Revenir en haut
Aller en bas


Partagez
 

 Willow Renfield

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Willow Renfield
■ Age : 29
■ Messages : 4
■ Inscrit le : 22/02/2021


Mon personnage
❖ Âge :
❖ Chambre n° :
❖ Arrivé(e) en :
Willow Renfield
« Non validé ; bouhouhou »
(#) Willow Renfield  Willow Renfield EmptyLun 22 Fév 2021 - 21:05



Willow Renfield

CLASSE : Etudiante en 1ère année
ARRIVE EN : Novembre 2016


Nom : Renfield ♦ Prénom : Willow, Meredith ♦ Date de naissance : 17 décembre 1996 ♦ Âge : 19 ans (bientôt 20) ♦ Lieu de naissance : Paris, France ♦ Nationalité : française (origines anglaises par son père) ♦ Préférence sexuelle : hétérosexuelle

Année choisie : 1ère année ♦ Section choisie : Littéraire ♦ Matières suivies : Littérature, Psychologie, Philosophie ♦ Club(s) rejoints : Aucun pour le moment ♦ Date d'arrivée à l'université : Novembre 2016 ♦ Personnage sur l'avatar : OC Métisse de Yaoyao Ma


Physique & Caractère :


La première chose à dire sur Willow, c’est qu’elle ne fait pas son âge. Si elle va bientôt fêter ses vingt ans, beaucoup lui donnent à peine dix-huit ans, si ce n’est moins, ce qui a tendance à la vexer. Il faut dire que du haut de son mètre cinquante-huit et de ses quarante-cinq kilos tout mouillés, elle est loin de paraître très impressionnante. Pourtant, elle cache sa maigreur sous des vêtements bien trop larges pour elle, que ce soit des pulls, des t-shirts ou des pantalons retenus par des ceintures. Parce que Willow n’aime pas son corps et faire la paix avec lui est pour le moment un objectif beaucoup trop lointain. Elle déteste ses clavicules qui ressortent, ses bras trop fins ou son absence de courbes. Paradoxalement, elle a une peur panique de grossir. A côté de ça, elle a ce qu’il faut en muscles. Même si elle n’a pas dansé depuis des années, ces derniers se sont bien dessinés à force d’avoir passé son enfance dans une salle de danse. Pourtant, ces quelques muscles ne sont pas très utiles puisqu’elle a une force de mouche. Même si elle se soigne et qu’elle fait des efforts pour manger normalement, il lui arrive encore parfois d’avoir des crises de boulimie ou d’anorexie. Soit elle mange trop et elle vomit, soit elle se prive de nourriture parce que le kilo pris est devenu trop visible. Evidemment, tout ceci est psychologique et elle n’affiche aucun millimètre de graisse. Elle a la peau métisse, qu’elle tient de sa mère et qui a longtemps eu un poids dans les efforts qu’elle a dû faire pour s’améliorer dans l’univers de la danse classique, et des yeux bruns et chaud. Si la couleur vient encore une fois de sa mère, leur chaleur est un héritage de son père. Ses cheveux bruns sont mi-longs et bouclés, lui arrivant un peu en-dessous des épaules (quand ils sont lisses, ils atteignent facilement le milieu de son dos).

***

Willow est une jeune femme douce et sereine, la majorité du temps du moins et souvent en apparence. Elle aime se poser dans sa balancelle œuf, installée dans le salon de sa sœur, pour lire des livres, écouter de la musique reposante, fredonner, peindre parfois des choses sans aucun sens juste pour le plaisir de sentir l’odeur de la peinture. Elle n’est pas passionnée de cette dernière, mais le simple fait de créer quelque chose, même abstrait, a un côté apaisant pour elle. Très solitaire, les relations sociales sont encore très difficiles pour elle. Ayant passé la majorité de sa vie à suivre les directives d’une mère possessive et toxique, elle n’a jamais réellement eu d’amis, simplement des rivaux et des connaissances lointaines. Cela traduit également une certaine crainte dès que quelqu’un tente de se rapprocher d’elle. Willow a toujours été manipulée par les autres et elle a peur que cela se reproduise. Que ce soit sa mère, les médecins ou même sa propre sœur, tout le monde a toujours pris les décisions pour elle, que ce soit pour de bonnes ou de mauvaises raisons. De ce fait, elle a cette impression ancrée qu’elle ne s’appartient pas elle-même. Notamment son propre corps. Celui-ci lui est étranger et elle le masque constamment dans ses vêtements trop grands. Elle ne se supporte pas : trop maigre et paradoxalement elle se trouve trop grosse. Idées reçues incrustées dans sa tête depuis bien trop longtemps pour parvenir à s’en détacher complètement. Pourtant, aujourd’hui détachée de cette mère toxique qui l’a élevée à son image, Willow est bien entourée grâce à sa sœur. Elle éprouve pour cette dernière un amour fraternel très fort. Si leur différence d’âge a parfois été une barrière entre elles, cela ne la dérange pas longtemps. Elle aime passer du temps avec elle en cuisine, à parler de lecture, ou de tout autre sujet de conversation futile. Gene est devenue son ancre et, même si elle lui en veut parfois de lui donner cette impression de contrôler encore sa vie, elle a besoin d’elle au quotidien et l’écoute quoiqu’il arrive. Même si Gene est la plus âgée, Willow a parfois l’impression d’être la plus mature quand elle se retrouve à devoir lui dire où est rangée telle ou telle chose. Il faut dire qu’elle possède une excellente mémoire, retenant même le détail le plus insignifiant.

Mais Willow est loin d’être parfaite, bien évidemment. Si elle paraît douce et frêle en apparence, elle n’en a pas moins un sale caractère quand elle le décide. Les traumatismes liés à son enfance ont fait naître une colère insoupçonnée en elle qui, parfois, peut éclater sans prévenir. En effet, elle a tendance à garder les choses pour elle, jusqu’au jour où le moindre petit dérapage, comme un jaune d’œuf qui se casse, peut la faire exploser. Dans ces cas-là, elle hurle, insulte, casse et peut même jusqu’à se faire du mal à elle-même. Il lui faut toujours un moment pour parvenir à se calmer et il est rare qu’elle y parvienne sans sa sœur. Elle est également extrêmement têtue et déteste qu’on ne voie en elle qu’une enfant, surtout quand cela vient de sa sœur. Même si elles s’aiment, les disputes peuvent être assez courantes. Elle déteste avoir tort et n’hésite pas à user de mauvaise foi pour contredire ses pairs. Certains pourraient penser que c’est sa façon à elle de montrer qu’elle est capable d’exister. Car Willow n’a aucune confiance en elle, ou alors très peu.  De ce fait, quand quelqu’un s’approche d’elle, une fois la crainte passée, elle cherche toujours à plaire. N’ayant jamais eu de réels amis, elle a cette envie de s’en faire, et devient très vite influençable. Car dans le fond, la solitude lui pèse beaucoup.


Histoire :


DISCLAIMER: Cette histoire traite de sujets sensibles, comme l'anorexie et la maltraitance infantile. Si ces sujets vous affectent, il est conseillé de passer votre chemin.


Elle s’étend devant moi, immense, majestueuse, illuminée par la lumière pendant que tout le reste est plongé dans l’obscurité. Elle est tout un monde qui s’ouvre à moi, qui m’attend et m’appelle à elle. Je ne peux que m’avancer en son sein, l’écouter murmurer à mon oreille tandis que je ferme les yeux. Je m’emplis alors de toutes ces sensations qu’elle m’offre. Je me mets en position, la quatrième, pieds tête-bêche mais écartés l’un de l’autre. Le bras gauche en première position et le droit en cinquième. Ces mouvements répétés des centaines, voire des milliers de fois. A la fois si naturels pour moi et si contre-nature pour le corps. Les yeux toujours fermés, j’inspire lentement, puis expire. Je la laisse m’imprégner, par sa force, par son odeur, par son ouverture sur le monde. Puis, quand je me sens prête, je m’élance sur elle. Mon corps bouge seul, dans le temps et l’espace formés par la scène autour de moi. Mes jambes et mes bras se tendent à l’infini, je tourne sur moi-même et regarde le monde à travers un kaléidoscope de couleurs variées. Puis le sissonne me fait m’envoler pendant quelques secondes, où rien d’autre ne compte que cette impression d’infini, où mes ailes se déploient pour m’emmener loin d’ici… avant que mon pied ne retrouve de nouveau ses planches. Une pirouette suit et je rejette lentement la tête en arrière, fermant les yeux tout en continuant de tourner jusqu’à ce que je reprenne ma position initiale, le cœur battant dans ma poitrine, le souffle court mais le sourire aux lèvres. Mon regard se porte devant moi, sur cette infinie plongée dans l’obscurité. Et je sais qu’aucune sensation ne peut être meilleure que celle-ci.

Pourtant, je ne la vois plus. Mon sourire se fane et les barreaux tombent les uns après les autres autour de moi. Elle était un monde ouvert aux allures d’infini, mais elle m’enferme en son centre, m’empêchant alors de fuir. Et quand je tente de partir, de courir vers ces barreaux qui me retiennent, je suis incapable de faire un mouvement. Un regard vers le sol montre des rubans sortir de l’interstice des planches pour s’enrouler autour de ma cheville, se mêlant au tissu de mes chaussons.

Je suis un oiseau.
La scène est ma cage.
Les ballerines sont mes chaînes.


***

Un souvenir… ça me revient. C’était un soir d’hiver, celui de mon troisième anniversaire.

Décembre 1999. Une grande salle, pleine de monde qui chuchote créant une rumeur étrange autour d’elle. La petite fille observe avec intérêt, de ses yeux grands ouverts, emplis de curiosité. Ses parents l’ont emmené voir la représentation de l’Ecole de l’Opéra de Paris où étudie sa grande sœur. Pour la première fois, celle-ci a obtenu le solo de la Fée Dragée dans Casse-Noisettes, une composition de Tchaïkovski et, même du haut de ses trois ans, la fillette peut voir la fierté qui illumine le regard de ses parents en s’installant sur les fauteuils de velours rouge. Mais l’enfant est trop jeune et, quand les lumières s’éteignent sur le début du spectacle, elle s’endort très rapidement. C’est son père qui la réveille doucement quand Gene arrive au centre de la scène, magnifique dans son justaucorps et son tutu blancs. En reconnaissant sa sœur, la fillette se redresse sur son siège, les yeux écarquillés et la montrant du doigt à son père qui sourit. Les gens applaudissent quand elle fait son entrée et la musique commence lentement au rythme des mouvements de bras de sa grande sœur. Chaque geste est fluide, comme des ondes qui traversent son corps à chacun d’eux. Quand ses pieds décollent du sol, la pesanteur ne semble plus faire effet sur elle, elle est légère, libre, magnifique. Pendant les quelques minutes que dure la danse de sa grande sœur, l’enfant ne fait pas un geste, absorbée par tous ces mouvements dans le temps et l’espace, comme si rien d’autre ne comptait pour elle que la scène autour d’elle. Puis la danse se termine, le public applaudit et les larmes coulent sur les joues de la petite fille sans qu’elle n’y fasse attention. Elle se tourne alors vers sa mère s’écriant, à travers les applaudissements autour d’eux.

« Moi aussi je veux faire ça ! »
« Tu veux danser Willow ? »
« Oui ! Comme Gene ! »
« D’accord. »


Et le sourire de sa mère est chaud et satisfait quand elle lui caresse la joue avant de l’inciter à se rassoir pour regarder la suite. Mais l’enfant ne voit plus la scène, seulement le souvenir rémanent de sa sœur qui dansait.

Je ne le savais pas à ce moment-là, mais cette décision, ce désir de danser, n’était qu’un écran de fumée. Il avait déjà été décidé depuis longtemps que je suivrais les pas de ma sœur dans le monde de la danse, tout comme elle avait suivi ceux de notre mère avant. C’est à partir de cet instant pourtant que la danse est devenue le centre de mon univers, de ma vie. Elle a fait de moi ce que je suis devenue, que cela soit une bonne ou une mauvaise chose. Le sourire de ma mère et la chaleur de sa main sur ma peau n’ont jamais été un indicateur de ce que mon avenir allait être après ce soir-là. Tout ce que je voulais, c’était pouvoir voler comme le faisait Gene lorsqu’elle était sur la scène, éclairée par ce qui me semblait être le soleil.

***

« Je veux le tutu blanc, il est plus joli ! » « Est-ce que moi aussi je pourrai danser comme toi ? » « Comme elle est de fin d’année, on a préféré attendre un an avant de la mettre à l’école. » « Willow est tout excitée à l’idée d’entamer la danse, elle a déjà commencé à la maison. » « Gene s’est blessée. Elle doit garder son plâtre pendant au moins un mois. » « Tu vas guérir hein ? Je veux te voir danser encore. » « Danser à haut niveau ne sera plus possible malheureusement. » « Tu me déçois Guinevere. » « Pourquoi Papa et Maman crient ? » « Gene, j’ai peur… » « Je suis désolé ma chérie. Je dois partir, mais tu restes avec Maman d’accord ? » « Je veux pas que tu partes. Tu m’aimes plus ? » « Nous sommes séparés. Son père et moi n’avions pas le même point de vue sur beaucoup de sujets. » « Concentre-toi. Tu dois écouter la musique. » « Quand est-ce que Gene revient à la maison ? » « N’y pense plus. Ta sœur est partie. » « Le divorce a enfin été prononcé. Deux ans de procédure, je suis soulagée que ce soit enfin fini. » « Je pense que Willow surpassera sa sœur sans problème. Elle a beaucoup de talent. » « Lève la jambe plus haut. A ton âge, Guinevere savait faire une arabesque à la perfection. » « Cette couleur ne te va pas, prends plutôt ça. » « C’est beaucoup trop décolleté, change-toi. » « Tu dois faire bonne impression si tu veux avancer. » « Qu’est-ce que tu écoutes encore ? Eteins-moi ça. » « C’est quoi ? Un livre ? A quoi ça peut bien te servir pour danser ? »

***

Avec le temps qui passe, je n’arrive plus à me souvenir des quelques années de bonheur que nous avons passé tous les quatre. Parfois, je regarde cette unique photo de nous en me demandant ce qui a tout fait basculer ou si les choses auraient pu être différentes. Gene m’assure qu’avec la mère que nous avons eue, ce n’était pas possible.

Avril 2003. Le soleil printanier entre par la fenêtre et éclaire la cuisine de la maison. Assise par terre face à la table basse du salon, elle dessine sur une feuille blanche, ses feutres étalés autour d’elle. Ce n’est pas souvent qu’elle s’adonne à ce type d’activités, trop souvent concentrée sur les pas de danse qu’elle doit apprendre, encore et encore. Mais aujourd’hui est un jour calme. Aujourd’hui, sa grande sœur est venue lui rendre visite pour la première fois depuis que Papa est parti. Gene est assise à côté d’elle sur le canapé et l’observe avec attention, le regard souriant et chaud. Elle s’arrête de dessiner et lève les yeux vers elle pour lui rendre ce sourire avant de reprendre son dessin. Maman n’est pas là, elle est sortie pour aller voir une copine a-t-elle dit. Mais la fillette a pu voir le regard qu’elle a posé sur Gene avant de partir, sans réellement savoir ce que ça voulait dire.

« J’ai un cadeau pour toi. »
« Un cadeau ? Qu’est-ce que c’est ? »


S’exclame-t-elle après avoir posé son feutre, excitée à l’idée de recevoir un cadeau de sa grande sœur. Gene rit et sort de son sac un petit paquet enveloppé de papier vert et blanc. Il est joli mais elle s’empresse de l’ouvrir avec impatience pour voir ce qu’il y a dedans. C’est un livre qu’elle découvre alors sous le papier. Sur la couverture se trouve une locomotive rouge avec écrit « Hogwarts Express », devant un petit garçon à lunettes avec une cicatrice sur le front et le titre, jaune sur rouge, « Harry Potter et la pierre philosophale ».

« Ça te plait Willow ? »
« Hm. »


Elle semble perplexe face à ce cadeau, ignore comment elle doit réagir. Elle ne lit pas beaucoup à la maison, Maman dit que c’est une perte de temps en dehors de l’école. Elle préfère qu’elle se concentre sur la danse alors face à ce livre, elle ne sait pas quoi dire.

« Ça parle d’un petit garçon qui découvre qu’il est un sorcier. Je suis sûre que ça te plaira ! Quand tu l’auras lu, tu pourras m’en parler et me dire ce que tu as aimé ou non, d’accord ? Ce sera notre secret. »
« Un secret ? »
« Oui, juste à toutes les deux. »


Alors un sourire remplace l’expression perplexe et elle se jette dans les bras de sa grande sœur.

Gene et moi ignorions à ce moment-là que ce livre serait le premier d’une longue liste. Mais plus que tout, j’ignorais alors qu’il serait la première porte de sortie que j’allais apercevoir au loin. C’est à travers les livres que j’ai compris qu’il existait autre chose que la danse. Je crois que je ne pourrai jamais assez remercier ma sœur de me l’avoir fait comprendre.

***

« Qu’as-tu fait à l’école aujourd’hui ? » « Elle s’améliore de jour en jour. » « Willow, tu dois travailler dur pour être la meilleure, tu comprends ? » « Plus haut les bras. » « Gene, tu reviens quand ? » « Ne mange pas ça, c’est trop sucré. » « J’ai eu un A en sciences ! » « Concentre-toi sur la danse. Le reste n’a pas d’importance. » « J’ai adoré le troisième tome d’Harry Potter ! J’ai hâte de lire la suite. » « Je suis désolée Willow, je ne peux pas rester longtemps aujourd’hui. » « Que t’a dit Guinevere ? J’espère qu’elle ne te dit pas d’idioties. » « L’examen d’entrée est difficile, tu dois t’entraîner. » « Dans le monde de la danse, nous devons travailler encore plus que les autres à cause de notre couleur de peau. C’est injuste mais c’est comme ça. » « Je pars en voyage Willow. Je reviens vite, c’est promis. On s’appellera d’accord ? » « Sois parfaite. » « Concentre-toi. » « Tu n’as pas intérêt à échouer. » « Ma fille passe en cinquième position. J’ai confiance en elle. » « Papa, j’ai été prise à l’Opéra de Paris ! » « Bonjour, je m’appelle Willow Renfield ! » « Tu n’es pas si forte que ça. » « Arrête de penser que tu es la meilleure. » « Tu ne pourras jamais intégrer un ballet de toutes façons. » « Qu’est-ce que tu es en train de manger ?! Lâche ça. » « Ça fait deux fois que tu viens à l’infirmerie ce mois-ci, tu es sûre que ça va Willow ? » « Pourquoi tu pleures ? N’écoute pas les autres, elles sont jalouses. Tu es bien meilleure que toutes ces pimbêches réunies. Tu es ma fille. » « Danse, c’est tout ce qui compte. » « Fais-le encore une fois. » « Je me fiche que tu sois fatiguée, refais-le. » « Ton chignon est de travers. » « Je suis rentrée à Paris. On se voit bientôt ? » « Willow, Papa est malade… »

***

Mon père est devenu un étranger pendant longtemps après le divorce. Mais grâce à Gene, j’ai pu reprendre contact avec lui. Je lui téléphonais de temps en temps, j’allais le voir avec ma sœur également. Il y avait de la douceur en lui et beaucoup de gentillesse quand il me regardait. J’aurai aimé qu’il soit là encore aujourd’hui. Je me souviens encore de la dernière fois que je l’ai vu.

Décembre 2011. La chambre est remplie de fleurs, de ballons et de confettis qui décorent le lit où est allongé son père. Elle est assise au bout, un paquet sur les genoux, le sourire aux lèvres. Face à elle, Gene l’observe tout aussi souriante, tout comme Helena, la compagne de leur père. Celui-ci les couve du regard. Il est pâle, ses cheveux sont tous tombés depuis déjà longtemps et des tuyaux sortent de son nez. Sous sa tenue d’hôpital, son corps est décharné, maigre et sans force. Tous essayent de faire comme si la fin n’était pas proche. Elle lui sourit aussi alors que son cœur se serre. Aujourd’hui, elle fête ses quinze ans, entourée de sa famille.

« Vas-y, souffle. Et n’oublie pas de faire un vœu. »

Devant elle, une forêt noire attend d’être mangée, accueillant quinze bougies allumées. La jeune fille réfléchit un instant à son vœu, regarde les personnes autour d’elle puis prend une grande inspiration avant de souffler sur les petites flammes. Celles-ci s’éteignent et tout le monde applaudit avant que le premier cadeau lui soit tendu par son père.

« Ouvre. »

L’incite son père et elle obtempère tout de suite. La boite n’est pas trop grande et elle se demande ce qu’il peut y avoir dedans. Elle s’empresse de l’ouvrir et découvre alors des ballerines, comme elle en a si souvent vu. Mais ceux-là sont particuliers, elle le remarque tout de suite. A l’intérieur des chaussons est brodé une petite phrase : « Danse jusqu’à toucher les étoiles. ». Elle sourit, se lève et vient prendre son père dans ses bras.

« Ils sont magnifiques ! Merci Papa ! »
« Je t’en prie ma chérie. Je suis content qu’ils te plaisent. »


Elle l’embrasse sur la joue pendant qu’il la serre contre lui, de toutes les maigres forces qu’il lui reste. Gene lui offre un cadeau à son tour : un coffret de l’intégrale des Harry Potter dans la nouvelle édition. Helena, quant à elle, lui offre un magnifique carnet avec stylo. Après ça, le gâteau est coupé et chacun obtient une part qu’ils dégustent tous avec délice. La jeune fille regarde régulièrement son père aux traits tirés mais souriant, espérant que son vœu se réalisera.

Evidemment, il ne s’est jamais réalisé. Mon père est mort quatre jours plus tard dans son sommeil, le cancer l’emportant sans aucune pitié après des mois à se battre contre lui. Cette année-là, Noël n’a pas été joyeux.

***

« Concentre-toi bon sang ! » « Tu as pris un kilo. Qu’est-ce que tu as mangé ? » « Lève ta jambe plus haut. » « Cesse de lire, ça ne t’apporte rien. » « Ne les écoute pas, ils te tirent vers le bas. »  « Tu n’as pas besoin d’eux. Seulement de moi. » « Maman, j’ai eu un C en maths, je dois réviser. » « Ça n’a pas d’importance, je te l’ai déjà dit. Danse. » « Tu dois être la meilleure. » « Comment ça Julia Bones est la première ? » « Tiens, mange ça. » « Maman, je suis fatiguée… » « Je me fiche que tu aies faim, tu as encore pris du poids. » « Arrête de déprimer et souris. » « Tends ton bras plus haut. » « Si tu faisais comme je te le dis, tu ne serais pas tombée. » « Ton professeur a dit quoi ? » « Ne mets pas ça, c’est trop voyant. Mets plutôt ce haut. » « Il y a une mèche qui dépasse là. Recoiffe-toi. » « Renfield, tu veux venir à la soirée samedi soir ? » « Désolée, je ne peux pas… » « Tu es noire, tu n’arriveras jamais à monter au sommet. Abandonne. » « Cette fille est déprimante. Normal qu’aucun mec ne veuille d’elle. » « Gene, tu viens quand ? » « Tu es peut-être noire, mais tu prouveras que même ainsi tu peux devenir une étoile. » « Tu es encore tombée dans les pommes, qu’est-ce qui t’arrive ? Je vais devoir appeler ta mère tu sais. » « Je te construis ton avenir. » « Ne mange pas ça. » « Ce médecin ne sait rien. Je sais très bien ce qui est bon pour toi. » « Tiens prends ça, tu n’auras plus faim après. » « Tu t’es encore endormie en cours ?! » « Tu n’as pas intérêt de te faire renvoyer. » « Les auditions pour le ballet de fin d’année sont quand ? » « Tu as pris du poids. » « Entraîne-toi. » « Danse. » « Ecoute-moi. » « Ecoute la musique. » « Montre que tu es la meilleure. » « Entraine-toi. » « Entraine-toi. » « Entraine-toi ! » « Sois parfaite. » « Je suis fatiguée… »

***

Plus les années passaient, plus c’était difficile. Je devais m’entraîner, encore et encore. Ma mère contrôlait tout : mes repas, mes tenues, mon emploi du temps, mes fréquentations… Rien ne devait me détourner de la danse et de l’objectif qui m’était fixé. J’obéissais, car elle était ma mère et que je ne connaissais rien d’autre.

Mai 2012. Un restaurant japonais traditionnel, un samedi soir. L’atmosphère est agréable. Une petite musique d’ambiance est diffusée, légère et douce. Les gens discutent, séparés par des paravents. Les serveurs vont et viennent entre les tables. La jeune fille est assise en tailleurs sur un coussin, à même le sol sur une table un peu surélevée. En face d’elle se trouve sa sœur aînée, magnifique et souriante. Cela fait longtemps qu’elles ne se sont pas retrouvées toutes les deux. Après la mort de leur père, les quelques mois qui ont suivi ont été compliqués, emplis de tristesse et de regrets. Elle a cette sensation que sa sœur cache des choses dont elle ne veut pas lui parler, mais elle ne dit rien. Ce n’est pas son rôle de poser des questions. Ce n’est pas à elle de décider ce que les gens doivent lui dire. La serveuse arrive et dépose les différents plats qu’elles ont commandés : gyozas, nems, sushis, califonias, beignets de crevettes, bouchées vapeur à la crevette et au porc. Et ce n’est que l’entrée. Gene hausse un sourcil amusé face à tant de plats.

« Tu es affamée dis donc. Maman ne te nourrit pas ou quoi ? »

Le ton est amusé et la jeune fille rit avec sa sœur, un peu nerveuse, mais n’ajoute rien. Elle se contente d’attraper ses baguettes et de commencer à piocher ici et là, trempant les mets dans la sauce, enchaînant les bouchées. Elle sent sur elle le regard de sa sœur mais l’ignore, préférant continuer la discussion qu’elles ont sur le dernier livre qu’elles ont lu. Elle prend un peu d’eau et la serveuse revient vider la table des assiettes vides avant d’aller chercher la suite : du kara age pour elle et du yakiniku pour Gene. La conversation avance doucement : la danse, les livres, les voyages et les projets de sa sœur. Les notes de la cadette, les auditions à venir pour le ballet. Et puis…

« Willow ? Ça va ? »

Non ça ne va pas, mais aucun mot ne sort de sa bouche. Elle a porté sa main à cette dernière après une énième bouchée de viande. Ça bloque dans sa gorge, ça se tord dans son ventre… Elle se lève d’un bond, manque de tomber en se remettant debout et de bousculer un serveur, mais elle n’y prend pas garde et court aux toilettes pour y rendre le contenu de son estomac. Les crampes sont douloureuses, violentes et elle sent les larmes dévaler ses joues. Ça faisait longtemps qu’une crise n’avait pas été aussi agressive. Elle entend quelqu’un frapper à la porte puis la voix de sa sœur qui pousse le battant qu’elle n’a pas eu le temps de fermer à clé. Gene s’accroupit pour lui frotter le dos pendant qu’elle termine de vider son estomac. Une fois certaine qu’il n’y a plus rien, elle se lève, tire la chasse d’eau et va se passer de l’eau sur le visage. Dans le miroir, elle croise le regard de sa sœur. Son expression est dure, mêlant inquiétude, suspicion et colère.

« Il va falloir qu’on parle, toi et moi. »

Gene n’a jamais été stupide, loin de là. Ni aveugle. La crise que j’ai eu ce soir-là a été un simple déclic. Un coup de pouce qui l’a amené à déclencher une tempête autour de moi. Autour de nous. Ça n’a été que le début d’une longue période de combat contre celle qui nous a mises au monde. Un combat que je ne pensais pas un jour devoir mener.

***

« Depuis quand tu vomis comme ça ? » « Ça ne te regarde pas. Tu n’as aucun droit de regard sur ta sœur. » « Je t’emmène chez le médecin immédiatement. » « Votre sœur fait de l’anorexie mentale. Elle est malade. » « Tu la prives de nourriture ? Tu es complètement folle ! » « Je vais bien, je t’assure. Maman n’y est pour rien. » « En tant que médecin scolaire, vous avez sûrement dû vous rendre compte de quelque chose, non ? » « Gene, arrête. Je te dis que ça va. » « Willow va très bien. Je suis sa mère, je sais ce qui est bon pour elle. » « Il est hors de question que je te laisse une minute de plus chez elle. » « Bonjour, je suis Sophie Dubois et je travaille aux services de la Protection de l'Enfance. Vous êtes Madame Renfield ? » « Vous dites que les malaises sont réguliers ? » « Madame la première de l’école fait son intéressante. » « Tes résultats diminuent alors tu te cherches des excuses, c’est ça ? » « Quelqu’un est en train de vomir non ? » « Ça suffit. Je t’emmène à l’hôpital. » « Willow doit être hospitalisée. Son poids est préoccupant. » « C’est ridicule. Qu’est-ce que tu as encore fait hein ? Il faut toujours que tu te mettes en travers de mon chemin. » « Madame s’il vous plait. Votre fille est épuisée. » « Willow, tu dois manger… »

***

Tout s’est passé très vite. Dès que Gene a compris mon état, elle a fait appel aux services sociaux pour me sortir de là. J’étais naïve à cette époque, je ne comprenais pas vraiment où était le mal. Quand j’ai été hospitalisée parce que j’étais devenue incapable de me nourrir convenablement, le monde s’est écroulé autour de moi.

Août 2012. Une chambre d’hôpital, encore. Cette fois c’est elle qui se trouve dans le lit, reliée à une perfusion. Ces dernières semaines, son état s’est dégradé. Le stress des démarches lancées par sa sœur n’a fait qu’accroître son manque d’appétit. Mais ce sont surtout les reproches de sa mère sur la situation qui l’ont tirée vers le fond. La culpabilité de ne pas avoir su faire en sorte que les choses se passent normalement, de ne pas avoir été capable de rester en forme et, paradoxalement, la faiblesse dont elle fait preuve et qui transparaît dans les yeux des gens qui la regardent. Elle n’a pas pu danser depuis des semaines, enfermée entre les murs de cette chambre. Hospitalisée à la demande de sa sœur, appuyée par les services sociaux. L’enquête est en cours, elle le sait, même si on ne lui dit pas grand-chose. L’assistante sociale est venue plusieurs fois lui parler, Gene lui répète que rien n’est de sa faute. Toutefois, son moral est au plus bas.

« Je veux rentrer… J’en ai marre d’être ici. »
« C’est pour ton bien Willie. Tu dois prendre des forces. »
« Comment veux-tu que je prenne des forces alors que je suis enfermée ici, reliée à des tubes ? Je veux partir. Laisse-moi rentrer s’il te plait. »
« Mademoiselle Renfield, votre état est préoccupant. Vous n’avez pris que deux kilos depuis votre admission il y a deux mois. »
« Ce n’est pas de ma faute ! Je fais ce que je peux ! »


La colère transparaît dans sa voix et elle referme les bras autour de son corps, caché derrière un pull large. Ces deux kilos pris sont une torture pour elle. Cette impression d’être énorme trop ancrée dans son esprit pour parvenir à faire la part des choses, peu importe qu’on lui dise qu’elle ne l’est pas.

« Je veux rentrer… S’il te plait Gene… »

Elle lève les yeux vers sa grande sœur, la suppliant du regard. L’atmosphère de l’hôpital est lourde et elle ne le supporte plus. Être considérée comme malade ne l’aide pas à aller mieux.

« Docteur, et si elle venait vivre avec moi ? Si elle n’est pas avec notre mère ? »

Le médecin tourne la tête la jeune femme, semblant réfléchir, laissant son regard aller et venir entre les deux sœurs.

« Je vais en parler avec l’assistante sociale. Mais si nous autorisons une sortie, ce sera sous réserve de venir à l’hôpital trois fois par semaine pour vérifier que son état s’améliore. »
« Tu es d’accord ? »


Demande Gene en se tournant vers l’adolescente. Celle-ci hésite un instant, puis finit par hocher la tête.

L’assistante sociale a accepté et il a en effet été convenu que je ne retournerai pas chez ma mère. Celle-ci était furieuse mais Gene ne lui a pas laissé le choix. J’entends encore leurs cris dans la maison tandis que je préparais mécaniquement mes affaires pour partir. J’avais cette sensation de n’avoir aucun contrôle sur ce qu’il se passait.

***

« Voilà ta chambre. J’espère que tu t’y sentiras bien. Décore-la comme tu le souhaites, d’accord ? » « Je suis désolée Mademoiselle Renfield, mais vous ne pouvez pas continuer parmi nous cette année. Concentrez-vous sur votre santé. » « Ce n’est pas grave, intégrer un lycée public ne pourra être que bénéfique pour toi. » « Nous avons saisi le juge des affaires familiales pour maltraitance. » « Avec les certificats médicaux du médecin et du psychologue, elle ne pourra pas prétendre être innocente. » « Willow, tu dois manger davantage. » « Vous ne pouvez pas reprendre la danse tout de suite. Vous devez reprendre des forces. » « Veux-tu vraiment reprendre la danse Willie ? » « Salut, je m’appelle Camille et toi ? » « Je suis contente que tu te fasses une amie. » « Vous avez pris un kilo cette semaine, c’est bien. Continuez comme ça. » « Un journaliste a voulu m’interroger en sortant du lycée. » « Tu veux qu’on aille faire les magasins ensemble ? » « Votre mère a contesté avec une contre-enquête. Ce sera plus difficile que prévu. » « Willow reviendra vivre avec moi. Je sais ce qui est bon pour elle contrairement à toi. » « Le juge va prendre sa décision demain, on saura enfin. » « Ces vautours continuent de nous tourner autour. J’ai encore vu un paparazzi près du tribunal. » « Tu as pu récupérer ce que tu voulais ? » « C’était de ma faute… Maman n’a rien fait… » « Madame Margaret Renfield, vous êtes déclarée coupable de maltraitance sur mineure. La garde de votre fille vous est retirée au profit de Guinevere Renfield, sœur aînée de la victime, Willow Renfield. »

***

Quand le verdict a été rendu, je n’ai rien ressenti. Ni soulagement, ni tristesse, rien. Après presque deux ans de procédure, j’ai été libérée de l’emprise de ma mère mais je n’ai jamais eu l’impression d’être réellement libre. Tout comme je n’ai jamais eu l’impression d’avoir quoique ce soit à dire sur ma propre vie. Poussées par la pression médiatique du monde de la danse liée au scandale des Renfield, mon esprit a craqué.

Mars 2014. Par la fenêtre, elle peut voir le ciel gris de mars. Le printemps est à peine là, mais il ne se voit pas encore, se cachant derrière des nuages épais. Le couloir est vide car les cours ont repris, mais elle entend la rumeur des conversations dans le bureau derrière elle. La secrétaire du proviseur est au téléphone, racontant sa vie à quelqu’un au lieu de travailler. L’adolescente se passe la main dans les cheveux et grimace sous la légère douleur qui traverse sa main. Un pansement se trouve sur sa paume, là où elle s’est coupée. Des bruits de pas la sortent de ses pensées et elle tourne la tête pour voir Gene courir vers elle, à moitié paniquée. Elle se jette presque sur elle pour savoir ce qu’il s’est passé mais elle n’a pas le temps de répondre que le proviseur se montre.

« Mademoiselle Renfield. Entrez, je vous prie. »

Les deux sœurs se retrouvent assises dans le bureau, face à cet homme imposant au regard étrangement doux, bien qu’une légère contrariété puisse s’y lire.

« Que s’est-il passé ? »
« Willow ? Veux-tu bien expliquer à ta sœur les raisons de ta présence ici ? »


Mais l’adolescente a déjà détourné les yeux, honteuse. Ses mains se tordent l’une avec l’autre et la douleur de la coupure lui permet de se concentrer sur cette sensation plutôt que sur autre chose. Un soupir échappe au proviseur avant qu’il ne se tourne vers Gene.

« Votre sœur a… comment dire ? Disons qu’elle s’est énervée pendant le cours de sciences. Madame Vougniot rendait des devoirs quand Willow a, je cite, littéralement explosé, selon les mots de sa professeure. Elle a jeté ses affaires sur le sol, crié, renversé les chaises et le matériel présent sur la table. Elle a également insulté les personnes qui ont tenté de l’arrêter, dont la professeure. C’est l’un de ses camarades qui est parvenu à la stopper quand elle a commencé à se faire mal. »
« Willow ? C’est vrai ? »


Demande Gene après un instant de silence, abasourdie par ce qu’elle vient d’entendre. La jeune fille continue de regarder le sol, se renfrognant sur sa chaise.

« Ecoutez, je sais que la situation actuelle de votre famille est compliquée et que Willow fait face à une situation stressante. Mais vous devez comprendre que nous ne pouvons pas accepter un tel comportement. Willow, peux-tu nous laisser un instant s’il te plait ? »

L’adolescente ne se fait pas prier. Elle ramasse son sac et quitte le bureau pour aller attendre dehors. Un quart d’heures plus tard, Gene la rejoint et elles quittent le lycée.

Suite à cette première crise de colère, j’ai été renvoyée une semaine de l’établissement et ai dû écrire une lettre d’excuse à ma professeure. En réalité, je n’y suis jamais retournée. Après une discussion avec Gene, nous avons pris la décision de quitter Paris et le stress que cette ville a engendré. Mieux encore, nous avons quitté la France pour le Japon, un pays que ma sœur avait déjà visité et qu’elle a toujours apprécié.

***

« Les passagers du vol à destination de Tokyo sont priés de rejoindre la porte d’embarquement. » « Nous serons tranquilles là-bas. Plus personne ne pourra te faire de mal. » « Le début d’année scolaire est en avril là-bas, tu ne seras pas trop en retard sur la rentrée. » « Bonjour, je m’appelle Willow Renfield. » « Ton japonais s’améliore bien. Maintenant tu dois apprendre à l’écrire. » « Regarde, j’ai trouvé la version japonaise d’Harry Potter ! » « Gene, je suis fatiguée… » « Essaye de manger un peu plus d’accord ? » « Tu ne veux pas rejoindre un club ? » « J’ai réussi mes examens, je passe en troisième année ! » « Salut, je suis Haraka Minami ! » « Willow ! Calme-toi s’il te plait ! » « Tes crises sont de plus en plus fréquentes, tu es sûre que ça va ? » « Tu es allée vomir, non ? » « Tu t’es trompée de kanji ici, regarde. » « J’aime te voir sourire comme ça. » « Gene, je suis contente qu’on soit venues au Japon. » « Renfield-san, je voulais te dire que… je te trouve très jolie. » « Pourquoi tu pleures ? C’est bien que tu aies pris un kilo encore. » « Je veux changer de psy. » « J’aimerai faire des études de littérature. » « C’est bientôt ta rentrée à la fac, ça ira ? » « Les horaires sont différents du lycée, mais ça me convient. » « Willow, c’est ça ? On fait une soirée samedi avec la promo, ça te dit ? » « Il faut qu’on t’achète une jolie robe pour ta première soirée ! » « Kei, je n’ai jamais embrassé un garçon… » « Il est gentil avec moi. » « Ne te précipite pas, d’accord ? » « Oh ? Tu connais Kei ? C’est mon copain, ça fait deux ans qu’on est ensemble. » « Je ne veux plus sortir avec toi. Tu m’as menti… »

***

Kei était mon premier petit copain. Je pensais pouvoir lui faire confiance mais il a préféré tromper sa copine avec moi plutôt que d’être honnête. Ça a été un douloureux rappel de ma condition. Je suis seulement celle qui se fait manipuler. J’ai recommencé à ne plus me nourrir et à vomir. Je me trouvais laide, inintéressante. Gene est intervenue rapidement.

Août 2016. Une brise légère vient faire voler ses cheveux derrière elle. Elle ferme les yeux et prend une grande inspiration, étendant les bras de part et d’autre d’elle. En contrebas, l’océan s’étend à perte de vue, d’un bleu limpide. Les vagues se jettent sur le sable blanc et fin de la plage. Des gens se baignent, des enfants courent, des couples s’amusent. La jeune fille se tourne vers sa sœur, adossée à sa moto garée derrière elle. Elles se sourient. Elle prend une nouvelle inspiration puis elle remet son casque et monte derrière Gene pour repartir. Cela fait déjà une semaine qu’elles sont arrivées à Okinawa et cette déconnexion de la vie quotidienne leur fait le plus grand bien. S’éloigner de Tokyo, de la fac, de Kei… Willow ferme les yeux, la tête posée sur le dos de sa sœur. Elle ne veut plus penser à lui et à la souffrance qu’elle ressent dès qu’il prend place derrière ses paupières. A cause de lui, elle a inquiété sa sœur. La moto s’arrête sur un parking et elles descendent.

« Allez viens, on va se baigner ! »

Gene l’entraîne sur le chemin jusqu’à rejoindre la petite crique isolée. Il n’y a personne et c’est seulement ce constat qui la convainc de se mettre en maillot de bain pour suivre sa sœur dans l’eau. Celle-ci est bonne quand elle se retrouve immergée et elle profite de cet instant de détente toutes les deux. Deux ans qu’elles vivent au Japon et elles en découvrent encore plus à chaque instant qui passe.

« Tu es contente d’être ici ? »
« Oui. Merci d’avoir proposé ce voyage. »
« Je savais que ça te plairait. Demain, je t’emmène à Hiji Falls. »
« Qu’est-ce que c’est ? »
« Tu verras, mais je suis sûre que ça te plaira aussi. »


Elle tente d’arracher la réponse à sa sœur mais celle-ci se moquer gentiment et elles se mettent à s’éclabousser. Quand des gens arrivent sur la plage, elle se renfrogne et sort de l’eau pour se rhabiller.

Ce voyage d’un mois sur les routes d’Okinawa aux côtés de Gene m’a fait le plus grand bien. J’ai eu l’impression de renaître un peu, d’oublier toutes les souffrances. Cela a été un tel chamboulement que retourner à Tokyo a été un vrai calvaire.

***

« Comment s’est passée la reprise des cours ? » « Tokyo me paraît terne après Naha. » « Je n’arrive plus à me concentrer à la fac. » « Willow, est-ce que tu peux me pardonner s’il te plait ? Je l’ai quitté, je… je veux revenir avec toi. » « Ne l’écoute pas, c’est un con. » « Willie, ça te dit de déménager à Kobe ? On m’a fait une offre là-bas. » « J’aime bien Tokyo, mais je n’arrive plus à y vivre. » « Le transfert de votre dossier va être lancé. » « Il faudra qu’on te trouve un nouveau médecin là-bas. Il doit sûrement y en avoir un sur le campus. » « Tiens, tu veux des pokis ? » « Tu as l’air d’avoir repris un peu de forces, c’est bien ! » « Ça y est, j’ai fini mes cartons ! » « Alors comme ça tu quittes vraiment Tokyo. Tu vas me manquer. » « Je suis désolée Minami, mais on pourra s’appeler, d’accord ? » « Peut-être que tu pourrais en profiter pour rejoindre un club ? Je crois qu’ils en ont un de danse. » « C’est bon, tout est dans le camion ! » « C’est pas un peu bizarre de changer de fac mi-novembre ? » « Le campus est vraiment super ! Il est mieux que celui de Tokyo. » « Tu dois dormir à l’internat, mais tu pourras venir à la maison le weekend, d’accord ? » « Je commence officiellement les cours demain. »

***

J’ai arrêté de danser il y a maintenant quatre ans. Moi qui pensais que la scène me donnerait des ailes, j’ai découvert qu’il n’en était rien et qu’elle n’était qu’une cage dorée. La danse est un poison et je ne veux plus jamais avoir à remettre ces chaînes qui m’entravaient. Pourtant, je sais qu’elles ne sont pas loin de moi, qu’elles attendent le moindre instant de faiblesse de ma part pour m’emporter encore une fois.



Au niveau des langues :


Sa mère étant française et son père anglais, Willow est devenue naturellement bilingue en grandissant. Même avec un père absent, sa mère a continué de lui parler anglais, jugeant cela important pour sa future carrière.
Cela fait maintenant deux ans qu'elle vit au Japon, et si elle possède un accent assez prononcé et fait encore des erreurs de japonais, elle parle cette langue assez bien. Même si elle préfère parler anglais quand cela lui est possible.


Et moi derrière l'écran !


Prénom & Âge : Anju, 29 ans ♦ Comment as-tu connu le forum ? Je le connaissais déjà via les partenariats, puis via l'interforum et quelqu'un m'a incitée à venir ♦ Premier ou second compte ? Troisième...  :gniii: ♦ Déjà eu un compte ici ?Shiro Watanabe et Ayame Kûga ♦ Combien de temps peux-tu accorder au forum ? Je passe tous les jours ♦ Un truc à dire ? La raison toussa, c'est très abstrait...

Personnage inventé ou scénario/prédéfini ? Inventé

Code secret :

Code pour l'avatar :
Code:
<b>YAOYAO MA</b> ; OC METISSE <span class="pris">▬</span> prise par Willow Renfield


Dernière édition par Willow Renfield le Mer 24 Fév 2021 - 10:44, édité 4 fois
Revenir en haut Aller en bas
Quincy Gallagher
■ Age : 22
■ Messages : 75
■ Inscrit le : 13/12/2020

■ Mes clubs :
Willow Renfield EVhjYnq Willow Renfield OmmuPHD Willow Renfield L7PAl8i


Mon personnage
❖ Âge : 18 ans
❖ Chambre n° : L-2
❖ Arrivé(e) en : Avril 2016
Quincy Gallagher
« Elève ; en 3ème année »
(#) Re: Willow Renfield  Willow Renfield EmptyLun 22 Fév 2021 - 21:17

T'es belle comme le soleil, Mademoiselle Colorful Par contre, qui a osé t'inciter à venir ici comme ça au détriment de la raison ? Céfoussa nitnit

Tu sais déjà tout ce que je pense de cette charmante et triste enfant. Je lui souhaite de retrouver le bonheur et un peu de confiance en elle :3 Vivement que tu sois validay Coeur


Dernière édition par Quincy Gallagher le Lun 22 Fév 2021 - 23:04, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Mitsuki Iroka
■ Age : 21
■ Messages : 1240
■ Inscrit le : 02/11/2019

■ Mes clubs :
Willow Renfield M9CeBJb Willow Renfield IAFtyoQ


Mon personnage
❖ Âge : 16 ans
❖ Chambre n° : L-4
❖ Arrivé(e) en : Septembre 2014
Mitsuki Iroka
« Elève ; en 2ème année »
(#) Re: Willow Renfield  Willow Renfield EmptyLun 22 Fév 2021 - 21:27

Wow déjà le TC ! Re-Re-Bienvenue !!

---------------------------------


RP en cours : 7 / 5
Indisponible pour le moment ♥️
Parle en japonais en #3366cc et en anglais en #b354a0

Special Thanks : Eiji ♥ & Nee-sama ♥ & Gideon ♥ & Riley 1.2.3 ♥ & Susu ♥
Revenir en haut Aller en bas
Elizabeth M. Jones
■ Age : 22
■ Messages : 106
■ Inscrit le : 24/12/2020

■ Mes clubs :
Willow Renfield M9CeBJb


Mon personnage
❖ Âge : 21 ans
❖ Chambre n° : U-104
❖ Arrivé(e) en : Avril 2015
Elizabeth M. Jones
« A l'université ; 2è année »
(#) Re: Willow Renfield  Willow Renfield EmptyLun 22 Fév 2021 - 21:49

Rebienvenue avec cette jolie bouille câlin

---------------------------------


Japonais en cc3333 - Anglais en 996699 - Français en 0099cc - Discord (Titi#2262)
Revenir en haut Aller en bas
Hisao Tenma
■ Age : 21
■ Messages : 1178
■ Inscrit le : 10/07/2020

■ Mes clubs :
Willow Renfield FWWIEvm


Mon personnage
❖ Âge : 36 ans
❖ Chambre n° : C-406
❖ Arrivé(e) en : Avril 2016
Hisao Tenma
« Personnel ; psychologue »
(#) Re: Willow Renfield  Willow Renfield EmptyLun 22 Fév 2021 - 22:29

Bienvenue ♥

Cette jeune fille mérite un florilège de câlins et de bisous. J'ai adoré ta fiche (quoi, moi, me répéter ?) et j'ai hâte de voir ce que ça donnera en jeu ♥

Merci pour cette jolie lecture ♥

---------------------------------

Hisao s'exprime en #3d7355. || Discord : Medryan#0203.
Willow Renfield L7sy
désolée ash. je te bisoute quand même.  
Revenir en haut Aller en bas
Willow Renfield
■ Age : 29
■ Messages : 4
■ Inscrit le : 22/02/2021


Mon personnage
❖ Âge :
❖ Chambre n° :
❖ Arrivé(e) en :
Willow Renfield
« Non validé ; bouhouhou »
(#) Re: Willow Renfield  Willow Renfield EmptyMar 23 Fév 2021 - 10:27

Quin > Je ne sais pas, mais si je le choppe... pacman
Merci en tout cas, tu es tout aussi beau et rayonnant Coeur2

Mitsuki > Et oui déjà, le temps passe si vite... xD Merci !

Elizabeth > Merciiiii bisou

Hisao > Owi des câlins et des bisous câlin Merci beaucoup pour tes petits commentaires adorables ♥
Revenir en haut Aller en bas
Soren Haruka
■ Age : 29
■ Messages : 767
■ Inscrit le : 22/07/2020

■ Mes clubs :
Willow Renfield GkZd5iQWillow Renfield Dr1vT6E


Mon personnage
❖ Âge : 19 ans
❖ Chambre n° : U-6
❖ Arrivé(e) en : Août 2016
Soren Haruka
« A l'université ; 1è année »
(#) Re: Willow Renfield  Willow Renfield EmptyMar 23 Fév 2021 - 12:21

Re-bienvenue à toi Youpi Avec une perso fort sympathique en plus Very Happy

---------------------------------

Willow Renfield Image_12

En Japonais :#999999 ////En Anglais :#999900 ////Discord : Math#6188
Revenir en haut Aller en bas
Sumire Sugimoto
■ Age : 27
■ Messages : 1170
■ Inscrit le : 01/07/2017

■ Mes clubs :
Willow Renfield Ur9f7pD Willow Renfield LbP1uVo


Mon personnage
❖ Âge : 17 ans
❖ Chambre n° : L-9
❖ Arrivé(e) en : Avril 2012
Sumire Sugimoto
« Elève ; en 3ème année »
(#) Re: Willow Renfield  Willow Renfield EmptyMer 24 Fév 2021 - 2:52

Coucou!!! Alors j'étais en charge de ta prévalidation et on voit l'expérience dans l'âââââme XD En vrai, fluide, cohérent, réaliste, j'ai pas trouvé de truc à te reprocher zut!! =P

Willow Renfield CvbAYHB

---------------------------------

Willow Renfield Sumisi10
Merci Meyu pour la signa! <3

Blabla japonnais
Blabla français
Blabla Anglais
Revenir en haut Aller en bas
Willow Renfield
■ Age : 29
■ Messages : 4
■ Inscrit le : 22/02/2021


Mon personnage
❖ Âge :
❖ Chambre n° :
❖ Arrivé(e) en :
Willow Renfield
« Non validé ; bouhouhou »
(#) Re: Willow Renfield  Willow Renfield EmptyMer 24 Fév 2021 - 9:38

Soren > Merci beaucoup ! Je suis contente de voir que Willow plait :3

Sumire > Et bien ! Quelle pré-validation express ! In love Merci beaucoup Youpi
Je te dirai bien que je suis désolée de ne pas t'avoir donné l'opportunité de me reprocher un truc, mais ce serait faux, hihihi Huhu
Revenir en haut Aller en bas
Gareth N. Kobayashi
■ Age : 24
■ Messages : 410
■ Inscrit le : 27/08/2020

■ Mes clubs :
Willow Renfield Rf83Pu6


Mon personnage
❖ Âge : 27 ans
❖ Chambre n° : C-703
❖ Arrivé(e) en : Septembre 2016
Gareth N. Kobayashi
« Personnel ; prof d'arts plastiques »
(#) Re: Willow Renfield  Willow Renfield EmptyMer 24 Fév 2021 - 11:12

Re-re bienvenue ! Youpi

D'abord wouaaah ! J'ai toujours aimé toutes tes fiches mais je ne sais pas pourquoi, celle-là je l'a trouve vraiment magnifique, tes phrases sont trop belles et poignantes. In love On voit que tu as cherché toutes les informations possible (j'ai dû aller voir ce qu'est un sissonne xD) sur le monde de la danse et on aurait pu faire un film genre Black Swan. Chibi eyes

Maintenant cette pauvre Willow, elle est adorable j'ai envie de lui faire un gros câlin et lui dire que tout va s'arranger. PLS Les passages avec les dialogues sont super bien faits, ça plonge encore plus dans l'ambiance oppressante. Gene super héroïne, j'ai pensé CHEH très fort quand leur mère a été reconnue coupable ! J'ai hâte de rencontrer Willow inRP, d'ailleurs Nolan a forcément entendu parlé du scandale des Renfield !

Bonne validatioooon ! Coeur2

---------------------------------

Willow Renfield Gareth10

Gareth gazouille en japonais #00cc99
Gareth gazouille en anglais #9933cc
Chiaki gazouille en japonais/anglais #6699cc
Hanae parle en japonais/anglais #cc99cc
Revenir en haut Aller en bas
Willow Renfield
■ Age : 29
■ Messages : 4
■ Inscrit le : 22/02/2021


Mon personnage
❖ Âge :
❖ Chambre n° :
❖ Arrivé(e) en :
Willow Renfield
« Non validé ; bouhouhou »
(#) Re: Willow Renfield  Willow Renfield EmptyJeu 25 Fév 2021 - 18:31

Merci beaucoup Gareth Youpi
Ca me fait plaisir si le style que j'ai utilisé t'a fait cet effet. Comme c'était le but, je suis contente de savoir que ça a fonctionne xD

Encore merci In love
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
« »
(#) Re: Willow Renfield  Willow Renfield Empty

Revenir en haut Aller en bas
 
Willow Renfield
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Kobe High School :: Administration :: Mais qui es-tu ?-
Sauter vers: