Revenir en haut
Aller en bas


Partagez
 

 Killing In The Name

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2
AuteurMessage
Hisao Tenma
■ Age : 21
■ Messages : 1171
■ Inscrit le : 10/07/2020

■ Mes clubs :
Killing In The Name - Page 2 FWWIEvm


Mon personnage
❖ Âge : 36 ans
❖ Chambre n° : C-406
❖ Arrivé(e) en : Avril 2016
Hisao Tenma
« Personnel ; psychologue »
En ligne
(#) Re: Killing In The Name  Killing In The Name - Page 2 EmptyMar 16 Fév 2021 - 23:25

C’est stupide. C’est ridicule. Il n’en veut pas à son frère car ce n’est pas quelque-chose qu’il souhaite cacher à Ashton plus que de raison. Certes, il n’a jamais spécialement fait en sorte que ce dernier soit au courant mais—omettre la vérité n’est pas exactement un mensonge non ? Si. Presque. Quoi qu’il en soit, tout commence à être assez flou pour qu’il n’arrive pas à se prendre la tête à ce sujet plus de quelques secondes. Et puis… d’un côté, ils seront quittes. Hisao n’avait clairement pas prévu de voir son compagnon – atrocement sexy, qui plus est – revêtir un uniforme de secrétaire ce soir. Ashton n’avait très certainement pas prévu de découvrir cet aspect de son passé. Chacun son tour.

Et encore… Hisao sait très bien que cette photo n’est rien de plus que la porte vers tout le reste. Il y aura des choses qui seront dures à avouer, difficiles à confesser… et d’autres qui seront inoffensive, ne feront rien de plus que les faire rougir et rire tout au plus. Même s’il espère que ce premier pas fasse plutôt partie de la seconde catégorie, il ne peut s’empêcher de garder à l’œil la réaction de son compagnon. Il a peur d’être jugé. Il a peur de ne plus être vu de la même manière. De ne plus être pris au sérieux. Qu’Ashton pense qu’il ne le prend pas au sérieux. Pourquoi ? Ce n’est rien de plus que son apparence et ça fait partie de son passé. Néanmoins, tapie sous le brouillard de l’alcool, l’angoisse subsiste.

Mais elle s’envole sitôt qu’Ashton pose ses yeux sur la photo et s’enflamme. Tant pis s’il finit par être déçu en se rendant compte qu’il s’est trompé, que c’était de l’embarras et du dégoût plutôt qu’autre chose. Il est à la fois convaincu que ce n’est pas le cas et déstabilisé par la possibilité de faire erreur. Mais ça ne suffit pas, ça ne l’atteint pas assez pour l’empêcher d’arborer ce sourire dévastateur qui rappellera probablement une soirée d’Août à son compagnon. Sourire qui ne tremble même pas d’un millimètre lorsqu’Ashton reprend la parole, visiblement ébranlé par ce qu’il vient de voir. Il reprend un air parfaitement composé chaque fois qu’Hikaru tourne sa tête vers lui—mais ça ne dure jamais longtemps.

« Évidemment ! Personne n’aura soif à cette table ce soir », lui répond-il en servant son verre.

Hisao en profite pour reprendre une gorgée de son côté, secouant doucement sa tête lorsqu’il repose ce dernier pour répondre à la question de son compagnon.

« J’ai seulement gardé le bridge quand j’ai arrêté les conneries et que j’ai repris les études. Et puis j’ai fini par l’enlever. C’est pour ça que j’en ai encore la marque », piercing qu’il avait probablement remarqué sur les quelques photos dans sa chambre par ailleurs. « Et… merci. Tout pareil avec les bas en nylon », ajoute-t-il avec un naturel déconcertant.
« Oh putain, prenez-vous une chambre. »
« Désolé. »

C’est l’alcool. Il sent la culpabilité doucement lui brûler la langue, mais elle n’est pas assez forte pour repousser l’élan de fierté qui repose en lui. Je le jure, c’est l’alcool. Enfin, il espère qu’Ashton ne lui en voudra pas trop quand même. Et puis de toute façon… Hikaru est particulièrement bon pour noyer le poisson. C’est même un maître dans le domaine, et c’est précisément pour cette raison qu’Hisao ne se fait pas de souci pour la suite de la soirée. Ou presque.

« Bref. Il t’a sûrement déjà dit que si je l’en avais pas empêché il se serait aussi fait piercer la b— »
« Hikaru ! »

- - -

« Donc il est cinq heures du matin. J’entends des talons dans le couloir. C’pas normal, parce que j’ai pas de voisin à mon étage et j’ai jamais entendu aucune de mes voisines porter des talons. Donc je commence à me lever du lit, je me casse dans la cuisine pour aller chercher le plus gros couteau de cuisine possible parce qu’on n’est pas tous ceinture noire d’Aïkido à cette table… et je me cache derrière le meuble de l’entrée. Moi j’me lève à midi quand j’travaille pas, tu vois alors à cinq heures… faut pas me demander de réfléchir. Donc à aucun moment j’me dis qu’il est louche ce cambrioleur à essayer de rentrer chez moi avec des talons à cinq heures du matin alors que tout l’immeuble dort et qu’on m’entendrait crier… Surtout qu’il avait l’air de galérer à crocheter la serrure. Bref la porte s’ouvre, mon cœur bat super vite et je suis en train de me taper la peur de ma vie en caleçon accroupi sur le carrelage… Sauf que. Y a pas de cambrioleur. Y a juste Hisao, maquillé comme un camion volé, une jupe trop serrée et trop courte, des bras résille et un manteau à fourrure sur les épaules. J’sais même pas s’il avait un haut en-dessous. Mais surtout, il avait des escarpins. »
« J’étais complètement défoncé et je marchais plus droit que jamais. J’étais une putain de reine… »
« Ouais, ouais, c’est ça. Rendors-toi », il ne faut pas le lui dire deux fois. Hisao recroise ses bras sur le comptoir du bar et y replonge la tête pour murmurer quelque-chose d’incompréhensible. « Eh franchement, j’ai rien contre les drags. Vraiment. J’trouve même ça super cool, mais j’étais sur le cul. »
« J’étais pas une drag ! J’trainais juste avec elles… parfois… et j’ai essayé. Mais qu’une fois », ses mots sont à moitié étouffés dans la manche de sa veste, mais parlés suffisamment fort pour être audibles.
« Et les talons ? »
« Ouais bah c’était pour leur faire plaisir quand j’y retournais. Mais j’étais pas une drag. »

Il a abusé. Il en avait besoin, certes… mais il commence à regretter. Déjà parce qu’Ashton et Hikaru sont loin d’être aussi séchés qu’il l’est, mais surtout parce que trop de choses ont été échangées ce soir et il n’est pas sûr qu’il assumera le lendemain. En réalité, il n’est même pas sûr qu’il se souviendra de l’intégralité de la soirée. Quand il relève la tête au bout d’un certain temps, sans même avoir pris la peine d’écouter ce qui se disait d’autre—c’est pour regarder Ashton avec un large sourire.

« Alors madame la secrétaire, on est impressionnée ? Oh mon Dieu—t'as encore les escarpins de la photo ? Oh faut que j'te vois en talons... faut vraiment que je te vois en talons... » Il est bien trop amusé par la situation. Bien plus qu’il le devrait. Mais tout forme de gêne s’est envolée il y a bien longtemps. « Merde. Mon verre est vide. »

---------------------------------

Hisao s'exprime en #3d7355. || Discord : Medryan#0203.
Killing In The Name - Page 2 L7sy
désolée ash. je te bisoute quand même.  
Revenir en haut Aller en bas
Ashton Kelly
■ Age : 46
■ Messages : 580
■ Inscrit le : 12/07/2020

■ Mes clubs :
Killing In The Name - Page 2 GI8PZzx


Mon personnage
❖ Âge : 42 ans
❖ Chambre n° : Appart. A-402
❖ Arrivé(e) en : Avril 2016
Ashton Kelly
« Personnel ; médecin »
(#) Re: Killing In The Name  Killing In The Name - Page 2 EmptyJeu 18 Fév 2021 - 9:41


 

Killing in the Name
You won't have to follow me, only you can set you free

Killing In The Name - Page 2 Eee6
« CHHHHHHHHHHT !!! Merci beaucoup mais tais-toi, bon sang ! »

Il va de soi que je regrette dans la seconde de le houspiller de la sorte mais – Quelle idée de mentionner un truc pareil à voix haute – ça ne m’empêche ni de jeter un regard nerveux autour de moi pour m’assurer que personne n’a rien entendu, ni d’être à moitié hilare en le faisant. Ce n’est pas que j’ai véritablement honte de cette photo – Si, un peu – mais tant qu’à faire, si seuls Hisao et son frère peuvent être au courant dans cette pièce au sujet des bas en nylon – Je les ai filés au bout d’une heure à peine – je m’en porterais tout aussi bien. Je suis déjà bien assez ridicule à ne pas pouvoir soutenir la vue de son sourire ravageur qui me ramène beaucoup trop loin en arrière – Le songe d’une putain de nuit d’été – pour mon propre bien. Heureusement pour moi, Hikaru dévie avec art la conversation – Hein ? Attends, comment ça ? – vers des sommets – Il a failli se piercer où ? – inespérés…

~ ~ ~

« Une putain de reine… »

Je répète les mots distinctement les mots, caressant d’une main distraite le haut du dos d’Hisao qui est retourné s’étouffer dans la manche de sa veste – Là, là – tout en écoutant Hikaru, fasciné. Pour être exact, je suis complètement estomaqué. La scène qu’il dépeint sous mes yeux est tellement irréaliste qu’elle ne peut pas être autre chose que véridique mais, bon sang, par quelle sorcellerie est-ce possible ? Qui est cet Hisao du passé qui ne porte qu’une jupe trop courte et des bas résilles – Bon dieu, des bas résilles – sous son manteau de fourrure ? Où est-il parti aujourd’hui, sans même vaciller sur ses escarpins ? Tant de questions, si peu de réponses… Je lui frotte doucement la tête – Pas en public ? Quel public ? Il est une heure du matin – tout en rassurant Hikaru sur son ouverture d’esprit :

« Je ne juge pas. Je suis sur le cul aussi. Mais la prochaine fois que ça t’arrive, tu devrais plutôt prendre une poêle à frire. En visant bien, tu peux faire tout aussi mal et tu as moins de chances de te retrouver avec un homicide involontaire sur les bras. Qu’est-ce qui s’est passé ensuite ? »
« Hisao m'aurait aidé à cacher le corps. Imagine le mec a la tête dure ?! Mais bref... Franchement, j'suis resté comme un con dans le couloir pendant facile trente secondes à pas savoir quoi dire. Alors que pour lui tout était normal, il est parti se démaquiller et se pieuter comme si de rien n'était. On n'en a discuté que le lendemain, parce que j'étais trop pété pour essayer de comprendre quoi que ce soit. »
« Je vois, je vois… »


En fait non, pas vraiment, mais ça ne m’empêche pas – Comment ça, cacher le corps ? – de hocher placidement la tête. Je crois que je suis passé au-delà du stade de l’incrédulité et que je me contente simplement d’accepter – Vous êtes du genre à cacher les corps, vous ? – tout ce qui se présente. Sans compter qu’il y a tout de même quelque chose de très drôle à imaginer mon Hisao si discret et réservé à cette période plus – Et puis comment t’aurait-il aidé à cacher quoi que ce soit, complètement défoncé sur ses talons aiguilles ? – haute en couleurs de son existence. Au moins, il a profité de sa jeunesse. Je parviens à cette conclusion en pouffant alors que nous continuons les anecdotes du passé, bien que je n’ai rien – J’ai fait une soirée d’intégration de médecine et ça m’a définitivement convaincu qu’aucun être humain sain d’esprit ne devait poser le pied dans ce genre d’événements – d’aussi savoureux à raconter. Et finalement, c’est Hisao lui-même qui met fin à la soirée avec un timing remarquable car même si j’ai encore à peu près toutes mes facultés, je commençais pour ma part à fatiguer. Je pouffe donc de rire à ses paroles – J’avais oublié qu’il était comme ça quand il est bourré – et réponds sur le même ton ou presque :

« Je suis très impressionnée, votre Majesté. Mais si vous n’y voyez pas d’inconvénients, votre verre vide va le rester parce qu’il est tard et vous êtes déjà bien imbibé. Je vais vous raccompagner à votre chambre. »

Ça vaudra mieux pour tout le monde – Ai-je savamment ignoré sa question concernant les talons ? Moi ? – surtout pour moi qui ait tout de même l’intention – Allons bon – de me lever demain matin pour profiter de ce spa qui m’a tapé dans l’œil dès la réservation. Après avoir dûment payé nos consommations, et que j’ai offert sa bière à Hikaru car je suis un homme de parole – Ton très cher frère t’expliquera dès qu’il aura décuvé, ça sera bien plus drôle – je décolle donc Hisao du comptoir et nous quittons le bar. Les couloirs sont quasiment déserts à cette heure et je soupire à l’idée de devoir guider mon homme vers l’ascenseur pour rejoindre notre étage. Tâche ardue s’il en est car ce dernier est loin d’être une putain de reine aujourd’hui et si je n’avais pas la carrure que j’ai, le manœuvrer dans les couloirs serait une véritable torture.

« Hikaru, puis-je compter sur un éventuel coup de main ou c’est à moi de l’escorter pour le meilleur et le pire ? »

Sait-on jamais.
 



---------------------------------

Merci à Meyu et Hisao pour les kits, leur temps et leur talent Coeur
Ashton s'exprime en japonais, en anglais et baragouine en français
Killing In The Name - Page 2 Ash%20Signature
Killing In The Name - Page 2 LB2X9os
Revenir en haut Aller en bas
Hisao Tenma
■ Age : 21
■ Messages : 1171
■ Inscrit le : 10/07/2020

■ Mes clubs :
Killing In The Name - Page 2 FWWIEvm


Mon personnage
❖ Âge : 36 ans
❖ Chambre n° : C-406
❖ Arrivé(e) en : Avril 2016
Hisao Tenma
« Personnel ; psychologue »
En ligne
(#) Re: Killing In The Name  Killing In The Name - Page 2 EmptyJeu 18 Fév 2021 - 23:24

Le monde est en train de tourner. Pour l’instant, pas de nausées en vue et son estomac semble être assez bien accroché. Mais le monde autour de lui est un brouillard où les sons se confondent aux images—il a cessé de se concentrer sur la conversation derrière lui depuis un moment déjà et ses yeux se ferment doucement. Pas pour dormir—plutôt pour regarder les jolies figures de couleurs qui se forment sur le noir de ses paupières. Quel est le sens de la vie ? Où est-il ? Ça n’a aucune importance. Aujourd’hui, il ne s’est rien passé. Pas de signature, pas de Nanako, pas de mauvais souvenirs, pas de pétage de plombs. Ashton était là ? Ashton était là. Son frère aussi. Son frère avec qui il s’est réconcilié et qui lui a tellement manqué. Une voix familière lui répond à sa droite mais il n’entend pas—il a oublié la question qu’il a posé de toute manière. Il se redresse légèrement, rouvre les yeux et croise le regard de son frère. Avant de s’affaler en avant pour le prendre dans ses bras.

« Euh— »
« Me refais plus jamais ça gros con. »
« Hm… Oh— » la réalisation lui arrache un rire nerveux alors qu’il regarde son beau-frère avec tout l’embarras du monde dans les yeux. « Euh, ouais… promis. Seulement si tu écoutes ton mec et que tu vas te coucher. Au fait, j’ai envoyé un message à Kana à ta place vu que tu as oublié de la prévenir. »
« Ah ? Oh p— » le sujet de sa fille le ramène presque aussitôt à un semblant de lucidité et son regard se fait à peine moins vitreux. « Je vais lui envoyer un message tout de suite, je suis le pire père de l’existence, quel idiot— »
« Non, elle doit dormir. Tu t’excuseras demain. »
« D’accord… » lui répond-il docilement, hochant doucement la tête alors qu’il est encore dans les vapes pour finalement regarder Ashton. « On y va, du coup ? Ah— ! Pardon, c’est—c’est ce que tu m’as dit… euh… »

Il se sent stupide. Mais l’impression ne dure pas, parce que son attention finit par être absorbée par autre-chose. Les bijoux d’Ashton qui tintent entre eux à chaque léger mouvement qu’il fait, les mèches rebelles qui sortent du chignon négligé. Il se demande quand est-ce qu’il s’est attaché les cheveux ? Il ne s’en souvient pas—ou en tout cas, il n’y a pas fait attention. Oh, qu’est-ce qu’il est beau comme ça. Les joues très légèrement rosie par la chaleur et l’alcool, l’air plus détendu et les épaules lâches. Il ne sait pas combien de temps est-ce qu’il passe à le regarder comme un idiot, un sourire niais sur le visage alors qu’il se perd dans ses yeux océan qui ne le regardent même pas et se concentrent plutôt sur Hikaru pour lui dire quelque-chose qu’il peine à comprendre. La main de son frère posée sur son épaule le ramène à la raison et d’une manière ou d’une autre, ils arrivent à quitter le bar. Hisao ne titube pas—ou presque, mais puisqu’Ashton lui offre bien volontiers son bras et son épaule… il fait peut-être exprès d’en faire un peu trop pour en profiter. Peut-être.

« Hélas, non. Je vais aller fumer et appeler la femme de ma vie parce que l’heure me le permet pour une fois et que je ne l’ai pas fait depuis un moment. Mais je te souhaite bien du courage », Hisao plisse les yeux en entendant la voix de son frère et celle d’Ashton, essayant de comprendre le sens de leurs phrases. « À demain, reposez-vous bien. Et merci pour la bière. »
« Hey—parlez pas de moi comme si j’étais pas là », répond-il avec un train de retard quand c’est enfin monté au cerveau. « Bonne nuit… »

Et aussitôt dit, aussitôt fait. Hikaru disparait dans le coin fumeur de l’hôtel pour les laisser tous deux dans le hall complètement vide. Lui non plus n’a pas parlé à Anaïs depuis un moment, mais il préfère attendre qu’Hikaru retourne en France pour avoir l’occasion de le faire. Alors plutôt que de poser davantage de questions au sujet de son frère, il revient à bien plus intéressant. L’homme qui l’aide à ne pas se viander. Et plus que ça, bien plus que ça. Quand il pose ses yeux sur lui, il y a bien des choses qui lui passent par la tête—le complimenter, l’embrasser, lui proposer d’aller dans les toilettes parce que la chambre est trop loin.

À la place, il se contente de lui sourire et de bouger frénétiquement ses sourcils en un geste évocateur.

« Il semblerait qu’il n’y ait plus que nous deux », j’aurais tout le loisir de me sentir con demain matin, pense-t-il avec détachement. « Vous venez souvent ici ? »

Tout ça pour finir par rire nerveusement et briser le personnage—quoi que ce soit qu’il ait essayé de faire—dans lequel il était entré. C’est au même moment que l’ascenseur apparaît au bout du hall, devant eux. L’idée seule de rentrer là-dedans le fait blêmir.

« Euh je—on peut—prendre les escaliers ? Si je me retrouve encore coincé dans un ascenseur, j’y survivrai pas cette fois-ci… » Plutôt mourir.

Il repense à Watanabe-san. Il repense à la veille. Il repense à tout le mal que cette histoire leur a fait. Il se demande le temps d’un instant s’il a mal lui aussi—s’il a souffert au même titre qu’eux. Il se l’est interdit. Lui n’a pas vu son amour se faire dérober. Lui n’a pas vu un étudiant qu’il appréciait devoir s’arracher à son amitié. Il ne s’est pas laissé souffrir. Il n’en avait pas le droit. Pourtant—il ne peut s’empêcher d’avoir un pincement au cœur, chaque fois qu’il se coupe sur l’autre côté de la lame de l’empathie. Chaque fois qu’il essaye de porter un peu du chagrin des autres comme si ça pouvait alléger leur peine.

Il ne fait pas vraiment gaffe à s’il y a quelqu’un derrière lui ou non lorsqu’il rouvre la bouche. C’est juste ce qu’il a sur le cœur dans l’immédiat alors que la brume de l’alcool lui ôte paradoxalement tout filtre.

« Je t’aime », il le regarde du coin de l’œil. « Je peux t’embrasser ? »

Certes l’endroit parait vide. Certes, le hall de l’escalier est à deux pas. Mais la question se bouscule à ses lèvres avant même qu’il ne puisse y réfléchir à deux fois. Il n’a pas besoin de lui poser la question d’ordinaire—c’est un accord tacite qu’on se fait quand on décide d’être en couple. Pourtant—il a l’impression d’avoir besoin de lui demander la permission, là. C’est sûrement l’alcool, c’est sûrement l’émotion. Il ne saurait pas vraiment dire.

Le truc, c’est que son cerveau devient mono-tâche sous l’emprise des délices du saké. Quand il parle, il est incapable de regarder ses pieds et il y a un pli dans la moquette. Pli contre lequel son pied bute et qui l’entraîne vers l’avant.

---------------------------------

Hisao s'exprime en #3d7355. || Discord : Medryan#0203.
Killing In The Name - Page 2 L7sy
désolée ash. je te bisoute quand même.  
Revenir en haut Aller en bas
Ashton Kelly
■ Age : 46
■ Messages : 580
■ Inscrit le : 12/07/2020

■ Mes clubs :
Killing In The Name - Page 2 GI8PZzx


Mon personnage
❖ Âge : 42 ans
❖ Chambre n° : Appart. A-402
❖ Arrivé(e) en : Avril 2016
Ashton Kelly
« Personnel ; médecin »
(#) Re: Killing In The Name  Killing In The Name - Page 2 EmptyVen 19 Fév 2021 - 16:02


 

Killing in the Name
You won't have to follow me, only you can set you free

Killing In The Name - Page 2 Eee6
Comme je le pressentais à demi, Hikaru nous abandonne pour des raisons parfaitement légitimes – Moi aussi j’ai bien envie d’une cigarette – et je me retrouve seul dans le hall de l’hôtel avec – Mais j’ai un peu peur que l’homme de ma vie ne tienne pas debout sans moi – Hisao qui vacille doucement à mon bras, non sans un certain charme. Je ne peux pas m’empêcher de pouffer en voyant ses sourcils danser la gigue au-dessus de son sourire de séducteur.

« Non, je ne suis que de passage. C’est ma seule nuit en ces lieux… »

Et aussi la seule chose que je peux dire avant que nous nous mettions à rire tous les deux en continuant d’avancer dans le couloir – Quel âge a-t-on, vraiment – en direction des ascenseurs. Et j’aurais du y penser avant mais évidemment que nous ne prendrons pas les ascenseurs. Il est trop tôt, beaucoup trop tôt et la légère pâleur d’Hisao me le dit bien assez.

« Pas de soucis ! Après tout, trois étages ce n’est pas grand-chose… »

Dis-je en plaisantant pour le détendre. Comment lui en vouloir, en même temps ? L’expérience désastreuse qu’il a vécue hier – Je me demande si Shiro va mieux – est arrivée au pire moment possible, alors qu’il était déjà bien assez stressé par ce qui nous attendait aujourd’hui et même si une partie de mon esprit – Ce n’est ni le lieu ni le moment – rechigne à la pensée de se taper tous ces escaliers, je modifie notre cap – Mais j’espère vraiment qu’il va bien – sans même me plaindre. Et c’est alors que je suis fort occupé à être un compagnon exemplaire qu’il me prend de court, une fois de plus, de toutes les façons possibles.

C’est tout juste si j’ai le temps de lui rendre son regard. Dieu sait pourtant à quel point j’aurais voulu le faire, me perdre dans ses yeux, si vitreux soient-ils à cause de tout ce qu’il a bu, tandis qu’il demande à m’embrasser avec une pudeur et une tendresse inattendues dans de telles conditions. J’aurais voulu lui lancer un coup d’œil surpris, puis de me détourner en souriant pour dissimuler le trouble enchanteur qui colore mes joues sous l’effet – Qu’est-ce qui te prend, tout d’un coup ? – de cette inhabituelle démonstration d’affection. J’aurais voulu pouvoir lui répondre, me montrer sage, lui dire – Dans la chambre. On sera plus tranquilles – de patienter un peu jusqu’à ce que nous soyons définitivement à l’abri des regards. J’aurais voulu avoir quelques étages pour m’imaginer ce baiser, m’en délecter par avance et le recevoir avec ravissement une fois à l’abri derrière la porte close. Ben tiens.

Pas plus qu’Hisao je n’ai vu – Oh shit ! – le pli dans la moquette. Par chance, je suis un peu plus alerte que cet après-midi – Un peu plus concerné aussi – et j’arrive à rattraper Hisao bien plus efficacement que sa mère, sans même lui faire mal. Je pourrais être fier de moi si cela ne signifiait pas que je me retrouve soudain tout contre lui, les bras et les mains emplis par la chaleur de son corps, son visage à moins de dix centimètres du mien. Mon souffle trébuche dans ma gorge, mes mots s’évanouissent, mon sourire glisse sur mes lèvres. Il ne s’est écoulé que quelques heures depuis la dernière fois que je l’ai étreint d’aussi près, et pourtant j’ai soudain l’impression qu’une éternité nous sépare déjà de ce moment. Peut-être est-ce parce que je me souviens aussi de tout ce qui s’est passé dans la journée – Vous ne leur apportez rien de bon – de tout ce que nous avons subi alors que nous faisions front contre elle – Vous ne serez jamais rien de plus qu’un fantasme qui finira par s’évaporer un jour ou l’autre – et qu’elle nous mettait tous à nu. De la façon dont il m’a défendu – Mais tu es resté – dont il a voulu de moi auprès de lui, de tout ce qu’il m’a offert – Merci – encore et encore, hier et aujourd’hui. Je reprends conscience de tout cela une fois de plus alors que je peux voir mieux que personne – Je t’aime – la courbure de ses cils, les panaches de cheveux blancs sur ses tempes, l’angle racé de ses pommettes et, Seigneur, l’ourlet de sa bouche si près de la mienne. Un flash de chaleur remonte dans mon ventre et palpite le long de mes bras, remplissant mon corps de braises familières. Je m’étais dit que nous attendrions la chambre. Je ne suis déjà plus capable de me rappeler pourquoi.

« Oui. Tu peux. »

Ma voix me semble rauque et nouée. L’impatience, sans doute. Le besoin urgent de m’assurer que je ne suis pas un fantasme qui finira par passer.
 



---------------------------------

Merci à Meyu et Hisao pour les kits, leur temps et leur talent Coeur
Ashton s'exprime en japonais, en anglais et baragouine en français
Killing In The Name - Page 2 Ash%20Signature
Killing In The Name - Page 2 LB2X9os
Revenir en haut Aller en bas
Hisao Tenma
■ Age : 21
■ Messages : 1171
■ Inscrit le : 10/07/2020

■ Mes clubs :
Killing In The Name - Page 2 FWWIEvm


Mon personnage
❖ Âge : 36 ans
❖ Chambre n° : C-406
❖ Arrivé(e) en : Avril 2016
Hisao Tenma
« Personnel ; psychologue »
En ligne
(#) Re: Killing In The Name  Killing In The Name - Page 2 EmptySam 20 Fév 2021 - 23:39

Évidemment, Ashton saisit la perche dès lors qu’elle apparaît dans son champ de vision. Ça n’a rien de surprenant et Hisao s’y attendait—mais il ne peut s’empêcher de sentir la tendresse lui réchauffer la poitrine en le voyant le suivre dans ses bêtises alors même qu’il le sait bien plus sobre que lui. Le monde continue de tourner mais tout va bien. Il a Ashton pour l’empêcher de tomber.

Quand bien même il pourrait marcher de lui-même. Cela voudrait dire devoir se dégager de ses bras et fuir sa proximité. Deux choses qui ne lui sont absolument pas concevables dans l’immédiat tant il a besoin de savourer la chaleur de l’homme qu’il aime contre lui. Une chaleur qui n’a pas encore migré. Une chaleur diffuse qui enveloppe son cœur, sa poitrine et bientôt son visage entier lorsque sa question s’échappe de ses lèvres sans qu’il ne s’en rende compte. Ashton lui-même semble décontenancé en l’entendant et lui non plus n’a pas le temps d’intégrer l’information.

Hisao n’a aucun mal à s’imaginer ce qui s’apprête à suivre. La façon dont il ne va plus faire qu’un avec le sol, entraînant Ashton avec lui par la même occasion et—si les cieux sont mal lunés, sans mauvais jeu de mot—il se demande lequel des deux sera celui qui se blessera. Tout ceci, c’était sans compter sur le fait qu’Ashton remplit sans aucun mal ses fonctions de « Meilleur compagnon de l’univers » tel que le décrit l’esprit embrumé d’Hisao. Tout comme le ferait le sobre également, se doute-t-il. Ce n’est pas sans difficulté qu’il le rattrape, mais il le fait. C’est amplement suffisant pour l’injecter d’un flash de lucidité, lui faisant ouvrir subitement les yeux en grand. Et puis d’un coup d’un seul, il y a tout devant lui. Tout ce qui compte dans l’instant présent. Tout ce qui comptait hier et comptera demain. Un bleu qu’il aime bien trop fort pour sa propre survie. Les courbes cassées, anguleuses et harmonieuses de son visage. L’odeur de sa peau étouffée par ses vêtements qui semble soudainement occuper tout l’air respirable.

Il y a trois mots qui lui sont arrachés avec une douceur qu’il se plaît à redécouvrir, dans la brisure de sa voix qu’il veut entendre et réentendre jusqu’à ce qu’il tombe de fatigue. C’est l’alcool qui parle à sa place. Il le sait. C’est cette réalisation qui l’empêche, dans un instant de clarté, de l’embrasser sans se soucier de qui pourrait les surprendre. Ce bon réflexe arrive à lui sauver quelques secondes seulement, mais durant lesquelles il passe un bras autour de sa taille pour l’attirer plus près de lui alors que sa main libre vient se plaquer contre le bouton de l’ascenseur. Ce qu’il avait bien pu dire à ce sujet est déjà oublié, acculé derrière le besoin pressant qui prend feu dans tout son corps. Dieu merci, ce dernier était déjà là et les portes s’ouvrent aussitôt qu’elles sont appelées à le faire. Dès l’instant où les environs sont scannés—personne à l’intérieur, pas de bruits de pas derrière eux provenant de potentiels retardataires—il ne perd pas une minute pour s’engouffrer à l’intérieur de la cabine et appuyer commander le troisième étage.

Les portes ne sont même pas tout à fait fermées lorsqu’il capture ses lèvres dans le sens le plus littéral du terme qui soit et lui dévore la bouche avec une avidité qu’il ne se soupçonnait pas. L’une de ses mains trouve sa nuque, tandis que l’autre se réfugie désespérément dans le creux de son dos. Que ce soit dans le léger tremblements de ses doigts contre la peau chaude de son cou ou dans la façon dont sa langue caresse la sienne avec une envie aussi douce qu’elle est prédatrice—il n’y a rien chez Hisao qui ne transpire pas l’envie à cet instant. Une envie exacerbée, ravageuse que l’alcool lui permet—avec un soupçon de honte—d’exprimer à pleins poumons comme si demain n’existait pas.

Demain existe, et le monde n’a pas cessé d’être lui non plus.

Trois étages. Même pour ces trois pauvres étages, il était plutôt confiant de sa part de s’imaginer que personne ne pourrait les déranger. À une heure si tardive, alors que les couloirs demeuraient si vides… C’était un pari, mais c’était aussi une erreur. Il s’en rend subitement compte lorsqu’il entendit le « ding » synthétique sonner derrière lui… avant l’heure.

Son sang ne fait qu’un tour et il est pris d’une véritable décharge électrique lorsqu’il s’écarte d’Ashton. Un homme d’une cinquantaine d’année rentre dans l’ascenseur, les yeux scotchés à son téléphone. Il n’a peut-être rien remarqué—ce qui le dote d’une très mauvaise vue si tel est le cas—mais Hisao ne se fait pas d’illusions. S’il n’a pas vu son virement furtif, il n’aura aucun mal à remarquer son visage enflammé, son aisance absolument inexistante ou même—

Dès l’instant où la pensée le traverse, Hisao s’appuie contre la paroi de la cabine derrière lui et vient croiser une jambe devant l’autre, se donnant un air détaché mais essayant surtout de faire naître quelques plis sur son pantalon pour cacher ce qui ne doit surtout pas être vu. Et il a l’impression que les secondes se dilatent en minutes tant l’ambiance est pesante. C'est un enfer et ses nerfs vont finir par le lâcher s'il continue. C'est précisément pour cette raison qu'il fixe son regard sur tout ce que cette cabine peut lui offrir... sauf sur Ashton.

---------------------------------

Hisao s'exprime en #3d7355. || Discord : Medryan#0203.
Killing In The Name - Page 2 L7sy
désolée ash. je te bisoute quand même.  
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
« »
(#) Re: Killing In The Name  Killing In The Name - Page 2 Empty

Revenir en haut Aller en bas
 
Killing In The Name
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Kobe High School :: Kobe ; les alentours :: En dehors de la ville-
Sauter vers: