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 [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16]

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Hisao Tenma
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Inconsciemment, Hisao avait débuté un nouveau petit jeu entre eux. Et alors que les règles s’écrivaient lentement, il ne fut même plus sûr de vouloir le gagner—il y avait quelque-chose de terriblement envoûtant dans le fait de voir Ashton s’appliquer à le tourmenter. En un passage encore plus délicat que les précédents, il remonta sa main pour épouser la forme de sa joue et Hisao en fut complètement submergé. Il ressentait tellement qu’il n’avait même plus l’impression d’être capable de faire quoi que ce soit d’autre alors que ces longs doigts s’entremêlaient à ses cheveux, alors que ces lèvres si proches des siennes menaçaient de l’embrasser à chaque instant.

Ashton édicta une nouvelle règle lorsqu’il ne lui offrit pas le contact qu’il avait tant attendu. Lorsque le baiser qu’il lui alloua fut déposé au coin de ses lèvres. Et son cœur s’emballa encore plus follement que s’il l’avait embrassé à pleine bouche, que s’il avait laissé libre cours à la passion mais—non. Tout était si contrôlé, et si hors de contrôle à la fois qu’Hisao fut tout bonnement incapable de retenir le soupir d’aise arraché par la surprise, par la frustration et le désir cumulés. Il était mauvais joueur et encore plus mauvais perdant, mais si échouer et céder sous sa douce tumulte impliquait de pouvoir se sentir de nouveau ainsi—il accepterait, sans relâche, il lui donnerait et plierait autant qu’Ashton le voudrait parce que ça en valait soudainement le coup.

Les mots prononcés contre sa peau le firent frémir. Titubant dans la brume de son esprit, il essaya de formuler une phrase mais sa voix resta prisonnière de sa gorge pour de longues secondes, déjà prête à se briser lorsqu’il déposerait un nouveau baiser sur sa peau.

« Je—je te suis », finit-il par murmurer—si bas qu’il ne fut même pas sûr qu’Ashton l’ait entendu. Mais même si ce ne fut pas le cas : Hisao écarta juste assez son visage du sien pour le regarder dans les yeux et son regard incandescent, prêt à tout risquer, en disait suffisamment long sur ses intentions. Ou en tout cas, ce fut suffisamment le cas pour qu’il sente son corps se presser contre le sien, le poussant à reculer lentement. Hisao accepta son sort sans hésiter, alors que de ces derniers pas émanaient tant de promesses charnelles.

Pour ne pas se faciliter la tâche, il laissa glisser ses mains sur sa peau, découvrant lentement le bas de sa nuque d’une, ses clavicules de l’autre—chaudes, si chaudes sous ses mains encore fraiches. Et plutôt que de rendre sa faveur à Ashton, il laissa à son tour un sillon de baiser tous plus légers les uns que les autres, descendit la ligne tranchante de ses mâchoires pour trouver le haut de son cou—effleurant la peau aussi douce que brûlante de ce dernier.

Son dos heurta la porte et il se tendit aussitôt, comme sorti de sa bulle. La sensation d’être limité dans ses mouvements lui donna une impression de déjà-vu – quand Ashton avait tenu ses poignets et que— qui fit rugir l’excitation dans son bas-ventre. Et l’avidité qui semblait posséder l’homme contre lui fut soudainement extrêmement contagieuse. Il voulait prendre son temps, se délecter de son toucher et que sa tourmente s’accélère pour lui faire perdre la tête aussi vite que possible à la fois. Mais même croulant sous la contradiction, il dut se rendre à l’évidence : S’il voulait plus, il fallait qu’il ouvre cette maudite porte. Même si ça impliquait de devoir perdre cette pression contre son corps, cette chaleur qui l’envahissait. Maladroitement, il abandonna Ashton d’une de ses mains et glissa cette dernière dans son dos pour essayer d’en tourner la poignée – et jamais il n’avait trouvé la tâche aussi difficile. Mais quand il y parvint enfin, il manqua de trébucher en arrière.

D’une manière ou d’une autre, il réussit à se rattraper pour ne pas tomber comme un idiot—mais son répit ne dura pas bien longtemps. Trop concentré sur Ashton – ses yeux, sa peau, son cou, les mèches rebelles qui chatouillaient son visage quand il effleurait ses lèvres des siennes et son souffle chaud – il continua de reculer sans regarder derrière lui, ni même à ses pieds. Mais ses chevilles cognèrent contre quelque-chose en osier – s’il en croyait le bruissement significatif – et avant même de pouvoir se retourner, il se sentit basculer vers l’arrière. Son cœur rata un battement et la chute – aussi moelleuse et douce était-elle – lui arracha un halètement de surprise. La chaleur lui manquait déjà, remplacée par ce froid glacial et l’impression d’être incomplet alors qu’Ashton n’était plus pressé contre lui. Hisao se redressa difficilement sur ses coudes, et ses yeux se posèrent sur la stature devant lui. Sur cet homme finement sculpté dans la pierre avec toute l’élégance possible, sur ces vêtements de trop sous lesquels il devinait la courbe de ces muscles qu’il avait déjà touché, embrassé jusqu’à se perdre dans ce monde de sensations. De ces épaules et de ces bras puissants qui ne lui inspiraient qu’une seule et unique chose, et c’était à quel point il voulait en être le prisonnier. À quel point il avait besoin de les sentir autour de lui.

« Tu— », il déglutit difficilement, comme soudainement incapable de parler alors que le rose sur ses joues s’intensifia. « Tu es incroyablement beau, Ashton. »

S’il avait encore un doute quant au fait d’être perdu, ce n’était désormais plus possible. Car ses pensées et ses mots se mélangeaient et ce qui aurait dû n’être qu’une réflexion personnelle fut prononcé à voix haute.

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Étouffé par les murs de sa chambre, le son horripilant du minuteur retentit. Il ne sonna pas seulement la fin de la cuisson de ce maudit gâteau, non. Il mit également un terme à ce moment de tendresse torride, à cet instant qu’ils avaient essayé de partager depuis des semaines ensemble sans jamais pouvoir s’y adonner. Parce que l’un avait besoin de temps, parce que l’autre était perdu, parce que l’opportunité ne s’était pas présentée, parce qu’ils avaient été en froid, parce que—

Mais il ne se contenta pas seulement de mettre fin à leurs échanges passionnés. Il laissa Hisao pantelant, allongé sur les draps du lit d’Ashton en-dessous de ce dernier alors que leurs peaux se touchaient encore. Frustration et indignation se mélangèrent pour teinter les traits de son visage. Et s’il pensa au premier abord que ce n’était qu’une simple conséquence de ce qu’entraînait la privation, sa réaction allait en réalité bien plus loin.

Parce qu’il avait pris conscience d’une chose, sous le toucher de cet homme auquel il pensait plus que de raison. Qui revenait hanter ses pensées alors même qu’il n’avait rien à faire dans leur fil. Il ne doit jamais apprendre que je mange du chocolat blanc, ce serait la honte. Alors même qu’il n’y avait rien, strictement rien pour lui rappeler son collègue. Peut-être qu’un jour, je lui montrerai ce que je peins. Qu’aucun de ses cinq sens n’était victime d’un quelconque rappel. Il a dit qu’il aimait bien quand je portais l’undercut. Mais là je vais juste couper les pointes, ça suffira. Peut-être un jour... D’une manière ou d’une autre, Ashton trouvait toujours un moyen de se faire une place dans son esprit.

L’attirance charnelle était inévitable, et le reste était indéniable. Mais Hisao avait encore la main mise sur ses sentiments. Son collègue lui avait fait comprendre qu’il ne voulait pas être en couple. Et il lui avait répondu quelque-chose de similaire. Seulement aujourd’hui se rendait-il compte que c’était simplement qu’il ne pouvait pas. Il en était incapable. Qu’il ne lui donnerait jamais assez, qu’il n’était pas capable de lui donner assez – on lui avait toujours reproché de ne pas donner assez, alors Ashton lui ferait probablement la même réflexion, non ? Il avait encore le pouvoir de tuer cet—amour naissant avant qu’il ne fasse trop de dégâts. Avant qu’il ne soit plus capable de se débarrasser de toutes ces choses qui l’aidaient à se sentir plus léger. Toutes ces choses qui—

Qui ne sont pas réciproques.

La frustration dans la gorge était presque douloureuse. Il avait été stupide, il avait été négligeant, il avait espéré – égoïstement – qu’il pourrait en profiter une dernière fois avant de se faire une raison. Mais même ça, son Karma de merde le lui enlevait. Il avait agité la chose comme une sucette sous son nez, lui avait même permis de prendre cette dernière entre ses doigts tout ça pour la lui enlever sans aucune forme de pitié.

Quand Ashton se leva pour aller éteindre ce foutu minuteur et agir en conséquence, Hisao était encore trop secoué pour comprendre quoi que ce soit. Si bien qu’après s’être senti en manque de ce corps qu’il avait eu contre le sien quelques secondes auparavant, il en vint presque à se languir de ce stress, de cette angoisse qu’il détestait mais qu’Ashton lui faisait paradoxalement aimer. Peut-être parce qu’il l’associait à toutes ces choses délicieuses qu’il lui faisait ressentir.

Il lui fallut un moment avant de se redresser. Son visage était vide, son esprit était trop occupé à essayer de ne pas faire exploser son cœur en mille morceaux dans sa poitrine. Il se sentait à l’étroit dans son propre corps, voulait fuir les sensations, oublier—pourquoi ne pouvait-il pas se contenter de ce qu’Ashton voulait de lui ? Pourquoi avait-il besoin de plus alors que tout ceci pourrait être si simple ? Qu’il pourrait prendre son pied, s’amuser—et, et—

Sans même qu’il ne s’en rende compte – ses gestes étaient mécaniques, presque automatiques – il s’était relevé. Et le changement d’ambiance soudain avait rendu son corps atrocement froid—il était en train de geler sur place. Ses poils étaient hérissés, sa peau étaient parcourue d’une myriade de frissons horribles. Chaque déglutition était difficile et désagréable. Mais d’une manière ou d’une autre, il réussit à le rejoindre dans la cuisine.

Ses mains frottaient frénétiquement ses avant-bras, et il n’osa presque pas poser ses yeux sur lui. Chaque regard lancé était timide, si réservé par rapport à—

Se faire violence. Je dois me faire violence. Je ne peux pas l’accabler de tout ça. Je n’ai pas le droit.

Alors il réussit à débarrasser ses traits de toutes ces émotions négatives. Seule la frustration persista – évidemment – mais d’une manière ou d’une autre, il parvint à esquisser un léger sourire.

« Alors ? » Demanda-t-il, sans grande conviction. Son esprit était ailleurs, mais avec un peu de chance—Ashton se dirait que c’était pour les mêmes raisons que lui.

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(#) Re: [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16]  [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16] - Page 2 EmptyLun 12 Oct 2020 - 16:44


 

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Le son strident de la minuterie me tétanise de surprise – C’est quoi ce bordel ? – et je relève la tête pour l’écouter, aux aguets face à cette intrusion imprévue et désagréable sur mes sens. Et quand je reconnais enfin de quoi il s’agit – Putain mais non, c’est pas possible – je suis tellement révolté – Je ne vais quand même pas y aller maintenant – que je reste un moment sans pouvoir bouger – Je ne vais quand même pas tout foutre en l’air maintenant, MERDE ! – Ma tête retombe sur son épaule avec un soupir excédé :

« Oh for fuck’s sake, no, not now… »
*Oh sapristi, non, pas maintenant...

Pourtant, il le faut. À la base, tout au début, dans une autre vie, avant que nous nous retrouvions l’un contre l’autre à nous embrasser passionnément sur mon lit, je l’ai invité pour ce putain de gâteau. La mort dans l’âme, frustré comme rarement auparavant, je dépose quelques baisers sur le haut de son torse et marmonne rapidement une excuse – Attends-moi, je reviens – puis je me lève et quitte la chambre à grands pas. Manquant de trébucher sur les chats qui se demandent clairement pourquoi leur maître fait n’importe quoi depuis un moment, je me dépêche d’éteindre le four, de l’ouvrir – Et un supplément buée sur les lunettes, un – de jurer en me brûlant comme un imbécile dans la précipitation, puis de sortir le moule. Bon, le seul point positif, c’est que le gâteau a l’air réussi. Il a bien monté et arbore une ravissante couleur dorée. Malgré ma frustration d’avoir été interrompu, je ne peux m’empêcher d’éprouver – On n’aura pas tout raté aujourd’hui – une pointe de satisfaction. Enrobant le moule dans un torchon propre, je le laisse refroidir au fond du plan de travail, bien calé entre le micro-ondes et le mixeur pour que les chats n’aillent pas le renverser par terre. Je n’ai pas plutôt fini de prendre cette précaution que la voix d’Hisao retentit dans mon dos, me faisant tressaillir.

Il ne m’a pas attendu dans la chambre. Il se tient debout dans l’encadrement de la porte, les bras croisés pour – Il a froid ? – se réchauffer, l’air timide et gauche comme un jeune garçon. Le contraste avec la musculature divine de son torse ou ses lèvres encore rouges de nos baisers est tellement adorable que je me sens fondre, la chaleur du désir montant de nouveau dans mes veines. La beauté de cet homme va me tuer, d’une façon ou d’un autre. Je me désespère. Je ne suis déjà plus capable de lui résister… Me retournant vers lui, je réponds à son sourire :

« Une parfaite réussite. Mais il est encore trop chaud pour que l’on puisse finir, il faut qu’il refroidisse avant de le démouler et de passer au montage. »

L’espace d’un instant, j’hésite – Ça serait un peu délicat de reprendre là où on s’est arrêté, non ? – de mon côté de la table. Une part de moi brûle de l’envie de le repousser dans ma chambre, le rallonger sur le lit et finir ce que nous avons si passionnément commencé. Pas seulement parce que sa bouche et ses mains me manquent déjà atrocement, mais parce que l’autre partie de mon esprit commence à se réveiller. Celle qui me souffle que j’ai tort, que je commets une erreur, que je ne suis honnête avec aucun de nous, que je vais le regretter. Je ne veux pas encore l’écouter. Finalement, c’est parce que je désire à tout prix la faire taire que je finis par contourner la table pour revenir pas à pas vers lui, défaisant lentement ma tresse du bout des doigts.

« Nous avons encore… un peu de temps devant nous… »

J’ai un peu honte – Je vais passer pour un chaud lapin – de me comporter ainsi et je serais très certainement mortifié s’il me repousse cette fois. Malgré tout, je tente quand même ma chance. C’est mal et je le regretterai mais je ne veux ni penser à tout cela, ni être privé si vite du contact de sa peau sous mes doigts. Non, pas encore, pas déjà…
 



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(#) Re: [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16]  [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16] - Page 2 EmptyLun 12 Oct 2020 - 18:07

Il aurait préféré rester aveugle pour toujours. Il aurait préféré continuer de nier la teneur de ce qui était inévitablement en train de naître dans sa poitrine. De toute la souffrance que ça impliquerait, de toutes les barrières qui se lèveraient petit à petit. Hisao n’avait pas la même expérience qu’Ashton sur le sujet – il n’avait jamais réussi à conserver une relation pendant plus d’un mois après la mère de sa fille – cela ne l’avait pas empêché de souffrir, et d’une manière très vicieuse. Ça ne s’était pas nécessairement fait dans les cris—mais c’était toujours dans la douleur. Celle de la déception—et c’était toujours lui qui avait déçu. Accumulant les promesses, les « Je vais essayer de changer » qui n’aboutissaient jamais.

Et les moments qu’ils partageaient étaient si—si agréables… Il ne voulait pas que ça s’arrête. Avec un peu de raison, il serait capable de se contenter de cette belle amitié qu’Ashton lui offrait. Sans le décevoir, sans devoir l’encombrer de sentiments dont il ne voudrait pas.

Mais ce n’est pas pour autant que j’ai envie d’ignorer le fait que tu m’attires.

Il avait parlé trop vite. Il s’était surestimé. S’était naïvement dit qu’il pourrait se contenter d’une amitié—et maintenant, il se sentait plus idiot que jamais. Mais s’il voulait encore sauver le semblant de relation qu’il restait entre eux, il n’avait pas le droit de flancher. Hisao se l’interdisait formellement, aussi ce fut pour cette raison qu’il ne laissa pas son sourire s’évaporer sur son visage. Il avait l’air absent—il le savait, mais il espérait qu’Ashton ne le décèle pas. Et puis, même si le son des ses pensées était bien plus fort que celui de sa voix, il réussit tout de même à capter ce qu’il venait de lui dire.

Il hocha doucement la tête, jetant un œil au gâteau qui ne l’intéressait plus tant que ça. Il se sentit coupable de penser ainsi – après tout, c’était ça le seul but de cette journée. Réussir un gâteau, passer un bon moment. Mais non, il avait encore tout gâché. Il avait trouvé un moyen de se torturer l’esprit, de s’engager sur un chemin qu’il le terrifiait et il se sentait terriblement lâche de ne pas être capable de lui dire la vérité. De lui expliquer clairement ce qu’il était en train de se passer dans sa tête et des raisons de son absence. Des raisons pour lesquelles il ne pourrait pas rester entre ces murs indéfiniment sans faire une énorme connerie. Ça serait pourtant tellement plus simple.

Hisao avait peur des réponses. Hisao avait atrocement peur des réponses. Et Ashton n’avait aucune pitié, parce qu’il ne lui laissa pas une seule seconde de plus pour réfléchir. Avançant de nouveau vers lui, il commença lentement à dénouer sa tresse—suivant ses gestes suggestifs de ses mots. Ça ne l’aidait pas. Ça ne l’aidait clairement pas. Pas alors que ses yeux se posèrent sur son torse dénudé et que l’envie le consumait lentement.

Ses doigts se crispèrent douloureusement sur son avant-bras. La température était pourtant correcte, et le four avait même – un peu – réchauffé la pièce. Et pourtant, Hisao n’avait jamais eu aussi froid. Il ne put réprimer le sourire triste qui se dessina sur ses lèvres en l’entendant. La contradiction était si forte, entre son regard, son esprit, son corps—tous ses sens qui étaient à deux doigts de le faire céder. Ses désirs se battaient avec la voix, presque murmurée, de sa raison qui essayait de le protéger de ce qu’il était en train de se passer.

« Ashton, je—tu— », il n’arrivait plus à parler. La phrase n’était même pas correctement formée dans son esprit. Comme si chaque mot lui faisait l’effet d’un coup de poignard atrocement douloureux. Pourquoi s’obstinait-il à se faire tant de mal ? « Je crois que—je crois que c’est une mauvaise idée, je— », il avait l’impression de souffrir le martyre. Que ce serait plus simple de se laisser aller à ses caresses, à ses envies pour souffrir plus tard. « Je ne crois pas que—que je serai capable de—me contenter de ça. »

Je n’ai pas envie d’ignorer le fait que tu m’attires. Mais je risque de ne pas avoir le choix.

Les mots étaient sortis. Ils étaient encore plus douloureux que le reste. Moins douloureux que ce qui suivrait, lorsqu’Ashton lui dirait qu’il préférait—

Je ne veux pas y penser.

« Je suis désolé—je—j’en ai tout autant envie que toi, je te le promets mais— », il ferma hermétiquement les yeux. « Si tu veux que je parte je—attends juste que—mon t-shirt sèche un petit peu s’il te plait et je—je partirai… » C’était décousu. Ça n’avait pas de sens. Et plus il parlait, plus il s’emmêlait les pinceaux, plus il avait l’impression de faire n’importe quoi. Cette situation lui échappait—et il détestait ça. « Ou je—je mettrais juste ma chemise, je comprendrais si— »

Et les mots d’Ashton lui revinrent brutalement.

Être laissé dans l’expectative me rend nerveux et agressif.

Il n’était même pas sûr d’avoir les épaules pour le supporter dans l’immédiat. Il n’avait même pas les épaules pour supporter ses propres gestes, ses propres mots. Il s’en voulait de faire exactement ce qu’Ashton lui avait dit détester. C’était un record, d’avoir réussi à le décevoir aussi tôt.

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J’ai commis une erreur. Je le sais avant même qu’il n’ouvre la bouche et je l’aurais su encore bien avant d’agir aussi stupidement que je l’ai fait, si seulement j’avais ouvert les yeux plus tôt. Car le corps d’Hisao parle toujours à celui qui sait l’écouter et maintenant que je m’en donne la peine, j’entends distinctement, douloureusement ce qu’il a à me dire. La tension terrible dans ses avant-bras crispés, l’expression lointaine de son visage et ce sourire, ce sourire d’une tristesse à fendre le cœur qui me fige aussitôt dès que ses yeux se posent sur moi, me glacent jusqu’à l’âme alors qu’ils me rendaient si vivants quelques minutes plus tôt… Je lâche immédiatement ma tresse à demi-défaite, m’immobilise à quelques pas de distance, rattrapé par le froid dont je n’avais pas conscience jusqu’ici, et baisse coupablement les yeux lorsque les mots franchissent difficilement les lèvres d’Hisao.

« Oh… Pardon, je… Je ne voulais pas me montrer insistant… »

Le regarder en face me semble soudain impossible alors que la honte me serre la gorge. J’endure cette dernière sans broncher, me retenant de me tordre les doigts ou de croiser les bras sur mon torse à mon tour. Je me sens bien trop exposé, mais je l’ai mérité. Si j’avais été plus attentif, si j’avais réduit mes désirs absurdes et déplacés au silence comme je me suis cent fois ordonné de le faire – Il va s’imaginer que c’est tout ce qui m’intéresse chez lui, alors que… – je n’aurais pas blessé Hisao ainsi. J’aurais pu me contenter de ce que cette soirée devait être, un agréable moment passé ensemble autour d’une activité plaisante. C’était pourtant ce que je voulais, non ? C’était la seule chose que j’étais en droit de réclamer. Et maintenant, parce que je n’ai pas pu me satisfaire d’un bonheur aussi simple – Il va penser que je ne l’ai invité que dans ce but, alors que… – j’ai peut-être tout mis en péril…

Je me trompais. La réalité est encore plus âpre que ce que j’imaginais.

Hisao reprend péniblement la parole et je relève les yeux vers lui, sourcils froncés sous l’effet de la surprise. Ses mots n’ont aucun sens. Je ne comprends pas… Et pourtant – Je ne serai pas capable de me contenter de ça – je sens mon cœur battre à coup redoublés dans ma poitrine, affolé, pris au piège dans ma cage thoracique.

« Qu’est-ce que tu veux dire ? Pourquoi je voudrais que tu partes ? »

De quoi ne pourra-t-il pas se contenter ? De coucher avec moi ? Mais qu’espère-t-il de plus de ce cas ? J’ai beau me poser la question, je ne parviens pas à y réfléchir. D’un seul coup, mon esprit est vide et blanc, comme une immense étendue de neige. Les mots s’y perdent, étouffés dans un silence assourdissant qui m’empêche de formuler une quelconque pensée. Ce néant vorace creuse son abîme comme une muraille, tentant résolument de repousser la moindre idée, la moindre réponse. Je ne veux rien savoir. Je ne veux pas réfléchir. Pourtant, c’est déjà trop tard. Au plus profond de mon être s’élève une voix – Je ne dois pas – que j’ai négligée pendant trop longtemps, que j’ai repoussée et faite taire – Je ne dois pas l’approcher – parce que je la jugeais inutile, bercé par la présence d’Hisao et la quiétude que j’éprouvais, la plupart du temps, à ses côtés. Mais à présent que je n’ai plus moyen de l’ignorer – Il n’y a rien de bon à en tirer – cette voix se réveille et commence à hurler dans le grand vide blanc. Ses avertissements stridents me font pâlir, serrer les doigts contre mes paumes pour ne pas trembler. Un rire nerveux m’échappe brièvement et je secoue la tête – Je ne dois pas me laisser prendre au piège à nouveau – pétrifié par le chaos que je sens approcher :

« Je ne comprends pas, Hisao… Qu’est-ce que tu essaies de me dire ? »
 



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Hisao s’était pourtant attendu à recevoir un tel coup. Il avait anticipé les mots, énuméré avec précision chaque aspect de sa réaction au préalable. Le regard coupable, le changement brutal dans ses yeux. Hisao s’en voulait terriblement d’être responsable de tout ceci—mais il savait au fond que même avec toute la volonté du monde, il n’aurait pas trouvé de moyen plus doux de faire passer le message. Ou s’il y en avait un, il ne désirait pas le savoir—il se torturerait des jours entiers, passés à se dire qu’il avait été stupide, aveugle et incapable de voir l’évidence, inapte de trouver les mots qui ne le feraient pas se sentir coupable.

Aussi fut-ce pour cette raison qu’il le reprit presque immédiatement :

« Tu n’as pas été insistant. C’est—juste moi », et c’était on ne peut plus vrai. Et soutenir son regard ne fut soudainement plus possible. Il était presque sûr qu’Ashton ne le croirait pas, et se sentir impuissant face à cette minuscule opinion de lui-même le frustrait au plus haut point. Il aurait aimé le laisser lire dans ses pensées.

Elles seraient toujours infiniment plus claires que les semblants de phrases qu’il formerait.

Mais ce n’était pas possible. Hisao devait se débrouiller avec les outils qu’on lui donnait, et il en avait peu. Son éloquence était mise à rude épreuve, mais bien qu’il soit parfaitement conscient de ce fait—cela ne retint absolument pas le sentiment d’usure qu’il ressentit au plus profond de lui-même. Pour une fois, il aurait aimé pouvoir se reposer sur la perspicacité de son interlocuteur. Il aurait aimé qu’Ashton lise entre les lignes, intercepte ces sous-entendus flous—il aurait aimé être compris. Mais il se berçait d’illusions. Non seulement Ashton n’avait absolument rien compris à son propos, mais il se crispa presque à ce dernier.

Tout allait de travers.

Et Hisao avait beau être conditionné—habitué à ce pessimisme latent qui dormait en lui, il n’était jamais préparé lorsque ce dernier se montrait effectif. Je te jure que j’irais jusqu’au bout du monde pour les deux femmes de ma vie. Lorsque la situation finissait par réellement mal tourner. C’était à la fois parfaitement attendu et complètement imprévu. Je me fiche de ce que ça pourrait me coûter, je t’aime. Probablement s’agissait-il d’une des sensations les plus terrifiantes qu’il ait vécu dans sa vie, mais le plus triste étant qu’il était – paradoxalement – aussi habitué à cette dernière. Minami Kakegawa, veux-tu m’épouser ? Chose qui ne l’empêchait pas de toujours, toujours se retrouver désarmé face à elle.

Une fois de plus, ce moment-là était incomparable. Il ne ressemblait en rien à tout ce qu’il avait pu vivre auparavant, ne s’assimilait à aucune de ses précédentes douleurs. Elle le marquerait—comme elles l’avaient toutes marqué, mais pas au fer rouge. Et c’était précisément pour cette raison qu’il se devait d’y mettre fin de lui-même, avant qu’Ashton ne finisse par le faire souffrir sans même qu’il ne s’en rende compte.

Il prit une grande inspiration, ferma les yeux et passa une main sur son visage, mais ce ne fut pas pour se cacher cette fois-ci. Seulement pour essayer de collecter les derniers fragments de courage qui ne s’étaient pas encore brisés en lui. Et quand ses paupières se rouvrirent enfin, il rencontra son regard.

« Je t’apprécie, c’est—c’est indéniable, et c’est sûrement l’une des plus belles choses qui me soit arrivé depuis que je suis revenu au Japon », ses lèvres s’entrouvrirent et se refermèrent plusieurs fois. « Mais plus le temps passe, et plus je me rends compte que c’est plus qu’amicalement, plus que physiquement. »

Plutôt que de s’affoler dans sa poitrine, c’était comme si son cœur avait soudainement choisi de s’arrêter. Ses battements ne bourdonnaient plus dans ses oreilles—ils étaient silencieux. Ou alors était-ce simplement son cerveau qui choisissait de réduire au silence tous les sons ambiants, même les siens. Hisao ne cracha pas dessus. Le calme était le bienvenu dans cette situation qui le forçait pourtant à la panique. Ses doigts étaient plaqués contre ses bras – toujours aussi glacials – et il dut faire un véritable travail sur lui-même pour ne pas trembler comme une feuille. Car cette fois-ci, la contradiction prit une nouvelle forme. Celle d’un Hisao partagé entre sa timidité – sa voix calme et basse, sa façon de tapoter doucement son bras du bout de son doigt sans s’arrêter, chaque déglutition difficile – et une forme de détermination qu’il n’avait encore jamais revêtu face à Ashton.

« Je n’ai pas oublié ce que tu m’as dit pour autant. Je respecte cette décision et je la comprends », il préfère rester célibataire, il veut s’écouter, ce n’est pas de ma faute, je ne devrais pas le prendre pour moi. « Et je ne veux pas t’imposer—ce que je tends à ressentir, alors je comprendrais si— », mais ça ne m’empêche pas de le faire quand même. Et ses propres mots étaient douloureux. « Si tu veux que je parte. »

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Juste lui, dit-il. Je n’y crois pas. Il y a forcément quelque chose d’autre, une autre erreur que j’ai commise sans m’en rendre compte. N’importe quoi. Tout plutôt que ça…

Le temps semble soudain ralentir alors que je regarde sans bouger le cataclysme qui se profile, comme du miel coulant hors de son pot. Une part de mon esprit s’agite et tempête, rassemble toutes les preuves – Il a dit qu’il voulait rester seul lui aussi – pour chasser le monstre qui approche. Des dizaines de motifs raisonnables qui s’empilent comme des cubes – Il a dit qu’il voulait être libre – érigent à la va-vite tours et murailles pour protéger ce qui doit l’être. Cette tranquillité qui n’était qu’un mirage, cette complicité qui a toujours couvé – On ne peut pas être libre si on ne reste pas seul – ce qui s’apprête à éclater maintenant. Et pendant que je m’affaire désespérément à maintenir l’illusion, l’autre partie de moi demeure immobile comme un animal pris au piège, incapable de fuir parce que ça ne servirait à rien. Ça devait arriver, n’est-ce pas ? Il y a si longtemps que le danger menace. Je le sentais tout du long alors que je m’aventurais dans sa tanière et que je négligeais de m’en protéger, aveuglé par mes confortables œillères. Il est trop tard pour ça maintenant qu’il m’a trouvé et que ses griffes glacées me lacèrent lentement quand Hisao se remet à parler.

Un frisson polaire me remonte tout le long de la colonne et je le fixe sans comprendre. Ce n’est pas possible – Si ça l’est – Même mis devant le fait accompli – Et c’est terrible – je refuse encore d’y croire. Il ne peut pas se tenir là, face à moi, les bras toujours verrouillés sur le torse comme s’il cherchait à se protéger, la voix de nouveau si douce et si triste que je peux à peine la supporter. Il ne peut pas me regarder ainsi et m’avouer – C’est sûrement l’une des plus belles choses qui me soit arrivé depuis que je suis revenu au Japon – ce genre de sentiments. Il ne peut pas éprouver – Non, tu te trompes – ce qu’il dit éprouver pour moi – Je ne suis une belle chose pour personne – Un poing de glace sur referme sur mon ventre, ma gorge, mon cœur alors que j’esquisse un pas vacillant en arrière, soudain très pâle. C’est impossible. Je ne veux pas. Piégé dans l’éboulement de mes défenses, effrayé par les innombrables répliques de ce séisme qui me brisent par avance, je secoue désespérément la tête :

« Mais… Je ne comprends pas… Tu disais que tu tenais à ta liberté, que tu ne voulais pas la- Pourquoi tu me fais ça ? Pourquoi maintenant ? Alors qu’on ne se connaît-… »

Je m’interromps de moi-même lorsque ma voix échappe à mon contrôle, détournant le regard et cachant mon visage derrière ma main tremblante. Je suis stupide. Je sais bien – Non – que ça n’a rien à voir. Qu’on se connaisse depuis trois mois, deux jours, dix ans, rien de tout ça n’entre en ligne de compte. Contrairement à ce que l’on veut nous faire croire – C’est impossible – en portant ce sentiment aux nues depuis des siècles et des siècles, l’amour n’est ni un présent qui tombe du ciel comme la foudre ni quelque chose que l’on bâtit dans le temps. Ce n’est pas un trophée que l’on gagne à force de tests passés avec succès. C’est une réaction chimique qui nous pousse vers un partenaire compatible d’un point de vue strictement biologique, indépendamment de tout critère moral ou intellectuel – C’est hors de question – pour engendrer des enfants sains et viables. Il ne se commande pas, n’obéit ni au temps ni à la raison. Et même s’il inspire de splendides œuvres d’arts, ce n’est pas une grâce céleste qui fait de nous de meilleurs êtres humains. C’est une drogue dure qui nous aliène, nous crève les yeux et nous perce les tympans – Ça ne nous mènera à rien – nous rend possessifs, insensés, obsessionnels. C’est un démon qui nous pousse au pire en nous privant de libre arbitre et de raison, puis finit par disparaître et nous laisser seuls, à genoux au milieu des ruines à se demander comment on a pu – Ça sera juste douloureux et stérile – en arriver là. Comment on a pu gâcher vingt ans de sa vie pour un homme qui n’en méritait pas une semaine. Je connais tout ça – Deux hommes ne peuvent pas faire d’enfants ensemble – Je l’ai vécu dans ma chair et j’en porte les cicatrices encore aujourd’hui, je les sens me brûler en cet instant précis. Je sais exactement – Deux hommes – où tout cela me mènera – N’ont rien à faire – et je n’ai qu’une seule chose à répondre – Ensemble –

La peau frissonnante de froid, je m’éloigne vers la banquette et pose les mains à plat sur la table. Bennett bondit sur le plateau et vient se frotter contre mes bras en miaulant. Je l’ignore. J’ai simplement besoin de me tenir quelque part pour pouvoir endiguer la douleur sourde qui bat dans ma poitrine alors que je lui tourne lâchement le dos. Ma voix est faible, et pourtant elle me déchire les tympans lorsque les mots tombent de mes lèvres comme des pierres au fond de l’eau.

« Je veux que tu partes… »

Tu le dois. Il le faut. Il est trop tard. Je n’ai rien de plus à t’offrir. Je n’ai plus rien à offrir à personne. Pars. Va-t-en, échappe-toi tant que tu le peux encore. Blâme-moi si c’est plus facile, je ne t’en voudrais pas. Fais-le. Je t’aiderai si je le peux. Je serai lâche, hypocrite, cruel s’il le faut. Je t’ouvrirai les yeux sur tous mes travers, toutes mes souillures jusqu’à ce que tu puisses t’ôter ce poison du cœur. Tu auras mal mais tu seras sauvé. Mieux vaut couper la main aujourd’hui que tout le bras demain. C’est pour le mieux, je t’assure. Peut-être le sais-tu aussi et si tu l’ignorais, je suis désolé d’être celui qui doit te l’apprendre ainsi. Mais il paraît qu’aucun enseignement ne peut se faire sans douleur et de toute façon, je suis sûr que tu le savais déjà, que toi aussi tu l’as déjà ressenti. Que tu as connu cette souffrance indicible qui étouffe le reste, cette impression affreuse que plus rien n’existe, que rien de suffisamment fort pour emporter les décombres n’existera plus jamais. Je suis sûr que toi aussi tu es parvenu à la conclusion qu’on ne tombe pas amoureux pour être heureux. Je suis sûr que toi aussi, même si ce n’était qu’une fois ou qu’un instant, tu l’as pensé.

Si c’est ça l’amour, je ne veux plus jamais le revivre. Si c’est ça l’amour, ce n’est rien de plus qu’un fardeau.

« Je ne peux pas, Hisao. C’est voué à l’échec. Je suis désolé. Ça ne pourrait pas fonctionner, je… Je n’ai plus assez de forces pour tout ça. Pardonne-moi… »
 



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Dernière édition par Ashton Kelly le Jeu 15 Oct 2020 - 8:32, édité 1 fois
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Hisao ne regretta pas son geste. Bien qu’il n’arrivait pas à faire taire la petite voix dans le fond de sa tête. Celle qui essayait de lui faire croire qu’il n’aurait rien dû lui dire, qu’il aurait dû souffrir en silence et se sentir soulagé chaque fois qu’il se serait retrouvé dans ses bras. Mais au fin fond de lui-même, il savait qu’il avait pris la bonne décision.

Et coup de couteau après coup de couteau, Ashton lui donnait raison. Au point que sa proximité lui devienne insupportable. Au point qu’il le blâme. Au point qu’il essaye, par tous les moyens, d’invisibiliser ces sentiments naissants qu’il venait de lui offrir sur un plateau d’argent. Sa gorge se noua violemment, parce qu’aussi préparé mentalement était-il à la défaite, elle le frappa de toutes ses forces et sans la moindre pitié.

Il y avait une forme d’espoir dans son pessimisme. Hisao se rendit compte que ce n’était qu’un moyen peu habile de se faire croire qu’on ne serait pas déçu si l’on s’attendait au pire. Mais en réalité, il n’y avait rien de plus horrible que ces moments où il avait eu raison. Non seulement il était quand même déçu par la finalité, mais en plus—il n’avait même pas eu le loisir et le bonheur d’y croire. L’expérience avait été douloureuse de fond en comble. Sans foutu répit.

Pourquoi tu me fais ça ?

« Je ne sais pas et j’avais tort », de la manière la plus atroce qu’il soit. Il avait passé des années à associer le couple à la privation de liberté, parce que c’était toujours ce que ses ex-partenaires lui avaient fait ressentir. Et il avait fallu qu’il soit différent. « Je sais que j’ai dit que je tenais à ma liberté. Je le pense toujours. Mais j’ai réalisé une chose », il prit une grande inspiration. « C’est que je ne me suis jamais senti aussi libre qu’avec toi. »

Alors oui, je tiens à ma liberté.

Et si le dire à voix haute avait retiré un poids de son cœur, la sensation légère et agréable ne dura pas. Pourquoi est-ce que ça faisait aussi mal ? C’était pourtant lui qui lui avait laissé le choix. Qui l’avait laissé décider de l’issue. Il lui avait donné tout ce qu’il pouvait lui donner, et Ashton ne l’avait pas retenu. Bien qu’il fut incapable de le cacher – la même douleur, triste et silencieuse sur son visage – il ne lui en voulait pas. Aussi hocha-t-il la tête, acquiesçant et acceptant son sort.

Il savait qu’il n’était pas objectif, aveuglé par ce que son cœur lui dictait dans l’immédiat—mais ça ne l’empêcha pas de se sentir révolté par ses mots. Voué à l’échec ? Alors qu’il cherchait une explication, il cherchait désespérément une explication. Il y avait celle de ses souffrances passées, de cet homme qui aurait gâché vingt ans de sa vie. C’était le plus logique et le plus rationnel. Pourtant, Hisao n’arriva pas à s’y faire. Le problème venait forcément de lui. Il n’y avait rien entre nous, et j’étais déjà distant. Comment aurait-il pu vouloir de quelqu’un d’aussi fermé, d’aussi timide, d’aussi stressé, d’aussi—

« Je n’ai pas besoin de pardonner quelqu’un qui n’a rien fait de mal et ne m’a causé aucun tort », pourquoi tu me fais ça ? « Je suis désolé, Ashton. Pour tout. Je— », il ferma les yeux. Il ne savait même pas ce qu’il espérait. Qu’il soit heureux, et trouve mieux que lui ? Quelqu’un qui soit capable de lui donner ce dont il avait besoin et qu’Hisao avait été incapable de lui apporter ? Sincèrement, oui. Égoïstement, non. Alors plutôt que de lui souhaiter tout le bonheur du monde, il fit quelque-chose de stupide. « Ai-je le droit de—savoir pourquoi est-ce que tu es si convaincu que c’est voué à l’échec ? » Poser une question dont il ne voulait pas avoir la réponse.

Il se sentait mal. Coupable d’essayer de comprendre, et pourtant persuadé qu’il avait le droit de savoir. Ce fut probablement pour cette raison qu’il ne trouva pas le courage de le regarder dans les yeux, retournant lentement vers le placard où il avait laissé sa chemise plus tôt pour la récupérer et l’enfiler. Et le froid demeura le même.

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Hisao est cruel. Oh, ce n’est pas facile à remarquer, sans doute lui-même l’ignore-t-il. Mais je peux l’assurer. Il n’y a qu’à voir la façon intolérablement douce dont il me torture sans même m’approcher. Et, dieu me pardonne, sans doute ai-je été beaucoup trop conditionné par une relation malsaine, mais une part de moi est fasciné par le mal qu’il me fait…

Ses mots sont aussi violents qu’un coup au plexus. Je me redresse et pivote sur moi-même pour le regarder dans les yeux, incapable de croire ce que j’ai entendu. Ce n’est pas possible, il ne peut pas m’avoir dit… Son regard me heurte de plein fouet, si fort que je me sens vaciller. Ce n’est pas seulement la tristesse qui grêve toujours ses traits. C’est la sincérité dans ses yeux – Je n’ai jamais rencontré quelqu’un comme toi – qui me terrifie. Je secoue la tête par réflexe, le souffle soudain obstrué – Je n’arrive pas à croire que je puisse te toucher – par la folle cavalcade de mon cœur. Je ne dois pas y croire. Je ne dois pas l’écouter. Un seul autre homme m’a dit des choses aussi belles – Tu me fais l’effet d’être le monde tout entier – et c’est celui qui m’a le plus fait souffrir dans ma vie entière. Je ne me laisserai pas entraîner à nouveau. Je ne le laissera pas – Je te le jure – se jouer de moi de cette façon. Même si les intentions d’Hisao sont les plus pures qui soient – Je te promets – ça ne change rien. Les intentions ne comptent pas. À la fin, tout ce qui demeure – Toi et moi c’est pour la vie – c’est le résultat. Et je sais déjà ce qui arrive quand on se laisse bercer – Je te jure que tu as – par de belles paroles. On finit seul, et triste, et dévasté – Ce petit goût d’infini – parce qu’elles nous cachent trop bien la terrible vérité :

« Non. Personne n’est libre avec moi. »

Ce n’est qu’une question de temps avant qu’il ne le voit et qu’il regrette. Si je le laisse faire, si je me laisse emporter, c’est ce qui finira par arriver et je sais déjà que je ne ne pourrai pas le supporter. Je ne pourrai pas – J’étouffe avec toi – survivre à ça une nouvelle fois. Je fuis encore son regard, les mains aussi serrées que les siennes sur mes bras. Jamais je n’ai eu aussi froid, jamais je ne me suis senti aussi vulnérable. Je ne sais pas ce que je donnerais pour enfiler un vêtement, n’importe lequel, plutôt que de rester nu sous son regard ainsi mais je suis incapable de bouger. Alors que c’est moi qui lui ai demandé de partir, alors qu’il m’a sournoisement laissé le choix de le repousser – Dieu, comme je lui en veux de l’avoir fait – la peur ridicule qu’il ne soit plus là à mon retour m’empêche de quitter la pièce. Pourtant, je me dis que ce serait un soulagement quand j’entends sa façon de m’absoudre – Arrête – ses excuses – Tais-toi – sa voix intolérablement douce qui laisse tomber dans l’abîme tout ce qui nous reliait jusque là – Je t’en supplie – Un rire amer grince dans ma gorge quand il me pose une ultime question.

« Oh God. Tu n’as aucune pitié… »

Dis-je en le regardant à nouveau, ébahi. Vraiment, qui pourrait croire qu’un homme aussi tendre puisse être aussi rude ? Qui pourrait penser qu’il me demanderait de lui exposer ainsi mes facettes les plus sombres et les plus lamentables de manière aussi lénifiante et implacable à la fois ? Et surtout, comment aurais-je pu m’attendre à vouloir lui répondre ? Je dois être un peu déviant. Mais après tout, s’il suffit de cela pour le convaincre de partir tant qu’il en est encore temps, ce n’est qu’un juste prix à payer. Ce n’est pas comme si je n’avais pas l’habitude d’offrir mon cou à la lame du bourreau quand il me condamne de façon aussi douce, sans même s’en rendre compte. Je me retourne pour lui faire face et m’appuie contre la table derrière moi tandis qu’il renfile sa chemise noire. Alors qu’il s’apprête à partir après que j’ai repoussé ses sentiments, il reste quelque chose d’atrocement érotique à le voir se rhabiller quand je suis toujours à moitié nu devant lui. Même si ça n’a aucune chance d’arriver, je me surprends à rêver qu’il me rejoigne et – Fais-moi l’amour – m’allonge de force sur cette table. Une brusque poussée de désir amer et désespéré me lacère les entrailles à cette image. Oh Dieu, je céderais – Ne pense à rien d’autre – je rendrais les armes dans l’instant. Ce serait tellement plus simple – Prends tout ce que tu désires – tellement moins déchirant – Laisse-moi être à toi de cette façon, si c’est la seule qu’il nous reste – que ce respect de ma volonté qu’il m’impose, cette façon odieuse de m’obliger à prendre mes responsabilités dans l’effondrement de notre histoire… Je soupire tandis que les mots me montent aux lèvres, rendent mon regard froid et lointain comme une étoile.

Puisque c’est ce que tu souhaites, très bien. En fait, c’est parfait comme ça. Continue. Blesse-moi. Sois plus dur encore. Laisse-moi l’être aussi. Et quand nous serons tous les deux à terre, quand la douleur sera finalement assez forte, peut-être pourrons-nous enfin nous relever et partir…

« Je ne sais pas quelle image tu t’es forgée de moi pour en arriver là, mais elle est erronée. Je ne suis pas le genre de personne avec laquelle on se sent libre. Je ne sais pas me contenter de ce qu’on me donne, ni laisser assez d’espace. Je ne saurai pas te laisser partir sans me demander quand est-ce que tu reviendras, si tu le feras, si je serais capable de survivre jusque là. Je suis un… Un… Un vampire affectif qui étouffe et épuise, et tu finiras forcément par t’en rendre compte alors autant en finir dès à présent ! Je ne suis pas capable d’endurer ça à nouveau ! »

Je me force à m’arrêter quand ma voix commence à trembler, quand le poids de mes propres mots accable tout mon corps à force d’être lourd à porter. Il n’y a que la vérité qui blesse, dit-on. Si c’est exact, alors c’est normal que je souffre à ce point. C’est ce que je suis et une personne d’aussi gentille qu’Hisao ne mérite pas de subir ça. Il a droit à quelqu’un qui pourra vraiment le faire se sentir libre, pas en l’abusant avec une assurance de façade. Il a droit à quelqu’un qui passera outre sa timidité, qui le laissera aller à son propre rythme sans trop exiger de lui, qui l’épaulera sans faillir et sans l’accabler de ses propres insécurités. Il a droit à quelqu’un qui saura voir et chérir les trésors qu’il abrite derrière sa réserve, qui sera capable de lui ouvrir les yeux sur sa propre valeur qu’il ignore bien trop souvent. Il mérite tout cela. Il mérite plus encore. Il mérite mieux et ce mieux est hors de ma portée. Les choses sont ainsi. Il faut les accepter. Un pauvre sourire tremblant me déchire les lèvres alors que je m’entends murmurer :

« Ne perds pas ton temps avec quelqu’un comme moi… »
 



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(#) Re: [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16]  [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16] - Page 2 EmptyMar 13 Oct 2020 - 0:03

« Q—quoi ? »

Ce fut la seule réaction possible à sa remarque, glissée sans préavis. Et il ne savait plus quoi penser—il se sentait trahi. Arrête ton cinéma. Trahi par une tentative vicieuse et sournoise d’invisibiliser son ressenti, ses mots – pourtant sincères. Arrête de pleurer et sors de ta chambre. Sous prétexte qu’Ashton se connaissait mieux que personne – chose qu’Hisao ne contestait pas – il se permettait de remettre en question ses sentiments ? Vous n’étiez même pas proches, Hikaru et toi. Au prix d’une—illusion ? Sinon de quoi ?

Hisao arqua un sourcil et fronça l’autre, curieux de savoir ce qui l’avait poussé à réfuter ses paroles ainsi. Aussi nerveux était-il, il lui faisait toujours confiance. Alors il essaya de se convaincre qu’il avait mal compris. Que son collègue avait très certainement une explication—qu’il faisait fausse route. Et Dieu ce qu’il aurait aimé avoir raison pour une fois.

Il en fut presque à se demander s’il n’aurait pas simplement préféré qu’Ashton ne lui réponde jamais. Qu’il enfile sa chemise, rentre chez lui et essaye de se vider – en vain – la tête. Et Kana était encore là—oh, Kana était encore là. Il ne lui en parlerait pas, ou tout de moins, pas aujourd’hui. Ni même à Hikaru. C’était là sa marque de fabrique : Hisao souffrait en silence et ne parlait de ses problèmes qu’une fois ces derniers réglés et enterrés.

Le rejet n’était pas quelque-chose qu’il connaissait à proprement parlé, d’autant plus sous cette forme. Il en avait atrocement peur, mais pour être rejeté, il fallait montrer son intérêt, il fallait faire un pas vers l’autre. C’était une chose qu’Hisao ne faisait pas. Il n’en trouvait jamais le courage. La plupart des relations qu’il avait eu dans sa vie avaient été initiées par ses partenaires qui s’étaient montrés entreprenants en premier lieu—Hisao s’était seulement contenté de consentir, de se laisser aller aux sensations et aux sentiments. Parfois forts, parfois trop récents pour être pertinents.

Il ne savait pas s’il pouvait appeler cela du rejet ou non, mais ce à quoi Hisao était habitué était moins—direct. Mais pas moins violent pour autant. On le prenait, et on le jetait lorsqu’on se rendait compte qu’on ne pouvait pas le changer. Que la confiance était une question de ressenti et qu’Hisao était tout simplement incapable de se forcer, de mentir éhontément.

Alors quand Ashton lui expliqua qu’il se trompait sur lui, qu’il ne devrait pas croire aux sensations qui l’animaient et qui le hantaient depuis un moment déjà parce qu’elles étaient soi-disant factices… Il serra doucement les poings, se sentant bouillir.

« Tu penses que c’est fondé sur l’image que j’ai de toi ? Si seulement—si seulement c’était si simple ! Je ne contrôle pas la façon dont je me sens quand je suis avec toi. Ce n’est pas—ce n’est pas une manière de te voir, c’est juste un tas d’émotions brutes sur lesquelles je n’ai pas la main. Alors s’il te plait Ashton, ne sous-entends pas que je suis trop naïf pour—pour tout ça. Je ne le suis pas. Je ne me berce pas d’illusions, tu n’es pas fait de faux-semblants. Tu n’as rien d’étouffant, rien. C’est tout le contraire, c’est—tu connais et acceptes mes limites, mais tu ne me traites pas différemment. Je n’ai pas l’impression d’être effacé quand je suis avec toi, je ne me sens pas coupable d’être moi-même. Alors si c’est de ça que je devrais me méfier chez toi, je—je suis désolé mais je passe mon tour. Je ne me méfierai pas de quelqu’un qui m’a apporté autant de bonnes choses en si peu de temps. »

Il avait l’impression d’être essoufflé. Les mots s’étaient bousculés à une vitesse qu’il n’aurait jamais soupçonné venant de lui-même. Il n’y avait aucune hésitation dans sa voix, pas la moindre trace d’incertitude. Et maintenant qu’il était lancé, il n’était même plus sûr de savoir comment s’arrêter. Parce que toutes ses barrières tombaient les unes après les autres—et merde, ça lui faisait un bien atroce de pouvoir enfin alléger son cœur.

« Si ce que je ressens à ton égard n’est pas réciproque alors soit », je me ferai une raison. Je ne sais pas combien de temps ça me prendra, je ne sais pas si j’arriverai à faire le deuil de notre relation. Mais je ferais de mon mieux pour respecter ta décision et ne pas empiéter sur ta vie comme je le fais actuellement. « Mais ne parle pas à ma place. J’ai toujours vécu les relations comme une épreuve, un—passage obligatoire de la vie d’adulte et tout ce à quoi j’étais capable de penser lorsque je me retrouvais entouré c’était—c’était le moment où je rentrerais enfin chez moi. Alors ne me dis pas que tous ces moments passés avec toi, que j’ai sincèrement apprécié et durant lesquels je ne me suis jamais senti obligé—je pensais même aux prochaines fois ! – sont du temps perdu. Ou qu’ils en seront un jour. Parce que ce n’est pas vrai. Que tu le veuilles ou non. »

Lentement, il prit conscience de ce qu’il venait de se passer. De tous ces mots, de ce discours complètement décousu et insensé – mais pas insincère – qui avait traversé la barrière de ses lèvres. Et il fut terrifié. Ses mains tremblaient et son visage avait repris quelques teintes de rouge alors que la réalisation lui était parvenue. Il venait de lui donner toutes les cartes possibles pour l’écraser sur un plateau d’argent et ne savait plus quoi en penser.

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How to save a cake
Where did he go wrong ?

[Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16] - Page 2 H64l
Je pensais que la chose la plus éloquente chez Hisao, c’était ses silences. Non pas que je sois un expert pour les décrypter mais, chaque fois qu’il se tait, son corps parle pour lui plus sûrement que ses mots. Les expressions de son visage, les mouvements de ses mains, les postures de son corps, ses yeux… Quand ai-je appris à lire cette grammaire sans paroles, secrète et feutrée ? Quand ai-je commencé à le regarder autant ? Je ne saurais même pas le dire avec certitude. La seule chose que je sais, c’est que rien ne m’avait préparé à ce qui vient ensuite. Ce moment où Hisao serre les poings et cesse d’être éloquent uniquement en silence.

Mon sourire glisse sur mon visage et je m’agrippe au rebord de la table comme si je craignais de m’effondrer tandis qu’il me remet à ma place. Cette place bien trop haute dans son estime où je ne me sens pas légitime. Pourquoi ne me perçoit-il pas comme je suis ? Comment peut-il vraiment se sentir aussi bien avec moi ? Il y a forcément une erreur… Pourtant quand je le vois ainsi, si sincère et opiniâtre, déversant ce flot de paroles dont je n’aurais jamais pu avoir l’habitude venant de lui, je me sens vaciller sur mes certitudes. Un à un, il récupère les sentiments que j’ai tenté d’avilir et les brandit à nouveau haut et fort, me laissant ébloui et tremblant, pernicieusement rongé par ce qui ressemble dangereusement à de l’espoir. Est-ce que c’est possible ? Hisao ne m’a jamais menti. Il ne m’a jamais donné de raison de douter de lui. Je sais au plus profond de moi-même qu’il pense dur comme fer tout ce qu’il vient de me dire, tous ces mots qui le laissent à bout de souffle, à nu devant moi. Mon cœur se fêle, ma gorge se noue alors que je le regarde. Si seulement je pouvais y croire. Si seulement ça n’était pas totalement hors de ma portée…

Un soupir épuisé m’échappe, comme si j’étais aussi vidé que lui après sa tirade alors qu’il réalise ce qui vient de se passer, que ses joues s’empourprent et que son audace reflue. Lentement, tristement, j’étrangle l’espoir dans ma poitrine et sa mort me laisse un goût de cendres dans la bouche.

« Je n'aurais jamais cru que je t'entendrais dire autant de choses aussi belles un jour. J'ai presque envie d'y croire… »

Presque, seulement. Mais c’est impossible. Hisao a tort, Hisao se trompe. Je ne suis pas ce qu’il dit, je n’ai pas pu faire tout cela. Messiah ne m’a jamais dit – Personne ne te connaît mieux que moi – ce genre de choses et… et il n’a pas pu faire erreur. Pas alors qu’il a partagé vingt ans de ma vie, que personne ne me connaissait mieux que lui. Parce que si c’était le cas – Je suis le seul que tu laisses t’approcher d’aussi près – si rien de tout ce qu’il m’a dit n’était vrai, je crois que je deviendrais fou. C’est minable et – C’est normal – je me dégoûte mais l’angoisse est tellement forte qu’elle s’érige comme une muraille impénétrable. Même avec tout le mal qu’il m’a fait, il m’a marqué dans ma chair et y a laissé une empreinte trop importante. Je ne peux pas accepter l’idée – Il n’y a qu’à moi que tu peux faire confiance – d’avoir enduré ça pour rien, pour une flopée de mensonges. Même si c’est le comble de la lâcheté, je ne peux pas encore renoncer à celui que je suis – Il n’y a que moi qui vois clair en toi – que je suis devenu entre ses mains…

« Chez lui, l'éloquence était un vrai don. En quelques phrases, il pouvait conquérir un auditoire entier. Et je l'ai laissé me dire tellement de choses, tellement de mots magnifiques qui m'ont fait rêver au-delà de tout ce que j'aurais cru possible… Quand je vois où ça m'a mené aujourd'hui, je ne sais toujours pas si j'ai envie de rire ou de hurler. »

C’est le moment. Le reflet amer et tranchant qu’a pris ma voix sur la dernière phrase annonce le coup de grâce. Je devrais dire quelque chose d’atroce, maintenant. Quelque chose de suffisamment cruel – Ça aurait été dommage que tu sois le seul à être déçu, pas vrai ? – pour le pousser à me détester et tuer dans l’œuf tous ses sentiments. C’est le meilleur service que je pourrais lui rendre… Alors pourquoi rien ne me vient ? Pourquoi est-ce que je ne peux que contempler le trouble sur son visage, le tremblement de ses épaules, la détresse dans son regard sans être capable de rétorquer quoi que ce soit ? Pourquoi l’idée de le faire souffrir plus que je ne l’ai déjà fait m’est insupportable ? Peut-être parce qu’il a été plus sincère avec moi que personne ne l’a jamais été. Peu importe au final. C’est tout simplement terrifiant de voir qu’il influe déjà si vite sur ce que je suis et ma voix vibre de cette angoisse lorsque je finis par reprendre la parole :

« Tu veux savoir comment moi je me sens avec toi, Hisao ? Comme une bête traquée. Parce que tu es trop doux, trop bienveillant, trop séduisant, trop adorable, trop tout. Tu n'exiges rien, tu ne m'imposes rien, tu écoutes et respectes tout ce que j'exprime, tu me laisses une telle liberté que je sais à peine quoi en faire, tu me mets tellement en confiance que j'en suis effrayé. Je me sens trop bien en ta présence, beaucoup trop pour parvenir à réfléchir. À chaque moment que je passe avec toi, à chaque fois que je pense à toi, j'éprouve et je désire des choses sur lesquelles j'avais tiré un trait et pourtant je parviens de moins en moins à rester sur mes gardes. Je retombe dans le piège. Je te sens progresser chaque jour un peu plus loin en moi. Alors dès que je parviens à redevenir lucide, je suis terrorisé ! J'ai déjà gâché vingt ans de ma vie par amour ! Est-ce que ce n'est pas suffisant ?! Est-ce que je n'ai pas déjà bien assez souffert à cause de ce sentiment ?! »

Le silence retombe, électrique, insupportable, vibrant de la colère qui vient de s’échapper de mon corps tremblant. La silhouette d’Hisao devient floue et mes lunettes s’embuent alors que je sens les larmes me monter aux yeux mais je ne fais pas un geste pour les chasser, garde mes mains douloureusement serrées sur le rebord de la table. C’est injuste. Je suis injuste. Tout ce que j’ai dit était vrai, mais je m’en suis servi comme prétexte pour me poser en victime et justifier ma lâcheté. C’est lamentable comme attitude. Parce qu’au fond de moi, je le sais…

Hisao n’est pas Messiah. Il est compatissant, loyal, attentif et sincère. Il prend soin de ceux qu’il aime, parfois à l’excès. Il fait toujours passer les autres avant lui-même. Il n’a jamais profité de moi d’une quelconque façon. Il m’a toujours laissé l’espace et le temps dont j’avais besoin. Il a partagé avec moi des secrets qui le font encore souffrir, il m’a dit des choses que personne ne m’a dit avant lui parce qu’il m’en a jugé digne. Il m’a donné envie de croire à ces choses, de croire que je méritais d’être traité comme il l’affirmait… Hisao est un homme admirable, infiniment meilleur que Messiah ne pourra jamais l’être. Et moi… Je ne mérite pas cet homme-là. Je n’ai pas le droit de lui infliger mes doutes, mes peurs, mon besoin morbide d’affection. Je n’ai pas le droit de me comporter en parasite et de réclamer sans cesse son temps, sa présence, ses pensées, son énergie. Je n’ai pas le droit de l’épuiser à petit feu jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus, que les sentiments qu’il dit éprouver soient flétris et vénéneux. Que me restera-t-il alors ? L’attente ? Endurer son absence et souffrir avec le sourire, boire goulûment chacun de ses gestes et de ses mots puis me dessécher lentement en espérant les suivants ? Je n’y survivrais pas. Jamais je ne pourrais m’en contenter moi non plus. Et si je ne vois pas de juste milieu, d’espace où nous pourrions tous les deux nous donner ce dont nous avons besoin, c’est sans doute parce qu’il n’existe pas. Pas avec quelqu’un comme moi…

Je détourne la tête, fixe résolument mon regard sur un coin du plancher et essuie d’un geste rapide, rageur, mes yeux sous mes lunettes.

« Va-t-en, Hisao. Rentre chez toi. Je t’en prie… »
 



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(#) Re: [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16]  [Terminé][A-402] How To Save A Cake... [+16] - Page 2 EmptyMar 13 Oct 2020 - 12:44

Il s’y attendait. C’était trop beau pour être vrai. Qu’Ashton se retrouve suspendu à ses mots aussi facilement ? Impossible. Il en avait déjà eu un aperçu auparavant, mais cette fois-ci—cette fois-ci il baignait dans le problème, cerné par toutes ses facettes les plus sombres qu’il avait tenté de cacher du mieux qu’il le pouvait.

L’art de s’esquiver pour survivre.

Hisao prit sur lui. Impossible de nier qu’être comparé à—lui arracha un pincement à son cœur, mais il ne releva pas. C’était un comportement qu’il connaissait et même si l’envie de s’indigner, de lui crier qu’il était différent, qu’il ne lui ferait jamais ces choses-là, était forte… Hisao savait que ce n’était pas aussi simple. Ashton avait été manipulé au point d’avoir une image déformée et dégradée de lui-même à laquelle il s’accrochait comme si sa vie en dépendait. N’était-ce pas infiniment plus rassurant de faire comme si les mensonges n’en étaient pas ? En tout cas, c’était bien plus facile que d’admettre que tout ce à quoi l’on croyait dur comme fer n’était en réalité rien de plus qu’un pauvre lot d’artifices.

Il ferma les yeux et inclina doucement la tête, pinçant ses lèvres—ce n’est pas à toi d’éponger les erreurs d’un autre, se dit-il à plusieurs reprises. C’était à la fois difficile à entendre et à accepter. De se dire qu’Ashton lui reprochait son respect et ses attentions. Sans parler du reste. Il ne put réprimer le léger mouvement de recul que provoquèrent ces deux dernières questions—il ne put s’empêcher de se sentir accablé, si désolé de l’avoir poussé alors qu’il n’aurait pas dû. Une fois de plus, il avait agi égoïstement alors que—alors que c’était la dernière chose dont son collègue avait besoin. Et qu’Hisao le savait. Il poussa un bref soupir et baissa les yeux.

« Je suis désolé », une pause. « Je n’aurais pas dû— », et il ne savait même plus pourquoi est-ce qu’il s’excusait. Il était perdu.

Impossible de lutter. Toute la détermination et la confiance qui l’avaient traversé plus tôt s’étaient effondrées, et de ces ruines il ne restait plus que de la honte et des remords. Le plus douloureux n’était pas ce nœud, niché dans sa poitrine qui refusait de lâcher prise—non. Car plutôt que de l’achever pour de bon, Ashton le poussa à l’agonie avec une ultime source de frustration. Il avait réussi à donner un goût amer à la réciprocité de ses sentiments—et c’était probablement la chose la plus difficile à endurer. Hisao assistait, impuissant, incapable de dire quoi que ce soit et parfaitement conscient qu’il n’y avait, en définitive, rien à dire de plus.

Hormis le fait que tourner la page serait—infiniment plus difficile. D’autant plus lorsqu’il serait rattrapé par sa propre ténacité et que l’abandon ne lui apparaîtra plus comme un choix possible. Que cette fois-ci, il serait incapable de se faire une raison parce qu’il vivrait au quotidien avec l’idée qu’il y aurait quelque-chose à sauver. Qu’il y aurait peut-être une solution si seulement il se montrait suffisamment patient.

Et lorsqu’il releva la tête pour essayer de croiser son regard—une violente nausée le prit de court. La culpabilité n’avait jamais été aussi douloureuse. D’une manière ou d’une autre et même avec toute la bonne volonté du monde, Hisao parvenait toujours à le blesser. Inconsciemment, involontairement. Mais ça n’importait pas. Ses intentions n’importaient plus lorsque le mal était déjà fait et qu’il l’avait devant lui, les yeux rougis par les larmes et le visage complètement fermé. Il avait du mal à croire qu’il était responsable de tout ceci. Et pourtant, aussi détestable était la vérité, il ne pourrait pas éternellement la fuir.

En revanche, il y avait bien une chose qu’il pouvait faire pour lui. L’écouter et respecter son choix—et ça commençait par quitter cet endroit. Alors il se tourna vers la porte, le regard bas.

« Tu n’as pas gâché vingt ans de ta vie. Quelqu’un l’a fait pour toi », il posa la main sur la poignée, et le métal froid fit remonter un frisson le long de sa colonne vertébrale. Tourner cette dernière fut probablement l’une des épreuves les plus difficiles de toute sa vie. « Et je suis désolé que cette personne t’ait à ce point fait croire que tu n’avais pas le droit d’être heureux », il lui lança un ultime regard. « Prends soin de toi, Ashton. »

Avant de s’engouffrer dans le vide du couloir de son immeuble, fermant doucement la porte derrière lui. Et la solitude ne lui avait jamais semblé aussi rude, aussi insupportable alors que tout ce que son corps, son cœur et son esprit lui réclamaient était de rester entre les murs de cet appartement. De ne pas le laisser seul face à ses démons, même si c’était trop pour ses propres épaules. Lui survivrait—il s’était déjà libéré de ses chaînes par le passé et il savait qu’il serait capable d’encaisser. Il en était persuadé.

Mais Ashton ne voulait pas de lui, ni de ce qu’il voulait lui offrir. Et Hisao n’arrivait pas à se faire à l’idée que ce n’était rien de plus qu’un cycle et que les mêmes choses se répétaient, une fois de plus. Qu’après avoir déçu et avoir été déçu, il était grand temps d’aller retrouver sa chère et tendre, sa femme de toujours : La résignation. La seule qui ne l’ait jamais laissé tomber.

La trajet du retour se fit dans un silence de mort. Ni la radio, ni la route ne parvinrent à le faire sortir du fil tumultueux de ses pensées. Son cœur se tordait sans relâche dans sa poitrine, et les marques commencèrent lentement à apparaître. Brûlant chaque parcelle de peau sur lesquelles Ashton avait posé ses mains, l’avait embrassé—

Et c’était une torture d’y repenser. Il pensait trop et ses réflexions n’apaisaient pas sa souffrance, alors il décréta que son seul moyen d’y remédier serait de dormir – alors même qu’il était tout juste dix-huit heures. Et tant pis s’il devait dormir jusqu’au lendemain. Si ça pouvait lui faire oublier cet après-midi catastrophique—tant mieux.

Les murs de son appartement ne furent pas rassurants comme ils auraient dû l’être.

« Hey, tu rentres tôt ! Tu m’as ramené du—wow. Wow, d’accord. Ok. »

Ah, je suis chez moi. Il ne s’était pas vu rentrer. Il ne s’était pas vu chercher ses clés, déverrouiller et ouvrir la porte. Tout se faisait presque mécaniquement, sans qu’il n’ait à penser—son esprit était bien trop occupé. Il salua sa fille d’un geste de la main et sortit son portefeuille de sa poche.

« Commande-toi ce que tu veux ce soir », dit-il en posant sa carte bleue sur la table basse. « Je vais dormir, ne me réveille pas s’il te plaît. Et oui, je t’amène au lycée demain, donc tu peux te lever à huit heures. »

« Oh. D’accord. Ok. Bonne nuit. »

« Merci. »

Au moins, Kana avait ça en elle. Là où Hikaru n’aurait pas été capable de se retenir et lui aurait posé mille questions, sa fille comprenait et n’avait pas besoin qu’il lui explique. C’était une maigre consolation, mais c’était toujours ça de pris.

Ses draps ne furent d’aucun réconfort. Un simple reflet de ce lit qui lui semblait atrocement vide. Et qui le resterait.

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Ses excuses résignées réussissent l’exploit de me serrer le cœur et de m’arracher un soupir de soulagement à la fois. Alors que j’approchais dangereusement de la limite de ma résilience, enfin il abandonne. Tant mieux. Je n’aurais pas pu continuer longtemps ainsi. J’aurais fini par plier, par accepter ses sentiments – Tu sais à quel point je t’aime – Oui… oui, je le sais – juste pour qu’il cesse de me torturer avec. Peut-être était-ce ce que j’espérais. Le seul et unique avantage à sacrifier sa volonté au profit de l’autre, c’est qu’on peut se laisser porter. Lâchement, coupablement, j’aurais sans doute été prêt à suivre docilement Hisao s’il avait insisté, à me laisser enchaîner par son amour et à lui donner tout le contrôle pour ne pas avoir à assumer de responsabilités… Mais jamais il ne me ferait une telle chose. Jamais il ne me forcerait à quoi que ce soit. C’est bien pour ça que je suis aussi démuni avec lui. Je ne sais que faire de la liberté qu’il m’offre, de la bienveillance dont il est modelé. Je peux à peine supporter qu’il en use envers moi en cet instant, alors qu’il me prend par surprise au défaut de l’armure.

– Tu n’as pas gâché vingt ans de ta vie. Quelqu’un l’a fait pour toi –

Je relève la tête, le cœur trébuchant dans la poitrine sous l’effet de ses mots – Quelqu’un l’a fait pour toi – J’ouvre la bouche pour nier. Non, ce n’était pas – Quelqu’un – C’était de ma faute, je n’ai pas su – L’a fait – C’est moi qui suis responsable – Pour toi – Je ne peux pas concevoir que je n’y sois pour rien, ne serait-ce parce que je l’ai laissé faire alors que j’aurais du, que j’aurais pu, je… Je ne sais plus. Je n’arrive plus à penser à tout ça, je n’arrive plus à penser à rien. Hisao s’en va et je reste muet, aucun mot ne me vient. Mon corps est comme figé dans une gangue de glace qui m’empêche de bouger, me laisse assister de façon totalement impuissante – Prends soin de toi, Ashton – à la débâcle de cette journée. Son regard me transperce de part en part – Non – mais je reste immobile. Ses mots tirent sur une corde invisible dont le nœud me broie la poitrine à chaque pas qu’il fait vers la porte – Attends – mais je reste immobile. Le battant qui se referme me fait l’effet d’un couperet – Ne t’en vas pas – mais je reste immobile. Et le silence et le froid s’abattent sur mon appartement comme sur un caveau, me laissant hébété, figé par le choc de son départ. Ma soudaine solitude me fait l’effet d’un monstre prêt à me dévorer mais même si je frissonne de frayeur, je ne bouge toujours pas. Je l’ai laissé partir. Je n’ai littéralement rien fait pour le retenir…

D’un seul coup, comme un morceau de verre qui éclate au sol, mon inertie me devient insupportable. Si je reste sur place sans rien faire une seconde de plus, je vais perdre la raison. Aussitôt, je me lance dans une chasse frénétique à l’activité pour ne plus penser, ne plus ressentir quoi que ce soit. Je range la trousse à pharmacie, lance le t-shirt d’Hisao tout seul dans la machine – Tant pis pour les factures, il est hors de question que je le touche davantage – étends ma lessive, fais toute la vaisselle, nettoie à fond la cuisine et nourris copieusement les chats. Durant tout ce temps où je m’affaire follement dans mon appartement, j’évite de poser les yeux sur le gâteau qui attend son heure. Je ne sais pas ce que je vais en faire et je ne veux pas y penser, mais je sais déjà – Je devrai lui rendre le moule – que je ne pourrai pas y toucher. Je le donnerai à un voisin – Avant mardi, a dit Kana – n’importe lequel. Et dire que je me faisais une joie de pouvoir le manger, il y a moins d’une heure…

Une fois que je ne peux plus rien ranger dans mon appartement, je vais prendre une douche brûlante, vraiment brûlante, pour que la douleur continue d’anesthésier mon esprit. Sans ça, c’est lui que je sentirai. Ses mains, sa bouche, son regard sur moi – Arrête – Tout ce que j’ai si ardemment désiré et dont le souvenir m’est insoutenable à présent qu’il est parti, que je l’ai chassé. En cet instant précis, je voudrais que mon corps ne possède pas de mémoire. Qu’aucune trace de ses baisers, de ses caresses, de sa peau embrassant la mienne ne subsiste. Ce serait moins difficile, moins douloureux de respirer alors que je retourne finalement dans ma chambre, plus vide et plus froide qu’elle ne l’a jamais été.

En silence, je fais quelques pas hagards vers mon lit, comme si je devais avancer avec précaution au milieu des ruines après une explosion, les tympans encore assourdis par la déflagration. Je n’ai pas allumé le plafonnier, je comptais me coucher directement. Seule la lumière du soir déclinant et des premiers réverbères éclaire la pièce par la fenêtre. C’est elle qui guide mon regard sur le couvre-lit mauve, encore froissé par le poids de nos corps. Ma gorge se serre avec violence lorsque je distingue d’un seul coup – Tu es incroyablement beau, Ashton – sa silhouette dans les plis du tissu. Les mains tremblantes, je me dépêche de tirer dessus pour le remettre bien en place. Lisse et sans défaut, comme d’habitude, pour tout effacer. Comme si rien ne s’était passé… Mes doigts s’attardent sur le dessus de lit – Il était ici – se referment sur le drapé insupportable doux – Il était là, avec moi – se crispent et le tordent avec rage alors que je tente de retenir la détresse bouillonnante, le remord cuisant qui m’envahissent de toutes parts. C’est ridicule. C’était la bonne décision, la seule et unique que je pouvais prendre. Rien n’aurait pu en ressortir de bon autrement, rien ! Je n’ai pas le droit – J’aurais tant voulu – de le regretter maintenant. Je dois assumer tout ça jusqu’au bout. Sinon – L’embrasser une dernière fois – nous aurons souffert pour rien…

Tombant à genoux, j’enfouis mon visage dans le tissu du couvre-lit pour étouffer les sanglots déchirants qui me lacèrent la poitrine. Pendant un temps que je ne saurais même pas quantifier, je pleure à chaudes larmes ma solitude, la prison que j’ai choisie, que j’ai forgée, dans laquelle je finirai. C’est moi qui l’ai voulue ainsi. Mais pour cette nuit et celle-là seulement, comme je regrette d’avoir chassé celui qui en avait peut-être la clé…
 



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