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 [A-508] Si on rêvait plus fort... [Solo][Terminé]

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Shiro Watanabe
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■ Messages : 709
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[A-508] Si on rêvait plus fort... [Solo][Terminé] TEWzgIo [A-508] Si on rêvait plus fort... [Solo][Terminé] OmmuPHD


Mon personnage
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Shiro Watanabe
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(#) [A-508] Si on rêvait plus fort... [Solo][Terminé]  [A-508] Si on rêvait plus fort... [Solo][Terminé] EmptyVen 18 Déc 2020 - 12:16

Si on rêvait plus fort...
  • Dimanche 23 octobre 2016
  • Nobu Watanabe

  • Dimanche 23 octobre 2016 – 10:12

    « Allo ? »
    « Bonjour Sora, comment vas-tu ? »
    « Nobu-ojisan ! Je vais bien et toi ? »
    « Très bien. Ton père est là ? »
    « Non il est sorti courir. »
    « Il rentre bientôt ? »
    « … Je sais pas. »
    « Quelque chose ne va pas Sora ? »
    « … »
    « Tu peux tout me dire tu sais. »
    « Oui je sais. »
    « Alors que se passe-t-il ? »
    « Papa va pas très bien en ce moment. »
    « Ah bon ? Qu’est-ce qu’il a ? Il est malade ? »
    « Kelly-sensei a dit qu’il avait une peine de cœur et que ça pouvait mettre du temps à guérir. Il est venu le voir l’autre jour, mais il est toujours triste. Il mange pas beaucoup et il sourit plus. »
    « Ça dure depuis combien de temps ? »
    « Je sais pas trop. Quelques semaines. »
    « Dis-lui de m’appeler quand il rentrera, d’accord ? »
    « D’accord. »



    Dimanche 23 octobre 2016 – 17:53

    « Je suis premier ! »
    « Plus pour longtemps, j’arrive derrière toi ! »
    « Aaah ! Je vais gag- Nooooon ! Mais Papa ! »
    « Cherche pas, tu m’auras jamais. »
    « Pffff, t’es nul ! »


    Malgré la moue qu’il affiche, Sora relance pourtant une nouvelle partie. Il y a quelques temps encore, il m’arrivait de le laisser gagner pour l’aider à prendre confiance en lui. Quand il s’en est rendu compte, j’en ai pris pour mon grade et il m’a fait promettre de ne jamais lui faire de cadeaux. Seulement huit ans et c’est lui qui me donne des leçons. Je lui frotte les cheveux et nous repartons dans une nouvelle course sur Mario Kart. Passer du temps avec lui me fait du bien, me permet de me souvenir ce qui est important et essentiel. Surtout après l’épisode horrible d’hier quand j’ai cru l’avoir totalement perdu à l’aquarium. Heureusement il y a eu plus de peur que de mal, mais ça ne m’empêche pas de culpabiliser de ce qu’il s’est passé. A force d’avoir la tête ailleurs, ce sont des choses qui arrivent et je ne veux plus que ça se reproduise. Toutefois, c’est bien plus facile à dire qu’à faire quand il n’y a qu’un vide béant dans ma poitrine depuis le début de la semaine.

    Après deux parties gagnées pour moi, Sora en a marre et je ris en allant faire couler le bain. Alors que je regarde l’eau remplir la baignoire, j’ai un bref moment d’absence pendant lequel je me remémore, pour la énième fois, ma dernière conversation avec Kelly-sensei. Voilà une semaine que cette dernière tourne en boucle dans ma tête sans que je ne parvienne à savoir si les choses auraient pu être réellement différentes. Si elles auraient pu être évitées. Mais j’ai beau y réfléchir, je n’arrive pas à trouver de bonne conclusion. Je soupire et sors de ma rêverie pour aller m’activer dans l’appartement : ranger ce qui traîne sur la table basse, mettre la vaisselle dans l’évier, préparer les vêtements pour le lendemain, jeter un œil sur l’ordinateur pour vérifier que je n’ai pas de nouveau message… J’envoie finalement mon fils se laver et je m’apprête à le rejoindre quand mon portable sonne. Je grimace en voyant le nom de mon frère. Comprenant que je ne pourrai pas l’éviter encore longtemps, je décroche.

    « Ah bah enfin ! Sora ne t’a pas dit de me rappeler ? »
    « Salut Nii-san. Si, il me l’a dit. Mais j’ai été occupé aujourd’hui, et ça m’est sorti de la tête, désolé. »
    « Qu’est-ce qui peut bien te tenir occupé tout un dimanche ? »
    « J’avais des devoirs de gestion à bosser, ça m’a pris du temps. Tu vas bien ? Et la famille ? »
    « Tout le monde va bien, oui. Et toi ? »
    « Ça va. »
    « Shiro. Pas de ça avec moi. Sora m’a dit que tu n’allais pas bien. »
    « Ce gosse parle trop. »
    « Je pense surtout qu’il s’inquiète pour toi. Il parait qu’un certain Kelly-sensei t’a diagnostiqué une peine de cœur. »


    Il y a un sursaut douloureux dans ma poitrine et je me sens blêmir. Je confirme, Sora parle trop, même si je peux comprendre qu’il s’inquiète. Il me faut quelques secondes pour encaisser ce que vient de dire mon frère aîné. Je ne m’attendais pas à entendre son nom dans sa bouche.

    « Shiro ? »
    « Oui, désolé, c’est juste que… Ecoute, ne t’inquiète pas pour moi. Je gère. »
    « Ouais, bien sûr, ça s’entend à ta voix. Me prends pas pour un abruti Shiro. Qu’est-ce qu’il se passe ? »


    Nouveau silence. Je peux entendre la respiration de Nobu de l’autre côté du téléphone et mon cœur résonne par-dessus. Je me laisse tomber dans le pouf en me passant la main sur le visage. Même si nous n’avons jamais été très proches quand nous étions plus jeunes, nous nous sommes beaucoup rapprochés ces dernières années, notamment ces derniers mois depuis l’AVC de notre mère. Je crois qu’il a à cœur de s’assurer que je m’en sorte sans elle. Il sait que j’ai toujours été très fusionnel avec elle et que son absence me pèse plus souvent qu’à lui. Il ne me lâchera pas aussi facilement.

    « Je suis tombé amoureux de la mauvaise personne. C’est tout. »
    « C’est tout… Vu le ton de ta voix, ça a l’air plus grave que ça. Raconte-moi. Pourquoi de la mauvaise personne ? »
    « C’est… compliqué. »
    « En quoi ? »


    Comment dire à mon frère que je suis tombé amoureux d’un homme ? Même si ma famille a toujours été très ouverte sur la question, c’est toujours différent de constater que cela se trouve près de nous. J’ai déjà du mal à le réaliser moi-même parfois, alors Nobu ? Nous n’avons jamais parlé de ça ensemble lui et moi et ça me terrifie. Alors je me cache derrière autre chose.

    « Cette personne aime quelqu’un d’autre. Je… me suis rendu compte que je l’aimais au moment même où j’apprenais ses sentiments pour un autre homme. Et… »

    Ma voix se brise un instant tandis que je sens les larmes me monter de nouveau aux yeux. Je réalise alors qu’en parler à mon grand frère me fait étrangement du bien et je craque de nouveau, sans prévenir.

    « Et ça fait mal Nii-san. Ça fait vraiment mal. »

    Ma main se crispe sur mon t-shirt et je me mets à pleurer. Les vannes s’ouvrent brusquement et je tente de parler à travers mes sanglots.

    « Hey, Shiro, qu’est-ce qui t’arrive ? »
    « Désolé, je… »
    « Respire. Essaye de te calmer et dis-moi ce qui s’est passé, d’accord ? »
    « O-Oui… »


    Alors je fais ce qu’il me dit tandis que les sanglots continuent d’entrecouper ma respiration à intervalles irréguliers. J’ai de nouveau la sensation d’un poids sur ma poitrine et il me faut un moment pour parvenir à retrouver ma voix pendant que Nobu me dit des mots de réconfort. Quand je pense en être capable, je reprends la parole :

    « Je… Je lui ai parlé en début de semaine et ça ne s’est pas bien passé du tout. Nous nous sommes disputés et… Et je ne sais plus où j’en suis, je ne sais plus quoi faire pour oublier ça et aller mieux. J’ai l’impression de ne plus savoir respirer, de ne plus savoir comment avancer. Ça me fait mal. Dis-moi ce que je dois faire s’il te plait… »

    Un silence me répond et j’écoute la respiration de mon frère alors qu’il prend conscience de mon état. La dernière fois qu’il m’a vu pleurer c’était à l’hôpital après l’AVC de notre mère, et même là, je suis resté plus fort que maintenant.

    « Pourquoi vous vous êtes disputés ? Il s’est passé quelque chose de particulier ? »
    « Elle… »


    Je me mords la lèvre en prononçant ce mot. Mentir à mon frère est difficile, faire passer Kelly-sensei pour une femme l’est encore plus, mais je ne me sens pas capable de lui dire la vérité. La peur du jugement est bien présente et bien que j’aie à cœur de dire que je me fiche de l’avis des gens, ce n’est pas le cas de celui de mon frère. Je sais que je ne m’en relèverai pas s’il me rejetait pour ça. Alors après quelques secondes d’hésitation, je prends ma décision, aussi honteuse soit-elle.

    « Elle s’inquiétait pour moi. Depuis fin septembre je n’arrivais plus à lui faire face, je n’arrivais plus à aller déjeuner avec elle alors que c’était une habitude que nous avions prise depuis déjà plusieurs mois. Et… Elle s’inquiétait juste pour moi, elle est venue me parler, je lui ai assuré que tout allait bien mais ce n’était pas vrai. J’ai trop bu et j’ai fini par lui avouer mes sentiments. Je n’aurais pas dû. »
    « Toi ? Tu as bu ? Shiro, tu sais que tu ne tiens pas l’alcool… »
    « Je sais ! Mais… Mais j’étais perdu et… Enfin bref. Nous nous sommes revus lundi et… J’ai été forcé de lui dire la vérité, que je l’aimais, que je savais très bien que ce ne serait jamais réciproque mais que je ne pouvais pas m’empêcher de l’aimer. Que je détestais le type qu’elle aime parce qu’il l’a fait souffrir, parce qu’il l’arrache à moi et… Je me sens tellement égoïste de penser tout ça. »
    « Et qu’a-t-elle dit ? »
    « Rien de ce que j’aurai aimé entendre. Ses sentiments pour moi n’ont rien à voir avec les miens. Ils ne sont pas partagés et ne le seront jamais. Je me suis énervé parce que je n’ai eu que du rejet de sa part, que je n’ai eu aucune chance de pouvoir lui prouver quoi que ce soit et- »
    « Shiro. Si quelqu’un venait te voir demain pour te faire une déclaration, serais-tu capable de l’accepter ? De lui donner une chance ? »
    « Quoi ? Non, mais- »
    « C’est pareil ici. Comment peux-tu lui demander de t’en donner une alors que ses sentiments vont à quelqu’un d’autre ? Aurais-tu vraiment souhaité qu’elle te donne une chance en sachant pertinemment qu’elle aime un autre mec ? C’est ça que tu aurais voulu ? »


    Le silence répond à mon frère alors que je prends la pleine mesure de ses mots. Bien sûr que ce n’est pas ce que je veux, mais j’ai envie de croire que j’aurai pu le rendre heureux et lui faire oublier le mal que lui a fait Tenma-sensei. Je veux vraiment y croire…

    « Tu ne peux pas demander ça à quelqu’un Shiro. Tu le sais. Je sais que tu le sais. »
    « Oui, mais… »
    « Ecoute. Aussi douloureux que ce soit, tu ne peux pas forcer qui que ce soit à t’aimer en retour. Et crois-moi, je le sais. Mais il faut que tu ailles de l’avant, il faut que tu oublies cette fille. D’accord ? »
    « Comment ? Dis-moi comment faire Nii-san s’il te plait. Parce que ça fait des semaines que j’essaie de ne plus y penser, de l’effacer de ma tête, mais son visage revient sans cesse et ça me fait mal. Comme jamais ça m’a fait mal avant. »
    « Je ne sais pas. Je suis désolé Shiro, je n’en sais rien. Mais s’il y a bien une chose que je sais, c’est que ton fils s’inquiète pour toi et que tu dois être fort pour lui. Ok ? »
    « Oui… Je sais… Mais… Je n’arrive déjà pas à être fort pour moi-même. »
    « Tu te souviens ce que Maman t’a dit quand Hana t’a quitté ? « Ce qui reste c'est un cœur brisé éparpillé comme du verre. Il manque des morceaux, et ce qui reste ne s'assemble plus comme avant. Mais malgré tout, il bat, parce que peu importe ce qui a été volé, peu importe ce qui est perdu, il doit continuer. A survivre. » Tu t’en souviens ? »


    Oui, je m’en souviens. J’avais seize ans et demi et je venais d’avoir le cœur brisé pour la première fois de ma vie. Hana venait de me quitter à cause de la pression familiale et j’avais eu beau tenter de la convaincre de ne pas faire ça, c’était déjà trop tard. Je me souviens avoir pleuré dans les bras de ma mère, dans sa chaleur si rassurante, alors qu’elle prononçait ces mots. Je ne savais pas que Nobu était là et qu’il écoutait. Les entendre à nouveau me fait cesser de pleurer, comme si c’était elle qui les avait de nouveau chuchotés à mon oreille.

    « Oui… Je m’en souviens. »
    « Tu t’en es sorti après ça, mieux que quiconque aurait pu l’imaginer à ce moment-là. Tu as fini le lycée, tu as assumé ton fils alors que tu n’avais même pas dix-sept ans. Tu t’es relevé et tu as avancé, parce que c’est ce que tu as toujours fait. Ces mots… Ils sont encore vrais aujourd’hui. Je sais que c’est dur mais tu es fort Shiro, je sais que tu peux te relever de ça aussi, d’accord ? »


    Je hoche la tête avant de me souvenir qu’il ne peut pas me voir.

    « Oui… »
    « Essaye d’avancer. Ecoute, j’ai pas mal de boulot en ce moment, donc je ne peux pas venir te voir, mais dès que ça se tasse, je fais la route jusqu’à Kobe. »
    « T’es pas obligé. »
    « Non, mais je le ferai quand même. On ne s’est pas vu depuis cet été, ça ne pourra pas te faire de mal d’avoir ton grand frère pour te botter les fesses. »
    « Tu peux essayer. Je suis toujours plus grand que toi aux dernières nouvelles. »


    Son rire est contagieux et je l’accompagne, bien que le cœur n’y soit pas totalement. Ça me fait du bien de l’entendre, même s’il ne trouve pas totalement les mots pour m’aider. Je ne lui en veux pas, ce n’est jamais facile, sa présence est suffisante. Nous échangeons encore quelques mots avant qu’il ne raccroche pour aller s’occuper de ses propres enfants. Je reste silencieux pendant un instant, regardant mon téléphone éteint dans ma main. Je ne sais pas quand est-ce qu’il viendra, mais je sais qu’il le fera. Si ça ne tenait qu’à lui, il prendrait la route dès ce soir pour venir, mais il ne peut pas, car il a une famille et un travail. Je sais qu’il s’en veut sûrement cet idiot.

    « Papa ? Tu viens ? »
    « J’arrive. »


    Je pose mon portable et m’essuie les yeux avant de rejoindre la salle de bain pour aller me baigner avec mon fils.

    Jawn pour EPICODE



    ---------------------------------

    [A-508] Si on rêvait plus fort... [Solo][Terminé] Shiro%20-%20signature
    Merci à Hisao pour ces magnifiques avatars et signatures ♥



    Dernière édition par Shiro Watanabe le Ven 4 Juin 2021 - 10:30, édité 1 fois
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    Shiro Watanabe
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    (#) Re: [A-508] Si on rêvait plus fort... [Solo][Terminé]  [A-508] Si on rêvait plus fort... [Solo][Terminé] EmptyVen 4 Juin 2021 - 10:24

    Si on rêvait plus fort...
  • Samedi 5 novembre 2016
  • Nobu Watanabe

  • Samedi 5 novembre 2016

    « T’as l’air aussi mort qu’un rat crevé. »
    « Moi aussi je suis content de te voir. »


    Nobu sort de sa voiture, me regarde de façon inquisitrice, me mettant presque mal à l’aise. Il faut dire que je n’ai pas très fière allure. Même si j’ai pris une douche pour donner l’impression d’être en meilleure forme, le réveil chez les Gallagher ce matin a été difficile. Quand j’ai ouvert les yeux sur le canapé de Léo, j’ai cru pendant un instant m’être fait rouler dessus par un poids-lourd. Alors je peux concevoir que même après m’être rafraichi, mon frère puisse rester perplexe face à moi. Après quelques secondes, il m’attire à lui et me sert dans ses bras. La surprise passée, j’enfouis mon visage dans son cou et m’accroche à lui, comme s’il était une ancre dans la tempête. L’odeur familière du pin, des livres et de la pistache s’impose à moi immédiatement. Mais surtout, il a l’odeur de la famille et de la maison, et c’est tout ce dont j’ai besoin à cet instant. Nobu ne dit rien et attend simplement que je me détache de lui. Il me sourit en venant frôler l’entaille et les strips sur mon front.

    « Qu’est-ce qui t’est arrivé ? Tu t’es battu ? »
    « Non. Juste un accident bête. »
    « Suis-je étonné ? Non pas vraiment. »
    « Pfff. »
    « Il va falloir qu’on parle toi et moi. »


    Ajoute-t-il sur un ton plus sérieux. Je détourne le regard quand il rit, puis il ferme la portière, récupère son sac sur le siège arrière et nous prenons la direction de chez moi. Quand j’entre dans le hall de l’immeuble, mon cœur se met à battre la chamade sous l’adrénaline. Je sais qu’il n’est pas là puisque sa voiture n’était pas sur le parking, mais cela ne m’empêche pas de ressentir cette crainte de le croiser à tout moment. Un bref regard vers l’ascenseur encore en panne et nous montons l’escalier jusqu’au cinquième étage sous les grommellements de Nobu qui se trouve déjà épuisé par le trajet en voiture. La porte d’entrée est à peine ouverte qu’un boulet de canon fonce dans les jambes de mon frère.

    « Nobu-ojisan !!! »
    « Hop-là ! Sora ! »


    Nobu laisse tomber son sac pour soulever son neveu dans ses bras, heureux de le revoir. Il faut dire que ça fait un petit moment que nous ne nous sommes pas vus. Mon fils se met à parler très vite de tout et n’importe quoi, racontant sa soirée chez son copain d’abord, puis de l’école, du dernier jeu auquel il a joué, de son dessin animé préféré… Pas de doute, la génétique ne peut pas être remise en cause quand il se lance ainsi dans un monologue. Nobu ponctue certaines de ses phrases par quelques onomatopées, montrant son intérêt à l’enthousiasme du garçon. De mon côté, je m’amuse à les regarder tout en amenant le sac de mon frère dans le salon et en lui servant un verre de sirop avant de m’asseoir face à eux. Sora continue sur sa lancée, demande quand est-ce qu’il verra ses cousins, se désole qu’ils soient encore si petits, disparait dans la chambre avant de revenir pour montrer son dernier jeu préféré. Pendant tout ce temps, je me contente de les observer et d’ajouter quelques mots quand c’est nécessaire. Parce que même si mon fils est très doué pour changer les idées des gens, mon esprit fait des raccourcis quand il se dit que Sora a bien grandi et qu’il se rappelle ce soir où il est allé voir Kelly-sensei pour lui demander de l’aide parce que j’étais malade. Un voile de honte passe dans mes yeux et je disparais un instant dans mon propre verre, ce qui n’échappe pas à mon aîné.

    La journée se passe bien. Nous décidons de quitter l’appartement pour aller déjeuner dehors, mon frère insistant pour nous inviter. Malgré quelques petites pluies, il fait beau et ça nous permet de profiter d’une longue balade sur le bord de mer, puis en ville. Nobu ne me pose aucune question sur notre appel de début de semaine mais je sais que ça ne tardera pas. La présence de Sora éloigne le moment fatidique pour mon plus grand bonheur, mais ce qui n’est pas spécialement bon pour mon stress qui continue de grimper en flèche à chaque minute qui passe. Par moment, je ne parviens plus à être dans le moment présent, laissant mon esprit vagabonder sur la façon d’expliquer les choses à mon frère, en vain. J’ai beau me passer tous les scénarios possibles et imaginables, je n’arrive pas à savoir comment il pourrait réagir à ce que je vais pouvoir lui dire. Car même si je lui ai déjà dit une grosse partie de l’histoire, je lui ai menti sur le plus important et la culpabilité me ronge toujours. S’il pense que c’est d’une fille que je suis tombé amoureux, comment réagira-t-il en apprenant que c’est un homme de plus de quinze ans mon aîné ? Cette pensée me fait me renfrogner et j’enfonce les mains dans les poches de mon manteau avant de rejoindre Nobu et Sora en train de s’extasier devant la vitrine d’un magasin de jouets.

    « Tu vas me dire ce qui ne va pas maintenant ? »

    Demande mon frère tandis que nous sommes tous les deux posés sur le petit balcon de mon appartement. Nobu fume sa cigarette malgré mon jugement silencieux sur la question. La soirée a été tranquille, nous avons mangé le délicieux curry qu’il a préparé et Sora s’est endormi rapidement après l’après-midi mouvementé. Appuyé sur la rambarde, mon regard se pose naturellement sur le parking où la voiture de Kelly-sensei est toujours absente. Je ne peux m’empêcher de me demander où il se trouve, tout en connaissant déjà la réponse.

    « La semaine a été compliquée. »

    Le mois serait plus exact. Son regard se pose sur mon front.

    « J’ai cru comprendre oui. »

    Je grimace en venant frôler ma blessure par réflexe. C’est encore légèrement douloureux, mais le cocard a commencé à changer de couleur.

    « Une brosse à craies est tombée de la fenêtre au-dessus de moi lundi. Je te l’ai dit, un accident bête. »
    « La… Quoi ? »


    Il me regarde, hébété, avant d’exploser de rire. Je ne peux m’empêcher de sourire, tout autant amusé. Même moi je dois admettre que c’est ridicule comme anecdote à raconter.

    « Chuuuut ! Tu vas réveiller Sora ! »
    « Pardon, pardon. Mais tu dois avouer que c’est pas banal comme accident. »
    « Oui, merci, je suis au courant. On s’est déjà bien assez foutu de moi comme ça. »


    Je bois une gorgée de mon coca pendant qu’il essaie de se calmer, mais il se remet à pouffer dès qu’il regarde ma blessure. Je lève les yeux au ciel.

    « J’imagine que ce n’est pas la seule chose qui t’est arrivée cette semaine si ça c’était lundi. »
    « Non. »


    Mon expression se fait soudain plus renfermée et plus sérieuse. Si mercredi a été une bonne journée passée avec Elizabeth, repenser à la fin de journée d’hier me donne des frissons. Nobu remarque rapidement mon changement d’attitude et se redresse.

    « Shiro. Tu peux me parler tu sais ? Je te l’ai déjà dit. »

    Je hoche la tête mais ne dis pourtant rien, regardant le contenu de mon verre. Pour lui parler de ce qu’il s’est passé hier soir, je dois lui dire la vérité et celle-ci me fait mal au cœur tout autant qu’elle me terrifie. Et si mon frère ne l’acceptait pas ? Et s’il me rejetait, tout comme Kelly-sensei l’a fait ? Et s’il me jugeait ? Je crois que je ne pourrai pas me relever d’une telle chose. Ce serait encore plus douloureux que tout ce que j’ai pu vivre ces dernières semaines.

    « Je suppose que c’est en rapport avec la fille que tu aimes ? »

    Mon corps se tend et je blêmis avant de détourner les yeux, confirmant indirectement sa supposition. Il soupire et pose sa bière sur la petite table du balcon, comme pour se préparer à la discussion difficile qui s’annonce. Je dois lui dire, je le sais. Il faut qu’il sache la vérité, sinon rien de tout ça n’aura de sens. La nervosité me gagne et je fais tourner mon verre entre mes doigts, terrifié.

    « Ecoute, je sais que les peines de cœur c’est compliqué à vivre, mais tu- »
    « C’est pas une fille. »


    Les mots m’ont échappé si vite que je réalise à peine que je les ai prononcés à voix haute. Ils sont comme un couperet dans le silence qui s’installe brusquement entre nous, dans la fraîcheur de la soirée. Le regard de mon frère se fait incompréhensif, comme s’il n’était pas sûr d’avoir bien entendu ce que je venais de dire. De mon côté, j’ai quitté mon appui sur la rambarde mais je me renfrogne encore davantage, cherchant à disparaître dans mes propres épaules et regrettant déjà mes propres mots.

    « Quoi ? »
    « Euh… Je… Ce n’est pas une fille… Dont je suis… amoureux… »


    Ma voix se fait plus faible à chaque pause et j’attends le verdict, tétanisé.

    « Tu es… amoureux d’un mec ? »

    L’incompréhension est plus que perceptible dans sa question.et je me renfrogne encore un peu. Je sens bien qu’il tente d’assimiler l’information avec difficulté, davantage quand je hoche la tête pour confirmer. Le choc se lit sur son visage et il se laisse aller contre le mur, hébété, continuant de me regarder comme pour vérifier que je ne cherche pas à lui faire une blague de mauvais goût.

    « Mais… Tu es sûr ? Je veux dire… Tu es… gay ? »
    « Hein ? Non. Enfin. Je crois pas. Mais oui, je suis sûr. De l’aimer, lui. »


    Je pique un fard et me passe une main dans la nuque, nerveux. Avouer ce genre de choses à mon frère est loin d’être facile.

    « J’ai fait des recherches sur tout ça et… Je sais pas ce que je suis, ok ? J’ai… Je pensais pas que je pouvais être attiré par les hommes, mais… Le fait est que je suis amoureux et que j’arrive pas à me le sortir de la tête. Que je pense sans cesse à lui, tu vois ? Je sais pas si c’est juste lui ou si c’est les autres mecs aussi. J’ai… »

    Je me mords la lèvre et détourne le regard dès que je repense à cette soirée passée avec Milan. Mon trouble doit se voir car Nobu me regarde avant de poser une question qui me met mal à l’aise.

    « Mais… Tu as déjà… couché avec un mec ? »

    Je rougis de nouveau et détourne le regard, ce qui est une réponse suffisante en soi. Une expression étrange passe sur le visage de mon frère, que je ne suis pas certain de bien comprendre. Toutefois, le trouble est bien là, la surprise et l’incompréhension aussi. Il s’assoit sur l’une des chaises.

    « Avec lui ? »
    « Non. Je te l’ai dit, il m’a repoussé. Il en aime un autre. »


    Cette seule pensée ramène un peu de colère dans mes veines, fait remonter les souvenirs de la veille à la surface et je serre les poings en repensant à mon face-à-face avec Tenma-sensei. J’ignore ce que Nobu voit à ce moment-là, mais il doit sûrement percevoir ma douleur car il semble se détendre légèrement face à moi, même si le choc est toujours perceptible.

    « Tu… Je te dégoûte pas ? »
    « Me dégoûter ? Pourquoi tu me dégoûterais ? »
    « Bah… Parce que j’aime… un homme ? »


    Il ne répond pas tout de suite et se contente de m’observer. Nos regards se croisent et, encore une fois, je fuis la confrontation visuelle, incapable de la soutenir. Le silence s’impose, pesant, entre nous et j’attends. Puis Nobu soupire et je relève la tête pour le voir se passer la main dans les cheveux avant de retirer ses lunettes pour se presser l’arête du nez.

    « Ecoute, je mentirai en disant que ça me surprend pas. Je m’attendais pas du tout à ça. Il me faudra du temps pour m’y faire, c’est sûr. Mais je veux pas faire partie de ces cons qui foutent leur frère ou leur gosse à la porte parce qu’il sort de ce qu’on appelle la norme, d’accord ? Tu restes mon frère. Oui c’est sûr, je comprends pas vraiment. Surtout que t’as jamais montré d’attirance pour un mec en vingt-cinq ans. Enfin je crois pas… Ou alors j’ai rien vu du tout. Mais du coup, ça me rend curieux, tu es bi ? Je veux dire, t’aimes toujours les femmes ? »
    « Hein ? Oui ! C’est juste que… Je sais pas ce que je suis en fait. T’as raison, j’ai jamais regardé d’autres mecs. Enfin, pas… comme ça quoi. Je suis pas gay, et peut-être que je suis bi, ou  peut-être que je suis autre chose, genre… pansexuel ? Ou un truc comme ça. »
    « Pan-quoi ? »
    « Pansexuel. J’ai vu que c’était quand on était pas vraiment attiré par un genre mais plutôt par la personnalité de quelqu’un. J’avoue que j’ai pas tout compris. Peut-être que c’est ça en fait. Peut-être que je suis tombé amoureux pour ce qu’il est plutôt que parce que c’est un homme ? On a passé tellement de temps ensemble, et j’adore être avec lui, parler avec lui, lui raconter des trucs. Il m’écoute tout le temps, se plaint jamais quand je parle trop. Il est gentil et drôle. Et… Et je sais pas. Je suis paumé Nii-san. »
    « Pourtant tu m’as dit que tu avais couché avec un autre mec. Mon dieu, c’est tellement bizarre de dire ça. »


    Ajoute-t-il en portant la main à son visage, ses joues légèrement rougies par la gêne que ces mots confèrent. De mon côté, je commence à faire les cent pas sur le balcon.

    « Oui. C’est vrai. Milan m’attirait sur le moment, il était là, il était beau et… Peut-être que c’est juste la curiosité qui m’a poussé à le faire ? Ou parce que j’étais triste ? J’en sais rien. Vraiment. Je n’en sais strictement rien. Tout ce que je sais, là maintenant, c’est que de toutes façons, le type que j’aime ne veut pas de moi et qu’il aime quelqu’un d’autre. Qu’il me voie comme un simple gosse, un gamin qui pourra jamais lui apporter ce que lui apporte son mec. »
    « T’as pas l’air de le porter dans ton cœur. Tu le connais ? »
    « Oui. C’est… une longue histoire. »
    « Je suis tout ouïe. »


    Je m’arrête de marcher et regarde Nobu qui attend que j’aille plus loin dans mes explications. Le soulagement de savoir qu’il le prend mieux que prévu m’aide à y voir plus clair, néanmoins, j’ignore s’il réagira de la même façon en apprenant l’autre point important.

    « Il y a… autre chose… que tu dois savoir ? »
    « Quoi ? »


    Mes mains viennent se tordre l’une l’autre, tandis que je fuis, pour la énième fois, le regard de mon frère.

    « C’est… le médecin scolaire. »
    « Quoi le médecin scolaire ? »


    Demande-t-il sans comprendre où je veux en venir. Ce qui rend les choses encore plus compliquées.

    « Le gars… que j’aime. C’est le médecin scolaire. »
    « Hein ? Mais… Il a quel âge ? C’est un jeune médecin ? »
    « Non… Il a… quarante-deux ans. Bientôt. »


    Dis-je en le regardant pour scruter sa réaction. Celle-ci ne tarde pas à venir et il se relève d’un bond.

    « Quoi ?! Tu aimes un type de quarante ans ?! »
    « Oui… »
    « Mais t’es complètement con ?! »
    « Hey ! Non, je- »
    « Putain Shiro, il pourrait être ton père ! Mais qu’est-ce que t’as dans le crâne ? Que t’aimes un mec, à la limite, je peux le concevoir – même si c’est toujours très bizarre dans ma tête, sache-le – mais un mec qui a presque le double de ton âge ?! »
    « Alors techniquement, il a seulement dix-sept ans de p- »
    « Mais on s’en fout ! Ça revient au même ! »


    Nobu s’est mis à faire les cent pas à son tour sur le balcon. S’il a haussé le ton, il ne crie pas, sachant très bien que Sora dort à l’intérieur et que n’importe qui pourrait nous entendre dehors en tendant un peu l’oreille. Me souvenant que cet immeuble est rempli de membres du personnel de la fac, je me dirige vers l’intérieur de l’appartement, talonné de près par mon frère. Je referme la baie vitrée au moment où il pose sa main sur mon épaule pour me forcer à lui faire face. De la colère a pris place dans ses yeux et, même si j’ai toujours été le plus grand en taille, c’est moi qui me sens soudain le plus petit des deux.

    « Est-ce qu’il t’a fait du mal ? Il t’a forcé à quelque chose ? »
    « Quoi ?! Mais non, pas du tout ! Il m’a forcé à rien ! Où est-ce que tu vas chercher ça ? »
    « Il a bien dû faire quelque chose pour que tu tombes amoureux d’un type de son âge ! Shiro, tu me le dirais hein ? »
    « Je te dis qu’il ne m’a rien fait. C’est plutôt moi le fautif dans l’histoire. »


    Répliqué-je en repoussant sa main pour me diriger vers la cuisine et me laver les mains, dans un geste davantage nerveux que nécessaire.

    « Comment ça c’est de ta faute ? Qu’est-ce que tu as fait ? »

    Il m’a suivi, restant dans l’encadrement de la porte. Je stoppe mon geste et me mords lèvres et joues, tout en contenant difficilement le dégoût de moi qui me tenaille encore depuis hier soir.

    « Shiro. »

    Le ton qu’il emploie est dur et m’invite fortement à dire ce qui ne va pas. Je lève des yeux humides de honte vers lui. Finalement, nous nous retrouvons sur le canapé et je lui raconte tout ce qu’il s’est passé depuis ce fameux jour de septembre où j’ai compris mes sentiments pour Kelly-sensei. Je lui parle de son état désastreux après le départ de Tenma-sensei, de mes larmes, de ma tentative de distance entre le médecin et moi, de cette soirée au parc d’attraction avec le psychologue qui s’est très mal terminée, du mon état lamentable quand Kelly-sensei m’a ramassé dans le hall de l’immeuble, de ce baiser volé, de la discussion qui a suivi et des mots qu’il m’a dits, puis enfin de la soirée d’hier. Je lui raconte tout et je suis incapable de dire à quel moment les larmes se mettent à couler. Pendant tout ce temps où je parle, Nobu ne m’interrompt pas, sauf pour me demander une précision ici et là sur quelque chose qu’il a mal compris. A un moment, quand je lui dis que Kelly-sensei est mon voisin, son regard descend par réflexe vers le sol, comme s’il pouvait voir à travers.

    Quand je termine de parler, j’ai la bouche sèche et l’impression qu’un poids énorme s’est retiré de ma poitrine. Comme si tout raconter sans le moindre filtre venait de me permettre de me libérer d’une charge que je n’avais pas conscience d’avoir. Le silence se fait, pendant lequel Nobu semble réfléchir à tout ce que je viens de lui dire tout en assimilant les choses une et à une. Il fait bouger doucement sa bière dans sa main, songeur. De mon côté, je n’ose pas briser cet instant de flottement. Comme si je pouvais faire tout exploser d’un simple mot. Au final, mon frère soupire et se passe la main sur le visage.

    « Je comprends mieux la situation. Ecoute. Je comprends que tu souffres, vraiment, et ce que je vais dire ne va pas être facile. Mais ils ont raison, tous les deux. »

    Evidemment, j’en ai le souffle coupé. Même si vue sa réaction de tout à l’heure, je n’en attendais pas moins de lui, ça ne veut pas dire que c’est agréable pour autant.

    « D’une part, la différence d’âge est trop grande pour qu’une quelconque relation saine puis en ressortir. Je sais que tu le sais au fond de toi. Vous avez littéralement le même écart que toi et Sora. Tu réalises ? De plus, comme je te le disais la dernière fois au téléphone, tu ne peux pas forcer quelqu’un à t’aimer. »
    « Je sais. Mais- »
    « Mais ça fait mal, oui. Et tu finiras par t’en remettre. Je t’assure. Tu penses que jamais rien ne pourra te le faire oublier, que tu ne pourras jamais aimer quelqu’un d’autre comme tu l’aimes, mais c’est faux Shiro. Ça prendra du temps c’est tout. C’est une phrase clichée, je le sais, mais elle est vraie. »
    « T’as déjà vécu ça ? »
    « Oui, une fois. A la fac, j’étais amoureux d’une fille. Elle m’a brisé le cœur et j’ai pensé à l’époque que je m’en remettrai jamais. Huit mois après je rencontrais Tsubaki. Aujourd’hui on est marié et on a deux garçons. Tu penses que tu ne mérites probablement pas le bonheur et l’amour, mais c’est le cas. T’es un gars génial Shiro et la personne qui passera sa vie à tes côtés aura énormément de chance. »


    En disant cela, il pose sa main sur mon épaule en souriant et l’émotion me gagne rapidement. Je fais mine de me renfrogner, gêné par ces compliments fraternels et rougis, tel un tsundere tout droit sorti d’un shojo. Il se moque gentiment de moi avant de reprendre.

    « Quant à ce qui t’est reproché, et bien… J’imagine que tu n’as plus qu’à aller t’excuser. Je dois admettre qu’au premier abord, j’aurai pas vu ça comme un délit non plus mais… Ce Tenma-sensei n’a pas tort. Je sais que tu feras ce qu’il faut pour arranger les choses, quand tu seras prêt à le faire. D’accord ? »
    « Oui… »
    « Bien. Et maintenant dis-moi, ça fait quoi de coucher avec un mec du coup ? »


    Je ne m’attendais clairement pas à cette question et je rougis encore avant qu’il n’éclate de rire. Ça permet de rapidement détendre l’atmosphère et le reste de la soirée se déroule sur une note un peu plus légère.

    Nobu reste jusqu’au dimanche soir, assez tard. Nous passons notre dimanche après-midi au zoo, les entrées gentiment offertes par mon frère, et je réalise très rapidement que je me sens beaucoup plus léger d’avoir pu lui dire tout ce que j’avais sur le cœur. Savoir qu’un membre de ma famille est au courant et me soutient me fait du bien. J’ignore encore si je parlerai de cette nouvelle sexualité à mon père, mais pour le moment je ne souhaite pas y penser. Au moment de la séparation, je serre fort mon grand-frère dans mes bras en le remerciant d’avoir fait le déplacement jusqu’ici. Sora est un peu triste également mais son oncle lui rappelle que nous nous reverrons tous pendant les fêtes de Noël, ce qui suffit à le refaire sourire. En reprenant le chemin de chez moi, mon regard glisse vers la place de parking toujours vide, sans pouvoir s’en empêcher. Mon cœur se serre encore et je rentre.

    Jawn pour EPICODE



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    [A-508] Si on rêvait plus fort... [Solo][Terminé] Shiro%20-%20signature
    Merci à Hisao pour ces magnifiques avatars et signatures ♥

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