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 [Terminé] It's a small, small world...

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Hisao Tenma
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Hisao Tenma
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(#) [Terminé] It's a small, small world...  [Terminé] It's a small, small world... EmptySam 14 Nov 2020 - 20:47

Samedi 8 octobre

C’était toujours la même chose. Non, je ne prends pas mon sac à dos, je porterai ma bouteille d’eau à la main ! Sous quel prétexte ? Ah, oui. J’ai aucun sac à dos qui aille avec ma robe ! Kana ne portait pas souvent de robes. Préférant de loin les pantalons, qui étaient un peu plus—sécuritaires pour quelqu’un d’aussi dynamique qu’elle. Quelques rares fois se démarquaient : Quand elle rejoignait son petit-ami, lorsque ses copines prévoyaient des sorties en ville et—visiblement, quand elle avait prévu d’aller au parc d’attraction avec son père. Et puisqu’elle ne portait que peu de robes, elle s’arrangeait pour être parfaitement accordée dans ces moments. Un petit sac à bandoulière fin et délicat accompagnait sa robe noire à volant avec un gilet léger sur les épaules. Bien moins pratique qu’un sac à dos donc.

Sa façon de s’habiller lui importait peu. Kana était hors compétition, la plus belle jeune fille que la Terre ait porté et de très loin. Même avec une serpillère sur la tête. Il ne manquait jamais de le lui dire. Merci. Toi tu ressembles à un croque-mort, par contre. Et ça, c’était complètement faux. Certes son jean et sa veste étaient noirs mais son pull était gris. Ah, ça change tout…

Enfin—ça ne réglait pas le problème. Parce que ses mises en garde étaient tombées dans l’oreille d’un sourd et Kana n’avait donc pas accepté de prendre un sac à dos. Ce fut pour cette raison qu’au bout d’une pauvre heure à déambuler dans les allées du parc, Hisao se retrouva d’abord à porter sa bouteille d’eau et puis—son petit sac à bandoulière qui avait fini par la gêner. Le tout dans son propre sac à dos. Il ne lui en voulut pas vraiment—il était si heureux de la voir passer du temps avec lui malgré les récents évènements que rien d’autre ne comptait.

Ils en avaient parlé. Hisao avait raconté l’histoire dans ses moindres détails à sa fille. Il avait minimisé les torts de son frère, peu envieux qu’elle se mette à développer de l’animosité envers ce dernier alors qu’il était si loin et qu’ils se voyaient déjà peu. Il s’était contenté de sa version, de ses propres tares. Celle d’Hikaru ne regardait que lui et Hisao ne voulait pas jeter de l’huile sur le feu. Mais le résultat avait été—difficile à supporter. Il n’y avait rien de plus douloureux que de voir tant de déception dans le regard de sa fille. Elle n’avait rien dit, mais il n’avait pas besoin d’entendre ses mots pour la comprendre.

Alors il profitait de sa journée avec elle. Sans penser au reste. Même si ça incluait de faire d’importants sacrifices comme—

« S’il te plait ! Juste un tour », elle tirait presque sur sa manche.

« Kana, je vais mourir si je monte là-dedans... », déglutissant difficilement, il regarda la grande roue de haut en bas et—bon sang, c’était super, super haut. « Pourquoi tu n’y vas pas seule ? Je te regarde d’en bas. »

« Si tu regardes l’horizon, normalement tu n’auras pas peur », insista-t-elle. « J’ai envie de le faire avec toi ! Alleeeez… »

Un soupir. Deux soupirs. Son cœur qui s’affola parce que c’était bien trop haut et qu’il allait regretter sa décision une fois assis dans la cabine. Il le savait. Mais parce qu’elle était encore en train de lui faire les yeux doux et qu’il voulait lui faire plaisir…

« Ok. D’accord. Ok. Mais un seul tour, parce que sinon je t’assure que je n'en ressortirai pas vivant », en fait, il n’eut même pas besoin d’attendre d’être dans la cabine. Il regrettait déjà ses mots alors que sa fille sauta de joie et le prit dans ses bras avant de le traîner vers la file d’attente.

Il n’y avait pas énormément de monde pour un samedi, mais peut-être était-ce lié au fait qu’il faisait plutôt froid et que les gens avaient la présence d’esprit de ne pas monter à cinquante mètres du sol pour aucune raison.

« Oh ! Watanabe-senpai ! » Hisao releva subitement la tête, un sourcil arqué. Comment j’ai fait pour ne pas le remarquer avant ? Grand comme il est… Tandis que sa fille salua l’étudiant de la main, inclinant légèrement le buste également. « Salut ! Oh !! C’est ton petit frère ? Hey ! » Lui laissant le temps de répondre, elle se tourna ensuite vers son père. « C’est le président du club d’athlétisme, là où je me suis inscrite, tu sais ! »

Hisao esquissa un sourire et croisa les bras, détendu.

« J’ai eu l’occasion de le rencontrer pendant les vacances », répondit-il en regardant vers l'étudiant. « Bonjour Watanabe-san. Tu vas bien ? » Il salua également le jeune garçon à côté de lui. Il avait appris que l’étudiant avait un fils, mais il ne savait pas s’il s’agissait de lui ou simplement de son frère comme l’avait soupçonné sa fille. Alors il le laissa présenter ce dernier.

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Dernière édition par Hisao Tenma le Dim 22 Nov 2020 - 22:01, édité 1 fois
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Shiro Watanabe
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(#) Re: [Terminé] It's a small, small world...  [Terminé] It's a small, small world... EmptyDim 15 Nov 2020 - 11:53

It's small, small world...
  • Samedi 08 octobre 2016
  • Hisao Tenma

  • Quand j’étais petit, j’adorais faire les jeux sur les boîtes de céréales le matin. Les jeux et les concours qu’il y avait dessus. Nobu disait toujours que c’était stupide, que je ne gagnerai jamais rien, mais ma mère m’encourageait tout le temps et m’aidait à y participer. Je n’ai jamais rien gagné évidemment, trop peu de probabilité en ma faveur. Pourtant, j’ai continué malgré les années et c’est maintenant quelque chose que je fais avec Sora. Nous nous amusons à récolter les différents coupons avec soin, les mettant dans des petites pochettes pour ne pas les perdre, puis dès que la collection est entière, on envoie le tout. Honnêtement, on oublie très souvent à quoi on a participé, alors quand j’ai reçu, deux semaines plus tôt, un mail m’annonçant que nous avions gagné deux entrées pour le parc d’attractions de notre choix, on n’y croyait même pas.

    Je ne roule pas sur l’or, loin de là. Mes grands-parents m’aident à payer une partie du loyer de l’appartement, mais à côté de ça je dois travailler autant que possible pour faire des économies afin de nourrir et habiller convenablement Sora. Depuis qu’il est entré dans ma vie, je suis devenu très économe et je compte le moindre yen. J’ai appris à mettre en place différents budgets afin qu’on puisse tout de même se faire plaisir – nos collections de mangas en sont un très bon exemple – mais j’ai toujours fait attention. Ce qui nous amène au fait que nous avons rarement l’occasion de faire des sorties comme celles-ci, même si j’essaie d’en organiser au moins une fois par moi. La semaine dernière nous avons été à l’aquarium, alors le parc d’attractions reste exceptionnel grâce à ces places gagnées.

    « Papa ! Papa ! Viens on va faire un tour de ça ! »

    « Ça » étant la grande roue qui surplombe le parc. Je lève les yeux vers le haut et blêmis un peu. Je n’ai jamais été trop attiré par les trucs trop hauts. Je n’ai aucun problème pour monter sur une chaise ou de dormir en haut d’une mezzanine, mais dès que je dois regarder le vide sous mes pieds à plusieurs mètres de distance, c’est tout de suite plus compliqué.

    « T’es sûr ? Tu ne veux pas plutôt aller faire les auto-tamponneuses ? »
    « Non ! Je veux aller là-haut ! S’il te plaiiiiit. »


    Et voilà qu’il cesse de sautiller sur place et me regarde avec ses grands yeux suppliants. Je reste silencieux un instant à observer les étoiles qui pétillent dans son regard et je finis par craquer – comme d’habitude. Je soupire.

    « Bon d’accord. »
    « Ouiiiiii ! »


    Et je souris, parce que voir mon fils heureux est la plus belle chose qui soit au monde. Ça illumine ma vie comme un arc-en-ciel et en ce moment, j’en ai bien besoin. Nous nous insérons dans la file d’attente et Sora continue de grignoter la fin de sa crêpe au chocolat en s’en mettant partout. Je ris et viens lui essuyer la bouche avec la serviette, amusé, quand une voix m’interpelle. Surpris, je tourne la tête. La jeune fille qui vient de s’installer juste derrière nous n’est autre que Tenma Kana, une des membres du club d’athlétisme.

    « Oh ! Kana-chan ! Comment vas-t- »

    Mais ma voix se brise et je me fige littéralement sur place en voyant la personne qui l’accompagne. Sora semble remarquer mon trouble et ses yeux passent de lui à moi avant que l’attention de mon fils soit attirée par l’adolescente. Tenma-sensei… Ma poitrine se serre instantanément et je dois faire tout l’effort du monde pour parvenir à rester le plus neutre possible. Ce qui reste extrêmement compliqué.

    « Bonjour Tenma-sensei. Je vais bien merci… Et vous ? »

    Finis-je par demander davantage par politesse que véritable intérêt. Je me fiche de la réponse en réalité. Je n’ai pas envie d’être ici avec lui. Pendant que je lui répondais, Sora s’est occupé de corriger Kana.

    « J’suis pas son petit frère, c’est mon Papa. »
    « Il s’appelle Sora. C’est mon fils, oui. »


    Nous n’avons pas le temps d’ajouter quoi que ce soit car arrive notre tour dans la file d’attente. L’homme qui place les gens dans les différentes cabines nous fait signe à Sora et moi.

    « Ah. Désolé, c’est à nous. Passez une bonne journée. »

    Mais c’était sans compter l’excitation de Kana qui en vient à proposer qu’on monte tous ensemble.

    « Hein ? »
    « Oh oui ! Papa, dis oui s’il te plait ! »
    « Mais… »
    « Messieurs dames, il faut vous dépêcher. »


    A mon grand dépit, Sora semble enthousiaste à cette idée – son amour des jolies filles plus âgées ayant frappé – et, poussé par l’empressement de la situation, je suis incapable de refuser. C’est comme ça que je me retrouve enfermé dans une cabine de grande roue face au type à l’origine de mon cœur brisé.

    Génial.

    Jawn pour EPICODE



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    (#) Re: [Terminé] It's a small, small world...  [Terminé] It's a small, small world... EmptyDim 15 Nov 2020 - 13:53

    Hisao dut faire appel à tout son flegme disponible pour ne pas tourner la tête vers sa fille. Kana était bien des choses, mais elle n’était pas discrète. Car aussitôt Watanabe-san lui avait-il répondu qu’elle s’était empressée de reporter son attention sur son père pour lui lancer un regard inquisiteur. Il pouvait le sentir sur son épaule, mais Hisao n’en fit rien. Ce serait accentuer le malaise déjà palpable. Cela dit, il était rassuré sur un point : Il n’était pas le seul à avoir remarqué que quelque-chose n’allait pas.

    Durant les quelques occasions qu’Hisao avait eu à parler avec ce jeune homme – en classant les archives, en le saluant au détour d’un couloir – il l’avait toujours trouvé rayonnant. Toujours souriant, de bonne humeur, prêt à mettre un peu de couleurs dans la vie des autres. Sans trop savoir pourquoi, il lui rappelait un peu sa propre fille dans son engouement. Le côté espiègle en moins – enfin, ça, Hisao ne pouvait pas le savoir. Il ne le connaissait pas assez.

    Il n’irait pas jusqu’à dire que quelque-chose n’allait pas pour lui, mais… Il y avait quelque-chose d’un peu plus terne dans son regard aujourd’hui.

    « Oh pardon ! Désolée, je ne savais pas que vous aviez un fils », lui répondit-elle en souriant avant de revenir à Sora. « Salut Sora ! Moi c’est Kana et le vieux grincheux qui ne veut pas monter dans la grande-roue parce qu’il a peur à côté de moi, c’est mon père ! »

    Hisao ne put se retenir de souffler du nez, secouant doucement la tête.

    « Je n’ai pas peur et je ne suis pas grincheux », protesta-t-il en levant les yeux au ciel avant de sourire à Watanabe-san. « Et je vais bien, merci. »

    Il était conscient du sérieux décalage qu’il y avait entre sa fille et lui. Si ce n’était pas pour son nom de famille, personne ne soupçonnerait Kana Tenma d’être la fille du psychologue scolaire. Le contraste entre eux était si fort… Il ne la changerait pour rien au monde évidemment, mais le Japon n’était pas particulièrement clément avec elle. Au lycée, tout se passait à peu près bien mais autrement—elle avait toujours beaucoup de mal à s’adapter aux mœurs japonaises.

    Watanabe-san le sortit de ses pensées en lui faisant comprendre que c’était leur tour et Hisao s’apprêta à lui souhaiter une bonne journée quand—

    « Hey ! On peut monter à quatre non ? Ça vous dit ? » Elle donna l’impression de poser la question au groupe entier mais en réalité, cette dernière était plutôt destinée à Sora qui sembla immédiatement enthousiaste à l’idée de pouvoir faire un tour en grande-roue avec sa nouvelle connaissance.

    Kana adorait les enfants. Elle lui avait toujours confié son envie de travailler près des enfants – à côté de son projet d’astrophysicienne, ce qui n’avait strictement aucun rapport – alors il n’était pas particulièrement surpris de la voir vouloir passer du temps avec Sora. Ce fut pour cette raison qu’il ne s’opposa pas à l’idée mais—

    Son expression neutre ne trahissait peut-être pas le fond de sa pensée, mais Watanabe-san sembla légèrement déstabilisé par la proposition. Et surtout pressé par l’employé qui semblait un peu trop tendu pour une journée aussi calme… Son fils l’emporta sur sa stupeur et l’étudiant se retrouva embarqué dans la cabine avec eux sans qu’il n’ait eu son mot à dire.

    Ainsi commencerait son supplice. Quand la porte de la cabine se referma derrière lui, Hisao sentit son cœur tomber dans sa poitrine. Il ne voulait pas être là, et maintenant il allait devoir contrôler son vertige à côté d’une autre personne. La mort dans l’âme, il essaya de trouver une assise confortable et croisa de nouveau les bras, plus par réflexe qu’autre chose. Il se souvint de son excursion dans la forêt avec Ashton, à Los Angeles… La discussion l’aidait à oublier sa peur des hauteurs et—Watanabe-san était-il bavard ? Un peu. Il ne s’en souvint plus exactement. Mais le temps d’un instant, il espéra de tout cœur s’être assis en face d’un moulin à parole qui pourrait lui faire oublier qu’ils étaient en train de monter à cinquante mètre du sol.

    « Alors Sora t’as quel âge ? T’es en quelle classe ? Il est trop cool ton pull, moi aussi j’aime bien Naruto ! »

    Kana ne perdit pas une seule seconde pour faire connaissance avec le fils de Watanabe-san et Hisao essaya tant bien que mal d’écouter leur conversation pour ne pas mourir de l’intérieur. Mais le désespoir et la peur étaient clairement visibles sur son visage, à mesure qu’il regardait par la fenêtre pour regarder la cabine s’éloigner du sol. Il fallait qu’il se ressaisisse et montre à Watanabe-san qu’il allait bien.

    « La rentrée s’est bien passée ? J’ai cru comprendre que ton club avait eu pas mal de succès. Je suis content pour toi », lui dit-il sur un ton léger, un sourire maladroit au coin des lèvres alors qu’il luttait contre son vertige.

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    (#) Re: [Terminé] It's a small, small world...  [Terminé] It's a small, small world... EmptyDim 15 Nov 2020 - 16:08

    It's small, small world...
  • Samedi 08 octobre 2016
  • Hisao Tenma

  • Dix-huit jours. Dix-huit jours étaient passés depuis cette soirée avec Kelly-sensei où j’avais réalisé l’ampleur de mes sentiments pour lui. Dix-huit jours pendant lesquels j’ai tenté du mieux possible de rester debout et de ne pas m’effondrer. Autant dire que pour l’instant, ce n’est pas une grande réussite. Même si contrairement aux premiers jours, j’arrive à aller en cours et à donner à peu près le change, je sais que les gens qui me connaissent bien voient très bien que je ne suis pas dans mon état normal. Je passe mon temps à courir pour essayer d’évacuer ce trop pleins d’émotions, et les préparations du kobasai m’ont permis, dans un premier temps, de penser à autre chose. Ça n’a pas été tous les jours une réussite, mais je pense parvenir à faire preuve d’un peu de clarté. Maintenant que le festival est terminé, c’est un peu plus compliqué. Je n’ai pas encore eu le courage d’aller voir Kelly-sensei pour déjeuner avec lui. Je n’arrive tout simplement pas à me trouver en sa présence sans sentir les éclats de la douleur me transpercer. Le pire étant quand il m’arrive de les croiser tous les deux au détour d’un couloir pendant qu’ils discutent. Je suis devenu un pro en demi-tour contrôlé.

    Mais alors, une chose est sûre, je n’étais absolument pas prêt à me retrouver enfermé dans une cabine de grande roue avec Tenma Hisao et j’aurai préféré être n’importe où plutôt qu’ici.

    « Huit ans ! Je suis en deuxième année de primaire. C’est qui ton personnage préféré ? Moi c’est Naruto parce qu’il est trop fort et trop courageux ! J’aime bien Shikamaru aussi, il est super intelligent, tu trouves pas ? »

    J’esquisse un sourire en écoutant Sora parler de son manga préféré. Ça me permet d’essayer d’oublier que la cabine est en train de commencer à monter et que le vide s’agrandit sous nos pieds. Tant que je ne regarde pas en bas, ça devrait aller, observer le ciel est presque apaisant. Toutefois, ce n’est même pas la hauteur qui me stresse le plus mais bien la présence du psychologue face à moi. Je l’observe distraitement du coin de l’œil sans pouvoir m’empêcher de me demander ce que Kelly-sensei peut bien lui trouver ou même ce qu’il s’est passé entre eux. Par sa faute, il était en larmes, il souffre, il n’est plus lui-même. Par sa faute, l’homme que j’aime ne m’aimera sûrement jamais. Par sa faute, je commence à avoir des pensées mesquines. Je me renfrogne, enfonçant mes mains dans les poches de ma veste. La journée avait si bien avancé jusqu’ici. J’étais de bonne humeur, je passais du temps avec mon fils, je me détendais enfin et il a fallu qu’il vienne donner un grand coup de pied dans tout ça. Encore une raison de ne pas l’apprécier.

    Et bien évidemment, il faut qu’il me parle, qu’il s’intéresse à moi. J’aimerai pouvoir lui hurler que ça ne le regarde pas, que je me fiche de lui, que je ne veux pas lui parler et qu’il peut bien sauter par-dessus bord pour s’écraser en bas... et je me déteste d’avoir ce type de pensées. Ça ne me ressemble pas. Ce n’est pas moi. Je ne suis pas comme ça. Je n’ai jamais été méchant, je n’ai jamais souhaité le malheur de qui que ce soit… Je tente de reprendre contenance.

    « Oui ça a été. Merci. J’ai été pas mal occupé avec le club mais c’est plutôt une bonne chose. Ça me permet de garder l’esprit occupé. »

    Je ne parviens pas à garder très longtemps mon regard sur lui et celui-ci se pose soit sur mon fils soit sur le ciel qui s’étend devant mes yeux. Utile pour oublier le vide qui s’étend en bas.

    « Même si avec le kobasai on a perdu un peu de temps. »

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    (#) Re: [Terminé] It's a small, small world...  [Terminé] It's a small, small world... EmptyLun 16 Nov 2020 - 17:38

    Il lui avait suffi d’un coup d’œil mal placé vers le sol pour que c’en soit fini de lui. Désormais, regarder l’horizon ne servait plus à rien. Son cerveau savait que plusieurs dizaines de mètres allaient peu à peu le séparer du sol, et ce serait bien pratique si ce même cerveau avait la décence de comprendre que cette grande-roue était sécuritaire et que personne n’en tomberait. Chaque secousse lui nouait l’estomac et chaque arrêt pour pouvoir faire monter de nouvelles personnes le poussait à retenir sa respiration jusqu’à ce que l’attraction soit relancée.

    Il ne passait pas un bon moment.

    Au moins, Kana s’était fait un ami. C’était mieux que rien. Hisao se fichait pas mal de devoir passer un mauvais moment ici si elle s’amusait. Ça ne durerait pas longtemps, cinq minutes ? Même pas. Pourquoi s’inquiétait-il ?

    « Si ! J’aime beaucoup Shikamaru aussi, surtout quand on le voit avec Temari », lui répondit-elle presque immédiatement avant de réfléchir à sa question. « Oh—moi j’aime bien Minato et Kakashi ! » Elle ouvrit le sac à dos d’Hisao pour en sortir son double des clés et le montra à Sora. Sur l’un des anneaux se trouvait une myriade de porte-clés avec la tête de ses personnages préférés plastifiés – Maka de Soul Eater, Zoro de One Piece, Armin de Shingeki No Kyojin, Urahara de Bleach… Et Kakashi, donc, qu’elle lui montra en premier. Elle devait en avoir une bonne vingtaine. « Tiens, regarde ! Je les fais moi-même, je pourrais t’en faire si tu veux ! »

    Ah—il la reconnaissait bien, là. Kana était une fille très manuelle, elle adorait fabriquer de petits objets, comme les bracelets qu’elle avait donné à Chiaki, le fils de Kobayashi-san. Il ne put réprimer le sourire qui étira les coins de ses lèvres, attendri par la scène. Ce n’était pas suffisant pour faire taire la peur qui le prenait aux tripes, mais—c’était mieux que rien. Reportant son attention sur le jeune homme devant lui pour écouter sa réponse et ses mots le confortèrent doucement dans ses convictions. Il y avait quelque-chose d’inhabituel chez ce garçon. Ses soupçons s’intensifièrent quand il évoqua le fait d’avoir besoin de garder l’esprit occupé. Watanabe-san avait-il des soucis ? Suffisamment graves pour le pousser à vouloir garder l’esprit occupé ? Hélas, Hisao ne le connaissait pas assez bien pour ça.

    Lorsqu’il mentionna le Kobai-sai, son regard croisa celui désolé de sa fille qui grimaça un peu avant de retourner à Sora. Les funérailles de son père étaient tombées à ce moment. Et vu la teneur de la semaine qu’il avait passé à Hirakata… Hisao aurait largement préféré avoir été présent pour voir la classe de sa fille pendant le Kobai-sai.

    « Je vois. Au moins, tu auras un peu d’aide pour tout mettre en place », lui répondit-il en souriant bien que faiblement.  « Je n’ai pas pu y assister malheureusement. Tu as passé un bon moment ? » Sa voix était encore plus calme qu’à son habitude, trahissant le malaise. À la fois causé par son vertige, mais aussi par l’ambiance un peu étrange qui pesait. Tout comme il venait de le lui dire, si Watanabe-san avait eu des jours chargés lors des dernières semaines, c’était normal qu’il soit fatigué et d’un peu moins bonne humeur qu’à son habitude…

    Néanmoins—Hisao était ce qu’il était. Du genre à un peu trop s’inquiéter dans des moments qui ne nécessitaient pourtant pas sa sollicitude. Et après avoir hésité pendant de longues secondes, les mots finirent pas trouver leur chemin tout seuls.

    « Tout va bien en ce moment ? Tu sembles fatigué », lui demanda-t-il finalement. Kana détourna son attention de Sora un instant pour regarder Watanabe-san, intéressée par la réponse. Ce fut une ultime confirmation : Elle aussi avait remarqué le changement. Ce n’était pas étonnant, puisqu’elle le voyait plusieurs fois par semaine.

    « Même pendant la semaine vous aviez l’air bizarre… »

    Hisao ne s’attendit pas à ce qu’elle ajoute quelque-chose pour appuyer son propos. Il s’efforça de ne pas réagir, mais il ne voulait pas non plus piéger le jeune homme en face de lui. Sentir tous les regards braqués sur lui pourrait le mettre sur la défensive et—ce n’était pas ce qu’il voulait.

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    (#) Re: [Terminé] It's a small, small world...  [Terminé] It's a small, small world... EmptyLun 16 Nov 2020 - 18:46

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  • Samedi 08 octobre 2016
  • Hisao Tenma

  • « Kakashi il est trop fort aussi. Oh c’est Shingeki no Kyojin ça, non ? Papa veut pas que je lise parce qu’il dit que je suis trop petit encore. »
    « C’est le cas. C’est pas de ton âge. »


    Même envers mon fils, je réalise qu’il y a un peu de froideur qui s’est glissée dans ma voix. Quand je m’en rends compte, je grimace légèrement et viens lui frotter les cheveux affectueusement en guise d’excuses. Sora me connait suffisamment bien pour savoir que ce n’est pas contre lui, même s’il ne comprend sûrement pas ce qu’il m’arrive soudainement. Son regard passe sur chaque personne présente avant de revenir s’attarder sur les porte-clés que Kana lui montre. Je la remercie intérieurement de parvenir à détourner l’attention de mon fils de la gêne palpable que je ressens. Et en même temps, je lui en veux un peu de nous avoir amenés à cette situation plus que dérangeante. Bien que je sois sûrement le seul à comprendre pourquoi elle l’est. La dernière fois que je me suis retrouvé seul avec Tenma-sensei, les choses étaient bien différentes. J’étais différent.

    Quand le psychologue reprend la parole sur le kobasai, je ne peux m’empêcher de me souvenir que je me suis effectivement fait la réflexion qu’il était absent. A dire vrai, je ne l’ai pas vu sur le campus pendant plusieurs jours, mais c’était sûrement parce que je faisais en sorte d’éviter le bâtiment où j’aurai pu le croiser, lui ou même Kelly-sensei. Celui-ci est d’ailleurs passer voir ma classe pendant le kobasai et je me souviens également des bonds qu’a fait mon cœur et du malaise que j’ai ressenti à ce moment-là. Je me renfrogne encore un peu sur moi-même, serrant les poings dans les poches de ma veste.

    « Oui. C’était sympa. »

    Je n’en dis pas plus et détourne le regard vers l’extérieur de la cabine. D’où je me trouve, je ne peux voir que le ciel bleu qui s’étend à perte de vue. C’est agréable pour un début octobre et je ne vais pas m’en plaindre. Bien qu’il commence à faire un peu froid, même pour moi. Le bavardage de Kana et Sora à côté de moi est un bruit de fond agréable que j’écoute d’une oreille distraite, jusqu’à ce qu’une nouvelle question me sorte de mes pensées. Je me crispe alors que j’ai l’impression de me prendre un coup en plein plexus solaire, accentué par la confirmation de Kana. Je pose les yeux sur elle, soudain très mal à l’aise à l’idée que les gens aient remarqué mon changement de comportement des dernières semaines. Je ne devrai pas m’en étonner mais je fais de mon mieux pour donner le change, alors c’est frustrant de voir que ça ne fonctionne pas.

    De son côté, Sora pose les yeux sur son père. Il ne dit rien, mais n’en pense pas moins. Si quelqu’un a remarqué qu’il ne va pas bien, peut-être qu’ils pourront l’aider. Son regard passe de son père à Hisao en silence avant de se baisser vers le sol, attristé.

    « Je vais très bien. Vous n’avez pas à vous en soucier. »

    Le ton employé est plus sec que ce que je pensais et je me mords la joue pour me calmer. L’envie de lui crier au visage que tout est de sa faute me tend sur place. A mes côtés, Sora fait légèrement la moue, tapant dans le bas du siège avec ses pieds. Je repose les yeux sur Kana, lui offrant un sourire désolé. Après tout, elle n’est en rien fautive de quoi que ce soit.

    « Je suis désolé si je t’ai paru bizarre ces derniers temps. Ce n’était pas voulu. Mais ne t’inquiète pas, ça ne m’empêchera pas de te battre encore à la course. »

    Je lui fais un clin d’œil pour appuyer mes propos.


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    (#) Re: [Terminé] It's a small, small world...  [Terminé] It's a small, small world... EmptyMar 17 Nov 2020 - 17:32

    « Et puis on s’en fiche de Shingeki No Kyojin », fit-elle en haussant les épaules, toujours aussi souriante. « Regarde, j'ai mieux, tu connais Boku No Hero Academia ? »

    Ne s’intéressant que trop peux aux mangas et aux animes – et bien que Kana lui ait déjà fait regarder quelques séries – Hisao fut bien vite perdu dans ses pensées de nouveau. Son regard chercha l’horizon et il essaya de se concentrer sur sa respiration. En vain. Parce qu’aussi dur essayait-il, camoufler son inquiétude était trop difficile.

    Il y avait quelque-chose. Indéniablement. Hisao n’était pas en mesure de savoir ce que c’était, mais il n’avait aucun mal à le percevoir dans sa façon de fuir son regard, de sauter d’une chose à l’autre ou dans son ton neutre, parfois même rigide. Il l’avait ressenti dans la réponse que l’étudiant avait donné à son fils, en voyait les marques dans la brièveté de ses réponses…

    Mais plus que tout, il le décela dans la réponse à sa question, alors que Kana, Sora et lui avaient tous reporté leur attention sur lui. Watanabe-san ne se contenta pas seulement d’ignorer la main qu’Hisao venait de lui tendre. Non, ce serait bien trop simple ainsi. Plutôt que de l’esquiver, de s’écarter—il dégagea symboliquement cette dernière de son champ de vision et l’envoya valser sans s’occuper de la trajectoire qu’elle prendrait. Pour autant, Hisao ne le prit pas personnellement. Dire qu’il était habitué à se heurter à ce genre de mûrs dans son métier était un euphémisme. Alors que cela arrive dans l’enceinte de son cabinet ou à l’extérieur ne changeait pas grand-chose à son ressenti. Ne laissant pas peser l’animosité sur sa poitrine, il lui adressa un sourire désolé et hocha doucement la tête, résolu à ne pas insister.

    « D’accord », lui répondit-il la voix basse et douce. Peut-être se trompait-il ? Si seulement. Si seulement.

    Hélas, il se trompait rarement. Et l’expérience lui avait appris une chose : Il détestait avoir raison. Après tout, si cela ne tenait qu’au fait de voir ses patients aller mieux, n’importe quel psychologue doté d’un minimum d’empathie aimerait se retrouver au chômage. Hisao le premier.

    « Ah ! Vous devriez juste vous estimer heureux que je vous laisse gagner à chaque fois », la voix de sa fille le tira momentanément de ses pensées et Hisao ne put réprimer le léger sourire qui vint étirer ses lèvres. Kana n’était pas naïve, mais à l’image de son père… Elle savait quand s’arrêter. D’autant plus si ce dernier lui donnait implicitement l’exemple juste avant.

    En l’occurrence, il espéra avoir fait fausse route. Qu’il ne soit question que d’une fatigue passagère. Peut-être que Watanabe-san ne l’appréciait pas ? Ce n’était pas à exclure. Il se demanda quelles pourraient être ses raisons avant de se raviser. Parfois, le courant ne passait pas et cela se passait explication aucune. Il ne lui en voudrait pas pour autant—du moment qu’il passait pas ses ressentiments sur sa fille d’une quelconque manière. Si jamais c’était le cas.

    Il n’eut pas le temps d’y penser davantage, car son cœur le rappela à l’ordre lorsque la cabine s’arrêta un peu plus brutalement qu’à son habitude. Inconsciemment, il écarquilla les yeux – ébranlée par la minuscule secousse, ou plutôt par son caractère inhabituel – et chercha sa fille des yeux. Kana secoua doucement la tête et balaya l’air de la main avant de revenir à sa conversation avec Sora.

    Et les secondes passèrent. Et puis les minutes. Et son cœur n’avait pas cessé sa chamade, loin de là. Il battait toujours plus vite et toujours plus fort, tambourinait contre ses côtes et menaçait de s’échapper de sa cage thoracique.

    « Ça—ça prend longtemps, là non ? » Demanda-t-il, couvert de honte. La question était destinée à sa fille mais… Il n’était plus en état de s’exprimer correctement, alors les mots furent juste lâchés dans le vide.

    Heureusement pour lui, elle ne loupa pas le coche. Se levant doucement, elle regarda par la fenêtre et—

    « Ouais c’est pas normal, parce qu’y a pas de cabine en bas devant la file d’attente et le monsieur de l’entrée discute avec des membres du personnel... »

    Je vais mourir dans ce parc.

    Les pensées s’enchaînèrent brutalement, se muèrent en une cacophonie et il sentit un frisson désagréable le parcourir—mais ce dernier ne s’arrêta pas. Parce que ça n’avait rien d’un frisson, d’un tressaillement—ce n’était pas ponctuel. Jetant un œil à ses mains, Hisao se rendit compte qu’il commençait déjà à trembler et fit de son mieux pour cacher la chose. Pour que son hyperventilation ne soit pas audible. Il ne voulait pas que Watanabe-san le voit perdre ses moyens à cause de quelque-chose d’aussi stupide que—

    Je vais crever dans une grande-roue avec ma fille. Ma fille va mourir. Et lui aussi, avec son fils je— Il pencha doucement la tête pour essayer de regarder en bas. Tétanisé comme il l’était, un peu ou un peu moins ne changerait rien et son instinct de survie sonnait l’alarme dans sa tête. Il se sentait piégé, en danger. Chaque bruit, chaque grincement, chaque claquement devint une source d’effroi alors que tous les scénarios possibles se jouèrent dans sa tête. Je ne veux pas mourir ici, je ne veux pas mourir ici, je ne veux pas mourir ici, je ne veux—

    « Papa ? » La voix de sa fille ne lui parvint pas. « Papa ? Papa ?! Tu m’entends ? » Elle le secoua, gentiment. Et là seulement il tourna la tête. « Je suis désolée, je ne pensais pas que— »

    Je devrais peut-être appeler Hikaru. Je devrais peut-être appeler Ashton. Pour leur dire que je les aime. Je devrais peut-être serrer ma fille. Je vais mourir. Je ne les reverrai plus jamais, oh mon Dieu, je ne veux pas—

    « Ça va, ça va, je vais bien, ce— », il parlait vite. Trop vite. « Je suis désolé. Je vais bien. »

    Cherchant toutes les ressources du monde, il s’efforça de relâcher la pression dans ses mains – alors qu’il tenait l’un des barreaux de la cabine comme si sa vie en dépendait – pour essayer de reprendre contenance. Mais il était trop tard.

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    (#) Re: [Terminé] It's a small, small world...  [Terminé] It's a small, small world... EmptyMar 17 Nov 2020 - 18:41

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  • Samedi 08 octobre 2016
  • Hisao Tenma

  • Sora est content que Kana connaisse Boku No Hero Academia car il l’a lu récemment dans le Jump et il a beaucoup aimé. Moi aussi en réalité. Mais de mon côté, je n’écoute plus trop leur conversation, plutôt content que ni Tenma-sensei ni sa fille n’insiste sur mon état mental actuel. Je ne suis pas certain que j’aurai pu continuer de donner le change. Je parviens à rire légèrement à la réponse de la jeune fille sur les résultats de nos courses respectives. Elle a du potentiel pour devenir une bonne adversaire et elle fait partie de ceux avec qui j’apprécie beaucoup courir. Dommage que je ne puisse pas porter son père dans mon cœur en ce moment. Le silence revient entre nous, pendant que nos enfants respectifs continuent de discuter des mangas qu’ils apprécient. Sora est tout enthousiaste à l’idée de partager sa passion avec une adolescente, lui qui les voit comme inaccessibles du haut de ses huit ans. De mon côté, être en présence de Tenma-sensei ne fait que me rappeler la douleur qui persiste à pulser dans ma poitrine depuis dix-huit jours. Je pensais pouvoir m’aérer l’esprit pendant cette journée avec mon fils, c’était une erreur de penser que l’univers me laisserait en paix.

    Pensée qui ne fait que s’accroître quand une secousse un peu plus brutale fait balancer la cabine.

    « Qu’est-ce que… »

    Surpris, je me redresse en retirant les mains de mes poches, mais voyant que personne ne panique, je n’ajoute rien. Je sais que la roue s’arrête brièvement à chaque fois qu’une cabine arrive en bas pour pouvoir laisser les gens monter, donc ce n’est sûrement rien. Du moins c’est ce que je me dis jusqu’à ce que Tenma-sensei ne dise tout haut le fond de ma pensée. Kana observe par la fenêtre, imitée par Sora. Je me sens blêmir. J’aimerai pouvoir regarder également pour me rendre compte de la situation par moi-même, mais si je regarde en bas, je risque de me prendre une vague de panique du fait d’être aussi haut. Tant que je regarde l’horizon, tout ira bien, mais dans ces conditions, difficile de ne pas avoir peur. Je sens un frisson glacial me remonter le long du dos et Sora tourne la tête vers moi.

    « Papa, on est bloqué ? »
    « Hein ? Euh, je ne sais pas. Ça va sûrement repartir, ne t’inquiète pas. »


    Par contre, moi je m’inquiète. Mais il n’a pas besoin de le savoir. La voix de Kana me sort alors de ma propre léthargie et je tourne la tête vers Tenma-sensei pour constater que ce dernier semble tétanisé. Ses mains tremblent, il est pâle et je crois qu’il transpire.

    « Tenma-sensei ? Tout va bien ? »

    Mais je ne suis pas certain qu’il m’entende. Super, si les deux adultes présents ont le vertige – l’un plus que l’autre visiblement – il est certain que tout se passera bien. Si la petite voix méprisante dans ma tête me souffle que c’est bien fait pour lui, la plus grande est incapable de regarder un homme paniquer sans réagir. Je ne suis pas un monstre après tout. Après tout rien n’est de sa faute. C’est seulement la mienne, personne d’autre n’est à blâmer. Alors pourquoi est-ce si dur de tendre la main vers lui pour lui venir en aide ? Il répond trop vite à sa fille, sa voix tremble et j’ai mal pour lui. Prenant mon courage à deux mains, je m’avance de la fenêtre pour regarder en bas. J’ai tout juste le temps de voir des hommes parler en bas qu’un vertige m’attrape à mon tour et je me remets dans le fond du siège immédiatement, une main sur la bouche. Ce n’est pas le moment de rendre le contenu de mon estomac.

    « Ça va Papa ? »
    « Oui, oui. Ça va ne t’inquiète pas. »


    Je reviens m’asseoir en face du psychologue et de Kana qui tente de calmer son père. Ce qui malheureusement ne semble pas très bien fonctionner.

    « Tenma-sensei, vous m’entendez ? Regardez-moi. »

    J’attends qu’il le fasse, qu’il parvienne à se concentrer suffisamment pour me regarder. Puis je lui tends les mains, l’invitant à me donner les siennes. Il lui faut quelques secondes pour répondre à ma demande et je prends ses mains dans les miennes pour attraper ses pouces entre mes doigts afin d’appuyer sur ses ongles sans le lâcher des yeux.

    « Essayez de respirer calmement. Inspirez en comptant jusqu’à quatre puis expirez en comptant encore jusqu’à quatre. »

    Je le fais en même temps que lui pour lui donner l’exemple. De mon côté, je reste appuyé sur ses doigts avant d’aller appuyer au centre de ses paumes.

    « Continuez. Respirez encore. »


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    (#) Re: [Terminé] It's a small, small world...  [Terminé] It's a small, small world... EmptyVen 20 Nov 2020 - 17:29

    Chaque nouvelle seconde lui semblait s’écouler encore plus lentement que la précédente. Le temps se dilatait comme le ferait une longue séance de torture alors que l’univers avait décidé de l’exposer à l’une de ses plus grandes peurs – sans déconner, il ne manquait plus que quelques aiguilles – l’arrachant à toute préparation mentale. Plus que son vertige, la situation était délicate, respirait le danger. C’était comme si on lui avait menti, qu’on avait essayé de le raisonner, de le rassurer sur le caractère irréprochable de ces grands appareils dans lesquels on faisait monter les humains pour faire ressentir quelques sensations fortes mais que—que tout s’était révélé faux en définitive. Le pire était très certainement que cet écart-là remettrait en doute le bon fonctionnement de toutes les autres attractions, des parapets supposés empêcher les gens de tomber en hauteur, des avions, de tout. Absolument tout. Comme une impression amère que tout le travail qu’Hisao avait fait sur lui-même par le passé venait de s’annuler tant le bond qu’il venait de faire en arrière était gigantesque.

    Mais ce n’était pas le moment de penser à ça. Dans l’immédiat, il était encore bien trop secoué pour se concentrer sur quoi que ce soit d’autre que sa propre survie. Sa raison avait beau essayer de prendre le dessus, ses peurs irrationnelles finissaient toujours par engloutir cette dernière. Il n’était pas seul. Leurs regards étaient tous rivés sur lui et Hisao n’arriva tout simplement pas à y trouver quoi que ce soit de rassurant. Kana semblait commencer à paniquer à cause de son état, alors il dut puiser dans ses toutes dernières forces pour essayer de se ressaisir.

    La voix de Watanabe-san finit par retentir au loin, le tirant lentement du brouillard épais dans lequel il était plongé jusqu’à ce qu’il soit enfin capable de le regarder. Il ne s’attendit pas spécialement à ce que l’étudiant cherche à l’aider—possiblement à cause de l’atmosphère pesante qui s’était installée entre eux plus tôt.

    Il se sentit idiot. Idiot d’avoir pensé ne serait-ce qu’une seule seconde que Watanabe-san n’aurait pas le recul nécessaire pour faire taire son animosité s’il ne l’appréciait pas et venait à devoir passer un moment avec lui comme c’était le cas aujourd’hui. Il avait beau être étudiant, Watanabe-san était un adulte, un père et qui plus est quelqu’un d’incroyablement gentil. Hisao n’avait certainement pas la prétention d’affirmer que le jeune homme l’appréciait, mais il ne se gardait pas de penser que ce dernier était suffisamment mâture pour mettre ses ressentiments de côté lorsqu’ils se rencontraient et que leurs enfants étaient présents.

    Ce fut certainement pour cette raison qu’il tendit ses mains, l’imitant presque machinalement lorsqu’il le vit faire. Son cerveau n’analysa pas tout de suite la menace mais prit absolument conscience du problème lorsqu’ils entrèrent en contact. Le frisson atroce qui remonta le long de sa colonne vertébrale fut tel qu’il manqua de se retirer aussitôt, refoulant difficilement le mouvement de recul qui fit tressaillir ses mains. Dans cet état, il serait incapable de s’habituer à ce toucher étranger qui l’angoissait. Mais ne serait-ce que pour en finir avec ce spectacle minable qu’il offrait à sa fille – et quand bien même savait-elle que ce n’était rien de grave, il détestait l’idée d’avoir l’air aussi vulnérable devant elle – il se fit violence et essaya d’écouter les mots de Watanabe-san du mieux qu’il le pouvait.

    Ses réflexes étaient les bons—probablement avait-il déjà fait face à quelqu’un qui était sujet à des crises d’angoisse dans sa vie. Ou peut-être y était-il lui-même sujet. Peu lui importait. Hisao ferma doucement les yeux pour réguler sa respiration et entreprit d’oublier le monde autour de lui. Les cinquante mètres sous ses pieds. Le regard effrayé de sa fille qui pesait sur sa joue. Aucun mot ne s’échappa de ses lèvres—il peinait à entendre celle de l’étudiant. Mais plus les secondes passaient, plus cette dernière se fit plus claire. Lentement mais sûrement, son angoisse cessa de progresser et ses tremblements se calmèrent. Son cœur battait toujours aussi fort néanmoins, mais son rythme ne lui semblait plus aussi douloureux. Hisao ne compta pas les minutes—deux, cinq, dix ? Il était incapable de dire. Mais au bout de ce laps de temps, il se sentit mieux. Rien qui ne suffise à lui faire oublier ses vertiges—mais au moins, il avait repris possession de ses moyens.

    Quand son souffle fut plus calme, plus discret, seulement rouvrit-il les yeux pour regarder Watanabe-san, et puis sa fille qui était restée silencieuse—et qui semblait soulagée. La honte remplaça alors l’effroi. N’osant pas croiser son regard plus de quelques secondes, il passa une main dans sa nuque.

    « Je suis sincèrement désolé », lui adressa-t-il, l’embarras teinta sa voix. « De t’avoir exposé à ça, ton fils et toi. Je— », il fut interrompu par un grincement métallique suspect qui le fit sursauter, mais qu’il s’efforça d’ignorer. « Merci. »

    Parce qu’il n’y avait pas grand-chose d’autre à dire. Et à peine tourna-t-il la tête vers sa fille que—

    « Ok, pardon. C’est de ma faute. Désolée. Je te promets, c’est la dernière fois que je te fais monter dans une grande-roue, je suis désolée », il arqua un sourcil en entendant le ton presque misérable et en voyant la façon dont elle détournait le regard. « Ça va mieux ? J’ai cru que tu allais faire un malaise… »

    Hisao secoua doucement la tête.

    « Ce n’est pas de ta faute. Je suis monté de mon plein gré », il tenta un sourire bien que maladroit. « Et—oui. J’espère seulement qu’ils finiront par nous sortir de là avant minuit… »

    Il se retint d’ajouter qu’il avait bien failli perdre connaissance, peu désireux d’effrayer encore plus sa fille qu’elle ne l’était déjà. À la place, il reporta son attention sur Watanabe-san.

    « Tu as d’excellents réflexes… Ce n’est pas donné à tout le monde, heureusement que—tu étais là », sa reconnaissance n’avait de limite que la gêne qui le prenait à la gorge. Il jeta un œil à sa montre—il n’était pas loin de dix-huit heures. « Ce n’est pas grand-chose pour te remercier, mais laisse-moi t’inviter ton fils et toi ce soir. Il y a plusieurs endroits sympathiques où manger dans le parc—choisis ce qui te plaira. »

    Kana s’abstint de faire un commentaire, mais Hisao vit la lueur dans ses yeux lorsqu’il évoqua le fait de manger dehors. Cela faisait un moment qu’ils n’avaient rien commandé ou qu’ils n’avaient pas mangé quelque-chose de bien gras et de bien mauvais pour la santé dehors… Alors il ne doutait pas une seule seconde de son enthousiasme à l’idée de pouvoir partager un repas avec Watanabe-san, Sora et lui, surtout si c’était pour faire le plein de mauvaises graisses.

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    (#) Re: [Terminé] It's a small, small world...  [Terminé] It's a small, small world... EmptySam 21 Nov 2020 - 13:24

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  • Samedi 08 octobre 2016
  • Hisao Tenma

  • Quand j’étais enfant, mon grand-frère faisait souvent des crises d’angoisse. J’étais trop petit pour en comprendre les raisons et je n’arrivais pas à assimiler le fait que mon grand-frère, mon héros, s’écroule de la sorte, tétanisé, incapable de se calmer seul. Je me demandais souvent s’il y avait des monstres au collège, des choses qui lui faisaient peur, ma mère m’assurait que non, que c’était quelque chose d’incontrôlable mais que ça n’empêchait pas Nobu d’être mon grand-frère fort et courageux. Je hochais la tête et je la regardais le prendre sur ses genoux, le bercer, l’aider à respirer en appuyant sur ses mains. Il finissait toujours par se calmer et je m’approchais pour lui dire qu’il était fort. En grandissant à mon tour, j’ai appris à connaître les techniques pour l’aider à retrouver le chemin de la sérénité et plus le temps est passé, plus ses crises s’espaçaient.

    C’est la raison pour laquelle je ne panique pas en voyant Tenma-sensei hyperventiler devant moi. Le vide sous nos pieds me fait davantage peur que le reste. Tout en lui disant de respirer, je le fais avec lui, pendant que Sora compte de son côté en faisant de même. Ça me fait sourire mais je me concentre sur l’homme face à moi, appuyant sur le centre de ses paumes pour lui donner des points de repère afin qu’il focalise son esprit là-dessus. Pendant plusieurs minutes, seule la voix de Sora qui murmure les chiffres se fait entendre ainsi que nos respirations qui se synchronisent. De mon côté, cela m’empêche également de penser que je suis en train de venir en aide à l’homme qui est indirectement lié à la douleur que je ressens en ce moment, et étrangement cela me fait du bien aussi.

    J’ignore combien de temps s’écoule. Il s’étire irrémédiablement entre nous, nous plongeant dans une bulle hors de tout. J’en oublie la situation actuelle, la grande roue, le fait d’être face à lui, tout. Mais bientôt, Tenma-sensei rouvre les yeux alors que sa respiration se fait plus calme et j’attends quelques secondes de plus pour relâcher ses mains, après m’être assuré que tout va bien. Je laisse échapper un bref soupir de soulagement et reviens m’asseoir dans le fond de mon siège tandis qu’il s’excuse pour le spectacle offert. Le grincement qui se fait entendre me fait frissonner et je regarde la cabine comme si j’avais peur qu’elle tombe mais les remerciements du psychologue me parviennent.

    « Ce n’est rien. »

    Kana prend immédiatement la parole pour s’excuser d’avoir fait monter son père dans la grande roue et Sora et moi les regardons se rassurer mutuellement. Mon fils s’approche de moi, un peu inquiet.

    « Papa, ça va ? »
    « Oui, tout va bien. »


    Je lui frotte les cheveux et, même si son regard est encore un peu nerveux, il me sourit. La possibilité que nous ne sortions pas d’ici avant un moment me fait frissonner quand Tenma-sensei la prononce à voix haute et je n’espère pas que ce soit le cas. Je sors mon portable de ma poche. Peut-être pourrais-je appeler le parc pour savoir ce qu’il se passe ? Mais mon attention se porte de nouveau sur l’homme face à moi qui souhaite nous inviter à dîner pour me remercier. Je me crispe légèrement à cette idée.

    « Vous n’avez pas besoin de me remercier. Ce n’était rien. »
    « Oh ! Papa ! Et si on allait à la pizzeria qu’on a vu tout à l’heure ? »
    « La pizzeria ? »
    « Mais oui tu sais ! A côté du manège. Aller s’il te plait ! Je veux manger avec Kana-onee-chan pour qu’on parle encore de mangas ! »


    Je regarde mon fils, légèrement abasourdi. Sora est-il en train de me trahir ? De jeter son propre père dans les tréfonds du malaise en m’envoyant vers cet homme ? J’en ai bien l’impression. Il mériterait que je le renie. Sale gosse. Je reste silencieux quelques secondes en observant le regard de chat potté de la chair de ma chair, puis je soupire.

    « Bon d’accord. Si vous insistez. »

    Intérieurement, je bouillonne. Plus je reste en sa compagnie, plus j’ai la sensation de sombrer encore plus profondément. Mais j’essaie de garder contenance, de ne rien montrer, même s’il m’est très difficile de rester souriant et de regarder Tenma-sensei dans les yeux. Je reprends mon portable et le déverrouille.

    « Je vais appeler le parc pour savoir où ils en sont. »


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    (#) Re: [Terminé] It's a small, small world...  [Terminé] It's a small, small world... EmptySam 21 Nov 2020 - 19:31

    Aussi prévoyant et précautionneux Watanabe-san était-il, il sembla sérieusement soulagé de voir Hisao finalement réussir à se calmer. Il ne lui jetterait pas la pierre. Avoir de bons réflexes n’enlevait rien au stress engendré par une telle situation. D’autant plus que s’il n’avait pas pu le remarquer plus tôt, les signes lui revinrent enfin et il se rendit compte qu’il n’était pas le seul à avoir le vertige dans cette cabine. Watanabe-san semblait bien plus résilient face à sa phobie qui lui en revanche.

    L’étudiant refusa sa proposition en premier lieu. Hisao ne sut pas immédiatement s’il avait rejeté cette dernière par pure politesse – chose plutôt courante ici – ou pour une autre raison, mais une fois de plus ce fut son fils qui sembla décider pour lui. Un léger sourire étira le coin de ses lèvres. Décidément, les enfants partageaient tous les mêmes techniques sournoises pour faire plier leurs parents et Watanabe-san était aussi faible qu’Hisao de ce côté-là. Kana lança un regard inquisiteur à son père, auquel ce dernier répondit en hochant la tête. Cela faisait un moment qu’ils n’avaient pas mangé de pizzas – elles dataient d’août et ils avaient dû les manger froides en raison d’un sale lendemain de soirée – alors ils pourraient se faire plaisir sans culpabiliser derrière. De toute façon, ni Hisao ni sa fille ne faisaient attention à ce qu’ils mangeaient et tous deux faisaient suffisamment de sport pour ne pas avoir à s’inquiéter.

    « Parfait », lui répondit-il avec un sourire, tentant de se détendre sur sa place du mieux qu’il le pouvait.

    Lorsque l’étudiant suggéra d’appeler le parc pour avoir davantage d’informations, le personnel leur confia qu’ils n’avaient pas encore résolu le problème et qu’ils ignoraient combien de temps cela prendrait. Super. La nouvelle ne le réjouit pas le moins du monde. Combien de temps allaient-ils passer ici ? Verraient-ils seulement la couleur de ces fameuses pizzas ?

    Le temps passa. Kana trouva bien vite une occupation. Eh, on va jouer à Touche-touche-couleurs ! Heureusement que sa fille était pleine de ressources et réussissait à occuper Sora pour lui permettre de ne pas mourir d’ennui. En gros, par exemple, moi je te dis vert et tu dois toucher du vert aussi vite que tu peux. On n’a pas le droit de toucher deux fois la même chose et si tu dépasses les dix secondes, tu as perdu ! Elle proposa à Watanabe-san et à son père de jouer avec eux, mais Hisao passa son tour pour cette fois, préférant ne pas bouger au risque de reperdre son calme. Malheureusement, leur petit jeu ne dura pas—parce que pour toucher certaines couleurs, il fallait bouger et d’une manière ou d’une autre, ils finirent par faire tanguer la cabine. Comment je pouvais savoir que Watanabe-senpai avait un t-shirt rose sous son pull ! Bon, bah t’as gagné. Chose qui ne rassura absolument pas les deux acrophobes qui ne voulaient qu’une seule chose : En finir avec cette très mauvaise expérience.

    Au final, ils finirent donc par changer de jeu. Le but de celui-ci était de trouver à quoi pensait l’autre, chacun son tour, sachant que l’hôte ne pouvait répondre que par oui ou non. Matsume Hiku ? C’est qui ça ? AH ! Hatsune Miku ! Mais papa— Ce n’était peut-être pas très original, mais au moins ils pouvaient s’occuper sans avoir à bouger la cabine. Je ne sais pas moi, j’essaye de m’adapter à vos trucs de jeunes ! Je ne me souvenais plus de son nom… Il y avait presque quatre générations différentes dans cette cabine, et Hisao captait difficilement le quart des références qui sortaient.

    Celle-ci en revanche… Homme. Cheveux longs et bruns. Ne lui disait rien qui vaille. Grand. Anglais. Non seulement à cause des indices qui avaient déjà été donnés, mais aussi à cause du petit regard mesquin que Kana arborait depuis qu’elle avait pris son tour.

    « Il a des lunettes ? »

    « Oui », glissa-t-elle en souriant.

    Hisao cligna plusieurs fois des yeux et arqua un sourcil. Non. La saleté. Elle n’a pas osé. Son regard se fit d’autant plus suspicieux tandis qu’elle attendait les potentielles questions. Bien-sûr que si, elle a osé.

    « Kelly-san ? » Son prénom manqua de lui échapper. « Le médecin scolaire ? » Répondit-il avec un visage aussi neutre que possible. Feindre l’innocence n’était pas son fort. Clairement pas.

    « Ouais ! Vas-y, c’est à toi ! »

    Avant même qu’Hisao n’ait le temps de rebondir sur ses mots pour vite changer de sujet, la grande-roue se remit en route. Un long soupir de soulagement s’échappa de ses lèvres. Tout compte fait, ils ne mourraient peut-être pas ici.

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    (#) Re: [Terminé] It's a small, small world...  [Terminé] It's a small, small world... EmptySam 21 Nov 2020 - 22:30

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  • Samedi 08 octobre 2016
  • Hisao Tenma

  • Il me faut un peu de temps pour parvenir à avoir des informations. Entre les appels habituels et ceux des gens coincés comme nous dans la grande roue, la personne que j’ai au bout du fil a du mal à me dire ce qu’il se passe réellement. Au final, on m’annonce que c’est un problème technique assez courant, sans grande gravité, mais qu’il faut attendre que la personne en charge de régler ça arrive. Même si je parviens à rester calme, mon agacement est perceptible dans ma voix. Je suis plutôt du genre patient en général, mais dans une situation comme celle-ci, plus vite ce sera réglé, mieux ce sera. Même si au final, je me retrouve piégé à devoir aller dîner avec Tenma-sensei. Une fois l’appel terminé, je transmets les informations à ce dernier et à sa fille, leur expliquant que nous allons devoir prendre notre mal en patience.

    Pendant que Kana parvient à occuper Sora – et je la remercie réellement pour ça – je ne peux m’empêcher de me renfrogner encore un peu de mon côté. Ma jambe se met rapidement à tressauter nerveusement. Rester enfermé et immobile trop longtemps n’est pas vraiment pour moi. Je suis incapable de l’être au quotidien, alors à cinquante mètres du sol, autant dire que c’est encore plus compliqué. J’ai besoin de bouger mais je finis par me forcer à arrêter quand je réalise que ça fait bouger la cabine autour de nous et que j’aimerai éviter une nouvelle crise d’angoisse de la part de l’homme face à moi. Au final, je m’insère dans le jeu avec mon fils et la jeune fille, me permettant ainsi de penser à autre chose.

    Le jeu des couleurs ne dure pas très longtemps car à force de bouger, nous faisons encore tanguer la cabine et même moi je commence à me sentir mal, le cœur au bord des lèvres. Finalement, un nouveau jeu est lancé, de simples devinettes qui finissent par occuper tout le monde. Etrangement, l’ambiance parvient même à me détendre un peu et je me surprends à rire face aux tentatives désespérées de Tenma-sensei pour essayer de s’adapter à l’âge de ses adversaires. Kana, Sora et moi parvenons à nous comprendre sur nos différentes références, notamment au sujet des mangas, et cela nous amuse assez pour nous faire oublier que le soleil continue sa course dans le ciel. Celui-ci se teinte déjà de couleurs plus sombres et les lumières du parc s’étendent sous nos pieds dans un spectacle qui pourrait être vraiment magnifique si nous n’étions plus à cinquante mètres du sol. Dans la cabine, des petites guirlandes de LED nous éclairent également.

    Kana reprend la main sur le jeu et je pose des questions sur le physique de la personne. Si dans un premier temps, je pars du principe qu’elle mentionne un personnage fictif, je déchante rapidement en associant les différents indices entre eux. J’essaye évidemment de me dire que je dois faire erreur, que la jeune fille ne peut pas aller jusque-là, et puis pourquoi irait-elle faire deviner cette personne en particulier… Mais évidemment, je fais erreur. Quand j’entends le nom de Kelly-sensei dans la bouche de son père, je sens mon visage perdre trois teintes de couleur instantanément. Mais c’est surtout le sourire de Kana qui me ramène violemment sur terre quand elle regarde Tenma-sensei. Pour qu’elle soit au courant que quelque chose se passe entre lui et Kelly-sensei alors… Un coup de poignard en plein dans la poitrine n’aurait sûrement pas pu me faire aussi mal que ce que je ressens actuellement. Dur retour à la réalité. Je me renferme instantanément, incapable de continuer à jouer.

    Heureusement, la grande roue choisit cet instant pour repartir et c’est un soupir de soulagement qui échappe à tout le monde dans la cabine. Quant à moi, je remets mon sweat que j’avais retiré un peu plus tôt à cause de la chaleur et j’enfonce mes mains dans mes poches, redevenant silencieux. Entendre le psychologue prononcer ce nom m’a fait davantage de mal que ce que je pensais, comme si la réalité venait de m’être mise sous le nez avec violence. J’ai bien vu la façon dont il a mentionné Kelly-sensei, je ne suis pas aveugle et je sais quoi regarder. La façon dont son visage s’est détendu, dont son regard s’est légèrement illuminé alors qu’il tentait de feindre l’innocence...

    Ça fait mal.

    Pendant toute la descente, Sora regarde dehors, pressé d’enfin sortir d’ici. Chaque arrêt pour faire descendre les gens dans les autres cabines est un supplice et j’ai l’impression que tout s’étend sur une éternité. C’est bientôt notre tour et nous retrouvons enfin la terre ferme. En bas, les responsables du parc sont là pour s’excuser, s’inclinant devant chaque client. Je les ignore, n’ayant pas du tout la tête à ça et je m’éloigne de cette attraction de malheur au plus vite. Honnêtement, j’aurai aimé prendre mon fils par la main et rentrer chez moi pour disparaître sous une douche chaude et sous ma couette. Mais c’était sans compter la mémoire de Sora et l’envie de pizza qui revient en force. Un coup d’œil sur l’heure m’indique que nous avons passé un peu plus d’une demi-heure là-haut, et je dois admettre avoir faim également. Kana est d’ailleurs là pour nous entraîner à sa suite dès que Sora lui a indiqué la direction de ladite pizzeria. Incapable de protester, je les suis à mon tour, traînant presque des pieds.

    Il ne nous faut pas plus de dix minutes pour rejoindre le restaurant et nous sommes installés par une serveuse, près des fenêtres. Je ne sais toujours pas ce que je fais ici. Je n’aurai jamais dû accepter cette invitation, j’aurai dû trouver une excuse, n’importe quoi, pour pouvoir partir en courant au plus vite. Mais je ne parviens plus à réfléchir correctement, mon cerveau fonctionnant en pilote automatique alors que mes pensées ne cessent de revenir vers Kelly-sensei, encore et encore, se mêlant dans une danse des plus macabres avec mes yeux qui reviennent se poser vers Tenma-sensei à chaque fois.

    « Je peux prendre une pizza burger s’il te plait Papa ? »
    « Demande à Tenma-sensei. »
    « Tenma-sensei, je peux ? »


    Mon regard se pose sur la carte pendant qu’ils discutent et je regarde les différents plats proposés sans parvenir à me concentrer. Quand la serveuse revient prendre nos commandes, je finis par choisir une pizza à base de viande. Kana et Sora repartent dans une conversation à base d’anime et je reste silencieux.

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    (#) Re: [Terminé] It's a small, small world...  [Terminé] It's a small, small world... EmptyDim 22 Nov 2020 - 0:00

    Certains signes ne lui échappaient pas.

    Bien qu’il essayait de faire de son mieux pour laisser sa blouse de psychologue dans son cabinet, certains réflexes perduraient. Il ne contrôlait pas ces derniers, et le premier d’entre eux était la lecture du langage corporel. Pour éviter les déformations professionnelles et pour ne pas se laisser prendre par sa curiosité, Hisao avait appris à brider son attention. Ce n’était pas toujours très plaisant et rendait parfois ses échanges particulièrement maladroits tant il essayait de ne pas surinterpréter, de s’esquiver dès que son cerveau essayait de lire entre les lignes.

    Et parfois, cela s’arrachait à lui. Son regard se posait au mauvais endroit, au mauvais moment. Tout comme il venait de le faire sur le visage de Watanabe-san, qui était devenu blême alors que le nom d’Ashton s’était inscrit sur ses lèvres. Pourquoi ? Hisao ne fut pas capable d’en entrevoir la réponse. Pas même un soupçon de cette dernière. Son cerveau enregistra l’information mais ne l’utilisa pas, trop absorbé par l’idée seule de pouvoir poser le pied sur la terre ferme. Et les dernières minutes de descente furent incroyablement longues.

    Si bien que quand la porte de sa cabine s’ouvrit enfin, Hisao prit une immense inspiration. Ses épaules, son cœur, sa poitrine—son corps tout entier fut soulagé d’un poids asphyxiant qu’il avait porté tout ce temps. Trente longues minutes. Il fut presque incapable d’écouter les excuses du personnel, qui ne leva même pas le petit doigt. Ils auraient au moins pu nous rembourser les places, vu ce qu’il s’est passé, pensa-t-il. Il n’en dit rien. Hisao n’était pas du genre à faire des scandales pour tout et n’importe quoi, même lorsqu’il s’agissait de choses aussi—délicates.

    Ce fut sur la route de la pizzeria, alors qu’il fut laissé seul avec ses pensées—qu’il eut le malheur de reporter son attention sur Watanabe-san. Lui qui avait l’air de s’être enfin détendu alors qu’ils participaient aux petits jeux de leurs enfants respectifs—tout s’était misérablement envolé à l’instant où Ashton avait été mentionné. Ne voulant pas sauter aux conclusions hâtives, Hisao s’inquiéta d’abord pour le jeune homme… Son collègue n’avait peut-être rien à voir dans cette histoire, et lui avait simplement rappelé ce qui le chagrinait, pour une raison ou une autre. Mais quoi qu’il en soit, Hisao ne pouvait pas rester à regarder le jeune homme qui lui avait gracieusement tendu la main plus tôt rester ainsi, silencieux, distant et morose. Quand bien même s’était-il heurté à un mur plus tôt, du temps était passé et peut-être qu’une fois que Kana et Sora seraient trop occupés dans le brouhaha de pizzeria—Watanabe-san serait plus à l’aise pour parler de ce qui semblait peser sur son cœur.

    Une fois devant la serveuse, Hisao laissa Watanabe-san commander en premier, glissant un « Prends ce qui te fait plaisir » chaleureux à son fils lorsqu’il lui demanda gentiment s’il pouvait commander une pizza burger. Sa fille choisit une quatre fromages et Hisao se tourna vers une Diavola, puisque les autres ne semblaient pas épicées.

    Il remercia intérieurement sa fille de pouvoir occuper le fils de Watanabe-san et son regard inquiet se posa une nouvelle fois sur lui. Décrypter le langage non-verbal était essentiel pour un psychologue. Il n’y avait donc rien de surprenant dans le fait qu’Hisao ait quelques facilités à remarquer certaines choses. Et maintenant qu’il avait ses deux pieds sur la terre ferme, il était bien plus lucide et bien plus conscient de son environnement. Les signes s’étaient démarqués les uns après les autres, comme des points qu’il avait enfin pu relier entre eux.

    Tournant doucement la tête pour le regarder, sa voix se fit basse lorsqu’il osa finalement donner forme aux mots qui flottaient dans sa tête depuis quelques minutes :

    « Watanabe-san… » Oh, c’est à la fois touchant et ridicule. Il s’est pris une balle de baseball en pleine tête parce qu’il matait les filles au lieu du lanceur… « Écoute… Je sais que tu m’as dit que je ne devrais pas m’en soucier… » Je ne sais pas, il s’est mis en tête que je mangeais n’importe comment et il m’apporte à manger de temps en temps, malgré tout ce que j’ai pu tenter pour l’en dissuader. « Sache que je ne cherche pas à te piéger ou à te mettre mal à l’aise. Je—m’inquiète juste pour toi… » Ça ne m’étonne pas qu’on le trouve fatiguant mais moi j’adore l’écouter parler. C’est rafraîchissant. « Même si nous ne nous connaissons pas vraiment… » Tu verrais comme il est chou avec son garçon, ils sont irrésistibles ! « Kelly-san ne me dit que du bien de toi, et il me décrit un jeune homme que je ne reconnais pas ce soir… » Il a beau avoir l’air insouciant quand on le regarde, j’éprouve toujours un immense respect pour lui quand je pense à tout ce qu’il a fait pour prendre soin de son fils. « Tu n’es pas obligé de me dire ce qui ne va pas. Mais je veux juste que tu saches que si tu as besoin de parler à quelqu’un, je peux être cette personne… » Il me fait penser à un soleil… « Ou—si tu ne me fais pas confiance – ce que je comprendrais sans m’offenser, je t’assure – je suis sûr que Kelly-san sera heureux de t’écouter et de savoir qu’il peut t’aider. »

    Il n’avait pas mis de mots sur la pointe d’inquiétude qui le taraudait depuis qu’ils étaient descendus de cette grande-roue. Il avait bien compris qu’il se passait quelque-chose d’étrange depuis le début, que Watanabe-san semblait absent et était beaucoup trop silencieux. Mais ça, c’était tout le propos de ce qu’il venait de lui confier, la voix basse.

    Ce qui l’ennuyait, c’était—la mention d’Ashton. C’était le fait que son visage soit devenu si pâle à l’instant où il avait prononcé son nom. Une multitude de questions le tourmentaient. Il est au courant pour lui et moi, et ça le met mal à l’aise ? Et chaque fois qu’il arrivait à éluder l’une d’entre elle, trois nouvelles se bousculaient dans sa tête à l’image de l’Hydre de Lerne. Peut-être qu’il s’est passé quelque-chose entre eux qu’Ashton ne m’a pas raconté ? Il ne laissa rien paraître. Il y avait plus important dans l’immédiat. Peut-être qu’Ashton lui a déjà parlé de moi, qu’il ne m’apprécie et n’approuve pas notre—oh mon dieu, il lui a dit ce qu’on était l’un pour l’autre ? La panique avait beau grandir dans sa poitrine, il fit taire cette dernière. Étant donné la réaction que Watanabe-san avait eu ne faisant qu’entendre son nom plus tôt, Hisao n’essayerait pas d’obtenir la vérité à ce sujet. Peut-être qu’Ashton lui a fait du mal ? C’est impossible… Il a l’air de l’apprécier, il ne lui— Son regard ne se faisait pas pesant. Il n’était pas fébrile. Il n’était plus à cinquante mètres du sol. Il était assis à une table sur la terre ferme, là où il pourrait garder son calme, rester maître de ses émotions et contrôler les pensées qui fusaient à toute vitesse dans sa tête. Sa paranoïa hurlait, mais il s’efforçait de l’ignorer. Non. Ashton n’apprécie pas Watanabe-san comme il m’apprécie moi. Et ce n’est pas pour cette raison que Watanabe-san est mal à l’aise quand je le mentionne. Elle était irrationnelle, et ce ne serait ni la première fois, ni la dernière fois qu’il se ferait des films.

    Alors il garda toute son attention sur lui et ne pensa plus à rien. Ses spéculations absurdes attendraient.

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    (#) Re: [Terminé] It's a small, small world...  [Terminé] It's a small, small world... EmptyDim 22 Nov 2020 - 10:35

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  • Samedi 08 octobre 2016
  • Hisao Tenma

  • Sora est tout content de pouvoir commander ce qu’il veut et remercie Tenma-sensei. J’écoute d’une oreille la conversation des deux plus jeunes mais mon attention ne parvient pas réellement à s’accrocher à leurs paroles. Je reste ailleurs, perdu dans les méandres de mon esprit, essayant d’enfermer de nouveau tout ça. J’y étais parvenu durant les derniers jours, en partie du moins. Mais tout est à refaire, la boite n’ayant pas tenu le choc face à cette soirée improbable. Je me laisse porter depuis quelques heures sans savoir comment m’échapper du courant. Il n’y a aucune branche pour m’aider à en sortir et je ne peux que regarder les rives défiler devant moi en me noyant par intermittence dans les vagues de sentiments divers qui me frappent. Si seulement je pouvais simplement disparaître sous la surface et ne plus remonter.

    La voix de Tenma-sensei me sort de mes pensées et je pose les yeux sur lui. Il me regarde avec un sérieux évident et un frisson glacé descend le long de ma nuque. J’ai un mauvais pressentiment. Il baisse le ton de sa voix pour me parler et je sens mes mains devenir moites. Un très mauvais pressentiment. Si dans un premier temps il donne juste l’impression de se mêler de nouveau à mon état mental actuel, je déchante rapidement et me décompose littéralement devant lui, incapable de masquer quoi que ce soit alors qu’il mentionne Kelly-sensei comme si c’était la chose à faire la plus naturelle du monde.

    Non.

    Mes yeux s’écarquillent et je le regarde, hébété. A quel moment ont-ils parlé de moi ? Pourquoi Kelly-sensei lui aurait dit quoique ce soit sur moi ?

    Ne faites pas ça.

    Je n’entends plus rien de ce qu’il me dit en dehors de sa dernière phrase disant Kelly-sensei serait heureux de m’écouter et de m’aider. Je le sais. Je le sais parce qu’il a toujours été gentil. Parce qu’il est attentionné.

    Ça fait mal.

    Depuis le moment où j’ai croisé le regard de Tenma-sensei en bas de la grande roue, j’ai tout fait pour rester maître de moi-même. Je l’assure. J’ai retenu ma colère, ma peine et ma frustration. J’ai serré les dents et les poings, j’ai fait au mieux pour rester impassible même si je ne suis pas parvenu à agir comme à mon habitude.

    Taisez-vous.

    Cette fois je n’y parviens plus. Je n’arrive plus à faire comme si de rien n’était. Comme si sa présence à mes côtés était normale, comme si je ne souffrais pas par sa faute, ou en partie. Je veux qu’il se taise, qu’il m’oublie, qu’il arrête de me parler. Je veux disparaître. Avant même que je ne puisse retenir les mots qui me brûlent les lèvres, ceux-ci s’en échappent avec une dureté qui m’est inconnue.

    « Ça ne vous regarde pas. Je n’ai pas envie de vous parler, ni à vous ni à personne. Je n’ai pas besoin d’un psy et vous feriez mieux de garder ça pour vos patients ! »

    Contrairement à lui, je n’ai pas baissé le ton de ma voix. Mes paroles sont sorties sans aucun artifice et ma colère bouillonne autour de moi. Elle m’enveloppe dans un manteau de chaleur, rassurant et lourd. Elle s’accroche à moi et me tire vers le fond. Je me lève d’un bon, frappant la table de mes mains.

    « Et arrêtez ! Arrêtez d’être gentil avec moi ! Arrêtez ça ! Comment je peux réussir à vous détester si vous continuez d’être comme ça avec moi ?! Je n’ai pas besoin de vous, c’est clair ? »

    J’ai crié. Ma voix s’est élevée suffisamment fort pour que le silence se fasse autour de nous dans le restaurant. Je n’y fais pas attention, mon regard planté dans celui de Tenma-sensei assis face à moi. Je ne fais pas attention à la surprise qui se lit sur son visage, je ne fais attention à rien en dehors du sang qui boue dans mes veines, de mon cœur qui cogne violemment entre mes côtes. Puis, petit à petit, je redescends.

    « Papa… ? »

    La voix de Sora termine de me faire revenir au moment présent et mon regard passe de lui, à Kana puis à son père. Je claque la langue contre mon palais en marmonnant un « Merde » et repousse la chaise derrière moi.

    « Sora, on s’en va. »
    « Mais- »
    « Dépêche-toi. »


    Avant même que quelqu’un puisse me rattraper, je me retrouve à l’extérieur du restaurant, mon fils sur mes talons qui ne comprend pas ce qu’il se passe. Nous nous éloignons le plus vite possible, Sora courant presque derrière moi.

    « Pourquoi on s’en va ? On n’a pas mangé les pizzas et je voulais encore parler avec Kana-onee-chan et je- »
    « Arrête ! Tais-toi ! On rentre, c’est tout ! »


    Je le vois se ratatiner sur lui-même, ne pas comprendre pourquoi je lui crie dessus et ses yeux se mettent à briller de larmes dans la lumière des guirlandes du parc. Merde. Je me passe la main dans les cheveux, tente de respirer calmement puis je m’approche et m’accroupis face à lui.

    « Je suis désolé Sora. Je ne voulais pas te crier dessus. Mais je… Je ne me sens pas bien. Il faut qu’on rentre, je vais me reposer, et ça ira mieux demain. D’accord ? »
    « D’accord… »
    « On ira manger de la pizza, je te le promets. »
    « Une pizza burger ? »
    « Oui, tout ce que tu veux. »


    Il sourit, un peu faiblement, mais il prend ma main et nous quittons le parc au plus vite. Je dois fuir d’ici, m’éloigner de lui et de tout ce qu’il m’a pris. Je dois partir et rentrer chez moi, disparaître, faire partir l’étau qui me comprime la poitrine. Je veux juste me noyer.

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    À l’instant où Watanabe-san ouvrit grand les yeux lorsqu’il mentionna le nom d’Ashton—il renforça inconsciemment ses convictions. Peu importe ce qu’il se passait actuellement dans la tête de ce garçon, il y avait forcément un rapport avec son collègue et Hisao était curieux. Il ne devrait pas. Mais devant le véritable torrent de question qui l’assiégeait, impossible de fermer les vannes. Pour autant, il garda ces dernières pour lui.

    Parce que l’étudiant ne lui laissa, de toute façon, aucun autre choix. Dans son silence et dans son mal-être, Hisao ne se serait pas imaginé une seule seconde que son sang était littéralement en train de bouillir. Les premiers mots fut durs, secs et impitoyables mais—il resta composé, encaissa le refus violent sans broncher. D’un côté, Watanabe-san avait raison. À trop s’inquiéter pour cet étudiant qui semblait tant compter pour Ashton, Hisao avait mordu la ligne. Il ne l’avait pas fait par intérêt ou par curiosité—simplement par empathie. Ce n’était pas la première fois que la vie lui rappelait douloureusement que cette part de lui n’était pas toujours bien accueillie.

    « Ce n’est p— », essaya-t-il de lui répondre aussi calmement que possible, mais il fut devancé par une nouvelle coulée de lave.

    Et pas des moindres.

    Réduit au silence, la sentence fut virulente. Elle lui noua la gorge, le pétrifia sur place alors que son esprit tout entier se vida. Comme trop de fois pour son propre bien et pour celui de son entourage, il avait eu raison. Kana avait apparemment remarqué la différence chez Watanabe-san depuis quelques jours, voire même plus et c’était probablement ce morceau-là qui l’avait empêché de se conforter dans l’idée qu’il ne l’appréciait pas. Mais il l’avait senti. Dans son éternel pessimisme, dans cette façon désolante de penser que les gens lui souriaient pour faire bonne figure mais que personne n’aimait réellement passer du temps en sa compagnie—Hisao l’avait senti venir. L’entendre de vive voix était étrange. La teneur de ses mots l’était elle-même en réalité. Pourquoi voudrait-il le détester ? Ashton avait-il dit quelque-chose sur lui qui aurait pu pousser l’étudiant à chercher de lui-même l’animosité ? Il était perdu. Complètement perdu médusé face à la soudaine perte de contrôle du jeune homme qui se trouvait à côté de lui.

    Le restaurant était incroyablement silencieux. Sentir tous les regards sur son dos ne l’arrangea pas. Comme si le moindre mouvement, le moindre mot serait capable de faire repartir Watanabe-san dans sa torpeur, Hisao resta figé, attendant patiemment que l’étudiant se calme. Et quand son souhait se réalisa enfin, il regretta amèrement ce dernier. Sans lui adresser un seul regard de plus, le jeune père fit signe à son fils de le suivre dans la colère et quitta les lieux sans un mot de plus.

    « Watanabe-senpai ! » Kana tira son père de son état de stase, encore choqué par ce qu’il venait de lui tomber dessus. « Qu’est-ce que tu lui as dit ?! Watanabe-senpai, revenez ! » Elle se leva de sa chaise en panique, se faufilant entre les tables des autres clients pour sortir du restaurant. Revenant brutalement à lui-même, Hisao se leva à son tour—faisant un tour par la caisse pour annuler sa commande avec toute la honte du monde sur ses épaules.

    « Shiro ! Shiro t’es où ?! » L’entendit-il crier à travers la foule de monde à l’extérieur de la pizzeria.

    « Kana », fit-il tout en remettant sa veste, avant de poser une main sur son épaule. « Kana, je crois qu’il faut le laisser. Ça ne sert à rien d’aller le chercher maintenant. »

    « Qu’est-ce que tu lui as dit ?! »

    « J’ai insisté », avoua-t-il en passant une main dans sa nuque, ne réalisant toujours pas complètement ce qu’il venait de se passer. « Il m’inquiétait et je— »

    « Je sais… Moi aussi… Je pensais qu’il te parlerait si son fils n’écoutait pas… » Elle soupira. Au moins, sa fille ne lui en voulait pas pour son geste. « Je ne comprends pas ce qu’il a… »

    Poussant un long soupir, il passa un bras autour des épaules de sa fille pour doucement tapoter son dos. Si l’étreinte visait surtout à la rassurer—en réalité, Hisao se donnait surtout du courage pour la suite. Parce qu’il n’avait certainement pas l’intention de laisser les choses se casser la gueule ainsi.

    Son portable affichait presque dix-neuf heures. Ni trop tôt, ni trop tard. Il s’écarta doucement de Kana pour la regarder et lui tendre les clés de sa voiture.

    « Écoute. Ne t’inquiète pas. Je vais faire ce que je peux pour lui, mais il faut que je passe un coup de fil pour ça », il soupira. Il avait un mauvais pressentiment. « Attends-moi à la voiture, je te rejoins dans pas longtemps. Je vais me rattraper demain, ok ? Je suis désolé. »

    Elle haussa doucement les épaules—peu convaincue, mais plus inquiète qu’autre chose.

    « D’accord. Je t'attends... »

    Sans dire un mot de plus, elle ouvrit le sac à dos de son père pour attraper son propre téléphone portable et se dirigea vers le parking sans se retourner. Hisao était—dépité. Cette journée était supposée bien se passer. Ils auraient dû se détendre ensemble, ne plus penser à tout ce qu’il se passait autour d’eux. Et à la place… Huh.

    Il ouvrit ses contacts et sans se laisser le temps d’y réfléchir, toucha le nom d’Ashton en haut de sa liste. Il ne savait pas si c’était la bonne chose à faire ou non. Il n’en avait sérieusement pas la moindre idée. Mais même l’attente des tonalités ne suffit pas à le préparer lorsqu’il entendit sa voix au bout du fil.

    « Hey—je—je te dérange ? »

    Camoufler son stress : Raté.

    « Non, pourquoi ? Que t’arrive-t-il ? »

    « Je—par où commencer », peut-être aurait-il dû prendre un instant pour essayer de réfléchir à tout ce qu’il comptait lui dire avant d’appeler. Il se pinça doucement l’arête du nez, cherchant ses mots. « Tu as parlé avec Watanabe-san, récemment ? »

    « Non, ça fait un moment qu’il n’est pas venu me voir. Qu’est-ce qui se passe Hisao ? »

    « J’étais avec ma fille au parc d’attraction et je l’y ai croisé avec son fils. Il était—bizarre, je pensais qu’il était juste fatigué. Quand je me suis inquiété, il m’a assuré que ce n’était rien. Sauf que… »

    « Quoi ? Qu’est-ce qu’il a ? Il ne lui est rien arrivé de grave au moins ? »

    « Non. Non, je ne crois pas… » Mis à part la colère noire dans laquelle il était plongé. Hisao soupira. « Je m’inquiétais vraiment. Alors je lui ai reposé la question quand son fils et ma fille ne l’entendaient pas », il n’y avait qu’un seul terme pour coller à ce qu’il s’était passé. « Et il a—pété un plomb. Il est parti en trombe du restaurant, en me hurlant dessus quelque-chose de très étrange. »

    « Pardon ? Mais qu’est-ce que… Je ne comprends rien à ton histoire. Shiro ne peut pas t’avoir crié dessus, c’est impossible ! Où est-il parti ? »

    « Je—je ne sais pas. Je n’ai rien compris mais— »

    Les doutes ressurgirent. Se faisait-il ses films ? Était-ce vraiment la mention d’Ashton qui avait suscité toutes ces réaction chez Watanabe-san ou—ou se trompait-il totalement ?

    « Mais quoi ? Hisao, je t’en supplie, dis-moi ce que— », sans même s’en rendre compte, il l’interrompit.

    « Ashton, est-ce que tu lui as dit—quoi que ce soit sur moi ? Sur nous ? » Demanda-t-il subitement, désespéré de trouver des réponses.

    « Hein ?! Mais non, jamais je n’aurais fait ça ! Et de toute façon il… » Il marqua une pause. « Peu importe, qu’est-ce que ça a à voir dans l’histoire ? »

    Sa poitrine se serra et il prit une grande inspiration.

    « Je lui ai dit que je ne le reconnaissais pas, qu'il était différent et que je m'inquiétais pour lui, qu'il n'avait rien à voir avec le garçon dont tu me parlais et c'est à ce moment-là qu'il s'est mis en colère et m'a dit qu'il n'avait besoin de l'aide de personne, qu'il voulait que j'arrête de l'aider et qu'il voulait me détester », son ton fut un peu plus sec que prévu. « Maintenant, s’il te plaît, réponds à ma question. Sincèrement. »

    À peine les mots eurent-ils passé la barrière de ses lèvres qu’il regretta ces derniers. Il—il ne voulait pas qu’il pense qu’il ne lui faisait pas confiance. Mais… La situation semblait si irréelle qu’il avait l’impression d’être passé à côté de quelque-chose. Qu’il lui manquait une pièce du puzzle et que ni Watanabe-san, ni Ashton n’étaient enclin à lui donner cette dernière.

    « J'ai déjà répondu sincèrement à ta question. Je ne lui ai rien dit sur toi et moi qu'il n'ait pas déjà deviné à l'époque où il n'y avait rien encore. Excuse-moi mais en cette seconde précise, le bien-être de Shiro prend le pas sur notre vie privée, si importante soit-elle. Mon Dieu mais comment... Qu'est-ce qui lui a pris de te dire ça... » Aïe. « Tu es toujours là-bas ? Kana est toujours avec toi ? »

    « D—d’accord, je… Je suis désolé, je suis—juste un peu sur les nerfs », avoua-t-il finalement, soupirant pour évacuer la pression. « Je ne sais pas pourquoi est-ce qu’il m’a dit ça. Je n’ai pas eu le temps de lui demander quoi que ce soit qu’il était déjà parti », il passa une main sur son visage, marchant lentement jusqu’à sa voiture. « Oui, j’y suis toujours. J’allais rentrer. Je crois que lui aussi est rentré chez lui. »

    « D’accord. Je vais essayer de l’appeler. Et au pire, je passerai voir chez lui si tout va bien quand ils seront rentrés », ça ne sonnait clairement pas comme une bonne idée. Mais Hisao le laissa poursuivre. « Toi, ça va ? Et Kana ? »

    « Je pense qu’il veut être seul. Je pense qu’il faut le laisser seul. Pour ce soir, au moins », Hisao avait déjà suffisamment insisté pour le moment. Watanabe-san avait besoin de solitude. Et d’une bonne nuit de sommeil pour se calmer. « Et ma fille va bien. Moi aussi. Ne t’inquiète pas. »

    « Mais si jamais il—s’il va vraiment mal, il faut… »

    « Tu le connais mieux que moi. Je te le déconseille, mais je ne pourrais pas t’empêcher de le faire si tu penses que c’est ce qui est mieux pour lui. »

    « Je— », il aurait dû attendre. Il aurait dû lui dire ces choses de vive voix. Il ne supportait pas le fait de l’entendre aussi déstabilisé sans ne pouvoir être à ses côtés. « Je ne sais pas… Je vais attendre un peu. Merci de m’avoir prévenu. Prends soin de toi et de ta fille. »

    « Je—c’est normal. Tiens-moi au courant, si tu peux… Et merci. Prends soin de toi aussi. »

    Le chemin fut silencieux. Kana ne lui reposa aucune question au sujet de Watanabe-san, pas plus qu’à propos d’Ashton. Les yeux rivés sur son téléphone à la place. Il ignorait si sa fille avait l’intention d’en reparler avec le principal concerné—mais il ne s’en mêlerait plus désormais. Il ne voulait pas mettre l’étudiant encore plus mal à l’aise et il valait mieux qu’Ashton s’en occupe.

    Dans quel état était-il… Il se souvenait de sa voix fébrile au téléphone, de l’angoisse dans son ton qui n’avait cessé de grimper. Il ne voulait pas le laisser seul. Kana était au courant de suffisamment de choses pour ne pas se soucier de sa présence chez eux…

    Alors il attendit d’arriver à la maison, de se poser et de se doucher pour l’appeler de nouveau. L’inviter à passer la soirée chez lui pour qu’il ne la passe pas dans le silence de son appartement. Chose qu’Ashton finit par accepter—et même si cette soirée ne se termina clairement pas sous le signe de la détente, au moins, Hisao savait que l’homme qu’il aimait ne se torturerait pas l’esprit sans que personne ne soit là pour au moins essayer lui changer les idées, et puis—Zootopia était un bon film, non ?

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    désolée ash. je te bisoute quand même.  
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