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Elève ; en 2ème année
Seito Mori
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Sam 1 Mai 2021 - 11:28
MARDI 17 JANVIER 2017



S'il fallait jeter une semaine de l'année, Seito choisirait sans hésiter la semaine dernière. Il ne s'est pas passé une journée sans qu'une merde lui tombe dessus. Mention spéciale au cataclysme de mercredi dont il se persuade, sept jours après, qu'il a déjà oublié. Sauf que la poubelle de la salle du club de littérature lui rappelle amèrement à quel point il a tort. Passée la discussion avec Kobayashi-sensei, il ressent encore toute la détresse qui l'a submergée alors qu'il retournait dans sa chambre. Il se revoit tourner les talons et courir jusqu'à la salle de classe. Le professeur était parti. Le sac poubelle lui avait fait l'effet d'un trou noir. Et il s'était laissé aspiré de nouveau. Il avait récupéré son livre. Il en avait épousseté la couverture et ses doigts avaient longé les tracés colorés. Le cœur au bord des lèvres et des larmes sur les joues.

A la fin de la semaine, une lueur d'espoir pendant le cours de bodypainting lui avait fait retrouver des couleurs. La vie semblait, dans son malheur, lui accorder quelques moments d'allégresse bienvenue. Comme hier soir lorsqu'il avait eu la surprise d'accueillir Iroka-chan en tant que nouvelle colocataire. Pour avoir survécu à une semaine de néant, il est convaincu que la semaine qui démarre rétablira l'équilibre. Dans cette optique, Seito a décidé de faire table rase de tous ses préjugés et d'absoudre ses pêchés. Quels pêchés demandez-vous ? Celui d'avoir fait pleurer une fille par exemple. Et ce, le jour de son arrivée. Depuis, à chaque fois qu'il croise Harasaki-chan – ce qui arrive souvent étant donné qu'ils sont dans le même club – un léger pincement au cœur lui intime de s'excuser. Aujourd'hui, mardi 17 janvier, est à marquer d'une pierre blanche.

Les deux adolescents se retrouvent seuls après une bonne heure de débat sur une œuvre que Seito ne porte pas spécialement dans son cœur. Les autres ont décampé et Seito sent que le moment est arrivé. Il lui aura fallu plus d'un mois pour le faire mais sa décision est prise. Ce soir, il sera pardonné.

« Il m'a soûlé avec ces arguments tout pétés. Pas toi ? » demande-t-il à la jeune fille en guise d'introduction.

Tournant le dos à Harasaki, il s'occupe du tableau dont il efface le contenu. Ils avaient dressé une liste des sentiments que chacun avait ressenti à la lecture d'un passage clé. De l'angoisse, pff, celui-là n'a décidément rien compris.

« Je vais ranger les chaises. Tu peux t'occuper des livres ? » demande-t-il en montrant de la tête l'étagère contre le mur.

Il se retourne et son regard s'arrête sur un cahier, en évidence sur la table à côté de la brune. Rectification, sur LE cahier. Il reconnaît la couverture, celle-la même qui a effleuré ses caleçons. Il fait mine de se diriger vers une chaise à côté.

« T'as pas rencontré d'autres voleurs de cahier depuis décembre ? » glisse-t-il l'air de rien.




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Mer 5 Mai 2021 - 18:16
En tuant une mouche, j'ai blessé une fleur

ft. Seito
Depuis le retour en classe, Youko faisait son train train quotidien. Études, études, cours, manger, dormir et les heures de clubs. Cette routine, confortable, avait quelque chose d’apaisant pendant laquelle Youko arrivait à ne pas trop penser à ses tracas familiaux, sauf lorsque sa mère appelait pour avoir de nouvelles ou son père qui lui disait qu’ils allaient faire une activité spéciale durant certains week-ends, notamment pour son anniversaire qui était passé, il y avait quelques jours de cela. La demoiselle n’avait pas voulu faire quelque chose d’exceptionnel, elle n’avait pas osé demander à des amies de fêter avec elle. Elle l’avait plutôt fêté en compagnie de son frère, sa sœur et son père.

Ce qui était un peu plus difficile par contre, c’était le club de littérature. Youko se sentait particulièrement inconfortable lorsqu’elle y mettait les pieds, surtout depuis le retour des vacances. À chaque fois qu’elle voyait Seito Mori, Youko ne pouvait pas s’empêcher de détourner la tête et se mettre à bégayer un peu plus s’il était dans son champ de vision. C’était beaucoup plus fort qu’elle ! Elle ne pouvait pas s’empêcher d’être beaucoup trop nerveuse lorsqu’elle le voyait, se souvenant sans cesse de leur première rencontre… Rencontre désastreuse.

Youko ignorait exactement comment c’était arrivé, mais elle était maintenant seule, dans la salle de club avec Mori. Youko se mit à ranger rapidement ses effets, ne tenant pas à rester particulièrement longtemps, elle ne voulait pas le déranger après tout. Sauf que voilà qu’il y lui adressait la parole. Était-ce vraiment bien à elle qu’il s’adressait ? Youko regarda autour d’elle, peut-être qu’il y avait quelqu’un d’autre dans la salle qu’elle n’avait pas vue. Après tout, son avis sur les arguments que sur leur camarade de club ne devait pas être… Si important pour Mori, non ? Mais non, c’était vraiment à elle qu’il s’adressait ! Youko eut un petit air surpris, elle n’avait même pas réfléchi à une réponse à lui donner ! Un peu embarrassée, Youko, comme à son habitude, rougit. Il eut alors un petit silence avant qu’elle dise quelque chose.  

- Je… Je crois que… qu’il était un… un… un peu ma… maladroit… Me… mais je crois… com… comprendre ce qu’il… vo… voulait dire…

Un peu mal à l’aise, Youko referma son sac, laissant sur la table que son cahier d’étude et son coffre à crayon. Regardant la salle, elle se disait qu’elle devrait donner un coup de main pour ranger la salle. Ce fut à ce moment que Seito la sauva, lui demandant de s’occuper des livres. Ah oui, il y avait des livres un peu partout, certaines personnes en avaient oublié, ce serait une bonne idée !

- Ou… Oui !

En même temps cela lui donnait une bonne occasion pour éviter le regard de Seito. Youko se mit à rechercher tous les livres laissés çà et là et les placer dans une petite bibliothèque non loin. Un peu dans son monde, l’adolescente rangeait tranquillement. Par contre, elle s’arrêta net, manquant d’échapper ce qu’elle avait dans les mains, lorsqu’il lui demanda si elle n’avait pas rencontré d’autres voleurs de cahier. Elle se sentait encore particulièrement mal de cet événement, de la tournure de tout cela. Youko avait seulement envie d’aller se cacher, aller très loin et d’éviter cette conversation. Mal à l’aise, se disant que Mori voulait probablement sa mort, Youko chercha une échappatoire pour fuir, mais il semblerait que cela ne soit pas du tout possible. Finalement, dans un souffle, elle réussit à répondre :

- N… Non…

Se réveillant un peu plus, Youko alla porter quelques livres qu’elle tenait dans les mains à leur place.  
emme

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Sam 8 Mai 2021 - 14:54
MARDI 17 JANVIER 2017



Il faudrait être aveugle pour ne pas remarquer à quel point sa présence trouble la brune. Il essaie du mieux qu'il peut de se contenir pour ne pas la brusquer outre mesure mais cela lui demande des efforts surhumains. L'angoisse de laisser échapper une bourde de plus le tenaille. Il prend soin de ne pas la regarder dans les yeux. De ne pas la presser dans ses réponses. De ne pas faire de grands gestes qui pourraient l'effrayer. Son bégaiement s'accentue à chaque fois qu'elle lui adresse la parole. Ce qu'elle ne fait presque jamais d'ailleurs. Il n'avait pourtant pas prévu d'être odieux avec qui que ce soit. La situation avait dégénéré. Plus il y repensait, plus il était persuadé que c'était entièrement sa faute. Il avait merdé et c'était loin d'être une première. Il hésite sur la marche à suivre, pesant le pour et le contre. Son humour avait été plutôt mal perçu la dernière fois. Le problème c'est qu'il ne sait pas faire autrement. Il se sent soudain très bête. En réponse immédiate, il coince entre ses dents sa lèvre inférieure et la mord violemment. Seito a l'impression d'être un éléphant dans un magasin de porcelaine.

« Tant mieux... » parvient-il à répondre.

Il regarde la jeune fille poursuivre sa tâche et décide d'en faire autant. Les chaises reviennent à leur place ainsi que les livres. Et ce dans un silence de plomb que seuls quelques raclements viennent interrompre. Il tente de se focaliser sur le ménage mais ne peut s'empêcher de jeter quelques coups d’œil anxieux vers Harasaki. Se taire n'est pas son fort. Pire encore, plus longtemps il se tait, plus l'envie de dire une connerie se fait sentir. La tension de la situation actuelle ne l'aide en rien. Il se perd dans l'imbroglio de ses pensées. Il en fait peut-être une montagne de pas grand chose mais il a beau tourner et retourner les mots dans sa tête, aucune excuse ne semble assez bien. Inutile de préciser que ça l'agace. A tel point que, lorsqu'il saisit le balai pour nettoyer le sol, sa bouche le devance.

« Tu sais, cette fois-là, je voulais pas que tu pleures. Enfin, pas vraiment... » commence-t-il. Il se retourne et s'appuie sur le manche en calant ses deux mains sur le haut. Une inspiration et il poursuit :

« J'te cache pas que tu m'avais un peu soûlé avec ton air sérieux et ton histoire de cahier. Alors qu'en vrai, j'm'étais vraiment inquiété que tu t'sois fait mal en te prenant les pieds dans ma valise. Certes, t'avais qu'à regarder où t'allais mais j'aurais aussi pu éviter d'étaler mes affaires en plein milieu du hall. Et puis t'étais toute stressée alors que j'essayais de vous faire rire et t'as juste pas compris quoi. Ou alors t'as pas voulu comprendre. Et j'ai pas aimé que tu m'accuses d'être méchant volontairement. Parce que tu m'connais pas et tu t'es juste enfuie avant même que j'puisse dire quoi qu'ce soit d'plus. Et j'avoue, j't'ai jugée après alors que j'aurais pas dû parce que j'te connais pas non plus. »

Voilà pourquoi il aurait dû préparé un semblant de discours, quelques lignes directrices qui auraient corrigé l'aspect brouillon de ses paroles. Il a conscience de ne pas avoir été clair. Les mots sont sortis tel quel, sans vraiment de but sinon de simplement exprimer ce qu'il a sur le cœur depuis le jour où ils se sont rencontrés. Ils ont le goût du reproche plutôt que de l'excuse. Sa nervosité transparaît par un geste machinal de main dans ses cheveux. Il s'adosse contre le mur et pose ses yeux sur elle.

« Bref... tout ça pour dire que... bin... je m'excuse. » finit-il par lui avouer.




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Mer 12 Mai 2021 - 3:29
En tuant une mouche, j'ai blessé une fleur

ft. Seito
Si Seito avait cette impression d’être l’éléphant dans le magasin de porcelaine, Youko avait l’impression d’être cette porcelaine que l’éléphant piétinait. Chaque fois qu’elle le voyait, un morceau était cassé, sur lequel il marchait inconsciemment. Malgré tout, Youko fit de son mieux pour continuer son travail, de ranger tous les livres. Il n’y avait pas des tonnes, mais pour le moment, elle le faisait avait tellement de lenteur que c’était équivalent. Sauf que Youko s’arrêta soudainement, lorsque Seito reprit la parole, lui reparlant de « cette fois-là ». Au fur et à mesure qu’il parlait, Youko fixait le livre qu’elle avait entre les mains, cherchant à disparaître dans le livre, comme Alice qui était tombé dans le trou ou que les enfants aient trouvé le chemin vers Narnia. Sauf que rien de cela ne se produisit. Elle laissa Mori tout lui balancer. C’était probablement mieux ainsi.

Youko craqua. Les yeux pleins d’eau, des larmes se mirent à couler sur ses joues. Son cœur battait à la chamade. Elle se sentait mal. Si mal. Youko savait qu’il n’était pas le seul fautif dans cette affaire. Elle avait sa part de tort, mais la demoiselle n’avait aucunement les mots pour exprimer tout cela. Pendant un moment, Youko envia le garçon qui était parvenu à tout lui sortir ce qu’il avait sur le cœur. Pourquoi…? Pourquoi elle en était tout simplement incapable ? Pourquoi elle ne savait pas s’exprimer comme le commun des mortels ? Youko fixa obstinément le livre qu’elle avait entre les mains, même si quelques gouttes d’eau avaient atterri sur la couverture de l’ouvrage.

Après un long silence après les excuses de Mori, Youko finit par sortir d’une petite voix cassée :

- Par… Pardon…

C’était le seul mot qu’elle était parvenue à dire sur le coup, même après un long moment de réflexion. Les larmes redoublèrent, comme si, s’excuser, lui avait pris tout son énergie. Youko se recroquevilla légèrement sur elle-même, l’envie de se cacher était très forte. Ce qu’elle avait honte ! Bien entendu, Youko ne doutait pas qu’il allait la trouver pitoyable à pleurer ainsi pour une si petite chose.

- Je… Je ne vou… voulais pas…

C’était si difficile, si difficile de lui expliquer ! Youko avait l’impression d’être une tortue, que l’information se rendait si lentement à son cerveau, puis à sa bouche. Il n’était pas son ami. Elle ne pouvait pas le serrer dans ses bras pour… Pour quoi que ce soit. Si cela avait été Neil ou Tessa, elle aurait immédiatement demandé un câlin ou en chercher tout simplement leur en faire un. Mais avec Mori, c’était beaucoup plus complexe, comme si c’était une épreuve insurmontable. Youko finit par poser le livre qu’elle avait entre les mains, puis essuya, maladroitement, toutes ses larmes qui voilaient ses yeux et dansaient sur ses joues. Elle eut un bref regard pour le garçon, puis baissa la tête. Elle devait être capable de lui dire, lui dire ce qu’il avait sur le cœur. Elle devait être une reine, une reine qui sait s’exprimer, comme Neil lui avait montré. Mais d’un autre côté, c’était difficile de lui expliquer ce pourquoi elle avait réagi ainsi.

- Je… J’ai… j’ai paniqué… J’ai… j’ai eu peur… Je ne com… comprenais… pas… pas ton… ton hu… humour… non… non plus… Je de… devais… é… étudier… Tu… Tu n’as… pa… pas é… été mé… méchant… Ce… c’ét… c’était… ma… faute…

Puis, Youko abandonna toute tentative d’explication et finit gauchement avec un petit :

- Désolée…

emme

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Dim 16 Mai 2021 - 11:09
MARDI 17 JANVIER 2017



Dans sa poitrine, son cœur bat si fort qu'il craint qu'Harasaki l'entende. Le silence s'installe entre eux alors que Seito dévisage la brune. Il sonde les émotions qui la traverse jusqu'au point de non-retour. Voilà que les vannes s'ouvrent et il encaisse ces pleurs interloqué. Il ne réagit pas sur l'instant. Il reste figé comme un demeuré face à l'ampleur des dégâts. Jamais il n'aurait pensé faire autant peur à quelqu'un. Ses doigts se serrent sur le manche du balai, jusqu'à ce que ses phalanges blanchissent. Du tourbillon de ses pensées, aucun mot ne lui vient. Sa bouche s'entrouvre uniquement pour happer l'air qui se raréfie dans ses poumons. Finalement quelques syllabes d'excuse s'échappent de la japonaise. D'une voix si fluette qu'il se demande s'il ne l'a pas rêvé. Alors qu'il cale le balai contre le mur, le ru de pleurs se transforme en torrent. Lui qui s'apprêtait à se décoller du mur pour agir, peu importe comment, s'immobilise complètement.

A présent, son cœur tambourine si fort dans sa poitrine qu'il en est lui-même assourdi. Il se passe la main sur les yeux, sur le front puis dans les cheveux et la laisse pendre mollement contre son flanc. Ses paupières se ferment quelques secondes de trop pendant lesquelles il cherche à reprendre contenance. Il a beau avoir lu des tonnes de livre, aucun ne l'avait préparé à une telle situation. Et sans marche à suivre, l'improvisation est à double tranchant. Une nouvelle tentative de communication de la kōhai, il rouvre les yeux. C'est étrange comme parfois la solution s'offre à vous sans même avoir cherché. Bien que ça ne soit pas le choix le plus rationnel, le cerveau n'en démord pas et exprime sans relâche sa volonté d'une telle entreprise. L'adolescent souffle par le nez et se redresse. Il fait un premier pas vers elle et s'arrête au milieu du deuxième alors qu'enfin, elle se livre.

Il est le grand méchant loup et elle le petit chaperon rouge. Elle devait sans doute marcher sans peur et fredonner joyeusement avant de croiser son chemin. Peut-être même s'imaginait-elle que le monde n'est que beauté et amour. Et il a débarqué avec son pelage sombre et les griffes acérées de son humour douteux. Pourtant elle rejette la faute sur ses épaules. Ses épaules semblent bien trop frêles pour en supporter le poids seule. Alors Seito consent à l'alléger partiellement en partageant cette maladresse. Il réduit la distance entre eux en avançant encore de quelques pas. Pas trop près non plus, il a conscience qu'elle pourrait partir en courant. Il penche légèrement la tête pour essayer de capter son regard fuyant. Les sillons sur ses joues, bien plus visibles à présent, le font tressaillir.

« Disons qu'on est tous les deux fautifs. Ça te va ? » répond-il après un nouveau silence.

Ces larmes font ressurgir en lui une guerre intestine dont il se serait bien passé. Il a lui-même versé des gouttes de colère et de rancœur dans cette salle. Pour autant, il a bien des difficultés à compatir car ces pleurs le ramènent immanquablement à la Chose. Celle-là même dont les pleurnicheries l'irritent et lui donnent des envies de meurtre. Le baromètre de son humeur oscille entre le mépris et l'indulgence. Une fois de plus, la sensation tenace d'être sur le fil d'une lame tranchante le prend aux tripes. De ce qui va suivre va impacter tous leurs échanges futurs. Un goût acide d'amertume lui emplit la bouche mais il se refuse de la laisser gagner. Pour conjurer le sort, il se doit de faire un truc complètement imprévisible. N'importe quoi, du moment que le brouillard qui envahit son esprit se dissipe. Un dernier pas pour combler le vide qui les sépare, un écart dans sa ligne de conduite. Un truc improvisé, qu'il ne sait pas s'il devrait faire, qu'il se dira après qu'il n'aurait pas dû faire ou, tout le contraire, qu'il a bien fait. Quelques centimètres restants, il inspire et retient son souffle comme s'il s'apprêtait à plonger dans des profondeurs extrêmes.

Dans un état second, il approche avec lenteur sa main gauche du visage de la brune. Ses doigts se posent sur sa joue humide. De son pouce il effleure sa peau et entreprend d'effacer avec douceur toute trace de la peine qu'il lui a infligée. Il la sent frissonner, et ce frissonnement parcourt sa paume, son bras, son épaule.

« J'veux pas que tu pleures pour moi. J'en vaux pas la peine. » souffle-t-il d'une voix sourde.




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Mar 18 Mai 2021 - 3:08
En tuant une mouche, j'ai blessé une fleur

ft. Seito
Pendant un moment, il eut encore un silence, un moment figé, même le temps semblait s’être arrêté. Puis, tout semblait être au ralenti, jusqu’à ce que Mori s’approche de plus en plus d’une Youko en pleurs. Youko ignorait ce dont à quoi elle s’attendait. Un peu de tout et n’importe quoi. Qu’il l’engueule, fort probablement. Mais pas du tout. Partager la faute. Youko était d’accord. Partager le problème, le rendre plus supportable, voire même être capable de passer au travers. Cela lui convenait. Pour lui signifier que cela lui allait, Youko hocha tout simplement de la tête.

Un sursaut. Youko ne put s’empêcher de sursauter légèrement lorsqu’elle sentit ce pouce se glisser contre sa peau, si doucement. Elle ne s’attendait pas à ce genre de réaction. Pour elle, tout ce qu’elle méritait n’était que violence ou rejet. Mais ce n’était pas ce dont elle avait droit. Bien au contraire. Alors que ce doigt continuait doucement ce geste, Youko frissonna. C’était peut-être à cause de l’amalgame d’émotions qui la submergeait alors qu’elle frissonnait… ou peut-être était-ce le geste de Seito, auquel elle ne s’était pas du tout attendu qui faisait qu’elle ressentait ce frisson jusqu’au bas de son dos.  Puis, après avoir retenu sa respiration pendant un moment…

Un souffle.

Sa respiration manquait légèrement, comme si ses paroles venaient de l’attendre directement en plein cœur. Elle ne comprenait pas. Elle ne parvenait pas à comprendre. « J’en vaux pas la peine. » Pourquoi ? Pourquoi dire cela ? Pourquoi était-il méchant envers lui-même. Légèrement interloquée par les propos du garçon, Youko leva la tête en sa direction, posant pour la première fois ses yeux sur lui. Elle s’attarda un moment à sa tignasse, puis à ses yeux bruns sur lequel son regard interrogateur se posa définitivement. Ses larmes finirent par lui voiler le regard de nouveau, elle avait soudainement l’impression d’être dans l’un de ces dramas qu’elle avait regardé avec Mitsuki quelques fois. Elle en était à ce moment que le personnage ne savait plus trop où se mettre parce qu’elle avait l’impression de toucher quelque chose de sensible. Youko ignorait si une telle situation existait réellement dans les dramas, mais c’était comme cela qu’elle ressentait alors la chose.

Le contact physique restait assez particulier, mais l’adolescente ne chassa pas la main du garçon, comme un peu figée par ce moment de douceur assez inattendu.

Elle devait dire quelque chose à Seito. Mais quoi ? Qu’est-ce qu’elle pourrait bien lui dire pour qu’il… aille mieux ? Pendant un moment, Youko eut envie de gonfler les joues, voulant presque bouder Seito qu’il dise une telle chose, sauf qu’il pourrait mal le prendre. Au plus profond d’elle-même, elle avait envie de lui dire qu’il avait tort, et ce fut finalement ce qu’elle répondit, avec une voix un peu enrouillée.

- Je… Je ne… tr… trouve… pas…

Un peu honteuse de cet aveu, elle abaissa les yeux. Elle devait faire un effort, un plus gros effort. Youko serra un peu les poings, s’en voulant soudainement d’avoir tant de mal à interagir avec les autres. Au moins, ses pleurs s’étaient calmés. Heureusement pour Mori.

- Je… Enfin… Eum… Tu… Tu as pris la… la peine de… de t’excuser… A… Alors tu… tu en… va… vaux la peine…

Les mains de Youko se détendirent et ses épaules s’affaissèrent. Elle se trouvait particulièrement nulle par ces propos qui n’allaient certainement pas remonter le moral de son aîné.
emme

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Sam 22 Mai 2021 - 0:44
MARDI 17 JANVIER 2017



La pulpe de son pouce contre sa peau fait de lents allers-retours. Si lents que c'est à peine s'il a conscience qu'il effleure la joue de sa camarade. Perdu dans ses pensées, il n'a d'yeux que pour la cascade de pleurs qui ne tarit pas malgré ses efforts. L'une après l'autre, les larmes viennent s'échouer sous sa paume. Sa main devient moite mais c'est le cadet de ses soucis. Il ressent comme un grand vide en lui. Ne pas en valoir la peine est une affirmation étonnante. Et pourtant Seito le pense vraiment. Personne ne le sait, tous ces sentiments qu'il refoule tout au fond de lui. Toujours plus enfouis profondément pour que jamais personne ne s'en doute. Car personne n'a à le savoir. Tout du moins personne n'a semblé s'en intéresser véritablement jusqu'à présent. Parce qu'il s'est livré à plusieurs reprises. Quelques bribes de mal-être à ses parents qui ne l'ont pas compris ou ont prétendu ne pas comprendre. Ce vide se creuse depuis maintenant plus de cinq ans. Il ne se rend juste pas compte à quel point tout son jugement est gangrené par cette rancœur.

De nouveau cette amertume dans la bouche. Il se sent soudain observé et une certaine gêne l'enveloppe. Il choisit de ne pas la montrer et soutient le regard de la brune. Sa respiration est calme à présent. L'adolescent tente d'entrapercevoir l'ombre d'une indice qui pourrait le mettre sur la piste quant à la réaction d'Harasaki. Le mouvement de son pouce se fait bien plus lent jusqu'à complètement s'arrêter lorsqu'elle ouvre finalement la bouche. Il écarquille un peu les yeux, à la manière d'un hérisson aveuglé par les phares d'une voiture. Laissés en suspens, ces quelques mots l'intriguent autant qu'ils coûtent à la jeune fille. Bizarrement ce n'est que maintenant qu'il prend conscience de la folie de son geste. Lui a-t-il vraiment caressé la joue en toute impunité ? Et si quelqu'un était entré à ce moment précis dans la salle, qu'auraient-ils fait ? A quoi cela aurait-il ressemblé ? Ah ça, pour les choix idiots, y'a pas à dire, il est le premier toute catégorie confondue. Les yeux de la japonaise le fuient un temps et ce sont ses mots qui reviennent à la charge.

Un transfert de poids s'opère. La tension qui crispait la jeune fille lui tombe dessus. Il fait un pas en arrière. Une maigre protection qui devra suffire pour l'instant. Lui qui craignait qu'elle ne s'enfuit en courant pourrait bien prendre la poudre d'escampette. Bien qu'il apprécie le geste, il ne peut décemment y croire. Entre les lèvres de la kohaï, on y ressent pourtant de la sincérité enrobé de naïveté. Et c'est précisément ce qui se cache sous l'enrobage qui l’écœure. Comme il l'a mentionné précédemment, elle ne sait rien de lui. Un gosse têtu, borné et sans cœur, ne sont-ce pas les remarques auxquelles il a eu droit depuis que la Chose est née ? Comme s'il était à blâmer dans cette histoire. Il fronce les sourcils et se retourne pour empoigner le balai qu'il avait calé contre le mur. Mais avant, il frotte sa main contre son pantalon pour en chasser l'eau salée. Dans le plus grand des silences, il entreprend d'épousseter le coin droit de la pièce. Il marque une légère pause et, entre deux coups de balai, sans la regarder, il sort de son mutisme :

« Tu sais pas c'que tu dis. Mais c'est gentil de le dire. »

Il reprend aussitôt son ouvrage. Dans ses gestes on peut y lire de la nervosité et une pointe d'agacement. Il n'en veut pas vraiment à la jeune fille. Encore une fois, elle parle sans savoir. C'est à lui qu'il en veut de baisser sa garde. Il s'en veut déjà assez d'avoir exposé ses faiblesses devant un professeur. La première impression de la brune à son sujet était sans doute la bonne. Bien qu'il se soit excusé, il refuse qu'elle se fasse de fausses idées. On ne peut pas compter sur lui. Il est une source inépuisable de déception. Ne vous méprenez pas, il est soulagé de s'être excusé. Sauf qu'une fois la tâche accomplie, il ne voit d'autre issue que de se montrer neutre. Il a bien pensé à quelques traits d'humour mais il craint qu'ils ne soient malvenus. Il doute qu'Harasaki sourisse en l'entendant bégayer 'Ah vr... vraiment ? Cite-moi... une seule... rai... raison'. Les fibres du balai glissent sur le sol et font prisonnier les moutons de poussière.

« Si t'as fini avec les livres, tu peux y aller. J'en ai plus pour longtemps avec le balai et t'as sûrement mieux à faire que d'me regarder. » lâche-t-il, le dos face à elle.




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Dim 30 Mai 2021 - 3:45
En tuant une mouche, j'ai blessé une fleur

ft. Seito
Toute la douceur dont Seito Mori faisait preuve apaisait la jeune demoiselle qui se portait mieux. Normalement, cela devrait la gêner, mais cette douceur après toute cette tempête, la rendait légèrement amorphe, presque inconsciente de ce qui se passait. Leurs regards finissent par se croiser, un regard soutenu, ce qui était fort peu habituel venant de la jeune japonaise. Des mots furent alors lancer dans la salle et tout bascula de nouveau.

Les mots de Seito firent un mal au cœur de Youko. Cependant, elle se disait qu’elle n’avait pas envie de pleurer de nouveau et ravala toutes les émotions reliées à cette déception et cette amertume. Chose certaine, c’était qu’elle l’avait embêté, elle l’avait bien senti. Cela la laissa pantoise, comme si elle ignorait maintenant ce qu’elle devait faire, ce qu’elle devait dire. Qu’est-ce que ses amis feraient bien à sa place ? Ils auraient bien pu la conseiller, mais c’était bien difficile de faire comme eux. Devait-elle se fier à son instinct ? Cela semblait quelque chose de fort périlleux, mais c’était la solution que Youko y voyait.

Seito fut cependant un peu plus rapide qu’elle, lui disant qu’elle pouvait quitter. Par contre, elle ne semblait pas vouloir bouger, son corps lui disait qu’il serait bien mieux qu’elle reste encore un peu, juste pour essayer quelque chose.

Un effort. Un dernier effort. Une demande, une envie presque soudaine, un élan pour tenter d’apaiser toutes ces mauvaises ondes qui les entouraient. Un désir de faire la paix. Mieux, un pas vers cette paix. Youko avait aucune idée si son aîné allait accepter sa demande loufoque. Sans demander son avis ou quoi que ce soit, l’adolescente s’approcha de Seito, et timidement, doucement elle attrapa le bas du t-shirt du garçon, comme si cela avait été une ancre, et lui demanda :

- Est-ce que tu… voudrais… C’est bientôt… l’he… l’heure du repas…  Je me disais qu’on… peut-être… faire connaissance ? Tout… Tout recommencer…

Youko lâcha le morceau de t-shirt de Seito. Se rendant compte que c’était la chose la plus idiote à demander et que son geste l’était tout autant. Elle vint poser ses mains contre son cœur, reculant de quelques pas, ajoutant dans un murmure :

- Lai… Laisse tomber… Ce… Ce n’est pas… vraiment… une bonne… idée… Je crois… Je ne veux pas… t’embêter… en… encore plus…

Les joues rouges comme à son habitude, Youko commença à s’éloigner, prenant tous ses effets, son sac sur son dos, son précieux cahier entre ses doigts. L’idée de le laisser terminer seul attristait un peu Youko qui aurait bien voulu, tenter, d’une façon ou d’une autre, de réparer les pots cassés. Cependant, pour le moment, elle ne pouvait pas faire plus que lui proposer qu’ils passent un peu de temps ensemble pour que cela s’arrange. Une partie d’elle, lui disait à quel point elle ne pouvait pas être amie avec tout le monde et que cette mésentente avait déjà tout foutu en l’air, mais son côté naïf voulait bien croire qu’elle serait capable de s’entendre d’une façon ou d’une autre avec Seito.  
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Mar 1 Juin 2021 - 22:05
MARDI 17 JANVIER 2017



Il sent sa présence dans son dos et cela l'oppresse au point qu'il inspire et expire fortement pour ne pas exploser. Si la japonaise ne part pas très vite, il se pourrait que ses mots dépassent ses pensées et qu'il regrette une fois de plus de s'être emporté. Alors il grignote sa lèvre déjà en lambeaux et balaie le sol comme si sa vie en dépendait. Parce qu'il la sent monter cette colère malsaine. Elle lui ronge le sang et fait palpiter ses tempes. Seito tente de la maîtriser et serre si fort le manche du balai que ses phalanges sont d'une pâleur extrême. Il a échoué. Lamentablement échoué. Même pas capable de recoller les pots cassés. Il s'est excusé mais la situation reste identique. Tendue. Et il n'a aucun foutre idée de quoi faire pour arranger les choses. Car il a la sensation d'avoir déjà fait le maximum. Sa main sur sa joue, d'une témérité affolante, était de trop. Il le sait mais c'est trop tard. Et puis quoi ? Pourquoi tient-il tant à apaiser la tension entre eux ? Qu'est-elle pour lui ? Rien à vrai dire, une fille de plus qu'il croise sur le campus. Alors oui, ils sont dans le même club. Mais est-ce que cela implique pour autant qu'ils soient complices ? Plus il y pense, plus les doutes l'assaillent. L'adolescent n'a certainement pas besoin que tout le monde l'apprécie. Il resterait vivant même si personne ne lui accordait d'importance. Tous ces sentiments ne sont qu'un poids mort que les humains traînent derrière eux à longueur de temps. Au diable les états d'âme, il a besoin d'air, il a besoin d'espace, il a besoin...

D'une main qui agrippe son t-shirt. Il se fige. Un raz-de-marée d'émotions contradictoires le défigure. Maman, regarde. Mamaaaan, regarde ma photo de classe, je suis là et eux ce sera bientôt mes copains, il s'appellent... Attends mon chéri, le bébé pleure. Je reviens, ça ne sera pas long. Papa, tu peux m'aider avec ce problème de maths ? Oh mais regarde ta sœur, elle marche ! Oui, viens voir Papa, ma belle ! Viens ! Dis Maman, tu veux bien me raconter une histoire ? Je t'ai entendu en raconter à elle... Elle a un prénom Seito, Megumi est ta sœur. Et puis, de quoi parles-tu ? Te raconter une histoire ? Mais tu es trop grand maintenant pour les histoires, ce n'est plus de ton âge enfin.

Tout recommencer. Si elle savait à quel point il le souhaite. Comme il aimerait effacer toute cette haine qui lui pourrit les entrailles. Il entrouvre les lèvres mais aucun son n'en sort. Il ne bouge pas non plus. Trop interloqué pour réagir. Et dire que c'est la plus timide qui fait le premier pas. Et quel pas ! Un pas de géant qui les dépasse tous deux. L'adolescent est pris au dépourvu. Il ne réagit pas plus quand elle s'éloigne et qu'elle se justifie. Pas plus qu'il n'esquisse un mouvement quand il l'entend ranger ses affaires. Le regard bloqué au sol, sa prise se raffermit sur le manche. Il ne doit pas la laisser partir. Ce serait une grossière erreur. Il ne pourrait décemment plus la regarder en face s'il s'abaissait à une telle méchanceté. Pas plus qu'il ne pourrait se regarder en face. Que c'est dur de ravaler sa fierté. Il a envie de hurler et de jeter le balai au sol. Quelle situation pourrie ! Et qu'est-ce qu'il est con ! Contre toute attente, au tout dernier moment, Seito fait volte-face. Il rattrape la jeune fille en deux pas et lui saisit brutalement le poignet.

« C'est d'accord. Mangeons ensemble. » déclare-t-il à moitié essoufflé.

Il délace ses doigts de son poignet et se recule. Ses joues chauffent un peu sous l'embarras d'une telle déclaration. Il prend une grande inspiration pour calmer les palpitations de son cœur sans quitter Harasaki du regard. Seito, le balai toujours dans une main, se rend compte de l'absurdité de la scène et se met à rire nerveusement.

« Je repose ça et on peut y aller. » dit-il en joignant la parole aux gestes.

Le balai rangé, la salle de club est de nouveau présentable. Il retourne auprès de la jeune fille et fourre dans son sac les quelques affaires qui traînent. Un peu rapidement, soudain anxieux qu'elle change d'avis au dernier moment. Il le jette sur son épaule et s'enquiert :

« C'est tout bon. On y va ? » Il esquisse un début de sourire, relativement timide, et ajoute : « T'as faim au moins ? »




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Dim 6 Juin 2021 - 4:38
En tuant une mouche, j'ai blessé une fleur

ft. Seito
La réponse qu’il lui avait donnée… En aucun cas Youko s’était permise de l’espérer. Même chose avec la réaction que Seito avait eu. Il lui avait attrapé le poignet. Pendant l’espace d’un instant, Youko eut l’impression que la vie de Seito en dépendait. Dépendait de ce geste, comme s’il voulait se raccrocher à cette demande toute simple. La demoiselle ne pouvait pas expliquer exactement ce pourquoi elle avait ressenti cela, peut-être était-ce à cause de l’urgence de son geste ou la force qu’il y avait mis ? La réponse n’était pas tout à fait la bonne. L’adolescente se retourna vers son camarade de club, alors qu’il lui accordait ce droit si inespéré de manger en sa compagnie.  

Le regard de Youko se posa d’abord sur leurs mains, puis se leva lentement jusqu’au visage rougit de l’adolescent. Lentement, son poignet était libéré et timidement, Youko esquissa un petit sourire. Elle était contente. Le dialogue entre eux deux n’étaient pas des plus simples, des plus fluides, mais peut-être qu’avec le temps, ils se comprendraient un peu mieux. Enfin, c’était le souhait secret de la jeune japonaise. Probablement pour la première fois depuis qu’elle l’avait rencontré, Youko se sentait calme. Elle sentait qu’elle pourrait lui parler sans risquer que l’un d’eux explose.

Pendant un moment, l’adolescente se rendit compte que le garçon était particulièrement tactile. Il avait essuyé quelques larmes lorsqu’elle pleurait, il lui attrapait le poignet… Rarement dans sa vie, un garçon avait posé autant ses mains sur elle. Cela troubla Youko pendant quelques instants. Elle n’était pas mieux non plus, elle avait tout de même attrapé son t-shirt… Devrait-elle s’excuser pour cela ? Regardant Seito ranger le balai, elle se dit que ce n’était nullement le moment de le faire, peut-être un autre jour, un autre moment. D’ailleurs, il revenait déjà vers elle, prenant ses effets et s’assurant qu’ils pouvaient enfin partir. Tous ses effets avec elle, elle hocha d’abord de la tête, puis ajouta quelques mots, cherchant à prendre une certaine assurance :

- On… On peut y a… aller.

La deuxième question laissa Youko un peu perplexe. Si elle avait faim ? La question avait un petit quelque chose de curieux. Manger n’était pas avant tout une nécessité ? Qu’est-ce que son corps lui disait à propos de cela en ce moment… Elle venait de vivre beaucoup d’émotions, ce qui rendait le verdique assez… Complexe. Jouant avec une mèche de cheveux, Youko chercha la réponse la plus propice.  

- Un peu…

Inutile de dire qu’elle ne mangeait probablement pas assez, que sa mère lui rappelait beaucoup trop souvent l’importance d’une saine alimentation et d’éloigner le plus possible les « cochonneries », sucrerie et toutes les autres bonnes choses. Finalement, penser à manger lui donnait légèrement faim. Ensemble ils se mirent en direction de la cantine. À vrai dire, Youko l’avait invité, mais n’avait aucune idée de ce qu’elle pouvait bien discuter avec lui. Un voile d’ombre masqua momentanément ses yeux. Toutes les questions auxquelles Youko pensaient étaient probablement puériles aux yeux de Seito. Et l’idée de ne rien dire tout le long du trajet, serait probablement malaisant.

Que lui conseillerait Neil ou Tessa à ce moment-ci ? Peut-être devait-elle poser une question au hasard, un truc qui lui venait en tête ? Cependant, sa nervosité et toute la pression qu’elle se mettait rendaient l’opération fort complexe.

- Est… Est… Est… ce… Est-ce…

Se rendant compte qu’elle était incapable de formuler une phrase correcte, Youko baissa les yeux, alors que son cœur se tordait tant que la honte était beaucoup trop grande. Grandement déçue d’elle-même, l’adolescente murmura un petit :

- Dé… Dé… Désolée…

emme

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Sam 12 Juin 2021 - 11:57
MARDI 17 JANVIER 2017



La simplicité de la réponse ne l'étonne pas outre mesure. La kohai, du peu qu'il la connaît, n'a jamais fait preuve d'une explosion de sentiments. Sur ce point, il a une fâcheuse tendance à écraser tout le monde. Une vraie girouette. Donc ce n'est pas la forme succincte de son retour qu'il l'interpelle mais le contenu. Il est impensable d'avoir un peu faim. Soit tu as faim, soit tu n'as pas faim. C'est simple et ça ne requiert pas une introspection draconienne pour s'en assurer. Après une journée de cours, il a généralement une faim de loup. Et, bien que ses entrailles aient été retournées par des sentiments contradictoires et passablement désagréables un peu plus tôt, son ventre demande son dû. Il la regarde de biais et lui fait remarquer tandis qu'ils quittent la salle du club :

« Donc tu as faim. A moins que tu dises 'un peu' parce que tu es petite. Et genre plus t'es grand, plus t'as faim. C'est proportionnel. J'ai rencontré un gars de 3ème année, il est géant. P't'être que lui il dit qu'il a une faim d'ogre. Mais du coup ça voudrait dire que moi j'ai une faim de... euh... de renard ? »

Il rigole en s'imaginant que l'appétit des gens détermine leur nature profonde. Espérons que la jeune fille ne se projette pas en poule ou alors il serait malvenu qu'il se soit présenté en tant que renard. Les couloirs se remplissent progressivement du flot des élèves heureux d'en avoir finis avec la journée. L'air est aux discussions endiablées et aux rires contagieux. Seito se repaît de cette ambiance bon enfant et en oublie l'espace d'un instant la présence de la jeune fille. Elle se rappelle à lui via un début de question très vite avortée. Il tourne la tête et pose un regard intrigué sur elle alors qu'elle s'excuse. Il semblerait que sa timidité maladive ait repris le dessus.

« Pourquoi tu t'excuses ? » demande-t-il patiemment. « Elle avait pas envie de sortir maintenant ta question, c'est tout. Elle finira bien par sortir plus tard. Et j'prendrai soin d'y répondre à c'moment-là. » ajoute-t-il en haussant les épaules.

Une moitié de sourire aux lèvres, il reporte son regard devant lui. Juste à temps pour esquiver un groupe d'élèves chahuteur. Un pas sur le côté qui bouscule légèrement Harasaki.

« Oh pardon ! » s'empresse-t-il de s'excuser avant de se retourner et de s'exclamer : « Et mais faites gaffe là ! Le couloir est pas qu'à vous ! »

Il lève les yeux au ciel et poursuit sa route, la jeune fille à ses côtés. Sa petite taille peut lui valoir de passer inaperçu mais il a de la ressource et sait user de sa voix pour ajuster l'équilibre sur la balance. Des années d'entraînement pour travailler son répondant. Et bien qu'il lui ait souvent attiré des ennuis, il en tire de la fierté. Il préfère de loin prendre des coups plutôt que de se faire marcher sur les pieds. Alors qu'ils franchissent le seuil du bâtiment pour traverser la cour en direction de la cantine, Seito ne peut contenir plus longtemps sa curiosité.

« J'ai une question à te poser mais j'suis pas sûr qu'elle te plaise. » lui confie-t-il. Le regard d'abord dans le vague, il baisse les yeux vers la brune et reprend : « Alors j'vais la poser et libre à toi d'y répondre si t'as envie. »

Vivre dangereusement, sur le fil tel un funambule. Sans jamais de filet pour se rattraper. Avec pour but sous-jacent de vivre pleinement sans regrets. Il inspire et ne laisse pas traîner ce blanc plus longtemps :

« Tu as toujours bégayé ? »




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Dim 13 Juin 2021 - 22:16
En tuant une mouche, j'ai blessé une fleur

ft. Seito
Seito se mit à parler de l’appétit des gens, comment cela peut être proportionnel à la grandeur des gens. Elle trouvait ça rigolo qu’un grand de 3e ait un appétit d’ogre. Peut-être que ça n’allait pas seulement avec l’âge, mais aussi avec l’année d’étude… Enfin, tout cela faisait beaucoup trop réfléchir Youko, qui se mit à chercher quel animal elle pourrait correspondre. Après un petit instant, elle finit par répondre.

- Je… Je dois avoir un…un appétit de… Mmh… De… de… colibri ? Ou… Ou un chat… vu… vu que je… je ne suis pas si… petite…

Finalement, Seito n’était pas si méchant que cela. Youko commençait même à le trouver amusant. Même que parler de trucs absolument différents faisait un peu de bien. Beaucoup plus de bien que de tenter de poser des questions qui n’aboutissaient pas. Heureusement, Seito était présent pour l’aider un peu plus. Elle ne lui en demandait pas tant. Il avait tout simplement dit que la phrase ne voulait pas sortir et sortirait lorsqu’elle voudra et… cela retira un grand poids sur les épaules de l’adolescente. Cela ne semblait pas l’embêter plus que cela, ce qui était très rassurant pour elle. Son stress descendit un peu, elle se sentait presque normale. Youko allait pour lui reposer la même question, avec un peu moins d’angoisse, mais ils se firent bousculer. Enfin, ce fut surtout Youko qui se fit bousculer, mais n’en voulu pas plus que cela à Seito. L’adolescente lui fit un petit sourire rassurant, en lui disant :

- Ce… Ce n’est pas… pas grave…

Reprenant leur route, Seito sembla se diriger en terrain glissant. Youko le voyait venir, mais espérait, de tout cœur que ce n’était pas cela qu’il voulait aborder… Cette question qu’on lui pose parfois. Cette question qui la mettait souvent dans tous ses états. Youko s’arrêta un court moment. La question l’avait atteint en plein cœur. C’était quelque chose qui n’était pas évident, autant d’entendre la question que de donner une réponse sans paniquer. Cependant, Youko faisait des efforts surhumains pour faire comme si c’était correct, normal même. Par contre, ce n’était pas du tout évident. Sa respiration se faisait de plus en plus difficile, comme si elle avait encore une fois envie de pleurer. Son cœur battait à la chamade, elle stressait. Pour rien, pour tout.

Prenant son courage à deux mains, la demoiselle reprit la marche aux côtés de son camarade de club. Après une bonne inspiration, elle leva un moment la tête en direction de Seito, avant de détourner le regard. C’était quelque chose de difficile à avouer, l’adolescente savait qu’elle n‘aurait pas le courage de lui raconter le tout en le regardant dans les yeux. Youko se doutait que la réponse ne serait pas satisfaisante pour le lycéen. Mais c’était la seule chose qu’elle pouvait lui dire.  

- Je… Je crois que… oui… Je… Je ne… me… sou… souviens… pas… trop quand… ça… ça a com… commencé…

Peut-être que c’était trop peu, peut-être qu’elle devrait en dire davantage, question que la curiosité de Seito soit un minimum satisfaite. Après une nouvelle respiration, Youko continua ses semblants d’explication.

- Mais… Mais je… je trav… travaille… pour… pour m’a… m’amé… liorer… Ce… C’est… di… difficile…

Youko aimerait tant lui dire qu’elle en avait marre de parler comme cela, comment cela lui déplaisait lorsqu’on se moquait d’elle parce qu’elle avait d’atroces difficultés. Elle aimerait tant être comme les autres. Comme Mitsuki par exemple, ou Tessa, bref… Tout ceux qui parvenaient à s’exprimer clairement sans… Sans tout cela. Sans ces difficultés. Les épaules de la demoiselle s’affaissèrent légèrement.
emme

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Jeu 17 Juin 2021 - 20:07
MARDI 17 JANVIER 2017



Le fait qu'elle s'arrête est mauvais signe. Quel abruti il fait. A peine sorti du précipice qu'il y saute à pieds joints volontairement. A la dévisager, il ressent toute la détresse qui transparaît à travers les pores de sa peau. Il ne dit rien. A la place, il s'assure qu'aucun débordement oculaire ne vienne ruiner l'ambiance qui s'était légèrement détendue. Elle se remet en mouvement et il expire. Son regard croise le sien, quelques secondes seulement. Il tente de se montrer rassurant bien que son visage soit un peu inquiet. Il appréhende sa réponse. Ou plutôt son absence de réponse. Une chose est sûre, si elle ne lui répond pas, il n'insistera pas. Il trouvera bien autre chose à dire vu qu'ils ne se connaissent pas vraiment. Et, contre toute attente, elle le surprend en surmontant sa timidité. Il ne l'interrompt pas, même quand elle marque une pause. Peut-être parce qu'il se persuade que ce faisant, elle pourrait se taire à jamais. Tragédie qu'il ne souhaite à personne, pas même aux gens qui l’insupportent. Alors il comprend tout à fait qu'elle juge sa situation difficile. Il se sentirait carrément handicapé à sa place. Son répondant, c'est lui tout entier. S'il n'a pas ça, il ne sait pas trop ce qu'il lui reste. C'est avec une moue dubitative qu'il répond :

« J'trouve que tu t'en sors déjà pas si mal. J'imagine même pas les efforts constants que tu dois faire, ça doit être fatiguant à la longue. Genre t'as jamais de répit. »

A ces mots, une ampoule s'illumine dans sa tête. Il a soudain l'idée d'un petit jeu stupide mais tellement libérateur qu'il se doit de lui partager. Sans plus attendre, il embraye :

« Tu sais quoi, il te faut un terrain d'jeu. De quoi te défouler. Parce que c'est important de décompresser des fois, tu crois pas ? »

Un sourire timide sur les lèvres, il poursuit :

« Pour ça, j'vois qu'une solution. Parler. Enfin non, pas simplement parler. Ce serait trop facile. Il faut que tu dises tout ce qui te passe par la tête. Même si ça sort pas du premier coup, même si c'est haché, même si c'est n'importe quoi. »

Son sourire se fait plus franc alors qu'il s'apprête à appliquer ses préceptes. Rien de mieux après la théorie que la pratique. Comme ça, elle comprendra immédiatement où il veut en venir. Il inspire et se lance dans un puits sans fin de paroles bigarrées.

« Démonstration. –  Un premier regard vers le haut – J'aime bien quand les nuages sont bas dans le ciel et qu'ils forment de grosses boules de coton. – Un léger mouvement de tête vers une brune – Cette fille nous suit des yeux depuis qu'on est sorti, je crois qu'elle est éblouie par notre démarche assurée. En même temps normal, on lit des livres, on a l'air intelligent. – Il pointe du doigt un banc à gauche – Sur ce banc là-bas, j'ai dessiné une tête de mort que j'ai raturée parce qu'elle était dégueu. – Toujours à gauche mais vers le fond – Et sur l'écorce de cet arbre, un jour, j'ai vu un scarabée embrasser une fourmi. Enfin j'suis presque sûr que c'était ça. J'avoue, j'étais loin. – Il rigole et un élève passe à côté d'eux – Oula, cette couleur de manteau, j'aurais pas osé perso. – Il se penche vers Harasaki – Et ces motifs de chaussettes non plus.

Il conclût là-dessus en pouffant de rire. Non mais franchement, à quel moment ce gars s'est dit que des chaussettes émoji étaient une bonne idée ? Il aurait pu continuer encore longtemps mais toutes les bonnes choses ont une fin. De plus, il aimerait que la brune se lance à son tour. Alors qu'ils approchent de la porte du bâtiment qui abrite la cantine, il lui fait son plus beau sourire.

« Et voilà, c'est comme ça qu'on fait ! Tu veux tester ? » lui demande-t-il, les yeux plein de malice.




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Sam 19 Juin 2021 - 4:17
En tuant une mouche, j'ai blessé une fleur

ft. Seito
 Sur le coup de la surprise, Youko jeta un coup d’œil à Seito, les joues toutes rouges. Elle n’avait pas l’habitude d’entendre de tels propos. Ou ils étaient peut-être un peu trop rares ? Ces encouragements faisaient tout de même plaisir à entendre. L’adolescente hocha tout simplement de la tête lorsqu’il lui dit que ce devait être assez fatiguant.  Par moment, cela l’épuisait complètement. Les interactions sociales devaient beaucoup trop difficile pour Youko, qui se demandait comment elle réussissait à survivre dans cette école par moment.

- Mer… Merci…

Youko ignorait quoi dire de plus. Que Seito ait conscience que c’était difficile pour elle, lui faisait grandement plaisir. Ça lui donnait une certaine émotion, bien qu’elle eût du mal en ce moment à trouver le bon mot pour dire ce que s’était. Peut-être de la reconnaissance ? Elle ne saurait dire avec exactitude. C’était un peu embarrassant tout cela. Youko se disait qu’elle devait dire autre chose, mais il semblerait qu’il y eut quelque chose dans la tête de Seito, comme une sorte de déclic qui c’était fait. S’il avait eu une ampoule au-dessus de sa tête, elle se serait illuminée, c’était une chose certaine !

Il lui parla alors d’un terrain de jeu. La notion avait quelque chose d’assez abstraite pour l’adolescente. Où pouvaient-ils bien jouer ? Après tout, ils n’étaient plus des enfants et il n’y avait pas de modules de jeux dans le parc du lycée. Youko était un peu perplexe devant cette proposition.  Il voulait qu’elle dise tout ce qu’il lui passait par la tête ? Comment était-ce possible ? Était-ce possible tout simplement ? Ne l’avait-elle pas déjà fait avec Neil, peut-être lors de ces exercices un peu débiles qu’il lui faisait faire de temps à autre… La demoiselle allait pour dire qu’elle comprenait parfaitement ce qu’il lui demandait, bien qu’elle doutât de la réussite de cet exercice, sauf que Seito semblait vouloir faire une démonstration. C’était un peu tard pour qu’il recule.

Du coup, Youko écouta toutes les pensées de Seito verbalisait. Elle se demandait par moment comment il réussissait à faire tout cela, pratiquement comme s’il ne réfléchissait pas du tout, comme si c’était la chose la plus naturelle du monde ! Youko était tout simplement impressionnée. Impressionnée par ce flot de parole qui équivalait probablement tout ce que Maka était capable de dire !

Et lorsqu’il eut fini, Youko ne put s’empêcher : elle éclata de rire. Un rire franc, qu’on n’entendait pratiquement jamais sortir de ses lèvres. Un rire presque incontrôlable, qui lui donnait presque mal aux ventres. Cela était, pour elle, pratiquement indécent. Toute cette spontanéité avait déclenché cette hilarité qui n’était pas habituelle. Il fallut un petit moment à Youko pour se calmer. Si elle c’était attendu à tout ça ! Seito lui paraissait maintenant comme un vent de fraicheur, plutôt qu’une pression sur son cœur.

- Je… Je peux es… essayer, dit-elle un peu incertaine, alors qu’elle reprenait son sérieux.

Elle ne savait pas comment elle pourrait faire aussi bien que Seito. Les voilà maintenant qu’ils arrivaient devant la cantine et la file de lycéens et d’étudiantes qui voulaient tous leur repas. Un peu nerveuse devant cet exercice, Youko ferma un moment les yeux et se mit à respirer profondément avant d’ouvrir à nouveau les yeux avant de se mettre à tout balancer ce qui lui passait par la tête… Ce qui n’était pas chose aisée, compte tenu qu’elle avait toujours dû penser à ce qui était le mieux avant de dire ce qu’elle voulait ou pensait réellement. Du coup, tout en bégayant, Youko se lança :

- J’aime bien aller à la cantine… Ça sent toujours bon… Mais elle me fait toujours un peu peur parce qu’il y a beaucoup de personnes. J’aimerais bien un jour aller marcher sous la pluie sans parapluie, peut-être durant l’été… Ce moment avec toi me plaît bien… J’ai hâte de continuer d’écrire mon histoire, je pense faire ça après mes devoirs. Je voudrais bien m’acheter du nouveau matériel d’art ou juste des nouveaux crayons. Je n’aime pas attendre en file, parce que j’ai l’impression que tout le monde m’observe, ça me rend un peu nerveuse.


Youko s’arrêta, comme si elle était essoufflée par tout ce travail, toutes ces choses qu’elle avait dites. Elle avait rarement autant parlé pour rien dire comme cela ! Et c’était tout aussi épuisant que d’essayer de moins bégayer.

- Ce… C’était… bien ?, dit-elle en regardant Seito, les joues rouges par tout l’effort qu’elle venait de faire. Elle voulait vraiment bien faire, même si ce n’était pas du tout dans sa tasse de thé.

Youko avait tellement toujours eu l’habitude de devoir tout bien faire qu’elle avait quand même un peu peur que son compagnon de repas lui dise que ça n’allait pas du tout.


emme

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Tuant une mouche, j'ai blessé une fleur Youko110
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Seito Mori

Tuant une mouche, j'ai blessé une fleur Empty Re: Tuant une mouche, j'ai blessé une fleur

Sam 26 Juin 2021 - 22:44
MARDI 17 JANVIER 2017



Oh ce rire ! C'est de loin la chose la plus sincère qu'il ait entendu depuis une éternité. D'une pureté inégalable, qui l'ébranle en profondeur. D'abord surpris, il mêle son rire au sien. Et ces harmonies effacent l'anxiété passée. Plus de rancœur pour cette fille qui a parfois les épaules fragiles face à ce poids constant qu'elle supporte. Alors oui, il a fallu d'une fois de trop pour qu'elle éclate. Et malheureusement, Seito se trouvait là à ce moment précis. A la regarder rire de manière si désinvolte, il aime à penser que c'était une bonne chose. N'y a-t-il pas de plus belle récompense que d'inspirer la joie après avoir connu la tempête ? D'autant qu'elle accepte de se prêter au jeu. Il affiche un grand sourire d'encouragement. Bien qu'il se doute qu'elle ne fera jamais preuve de la même fluidité que lui, il sait qu'elle est tout à fait capable de laisser libre cours au flot de ses pensées. Parce qu'à force de les contenir, de peur qu'elles ne viennent pas d'un coup, il est sûr qu'elles se pressent au bord de ses lèvres avec insistance. Il ne suffit que de les entrouvrir, très légèrement, pour que le charme opère.

Et quel charme ! Seito ne la lâche pas une seule fois du regard alors qu'elle épanche ce qu'elle a sur le cœur. Une pensée après l'autre, à faire fi de son bégaiement, il ressent une once de fierté. Sous couvert de ce petit jeu se cache une étonnante constatation. Elle a eu assez confiance en lui pour lui faire part de ce qui la touche de près ou de loin. Des pensées fugaces, certaines superficielles, d'autres plus personnelles. A la manière d'un polaroid, il tente de figer ces éclats de sincérité disparates. Il a soudain à cœur de retenir tout ce qu'elle dit pour y faire honneur un jour. Pas forcément dans l'immédiat. Ce serait même plus admirable qu'il s'en souvienne des mois plus tard. Une sorte de preuve que cet instant est bien réel. Un doux sourire flotte sur ses lèvres alors qu'ils s'arrêtent à la fin de la file de la cantine. La magie du moment perdure encore quelques instants jusqu'à ce que la brune lui demande son avis. Il la regarde étonné et s'exclame :

« Si c'était bien ? C'était génial Harasaki-chan ! T'étais pas loin de surpasser le maître même si tu manques encore un peu d'endurance. A force d'entraînement, t'auras ni le souffle court ni les joues rouges. Corrige-moi si j'me trompe mais j'suis persuadé que c'est la première fois que tu laisses carte blanche à tes pensées. Et tu vois comme elles ont été contentes que tu les laisses s'exprimer pleinement. Est-ce que tu ressens le bien que ça fait ? »

Il comprend qu'au départ ce soit dur. Depuis tout petit, on nous apprend à contenir nos émotions, à faire bonne figure face à l'adversité, à ne jamais élever la voix quand une chose nous dérange. Il suffit d'un faux-pas et le rappel à l'ordre est immédiat. Jusqu'à la goutte de trop. Jusqu'à la Chose, où il a tout envoyé valser. Parler haut et fort, être franc même quand la situation exige le contraire et surtout, laisser libre cours à sa colère. Trop de gens font l'erreur de se renfermer sur eux et s'étonnent de l'implosion. Il a eu un tout petit aperçu de la rage qui bouillonne dans son sang. Qu'elle contient, tant et si bien que ça la fragilise plus que ça ne l'aide. Alors il ne peut que l'encourager à aller vers cette libération des sentiments. Retirer la bride qui lui ceinture le cerveau.

« Moi j'dis, t'as bien mérité ton repas ! » lui fait-il remarquer, enjoué.

La file avance et ils passent l'un après l'autre le tourniquet d'entrée. Il va jusqu'à être galant en la laissant passer devant. Le choix d'une entrée est rapide, le plat demande déjà un peu plus de réflexion. Il jette un œil à son plateau et lui demande :

« Qu'est-ce que tu choisis de bon ? Moi j'crois que j'vais partir sur un katsu curry au porc. Il donne beaucoup trop envie. »

Une fois le choix du repas décidé et un dessert sur le plateau, ils se dirigent vers une table libre. Juste après qu'ils s'y soient installés, Seito ne peut s'empêcher de demander :

« Et ce soir, est-ce qu'elle te fait peur la cantine ? »

Parce qu'il peut s'improviser chasseur de peurs si elle le souhaite.




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