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 Le temps passe mais jamais je ne t'oublie [Ft. Ayame]

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Gareth N. Kobayashi
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Gareth N. Kobayashi
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(#) Le temps passe mais jamais je ne t'oublie [Ft. Ayame]  Le temps passe mais jamais je ne t'oublie [Ft. Ayame] EmptyDim 10 Jan 2021 - 23:58




♫ Le temps passe ♫
Jeudi 10 novembre 2016 - 10h45

Je venais de terminer mon cours aux première année universitaire. Les avoir en face de moi me ramenait parfois en arrière, lors de mon entrée à la faculté. Je me revoyais à leur place, le lycée était terminé, place à la cours des grands, où on se perdait, se cherchait toujours un peu plus, se trompait de filière après en avoir miroité durant des mois. Ce dernier problème j’y avais par chance échappé, ce ne fut pas le cas de tous mes camarades.

Si ma dernière semaine avait été quelque peu mitigée, ce qui était un progrès compte tenue de son début - merci Ogawa-san pour la sortie -, celle-ci c’était très bien déroulée et je m’étais remis sur mes pieds. Mardi, Hanae m’avait appelé pour me prévenir que suite à un petit souci, elle devrait rester trois jours de plus pour sa mission humanitaire. Compréhensif je n’avais fais que lui souhaiter bon courage. Bien sûr j’étais déçu de ne pas la voir à la date prévue, mais nous faisions tous les deux des concessions. Je marchais tranquillement en direction de la sortie du bâtiment, comptant me rendre à la bibliothèque en attendant l’heure du déjeuner, quand mon téléphone sonna. C’était Hanae.

« Allo, ça va ma puce ? »

Nous discutions tranquillement et je ralenti pour ne pas arriver trop vite devant la bibliothèque. Tout allait bien jusqu’à ce que son ton devienne moins enjoué.

« Hmm Gareth, je dois te dire quelque chose, ça ne va pas te plaire... »

« Qu’est-ce qu’il y a ? » L’inquiétude me refroidit d’un coup. La dernière fois qu’elle m’avait dit quelque chose qui ne m’avait pas plu, elle m’avait tout bonnement quitté.

« En fait... Il y a plus de travail que prévu, ils ont demandé à envoyer d’autres agents pour nous remplacer mais aussi, si certains d’entre nous voulaient bien rester, deux semaines de plus... Et... J’ai accepté, s’il te plais ne t’énerve pas. »

C’était une blague ? Je croyais qu’on s’était mis d’accord sur des missions courtes au moins le temps que Chiaki grandisse un peu. Elle me prenait pour un con, n’avait aucune parole et ne m’avait même pas appelé avant d’accepter pour en discuter.

« Tu te fous de moi ? Bien sûr tu me le dis après avoir accepter, aucune discussion possible, j’ai qu’à dire d’accord chérie là ? Au moins je raccroche vite comme ça. »

« Non, ne raccroche pas ! Je ne veux pas qu’on se dispute... C’est juste, j’ai pas réfléchi j’ai vu qu’ils avaient besoin alors je- »

« Alors t’as sauté à leur secours ! Parce que t’as pas du tout un  fils qui a besoin de toi ! On s’était mit d’accord, et tu n’as même pas le respect de m’en parler avant de prendre ta décision. La prochaine fois ce sera pour un mois supplémentaire ? Et je suis censé te faire confiance ?! »

Le ton montait et je ne fis même pas attention au fait que l’on pourrait m’entendre.

« Mais qu’est-ce que tu laisses aux enfants de militaires hein... »

« Attends quoi, tu vas me sortir la carte militaire ? La différence est que ces couples se mettent d’accord, tout d’abord entre toi et moi il n’était pas prévu que tu repartes jouer les héroïnes, mais t’as décidé comme une grande que valait mieux me larguer sans même qu’on en parle. Maintenant je te donne une chance et tu recommences à faire les choses dans mon dos. »

« Je suis désolée, je ne pensais pas à mal... Pardon je n’aurais pas dû... »

« Tu ne penses jamais à mal de toute manière... Mais tu sais il y a une chose que je pourrais faire dans ton dos moi aussi. » Mon air s’assombrit alors que ma voix s’abaissait.

« Quoi... Allez voir ailleurs...? » Sa voix tremblait, je sentais qu’elle pleurait.

« Oh non je ne m’abaisserais pas à ça. Mais puisque Chiaki t’importes si peu, je pourrais faire en sorte que tu ne le vois plus jamais, comme ça tu cesseras de faire des va et viens dans sa vie comme dans un moulin et il pourra grandir de façon stable ! »

« Tu ne ferais pas ça... » Hanae était choquée que je puisse aller jusque-là, mais j’en étais parfaitement capable sitôt ma confiance envolée.

« Je vais me gêner, je ferais n’importe quoi pour son bien, contrairement à toi. J’ai plus rien à dire, de toute façon tu as du travail qui t’attends. » J’étais acerbe mais je m’en fichais complètement.

« Gare- ! »

Mais trop tard, je lui raccrochais au nez et me retint de balancer mon téléphone au loin. Je vis un banc à quelques pas et m’y laissai tomber en soupirant, le visage fermé. Comment pouvait-elle me faire ça après tout ce temps à se retrouver, tenter de se comprendre, de faire en sorte que tout aille mieux. Mes parents devaient finalement avoir raison, Hanae ne pensait qu'à elle... Moi aussi j'avais d'autres projets dans ma vie avant tout ça, moi aussi j'aimerais pouvoir céder à mes envies...

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(#) Re: Le temps passe mais jamais je ne t'oublie [Ft. Ayame]  Le temps passe mais jamais je ne t'oublie [Ft. Ayame] EmptyMer 20 Jan 2021 - 12:20

Le temps passe mais jamais je ne t'oublie

Samedi 1er août 2015

« Hasegawa-san, je vous en prie, ouvrez ! Laissez-moi les voir ! »

Cria-t-il en continuant de frapper sur la porte, espérant attirer l’attention des habitants de la maison. En vain. Il savait qu’ils étaient là, les voitures étaient garées dans l’allée et il avait vu le rideau bouger plusieurs fois. Pourtant, personne ne vint lui ouvrir, l’ignorant et le laissant sur le pas de la porte comme un animal errant ne méritant pas qu’on s’intéresse à lui.

« S’il vous plait, ouvrez-moi ! Je veux voir ma fille ! Aoi ! Tu ne peux pas m’en empêcher ! »

Pourtant, c’était bien ce qu’elle était en train de faire. Cela faisait quatre jours qu’elle était partie avec Hatsumi de chez eux et qu’elle refusait de le voir. Quatre jours qu’il appelait son portable et le domicile de ses beaux-parents, sans réponse de personne. C’était la deuxième qu’il venait directement pour frapper à la porte, suppliant d’avoir une seconde chance, qu’on lui pardonne et de voir sa fille. Alors qu’Ayame s’apprêtait à frapper encore une fois, la porte s’ouvrit enfin et il recula pour laisser son beau-père sortir. Le cœur battant, il le regarda, une lueur d’espoir dans le regard.

« Hasegawa-san, je- »
« Partez. »
« Mais- »
« Un homme sans honneur comme vous n’a rien à faire ici. Aoi et Hatsumi n’ont pas besoin que vous gâchiez davantage leur vie. Allez-vous-en et ne revenez pas. La prochaine fois, j’appelle la police. Est-ce bien clair ? »


Le coup fut difficile à recevoir. Ayame en eut le souffle coupé tandis que le regard de son beau-père était sans appel. Il n’était plus le bienvenu ici. Il voulut protester encore une fois, le supplier, mais il sut que c’était inutile. Les larmes aux yeux, il hocha simplement la tête et recula avant de quitter l’allée. Quand il se retourna, son beau-père était rentré et, à l’étage, il vit un rideau bouger tandis qu’une silhouette s’éloignait. Le cœur serré, il s’en alla.


Jeudi 10 novembre 2016

Il n’avait pas prévu d’écouter la conversation. Ayame était simplement en train de traverser le parc pour se rendre au bâtiment principal quand il avait aperçu Kobayashi-san. S’il avait d’abord hésité, il avait ensuite souhaité aller le saluer, mais en voyant qu’il était au téléphone, il s’était arrêté avant de le déranger. Cela ne l’avait pas empêché d’entendre une partie de la conversation qu’il avait avec son interlocutrice. La curiosité l’avait poussé à écouter avec attention, notamment quand il se rendit compte que cela parlait d’un enfant. Cela lui permit de comprendre la teneur de la dispute et Ayame se crispa à la menace proférée par son collègue. Adossé à un arbre, il sentit son propre cœur se serrer en pensant à Hatsumi qui grandissait loin de lui, sans qu’il ne puisse même voir une photo d’elle.

Le silence revint rapidement quand la conversation tourna court et il jeta un coup d’œil pour voir le professeur se laisser tomber sur un banc, complètement abattu. Avisant un distributeur de boissons un peu plus loin, Ayame alla prendre deux sodas et revint vers le banc où son collègue se trouvait toujours.

« Kobayashi-san ? Tenez. »

Il lui tendit l’une des canettes.

« Je suis désolé, je n’ai pas pu m’empêcher d’entendre votre conversation. Tout va bien ? »

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Gareth N. Kobayashi
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(#) Re: Le temps passe mais jamais je ne t'oublie [Ft. Ayame]  Le temps passe mais jamais je ne t'oublie [Ft. Ayame] EmptyJeu 21 Jan 2021 - 19:22




♫ Le temps passe mais jamais je ne t'oublie ♫
Est-ce que je pourrais réellement finir par lui faire ça ? J’étais tellement à bout que je répondrais oui sans hésiter. En temps normal jamais je n’y aurais pensé, ça me semblait même inconcevable. Mais que Hanae ne soit pas fichu de tenir une parole plus de deux semaines avait fait volée en éclat cette valeur. Elle ne me laisserait pas le choix si elle continuait, car je ne supporterais pas plus longtemps qu’elle se permette de vivre sa vie librement alors que l’étau se resserrait de plus en plus autour de moi. Quel choix j’avais eu moi hein ? Aucun, elle ne s’en était même pas soucié, elle s’était juste barré ! Pourquoi, pourquoi je devrais me faire du mal à la voir plusieurs fois par semaine pour qu’elle puisse voir son fils si elle n’en avait rien à faire ?

J’avais l’impression qu’elle se fichait de ce que je ressentais, des doutes qui me dévoraient. Non, tant que madame vivait son rêve, au diable ce que moi je pouvais éprouver ! Profiteuse et égoïste, c’était tout ce qu’elle était, un comble pour une agente humanitaire. Peut-être que mes parents avaient raison, peut-être je devais cesser de me raccrocher à une vie que nous n’aurions plus. Mon père m’avait rétorqué qu’à coudre du vieux, on perd son fil. Je ne sais pas d’où il a tiré cette expression, mais elle semblait devenir réalité...

La roue pourrait tourner en ma faveur un peu, non ? J’avais aussi le droit de prendre une décision sans prendre en compte son avis ! Pourquoi je m’en soucierai... J’allais continuer encore un moment à bougonner, mais la voix de Kûga-san me fit sursauter. Je louchais sur la canette devant mes yeux pendant une seconde avant de l’attraper mollement.

« Kûga-san... Merci... »

Je fronçais les sourcils en apprenant qu’il avait entendu ma conversation avec Hanae, il ne manquait plus que ça... Pourquoi est-ce qu’il était gentil avec moi alors qu’il pourrait continuer sa journée comme si de rien n’était... Je ne comprenais définitivement pas qu’on puisse le traiter de bizarre ou de fantôme... Qu’est-ce qu’il devait penser de moi après avoir entendu tout ça...

« C’est ma faute, je n’aurais pas du parler fort, désolé de vous déranger, vous n’êtes pas obligé de... Enfin vous avez sûrement mieux à faire que prévenir les prochaines valises sous mes yeux... »

Parce que j’étais certain de ne pas parvenir à dormir ce soir, la colère reviendrait gratter à ma porte...

« Je ne suis qu’un imbécile de toute façon... »

De croire à notre histoire, de ne pas écouter les conseils, de sortir des choses aussi ignobles que je ne regrette même pas... J’ouvris la canette dans un soupire et laissa le soda me piquer la gorge. Je n'aimais pas les boissons gazeuses et grimaçais mais si ça pouvait avoir un effet quelconque sur mon humeur... Je ne voulais pas paraître impoli.

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(#) Re: Le temps passe mais jamais je ne t'oublie [Ft. Ayame]  Le temps passe mais jamais je ne t'oublie [Ft. Ayame] EmptyDim 31 Jan 2021 - 19:55

Le temps passe mais jamais je ne t'oublie

Ayame afficha un petit air contrit quand son collègue sursauta en l’entendant. Il n’avait pas voulu lui faire peur après tout. Il attendit qu’il prenne la cannette et ouvrit la sienne pour en boire une petite gorgée. Kobayashi-san n’avait vraiment pas l’air dans son assiette, ce qui n’était pas étonnant après la conversation qu’il venait de surprendre. Il s’excusa de l’avoir dérangé et le concierge secoua doucement la main devant lui pour signifier que ce n’était absolument rien. Il aurait pu partir, le laisser là, assis sur son banc, mais quelque chose le poussait à rester sur place. Des mots qu’il avait entendus et qui ne lui plaisaient pas. Des mots douloureux qui lui rappelaient sa situation délicate. Il resta silencieux quelques secondes avant de répondre.

« Je suis sûr que vous vous sous-estimez. Vous permettez ? »

Dit-il en montrant le banc à côté de lui avant de s’installer dès que son vis-à-vis lui en donna l’autorisation. Ayame passa doucement ses doigts sur les lettres en relief sur sa cannette, cherchant comment amorcer la discussion sans que cela paraisse trop intrusif.

« Les relations conjugales sont loin d’être faciles, n’est-ce pas ? »

L’ironie était perceptible dans sa voix et il reprit une gorgée de sa boisson. Le visage d’Aoi vint flotter devant lui pendant un instant, tandis qu’il repensait à ses propres années de mariage et la catastrophe qu’avait été la fin.

« Je sais que ça ne me regarde pas, qu'on ne se connaît pas vraiment et que vous n'avez pas beaucoup de raisons de m'accorder votre confiance mais... Avez-vous besoin d'en parler ? »

Il sourit en disant cela, essayant de paraître le plus amical possible pour tenter de le détendre et de l’aider à se confier. Ayame ignorait les détails de son histoire avec la mère de son fils, mais il ne doutait pas que cela lui ferait du bien d’en parler. Lui-même avait effectué un grand pas le jour où il était parvenu à mettre des mots sur sa douleur.

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Gareth N. Kobayashi
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(#) Re: Le temps passe mais jamais je ne t'oublie [Ft. Ayame]  Le temps passe mais jamais je ne t'oublie [Ft. Ayame] EmptyMar 9 Fév 2021 - 18:23




♫ Le temps passe mais jamais je ne t'oublie ♫
J’aurais aimé pouvoir être de l’avis de Kûga-san, mais rien n’y faisait. Quand est-ce les choses étaient devenues si compliquées, que j’avais le sentiment de faire chaque pas dans un épais brouillard ? Il m’avait aspiré un d’un coup et maintenant, me collait à la peau. J’avais beau courir pour m’en dépêtrer, il revenait toujours... J’aimerais revenir plusieurs mois en arrière. Je hochai là tête et mon collègue s’assit près de moi. J’aurai pu lui dire que ça passerai, insister un peu plus pour qu’il me laisse seul, mais au fond je n’en avais pas vraiment envie. Ma colère s’était dissipée pour laisser place à un vide et à une pointe de remord, que je m’obstinais à refouler. Je n’avais pas à en avoir, c’était sa faute et à personne d’autre !

Aux paroles de Kûga-san j’entrouvris la bouche mais aucun son ne sortit. Il y avait comme de l’ironie dans sa voix. Réflexion faite, je ne connaissais rien de sa vie, ni s’il était ou avait été en couple, ni s’il avait des enfants. J’acquiesçais une nouvelle fois de la tête, il savait sûrement de quoi il parlait... Soudain c’est la honte qui s’empara de moi, je peinais à mettre des mots dessus mais, c’était comme s’il avait vu ce que je tentais désespérément de cacher depuis plusieurs mois. Cette douleur sourde toujours en moi et nourris par mes doutes qui ne tarissaient jamais. Je n’aurais jamais dû accepter...

En parler... Mais pour dire quoi... Même si je me sentais suffoquer, même si le sourire de Kûga-san était une perche tendue qui ne me demanderait pas beaucoup d’effort à saisir, que pouvais-je bien lui dire ? Et surtout, à quoi ça servirait... A part me faire plus mal encore. Les mots font trop mal et puis peut-être qu’il me trouvera ridicule de m’en faire pour si peu, si peu, est-ce que ça l’était. Je n’en savais plus rien ! Est-ce que c’était moi, l’injuste dans l’histoire ? Plongé dans toutes ces pensées, j’en oubliai presque de lui répondre.

« Pardon, je... Je n’en sais rien... »

La dernière fois que j’en avais parlé c’était avec mes parents et ensuite Irumi. Les deux conversations avaient été très tendues. Je doutais d’avoir envie de remettre ça, d’étaler ma vie à mon collègue que, même s’il faisait preuve d’une incroyable gentillesse, je connaissais à peine. Ou bien j’avais simplement peur qu’il ne me juge pour ce que j’avais dis. C’était un vrai fléau au Japon, ces enlèvements d’enfants. Il avait peut-être juste peur que je le fasse vraiment... Je lâchais un bruyant soupire et tournais légèrement la tête vers lui.

« J’apprécie vraiment que vous vouliez m’aider mais... A vrai dire je ne saurais même pas par où commencer... Je ne sais plus si je fais ce qu’il faut ou pas... J’ai juste envie que ça s’arrête... »

Qu’elle me quitte de nouveau si c’est pour vivre avec cette crainte constante que tout chavire encore. C’était peut-être ce qu’elle se disait à présent de l’autre bout du pays. Je pouvais entendre mon téléphone vibrer dans le sac sur mes genoux, mais refusait de le prendre.

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(#) Re: Le temps passe mais jamais je ne t'oublie [Ft. Ayame]  Le temps passe mais jamais je ne t'oublie [Ft. Ayame] EmptyDim 14 Fév 2021 - 20:13

Le temps passe mais jamais je ne t'oublie

Au fond de lui, Ayame ressentait des sentiments divers après avoir entendu la conversation de son collègue. Sentiments qui grandirent un peu en entendant sa voix légèrement trembler et ses soupirs perdus. De la colère évidemment face à cette menace lancée au téléphone, à cette femme qu’il ne connaissait pas. Se voir retirer la garde de son enfant ou simplement le droit de visite, c’était quelque chose qu’il ne pouvait pas supporter, et peu importe qu’il apprécie Kobayashi-san, cela ne donnait pas le droit à ce dernier de proférer de tels mots. Mais il n’y avait pas que de la colère. Un mélange de curiosité aussi, afin de savoir ce qui avait pu le pousser à prononcer tout cela, même s’il en avait une très brève idée après ce qu’il avait pu entendre. Mais surtout, il ressentit quelque chose qui pouvait ressembler à de la culpabilité et de la tristesse.

Les disputes de couples avaient tendance à le renvoyer dans ses propres souvenirs, quand il devait faire face aux remontrances d’Aoi, quand il avait tenté de lui faire entendre raison… De fait, sa culpabilité était toujours bien ancrée après tout le mal qu’il avait fait à son épouse. Quant à la tristesse, il lui suffisait de regarder le visage abattu de son collègue pour se sentir empathique. Ayame prit une gorgée de son soda en regardant devant lui, perdu pendant quelques secondes dans ses pensées.

« C’est difficile de savoir si ce que l’on fait est juste ou non. »

Lui-même s’était souvent posé la question quand il trompait sa femme. Il savait parfaitement que c’était mal, mais cela lui apportait une telle sérénité qu’il ne parvenait pas à y voir que du mauvais.

« Si je puis me permettre… Encore une fois, je sais bien que ça ne me regarde pas, mais… »

Il hésita un petit instant, regardant la cannette entre ses mains, avant de reprendre d’une voix teintée d’une légère peine.

« Vous ne devriez pas faire ce genre de menaces. J’ai bien conscience que le bien d’un enfant passe avant tout dans une famille, mais l’arracher à l’un de ses parents, c’est… »

Il chercha ses mots, faisant tourner la cannette entre ses mains, puis releva la tête pour croiser le regard de son collègue.

« Je pense que c’est quelque chose d’inhumain. »

Le mot choisi était dur, il en avait conscience. Mais la douleur qu’il ressentait après le départ d’Aoi et d’Hatsumi le valait bien.

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(#) Re: Le temps passe mais jamais je ne t'oublie [Ft. Ayame]  Le temps passe mais jamais je ne t'oublie [Ft. Ayame] EmptyLun 15 Fév 2021 - 17:42




♫ Le temps passe mais jamais je ne t'oublie ♫
Je me sentais mal, cette boule qui se formait dans mon estomac ne faisait que grandir, m’érafler de l’intérieur. Ce n’était pas cette pauvre canette de soda qui allait alléger le goût amer que j’avais au fond de la gorge. Et pourtant, je continuais à m’y accrocher, à boire chaque gorgée comme si l’une d’elle pourrait finir par faire taire cette rancœur qui me collait à la peau.

Les avant-bras reposant sur mes cuisses, je ne retenais même plus ma tête qui pendait au-dessus du récipient. J’avais fini par poser le sac à mes côtés, je ne supportais plus de sentir les vibrations témoignant de tous les pauvres regrets sans fonds de Hanae. Toujours la même rengaine, toujours les mêmes excuses, mais toujours les mêmes déceptions. J’en avais assez de tourner en rond, assez que ma vie se résume à me poser inlassablement les mêmes questions, je m’en oubliais moi-même dans ce torrent. Est-ce qu’elle va revenir, est-ce que Chiaki va bien, est-ce qu’elle va rester maintenant qu’elle est revenu, est-ce que Chiaki va toujours bien... Et moi dans l’histoire, merde.

La voix de Kûga-san me sortis de mes pensées, j’étais très curieux d’avoir son avis sur le peu qu’il savait. Même si je le craignais en réalité. Je ne présentais pas un tableau très reluisant à l’heure actuelle... Sa première phrase ne m’étonna pas et je lâchais un discret soupire. C’est... ? Kûga-san , ne se rendis pas compte d’à quel point il venait de me faire mal en me disant cela... Moi je serais inhumain, de penser à mettre ma menace à exécution... D’un coup je crois que c’est toute ma rage accumulée depuis trop longtemps qui bouillonne et menace de se déverser, mais je ne dois pas laisser faire. Pas sur lui, qui ne m’a rien fait, qui dans le fond a raison. Seulement j’atteins tout simplement ma limite. C’était dur, alors je serrai la canette dans ma main et comme je n’en avais pas bu grand chose, elle débordait sur ma main.

« Vous avez raison... C’est inhumain... »

Ma voix était basse, tant j’essayais de ne pas me laisser emporter, de ne pas lui crier que j’avais selon moi toutes les raisons d’y penser ! Je parvenais à contrôler ma voix pour qu’elle reste coincer dans ma gorge mais le flot de paroles je ne pouvais plus.

« C’est inhumain mais qu’est-ce qui l’est plus Kûga-san ? Sept mois, en sept mois elle l’a vu vingt jours, pour un bébé ça ne représente que dalle ! Est-ce que c’est moi qui l’arracherai à sa mère ou est-ce que ce n’est pas elle qui s’en charge toute seule ?! Qu’est-ce que ça changerai pour elle de toute manière ? C’est pas inhumain d’abandonner son gosse comme on abandonne un chien au bord de la route parce qu’on ne veut plus s’en occuper ? Parce que c’est trop de contraintes ?! »

La canette quitta violemment ma main pour s’écraser au sol et déverser ce qui en restait. Ma respiration était plus forte, malgré mes efforts mes nerfs avaient fini par céder. Jamais je n’aurais cru qu’un seul mot aurait pu me mettre dans cet état... Probablement parce que je craignais qu’il ne se concrétise et se grave dans ma peau, y reste collé comme le sucre le long de ma paume et mon poignet.

« Pardon... Je... »

Tentais-je d’une vois tremblante mais rien de plus ne sortit. Je recouvris mon visage de ma main propre, n’osant plus le regarder.

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(#) Re: Le temps passe mais jamais je ne t'oublie [Ft. Ayame]  Le temps passe mais jamais je ne t'oublie [Ft. Ayame] EmptySam 20 Fév 2021 - 14:04

Le temps passe mais jamais je ne t'oublie

Cela faisait plus d’un an qu’il devait vivre avec la douleur du départ de sa femme et de sa fille. Plus d’un an qu’il n’avait aucune nouvelle de cette dernière parce que la première refusait qu’il ait le moindre contact avec elle. Les lois japonaises étaient dures, protégeaient les mères plutôt que les pères. Ayame aurait aimé lancer des démarches mais il savait que ça ne serait que se battre contre le vent. Les enlèvements d’enfants étaient trop courants pour qu’il parvienne à la récupérer. Surtout quand, à côté, il ne se sentait pas légitime d’élever sa propre enfant. Il était fautif. Il avait détruit sa famille et, même s’il en voulait à Aoi d’être partie, il s’en voulait davantage. Il s’était promis de reprendre sa vie en main jusqu’à être capable de se lancer dans le combat. Il reverrait Hatsumi, il le savait.

La voix de son collègue était basse et il eut l’impression d’y entendre une pointe de colère. Cela ne l’étonnerait guère car ce qu’il venait de dire était dur à entendre. Lui-même en avait conscience. Puis le jeune homme commença à parler, expliquant les raisons qui l’avaient poussé à dire une telle chose et Ayame l’écouta silencieusement. La mère de son fils était absente, et il comprenait pourquoi il ressentait une telle colère envers elle. La cannette atterrit sur le sol, se déversant après avoir fait de même sur sa main et le concierge resta silencieux un instant.

« Ne vous excusez pas. Votre colère est légitime. »

Il regarda le soda se faire absorber par la terre avant de se lever pour ramasser la cannette et la jeter dans la poubelle non loin. Déformation professionnelle ou juste la nature japonaise, il détestait voir des saletés sur le sol. Il l’avait fait davantage par réflexe que par jugement envers son collègue. Il sortit un mouchoir de sa poche et le lui tendit pour qu’il puisse s’essuyer la main.

« Ce qui touche à nos enfants est toujours plus difficile que le reste. Mais… Je me demande ce qui est le plus dur entre savoir qu’un parent est trop occupé pour voir son enfant ou qu’il soit totalement effacé de la vie de ce dernier sans en avoir le choix. »

Ayame s’était réinstallé sur le banc en parlant, le regard perdu dans le vague. Il n’avait pas spécialement conscience que ses paroles pouvaient être trop louches pour être anodines. Dès qu’il repensait à sa fille, la douleur revenait, pernicieuse et il ne contrôlait plus vraiment ses émotions. Le temps avait beau passer aussi sûrement que la cire d’une bougie fondait, la souffrance était toujours.

« Je ne suis pas un expert, loin de là, mais je pense qu’un enfant doit se faire ses propres avis sur ses parents, à travers les souvenirs qu’il peut en avoir. Enfin… Je ne sais pas trop, la parentalité est toujours un sujet compliqué. Être un bon parent et faire les choix qui nous paraissent les plus justes, encore plus. »

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Gareth N. Kobayashi
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(#) Re: Le temps passe mais jamais je ne t'oublie [Ft. Ayame]  Le temps passe mais jamais je ne t'oublie [Ft. Ayame] EmptyMer 24 Fév 2021 - 22:18




♫ Le temps passe mais jamais je ne t'oublie ♫
Je n’aurais pas dû m’énerver comme cela, mais ses mots avaient vraiment touché au mauvais endroit. Parce que j’avais cette crainte de faire des erreurs, des erreurs pour lesquelles mon propre fils pourrait m’en vouloir plus tard. Celle-ci serait... Certainement la pire et la plus impardonnable, mais j’étais épuisé par la situation. Je regardais l’air désolé Kûga-san se lever pour ramasser la canette, et en plus j’étais ingrat...

« Je suis désolé, je vous rembourserais... » Murmurais-je.

C’était la moindre des choses, au moins le soda ne resterait pas trop sur le sol. Même si mon collègue m’assurait que ma colère était justifiée, c’était comme si le fleuve déchaîné dans mes veines avait retrouvé son lit. J’inspirais profondément et le remerciai pour le mouchoir. Ma main collait, je pris un peu d’eau dans mon sac tout en l’écoutant attentivement.

Je le regardais un instant, ses mots... C’était comme si je pouvais y sentir la souffrance d’un homme qui savait parfaitement de quoi il parlait. Est-ce qu’il... Mon regard se perdit à mon tour sur le parc devant nous. J’avais beau comprendre son point de vue et savoir qu’il avait raison, je ne pouvais m’empêcher de ne pas y adhérer complètement. Une part de moi ne peut pas l’accepter. Mais parce que ses paroles pourraient peut-être m’apporter une lumière dans ce brouillard, je ne l’interrompis pas. Kûga-san était un homme plein de sagesse, mais en avais-je assez pour qu’il ne change ma façon de voir les choses. Sa dernière phrase fit disparaître le doute, il avait dit « qui nous paraissent »... Alors lui aussi était père...

« Je sais dans le fonds que vous avez raison... Mais... Décider d’avoir un enfant c’est un engagement, c’est accepter que notre vie change, qu’on devra consacrer une partie de notre vie à lui. On ne peut pas décider après coup, une fois qu’il est là que finalement non ce n’est pas ce qu’on veut et puis tout laisser derrière...! C’est trop simple... Je n’ai pas eu le choix de me retrouver seul avec mon fils sous le bras, elle m’a balancé à la figure que c’était trop pour elle et j’ai dû faire avec, je n’ai rien eu à dire ! Malgré ça je lui donne une chance et... Et elle me fait ça... »

Voilà ce qui me faisait le plus mal. Hanae m’aimait, aimait Chiaki et pourtant, pourtant elle avait fait son choix... Je commençais à me dire qu’elle ne m’aimait pas aussi fort que moi. Quelle autre raison il pouvait y avoir ?! Je ne parvenais pas à comprendre, c’était au-dessus de mes forces.

« Si jamais elle venait à me quitter de nouveau, je ne crois pas que je pourrais supporter de l’avoir encore dans ma vie. Pour être un bon parent il faut déjà aller bien soi-même, et ça me semble impossible de voir quotidiennement celle que j’aime et qui dit m’aimer, ne pas vouloir de nous. »

Deux semaines, elle n’a pas su tenir deux semaines ! A quoi bon...

« Kûga-san... Vous avez l’air, de savoir un peu de quoi vous parlez... Vous avez des enfants ? Est-ce que, vous connaissez cette situation ? »

Il pourrait la subir lui autant qu’un membre de sa famille après tout...  

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(#) Re: Le temps passe mais jamais je ne t'oublie [Ft. Ayame]  Le temps passe mais jamais je ne t'oublie [Ft. Ayame] EmptyDim 21 Mar 2021 - 0:44

Le temps passe mais jamais je ne t'oublie

Il avait balayé l’air devant lui quand Kobayashi-san avait mentionné l’envie de le rembourser pour la cannette. Ce n’était pas important, il l’avait juste ramassé pour ne pas la voir traîner sur le sol. Assis sur le banc, Ayame écouta son collègue expliquer ce qu’il avait sur le cœur, ce qu’il avait vécu avec la mère de son fils et la façon dont il souffrait de cet abandon. Il se demanda si Aoi ressentait toutes ces choses elle aussi. Même si c’était elle qui était partie, est-ce qu’elle avait l’impression d’avoir été abandonnée en plus d’avoir été trahie par son mari ? Les mains du concierge se resserrèrent autour de sa cannette. Voilà qu’il recommençait à avoir de la compassion pour elle quand bien même elle l’avait fait souffrir. Mais il lui avait fait du mal également et il ne parvenait pas à ressentir autant de haine qu’il aimerait envers elle. La culpabilité qu’il ressentait réduisait la haine qu’il éprouvait.

Il but une gorgée de son soda, comme si cela pouvait faire passer le sentiment d’amertume qui venait d’immiscer en lui. A chaque fois qu’il se remettait à penser à tout cela, il se retrouvait perdu, ne parvenait pas à savoir ce qu’il devait ressentir, ce qui était cohérent ou pas. Il voulait réussir à comprendre Aoi mais il ne parvenait pas à lui pardonner son départ, ou la descente aux enfers dans laquelle elle l’avait jeté. Ayame voulut rebondir sur les paroles du jeune homme à ses côtés mais la question de ce dernier lui coupa l’herbe sous le pied et il tourna la tête vers lui pour croiser son regard. Pendant un instant, il ne répondit rien, reportant son attention sur les branches de l’arbre face à lui. Il lui fallut plusieurs secondes, si ce n’est minutes, pour parvenir à trouver la réponse à donner.

« J’ai une petite fille oui. De cinq ans et demi. »

Il baissa les yeux sur la cannette qu’il faisait tourner entre ses mains.

« Mais cela fait plus d’un an que je ne l’ai pas vue. Sa mère… m’en empêche. »

Son cœur se serra de nouveau à cette pensée. A cette réalité qui était la sienne, lui, le père abandonné, victime de l’enlèvement de son propre enfant. A une époque, quand il entendait parler de ce genre d’histoires, il était persuadé que cela ne pourrait jamais lui arriver. Quel naïf il avait été. Un sourire sans joie au coin des lèvres, Ayame releva les yeux vers Kobayashi-san.

« Vous avez raison sur un point : pour être un bon parent, il faut d’abord pouvoir être bien dans sa tête et dans sa vie. Malgré tout, je pense qu’il faut aussi savoir faire face à la douleur pour le bien de son enfant. Même si je vous l’accorde, c’est plus facile à dire qu’à faire. »

Ajouta-t-il avec une petite grimace mêlant un sourire contrit.

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(#) Re: Le temps passe mais jamais je ne t'oublie [Ft. Ayame]  Le temps passe mais jamais je ne t'oublie [Ft. Ayame] EmptyMer 24 Mar 2021 - 21:19




♫ Le temps passe mais jamais je ne t'oublie ♫
Les minutes qui s’écoulent avant que Kûga-san ne me réponde le font déjà à sa place. J’attends patiemment, près à lui dire qu’il n’est pas obligé d’en parler si c’est trop difficile pour lui. Mais Jute au moment où j’allais prononcer ces mots, la réponse traverse ses lèvres. Il a donc une petite fille...

Je tournai vivement la tête vers lui en apprenant qu’il ne l’avait pas vu depuis plus d’un an. L’information me fit un drôle d’effet, celui d’une douche froide. Comme si voir la douleur qu’il tentait de cacher se peindre sur son visage venait de me faire réaliser, à quel point ça devait être horrible à vivre. Pire que tout, pire que ce que je vivais moi-même actuellement. Je n’imaginais pas, qu’on me retire Chiaki et que je ne puisse plus jamais le voir... Je ferais des pieds et des mains pour le récupérer.

« Je suis désolé Kûga-san... Ça doit être vraiment difficile... »

J’ai tellement honte de moi tout d’un coup, ça ne me ressemble tellement pas de faire ce genre de menaces. Pourtant je n’ai pas la langue dans ma poche mais, chercher volontairement à faire du mal... Ce n’était pas moi... Kûga-san poursuit et je l’écoute attentivement, tout compte fait, ce n’était peut-être pas juste le fruit du hasard que je le croise aujourd’hui. Savoir faire face à la douleur pour le bien de son enfant... Est-ce que j’en étais capable ? Est-ce que je pourrais le devenir ?

« Vous avez raison... Même si j’ai peur de ne pas avoir les épaules assez solides pour, c’est bien ce qui m’inquiète... Mais il le faudra bien, n’est-ce-pas ? J’ai vraiment été égoïste de lui dire ça... Je m’imagine tellement qu’elle s’en fiche de ne pas le voir que, je me suis dis que ça ne changerai sûrement rien pour elle de toute manière. C’était odieux... »

Je passai mes mains dans mes cheveux en soufflant bruyamment. Elle devait être dévastée à l’idée que je mette ma menace à exécution, parce qu’elle me connaissait et savait que lorsque je disais que j’allais faire quelque chose, je ne revenais que rarement en arrière.

« Je... Je devrais peut-être l’appeler tout de suite pour la rassurer et m’excuser, elle doit paniquer... »

Je pris mon téléphone dans mon sac pour voir la flopée de messages écrits et vocaux qu’Hanae m’avait laissé. Elle y disait qu’elle était désolée, qu’elle ne me referait plus le coup, me suppliait de lui répondre. J’appuyai dans le coin de mon écran pour l’appeler et ma compagne répondit presqu’aussitôt.

« Gareth ! Je suis désolée, je ne voulais pas que tu le prennes comme ça ! Mais tu peux pas... »

« Non Hanae... C’est moi, j’aurais jamais dû dire ça, pardon... Je ne te ferais jamais ça... J’ai juste... J’ai besoin que tu tiennes tes paroles... »

« J’aurai dû t’en parler... Mais tu m’as fais peur Gareth... Ne me fait plus jamais ça... »

Sa voix tremble, elle a dû beaucoup pleurer et ça me serre le cœur. Je regrettai d’autant plus mes mots. Je lui proposai qu’on en reparle ce soir plus posément, ce qu’elle accepta. L’appel terminé, je soufflai un coup et me tournai vers Kûga-san.

« Je dois vous remercier pour m’avoir ouvert les yeux Kûga-san... Vous avez toujours raison sur ce point : c’est inhumain, une menace pareille... Est-ce que... Est-ce que vous avez droit à des photos de votre fille au moins ou lui parler au téléphone... ? Je péterai les plombs si ça m’arrivait... »

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(#) Re: Le temps passe mais jamais je ne t'oublie [Ft. Ayame]  Le temps passe mais jamais je ne t'oublie [Ft. Ayame] EmptyDim 11 Avr 2021 - 16:43

Le temps passe mais jamais je ne t'oublie

Difficile était un bien faible mot, mais Ayame ne reprit pas son collègue sur sa formulation. Ce n’était pas difficile, c’était l’épreuve la plus insurmontable qu’il ait vécu dans sa vie, c’était la sensation de vivre avec si peu d’oxygène que fermer la bouche pourrait le tuer. C’était marcher au ralenti, vivre en demi-teinte et survivre au jour le jour en espérant qu’il pourra revenir dans la vie de sa fille à un moment ou un autre. Kobayashi-san reprit la parole, expliquant ses craintes de ne pas avoir les épaules pour parvenir à surmonter sa propre douleur pour le bien de son fils. Il ne connaissait pas la femme de son collègue, mais il pouvait imaginer qu’elle ne sache pas comment gérer le fait d’avoir un enfant avec le fait d’aimer son travail également. Ayame sourit et hocha la tête quand il annonça qu’il devait rappeler sa femme pour s’excuser.

Tout en faisant tourner sa cannette entre ses mains, le concierge se fit discret sur son côté du banc le temps de l’appel du jeune homme à ses côtés. Il se serait bien éclipsé pour lui laisser de l’intimité mais il ne se sentait pas de partir comme ça non plus. De l’autre côté du téléphone, il put entendre une voix féminine paniquée. Les excuses de la part de Kobayashi-san se firent rapides et Ayame se sentit de trop. Alors il se leva le temps d’aller jeter sa cannette vide dans la poubelle, prenant son temps avant de revenir s’installer dès qu’il vit son collègue terminer son appel. Il se rassit au moment où ce dernier lui posait une question difficile à attendre.

Un sourire sans joie étira ses lèvres et il haussa lentement les épaules.

« Non. Je n’ai eu aucune nouvelle d’elle depuis leur départ. »

Les mots sortirent tout seuls, mais Ayame ne les arrêta pas. Parler de tout cela avait quelque chose de libérateur, notamment avec un homme comme Kobayashi-san qui pouvait parvenir à comprendre en partie ce qu’il ressentait, en tant que père.

« Ma femme a ses… raisons de m’en vouloir. Même si une part de moi me souffle que je devrais lui en vouloir de m’avoir enlevé ma fille, je n’y arrive pas. Parce que je suis fautif dans notre histoire et que si j’étais à sa place, je ne suis pas sûr que j’accepterai de me confier ma propre fille. »

Il afficha un air gêné. Ses aveux étaient difficiles et il ne doutait pas que son collègue pourrait se faire des idées. Mieux valait cela que la vérité.

« Mais je ne perds pas espoir. Venir sur ce campus est un moyen pour moi de reprendre ma vie en main. Alors j’essaie d’y croire. »


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(#) Re: Le temps passe mais jamais je ne t'oublie [Ft. Ayame]  Le temps passe mais jamais je ne t'oublie [Ft. Ayame] EmptyDim 11 Avr 2021 - 17:30




♫ Le temps passe mais jamais je ne t'oublie ♫
Kûga-san revint s’asseoir près de moi après avoir jeté sa canette. J’écarquille les yeux lorsqu’il m’avoue n’avoir absolument aucune nouvelle de sa vie depuis que sa femme est partie. Je me rends d’autant plus compte de la souffrance que cela représente. Même s’il tente de sourire, ses yeux portent toute la douleur du monde.

« C’est horrible... » Je murmure.

Mon collègue reprend et j’avoue ne plus savoir quoi penser. Je ne connaissais en effet pas grand chose, pour ne pas dire quasiment rien, de Kûga-san. Face à moi, j’ai le sentiment d’avoir un homme à l’écoute et serviable, mais que savais-je réellement de lui. Il n’empêche... Qu’a-t-il bien pu faire pour provoquer le départ de sa femme... Bon, l’infidélité me venait à l’esprit en tête de liste, c’est un peu la raison qui vient souvent sur le devant de la scène. Je ne peux cependant pas faire de déduction dans le vent comme ça.

Les paroles qui me font relever brusquement la tête dans sa direction sont les dernières. Il ne se sentait pas capable de s’occuper de sa fille ? Le problème semble être plus profond qu’une trahison. Cependant, l’homme devant moi gardait espoir malgré tout, et j’en étais rassuré, il me fait déjà assez de peine comme ça. S’il m’avait dit avoir abandonné, je ne crois pas que j’aurais pu rester sans l’encourager à faire le contraire.

« Kûga-san... Je ne vous connais pas bien et je n’ai évidemment aucune idée de votre passé mais, j’espère vraiment que les choses iront mieux pour vous et que vous la retrouverez. Vous faites déjà des efforts et ils paieront un jour ! Quoi qu’il en soit, je vous trouve sympathique, merci de m’avoir écouté et surtout fait comprendre que je suis allé trop loin. »

Qui sait où mes mots nous auraient emmenés s’il n’avait pas été là. J’aurai sûrement soutenu ma position en me persuadant que j’avais parfaitement raison dans ma démarche, borné comme je pouvais l’être. Ou Ashton aurait eu le temps de me tirer les oreilles, c’est une autre possibilité. Dans tous les cas, avoir l’avis d’une personne qui vivait cette situation, était la meilleure chose qui soit arrivée aujourd’hui.

« Si jamais vous avez besoin de quelque chose, n’hésitez pas, ça me ferait plaisir de vous aider. Je vous suis vraiment reconnaissant, j’ai sûrement évincé une catastrophe. D’ailleurs, ça vous dirait qu’on déjeune ensemble ce midi ? »

Histoire d’avoir une conversation un peu plus joyeuse et détendue et de mieux faire connaissance par la même occasion.

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