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Yukio Ogawa
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Dim 16 Mai 2021 - 22:51





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Yukio poussa la porte de l'épicerie sans motivation, d'un geste puissant mais emprunt d'une lassitude perceptible en cette fin de journée. Les vendredis soir, le jeune homme n'était jamais saisi d'une excitation particulière: les semaines se terminaient, et le grand brun à l'air déjà peu enjoué de nature songeait, avant tout, à oublier les angoisses et les tracas qui l'assaillaient la semaine comme autant de vautours tombant sur une carcasse faisandée. Cette fin d'après-midi ne faisait pas exception, bien que le travail l'eut épargné, occupé qu'il avait été par son emménagement, Yukio n'était doté d'aucun entrain flamboyant.

A vrai dire, l'idée de se présenter à son nouveau travail à peine deux jours plus tard, soit le 23 janvier, le rendait anxieux. Bien sûr, il serait à la hauteur, ça ne faisait aucun doute, mais les autres sauraient-ils le percevoir ? Après tout, le professeur ne connaissait absolument personne à Kobé: si ça se passait mal, il n'y aurait personne sur qui passer ses nerfs, et pas plus de monde pour le conseiller. Yukio était seul face au vaste monde, cette ville était par certains côtés effrayante, et toute cette nouveauté semblait parfois insurmontable. Lundi, il allait falloir plonger tête la première dans le grand bain, et le jeune homme n'était certain ni de savoir nager, ni de ce dont pouvait bien être remplie la piscine.

La boutique était bien calme. Au milieu des rayons étroits et biscornus, quelques clients promenaient sur les étalages de produits divers leurs regards silencieux. Yukio ne porta aucune attention aux personnes présentes dans le Konbini, tout juste s'assura-t-il qu'une personne était présente à la caisse, attendant avec un sourire gêné le chaland désabusé. Il soupira: il avait faim, mais le choix dans ce magasin allait être à la fois inexistant et trop large; il allait encore mettre une heure à se décider, et choisir sans conviction. La légère odeur de pot-au-feu présente dans l'établissement dissipa néanmoins quelque peu son pas pesant: c'était quand même déjà pas mal de disposer d'un "convenience store" à moins de 30 secondes à pieds de la porte de son immeuble.

Le professeur avait emménagé quelques jours avant, et il fallait bien avouer que n'avoir à se donner, pour seule et unique peine, l'effort de se porter dans l'ascenseur pour trouver à manger, était quand même assez confortable ! Le premier jour, n'étant qu'au troisième étage, Yukio s'était fixé pour consigne de n'utiliser que l'escalier. Cette bonne résolution avait été rigoureusement suivie pendant approximativement 16 heures consécutives, avant que l'attrait de l'ascenseur ne se soit mué en chant digne d'une sirène lascive et vicieuse. Tout se perdait, même lui n'était plus aussi attaché aux règles qu'il se fixait lui-même. La société coulait tous azimuts, et ça déteignait même sur les meilleurs, se disait-il.

Au moins, les voisins n'avaient pas l'air trop embêtants. L'appartement lui avait été conseillé par l'administration de l'université, et ce faisant, le professeur avait craint de se retrouver entouré d'entités particulières. On trouvait souvent des animaux étranges dans le personnel des universités: des bibliothécaires ayant perdu la parole à force d'ensevelissement sous le poids des archives, des profs de sciences tenant plus du robot que de l'homme, ou pire encore, des profs d'arts plastiques complètement déjantés, écoutant de la musique après 18 heures. Dieu merci, ce genre d'embêtement avait été évité. Avec des voisins normaux, Yukio pouvait se permettre d'être sympathique, il ne risquait pas de devoir appeler la police pour dénoncer la chute dans la folie d'un prof de musique tombé amoureux de son saxophone.

Non, vraiment, un voisinage normal, un appartement calme, et un Konbini en bas de l'immeuble, franchement, ça n'était pas si mal. Le tableau était plutôt reluisant, et le jeune homme ne voyait pas vraiment ce qui aurait pu venir le ternir. Sorti de ses pensées par la faim qui commençait à se manifester, le professeur entreprit de se lancer sans réfléchir dans l'un des rayons qui lui faisait face: il y trouverait bien quelque chose de comestible.

En face de lui, une armoire réfrigérée se dévoila telle une mariée devant l'autel, le seul et unique onigiri qu'elle contenait semblait une proposition presque indécente. Il sourit, rien ne pouvait résister à son sourire de grand brun ténébreux, pas même une armoire frigorifique: elle s'offrait à lui sans aucune pudeur. Par défi, Yukio eut presque envie de lui passer devant d'un air indifférent, mais son ventre, qui venait d'émettre un son distinctement reconnaissable, l'en dissuada. La décision était prise: cet onigiri lui était destiné.






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Ven 18 Juin 2021 - 20:15



♫ Et SURTOUT n’importe quoi ! ♫
Vendredi 20 janvier 2017

Vivement la fin de l’hiver. C’est drôle comme l’on souhaite toujours la fin de quelque chose, de la semaine, de la journée, du cours, même des vacances, lorsque celles-ci s’avèrent si longues qu’elles en deviennent insupportables. Le cerveau n’est pas conditionné pour une inactivité trop importante. J’ai cependant une bonne raison de souhaiter l’arrivée des beaux jours. Chiaki est malade. Évidemment la crèche est un nid à microbes et mon petit n’y a pas échappé. Résultat, nous sommes tous les deux sous médicaments, moi plus par prévention que contamination, pour l’instant.

Avant que son rhume ne décide de migrer vers un hôte plus grand. J’anticipe l’éternuement de mon bébé et place un mouchoir devant son nez. Il geint facilement dans son état, comme si éternuer relevait du plus grand supplice qu’il n’ait jamais vécu. Je me dirige dans la cuisine pour jeter tout ça et me laver les mains puis je le hisse sur mon torse. Une chance d’avoir un konbini juste en-bas et ouvert à toute heure. Cela dit c’est assez commun au Japon, le pays est même connu pour cela. On apprécie les choses simples !

Je salue le vendeur, prends un peu de ses nouvelles, on se voit plusieurs fois dans la semaine, à force ce n’est plus un étranger pour moi. Le panier à roulettes dans l’autre main, j’ai déjà une idée de ce que je vais acheter. Des banalités comme du riz, des légumes, du bœuf séché... Je n’aime pas acheter le lait en poudre qu’ils proposent ici, j’avoue que j’ai moyennement confiance, je préfère en grande surface. Il m’en reste de toute manière... Voyons les produits au frais. Le konbini est bien calme, comme un peu tous les vendredis soir. Les collègues voisins préfèrent faire leur courses le jeudi pour être tranquille la veille du week-end.

Est-ce qu’il reste des onigiris ? Ça dépanne toujours. Juste un paquet, j’ai de la chance ! J’ouvre la porte de l’armoire réfrigérée pour le saisir et l’attrape, plus rapide que la main qui se tend vers le paquet également. Un nouveau professeur ? Je ne l’ai jamais vu jusqu’à maintenant.

« Oh, bonsoir. Vous venez d’arriver, non ? »

Je baisse mes yeux sur le paquet entre mes doigts. Un peu de sympathie pour un nouveau collègue ne fait pas de mal ! Mon bras se tend vers le brun pour lui donner.

« Tenez vous pouvez le prendre, je peux m’en passer ! »

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Ven 18 Juin 2021 - 23:21


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La grande perche dégingandée avait surgi comme un chat affamé fondant sur une souris mal réveillée. Voyant un humanoïde immense, maigre et plutôt pâle apparaitre soudainement devant lui, Yukio s'était demandé l'espace d'un instant s'il ne venait pas de se faire attaquer par Slenderman. Voilà que les monstres se mettaient à déambuler dans les konbinis et voler aux gens honnêtes les derniers paquets de nourriture. Un mauvais génie à l'esprit tordu devait se trouver derrière tout ça, et prenait sans aucun doute un malin plaisir à décevoir froidement les espoirs des pauvres hères au ventre vide.

Le professeur d'histoire fut soulagé de constater qu'au final, ce qui se trouvait devant lui n'était qu'un banal habitué du lieu. Pas si banal ceci dit, puisqu'il venait de lui ravir ses ambitions gastronomiques pour la soirée. Yukio détestait ce genre de situations, il mettait généralement un point d'honneur à les éviter: c'était bien trop gênant pour lui, et devoir s'expliquer avec un inconnu ou s'excuser pour des choses pareilles lui paraissait risible. On était en 2017, le monde avait passé ce cap: on ne se formalisait plus parce que la personne devant vous dans la queue avait pris le dernier éclair au chocolat à la cantine, non ?

Pour cette fois du moins, Yukio n'allait pas y couper, l'homme en face s'était rendu compte de son intention en saisissant le paquet d'onigiris à sa place, et il avait déjà commencé à lui adresser la parole. Il allait falloir faire semblant de sympathiser avec un quidam qu'il ne reverrait jamais pendant trois minutes pour régler l'incident, quel enfer. A moins que... Vu les mots choisis par Monsieur "je dépoussière le plafond avec mes cheveux", il était du coin, sans doute un voisin, et vu la dégaine, peut-être même quelqu'un de l'université. Voilà qui changeait la configuration du moment, Yukio était en situation de premier contact, il allait devoir faire un effort conséquent. Ne s'étant pas préparé à une telle rencontre, la chose nécessitait quelques secondes de reconditionnement volontaire.

Durant le bref moment où le professeur d'histoire tenta tant bien que mal de se redonner une contenance, l'autre en profita pour lui tendre le paquet de victuailles. Voilà qu'il se montrait grand seigneur maintenant. La convenance voulait évidemment que Yukio refuse, il pouvait se contenter d'autre chose, mais dans un bouquin de psychologie, il avait lu que pour qu'un inconnu daigne vous accorder sa confiance, il valait mieux qu'il vous donne quelque chose à vous, et non l'inverse: les mystères de l'esprit humain. Souriant gentiment à l'inconnu, le nouvel arrivant dans le quartier posa ses doigts sur le paquet d'onigiris, sans toutefois le prendre des mains de son interlocuteur. Il souhaitait, avant toute chose, engager le dialogue avec cet accueillant local:


-C'est bien urbain de votre part, je vous avoue que l'espace d'un instant, j'ai été tenté de mettre votre tête à prix, ce paquet me faisait vraiment envie. Vous êtes du coin ? Je viens d'emménager dans l'immeuble à côté, je dois commencer à travailler à l'université lundi, vous devez connaitre j'imagine ?

Yukio s'était même permis une plaisanterie. Il ne savait pas vraiment pourquoi, mais le visage du jeune homme en face lui apparaissait familier, comme s'il l'avait connu depuis l'enfance. Cette impression avait tendance à le rassurer. Quand quelqu'un vous donne dès le départ l'intuition que vous le connaissez, la confiance se noue naturellement. Si tous les gens d'ici inspiraient autant la bonne foi, l'installation dans le quartier allait être moins difficile que prévue.






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Dim 27 Juin 2021 - 18:28



♫ Et SURTOUT n’importe quoi ! ♫
C’est étrange, comme en croisant son regard j’ai l’impression qu’il ne m’est pas inconnu. Cependant, aucun moyen de mettre le doigt dessus. Ma tête devait faire une association avec quelqu’un que j’avais pu entrevoir dans la rue ou même à la télé. Cela n’a aucune importance, passons. Il pose sa main sur le paquet, que je ne referme déjà plus de mes doigts. Seulement, il y reste fidèlement accroché.

Sa réponse me surprend, je ne m’attendais pas à ce trait d’humour. Encore moins de ce genre ! C’est plutôt appréciable et je ris doucement.

« Je l’ai échappé belle on dirait. Surtout qu’un chassur de prime n’aurait aucun mal à me trouver. »

La suite de ses paroles confirme mes réflexions. J’ai bien affaire à un futur collègue. On peut dire que l’on part du bon pied dans ce cas. Puisque nous sommes voués à nous croiser, c’est un aspect non négligeable.

« Le hasard fait bien les choses, j’y travaille également, professeur d’arts plastiques, vous enseignez aussi ? J’habite dans le même immeuble par conséquent. Gareth Kobayashi, enchanté. »

Parce que jouer les funambules au-dessus d’une falaise comporte des risques, la chute est inévitable.

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Lun 28 Juin 2021 - 13:53


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-Enchanté égalem...

Attendez... Quelque chose ne va pas... Une sensation bizarre... La tête qui tourne... Il y a un truc étrange là, l'esprit qui vrille complètement... Gare... Gareth ? Le Gareth ? Le Gareth Kobayashi ? Celui-là ? Le même ?

Yukio fronça les sourcils pour observer sous toutes les coutures les traits du visage de son interlocuteur. Ce n'était pas frappant, mais il n'y avait pas de doute, c'était bien le même. La morphologie avait évolué, mais c'était bien lui, et c'était un problème: un gros problème.


-Je...

Le professeur d'histoire ne trouvait pas les mots. Il ne savait pas bien quoi dire, et resté figé comme si le regard de Méduse l'avait touché en plein mouvement. L'homme en face de lui avait pourtant des yeux amicaux, ce qui, au final, n'aidait pas vraiment.Yukio se rappelait de Gareth avec une étonnante précision. Petit, il n'avait pour ainsi dire pas été très correct avec le gamin, mais il avait cette fâcheuse tendance à être tout mou, et à l'époque, la boule de nerfs qu'il était ne le supportait pas. En plus, le petit était métis. En ce temps-là, Yukio était sous l'influence assez particulière de son père, qui n'était pas vraiment un modèle de tolérance. Depuis, du recul avait été pris, mais le mal était fait, peut-être se trouvait-il une possibilité que Gareth ait oublié tout ça. Après tout, c'était il y a si longtemps...

Fuir ? Courir ? Démissionner ? Affronter le danger ? Se faire passer pour quelqu'un d'autre ? Les options étaient limitées. Dans tous les cas, si le jeune homme en face de lui se trouvait bien travailler à l'université, ils allaient nécessairement se recroiser, et son nom lui parviendrait forcément aux oreilles. Il était peut-être mieux de crever l'abcès maintenant, histoire de ne verser le sang qu'une seule fois. Tout cramer pour repartir sur des bases saines, voilà qui était paradoxalement une pensée des plus sages.

La vie savait jouer des tours dont l'ironie confinait au vice. De toutes les universités du pays, il avait fallu que Yukio tombe sur celle qui renfermait en son sein des souvenirs capables de maudire le présent. Il allait falloir du courage et de la diplomatie pour gérer cette affaire. Après tout, Gareth avait une bouille d'ange et semblait s'être bien remis, il n'allait pas prendre mal les choses, non ?
Au fond de l'esprit du professeur d'histoire, une petite voix lui murmurait que s'excuser aurait pu être une solution, mais cette voie-là paraissait assez peu judicieuse: il n'était pas question de perdre la face. L'honneur devait rester sauf, survolant les marais de la compromission avec la célérité d'un phaeton dont les plumes jamais ne se mouillaient. Le courage, la dignité et le destin souhaitaient qu'il affronte aujourd'hui son passé sans un pas de côté, les yeux dans les yeux.

Prêt à saisir à la moindre alerte les objets les plus proches pour s'en servir comme de protections, le nouvel arrivant se présenta avec une voix solennelle:


-Je reprends le poste de professeur d'histoire et géographie sur le campus. Mon prénom est Yukio. Mon nom est Ogawa. Et avant que le moindre doute ne puisse naître dans votre esprit, laissez-moi vous confirmer que oui, on se connait.

Le plus dur n'était pas la chute, c'était bel et bien l’atterrissage, et le professeur d'histoire tentait un posé sur piste détrempée avec des pneus lisses par vent travers. Le dérapage allait être difficile à contrôler, surtout avec un tel copilote.






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Mar 29 Juin 2021 - 18:57



♫ Et SURTOUT n’importe quoi ! ♫
Le temps se fige. Un ange passe. Ou quelque autre expression pouvant décrire le moment qui s’écoule avant que mon futur collègue ne retrouve la voix. Quelque chose semble le déranger mais je suis incapable de mettre le doigt dessus. Ai-je dis une parole de travers ? Il ne me semble pas. Je le sens au bord du malaise et si ma main ne se pose pas sur son épaule c’est uniquement par respect des normes sociales.

« Tout va bien ? » Je lui demande tout de même.

Sans n’avoir aucune idée d’à quel point les rôles s’inverseront aussitôt leur chemin retrouvés par ses mots. Que j’aurais préféré qu’il se taise. Il me dit son prénom, son nom. Son patronyme me fait tiquer mais il n’y a vraisemblablement aucune chance que parmi tous les Ogawa Yukio qui existent, ce soit celui-ci précisément devant moi, n’est-ce-pas ? Non, aucune. Ma confusion se voit puisqu’il brise le maigre espoir que je m’efforçais de forger en confirmant l’inévitable.

C’est lui. Le même. La seule personne que je ne voulais plus revoir, ou peut-être que si, mais pas pour les bonnes raisons. Il est là devant moi et quand je le regarde, j’oublie l’homme qu’il est devenu. Les seuls traits qui me viennent sont ceux de son visage de gamin, ce sourire méprisant insupportable, sa façon de me regarder de haut comme s’il valait mieux que moi. J’entends sa voix qui me paraît nasillarde à hérisser les poils, peu importe qu’elle le soit vraiment ou non, tous ses mots à mon égard ne sont que des flèches. Je parviens pas à comprendre pourquoi tout ces souvenirs me sautent à la figure aussi violemment. Je n’étais pas prêt à encaisser son retour dans ma vie d’une façon si brutale.

Et le pire, le pire c’est que j’ai commencé à sympathiser avec lui, j’ai vraiment imaginé que le fait qu’on habite au même endroit puisse présager de bonnes soirées entre collègues. Mais ces projets s’effondrent, jamais je ne pourrais le regarder et faire comme si de rien n’était. Pas tant que tout ce que je garde enfouie ne sera pas sortit.

Seulement problème. Quand on veut faire passer trop de choses dans un petit conduit, un caillot se forme, les mots ne sortent pas comme on le souhaite. Mais au compte-gouttes.

« Toi... Tu... C’est une blague... »

Je lui plaque sans ménagement le paquet d’onigiri sur le torse et détourne mes yeux qui ne lui envoient pas les meilleures ondes. Il peut bien bouffer le plastique avec s’il le souhaite ! Et au diable les politesses, on a dépassé ça depuis, non ?!

« N’imagine surtout pas que le temps efface les choses parce que les dégâts que tu as causé ne se sont pas résorbés en une semaine ! »

Il me faut un effort monstre pour ne pas hausser le ton, ce qui me donne une voix d’autant plus, grondante et menaçante involontairement. J’ai beau entendre celle dans ma tête qui me murmure que vingt ans sont passés, je la bâillonne, parce que la seule image que j’ai de lui me dégoûte et qu’elle ne disparaîtra pas par magie. Il est toujours ce goût amer au fond de ma gorge dont je suis incapable de me débarrasser. Pourquoi je ne me barre pas pour continuer mes courses et l’ignorer ?

« Papa... ? »

Chiaki me sort de mes pensées, la mine inquiète et je caresse sa tête, essayant de me calmer. Si j’ai un énorme défaut, c’est celui d’être rancunier et la mienne est nourrie depuis tant d’années que j’ignore si j’aurai le courage de vouloir m’en défaire un jour. A force on s’y accommode.

« C’est rien chéri... »

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Jeu 1 Juil 2021 - 23:18


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Yukio baissa la tête pour observer de manière détachée les onigiris que son interlocuteur venait d'écraser sur sa poitrine. C'était malin, ils étaient à moitié en bouillie maintenant, quel gâchis ! Le professeur d'histoire détestait le gaspillage, et voir de la nourriture ainsi maltraitée lui faisait presque mal au cœur. Ils n'y étaient pour rien dans cette histoire ces pauvres onigiris, il aurait pu faire attention quand même. De toute évidence, Gareth était aussi surpris qu'énervé. Découvrir l'identité de son nouveau collègue l'avait rendu fébrile. La panique qu'il ne parvenait à cacher que derrière une agressivité qui ne semblait pas coller à son hexis le rendait presque mignon. Voir cette grande boule de nerfs bouder comme un enfant rancunier donnait envie de lui tapoter la tête en le rassurant.

Yukio n'en fit rien, il ne fallait pas ajouter à la frustration du professeur d'arts, il était déjà suffisamment perceptible qu'il sifflait comme une bouilloire oubliée sur le feu. A le voir, il semblait autant au bord des larmes que des coups. La mère de Yukio lui avait transmis quelques rudiments de cuisine, et dans ce genre de cas, la seule conduite à tenir était la suivante: sortir la cocotte minute du feu et ouvrir la soupape pour faire baisser la pression. Le professeur d'histoire ne voyait pas très bien où pouvait se situer l'émonctoire à ressentiments de Gareth, mais le petit qui l'accompagnait avait une bonne bouille de soupape de sécurité.

Malgré la situation, le nouvel arrivant dans le quartier se trouvait attendri par la présence du petit garçon, qui, en première impression, pouvait prétendre à une validation des acquis en matière d'adorabilité. Même cette façon d'interpeller son père énervé, avec l'inquiétude candide du fils admiratif prenant son géniteur pour modèle, était digne des moments les plus croquignolets d'un long métrage Pixar. Il y avait dans cette scène de quoi vous faire pencher la tête d'attendrissement et devenir gâteux. Et cette réaction virile de l'homme blessé surpassé par son instinct paternel, désireux de faire s'évanouir la préoccupation de son enfant en prenant sur ses épaules l'affliction du moment, sécurisant sa progéniture par une phrase évasive mais rassérénante. Cette scène était émouvante, et à en être témoin, Yukio ressentait presque un peu d'envie envers la situation familiale de son collègue. Après tout, lui n'avait jamais été en position d'envisager une paternité dont l'ambition dépassait celle d'une adoption de chaton abandonné.

Il était vrai que pour commencer, avoir des enfants requérait quand même d'être deux, et le jeune professeur n'avait pas la main verte quand il s'agissait de faire pousser une relation de couple. Certaines choses le dépassaient, et il n'était jamais parvenu à comprendre vraiment les attendus de ses partenaires successives. Il faut dire que ces dernières ne partageaient pas réellement ses centres d'intérêts dans la vie, et lui ne parvenait pas à se satisfaire de l'indifférence conversationnelle qui en résultait. Cette dernière insatisfaction n'était d'ailleurs pas toujours partagée, et il devait parfois multiplier volontairement les impairs pour saborder l'affaire sans en avoir l'air.  Constater que Gareth avait selon toute vraisemblance passer ce cap qui le malmenait toujours donnait à Yukio une vision amère de sa situation, mais au fond, il ne pouvait s'empêcher d'être content pour cette vieille connaissance. Le professeur d'arts plastiques avait su construire de véritables liens, et se trouver un foyer. A le voir, il devait sûrement filer le parfait idylle avec une femme dévouée, et c'était plutôt réjouissant, quand bien même il oscillait, à ce moment précis, entre détourner le regard, et fusiller Yukio des yeux.

S'accroupissant pour se mettre au niveau de Chiaki, qui collait son père comme pour s'assurer qu'il n'allait pas s'envoler, le professeur d'histoire lui adressa un sourire sincère, avant de parler avec une articulation toute appliquée et des syllabes chantantes:  


-Et bah alors, c'est quoi ton nom à toi ? Tu sais, tu n'es pas obligé de tenir la jambe de ton père avec autant de force, je ne vais pas te le voler. Ton père a peut-être l'air d'avoir vu un namahage surgi du dessous de son lit, mais promis, je ne dérobe pas les gentils papas des enfants qui ont été sages.  

Dans sa tête, Yukio s'efforçait de penser à la suite, et à ce que venait de déclarer le professeur Kobayashi. Au regard de leurs réactions, c'était peut-être bien Gareth qui allait avoir le plus de mal à se faire à cette situation. Comme pour exorciser les incantations de son ancien souffre-douleur, et prendre du recul sur leur altercation, le professeur d'histoire lui répondit intérieurement, gardant pour lui l'état de ses réflexions:

*Tu sais Gareth, je n'imagine pas grand chose à vrai dire. Le temps n'efface peut-être rien dans ton esprit, mais il t'a visiblement apporté le nécessaire pour noyer tes souvenirs dans les préoccupations du présent. Je pense que tu n'as ni le temps de te venger ni d'intérêt à le faire. Je suis là maintenant, et avec le temps tu verras bien que je ne vide plus les cartables des gamins chétifs sur les trottoirs.*







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Si vous avez le temps de lire cette phrase, c'est que vous avez fini vos devoirs, n'est-ce pas ?

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Mar 6 Juil 2021 - 19:36



♫ Et SURTOUT n’importe quoi ! ♫
Et bien sûr il ne me répond pas. Hilarant comme on ne sait jamais quoi répondre dans ces situations. Qu’est-ce qu’il cherche, une issue de secours ? J’ai bien peur qu’elle soit condamnée puisque nous sommes voués à nous côtoyer durant plusieurs années à présent. J’ai envie de tout laisser en plan et de rentrer, ou non, plutôt qu’il disparaisse de ma vue. Après tout c’est lui qui vient obscurcir une soirée parfaitement banale en lâchant un bête « oui on se connaît », sans blague ! Apparemment il n’a pas plus à dire sur le sujet, pourquoi ça m’étonne, son ton suffisant ne doit pas l’avoir quitté sous ses beaux airs. Je vais être urbain d’une autre façon qui lui paraîtra moins agréable...

Il m’agace à s’agenouiller devant Chiaki, pas même capable d’avoir une conversation entre adultes. Non, il cherche plutôt à m’atteindre en parlant à mon fils, espèce de lâche, tu ne peux pas juste assumer tes actes ? Dire « je suis désolé » c’est trop difficile ? Pas que j’en ai quelque chose à foutre cela dit. Sa voix me tape sur le système. Quand bien même il agirait ainsi pour désamorcer la situation, je ne parviens pas à le voir comme ça. J’ai juste l’impression qu’il se fout de moi. Un namahage, mais si seulement c’était si fictif je m’en serais contenté ! Si c’est tout ce que ça représente pour lui, lui parler est inutile.

Chiaki serre un peu plus ma jambe et se cache derrière en le voyant si proche. Fous-lui la paix merde, tu m’auras pas comme ça.

« T’as toujours préféré les feutres de toute manière... Et les enfants sages, on sait déjà ce que tu leur réserve. »

L’amertume me pique la gorge. Il n’y a rien de sage qui daigne germer dans mon esprit. Et son attitude n’arrange rien, il me prend de haut encore avec ses belles phrases. Les gentils papas, mais ferme-là, avant de finir comme tes onigiris ! Tu peux rêver pour que je rentre dans ton jeu ! Je me baisse pour attraper Chiaki et le hisse contre mon torse. J’attrape le panier roulant et passe à coté de lui en le toisant. Je vois son panier au sol et je ne sais pas ce qui me prend, j’y met juste un coup de pied en marchant. Pas très fort, mais assez pour qu’on se doute que cela n’a rien d’accidentel. Il se renverse et je me fiche de savoir ce qu’il y avait dedans.

« Pardon, c’est pas très urbain de ma part j’imagine, mais t’as l’habitude de ramasser ce qui traîne. »

Rien à faire, il me sort par les yeux et ma voix de la raison a levé son drapeau blanc à l’instant où j’ai su son nom. Chiaki le regarde, confus, par-dessus mon épaule, je n’aime pas qu’il sente ma colère et tant que je serais près de lui, elle ne tarira pas.

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Mer 7 Juil 2021 - 9:31


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Succès de l'opération "Dépressurisation volontaire par éventage contrôlé": mitigé. Rapport de situation: l'ennemi bat en retraite en pratiquant la politique de la terre brûlée. État des forces adverses: salées comme la Mer Morte.

Le comportement de Gareth était presque comique, il agissait comme un gamin vexé d'avoir perdu une partie de Monopoly, renversant le plateau de jeu avec une bouille de mauvais perdant boudeur. Lorsque le professeur d'arts mit son petit coup dans le panier de courses de Yukio, ce dernier dut retenir un petit rire tant c'était puéril. Quelque part, c'était mignon, on eut dit un grand chaton poussant des objets posés sur une commode pour se venger d'avoir été mis aux croquettes de régime. Les phrases lancées juste après le geste mesquin du papa énervé étaient elles aussi plein d'une méchanceté toute manquée: là encore, Yukio avait l'impression d'observer un chaton tenter par tous moyens d'égratigner quelqu'un alors qu'on lui avait coupé les griffes au coupe-ongles et posé des patins sur les coussinets.

En dehors de sa grande taille, le professeur Kobayashi n'était peut-être pas si différent du petit Gareth connu à l'école primaire. Déjà, dans la cour de récréation, le petit métis était désemparé face à l'agressivité du monde, et ne savait pas réagir aux aléas de la vie. D'une manière parfois assez énervante, il préférait se perdre en conjectures et en recherche de causes plutôt que d'agir pragmatiquement et se défendre pied-à-pied contre ses détracteurs. Il n'avait jamais compris que la question n'était pas de savoir pourquoi les autres vidaient son cartable sur le trottoir, mais comment faire pour éviter concrètement que l'événement ne se reproduise. Pourtant, les solutions ne manquaient pas. Yukio avait toujours été plus pratique dans ses raisonnements, du moins dans sa jeunesse: il n'était pas nécessaire de faire la lumière sur un problème pour l'enterrer ou le mettre à la baille.

Yukio ne savait pas vraiment pourquoi il avait été aussi violent avec son petit camarade: le contexte familial n'expliquait pas tout. De manière assez ironique, il y avait sûrement dans ce comportement une certaine affection, de celles qui vous poussent à faire du mal pour exister aux yeux de l'autre. Le professeur d'histoire n'avait jamais été vraiment au clair avec ses sentiments et ses émotions, qu'il refoulait volontiers pour éviter d'avoir à les gérer. Bien sûr, devenir enseignant l'avait fait changé sur nombre de points, il avait à présent conscience des dégâts que pouvait causer des comportements de harcèlement tels que ceux dont il s'était rendu coupable, et comprenait qu'il avait mal agi, mais il n'avait jamais poussé l'introspection jusqu'à éclaircir les déterminants profonds de ses actes. Il faut dire que jusque là, il n'en avait pas vraiment eu besoin, sa vie se déroulait tranquillement sans qu'il ne fut nécessaire d'entamer une analyse de sa psyché.

De manière assez évidente, à en juger par son état dans les rayons du Konbini, Gareth avait lui aussi refoulé pas mal de choses. Se confondre en excuses n'aurait pas vraiment changé la situation: Gareth était esclave de sa rancune, et ses chaines ne lui permettaient pas, à ce moment précis, de pardonner qui que ce soit. Il en restait que son énervement de petit bras sans chocolat était, vu avec un certain recul, complètement hilarant. Le voyant s'éloigner en portant le petit, Yukio voulut formaliser son jugement sur ce que venait de faire le père de Chiaki, il lui lança d'une voix amusée:


-Tu n'as jamais su être vraiment méchant Gareth, même quand tu le veux, c'est assez impressionnant. Je pourrai te donner des cours, on va avoir le temps maintenant...







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Mar 3 Aoû 2021 - 21:21



♫ Et SURTOUT n’importe quoi ! ♫
Tout m’énerve chez lui, tout m’horripile. Ça va de son regard inexpressif de poisson frit à rien que le fait de le sentir près de moi, c’est incontrôlable. Il y a toujours la même suffisance dans sa façon d’être, ce côté, je vaux mieux que tout le monde et rien ne m’atteint. Pourquoi, pourquoi est-ce qu’il a fallu qu’il se retrouve ici parmi toutes les écoles existantes ? Alors que je commence à prendre mon rythme dans cette nouvelle ville et que ma vie à Tokyo n’est plus qu’un souvenir doux-amer.

Sans aucun doute, je ne suis clairement pas un exemple pour mon fils à l’heure actuelle mais je m’en fiche. J’ai encore la chance qu’il soit trop petit pour comprendre les tenants et les aboutissants, bien qu’il le soit assez pour associer Yukio à quelque chose de négatif en se fiant à mon comportement. Qu’est-ce que ça peux faire de toute manière.

Je m’éloigne, et plutôt que se contenter de ramasser ses courses et me ficher la paix, Yukio décide d’ouvrir la bouche, pour mieux me hérisser les poils de la nuque. Je crois que je n’ai jamais été aussi peu au contrôle de mes émotions, tout est en roue libre dans ma tête, je n’arrive pas à raisonner correctement. Demain je me trouverai certainement stupide d’avoir agit de la sorte. Sans jamais l’admettre en bonne et due forme évidemment.

Peut-être que nous somme partagés par un sentiment similaire, qui expliquerait pourquoi il ne s’est pas simplement tu, car je ne parviens pas non plus à laisser couler.

« Je vais prendre ça pour un compliment, j’imagine bien que t’as eu le temps de peaufiner ton art avec le temps. Je t’écouterais bien me raconter comment tu martyrises tes élèves mais ça te ferait trop plaisir de pouvoir t’en vanter ! Tu sais où tu te les fous tes cours ? »

C’est parfaitement immature mais, plus je parle plus j’éprouve le besoin de cracher davantage. Ce n’est cependant pas l’endroit et seuls les regards qui commencent à fuser dans notre direction me le rappellent.

« Pourquoi je te parle... »

Une nouvelle fois je me détourne, ferme les yeux, essaie de me calmer. Les courses. Oublier cet abruti. Penser à rien d’autre.

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Dim 15 Aoû 2021 - 19:22


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Martyriser ses élèves ? Yukio avait pourtant l'impression d'être un professeur bienveillant. Il pouvait certes être un peu abrupt et se donner des airs sévères, mais c'était pure politesse destinée à camoufler au regard d'autrui un cœur sans couverture amortissante. A vrai dire, peut-être qu'il n'y aurait eu aucun risque à se montrer aux yeux du monde comme un homme sensible et généreux, mais Yukio gardait de son éducation une retenue qui le faisait se parer d'atours austères, c'était devenu une seconde nature, un réflexe auquel il ne pensait plus consciemment: l'armure avait fusionné avec le chevalier noir.

Évidemment, Gareth ne pouvait qu'ignorer cela, pétri qu'il était de souvenirs douloureux dont Yukio était le créateur. Chacune des phrases du professeur d'art était un spasme, un vomissement de douleur trop longtemps renfermée, qui s'étalait sur le sol du Konbini aussi sûrement qu'une serpillère trempée. Les éclats de voix de l'énervé paternel commençaient même à indisposer les clients, la scène qui se déroulait n'étant pas des plus discrètes. Ce faisant, vu les tons respectifs des deux protagonistes de la jouter en cours, il n'était pas certain que ce fût Yukio qui parût être le méchant de l'histoire. Le plus gros embêtement était finalement la présence de Chiaki: Yukio ne supportait pas qu'on puisse se comporter ainsi devant un enfant, l'exemple donné était des plus détestables, et Gareth méritait clairement une ou deux baffes pour la peine. Vu l'avance prise durant son enfance par Yukio pour lui en coller, la parole suffirait, le compteur n'était pas encore revenu à l'équilibre.

Yukio s'avança vers son interlocuteur et planta son panier à ses pieds, histoire d'avoir les mains libres pour accompagner sa geste à venir de gestes illustratifs:


-Je... Sais... Où... Je... Me... Fous... Mes... Cours ? Et bien ? C'est tout ?
Ô grand dieu ! Quel pauvre répertoire avez-vous !
Franchement, de ta part, je m'attendais à mieux,
Cette insulte-là, c'est celle des paresseux,
Alors je te le dis sans être prétentieux,
Il te manque du talent pour être odieux.

Mais que de vulgarité devant un enfant !
De quoi choquer les oreilles d'un innocent !
Des mots plus discrets auraient été appropriés,
Crois-moi, j'en aurais été tout autant blessé.

Mais mon ami vous manquez d'imagination,
Pour faire le mal, vous n'êtes point le larron !
Si votre verve se rapporte à cet échange,
Je crains que vous ne puissiez donner le change...

Vous auriez pu, avec un minimum d'effort,
Par un mot bien placé me faire perdre le Nord,
Dire que mes leçons passaient le mur du çon,
Ou que de professeur je n'avais que le nom !
Que la matière choisie collait à mon teint
d'enfant voyou raté bête à manger du foin,
Que ma pédagogie, sûrement indigente,
était, sur la lancée, vraiment percutante.

Malheureusement, vous ne respectez rien,
Pas même l'enfance de ce charmant bambin.
Que voilà des manières à montrer aux petits,
Ce n'est pas comme cela que l'on apprend la vie.

Repartant d'où je viens je tourne les talons,
Car bien malgré moi je donne une leçon,
Puisque sans panache vous jetez l'anathème,
Vous n'en vouliez pas une, vous l'avez eu quand même.


Yukio termina sa tirade avec un front inquiet: il pensait que cette manie de s'exprimer en alexandrins lorsqu'il était énervé s'était interrompue après son départ de chez ses parents, mais visiblement, c'était encore là, et ça ne venait pas au meilleur moment. Pour ainsi dire, il n'osait pas vraiment regarder aux alentours. Vu sa façon de déclamer, les autres clients devaient se demander s'ils étaient bien dans un konbini en train de faire leurs courses, et trouver les deux jeunes hommes s'écharpant au milieu des rayons franchement bizarres, voire carrément antisociaux.







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Ven 3 Sep 2021 - 16:57



♫ Et SURTOUT n’importe quoi ! ♫
Oh oui c’est tout, s’il pensait que j’allais perdre mon temps comme il semblait enclin à perdre le sien... Visiblement Yukio a un dégueulis entier à déverser et il a malheureusement fallu que ce soit à moi de le nettoyer...

Pourquoi s’emballe-t-il comme ça... Non, la bonne question est plutôt, pourquoi je me la pose... C’est sans nul doute encore un moyen de se faire bien voir, se mettre en avant, écraser l’autre pour lui montrer ô combien il est meilleur. En fait rien n’a changé chez lui... Il a juste appris de belles phrases pompeuses. Nul n’est maître de sa répartie lorsqu’il laisse la colère parler au lieu de l’esprit, et de toute manière, je n’ai aucune envie d’étendre cet échange.

Mes yeux roulent dans leurs orbites et pendant qu’il déblatère, je reprend mes courses, me concentre sur les paquets de nouilles, qui me paraissent plus passionnant tout d’un coup. Chiaki a les yeux rivés sur ce grand inutile qui se donne en spectacle. Je serre le paquet entre mes doigts lorsqu’il fait allusion à mon fils. Les paroles d’un ignorant voulant se donner un genre, qu’il continue de singer Cyrano jusqu’à la fermeture si ça lui chante. J’essaie de retrouver le mutisme dans lequel je parvenais à m’enfermer jadis pour laisser s’écouler ses piques. Cependant Yukio revient à la charge, se sert de mon fils pour me faire sa pseudo leçon, que savait-il de la façon d’éduquer un enfant ? Je mettrais ma main à couper qu’il n’en avait point.

Le rideau tombe enfin, la foule se lève vers la sortie sans un seul applaudissement. Sa révérence finale se fait dans le dos des spectateurs, qui cherchent encore à comprendre le sens de la scène qui vient de se dérouler sous leurs yeux. Un bambin pour seul interlocuteur n’a que bien peu de valeur face à son talent d’acteur. Pour épuiser son entourage ô du talent il en est saturé. Que le Tort en soit témoin.

« Le jour où... J’aurai besoin de conseils en éducation, je préférerai perdre l’ouïe que devoir écouter les tiens. Je doute que tu puisses en donner cela dit, ce sont souvent ceux qui en savent le moins qui s’étalent le plus. Merci de t’inquiéter pour lui mais ne t’en fais pas, il est encore trop jeune pour saisir le niveau de langage d’un seul traître mot que nous échangeons. Tu me l’auras occupé pendant deux minutes, à défaut que tes élucubrations soient utiles à quelqu’un. Et tu m’excuseras si ça ne rime pas, tu as toujours été un meilleur beau-parleur que moi, cela ne fait aucun doute. »

Un faux sourire crispé déforme mes lèvres puis elles reprennent leur place initiale. Je n’ai aucune envie de continuer à me donner en spectacle en sa compagnie, il y a déjà assez de regards curieux et désapprobateurs pour en ajouter...

« On va en rester là, ta tirade a eu l’effet que tu voulais, attirer l’attention et les faveurs, encore et toujours. »

Là-dessus, je me dirige vers la caisse, où une petite queue s’est formée. Mais... Il n’y avait personne quelques minutes plus tôt... Et bien évidemment, la machine décide de faire son caprice... Ce qui donne le temps à une certaine personne d’arriver juste après moi dans la file. Je donnerai n’importe quoi pour que Chiaki cesse d’agiter sa main dans sa direction. Une chose est sûre, il n’a pas hérité de ma rancune... Quand je disais qu’il ne comprenait rien. Pour lui, Yukio n’est qu’une curiosité de plus. Etre perché sur mon bras lui donne assez confiance pour cherche le contact avec cette personne non identifiée. Il suffirait que ses pieds touchent le sol pour qu’il retrouve sa cachette derrière ma jambe. Nos regards se croisent quelques secondes, ou devrais-je dire que je le toise pour être tout à fait exact. Va-t-il encore tenter la traversée du pont, je le met au défi d’essayer, pour peu qu’il soit assez bête pour penser que cela pourrait mener quelque part.

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Mar 7 Sep 2021 - 23:26


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Le petit agitait sa mimine avec l'innocence d'un angelot déposé au milieu des enfers. N'ayant aucune conscience de la tension présente dans l'atmosphère, il laissait libre cours à sa curiosité et tentait impétueusement d'atteindre l'ennemi de son géniteur de son bras maladroit. Les mouvements peu assurés de Chiaki avaient le don d'attendrir Yukio, qui trouvait les gaucheries du gamin craquantes au possible. Le fils n'avait décidément rien de commun avec le paternel: il était clairement bien plus mignon.

*Les pêchés de nos pères ne nous condamnent pas, c'est bon à savoir...*

Il y avait un fond de vérité dans les paroles de Gareth: Yukio avait toujours été plus éloquent, d'une manière directe ou indirecte, et même s'il ne savait se l'avouer, il aimait attirer à lui les regards et les contemplations. Sans que ce ne soit complètement conscient, il adoptait souvent un comportement visant à capter l'attention de ses semblables, vraisemblablement une manière de se rassurer sur son amour-propre et son unicité, mais à vrai dire, il n'aimait pas pousser l'introspection jusqu'à ce point.

Pour l'instant, le professeur d'histoire se trouvait captivé par Chiaki et son adorable bouille. Il se demandait si c'était une bonne idée de se lancer dans des grimaces ou d'attraper la main du petit. Un simple coup d’œil vers le haut répondit à la question de manière tranchée: Gareth lui jetait des yeux dédaigneux d'une manière qui ne laissait pas vraiment de place au doute. Il y avait, enfermée dans le coeur de cet homme, une douleur pesante, un poids qui le poussait à agir tel un animal blessé, et peut-être que Yukio n'y était pas complètement pour rien. C'était il y a si longtemps pourtant...

Yukio hésita à prononcer quelques mots pour tenter d'apaiser la situation, mais l'endroit était assez inapproprié pour se livrer à un grand déballage sur son comportement passé, et l'attention des badauds avait suffisamment été monopolisée par leur querelle de chiffonniers. Dans le fond, il aurait voulu lui dire quelque chose, mais il ne savait ni quoi, ni comment, et encore moins si ça pouvait avoir une quelconque influence sur l'humeur de son interlocuteur.

D'une voix qui se cherchait, il ouvrit la bouche:


-Gareth je...

Il ne trouvait pas ses mots. Des pensées contradictoires lui traversaient l'esprit, et il ne parvenait pas à faire le tri entre tout ce qui se bousculait à ses lèvres. Gareth n'avait pas tant changé que ça. Après tant d'années, il détenait toujours cette étincelle de bonté qui rendaient risibles ses menaces et ses provocations, c'était étonnant de volonté. Yukio venait perturber sans le vouloir le fragile équilibre retrouvé par son ancienne victime, et il n'arrivait pas à décider s'il valait mieux être honnête ou garder pour lui ce qu'il avait patiemment enfoui pour ne pas s'en rappeler.

-Je...

L'esprit des êtres humains a ceci de fascinant qu'il les conduit souvent à agir en dépit de leur intérêt, et en dépit de leurs sentiments. La mémoire est quant à elle facétieuse. Vous ne pensez plus à quelqu'un pendant des années, et en quelques secondes, vous avez l'impression que vous avez attendu vingt ans pour lui parler et lui avouer comment vous avez pu vous perdre sur les tortueux chemins de votre propre conscience. Yukio observa ses courses : il n'avait plus vraiment faim. Se retournant sans un mot, il se mit à vider son panier dans celui du jeune étudiant qui le suivait dans la queue, puis lui glissa un billet dans la poche de chemise. D'un geste maniéré, il tapota par deux fois la poche du jeune homme, puis se dirigea vers la sortie, juste après avoir adressé à Chiaki un petit clin d’œil.






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Jeu 9 Sep 2021 - 19:41



♫ Et SURTOUT n’importe quoi ! ♫
Le pont est fragile, les cordes qui le maintiennent en place menacent de céder au moindre poids qui s’y ajouterait. Il craque, tangue, s’étire. Les interstices dévoilent le vide sous nos pieds, une rivière menaçante, glaciale, sans pitié. Elle ne ferait aucune différence, ravagerait tout sur son passage. A regarder le bois de plus près, Yukio semble comprendre qu’il est déjà rongé depuis bien longtemps par les termites et que s’y aventurer, serait prendre le risque d’une chute certaine.

A la place, mieux vaut tenter de prendre quelques mesures. Un pied après l’autre, les rambardes vétustes et effilochées comme seule harnais de sécurité. J’essaie d’amoindrir le torrent qui coule dans mes veines, guette un faux pas de sa part. Cependant, contrairement à lorsqu’il se trouvait sur la terre ferme, aucun mot ne lui vient. Le vide lui avait volé sa voix et toute l’opiniâtreté dont il avait été capable quelques minutes auparavant.

C’est trop pour lui. L’équilibre est trop précaire, la main tendue pour aider sa traversée trop peu assurée, trop petite pour supporter son poids tout entier. Alors il fait machine arrière. Mieux valait faire un détour par un chemin plus sûr que se précipiter sur une voie aussi périlleuse.

Je l’observe vider son panier dans celui d’un étudiant chanceux. La main de Chiaki retombe mollement le long de mon bras, il est déçu quand je suis soulagé. Le pont reste intact bien qu’une planche se soit détachée, puis écrasée sur un rocher en contrebas, se fendant en deux.

Un étau enserre mon crâne. Le tonnerre y gronde sans interruption, fait savoir sa présence jusque dans le creux de mon œil. Je me sens lessivé, comme après qu’une averse m’ait trempé jusqu’aux os. J’aurai dû dire quelque chose, mais l’envie ne s’est pas manifestée, craignant trop qu’une fois sa main attrapée, il ne me balance par-dessus le pont afin de continuer sa route, le cœur léger de s’être débarrasser d’un obstacle à sa survie. J’aurai dû mais je n’ai rien dis ; je tapisse mes regrets, laisse mon grondement intérieur m’assourdir.

Mes courses défilent sur le tapis mais je n’y prête qu’une attention sommaire. Jusqu’à chez moi, c’est comme si un pilote automatique s’était activé. Mauvaise idée que de faire ses courses le vendredi, nous ne sommes pas à l’abri de mauvaises rencontres. Peut-être est-ce un secret que mes collègues voulaient que je découvre par moi-même.

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Jeu 9 Sep 2021 - 23:06


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L'air frais de l'extérieur s'engouffre dans mes poumons comme autant d'aiguilles venant percer un ballon surgonflé. Je respire avec soulagement, je m'aperçois après coup de l'oppression que je pouvais ressentir à l'intérieur. Je ne me sentais pas mal, mais je me sens quand même mieux. Je soupire autant que possible, juste pour expirer la tension nerveuse accumulée en l'espace de quelques minutes. J'ai besoin d'évacuer avec soin et application toute l'anxiété créée par cette rencontre inattendue. Je regarde autour de moi: la rue bruisse des sons feutrés habituels à cette heure de début de soirée. La nuit ne va pas tarder à poindre, et le silence s'abattra comme pour éteindre les conflits ridicules des humains qui s'agitent dans la ville avec la force tranquille de l'habitude.

Le calme de l'espace public me redonne un peu de contenance. Je me pose toujours autant de questions sur les sentiments ambivalents qui m'habitent la caboche, mais, après quelques secondes avec les yeux fermés, tous ces sentiments paraissent déjà moins importants. Ce que je peux penser ou ressentir n'a pas plus d'importance qu'autre chose. Je suis encore assez lucide pour ne pas croire que la confusion que je ressens relève de tourments uniques dans l'histoire humaine. Tout le monde passe par là, et le monde n'en a pas disparu pour autant. Toujours prendre du recul, et ne pas oublier que ma vie ne sera ni plus trépidante ni plus utile que celle de tous ceux qui m'ont précédé. Je suis unique, comme tout le monde. Le monde me comprend et m'engloutit comme un point, mais je le comprends, comme disait Pascal.

La porte de l'immeuble est à quelques mètres, il me suffirait de quelques pas pour l'atteindre, et pour courir me réfugier derrière une porte qui me couperait de tout. Je ne m'y résous pas. Je passe devant le hall sans m'arrêter. J'ai besoin de rester dehors, assailli par l'air de plus en plus froid. J'ai besoin de grelotter, comme pour me concentrer sur des sensations immédiates. Je passe, je traverse, encore quelques pieds, et je m'assois sur ce banc alors que quelques tremblements m'agitent déjà. Mon corps se contorsionne par petits mouvements sous l'effet de la température en baisse, et cela me fait le même bien que lorsque l'on s'arrache violemment une écharde. Une sorte de douleur agréable, une douleur sourde, vite éteinte par le sentiment d'avoir fait ce qui était nécessaire. Mes lèvres doivent tirer sur le bleu. Qu'importe, je n'ai plus un mot à prononcer.

Je vois Gareth sortir du magasin avec le gamin sous un bras et ses courses sous l'autre. Il a l'air de marcher sans réfléchir, comme porté par ses jambes seules, sans que le cerveau ne dirige quoi que ce soit. Il semble perplexe, plongé dans ses réflexions tandis que d'invisibles rails le guident vers la porte du bâtiment d'habitation. Seul le petit a l'air d'être attentif à ce qui peut se passer aux alentours, le père a le regard aussi perdu que du pain dur imbibé de lait, de sucre, d'oeuf, et de cannelle. Malgré les spasmes, je le contemple avec attention, maintenant qu'il ne me voit plus, et que je n'ai plus à soutenir son regard. Je peux l'observer pendant ces longues secondes qui le séparent encore du double battant qui l'avalera, et le dérobera à mes yeux qui s'accrochent à sa démarche.

Je ne sais pas pourquoi je ne peux me détourner de ce moment d'étrange voyeurisme. Je crois qu'il y a chez lui quelque chose de fascinant, mais je ne saurai dire quoi. Je me pose des questions, mais je n'ose pas vraiment chercher de réponses. Je le serrerai bien dans mes bras, juste comme ça, comme pour étouffer sa tristesse sous la surprise. Je ne sais pas bien pourquoi j'ai cette envie. Dans quelques minutes, il retrouvera dans un appartement chaleureux la mère de son fils, et il ne pensera plus à moi. Tant mieux pour lui, je ne suis pas sûr d'être digne d'occuper son esprit l'espace d'une soirée entière. Sa vie est sûrement belle et pleine de joies, autant le laisser en profiter. Je baisse la tête, et quand je la redresse, il a disparu, happé par sa vie de père affectueux. Les battements de mon cœur se font plus lents. Encore quelques secondes, et j'irai me mettre au chaud quelque part, en essayant de ne pas trop y penser...

De toutes façons, à part être amis un jour, que pourrait-il nous arriver de grave ?  








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Si vous avez le temps de lire cette phrase, c'est que vous avez fini vos devoirs, n'est-ce pas ?

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