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 Killing In The Name [+16]

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Hisao Tenma
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Hisao Tenma
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(#) Killing In The Name [+16]  Killing In The Name [+16] EmptySam 9 Jan 2021 - 21:59

Samedi 5 novembre

« C’est Ashton qui va conduire ? »
« Non c’est moi qui vais conduire parce que sinon je vais me décomposer sur le siège. Tu veux vraiment me mettre dans une bagnole pendant une heure et demie sans que ce soit moi au volant ? »
« Tu vas faire comment quand j’aurais mon permis ? »
« Je t’achèterai une voiture que je peux conduire et je m’assurerai en conducteur secondaire. »
« Ça veut dire que tu me verras jamais conduire ! »
« Je ne pourrais pas te voir oublier ton clignotant. »
« Ouais bah c’est arrivé une fois et y avait personne dans le rond-point donc je— »
« La honte. »

La seule raison pour laquelle Kana n’envoie pas son poing dans l’épaule de son père, c’est parce qu’il conduit. Autrement, il aurait probablement dû assumer les conséquences de ses paroles. Enfin—Kana n’a pas besoin de s’en prendre à lui physiquement pour se faire entendre quoi qu’il en soit, puisqu’elle maîtrise l’art de la joute verbale mieux que personne. Et même s’il adorerait se prendre au jeu, ça ne fait pas partie de son champ des possibles. Il sera bientôt neuf heures – heure à laquelle Ashton est supposé arriver sur son parking – et il doit encore garer la camionnette qu’il a louée, se doucher et s’habiller. Et il n’a qu’une heure pour se faire.

« T’es sûr que ça va aller ? »
« Il y a Ashton avec moi, Hikaru aussi – à moins qu’il ait décidé de foutre sa merde, encore une fois – alors je ne vois pas ce qui pourrait mal tourner. Ça ne va pas durer cent-sept ans. »
« Tu trembles. »

Il soupire, mais finit par sourire.

« Rien d’inhabituel. »
« Mouais. »
« C’est parce que même si j’ai deux gardes du corps, je ne suis pas entièrement sûr qu’ils soient aussi efficaces que toi. »
« Ah clairement. Ashton ne fait vraiment pas le poids face à moi. »
« Exactement. Bon, je file à la douche. »

Il a beau continuer de tourner le mitigeur jusqu’à ce que l’eau soit bouillante, rien n’y fait. Le stress est le même et rien n’arrive à le détendre. Ni la vapeur qui l’entoure, ni le peigne qui vient démêler ses cheveux ou le séchoir bruyant qui devrait pourtant l’empêcher de s’entendre penser. Il sait qu’il est entouré. Qu’il n’y a aucune raison que ça se finisse mal. Il a appris de ses erreurs, non ? Il ne fera pas de sortie de route cette fois-ci. Ne se laissera pas avoir par cette soi-disant culpabilité qu’elle prétend ressentir. Ne se laissera pas aller à la peine qui le prend lorsqu’il se fait la réflexion que Nanako reste sa mère malgré tout ce qui peut bien les séparer et qu’elle doit se sentir seule.

Il aimerait croire dur comme fer que rien ne pourra le faire flancher cette fois-ci. Mais ni le passé, ni le présent et encore moins le futur n’arrivent à l’en convaincre. Il se sent indigne, stupide, naïf. Et quand il se regarde dans la glace—il ne trouve rien pour contredire ces assertions.

Alors il essaye simplement de se laisser porter par l’instant présent, s’habiller et se concentre sur sa tenue mais… il n’y a rien de bien compliqué dans le fait d’enfiler un costume trois pièces. Ou tout du moins, rien de suffisant pour pleinement occuper son esprit. Son complet est simple ; veste, veston, cravate et pantalon noirs avec une chemise blanche pour contraster. C’est très ordinaire tout en restant élégant mais ce n’est pas comme s’il avait le cœur d’utiliser un autre costume. C’est une signature importante, alors il doit être présentable—mais il n’a aucune envie de faire davantage d’efforts. Le seule détail qui vient casser sa tenue, c’est la broche d’argent en forme de lotus qui trône sur l’un des revers de sa veste. Cadeau de sa belle-sœur qu’il ne sait jamais quand porter parce qu’il s’habille très rarement ainsi.

Et c’est avec quelques minutes d’avance qu’il est prêt à partir, invitant Kana à descendre avec lui sur le parking pour discuter en attendant qu’Ashton arrive. Chaussons aux pieds et Kigurumi Ronflex enfilé, elle le suit en râlant un peu et ils s’assoient ensemble sur la murette près de la camionnette. Il ne leur faut pas bien longtemps pour reconnaître la voiture mauve qui entre sur le parking.

« Coucou Ashton ! Ça va ? La forme ? J’espère que oui parce que—pourquoi tu me regardes comme ça ? » Hisao croise les bras, un sourcil haussé devant la familiarité dont sa fille fait preuve. « Il a dit que je pouvais le tutoyer et l’appeler Ashton à l’infirmerie la dernière fois », ah. Ça lui revient, soudainement. Et il ne peut s’empêcher de lever les yeux au ciel. Elle laisse le temps à son nouvel interlocuteur de lui répondre avant de reprendre. « Bref. J’ai froid. J’tenais juste compagnie à papa. J’remonte. Bon courage, et à ce soir ! »

« Heeeeeeeeee— »
« Oui, oui pardon ! » Elle revient en courant vers lui pour le prendre dans ses bras. Satisfait que sa plainte ait fonctionné à merveille, Hisao lui rend son étreinte.
« À ce soir. »

Et ce n’est qu’une fois qu’elle s’est éloignée qu’il peut enfin regarder son compagnon dans les yeux, laissant un sourire s’esquisser sur ses lèvres. Aussi fort aimerait-il l’embrasser, ils sont sur le parking de l’immeuble et quelqu’un pourrait les voir. C’est impossible.

« Hey », lui dit-il enfin maintenant qu’il peut en placer une. « Pas trop stressé ? » Comme s’il n’était pas lui-même encore en train de trembler.

Et c’est tout en l’écoutant qu’il lui fait signe de le suivre, marchant jusqu’à la petite camionnette et prenant place du côté conducteur. Il branche son téléphone avec son double-jack à la radio, repose ce dernier dans le compartiment devant le levier de vitesse et attend qu’Ashton soit confortablement installé et attaché pour mettre le contact.

« Il y a… quelques trucs dont il faut que je te parle avant que l’on soit là-bas », commence-t-il en sortant du parking pour prendre la route pour de bon. « Il risque d’y avoir certains autres membres de ma famille. Même si tu n’as pas à t’inquiéter de leur présence… ma famille est très conservatrice. Autrement dit, attends-toi à être regardé de travers. Je suis désolé de t’imposer une chose pareille—juste… ignore-les. Tant que personne ne t’attaque directement, on s’en fiche. On va d’un point A à un point B. Et tout devrait bien se passer. »

Il n’y croit pas lui-même.

« Tu peux choisir la musique sur mon téléphone, au fait… » et il ne sait pas s’il dit ça pour essayer de noyer le poisson et de faire oublier à son compagnon que sa voix est incertaine et tremblante, ou si c’est pour se détendre avec ladite musique.

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Dernière édition par Hisao Tenma le Jeu 25 Fév 2021 - 22:26, édité 1 fois
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Ashton Kelly
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Ashton Kelly
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(#) Re: Killing In The Name [+16]  Killing In The Name [+16] EmptyLun 11 Jan 2021 - 10:00


 

Killing in the Name
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Killing In The Name [+16] Eee6
Une chemise en soie d’un blanc immaculé avec boutons de manchette en onyx, cerclés d’argent. Un veston cintré gris ardoise aux boutons de nacre et une chaînette d’argent pour relier le troisième à la pochette. Une cravate vert impérial au motif serré mais élégant, assortie d’une épingle en argent à tête ronde. Une veste anthracite aux revers discrètement rayés, presque ton sur ton, et un pantalon assorti à la coupe bien droite. Des chaussures Richelieu impeccablement cirées. Un maquillage léger, gris foncé avec des touches plus claires pour y mettre un peu de lumière mais pas trop. Des bracelets sculptés qui s’entrechoquent à chaque mouvement de poignets, des bagues larges et ciselées, d’imposantes boucles d’oreilles garnies d’un rideau de minuscules pendants qui tintent comme des grelots et un grand peigne de métal  en forme d’éventail, ajourés de motifs délicats qui retient quelques mèches de cheveux pour dégager mon visage. Le tout en argent, uniquement de l’argent. Et mon petit diadème en plastique noir favori pour casser le tout, bien sûr. Après quelques secondes de silence, je m’adresse un sourire satisfait dans le miroir. Hisao m’ayant donné carte blanche sur ma tenue, j’ai décidé de faire preuve de sobriété – En fait, non – pour rencontrer ma belle famille ce jour. Quand on s’en va en guerre, on choisit avec soin son armure.

Une semaine s’est écoulée depuis que j’ai accepté de l’accompagner. Une semaine que mon compagnon n’est pas exactement un modèle de sérénité à l’idée d’aller chercher les meubles de son défunt père dans la demeure familiale, gardée par le dragon maternel. Une semaine que, pour ma part, je tente de le détendre tout en fourbissant mes armes. Même s’il va de soi que je saurai me tenir – C’est-à-dire que je ne verserai pas le premier sang – je n’y vais clairement pas la bouche en cœur. Je vais rencontrer des gens qui ont blessé l’homme que j’aime, dans diverses mesures, parfois pendant des années. Je vais certainement rencontrer sa mère qui l’a jeté hors de chez lui avec sa fille nouvelle-née sans le moindre remord. Si on me laisse une seule ouverture, une seule occasion de rendre les coups, de venger ne serait-ce qu’une infime partie du mal qu’on lui a fait, je ne la laisserai pas passer. C’est une approche stérile et malsaine, j’en ai bien conscience. Je n’en ai rien à faire. Au moins, on comprendra que le compagnon d’Hisao ne laissera personne souiller son nom, ni l’empêcher de garder la tête haute. Mais avant ça, nous devons d’abord nous rendre à Hirakata et, maintenant que je suis fin prêt, je dis au revoir à mes chats, vérifie les verrous et les gamelles, puis me mets en route.

Je suis accueilli au pied de l’immeuble par – Mon dieu mais ce pyjama est absolument fantastique – Kana et son père et je leur souris avec chaleur tout en rectifiant machinalement ma coiffure. Comme à chaque fois jusqu'ici, entendre mon prénom dans la bouche de la jeune fille me fait ciller de surprise – Ah oui, c’est vrai – et j’adresse un petit regard quémandant l’indulgence à Hisao. Kana a effectivement insisté pour pouvoir s’adresser à moi de la sorte en privé et – Elle m’a mené en bateau du début à la fin – bien que je n’en ai rien dit, j’étais beaucoup trop touché pour pouvoir refuser. Qui plus est, je n’aurai aucun mal à m’y habituer, je pense. Ça me réchauffe le cœur de l’entendre m’accepter ainsi. J’ai l’impression de faire davantage partie – Avec son léger accent français en plus, c’est absolument enchanteur – de leur précieuse famille.

« C'est quand même beaucoup moins formel que Kelly-sensei. Merci Kana, je me porte à merveille et j’espère que toi aussi. Tu as beaucoup d’allure. »

Après une scène d’au revoir très touchante – Non mais regardez comme il est à plaindre, celui-là – nous nous retrouvons bientôt en tête-à-tête, le regard brillant de tous les mots et les gestes que nous ne pouvons pas avoir ici, à portée d’yeux indiscrets. Contrairement à moi, Hisao a réellement fait preuve de sobriété dans l’élégance et il est indiscutable – J’ai envie de tirer lentement sur cette cravate – que ça lui va comme un gant. Pour autant, même s’il est beau comme un dieu dans ce costume, ça ne suffit pas pour masquer à mon regard la crispation de ses épaules ou – Mon dieu, c’est à ce point ? – le léger tremblement qui les parcourt. Je fais comme si je ne le remarquais pas. Entre aujourd'hui et hier – Oh Seigneur, hier – je sais à quoi c'est dû et il n'y a aucun besoin d'insister dessus.

« Hey. Ça va, merci. J’ai connu pire pendant mes examens de médecine. Et toi ? Tu es vraiment superbe, sache-le. J’adore ce petit bijou, ça fait toute la différence. »

Dis-je en me permettant d’effleurer brièvement du bout du doigt la broche argentée sur le revers de sa veste. Il est dommage que ça ait lieu en de telles circonstances mais je suis réellement heureux de pouvoir l’admirer aussi bien vêtu. De manière générale, je suis comblé chaque fois que je peux le regarder, chercher et découvrir toujours plus de nouvelles facettes inconnues, précieuses et scintillantes comme cette jolie fleur de lotus. Après quoi, je le suis jusqu’à la camionnette et prends docilement place – Au moins il gardera l’estomac à l'endroit cette fois-ci – du côté passager pour le laisser conduire. Sa mise en garde contrite alors que j’attache ma ceinture me fait pouffer de rire – Oh chéri, si tu savais à quel point je suis blindé – et je le rassure immédiatement :

« Je comprends. Ne t’excuse pas, tu n’y es pour rien. De toute manière, je suis inattaquable. J’ai fait preuve d’une sobriété sans pareille rien que pour l’événement. »

Je ramène mes cheveux sur mon épaule avec panache – Parce que je le vaux bien – pour appuyer mes paroles. Plus sérieusement, même si ce n’est jamais agréable d’être attaqué sur son apparence ou sa sexualité, je suis suffisamment rodé – Gaijin, gay et fabuleux – depuis le temps pour ne pas manquer de répondant. Qui plus est, je pense que je ne souffrirai pas trop – Quitte à partir sur de mauvaises bases dès le départ, inutile de se fatiguer pour faire bonne impression – de l’opinion de gens qui jettent l’un des leurs à la porte sans que ça ne les empêche de dormir sur leurs deux oreilles par la suite.

« Ça va aller, Hisao. Quoiqu’il se passe, ça sera derrière nous ce soir. On pourra se commander quelque chose tous ensemble, regarder une série et s’épuiser sur Just Dance jusqu’à ce que ta fille ait notre peau à tous. Et on pourra traîner au lit tranquillement demain matin, en tout bien tout honneur bien s- Oh, du Motörhead ! Ça te convient ? »

Ça lui convient. Parfait ! Je lance avec enthousiasme – C’est Karson qui serait aux anges – tapotant des doigts en rythme sur le rebord de la fenêtre. Il y a fort à parier que je me mette à chanter durant cette heure et demie de trajet.
 



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Hisao Tenma
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(#) Re: Killing In The Name [+16]  Killing In The Name [+16] EmptyMar 12 Jan 2021 - 15:09

Son compliment fait légèrement chauffer ses joues, mais il ne détourne pas le regard et lui adresse un sourire. Et puisqu’il peut maintenant prendre un instant pour le détailler et parcourir sa tenue des yeux, il ne se gêne pas.

« Ça va », ce n’est pas exactement vrai, mais ce n’est pas non plus entièrement faux. Mais Ashton commence à suffisamment bien le connaître pour pouvoir lire entre les lignes—tout comme il l’a fait tout au long de la semaine. « Et toi tu es parfait. Comme d’habitude. »

En lui laissant carte blanche, Hisao n’avait pas d’idée particulière en tête. Il savait qu’Ashton réussirait à le surprendre quoi qu’il arrive et fidèle à lui-même, son compagnon est d’une élégance sans pareille. À côté de lui, Hisao se sent parfaitement banal—mais ce n’est pas une mauvaise chose. Au contraire. Même s’il s’est assagi avec le temps, certaines choses sont éternelles—comme cette part de lui qui emmerde le monde et qui ne veut pas se plier aux attentes des autres. Et cette part est plus que satisfaite de voir qu’Ashton n’a pas essayé de se ranger pour plaire à sa famille de demeurés aigris. Sa réponse lui arrache même un rire lorsqu’il essaye de le mettre en garde.

« Irréprochable, oui. Qu’ils fassent le moindre commentaire à ton sujet… »

Il se fiche que l’on traine son propre nom dans la boue. C’est devenu quelque-chose d’habituel au sein de sa famille—et Hisao est convaincu que quoi qu’il se dise aujourd’hui à son sujet, ça ne sera jamais aussi violent que ce qui a pu être dit dans son dos pendant ces quinze ans d’absence. Mais que l’on touche à ses proches ? Il en est hors de question.

Ce que lui dit son compagnon pour le rassurer, Hisao le sait déjà. Quoi qu’ils fassent, quoi qu’il arrive, ce sera une mauvaise journée pour tout le monde. Il s’en veut toujours un peu d’avoir proposé quelque-chose d’aussi égoïste à Ashton—mais au moins, ils sont ensemble. C’est une épreuve qu’il n’aura pas à affronter seul. Et cette pensée seule suffit à détendre légèrement ses épaules.

« Tu as raison », il prend une grande inspiration pour essayer de faire redescendre la pression. Il lui adresse un sourire rapide et furtif avant de revenir à la route. « Ça me va très bien. »

Et une bonne partie du trajet se fait dans la même ambiance ; solos de guitare endiablés et basses saturées qui retentissent dans l’habitacle alors que la discussion se fait bien plus légère. Oublier ce qui les attend à Hirakata lui fait beaucoup, beaucoup de bien. Même s’il lui est impossible de se sortir cette angoisse de la tête—il arrive à l’occulter. Même si ce n’est que pour une petite demi-heure, une heure, qu’importe.

C’est arrivés à la moitié du trajet qu’ils décident de faire une pause pour se dégourdir les jambes. La camionnette n’est pas franchement confortable et—

« Je crois que tu m’as mal habitué. J’ai l’impression que tous les gâteaux que je mange et qui ne sont pas de toi sont fades », dit-il avec sa part de cheesecake à moitié entamée. Il a oublié de déjeuner dans la précipitation et commençait à avoir un petit creux. Alors même ça n’arrive pas à la cheville de ce que son compagnon lui fait en temps normal—ça fera l’affaire. « Tu en veux ? » Lui propose-t-il avant d’en arriver à bout.

Même si Hirakata n’est plus qu’à une petite demi-heure et qu’ils sont un peu en avance, ils ne doivent pas perdre de temps. Enfin, ça… c’est ce qu’Hisao essaye naïvement de se dire avant d’entendre son téléphone sonner lorsqu’il se rassoit sur le siège conducteur, Ashton à ses côtés. Le nom d’Hikaru lui fait hausser les sourcils, mais il est obligé de répondre. Ça pourrait être important. Alors il fait glisser son doigt sur l’écran et a tout juste le temps d’enclencher le haut-parleur que—

« Hey. T’arrives dans combien de temps ? Je suis déjà là-bas et ça grouille de charognards donc si tu pouvais te magner ça m’arrangerait. »
« Bonjour. Je vais bien, merci, et toi ? » Il lève les yeux au ciel. « On sera là dans une demi-heure à peu près. »
« Comment ça, « on » ? T’as quand même pas ramené Kana. »
« Non. »

Un silence s’installe durant lequel il lance un regard soucieux à Ashton. Il entrouvre les lèvres pour reprendre, mais Hikaru est plus rapide que lui. Sauf qu’il est passé au français, et que son ton est on-ne-peut-plus sérieux.

« T’as vraiment embarqué Ashton ? Devant Nanako ? T’es complètement malade ? »
« Ça lui fera une agréable surprise », il ne lui répond pas en français.
« Il est avec toi là ? Il m’entend ? » Demande-t-il en repassant au japonais.
« Oui. »
« Nanako va pas le laisser rentrer. C’est un gaijin, elle voudra pas qu’il foute un pied chez elle », il n’y a pas d’animosité dans ses mots—surtout une forme d’inquiétude étrange.
« La maison ne lui appartient plus. »
« Vu comme ça… » Il soupire et un rire gras retentit à l’autre bout du fil. « Elle va péter un plomb. T’as pas idée d’à quel point tu vas lui faire péter un plomb. »
« Je l’attends au tournant. »
« Moi aussi, t’en fais pas. Bref. Faites gaffe sur la route. À tout à l’heure. »

Et il raccroche. La seule chose qu’Hisao est capable de faire—c’est de rire nerveusement. Alors qu’il tourne faiblement la tête vers Ashton, plus inquiet à son sujet que qu’à propos de lui-même. Un nœud de culpabilité se forme dans son estomac alors qu’il remet le contact pour reprendre la route.

« Qu’est-ce que je disais déjà ? Que ça se passe normalement… » Il soupire. « Désolé de devoir te faire endurer ça. »

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Ashton Kelly
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(#) Re: Killing In The Name [+16]  Killing In The Name [+16] EmptyMar 12 Jan 2021 - 17:39


 

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Un sourire étire mes lèvres et je lui jette un regard malicieux par-dessus ma bouteille de ramune au melon. Écoutez ce vil flagorneur qui tente de m’acheter avec un cheesecake industriel…

« Si c’est une tactique pour me flatter mon ego et obtenir  une autre pâtisserie dans un futur proche, sache que tu marques des points. Oh, merci ! C’est gentil… »

Aisément corruptible comme je le suis, je me penche vers lui pour croquer une bouchée – Vraiment pas terrible – puis retourne à ma contemplation de l’aire d’autoroute. Même si le voyage s’est bien passé jusqu’ici, Hisao est beaucoup moins loquace que ce qu’il était devenu – L’appareil est plein d’air, le biscuit tout spongieux et j’ai mangé des pâtes natures avec plus de goût – avec moi au fil des dernières semaines mais je ne lui en tiens clairement pas rigueur. Je n’ai qu’à poser les yeux sur lui pour discerner sa tension partout, même s’il est très doué pour la passer sous silence. Je ne vais clairement pas – Je lui ferai un cheesecake digne de ce nom quand on sera rentrés – lui imposer de parler s’il n’est pas en état. J’espère simplement que je parviendrai à l’épauler convenablement le moment venu, pendant et après la tempête.

La pause terminée et nos jambes dégourdies, nous remontons dans la camionnette pour la dernière partie du trajet avant l’antre du dragon. Du moins c’était le plan quand – Seigneur, cet homme est toujours aussi aimable – l’appel d’Hikaru nous interrompt avant même que nous ayons bouclé nos ceintures. Gardant le silence, j’adresse un imperceptible hochement de tête à Hisao lorsque son regard vient chercher le mien, au moment où son frère réalise que je fais partie du voyage. Qu’il ose seulement s’y opposer, peu importe la langue qu’il utilise. J’appuie aussitôt la réponse d’Hisao quand il est question de ma présence :

« Bonjour ❀ »

À partir du moment où mon compagnon a estimé que j’étais un soutien suffisamment efficace dans une affaire familiale difficile pour me demander de l’accompagner, il est hors de question que je reste sur la touche en faisant profil bas. Je suis concerné aussi, même si ce n’est pas au premier chef. Heureusement, à ma grande surprise et peut-être à ma très légère vexation – Est-ce que je vais devoir réviser mon jugement ? – Hikaru est seulement… Inquiet pour moi ? Non, je dois rêver. Disons plutôt ravi – Dans l’absolu tant mieux, mais bon – à l’idée d’ulcérer sa génitrice avec son scandaleux beau-frère. Je ne peux pas retenir un sourire en l’entendant s’esclaffer et il s’agrandit – Il vient de m’inclure dans ses vœux de prudence là, non ? – quand je recroise le regard de mon compagnon, plus tendu par cet appel qu’il ne veut l’avouer. Comme si ce qui nous attend commençait déjà à l’étouffer.

« Et bien ma belle-mère a décidément l’air d’être une charmante femme. Est-ce que je suis juste un ami ou est-ce que je t’appelle Honey devant tout le monde ? Je plaisante, Hisao. C’était une blague. Je ne le ferai pas, c’est promis. »

Moui, bon. Ma tentative de détendre l’atmosphère – Est-ce que tu pourrais réfléchir avant de faire ce genre de plaisanteries, Ashton ? – n’est pas des plus concluantes et je choisis sagement de me taire alors qu’il redémarre – Tu vois bien qu’il n’est pas en état d’apprécier la finesse de ton humour – et que nous quittons le parking. Je ne dois pas le mettre mal à l’aise. En ce qui me concerne, je n’ai jamais eu le moindre scrupule à utiliser mon intimité comme une arme pour répondre aux attaques que je pouvais subir mais je dois garder à l’esprit que cette intimité n’est plus seulement la mienne à présent. Quoiqu’il se passera quand nous arriverons, je dois garder mon calme et simplement soutenir Hisao de mon mieux. Cette résolution s’ancre fermement en moi alors que – Tu n’as pas à t’excuser – je pose une main sur sa cuisse.

« J’ai accepté de venir en mon âme et conscience parce que tu es différent de ces gens-là et que je t’aime. Tu ne me fais rien endurer du tout. »

J’affronterai bien pire pour lui, avec lui, parce que je sais qu’il ferait de même pour moi. Même après bientôt  un mois, je reste confondu de constater chaque jour qu’il y a plus de réciprocité dans notre relation que j’ai pu en goûter en vingt ans de vie avec Messiah. Je n’ai pas l’habitude de recevoir autant. Je ne suis pas encore sûr de le mériter vraiment. C’est pourquoi mon regard est perçant et déterminé lorsque nous sortons de l’autoroute pour entrer dans Hirakata, que nous progressons dans les rues de plus en plus huppées et que je sens la tension d’Hisao grimper en flèche sous ma paume. Je caresse doucement sa cuisse, un bref instant. Je veux qu’il sente ma présence, qu’il sache – Je ne te laisserai pas tomber – que je suis près de lui et que rien au monde ne pourra – Nous affronterons ça ensemble – me chasser de cette place qu’il m’a offerte. Je le lui signifie une ultime fois lorsqu’il gare la camionnette et que je profite du fait que nous soyons hors de vue pour lui prendre la main, la serrer dans la mienne et lui sourire.

« Ça va aller. »
 



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Merci à Meyu et Hisao pour les kits, leur temps et leur talent Coeur
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(#) Re: Killing In The Name [+16]  Killing In The Name [+16] EmptyDim 17 Jan 2021 - 1:50

Les salutations particulièrement distinguées de son compagnon lui arrachent un léger sourire. Hikaru est très loin de détester son nouveau beau-frère. Loin, très loin de là. Mais ce qu’Hisao sait plus que tout, c’est que c’est loin d’être réciproque. À raison—même s’il aimerait pouvoir enfin mettre toute cette histoire derrière lui et avancer. Il se rassure en voyant qu’Ashton ne s’indigne pas du passage au français d’Hikaru et termine la conversation comme il se doit.

Et visiblement—son stress ne passe par inaperçu. Il relève la tête en entendant les mots de son compagnon et essaye de sourire sans que le cœur n’y soit réellement. Sa main triture distraitement le cuir du volant alors qu’il trace les rayures déjà présentes sur ce dernier du bout de ses doigts.

« Elle ne mérite pas que tu lui offres le titre de belle-mère. J’aurais dû rayer cette femme de ma vie bien plus tôt et ça me désole de devoir lui y faire une place de nouveau. Mais je n’ai pas le choix », il soupire, sentant le calme le gagner de nouveau au fil de ses mots. Avoir entendu la voix de son frère et savoir que les choses ont une chance de ne pas dégénérer entre eux est déjà un bon point duquel partir. « Et—honnêtement ? Je m’en fiche. Je vais là-bas pour signer des papiers, récupérer quelques meubles et strictement rien de plus. Je ne t’ai pas demandé de venir pour que tu te musèles devant des gens qui ne sont plus rien pour moi. Appelle-moi comme bon te semble. S’il y a bien quelqu’un qui ne leur doit rien, c’est toi. »

Et puis—Hikaru sera là. Quoi qu’Ashton fasse, son frère trouvera toujours un moyen de faire pire. Même s’il essaye de se contenir, de rester aussi neutre et composé que possible… une part de lui a secrètement envie que tout dégringole une bonne fois pour toutes. Le problème dans cette famille, c’est que ça n’a jamais explosé. Il sait que ce n’est pas sain—tout du moins, tout ce qu’il a pu apprendre au cours de son parcours universitaire et lors de ses années d’exercices le confirme amplement. Toi, t’étais trop con et trop laxiste. Toi, t’étais trop jeune et t’avais pas les c*uilles de le faire. Mais ouvrir les vannes… juste une fois. En s’imaginant qu’après cela, son sac serait enfin vidé pour de bon. J’espère juste que vous aurez jamais à les revoir. Mais si un jour c’est le cas… faut que ça pète. Ça peut plus durer. Ce sont les mots d’Anaïs qui lui reviennent. Il s’est toujours opposé à cette vision des choses. Il continue de fermement réfuter de tels arguments, prônant envers et contre tout que rien ne pourra jamais se résoudre dans la virulence et qu’ils en ressortiront tout deux meurtris. Mais plus le temps passe, plus il se fait la réflexion que ça en vaut peut-être la peine. Qu’effectivement, ils peineront à s’en remettre—mais que cette guérison sera leur dernière.

Quand il tourne la tête pour regarder Ashton cependant, tout s’effondre. Même si c’est prétentieux de penser ainsi, il ne veut pas entraîner quelqu’un pour qui il compte et qui n’a rien demandé dans un processus aussi douloureux. Son compagnon a assez souffert, et Hisao se réduirait mille fois au silence si c’était pour avoir la garantie qu’il n’ait pas à endurer davantage.

« Ça va aller », il répète ses mots comme pour s’en convaincre.

Et d’une manière ou d’une autre—cela finit par fonctionner. Il sait que ce n’est qu’en partie vrai. Mais alors que les secondes défilent et qu’il se reconcentre sur la route—il se dit que ça ira et même si ça doit se faire dans le chaos. Parce qu’ils sont soudés—et qu’aucun d’entre eux ne se retrouvera seul au cours de cette épreuve. Au bout d’un certain temps, sa langue finit par se délier et la discussion se fait plus légère. Puisque le sujet de la famille semble refuser de disparaître de la table – ce qui n’est pas si étonnant que ça étant donné la situation – il prend les choses en main au lieu de laisser les émotions le submerger inutilement. Il a jeté des piles dans le poêle. Évidemment, il y a mis le feu—heureusement, mon père a réussi à l’arrêter à temps. Je savais que si je ne disais pas qu’on avait eu l’idée ensemble, il allait s’en prendre plein la figure. On a partagé la punition en deux, comme ça. Au final, la demi-heure de trajet restante passa bien plus rapidement qu’il ne se l’était imaginé. J’étais excessivement mauvais, par contre. La professeur de solfège a abandonné au bout de six mois, quand elle a décidé que j’étais un cas perdu d’avance. Apparemment, j’avais de grandes mains et c’était un atout, mais rien de plus. Je n’y arrivais tout simplement pas. Il faut croire que j’étais meilleur pour dessiner que pour coordonner mes doigts sur le clavier d’un piano. Se replonger dans ces souvenirs-là lui permet d’ignorer les mauvais qui ne cessent d’essayer de remonter à la surface. D’ailleurs, ma mère ne m’a pas parlé pendant trois semaines quand elle a appris que mon père m’avait inscrit à des cours de dessin sans lui demander la permission. Le temps file d’anecdote en anecdote—alors qu’ils échangent à tour de rôle des bribes de leurs enfances. Celles qui ne sont plus douloureuses aujourd’hui. Les fous. Première prise de sang de toute ma vie, et personne n’a pensé à me tenir les bras. L’infirmière a aussitôt planté la seringue dans ma peau que j’ai arraché l’aiguille avec mon autre main. Depuis, j’ai peur des aiguilles.

Et ils finissent par arriver. Pour une raison qu’il ne saurait expliquer, Hisao se sent embarrassé à l’idée de montrer la maison de son enfance à Ashton. Déjà parce qu’elle renferme bien plus de mauvaises choses qu’il ne le laisse croire—mais surtout parce que c’est immense. Il a toujours eu l’habitude de cet endroit—mais en compagnie de quelqu’un d’étranger à sa famille… c’est étrange. Il doit sortir un instant de sa voiture pour sonner au portail et attendre qu’on lui ouvre. Une fois fait, il retourne s’asseoir et attend que les portiques en bois s’ouvrent. Ils donnent sur un long chemin en pente—une cinquantaine de mètres plus loin et une fois l’immense jardin traversé, on aperçoit la demeure familiale, légèrement surélevée par rapport au reste du terrain. Même si c’est une très vieille maison, elle est encore en excellent état—quoi qu’en dise son apparence très traditionnelle, après avoir appartenu à plusieurs générations de Tenma avant la sienne.

Cinq ou six autres voitures sont déjà garées dans la cour et il ne lui faut pas longtemps avant d’apercevoir celle qu’Hikaru a loué et—

« Oh. Mon. Dieu », sa voix peine à sortir de sa gorge. « Mais quel idiot—mais quel con— »

Il se gare sans trop de difficulté, en parallèle avec les autres voitures et ne prend même pas le temps de prendre une grande inspiration. Il se contente de lancer un regard un peu plus assuré qu’avant à Ashton et sort de la voiture, pour trouver son frère déjà en train de marcher vers eux.

Dans toute sa splendeur ; démarche relaxée et plus laxiste que jamais, lunettes de soleil en plein mois de novembre, chemise ouverte de deux boutons dévoilant les tatouages dans son cou. Ses avant-bras sont tout aussi découverts et cet idiot a mis un short. De loin—on croirait presque que toute sa peau est recouverte de vêtements. Les centimètres de peau non tatouée se compte sur les doigts de la main.

« À quoi tu joues ? » C’est la première chose qu’Hisao lui dit quand il le voit, ne récoltant rien de plus que l’expression amusée de son aînée.

« Bonjour. Je vais bien merci, et toi ? J'ai décidé de faire grande impression. Toi, t'es trop classique » Lui répond-il, avec un sourire de bon à rien avant de tourner la tête vers Ashton pour l’accueillir avec un hochement de tête plus sobre. « J’espère que t’as le cœur bien accroché », lui adresse-t-il—souriant toujours mais… différemment. Hisao sait très bien qu’il y a un test stupide qui se cache derrière tout ça, mais il ne dit rien. Ashton est majeur et vacciné, et suffisamment grand pour se faire justice tant qu’Hikaru ne lui manque pas de respect. Et il sait qu’au fond, Hikaru se fait vraiment du souci pour la suite—même s’il ne laisse rien paraître.

« Tu devrais plutôt t’inquiéter pour toi. Est-ce qu'elle t'a seulement déjà vu comme ça ? » Lui demande-t-il en croisant les bras.

« Jamais. Tu devrais remonter tes propres manches. Peut-être qu’elle arrêtera de nous faire chier si elle pense qu’on est dans la mafia », Hisao lève les yeux au ciel, mais ne dit rien. L’idée amuse une part de lui, mais il s’efforce de faire taire cette dernière pour rester sérieux. Il ne peut pas se permettre d’être distrait. « Faut que je fume une clope avant d’y aller, sinon c’est moi qui vais ouvrir le feu », il fait glisser une cigarette hors de son paquet et tend ce dernier à Hisao – qui décline sans hésiter – avant de se tourner vers Ashton, réitérant son geste. « Tu fumes ? »

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(#) Re: Killing In The Name [+16]  Killing In The Name [+16] EmptyDim 17 Jan 2021 - 16:33


 

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Il va de soi que, sitôt qu’Hisao s’est remis à discuter dans la voiture  – Et là je sens un jet chaud sur mon épaule ! Je me dis que ce n’est pas possible, je tourne la tête et si, c’était possible. Ce petit con était en train de me pisser dessus dans le bain ! Je lui ai couru après dans toute la maison, jusqu’à ce qu’on nous attrape et qu’on nous colle une claque parce qu’on avait mis de l’eau partout et qu’on avait laissé notre sœur de quatre ans seule dans la baignoire – je lui ai immédiatement emboîté le pas. Même si le terrain des souvenirs de jeunesse reste un peu sensible étant donné tout ce qu’il peut rapidement convoquer, j’échange avec enthousiasme ses anecdotes contre les miennes. C’est presque un point positif à cette journée éprouvante. Même dans ces circonstances difficiles, même avec – On faisait de gigantesques tournois de Risk et de Monopoly à même les tapis. Des affrontements dantesques, avec de vrais enjeux étant donné que le gagnant pouvait annexer le territoire des vaincus. À treize ans, j’étais à la tête d’un empire ! Une partie de la chambre de mon frère est toujours une de mes provinces – ce qui nous attend au bout de la route, je continue d’en apprendre plus sur l’homme que j’aime.

Je récolte avec soin chaque parcelle de son enfance qu’il accepte de dévoiler, je les ajoute au tableau que je complète touche par touche depuis que nous nous sommes rencontrés. Je m’émerveille toujours en silence d’avoir – Et pour l’amuser, je dessine un smiley en ketchup sur sa part de riz. Elle était ravie ! Elle lui a parlé pendant tout le repas. C’était attendrissant jusqu’à ce que je mélange le riz pour qu’elle se décide enfin à manger. Là, elle a fondu en larmes – sans cesse des choses à découvrir, même si le passé qui s’esquisse au travers de la conversation n’a rien de vraiment joyeux et que je souffre toujours à la pensée qu’il ait dû grandir dans un tel environnement. J’aurais voulu être là avant, pouvoir lui donner plus tôt – Je peux te dire que même à dix ans, quand ton grand-père te colle un casque de soldat sur la tête avant de te viser avec sa carabine à plomb en te promettant que tout va bien se passer, tu n’es vraiment pas rassuré. Surtout quand le plomb ricoche et manque d’éborgner ton frère. Je ne crois pas avoir revu ma grand-mère dans une telle rage depuis lors – tout ce dont il a manqué. Mais j’ai bien conscience que ça ne sert à rien de se faire souffrir avec ce genre de chimères. Le plus important – Ses yeux, Hisao. À tomber par terre. Suffisamment beaux pour convaincre un gamin de douze ans de ne plus jamais se couper les cheveux et de toujours s’y tenir trente ans plus tard – c’est que je sois là aujourd’hui. C’est ce que je me répète alors que nous remontons l’allée de la propriété familiale des Tenma.

Ma première impression est que c’est vraiment gigantesque. Je ne savais même pas qu’on pouvait – Si mon père voyait ça – trouver des terrains aussi vastes dans une ville japonaise et c’est la première fois – Il se sentirait bien petit avec nos 400m² habitables – que je vois une bâtisse traditionnelle aussi bien conservée. Ma seconde impression est que si le dedans ressemble au dehors et les habitants à l’ensemble, je ne suis même pas étonné qu’Hisao ne veuille plus rien avoir affaire avec tout ça. Ma troisième impression est, évidemment et à mon grand dam – Ce n’est plus un homme, c’est le musée d’Orsay – que je fais réellement figure de sobriété à côté d’Hikaru. Emboîtant le bas de mon compagnon mortifié, je ne me presse pas plus que ça pour les rejoindre, très occupé à démêler les sentiments mitigés – Je ne lui ai pas pardonné – qui m’animent à la vue de cet homme. Entre le cadre solennel et son allure, le décalage est tellement énorme – Je ne lui ai certainement pas pardonné – qu’il en devient cartoonesque et, après après passé une semaine à éponger le stress grandissant d’Hisao à l’idée de venir ici, je dois avouer que je dois faire un léger effort pour – Mais disons qu’en tant qu’amateur d’allures audacieuses – ne pas rire, ou même sourire devant le comique de la scène. Surtout qu’il est parfaitement – Je ne peux pas lui nier une certaine classe – conscient de son effet, le bougre. Je ne sais pas ce que ça augure pour la suite mais certainement pas une tasse de thé au calme et une conversation mondaine dans cet immense jardin. Je lui rends son hochement de tête – Nous ne sommes pas des sauvages – et hausse négligemment les épaules en balayant la splendide et austère façade du regard.

« Je te ferai signe si je m’évanouis. »

Quoi que les Tenma aient à dire sur mon compte, je n’en ai cure. Ça ne sera rien que je n’ai pas déjà entendu. Ce n’est pas sur moi que je crains d’entendre des horreurs en réalité et– Hikaru me propose une cigarette. Je bats des cils, pris de court. Il me faut une seconde pour comprendre le geste, et une autre pour me décider à y répondre. Même si j’éprouve encore de la colère, même si le seul souvenir de ce jour et du visage d’Hisao après ses paroles suffit à raviver cette dernière…

« Merci. »

… Je suis un homme de parole. J’ai dit que je ferai des efforts, autant commencer par ce qui se trouve à ma portée. Et puis même si ma fierté peut me jouer des tours, elle ne m’aveugle pas au point de me faire snober mes alliés en terrain hostile. Je pioche donc une Malboro dans le paquet tendu et pousse même la bonne volonté – Hisao, j’espère que tu ne rates pas une seule miette de ce que je suis prêt à faire pour tes beaux yeux – jusqu’à me pencher en avant pour qu’il l’allume dans la foulée de la sienne. Il va de soi que ça ne règle rien mais pour être totalement honnête, je dois admettre que sa générosité est plutôt bienvenue. La nicotine me fait un bien fou après ce trajet en voiture et cette arrivée plus stressante que je ne le pensais. Soufflant longuement la fumée, mon regard ne cesse de revenir sur la façade de la maison. Les shojis, les planchers de bois, la majesté de l’architecture dans son ensemble… Le calme qui règne alentours donne l’impression – C’est beaucoup trop grand – que l’endroit n’a pas changé depuis des siècles et il faudrait vraiment être aveugle pour ne pas réaliser que la bâtisse toute entière est faite pour impressionner le visiteur. Pour qu’il se sente humble et petit face à la beauté, la grandeur, la richesse du lieu qui doit forcément refléter – Ça me rappelle la maison de mon père – les qualités de ceux qui y vivent. Je ne suis pas encore entré et déjà je peux le sentir : il n’y a pas de chaleur, pas de vie en ces murs. J’ai aussitôt cet endroit en horreur.

« Où est-ce que ça va se passer ? Dans quelle aile, je veux dire. Il y a de quoi se perdre dans ce palace. »
 



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(#) Re: Killing In The Name [+16]  Killing In The Name [+16] EmptyLun 18 Jan 2021 - 0:14

La scène qui se produit sous ses yeux est irréaliste. Hisao sait pertinemment qu’Hikaru joue avec les cartes qu’Ashton daigne bien vouloir lui donner—mais il ne peut s’empêcher d’être impressionné de ce qu’il en fait. Que ce soit parce que son frère a mûri depuis la dernière fois où Hisao l’a vu ne pas s’entendre avec une autre personne ou parce que la situation est sérieuse… ce n’est pas vraiment important. La seule chose à laquelle il parvient à s’accrocher dans l’immédiat, c’est l’échange cordial qui se fait entre les deux hommes.

La réponse d’Ashton arrache un rire à Hikaru, qui secoue doucement la tête avant de lui faire sa proposition. Tenant parole au sujet des efforts promis, ce dernier accepte – très certainement pour le geste plus que pour la cigarette en elle-même – et Hisao profite des derniers instants de paix qui lui sont offerts. Il s’appuie contre la camionnette, bras croisés tandis que son regard se perd sur l’immense bâtisse qui leur fait face.

Il n’a jamais aimé cette maison.

Que ce soit à cause de son apparence qui lui inspirait sévérité et austérité, ou dans son intérieur tout aussi froid que ceux qui y habitaient… Rien ne lui allait. Les murs trop fins. L’escalier à l’entrée qu’il fallait monter alors qu’il venait de se taper trois kilomètres à vélo en rentrant de l’école. Les chambres trop proches les unes des autres. L’immensité de l’endroit qui ne faisait qu’ajouter un poids à sa solitude.

La question d’Ashton le tire hors de ses pensées et il adresse un regard pensif à son frère, incertain.

« Dans la pièce à vivre, sûrement. C’est là qu’on a signé la première partie, la dernière fois. Mais on ne va pas commencer pas les signatures. Les notaires vont prendre un moment à arriver. Y a pas juste une baraque en jeu alors il faut des avocats et—sûrement la présence des autres actionnaires », il tire une nouvelle bouffée sur sa cigarette avant de reprendre, prenant soin de ne pas souffler sa fumée sur les deux autres hommes. « On va commencer par les meubles. Ça va être l’enfer avec ces escaliers à la con. »

Enfin—Hikaru sait sans le mentionner qu’il va probablement faire l’impasse sur les meubles trop lourds. Sa carrure n’est absolument pas comparable à celle d’Hisao ou d’Ashton—ce dernier n’ayant jamais été friand de sport. Même s’il se défend, ils savent tout deux qu’ils iront plus vite s’il se charge du mobilier léger.

Tirant une dernière fois sur sa cigarette, il tend cette dernière à Hisao—mais c’est surtout pour le geste. Il sait qu’il va refuser comme il l’a fait ces dix dernières années. Sauf que. Ce dernier hésite un instant et après un long soupir, lui fait signe de lui tendre sa cigarette.

« Non. Si tu dois te refoutre à fumer, je veux pas que ça soit de ma faute. »
« Je ne vais pas me remettre à fumer », voyant que son frère ne veut pas lâcher prise, il roule des yeux avant de reprendre. « Si je me remets à fumer, tu ne seras pas tenu pour responsable. C'est bon ? »

À en croire le soufflement de nez cynique qui lui échappe et le fait qu’il lui tende effectivement sa cigarette—cela semble suffire. Mais contrairement à lui, Hisao ne tire qu’une seule fois dessus.

« Dix ans sans jamais accepter une seule de mes clopes—j’ai arrêté de le lui proposer à force. Seul jour où je le refais pour rire, il l’accepte. Tu le crois ça ? »

Sans attendre la réponse d’Ashton – à moins qu’Hikaru ait lâché ça dans le vent sans vraiment le viser lui – Hisao profite qu’il ait le regard détourné pour souffler sa fumée en pleine figure de son frère avant de lui rendre son précieux, un sourire amusé au coin des lèvres.

Hikaru réussit à garder son venin pour lui cette fois-ci—et le répit prend fin. Maintenant, il n’y a plus de pause clope pour les retenir de leur véritable objectif. Alors c’est sans grande conviction qu’Hisao emboîte le pas et se dirige vers les escaliers qui mènent vers l’intérieur de la maison. En temps normal, tous auraient enlevé leurs chaussures. Mais puisque c’est un déménagement et qu’il va être suffisamment dangereux comme ça avec les escaliers, Hisao et Hikaru décident de garder les leurs.

« Tu veux pas aller faire un petit coucou à Nanako ? Elle doit être dans le salon. »
« J’économise mes forces pour tout à l’heure. Mais fais-toi plaisir, si tu veux aller tâter la bête. Ce sera sans moi. »
« Des fois, le Hisao débile qui faisait exprès d’aller fumer ses joints près des flics parce que, je cite, « moi je l’enc*le ton système à la con » me manque. »

Il écarquille aussitôt les yeux, tournant subitement la tête vers son frère pour le foudroyer du regard. Avant de retourner à Ashton—plus adouci mais pas moins déstabilisé.

« Je n’ai pas la moindre idée de ce dont il parle. »
« Attends. Attends— », son regard fait des aller-retours entre son frère et son compagnon. « Il t’a jamais raconté— »
« Si tu dis un mot de plus, je te jure que tu vas le regretter jusqu’à la fin de ta vie », lui dit-il dans la langue de Molière, le ton sec et plus tranchant que jamais. Hikaru se tait aussitôt, riant au brutal changement d’humeur tandis qu’ils arpentent les couloirs.
« Je dois me taire, me dit l’autre hystérique. Mais ne t’en fais pas, tu finiras par entendre ces fabuleux récits d’une manière ou d’une autre. Quand il sera pas dans la pièce pour me faire passer à travers la fenêtre si je parle davantage. »

Sans prêter attention aux autres conneries que son frère a décidé de dire à son sujet, Hisao fait coulisser la porte de l’ancienne chambre d’Hikaru.

« Au lieu d’essayer de détruire ma crédibilité, jette un œil », il croise les bras. « Tu t’occupes de la table de chevet et des trucs peu encombrant et nous on prend la commode et le lit. Ça te va ? »
« Ça me va. »

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(#) Re: Killing In The Name [+16]  Killing In The Name [+16] EmptyLun 18 Jan 2021 - 16:42


 

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Une moue dépitée déforme brièvement mon visage quand Hikaru mentionne les escaliers. Évidemment, j’ai la maison sous les yeux et je me doutais bien que tout ne serait pas au premier. Mais ça ne rend pas ce qui nous attend – Ils auraient pu attendre de toucher l’héritage et engager des déménageurs – plus plaisant pour autant. Surtout si Hisao nous emboîte le pas dans nos mauvaises habitudes et tape une bouffée à son frère juste avant l’exercice.

« J’ai des sucettes si tu préfères ! »

Alarmé à l’idée – Ah non ! – qu’il retombe dans le tabagisme après dix ans de raison – Comment je me motive à arrêter si lui reprend ? – j’ai proposé sans trop réfléchir, sans même être sûr que j’en avais effectivement pris avec moi. Enfin, il est trop tard pour me soucier de ce pour quoi je vais passer, j’ai cru comprendre que mon beau-frère avait son opinion relativement bien arrêtée – Comme si j’avais quoi que ce soit à lui envier – à mon sujet, et nous avons surtout mieux à faire dans l’immédiat. Une fois mon mégot écrasé dans mon cendrier, j’ai la prévoyance de retirer ma veste pour la laisser sur mon siège dans la camionnette et emboîte le pas des deux frères à l’intérieur de la maison. C’est à peu près ce à quoi je m’attendais, avec du mobilier élégant et hors de prix, pas aussi traditionnel – La richesse et son étalage n’ont pas de frontières – que le reste de l’architecture. J’étais parti pour retirer mes chaussures mais la vue du parquet impeccablement ciré me convainc de suivre l’exemple de mes guides. Nous sommes en route vers l’étage et la conversation se poursuit négligemment jusqu'à ce que...

« Pardon ? »

Je marque un arrêt en haut de l’escalier, les paupières papillonnantes comme jamais. Est-ce que j’ai bien entendu – Hisao, je t’aime – ce que j’ai entendu ? Non, c’est impossible. Il ne peut pas – Mais tu mens comme un arracheur de dents – avoir fait ce genre de choses, c’est beaucoup trop éloigné de l’homme que je connais. Mais visiblement, ce n’est pas la seule chose que j’ignore et mon beau-frère me promet en riant que ça ne durera pas bien longtemps, malgré les mystérieuses menaces proférées en français par mon compagnon. L’espace d’une seconde, je sens la réplique acerbe – C’est décidément une sale manie de me déballer à l’emporte-pièces la vie de ton frère – me brûler la langue, l’envie de faire feu passer dans mon regard. Et en l’espace d’une seconde, je maîtrise et ravale l’une et l’autre. Non seulement ce n’est pas le moment, mais en plus ce n’est pas à moi de m’offusquer pour ça. Je préfère donc jouer la prudence et ne rien dire, même si je dois bien avouer – Hisao qui fume des joints. Hisao qui fume des joints sous le nez des flics – que ma curiosité est piquée au vif par ce que je viens d’entendre. Néanmoins, il n’est plus temps de m’en soucier car nous arrivons dans la première chambre.

Étant donnée la carrure d’Hikaru comparée aux nôtres, je n’ai rien à redire quant au fait qu’il se charge du petit mobilier pendant qu’on se coltine les trucs un peu plus encombrants. Par contre, je regrette légèrement ma sobriété du jour et après la grande aventure de descendre le sommier – J’espère que je ne vais pas trop transpirer – jusqu’à la camionnette, je prends un moment pour m’attacher les cheveux avec le pic en argent en forme de cigogne que j’ai emporté par précaution. Deux trajets plus tard, après en avoir terminé avec la chambre d’Hikaru – J’espère que je ne vais pas trop rougir non plus, bonjour la crédibilité – je desserre le col de ma chemise et je retire mes boutons de manchette pour pouvoir remonter mes manches jusqu’aux coudes, adressant un petit sourire d’excuse à Hisao au passage. Je ne souhaitais pas spécialement en arriver là mais – Par contre, j'ai vu mon reflet dans une vitre – si nous continuons à trimballer du bois massif, c’est une nécessité. Surtout que, si la silhouette d’un domestique se laisse parfois entrevoir au détour d’une porte ou d’un couloir – Ça met tellement en valeur mes bagues et mes bracelets, j’adore – personne dans cette maison immense n’a l’air décidé à lever le petit doigt pour nous aider. Ce n’est pas étonnant dans l’absolu mais ça n’est clairement pas fait – Pourtant, si Belle-maman se donnait la peine de nous adjoindre un peu de personnel, on pourrait cesser de lui amocher la vue plus rapidement – pour me mettre de bonne humeur.

« Rien à faire, ça ne passera pas comme ça... Attends, recule, qu’on puisse l’incliner un peu… »

Je parviens à articuler ces mots – Si je chope l’architecte sociopathe qui a décidé de mettre un tournant dans cet escalier – en équilibre entre deux marches, les bras tendus et les jointures blanchies par le poids du meuble en chêne – Je le défonce – que nous essayons laborieusement de faire descendre d’un étage. J’ai oublié quel meuble, j’ai oublié quelle pièce, ça n’a plus la moindre importance. J’espère juste que nous en avons bientôt fini, ou qu’on s’accorde une pause sous peu. Moi qui espérais ne pas trop transpirer ou rougir, je peux m’asseoir sur l’un et l’autre. Le souffle court, je suis Hisao quand il amorce la manœuvre de recul pour que nous puissions incliner sur le côté cette saleté de commode qui–

« Attends attends attends, pas si vi- SHIT !!! »

Trop tard. Ma main glisse, le meuble m’échappe. Un craquement sinistre retentit, suivi d’un choc sourd qui fait vibrer tout l’escalier, puis du vacarme typique que font les objets qui tombent en rebondissant sur diverses surfaces. Par réflexe, je parviens à empêcher le reste de basculer et par miracle, ce n’est pas sur mon pied qu’est tombé ce machin. Sans quoi, j’étais bon pour un tour aux urgences, une fracture et un arrêt de travail. Car tandis que je bouillonne encore sous l’effet de l’adrénaline, je réalise deux choses. La première, c’est le pied de la commode a littéralement enfoncé une marche et s’est coincé dans le trou. La seconde, c’est que nous n’avons pas pris la peine de sécuriser les tiroirs et que deux d’entre eux ont fini leur course au bas de l’escalier en dispersant leur contenu dans leur sillage. Principalement des vieilles photos, de ce que je peux en voir.

« Je suis désolé. Je n’ai rien. Je crois. Toi ça va ? »

Il va sans dire que je suis un peu sonné.
 



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(#) Re: Killing In The Name [+16]  Killing In The Name [+16] EmptySam 23 Jan 2021 - 0:41

Évidemment, Ashton ne le croit pas. Il peut voir la suspicion dans son regard—et c’est certainement pour cette raison qu’il reprend sur un ton plus léger en répondant à son frère. Ce n’est pas tant qu’il a honte de cette période—quoi qu’un peu—mais plutôt qu’il a du mal à aborder le sujet sans perdre ses moyens. Pour des raisons évidentes, il sera bien obligé de lui raconter ces années de perdition—mais il sait que le moment sera particulièrement gênant et… compliqué pour lui.

Outre le fait que ses mensonges aient encore été interceptés sans aucune difficulté de la part de son compagnon—il voit autre chose dans son regard. Dans la façon qu’il a de ciller à l’instant où Hikaru essaye de faire un pas vers lui. D’un œil attentif, il s’assure que rien ne dégénère entre les deux hommes mais quoi qui ait traversé l’esprit de son compagnon semble s’être déjà évaporé.

L’histoire est aussitôt enterrée qu’ils se mettent à la tâche. Hisao ne peut s’empêcher de lancer un regard complice à Ashton, un sourire malicieux en coin lorsqu’il voit ce dernier remonter ses manches et laisser ses tatouages à la vue de tous. Hikaru saute sur l’occasion pour siffler.

« Heeeeey—je savais pas que t’étais tatoué ! Ça fait combien de temps ? Ils sont super bien entretenus. C’était quand la dernière retouche ? Bras complets ou tu t’es arrêté aux avant-bras ? En général, il faut éviter de dépasser sur les pecs—Hisao a eu de la chance que ça ne s’étire pas avec les années. Tu en as d’autres ? Hisao tu aurais pu me le— »
« Je te l’ai dit. Je ne t’ai juste pas dit où. »
« Écoute, moi je m’attendais à une date de naissance à la con ou à un truc tout petit—j’rigole hein. J’critique pas les gens qui se tatouent des dates de naissances à la con ou des petits trucs. J’suis juste agréablement surpris. »

La discussion se poursuit sur le même ton léger. Hisao est concentré sur sa tâche et même si l’effort ne le fatigue pas plus que ça, il essaye de prendre autant de poids que possible pour faciliter la tâche à Ashton, qui semble un peu plus malmené par la soudaine activité physique. Il ne lui en tient pas vraiment compte—il y a un fossé entre être sportif et jouer les déménageurs. Et faire des pauses n’est visiblement dans les plans de personne. À raison—plus vite iront-ils, plus vite tout ceci sera derrière eux. Heureusement, il ne leur reste plus grand-chose à descendre quand la fatigue commence à se faire sentir au bout de deux bonnes heures.

Et puis vient le drame.

Quand il a le malheur d’aller à peine trop vite une fois qu’Ashton lui a demandé de changer d’angle et qu’il le pensait prêt à repartir. Le meuble échappe à son compagnon à l’instant où Hisao pose un pied sur le gravier de l’entrée et il se retrouve emporté vers l’arrière avec le poids du meuble—finissant sans grande surprise avec le cul par terre, sonné par le choc soudain. La commode s’est coincée dans les marches d’une manière ou d’une autre. Et Hisao ne prend pas la peine de chercher le pourquoi du comment—sentant une pointe de douleur dans son bassin.

« Oulà—ça va ? »

Incapable de répondre à son frère ou à son homme dans l’immédiat, il essaye de se relever seul en s’accrochant aux barreaux des escaliers pour s’aider. Et même si sa tentative est un succès—

« Tout va bien. Plus de peur que de mal », répond-il sans ciller, essayant de sourire pour se rassurer et essayer de donner le change.

Plutôt que de s’attarder sur la douleur dans le bas de son dos—il essaye de se contorsionner pour voir les dégâts sur son pantalon et à en croire le sourire amusé sur les lèvres de son frère, nul doute qu’il doit être tout blanc.

« Ah si tu veux quelqu’un pour te claquer le cul et t’enlever la poussière, faut pas me demander à moi. »
« Seigneur je t’en conjure—ferme-la », lui répond-il en entamant de s’enlever la poussière tout seul, frappant sur l’arrière de ses cuisses et ses fesses en essayant de ne pas croiser le regard d’Ashton—parce qu’il sait qu’il va lui sourire comme un idiot autrement. Et hors de question de donner raison à son frère.
« Ah ouais ça a troué la marche. Carrément. Bah heureusement qu’on n’avait pas l’intention de la v— »

Avant même qu’il n’ait le temps de terminer sa phrase—une paire de talons claquent sur le parquet et la silhouette qui apparaît juste derrière Ashton suffit à jeter un froid glacial sur tout ce qui se trouve autour d’eux.

« Que le ciel me vienne en aide », un soupir de dégoût s’échappe de ses lèvres. Son regard saute d’un homme à l’autre—s’arrêtant sur Hikaru alors qu’elle peine à ne pas se pétrifier sur place, ignore presque catégoriquement Hisao, et termine sa route sur Ashton avant de retourner à son premier fils. « Tu as l’audace de fouler le sol de ma maison avec une dégaine pareille et ramener—qui est ce type ? Qu’est-ce qu’il fait chez moi ? » Son visage se crispe dans le mépris et Nanako revient finalement à Hisao. « Je t’en supplie, dis-moi que tu n’as rien à voir avec eux. Que je n’ai pas gâché l’éducation de mes deux fils au point qu’ils me ramènent je ne sais quel gaijin hippie à la maison. »

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(#) Re: Killing In The Name [+16]  Killing In The Name [+16] EmptySam 23 Jan 2021 - 10:51


 

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S’il y a une chose qui peut me perdre en ce monde…

« Oh… Merci. »

… C’est certainement ma coquetterie. Je cille avec surprise quand Hikaru – Arrière, je suis toujours fâché – me bondit littéralement sur les avant-bras pour commenter mes tatouages avec enthousiasme. J’aurais du m’y attendre étant donné qu’il en est lui-même tapissé mais – Et je ne suis pas du genre à me faire une étoile sur le poignet ou un dauphin sur la cheville – je n’en suis pas moins désarçonné par la spontanéité avec laquelle il le fait. Ça ne me plaît qu’à moitié. Ça commence à être compliqué – Si je réponds, c’est uniquement parce que j’ai dit que je ferai des efforts – d’en vouloir à quelqu’un d’aussi naturel.

« Je me suis arrêté aux épaules. J’ai commencé il y a dix ans à la louche, mais j’y ai mis la dernière main l’an dernier. Enfin, je dis moi mais c’est Karina Joyce de Body Canvas, à Londres, qui a tout fait. Tu connais peut-être ? »

Je ne sais pas jusqu’à quel point elle est renommée dans le milieu mais en tous les cas, il y avait beaucoup plus de monde à faire la queue dans son salon quand elle a fini mes tatouages que quand elle les a commencés. Qu’Hikaru connaisse ou non, la conversation embraye naturellement sur ce sujet – C’est toi qui as fait celui d’Hisao, n’est-ce pas ? C’est une très belle pièce – quand je ne suis pas occupé à cracher mes poumons dans ces maudits escaliers. C’est étonnamment léger, pas désagréable mais un peu étrange. Parler de tout ça comme si de rien n’était – Est-ce que ce n’est pas un peu compliqué de se tatouer soi-même ? – dans cette maison austère qui respire l’hostilité à notre encontre a réellement un côté surréaliste. Ça a le goût du calme avant la tempête, des choses – Il doit y avoir des endroits difficiles à atteindre, non ? – qui ne peuvent pas durer. Effectivement, ça ne dure pas bien longtemps après notre exploit dans l’escalier.

Le meuble bloque totalement la voie, aussi je me contente de tendre le cou par-dessus avec anxiété pour m’assurer qu’Hisao ne s’est pas blessé. Il n’a pas l’air d’avoir quoi que ce soit de grave mais – Ah. Micro-grimace de douleur repérée – je commence à connaître suffisamment la bête pour ne plus me laisser entièrement abuser par son self-control à toutes épreuves.

« Hm. À vue de nez, il y a quand même un petit peu de mal. Ne prends pas ton coccyx à la légère, je peux t’assurer que c’est une des fractures les plus pénibles qui soient. Tu veux faire une pause ? Elle ne tombera pas plus bas, de toute façon. »

Et puis ça ne fera pas de mal au reste des troupes dans la foulée, même si nous avons bientôt fini d’après les deux frères. Ce n’est justement pas le moment de se précipiter si c’est pour se blesser bêtement ou ruiner un beau costume. Malgré tout mon empire sur moi-même, je ne peux pas m’empêcher – Ne renchéris pas, Ashton. Sois sage – de pouffer en entendant la plaisanterie d’Hikaru. J’aimerais vraiment rester en colère contre lui – Même si tu serais partant pour lui claquer le cul autant qu’il veut – mais ce serait infiniment plus facile si je ne commençais pas à percevoir pourquoi Hisao aime autant son frère, comme je l’avais souhaité avant que tout ne dérape. Pour autant, je ne baisse pas ma garde. Il ne faut pas s’y tromper : ce n’est pas parce que nous rions ensemble que tout est miraculeusement réglé ou que nous ne sommes plus en terrain hostile. Mais ce n’est pas mon beau-frère qui me remet ce dernier point en mémoire. Je me retourne vivement dans l’escalier, mû autant par mon instinct que par le claquement sec d’un couple de talons aiguilles sur le parquet.

Étant le premier à avoir su lire correctement dans ma fratrie, j’étais le préposé aux histoires quand nous étions petits. Ce fait me revient subitement – Noire comme l’ébène, rouge comme le sang – alors que Nanako Tenma apparaît en chair et en os sous mes yeux, grande, mince et marmoréenne dans son tailleur noir hors de prix – Froide comme la neige – et que j’ai l’impression de me trouver face à une marâtre de contes. Si j’avais une quelconque image mentale en tête suite au peu qu’Hisao m’a dit de cette femme, je l’oublie dans la seconde. Celle qui se tient devant moi se suffit à elle-même et je n’ai aucune difficulté – Je ne vous connais pas – à imaginer de quelle façon elle a pu se tenir à cet endroit précis – Mais je vous hais corps et âme – en chassant de sa maison la chair de sa chair. Je termine de pivoter lentement pour lui faire face, soutenant son regard en silence alors qu’elle incendie froidement ses deux fils et m’ignore avec tout le dédain du monde.

Durant la quasi-totalité du trajet, je me suis demandé comment je réagirai face à elle quand je la verrai car j’étais sûr que je la verrai malgré les illusions dont voulait se bercer Hisao. J’ai vaguement brodé quelques scénarios sans parvenir à réellement opter pour l’un d’entre eux par manque de matière. Mais en cet instant, à la seconde précise – Hippie, moi ? Sérieusement ? – où elle ose s’adresser à l’homme que j’aime en l’accusant de ma présence – Oh, Madame – comme si j’étais je ne sais quel gueux en train de salir son palier, je sais exactement quelle réaction je vais adopter. Avec un calme olympien et une certaine dose de morgue – Si seulement je venais en paix – je remonte l’escalier pour venir lui faire face bien qu’elle me regarde dans les yeux sans le moindre souci. Pendant une demi-seconde, je l’affronte avec la même froideur, le même mépris qu’elle dans la prunelle. Juste avant de me fendre en un charmant sourire et de m’incliner selon un angle qui exprime le respect dû à un membre de sa famille parce qu’on peut être gaijin tout en étant au fait de la culture dans laquelle on débarque. Ma voix coule comme du miel hors de ma bouche, avec ma diction la plus irréprochable pour palier mon accent :

« Je suis ravi de vous rencontrer aussi, Belle-maman. J’avais hâte de pouvoir me présenter en bonne et due forme. Vos fils ont été éloquents à votre sujet, vous êtes... » Long regard appuyé de bas en haut. « … Exactement comme je l’imaginais. »

Bouffe ça, vieille garce.
 



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(#) Re: Killing In The Name [+16]  Killing In The Name [+16] EmptySam 23 Jan 2021 - 18:23

Ça se passait beaucoup trop bien. Le salon me dit quelque-chose, le nom un peu moins. C’était beaucoup trop beau pour que ça dure. Un peu mon neveu. Douze heures de travail, et il a pas bougé en treize ans. Hisao peinait presque à y croire : Ashton qui finit par taper la discussion à son frère alors même qu’il le sentait proche de lui sauter à la gorge une heure plus tôt. Je me suis jamais tatoué seul, soit j’allais voir des collègues dont j’aimais le travail soit je faisais appel à la meilleure tatoueuse de Paris. Ce n’est rien de plus qu’un meuble, se dit-il. C’est du matériel, quelque-chose qui ne sera pas trop compliqué à réparer et puis—il s’en fiche. Ma fiancée. Jusqu’à ce qu’il aperçoive sa silhouette et prenne aussitôt trois teintes de blanc. C’est sans préavis aucun que Nanako fait son entrée, ayant probablement été alertée par le vacarme qu’ils viennent de faire. Personne n’a jamais aussi bien porté le mépris sur son visage qu’elle. L’image qu’elle renvoie est différente en tout point de celle qu’il a pu voir un mois plus tôt. Ce n’est plus une femme nouvellement veuve et faible, déstabilisée à l’idée de revoir ses deux enfants. C’est une matriarche sans pitié au regard hautain et au menton relevé qui se dresse face à eux dans un tailleur si strict qu’il semble presque la rendre invincible, intouchable. Alors que son âge l’avait heurté quelques semaines plus tôt tandis qu’Hisao s’était rendu compte, avec une certaine compassion, que ses parents n’étaient pas éternels et qu’il serait peut-être un jour temps de faire la paix avec eux… il a le sentiment de ne plus la reconnaître. Son visage est lissé, ses cernes disparues, la ligne de ses lèvres droite et austère et personne ne suspecterait jamais cette dernière d’avoir vingt ans de plus qu’Hikaru.

« Si t’es venue pour déplacer la commode avec nous, tu ferais mieux de descendre de tes échasses. Sinon tu peux aussi foutre le camp. »

Son regard quitte sa mère pour retourner à son frère. Il ne peut pas lui jeter la pierre, surtout pas après qu’elle ait ouvert le feu d’elle-même. Mais toute la confiance qui l’avait alors traversé tandis qu’il conduisait semble s’être évaporé. Il ne veut pas que les esprits s’échauffent. Pas comme ça. Pas maintenant. Il n’en a soudainement plus la force. Il se sent pris au piège et la seule chose qui l’empêche de prendre ses jambes à son cou, c’est le sang glacial dans ses veines qui le laisse pétrifié et immobile devant le spectacle macabre.

Il n’est pas au bout de ses surprises. Il le sait, il peut aisément le deviner dans la façon qu’Ashton a de remonter les quelques marches qui le séparent de Nanako et la résolution dans son regard. L’expectation rend ses mains tremblantes et il ne sait plus quoi penser—il essaye de prier pour que ça se passe bien, mais il sait que c’est peine perdue. Que quoi qui sorte de la bouche d’Ashton, ça n’aura certainement pas pour vocation d’éteindre le départ de feu, mais plutôt d’y jeter de l’huile.

Le brouillard qui l’enveloppe et essaye désespérément de le protéger de cet environnement toxique ne suffit pas à étouffer les mots d’Ashton. Il n’y a aucun aveu. Rien d’insultant. Son compagnon est fidèle à lui-même—classe jusqu’au bout des doigts, classe jusqu’au bout de la langue. Et c’est bien le problème. Là où les piques grossières et peu subtiles de son frère ont fini par ne tout simplement plus faire le moindre effet à Nanako… c’est différent concernant Ashton. Et Hisao n’a pas de mal à s’en rendre compte en voyant la tempête qui passe sur le visage de sa mère.

Mais seul le silence répond à son compagnon. Elle ne prend même pas la peine de lui rendre son regard et se contente de soupirer, l’ignorant et s’esquivant d’un pas agile sur la gauche, toujours aussi droite sur ses talons.

« Je t’ai posé une question, Hisao. »

Ses mâchoires se serrent aussitôt tandis qu’il relève la tête pour la regarder dans les yeux. Dieu ce qu’il aimerait hurler. Ce qu’il aimerait lui exploser à la figure une bonne fois pour toute. Ses nerfs tiennent encore la route—pour combien de temps ? Il ne le sait pas. Il sent la main d’Hikaru se poser sur son épaule, comme pour essayer de le calmer. Le geste y parvient sans trop de mal et il finit par prendre une grande inspiration.

« Et je n’ai rien à y répondre. Mes fréquentations ne te regardent pas. »
« Mais ce que tu traînes chez moi me regarde. »
« Eh, t’es pas chez toi. »
« Je parle avec le dernier fils sain d’esprit qu’il me reste et qui ne s’envoie pas en l’air avec d’autres… », ses yeux détaillent lentement Ashton, et il s’agit du seul regard qu’elle daigne lui adresser de la conversation. « Hommes. »

Et cette fois-ci, c’est trop. Hikaru éclate de rire sans préavis. Un rire aussi amer que nerveux, mais qui semble le libérer, lui aussi.

« T’es toujours aussi persuadée que j’suis qu’un bon à rien et qu’Hisao est le vrai fils modèle hein ? »
« Qu’est-ce que ça veut dire ? »
« Qu’il manque quelques attributs à Ashton pour en faire ma fiancée », lui répond-il en lançant un regard au concerné. « Sans offense aucune, cher beau-frère. »
« Hisao. Dis-moi qu’ils mentent. »
« Non. »

Ce n’est qu’une question de secondes avant que le dégoût ne viennent teinter ses traits. Et qu’elle tombe de tout son poids, inconsciente et probablement trop secouée par le fait d’apprendre que l’un de ses deux fils – le seul qu’elle pensait encore sincèrement récupérable – n’est pas hétérosexuel.

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(#) Re: Killing In The Name [+16]  Killing In The Name [+16] EmptySam 23 Jan 2021 - 22:16


 

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Je connais cette attitude. Cette façon de laisser glisser ses yeux ailleurs, de faire – Si je n’existe pas à ses yeux, je n’existe pas tout court – comme si le son de ma voix ne lui parvenait pas, de me contourner comme si j’étais une pierre sur le chemin. Sans aller jusqu’à dire que je suis habitué à ce genre de traitement, ce n’est pas la première fois que j’y ai droit et même si ce n’est pas agréable – Je te jure sur ma tête que tu vas me regarder dans les yeux et m’écouter, connasse – je peux l’encaisser sans soucis. Les gens snobs font tous la même erreur. Ils s’imaginent que leur indifférence réduit le monde au silence alors qu’elle offre juste une voie royale pour continuer de débiter tranquillement des horreurs jusqu’à atteindre le point de rupture. Et malheureusement pour ma belle-mère, non seulement je peux me montrer méchamment doué au jeu du plus con mais en plus je ne suis pas dupe. Malgré lui, Hisao m’a bien entraîné et – Ils ont la même bouche, la même mâchoire – elle a eu beau ne pas durer plus d’une fraction de seconde – Comment cette femme a-t-elle pu le mettre au monde ? – j’ai vu l’ombre de rage troubler la perfection hivernale de ses traits. Elle peut se détourner de moi ou me qualifier de chose à l’envie – Oh, ne commence pas tout de suite avec le sexe, ma chérie – je ne crains pas les duels de patience. Je sais – Tu n’as pas les armes pour m’affronter sur ce terrain – que je l’aurai à l’usure. Lorsqu’elle daigne à nouveau me toiser après une brève passe d’armes avec ses fils, je lève un sourcil et bats innocemment des cils quand il est question de s'envoyer en l'air :

« N’y a-t-il pas comme un fond de jalousie dans vos propos ? Oh, attendez… »

Je rêve où elle se trompe de– L’éclat de rire d’Hikaru me confirme la suspicion avant que j’ai pu achever ma pensée et je me mords la lèvre pour me retenir de pouffer à mon tour. Ça n’a rien de drôle, pourtant. Au contraire, il y a réellement quelque chose de triste et de cruel dans l’aveuglement de cette femme. Ça doit être nos nerfs – Et aussi m’imaginer avec Hikaru, dieu m’en préserve – qui se protègent comme ils le peuvent. J’adresse un petit geste de la main à mon beau-frère quand il affirme que je n’ai pas exactement tout ce qu’il faut là où il faut à son goût.

« Pas de soucis. Tu n’es pas trop mon type non plus, à vrai dire. »

Sans rancune. Je ne l’ai pas mal pris, je n’y pense déjà plus. Il y a bien plus grave qui se joue sous mes yeux. Par-dessus l’épaule de sa mère, je regarde Hisao et je vois à quel point il souffre de ce face-à-face. Je vois combien la présence de cette femme devant lui l’écrase et, sans son frère pour poser une main apaisante sur son épaule, peut-être aurait-il cédé sous la pression. Cette seule idée me met hors de moi, me donne envie d’abattre Nanako de mes mains pour le protéger, surtout lorsqu’il confirme nos dires. À cet instant, pendant une brève seconde – Non, attends – je perds mon masque moi aussi et – Tu n’as pas à faire ça – je prends un coup au cœur en voyant la répulsion – Je ne veux pas que tu vives ça – noyer les traits de la femme à côté de moi. La peur et la rage font courir leur décharge – Je ne pourrai pas rester sans rien faire si on t’inflige ça devant moi – le long de ma colonne mais je n’ai pas le temps de les concrétiser de toute manière. Sous mes yeux ébahis, Nanako Tenma perd connaissance. Alors ça…

« Oh shit* ! »
*Ventre Saint-Gris !

Je me suis déjà fait cette réflexion lors d’une éprouvante matinée d’août, quand je ramassais Riley sur le paillasson de l’infirmerie tout en épongeant les restes d’une cuite affreuse, mais pour mon malheur je suis médecin. Ce qui signifie – Va bien te faire foutre avec ton serment de merde, Hypocrate – que mes inimitiés personnelles passent après mon devoir, quand bien même elles concernent la mère indigne et abjecte de mon compagnon. Dès que je la vois qui s’écroule, je me précipite pour la rattraper et – Oh merde ! – je jure en voyant mon équilibre bien malmené. Nanako Tenma a beau avoir – La torsion, la vilaine torsion de l’épaule – des mensurations de mannequin, rattraper un adulte qui s’effondre de tout son poids n’a rien d’une sinécure. Je fais comme je peux mais si je parviens à lui éviter de cogner la rambarde, je ne peux pas dire – Elle va la sentir en se réveillant, c’est sûr – que l’atterrissage se fasse en douceur. Néanmoins, dès qu’elle est à terre, je suis en terrain connu.

« Nanako ? Vous m’entendez ? Pouvez-vous ouvrir les yeux ? Serrez ma main si vous m’entendez. »

À première vue, elle ne m’entend pas. Cependant, ses réflexes pupillaires sont normaux et je sens son souffle contre ma joue quand je me penche sur elle. Quand les deux frères arrivent après avoir enjambé cette fichue commode, je termine tout juste de la mettre en position latérale de sécurité – Ça n’aura jamais été aussi vrai – et je m’empresse de les rassurer, si nécessaire :

« Elle respire. C’est juste un petit malaise, il n’y a sans doute rien de grave si elle n’y est pas sujette par ailleurs. »

Et c’est seulement – Au fait – lorsque je croise le regard d’Hisao – Ça ressemblait vachement à de l’outing ce que je viens de faire, non ? – que je prends conscience que ce qu’il vient de se passer. C’est mon tour de perdre deux teintes de blanc :

« Oh mon dieu, excuse-moi Hisao, je… j’aurais du me taire et rester tranquille au lieu la provoquer comme ça, je suis désolé, je ne voulais pas te… »
 



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(#) Re: Killing In The Name [+16]  Killing In The Name [+16] EmptySam 30 Jan 2021 - 17:19

C’est en train d’aller trop loin. C’est ce qu’Hisao se dit lorsqu’il voit Ashton monter dans les tours et répondre à la provocation silencieuse de sa mère. Aussi fort a-t-il envie de se relâcher la pression et de gueuler un bon coup pour que tout le monde se taise une bonne fois pour toute—rien ne se passe. Il reste parfaitement immobile et attend que le couperet se présente. Il se fiche de ce que Nanako peut bien penser de ses relations ou des choix qu’il a pu faire dans sa vie. Dans l’immédiat, ça n’importe pas. La seule personne contre laquelle il est en colère, c’est lui-même. Il sait que c’est stupide, qu’il n’a pas à s’en vouloir pour quelque-chose d’aussi futile et pourtant, Hisao ne peut pas s’empêcher de se dire que c’est de sa faute. Que s’il avait fait attention de ce putain d’escalier et qu’il n’avait pas renversé cette commode, ils n’en seraient pas là. À ne pas vouloir faire de pause—voilà où son entêtement l’a mené.

Et quand il commence à se faire à l’idée que le pire est passé—que ça ne peut définitivement pas empirer après la scène qui vient tout juste de se jouer sous ses yeux… Nanako tombe dans les pommes. Le temps semble se ralentir à l’instant où il voit son visage pâlir et son corps s’effondrer comme si toute force l’avait brusquement quittée. Qu’il la déteste ou non, Nanako reste sa mère et il n’y a rien d’agréable dans le fait de voir la femme qui l’a éduqué – même si c’est la même qui l’a maltraité – soudainement s’évanouir. Mais la vision emporte avec elle… quelque-chose. Quelque-chose d’étrange, dont Hisao n’avait jamais véritablement soupçonné l’existence auparavant.

Dire qu’il n’admirait pas Nanako serait un terrible mensonge. Il enviait sa droiture, sa sévérité, la façon qu’elle avait de tenir les rênes avec tant de force. Son éducation allait de pair avec qui elle était dans son fond ; une personne froide implacable, inatteignable et imperturbable. C’était cette image biaisée qu’il avait toujours eu de sa mère, encore quelques minutes plus tôt. Les premiers doutes se sont présentés le jour où elle a laissé entrevoir l’envie de rencontrer sa petite-fille. Comme si quelque-chose d’autre comptait que son image ou que son entreprise. Le temps de quelques secondes… Hisao aurait juré voir un soupçon d’amour dans son regard. Le même qu’il lui arrivait de croiser quand il était encore jeune et qu’elle le regardait en lui disant qu’elle n’était peut-être pas la meilleure des mères mais qu’elle essayait de donner le meilleur à ses fils—à défaut de pouvoir leur offrir une vie de famille chaleureuse.

Tout ceci s’effondre avec elle. Nanako n’est plus intouchable. L’âge la rattrape, ses deux fils ne se laisseront plus faire comme ce fut le cas auparavant et—bon sang, ce n’est peut-être que de la paranoïa mais Hisao en est presque à se demander si elle n’est pas en train de jouer le jeu. Il retire aussitôt sa supposition quand Ashton la rattrape – un peu tardivement, et maladroitement – pour l’empêcher de se cogner. Il est médecin—si elle avait fait semblant… il l’aurait forcément, forcément remarqué.

Il ne lui faut qu’une ou deux secondes pour revenir à lui-même. Hikaru grimpe par-dessus la commode dans les escaliers et Hisao se contente d’escalader la rambarde pour les rejoindre. Les questions d’Ashton restent sans réponse et sans réaction et—aussi étrange cette pensée est-elle, il commence sérieusement à s’inquiéter pour sa mère. À en croire l’expression sur le visage de son frère, il n’est pas le seul.

Jusqu’à ce que son compagnon finisse par les rassurer en plaidant un simple malaise. Un soupir de soulagement lui échappe et il ferme doucement les yeux—avant de subitement les rouvrir quand il entend la voix d’Hikaru dans son dos.

« Putain de merde. Même moi j’ai jamais réussi à la faire s’évanouir. J’sais pas si j’dois avoir peur de toi ou être admiratif. »
« Les deux. »

Il reste assis sur ses genoux un instant, encore secoué par ce qu’il vient de se passer et—Ashton choisit atrocement mal son moment. Ses mots lui font relever subitement la tête, ouvrant les yeux sans trop savoir quoi dire. Son frère est encore là pour l’entendre et—vu le silence pesant qui s’installe, la gêne est partagée.

« Euh… bon, bah, euh… on peut la déplacer non vu que c’est rien de plus qu’un malaise ? » demande-t-il en toussotant pour essayer de dissiper l’embarras, et probablement trouver un moyen de s’échapper de cette situation extrêmement gênante. Il attend la réponse du médecin attitré et se relève pour s’approcher de l’entrée. « ‘Sont seize à gérer la baraque, y a la famille, les amis, les voisins et personne pour venir ramasser la vieille ou quoi—ALLÔ ? » Se glissant dans le hall d’entrée, il tape sur le bois du mur, s’attirant les regards de deux domestiques qui ne semblent pas comprendre ce qu’il se passe. « Eh, je sais que Nanako vous a sûrement dit de faire comme si on n’existait pas, mais là elle pionce sur le pallier donc préparez-moi un putain de lit qu’on la bouge. Ou on la laisse là et on se casse, c’est vous qui voyez. »

Quand quelqu’un daigne enfin lui répondre et qu’il disparait dans le couloir, Hisao reporte son regard sur Ashton et se relève à son tour.

« On en parlera plus tard. Ce… n’est pas grave », il lui tend une main pour l’aider à se redresser à son tour.

Et ce n’est qu’une question de seconde avant que la moitié des domestiques ne débarquent dans le hall, Hikaru essayant de se frayer un passage à travers ces derniers pour passer.

« Pardon—pardon, merci », il soupire. « Ok, Hisao prends-la sous les bras et tiens-lui la tête sur le côté. Moi je prends les pieds et euh—vous, là—voilà, ici parfait. Merci. Allez, un, deux, trois. »

Nanako n’est pas bien lourde—surtout quand ils sont trois à la porter. Alors la ramener vers le canapé libéré exprès pour elle ne prend pas beaucoup de temps. Hisao et Hikaru prennent soin de la mettre dans une position qui ne la mettraient pas en danger – sur le côté, donc – et ressortent aussitôt. Quand Ashton prend leur suite, Hisao pose une main sur son épaule.

« Désolé, pour tout ça. On t’attendra près des voitures. On a tous les deux besoin de prendre l’air. Ça va aller ? »

Dire qu’ils ont besoin d’espace est clairement un euphémisme. Hikaru reste silencieux jusqu’à l’instant où il se laisse aller contre la camionnette. Et Hisao n’est pas plus bavard—fidèle à lui-même. Il n’y a rien à dire. Ils n’arrivent pas à s’inquiéter pour elle plus que de raison – évidemment – mais c’est… glauque, et clairement pas ce à quoi ils s’étaient préparés. Mais ce n’est pas ce sur quoi Hikaru revient.

« Il a pas hésité une seule seconde à le lui dire. »
« Je sais. »
« Il est au courant qu’au Japon c’est pas pareil que… ? ‘Fin, tu vois ce que je veux dire. »
« Il sait. »
« Il voulait juste la faire chier ? »

Un soupir agacé lui échappe.

« Où veux-tu en venir ? »
« Tu m’aurais massacré vivant si j’avais fait un truc pareil. »

Il ne peut pas contester. Mais—il n’a pas la force de s’énerver dans l’immédiat. Ni contre son frère, ni contre Ashton. Alors il hausse les épaules.

« Le mal est fait. Je n’avais pas l’intention de le lui cacher, quoi qu’il en soit. »
« Elle va s’en servir pour t’empêcher de signer. »
« Je sais. »

En voyant Ashton revenir, le regard d’Hikaru se fait plus grave et il fait signe à Hisao de se retourner.

« Alors ? Elle s’est réveillée ? » Demande-t-il à l’attention de son beau-frère, écoutant sa réponse avant de repasser à Hisao. « On a vraiment besoin de ce qu’il reste ? »
« Non. On s’en occupera un autre jour. Les domestiques s’occuperont de la commode, aussi. Je ne remets plus un pied dans cette maison tant que Kiruma-sensei et le notaire ne t’ont pas appelé. »
« Super. Parfait. Je vous laisse entre vous, profitez-en pour aller manger. On se voit ce soir. »

Hisao hoche la tête pour acquiescer, mais le cœur n’y est pas. Il est—épuisé. Lessivé. Et il est tout juste midi. Il n’a pas la moindre idée de ce qui pourrait bien le pousser à tenir jusqu’à ce soir. Une part de lui est heureuse d’avoir amené Ashton—parce qu’il n’est pas seul et que les choses ont beau très, très mal se passer… il s’en fiche. Il est là, avec lui.

Une autre se demande sérieusement s’il n’aurait pas pu lui épargner tout ce mal. Et l’inquiétude est visible sur son visage.

« Je suis—huh… désolé. Encore. Si c’est trop pour toi, je peux te ramener à Kobe. On va probablement devoir attendre jusqu’à ce soir, j’ai le temps de faire l’aller-retour si c’est ce que tu veux. Je comprendrais que ça fasse… beaucoup d’un coup. Je ne pensais pas que… ce serait aussi éprouvant. Je pensais qu’elle te laisserait tranquille. »

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(#) Re: Killing In The Name [+16]  Killing In The Name [+16] EmptySam 30 Jan 2021 - 20:17


 

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Les silences d’Hisao ne m’ont jamais été pesants, jamais. Au contraire, c’est une des premières choses – Au moins c’est reposant quand on se croise dans la salle des profs et que je n’ai rien à dire – qui m’a plus dans sa personnalité, lorsque nous nous sommes rencontrés à la rentrée. Ça n’a pas changé avec l’évolution de notre relation. J’aime sa façon de se taire et tout l’espace qu’elle me laisse pour le regarder. Mais aujourd’hui, peut-être pour la première fois – Non, ça c’est faux – l’absence de réponse d’Hisao me glace – Il y a eu toutes les périodes où on était en froid – jusqu’à la moelle des os. Je finis par cesser de bredouiller et me taire également, baissant le nez sur Nanako inconsciente entre nous, plus mortifié que jamais. Je suis vraiment le dernier des cons… Pourquoi faut-il toujours que je monte sur le ring dès qu’on me jette le gant, même quand je sais pertinemment que je fais face à des gens méprisables qui ne méritent pas que je leur réponde ? Franchement, c’était si dur que ça de se tenir un peu ? Mon attitude a certainement – Il a dit qu’il se fichait qu’elle l’apprenne – blessé Hisao alors que la situation était déjà bien assez pénible. Pourquoi n’ai-je pas davantage pensé à lui avant de me montrer – Mais ce n’était pas à moi de le dire – aussi odieux, aussi bas que cette femme ? Je n’ai pas le droit de reprocher quoi que ce soit à Hikaru, au final. De nous tous ici, c’est moi qui suis le plus à blâmer. Même mon beau-frère est mal à l’aise à cause de la situation désastreuse à laquelle j’ai contribué et il me faut une seconde pour réaliser qu’il me pose une question.

« Oui oui, avec précaution… »

Il faut éviter ce genre de choses d’ordinaire mais tous ses signes vitaux sont normaux et rien n’indique que ce malaise soit du à quoi que ce soit d’autre qu’au choc – Grâce à qui, champion ? – et elle sera plus à l’aise pour reprendre conscience à l’intérieur que sur son palier. Hikaru s’éclipse aussitôt pour rameuter de l’aide, me laissant en tête-à-tête avec Hisao et mes remords. Mon dieu, je voudrais m’excuser mais j’ose à peine le toucher. Même lorsqu’il m’assure que ce n’est pas grave – Comment te croire ? – sa main tendue pour m’aider à me relever – Rien n’est jamais grave avec toi – me fait l’effet d’une blessure. Heureusement, j’ai à peine le temps d’ouvrir la bouche que la moitié du personnel déboule sur le porche avec nous – Mais enfin mais poussez-vous ! – pour s’inquiéter de l’état de la maîtresse des lieux. J’ai quelques efforts à faire pour les maintenir à distance – Ce n’est pas un ravioli, vous voulez l’achever ou bien ? – et laisser de l’air à Nanako avant qu’elle ne soit rapatriée à l’intérieur sous la direction de son fils aîné. Je les suis, bien décidé à faire mon devoir de médecin même si on me regarde – Heureusement que j’ai pensé à rabaisser mes manches – avec la plus grande suspicion. Je viens tout juste de mettre la main sur le majordome en chef quand Hisao m’informe qu’il retourne sur le parking avec son frère.

« Oui, allez-y. Je veux juste m’assurer qu’elle n’a pas de problèmes de santé qui justifierait de prendre ça plus au sérieux. Je vous rejoins. »

Nous avons tous besoin de souffler un peu. Aussi, dès que je me suis assuré que ma belle-mère a une santé de fer pour son âge et aucune pathologie ou traitement qui demanderait à ce que sa perte de connaissance soit surveillée de plus près, je quitte cette maison où je ne suis pas le bienvenu et prends tout mon temps pour revenir vers la camionnette. Et même si je vois bien le regard d’Hikaru s’assombrir alors que j’arrive à leur niveau – Je n’ai plus le droit de lui dire quoi que ce soit – je n’en prends pas ombrage et réponds à sa question :

« Elle reprenait conscience quand je suis parti. J’ai préféré sortir de son champ de vision avant que ça soit le cas pour de bon. Elle est sous bonne garde de toute façon. »

C’est le moins qu’on puisse dire. Visiblement, Hikaru estime ça suffisant pour pouvoir s’éclipser, nous informant qu’il reviendra le soir pour la signature. N’ayant pas mon mot à dire, j’attends simplement de me retrouver seul avec Hisao et de sentir la brûlure de la honte m’enserrer la poitrine à nouveau. La scène se rejoue sous mes yeux et – Comment j’ai pu dire tout ce que j’ai dit ? – j’ose à peine le regarder dans les yeux. Même si je sais qu’il a le pardon facile, je ne vois pas comment il pourrait ne pas m’en vouloir et de toute manière, ça serait son droit le plus strict. J’accepterai sa sentence et tous les reproches qu’il voudra bien me faire. Toutefois, ça ne m’empêche pas – Quoi ? – d’avoir un coup au cœur quand j’entends ses paroles. Je relève la tête pour le regarder, la surprise et la douleur – Tu veux que je m’en aille ? – bien visibles sur mon visage avant que je n’arrive à les ravaler. C’est normal, après tout. Je ne récolte que ce que je sème. J’accepte mon châtiment en secouant la tête :

« Je ne vais pas te faire faire l’aller-retour alors que tu es épuisé. Je prendrai le train si tu préfères que je ne reste pas. »

Je peux au moins me retirer avec un peu de dignité et ne pas être davantage un fardeau que ce que j’ai déjà été. Malgré tout, je ne peux pas m’empêcher – Pardonne-moi – de reprendre la parole avant de partir, parce que je ne peux tout simplement pas supporter – Je t’en supplie, pardonne-moi – l’idée qu’il soit fâché contre moi :

« Je sais que c’est trop tard et que… que mes excuses ne changeront rien du tout mais je veux que tu saches que je regrette sincèrement mon attitude. Je n’ai pas– je n’ai pas supporté la façon dont elle te traitait. Dont elle vous traitait. J’ai l’habitude d’utiliser ma vie privée comme une arme mais j’ai… j’ai oublié que tu faisais partie de ma vie privée et qu’à ce titre, je n’avais pas le droit de t’utiliser contre elle. Je suis désolé, Hisao… »
 



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(#) Re: Killing In The Name [+16]  Killing In The Name [+16] EmptySam 30 Jan 2021 - 21:31

Tout ce qu’il dit passe à la trappe. Il n’y a qu’un seul et unique détail qu’Ashton retient. Et bon sang—c’est trop. Oh, il l’aime. Il l’aime plus que tout et il a l’impression de n’avoir jamais aimé si fort par le passé. C’est précisément ce fait-là qui chatouille ses limites. Son frère est hors de l’équation pour des raisons évidentes et s’il a demandé à Ashton de le suivre ici, c’est pour une bonne raison. C’est parce qu’il le rassure, parce que sa présence elle seule suffit à lui insuffler juste assez de courage et qu’il sait qu’en sa compagnie, il ne ploiera pas le genou comme il l’a déjà fait par le passé. Peut-être est-ce parce qu’il essaye de lui prouver quelque-chose, quelque-chose dont Ashton lui-même n’a pas conscience. Comme s’il voulait lui montrer qu’il avait changé—qu’il ne refera plus les mêmes erreurs. Erreurs dont Ashton n’a même pas connaissance, ou si peu que le changement lui paraîtrait… insignifiant. Alors peut-être est-ce trop demandé, se dit-il. Peut-être est-ce hors d’atteinte et l’amour l’aveugle-t-il, pense-t-il. Mais il aurait aimé que son compagnon le comprenne d’un simple regard. Qu’il comble ses propres insécurités au lieu d’insinuer qu’Hisao aimerait le voir partir.

Il ne lui en veut pas. Hisao se comporte comme un adolescent stupide. Il y a une différence colossale entre pouvoir compter sur l’homme qu’on aime et espérer qu’il tire les bons leviers aux bons moments par magie. Il s’en veut. Et la colère qui le gagne est froide, silencieuse, mais certainement pas dirigée vers l’homme qui se tient devant lui.

La confusion vient tordre les traits de son visage lorsqu’il entend son sacrifice. Ses lèvres s’ouvrent, mais se referment. Tout ce qui est en mesure de s’affoler dans son corps s’en donne à cœur joie et il se demande où est-ce qu’il a merdé. Ce qu’il a bien pu dire de travers pour qu’Ashton en vienne à penser qu’il aimerait le voir partir. Son corps se tend tout entier—si bien qu’il peine à se montrer aussi attentif qu’à son habitude lorsque ses excuses enchaînent aussitôt. Le temps d’un instant, il s’en veut presque de n’en avoir écouté que la moitié—mais ça ne dure qu’un instant. Après ça, le voile du calme quitte momentanément ses yeux et bon sang—il est épuisé. Plus que jamais. C’est la seule chose qu’il est capable de ressentir. La fatigue. Émotionnelle, bien plus que physique.

« En tant que celui qui partage ta vie, et en tant que psychologue… Ashton, pour l’amour du ciel—arrête d’essayer de lire entre les lignes. Surtout quand nous sommes manifestement aussi tendus l’un que l’autre », il ferme doucement les yeux—prenant une grande inspiration pour évacuer la pression. Ashton n’a rien fait de mal. Ce n’est pas de sa faute, et s’il y a bien une personne sur laquelle il ne doit pas s’énerver aujourd’hui—c’est lui. « C’était juste l’entrée, là. Je ne sais pas dans quel état sera Nanako ce soir, mais je sais que ça ne sera pas joli à voir parce qu’elle va tout faire pour empêcher ces signatures. Moi-même, je ne sais pas ce dont elle est capable. Alors je comprendrais que tu satures. Je sais que tu veux être là pour moi, et que c’est moi qui te l’ait demandé... Mais j’y survivrai sans si tu estimes que c’est trop et je ne t’en voudrais pas. »

Même si la fin de ses explications se fait plus douce et plus mesurée—le début n’était clairement pas nécessaire. Quand bien même la chose reflète tristement l’état d’esprit d’Hisao sur le moment… il y a des manières de dire la vérité. Hisao le sait mieux que quiconque. Et oh—il n’a besoin de s’en vouloir que quelques secondes pour que tout dégringole et qu’il se sente disparaître dans un nouvel océan de culpabilité.

« Je suis désolé. Je suis—fatigué, je ne m’entends pas parler et je ne voulais pas être… blessant », il passe une main sur son visage, soupirant silencieusement entre ses doigts. « Non. Non, je ne veux certainement pas que tu partes parce que j’ai terriblement besoin de toi ici, à mes côtés. Mais ce dont j’ai encore plus besoin, c’est que cette c—que Nanako arrête de te traiter comme un moins que rien sous mes yeux. »

C’est… un peu mieux. Légèrement. Il essaye vaguement de se souvenir des mots qui ont suivi ceux qui l’ont fait sortir de ses gonds—des excuses, se souvient-il. Un sourire désolé s’étire sur ses lèvres, et son regard finit par retomber quelque-part sur les graviers.

« Je ne m’attendais pas à ce que tu restes sur la touche et la laisse t’insulter. Je ne t’en veux pas. Pas le moins du monde », ses bras viennent se croiser sur sa poitrine tandis qu’il se laisse de nouveau aller contre la camionnette. « Je suis bien plus inquiet à l’idée que tu veuilles prendre congé de tout ceci plutôt que de savoir que ma mère est au courant pour ma sexualité, si tu veux savoir. Alors… si tu acceptes de rester, on peut descendre en ville, aller manger un truc et passer à autre chose le reste de l’après-midi. »

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(#) Re: Killing In The Name [+16]  Killing In The Name [+16] EmptySam 30 Jan 2021 - 23:38


 

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Je sais que j’ai encore commis une erreur avant même de finir ma dernière phrase – Mais – en voyant l’expression interdite qui passe sur le visage d’Hisao – Qu’est-ce que j’ai fait ? – puis l’effort qu’il fait pour se maîtriser. L’inquiétude vient creuser mon front alors que je me demande sérieusement si j’ai bien fait de l’accompagner, si je lui suis d’une quelconque aide dans cette situation difficile. Quand je vois la fatigue peser sur ses traits et ses épaules tendues, j’en doute en tout cas réellement. Pourtant, quand il reprend la parole avec une fermeté à laquelle je ne m’attendais pas – Je suis si nul que ça ? – je bats des paupières avec surprise en découvrant à quel point – Ah oui. Effectivement – j’étais à côté de la plaque.

Hisao n’était pas en train de me demander poliment de partir pour ne pas aggraver la situation. Il s’inquiétait sincèrement de ce que je pouvais encaisser et m’offrait une porte de sortie – Je ne mérite pas cet homme – si jamais j’atteignais mes limites. Je me mords la lèvre pour réprimer le rire nerveux qui y monte alors que je le dévore du regard. En effet, soit il ne s’entend pas parler, soit il n’a absolument pas conscience – Si je ne peux pas faire pour lui ce qu’il est capable de faire pour moi – de ce que je suis prêt à endurer pour lui. Comment pourrais-je partir ? Comment pourrais-je – Alors je ne le mérite pas – seulement songer à le laisser ici maintenant que j’ai vu de mes yeux à quel point sa mère est toxique, à quel point elle le rabaisse et tente de le manipuler sans le moindre scrupule ? C’est impossible. Même si j’étais à bout comme il l’a craint, je ne l’abandonnerais pas ici, à portée des griffes de cette femme. Étrangement rasséréné, je souris doucement – Tout l’or du monde – en contemplant son visage – Sur tes pommettes – choisissant avec soin mes mots – À portée de main – pour apaiser son inquiétude :

« En tant que celui qui partage ta vie, j’attends de toi que tu me signales quand je fais fausse route. Surtout si c’est pour épuiser ta résilience en disant de belles conneries comme je viens de le faire. »

Comment ai-je pu penser qu’Hisao voudrait me chasser ? Il n’est pas comme ça. Jamais il ne m’a repoussé, jamais il ne m’a empêché de revenir vers lui après l’avoir blessé. Il est trop généreux, trop bienveillant pour y songer. Et la seule chose que je souhaite – Si tu savais comme je t’aime – c’est d’être digne de sa douceur, le protéger des gens odieux qui pourraient se servir de ses qualités pour l’atteindre. Cette volonté brûle si fort dans ma poitrine, me tient si profondément tout le corps que je ne suis soudain plus capable de faire preuve de bon sens : je sais où nous nous trouvons, sous quels yeux nous sommes peut-être, et pourtant je me rapproche de lui pour prendre l’une de ses mains dans les miennes.

« Ce n’est pas trop pour moi, Hisao. Je n’ai pas peur de cette femme, ni de ce qu’elle peut me dire. Tu peux être absolument certain que ça ne m’atteint pas. La seule chose dont j’ai peur, c’est de te blesser en oubliant que tu ne m’as pas amené ici pour me lâcher sur elle mais pour te soutenir. »

Et puisque nous sommes seuls sur ce parking, le revers de mes doigts vient effleurer sa joue et je me penche pour appuyer brièvement mes lèvres sur les siennes. Pas longtemps, car ce genre de choses n’appartient qu’à nous, nous nous sommes mis d’accord dessus dès le départ. Juste le temps de l’assurer de ma présence et de respirer son odeur. Car j’ai beau dire, je n’ai jamais eu autant besoin de le sentir près de moi que maintenant, moi aussi. Après quoi, je m’écarte et démêle nos doigts avec un sourire :

« Je ne veux pas rentrer à Kobe. Je veux rester ici, avec toi, jusqu’au bout. Et je veux bien manger quelque chose parce que ça m’a creusé, tout ce cirque. »

Et que ces saletés de meubles ont ruiné mes lombaires.
 



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(#) Re: Killing In The Name [+16]  Killing In The Name [+16] EmptyMar 2 Fév 2021 - 18:42

« D’accord, d’accord. Promis », lui répond-il en riant nerveusement.

Ce sont les seuls mots qui passent la barrière de ses lèvres. Accompagnés d’un bref soupir de soulagement. Le malentendu ne dure pas et c’est très bien comme ça. Même si sa résilience est encore bien loin de son point de rupture—il ne veut pas jouer avec les limites que ses nerfs lui imposent. Il est encore trop tôt pour dépasser les bornes et il le sait. C’est très certainement sa paranoïa qui parle à sa place—au fond, rien ne peut battre le désastre qui vient de se produire. Avec un peu de chance, Nanako sera trop épuisée pour faire un scandale et essayer d’empêcher les signatures. Il essaye d’être rationnel, de se dire qu’ils ont passé un accord – même s’il n’est absolument pas officiel et que strictement rien ne pourrait empêcher sa mère de rompre sa promesse – et qu’il est trop tard pour qu’elle conteste l’acte. Même si un énième coup de poignard de sa part n’aurait rien d’étonnant.

La suite de ses mots le ramène sur Terre et lui arrache même un léger sourire. Effectivement. Il ne lui a pas demandé de l’accompagner dans le but de la descendre—néanmoins, il ne l’a pas non plus fait sans savoir quelle genre de langue affutée il amenait à ses côtés. Sa simple présence et celle de son frère sont des soutiens plus que suffisants qui lui permettent de rester ancré dans la réalité sans divaguer au sujet de sa mère de n’importe quel potentiel que cette dernière aurait à revenir dans le droit chemin. Il a beau avoir été marqué au fer rouge et être parfaitement au courant du fait que ça n’arrivera jamais, une part de lui espère tellement qu’elle change qu’il est prêt à remettre l’irréfutable en cause.

Et il sait que ça n’arrivera jamais en leur compagnie. C’est un réconfort non-négligeable et même essentiel.

Tout devient d’autant plus réel à l’instant où Ashton pose sa main sur sa joue. Il y a une seconde durant laquelle il sent l’adrénaline courir dans ses veines—c’est d’abord la surprise qui le fait tressailler, et ses questions, ses doutes, ses peurs… ne valent plus rien. Ce tout qui les pousse à se montrer prudents et pudiques en public s’envole. Tout ce qu’il reste, c’est l’envie d’être libre et n’en avoir plus rien à faire de ce qu’il pourrait bien se passer—et une once de provocation. Néanmoins, il se retient. De la même manière qu’Ashton lorsqu’il pose ce baiser chaste sur ses lèvres. Sa main ne vient pas entourer sa taille pour le ramener contre lui, ses lèvres ne reviennent pas capturer les siennes dans un baiser plus avide. Il répond avec autant de décence que possible et se contente de lui adresser un sourire affectueux pour finalement se redresser lorsque sa main quitte la sienne.

« Allons manger, alors. »

Et s’il y a bien une chose qu’Hisao a toujours apprécié au sujet de sa maison d’enfance, ce n’est pas son immense terrain ni son architecture traditionnelle parfaitement conservée… mais plutôt le fait qu’elle soit à deux pas du centre-ville et lui ait toujours permis de s’échapper lorsqu’il en avait le plus besoin. C’est pour cette raison qu’ils laissent la camionnette sur la parking et descendent en ville à pied. Ce n’est pas le temps qui leur manque de toute manière et… il n’y a pas mis les pieds depuis quinze ans. Dire qu’il est nostalgique serait un odieux mensonge mais—il est curieux. De voir ce qui a changé ici, de revoir ces endroits où il passait du temps avec d’anciens amis ou avec son frère.

Il se souvient de sa boutique de ramen préférée. Ce ne sont peut-être pas les meilleurs de la ville, ni du Japon, mais ce sont ceux qu’il aimait le plus. Ils n’étaient pas trop chers, le patron était gentil et sa fille aussi. Mais… Ce n’est pas non plus si loin de là d’où ils viennent—et l’odeur le rend nostalgique et suffit à le convaincre. Mais c’est le fils Tenma ! Papa ! Papa viens voir qui est là, et avec de la barbe en prime ! Même si tout n’était pas rose et que ce ne sont certainement pas quelques belles rencontres dans son enfance qui feront de cette dernière un véritable bon souvenir… Comment va Hana ? Kana, pardon ! J’me trompe à chaque fois décidément… Elle doit avoir tellement grandi. Et si Hisao ne s’imaginait pas recroiser les anciens gérants – tout du moins l’ancien gérant et sa fille, la nouvelle gérante – et les retrouvailles sont légères, joyeuses. Hikaru est en ville aussi ? S’il ose partir sans venir nous dire bonjour, j’irais le chercher en France, tiens. Shiho-san n’est pas hostile comme tous ceux qu’Ashton a pu rencontrer jusqu’ici, elle fait même de son mieux pour l’intégrer à la conversation sans lui faire l’affront de lui parler en anglais ou de le traiter différemment. Chose assez rare dans les quartiers plus conservateurs comme le sien. Non mais je vous comprends. Moi non plus, je n’aime pas le poisson cru. Du coup vous bossez ensemble ? Ce n’est peut-être pas grand-chose, mais il est heureux de pouvoir lui montrer qu’il n’était pas seul contre le monde entier, à l’époque. Qu’il y avait des personnes comme Shiho-san pour rendre les choses plus simples. Minami a quitté la ville aussi. Quelques années après toi. Du jour au lendemain, c’était silence radio. Comme toi. On s’est inquiétés, tu sais ? Mais même les bribes de ce passé qui gardent une place spéciale dans son cœur sont parsemées d’éclats de verre. Oh bah non. C’est la maison qui offre. Tu devrais lui montrer le Yamadaike avant de rentrer pour Kobe—et oublie pas de dire à Hikaru de venir nous voir !

Et puisque le parc le plus réputé de la ville n’est effectivement pas bien loin—Hisao décide de suivre les conseils de Shiho-san pour montrer l’endroit à son compagnon. Ses plaines immenses recouvertes de fleur, son eau calme et claire—tout inspire la paix dans cet endroit qui n’a pas bougé d’un pouce. Si ce n’est qu’il est peut-être encore mieux entretenu qu’avant.

« On m’a volé mon vélo, ici », dit-il lorsque le souvenir lui revient subitement. « J’avais six ans, je n’étais pas très malin. Un garçon plus âgé m’a demandé de lui prêter mon vélo. Je ne le connaissais pas, mais il avait l’air sympathique. Il avait un gant de baseball, et tout le monde faisait du baseball à l’époque—moi, je n’avais pas le droit d’en faire parce que ma mère n’approuvait pas, mais j’en faisais quand même à l’école. Je n’étais pas si mauvais en plus ! » Probablement aurait-il préféré devenir un meilleur baseballeur qu’un bon aïkidoka, avec le recul. « Évidemment, je le trouvais cool. Je me disais que si je pouvais aider un adolescent avec un gant de baseball… il me ferait jouer, ou que sais-je. J’ai juste perdu mon vélo. Et puis le lendemain, mon frère rentre à la maison avec mon vélo. En fait, le voleur était l’un de ses amis. Comme l’enfoiré de petit-frère que j’étais, je l’ai balancé à mes parents. Il a été puni pendant une semaine pour avoir trainé avec des voleurs, et moi je me suis ennuyé pendant une semaine parce que je n’avais plus personne avec qui jouer. »

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(#) Re: Killing In The Name [+16]  Killing In The Name [+16] EmptySam 6 Fév 2021 - 22:46


 

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Lui souriant avec tendresse – J’aimerais être un homme déraisonnable – je lui emboîte le pas quand il nous emmène en dehors du domaine – Et l’embrasser à pleine bouche – vers le centre ville. Qui est vraiment à deux pas, j’en suis extrêmement surpris. Si jamais ils se décident à vendre le tout une fois qu’ils auront signé ces damnés papiers, ils pourront littéralement en demander une fortune. Mais il est inutile de ramener ça sur le tapis maintenant, alors que nous avons tous besoin de souffler après ce premier round éprouvant et je le suis docilement alors qu’il me guide dans les rues de la ville qui l’a vu grandir. C’est étrange. Je suis totalement néophyte mais – Oh, des ramens ! Excellente idée – je peux voir à son expression, à l’attention de son regard qu’il redécouvre lui aussi ces lieux familiers, presque avec surprise en notant silencieusement toutes les infimes différences. Et moi je l’avoue – Tout à fait ! Je suis le médecin scolaire du campus. Enchanté – même si je bois toutes ses paroles et regarde attentivement ce qu’il me montre, c’est sur lui que mon regard revient sans cesse. C’est lui que je veux contempler – Qui est cette Minami dont ils viennent de parler à l'instant ? – alors qu’il cherche et compare le passé dans le présent.

Une fois le bol de ramen fini et Shiho-san dûment remerciée pour sa générosité – Ce n’est sans doute pas n’importe qui pour qu’on lui en reparle comme ça – nous suivons ses conseils pour nous rendre au parc Yamadaike qui se trouve tout près. Si je craignais au début que l’endroit ne soit un peu triste à cette période de l’année, je révise très vite mon jugement. Les vastes champs d’iris et les mares de nénuphars ne sont peut-être pas au sommet de leur beauté – Une amie de lycée ? Une cousine peut-être ? – mais les arbres ont revêtu leurs couleurs d’automne et la douceur du temps leur a laissé encore assez de feuilles pour que le spectacle soit majestueux. L’or, l’orange, le rouge couronnent les pelouses, dansent dans l’eau du lac dont nous faisons tranquillement le tour. Le blanc des troncs de bouleaux, le vert des parcelles de bambous, le bleu du ciel pur et dégagé – C’est bête mais je n’arrive pas à l’imaginer avec une copine dans sa jeunesse avec la mère qu’il avait sur le dos – apportent leur contrepoint aux teinte chaudes et mélancoliques des arbres. La rumeur de la ville nous parvient étouffée, lointaine, comme absorbée par le calme qui règne. Non loin de la berge, un héron patiente. Parfois, des rires d’enfants ou l’aboiement d’un chien ponctuent le silence. Toute cette quiétude semble irréelle après la scène que nous avons vécu dans la maison Tenma tout à l’heure et je la goûte avec un plaisir non dissimulé, Hisao à mes côtés. Nous marchons ensemble, sans forcément parler – Dans un monde idéal, je pourrais lui tenir la main si je le désirais – sans en avoir besoin. Nous somme là tous les deux, et cela nous suffit.

Une anecdote lui revient à l’esprit et je ris de bon cœur – Oh non, le pauvre chéri ! – en l’écoutant, quand bien même tous les détails ne prêtent pas à sourire.

« Oh non, mon pauvre ! On aurait du t’apprendre qu’il ne faut prêter son fidèle destrier qu’à une personne de confiance. Alors comme ça, tu as joué au baseball ? Tu avais quand même d’autres amis que ton frère à l’époque, non ? »

Je l’espère. Je suis heureux de découvrir ainsi des bribes de son enfance dans cette ville mais – J’aurais voulu être là – il y a une pointe d’amertume dans la nostalgie et les souvenirs. Une part de moi ne peut pas s’empêcher de penser que j’exhume – J’aurais voulu faire partie plus tôt de son existence – les vestiges d’un enfant et d’un homme qui n’existent plus ni l’un ni l’autre aujourd’hui. Peu importe ce que j’apprendrai, que ce soit triste ou heureux, c’est avant tout révolu et je ne peux plus y prendre part. C’est un peu stupide. C’est peut-être pour cela que je me montre malgré tout si avide d’en savoir plus. Je peux à peine supporter d’en savoir encore si peu sur celui que j’aime de tout mon cœur.

Remontant le col de mon manteau pour me protéger de la légère brise qui se lève, je reporte mon regard sur le paysage alors que nous achevons tranquillement notre tour du lac. À ma gauche, le héron de tout à l’heure prend son envol. Le mouvement gracieux de ses longues ailes gris argent captive mon regard et je tourne la tête pour le suivre, un demi-sourire aux lèvres.

« J’adore l’automne. J’adore ses couleurs. C’est la saison que je préfère. Et cet endroit est tellement beau, tellement paisible… C’est fascinant de penser que c’est ici que tu as grandi. Tu venais souvent ? »
 



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(#) Re: Killing In The Name [+16]  Killing In The Name [+16] EmptyMar 9 Fév 2021 - 23:46

« J’étais un enfant légèrement naïf », lui confie-t-il en riant un peu.

À sa question, il ne peut s’empêcher de sourire malicieusement. Oh—il avait bien quelques amis, même s’il restait le garçon plutôt effacé de la bande. C’était principalement grâce à la réputation de son frère et parce que les gens connaissaient son nom de famille qu’il réussissait à s’intégrer.

« Quelques-uns. Mais c’étaient surtout des camarades d’école plus que de vrais amis. J’étais… très timide », et ça ne surprendra probablement pas Ashton d’entendre un truc pareil. « Et oui. Je courrais très vite à l’époque, alors je n’étais pas mauvais du tout. Mais ça doit bien faire vingt ans voire plus que je n’ai pas tenu une batte dans les mains. »

Sa question le déstabilise légèrement, mais il ne perd pas son sourire. Oh, bien-sûr qu’il aimait venir ici. Il y a probablement autant d’émotions jonchées dans cet endroit que de fleurs qui en parsèment les plaines. Que ce soit avec d’anciens amis à lui, avec son frère ou même avec Minami. Tu veux des enfants ? Même si son souvenir n’a rien à faire dans ce moment, il ne peut s’empêcher de repenser à elle. Je ne sais pas. Pas maintenant. Il n’y a rien de nostalgique dans cette pensée—mais elle est là. D’abord, je veux faire le tour du monde. Avec toi. Elle existe, et la vie a fini par lui apprendre qu’il ne pourrait jamais la chasser. Si mes parents m’entendaient, ils me tueraient… À force de thérapies, il a fini par accepter son existence, sa  dans sa vie. Aussi courte, aussi douloureuse lui fut-elle. Et les tiens te tueraient pour oser sortir avec une fille qui dit des trucs pareils. Minami fait partie intégrante de son passé, elle a contribué à l’homme plus sage, plus mature, peut-être même plus fort qu’il est devenu aujourd’hui. Et aussi passionnels, agréables ces quelques mois furent-ils… pas même le plus beaux de ses souvenirs avec elle ne suffirait à équilibrer la balance. Je ne peux pas. Jamais aurait-il pensé un visage aussi doux que le sien capable d’enfoncer le couteau aussi profondément dans son abdomen. Regarde-moi—je t’en supplie regarde-moi Minami… C’est une douleur sourde, un sentiment d’abandon plus fort que jamais. Je te jure que j’irais jusqu’au bout du monde pour les deux femmes de ma vie. Une colère noire—qu’il ne savait plus envers qui diriger. Après tout, Minami n’avait rien fait de mal. Elle avait le droit de disposer de sa vie comme elle l’entendait. Je me fiche de ce que ça pourrait me coûter, je t’aime. Ce n’était de la faute de personne. Et sans coupable à blâmer, Hisao avait préféré en vouloir au monde entier. Minami Kakegawa, veux-tu m’épouser ?

« Je venais souvent, oui », lui répondit-il avec un sourire maladroit—toujours légèrement absent. « Avec mon frère, des amis, Kana et sa— quand nous— quand elle était encore— », il soupire, déglutissant alors que la panique le submerge. « Ce n’est pas le bon moment. Je suis désolé. On en discutera un jour mais—pas aujourd’hui, s’il te plaît. »

Il se sent coupable d’avoir échappé une partie de l’information. C’est brouillon. Ce n’était pas ainsi qu’il espérait aborder le sujet pour la première fois. Lui qui se pensait parfaitement à l’aise en compagnie d’Ashton—oh, c’est le cas. Il s’en convainc. Il veut que ce soit le cas. Mais les mots lui manquent soudainement. Comment faisait-il pour s’exprimer quelques minutes plus tôt ? Où est passée cette légèreté dont il avait cruellement besoin ?

Du calme. C’est la seule chose dont il a besoin dans l’immédiat. Et de sa présence à lui. Le reste n’importe pas. Alors il se tourne vers lui, essayant de détendre les traits de son visage.

« Ça te dirait—qu’on aille faire un tour dans le centre ? »

Là où le bruit me fera oublier le silence assourdissant.

- - -

« Et—voilà le petit dernier. »

Son poignet lui fait mal. Et à en croire la tête que fait son frère ainsi que les gestes de roulements à répétition—il n’est pas le seul. Les signatures se sont passées sans encombre à la grande surprise des deux hommes. Même si la pièce s’est vidée, il y a encore trop de monde et Hisao commence sérieusement à saturer. Trois avocats ? Pourquoi Nanako a-t-elle besoin de trois foutus avocats alors qu’elle n’a pas l’intention d’agir ?

Il ne le sait pas. Il s’en fiche. Il est exténué, il veut rentrer chez lui, ne plus entendre parler de sa mère et d’Hirakata pendant au moins six mois et dormir. Trois souhaits qui n’ont pas l’intention de se réaliser dans l’immédiat. Même si les signatures sont terminées… il lui reste encore de la route. Et puis, il connait Hikaru. Il va probablement proposer de s’arrêter dans un bar. C’est hors de question—mais ça, c’est ce qu’il se dit dans l’immédiat. Il sait qu’en insistant un peu, son frère finira par obtenir ce qu’il veut—comme toujours.

« J’arrive pas à y croire. On a fini », lui dit Hikaru à voix basse alors qu’il se relève et lui tend une main pour faire de même. Main qu’Hisao saisit sans hésiter, un soupir lourd s’échappant de ses lèvres.
« Cassons-nous d’ici. Je n’en peux plus. »

Ce n’est qu’une question de secondes. C’est un moment où Hisao sourit à Ashton pour essayer de lui faire comprendre que tout va bien alors qu’il l’incite à le suivre pour sortir du salon. C’est Hikaru qui les suit sans vraiment se douter de la tempête à venir. C’est l’espoir de pouvoir enfin retrouver la banquette de sa camionnette pour foutre le camp de cet endroit de malheur.

C’est aussi Nanako qui n’a pas dit son dernier mot.

« J’aurais dû m’en douter. Ça ne pouvait pas juste être l’école. C’est à ça que tu l’as exposée ? Ce genre de personnes ? Je suis—déçue au-delà de l’imaginable. Je pensais qu’il y avait encore quelque-chose à sauver en toi, Hisao. »

Sa voix tend immédiatement la ligne de ses épaules mais il ne s’arrête pas de marcher, fait signe à Hikaru et Ashton de ne pas se retourner. Il ne veut plus entendre un seul mot.

« Avec une folle pareille… ta fille n’aurait jamais pu tourner autrement », mais il ne changera jamais. Alors il s’arrête, relève la tête, ouvre grand les yeux mais ne se retourne pas. « Déjà une traînée à tout juste seize ans. Un petit-ami à son âge ? Tel père, telle fille ? »
« Pardon ? »
« Wow, wow, wow, ça va pas la tête ? »
« Tu n’as pas idée d’à quel point je m’en veux, Hisao. De t’avoir laissé éduquer ma petite-fille pour en faire une gamine aux mœurs aussi légères que l’idiote que tu voulais marier. »

C’est trop. C’est trop d’un coup et il le sent. Son pouls bat si fort dans son cou qu’il entend difficilement la voix de son frère qui essaye de le raisonner alors qu’il s’est déjà retourné pour la fusiller du regard.

« Hisao. Regarde-moi. Va pas dans son sens. T’as très bien compris ce qu’elle cherche. »

Mais il l’ignore. Catégoriquement. Et commence déjà refermer la distance entre sa mère et lui.

« Je crois que j’ai mal entendu. J’espère sérieusement que j’ai mal entendu », quoi qu’il y ait eu dans sa voix de doux, de conciliant ou même d’indulgent un jour—il n’en reste plus la moindre trace. C’est tranchant, amer, renferme une colère bien trop prévisible pour être contenu. « Qu’est-ce que tu viens de dire sur ma fille ? »

« Demande-toi plutôt ce que tu en as fait. Tu as ruiné ta vie, il fallait aussi que tu ruines la sienne en l’exposant à ce qu’il reste de ton frère ou à— », son regard ne prend même pas la peine de se poser sur son aîné—pensant choisir une cible plus facile lorsque c’est sur Ashton qu’elle choisit de jeter son dévolu. « Sortez-le de chez moi. »
« T’es plus chez toi. »
« La seule personne qui va dégager de cette baraque, c’est toi. T’as pas honte ? Même pas un peu ? » Une expression de dégoût vient teinte ses traits alors qu’il cherche encore une forme de contenance en lui, détaillant Nanako de haut en bas. « Si papa t’entendait—je ne sais même pas comment est-ce qu’il n’a jamais trouvé la force de te jeter. Tu ne le méritais pas lui, tu ne méritais pas Cheryl, tu ne méritais rien. Et j’ai dire que j’ai été assez con pour penser que tu pourrais changer—Seigneur— »

Ses poings se serrent. La Terre ne tourne plus. Ni Ashton, ni Hikaru ne sont dans la pièce. Il reste immobile, mais ses pensées sont noires, mauvaises et il s’efforce de regarder le sol pour ne pas littéralement exploser sur place.

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(#) Re: Killing In The Name [+16]  Killing In The Name [+16] EmptyMer 10 Fév 2021 - 17:58


 

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Comme bien souvent, j’aurais aimé être plus clairvoyant. Il y avait forcément moyen que je le sois, n’est-ce pas ? Que je réfléchisse un peu et que je devine – Non – ce que ma curiosité dévorante pour toutes les facettes de l’homme que j’aime risquait de débusquer dans ce lieu plein de souvenirs. J’aurais voulu que ce soit le cas. J’aurais voulu ne pas – Ne sois pas naïf, Ashton – exhumer ces choses dont je ne connaissais pas l’existence mais qui sont bel et bien enfouies là, encore suffisamment acérées sous la patine des ans pour le blesser lorsqu’il y poserait les doigts. L’émotion lointaine qui passe sur son visage m’alerte aussitôt, et je perds mon sourire – Oh – en l’entendant perdre ses moyens, en comprenant malgré tout parfaitement – C’est donc ici qu’elle se trouve – de qui il est soudain question.

Je me fige, un poing de glace serré au creux de l’estomac. J’ai souvent affirmé haut et fort que j’adorais les filles et rien n’est plus vrai. Mais c’est pour mieux garder secret l’autre pendant de cette vérité. La profonde et douloureuse conviction que je ne fais pas, et ne ferai jamais le poids face aux femmes. Depuis le début de notre relation, j’ai savamment éludé la question car je ne voulais pas la laisser altérer le goût lumineux du bonheur que nous commencions à partager. Mais elle revient aujourd’hui, en ces lieux empreints d’une si paisible nostalgie, pour faire planer doucement son ombre au-dessus de nous. Il y a eu une femme dans la vie d’Hisao. Une femme qui a mis au monde l’enfant pour qui il donnerait sa vie sans hésiter. Une femme dont il ne peut encore me parler, et dont je ne souhaite pas apprendre davantage pour l’instant de toute manière. C’est pourquoi je lui pardonne sans mal – Je ne suis pas sûr – la façon dont il bat en retraite en posant une main légère sur son épaule – De pouvoir lutter – juste l’espace d’un instant.

« Ne t’excuse pas Hisao, tu n’as rien fait de mal. Tu ne me dois rien et ça peut attendre. Le centre, c’est parfait. »

C’est avec le même soulagement que lui que je le suis vers l’agitation de la ville, laissant derrière nous le lac, les bambous et les couleurs sanguines de l’automne. Sans savoir encore que le plus cuisant est à venir…

~ ~ ~

Je me suis retenu tout du long. Je suis resté assis en retrait, les mains bien à plat sur les cuisses, digne et raide comme la justice, veillant à ce que rien ne puisse être reproché à mon attitude à défaut de ma tenue. Mais quand le dernier feuillet du dernier exemplaire est enfin signé par les deux frères, je ne peux pas m’en empêcher : je relâche un instant mes épaules pour soupirer de soulagement. Cette fois – Bon dieu, j’ai les genoux en marmelade – nous en avons terminé. Nous pouvons quitter cet endroit. Je rends son sourire à Hisao en me remettant debout à mon tour et les suis alors qu’ils sortent de la pièce sans un regard en arrière. Et c’est ce moment précis, celui où nous pensions tous sincèrement avoir passé le plus difficile, que Nanako choisit pour mettre le feu aux poudres.

L’effet de sa voix suppurante d’amertume est tellement immédiat sur les deux hommes que c’est davantage le fait de les voir se figer aussitôt qui me fait – Bon sang, mais cette femme est un vrai pitbull – m’arrêter à mon tour alors qu’elle nous a suivis jusque dans le couloir. Mais dès que je saisis le sens des mots qu’elle crache avec dégoût sur le parquet impeccable, je sais – Oh mon dieu – que nous ne sortirons pas d’ici. Tous sans exception, nous allons laisser – C’est moi la folle en question ? – des morceaux de nous-mêmes sous ce toit. Mais même si ça n’a rien d’étonnant de la part de cette affreuse mégère, je dois avouer que je ne m’attendais pas – Est-ce qu’elle vient de traiter Kana de– Non mais ça va pas ?! – à la fourberie ignominieuse de son angle d’attaque. Je tourne la tête vers elle, toute l’étendue de mon choc lisible sur mon visage :

« Dear Lord, mais vous avez perdu l’esprit ? »

Si je suis d’abord abasourdi par ce qu’elle vient de dire , très vite je suis tellement furieux que je ne sais même pas contre quoi j’ai le plus envie d’exprimer ma rage. Qu’elle blâme Kana alors qu’elle ne sait littéralement rien – J’aurais du la laisser tomber – d’elle en vertu de principes parfaitement moyenâgeux, ou qu’elle ose le faire à voix haute devant Hisao. Hisao qui aime sa fille plus que tout – J’aurais du la pousser dans l’escalier – qui fait de son mieux au quotidien pour qu’elle se sente aimée et confiante, qu’elle vive sa vie aussi pleinement que possible. Hisao qui a dû élever seul son enfant à cause de cette femme. N’y a-t-il donc aucune limite – J’aurais au moins dû lui déboîter l’épaule pour de bon – à son impudence ? N’a-t-elle réellement aucun scrupule à jeter son intimité sur la place publique – Il a voulu l’épouser – juste pour marquer des points dans une bataille déjà perdue ? À l’évidence, non. Même si j’étais en état de réfléchir, je ne comprendrais certainement pas comment elle peut se tenir debout devant ses fils, les regarder dans les yeux et leur parler ainsi en étant sûre de son bon droit. Non, je ne pourrai jamais comprendre… Je pensais que mon père était la seule personne que je détestais réellement en ce monde. Je découvre dans le feu et la rage que je me trompais. Pendant une seconde, je suis tellement rempli de haine que j’en ai la nausée. À nouveau, je me retrouve spolié de quelque chose qui aurait du nous appartenir, qu’on lui a arraché avant qu’il ait pu m’en faire le cadeau. À nouveau, je dois me tenir là et regarder quelqu’un le faire souffrir. Et pourtant, si violente et corrosive soit-elle, cette seconde ne dure pas. Elle est bientôt aspirée dans le souffle brûlant d’une colère bien plus grande, plus profonde, plus dévastatrice que la mienne.

Hisao ne s’est que rarement mis en colère en ma présence. Je ne pensais pas que j’en serais un jour de nouveau témoin après le bref éclat de fureur qui lui a fait frapper le capot de sa voiture et chasser son frère de sa vue il y a un mois de ça. Mais ce à quoi j’assiste aujourd’hui n’a presque aucune commune mesure avec ce qui s’est passé alors. Jamais encore je n’avais vu Hisao avec le corps si tendu, le visage si sombre, l’œil étincelant de rage comme un ciel de tempête. Ce n’est pas étonnant sachant ce que sa mère vient d’oser dire sur sa fille mais – Oh Dieu, non – je suis si ébahi par la violence de ce que je vois que j’en oublie instantanément ma propre colère. Elle ne compte plus. Les insultes dont j’écope dans la foulée glissent sur moi comme la pluie sur le verre. La seule chose qui importe – Je ne veux pas le voir comme ça – c’est de stopper la machine avant qu’il ne se jette dans l’engrenage comme il est en train de le faire. Je joins ma voix à celle d’Hikaru pour tenter de le ramener à la raison…

« Je t’en prie Hisao, partons. Clairement, plus rien ne nous retiens ici. »

… Mais la raison n’a plus court. Évidemment. Elle a osé flétrir le nom de Kana. Peu importe qu’elle ait tiré à l’aveugle sans rien savoir de celle qu’elle entend blâmer, qu’elle ait tort, que ses mots n’aient ni poids ni prise sur quoi que ce soit de réel car Kana n’est rien de ce qu’elle peut bien dire. Rien ne compte aux yeux d’Hisao, en dehors de punir cet affront. Je l’écoute faire avec la poitrine serrée, souffrant dans ma chair – Il n’y a vraiment – de le voir faire preuve d’une telle virulence. Lui qui est d’ordinaire si doux, si respectueux, soucieux de laisser leur espace aux autres – Vraiment – au détriment de lui-même, son odieuse mère le pousse à la révolte, à la colère, à une violence qu’il détesterait user en temps normal. Elle me vole l’homme que j’aime – Rien à sauver chez cette femme – pour en faire autre chose. Et, Dieu me pardonne, je ne peux pas le tolérer non plus.

Alors qu’Hisao s’interrompt, tentant de juguler les émotions furieuses qui font trembler tous ses muscles tendus, je m’avance à mon tour pour me tenir à ses côtés, poser une main aussi légère que possible sur son épaule – Je suis là – dans l’espoir illusoire que ça puisse le calmer – Je ne t’abandonnerai pas – et relève le menton pour poser mon regard le plus glacial sur cette femme dont la vue me dégoûte au-delà de toute mesure :

« La seule qui ruine effectivement des vies ici, c’est vous. Dieu merci, Kana a pu grandir loin de cet endroit et de vos principes nauséabonds. Si vous l’aviez élevée pour en faire une harpie à votre image, le monde aurait perdu un trésor. Quand vous disparaîtrez, il ne perdra rien du tout et vous serez seule lorsque cela arrivera. »
« La seule vie que j'assume avoir ruinée, c'est celle de ma petite-fille en l'ayant laissée entre les mains d'un homme incapable de la protéger des vices de ce monde. Comment cette gamine aurait-elle pu se construire dans de telles conditions ? Ce n'est pas à un pervers dénué de toutes valeurs morales comme vous que je vais demandé après la stabilité d'une adolescente. »


Évidemment – Ah – Nanako Tenma n’est pas femme à se laisser parler ainsi par un étranger – Nous y voici – sans rétorquer avec toute la morgue et le mépris du monde. Je dois bien admettre que j’aurais été grandement déçu du contraire car il y a bien longtemps que je n’avais pas fait face – Et bien en garde, très chère ! – à ce genre de propos humiliants sans pouvoir y riposter de la façon que j’affectionne le plus. Battant des sourcils avec une surprise feinte à la perfection, je rétorque aussitôt de mon ton le plus mielleux :

« Vous me reprochez mon influence perverse et immorale parce que Kana sort avec un garçon ? Je ne vois pas vraiment quel autre exemple je pourrais donner. Même si ça n'aura sans doute aucun effet, je peux tenter de lui faire l’éloge des filles si vous préférez. »
 



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(#) Re: Killing In The Name [+16]  Killing In The Name [+16] EmptyMer 10 Fév 2021 - 23:55

Comment gérer sa colère quand on ne se met jamais en colère ? Lorsqu’on ne sait plus ce que ça fait de sentir ce fourmillement brûlant et désagréable ramper sous sa peau pour essayer de prendre le contrôle de notre corps ?

Il n’arrive plus à penser. Il voit si rouge que tout lui paraît flou autour de lui. Et il sait que c’est ce qu’elle cherche, qu’elle veut le pousser à bout. Il connait cette sensation—son corps lui demande presque naturellement de tendre l’autre joue comme il l’a toujours fait et il a impression d’être de nouveau un adolescent le temps d’un instant. À l’exception que la rage n’avait encore jamais hurlé de la sorte en son sein alors que sa mère le criblait de reproches tous plus cruels les uns que les autres. Cette fois-ci, elle peut essayer aussi dur qu’elle le souhaite—elle n’arrivera pas à le rabaisser plus bas que Terre comme elle savait si bien le faire. C’est impossible. Tout est si rigide, si inflexible en lui dans l’immédiat qu’il sait qu’il ne ploiera pas le genou. Ce n’est même pas envisageable. Le temps d’un instant, il peine à se reconnaître en entendant l’écho des mots qu’il vient de prononcer mais—l’adrénaline balaye la moindre de ses inquiétudes.

La voix d’Ashton le pousse à se retourner—juste assez pour l’avoir dans son champ de vision. Et seulement se rend-t-il compte de la main qui se trouve sur son épaule. Ses lèvres s’entrouvrent à de multiples reprises mais il finit par rester silencieux. Même s’il supporte difficilement Ashton, il n’est pas son garde du corps et il sait pertinemment que ce dernier saura très certainement se défendre sans son aide. C’est d’ailleurs ce qu’il fait, et il n’y a pas la moindre faille dans ses paroles. Alors il n’intervient pas. Pas tout de suite.

« Attends seulement qu’elle apprenne que c’est ultra contagieux et qu’elle risque de se mettre à mater le cul de sa femme de ménage une fois qu’on sera partis. »
« Vous surestimez votre importance dans la vie de ma famille », son ton est plus hautain que jamais alors qu’elle ignore Hikaru pour se concentrer sur Ashton—il n’arrange en rien la boule de nerf qu’Hisao est devenu. Et il a beau essayer de se calmer—les secondes qui passent ne font absolument rien pour l’arranger. « Vous ne leur apportez rien de bon, vous essayez de vous incruster dans un monde où vous n’aurez jamais votre place. Mais vous n’êtes rien et vous ne serez jamais rien de plus qu’un fantasme qui finira par s’évaporer un jour ou l’autre, comme tous les énergumènes de votre genre. Vous donnez envie de braver l’interdit—mais c’est tout ce à quoi votre existence se résume. »
« Arrête ! » Il se surprend presque lui-même en entendant son propre éclat de voix—faisant sursauter sa mère et son frère par la même occasion. « Tu as fini de cracher à la gueule de mon mec ? De ma fille ? Je suis devant toi. Si tu as un problème avec ma manière de gérer ma vie, regarde-moi dans les yeux et attaque-moi au lieu de me prendre pour un idiot incapable de comprendre ce qu’il lui arrive et de tirer sur tout ce qui m’entoure. »
« Tais-toi ! Ne parle pas de ça devant moi ! »
« Ah—c’est donc ça maintenant le véritable problème ? Ce n’est plus Kana ? Ni Hikaru ? Ni mon attitude ? Juste le fait que j’ai décidé de te ramener un homme plutôt qu’une femme. Décidément… »
« J’te jure ! On a complètement disparu de la circulation. »
« Qu’est-ce que j’ai fait de mal ? » Elle joint ses mains ensemble, une profonde détresse venant teinter ses traits. « Qu’est-ce que j’ai bien pu faire de si grave pour que les cieux me donnent deux fils comme vous ? Je vous ai tout offert—je vous ai tout donné ! Je vous ai accepté avec— »
« Acceptés ? » Hikaru ne peut s’empêcher de pouffer de rire. « T’as oublié le moment où tu m’as désinscris de la fac’ parce que tu disais que l’art c’était pas assez bien pour toi ? Où tu m’as dit de plus jamais remettre les pieds dans cette ville parce que j’voulais voyager en Europe ? On peut peut-être parler d’Hisao aussi, hein ? Tu veux que je te rafraichisse la mémoire ? »
« Je— »
« T’étais où quand j’devais dormir dans des squats en France pour pas crever de froid et que j’fouillais les poubelles ? T’étais où quand Hisao devait payer sa fac’, les neuf mètres carrés de son appart’ avec sa gamine et les nounous ? Quand il dormait deux heures par nuit, bossait les deux tiers de la journée et étudiait pendant l’autre ? T’as toujours eu tellement de pognon que tu savais même plus quoi en foutre ! Tout ça parce qu’on était pas exactement comme tu le voulais. T’avais préparé toutes tes petites cases et on a fait une sortie de route. Maintenant t’as plus personne, tu vaux plus rien et t’étais tellement misérable, tellement mauvaise que papa a préféré te la faire à l’envers plutôt que te dire sur ton lit de mort à quel point t’étais qu’une pauvre vieille aigrie à peine supportable. »

Le silence retombe. Lourd. Plus pesant qu’il ne l’a jamais été et—Hisao est presque aussi essoufflé que son frère après l’avoir seulement écouté. Mais son état n’importe plus vraiment dans l’instant. Tout ce qu’il voit, c’est le souffle glacial qui passe sur les traits de Nanako qui reste immobile, droite—tout bonnement sidérée. Le temps semble s’être arrêté et—quelque-chose change dans son regard. Quelque-chose qu’Hisao est incapable de lire malgré ses efforts. Quelque-chose de violent, quelque-chose qui lui rappelle une époque à laquelle il ne voudrait jamais revenir.

« Et dire qu’avant tu me défendais. Tu me disais que j’avais raison, qu’Hikaru ne voyait pas ce que toi tu voyais en notre famille— »
« Qu’est-ce que je pouvais être con. »
« C’est pour ça que je ne voulais pas d’un deuxième garçon. Le jour où tu arrêterais de m’écouter aurait fini par arriver tôt ou tard. Je voulais une fille, tu aurais dû être une fille— », elle s’interrompt, avançant à pas lent vers Hisao. « Je voulais une fille et tu m’as arraché ma seule chance avec Kana. »
« Tu te l’es arrachée toute seule. Tu m’as foutu dehors. Je n’ai jamais voulu partir. Avec le recul—je crois que c’est la meilleure décision que tu aies pu prendre à mon égard de toute ma vie. C’est la seule pour laquelle je te remercie. Je ne sais pas si j’aurais pu supporter longtemps de voir ma fille grandir sous le même toit qu’une femme qui n’a aucune considération, aucun foutu respect pour son propre genre. J’ai du mal à croire que tu aies du mal à comprendre ça après tout ce que tu as vécu pour pouvoir fonder ton entreprise. »
« Silence ! Tu n’as pas le droit de parler de ce que tu ne sais pas. Tu es incapable de comprendre ce genre de choses ! »

Il a le temps de la voir venir. Cette main qui n’a pas perdu ses bonnes habitudes et qui essaye par tous les moyens de venir claquer sa joue. Hisao n’a plus quinze ans. Probablement aurait-il encaissé le coup dans d’autres circonstances. Probablement aurait-il accepté sa fureur pour se retourner et ne plus jamais revenir.

Ça n’arrive pas. Il n’y a aucune hésitation dans le geste d’Hisao lorsqu’il intercepte son poignet avant que sa main ait le temps de l’atteindre. L’expression effarée de Nanako en dit long, très long sur tout ce qu’il lui passe par la tête à cet instant. Elle est choquée, probablement bouleversée alors qu’elle se rend doucement compte qu’elle n’est plus en face de son fils—mais d’un homme qu’elle a décidé d’abandonner dix-sept ans plus tôt au prix de quelques principes familiaux et d’une bonne image.

« Ne me touche pas », c’est froid, calme, aussi amer que l’est la bile.
« Lâche-moi ! »
« Hisao », il lui attrape doucement le poignet, le forçant à lâcher prise. Chose qu’Hisao fait sans broncher, aussitôt qu’Hikaru le ramène sur Terre. « Ça suffit. Regarde-moi. »

Alors il se retourne. Il le regarde. Et soupire. L’adrénaline est toujours là, elle frappe, fait bourdonner ses oreilles et pourtant—il a l’impression que la tempête est passée. L’une de ses mains vient instinctivement se poser sur le bras d’Ashton alors que ses yeux sont encore fermés. Et lorsqu’il rouvre ces derniers, c’est pour lui adresser un regard désolé, implorant presque sa pitié alors qu’il se rend doucement compte de ce qu’il vient de se passer.

Il est définitivement temps de partir d’ici. Quoi que Nanako essaye de siffler au sujet de sa fille, d’Hikaru, d’Ashton ou même à son sujet.

« J’étais persuadé que tu pourrais changer. Je me suis même engueulé avec Hikaru à cause de ça. Merci de m’avoir ouvert les yeux », la main qui ne tient pas le bras de son compagnon vient se fourrer dans sa poche. « Allons-y. »

Ce n’est pas une doléance, mais presque un ordre. Nanako ne trouve jamais la force de répondre et le pallier de la maison est atteint aussi vite que possible. À l’instant même où Hikaru pousse la porte—un long soupir s’échappe de ses poumons.

« Y a eu un moment où tu m’as vraiment fait flipper. »
« Je suis désolé. Je n’allais pas— », il se frotte la nuque, essayant de relâcher la pression. Mais tout son corps est encore tendu. « Je ne suis pas violent. Tu le sais. »
« Au moins, on entendra plus parler d’elle avant un bon moment. La thérapie par le choc, tout ça », son regard passe de son frère à son beau-frère, se ternissant légèrement—mais c’est de l’angoisse, plus qu’autre chose. « Désolé. Pour le drame familial. C’était ton premier ici et sûrement ton dernier, vu l’ampleur des dégâts. »
« Ça a intérêt d'être le dernier. Je n’en supporterai pas un second comme ça », reprend-il en regardant Ashton à son tour. Il a enlevé sa cravate et défait les deux premiers boutons de sa chemise. « Je n’ai absolument pas les mots pour te dire à quel point je suis désolé. »

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désolée ash. je te bisoute quand même.  
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(#) Re: Killing In The Name [+16]  Killing In The Name [+16] EmptyJeu 11 Fév 2021 - 13:06


 

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Ne jamais montrer ses blessures à un ennemi redoutable. C’est la règle d’or, indispensable si l’on veut survivre dans un environnement hostile, peuplé de brutes qui n’attendent que de vous mettre à terre. C’est une leçon qu’on apprend très tôt quand on se rend compte qu’on sort du rang qui nous est dévolu et Nanako Tenma est un des adversaires les plus redoutables auxquels j’ai jamais fait face. C’est pourquoi je demeure impassible, relève le menton avec dédain et hausse le sourcil – Qui surestime quoi, exactement ? – en entendant les inepties qu’elle déchandelle – À vous écouter, j’ai poussé Kana sur le sentier de la luxure. Il va falloir faire preuve de cohérence, ma petite dame – sans rien pour les étayer. Je ne dois pas lui montrer que j’ai été blessé. Que l’idée d’être un fantasme, une passade dont l’attrait finira par s’estomper et qu’un jour Hisao trouvera – Plus jeune, plus beau, plus gentil – bien mieux ailleurs m’effraye malgré le soin que je mets – Plus femme, certainement – à la repousser. Si je lui laisse deviner qu’elle a touché juste, même en partie, même en frappant au hasard, c’est terminé. Il est hors de question de lui laisser un tel avantage maintenant. Je m’apprête donc à rétorquer comme j’en ai l’habitude, c’est-à-dire en m’emparant de ma faiblesse le premier pour la tourner en contre-attaque – Au moins je donne envie d’être goûté. Au moins je jouis quand on m’encule. Pas comme vous dont le mari a attendu d’être mort pour vous ramoner à sec – quand Hisao nous prend tous de court avec une âpreté qui me stupéfie.

Je tourne la tête vers lui et bats des cils derrière mes lunettes, refermant la bouche alors que – Son mec – ses mots me clouent un à un sur place. Visiblement, je ne suis pas le seul à être surpris par la virulence de son intervention – Il vient de m’appeler son mec – mais contrairement à Hikaru qui rejoint aussitôt son petit frère au front, je préfère me placer en retrait. À mesure que je vois le tournant – Pas son compagnon ou son conjoint. Son mec – que prend la conversation, je devine que ce n’est pas à moi de porter les armes. Je me contente donc de rester près de lui, sans un mot, ma main toujours posée sur son épaule tandis que peu à peu le passé ressurgit à vif, cuisant et insoutenable. Jamais avant ce jour je n’aurais imaginé que rester muet au côté de l’homme que j’aime tandis qu’il abat un à un ses vieux démons pourrait être une expérience aussi douloureuse. Hisao ne m’a jamais parlé de tout ceci avant et je ne lui jette évidemment la pierre. Ce sont des choses dures et terribles que l’on n’expose pas à tout le monde quand on est aussi secret que lui, certainement pas après un mois de relation idyllique. Mais en cet instant précis, ce n’est pas là que se situe la différence fondamentale.

Hisao et Hikaru ont souffert de l’égoïsme et de la froideur implacable de leur mère mais, si douloureux soient les souvenirs, si acerbes soient les reproches qu’ils lui font, ils savaient déjà ce qu’ils avaient vécu. Ils ont eu des années pour tenter de s’en remettre et apaiser leurs cicatrices. Moi, non. Je découvre tout cela aujourd’hui et les blessures sont si vives et si profondes que je suis plus ébranlé que par tout ce que j’ai subi en ces murs. Ma main tremble sur l’épaule d’Hisao – Ce n’est pas juste – sans que je ne parvienne à l’enlever et malgré tous mes efforts, je suis obligé de détourner le regard. Sa colère est légitime entre toute et pourtant – J’aurais voulu être là – je peux à peine la soutenir. J’ai dit que je voulais tout apprendre, tout savoir de lui que je connais encore si peu alors qu’il m’est si cher. J’aurais voulu ne pas avoir à commencer par ça. Par ces épreuves terribles – Pourquoi ne t’ai-je pas rencontré plus tôt ? – qu’il a du traverser seul ou presque à cause de cette femme. Moi qui ne supporte pas de le voir souffrir, qui voudrait détruire de mes mains – Pourquoi ai-je perdu tant de temps ? – tout ceux qui osent lui faire du mal, comment puis-je supporter tout ceci ? Comment puis-je accepter qu’il ait vécu cela alors que je n’étais pas à ses côtés, que je ne pouvais – Pourquoi ai-je tout gaspillé pour un autre alors que tu existais ? – rien faire pour l’aider ? Je ne sais pas. Je n’en ai pas la moindre idée. Cette ignorance me détruit jusque dans mes fondations. Et quand Nanako esquisse soudain le geste fatal pour le gifler, je sens – JE T’INTERDIS – comme je n’ai jamais senti – DE LE TOUCHER !!! – l’haleine de l’abîme.

Mon corps se tend tout entier, amorce un mouvement imperceptible comme le percuteur d’un revolver qui bascule. Je ne m’arrête que parce qu’Hisao est plus rapide. S’il n’avait pas intercepté la gifle, s’il n’avait pas tendu avant moi la main au-dessus du gouffre, je m’y serais jeté. C’est moi qui l’aurait frappée. Réaliser ce fait me glace des pieds à la tête, au point que je suis incapable de faire ce dont Hikaru finit par se charger. C’est lui qui désamorce pour de bon le conflit et nous tire finalement hors de la tempête où nous avons tous été emportés. La main d’Hisao sur mon bras me fait tressaillir et j’obéis au geste davantage qu’aux mots que je n’entends qu’au travers d’un écran de brouillard. Le cœur battant, je détourne la tête – Je ne veux plus jamais – et lui emboîte le bas, essayant de respirer normalement malgré le nœud serré dans ma gorge – Poser les yeux sur cette femme – à deux doigts de m’étrangler. Je ne me vois pas sortir de cet endroit. Le soir qui tombe me laisse hébété quand nous nous trouvons dehors, comme s’il ne pouvait pas s’être passé si tant de choses en si peu de temps. En tant normal, j’aurais peut-être répondu aux excuses d’Hikaru. J’aurais peut-être tenté d’écarter la tension, de rassurer mon compagnon, de balayer tout cela derrière nous pour aller de l’avant. Je n’en suis pas capable. Toujours saisi d’effroi face à ce que j’ai failli faire, je croise soudain le regard d’Hisao.

Quelque chose se met à hurler en moi sans que je ne puisse le maîtriser. C’est le contrecoup de la tempête qui s’abat sur ma nuque, m’écrase la poitrine alors que, pendant une seconde, je reconnais à peine l’homme qui me fait face. Que pendant une seconde, je sais que j’offre le même visage.

« Je sais. Ce n’est pas– Donne-moi juste une minute, s’il te plaît… »

Je ne peux rien ajouter de plus avant de descendre l’escalier et de m’éloigner vers la camionnette, sans un regard en arrière. Je ne peux pas rester ici, à côté d’eux. Pas après tout ça. Il ne faut jamais montrer ses blessures à l’ennemi mais même s’il n’y a plus d’ennemi à présent, je suis tellement à vif que je ne peux pas supporter d’être ainsi exposé. Il me faut du temps, rien qu’un peu, juste une minute pour calmer la tourmente. Pour élever de nouveau les murailles dont j’ai besoin et pouvoir faire face aux bouillonnements terrifiants qui rugissent en moi.

Je ne suis pas violent, moi non plus. Je ne suis ni une brute, ni un salaud, ni un minable. Je n’ai pas besoin de lever la main sur une femme pour me faire entendre, remporter une dispute ou affirmer quoi que ce soit. Je sais que c’est la vérité au plus profond de moi-même. Pourtant je repense à tout à l’heure, au geste qu’elle a eu et à la pulsion de violence qu’il m’a inspiré, et je ferme les yeux. D’un seul coup, je sens distinctement sous mes doigts la frontière de ce que je suis capable d’endurer. Je sais que certaines personnes n’ont pas leur pareil pour faire jaillir le pire chez les autres et les transformer en monstres sans qu’ils n’y prennent garde. Ce n’est pas pour autant que j’avais les armes pour affronter cela aujourd’hui et le réaliser aussi soudainement me fait mal à un point que je ne saurais décrire. Pendant quelques instants, je suis davantage blessé – Je n’étais pas prêt – frustré et humilié que par tout ce que Nanako a pu dire comme horreurs sur mon compte. Cette sensation est tellement horrible – Je n’ai pas pu l’aider – tellement cuisante que je la sens corroder les derniers bastions de ma résilience. Je voudrais hurler, briser quelque chose, expulser cette souffrance infâme – Je n’ai rien pu faire – qui me ronge le corps comme un acide. Contournant la camionnette pour m’abriter – J’ai perdu – de la vue de cette maison, je vide tous mes poumons de leur air, paupières closes et le visage dans les mains. Je ne veux plus rien voir, plus réfléchir. Je veux disparaître de cet endroit – J’ai perdu contre cette femme – et de toutes les igniominies qu’il abrite.

Quand Hisao me rejoint, au bout d’un temps que je ne saurais estimer, ma réaction me fait honte mais elle est immédiate : j’agrippe son épaule pour l’attirer contre moi et le serrer dans mes bras, plus fort et plus étroitement que je ne l’ai jamais fait. Si Hikaru l’a suivi, je ne le vois pas. Si qui que ce soit peut nous surprendre, je n’en ai rien à faire. Je suis désolé parce que je sais à quel point Hisao a besoin d’espace, que la proximité peut être une source d’angoisse dans des circonstances aussi difficiles que celles-ci, que c’est moi qui devrais le soutenir après ce qu’il vient de traverser mais je ne peux tout simplement pas faire autrement. Je suis dans le même état que lui. Et moi, Dieu me pardonne – Reste – c’est de son contact dont j’ai besoin plus que tout. J’ai besoin de lui, de son odeur, de sa chaleur – Ne m’abandonne pas maintenant – de ses doigts sur ma nuque et son souffle sur mon cou. J’ai besoin qu’il soit là – Pas après tout ce qu’elle a dit – pour cesser de trembler.

« Je ne veux plus jamais revenir ici. Je ne veux plus jamais l’entendre te parler comme ça, parler de vous tous comme ça. Promets-le-moi. Si jamais je dois encore une fois la regarder te faire du mal, je te jure que je deviendrai fou… »

Je deviendrai à son image. Je deviendrai pire encore. Parce que l’amour est un poison qui peut nous porter aux cieux comme aux abysses et que j’aime beaucoup trop cet homme pour mon propre bien, pour notre bien à tous les deux. Parce que j’ai vu aujourd’hui dans le couloir de cette maison centenaire que j’étais capable d’aller trop loin pour lui.

Heureusement, finalement, la magie opère. Hisao est là. Tous mes sens en attestent, se remplissent de lui comme ils le font à chaque fois et bientôt il est le seul qui occupe mes pensées. Je le revois dans le couloir, en train de faire face à sa mère et de défendre sa fille, son frère, de me défendre moi. Je le revois se tenir debout devant elle et la regarder dans les yeux. Elle était odieuse et il était en colère, tout était dur, tout faisait mal et pourtant il a tenu bon. Jusqu’au bout, sans fléchir, en brandissant férocement la vérité contre les mensonges victimaires de cette femme et en acceptant de revenir à la raison lorsqu’il l’a fallu, avec l’aide d’Hikaru. Je l’ai vu faire tout cela. Je me tenais à ses côtés, j’avais ma main sur son épaule et je souffrais, oh comme je souffrais moi aussi mais ma place était là. C’est lui-même qui me l’avait donnée, lui-même qui m’en avait jugé digne…

Je ne m’écarte de lui qu’une fraction de seconde, juste le temps de prendre son visage dans mes mains pour l’embrasser comme j’ai tant voulu le faire. En plongeant mes doigts dans les douces mèches sur sa nuque, en enveloppant sa langue de la mienne, en lui disant sans un mot – Je ne te mérite pas – combien je l’aime. Trop, sans doute. De cette façon brûlante, entière et dangereuse qui me mènera sûrement – Et peut-être que tu te lasseras un jour – à ma perte mais qui me donne la force d’être ici malgré tout ce que nous avons du endurer en ces murs. Et si difficile que ce fut, ça ne change presque rien. Je veux toujours – Mais je veux être digne de toi – tout connaître de lui. Peu importe la noirceur, la douleur de ce que je peux encore découvrir, rien ne pourra l’empêcher de m’éclairer – Au moins jusqu’à ce que ce jour arrive – par sa seule existence. Peu importe ce qui doit se passer, je ne veux pas cesser d’être ébloui ni de pouvoir l’embrasser. C’est ce que mes yeux et mon sourire lui jurent lorsque je parviens enfin à m’éloigner pour contempler et caresser son visage, repousser les cheveux sur son front au détriment des larmes au coin de mes yeux.

« Je suis tellement fier de toi… Tu n’as pas idée d’à quel point je suis honoré d’être le– le mec de quelqu’un d’aussi courageux que toi… »

Je n’ai pas pu m’en empêcher, en ajoutant un brin de malice dans mon sourire. Non parce que franchement – Son mec, quoi – je ne m’en remets toujours pas.
 



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Merci à Meyu et Hisao pour les kits, leur temps et leur talent Coeur
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(#) Re: Killing In The Name [+16]  Killing In The Name [+16] EmptyVen 12 Fév 2021 - 23:48

Le calme revient, mais les images reviennent avec lui. Même si Nanako ne les a pas suivi – Hisao s’en assure maintes et maintes fois en jetant des œillades inquiètes derrière lui – et que sa voix n’est plus là pour lui faire perdre ses moyens… toute la scène passe et repasse en boucle. Il voit la colère sur le visage de son frère. Sur celui d’Ashton. Sur ses propres traits. Et le simple fait de se dire que son compagnon a assisté à une telle colère noire lui glace le sang. Ce n’est pas quelque-chose qu’il voulait lui montrer. Ce n’est pas sain, ce n’est pas… lui. Il le sait. Mais c’est ce qu’elle fait de mieux, non ? Pousser à bout, taillader la corde jusqu’à ce qu’elle lâche. Ce n’est pas lui. Hisao le sait, tout autant que son frère. Mais Ashton ? Ashton aurait tous les droits d’être refroidi par son attitude. Il a bon espoir que ce ne soit pas le cas alors qu’il cherche quelque-chose dans ses yeux sans réellement savoir quoi. Lui aussi l’a vécu. Cette instant de perdition où elle lui a arraché tout sens moral et l’a rendu capable d’être violent – lui, d’entre tous – alors que ce n’est pas lui. Ce n’est pas ce qu’il est. Ce n’est pas l’homme doux, attentionné, dont la force ne réside pas dans les poings et au cœur si grand, si empli de couleurs, de belles choses… Mais la bienveillance a ses limites et sa mère est l’une d’entre elle. Parce qu’on n’atteint pas le sommet de la chaîne alimentaire si l’on n’est pas prédateur et qu’Hisao ne porterait pas tant de cicatrice s’il avait un jour triomphé d’elle.

Ce n’est pas sa première défaite. Ployer le genou devant Nanako est devenu une habitude malsaine dont il connait si bien la douleur qu’il a fini par tout simplement intégrer cette dernière. Il n’y est pas aseptisé pour autant, mais plus les années passent, plus il réussit à y pallier. Les dommages sont les mêmes, cependant. Et c’est précisément pour cette raison qu’il sent tout s’effondrer en lui lorsque son compagnon s’écarte de lui pour s’isoler un moment.

Ce n’est pas sa première défaite. Mais ce n’est pas le cas d’Ashton qui se rend compte à ses dépens que l’on ne peut pas remporter quoi que ce soit contre le poison qui lui sert de mère. Qu’elle se retrouve à genou comme ils le sont et comme c’est le cas aujourd’hui n’enlève rien au fait qu’elle ait tout décimé sur son chemin.

L’inquiétude vient tordre les traits de son visage, et il doit se faire violence pour ne pas le suivre ou le retenir. Tout du moins, cet instant de lucidité ne dure pas longtemps. Aussitôt se ressaisit-il en voyant l’homme qu’il aime descendre l’allée pour se réfugier sur le parking qu’il lui emboîte le pas pour—

« Laisse-lui un moment », la main d’Hikaru se pose sur son épaule, mais c’est sa voix qui le retient. « Je pense qu’il a vraiment besoin d’un peu d’espace après tout ce qu’il vient de se prendre dans la gueule. »
« Tu—as raison », il soupire, laissant son regard se perdre sur la silhouette d’Ashton en train de s’éloigner.
« Et toi ? »
« Je— », inutile de lui mentir. Il est déjà un piètre menteur—mais avec son frère, c’est tout simplement peine perdue. « Ça ira mieux demain. On a tous besoin de repos. Toi aussi. »
« Non. J’ai besoin d’une pinte. Ou d’un mètre de shots. J'sais pas. Mais je conduis. »

La suggestion le fait sourire. Un sourire fade, trop léger pour être véritablement porteur de ce qu’il devrait. Mais c’est toujours mieux que rien. Il est à la fois exténué et en pleine forme. Il sait que ce n’est rien de plus qu’une belle illusion formée par l’adrénaline mais… ce n’est pas l’impression qu’il a dans l’immédiat. Il se sent alerte, peut-être même trop alerte. S’il est en état de reprendre la route ? Il n’en a aucune idée. Il ne veut pas rester ici. Il ne le supporterait pas et il ne veut pas faire subir la chose à Ashton non plus. Quelques minutes passent alors que le silence règne. Hikaru, d’ordinaire si bavard, est au moins aussi pensif que lui et regarde l’horizon où le soleil n’est plus. Il doit être vingt heures passées, et Ashton s’est déjà éloigné depuis plusieurs minutes.

« Je ne veux pas le laisser seul trop longtemps. Fume-toi une cigarette ou regarde le vide encore un peu et laisse-nous deux minutes. »
« Ça marche. »

Et c’est ce qu’il fait. Il descend les marches – en faisant attention à ne pas rentrer son pied dans le trou et à se faire mal, parce que ce serait vraiment la cerise sur le gâteau – et rejoint le petit parking où se trouvent leurs véhicules. Ne pas le voir au premier abord fait bondir son cœur dans sa poitrine. Impossible. Alors qu’il fait le tour de la camionnette et… s’apaise en un rien de temps. L’inquiétude alors présente sur ses traits s’adoucit et il ralentit le pas en s’approchant de lui.

« Hey… tout va b— », il n’a pas le temps de terminer sa phrase.

Ashton l’entraîne dans une étreinte plus forte, plus lourde de sens que jamais. Dans la façon que ses bras ont de le serrer il peut sentir toute la détresse prisonnière de son corps. Le temps d’un instant, il reste immobile, l’intégralité de ses muscles tendus. Heureusement, la stupéfaction ne dure pas et il ne lui faut pas bien longtemps avant de lui rendre la faveur, l’enserrant à son tour et venant reposer sa tête contre son épaule.

Il en avait tellement besoin. Il ne l’avait pas réalisé quelques secondes plus tôt—peut-être qu’Ashton lui-même ne s’en était pas rendu compte alors que son corps obéissait à ses pulsions sans demander son reste. Mais il en prend conscience à l’instant, dans la chaleur de ses bras, alors qu’il respire son odeur et vit cette étreinte comme s’il s’agissait de la première. Mais bon sang—il en avait tellement besoin. Il ignore combien de temps tout cela dure. Il s’en fiche. Le temps n’a plus vraiment d’importance là où il se trouve—dans cet endroit si paisible où Ashton l’a transporté pour ces quelques instants.

Ses yeux ne se rouvrent pas lorsqu’il entend sa voix. Mais les images ne ressurgissent pas non plus dans un flash aveuglant comme elles n’ont cessé de le faire depuis qu’ils sont sortis de la maison. À la place, il se sent sourire sans même savoir d’où vient sa force.

« Plus jamais. Je te le promets. »

Je suis tellement désolé.

Il congédie sa culpabilité. Elle n’a plus sa place ici, elle n’a plus son importance dans ses bras alors qu’il n’y a qu’une seule chose sur laquelle Hisao demeure capable de se concentrer. Lorsqu’il s’écarte de lui, il n’y a aucune hésitation dans son regard, ou dans son geste lorsqu’il répond sans l’ombre d’une hésitation à son baiser passionné. La caresse de sa langue sur la sienne, de leurs lèvres scellées et du monde autour d’eux qui peut bien aller se faire foutre parce qu’il n’a plus aucune gravité, plus aucune influence sur ce qu’il pourra bien arriver. C’est fini. C’est terminé.

Il n’a plus que la tendresse de ses gestes dans laquelle se plonger, le bleu de ses yeux dans lequel se perdre. Et c’est… bien plus que suffisant. Alors il lui rend son sourire, sans même savoir pourquoi—peut-être juste parce qu’il est heureux de le revoir sourire ainsi après l’agonie.

« Mon Dieu—j’ai quel âge pour avoir sorti un truc pareil ? » Il ne peut s’empêcher de rire nerveusement, alors qu’il vient se masser la nuque et trahir son embarras par la même occasion. « Je… je suis désolé que tu aies eu à vivre tout ça. Je la connais et pourtant—pourtant je ne me serai jamais imaginé qu’elle serait capable d’être aussi… » Un soupir lui échappe. « Je ne voulais pas t’amener ici pour que tu souffres. J’aurais tout à fait compris que tu veuilles partir loin, très loin après qu’elle t’ait aussi mal traité dès les premiers instants. Mais tu—es resté et je—je ne sais même pas quoi dire. Merci je—je suis juste… merci. Pour tout. »

Il a l’impression d’être revenu à la case départ, à ces instants où il peinait à trouver ses mots devant lui alors que ses sentiments faisaient lentement surface. Il n’a pourtant jamais cessé d’être admiratif, impressionné par l’homme qui partage sa vie. Mais aujourd’hui… aujourd’hui n’a rien de comparable face à ce qu’il avait toujours soupçonné de lui. Face à ce qu’il pensait savoir et qui s’avère plus vrai que jamais dans les faits.

« Je t’aime. »

C’était vrai hier. C’est vrai aujourd’hui. Ce sera vrai demain, tant qu’il le lui accordera, tant qu’il sera capable d’être digne de lui.

Quand il s’écarte l’un de l’autre au bout de quelques minutes de flottement, Hikaru finit par les rejoindre, la fin de sa cigarette toujours entre les doigts. Même s’il essaye de garder son air détendu habituel, il ne trompe pas Hisao qui voit l’inquiétude altérer l’indifférence qui lui est pourtant si naturelle d’ordinaire. Il vient jeter son mégot dans son cendrier de poche, cendrier qui se trouve au dos de son étui à cigarette. Le temps d’un instant, l’hésitation d’en prendre une deuxième passe sur son visage, mais il finit par se raviser pour simplement tendre son paquet à Ashton.

« Si jamais », propose-t-il avec un sourire désolé. « Ça… va mieux ? »

Hisao se contente de doucement hocher la tête, mais il sait que la question n’est pas destinée. Alors son regard se reporte sur son compagnon, une fois de plus. Lui qui s’inquiétait davantage pour la façon dont son frère et Ashton s’entendraient… il est presque bluffé de voir à quel point Hikaru a ravalé sa fierté pour lui. Et peut-être même… pour Ashton lui-même, en fin de compte. Même s’il ne peut pas être entièrement sûr de la seconde affirmation.

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(#) Re: Killing In The Name [+16]  Killing In The Name [+16] EmptySam 13 Fév 2021 - 21:32


 

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Il aura suffi d’une seconde. Une seconde de tension avant qu’il n’entende mon appel et y réponde aussitôt à corps perdu, me rendant ma promesse, mon étreinte, mon baiser. Je soupire de soulagement, de gratitude contre son cou et enfouis mon visage – Tu es là – dans les mèches de ses cheveux pour respirer son odeur. Chacune de mes inspirations apaise la tempête, repousse le souvenir atroce de cette femme. Bientôt, le monstre hideux qu’elle a réveillé en moi revient sous scellé. Toutes les blessures ne sont pas guéries mais – Et je peux de nouveau voir l’horizon – le pire est passé. Nous sommes ensemble, en sécurité. Si gêné soit-il, son rire est une musique à mes oreilles et je caresse son visage du regard, épousant des yeux l’angle de son poignet – J’adore ce geste – alors qu’il passe la main sur sa nuque. Je baisse la tête avec modestie en entendant ses mots, riant à mon tour pour faire oublier le rouge – Je n’ai rien fait de spécial – qui me monte aux joues. C’est drôle la façon dont il parvient à me faire me sentir aussi bien, comblé, entier, fier de ce que je suis simplement en me remerciant – J’étais à ma place – d’être resté à ses côtés. Où est passé la douleur que je ressentais quelques minutes à peine auparavant ? C’est comme si elle s’était évaporée, qu’il n’en subsistait plus que des lambeaux qui se dissipent dans le sourire de cet homme.

« Tu as dit que tu avais besoin de moi. Jamais je ne serais parti. »

Mes mains viennent se poser de part et d’autre de son cou tandis que j’appuie doucement mon front contre le sien, apaisé et vibrant de la seule réponse que je puisse faire, à voix basse car il n’est nul besoin de crier quelque chose qui existe déjà si fort :

« Moi aussi. »

Après quoi, tout est dit. Pour le moment du moins, nous n’avons pas besoin de plus. Nous sommes là, et cela suffit. Les pas d’Hikaru font crisser les graviers en se rapprochant de nous, nous nous écartons l’un de l’autre tout en demeurant proches et je ne tremble plus. Mon beau-frère dépasse finalement la camionnette pour nous rejoindre et – Oh putain oui, une clope – devance mon geste alors que je partais à la recherche de mon paquet pour suivre son exemple. Me figeant un instant sous la surprise, il ne me faut pas plus d’un quart de seconde pour accepter son offre cette fois-ci :

« Oh, la bonne idée ! Merci beaucoup... »

Ma gratitude s’entend dans ma voix et plus encore dans le soupir qui m’échappe lorsque j’exhale la première bouffée – Le pied – savourant la nicotine après le stress intense auquel mes pauvres nerfs ont été exposés en peu de temps. La question d’Hikaru me ramène un instant sur Terre – Décidément – et, si je mets un moment à comprendre que c’est à moi qu’il s’adresse – Je pense que je vais arrêter de me fatiguer à en vouloir à cet homme – je réponds avec un sourire. Il n’a pas besoin de savoir que j’ai été blessé, ce ne serait guère charitable pour son inquiétude :

« Ça va, je m'en remettrai. Sans aller jusqu'à dire que c'était une partie de plaisir, elle n'a guère été originale à mon encontre. Et vous, ça va aller ? C'est surtout après vous qu'elle a été infecte... »
« Pour une fois, j'ai été plutôt épargné. Mais c'était pas plus agréable pour autant. Ça ira mieux une fois qu'on se sera tous reposés, je pense. J'ai encore les nerfs à vif. »
« À qui le dis-tu... »


Je soupire en prenant une nouvelle bouffée. L’adrénaline achève de déserter mon système et je me sens très fatigué. La seule pensée que je vais devoir me rasseoir sur le siège passager pendant l’heure de route qui nous sépare de Kobe me vide de mes dernières forces. Je n’ai pas envie de m’enfermer dans un espace clos sans bouger, à ressasser en silence ce que nous venons de vivre, car j’ai beau aimer Hisao de tout mon cœur je sais pertinemment que c’est comme ça que va se passer le retour. D’ailleurs je parle de moi mais je serais fort sceptique si lui-même était en état de prendre le volant. C’est pourquoi je finis par me tourner vers lui – Et puis on ne va pas quitter Hikaru comme ça, quand même – avec inquiétude pour demander :

« Hisao, ne le prends pas mal mais es-tu sûr et certain d'avoir les ressources pour une heure de route après tout ça ? »
« Il va dire oui. Que c'est qu'une heure de route, qu'il est en pleine forme et qu'il peut tout à faire conduire. Alors que Monsieur rêve de pioncer, là. »
« Oui, c’est bien ce qu’il me semblait. Et plus j’y réfléchis, moins ça me semble une bonne idée… »


Après tout, nous ne sommes pas aux pièces. Et il y a sans doute des hôtels décents dans les environs, même si ce premier séjour en amoureux est loin de ce que j’avais imaginé.
 



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(#) Re: Killing In The Name [+16]  Killing In The Name [+16] EmptyDim 14 Fév 2021 - 0:02

Il y aura finalement une bonne chose à tirer de toute cette histoire. Hikaru ne s’est pas entêté, et Ashton non plus malgré quelques débuts… pour le moins difficiles. C’était l’une des choses qui l’inquiétaient le plus mais le nœud semble s’être démêlé de lui-même – probablement parce que l’ennemi était commun – et c’est à ajouter à la très courte liste des choses pour lesquelles il est reconnaissant envers Nanako. Cette fois-ci, quand son compagnon accepte la cigarette de son frère, il n’a pas la sensation que c’est un effort effectué dans son sens. Que ce soit parce qu’Ashton a décidé de mettre sa rancœur de côté pour de bon ou parce qu’il a si besoin d’une cigarette que cette dernière n’existe plus dans l’instant présent… Hisao ne le sait pas. Mais il s’en contentera sans broncher.

« Ça va. Mieux qu’il y a cinq minutes », sa réponse n’est pas tout à fait complète mais—il n’a pas envie d’épiloguer. Il est fatigué, et essayer d’extérioriser ce qu’il a sur le cœur dans l’immédiat est une très mauvaise idée. Il le sait. Alors il se contente d’être bref, agrémentant ses mots d’un sourire maladroit bien qu’il se veuille rassurant.

De nouveau, Hikaru lui adresse un regard pour également lui proposer une cigarette mais cette fois-ci, il décline d’un geste de la main même si la tentation est grande. C’était déjà un calvaire d’arrêter une première fois, hors de question de s’y replonger. À la place, il profite de l’instant de paix qui s’installe entre eux pour sortir son téléphone et envoyer un message à sa fille.

« Hey. C’était une catastrophe. Mais tout va bien et on a tous survécu. Je te raconterai en rentrant. On devrait être là d’ici une heure, une heure trente tout au plus. Bisous je t’aime. »
« Ok, ok. On commande ? »
« Il reste du riz, du poulet et même du dessert. On n’a pas besoin de commander. »
« Ok. De toute façon tu vas craquer tout seul en rentrant, alors je vais pas me fatiguer à te convaincre. (¬‿¬ ) »

Il ne peut s’empêcher d’hausser les sourcils et de souffler du nez en lisant son dernier message, qu’il décide d’ignorer. Et lorsqu’il relève la tête, c’est pour faire face à deux regards inquiets, sans se douter une seule seconde du piège dans lequel il s’apprête à être attiré.

Ashton lui fait part de ses incertitudes en premier. Il s’y attendait en un sens. Pour cette raison, il a préparé une phrase toute faite prête à parer la moindre inquiétude de sa part. Mais lorsqu’il entrouvre les lèvres pour lui répondre, Hikaru le devance et… expose un à un ses arguments, le laissant hébété un instant. Évidemment, il n’est pas stupide. Il se rend compte, en l’entendant, à quel point ça ne tient pas la route et qu’il est effectivement fatigué. Mais il peut tenir, il le sait. Il ne veut pas imposer à Ashton ou à son frère de rester à Hirakata alors qu’ils aimeraient être ailleurs. À raison, d’ailleurs.

« Je pourrais gérer. Si je vois que ça ne va pas, je ferais des pauses et— »
« Tu conduis déjà n’importe comment, alors quand t’es crevé… »
« Je ne conduis pas n’importe comment. »
« Ok admettons. Mais la dernière fois que tu as conduit et que t’étais sur les nerfs, t’es rentré dans— » Il faut une seconde à Hikaru pour s’interrompre et se rendre compte de l’énormité qu’il s’apprête à sortir. « T’as percuté la bagnole d’Ashton. »
« Ashton qui ne me hurlera pas dessus pendant que je serai en train de conduire. »
« Hisao. T’as très bien compris où je voulais en venir. On prend un hôtel, et puis c’est tout. »

Il n’a pas envie de s’énerver. D’autant plus qu’il sait que ça ne servirait à rien, qu’il a assez donné aujourd’hui, que son frère a entièrement raison et que ce ne serait que par fière. Alors après avoir longuement soupiré, il se tourne vers Ashton, légèrement gêné.

« Ça ne te dérange pas ? » Il fait mine d’ignorer la façon dont Hikaru fait les gros yeux à son compagnon pour que ce dernier accepte.
« Si on reste à Hirakata et qu’on conduit pas, ça veut dire que je peux réaliser mon souhait et aller me la faire, cette pinte de bière », il croise les bras, fier de sa constatation. « Vous m'accompagnez ? C’est ma tournée. »

Il faut un instant à Hisao pour réaliser ce que ça signifie, il cligne des yeux, fait des aller-retours entre Ashton et Hikaru—incertain. C'est une mauvaise idée. Il le sent, il le sait mais en même temps... l'hésitation sur ses traits suffit à trahir la tentation. C'est un moyen comme un autre de se détendre, même s'il est bien moins sage que celui de se contenter de dormir jusqu'au lendemain.

« Je ne suis pas sûr que—enfin… » Son regard vient de nouveau se poser sur son compagnon. « C’est comme vous voulez. Je vous suis. Mais pour moi ce sera un verre et pas plus. »

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(#) Re: Killing In The Name [+16]  Killing In The Name [+16] EmptyDim 14 Fév 2021 - 9:55


 

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Je le confesse : j’ai énormément de mal à me retenir de pouffer – En fait je crois je n’y arrive pas vraiment – en voyant la tête d’Hisao, pris de court par son frère qui n’est évidemment pas né de la dernière pluie et connaît bien la bête. Qui plus est, il a raison. La conduite de mon compagnon est suffisamment nerveuse de base, inutile d’en rajouter une couche – Hm. Le bon souvenir que voilà – avec les retombées du chaotique face à face maternel. Je hoche donc la tête, sentencieux, pour ponctuer les dires d’Hikaru :

« C’est ce qui s’est passé. Tu as percuté ma voiture. »

Nous sommes samedi, rien ne nous attend urgemment demain, une bonne nuit de sommeil ne fera de mal à personne et heureusement pour moi, j’ai pensé à charger les gamelles de mes monstres avant de partir par précaution. Faisant mine de ne pas remarquer non plus la tentative de pression psychologique de mon beau-frère – Je pense que je vais lui pardonner – je secoue la tête avec un sourire rassurant – Parce qu’il est très amusant – pour abattre les dernières résistances d’Hisao :

« C’est l’option la plus raisonnable. En tant que médecin, je t’interdis de reprendre la route ce soir. Et en voilà une autre bonne idée, je suis pour ! Je meurs de faim, en plus. »

L’alcool ne rentre peut-être pas dans les options raisonnables mais nous en feront abstraction pour cette fois. Il y a encore trop de pression à faire retomber et un peu d’insouciance ne pourra que nous être bénéfique. Je me dépêche donc de terminer ma cigarette, l’écrase dans mon cendrier de poche pendant que les deux frères décident de l’établissement où nous sommes susceptibles de trouver facilement une chambre agréable, puis nous remontons dans nos véhicules respectifs pour nous y rendre. Une grosse demi-heure plus tard, nous passons tous les trois la porte d’un izakaya fort sympathique où règne déjà une bonne ambiance et, sitôt assis, nous commandons de concert. J’accompagne Hikaru en commençant par une pinte de blonde et enchaîne immédiatement avec des tas de petites choses à grignoter – Des aubergines au miso, des épinards au sésame, des nouilles frites, des oden et putain, ils ont du poulet frit ! – pour aller avec parce que je suis un goinfre. Après quoi, c’est avec un certain soulagement que nous levons nos verres :

« Et bien, santé Messieurs ! »
 



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(#) Re: Killing In The Name [+16]  Killing In The Name [+16] EmptyLun 15 Fév 2021 - 0:20

Il aurait dû s’en douter. Ashton ne se contente pas d’acquiescer ou non et décide carrément de se ranger du côté de son frère. C’est si irréaliste qu’Hisao en reste bouche bée, acceptant son sort. Parce que tenir tête à Hikaru est une chose, mais à son compagnon ? Oh—il n’ose même pas s’y risquer. Alors il se contente de rire nerveusement et de secouer lentement ses mains devant lui en entendant la menace.

« Très bien, très bien. Je me rends. »
« Sage décision, allons boire pour oublier maintenant, si vous le voulez bien », ajoute Hikaru en souriant chaleureusement en voyant la reddition de l’un et l’engouement de l’autre.

Il ne leur en faut pas plus pour prendre la route. Hisao et Hikaru se mettent d’accord pour laisser leurs voitures ici et revenir les chercher le lendemain matin—étant donné qu’il en ont désormais officiellement le droit. Et trouver un hôtel ne prend pas beaucoup de temps. Que ce soit Hisao ou Hikaru, les deux hommes ont l’habitude de voyager et d’écumer les sites d’avis pour choisir. Même s’ils ont grandi à Hirakata, l’endroit a énormément changé en quinze ans et ses adresses aussi. Il y a encore quelques enseignes qu’ils reconnaissent en déambulant dans le centre-ville mais une grande partie des commerces ont l’air d’avoir changé de main—de nouveaux immeubles ont été construits, rénovés, ou parfois simplement détruits.

La perle rare porte le doux nom Suishun Matsuiyamata. Ce n’est pas exactement la perle rare parce qu’il est assez cher et propose un tas de services qui ne leur serviront absolument pas – comme un spa, des jacuzzis, des suites, une salle de sport et d’autres choses qu’Hisao n’a pas pris la peine de retenir – mais il s’agit du seul ne se situant pas trop loin de la demeure familiale proposant un bar-restaurant. Si je dois picoler, j’aimerais ne pas avoir à traverser la moitié de la ville pour rentrer dans ma chambre d’hôtel. En un sens, ce n’est pas comme s’ils ne pouvaient pas se le permettre et surtout… l’idée de dormir dans un endroit confortable après cette dure journée est particulièrement attrayante.

Alors il se laisse convaincre par son frère et c’est de cette façon qu’ils se retrouvent attablés à l’intérieur de l’hôtel. Ils sont loin d’être seuls dans le restaurant, mais le brouhaha autour d’eux est suffisamment fort pour ne pas donner l’impression à Hisao d’être cerné. Et cette chaise—oh, cette chaise est la chose la plus confortable, la plus moelleuse sur laquelle il se soit assis aujourd’hui. En voyant que son frère et Ashton n’hésitent pas à se lâcher, il suit la tendance et choisit le Donburi le plus garni – Katsudon, Tendon et même une assiette avec un peu de Gyudon, juste histoire de – sans oublier d’ajouter une troisième pinte à la liste. Les boissons ne tardent d’ailleurs pas d’être apportée avant le reste du repas avec quelques amuses-bouches.

« Kanpai ! » lancent les deux frères en cœur, répondant à l’appel d’Ashton lorsqu’il lève son verre.

Même si la bière n’est clairement pas son alcool préféré – il la préfère coupée avec quelque-chose de sucré, comme de la liqueur de pêche par exemple – cette dernière fait largement l’affaire dans l’immédiat. En réalité, même un saké chaud trouvé dans un marché pour une poignée de yens aurait fait l’affaire. L’alcool n’est habituellement clairement pas un échappatoire à ses problèmes – et c’est un ancien alcoolique qui a l’audace d’en arriver à cette conclusion-là – mais là… il a cruellement besoin de quelque-chose pour se détendre.

« Bon, j’suis pas venu les mains vides. Quand vous êtes partis en ville, j’ai fini par aller aider les domestiques avec la commode et j’ai récupéré… » Il sort une enveloppe de sa sacoche—ou plutôt, une feuille de papier faisant office d’enveloppe enroulée autour d’un petit paquet… de photos ? « Ceci. Et franchement, j’y vais à l’aveugle parce que j’me souviens d’aucun cliché de ce que j’ai déjà pu feuilleter. Mais la mémoire finira par me revenir. »

Il faut un instant à Hisao pour comprendre. Il lance un regard perplexe vers le petit paquet, mais dès l’instant où il entrevoit le papier glacé sous la feuille de papier, son sang ne fait qu’un tour et il prend les devants.

« Non. Non, non, non. Personne ne veut voir ces photos. Ou alors je fais le tri et j’enlève tout ce qui n’est pas intéressant. Donne-les moi. »
« Tu vas juste enlever celle où tu es. »
« Exactement. Tu grilles toutes mes cartes, là », il lance un regard amusé à Ashton, croisant les bras sur son siège. « Je n’aurais aucune monnaie d’échange pour qu’il me montre ses propres albums photos d’enfance. »

Hikaru ne peut s’empêcher de lever les yeux au ciel en entendant sa réponse.

« Tu seras créatif, j’en doute pas une seule seconde. Vu que c’est ta seule opposition et que j’y ai plus ou moins trouvé une solution.… » Il tire sur l’élastique enveloppant les photos pour l’enlever et commencer à déterrer les vestiges de leur enfance. « Qu’est-ce que— »

Son frère arrête aussitôt de faire le malin lorsque ses yeux se posent sur la photo qui couvre toutes les autres. Tous deux y figurent, mais ils sont jeunes, très jeunes. Hisao doit avoir neuf ans et Hikaru douze, tout au plus. Ils revêtissent chacun un aïkido-gi, et c’est Hisao qui maîtrise Hikaru en dépit de leur différence d’âge. L’un est reconnaissable grâce à la longueur de ses cheveux qui, même attachés, tombent en-dessous de ses épaules, et l’autre grâce à ce visage enfantin qu’il n’a pas perdu du haut de ses quarante ans. Et même si dans d’autres circonstances, Hisao aurait immédiatement mis les choses au clair en expliquant que son frère n’avait jamais pratiqué l’ombre d’un sport de combat dans toute sa vie, et que c’était pour cette raison qu’il n’avait eu aucun mal à prendre le dessus… Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Là, il se contente de sourire et de se laisser aller contre le dossier de sa chaise avec un air satisfait sur le visage.

« Tu n’étais vraiment pas fait pour ça. »
« Attends un peu, tu vas voir. »

Il n’est pas au bout de ses surprises. Le petit tas de photos regorge de perles en tout genre. Il y a un nombre exorbitant de photos de famille simples où tous se tiennent droit, les uns à côté des autres en souriant ou non—ce qui n’est pas surprenant, puisque Nanako tenait à ce qu’ils prennent la même tous les ans. Le changement au fil des années est plutôt flagrant et… particulièrement satisfaisant à voir, d’une manière ou d’une autre. Au milieu, il y a des photos ratées, les premiers cours de peinture d’Hisao, des emprunts de l’appareil photo familial pour qu’Hikaru se prenne en photo avec ses copines de l’époque, l’incompétence d’Hisao sur des skis mise en lumière à travers divers clichés. Ce sont de bons souvenirs, uniquement parce qu’Hikaru était là.

« Et toi ? » Son regard se reporte sur Ashton, entre deux photos. « Je suis sûr que tu dois avoir quelque-chose de croustillant sur ton téléphone. À défaut des albums. »

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(#) Re: Killing In The Name [+16]  Killing In The Name [+16] EmptyLun 15 Fév 2021 - 11:56


 

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Je jure devant tous les dieux du ciel que je n’ai jamais autant apprécié une bière qu’à cet instant. Karson aurait le cœur brisé s’il m’entendait, sachant ce que je pense des bières japonaises – De la flotte qui pique avec un vague goût de houblon – mais tant pis. Nous avons passé une journée très difficile, nous sommes dans un hôtel bien plus luxueux que ce à quoi je m’attendais et mon horrible harpie de belle-mère est derrière nous pour de bon. Il ne m’en faut pas plus pour savourer ce qui m’est offert, c’est-à-dire un très bon repas en plus de l’alcool. Soulagé de constater que je ne suis pas le seul – Puis-je t’échanger un bout de porc pané contre du poulet frit ? S’il te plaît ? – à avoir l’estomac dans les talons, je trinque avec plaisir et entame le boire et le manger avec le même enthousiasme, bien décidé à ne pas m’arrêter de sitôt. Enfin, c’était le programme – Qu’entends-je ? – jusqu’à ce qu’Hikaru ne dégaine son butin de la journée – Des photos ?! – et que je délaisse immédiatement mon assiette pour tendre le cou vers le petit paquet. Bien sûr, il faut vaguement négocier avec Hisao – Comment ça personne ? Bien sûr que si je veux voir ! – qui ne passe vraiment jamais à côté de ce genre d’occasions sans se faire prier un peu…

« Créatif, oui. C’est exactement ce que j’avais à l’esprit. »

… Mais finalement mon beau-frère obtient gain de cause, même s’il ne tarde pas à s’en mordre les doigts en voyant le premier cliché. Pour ma part, je n’ai qu’une seule réaction possible :

« Oh my God, you’re so cute !* »
*Oh mon dieu, tu es tellement mignon !

Et ça ne va clairement pas en s’arrangeant. Mon homme est beau comme un dieu, c’est un fait, mais il y a un monde entre le voir au quotidien et constater que ça a quasiment toujours été le cas. Peu importe l’âge, peu importe l’uniforme scolaire ou le kimono du nouvel an dont on l’affuble, peu importe même qu’il soit aussi nul sur des skis que moi – Si je n’avais pas le timelapse en direct sous les yeux – il reste incroyablement mignon. Même l’adolescence a peu de prises sur lui, si ce n’est – Je me demanderais comment un enfant aussi adorable a pu devenir une telle bombe – pour carrer ses épaules, affiner ses traits et allonger ses cheveux. Bien qu’il sourit sensiblement beaucoup moins à partir du moment où Hikaru n’apparaît plus sur les clichés, il reste tellement jeune et beau que je dois faire de gros efforts pour ne pas soupirer comme une lycéenne à chaque nouvelle photo. Je suis vraiment – Et c’est moi son mec – irrécupérable. Ca ne m'empêche pas de me régaler de chacun de leurs commentaires et de leurs souvenirs, ravi de découvrir des fragments plus heureux du passé que ce que j'ai appris dans la journée.

Lorsque je sors de ma contemplation à la question que me pose Hisao, ma première bière est bientôt terminée et je vais pour commander la deuxième avant de lui répondre, sortant mon téléphone de ma poche avec un sourire :

« À moins que tu ne meurs d’envie de t’extasier sur les dizaines de photos de mes chats, non. Par contre, ça croustille davantage sur un album photo en ligne de la famille Kelly auquel je peux me connecter, comme ceci, et faire une recherche avec mon prénom, comme cela. Même si je sens que c’est une très mauvaise idée… »

Seules quatre photos ont survécu à la purge qui a suivi mon coming-out. Mon père a jeté toutes les autres, effacé rageusement la moindre trace de mon existence dans la maison où j’ai grandi. Ça ne fait rien, j’aime bien celles qui restent. On m’y voit à quatre ans, blond et bouclé – Si, je te jure que c’est moi ! – les sourcils froncés derrière de grosses lunettes bleues très laides, en train de donner avec toute la concentration du monde des brins de luzerne à un lapin à travers les barreaux de son clapier. À dix ans, souriant fièrement avec mon frère et ma sœur dans la cabane que mon grand-père nous avait construit dans le vieux chêne au fond du champ. À quinze ans avec un pull de Noël hideux, un bébé dans les bras – Comment trouves-tu notre bien-aimé professeur d’arts plastiques sur cette photo ? – les cheveux déjà aux épaules et de l’acné, oh Seigneur. Et la dernière à vingt-sept ans, en train de faire danser la valse à Zoey – C'est ma petite sœur. Je n'ai pas d'épouse cachée en Angleterre, je te le jure – lors de son mariage, revêtu de mon plus beau costume. Après quoi, seuls Karson et les siens subsistent avec moi sur les photos.

Mon petit frère ne me ressemble pas beaucoup. Hormis les yeux, le menton et certaines de nos expressions, nous n’avons que vraiment peu de choses en commun et ce n’est pas nécessairement à mon avantage. J’ai beau lui rendre plus d’une demi-tête, Karson est bâti en force brute. Ses traits sont francs et accusés, ses cheveux sombres, son cou épais, ses mains gigantesques, puissantes sous les cicatrices qui les constellent. Il a le corps d’un homme qui ne compte ses heures ni en semaine lorsqu’il passe ses journées à travailler le bois, ni le week-end dans son équipe de rugby. Et même si je le charrie plus souvent qu’à mon tour sur la panse d’amateur de fish’n chips qui s’est installée confortablement sur ses hanches avec les années, ça ne l’empêche pas de soulever sans effort son frère de 89 kg pour marquer des essais à la plage, dans la neige, une pile de couvertures, un tas de feuilles mortes, une piscine à balles et à peu tous les endroits où il est possible de plaquer un adulte sans trop l’amocher. C’est-à-dire un certains nombres à en croire les photos de toutes les vacances que j’ai passées avec lui et sa famille. Cependant, le cliché maudit est encore à venir. Il arrive sans frapper entre deux fournées de mes neveux qui se cachent dans mes cheveux et je m’étouffe dans ma bière – Oh l’enfoiré – en la voyant :

« Qu’est-ce que– Oh fuck* ! »
*Sapristi !

J’étais parvenu à oublier l’existence de ce truc. C’était sans compter sur cet agent du chaos de Karson – Je vais devoir le tuer – qui l’a remise dans l’album. On peut donc me voir lors de l’anniversaire de notre ami Simon, assis sur la table de la cuisine, les jambes élégamment croisées pour mettre en valeur mes bas en nylon. Oui. Mes bas en nylon. Car je suis costumé en secrétaire, du tailleur aux escarpins – Je suis assis parce que je ne tenais plus debout dessus – en passant par le chignon et le maquillage, en train de mordiller la branche de mes lunettes avec – Seigneur dieu – un sourire canaille. Et à côté de moi, mon frère est à peu près dans le même esprit si ce n’est qu’il est déguisé en Marilyn Monroe. Avec une perruque blonde, du rouge à lèvres et une robe blanche qui peine à contenir tant sa silhouette que sa toison pectorale tandis qu’il souffle un baiser vers le photographe. Evidemment, je m'empourpre des oreilles au cou en moins de cinq secondes. Bien bien bien...

« Je peux tout expliquer. C’était une soirée à thèmes et j’avais au moins un gramme dans le nez. »
 



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Merci à Meyu et Hisao pour les kits, leur temps et leur talent Coeur
Ashton s'exprime en japonais, en anglais et baragouine en français
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Dernière édition par Ashton Kelly le Jeu 18 Fév 2021 - 11:57, édité 1 fois
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Hisao Tenma
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(#) Re: Killing In The Name [+16]  Killing In The Name [+16] EmptyLun 15 Fév 2021 - 23:35

Ashton ne prend absolument pas sa défense. Même pas un peu. Pas qu’Hisao soit surpris cela dit—lui-même se serait jeté sur l’occasion si cette dernière s’était présentée à lui de la sorte. C’est précisément pour cette raison qu’il finit par rendre les armes en se disant que sa bonne volonté paiera sur le long terme. Il ne peut retenir le léger rosissement de ses joues à chaque nouveau commentaire qu’Ashton fait. Du coup de l’œil et même s’il donne l’impression de se concentrer sur la conversation ainsi que sur les photos, il ne peut s’empêcher de guetter les réactions de son compagnon—et la tendresse dans ses yeux ne le laisse pas indifférent. Il finit par perdre le fil de la conversation, s’emmêler les pinceaux ou oublier la fin de sa phrase comme un idiot. Heureusement, Hikaru se garde de surenchérir mais il sait qu’il se fera charrier plus tard, à l’abris du regard d’Ashton et préférablement devant Kana.

La déception passe sur son visage quand son compagnon lui fait savoir qu’il n’a rien de plus que des clichés de ses chats dans son téléphone, avant d’être subitement remplacée par de la surprise. Ses sourcils se haussent, ses lèvres s’entrouvrent et il finit par sourire en entendant ses incertitudes.

« À mon humble avis, c’est une excellente idée. Je suis parfaitement objectif, cela va de soi. »
« J’vois pas pourquoi on serait les seuls à faire tourner les dossiers », ajoute Hikaru avec un sourire malicieux, tout aussi intéressé.

Leur souhait est exaucé en un rien de temps, alors qu’Ashton achève de se connecter à l’album photos en ligne et commence son excursion dans le passé. Et la surprise est de taille. Ah ça c’est t—hein ? T’étais blond ? — Oh putain, moi j’adore les lunettes. Il n’y a que peu de photos qui datent de son enfance, mais elles sont amplement suffisantes pour satisfaire la curiosité d’Hisao et il ne peut définitivement pas s’empêcher de sourire comme un idiot à chaque fois que son doigt glisse sur l’écran pour passer à la photo suivante. Oh non toi aussi tu aimes les pulls de Noël ? Quel fléau… Vous allez bien vous entendre. — Si tu ne sais pas apprécier l’esprit des fêtes, Hikaru, je n’y peux rien. Et puis comment ça notre pr—attends, c’est Kobayashi-san ?! Et le temps passe vite. Très, très vite. T’avais pas dit un verre, toi ? — Oh, ferme-la. Quand leur repas arrive, c’est avec un second verre pour Hikaru tout comme pour Hisao et ces derniers repartent en plonge aussi vite qu’ils en sont arrivés pour être remplacés par la première bouteille de saké qui vient marquer le début de la décadence. Toi aussi, tu danseras la valse avec moi à mon mariage ? — Évidemment. Tu me prends pour qui ? S’il essaye de ne pas pouffer de rire en voyant Ashton se faire malmener par son petit-frère rugbyman, la chose devient impossible lorsqu’Hikaru éclate tout simplement de rire et l’entraîne avec lui.

Et puis vient la photo.

« Oh putain. Non, non, change pas ! J’ai pas eu le temps de voir tous les détails. »

Hisao quant à lui reste complètement bouche-bée devant le cliché et ne peut s’empêcher de doucement glisser sa main sur sa bouche, ne sachant tout simplement pas quoi ajouter. Il prend un instant à détailler la photo lui aussi—son regard revenant sans cesse à l’expression emplie de malice qu’arbore Ashton alors qu’il rentre à la perfection dans son rôle de secrétaire. Et Hisao a besoin de tout le self-control du monde pour ne pas imiter son compagnon et s’empourprer. Heureusement, l’alcool qui commence doucement à monter et la nourriture épicée sont deux excuses suffisantes pour justifier le léger rougissement qui teinte ses joues. Quand il se ressaisit enfin et s’écarte pour regarder Ashton, croisant les bras et se laissant aller contre le dossier de sa chaise avec un sourire amusé aux lèvres.

« En tout cas, c’était très réussi. »
« Fallait tenter l’infirmière. Ça aurait été super raccord, en plus. »

Hisao se retient de plussoyer pour ne pas mettre son compagnon dans l’embarras – plus qu’il ne l’est déjà en tout cas – même s’il ne peut réprimer le souffle du nez qui le prend en entendant ses mots. Enfin—qu’il rigole tant qu’il le peut. Il sait que le fait de se travestir est loin, très, très loin d’être la pire chose qu’il ait fait dans sa propre vie. En réalité, il ne classerait même pas ça dans la liste de ce qu’il regrette. Et à en croire le sourire que lui lance Hikaru, ce dernier vient d’arriver aux mêmes conclusions que lui.

« Je n’aime vraiment pas ce regard. »

À raison. À cet instant, Hikaru se met à catégoriquement ignorer son frère et dévoue toute son attention à son beau-frère.

« Ne m’en veux pas Ash’, mais moi je n’ai pas d’album photos en ligne. Tout est resté en France. Promis par contre, j’oublierai pas de le prendre avec moi la prochaine fois que je viendrais au Japon. En attendant, j’ai bien un truc pour me faire pardonner… »

Si Hisao avait encore des doutes, ces derniers s’envolent lorsqu’il voit son frère sortir son portefeuille. Il sait exactement de quoi il est question et ne peut s’empêcher de lever les yeux au ciel. Toutes les photos accrochées dans son appartement datent d’il y a tout au plus une dizaine d’année. Elles reflètent un Hisao ayant enfin trouvé un peu de paix, qui ne cherche plus à brûler le monde, à jouer les rebelles en boîte de nuit et qui ne se démonte pas la tête pour trouver un sens à sa vie. De ses dix-neuf à ses vingt-cinq ans, il y a un vide. Un trou noir qu’il préfère éluder et oublier—même s’il sait que l’accepter serait la meilleure solution. Et c’est pour cette raison, à la travers le léger brouillard qui commence à s’imposer à cause de l’alcool, qu’il ne réagit pas et n’ordonne pas à Hikaru de ranger ce qu’il s’apprête à sortir.

La photo a jauni avec le temps. C’est un polaroid daté du deux août deux-mille-trois, trop bien cadré pour être vrai. Au premier plan, Hikaru dépasse. Ses cheveux sont encore noirs, son cou, ses mains et le haut de son torse ne sont pas encore tatoués mais il est en bonne voie. C’est lui qui prend la photo et il suffit de voir son visage pour se douter qu’il se retient de faire le signe peace avec sa main libre. Pour compenser, Hisao le fait avec ses deux mains, assis sur une serviette de plage en maillot de bain derrière lui. Il n’est pas encore tatoué, pas aussi musclé qu’aujourd’hui, tire la langue et cette dernière est piercée avec un magnifique bijou en argent. Mais ce n’est que le premier d’une longue série. Il y a le bridge et la narine gauche sur son nez. Il y en a une myriade sur ses oreilles. Il y a les deux tétons. Ses cheveux sont rasés sur les côtés en une magnifique undercut parfaitement entretenue. Kana a trois ans et elle est sur ses genoux, du sable sur le nez et sur la joue alors qu’elle essaye de tirer sa langue pour ressembler à son père.

« Quel punk tu faisais. »
« Seigneur… » il ne peut s’empêcher de cacher son visage. « Je n’ai pas encore assez bu pour qu’on ait cette discussion. »

Et il termine son troisième verre cul-sec.

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désolée ash. je te bisoute quand même.  
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« Je t’assure que plus on regarde, pire c’est ! Je suis maquillé à la truelle en plus, quelle honte… »

Bien sûr, Hikaru n’a que faire de mes protestations et continue de se délecter de cette photo des enfers sans la moindre pitié pour ma crédibilité agonisante. S’il n’y avait que ça encore, ça irait. Après tout, j’ai bien conscience que c’est très drôle vu de l’extérieur. Le problème, c’est qu’Hisao aussi regarde. Il ne fait même que ça, en se couvrant la bouche de stupéfaction et – Oh bon sang, mais pour quoi je vais passer ? – je m’empresse de siphonner la fin de ma bière pour – Karson, la prochaine fois que je dors sous ton toit – me cacher dedans. Malgré toutes les explications rationnelles que je peux avancer et le fait que ça soit un très bon souvenir – Tu vas te retrouver avec du sel dans ton café – je ne peux m’empêcher de craindre qu’il ait honte de moi ou me trouve ridicule. On n’est pas forcément près, au bout d’un mois de relation, à découvrir les jambes musclées de son compagnon gainées dans du nylon et des escarpins. Malgré tout, il semble que je m’inquiète pour rien car ni l’un ni l’autre des deux frères ne se montrent moqueur à mon égard. En fait, j’ai même droit à ce qui ressemble à des compliments, ce qui – Est-ce que… Est-ce que ça lui plairait, à tout hasard ? – n’est jamais totalement une bonne idée avec moi et mon ego. Je me permets de rire à la suggestion d’Hikaru en gobant un morceau de poulet frit :

« Non, j’ai beaucoup trop de respect pour les vraies infirmières… »

Et puis je me connais, j’aurais pourri le truc avec des tas de références médicales tout sauf glamour. Cependant, ça ne m’empêche pas d’être soulagé quand on change de sujet. Surtout que ce qui s’annonce – Oh – éveille immédiatement – Mon intuition de frère aîné s’allume – toute ma curiosité. Après m’avoir promis des albums photos que je savoure d’avance, Hikaru extraie de son portefeuille – Hisao ne proteste pas trop, donc ce n’est sans doute pas si terrible – un vieux polaroid jauni et légèrement écorné dans les coins sur lequel je me penche aussitôt. J’en perds mes lunettes.

« Oh. »

Oui, tout à fait. Oh. Sur tous les clichés d’enfance de mon compagnon qui ont précédé, j’étais fasciné de voir à quel point l’absence de barbe modifiait son visage, rendait ses traits anguleux plus juvéniles et plus coupants à la fois. Vraiment, c’est assez stupéfiant. Et pourtant, c’est peut-être négligeable face à ce que j’ai sous les yeux maintenant. Pas de tatouages, moins de muscles, moins de cheveux – Cette undercut lui va beaucoup trop bien, c’est illégal – une petite Kana adorable qui montre ses dents de lait sur ses genoux et des piercings. Du métal partout sur ses oreilles, l’arête de son nez, sa langue – Oh fuck – et ses tétons – Oh FUCK !!! – Et comme je ne suis qu’un animal très bien coiffé, je prends une profonde inspiration pour tenter de juguler les quelques effets secondaires du train de mon imagination lancé à toute allure. Le seul point positif, c’est que j’aurais du mal à rougir davantage.

« E–et bien… Kana est très mignonne. C’est inattendu comme look, mais ça ne te va pas mal. Ça fait beaucoup de tétons. De piercings. Ça fait beaucoup de piercings, notamment aux– Okay, très bien ! Je n’ai clairement pas assez bu non plus. Puis-je goûter le saké, s’il vous plaît Messieurs ? »

Je me désespère. Pourquoi faut-il toujours que ça m’arrive avec Hisao ? Pourquoi faut-il que ça m’arrive avec Hikaru en plus ? Je me trompe peut-être mais mon intuition me dit – Est-ce vraiment une bonne idée d’enchaîner au saké dans ces conditions ? – qu’il a la mémoire longue et que cette histoire va me poursuivre un moment. Buvant une gorgée de mon verre pour tenter de reprendre contenance, je me racle la gorge et tente de dire quelque chose :

« Tu, euh… Tu ne les as plus ? Enfin non. Non, bien sûr que tu ne les as plus, je le sais. Mais, je veux dire… Ça t’allait bien. »

Un jour, il va sérieusement falloir que j’arrête de perdre mes points de QI sur la plastique parfaite de cet homme.
 



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