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 Ain't worth my blackout tormented love

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Hisao Tenma
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Hisao Tenma
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(#) Ain't worth my blackout tormented love  Ain't worth my blackout tormented love EmptyDim 3 Jan 2021 - 14:18

Vendredi 4 novembre

Ce n’est pas une bonne journée. Trop stressante, bien plus que les précédentes et surtout—sans aucune putain de raison. Ce n’est pas la faute de ses patients – ce n’est jamais la faute de ses patients – ni celle de Katariwa-san ou de n’importe quel autre collègue qui l’aurait ennuyé. Il est juste tendu parce qu’il est comme ça. Heureusement pour lui, il a Kana pour lui tenir compagnie le midi, lui raconter des tas de choses et lui changer les idées comme elle sait si bien le faire. Heureusement pour lui, il a Ashton qui n’a juste qu’à exister et à se tenir dans son champ de vision pour que tout aille mieux.

Au moins—il va pouvoir relâcher la pression ce soir. Comme chaque vendredi, il a rendez-vous avec sa psychologue à dix-huit heures. Ce qui signifie qu’il a largement le temps d’aller récupérer ce sac qu’il a oublié chez son compagnon – et qui contient son chéquier – avant de devoir y aller. Problème ; il est stupide. Ou plutôt, Ashton le rend stupide. Parce qu’il reste chez lui pendant presque une heure et ne voit pas le temps passer à ses côtés. Au début, ce n’est que parce qu’ils parlent de tout et de rien et qu’Hisao n’a pas envie de partir et puis—une main a le malheur de se perdre sur sa cuisse et les entraîner sur le chemin de la déraison. Si bien que lorsque l’euphorie se dissipe et qu’il prend la peine de regarder sa montre, un flash de lucidité le ramène à lui et—il va être en retard. Il va clairement être en retard s’il ne se dépêche pas. Et ce n’est pas son genre, lui qui arrive toujours avec un train d’avance. Et surtout ne soyez pas en retard, Tenma-san. Alors même si Ashton ne fait absolument rien pour l’aider, il n’a pas d’autre choix que d’ignorer toute tentative de charme pour se rhabiller en quatrième vitesse et retourner à sa voiture. Je vous aurais bien fait un arrêt maladie mais, à l'évidence, vous vous portez à merveille... Ce n’est pas sans lui promettre qu’il reviendra après son rendez-vous, l’embrasser une dernière fois et se presser hors de son appartement.

Il a le sac. Il a son téléphone. Il a tout ce qu’il lui faut.

Sauf sa veste, qui est restée accrochée dans le porte-manteau et qui contient ses clés de voiture. Ça, c’est une chose dont Hisao ne se rend pas compte immédiatement. Entre temps, il prend l’ascenseur et croise Watanabe-san en sortant de ce dernier, qu’il salue discrètement même si poliment et essaye de continuer sa route sans y penser. Trop tard.

Il ne sait pas comment se sentir vis-à-vis de cette situation. Il n’y a pas une once de jalousie qui le traverse à l’égard de l’étudiant – il a bien trop confiance en Ashton pour ça et la conversation qu’ils ont eu le mois dernier a achevé de l’en assurer – mais… le malaise est très épais. Forcément. Il aimerait simplement pouvoir rendre les choses plus simple pour Watanabe-san—mais il a les mains liées. Sa présence seule suffit à l’irriter et il le sait, il le comprend. Alors il se contente d’être un spectateur impuissant qui attend que le temps fasse ce qu’il sait faire de mieux.

Chassant ces pensées noires, il glisse une main dans la poche de sa veste pour attraper ses clés de voiture et—se rend compte qu’il n’y a ni poche, ni veste. Il l’a oubliée quelques étages plus haut. Et quand il en prend conscience, il n’y a qu’une seule chose qui clignote dans son cerveau ; le fait qu’il risque d’être en retard, et le sera très probablement.

Alors il fait demi-tour et retourne dans l’ascenseur. Putain, mais quel con. Ascenseur où se trouve Watanabe-san et ses sacs de course. Ça ne m’aurait pas tué de prendre les escaliers. Et cette fois-ci, impossible de soutenir son regard lorsqu’il l’y croise. Et dire qu’Ashton me demandait pourquoi j’avais évité de prendre l’ascenseur avec lui… Ses yeux restent rivés sur les murs ou le sol tout du long. Ça prend trois plombes, en plus. Et son embarras est si épais, si insupportable que les secondes lui apparaissent comme des minutes… Ça n’a pas pris autant de temps, tout à l’heure. L’inquiétude commence à lui nouer l’estomac—et à raison.

Parce que sans prévenir, l’ascenseur s’arrête brusquement entre deux étages dans une courte secousse et les lumières s’éteignent.

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Shiro Watanabe
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(#) Re: Ain't worth my blackout tormented love  Ain't worth my blackout tormented love EmptyDim 3 Jan 2021 - 22:52

Ain't worth my blackout tormented love
  • Vendredi 4 novembre 2016
  • Hisao Tenma

  • Vendredi 4 novembre 2016

    Depuis plusieurs semaines, il y a des jours avec et des jours sans. Des moments où je parviens à rire avec mon fils, à plaisanter avec des camarades de fac, à m’amuser avec un jeu ou juste à m’évader en courant, comme j’en ai l’habitude. Mais aussi des moments où tout va mal, où j’ai l’impression de ne plus savoir comment respirer, de tomber dans une chute sans fin, des instants où mon cœur me fait si mal que j’ai l’impression qu’il m’ouvre lui-même de l’intérieur. Cette semaine a été davantage composée de jours sans. Peut-être que le bal d’Halloween qui a eu lieu dimanche dernier y est pour quelque chose, ou bien est-ce le commencement désastreux de lundi qui m’a valu la moitié d’un cocard et des points de suture qui en est la cause. Dans tous les cas, j’ai l’impression désagréable que ma vie n’est qu’une succession de catastrophes ces temps-ci, que peu importe ce que je fais, l’univers a décidé de se retourner contre moi. J’essaie de me réconforter en me disant que mon frère arrive demain dans la matinée et que je vais pouvoir souffler un peu, mais même le face-à-face à venir me tétanise.

    Ce soir, Sora est parti passer la nuit chez son meilleur copain avant l’arrivée de son oncle. Je le lui ai accordé volontiers pour qu’il se change les idées. Passer son temps avec son père déprimé n’est pas vraiment une bonne chose pour lui. J’en ai conscience et je fais de mon mieux pour tenter d’arranger les choses, mais c’est encore trop difficile de sauver les apparences. Je suis sur les nerfs, m’énerve pour peu de choses et pleure à des moments improbables. Tous les moyens sont bons pour me changer les idées, notamment la course qui m’aide beaucoup, mais je réfléchis sérieusement à accepter le harcèlement de Quin pour rejoindre le club de basket. Je me lasse du baseball et le basket semble beaucoup plus actif. Peut-être en parlerais-je avec Nobu ce weekend.

    La porte de l’immeuble se déverrouille et je la pousse du pied pour pouvoir entrer, mes deux sacs de courses dans les mains. Avec un troisième Watanabe à la maison, il a fallu faire des stocks. Après les heures passées à l’athlétisme, passer presque une heure au magasin a été plutôt fatigant. Mais l’appartement n’est plus loin et je suis déjà en train de penser à mon canapé. J’ouvre la seconde porte et pose un sac le temps d’appuyer sur le bouton de l’ascenseur et de m’étirer la nuque. D’ordinaire je prends les escaliers mais je ne suis pas assez fou pour monter cinq étages avec ces deux sacs remplis. Peut-être aurais-je dû.

    Quand la porte s’ouvre et que je me redresse après avoir récupéré le sac, je me sens blêmir en voyant la personne qui en sort. Pendant une brève seconde, je suis incapable de bouger mais je me reprends bien vite. Je croise à peine son regard et me dirige vers l’ascenseur pour m’y réfugier pendant qu’il prend la direction opposée. S’il est là, s’il est en train de descendre, cela ne veut dire qu’une seule chose, et je ne veux clairement pas y penser. Je m’empresse d’appuyer sur le chiffre 5 après avoir reposé les sacs, essayant d’oublier avoir croisé Tenma-sensei. Du moins c’était le programme avant que je ne le voie avec horreur faire demi-tour pour me rejoindre dans la cabine. Nos regards s’évitent, notamment quand je le vois appuyer sur le chiffre 4, et je me tasse dans le fond comme si je souhaitais me faire oublier. Mon corps réagit pourtant tout seul à cette présence à mes côtés : ma mâchoire se crispe, mes poings se serrent le long de mes flancs, mes muscles se tendent et mon cœur me fait mal en accélérant. Mais pire que tout, c’est l’odeur qui nous enveloppe soudain.

    Depuis tout petit, j’ai toujours eu un très bon odorat. Ma sensibilité aux odeurs s’est accrue avec le temps, à force de faire des gâteaux avec ma mère notamment. Sans trop savoir ni pourquoi ni comment, ma mémoire s’est mise à fonctionner grâce à ça. Chaque personne à sa propre odeur, qu’elle soit naturelle ou venant d’un parfum. Chaque souvenir que je possède est automatiquement lié à une odeur en particulier. C’est ainsi que je fonctionne et, de ce fait, je suis très sensible aux différentes senteurs qui m’entourent. Alors forcément, enfermé dans une petite pièce de moins de deux mètres carrés, il m’est difficile de faire abstraction de l’odeur de Tenma-sensei qui s’accroche à lui. Je me souviens de la sienne, celle que j’ai sentie dans la pièce des archives et en haut de la grande roue : la lavande, le cèdre et le bois santal. Je me souviens m’être vaguement demandé si cela venait de son gel douche, ou d’encens qu’il mettait chez lui ou d’autre chose. Mais aujourd’hui, elle est étouffée, masquée par une odeur bien plus âcre, lourde, entêtante et poisseuse, qui fait naître la colère et la gêne. L’odeur particulière du sexe qui se mêle à quelque chose de plus sucré, propre à…

    Il y a une légère secousse, juste avant que les lumières ne s’éteignent dans l’ascenseur.

    « Qu’est-ce que… »

    Pendant un instant rien ne se passe, puis une lumière d’urgence se met en marche, rouge et effrayante. Le chiffre sur le cadran numérique clignote quelques secondes avant de chercher à se fixer entre le 2 et le 3, sans y parvenir.

    « C’est une blague… ? »

    Car oui, l’ascenseur vient bien de se bloquer alors que j’y suis enfermé avec l’une des personnes avec qui j’aurai le moins aimé que ça m’arrive. Tout en fuyant le regard de mon camarade d’infortune, je m’approche de la porte pour tenter de l’ouvrir – comme si cela pouvait fonctionner – en vain.

    « Non, non, non, non… »

    Je me tourne vers les boutons pour appuyer sur celui d’urgence en espérant que quelqu’un répondra.

    Jawn pour EPICODE



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    Hisao Tenma
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    (#) Re: Ain't worth my blackout tormented love  Ain't worth my blackout tormented love EmptySam 30 Jan 2021 - 17:22

    C’est un désastre. Un véritable désastre et aussitôt les lumières se sont-elles éteintes que le mot lui a traversé l’esprit. L’embarras est une constante dans sa vie—au fil des années, Hisao a appris à le supporter sans trop de mal et finit toujours par y survivre quoi qu’il advienne. Cette fois-ci, c’est entièrement différent. Cet embarras-là est trop amer, trop lourd, chargé de tant de mauvaises ondes qu’il pourrait l’écraser en un rien de temps. À chaque seconde qui passe dans cet endroit si étroit, dans lequel il est bien trop proche de Watanabe-san, il s’attend à ce que l’étudiant se laisse aller à la colère et évacue sa frustration. Il ne supporterait, il y survivrait et ne serait même pas sûr d’en parler à Ashton après coup pour ne pas heurter Watanabe-san de part ses inquiétudes. Mais l’appréhension est terrible, bien plus cruelle que n’importe quelle exécution ne le sera jamais.

    Et réaliser qu’elle va lui peser sur la poitrine pendant encore un moment est—indescriptible. Son cœur sprinte dans sa poitrine sans préavis et il espère que ce n’est qu’une panne passagère, que tout va revenir à la normale d’une seconde à l’autre. Évidemment, ce serait trop beau et ce serait surtout mal connaître son karma impitoyable.

    Dès lors que Watanabe-san ouvre la bouche, Hisao n’a pas besoin de voir son visage pour entendre l’inquiétude, la terreur mélangée à la colère et peut-être même au désespoir qui dégouline de chacun de ses mots. Il finit par sortir de sa propre stupeur, secouant doucement la tête pour reprendre ses esprits. Il ne peut pas rester planté là sans rien faire. La lumière d’urgence se met en route et voir la panique sur le visage de Watanabe-san ne l’aide pas le moins du monde. Sans ajouter quoi que ce soit à ses propres mots, il appuie à son tour sur le bouton d’urgence mais maintient sa pression sans la relâcher. Pas une seule seconde se serait-il imaginé que ses cours d’électronique datant d’il y a plus de quinze ans et d’un diplôme qui ne lui sert strictement à rien, lui seraient utile dans un ascenseur bloqué. Les boutons d’urgences étant souvent séparé du système en panne, il sait qu’ils ne répondent pas informatiquement – comme le font les autres boutons de l’ascenseur – mais électriquement. Ou autrement dit… en appuyant dessus pendant longtemps comme un idiot pour saturer le réseau, emmerder le technicien au bout de la ligne, et avoir une réponse plus rapide.

    « Allez… » à ce stade-là, ce n’est même plus une plainte. C’est une supplication. Une prière. Hisao n’est pas claustrophobe – le vertige est un mal suffisant – mais la situation est un supplice pour les deux hommes concernés et—

    « Allô ? Relâchez le bouton s’il vous plaît. »
    « C’est pas trop tôt bon sang », se murmure-t-il à lui-même, relâchant le bouton. « Est-ce qu’il faut qu'on vous donne l’adr— »

    Un long bip vient l’interrompre. Est-ce qu’il vient de raccrocher là ? Ses sourcils se froncent aussitôt et c’est sans réfléchir qu’il lance un regard à Watanabe-san, comme pour chercher un témoin de la scène surréaliste qui vient de se produire. Est-ce que cet enfoiré vient de raccrocher ?! Non. Ça ne va pas se passer comme ça.

    Son doigt retourne presser le bouton comme s’il s’agissait de sa place originelle—maintenant qu’il sait que sa théorie était la bonne, il n’est pas question de lâché l’incapable qui se trouve à l’autre bout de la ligne.

    « Monsieur, je vous demanderai de relâcher le bouton s— »
    « Non. Non, non, non. Je relâcherai quand vous m’aurez écouté. Je suis coincé dans un ascenseur, avec une autre personne. Nous avons tous les deux des obligations et je veux savoir s’il y a une équipe technique qui s’en occupe. »

    Il entend un soupir. Un putain de soupir. Son sang boue dans ses veines comme ça n’a pas été le cas depuis longtemps.

    « Quelle est l’adresse ? »

    Ne connaissant pas cette dernière par cœur, il se tourne maladroitement vers Watanabe-san en espérant une réponse de sa part. Chose qui ne tarde pas tant que ça et soulage Hisao, qui commençait presque à douter de sa coopération. Hélas—ce serait sous-estimer le véritable ennemi de cette histoire.

    « On enverra une équipe technique dès que possible. »
    « Dès que possible ? »
    « Dès que possible. »
    « Non, vous ne comprenez pas », l’interaction lui arrache un rire nerveux. « Qu’est-ce que vous entendez pas dès que possible ? »
    « Bah, dès que possible. »
    « Seigneur, j’ai compris. Je vous demande une fourchette. »
    « Nous faisons de notre mieux. »

    Même si l’envie est forte et particulièrement difficile à canaliser, il réprime cette dernière et ne frappe pas dans le métal inanimé dans le cabine. Ça ne servirait à rien, ce serait juste donner une nouvelle raison à Watanabe-san de le détester en lui donnant l’image d’un type violent alors que c’est terriblement faux. À la place, ses paupières retombent fermement et il vient doucement les masser, prenant une grande inspiration. La colère ne passe pas, mais il arrive à l’oublier le temps d’un instant. Et se contente de mettre un vent magistral à l’ignare qui lui parle depuis tout à l’heure.

    « Monsieur ? »

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    (#) Re: Ain't worth my blackout tormented love  Ain't worth my blackout tormented love EmptySam 30 Jan 2021 - 22:27

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  • Vendredi 4 novembre 2016
  • Hisao Tenma

  • Mon doigt s’active sur le bouton de façon répétée, mais aucune réponse ne vient et je finis par donner un coup sur la paroi de l’ascenseur, agacé. Passant une main dans mes cheveux, je m’éloigne du cadran autant que me le permets la taille de la cabine et les deux sacs de course sur le sol. Je n’arrive pas à croire que ça m’arrive. Plus le temps passe, et plus j’ai l’impression que l’univers entier se ligue réellement contre moi. Ce que je disais à Leo lundi prend encore davantage son sens : j’ai dû faire un sale truc dans une vie antérieure pour devoir subir tout ça, ou bien dans le passé, bien que j’aie beau essayer de m’en souvenir, je ne vois rien qui puisse justifier un tel acharnement. Être enfermé dans un ascenseur est déjà une épreuve en soi, mais être enfermé dans un ascenseur avec le mec de l’homme que vous aimez… Si on me l’avait dit, je crois que j’aurai assuré qu’une telle malchance ne pouvait décemment pas arrivée.

    La voix de Tenma-sensei me fait reporter mon attention sur lui via le miroir. Si je ne vois que son dos devant les chiffres des étages, je comprends rapidement qu’il est en train d’appuyer sur le bouton d’urgence à son tour. Les battements de mon cœur se sont accélérés à cause du stress. Mes pensées sont focalisées sur la présence de l’autre homme à côté de moi, sur ce qu’il signifie pour moi, sur tout ce qu’il m’a pris. C’est de sa faute que je souffre autant en ce moment et il fallait que je me retrouve enfermé avec lui. C’est totalement inconcevable. Une voix grésillante me sort de mes pensées et je me décale juste assez pour voir ce qu’il se passe – comme si je pouvais voir le type à travers le haut-parleur – sauf que ça raccroche avant même que Tenma-sensei ait pu terminer sa phrase. J’en reste un instant ébahi, croisant le regard du psychologue – avant de réaliser ce que je fais et de le détourner, heureusement il le fait en même temps que moi. Ce dernier ne s’arrête pas là et se remet à appuyer en continu jusqu’à ce que ça réponde de nouveau.

    Des obligations. Je grimace en me demandant ce que peuvent bien être ses obligations à lui alors qu’il était en train de remonter chez Kelly-sensei. Ne souhaitant ni y penser ni me mettre à imaginer des choses, je me contente de donner l’adresse d’une voix froide et contrariée. L’interlocuteur de l’autre côté du haut-parleur ne semble pas particulièrement se sentir concerné par l’urgence de la situation et minimise tout cela avec un « dès que possible ». Mes mâchoires et mes poings se crispent sous un début de colère que je ne suis visiblement pas le seul à ressentir. Ma patience fond comme la cire d’une bougie et je finis par intervenir à mon tour.

    « Ecoutez, faites mieux que ça. Nous sommes bloqués dans un fichu ascenseur et mon fils m’attend, ok ? Faites-nous sortir d’ici plus vite que dès que possible. »
    « Je vais faire ce que je peux Monsieur. »


    Et il raccroche de nouveau. Un juron m’échappe malgré moi et je m’éloigne de nouveau le plus possible de mon compagnon d’infortune. J'ai menti, Sora n'est pas à la maison, mais si ça peut devenir un argument pour nous faire sortir d'ici au plus vite, alors je n'ai pas de scrupules.

    « Ce type est trop louche pour travailler dans la sécurité. »

    C’est plus un marmonnement pour moi-même qu’une véritable constatation. Sérieusement, qui bosse dans ce genre de trucs et n’en a rien à fiche des gens qui ont besoin d’aide ? Ça ne m’aide pas à me calmer. J’ai les nerfs à vif et de l’agitation dans les jambes. Malheureusement pour moi, cet endroit est trop petit pour pouvoir faire les cent pas. Entre moi, un homme de la carrure de Tenma-sensei et les deux sacs de courses qui prennent déjà une bonne partie de la place, j’ai soudain l’impression d’étouffer. J’ai chaud, le cœur qui palpite et la respiration qui se raccourcit lentement. Afin de pallier à cela, je remonte les manches de ma chemise et écarte un peu le col pour tenter de faire passer de l’air sous mes vêtements. Et c’est là que je réalise. Ce n’est qu’à cet instant précis, que je me rends compte du souci majeur qui se pose dans cette situation. Trop concentré que j’étais sur la présence de cet homme avec moi, mon cerveau n’a pas tout de suite intégré le fond du problème.

    Je suis enfermé.

    Dans une pièce de deux mètres carrés.

    J’ignore combien de temps de silence est passé depuis que l’autre a raccroché quand je réalise tout ça. Quand je comprends avec horreur que je me trouve dans un espace clos sans aucune possibilité d’en sortir, sans fenêtre, sans vue sur l’extérieur, rien. Tournant le dos à Tenma-sensei, je tente de me calmer, mais les parois me donnent l’impression de se rapprocher pour m’étouffer. Je ferme les yeux et ma respiration se fait plus erratique, plus forte… Je serre les doigts sur ma chemise dans un geste nerveux tandis que ma main libre vient se poser contre la paroi.

    Jawn pour EPICODE



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    Dernière édition par Shiro Watanabe le Dim 31 Jan 2021 - 11:49, édité 1 fois
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    Hisao Tenma
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    (#) Re: Ain't worth my blackout tormented love  Ain't worth my blackout tormented love EmptyDim 31 Jan 2021 - 10:47

    Watanabe-san a pris le relai. Chose pour laquelle, malgré les circonstances, Hisao lui est reconnaissant. À la fois parce que ce type était en train de le faire tourner en bourrique, mais aussi parce qu’il espère que leur parole jointes auront plus d’impact que la sienne, seul. D’autant plus que l’étudiant a raison ; il a un fils qui l’attend chez lui et Sora est encore jeune. Il n’a pas la même autonomie qu’un adolescent – comme ce serait le cas de sa fille, par exemple – et il risque de s’inquiéter si son père ne rentre pas à l’heure.

    Cependant, même avec l’argument de son fils, le jeune homme n’a pas davantage de succès auprès de la sécurité centrale. À cet instant, Hisao se fait une raison. Les prochaines heures vont être atrocement longues et difficilement supportables pour lui. Alors il se débarrasse de sa veste blazer noire et desserre sa cravate en soupirant. Tout ce stress lui a donné chaud—et mieux vaut se mettre à l’aise tout de suite, si c’est pour passer la soirée dans deux mètres carrés.

    Il sort son téléphone, et se retient de jurer lorsqu’il voit que la cabine brouille le réseau. La remarque de Watanabe-san lui fait relever la tête—et il essaye de relativiser.

    « C’est l’heure de pointe. On n’est peut-être pas les seuls coincés dans un ascenseur », lui répond-il, essayant de trouver une excuse à l’agent avec lequel ils viennent de s’entretenir. Avant de tout envoyer dans les roses. « Ça ne l’aurait quand même pas tué de nous donner une fichue heure. »

    Bien qu’il sache que ce n’est pas possible. Pour la simple et bonne raison que la compagnie pourrait ne pas respecter ses promesses et se retrouver en tort si des complications survenaient. Même si ce sont pour des enjeux économiques, Hisao ne comprendra jamais comment une entreprise de sécurité ose faire passer l’aspect commercial avant la sécurité en elle-même. Mais il n’y pense pas vraiment longtemps. Watanabe-san ne semble pas s’en rendre compte tout de suite à en croire l’air sur son visage—mais Hisao entend sans mal sa respiration soudainement devenue erratique. Et lorsqu’il tourne la tête pour le regarder, l’étudiant a les joues et le cou rougi—comme s’il était en train d’étouffer à cause de la chaleur. La température n’est pas exactement basse et un peu lourde—mais certainement pas à ce point. Et ces deux premiers signes suffisent à Hisao pour l’inquiéter.

    « Watanabe-san ? Tout va bien ? » Demande-t-il. Mais la question a plutôt vocation à entendre sa voix et s’assurer qu’il est conscient du monde qui l’entoure plus qu’autre chose.

    Et c’est en le voyant jeter de brefs coup d’yeux à la cabine autour d’eux qu’il comprend sans mal ce qu’il est en train de se passer. Watanabe-san est à la lisière de la crise de panique—si ce n’est la crise d’angoisse et c’est parce qu’ils sont enfermés dans un cube minuscule. Une part de lui veut aller se terrer dans un coin de la cabine, lui laisser tout l’espace possible mais l’autre sait que ça ne résoudra rien. Il est obligé de l’approcher s’il veut l’aider. Avant que le jeune homme se mette à manquer d’air, Hisao repousse les sacs de course contre la paroi la plus loin de l’étudiant pour lui faire autant d’espace que possible et revient lui faire face.

    En temps normal, il lui aurait conseillé de regarder le plafond pour oublier la sensation d’encerclement—mais Watanabe-san est grand. Et le plafond sera trop proche de lui pour ça.

    « Shiro. Laisse-moi t’aider », même si je sais à quel point tu voudrais que je disparaisse d’ici et sûrement pas que d’ici. « Ferme les yeux et essaye de t’asseoir doucement », il ne sait pas à quel point son contact lui serait difficile. À quel point ce dernier viendrait ajouter une dose de stress à la situation ou non. Dans le doute, il ne le lui impose pas immédiatement. À la place, il place son bras devant lui, s’assurant que sa manche remonte bien jusqu’à son poignet. « Tu peux t’appuyer sur moi si tu en as besoin. »

    Un vertige est très vite arrivé dans un moment pareil et il ne veut pas que l’étudiant se blesse. Il est suffisamment proche pour l’empêcher de tomber de tout son poids si ça arrive—mais mieux vaut prévenir que guérir et le pousser à s’asseoir maintenant. Non seulement il ne pourra pas tomber plus bas mais en plus—le fait de se trouver plus bas lui donnera l’illusion que la cabine est plus large.

    Toutes les phobies sont différentes. Et la claustrophobie est particulièrement sournoise—les crises qu’elles provoquent n’ont rien de classiques crises d’angoisse durant lesquelles la victime a besoin d’un contact pour s’ancrer dans le moment présent. Le contact ne fait qu’ajouter une couche à l’impression d’être retenu, saisi, enfermé voire parfois même forcé. Et si le contact est à proscrire pour calmer la personne… alors il n’y a plus qu’une seule solution.

    « Suis ma respiration. Inspire », il le fait de lui-même, pendant quatre secondes. « Bloque », et au termes de ces dernières… « Relâche », il expire pendant quatre nouvelles secondes. Watanabe-san n’est probablement pas en état de compter les secondes s’il se sent submergé, alors Hisao préfère lui faire suivre le son de sa voix et de sa propre respiration. Alors il répète le processus jusqu’à temps que l’étudiant respire de nouveau à peu près normalement. « Et maintenant écoute ma voix, s’il te plaît. Garde les yeux fermés. Tu es en sécurité. Tu es assis sur la colline d’une plaine immense. Il y a une forêt au loin. Il y a une petite brise fraiche et l’odeur de l’herbe humide autour de toi. »

    ---------------------------------

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    (#) Re: Ain't worth my blackout tormented love  Ain't worth my blackout tormented love EmptyDim 31 Jan 2021 - 12:15

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  • Vendredi 4 novembre 2016
  • Hisao Tenma

  • Quand j’étais enfant, j’adorais jouer à cache-cache. C’était un jeu que j’affectionnais beaucoup car c’était l’un des rares où je battais mon frère quatre fois sur cinq. J’entraînais régulièrement les enfants autour de moi dans ce jeu, qu’ils le veuillent ou non par ailleurs. C’est ainsi qu’à l’âge de sept ans, alors que toute ma famille était invitée à un mariage en France d’un quelconque cousin éloigné de ma mère, je suis parvenu à convaincre mon frère et d’autres enfants présents de jouer avec moi malgré leurs réticences. J’ignore ce qu’il s’est passé, si j’ai été trop fort pour eux ou s’ils se sont lassés avant de me trouver, mais la seule chose que je sais, c’est que la porte du placard dans lequel je m’étais caché n’a jamais voulu se rouvrir quand j’ai souhaité en sortir. Je me souviens avoir crié, avoir tapé sur la porte, mais personne ne venait car personne ne m’entendait. La musique était trop forte, l’attention des adultes trop éloignée et j’étais totalement seul. Je ne me souviens pas très bien de quelle façon cela s’est terminé, tout est flou dans ma tête quand j’essaye de me remémorer cet épisode, mais deux choses sont sûres : je n’ai plus jamais rejoué à cache-cache après ça et je suis devenu claustrophobe.

    J’étouffe. J’ai chaud et je manque d’air. J’ai beau tirer sur le col de mon t-shirt, ça ne change rien. L’air se raréfie autour de moi, m’empêche de respirer et me fait paniquer. La peur s’insinue en moi, remonte le long de mon corps jusqu’à venir comprimer mon torse et mes poumons. Je n’entends pas la voix de Tenma-sensei quand il me demande si tout va bien, je n’entends qu’un vrombissement assourdissant dans mes oreilles sans en connaître la source. Mes mains se posent sur les parois, comme si elles cherchaient une sortie, n’importe quoi, mais il n’y a rien, tout est lisse, désespérément lisse. Il y a du mouvement à mes pieds et je vois les sacs s’éloigner de moi. Je n’y fais pas attention, ça n’a pas d’importance. Rien n’a d’importance en dehors du fait de trouver de quoi prendre une bouffée d’oxygène. Quand je me tourne pour faire face à la cabine, je vois la silhouette du psychologue à quelques centimètres de moi. Je crois qu’il tente de me parler et il me faut toute la concentration du monde pour parvenir à comprendre ce qu’il me dit alors que mon propre corps me trahit en essayant de me tuer.

    « M’a- M’approchez pas… »

    Je n’ai pas besoin de lui. Je ne veux pas de son aide. Mais ma voix est sortie trop faiblement pour être convaincante. Ma tête se met à tourner soudainement et, par pur réflexe, j’accepte le bras qu’il me tend avant de me laisser glisser contre la paroi jusqu’à atteindre le sol. Une fois par terre, l’ascenseur me paraît plus grand, mais encore bien trop étroit. Les murs me donnent toujours l’impression de vouloir se rapprocher pour m’écraser et ma respiration continue de se faire erratique. J’ai relâché le bras de Tenma-sensei avant même de m’en être rendu compte et je reviens tirer sur le col de mon t-shirt. Le psychologue s’est accroupi face à moi et j’entends sa voix à travers le voile de ma panique.

    Si dans un premier temps, je ne veux pas l’écouter, inconsciemment, je me mets à suivre ses instructions. Inspire. Bloque. Relâche. Je m’accroche à sa voix, à ses yeux dans lesquels je me perds un instant. Une petite voix dans ma tête me souffle de le repousser, de ne pas l’écouter parce que, bon dieu, nous n’avons pas besoin de lui, mais une autre, plus forte m’enjoint à laisser ma fierté de côté afin de ne pas mourir. Inspire. Bloque. Relâche. Pourtant je ne peux empêcher des pensées parasites se glisser parmi les filaments de ma panique et mes poings se serrent dès que je l’imagine avec Kelly-sensei. C’est involontaire et stupide, j’en ai vaguement conscience, mais… Inspire. Bloque. Relâche. Je finis par fermer les yeux pour ne plus le regarder et me concentrer sur ma respiration. Inspire. Bloque. Relâche. Au bout d’un temps indéterminé, elle se calme doucement, se calant sur celle de l’homme face à moi. Sa voix devient bientôt mon seul ancrage et je m’y accroche de toutes mes forces.

    Lentement, je vois apparaître autour de moi une plaine immense, dont l’herbe humide ondule doucement à cause de la brise fraîche qui souffle. Au loin, j’aperçois les arbres d’une forêt, s’élevant vers le ciel bleu, immense et lointain. Je sens l’odeur de l’herbe, mais aussi celle des fleurs, mais surtout, je respire librement. Chaque détail énuméré par Tenma-sensei prend forme dans ma tête, petit à petit, et je me concentre là-dessus pour reprendre le contrôle de mon propre corps. J’ignore combien de temps cela dure, combien de temps je garde les yeux fermés, mais lorsque j’ai la sensation que je peux les rouvrir sans sombrer de nouveau, je le fais.

    Le paysage mémorisé disparaît doucement et ma vision se recentre sur l’instant présent. Sur la personne face à moi. Pendant quelques secondes, je l’observe, comme si je ne le reconnaissais pas, avant que toutes les informations me reviennent d’un seul coup. Je me sens rougir et je détourne les yeux, soudain mal à l’aise et incapable de soutenir son regard plus longtemps.

    « C’est bon. Ça va. »

    Ma voix est légèrement rauque et je dois me râcler un peu la gorge pour en reprendre également le contrôle. La honte de m’être montré aussi misérable me prend soudain et je dois me faire violence pour rester assis et ne pas me relever. Cela ne servirait à rien à part me rappeler que je suis toujours enfermé.

    « Merci… »

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    (#) Re: Ain't worth my blackout tormented love  Ain't worth my blackout tormented love EmptyMar 9 Fév 2021 - 20:16

    Évidemment, sa proximité n’est pas la bienvenue. Et Hisao ne peut pas le faire oralement, mais son regard—de ce que Shiro parvient ou non à en capter lui fait la promesse que ce n’est que temporaire, qu’il s’écartera de lui dès qu’il en aura l’occasion. C’est précisément ce qu’il fait dès l’instant où Watanabe-san est assis sur le sol de la cabine et ne risque plus de se blesser en tombant du haut de son mètre quatre-vingt-dix.

    Ce n’est pas immédiat, ce n’est pas sans difficultés mais—l’étudiant finit par se laisser aller lorsqu’il accepte enfin de fermer les yeux et qu’il n’y a plus que sa voix pour le guider. Même si ce n’est ni le moment, ni l’endroit pour y penser—Hisao ne peut s’empêcher de le trouver courageux et fort au-delà de ce que les faiblesses de sa phobie implique. Ce n’est pas donné à tout le monde de pouvoir se couper ainsi de ce qui nous entoure, de faire le vide pour oublier sa colère et son mépris—d’autant plus si ces derniers sont destinés à la personne qui essaye de nous aider.

    Malgré lui, Hisao ne peut s’empêcher de se remémorer l’incident de la fête foraine. Même si tout ceci ne le concerne pas directement et qu’il sait que la colère que Shiro ressent à son encontre ne peut être contrôler, il ne peut réprimer le pincement au cœur qui le prend lorsqu’il réalise tout le monde qu’il a causé par omission. Aucune solution n’est la bonne. Il n’y a rien à faire si ce n’est attendre que le temps fasse son travail.

    Il soupire silencieusement, ravalant ses pensées mornes alors que Watanabe-san se ressaisit peu à peu. Ses mots lui font relever le menton, alors qu’il n’avait toujours décroché son regard de lui—surveillant l’évolution de sa crise de panique. Mais lorsqu’il voit le visage de l’étudiant s’empourprer pour se détourner de lui, c’est sans sommation qu’il l’imite et laisse ses yeux vagabonder sur le sol uni et sale de l’ascenseur.

    « Ce n’est rien. Tu as fait la même chose pour moi », lui dit-il en secouant doucement sa main devant lui. Le temps d’un instant, il hésite à se relever mais—abandonne cette idée et s’assit en face de Watanabe-san à son tour, le dos appuyé contre les parois de la cabine. Tant pis pour son pantalon noir. Tant pis pour son image. Il est épuisé, frustré, agacé et se laisser un peu aller lui semble être le seul moyen de pouvoir relâcher la pression. « Comment tu te sens ? »

    Parce que mine de rien, ils ne sont toujours pas sortis d’affaire. Sa crise de panique semble être passée—pour le moment—et le service d’urgence n’a pas daigné montrer signe de vie. Même s’il est préparé à ce genre de réactions et sait gérer la chose, il aimerait que Watanabe-san puisse sortir de cette cabine sans avoir fait une deuxième crise d’angoisse, probablement plus forte et moins facile à calmer que la première.

    Alors quitte à être désespéré, il sort son téléphone de sa poche. Le réseau n’affiche même pas une barre—ou quand c’est le cas, cette dernière clignote. Mais foutu pour foutu… son doigt glisse sur l’écran pour afficher ses contacts favoris avant de se presser sur la photo d’Ashton, qui s’affiche en plein écran. Une photo absolument pas avantageuse de son compagnon en train de faire la gueule après que sa fille ait essayé de reproduire une coupe que Lady Gaga portait en 2010. Et ait lamentablement échoué, évidemment. Même si le souvenir lui donne envie de sourire, il s’en garde et réussir à maîtriser les traits de son visage, se contentant de coller le téléphone à son oreille.

    « Bonjour, vous êtes bien sur la messagerie d'Ashton Kelly, je ne peux pas répondre pour le moment mais laissez un message et je me ferai un plaisir de vous rejoindre plus tard. Au revoir ! »

    Il n’y a même pas la moindre tonalité.

    « Kana au rapport ! Je suis pas disponible tout de suite, mais n’hésitez pas à me rappeler ! Bye ! »

    Et il ne lui reste plus qu’un seul contact de possible.

    « Allô ? »
    « Hikaru ?! Oh bon sang je— »
    « Je déconne, je suis pas là. Si c’est pour un rendez-vous pro, utilisez le numéro du salon. C’est pas difficile. Sinon, laissez un message. »

    Il soupire, blasé et exaspéré devant l’immaturité de son frère. Ses yeux reviennent timidement à Watanabe-san après un moment, s’attendant à être foudroyé du regard pour avoir osé le regarder et pour oser lui parler.

    « Est-ce que—ton téléphone fonctionne ? »

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    (#) Re: Ain't worth my blackout tormented love  Ain't worth my blackout tormented love EmptyDim 14 Fév 2021 - 20:14

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  • Vendredi 4 novembre 2016
  • Hisao Tenma
  • « Ça va. »

    Répété-je, une pointe d’agacement dans la voix, dès que Tenma-sensei me repose la question. De l’exaspération envers moi pour m’être montré aussi faible et envers lui pour se montrer si attentionné alors qu’il n’en a aucune raison. C’est quelque chose que j’avais déjà remarqué lors de ce fameux jour au parc d’attraction – dont je me souviens grâce à sa petite remarque sur le fait que je l’ai aidé également à ce moment-là. Il n’a visiblement pas choisi le métier de psychologue par hasard et sa gentillesse est bien présente. Sincère et réelle. Paradoxalement, cela ne fait qu’accroître la colère que je ressens envers lui. Comme s’il faisait exprès de ne me donner aucune raison de le détester. Ce mélange d’émotions diverses est insupportable.

    Tenma-sensei s’est éloigné de moi autant que la taille de l’ascenseur le lui permet. Entre les deux sacs de courses et nos tailles respectives, on ne peut pas dire qu’il y ait beaucoup d’espace. Même si j’essaie de ne pas me focaliser sur ce détail, préférant le regarder du coin de l’œil. J’aurai juste à tendre le bras pour pouvoir le toucher et cette proximité est loin d’être apaisante. C’est ainsi que je peux le voir sortir son portable. Si je ne vois pas ce qu’il y a dessus, je peux parfaitement voir son regard qui s’adoucit brièvement avant qu’il ne porte le téléphone à son oreille. Je me crispe en entendant la voix de Kelly-sensei, reconnaissant son répondeur que j’ai déjà entendu par le passé. Je ferme les yeux et pose la tête contre la paroi de l’ascenseur derrière moi, préférant me concentrer sur ma respiration plutôt que sur le reste. La voix de Kana se fait ensuite entendre, résonnant dans la cabine, puis celle d’un homme que je ne connais pas mais dont je comprends les mots en français. Visiblement, s’il est parvenu à trouver un peu de réseau pour atteindre les portables de trois personnes, celles-ci ne sont pas disponibles pour répondre. Ce n’est pas comme si ça pouvait servir à quoi que ce soit de toutes façons… Je me demande brièvement qui est cet homme français qu’il a tenté d’appeler et qui possède un humour digne de Quin et moi.

    Le soupir de Tenma-sensei me fait rouvrir les yeux et je croise son regard quand il le pose sur moi. Je plisse le mien et, après un instant d’hésitation, je sors mon portable de ma poche pour le déverrouiller. Le symbole du sens interdit remplace les barres de réseau.

    « Non. Je capte rien. »

    Je repose mes bras sur mes genoux repliés et lève les yeux vers le plafond de l’ascenseur en soupirant. J’ignore pour combien de temps on en a ici, mais ça me semble mal parti. Pour l’instant, grâce au psy, je suis parvenu à retrouver un semblant de calme mais je me connais suffisamment pour savoir que ça ne durera pas. Le silence s’est réinstallé, pesant et rempli de non-dits. Mon regard ne cesse de revenir se poser sur mon compagnon d’infortune avant de dériver de nouveau. Je ne peux m’empêcher de penser à ce qu’il faisait chez Kelly-sensei, à ce qu’ils partagent tous les deux, à ce qu’ils ont pu se dire à mon sujet. Un rire nerveux m’échappe alors.

    « Vous devez me trouver pitoyable. »

    Je passe une main dans mes cheveux, frottant comme si je voulais faire partir des pensées parasites de mon esprit.

    « J’imagine que ça doit bien vous amuser tout ça. »

    Et je suis certain qu’il sait très bien que je ne parle pas de notre situation actuelle dans l’ascenseur.

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    (#) Re: Ain't worth my blackout tormented love  Ain't worth my blackout tormented love EmptyMar 23 Fév 2021 - 22:06

    Évidemment, il n’y a strictement rien pour les aider. Hisao a tout juste réussi à joindre les trois seules personnes qui auraient pu l’aider et ces dernières sont indisponibles. Les barres de son réseaux vont et viennent, et alors que son seul espoir se porte sur Watanabe-san… ce dernier lui confie que lui non plus n’a plus de réseau.

    C’est un enfer.

    Et les choses s’empirent lorsqu’il ouvre la bouche pour reprendre la parole. Ses mots lui font l’effet d’un coup de poignard en plein cœur et il n’arrive tout simplement pas à rester impassible en entendant ces derniers. Il sent tout son corps se glacer alors qu’il fait atrocement chaud—ses poils s’hérissent et il se retrouve à détourner le regard, comme acculé par la culpabilité. Il ne sait même pas de quoi est-ce qu’il se sent coupable. D’avoir enfin gagné le cœur de la personne qu’il aime ? Non. Impossible. Et pourtant, c’est bel et bien le cas. L’idée d’être culpabilisé pour quelque-chose qui lui apporte un bonheur inégalable le révulse parce qu’il sait que c’est irrationnel et stupide. Que devrait-il faire ? Se séparer d’Ashton pour le rendre malheureux à son tour et ne régler aucun des problèmes de Watanabe-san lorsque ce dernier se rendrait compte que ce ne sera pas ça qui lui rendre l’homme qu’il aime ?

    Il n’est pas un homme jaloux. Il ne l’a jamais été. La possessivité de sa mère et l’envie qui l’a toujours rendue si aigrie et si mauvaise ont été un excellent vaccin contre un tel trait de caractère, alors il lui est inimaginable de laisser entrer une personne dans son intimité en laquelle il n’a pas pleinement confiance—suffisamment pour ne pas avoir peur de ce qu’elle pourrait faire dans son dos. Qui plus est, il sait que ce ne serait ni le genre d’Ashton, ni celui de l’étudiant en face de lui que d’essayer de faire une chose pareille. Alors si ce n’est pas ça… il ne sait pas. Il n’arrive pas à mettre le doigt sur ce qui le pousse à se sentir aussi coupable, alors qu’il sait pourtant qu’il n’est pas en tort. Pas plus que ne l’est Watanabe-san.

    Il aimerait s’enfuir de cet endroit et dormir pour ne plus avoir à penser. À réfléchir. Mais ce n’est pas possible, alors il relève doucement la tête pour regarder le jeune homme assis de l’autre côté de l’ascenseur.

    Y a-t-il un quelconque intérêt à ce qu’il essaye de noyer le poisson ? Laisse planer le doute en prétendant qu’Ashton ne lui ait rien dit ? Il hésite un instant, alors que ses paroles passent en boucle dans sa tête. Ses paupières se ferment doucement et il prend une grande inspiration pour finalement relâcher la pression avant de lui répondre.

    « Le ferais-tu à ma place ? Me trouver pitoyable et t’amuser de ma situation », lui demanda-t-il. « Pour te répondre, non. Je ne te trouve pas pitoyable. Pas plus que cette situation ne m’amuse. Je ne tire aucune satisfaction à te voir dans cet état. Mais je doute que ma parole vaille grand-chose à tes yeux dans l’immédiat. »

    Watanabe-san est un étudiant, mais ce n’est ni un enfant, ni un adolescent. Nul besoin d’être un as du calcul mental pour comprendre que ce dernier a eu son fils très jeune. Encore plus jeune qu’Hisao lui-même—et Dieu sait que trois ans, quand on est un adolescent, ça change tout. Comme si c’était gravé dans sa peau, il sait que l’arrivée d’un enfant si tôt dans la vie n’a rien de facile. Il se souvient de l’instant où sa vie est passée au second plan parce qu’elle était si chère, tellement plus importante que lui. Parce qu’il n’y avait plus qu’elle et plus le temps pour le reste. Il fallait l’aimer, la choyer, mais il fallait aussi la nourrir, travailler, décrocher un diplôme pour pouvoir lui offrir un avenir décent.

    Il n’y avait plus de place pour l’immaturité, pour la jeunesse, pour le plaisir. Elle est devenue son tout, le centre de sa vie et c’est seulement parce qu’il a décidé de l’y placer. C’était délibéré. Il le sait. Et quelque-chose lui dit que le jeune homme en face de lui n’est pas étranger à ces choses-là. Du haut de sa vingtaine passée, Watanabe-san sait déjà ce que ça fait de devoir tirer un trait sur l’insouciance. Outre le fait de lui vouer un profond respect, il n’existe pas un monde dans lequel il serait concevable pour Hisao de le traiter comme n’importe quel autre étudiant.

    « Ce… n’était pas un reproche. Je… te comprends. »

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    (#) Re: Ain't worth my blackout tormented love  Ain't worth my blackout tormented love EmptyMar 23 Fév 2021 - 22:47

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  • Vendredi 4 novembre 2016
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  • Son corps se tend. L’ascenseur est beaucoup trop petit pour que cette réaction puisse m’échapper. Et pendant un bref, très bref instant, je me sens coupable d’avoir laisser ces mots m’échapper. Le silence s’installe entre nous, pesant et étouffant. Pendant des secondes qui paraissent durer une éternité, aucun de nous n’ajoute quoique ce soit et, l’espace d’un moment, j’en viens même à penser qu’il ne me répondra pas ou même à me demander si j’ai réellement parlé à voix haute. Mais le regard qu’il vient bientôt poser sur moi et qui me glace le sang sans aucune raison m’assure que tout cela est bien réel, qu’il a bien entendu ce que j’ai dit et que la suite a de grandes chances de ne pas me plaire. En réalité, quoiqu’il puisse dire à cet instant, je doute que cela me plaise et je me sens stupide d’avoir laissé mes paroles dépasser ma pensée.

    C’est à mon tour de sentir mon corps se tendre dès qu’il commence à me répondre. Sa question est légitime et tout à fait plausible, même si je ne souhaite pas réellement imaginer ce que serait la situation si elle était inversée. Car si elle l’était, c’est moi qui recevrais l’attention de Kelly-sensei et ça me fait trop mal d’y penser alors que cela n’est qu’un rêve illusoire et stupide. Mes poings se serrent et mes ongles s’enfoncent légèrement dans mes paumes. Evidemment. A quoi m’attendais-je de sa part au juste ? Qu’il s’énerve ? Qu’il rit de moi ? Qu’il confirme que tout cela l’amuse ? Bien sûr que non. J’ai déjà eu un bref aperçu de son caractère lors de notre péripétie au parc d’attraction, il était évident qu’il ne réagirait pas différemment. Pourtant…

    « Me… comprendre ? »

    Je me fige en le regardant, hébété, avant qu’un rire nerveux ne m’échappe.

    « Evidemment que vous me comprenez. Pourquoi ne le feriez-vous pas, hm ? »

    Je ne cherche même pas à cacher l’ironie dans le ton de ma voix. A quoi bon ? La colère est là. Je peux la sentir s’insinuer dans mes veines, empoisonner mon sang et se répandre partout dans mon corps. Néanmoins, je la contrôle encore, je parviens à la maintenir à distance et à garder un semblant de calme.

    « Vous êtes gentil avec moi. Vous vous inquiétez pour moi. Vous avez voulu m’inviter au restaurant, vous m’aidez à faire passer une crise de panique et maintenant voilà que vous me dites que vous ne me trouvez ni ridicule ni pitoyable, et que vous me comprenez. »

    Un nouveau rire nerveux m’échappe et je me passe de nouveau la main sur le visage, dépité par moi-même. Même si je n’ai cessé de répéter que je n’étais plus un enfant, j’ai l’impression d’agir comme tel. Tous ces sentiments que je ressens, qui se mêlent de façon désordonnée, m’exaspèrent au plus haut point. J’aimerais ne plus les endurer, ne plus avoir à y faire face. Notamment quand je vois un homme comme Tenma-sensei faire preuve d’une gentillesse qui me donne envie de hurler. Je retire la main de mon visage et mon regard se durcit, perdu dans le vide devant moi.

    « Vous devriez me détester, de la même façon que je vous déteste. Vous n’avez aucune raison de me comprendre. Vous ne pouvez pas. »

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    (#) Re: Ain't worth my blackout tormented love  Ain't worth my blackout tormented love EmptyMar 23 Fév 2021 - 23:35

    C’est exactement comme il l’avait prédit ; sa parole n’a aucune valeur aux yeux de Watanabe-san. Il n’est pas surpris, ne lui en veut pas le moins du monde parce qu’il n’a aucun mal à saisir les raisons qui régissent son comportement. Néanmoins, il ne peut s’empêcher de sentir sa résilience faiblir en son sein. Il ne craquera pas devant l’étudiant, oh que non—il lui en faudrait tellement plus pour le pousser à bout. Ce n’est pas ce dont il a peur dans l’immédiat… il aimerait simplement pouvoir offrir une vision de lui plus ouverte, plus conciliante à Watanabe-san. Celle qu’il n’a aucun mal à offrir à Ashton ou à Kobayashi-san, par exemple. Pour l’un, il irait jusqu’au bout du monde et tiendrait quoi qu’il lui en coûte. Pour tous les autres, il a suffisamment de recul pour essayer d’apporter un peu de sa sagesse—pour ce qu’elle vaut.

    Mais avec Watanabe-san, c’est différent. C’est quelque-chose qui le touche lui, aussi directement que possible. Fais ce que je dis. C’est une situation qu’on lui impose, qui lui fait plus mal qu’il ne le laisse paraître et qui le tord dans l’angoisse. Mais ne fais pas ce que je fais. Cinq ans d’études pour être capable d’aider les gens à mettre de l’ordre dans leurs pensées, leurs émotions ou même leur vie ne seront jamais assez pour lui permettre de faire preuve du même détachement à son propre égard. Parce qu’il n’a rien d’un surhomme et que ceux qui poussent la porte de son bureau, qui choisissent son épaule pour se remettre d’aplomb, qui comptent sur son amitié parce qu’il la leur a offerte, n’ont strictement rien à lui envier.

    C’est pour cette raison que même si les mots justes sont là et clignotent quelque-part, il finit par les ignorer et se laisser avoir par ses propres émotions. Il a l’impression que tout lui échappe et il n’est plus que spectateur de ce que ces sentiments font naître en lui. Ce n’est rien de virulent ou même d’impulsif, mais ce n’est pas le comportement qu’il aimerait avoir à son encontre.

    « Oh. Je ne peux pas, dis-tu. Parce que tu t’imagines que je n’ai jamais vécu la même chose ? » Il ne peut pas s’empêcher de rire nerveusement. « Si tu avais le monopole du rejet, je verrais beaucoup moins de cœurs brisés passer la porte de mon bureau. »

    C’est une vérité crue, mais il n’arrive tout simplement pas à retenir cette dernière derrière la barrière de ses lèvres. Watanabe-san souffre et c’est indéniable. Mais qu’il s’entête à penser qu’il n’y est le seul martyr de l’histoire est une mauvaise chose. À la fois parce que la fierté d’Hisao ne le supporte pas, mais aussi parce qu’il ne veut pas le voir se renferme sur lui-même au point de penser qu’il n’y a rien de plus insupportable que le mal qui l’accable et qu’il est insurmontable. Ce n’est pas vrai. Un jour où l’autre, il arrivera à tourner la page. Mais ça ne se fera pas dans cet état d’esprit. Qu’il n’arrive pas à supporter sa présence et que cette dernière le révulse est une chose—qu’il s’en serve pour invisibiliser tout ce que ça implique ? C’est en tout point différent.

    « Je suis désolé pour tout ce qu’il t’arrive. Et je le pense sincèrement. Moi aussi, j’aurais préféré que personne ne souffre de cette histoire, ou qu'au moins tu sois épargné. Si ça te fait du bien de me blâmer et de me haïr alors je t’en prie. Je ne le prendrais pas personnellement et je ne t’en tiendrais pas compte. Mais que je me mette à te détester ? » La question reste un suspens un instant et Hisao ne trouve pas la force de faire quoi que ce soit d’autre de soupirer lourdement. « Quelles raisons aurais-je de te détester ? »

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    (#) Re: Ain't worth my blackout tormented love  Ain't worth my blackout tormented love EmptyMer 24 Fév 2021 - 11:12

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  • Vendredi 4 novembre 2016
  • Hisao Tenma
  • J’ignorais que lorsqu’on avait le cœur brisé, on pouvait devenir si égocentrique. Sûrement car c’est la première fois qu’il se retrouve autant en morceaux. Alors quand Tenma-sensei me réplique, légèrement acerbe, que je n’ai pas le monopole du rejet – ce qui est entièrement vrai – je ne peux que me sentir stupide et détourner les yeux sous le sentiment de honte qui vient s’insinuer dans mon regard. Je ne connais pas la vie de cet homme, j’ignore ce qu’il a pu vivre dans le passé ou par quoi il est passé pour en arriver où il est aujourd’hui. Il a raison, bien évidemment, peut-être qu’il me comprend. Peut-être que lui aussi a vécu le rejet de la part de quelqu’un qu’il aimait. Il m’est déjà arrivé de me poser des questions sur lui, sur sa paternité notamment. Sa fille a seize ans, lui-même ne semble pas si vieux que ça – je ne lui donne pas plus de quarante ans c’est certain – alors j’en suis venu à la conclusion qu’il l’avait eu tôt. Mais plus important, je me suis rendu compte que Kana ne parlait jamais de sa mère. Il me suffit d’écouter un peu ce qui se passe au club d’athlétisme pour m’en rendre compte. Alors, je me demande si Tenma-sensei s’est fait rejeter par cette femme…

    Ses excuses me font plus mal qu’il ne le pense sans doute et ne valent pas grand-chose pour moi. Elles ne m’apportent rien. Du moins rien de bon. Sa sollicitude ne fait qu’exacerber la colère que je ressens envers lui. Il continue de se montrer avenant et compréhensif alors que j’aimerais qu’il me donne davantage de raisons de le haïr. Je ne veux pas éprouver de la sympathie envers lui. Je ne veux pas qu’il soit si gentil. J’aimerais pouvoir me dire que Kelly-sensei a fait le mauvais choix en restant avec cet homme. Mais plus que tout, j’aimerais trouver des raisons concrètes à tout ce que je ressens, que ce soit ma colère ou ma tristesse. Parce que ça me bouffe et me détruit de l’intérieur depuis trop longtemps. Pourtant, quand bien même c’est ce que je souhaite, sa dernière question n’arrange rien.

    « Parce que j’aime l’homme que vous aimez, que je l’ai embrassé, que je lui ai fait du mal en lui avouant mes sentiments. Parce qu’il est malheureux dès qu’il me voit et qu’il culpabilise pour des raisons stupides par ma faute. Alors oui, vous devriez me détester. Vous devriez être en colère contre moi. Peut-être même que vous devriez me frapper ! »

    J’ai élevé la voix sur ces mots et me suis légèrement redressé, plantant mon regard dans le sien avec fureur. Mes ongles s’enfoncent dans mes paumes et mon corps est tendu.

    « Alors pourquoi ?! Pourquoi vous ne dites rien ?! Pourquoi vous continuez d’être aussi gentil et compatissant envers moi ?! Pourquoi je suis le seul à être en colère ?! »

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    (#) Re: Ain't worth my blackout tormented love  Ain't worth my blackout tormented love EmptyMer 24 Fév 2021 - 12:54

    Il frappe dans le mille. Mais il n’en tire pas la moindre satisfaction, même pas une once. Absolument rien ne le traverse lorsqu’il aperçoit le voile de honte venir couvrir le visage de Watanabe-san lorsque ce dernier baisse les yeux. Faire preuve de tact lui apparaît comme une corvée, quelque-chose d’atrocement difficilement qu’il ne lui pose pourtant jamais problème d’habitude. Et bon sang s’il le pouvait—oh il partirait simplement d’ici sans se retourner. Parce que ce n’est pas à lui de gérer cette situation, parce qu’il est bien plus impliqué qu’il ne le devrait alors que seul Ashton devrait avoir le dernier mot.

    Mais ils sont coincés ici. Alors il n’a d’autre choix que de soutenir son regard, ses mots et essayer de prendre son mal en patience. Quand bien même c’est infiniment plus difficile qu’il se l’imaginait. Et ça l’est d’autant plus lorsqu’il voit la colère de nouveau tendre les traits de l’homme en face de lui. Il n’a pas la force de gérer la chose avec sagesse et discernement. Il est épuisé, anxieux, stressé. Alors évidemment, il n’arrive pas à pleinement se concentrer sur la réponse que lui donne Watanabe-san. Il en écoute les mots, entend ces derniers et essaye de reconstituer le sens de ses phrases dans sa tête mais ça ne se fait pas sans distraction, sans être perturbé par ses propres pensées et son propre besoin d’air immédiat.

    « Ce sont des sentiments. Des émotions que tu ne contrôles pas. Si tu me demandes de me mettre en colère contre toi pour quelque-chose sur quoi tu n’as aucun pouvoir, alors je vais devoir passer mon tour. Et arrête de dire n’importe quoi. Je ne vais certainement pas te fr— »

    Et puis la réalisation le frappe alors que ses mots passent en boucle dans sa tête et qu’ils font soudainement sens. Tout son corps se tend et, sans pour autant se relever, il se redresse contre la paroi de l’ascenseur et fronce les sourcils, sentant une vague de froid l’envelopper alors qu’il essaye d’intégrer ce qu’il vient seulement de comprendre. Évidemment, ce qu’il vient de dire n’a plus lieu d’être. Il y a un monde entre aimer une personne et tenter sa chance de la sorte.

    « Attends, attends, quoi ? » Son visage se fige sous la stupeur. « Tu as fait quoi ? »

    Ça ne lui est même pas concevable. Ashton ne lui en avait pas parlé et ce n’est pas quelque-chose qu’il est en droit de lui reprocher… tout du moins, sous certaines circonstances. Des circonstances qui ne lui plaisent pas le moins du monde parce qu’elles impliqueraient qu’il n’ait jamais accepté d’être embrassé par Watanabe-san. Et cette idée seule lui glace le sang. Il sent l’amertume et le dégoût régir aussitôt le moindre de ses sens et n’arrive plus à décrocher son regard de l’homme en face de lui. Il est à la fois déçu, choqué et confondu dans l’incompréhension qui commence à lui donner la nausée.

    « Comment ça tu—je ne saisis pas. Était-il consentant ? »

    Il ne sait pas ce qui l’ébranlerai le plus. Le fait d’apprendre que Shiro ait essayé de forcer Ashton à l’embrasser ou que ce dernier ait accepté ledit baiser.

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    (#) Re: Ain't worth my blackout tormented love  Ain't worth my blackout tormented love EmptyMer 24 Fév 2021 - 14:23

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  • Vendredi 4 novembre 2016
  • Hisao Tenma
  • La colère. C’est ce sentiment que je ressens le plus au final. La colère et l’injustice. Je suis furieux contre Tenma-sensei d’avoir pris la place que j’aurai aimé avoir, furieux contre Kelly-sensei de ne pas m’avoir donné la moindre chance, contre la situation actuelle, mais surtout contre moi. Sauf que cette colère n’a pas lieu d’être, je le sais au fond de moi. Aucun d’eux ne mérite mon animosité évidemment. Aucun d’eux n’est réellement fautif dans tout cela. Il n’y a que moi. Moi et ma stupidité d’être tombé amoureux de la mauvaise personne. Alors j’aimerai que lui aussi soit furieux, cela me permettrait probablement d’avoir une raison valable d’être en colère. Peut-être qu’au fond c’est juste ça que je veux : un motif valable à tout ce que je ressens. J’aimerai pouvoir me dire que tout ça est logique, que tout cela a un sens. Sauf que c’est loin d’être le cas.

    Encore une fois, le psychologue reprend la parole, passe son tour pour m’offrir ce que je veux, bien évidemment. Ça m’énerve qu’il soit ainsi. Aussi posé, aussi juste, aussi… Pourtant, sa phrase se coupe en plein milieu et je peux le voir se tendre brusquement tandis qu’il se redresse. Pendant un instant, je ne comprends pas de quoi il veut parler. Puis je le vois, le dégoût dans son regard, tout comme le jugement qu’il pose sur moi en me posant une question et je me sens pâlir.

    « Q-Quoi ? »

    Mon corps se crispe à m’en faire mal tandis qu’il se met automatiquement sur la défensive. Que vient-il de dire ? Pire : de sous-entendre ? Le silence s’installe pendant quelques secondes qui paraissent une éternité. Inconsciemment, je me remémore cette soirée d’il y a trois semaines, alors que j’étais ivre et que je tombais sur le canapé, Kelly-sensei juste au-dessus de moi. Certains fragments sont flous, je ne me souviens pas de tous les détails parce que le brouillard était trop épais. Je réalise alors que je n’ai pas de réponse valable à donner à cette question. Si je réponds oui, ce serait un mensonge. Si je réponds non… qu’est-ce que cela fait de moi ? Alors, la réaction la plus cohérente qui me vient sur le moment, c’est de me protéger derrière une nouvelle couche de colère.

    « Je ne l’ai pas agressé si c’est ce que vous sous-entendez ! »

    Incapable de rester plus longtemps assis, je me remets debout pour détendre un peu mes muscles crispés. Mais il y a une légère touche de doute dans le ton de ma voix. L’ai-je agressé ? Je ne me souviens pas suffisamment bien de la soirée pour parvenir à donner une réponse à cette question et ça me tétanise sur place. Est-ce pour cette raison qu’il ne veut plus me parler et qu’il m’évite ? Je pensais que c’était parce que je le faisais moi-même, mais… Et s’il y avait autre chose ? Non, je n’ai pas pu faire ça, c’est impossible. Jamais je n’aurai fait une telle chose.

    « J’étais bourré et je l’ai embrassé par surprise. Il m’a repoussé quasiment tout de suite, c’est tout ! Je… Je ne l’ai pas agressé ou forcé à faire quoique ce soit ! Que vous puissiez penser que je- Jamais je ne- Je pourrai pas- Jamais je ne ferai ça ! »

    Mon regard se fait dur quand je le plonge dans le sien. Mes poings sont serrés le long de mes flancs et mon corps est tendu au plus haut point, comme la corde d’un arc prête à se briser.

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    (#) Re: Ain't worth my blackout tormented love  Ain't worth my blackout tormented love EmptyMer 24 Fév 2021 - 16:41

    Une part de lui aimerait être resté dans l’ignorance. L’autre déteste la première de penser ainsi, n’arrivant pas à passer outre le fait qu’une telle chose ait pu arriver pendant qu’il avait le dos tourné. Il a pleine confiance en Ashton—et c’est précisément là que se trouve le paradoxe. Il sait qu’il n’aurait jamais accepté d’embrasser Shiro dans son dos, mais si tel est le cas… alors pourquoi continuerait-il de parler de lui comme il le fait ? Pourquoi resterait-il si rayonnant, si gentil, si adorable à ses yeux après un tel geste ?

    Il n’arrive pas à mettre de l’ordre dans ses pensées. C’est pour cette raison qu’il ne retient pas la question quand elle lui vient et la pose sans détour. Il a besoin de réponses. Et la façon dont le visage de Watanabe-san se tord ne lui inspire rien de bon. Il semble si ébranlé par ses mots que même Hisao ne sait plus comment l’interpréter—comme s’il avait l’air révulsé face à ce qu’Hisao sous-entendait. Et le temps d’un instant, il sent un nœud désagréable se former dans son abdomen. Alors c’était consensuel ? Mais au final, il est bien vite ramené sur Terre. Et de la pire des manières.

    Il s’en veut d’avoir douté d’Ashton. Oh bon sang, ce qu’il s’en veut d’avoir douté même pour cette toute petite seconde. Sa culpabilité ne dure pas longtemps cela dit, très vite remplacée par un flash de colère intense qu’il essaye encore de contenir alors que Watanabe-san essaye de se dépêtrer de cette situation. Mais ça n’arrivera pas. Pas sous ses yeux, pas aujourd’hui, pas aussi facilement.

    « Pourquoi ? Parce que tu n’as pas été violent alors ça rend la chose acceptable ? Je t’en prie. Dis-moi comment tu appelles ça, dans ces cas-là. »

    Il se lève à son tour, sentant son sang bouillir dans ses veines alors qu’il s’efforce de croiser les bras et de relever le menton—ne cherchant pas à l’intimider. Ce n’est pas ce qu’il veut. Ça n’apporterait strictement rien et là—il a plus important sur le feu. Il doit réfléchir. Il doit trouver ses mots et ne pas laisser la colère l’emporter. Aussi forte l’envie de l’insulter est-elle, il se contient du mieux qu’il le peut. Mais il ne le fait pas pour lui. Pas pour Watanabe-san non plus.

    Et tout devient encore plus difficile dès l’instant où il essaye de se justifier en invoquant l’alcool.

    « On n’embrasse pas les gens « par surprise » comme ça ! Non, tu sais quoi ? J’ai encore mieux. On n’embrasse pas les gens par surprise et on ne se réfugie pas derrière l’alcool pour excuser ce comportement ! Si tu n’es pas capable de contrôler tes pulsions quand tu es saoul, tu ne bois pas. C’est très simple et super efficace. »

    Il déteste déjà cette discussion. Ce n’est pas la première fois qu’il se retrouve à devoir expliquer ce genre de choses. Mais ce n’est pas pareil—oh Seigneur, ça n’a rien à voir. Il se sent trahi. Il est… tellement déçu qu’il ne sait même plus où donner de la tête. Il réalise lentement où se situait Watanabe-san dans son estime—si haut, inconsciemment placé sur un piédestal parce qu’Ashton l’y avait mis. Parce qu’il avait tant confiance en son jugement, en toutes ces belles anecdotes qu’il lui racontait à son sujet. Parce qu’il pouvait ressentir toute sa peine, était compréhensif, était perdu devant le néant de solutions qui s’offraient à lui.

    Tout est parti en fumée. D’un coup, d’un seul. Il ne sait même plus envers qui est dirigée sa colère. Ou plutôt si. Il sait. Il ne sait que trop bien et c’est bien le problème. Il prend une grande inspiration et secoue la tête, se pinçant l’arête du nez.

    « Tu as beaucoup de chance qu’il tienne à toi comme il le fait. Et beaucoup de chance que je le laisse seul juge de la situation », sa voix reste calme mais elle est sèche, tranchante. « Que tu aies bu ou non ne change rien. Que je partage ma vie avec lui ou non ne change rien non plus si ce n’est le fait que tu as exactement ce que tu voulais de moi désormais. On n’embrasse pas quelqu’un sous l’emprise de l’alcool sans s’assurer que la personne en face cherche la même chose que soi. Ton corps est ta responsabilité, ce n’est pas à l’autre de te rejeter si ton contact ne lui plait pas mais à toi de faire attention. Et que je ne t’entende pas me répéter que c’était parce que tu avais bu ! C’est pas son problème, ni le mien ! »

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    (#) Re: Ain't worth my blackout tormented love  Ain't worth my blackout tormented love EmptyMer 24 Fév 2021 - 18:25

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  • Vendredi 4 novembre 2016
  • Hisao Tenma
  • A travers la tempête d’émotions qui me traverse, une pensée prend place dans mon esprit : Tenma-sensei ignorait que j’avais embrassé Kelly-sensei. Un peu bêtement, je m’étais imaginé que ce dernier avait tout raconté au premier, tout comme celui-ci avait raconté ce qu’il s’était passé au parc d’attraction. J’étais persuadé qu’il le savait et c’est également pour cette raison que je ne comprenais pas pourquoi il ne me détestait pas. Maintenant, je comprends mieux et je le regarde se lever pour me faire face, les bras croisés et le menton levé vers moi. Si je suis le plus grand en taille entre nous deux, il n’en est pas moins le plus imposant, et je me sens rapidement diminué sous son regard empli de jugement. Ses paroles sont des coups de poignard enfoncés dans ma cage thoracique, me coupant le souffle et me vidant de mon sang dans une violence à laquelle je ne m’attendais pas. Si je pouvais, je me reculerais le plus loin possible et constater cette envie involontaire me révulse.

    « Je n’ai pas- »

    Je n’ai pas quoi ? Mes mots meurent avant même d’avoir commencé à voir le jour. Je ne me suis pas réfugié derrière l’alcool pour justifier mon acte, ce n’était pas ce que je voulais. Tout comme je n’ai jamais eu l’intention d’agresser ou de forcer qui que ce soit, et encore moins l’homme que j’aime. Je déglutis, mais ma gorge est soudain sèche alors qu’il continue de me faire la leçon sur ce que j’ai fait. Si la colère est toujours là face à cette morale sortie de nulle part et que je n’ai pas demandé, c’est la honte qui, cette fois-ci, prend le dessus. Je pourrai être de mauvaise foi, lui hurler dessus que je n’ai pas fait une telle chose, qu’il se trompe, que j’avais effectivement bu et que, de toutes façons, Kelly-sensei n’était même pas censé être là. Mais ce n’est pas moi. Je ne suis pas comme ça. Même si ces dernières semaines m’ont fait découvrir une facette de moi que je ne connaissais pas, je n’ai jamais été un connard et ce n’est clairement pas mon genre de nier la vérité quand elle se présente à moi. Comme à cet instant.

    Un lourd silence s’installe après les derniers mots de Tenma-sensei. Ma respiration s’est légèrement accélérée et je le regarde, complètement hébété. A travers le jugement, quelque chose d’autre s’est glissé dans les yeux de l’homme face à moi, quelque chose que je n’aurai jamais pensé y voir un jour : de la déception. J’ignore pourquoi, mais cela me fait plus mal que ce que je pensais. Je ne comprends pas pourquoi il devrait ressentir une telle chose envers moi. Pour cela il aurait fallu qu’il m’estime et je ne vois pas ce qui aurait pu le pousser à en avoir. Mais il a raison sur un point : j’ai eu ce que je voulais de sa part. Il est en colère contre moi et, étrangement, cela ne me fait pas autant de bien que ce que je pensais. Quoiqu’il en soit, l’écho de ses paroles continuent de se répercuter dans mon crâne et je baisse le regard vers mes mains, comme si je pouvais y lire mes torts.

    « Je… Je ne voulais pas. Ce n’était pas ce que je voulais. Je ne suis pas comme ça. C’est pas… Je ne me souviens même pas de tout, je- Je suis tombé sur le canapé et… Il était là et je… Il m’avait dit qu’il vous aimait. Je le savais. Je me suis éloigné, parce que je voulais pas… Je voulais pas finir par faire ou dire une bêtise, je voulais pas tout gâcher alors j’ai arrêté d’aller le voir et… Je pensais que ça suffirait mais… Mais il s’est inquiété pour moi. Parce que je me suis énervé contre vous, parce que j’ai- je vous ai crié dessus. Il est venu me voir et ça m’a fait mal. Qu’il s’inquiète pour moi. Je voulais pas qu’il s’inquiète pour moi parce que j’avais l’impression que- que je pouvais avoir le droit à quelque chose alors que je savais que c’était pas vrai. Parce qu’il vous aime, et je sais qu’il vous aime parce qu’on ne peut pas pleurer autant pour quelqu’un qu’on n’aime pas. Je voulais juste oublier. Je voulais pas lui dire. Je voulais garder ça pour moi et les choses auraient pu continuer normalement, mais… Mais j’ai trop bu et il est venu m’aider, encore une fois. Il était là et je… Je voulais pas. »

    Je viens enfoncer mes poings sur mes yeux pour empêcher quoique ce soit d’en couler. Je ne m’attendais pas moi-même à dire tout cela, mais les mots sont sortis sans mon accord et maintenant qu’ils sont dits, je sais que c’est trop tard pour revenir en arrière.

    « Pardon… Je suis désolé… Je voulais pas tout gâcher… Pardon… »

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    (#) Re: Ain't worth my blackout tormented love  Ain't worth my blackout tormented love EmptySam 27 Fév 2021 - 18:46

    Parfois, son travail lui pèse. Ça n’arrive pas souvent, parce qu’il a appris à prendre du recul sur sa propre empathie avec le temps. C’est une distance qui lui est vitale et lui empêche de crouler sous la pression, de se laisser écraser par le sentiment d’impuissance. Ce n’est pas venu en un jour et en y réfléchissant bien—il se dirait que le fait d’avoir travaillé en tant que stagiaire dans un centre pour vétérans est ce qui l’a le mieux vacciné. Évidemment et comme n’importe quelle autre personne, Hisao possède ses limites. Des limites qui ont été repoussées, renforcées grâce à l’expérience certes… mais des limites tout de même. Et il y a une chose pour laquelle même l’expérience d’une vie entière ne peut rien.

    Le trop-plein.

    Plus le temps passe, et plus l’environnement lui semble hostile. Non seulement il ne se trouve pas en conditions optimales pour pouvoir être parfaitement objectif mais en plus—son avis est biaisé et il n’y peut strictement tout simplement parce que c’est de Watanabe-san qu’il est question. Il ne peut pas se contenter de mettre fin à la conversation car ce serait peine perdue entre les quatre murs de cet ascenseur beaucoup trop étroit. Il ne peut pas non plus lui dire de se la fermer parce que ce serait bien trop violent, ne lui ressemblerait pas même si sérieusement—il a besoin de calme. Il a besoin de ne plus réfléchir, de respirer et qu’on le laisse tranquille jusqu’au lendemain. Ah. Hirakata. Demain, on doit se rendre à Hirakata. J’avais oublié, ça. Plus il analyse la situation, moins il trouve de solutions et c’est en train de l’épuiser alors qu’il réalise lentement qu’il devrait garder ses forces. Je vais devoir faire tampon entre Ashton et mon frère. Entre Ashton et ma mère. Entre Hikaru et ma mère. Entre—

    C’est pendant qu’il se fait cette réflexion que Watanabe-san reprend la parole. S’ensuit une véritable avalanche. Génial, une apologie. Exactement ce qu’il manquait à ma journée. Tous les signes sont là et il faudrait être aveugle pour ne pas comprendre que l’étudiant s’en veut vraiment. Ah, tu ne voulais pas. Que ce soit dans la façon dont sa voix se brise. Dans celle qu’il a de s’interrompre. Dans le fait que ses phrases manquent presque de faire sens. Ça change tout ! Tout est pardonné alors ! Hisao ne sait pas exactement où il en trouve la force, mais il parvient à l’écouter. Attentivement, même. Quoi qu’en dise son langage corporel—bras croisés, yeux plissés, menton légèrement rentré—et toute la négativité qu’il porte avec lui. Ça me fait une belle jambe, tiens. Et il lui faut tout le flegme du monde pour réussir à garder ses traits de sarcasme désespérés pour lui. Mais il le fait—par respect pour Ashton plus que pour Watanabe-san, qui a dégringolé au plus bas de son estime grâce à quatre petits mots trop bien trouvés. Je l’ai embrassé.

    Quand sa voix s’éteint et qu’il semble en avoir terminé, Hisao reste silencieux. Il ne peut pas lui dire que ce n’est pas grave. Parce que ça ne relève pas de sa responsabilité de le pardonner. Il a beau être impliqué—il n’est rien de plus qu’un simple spectateur. Le dernier mot revient de toute évidence à Ashton. Mais dans l’immédiat, le concerné n’est pas là. Il n’y a qu’eux deux, seuls, face à face et à deux doigts de perdre la tête dans une cabine d’ascenseur bloquée entre deux étages.

    Et devant la détresse de Watanabe-san, Hisao se sent démuni. Parfois, son travail lui pèse. Parce qu’il se sent coupable de ne pas être le psychologue parfait en toutes circonstances. Parce qu’il a des failles et qu’il le sait. Parce que malgré tout ça, il peut sentir sa propre culpabilité ramper sous sa peau alors qu’il se demande s’il n’y est pas allé trop fort. Il sait qu’il a eu raison. Que c’était la bonne réaction parce que Watanabe-san semble avoir compris quelque-chose à l’issue de ses paroles. Pourtant, le paradoxe subsiste et il se sent—à la fois vide et excédé. Alors il prend une grande inspiration, souffle tout l’air de ses poumons et secoue doucement la tête.

    « Je n’ai pas mon mot à dire. Tu n’auras aucune approbation de ma part », il marque une pause, fermant doucement les yeux en réfléchissant soigneusement à ses prochains mots. Et la légère plissure de ses yeux témoigne d’à quel point il lui est difficile d’articuler ces derniers. « Mais je… comprends. Bien que ça n’excuse rien. Personne n’est parfait et si tu reconnais ton erreur, c’est déjà mieux que rien. J’espère du fond du cœur que tu ne la reproduiras pas. »

    Le calme n’est pas tout à fait revenu en son sein, mais il se ressaisit petit à petit.

    « Cela dit, je ne suis pas celui à qui tu dois des excuses vis-à-vis de tout ça. »

    Décidant qu’il est debout depuis beaucoup trop longtemps, il profite de cet instant de paix—qu’il sait n’être que factice—pour se rasseoir contre la paroi qui se trouve derrière lui.

    « Enfin, j’imagine que c’est déjà fait. Ou bien je l’espère sérieusement », il se fige un instant et plante son regard dans celui de Watanabe-san. « Je t’en supplie, dis-moi que c’est déjà le cas et que tu lui as déjà présenté tes excuses », lui demande-t-il, l’appréhension visible dans le regard alors qu’il attend le verdict.

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    (#) Re: Ain't worth my blackout tormented love  Ain't worth my blackout tormented love EmptyLun 1 Mar 2021 - 10:18

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  • Vendredi 4 novembre 2016
  • Hisao Tenma
  • Ce soir-là, il y a trois semaines, ce baiser donné était une erreur. Je l’ai su dès le moment où les mains de Kelly-sensei y ont mis un terme, me repoussant avec une douceur étrange qui m’a fait mal. Mais nos lèvres s’étaient à peine séparées, que le souvenir de cet échange était déjà presque parti. Parce que suite à cela, je l’ai supplié de rester, je lui ai avoué mes sentiments, j’ai été en colère… Toutes ces émotions ont relégué au second plan ce bref baiser fait sous une impulsion. J’ai préféré l’oublier parce que tout le reste a pris une place trop importante dans ma tête pour que je m’y attarde. Pourtant, en seulement trois mots, Tenma-sensei m’a rappelé à quel point ce baiser était une erreur : était-il consentant ?

    Bien sûr que non.

    Cette vérité qui s’est imposée dans mon esprit est si douloureuse que je ne parviens plus à y mettre de l’ordre. J’ai imposé un baiser à l’homme que j’aime, sans lui demander son avis. Qu’est-ce que cela fait de moi au juste ? Et pourquoi ne puis-je pas m’empêcher de penser cela alors que ce n’est clairement pas le plus important ? Kelly-sensei doit sûrement me détester pour ça. Pourtant il est revenu me voir trois jours plus tard pour savoir comment j’allais, mais pourquoi ? Je ne suis qu’un abruti. Comment n’ai-je pas pu me rendre compte de cela plus tôt ? Comment ai-je pu continuer de penser que j’avais le droit de lui dire tout ce que j’ai dit après ça ? Comment ai-je pu lui reprocher de ne me laisser aucune chance ?

    Quand Tenma-sensei reprend la parole, je retire mes poings de mon visage pour lever les yeux vers lui. Reproduire cette erreur ? Comment pourrais-je faire une telle chose ? Il est évident que jamais je ne ferai ça. Jamais je ne… Le visage de Kelly-sensei revient s’imprimer devant moi et je me sens blêmir quand il se rassoit avec des mots qui me troublent. Des excuses. Je réfléchis, me remémore cette soirée désastreuse où je lui ai tout avoué et je ne me souviens pas. Mais n’ayant même pas eu conscience des répercussions de ce baiser, je doute l’avoir fait. C’est sûrement pour ça qu’il m’a repoussé. Ou du moins en partie.

    Mes yeux s’écarquillent sous la stupeur et mon souffle se raccourcit quand je réalise la situation dans laquelle je me trouve. Ce que j’ai fait. Ce que j’ai dit.

    « Non, je… Je ne savais pas… »

    Mes mots sont balbutiés, j’ignore même s’ils sont assez forts pour être entendus, bien que l’espace restreint autour de nous doit sûrement le permettre. Je commence à m’agiter. Des impatiences prennent place dans mes muscles et je me rends compte que j’ai besoin de bouger, de marcher. Mais l’ascenseur n’est même pas suffisamment grand pour que je puisse faire les cent pas. J’ai embrassé Kelly-sensei de force. Je l’ai agressé. Ces constatations s’imposent, me tétanisent et me terrifient. Je l’ai embrassé et il m’a rejeté. Parce qu’il n’était pas consentant. Parce que je ne lui ai pas laissé le choix. Je suis un monstre. J’ai…  J’ai chaud. La température de la petite pièce vient d’augmenter brusquement. Sans réfléchir je retire ma chemise et je dois me retenir de ne pas faire de même avec mon t-shirt. Je secoue les bras, bouge la nuque, mais rien n’y fait. Il me déteste. Il ne va plus jamais vouloir me parler. Ma respiration devient plus erratique.

    « Je… Je dois sortir d’ici… »

    Sans réfléchir, je traverse l’ascenseur pour rejoindre les portes, marchant à moitié sur les sacs de courses et sur Tenma-sensei qui se trouvent sur le chemin. Il faut que je quitte cet endroit et vite. L’impression de suffoquer me reprend encore. Je l’ai agressé. Il ne voudra plus jamais de moi. Je glisse mes doigts dans le petit interstice entre les portes pour tenter de les ouvrir, évidemment en vain, alors je me mets à taper dessus.

    « Eh oh ! Ouvrez-nous ! »

    Deux coups s’ajoutent sur la porte mais l’oxygène me manque et je finis par m’y adosser en tirant sur le col de mon t-shirt, incapable de me calmer.

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    (#) Re: Ain't worth my blackout tormented love  Ain't worth my blackout tormented love EmptyDim 7 Mar 2021 - 12:55

    Il se sent perdu.

    L’esprit à la fois brisé par la colère et la rancœur—et la sensation de se faire trahir par son propre corps alors que son empathie le prend à la gorge. Il se revoit dans sa voiture, sur le parking de ce même immeuble. Il se revoit promettre qu’il lui laissera du temps. Il se revoit s’oublier sous ses doigts, presser ses lèvres contre les siennes et être repoussé au bout de quelques secondes. Il sait que ce n’est pas comparable, que ça n’a rien à voir. Mais il se souvient qu’à lui aussi, il ne lui a fallu qu’une seule petite seconde d’inattention, à ne plus faire qu’écouter les signes pour oublier la promesse toute fraiche qu’il venait de lui faire. De se faire.

    Une part de lui a envie de rayer Watanabe-san de sa vie, de faire comme s’il n’existait plus pour ne plus le voir qu’au travers des yeux d’Ashton. Parce qu’il sait à quel point ce geste, dont il n’a même pas été témoin le hantera qu’il le veuille ou non. Il sait que quelque-chose s’est brisé en lui. Que même si le pardon ne lui appartient pas—il ne pourra donner à Watanabe-san qu’un semblant fissuré et abîmé d’indulgence. Et que ce sera fait à contre-cœur. Mais d’un autre côté—il se demande d’où lui vient le droit d’en vouloir à l’étudiant alors qu’il est le premier à avoir fauté. Alors qu’il a dans la chair la même honte qui le parcourt à cet instant. Possiblement moins intense et bien moins vive que celle que Watanabe-san endure mais—elle est là. Elle rampe sous sa peau alors qu’il laisse doucement aller sa tête contre le métal de la cabine derrière lui, fermant les yeux.

    Seule sa réponse parvient à le ramener à la réalité. Il ne lui répond pas tout de suite, passant une main sur son visage et soupirant.

    « Bon sang. Il faut vraiment que tu t’en occ— »

    Il ne faut pas longtemps à Hisao pour comprendre ce qui se profile et immédiatement s’interrompre. Évidemment, ils ne pouvaient pas en réchapper. Qu’importe l’issue de cette discussion ; il y a quelque-chose qui ne peut être ignoré dans l’immédiat et c’est le fait qu’ils soient toujours coincés ici. Plus encore, c’est le fait que Watanabe-san soit claustrophobe, en plus d’être déjà angoissé.

    Et même si ça ne dure qu’une minuscule seconde—Hisao aimerait parfois n’avoir aucun scrupule. Se comporter comme un enfoiré de première et laisser Watanabe-san dans son anxiété et sans même esquisser le moindre geste pour l’aider. Ce serait infiniment plus simple. Alors pour le bien de sa conscience, principalement parce qu’Ashton lui en voudrait à tout jamais et peut-être un peu pour l’étudiant lui-même qui commence à lui faire de la peine—il se redresse, prend une grande inspiration et s’approche, tout en restant à une distance acceptable pour Watanabe-san.

    « Shiro. Shiro, reste avec moi. »

    Sa main est tendue devant lui—et cette fois-ci, malgré toute l’empathie du monde et toute la décence dont il tente de faire preuve, il ne peut s’empêcher d’appréhender le contact de Watanabe-san. Comme s’il ne contrôlait plus ses propres angoisses. À l’exception qu’il ne peut pas flancher. Pas face à lui, pas dans une situation où on a besoin de lui.

    « Assieds-toi, ferme les yeux et respire. Je vais le faire avec toi. »

    Il n’y a rien d’autre qu’il puisse faire. Strictement rien. Il ne peut pas l’approcher davantage—parce qu’il craint une réaction différente de toute à l’heure à cause du trop-plein d’émotions. Que ce soit violent, ou verbal, qu’importe. Il ne veut pas lui donner l’impression d’être acculé dans un coin de la cabine.

    « Je vais m’occuper d’essayer de le recontacter pour qu’on sorte d’ici. Mais j’ai besoin que tu t’asseyes et que tu m’écoutes. »

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    (#) Re: Ain't worth my blackout tormented love  Ain't worth my blackout tormented love EmptyDim 21 Mar 2021 - 0:42

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  • Vendredi 4 novembre 2016
  • Hisao Tenma
  • Je n’en peux plus. J’ai l’impression d’être au bord de l’implosion. Il faut que je sorte d’ici et vite. J’ai besoin d’air, besoin de marcher, besoin de partir loin d’ici et vite avant de littéralement péter un câble. J’ai envie de hurler, de crier, de frapper, de me frapper, de pleurer… Je n’en peux plus. J’ai l’impression d’étouffer dans cet endroit clos. La présence de Tenma-sensei n’aide en rien. Son regard est empli de jugement et j’ignore si c’est ma propre vision des choses ou si c’est réellement le cas. Être mis face à la réalité est si douloureux que j’ai la sensation de mourir à petit feu. J’aimerai pouvoir revenir en arrière et tout effacer. J’aimerai que rien de tout cela ne se soit passé. Je me demande même si je ne souhaite pas n’avoir jamais mis les pieds à l’infirmerie. Si je ne m’étais pas pris cette fichue balle de baseball, si je n’avais pas été assez stupide pour insister avec mes bentos, avec mes paroles, avec tout ça. Je n’en serai pas là aujourd’hui, à souffrir comme je souffre, mais surtout, jamais je n’aurai fait ce qui a été fait.

    Je ne sais plus où j’en suis. Je ne parviens plus à réfléchir et à mettre de l’ordre dans ma tête. Il faut que ces fichues portes s’ouvrent et que je sorte au plus vite. Peu importe les paroles rassurantes de Tenma-sensei. Celui-ci s’est relevé et tend une main vers moi, sans me toucher, me donnant des instructions. Sauf que contrairement à tout à l’heure, je n’y arrive pas. Je n’arrive pas à me concentrer sur sa voix, sur ce qu’il me dit. Il y a trop de choses qui se mêlent en moi et qui ne font qu’accroître ma panique. Les battements de mon cœur résonnent entre mes côtes et ma respiration devient de plus en plus erratique.

    « Non… Non, non, non… »

    Je me détourne de lui, appuyant mon épaule contre la porte, frottant mes mains l’une contre l’autre, cherchant quelque chose à quoi me raccrocher, n’importe quoi. Sauf que j’ai beau essayer de tendre la main, rien ne vient. Tout m’échappe, absolument tout. Ma vie entière me donne la sensation d’être en train de me glisser entre les mains. Si j’étais rationnel, je dirais que c’est faux, que ce n’est qu’une peine de cœur comme tant d’autres, mais je ne le suis pas. Je n’y arrive pas. Ce que je ressens prend des proportions énormes. Tellement énormes que voir ce qui se trouve derrière m’est impossible.

    Mon souffle est de plus en plus court tandis que je tente d’aspirer l’oxygène autour de moi. Sauf que l’air ne semble plus vouloir rentrer dans mes poumons. Par réflexe, je viens regarder Tenma-sensei, apeuré.

    « Peux… plus… resp… »

    Je vais mourir ici. Cette pensée vient s’ancrer dans ma tête avec une telle conviction que je vacille et me laisse aller contre la paroi de l’ascenseur, une main posée contre un côté, l’autre agrippant mon t-shirt. Peut-être que ce serait une façon comme une autre de ne plus avoir mal ?

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    (#) Re: Ain't worth my blackout tormented love  Ain't worth my blackout tormented love EmptyMar 13 Avr 2021 - 13:03

    Il n’y a pas un seul étudiant entre les murs de son établissement qui ne mérite pas qu’Hisao s’investisse et s’implique autant psychologiquement qu’émotionnellement. En plus de faire partie de ses principes, c’est quelque-chose qu’il fait sans y penser à deux fois—l’exemple s’est déjà présenté avec Haruka-san, Yorke-san et auprès d’autres fantômes de son passé. Ce n’est pas pour rien qu’il a choisi de faire ce travail plutôt qu’un autre. Parce que ces choses-là sont naturelles chez lui.

    Mais tout le monde a ses limites. Hisao n’est pas différent des autres. Et chaque seconde passée dans cet ascenseur le rapproche doucement des siennes alors qu’il sent l’épuisement lui peser sur les épaules. Rester moralement correct devient de plus en plus dur mais il ne lâche pas prise. Pas encore. Watanabe-san a beau ne pas se trouver bien haut dans son estime dans l’immédiat—ce n’est pas pour autant qu’il en oublie son devoir et ses principes. Mais c’est tout ce qu’ils sont. Un devoir, et des principes. Il n’y aucune forme de sympathie ou d’amabilité en leur sein.

    Alors dans l’immédiat—Hisao pense rationnel avant l’émotionnel. S’il veut optimiser ses chances de sortir rapidement d’ici, il a besoin de faire en sorte que Watanabe-san se calme. Mais il ne peut pas s’occuper de lui si ce dernier le repousse. Hélas, son aversion ne dure pas. L’étudiant est bien vite rattrapé par sa condition physique et si sa voix ne suffit plus à le calmer comme plus tôt—Hisao n’a pas le choix. Même s’il s’agit de la dernière chose qu’il souhaite en ce moment-même, il va devoir le toucher s’il veut l’aider.

    D’autant plus que cette fois-ci, ce n’est pas seulement de l’anxiété. Cette fois-ci l’insuffisance de Watanabe-san est plus sérieuse et s’il ne lui vient en aide rapidement—ce dernier pourrait s’évanouir. Une part de lui se dit que ça lui ferait des vacances—une autre se sent atrocement mal à la simple idée que cette pensée lui ait traversé l’esprit et il balaye cette dernière à la vitesse de la lumière.

    Dès lors que ce dernier glisse contre la paroi, Hisao s’agenouille face à lui et approche lentement sa main de la sienne pour prendre cette dernière.

    « Serre-la. Reste avec moi, Shiro », lui demande-t-il d’une voix ferme mais tout aussi basse qu’elle est douce.

    Même s’il est en colère et qu’il se sent trahi sans réellement comprendre pourquoi—il ne doit pas trahir ses émotions. Ce n’est pas le moment. Il peut voir la peur dans le regard de ce pauvre gamin et il ne peut définitivement pas le culpabiliser de quoi que ce soit dans l’instant. Il n’y aurait rien de moralement correct là-dedans. De son autre main, il appuie doucement sur le haut du dos du jeune homme, le poussant à s’incliner légèrement vers l’avant—puis il remonte dans sa nuque pour faire de même avec sa tête.

    « Ouvre la bouche et ferme les yeux. Concentre-toi sur ta respiration. »

    Le cerveau étant tout de même bien construit—il sait que Watanabe-san ne pourra pas s’asphyxier tout seul et fera un malaise dans le pire des cas, où l’inconscience le forcera à se calmer. L’angoisse agit comme une barre, une contraction du diaphragme qui dure jusqu’à ce que le corps ne tienne plus et que le muscle n’ait plus d’autre choix que de se détendre, entraînant une expiration irrégulière. Ce sont ces moments qu’Hisao attend : ceux où Watanabe-san est obligé d’expirer ou d’inspirer parce que son corps ne peut pas sciemment priver son cerveau d’oxygène.

    « Relâche. Inspire, comme moi. »

    Néanmoins, ils ne peuvent pas rester ainsi indéfiniment. En faisant crise sur crise, l’étudiant pourrait finir par faire quelque-chose de plus grave et bon sang—son mépris ne va clairement pas jusqu’à lui souhaiter quelque-chose d’horrible. Quand bien même se sent-il amer, il sait que c’est une réaction à chaud. Que d’ici quelques heures ou peut-être quelques jours, il arrivera à prendre la situation avec moins d’animosité.

    Et comme si les cieux avaient entendu sa prière…

    « Est-ce qu’il y a quelqu’un ? Est-ce que vous m’entendez ? »

    Comme si c’était trop beau pour être vrai, Hisao prend un instant à réaliser que cette voix n’est ni la sienne, ni celle de Watanabe-san, ni celle de l’idiot de tout à l’heure mais bien celle de quelqu’un d’autre. Et qui que ce soit, il ne peut retenir l’agitation dès que la potentialité de sortir de cet enfer se débloque enfin.

    « Oui—oui, je vous entends. »
    « Monsieur, un technicien a analysé la situation depuis son poste et le problème est mécanique et non pas électrique. Nous avons envoyé une équipe de secours sur votre position pour vous sortir de la cabine. Êtes-vous en sûreté ? Combien êtes-vous ? »
    « Dieu merci, enfin quelqu’un de compétent. Oui, nous sommes en sûreté et la cabine n’a pas bougé. Nous sommes bloqués depuis approximativement une heure ici, nous sommes deux hommes adultes—l’un est en détresse respiratoire, claustrophobe et sujet aux crises d’angoisse. »
    « Monsieur ne quittez pas », il ne faut qu’une paire de seconde à l’inconnu—probablement le standard des pompiers—pour revenir à Hisao. « Est-il conscient ? »
    « Je—crois que oui », de nouveau, sa main vient serrer celle de l’étudiant. « Shiro, est-ce que tu m’entends ? Serre ma main. Comment tu te sens ? »

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    (#) Re: Ain't worth my blackout tormented love  Ain't worth my blackout tormented love EmptyMar 13 Avr 2021 - 19:03

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  • Vendredi 4 novembre 2016
  • Hisao Tenma
  • Sa main se glisse dans la mienne et si une part de moi s’en trouve offusquée et horrifiée, une autre, celle qui veut survivre à cette attaque, l’ignore totalement. Ce n’est pas le moment de s’arrêter sur de telles considérations alors que mon propre corps semble avoir envie de me tuer. J’ai beau tenter d’inspirer, l’oxygène n’a pas envie de franchir la barrière de mes poumons et je panique sérieusement. Alors je serre la main de Tenma-sensei, le laisse faire lorsqu’il m’incline vers l’avant, le regard fixé sur le sol de l’ascenseur avant que je ne le ferme en écoutant ses indications. Ces dernières me viennent de loin, trop loin. Ça bourdonne dans mes oreilles et ça pulse douloureusement dans mes tempes. J’ai la sensation désagréable que le monde se referme sur moi et seule la main que je tiens me permet de garder un pied dans la réalité. Mais j’ai la tête qui tourne, peu importe les efforts que je fais pour me concentrer sur ma respiration ou pour inspirer et expirer selon les mots que j’entends et qui me parviennent difficilement.

    Puis une autre voix se fait entendre. Encore plus lointaine et moins nette. Je ne suis pas certain de comprendre ce qu’elle dit mais je lève la tête pour regarder Tenma-sensei se tourner vers le panneau de commande de l’ascenseur. Trop vite. Je me suis redressé trop vite. Ça continue de tourner et mon souffle se fait encore plus erratique. Je n’entends plus rien en dehors d’un bourdonnement sonore qui m’emplit tout le crâne et se répercute sur les parois. Du coin de l’œil, je vois le psychologue revenir vers moi et je crois qu’il me parle. Sa main serre la mienne mais ma vision continue de se troubler. L’obscurité tombe sans prévenir.

    Il y a ses mains sur ma peau. Elles me caressent et me font frémir. Ses lèvres frôlent le creux de mon cou et je souris, laissant mes doigts l’effleurer. Lorsqu’il se redresse, je croise le bleu de ses yeux tandis que ses cheveux dansent au-dessus de moi, nous enveloppent dans un cocon hermétique. Je tends la main pour le toucher, prenant la pleine mesure de sa présence sur moi. Je me sens bien, je me sens heureux. Il revient vers moi pour m’embrasser. Nos lèvres se touchent, se découvrent et s’emprisonnent. Elles sont douces et chaudes. L’odeur de sa peau m’enivre et je souris encore. Il rompt le baiser et je réalise que ses cheveux se sont assombris, que ses joues sont rappeuses sous mes doigts et que ses yeux ne sont plus bleus mais noirs… Tenma-sensei me regarde et je hurle.

    Je rouvre les yeux brusquement et me redresse tout aussi vite, le cœur battant, une sueur froide s’écoulant dans mon dos. Un cri m’échappe quand j’aperçois le visage de Tenma-sensei au-dessus de moi, m’observant avec inquiétude et tenant ma main. Je pique un fard et détourne les yeux rapidement avant de réaliser que je ne suis plus adossé à la porte de l’ascenseur mais allongé sur le côté par terre. La honte m’étreint rapidement quand je réalise que je me suis évanoui. La remarque que fait le psychologue sur mes joues rouges ne fait qu’accroître celles-ci.

    « Ça-ça va… »

    Dis-je en récupérant ma main et en me redressant, gêné au plus haut point. Ma voix est rauque et j’ai la bouche pâteuse. Les images qui se sont incrustées sous mes paupières pendant cette brève inconscience me retournent l’estomac. Comment… Pourquoi ai-je rêvé de ça… ? Troublé et encore à moitié nauséeux, je m’adosse de nouveau à la porte le temps de reprendre mes esprits. Ou du moins d’essayer. Heureusement pour nous, il ne faut pas longtemps avant que de l’agitation se fasse entendre de l’autre côté des murs. Comprenant rapidement que les secours sont enfin arrivés, je parviens à me hisser sur mes pieds en me tenant à la paroi avant de réaliser que le bruit vient plutôt du dessus.

    La trappe qui nous surplombe disparaît bientôt pour laisser place au visage d’un homme qui prend la pleine mesure de la situation d’un simple coup d’œil. Quelques paroles échangées, on demande qui est la personne claustrophobe et on me fait sortir d’ici en premier. Je me laisse hisser hors de la cabine de l’ascenseur et la première chose que je fais est de prendre une grande bouffée d’oxygène. Un autre pompier m’aide à quitter le conduit de l’ascenseur pour rejoindre le couloir du troisième étage où je réalise que plusieurs résidents de l’immeuble – des professeurs et des membres du personnel de la fac – observent avec curiosité et inquiétude. Evidemment, il fallait que Kelly-sensei fasse partie de ces derniers… Je blêmis.

    Jawn pour EPICODE



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    Merci à Hisao pour ces magnifiques avatars et signatures ♥

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    Hisao Tenma
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    (#) Re: Ain't worth my blackout tormented love  Ain't worth my blackout tormented love EmptyMar 13 Avr 2021 - 21:30

    Sa question reste sans réponse. Watanabe-san essaye faiblement de serrer sa main, mais ce qu’Hisao craignait plus tôt arrive et ce dernier s’évanouit. Sans prendre le temps d’expliquer immédiatement la situation au standard de l’autre côté du fil—il relâche la main de l’étudiant pour venir tenir ses épaules et l’empêcher de s’écrouler et de se faire mal.

    « Il vient de perdre connaissance », dit-il d’une voix claire et suffisamment calme pour être compris dans l’interphone sans avoir à s’en rapprocher de nouveau. Avant de communiquer quoi ce soit d’autre, il décide de l’allonger et approche son oreille de sa bouche pour écouter sa respiration. « Il respire encore. Il est seulement inconscient. »
    « L’équipe de secours en route, monsieur. Est-ce qu’il a des problèmes de santé connus ? »
    « Nous ne nous connaissons pas assez bien, alors je ne sais pas. »
    « Très bien. Mettez le jeune homme en position latérale de sécurité. Je vais raccrocher, n’hésitez pas à sonner de nouveau pour vous mettre en ligne avec moi si jamais la situation venait à s’aggraver. »
    « D’accord. »

    Sans perdre une seule seconde de plus—il s’exécute, faisant glisser le jeune homme sur le côté, une jambe verbe l’avant et l’avant-bras sous la tête. Et tandis qu’il recule pour pouvoir s’asseoir contre la paroi de l’ascenseur et se reposer un instant—il ne peut s’empêcher de culpabiliser. Il se demande si tout n’est pas de sa faute—s’il ne l’a pas poussé trop loin dans ses retranchements. Malgré ses torts, malgré sa claustrophobie, malgré la situation oppressante… Hisao est persuadé qu’il a joué un rôle dans le résultat final. Et le spectacle ne lui plait pas le moins du monde. Ce n’est pas ce qu’il voulait, ce n’est pas ce qu’il cherchait. Il s’en veut—mais il lui est littéralement impossible d’exprimer la moindre de ses inquiétudes à voix haute, de s’excuser auprès de Watanabe-san. Parce que ce ne serait ni le moment, ni l’endroit et qu’il sait que l’étudiant doit prendre du recul avant toute chose. Quelque-part, le fait d’avoir été plus direct et plus ferme qu’il ne l’est d’habitude lui a permis de se rendre compte plus rapidement de ce qui n’allait pas. Mais était-ce réellement une bonne chose que de lui en faire prendre conscience après une crise d’angoisse ? Alors qu’il savait qu’il était claustrophobe et sujet à ces dernières ?

    Il s’en veut. Au moins autant qu’il ne regrette pas son geste. Encore une nouvelle contradiction qui va finir par le rendre fou avant qu’il ne puisse revoir la lumière du soleil. Heureusement—il a retrouvé un peu d’espoir depuis que l’homme des secours s’est chargé de le rassurer. Mais il ne peut s’empêcher de penser à tout le reste—à ce qu’il adviendra de Watanabe-san une fois qu’ils sortiront. À sa psychologue, qu’il va devoir appeler pour s’excuser platement. À Ashton, qui doit s’inquiéter puisqu’il s’est très certainement rendu compte que quelque-chose clochait.

    Et tandis qu’il se perd dans ses pensées—les minutes passent. Il garde toujours un œil sur Shiro, vérifie de temps à autre que sa respiration est régulière. Il transpire, mais ce n’est pas spécialement alarmant puisqu’il vient de faire un malaise, que son corps est passé par toutes sortes d’émotions et qu’il s’agit du seul moment durant lequel il peut relâcher la pression.

    Jusqu’à ce qu’il ne rouvre les yeux.

    « Shiro ? Shiro tu m’entends ? » Sa main vient de nouveau trouver la sienne, cherchant à s’assurer qu’il reprend conscience doucement mais sûrement. Et quand ce dernier se redresse d’un coup d’un seul, Hisao pose presque aussitôt sa deuxième main sur son épaule pour l’empêcher d’avoir un vertige soudain. « On va bientôt s— »

    Il lui faut une seconde pour essayer de comprendre ce qu’il se passe. Et même malgré ça, il n’y parvient pas. Sous ses yeux ébahis, les joues de Watanabe-san viennent s’empourprer sans raison apparente—et pendant un instant, Hisao ne sait ni quoi faire, ni comment réagir. Jamais de sa vie il n’a vu un visage passer d’une couleur aussi pâle à un rouge aussi vif en si peu de temps.

    « Comment tu te sens ? Tu es… très rouge. »

    La question ne semble rien arranger, aussi décide-t-il de lâcher l’affaire—soulever doucement la main qui soutenait son épaule et reprenant celle qui tenait la sienne lorsque ce dernier lui assure qu’il va bien. Après quoi, le silence retombe pendant de longues minutes durant lesquelles Hisao ne peut se retenir de jeter quelques œillades au jeune homme pour s’assurer qu’il ne rechute pas.

    Ce n’est que quand il entend les secours à travers les murs qu’il décide de se relever, s’attendant à voir les portes s’ouvrir. Jusqu’à ce qu’il n’entende du bruit au-dessus de sa tête et comprenne que ça ne sera pas aussi simple qu’il se l’imaginait. Après quelques mots échangés, les pompiers décident de faire sortir Watanabe-san le premier—sans grande surprise—après quoi Hisao est également hissé hors de la cabine pour rejoindre l’extérieur. Et c’est une vision d’horreur qui s’offre à lui.

    Oh—il est heureux de le voir là. Hormis peut-être sa fille ou son frère, personne n’aurait pu faire s’évaporer cette barre qu’il sentait dans son estomac. Personne n’aurait pu lui susciter un tel soulagement. Dans… d’autres circonstances. Parce qu’il n’est pas seul face à lui—Watanabe-san est encore là et sérieusement… Hisao n’est pas prêt à survivre à n’importe quelle confrontation, peu importe son type. Il veut juste respirer un grand bol d’air frais, peut-être même fumer une clope pour ne pas devenir complètement taré et prendre l’homme qu’il aime dans ses bras. Il ne peut faire aucune de ces trois choses. Les secours, Watanabe-san et Ashton lui bloquent la route vers l’extérieur et il est au troisième étage, il ne fume pas et n’a donc ni briquet ni paquet de cigarettes sur lui et… il ne peut pas enlacer son compagnon devant autant de monde. Et certainement pas devant Watanabe-san. Alors il ne fait rien. Il reste planté là, au milieu du couloir, complètement à l’ouest alors qu’il passe une main dans ses cheveux décoiffés. Il doit avoir l’air d’humeur massacrante—il l’est, en réalité. On pourrait croire qu’il s’apprêtait à commettre un meurtre dans cet ascenseur. Ou peut-être qu’il en aurait déjà commis un. Mais Watanabe-san est en vie, et en un seul morceau. Il n’a tué personne et a même tout mis en œuvre pour que rien de grave n’arrive.

    Alors dans l’immédiat, il n’a plus la force de faire quoi que ce soit si ce n’est de regarder l’horizon comme s’il avait été vidé de toute son énergie vitale.

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    Hisao s'exprime en #3d7355. || Discord : Medryan#0203.
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    désolée ash. je te bisoute quand même.  
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