ÇA VA, ÇA VA ! Deux minutes ! »

Un soupir arraché plus tard, Hisao embraya pour reprendre sa route. Et il eut la naïveté de penser que sa menace suffirait à calmer l’esprit vengeur qu’était sa fille. Parce que bien évidemment, Kana avait bien l’intention de rester tranquillement assise sur son siège. Elle sortit son téléphone de sa poche et fouilla un instant dans sa galerie, profitant du fait que son père était concentré sur la route pour passer son téléphone portable à Ashton.

« Vous devez absolument voir ça avant de mourir, Kelly-sensei ! »

Sur la photo en question, Hisao était affalé sur le ventre contre le moelleux du canapé en cuir de son frère. Deux piles de livres divers avaient été soigneusement posées sur son dos, alors qu’une petite tour tenait en équilibre sur sa tête : Une assiette pour assurer la stabilité, un gobelet, la salière du supermarché, un carton de mouchoirs, une bouteille d’eau en plastique, un autre assiette et—une petite chouette décorative en guise de cerise sur le gâteau. Prenant la pose à côté de lui se trouvaient Kana et son frère Hikaru, complètement fiers de leur massacre.

« Range ça ! » Railla-t-il sans même leur lancer un regard, gardant son attention sur la route. « Tu sais quoi ? Attends qu’on arrive chez Itagaki-san. Je l’invite à dîner pour le week-end prochain. Il est grand temps que je rencontre mon futur beau-fils, non ? Ça fait quoi—trois mois déjà ? D’autant plus que les albums photo ne sont pas restés chez Hikaru, je les ai pris avec moi. Je suis sûr qu’il sera ravi de te voir en— »

« NON ! » Elle arracha presque l’appareil des mains du médecin scolaire. « NON JE VEUX PAS ! C’est trop tôt ! C’EST BON J’AI REPRIS LE TÉLÉPHONE IL A PAS VU ! KELLY-SENSEI VOUS N’AVEZ RIEN VU PAS VRAI ?! »

Et dire qu’il leur restait encore dix minutes de trajet…

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Je n’y croyais plus. Je m’étais déjà résigné à ce qu’on rentre à la maison pour faire un roulé aux fruits, ce qui est très bon aussi mais forcément un peu moins quand on s’est préparé psychologiquement à manger de l’angel cake. Je faisais le deuil de mon gâteau préféré quand soudain, Hisao est frappé d’un éclair de génie. Suspendu à ses gestes, je le regarde envoyer rapidement un sms et hausse les sourcils en apprenant que nous avons peut-être une porte de sortie en la personne de la mère du petit copain – Oh ? Alors elle en a un ? – de Kana. Même si la chaîne est longue, je n’en attends pas moins aussi patiemment que possible la réponse à cette question lancinante : va-t-on pouvoir accomplir notre objectif du jour ? Verdict : peut-être bien.

Je suis tellement soulagé à l’issue du bref échange entre le père et la fille que je me liquéfie littéralement sur le siège passager avec un gémissement de bonheur, aux anges.

« Ooooooooh, bénie soit cette enfant, son petit-ami, sa mère et tout ce qui s’ensuit ! J’avais perdu espoir ! Il faudra à tout prix lui donner du gâteau quand on l’aura terminé ! »

Après avoir touché le fond ainsi, il n’y a rien de meilleur qu’un tel repêchage. Peu de choses pourraient entamer mon enthousiasme après ça et je suis presque impatient de voir arriver notre sauveuse. Jusqu’à ce qu’elle – Plaît-il ? – ouvre la bouche. Je dois admettre être un peu surpris et apparemment je ne suis pas le seul. Son père la rappelle aussitôt à l’ordre. Personnellement, je ne peux retenir un sourire en coin.

« Bonjour, Kana-san. Ça va beaucoup mieux depuis que tu as accepté de voler à notre secours, sache-le. Et toi ? »

Kana n’est pas une méchante fille. Je ne la connais pas beaucoup et je l’ai surtout fréquentée dans le cadre de l’établissement mais du peu que j’en ai vu, je crois surtout qu’elle a la langue affûtée et pas perdue au fond de la poche. Et puis c’est le week-end. On a bien le droit de se relâcher un peu le week-end, non ? Cependant, au fil du trajet qui reprend, je m’aperçois que ça va plus loin que ça. En réalité – Oh – je suis aux premières loges – Splendide – d’une chamaillerie père-fille. Aussitôt, je me statufie sur mon siège et tente de mon mieux de me faire oublier – Comme si j’avais besoin de qui que ce soit pour casser mes affaires – pour pouvoir écouter de toutes mes oreilles. Autant dire que j’en ai pour mon argent. Hisao a manifestement l’habitude de l’exercice et les répliques fusent – Il a raison. Vérifier les poches avant de mettre au sale, c’est du bon sens – sans discontinuer ou presque. Et moi, je dois me mordre discrètement la lèvre pour ne pas pouffer de rire, tout en faisant mine de regarder sagement le paysage qui défile. Je ne sais si c’est visible mais en tous les cas, je grille ma couverture dès que j’entends Kana parler français, tournant la tête avec curiosité vers l’arrière pour tenter de saisir quelques mots au vol.

Il faut croire que je suis moins mauvais que je ne le croyais – Noooooooon… – car je comprends ce dont il est question et je pose un regard sidéré – Mais nooooooooon ! – sur Hisao à l’annonce de cette information top secrète, la bouche arrondie par l’incrédulité. Je ne vois pas dans quel plan de la réalité une telle chose pourrait être vraie, malgré mes efforts désespérés – Mais qu’est-ce que je donnerais pour voir ça – pour l’imaginer, surtout quand je vois qu’Hisao est le premier à en rire. Malheureusement, Kana est sous le coup de terribles représailles si jamais elle ose – Je rêve ou il vient de hausser le ton ? – attenter ainsi à la crédibilité de son père et je dois me morfondre sur le siège passager en me demandant pour l’éternité jusqu’à quel point la tour infernale a pu grimper avant le réveil de la victime. Du moins, c’est ce que je pensais. N’écoutant que son courage, Kana me passe soudain son téléphone alors que son père est concentré sur la route et j’ai la photo sous les yeux.

J’éclate de rire. Comme jamais. Jamais auparavant je n’ai autant ri de ma vie.

S’ils continuent de s’envoyer des vacheries dans l’intervalle – LA SALIÈRE – je ne peux pas les entendre. Plié en deux sur mon siège, je dois lutter à chaque secondes pour – LA BOUTEILLE – reprendre mon souffle et survivre. C’est à peine si j’arrive encore à tenir le portable entre mes doigts tant mon hilarité me vide de mes forces. Il y a beaucoup trop d’éléments improbables sur cette photo inestimable. Que ce soit la pile d’objets hétéroclites qui vacille sur la tête d’Hisao, sa bouille d’innocent endormi – ET LA CHOUETTE, BON DIEU LA CHOUETTE – ou l’expression victorieuse des deux sagouins qui l’ont piégé de façon aussi magistrale. Rien à faire. Même si je ne l’ai plus sous les yeux, il me suffit d’y repenser pour rire à gorge déployée, les larmes aux yeux et – JE VAIS ME PISSER DESSUS, C’EST PAS POSSIBLE – les abdos au supplice. Effectivement, je peux mourir en paix après avoir vu cette photo, avec la certitude d’avoir été témoin d’un des grands mystères de la vie : il est possible de faire tenir des tas de trucs sur la tête d’un homme.

Évidemment, Hisao n’est pas aussi enjoué que moi et, puisque les chiens ne font pas des chats, il contre-attaque aussitôt avec un plan qui fait mouche – Ouuuuuuuh, c’est vicelard ça, Monsieur Tenma – et Kana bat immédiatement en retraite, récupérant en catastrophe son téléphone et exigeant mon silence. Je me range de son côté dans la seconde :

« Non ! Rien du tout ! D’ailleurs, je ne ris pas ! Qui rigole, ici ? »

Hélas, je suis un piètre complice car dès que je croise le regard d’Hisao – Mais la chouette, bon sang – mes épaules sont de nouveau secouées de spasme tandis que j’essaie sans succès de me retenir. Ma journée est faite. Elle valait la peine que je me lève et que je pète mon moule à angel cake juste pour ce moment. Retrouvant mon calme tant bien que mal – Et parce que mes abdos vont se disloquer si je continue – j’essuie les larmes aux coins de mes yeux, respire à fond et arrive enfin à enchaîner quelques mots :

« Désolé… Je suis désolé… Je ne ris pas, je le jure… Ça n’a rien d’amusant… Oh God… Qu’est-ce qui s’est passé quand il s’est réveillé ? »

Oui je sais, je n’aurais pas du poser cette question mais bon sang, expliquez-moi comment je pouvais faire autrement ! Impossible, impossible ! Dans ces conditions, le trajet jusqu’à chez Itagaki-san passe à une vitesse folle et me laisse aussi épuisé que si je l’avais fait à la course – Tu n’es teeeeellement pas prêt à ce qui t’attend, Karson – Bientôt, nous récupérons le moule tant espéré et je renouvelle immédiatement tous mes remerciements à Kana sans qui rien de tout cela n’aurait été possible – Et sans qui j’aurais raté une grosse barre – Je lui promets une part de gâteau en dédommagement et Hisao la dépose chez eux avant que nous ne reprenions enfin la route vers mon appartement. Je passe une main sur mon visage en soupirant d’aise. Quelle équipée, mes aïeux… On n’aura pas trop d’un angel cake pour s’en remettre. Le sourire aux lèvres, j’affirme à l’intention d’Hisao :

« Ta famille a l’air absolument formidable… »

En oubliant un peu vite que je n’ai jamais vu que sa fille et son frère avec lui sur les innombrables photos qui tapissent son appartement. Personne d’autre.
 



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Ashton ne tint pas compte du caractère de chieuse qu’avait décidé d’adopter Kana, probablement parce qu’il avait encore des étoiles dans les yeux à l’idée de pouvoir terminer son gâteau. C’était très certainement pour cette même raison qu’Hisao lui pardonnait ses débordements. Déjà car d’une part, même s’il était forcé de la reprendre parce qu’ils n’étaient pas seuls – si « naze » serait le pire qu’il ait entendu dans la sphère privée, il s’estimerait heureux – il ne pouvait pas nier qu’elle avait raison.

Néanmoins, s’il y avait bien une chose qu’Hisao n’aurait jamais suspecté de la part d’Ashton, ce fut bien qu’il prenne un fou rire maladif à la vue de la photo. Il avait bien remarqué que son échange avec Kana l’avait fait sourire – il avait guetté ses réactions pour s’assurer que la chose ne le mettait pas mal à l’aise – mais de là à s’emporter de la sorte. En réalité, Hisao ne pouvait pas lui en vouloir. C’était un souvenir gravé dans leur vie de famille qui ressortait à chaque occasion, et si Hisao s’était transformé en un véritable amas de mépris au premier abord, il avait finit par en rire avec eux. Après tout, Hikaru et Kana avaient leur lot de photos humiliantes. Hormis quelques perles qui se trainaient – celle-ci incluse – Hisao se savait en sécurité sur ce point-là.

Cela dit, s’il ne put s’empêcher de rire à son tour – à la fois parce que la situation l’amusait mais aussi parce qu’Ashton avait un rire tout aussi contagieux que son sourire – il lui lança un regard presque dédaigneux lorsque ce dernier feignit l’innocence. Et verrouiller ses yeux aux siens sembla largement suffire pour le faire repartir de plus belle.

Lorsqu’Ashton s’excusa et demanda à Kana la suite de l’histoire, Hisao secoua doucement la tête.

« Je ne ferais aucun commentaire », fit-il dans un soupir en reportant toute sa concentration sur la route.

« Une des deux assiettes s’est cassée, mais la chouette allait bien, donc c’était le plus important », Kana esquissa un sourire et lança un regard complice à son père dans le rétroviseur. « Mais quand il s’est rendu compte qu’il dormait sous un amas de livres, il a juste abandonné et a décidé de se rendormir. »

« Alors ça, c’est atrocement faux. Je me suis rendormi car j’étais fatigué, pas découragé », nota-t-il avec un sourcil arqué, outré par le mensonge – qui n’en était pas un, c’était simplement qu’il n’assumait pas – de sa fille. « La nuance est importante. »

Le reste du trajet se fit tranquillement, alors qu’Hisao et Kana continuèrent de tranquillement argumenter sur des anecdotes passées sur lesquelles ils n’étaient pas d’accord. Quand ils arrivèrent chez Itagaki-san, Hisao commença à descendre de la voiture et—

« Qu’est-ce que tu fais ? »

« Je n’ai qu’une seule parole. »

« NON ! S’il te plaît papa, je lui ai déjà demandé et il m’a dit qu’il avait peur de toi », avoua-t-elle à demi-mot, l’empêchant d’avancer davantage. « Promis, je vais me débrouiller pour que ça arrive. Mais laisse-moi faire. »

Hisao soupira et leva les yeux au ciel. « Soit », dit-il avant de rasseoir correctement dans son siège, levant les mains en signe d’abandon. « Je te laisse faire. »

Une sourire satisfait sur le visage, Kana alla remplir sa mission et revint au bout d’une petite minute – prétextant qu’elle était pressée – avec le Saint Graal. Même si Hisao avait eu confiance en elle sur toute la ligne et était déjà rassuré, il fut véritablement soulagé en voyant le moule pour de vrai cette fois-ci. Sur le trajet du retour, Kana lui raconta sa journée, lui expliqua qu’il devrait à tout prix lui rendre le moule Mardi au plus tard, qu’elle avait récemment commencé un nouveau manga, qu’Itagaki-san lui avait promis qu’ils partiraient en vacances ensemble cet hiver. Lorsqu’ils arrivèrent en bas de son immeuble, elle détacha sa ceinture pour se pencher vers l’avant et l’embrasser sur la joue. Elle remercia Ashton pour sa petite attention et le salua également avant de repartir vers l’appartement.

Lâchant un long soupir – parce que même s’il aimait sa fille plus que tout au monde, elle n’en était pas moins fatigante – Hisao reposa les mains sur le volant pour reprendre la route. Ils avaient leur moule, le four semblait fonctionner, la préparation était prête. Rien ne pouvait mal tourner désormais.

Naïf.

Ses mains se crispèrent sur le volant et ses bras se tendirent lorsqu’il intégra le sens des mots qui venaient de sortir de la bouche de son collègue. Hisao avait toujours laissé son corps parler à sa place. C’était l’une des seules choses qu’il se permettait dans sa timidité, à la fois parce qu’il était incapable de se contrôler, mais aussi parce qu’il savait à quel point cela pouvait être frustrant pour les autres de se retrouver en face de quelqu’un qui parlait aussi peu que lui. L’expressivité palliait au moins ce problème. Mais lorsque, même involontairement, l’on venait tourner le couteau dans une plaie qui commençait à être ouverte depuis bien trop longtemps—cette facette de sa personne était incroyablement traître.

« Mon frère et ma fille sont formidables », corrigea-t-il calmement. Mais ce ne fut pas d’un ton sec, ce ne fut ni tranchant, ni amer. Au contraire, les mots d’Hisao étaient portés d’une voix douce car c’était ainsi que se cristallisait la douleur chez lui. Sa symbolique et son goût étaient subtils de l’extérieur, comme pour essayer de masquer le fait qu’elle occupait toutes ses pensées et le consumait.

Il regretta immédiatement ses paroles. Déjà parce qu’il se sentait atrocement coupable d’avoir été incapable d’accepter le compliment et de prendre sur lui. Oh non—Ashton va s’en mordre les doigts. Je le sais. Je viens de ruiner l’ambiance. Mais aussi parce qu’il n’aurait pas dû le prendre ainsi. Il s’en voulait terriblement de toujours associer le mot famille à son père, à sa mère, à tout ce qui remontait dans l’arbre généalogique.

Fais comme bon te semble. Sa mère ne méritait pas son souvenir. Sacrifie tout ce que tu as construit, tout ce qui t’était promis pour une enfant que tu n’aimes même pas encore. Sa mère ne méritait pas la place qu’elle occupait dans sa mémoire. Mais tu n’élèveras pas une bâtarde entre les murs de cette maison, Hisao. Et pourtant, il avait l’impression que plus le temps passait, plus elle s’étendait dans son esprit—comme une maladie dégénérative : Vicieuse et toujours plus douloureuse. Parfois, il pensait même à essayer de les recontacter. Il couvait l’infime espoir qu’ils aient changé.

Kana et Hikaru veillaient à ce que ça n’arrive jamais.

Son regard était—froid. Ses sourcils légèrement froncés alors qu’il essayait de dédier sa concentration à la route plutôt qu’aux pensées parasites qui l’envahissaient. Il ne pouvait pas lui en vouloir, Ashton avait dit ça innocemment. Il ne pouvait pas savoir, comment aurait-il pu savoir ? Hisao savait à quel point il était soudé à sa fille et son frère, à quel point le cadre pouvait sembler magique de l’extérieur. Ce n’était pourtant pas là l’image qu’il voulait donner, la perfection n’était pas quelque-chose qui l’attirait. Non—ce qu’il voulait montrer, c’était sa stabilité. C’était qu’il avait été parfaitement capable de créer un milieu sain pour sa fille, qu’il s’en sortait très bien en tant que père célibataire. Que certes, il avait coupé les ponts avec sa famille—mais il avait quand même réussi sa vie sans eux.

Ce n’était pas un secret enfoui au plus profond de lui-même, c’était—c’était une réalité qu’il avait eu du mal à accepter et n’avait toujours pas digéré contrairement à ce qu’il prônait. Et la seule personne qui avait eu un léger aperçu de cette vérité était une élève qui avait eu peur d’être seule à se confier.

Jusqu’à aujourd’hui, et tout ça parce qu’il avait été incapable de se faire violence. Parce qu’il n’avait pas réussi à retenir ses mots, ses réactions. Et—en un sens, Ashton méritait peut-être d’en savoir un peu plus sur lui. Il méritait qu’Hisao se confie comme lui l’avait fait mais—c’était toujours la même rengaine. Ce même blocage étouffant qui compressait sa poitrine.

Et d’un autre côté…

« Je—je ne suis plus en contact avec le reste », ajouta-t-il faiblement.

D’un autre côté, il lui faisait confiance.

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(#) Re: [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16]  [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16] EmptyMer 7 Oct 2020 - 15:08


 

How to save a cake
Where did he go wrong ?

[Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16] H64l
Si je n’avais pas conscience que je commettais une erreur, Hisao me le signifie dans la seconde qui suit mon affirmation bien trop légère – Oh – sans dire quoi que ce soit. Du coin de l’œil, je le vois se tendre comme un arc de la nuque au bout des doigts et son visage se ferme – J’aurais du me taire – se dépouille d’un seul coup de toute la détente paisible qui adoucissait ses traits en présence de sa fille. Je perds mon sourire, inquiet, juste avant que ses mots ne confirment que j’ai imprudemment touché une corde sensible – Il n’y a pas qu’en pâtisserie que le terrain est miné – dont je ne soupçonnais pas l’existence. Je baisse aussitôt les yeux, navré de mon inconscience, touché par la souffrance silencieuse d’Hisao. Je ne savais pas qu’on pouvait exprimer la douleur d’une voix aussi douce et cette découverte me serre le cœur. Une partie de moi me souffle que j’aurais eu du mal à le deviner mais elle a tort. Je l’aurais pu. Si j’avais été aussi attentif à ce qu’il ne disait pas qu’à ce qu’il disait, si j’avais remarqué qu’Hisao ne parlait jamais de qui que ce soit d’autre que son frère et sa fille, qu’eux seuls se tenaient à ses côtés sur les photos, j’aurais pu m’en douter. Je ne l’ai pas fait, et maintenant il doit faire face à de douloureux souvenirs par ma faute.

Les paroles qu’il ajoute à voix basse, timide, me font tourner la tête vers lui. L’élégance de son profil se découpe sur le paysage urbain défilant par la fenêtre de la voiture, calme et triste, et une étincelle brasille dans ma poitrine alors que je dois retenir – Ça suffit – l’impulsion qui me pousse à le toucher. Je ferme la main sur ma cuisse pour étouffer les picotements de mes doigts qui brûlent d’effleurer sa pommette, la courbe de sa joue. Je ne dois pas – J’ai déjà fait assez de bourde comme ça – lui imposer mon contact, ma présence plus que nécessaire si c’est pour lui donner d’autres sources d’angoisse. Alors je me retiens, même si je souffre de ne pas pouvoir lui signifier mon soutien, ma compassion. Je ne dois pas m’impliquer, de toute façon. Ça ne – Dire qu’on passait un si bon moment jusqu’ici – me regarde pas…

Ma main atteint sa cuisse en douceur, après un trajet suffisamment lent pour qu’il ait eu tout le loisir de me voir venir, et seules mes phalanges se posent sur le tissu rêche de son jean. Je n’ai pas pu m’en empêcher. Je m’en veux de cette faiblesse qui va à l’encontre de tout ce que je m’étais dit, de tout ce que je me suis juré encore et encore après la soirée karaoké. Mais malgré leur virulence, tous les blâmes que je peux bien m’adresser s’évanouissent avant d’atteindre pleinement ma conscience. Celle-ci est déjà trop remplie par la chaleur, la fermeté du muscle sous mes doigts qui irradient jusque dans ma poitrine, faisant battre mon cœur. Tant pis. Je sais que j’ai tort, mais tant pis.

« Moi aussi, j’ai un frère formidable… »

Et un cousin, et un oncle, et des lettres de ma sœur, et rien de plus. J’ai parlé tout en douceur moi aussi, comme si la pudeur et la retenue de ma voix exprimaient le mieux les émotions frémissantes qui bruissent doucement entre nous, en nous, se répondent en écho. J’ignorais qu’Hisao avait coupé les ponts avec le reste de sa famille mais maintenant que je le sais, je me demande jusqu’à quel point nous sommes semblables. Jusqu’à quel point nous sommes faits pour nous comprendre et – Ne commence surtout pas – combien le simple fait de me demander cela me met en péril – À penser comme ça – Pendant quelques secondes, je retiens mon souffle, le cœur battant. J’attends de voir s’il va repousser ma main ou non. C’est mesquin de ma part. Je ne sais même pas si Hisao oserait, de peur de me vexer, alors je profite lâchement de cette incertitude. Les yeux fixés sur le paysage pour ne pas avoir à affronter la réalité trop vite, je laisse coupablement mes doigts là où ils se trouvent.

« Je suis désolé. Et je comprends… »
 



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(#) Re: [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16]  [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16] EmptyMer 7 Oct 2020 - 20:26

Hisao sentait le regard de son collègue sur lui. Heureusement que la route lui donnait une bonne raison de ne pas le croiser, parce qu’il n’était même pas sûr d’en avoir le courage. Maintenant que les mots avaient passé la barrière de ses lèvres, il avait un mal fou à réaliser qu’une part de ses souvenirs douloureux se trouvaient entre des mains étrangères. Et en dépit de la confiance qu’il se surprenait à accorder si facilement à Ashton—Hisao se sentait tout de même vulnérable. Convaincu qu’il ne gagnerait rien d’autre que sa pitié s’il osait lui en dire plus. Car sous sa peau courrait le désir égoïste de le priver de ces cartes-là. De ce moyen de le faire souffrir. Pourquoi Ashton le ferait-il souffrir ? C’était toujours la même question. Toujours la même réponse.

Et Hisao était parfaitement lucide cette fois-ci. Il n’y avait ni la fatigue, ni l’alcool, ni rien pour lui griller le cerveau cette fois-ci. Rien—il n’y avait strictement rien pour empêcher son côté rationnel de prendre le dessus sur ses décisions. Il comprenait désormais avec toute l’amertume du monde les raisons pour lesquelles Ashton s’était tendu et presque emporté lorsqu’il avait maladroitement remis le sujet de ses confidences sur le table, le lendemain de leur cuite légendaire.

Hisao ne voulait plus en entendre parler. Surtout de sa bouche à lui. Il savait que plus il y pensait, plus il faiblissait et plus il faiblissait, plus il s’assurait que toute cette histoire était terminée. Que ce qu’il avait vécu était derrière lui, que tout était pardonné. Ça ne lui servait à rien de ruminer une colère vieille de dix-sept ans envers une femme qu’il ne recroiserait jamais. Et c’était précisément pour cette raison qu’il n’aimait pas parler de ces choses-là : Parce qu’il n’en avait pas honte mais aussi parce qu’il était passé à autre chose. Chaque fois qu’il se faisait cette réflexion—l’envie revenait. L’envie de la retrouver, de lui jeter son bonheur à la gueule et de lui montrer qu’il n’avait jamais dépendu d’elle. Qu’il avait réussi malgré ses menaces, malgré son abandon, malgré tous les efforts mis en œuvre pour l’empêcher d’y arriver. Et que malgré toutes ces choses-là, il l’avait pardonnée.

Mais Hisao avait beau essayer de s’en convaincre—ce pardon dont il se vantait tant avait un goût de contrefaçon. Et c’était probablement ce sentiment d’hésitation qui lui permettait de rester à sa place, de ne pas déborder et de ne pas chercher à les retrouver. Une incertitude rassurante dans laquelle il se complaisait tristement depuis des années.

Est-ce qu’il va—

Jetant un bref coup d’œil à sa gauche, Hisao fut tiré du cours de ses pensées par Ashton, qui avança lentement sa main pour la poser sur sa cuisse. Et même s’il avait pris tout le temps du monde pour se faire, Hisao ne put s’empêcher de tressaillir légèrement en sentant les doigts chauds à travers le tissu. Brûlants, même. Il ne savait pas ce qui se trouvait dans ce contact soudain—il ne pouvait, ni ne voulait, croiser son regard et ignorait tout de ce geste si soudain, si—chaleureux. S’il était porteur de cette pitié qu’Hisao exécrait, ou si ce n’était rien de plus que de la compassion. Mais tout fit sens lorsqu’il entendit sa réponse.

Parce qu’elle était si innocente et si lourde de sens à la fois qu’elle envoya une décharge à travers tout son corps et son cœur se souleva, victime de sa stupeur. Il avait beau tout ignorer d’Ashton, Hisao savait lire dans les bribes qu’on lui laissait. C’était ce qu’il faisait ce mieux. Et il avait bien assez d’indices pour se rendre compte – avec horreur – de tout ce que ce dernier avait traversé. Sans parler de ce qu’il ignorait.

Il y avait quelque-chose d’aussi rassurant que terrifiant dans le fait qu’il comprenne d’expérience ce que ça faisait d’être loin de sa famille—et lorsque ça sous-entendait une mauvaise entente avec cette dernière. Et le contact contre sa cuisse devint presque aussitôt incandescent, alors qu’il portait avec lui une forme de compassion qu’Hisao n’avait pas l’habitude de croiser.

C’était peut-être là le seul tort qu’il trouvait au fait de ne pas se confier, de ne pas parler de lui. Hisao ne savait pas ce que ça faisait d’être compris par quelqu’un d’autre que sa fille, son frère ou sa belle-sœur. C’était inattendu, c’était—c’était—

Agréable. Il y avait toujours ce nœud dans sa poitrine, mais il était différent, il n’était pas étouffant – bien au contraire ! Il était—

« Ne t’excuse pas », lui répondit-il avec un demi-sourire au coin des lèvres.

Et à partir de cet instant, chaque fois qu’il n’utilisait pas sa main gauche sur le levier de vitesse ou pour manœuvrer, il reposait cette dernière sur sa cuisse, ses doigts effleurant les siens de temps à autre dans un contact timide, bien plus réservé et indécis que les précédents. Le reste du trajet se fit en silence, Hisao se laissait porter par le calme du Dimanche sur la route, essayant de chasser les pensées nuisibles qui l’assiégeaient en restant concentré sur sa conduite.

Lorsqu’il se gara enfin sur le parking et coupa le contact, il prit une profonde inspiration et déglutit difficilement.

« Merci », dit-il, la voix basse. « De ne pas avoir—posé de questions. Et pour le reste. »

Ses doigts glissèrent lentement de sa cuisse, quittant ceux d’Ashton pour attraper les clés sur le contact et ouvrir la portière. Il récupéra le moule que Kana avait laissé dans le coffre de sa voiture et reprit la direction de l’appartement d’Ashton, laissant ce dernier ouvrir la marche. Et si l’idée de se retrouver seul avec son collègue dans son appartement l’avait autrefois rendu anxieux, elle le terrifiait désormais. Le stress crépitait sous sa peau alors même qu’il faisait de son mieux pour essayer de se détendre. Il ne voulait pas que cette journée se termine mal—pas alors qu’il arrivait, malgré la peur, malgré le stress, malgré l’angoisse, à se sentir bien en se trouvant seulement à ses côtés.

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(#) Re: [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16]  [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16] EmptyJeu 8 Oct 2020 - 8:26


 

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J’ai senti son infime tressaillement sous mes doigts. Je m’attendais confusément à ce qu’il me repousse et je l’aurais accepté. Après tout, je me permets de lui imposer mon contact alors que son silence était plus qu’éloquent et que c’était peut-être la dernière chose dont il avait besoin. Hélas, je ne connais pas d’autre moyen de consoler efficacement les autres et je suis triste qu’il soit si incompatible avec lui. Jusqu’à quel point être touché lui est pénible ? Je ne sais pas. Je sais si peu de choses d’Hisao… Je m’en rends compte dans l’atmosphère pesante de la voiture. C’est sans doute normal étant donné que nous ne nous fréquentons réellement que depuis peu de temps mais en prendre conscience ainsi me fait frissonner douloureusement, comme si je mesurais soudain la profondeur du fossé qui nous sépare encore à mesure que nous arrivons à nous rapprocher. C’est étrange et lancinant. Je connais le parfum de sa peau – Cèdre et lavande – les gestes qu’il a quand il est gêné – La main sur la nuque ou devant son visage – les groupes qu’il aime – Queen, Joan Jett et Lady Gaga – l’étendue de son tatouage – Du poignet au pectoral – et sa façon d’embrasser – Toute en douceur – mais je ne peux pas prétendre aller au-delà. J’ignore tout de son passé, de ce qui l’a amené ici, de ce à quoi il aspire, des blessures et des cicatrices qu’il arbore comme tout un chacun. Qui est réellement cet homme à qui je me suis offert ? Qui réveille en moi des fragments d’émotions terrifiants, des désirs auxquels j’avais renoncé à jamais ? Je n’en sais rien. Rien qui me permette d’oser le toucher plus loin que du bout des doigts et cette ignorance m’ébranle plus que je ne le voudrais.

Et puis il reprend la parole d’une voix plus douce encore, où la tristesse s’est apaisée. Je ne sais pas ce qui arrive en premier ensuite : ses doigts qui m’effleurent – Mon dieu – lorsqu’il repose sa main gauche tout près de la mienne sur sa cuisse, ou le sourire qui éclaire son profil et frappe mon regard – Ce que cet homme est beau – alors que je relève les yeux vers lui. Je ne sais pas exactement ce qui est à l’origine du tremblement de mon cœur, de la soudaine chaleur qui infuse chacun de ses battements et la propage sur toute l’étendue de ma peau. C’est tellement doux, infime et fragile. Ça pourrait se briser comme de rien, par un mouvement ou une parole trop brusque. C’est pour cela que je ne désire plus que me taire et demeurer immobile. De toute façon, je n’ai ni mots ni gestes suffisants pour dire à quel point je suis honoré de cette place, cette confiance que m’accorde Hisao à sa façon, fugace, rare et précieuse. Essayant d’ignorer le rougissement qui envahit mes joues, je me détourne vers l’extérieur sans répondre. Le paysage défile. Je n’en vois rien. Pourtant, je crois que je pourrais rester des heures dans cette voiture, à compter fébrilement les frôlements de ses doigts qui font brasiller mes sens, déploient toute une ramure de chatoiements sur mes phalanges…

Quand la voiture se gare sur le parking de mon immeuble, je cligne des yeux, surpris que le trajet ait été si court. Revenant à la réalité, je baisse timidement les yeux sur sa cuisse en me demandant si je ne ferais pas mieux de cesser de le toucher – Je n’en ai pas envie – maintenant que nous sommes arrivés. Il décide pour moi et je récupère ma main à mon tour, frottant distraitement mes doigts dans le creux de ma paume pour chasser les sensations rémanentes – Pourquoi je n’en avais pas envie ? – qui les parsèment encore. Ses remerciements me font chaud au cœur, me font sourire et cette fois, je n’hésite pas avant de relever les yeux vers son visage :

« Un très bon ami à moi m’a dit un jour qu’il était là pour m’écouter et faire acte de présence, peu importe ce que je décidais. J’essaie de suivre son exemple. »

Parce que si Hisao a été capable de se dévouer pour moi dans cette même voiture, alors il mérite lui aussi tout le soutien que je peux lui apporter en retour. J’ai envie de le lui donner, à lui qui m’a toujours traité avec bienveillance. Encore une chose dont je n’avais pas conscience et dont les répercussions auront tout le temps de m’effrayer plus tard lorsque je me pencherai sur les raisons de ce désir mais pour l’instant, je n’en tiens pas compte. Je veux pouvoir être quelqu’un sur qui il peut compter. Je veux lui rendre cette gratitude qu’il m’a déjà faite éprouver en ayant les bons mots, les bons gestes au bon moment, ou simplement en étant là. Je voudrais le remercier – Nos front se touchaient – en étant là pour lui à mon tour – Et c’était suffisant –

C’est en sortant de la voiture que je réalise à quel point il est angoissé et cette impression ne fait que se confirmer alors que nous remontons vers mon appartement. Le malaise est encore plus palpable une fois que nous sommes dans l’ascenseur – Heureusement qu’il a pris les escaliers quand on était en froid, en fait – et je réfléchis à toute vitesse derrière mon carton de yaourtière pour trouver un moyen de détendre l’atmosphère. Après tout, c’est à cause de moi et de mes bourdes qu’on en est là. Finalement, j’esquisse un sourire espiègle en me souvenant d’un détail :

« Alors comme ça, tu fais peur à ton futur gendre ? Qu’est-ce que tu as fait à ce pauvre garçon ? »

C’est vrai que quand on ne le connaît pas – Quand on ne sait pas à quel point il est mignon quand il prétend se servir d’une balance – Hisao peut être impressionnant, surtout pour un jeune homme qui courtise sa fille. J’espère que lancer la conversation sur les amours de Kana aidera à le détendre, d’ici à ce que nous nous remettions à la pâtisserie. Ce que nous faisons sitôt que mes achats sont mis de côté, nos mains lavées et mon pic à cheveux – La pivoine est mieux assortie à mon pull – de retour à sa place. Tandis que Bennett traîne en miaulant dans nos jambes, nous redonnons un petit coup de fouet à la meringue, de tamis à la farine, puis nous pouvons mélanger le tout à la maryse avec précaution pour ne pas faire retomber la texture. Et enfin, après toutes ces péripéties imprévues, nous remplissons le moule avec la préparation et enfournons le tout pour 50 minutes à 170°C. Je ne peux retenir un soupir de soulagement. J’ai vraiment cru l’espace d’un instant qu’on n’allait pas y arriver…

« Cette fois, je pense qu’on est bon ! Tout devrait bien se terminer maintenant… Tu veux boire quelque chose en attendant ? »

Quant à moi, j’estime avoir bien mérité une cigarette.
 



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(#) Re: [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16]  [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16] EmptyJeu 8 Oct 2020 - 11:19

Un très bon ami.

Le nœud dans sa poitrine se resserra. D’un point chaud et agréable, il devint un pincement ridicule qui l’empêchait de penser normalement. Et c’était très mauvais signe. Parce que même s’il était indéniablement attiré par Ashton, même s’il l’appréciait peut-être un peu plus que de raison, il ne voulait pas laisser une telle chose s’installer en son sein. Les raisons étaient diverses et variées, mais surtout : Elles se contredisaient toutes entre elles. Ashton lui avait clairement fait comprendre qu’il voulait rester seul et Hisao avait sauté sur l’occasion pour embrasser le fait qu’il avait besoin d’espace. Et qu’un couple—pourrait ruiner ce peu d’espace qu’il réussissait tant bien que mal se faire. Pourtant—pourtant, malgré tout ce dont il se pensait convaincu, il n’avait pas l’impression qu’Ashton empiétait sur cet espace. Il appréciait son contact, se sentait fébrile sous ce dernier mais pas pour les mêmes raisons que celles qu’il connaissait par cœur. Il y avait toujours une pointe de stress qui naissait en lui chaque fois qu’il voyait sa main s’approcher, chaque fois qu’ils se retrouvaient un peu trop près l’un de l’autre—mais elle était très vite noyée dans un déluge de sensations qui lui donnait l’impression de flotter. Il appréciait passer du temps avec lui, alors même qu’il avait toujours fui les sorties entre amis. Alors qu’il n’avait jamais cherché à véritablement s’investir dans n’importe quelle relation. Même amicale. Trop occupé à essayer de ressouder le semblant de famille qu’il lui restait—il avait choisi de ne pas perdre son temps ailleurs, avait décrété qu’il y avait bien plus important à faire dans l’immédiat. Mais ce n’était pas le plus déstabilisant.

Non—le plus déstabilisant résidait dans ses convictions les plus profondes. De quelle liberté je parlais ? Celles qui lui semblaient évidentes, naturelles. Je ne suis même pas sûr de savoir à quoi ressemble la liberté. Mais c’était précisément sur ce qui était le plus enfoui en lui qu’il trouvait encore, et toujours, les marques presque indélébiles laissées par sa mère.

Il ne releva pas à voix haute. Il entrouvrit seulement les lèvres avant de laisser s’échapper un rire timide de ces dernières. Un regard attendri et gêné qui lui disait « Tu triches ». Mais Hisao resta silencieux, décidant de céder à ces mots doux qu’il avait lui-même prononcé. Il n’y croyait pas une seule seconde, parce qu’ils étaient trop cléments pour lui. Parce qu’Hisao n’avait pas besoin de soutien. Ses démons n’existaient pas, ou alors ce qu’il en restait était si insignifiant qu’il ne voulait pas y prêter la moindre attention. Avec tout ce qu’il avait vécu, avec tout ce qu’il lui restait à surmonter—Ashton n’avait pas besoin de s’encombrer d’une personne fragile. Et Hisao n’était, ni ne voulait sembler, fragile. Il ne voulait pas lui donner l’impression de vaciller, persuadé que si son collègue se rendait compte de ses faiblesses—il en vienne à la conclusion qu’il ne pouvait tout simplement plus compter sur lui.

Hisao ne fut pas le premier à briser le silence qui suivit. Il était bien trop—pensif pour cela. Mais lorsqu’Ashton s’y attela, il ne fit pas les choses à moitié. Il ne fallait pas passer beaucoup de temps en leur compagnie pour comprendre qu’Hisao et Kana étaient très complices et fusionnels. Qu’il aimait sa fille et la chérissait plus que tout au monde – comme la plupart des parents en réalité. Alors lorsque son collègue amena la discussion vers elle, il n’hésita pas une seule seconde à saisir l’opportunité.

« Si seulement je l’avais déjà vu autrement qu’en photo ou au détour d’un couloir », il soupira mais son sourire était revenu. « Je ne sais même pas pourquoi est-ce que je lui fais peur. Mais j’imagine que c’est—juste parce que je suis son père. »

Chaque fois qu’il l’avait croisé, ce dernier était accompagné de sa fille et Hisao savait pertinemment que s’il avait ne serait-ce qu’osé s’approcher d’eux, Kana lui aurait fait une véritable scène. Il ne comprenait pas le besoin incessant que les adolescents avaient à vouloir se montrer détachés de leurs parents. Je n’étais pas comme ça, moi. C’était l’âge sûrement. Ce n’est comme si on m’avait laissé le choix.

Revenus à l’intérieur, Hisao fit tout son possible pour essayer de se détendre, de retrouver le calme et la sérénité dont il avait réussi à faire preuve plus tôt. Bien qu’il ne se débarrasserait pas de son stress de sitôt, il pouvait au moins essayer de faire comme s’il n’existait pas. Il était plutôt bon pour ignorer les évidences qui se dépeignaient à son sujet. Et ce fut sans grande difficultés qu’ils se remirent au travail. La préparation nécessitait à peine un peu plus d’attention puisqu’ils l’avaient laissée de côté pendant un moment et Hisao s’attela avec toujours autant de minutie à chaque tâche qu’Ashton lui confia et enfin—enfin ils finirent par voir la lumière au bout du tunnel.

Ashton versa enfin la préparation dans le moule et c’était probablement l’une des choses les plus satisfaisantes qu’Hisao avait vu de toute l’année. Après tout le temps passé pour arriver à leurs fins, c’était compréhensible. Même s’ils n’étaient pas à l’abris d’une nouvelle catastrophe – que le four explose par exemple, juste parce que leur Karma n’était pas de bonne humeur – il se fit la réflexion qu’ils avaient passé le plus difficile.

« Normalement, oui », lui répondit-il en esquissant un sourire. « Je veux bien un verre d’e— »

Tout se passa très vite. Alors qu’Hisao inspectait ses mains pour enlever de son ongle trois pauvres grains de farine qui avaient survécu au lavage, il n’eut pas le temps de voir l’horreur prendre forme sur le visage de son collègue. Car lorsqu’il croisa enfin son regard, orienté vers les hauteurs derrière lui, Hisao arqua un sourcil et tourna lentement la tête pour essayer de comprendre… Mais un poids était déjà affalé sur son dos, le forçant dans la surprise, à se pencher vers l’avant alors qu’il intégrait lentement ce qu’il venait de se passer – la sensation des petites pattes sur omoplates – et que son visage se figea tant la stupeur fut grande. En sentant le ruban dans ses cheveux tirer vers l’arrière, Hisao mit sa main sur ces derniers dans un réflexe irréfléchi.

La descente aux enfers commença ici – les griffes plantées dans ses épaules – alors qu’Hisao essayait comme il le pouvait de faire partir son assaillant – non sans grimacer à cause de la légère douleur – sans que son ruban ne se retrouve abîmé dans la foulée. Et alors que le félin sembla vouloir s’en aller en ayant pris peur, Hisao comprit que l’une de ses griffes était coincée dans le tissu de son t-shirt. Il est en train de me lacérer le dos. Parce que ce n’était pas parce qu’il avait une patte coincée que les autres l’étaient. L’animal s’accrochait comme il le pouvait pour essayer de fuir mais de ne pas se retrouver pendu par la patte, et sérieusement—si Taro l’avait déjà griffé et mordu par le passé, ce n’était absolument pas comparable à ce qu’il était en train de se passer. Il ne veut pas lâcher. Dans la panique, Hisao était tiraillé entre ne pas fait de gestes brusques et faire quelque-chose de stupide pour faire lâcher le chat. Bien des sons voulaient sortir de sa bouche, mais il se fit violence pour ne rien faire de plus que de laisser son visage se tordre, de peur d’effrayer la bête encore plus qu’elle ne l’était déjà. Ses mains ne cherchaient plus son ruban, trop occupée à essayer de faire cesser la douleur qui se plantait un peu partout sur lui. Et quand il réussit enfin à se débarrasser de son agresseur, Hisao était juste sous le choc. La petit boule de poils grise s’enfuit à toute vitesse pour se cacher quelque-part dans l’appartement. Avec le ruban jaune dans la bouche.

Il passa l’une de ses mains sur ses épaules avant de dire quoi que ce soit—du sang. Même s’il n’y en avait pas beaucoup, une chose était sûre désormais : Ce t-shirt est foutu. Et Hisao avait littéralement l’impression que son dos brûlait dans son entièreté, donc ce n’était probablement qu’une marque isolée parmi tant d’autres.

Il releva finalement le regard vers Ashton, complètement sidéré—abasourdi par ce qu’il venait de se passer et incapable de produire ne serait-ce qu’un son. Hisao était tétanisé sur place. Impossible bouger alors que son dos lui faisait atrocement mal. Et il avait perdu son ruban. Et il tenait à ce ruban. Il le portait littéralement tous les jours.

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(#) Re: [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16]  [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16] EmptyJeu 8 Oct 2020 - 22:53


 

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Je pensais que nous étions à l’abri. Qu’après la chasse au moule et l’épisode de la voiture, qu’après avoir réussi à refermer la porte du four, nous étions tranquille avec le karma abominable qui nous colle à la peau. Fou que j’étais.

Comme de juste, je vois la menace au pire moment possible. Trop tard pour pouvoir l’éviter – Qu’est-ce qu’il fait ? – pour pousser Hisao sur le côté ou élever la voix et conjurer le sort. Et tout juste assez tôt pour comprendre – Il ne va pas faire ça ? – ce qui va se passer, pour mesurer toute l’horreur de la situation qui se peint d’un seul coup sur mon visage – Il ne va quand même pas OSER faire ça ?! – lorsque je vois Silver armer son saut depuis l’une des passerelles de l’arbre à chat.

Son regard vert braqué sur le – OH GOD NO –

« SILVER !!! DON’T YOU DARE- NO !!! »
*Si tu oses- Non !!!

Trop tard. Avant que j’ai pu l’en empêcher, mon Méphistophélès de chat bondit sur le dos d’Hisao pour attraper le ruban jaune qui ballotte entre ses omoplates. Se déroule alors sous mes yeux une scène à l’atrocité insoutenable : pris au piège de sa propre témérité, Silver réalise soudain son erreur et – MAIS C’EST PAS POSSIBLE, LÂCHE ! – cherche à se libérer du t-shirt d’Hisao en labourant proprement de toutes ses griffes disponibles le dos de ce dernier, couinant sans discontinuer – LÂCHE DONC, IMBÉCILE  !! – ses simulacres de miaulements apeurés. Paniqué, je tente de m’approcher pour le décrocher mais je ne suis pas du bon côté pour l’atteindre. J’ai trop peur d’empirer les choses alors qu’Hisao se contorsionne tant bien que mal – TU NE VOIS PAS QUE TU RUINES LA VIE SENTIMENTALE DE PAPA, LA ?! – pour faire lâcher prise à son assaillant, grimaçant de douleur.

Finalement, par je ne sais quel sorcellerie, Silver parvient à se décrocher, retombe à terre et se carapate à toute vitesse dans la salle de bain, le ruban dans la gueule. Tombe alors sur la pièce un silence assourdissant, uniquement rempli par les battements affolés de mon cœur qui résonne jusque dans mes tempes et les feulements furieux de Ciaran, réfugié avec Bennett en haut des bibliothèques. Un silence tellement épais qu’on pourrait le trancher à la scie sauteuse et qui nous laisse tout le loisir – Oh – de nous regarder – Mon – dans le blanc des yeux – Dieu – aussi sidérés l’un que l’autre. Évidemment, ça ne dure pas. Évidemment, je suis bientôt terrassé par le plus grand, le plus formidable, le plus indicible sentiment de honte qui m’ait étreint depuis des années.

Je sens le sang se retirer de mon visage à une telle vitesse que j’en ai un vertige alors que je plaque un main contre ma bouche, les yeux écarquillés, incapable de bouger. Si j’esquisse un mouvement, je vais tomber en morceaux. Ou alors me jeter par la fenêtre pour faire cesser la torture tellement je suis mortifié.

« Oh mon dieu Hisao, je- Je suis tellement désolé, c’est la première fois qu’il me fait un coup pareil… D’habitude il a trop peur pour s’approcher des gens qu’il ne connaît- Bon sang mais tu saignes ! Mais quelle horreur, pardon, je suis vraiment… Je-je vais chercher ce qu’il faut ! »

C’est la seule chose que je parviens à bafouiller avant de battre en retraite à mon tour dans la salle de bain, les mains tremblantes et l’esprit trop sans dessus dessous pour arriver à faire autre chose que fouiller dans les placards à la recherche d’un truc utile. Du désinfectant, des compresses, du cyanure… Je suis tellement affolé que je passe trois fois – Ça ne pouvait pas être pire – devant la trousse à pharmacie avant de la remarquer et je ne peux pas la prendre sans faire tomber – À chaque fois je crois que les choses s’arrangent – le pot contenant tous mes pics à cheveux. Je juge en les ramassant pour les empiler au hasard sur l’étagère. Si j’étais dans mon état normal, je serais horrifié – Et à chaque fois il nous arrive une nouvelle merde – d’infliger un tel traitement à mes affaires mais je ne suis clairement pas dans mon état normal. Je suis affligé, ulcéré, dépité. Heureusement que Silver s’est bien caché parce que si je l’avais sous les yeux – Comme si on devait définitivement abandonner l’idée de se fréquenter – j’envisagerais sérieusement d’en faire une paire de moufles. Posant la trousse sur la machine à laver, je prends un instant pour respirer à fond, les mains sur le visage. Il faut que je me calme. Il faut à tout prix – Comme si je n’y avais pas déjà pensé – que je garde mon calme.

Quand je reviens dans le salon, je ne fais clairement pas le fier et je grimace en voyant l’état de son t-shirt, étoilé de taches de sang – Il en a fait du steak tartare – sur les épaules. Je pose la trousse à pharmacie sur la table du salon, vérifie férocement que mes deux autres chats n’ont pas bougé et ne préparent pas leur propre attentat et me tourne vers Hisao, me tordant les mains sous l’effet de la honte :

« Il s’est caché derrière la machine. Je… j’essaierai de récupérer ton ruban dès qu’il se sera un peu calmé. Tu veux… quelque chose pour attacher tes cheveux en attendant ? Oh mon dieu, ton t-shirt… Je n’ai pas les mots pour te dire à quel point je suis navré, je te jure que je ne comprends pas ce qu’il lui a pris… »

Je décide de me taire à ce stade, conscient que je dis n’importe quoi. Je me sens tellement mal… Je ne pourrais pas lui en vouloir s’il est en colère et je suis abattu à l’idée qu’il reste encore trois quarts d’heure de cuisson. Jamais on ne pourra faire passer le temps agréablement dans ces conditions… Mon regard piteux revient sur ses épaules et, souffrant de plus en plus pour lui, je finis par demander timidement :

« Est-ce que… tu permets que je désinfecte les griffures ? »

Je ne réalise pas tout de suite ce que ça implique. Sur le moment, je ne me rappelle même pas de la seule et unique fois où j’ai vu le dos nu d’Hisao…
 



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(#) Re: [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16]  [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16] EmptyVen 9 Oct 2020 - 0:24

Ashton était blanc comme un linge. Si pâle que ce fut pour lui qu’Hisao s’inquiéta en premier lieu avant même de prendre en compte le fait qu’il allait peut-être falloir s’occuper des marques sur son dos. Les sourcils froncés et le visage toujours crispé par les petites pointes de douleur qui parsemaient son dos, il resta en alerte sérieusement inquiet à l’idée que son collègue s’évanouisse devant lui – il n’avait pas besoin de ça maintenant – mais heureusement, Ashton sembla revenir à lui-même bien assez vite.

Se confondant en excuses devant lui, Hisao resta bouche-bée, incapable de répondre. C’était surréaliste, tout aussi inconcevable que tout ce qui leur était arrivé auparavant. Et pour ne pas changer les bonnes habitudes : Il n’avait eu aucune préparation. Une fois de plus, il se retrouvait complètement désarmé face à Ashton dans une situation qui l’embarrassait au plus haut point. Plus son collègue s’excusait, plus il se sentait mal. Il voudrait être partout, partout sauf ici à cet instant. Car ce n’était pas de sa faute—il n’était coupable de rien et c’était bien ça le problème.

Ce serait encore une situation à sens unique sans aucun coupable, mais où les deux partis étaient bien partis pour se blâmer eux-mêmes jusqu’à ce que mort s’ensuive. De risible, tout ceci passa à épuisant. Hisao était fatigué que rien ne se passe jamais comme prévu—tout ce qu’il voulait, c’était passer un bon moment avec une personne qu’il appréciait, pour essayer de mettre ses idées au clair dans un contexte normal—banal. Mais ils n’avaient jamais de répit. Et chaque fois qu’il y réfléchissait plus de deux secondes, non seulement la réponse était loin de lui convenir, mais en plus les forces de la nature s’ajoutaient à l’équation pour venir bousiller tout ce qu’ils se tuaient à entretenir.

Dieu merci, Hisao avait les nerfs solides. L’irritation crépitait sous sa peau—mais il n’était pas énervé contre Ashton, ni même pas contre le chat. Il savait très bien que si ça n’avait pas été Silver, le destin aurait trouvé autre chose – le putain de four – pour mettre des bâtons dans ses roues – le putain de four va exploser – alors qu’il aspirait seulement à mener à bien une activité dans la paix et dans la tranquillité avec un ami à lui.

Visiblement, c’est trop demandé.

Il n’avait pas répondu à ses premières excuses, bien trop perdu dans ses pensées et encore ahuri. Et au final, Hisao se sentait bien plus anxieux à l’idée de retrouver son ruban en lambeaux plutôt que d’être couvert de griffures. Si bien que lorsqu’Ashton lui expliqua qu’il attendait que son chat se calme avant de partir à sa recherche—il sentit une pointe d’amertume dans sa gorge, mais ne dit rien pour autant. Qu’il le veuille ou non, son visage était déjà teinté d’une myriade d’émotions négatives alors, un peu plus ou un peu moins… Ça ne ferait pas forcément la différence.

« Ce n’est pas grave », ce n’est jamais grave. « Il n’a rien ? » Il n’en voulait pas à Ashton, mais il n’était pas non plus en colère contre le chat. C’était juste—le tout qui l’exaspérait. À la question de son collègue concernant ses cheveux, il balaya juste l’air de sa main et secoua doucement la tête. « Je ferai sans », au moins, il pouvait se cacher derrière les mèches de cheveux qui encadraient son visage.

En d’autres circonstances, il aurait essayé de calmer le jeu, d’apaiser la détresse qui animait Ashton—mais dans l’immédiat, il en était tout simplement incapable. Il avait besoin d’un instant pour se calmer lui-même dans un premier temps. Alors il passa une main sur son visage, frottant doucement ses yeux et pinçant l’arête de son nez dans le processus avant de prendre une grande inspiration, les paupières toujours closes.

Ce fut à cet instant qu’il lui proposa de—s’occuper de désinfecter les marques que le chat avait laissé sur son dos. Et Hisao était sérieusement à deux doigts de refuser. C’était ce que ses nerfs lui criaient. Mais avoir été sauvagement agressé par un félin ne l’avait pas amputé à sa lucidité pour autant—et il savait pertinemment que refuser ne ferait rien de plus que de mettre de l’huile sur le feu – le putain de brasier – alors il se retint. À la place, il hocha presque machinalement la tête, les gestes froids et automatiques. Il aurait pu continuer ainsi—se faire à l’idée que ce n’était qu’un mauvais moment à passer et qu’il n’avait qu’à se faire violence pour arriver au bout de ce dernier. Jusqu’à ce qu’il intègre lentement ce que son approbation impliquait.

Il déglutit difficilement lorsqu’il croisa le regard d’Ashton. Il avait accepté. Il n’avait plus le choix, désormais.

Alors sa main se glissa avec toute l’hésitation du monde sous son t-shirt pour relever ce dernier et finir par le retirer entièrement. Hisao fit en sorte de faire des mouvements aussi brefs et rapides que possible. Il était—beaucoup trop gêné pour faire autrement. Et la façon dont son visage et son cou s’empourprèrent aussitôt se retrouva-t-il torse-nu en témoignait.

Il garda le t-shirt dans ses mains, serré contre lui – mais bien conscient que ça ne l’aidait pas le moins du monde – et n’osa plus regarder son collègue dans les yeux.

« Je—dois m’asseoir—quelque-part ? » Prononça-t-il faiblement, la voix et le discours brouillé par les pensées inappropriées.

Je viens de me faire lacérer le dos par un chat, je suis sur les nerfs et j’arrive quand même à penser à—

Ce que c’était difficile. Pourquoi était-ce toujours si difficile ? Pourquoi son corps ne pouvait-il pas faire un effort pour une fois ? L’empêcher, ne serait-ce que cinq minutes, de sentir ce regard sur son corps comme un rayon de soleil qui aurait trouvé son chemin entre deux rideaux fermés : Brûlant sa peau d’une manière si agréable qu’il ne désirait rien de plus que d’y revenir sans relâche.

Il décida de reporter son attention sur le t-shirt entre ses mains, inspectant les petites tâches qui s’étaient formées. C’était plus facile, s’il essayait d’oublier qu’il était là. S’il essayait de ne pas penser au fait qu’il devrait supporter sa présence à moins d’un mètre de lui dans moins de trente secondes. S’il arrivait à se convaincre qu’il réussirait à être touché sans frémir, sans vibrer, sans ressentir à outrance, sans être angoissé et finir par aimer ça malgré lui.

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(#) Re: [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16]  [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16] EmptyVen 9 Oct 2020 - 9:08


 

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Je hoche raidement la tête quand Hisao s’enquiert de la santé de mon chat. Ce petit imbécile est juste terrifié et il ne l’a pas volé mais lui par contre est en colère. C’est normal. Qui ne serait pas en colère après s’être fait ruiner le t-shirt et réduire le dos en charpie par un abruti de chat mal élevé ? Il faudra que je récupère son ruban le plus vite possible. Ce serait encore plus catastrophique s’il était abîmé. Heureusement – Façon de parler – Silver est trop transi de peur pour oser s’amuser avec sa nouvelle proie si durement gagnée. J’en profiterai plus tard, quand nous nous serons occupé du plus pressé, à savoir le dos d’Hisao qui doit souffrir le martyre. Les griffes des chats sont tellement pleines de bactéries que chacune de ses plaies doit être un petit incendie. Mon dieu, je m’en veux tellement pour ce qui vient d’arriver. Il ne voudra plus jamais revenir chez moi, cette fois c’est-

De la peau. De la peau partout. Blonde et tendue sur des muscles compacts dont je me souviens de la fermeté, de la vigueur – Du goût – sitôt que je les ai sous les yeux.

Mon cœur déborde de ma cage thoracique – Bordel – et sa détonation se répercute dans tout mon corps, me laissant sonné pendant une paire de secondes, incapable de penser ou – Dire que j’ai affirmé un jour qu’il n’était pas tout à fait mon type – de détourner le regard. Je n’avais pas du tout pensé à ça. Oui, je suis stupide. Oui, j’étais tellement mortifié que j’ai oublié de réfléchir et de mesurer les conséquences de mes paroles. Oui, oui, oui, j’avais oublié que je n’avais encore jamais vu le torse nu d’Hisao en pleine lumière, en ayant la conscience parfaitement claire. Et je n’étais vraiment – Je me demande à quel moment il est devenu complètement mon type – pas prêt pour un tel spectacle. Hisao non plus, si j’en crois le rougissement de ses joues, aussi fascinant que le reste. À mon grand dam, il me faut un instant pour me rappeler que je dois répondre quand on me pose une question :

« Euh… Le lit ? La banquette. Tu peux t’asseoir sur la banquette. Ou sur une chaise, comme tu veux. A-attends, donne-moi ton t-shirt, je vais le mettre à tremper avant. Les taches de sang, ça ne pardonne pas… »

Oui, bonne idée, et ça me permettra surtout de cacher ma honte alors que je viens encore de dire n’importe quoi. Le cœur battant et les doigts tremblants autour du t-shirt qu’Hisao m’a confié sans résistance, je retourne dans la salle de bain et remplis une bassin d’eau froide pour le laisser dedans le temps que je puisse m’en occuper. Dans la foulée, je récupère aussi une petite serviette éponge, prépare un bol d’eau savonneuse pour nettoyer ses plaies et me colle une bonne paire de claques mentales. Ça suffit, c’est ridicule. Quel âge j’ai, à la fin ? Quoi, un ou deux pectoraux et – La dernière fois que j’ai vu le dos nu d’Hisao – je ne sais plus comment je m’appelle ? Je ne suis pas un ado en rut, je suis médecin bon sang. C’est mon métier de voir des gens plus ou moins nus et de les soigner. Je ne vais pas commencer à oublier mon devoir maintenant juste à cause de – J’avais les cuisses en feu et les mains serrées sur ses hanches – quelques bouffées d’hormones intempestives à la vue d’un peu de chair masculine. Et puisque je suis dans la salle de bain, j’en profite également pour tendre le bras derrière la machine à laver et tenter de récupérer le ruban mais Silver est toujours terrorisé et couine d’un air piteux, les griffes crispées sur le tissu. Si j’essaie de l’attraper maintenant, ça va mal finir. Je reviens donc dans le salon avec mon attirail, la gorge nouée par les battements de mon cœur, et prends place avec précaution dans le dos d’Hisao après avoir sorti tout ce dont j’aurai besoin de la trousse à pharmacie.

La première pensée qui me vient à l’esprit est que mon criminel de chat ne l’a vraiment pas loupé. La seconde pensée ne vient jamais alors que je contemple l’arc de sa nuque – Je me demande – la racine de ses cheveux, la ligne de ses épaules. Trempant un coin de la serviette éponge dans l’eau savonneuse, je commence par nettoyer délicatement les griffures, faisant attention à ne pas trop malmener les minuscules lambeaux d’épiderme déchirés. Je ne me rends pas tout de suite compte – Combien de temps il a gardé mes morsures – que je retiens mon souffle et que même ainsi, l’odeur chaude de sa peau monte vers moi. Et bientôt, je sens mon esprit se dissocier en deux parties bien distinctes. L’une est totalement concentrée sur mes gestes pour le soigner, précis et efficaces par la force de l’habitude. L’autre est subjuguée par tout le reste : le son de sa respiration, le mouvement de sa cage thoracique, le doux rideau de ses cheveux noirs qu’il a repoussé sur le devant, les couleurs de son tatouage, ses infimes frissons sous mes doigts. Et tout le bas de mon ventre est noué, serré dans un filet brûlant dont les mailles me gardent captif de sa présence…

« Attention, ça va piquer. Est-ce que tes vaccins sont à jour ? Tu as fait tous tes rappels contre le tétanos ? »

J’imbibe un coton de désinfectant et l’applique doucement sur ses plaies nettoyées. Ma main libre, elle, est restée sur son épaule…
 



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(#) Re: [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16]  [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16] EmptyVen 9 Oct 2020 - 11:03

J’essaye de ne pas me poser de questions.

Hisao avait beau tenter de faire le vide, c’était tout bonnement impossible. Son esprit était assailli de souvenirs, d’images inappropriées qui ne l’aidaient pas le moins du monde dans l’immédiat. Et il avait beau essayer de fixer son regard sur le décor autour d’eux—les livres dans l’étagère, le four allumé, la vaisselle dans l’évier, rien n’y faisait. Ses yeux avaient un goût de reviens-y, et victime de ses propres faiblesses, Hisao y revenait sans cesse. S’accrochant, se verrouillant à ce regard bleu profond qui marquait sa peau au fer rouge et ne le quittait pas.

Parce que je ne sais pas si j’arriverais à faire face aux réponses.

D’une manière ou d’une autre, il réussit finalement à détourner le regard pour de bon, attendant patiemment la réponse à sa question comme s’il s’agissait de la peine capitale. Il savait d’ores et déjà que son cœur s’affolerait dans sa poitrine, si fort que ça en serait presque douloureux, vertigineux. Il savait à quel point ses sens s’affuteraient sous son toucher.

Il avait déjà cédé par le passé. Une fois sous l’influence de l’alcool, une fois bercé par la fatigue. Cette fois-ci, il avait pleine possession de ses moyens. Il était mature, responsable, conscient du temps qu’Ashton lui avait demandé alors qu’ils se trouvaient encore entre les quatre murs de ce maudit box. Hisao saurait refouler son désir, aussi ardent et douloureux l’expérience serait-elle pour lui. Et elle était de retour. Cette image de ses mains, de sa bouche posées sur lui alors qu’Ashton ne les avait jamais voulues là où elles étaient. Alors qu’il avait mordu la ligne et qu’il s’en voulait plus que tout au monde, devant son collègue qui essayait par tous les moyens de le convaincre qu’il n’avait rien fait de mal.

Ce souvenir horrible à lui seul suffit à le refroidir et Hisao fut de nouveau parfaitement maître de lui-même. Tout du moins, il le serait jusqu’à ce qu’Ashton pose ses mains sur lui. C’était déjà ça.

Enfin—c’est ce qu’il pensa naïvement, jusqu’au moment où il entendit les mots de son collègue. Relevant subitement la tête, il piqua un nouveau fard et retint sa respiration. Lapsus sur lapsus, Hisao commençait sérieusement à se demander si son collègue ne faisait pas exprès de lui faire tourner la tête pour jouer avec lui. C’était une impression aussi désagréable que voluptueuse, et très loin d’être clémente avec son cœur qui se sentit soudainement bien à l’étroit dans sa poitrine resserrée.

Hochant la tête sans réfléchir, il lui passa son t-shirt et s’assit sur la chaise. Et alors qu’il se retrouvait enfin seul, il essaya de retrouver une respiration régulière. Le léger manque d’oxygène n’aidait en rien ses rougeurs et se concentrer sur son souffle lui permettait au moins d’arrêter de se retourner le cerveau. Non mais, peut-être qu’il a proposé ça parce qu’il pensait que ce serait mieux si j’étais allongé ? Mais rien n’y faisait. Hisao qui avait pourtant toujours eu un esprit mono-tâche, se retrouvait aujourd’hui capable de réguler sa respiration en même temps qu’il se torturait intérieurement. La dernière fois que je me suis retrouvé allongé sur le ventre entre ses mains—

Il avait réussi à passer plusieurs jours sans y penser pourtant. Mais là—là c’était comme offert sur un plateau d’argent. Ces mots obscènes qui étaient sortis de sa bouche. Hisao était toujours aussi—outré, face à ce que son esprit était capable de produire lorsqu’il manquait cruellement de lucidité. Ashton avait-il oublié ? Il espérait plus que tout au monde que ce souvenir se soit évaporé, soit resté ancré durant cette nuit et ne revienne plus jamais. Plus jamais. Plus jamais. Il lui était insupportable.

Le répit que lui laissa Ashton dura tout juste assez longtemps pour qu’il reprenne son calme et que la chaleur provoquée par sa mémoire traitre redescende au point mort. Et plus le moment approchait, plus le désir et l’ardeur se muaient en une forme d’angoisse oppressante. Il avait pourtant eu le temps de s’y préparer mentalement et malgré cela—il appréhendait le contact, il appréhendait les envies et les réactions de son corps sous les doigts experts qui le toucheraient. Donnant de toute sa personne pour essayer de rester aussi froid que possible, il ne put réprimer le frisson électrique qui le parcourut tout entier lorsqu’Ashton s’attela à sa tâche. Il était si précis et si attentionné qu’Hisao se demanda le temps d’un instant s’il était aussi fébrile que lui. Impossible. Il tremblerait, non ? Il ne le sentait pas trembler. Ni ne pouvait le vérifier de ses propres yeux. Si j’ai le malheur de me retourner, je sens que ça va prendre un tournant que je n’assumerais pas. Hisao se sentait atrocement seul dans sa détresse, faible et conquis par les mains délicates qui s’occupaient de lui.

Il releva légèrement le menton en l’entendant parler, et la question eut au moins le mérite d’attirer son attention sur autre chose que les doigts brûlants qui l’effleuraient à répétition.

« J’ai— », déjà du mal à former une phrase, alors me souvenir de ce qui est inscrit dans mon carnet de santé… « Je ne crois pas. Je—prendrai rendez-vous demain. »

Parce qu’il était presque sûr qu’il allait se faire réprimander. Il faisait plus attention à la santé de sa fille et à celle de son chat qu’à la sienne, et il le savait. Et se retrouver face à ses propres tares n’était jamais agréable. D’autant plus qu’Ashton était médecin. Prêt à s’excuser de nouveau, il fut interrompu par—

Par la main chaude, posée sur son épaule. Avait-elle vraiment besoin d’être là ? C’était une sorte de—prise, pour le faire tenir droit ? L’empêcher de bouger ? Ou peut-être qu’il l’a juste posée là parce qu’il en avait envie ? S’il n’avait pu retenir le léger sursaut lorsqu’elle s’était posée sur lui, il put encore moins réprimer la façon dont ses muscles se détendirent presque aussitôt, se laissant aller au toucher doux et chaud. Hisao se surprit même à fermer les yeux, son épaule embrassant la presque caresse de la paume de sa main.

Le simple fait que son corps se relaxe autant en fondant contre son toucher sonna toutes les alarmes dans sa tête. C’est dangereux. Alarmes qu’il n’avait pas envie d’écouter. Il se sentait juste bien entre ses mains—elles lui faisaient oublier l’angoisse. Et c’était tout simplement terrifiant.

Si bien que lorsqu’Ashton le laissa comprendre qu’il en avait terminé, il se retourna sans réfléchir, désireux de se sortir de cette situation bien trop agréable aussi vite que possible. Avant de se rendre compte qu’il était désormais à moins de trente centimètres de son visage.

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(#) Re: [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16]  [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16] EmptyVen 9 Oct 2020 - 15:52


 

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« Oui, penses-y, c’est important. Même si ce sont des chats d’appartement, leurs griffes peuvent transporter des tas de bactéries… »

Jusque sur mon lit de mort, j’ignorerai par quel moyen je suis parvenu à répondre du tac au tac quelque chose d’aussi inintéressant à Hisao lorsqu’il m’avoue ne plus être certain de ses vaccins. Je me fiche de ses vaccins. J’oublie ce qu’il m’a dit avant même de finir ma propre phrase, de nouveau happé par le lent tourbillon de sensations où je suis plongé par le simple contact de son épaule épousant ma main…

Sa peau est si chaude sous mes doigts. J’ai beau le toucher aussi professionnellement que je le peux alors que je couvre les griffures les plus profondes de gaze et de sparadrap, j’ai l’impression que le moindre effleurement suffit à faire monter son parfum vers moi. Cette fragrance à la fois fraîche et boisée, profonde et délicate, convoque trop de choses pour que je puisse les maintenir à distance. C’est étrange… je n’ai jamais été aussi présent et absent à la fois. Une passerelle de souvenirs brûlants s’est tissée quelque part dans ma poitrine – Je connais ce corps – et déverse en moi toutes les sensations que j’ai ressenties lors de cette fameuse nuit. Cet afflux ardent qui fait boucler le temps me détache peu à peu d’une partie de la réalité. L’une après l’autre, j’oublie les mises en garde – Je pourrais en retracer toutes les frontières – dont je me suis abreuvé. Je ne comprends plus pourquoi je me suis si violemment interdit de l’approcher, de le toucher, pour quelles excellentes raisons j’ai voulu – Caresser ses épaules, ses flancs, son torse, son ventre, plus encore – me priver de sa proximité. Il me semble m’être dit que c’était dangereux mais – Sans jamais me retrouver en terrain inconnu – c’est comme si l’idée même de ce danger me donnait envie de céder à l’appel de cette peau que j’ai déjà si passionnément embrassée…

Une froide parcelle de lucidité me revient lorsque je termine mon office, repose le sparadrap sur la table et soupire, à la fois soulagé et frustré de pouvoir mettre fin à ce moment bien trop éprouvant pour mes nerfs…

« Voilà, c’est termin... »

… Lorsque je me retrouve soudain face à Hisao, à demi tourné vers moi, les yeux plongés dans les miens. Mon cœur oublie de battre pendant une seconde avant de rattraper fébrilement son retard, me submergeant d’une vague de désir brûlant qui me laisse entièrement à sa merci.

Le temps s’arrête. Ni lui ni moi n’esquissons un mouvement, comme si nous ne voulions pas plus l’un que l’autre briser le fil vibrant de cet instant. Voulait-il me retenir ? Voulais-je réellement m’éloigner ? Je serais incapable de le dire, de m’en soucier. Je suis entièrement captivé par sa présence, la courbe de sa pommette, la profondeur de ses yeux noirs et par cette mèche impertinente qui s’est égarée devant son visage pour se prendre au coin de sa bouche.

Ma main bouge avant même que j’ai le temps d’y penser. Au moment où le bout de mes doigts se pose sur l’ourlet de sa lèvre, redessine la courbe pour en dégager le fin ruban de cheveux sombres, je cesse de respirer. Les besoins de mon propre corps sont condensés dans les quelques centimètres de peau qui effleurent la sienne. Le reste – Dernière chance pour me dire d’arrêter – est tellement futile… Lentement, je poursuis le long de sa joue, effleure sa pommette en replaçant la mèche derrière son oreille. Refusant de s’arrêter, mes doigts continuent alors leur route en suivant le contour de son pavillon, l’angle de sa mâchoire, la peau fine de son cou qui palpite à une vitesse folle, au moins égale – Je crois que je vais – à la course de mon cœur. Sans trop savoir comment, ils finissent sur le rebord de sa clavicule, là où lui-même m’a déjà touché de cette façon qui me laissait sans défense. Alors seulement – Laisser passer cette chance – je relève les yeux pour les plonger dans les siens, me noyer dans la fougue sombre de son regard.

« Tu… tu veux que… »

Que je t’embrasse ? Qu’on aille dans ma chambre ? Qu’on reste ici ? Qu’on fasse l’amour jusqu’à l’aube et que je te laisse me prendre dans toutes les pièces de cet appartement ? Moi en tout cas, j’en ai très envie…

« … J’aille chercher ton ruban ? »
 



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(#) Re: [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16]  [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16] EmptyVen 9 Oct 2020 - 23:33

Cette fois-ci, Hisao ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même. Il aurait dû réfléchir, faire appel à cette patience qu’il avait toujours eu pour attendre qu’Ashton s’écarte. Mais non—une fois de plus, il avait agi comme un idiot et exactement comme il s’y était attendu, il n’assumait rien.

Ni la façon dont son bas-ventre s’enflamma aussitôt, ou encore le fait de plonger dans ces yeux dans lesquels il aimait tant se perdre. Il s’attendit à un mouvement de recul—venant de lui-même ou d’Ashton, qu’importe. Mais à la place, aucun des deux hommes ne fut capable de bouger. Et il s’amusa à chercher les similitudes entre ce moment et tous les autres. Le silence, qui laissait place aux battements lourds de son cœur troublé. Cette main, aussi déterminée qu’incertaine qui alla se dirigea vers son visage. L’envie, tout simplement dévastatrice.

Le léger mouvement de recul qu’il effectua fut presque mécanique. Hisao avait l’impression d’avoir les nerfs à vif et qu’Ashton faisait dangereusement glisser la pointe d’un couteau le long de ces derniers. Si bien qu’il embrassait son contact tout autant qu’il le refusait. La contradiction était si forte qu’elle était tout simplement en train de le rendre malade. Mais lorsque ce doigt effleura lentement ses lèvres pour en dégager une mèche de cheveux, il ne s’y opposa pas—oh non, certainement pas. Étourdi par cette initiative qu’il n’avait absolument pas vu venir, il resta suspendu à son regard tout du long comme hypnotisé par ses gestes et attentif à tout ce que ses yeux avaient à lui dire. Il était fichu, lui appartenait tant qu’il le regarderait ainsi, tant qu’il le toucherait avec tant de délicatesse. Et Ashton pouvait bien lui demander ce qu’il voulait – les clés de chez lui, tout plaquer pour partir ouvrir un strip-club avec lui, de le ravager sur chaque surface de l’appartement – Hisao accepterait sans broncher, comme l’imbécile heureux qu’il devenait chaque fois que son collègue le scrutait avec ces yeux brûlants de désir.

Et ses doigts ne firent rien de plus que l’effleurer alors qu’il vint replacer la mèche rebelle derrière son oreille—mais leur passage laissa une trace brûlante sur sa joue alors qu’Hisao essayait tant bien que mal de garder une respiration régulière. Mais comment était-il censé y parvenir, alors que son cœur s’emballait toujours plus au fil de son toucher qui descendait doucement torturant la ligne de ses mâchoires, la colonne de son cou pour venir s’échouer sur sa clavicule. Lui arrachant un soupir haché dans le processus, pour finir par enfin reprendre la parole.

Hisao n’écouta la question que d’une oreille distraite et hocha la tête sans réfléchir, les lèvres entrouvertes en l’attente de quelque-chose—mais quoi ?

Qu’est-ce qu’il m’a dit ? À quoi est-ce que je viens de consentir, moi ?

Il dût faire appel aux dernier fragments de mémoire qui fonctionnaient encore pour essayer de se souvenir de la question qu’Ashton avait posé avant qu’il n’accepte comme un idiot. Ruban. Il m’a demandé si je voulais qu’il aille chercher mon ruban. Elle lui revint à la vitesse d’une balle tirée à bout portant. Mais non ! Je ne veux pas qu’il aille chercher mon ruban, ça impliquerait qu’il—

Trop tard. Après quelques secondes passées à se regarder dans les yeux et à retenir leurs respirations, Ashton comprit la réponse à sa question et se leva doucement pour—faire exactement ce qu’Hisao venait lui demander indirectement. Et son absence devint très vite insupportable. Ses sens étaient encore bien trop exacerbés pour accepter ce froid soudain, ce manque de ce contact qui le faisait angoisser en temps normal. Là, tout de suite, il avait besoin de plus, il voulait plus et pourtant, il venait de se couper l’herbe sous le pied tout seul—comme un grand. Hisao passa une main dans ses cheveux, comme si le geste lui permettrait de s’aérer l’esprit mais en définitive, rien ne changea : Il était toujours aussi paumé qu’au début. Mais au moins, cette fois-ci Ashton ne se trouvait pas à trente centimètres de lui avec ses lèvres tentantes, avec la douceur absurde de ses gestes et de sa voix basse…

Alors dans un éclair de lucidité—ou de stupidité, il se leva à son tour de la banquette après de longues, très longues secondes passées à regarder le vide sans comprendre que faire. Même si ses envies l’aveuglaient, Hisao n’était pas sûr de savoir ce qu’il voulait. Son corps réclamait, bien entendu—mais son for intérieur ? Il avait déjà du mal à se trouver en temps normal—mais alors là… Tout son être se pliait sous l’avidité. Il n’était même plus sûr de savoir faire la différence entre chacun de ses désirs. Alors il écouta la première voix à laquelle il fut capable de se raccrocher et marcha jusqu’à la salle de bain dans laquelle Ashton avait pénétré plus tôt. Sur le chemin, il vit une boule de poil grise détaler et manquer de le faire tomber.

Mais ce ne fut absolument pas suffisant pour l’arrêter. Lorsqu’il arriva au niveau de la porte, il vit Ashton se relever doucement avec son ruban dans la main. Hisao appuya son épaule sur le dormant de la porte, bloquant – volontairement – la sortie à son collègue et esquissa un sourire charmeur. Maintenant qu’il avait – à peine – un peu plus de contrôle sur lui-même…

« J’imagine que tu as réussi ? » Lui demanda-t-il sur un ton qui portait tant d’innocence que cette dernière était forcément factice.

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(#) Re: [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16]  [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16] EmptySam 10 Oct 2020 - 11:33


 

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Je m’en suis voulu à l’instant même où j’ai prononcé ces mots. Je ne sais même pas pourquoi je les ai dits, d’où ils sortent, ce que j’en ai à faire. La seule chose qui soit certaine, c’est que j’ai – Si on faisait danser les cons – tout foutu en l’air grâce à eux – Je serais pas dans l’orchestre – Il me faut un moment pour réaliser qu’Hisao a dit oui. Alors qu’il vibrait sous mes caresses, que l’expression de son visage était une invitation à la luxure et que je comptais chaque seconde qui me séparait du moment où je perdrais le contrôle et basculerais contre lui, Hisao répond bel et bien oui à ma question ridicule. Pour un peu, je me frapperais. Ce n’est pas l’envie qui m’en manque alors que je bats des paupières, reprends brusquement contact avec la froide réalité et fuis honteusement son regard en me levant de ma chaise, battant en retraite vers la salle de bain.

La sensation glaciale qui me saisit quand que je m’éloigne de lui alors que c’était la dernière chose que je voulais n’a d’égale que l’angoisse que je ressens soudain. Qu’est-ce que j’étais en train de faire ? À quel moment me suis-je laissé aller ainsi ? Je dois devenir fou, ce n’est pas possible autrement. Je suis incapable de dire à quoi je joue sans cette hypothèse. Je ne dois pas – Impossible – coucher avec Hisao. Je suis perdu si je le fais. Même si je tente placer toutes les barrières possibles, que je prétends que ce n’est qu’une fois ou que ce n’est qu’un bonus de notre amitié, je ne suis pas aveugle à ce point. Une fois ne sera jamais suffisante et chaque étreinte – Ça finira par arriver – à laquelle je pourrais céder brisera un peu plus le socle de cette amitié à laquelle je prétends tenir. Dès lors, je ne connais que trop bien – Je le sais – l’engrenage infernal dans lequel j’aurai mis la main. Je sais exactement de quelle façon il finira par me broyer. Alors pourquoi, bon dieu, pourquoi je me fais du mal comme ça ? Je me pose la question en me penchant à côté de la machine à laver, appelant une nouvelle fois mon chat, vidé de toutes mes forces. Je n’ai pas la réponse – Menteur – et ce brouillard où je navigue va finir par me faire sombrer corps et bien. J’en ai la certitude lorsque je finis par récupérer Silver, puis le ruban. Je le lisse entre mes doigts, incapable de ressentir le moindre soulagement en constatant qu’il est intact. La douceur même du tissu m’est une torture en cet instant précis.

Jusqu’à ce que je tourne la tête et qu’il ne soit là, appuyé contre l’encadrement de la porte. Le sourire qu’il esquisse fait flamber mes pensées en même temps que mon cœur. La dernière fois qu’il m’a souri ainsi…

L’espace d’un instant, je me demande si Hisao n’a pas trouvé et vidé une bouteille de rhum ou d’amaretto cachée dans mes placards. Je ne parviens pas à m’expliquer autrement cette étincelle enjôleuse qui l’habite soudain, alors qu’il était fébrile sous mes doigts quelques minutes plus tôt. Est-ce bien le même homme ? Et qu’est-ce que cela signifie ? J’aimerais avoir la réponse à cette question. J’aimerais la trouver avant de faire une nouvelle erreur dangereuse, comme me tourner vers lui et lui rendre son sourire, les joues rougies par l’excitation qui palpite dans mes membres.

« J’ai réussi. Je vais pouvoir te le rendre… »

À pas lents, je comble peu à peu la distance qui nous sépare jusqu’à me retrouver devant lui, à moins d’une main d’écart. Je ne crois pas que nous nous soyons déjà retrouvés si  près l’un de l’autre en étant sobres. Je ne crois pas que cela m’ait fait autant d’effet, alors que le peu d’espace entre nous crépite d’un millier de tentations, de promesses sulfureuses, de désirs à l’affût. Le ruban jaune se trouve toujours dans ma main alors que je les lève à sa hauteur.

« Si tu le veux… »

Mes paumes se posent sur ses épaules et épousent lentement la forme de chaque muscle en remontant vers son cou. Un soupir m’entrouvre les lèvres quand j’atteins sa nuque et que le flot soyeux de ses cheveux brasillent sous mes doigts alors que je les relève, les rassemble dans mes mains. Tous mes gestes sont lents, délicats, sensuels. Même s’il a l’air de bien le tolérer pour l’instant, je ne sais pas jusqu’à quel point le contact lui est supportable et je ne veux surtout pas risquer de le brusquer. Je ne veux surtout pas risquer que tout cela prenne fin… Nous sommes si proches l’un de l’autre que je sens la chaleur qui émane de sa peau, son souffle qui caresse mon visage. Nos torses se frôlent à chaque inspiration et il me semble que je ne respire pas tant pour remplir mes poumons que pour provoquer encore et encore cette ébauche de contact. À moins que ce ne soit pour pouvoir continuer de nouer ses cheveux  avec soin dans son ruban, en prenant garde à ne pas lui faire mal ou à le gêner, à demeurer toujours à cette même distance qui me fait vaciller au bord de son corps, sous l’emprise de son regard sombre.

Lorsque je termine de serrer le nœud, j’en arrange en quelques gestes les longueurs sur sa chevelure, y mêle un instant mes doigts en me délectant de la douceur de ses mèches lisses. Puis, presque sans en avoir conscience, je repose les mains sur sa nuque chaude, frissonnante, caressant l’étendue de peau si douce qui repose entre le haut de sa colonne et la racine de ses cheveux. Je crois que je pourrais rester ainsi des heures, à rêver de détruire le peu d’espace qui me sépare de ses lèvres…

« Tu n’as pas froid ? »

J’ai murmuré cette question presque sans m’en rendre compte, alors que je brûle de toute l’étendue de sa peau à portée de main…
 



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(#) Re: [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16]  [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16] EmptySam 10 Oct 2020 - 13:20

Ce n’était pas ce qu’il avait prévu.

Et tandis qu’Ashton s’approchait dangereusement de lui avec toute la prédation du monde dans le regard, Hisao se fit la réflexion qu’il l’avait peut-être bien cherché en fin de compte. Si ses souvenirs de leur soirée alcoolisée étaient en grande partie flous, il se souvenait avec une précision effarante des réactions d’Ashton lorsqu’il avait radicalement changé de comportement – lorsque les « hors de question » s’étaient mués en « peut-être ». De son regard fuyant, timide. De ses joues rougies et de son visage complètement ébranlé par ses gestes entreprenants. Pas une seule seconde Hisao ne s’était dit quelque-chose comme peut-être que c’était l’alcool qui le faisait rougir comme une collégienne.

Ce n’était pas tant le fait de voir Ashton avancer vers lui qui posait problème – après lui avoir fait comprendre implicitement que la porte était grande ouverte, ils n’allaient pas se regarder dans le blanc des yeux – mais plutôt l’avidité décomplexée qu’il croisa dans ses yeux. Et si cette dernière parvint à elle seule à le déstabiliser—Hisao n’était vraiment pas au bout de ses surprises. Il dut faire preuve d’un sang-froid monumental pour ne pas bouger, pour ne pas ciller devant ces premiers indices qui le rendaient déjà fébrile.

Chacun de ses gestes était indolent, presque paresseux alors qu’il déplaçait lentement ses mains jusqu’à lui. Hisao décroisa aussitôt les bras, pris de court en intégrant qu’il s’apprêtait à le toucher. Il chancela presque, son épaule glissant contre l’encadrement de la porte alors que sa poitrine se gorgea d’un mélange d’excitation et d’appréhension. Parce qu’avant même qu’il ne puisse faire quoi que ce soit d’autre que tressaillir, ses longues mains enveloppaient les muscles de ses épaules. Et alors qu’elles remontèrent progressivement, sensuellement le long de son cou pour se loger dans sa nuque—Hisao sentit toute confiance le quitter. Son libre-arbitre ? Congédié. Ses lèvres s’entrouvrirent à mesure que les frissons se répandaient dans tout son corps. Hisao était figé, mais ce n’était pas de l’angoisse, ce n’était pas de la sidération—c’était une forme d’envie si violente et si soudaine qu’elle l’empêcha de bouger d’un pouce, de peur qu’Ashton s’arrête en si bon chemin. Le sentir si près était aussi insoutenable qu’enivrant et il se délectait du contact sur ces parcelles de peau si sensible, de ces doigts entremêlés à ses cheveux tandis qu’il nouait lentement le ruban autour de ces derniers pour les relever à nouveau. Sans leur rideau, Hisao se sentait encore plus à découvert. Il n’avait plus rien pour se cacher, démuni de cette seule barrière qui l’aidait à fuir ce regard de braise planté dans le sien et qui ne lui laissait aucun répit.

Ce regard… Ce regard qui lui donnait un élan de courage brûlant, avec lequel il irait jusqu’au bout du monde si cela lui faisait plaisir. Ce regard qui était en train de le consumer, se plaçant telle une muraille imparable entre Hisao et les restes massacrés de sa raison. Mais—même cette dernière ployait le genou, car ce qui n’était autrefois qu’un désir, qu’une envie chuchotée et ignorée pour le plus grand bien s’était mué en un besoin presque vital. Alors aussi intimidant et prédateur était-il, il continua de le soutenir avec ses dernières ressources de témérité. C’était la seule chose qu’il pouvait faire de toute façon. Le reste—le reste était risible. Hisao fondait sous ses mains, avare de leur chaleur qu’il voulait sur son corps tout entier. Son visage tout entier et son cou étaient empourprés, dominés par l’ardeur qui l’animait et que son collègue faisait naître en lui.

Visiblement sans le moindre scrupule ni regret, Ashton l’avait attiré dans un piège—et quel piège. Hisao ne regrettait certainement pas d’être tombé dedans, loin de là. Mais il avait toujours eu du mal à gérer les imprévus. Et là, ce n’était pas juste un imprévu… C’était—c’était—

Un autre homme. Complètement différent de celui qu’il avait cartographié, exploré de fond en comble quelques semaines auparavant. À l’instant même où il avait vu l’audace dans ses yeux, Ashton ne s’était pas confondu en rougissements et gestes nerveux. Ses quelques mots étaient clairs, parfaitement articulés et prononcés alors que son corps tout entier vibrait d’une assurance qu’Hisao ne lui reconnaissait pas dans l’intimité qu’il avait connu avec lui. Et il était à mille lieues d’oser s’en plaindre. Mais il avait été pris à son propre jeu—et il avait perdu. Non, pire, il avait jeté la victoire au visage d’Ashton et s’était abandonné à ses caresses sans la moindre hésitation, sans chercher à lutter ne serait-ce qu’une pauvre seconde.

Et quand ses mains quittèrent ses cheveux pour élire domicile dans sa nuque, Hisao prit conscience de tout le reste. De leur proximité absurde, de l’effleurement entre leurs torses, de la maigre distance qui séparait leurs visages. De la douce voix qui menaçait de le rendre fou et qu’il écouterait pendant des heures et des heures sans jamais s’en lasser une seule seconde.

Froid…

Toute sa chaleur avait migré sans relâche, de son visage à sa poitrine, de sa poitrine à son bassin. Mais ses mains étaient froides et tremblantes, pour une raison qu’il ignorait. Probablement l’appréhension, l’excitation. En seule réponse à son collègue, il esquissa un sourire timide et remonta ces dernières pour les poser lentement dans son cou—avec la même sensualité dont il avait fait preuve à son égard.

Le regard qu’il lui lança fut lourd de sens. Je te laisse en juger. Il étreignit n’importe quel frisson, sursaut, tressaillement que la différence de température provoquerait chez lui mais n’abandonna pas sa peau pour autant. Son corps se rapprocha dangereusement du sien, épousant ses courbes délicates des siennes alors que son esprit n’était plus chargé que d’une seule information : L’excès de contact, de chaleur corporelle qui affolait ses sens. Mais ce n’était toujours pas suffisant pour le faire reculer. Sa respiration s’en fut plus saccadée et ses gestes un peu plus tremblants, mais l’excitation rendait la chose largement supportable.

Son visage n’était plus qu’à quelques centimètres du sien, et alors que sa respiration chaude s’échouait contre lui, là où il ne pouvait plus l’ignorer—ses lèvres effleurèrent lentement les siennes, sans véritablement les toucher. Sans qu’il ne puisse apprécier leur douceur.

« Je—je risque d’avoir besoin d’aide pour me—réchauffer », lui répondit-il dans un soupir. Et si les mots à eux seuls transpiraient d’aplomb et d’hardiesse, son ton entrait en totale contradiction avec ces derniers. Incroyablement timide, hésitant et subtil. Là où Ashton avait l’air avide et insatiable, Hisao ne semblait tout simplement plus savoir où donner de la tête.

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Hisao s'exprime en #3d7355. || Discord : Medryan#0203.
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désolée ash. je te bisoute quand même.  
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Ashton Kelly
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(#) Re: [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16]  [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16] EmptyDim 11 Oct 2020 - 10:02


 

How to save a cake
Where did he go wrong ?

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Je n’ai jamais eu la prétention de me définir comme un dominant dans l’intimité. Je ne voix pas comment j’aurais pu quand on considère le mâle alpha auquel j’étais enchaîné. Mais même si je suis révolté qu’il parvienne à se frayer encore maintenant un chemin dans le cours de mes pensées, je dois reconnaître que ce qui rendait Messiah aussi redoutable était son indéniable talent pour charmer les autres. Il n’avait pas son pareil pour tisser autour de moi une toile de séduction enchanteresse, me ligoter sensuellement sans qu’il ne me vienne à l’esprit de résister et instiller en moi le désir fou, l’adoration vénéneuse qui m’ont tenu à ses pieds durant toutes ces années. Il lui suffisait d’un rien, un mot, un regard, une caresse suggestive à peine esquissée pour je suive aussitôt le mouvement, lui donne avec dévotion toutes les clés pour terminer son ébauche. Il m’a bien dressé, oui. Mais, même si je n’en avais pas conscience avant ce jour, peut-être a-t-il aussi été un bon professeur.

Lorsque j’ai vu la lueur enjôleuse dans le regard, le sourire, la pose nonchalante d’Hisao, j’ai instantanément obéi à ce conditionnement, abandonné l’idée de me tenir à distance pour nous préserver des ravages de ce désir insensé. J’ai réagi comme je l’aurais fait avec lui, en faisant mine de relever le défi tout en sachant pertinemment qui en sortirait vainqueur, qui serait pantelant à la fin sous les mains de l’autre. Sauf que je ne suis pas avec Messiah. Je suis avec Hisao qui est aussi sobre que moi. Et à mesure que je déroule lentement l’écheveau de mes caresses sur sa peau, je suis infiniment étonné de constater – C’est moi qui mène le jeu ? – que les choses ne prennent pas exactement la tournure que j’attendais.

Hisao est tellement transi sous mes doigts que j’ai peur l’espace d’un instant d’avoir outrepassé ses limites et qu’il soit trop sous le choc pour parvenir à me le faire comprendre. Mais même si cette crainte persiste dans un coin de ma tête, je ne peux m’empêcher de continuer en contemplant l’expression de son visage et toutes les marques de son désir. La chaleur de sa peau, la rougeur de ses joues, ses lèvres écarlates et entrouvertes sur son souffle frémissant et tous les tremblements qui accompagnent mes caresses… Je ne peux en détacher mon regard, en détourner mes sens. Je ne peux empêcher mon cœur de battre follement, jusqu’à l’éblouissement quand je réalise à quel point nous sommes proches et qu’il me laisse faire. Qu’Hisao, si timide et défiant face au contact, me laisse le toucher ainsi. Qu’il en a autant envie que moi… Mais si grisant cela soit-il, ce n’est rien comparé à l’instant où lui aussi suit le mouvement, fait un pas de plus dans cette danse ensorcelante.

Un soupir m’échappe et je ferme les yeux lorsque ses mains se posent sur mon cou. Elles sont si froides, si tremblantes qu’elles me communiquent instantanément leur frisson. Pourtant, j’abaisse les épaules et relève légèrement la tête pour leur donner plus d’espace, offrir ma gorge à leur exploration. Mon corps est proche d’entrer en fusion, parcourus d’élans de chaleur qui fulgurent dans mes membres et entre mes côtes, rebondissent sous ma peau et se concentrent tous dans le nœud bouillant qui palpite au bas de mon ventre. Lorsqu’Hisao comble enfin la distance qui nous séparait encore, chaque sensation fait courir une pluie d’étincelles sur mes nerfs, me saturent d’informations toutes plus enivrantes les unes que les autres. J’ignore dans ces conditions comment j’arrive à garder une partie de mon esprit résolument claire, acérée, consciente des désirs aigus qui me tourmentent et capable de guider mes gestes pour m’en emparer. Rouvrant à demi les yeux, j’avance imperceptiblement la tête pour me prêter au jeu de ses lèvres qui me frôlent, provoquant fébrilement ces éclats de douceur. Ses mots incroyablement suggestifs portés par son murmure hésitant forment un contraste dont l’érotisme me fait frémir de bas en haut et je ne peux soudain plus résister.

L’une de mes mains glisse doucement le long de sa peau jusqu’à venir épouser son visage et je l’incline légèrement pour pouvoir poser ma bouche au coin de la sienne, y appuyant un baiser dont la chasteté même, par un étrange effet de contradiction, devient plus sensuelle qu’une étreinte passionnée. Je ne veux pas l’embrasser tout de suite. Tout est si intense, si improbable, si envoûtant dans cette lente montée de désir que je ne veux pas encore y apporter de conclusion. Je me contente donc de le caresser lentement de mes lèvres, déposant un à un mes baisers sur la peau sensible au-dessus de son menton ou sur les bords de sa mâchoire, à la lisière de sa barbe. Pendant ce temps, mes doigts lissent les mèches poivre et sel sur ses tempes, plongent peu à peu dans les cheveux que j’ai si soigneusement noués une minute plus tôt.

« J’ai peut-être un vêtement à te prêter. Dans ma chambre… »

La porte à côté. Littéralement. Ma propre audace me saute au visage, empourpre mes joues et fait trébucher mon souffle alors que je murmure cela à même sa peau.
 



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Merci à Meyu et Hisao pour les kits, leur temps et leur talent Coeur
Ashton s'exprime en japonais, en anglais et baragouine en français
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