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Ikuko Ninagawa
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Mer 19 Mai 2021 - 23:04
pas si discrète
dortoir chambre U-4
feat Ruriko Ninomae
Aujourd’hui, c’est jeudi ! Ikuko n’a pas eu cours de l’après-midi, et elle en profite. D’abord, elle a pris des photos pour le club, capturant les étudiants et les lycéens emmitouflés dans leurs tenues d’hiver. Puis, elle s’est réfugiée dans sa chambre, afin de se réchauffer, et de se mettre au travail. Elle a pris un peu de retard, à force de faire ce qui lui passe par la tête, et à force de prendre des photographies pour son club. Pourtant, elle a un exposé à faire. Elle doit aussi réaliser plusieurs projets artistiques. L’exposé, ce sera plus tard : c’est trop fatigant ! Ikuko, elle, a envie de s’amuser. Cet après-midi, elle devrait être seule dans la chambre.  Alors, elle sort de son carton à dessin deux feuilles format grand aigle, posées à même le sol. Elle ouvre une valise de matériel qu’elle éparpille sur le sol, son lit, son bureau…  ainsi que sur celui de Ruriko, sa colocataire.

Elle s’affaire, s'attelle, et peint. Ses mouvements ne sont pas précis, de toute manière, le figuratif ce n’est pas son truc. Ce qu’elle apprécie, c’est d’étaler ses sentiments, ses émotions, ce qu’elle ressent. Elle n’est pas certaine que ce soit beau, mais c’est thérapeutique. Et efficace. Lorsqu’elle peint, le temps passe super vite. L’espace disparaît, aussi. Après quelques heures de travail, elle est satisfaite des courbes, des traits et des couleurs. Mais les taches de peinture ont dépassé le canevas. Il y a du bleu, du noir, du blanc partout sur le sol, sur le bureau… et sur le lit de Ruriko. Eh zut.

Non, non, non, non… Elle va m’en vouloir, c’est sûr.

Ikuko s’en arracherait les cheveux, s’en mordrait les lèvres. En fait, c’est ce qu’elle fait. Aussi vite que possible, elle se rue vers la salle d’eau et imbibe des éponges et des torchons de savon. Elle frotte, encore et encore, jusqu’à s’en faire mal aux genoux et aux poignets. Elle rattrape le sol et le bureau, mais pas le drap de Ruriko. Une petite goutte déjà sèche refuse de s’effacer. La panique monte, le cœur d’Ikuko bat à en exploser. C’est pas possible, c’est pas possible ! La nuit tombe, et Ruriko arrive d’une minute à l’autre. A force de frotter, Ikuko rend la tache de peinture presque invisible. Elle range ce qu’elle peut, seule la toile, déposée sur le bureau, trahit l’activité d’Ikuko. Assise sur son lit, presque trop sagement, elle attend que sa colocataire rentre pour l’accueillir avec un grand sourire.

Ah ! Bonsoir Ruriko, tu as passé une bonne journée ?

Un sourire gêné, une voix tremblotante, Ikuko prie tous les dieux pour que Ruriko ne remarque pas la peinture sur le drap… ou du moins n’en tienne pas rigueur.



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Sam 29 Mai 2021 - 12:56
Ce jour-là avait été une journée éprouvante comme ma famille savait si bien en déclencher. Non seulement ma mère toxique était insupportable mais mon frère était tout aussi invivable. Ayant toujours été considéré comme celui qui devait porter l’honneur de la famille en exerçant un métier haut placé, il avait pris la grosse tête et faisait d’une arrogance qui dépassait toute limite. Cela était arrivé à un point que je ne prenais plus la peine de vraiment lui adresser la parole. Nos rapports fraternels étaient compliqués depuis notre enfance et avaient empiré peu à peu avec le temps. Je ne supportais plus ses mots, sa conception de la famille, la façon dont il traitait son épouse et n’ayant pas ma langue dans la poche, je ne me gênais pas de lui dire ce que je pensais de lui. Alors que j’étais en ville pour me prendre des boules quies afin de pouvoir travailler dans le calme, cet idiot de grand frère m’avait téléphoné comme cela, sans raison apparente sur le moment. Rien que d’entendre son ton suffisant me faisait hérisser les cheveux sur la tête, j’en vins même à me demander pour quelle raison j’avais décroché. Il me parla de son boulot, d’à quel point il était un membre essentiel de l’équipe. Ben voyons… Je l’écoutais distraitement parcourant les rayons d’une pharmacie lançant des « ah », « ouai », « mh » de temps à autre. Il ne fallut que quelques minutes avant que je ne perde patience et de lui répondre « bon tu finis ton blabla et t’en viens au fait, j’ai pas le temps là. ». Il me fit une remontrance m’incitant au respect. Je ne pus m’empêcher de le provoquer en ajoutant toujours d’un ton détaché: « bon accouche là, ce que t’es bavard ma parole… ». Ce fut là qu’il aborda la question de mon avenir, que je ne devais pas étudier, que je rendais notre chère maman malheureuse. Je soupirai et lui raccrochai au nez.

Une fois avoir trouvé ce que je voulais, puisque les cours étaient terminés depuis un petit moment, je me décidai à aller rejoindre ma chambre. Je ressentis soudainement comme une énorme fatigue et j’avais besoin d’être un peu seule. Je me dis que m’allonger un peu ne me ferait pas de mal et que ça me remonterait le moral. Je profitai au passage des réseaux sociaux pendant que je marchais vers les chambres pour discuter avec une amie du net. C’était une amie que je voyais très peu et qui vivait au Nord du Japon mais nous nous entendions bien et je pouvais discuter de tout avec elle. Etant plutôt joviale, elle contribuait à me changer assez facilement les idées en me parlant de tout et de rien. Je retrouvai donc un semblant de sourire. Je me dis que j’irai certainement faire un peu d’aïkido après mon repos. Il fallait que j’apprenne à gérer mes émotions et Dieu seul savait combien j’avais beaucoup de travail à faire à ce sujet. Une fois devant la porte de ma chambre, je m’étirai largement, rangeai mon portable dans la poche et entrai avec un sourire aux lèvres, heureuse à l’idée que j’allais pouvoir me reposer.

Néanmoins j’avais oublié un détail qui pourtant avait grandement son importance…J’avais une colocataire ! Comment ça avait pu me sortir de la tête ! Je devais être bien plus préoccupé que je ne le pensais. Mais ce n’était pas le pire. Non le pire c’était que j’avais l’impression que quelque chose clochait avec la chambre. Ikuko, celle avec qui je partageais cet espace, une adorable fille mais qui avait une fâcheuse tendance à rapidement me taper sur le système quand elle commençait à entrer dans des sortes de phase d’hyperactivité. La plupart du temps je préservai mon calme me disant qu’un jour je voulais devenir psychologue, que je travaillais dure pour cela et qu’il fallait donc que je me montre compréhensive du fait que ma colocataire avait un fonctionnement propre à elle. Ce jour-là pourtant j’étais suspicieuse, une odeur de peinture nauséabonde emplissait toute la pièce et le ton d’Ikuko suggérait que quelque chose s’était passée. La chambre paraissait même trop parfaite par rapport à d’habitude.

- Oui j’ai pas à me plaindre, j’ai pu acheter ce qu’il me fallait et je vais m’allong…, puis mon regard s’arrêta sur la toile présente sur le bureau, quelques gouttelettes traînaient sur le sol, Et toi, t’as pas un truc à me dire de ta journée ?
, demandais-je en croisant les bras.

Je m’assis ensuite dans le lit la regardant dans les yeux, attendant de voir ce qu’elle allait me dire. Je sentis sous ma fesse comme quelque chose de légèrement humide, j’y mis ma main sur ce qui semblait être de l’eau. Je tournai mon regard vers mes draps mais n’y vis rien de particulier. Je fronçai tout de même les sourcils me demandant ce qu’elle avait bien pu faire comme bêtise. C’était vraiment étrange et la colère commençait à monter légèrement en moi. Allez ne t’énerves pas Ruriko !

- T’as peint dans la chambre, non ?, dis-je me contenant autant que je le pouvais. Ton air innocent j'y crois pas ! Allez parle ! Je t’écoute !
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Dim 30 Mai 2021 - 10:06
pas si discrète
dortoir chambre U-4
feat Ruriko Ninomae
Dans un premier temps, Ruriko ne semble pas se rendre compte de la petite bêtise d’Ikuko. Alors, celle-ci se sent pousser des ailes. Ce n’est pas ce soir qu’on va lui tirer les oreilles, non. Elle va pouvoir passer une soirée tranquille, peut-être sur son ordinateur à retoucher quelques photographies, ou même se coucher tôt. Et surtout, elle ne met pas Ruriko en colère, et Ikuko le ressent comme un exploit. Les deux demoiselles ne partagent pas une haine commune, non, mais le caractère d’Ikuko est souvent extrême, explosif. Peu de personnes peuvent la supporter plus de dix minutes d'affilée. Peu de personnes n’ont à le faire non plus. Ruriko, elle, n’a pas le choix. A partir de vingt-trois heures, lorsque sonne le couvre feu, elles sont nécessairement ensemble et ce jusqu’au lendemain matin. Alors, oui, il y a la nuit. Mais même à ce moment, Ikuko se tourne, bouge, parle dans son sommeil, bref. Elle n’est rarement de tout repos. Lorsqu’on a besoin de silence, on n'a évidemment pas besoin d’Ikuko. On la fuit, même.

Et puis, Ikuko elle aimerait bien que Ruriko l’apprécie. Parce que fondamentalement, elle trouve le personnage assez impressionnant. C’est peut être son apparent calme, en tous cas son silence. Ou son regard affuté. Peu importe, Ruriko est comme le contraire d’Ikuko et cette dernière aimerait l’impression comme Ruriko l’impressionne. Bonne chance, Ikuko, pour y arriver. L’étudiante n’impressionne que très rarement les autres. Elle peut toucher, faire pitié, faire sourire, mais rarement impressionner, non. Puis, la question de Ruriko. Evidemment, qu’elle avait vu la peinture sécher sur le bureau. Mais à priori, Ikuko elle a le droit de peindre dans la chambre. Ruriko et elle n’ont pas pris le temps d’écrire un règlement strict et elles n’ont jamais parlé de cette contrainte. Alors, pour se donner l’air un peu sûre d’elle, Ikuko bombe le torse.

C’est gentil de me demander comment s’est passée ma journée, bien aussi. Il ne me semble pas que tu m’aies interdit de peindre. J’ai tout nettoyé. Et les fenêtres sont ouvertes, l'odeur va bientôt s’évanouir. Je voulais travailler sur ma technique. Tu sais, je suis plutôt du côté de l’abstraction et ça demande des toiles d’une certaine taille. Et il ne faut pas croire, ce n’est pas parce que ça semble facile à faire qu’il ne faut pas prendre le temps de l’exercice ! Alors j’ai profité de ton absence cet après-midi pour peindre, sans que ça te dérange. La peinture est derrière moi, si tu veux me donner ton avis. Mais je pense pas que ça va te plaire. ‘Fin j’en sais rien.. Peut-être que..

Ikuko perd en confiance et elle balbutie. Les mots ne sortent plus très bien de ses lèvres et finalement elle se tait. Elle aimerait bien que Ruriko regarde sa peinture, lui donne de jolis compliments, du moins soit sensible à sa démarche, à la violence du mouvement, à l’épaisseur de la facture. Mais elle se rend compte que pendant son discours, sa colocataire semble moins intéressée par sa journée que par les preuves de sa bêtise. L’adrénaline monte, et le cœur bat de plus en plus vite. Les mains de Ruriko se rapprochent lentement de la cible. Elle le sait bien, Ikuko, que si elle a le droit de peindre ou de dessiner dans la chambre, elle n’a certainement pas le feu vert pour abîmer les affaires de sa camarade. Et ses yeux, qui se remplissent de fines larmes, trahissent la position de la tâche de peinture. Elle est très proche de Ruriko, juste à côté de ses jambes. Une chose est certaine : la tache est sèche. Au moins, sa colocataire ne va pas tacher ses vêtements. Et dans son malheur, Ikuko semble voir un peu de bonheur : ça ne pourra pas être un motif de dispute.




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Mer 2 Juin 2021 - 20:20
Les bras croisés, une jambe par dessus l’autre, assise dans mon lit, j’écoutais attentivement les balbutiements de ma colocataire. Elle ne s’embarquait pas dans des excuses oiseuses mais avait plutôt commencé comme une espèce d’explication de son travail, de la raison pour laquelle elle avait effectué cette peinture plutôt qu’une autre. Je poussai un profond soupir surtout lorsque mon regard se tourna de nouveau vers ce qui semblait être une tâche d’humidité dans mon lit. Le problème n’était pas que je ne m’intéressais pas à ce qu’elle me disait. Au contraire, elle avait des connaissances dans son domaine, elle était vraiment dans sa filière et elle allait sans doute réussir ses études sans problème. Car après tout, elle semblait être une étudiante dévouée dans ce qu’elle faisait. Sauf que là n’était pas le vrai souci. Et j’avais beau essayer de la comprendre, je ne pouvais m’empêcher d’éprouver encore plus d’exaspération devant cet argumentaire qui n’en était pas tout à fait un. Qu’est-ce que je devais faire concrètement ? Souffler un bon coup et ne pas se mettre en colère ? Ou se mettre en colère mais créer une atmosphère trop tendue, et qui allait devenir étouffante à la longue ? Le choix était très simple. Il fallait que je prenne sur moi encore une fois car qui pouvait savoir quelles conséquences cela aurait. D’autant plus qu’Ikuko n’était pas seulement la colocataire qui s’étale et qui en met partout, mais elle était en plus assez sensible par moment. Et je savais que je pouvais rapidement me retrouver à être la méchante de l’histoire.

Néanmoins une autre voix me disait que je ne devais pas laisser passer ça. Si je devais à chaque fois retrouver des tâches de peinture sur mes affaires, cela allait aussi rapidement devenir gênant pour moi. Surtout s’il lui venait un jour la bonne idée de faire de la peinture à l’huile ou que-sais-je encore, un matériaux qui serait impossible à détacher. J’observai distraitement la toile dont elle me parlait lorsqu’elle l’évoqua afin que je lui donne mon avis. Mon regard revient quand même rapidement sur elle. Je pris une seconde longue inspiration, au nom de l’aïkido et de la pratique que j’en fais depuis jeune, je me devais de savoir garder le contrôle. Vraiment, c’était difficile de se contenir. Après quelques instants j’ouvris enfin la bouche:

- Là n’est pas la question Ninagawa-san. Le pb c’est que tu t’éparpilles partout jusque dans MES affaires. Les chambres sont p’tites et j’peux comprendre que tu veuilles de l’espace mais si t’as b’soin de ça, ben je sais pas moi…va partout où tu veux mais pas la chambre !


Une fois ma petite tirade terminée en tentant d’élever le moins possible la voix, je me levai et m’approchai d’elle. Je m’emparai d’un de mes crayons et pointa la mine vers son visage en fronçant les sourcils. Puis la regardant droit les yeux, j’ajoutai cette fois d’un ton quasi chuchoteur:

- Sinon la prochaine fois c’est toi qui servira de toile pour l’art abstrait.


Une fois cela dit, je me dirigeai vers la fenêtre jetant le stylo sur mon lit. Moi qui avais espéré un moment de calme, j’allais devoir remettre cela à plus tard. Cette année n’allait pas être tranquille avec tous ces événements qui s’enchainaient les uns derrière les autres. J’avais beau me battre. Il m’arrivait parfois de me demander si un horizon se pointait vraiment pour mon avenir. Je savais par avance que mon combat n’était pas terminé et que ma famille infernale allait être un obstacle encore longtemps. Le mieux restait que je préserve une bonne entente avec ma colocataire sans quoi l’année serait intolérable. Puis Ikuko n’était pas une méchante fille, elle avait juste cette espèce d’hyperactivité. Restant à la fenêtre et tournant la tête vers elle, je finis par dire:

- C’est quoi cette technique que tu bosses ? J’veux bien te donner un avis mais j’pense pas être la best pour en juger. Ça me semble jolie mais pourquoi l’abstrait ? Ça signifie un truc en particulier ?, ajoutais-je curieuse.
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Jeu 3 Juin 2021 - 9:44
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dortoir chambre U-4
feat Ruriko Ninomae
Ikuko semble se recroqueviller sur son assise en attendant que Ruriko s’emporte. Elle remonte ses jambes et les serre fort contre sa poitrine. Elle pose son menton sur ses genoux et ancre son regard dans celui de sa camarade. Elle est silencieuse. Elle respire. Fort. Ikuko sent son palpitant s’exciter. Si seulement elle pouvait lire dans les pensées et sonder la tête de Ruriko. Cela ne dure que quelques secondes, mais c’est une torture. A quoi va-t-elle être mangée ?

Et la pression retombe directement au discours de Ruriko. Les bras d’Ikuko relâchent leur prise, ses pieds touchent le sol et c’est comme si tout son corps s’ouvrait. Bien sûr, elle ne faisait pas la maline, mais elle attendait un peu plus. Que sa camarade se lève, qu’elle crie un peu plus fort ! Des grands mouvements, un peu brusques ! Peut-être quelque chose qui vole par la fenêtre : un pinceau, un tube de peinture, pire, la toile !

Excu..

Ikuko allait répondre à Ruriko lorsqu’elle entendit le chuchotement. Elle ne sait pas bien si elle doit en avoir peur ou en rire. A vrai dire, la réplique est relativement ridicule, et l’image amuse Ikuko. Pleine de peinture, étalée sur un chevalet. Elle essaye d’effacer son sourire pour ne pas énerver davantage sa camarade, et finalement le laisse envahir son visage. Après tout, ça ne peut que détendre l’atmosphère.

Excuse-moi Ninomae-san. Je vais faire attention la prochaine fois. Enfin, non. Il n’y aura pas de prochaine fois ici. Peut être des petits croquis, sur le carnet. Pas avec de la peinture odorante. Juste de l’aquarelle. Du crayon gris ? Un peu de gouache ? Sa voix se fait de plus en plus aiguë, comme pour sonder la réaction de Ruriko et s’assurer de son consentement. Bref ! Plus de peinture ici. C’est noté. Règle numéro 1 de notre dortoir. Pas de peinture.

Elle aurait voulu rajouter “mais quand tu veux, pour le bodyart”, mais Ikuko a finalement préféré se taire. Choix judicieux. La phrase peut sembler provocatrice, voire pire ! Tendancieuse. Maintenant que le calme semble être revenu dans la petite chambre, faites qu’il reste ! Le silence reprend ses droits et Ikuko en profite pour ranger ses pinceaux à peine secs dans une mallette à dessin qu’elle cache sous son lit. Et soudainement, Ruriko s’intéresse à la peinture. A sa peinture ! Véritable surprise qui prend de cours Ikuko, autant qu’elle l’exalte.

Je suis inspirée du peintre Wang Yan Cheng ! Ikuko marque un arrêt, pendant lequel elle cherche sur son téléphone des peintures du personnage afin de les montrer à Ruriko. Ce qu’il peint, on appelle ça de l’abstrait lyrique. Evidemment, je ne suis pas à son niveau, mais je trouve ça touchant. C’est comme raconter des mots à partir de textures, de couleurs, de formes, de lumières ! C’est une peinture à l’acrylique, parce que ça sèche vite. Et parce que ça permet des lumières vraiment brillantes. Et c’est brossé. Une facture un peu violence. Plein de couches, pour avoir des endroits un peu empâtés. Il y a quelque chose aussi du hasard, de l’inattendu, de la poésie du mouvement et ça j’aime bien. Après, c’est sûrement parce que je ne suis pas très précise. Alors les portraits… pas pour moi ! Mais ça, je trouve ça fort. Si un jour je suis triste, énervée, je peux laisser aller mon corps et que ces mouvements fassent quelque chose de beau. Mais bon, pour que ce soit aussi bien que Wang Yan Cheng, il faudrait que je trouve quelque chose à moi. Une technique particulière. Lui, il fait des retouches après, des glacis à la peinture à l’huile. C’est trop cher. Ne t’inquiète pas, y’a peu de chances que ça sente la térébenthine ici.

Image d’une peinture de Wang Yan Cheng:
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Les mots d’Ikuko sont sortis sans interruption, sans qu'elle ne puisse prendre de respiration entre deux phrases. Alors, il est possible que certains mots soient peu intelligibles. A vrai dire, ce n’est pas grave, ce qui est important à noter surtout, c’est la joie de la jeune femme. Son plaisir à parler de sa peinture. Il est clair, dans son explication, qu’elle prend soin de ce qu’elle fait. Elle ne peind pas de l’abstraction juste parce que c’est plus simple. Elle a conscience de la démarche derrière, de l’histoire. Finalement, elle relève son regard et observe Ruriko.

Je parle beaucoup, pardon. Mais toi, tu fais quoi quand les émotions sont trop fortes et qu’elles débordent ?

Question indiscrète, mais question sincère.




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Jeu 10 Juin 2021 - 18:45
Le regard vers l’extérieur de nouveau, j’écoutais les réponses de ma camarade de chambre. C’était bien ce que je pensais, c’était une fille assez gentille. Dans le fond elle était simplement très spontanée et naïve et il était difficile de vraiment lui en vouloir quand elle se mettait à faire des bêtises. Comme l’épisode de la toile, je sentais qu’elle n’avait nullement l’intention de le faire exprès pour m’embêter. C’était juste que lorsqu’elle avait une idée en tête, elle la suivait et ne se posait pas la moindre question sur les conséquences. Il y avait des personnes comme elle, capables d’agir comme bon leur semble sans se prendre la tête, sans qu’aucun obstacle vienne barrer le chemin. Je fus donc amusée de son attitude enfantine. Oui c’était cela. Cette fille était comme une enfant, elle réagissait de la même manière, recherchait mon autorisation de la même manière lorsqu’elle m’interrogea pour savoir si elle pouvait utiliser d’autres matériaux que la peinture. Néanmoins je n’étais pas non plus un tyran et je ne me permettais pas de prendre le contrôle sur la vie des autres. J’avais beau m’énerver assez facilement, j’avais à coeur de ne pas être imbuvable et de me permettre de dire aux autres ce qu’ils avaient à faire. C’était une chose que je ne supportais pas que l’on fasse avec moi alors je ne me voyais pas faire le faire avec les autres. Ma mère était par ailleurs le pire exemple en matière de contrôle. Si j’avais pu être un robot programmé elle aurait certainement préféré. Après tout c’était ce qu’elle voulait que je sois: l’image de la femme parfaite telle qu’elle l’imaginait dans son esprit.

En tous les cas je ne répondis pas de suite aux paroles d’Ikuko. Je sentis qu’elle avait encore bien à dire et je n’avais pas à coeur de la couper. Après tout, bien que j’aurais préféré être seule pour réfléchir à ma drôle de vie alambiquée, l’écouter parler de peinture était une bonne distraction pour m’empêcher de penser à tout cela. Au moins je n’étais pas focalisée sur le sujet et je pouvais me centrer sur d’autres problèmes de la vie, du moins d’autres intérêts plus positifs. Elle se mit donc à faire un long monologue. Quand Ikuko partait dans sa passion, elle était impossible à arrêter, j’étais convaincue que si je la laissais aller à fond, elle pourrait parler ainsi pendant des heures. Elle prit même le temps de me montrer une peinture de cet Wang Yan Cheng. Je ne connaissais pas ce peintre mais ce n’était pas inintéressant. Cela pouvait largement avoir un lien avec la psychologie alors j’avais peut-être tout intérêt à écouter plus attentivement ce qu’elle me disait. Après tout nous étions en plein essor de l’art thérapie, du besoin de se guérir par l’art. C’était une conception très moderne mais justement puisque c’était dans les moeurs, cela ne pouvait qu’être un plus dans le cadre de mon projet futur. Guérir par la peinture. Cela ferait un slogan assez intéressant. Pourtant j’étais assez ouverte pour savoir que l’art c’était bien plus que cela et que les peintres d’antan ne ressentaient pas un besoin aussi ardent de se concentrer sur eux-mêmes de manière narcissique. Ils avaient davantage à coeur d’exprimer quelque chose de la réalité et du monde.

Puis vint donc la question des émotions. Concernant les émotions j’étais un véritable volcan prêt à exploser en éruption à tout moment. Ikuko parvenait peut-être à ce niveau de calme et d’innocence grâce à la peinture, parce qu’elle prenait le temps d’exprimer tout ce qu’il y avait en elle. C’était fortement probable. Pour ma part j’étais davantage secrète, je n’étais pas du genre à exposer mes ressentis, je voyais cela comme une forme de faiblesse et de vulnérabilité. Pourtant un détail me chiffonna et je la repris aussitôt sur ce sujet:

- Je trouve ça drôle que tu parles du corps, la peinture c’est pas une création de l’esprit au final ? D’après la photo j’ai quand même l’impression qu’il faut un peu de détail, même si ce sont des espèces de détail flou. Je n’y connais rien aux techniques et produits, et ça c’est ton rayon mais ça m’donne cette impression en tout cas. Vu toutes les idées qui te passent par la tête je crains rien pour toi, tu trouveras ton style assez vite. Ça a l’air de surchauffer grandement dans la caboche. Et si j’comprends bien, c’est une forme de thérapie pour toi, de peindre ou autre ?

Je n’avais toujours pas quitté la fenêtre, je me contentais de lui parler en la regardant. J’aimais à sentir le frais caresser mon visage. Et cette discussion amènerait une forme de rafraichissement. J’ajoutai quand même avant qu’elle ne reprenne la parole:

- Et au fait la seule chose que je te demande c’est de pas envahir mon espace à mettre des tâches de je ne sais quoi partout. Tu peux faire ce que tu veux tant que ça reste sur ton territoire. J’suis pas là pour t’dire quoi faire de ta Life. Bref sujet clos maintenant, annonçai-je en souriant de nouveau. Et pour t’répondre, ça déborde que quand j’ai envie de fracasser quelqu’un mais j’le fais pas. Je fais de l’aïkido depuis l’enfance, ça implique une certaine pratique de vie, dont le fait de prendre sur soi. Et toi des activités sportives ?
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Ven 11 Juin 2021 - 9:56
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Ikuko a la bougeotte. Elle ne tient pas tranquille, sur son lit. Alors, elle change de position toutes les trente secondes. C’est comme si la plante de ses pieds la démange et que mille et unes fourmis remontent le long de ses jambes. Ce n’est pas une sensation étrangère, bien au contraire. Et pour retrouver la pleine possession de ses membres, il lui faut la bonne position. Après quelques ratés, elle y arrive. Allongée sur le lit, tête penchée vers l’arrière, les cheveux tombant au sol. Elle espère ne pas avoir ennuyé Ruriko avec ce petit épisode, mais surtout, de ne pas avoir perdu son attention. Même si elle n’en a pas l’air, Ikuko est intéressée par sa colocataire et boit ses paroles. Elle aimerait en connaître un peu plus sur ses passions, sur qui elle est. Et ce n’est pas seulement parce que les deux vivent ensemble. Non. C’est aussi que Ruriko semble tellement différente d’Ikuko qu’elle a envie de comprendre comment elle pense et comment elle vit.

Mais Ruriko, toujours accoudée à la fenêtre, lui répond. Une thérapie ? Certainement. Ikuko ne pense pas avec un jargon médical, mais elle le vit de cette manière. Ce n’est pas tant pour expier des mauvais souvenirs, des traumatismes, mais plutôt pour canaliser son énergie. Mais, le résultat est le même. Produire des images, ça lui permet de s’ancrer dans la réalité et de ne pas partir trop loin dans ses pensées et son imaginaire. Ce qui peut sembler étonnant, sachant qu’elle n’a pas vraiment le goût du figuratif. Mais la permanence de l’image ancre le geste dans une réalité temporelle. Elle a été là, au moment où elle a peint, elle a vécu un sentiment, une sensation, elle l’a vraiment vécu et elle ne l’a pas rêvé.

Je ne sais pas si je suis assez philosophe pour pouvoir débattre sur cette question. Mais, je peux peut-être te parler de mon expérience. Parce que je ne pense pas vraiment quand je peins, j’agis, mon corps bouge. Parce que. Bah… Tu le vois quoi. Il bouge souvent. Et là, il bouge pour produire quelque chose. Et pour poser des émotions. Et c’est lui qui agit. Evidemment, je ne suis pas éteinte, ce n’est pas de l’écriture automatique. Mais pour moi, c’est certain que peindre est nécessairement lié au geste. Peut-être que c’est d’ailleurs ma limite. Il faudrait que j’accorde plus d’importance au concept et pas seulement au mouvement. Parce que j’aimerais bien faire de l’art tout le temps, pour vivre. Et pas seulement comme une forme de thérapie.

Ikuko ponctue sa phrase d’un grand sourire. Il lui faut encore travailler, c’est certain, pour comprendre ce qu’elle veut vraiment faire. Elle n’a aucun doute là-dessus : si elle a quelque chose à dire, quelque chose à peindre, c’est déjà un grand pas dans le chemin de l’exposition. Et si elle aspire à une vie de plasticienne, il lui faudra se détacher de son geste, pour penser à ce qu’elle fait. Même si cela implique de revenir ensuite au mouvement.

Promis, je resterais bien dans mon coin. Si en plus tu fais de l'aïkido, je ne voudrais pas m’y risquer. Dans cette conversation bien sérieuse, Ikuko répond avec bonheur par un trait d’humour. De mon côté, rien de vraiment glorieux. Je ne déteste pas le sport. C’est lui qui me déteste. Je n’ai encore jamais trouvé d’activité qui me corresponde. Je suis trop maladroite et trop peu coordonnée pour la danse. Pas assez rapide pour l’athlétisme. Et je vise trop mal pour les jeux de balles. Ikuko sourit, comme désolée. Enfin, si tu as un autre sport en tête, moi je suis prête à essayer.




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Sam 26 Juin 2021 - 14:35
Elle avait une drôle de théorie sur le moment quand on y pensait mais en allant un peu plus en profondeur, je réalisai que ce n’était pas complètement idiot. Il était vrai que nous avions rarement en tête l’image du peintre qui fait de grands mouvements, bouge son corps en suivant un rythme inhérent à la peinture. Ce qui devait être particulièrement sportif notamment sur les grandes toiles faisant parfois jusqu’à trois ou quatre mètres de longueur. J’avais plutôt l’habitude de concevoir l’artiste comme un être posé, réfléchi, calme devant sa toile mais je sentais bien que cette vision n’était pas tout à fait représentative de la réalité. Après tout j’en avais justement la preuve devant les yeux avec ma camarade de chambre qui venait de ressentir le besoin de s’étaler partout dans la chambre. Ou peut-être était-ce une manière de peindre qui était spécifique à elle-même ? Ikuko semblait avoir une personnalité à part, un fonctionnement bien à elle donc je n’aurais pas été surprise qu’elle innove dans une manière de créer auxquels les autres ne songeaient pas forcément. En tous les cas elle avait une analyse surprenante et intéressante d’elle-même.

Je n’aurais pas songé qu’elle était le genre de personne faisant une forme d’introspection sur sa façon d’être et de fonctionner notamment dans la peinture. Il était visible que le mouvement avait une place prépondérante dans sa façon de travailler. J’étais convaincue qu’elle mûrissait ses projets et les penser avant, d’ailleurs, c’était sans aucun doute une action nécessaire afin de les mener à bien mais une fois établie elle se laissait sans doute aller à ses mouvements. Bref en dehors de ces considérations, je ne pus m’empêcher de lâcher un rire à sa petite boutade sur l’aïkido, après tout elle n’avait rien à craindre de ce sport qui n’impliquait pas de combat direct mais une défense à toute épreuve. Aucun affrontement n’était possible dès lors que la moindre offensive prenait sa place. C’était un fait connu lorsqu’on le pratiquait et c’était en ce sens que c’était un sport difficile. Il me demandait de travailler sur ma personnalité à tendance agressive et d’avoir une détermination sans limite. Puis quittant enfin ma fenêtre pour m’installer de nouveau dans mon lit, je finis par lui répondre:

- On est pas fait pour tout, chacun son truc. Moi tu me mettrais un pinceau ou un crayon dans la main, la seule chose que j’pourrai tracer c’est sans doute un nuage, un soleil et une maison. Les grands classiques ! Et encore ça n’aurait même pas le mérite d’être réussi, sans compter le fait que je suis incapable de mélanger les couleurs. Je suis déjà pas capable de coordonner mes tenues alors peindre, dessiner, créer…le moindre art se transformerait en catastrophe. Bon remarque il y a bien eu les vaches bizarres qui ressemblent à rien de Jeff Koons en Espagne exposées en pleine ville, j’aurais bien été capable de faire un truc aussi loufoque…Et encore je n’aurai pas pensé au concept moi-même.

Je finis par déjà en avoir marre de mon lit, je me mis donc en tailleur par terre. Puisque j’étais partie à discuter avec ma camarade et qu’il valait mieux maintenant des rapports cordiaux, sans compter qu’elle n’était pas inintéressante et plutôt gentille, je continuai désirant aussi parler de ma petite passion. Rien de mieux que de partager chacun ses expériences pour échanger.

- L’aïkido n’est pas un sport d’attaque, je ne pourrai pas même lever le moindre petit doigt sur toi sans quoi ce ne serait pas de l’aïkido mais tout autre chose. C’est plus un sport psychologique je dirais, de gros travail sur soi. Il faut savoir surtout se contrôler soi-même et contrôler son adversaire afin d’avoir une vraie défense en béton. Bien sûr c’est toujours plus facile à dire qu’à faire ! Je t’avoue sinon que je suis comme toi, je ne pratique rien d’autre. Faut dire que les études ça prend aussi du temps ! J’sais pas si t’as le temps de respirer toi mais nous c’est une horreur ! C’est QCM et contrôle à gogo… Sans compter tout ce qu’il y a à savoir !

Je commençai enfin à me changer un peu les idées. Cette journée n’avait pas commencé de manière formidable comme beaucoup de mes journées malheureusement mais j’avais le sentiment que celle-ci pourrait avoir une fin plus sympathique. En y réfléchissant je me dis que dessiner ou peindre pourrait peut-être m’aider justement à me relaxer un peu. En revanche il fallait que je vois avec ma camarade si elle accepterait éventuellement de m’apprendre des astuces. Cela allait en totale contradiction avec ma réaction initiale mais je voulais passer à autre chose que les mauvaises ondes toxiques de ma famille.

- Faudra faire gaffe de pas tout rendre crade là-dedans mais si t’as du temps, j’aurais bien envie que tu m’apprennes deux trois trucs d’artiste ! Je suis curieuse, ajoutais-je cette fois en souriant vraiment.
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Mar 29 Juin 2021 - 11:59
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La remarque de Ruriko sur l’art de Jeff Koons amuse Ikuko. À vrai dire, elle ne porte pas vraiment l’artiste dans son cœur non plus. Et pourtant, elle est bien plus attirée par les œuvres loufoques contemporaines que par la peinture figurative. Certaines peintures du courant pompier dérogent à la règle, difficile de ne pas être impressionné par le photo-réalisme du Pollice Verso de Gérôme. Mais Ikuko privilégie l’idée à la technique. Elle aime qu’une œuvre la fasse rire, ou la trompe.

Tu sais, tu n’as pas besoin de savoir tenir un pinceau pour faire des œuvres superbes. Je suis une grande admiratrice du plasticien Fontcuberta. Il ne peint pas… Ou alors pas à ma connaissance ! Mais toute son œuvre consiste à créer des fausses preuves si véridiques qu’on a l’impression que ce sont des vraies ! Sculpture, photographie, vidéo, infographie… C’est ce qui est génial dans les arts plastiques : tu peux utiliser tous les matériaux qui te plaisent. Alors, oui, je reste très classique avec mes peintures, mais par exemple, mon niveau de dessin est très moyen !

Pourtant, elle essaie de s’améliorer. Mais ses mains tremblent un peu trop, et son esprit n’est pas assez concentré, pour la précision. Ikuko n’abandonne pas et très régulièrement, elle s’entraîne au dessin académique, recopie les muscles et les os d’hommes et d’animaux. Année après année, elle s’améliore. Quand elle a commencé le dessin, elle espérait devenir une bonne illustratrice. Mais c’est un objectif qui l’a totalement quitté. Si elle apprécie toujours les dessins de contes pour enfants, elle espère davantage être exposée dans des galeries contemporaines que de trouver ses dessins chez un libraire.

Ikuko se lasse de sa position rapidement, et rejoint Ruriko sur le sol. Elle ramène ses genoux sur sa poitrine. C’est bien plus confortable comme ça. C’est agréable, pour l’étudiante en filière artistique, de discuter de tous ces sujets. Au lycée, elle peinait à trouver des camarades passionnés par ces questions. C’est ce genre de moment qui la conforte dans son choix de filière. Certes, elle entend toutes les remarques de ses professeurs et de ses parents : l’art, c’est un choix osé, compliqué, et avec peu de débouchés. Mais l’après, on en parlera plus tard. L’important, c’est le présent.

Pour être absolument honnête avec toi… Je ne suis pas très consciencieuse depuis le début du semestre ! Heureusement en photo et en arts, c’est pas mal de pratique. Aucun souci pour me mettre en mouvement mais… Dès que c’est de l’histoire de l’art… Arg. Ikuko laisse tomber sa tête en arrière, pour illustrer sa fatigue. J’essaie de bûcher et de travailler, mais je crois qu’au contraire je respire trop et je ne révise pas assez. Là, avec les examens finaux qui arrivent, il va falloir que je m’y mette… Mais je trouve toujours une excuse pour repousser à demain.

Un petit rire gêné. À ce rythme, les notes d’Ikuko vont dégringoler. Elle a pourtant toujours été bonne élève. Mais portée par le bonheur de la pratique et des clubs, Ikuko ne prend plus le temps de réviser les matières théoriques. Elle commence à s’en vouloir un peu, et à regretter de ne pas passer plus de temps à la bibliothèque. Elle avait du temps, aujourd’hui, et plutôt que de peindre elle aurait pu ouvrir un livre. Et avant que les pensées d’Ikuko soient parasitées de regrets et de remords, la question de Ruriko. Les yeux grands ouverts, et un sourire aux lèvres, Ikuko accepte sans même y réfléchir :

Bien sûr ! Je suis certaine que tu peux trouver quelque chose qui t’intéresse ! J’ai tout le matériel !

Elle se redresse immédiatement, comme une fusée, et se précipite vers son matériel. Elle en sort des feuilles blanches A4, quelques crayons de couleur, des pastels, des magazines, de la colle, des stylos à peinture, des stickers, des tampons… C’est que lorsque ses bras sont pleins qu’elle ne s’arrête. Elle dépose sur le sol tout son trésor.

Si tu n’es pas à l’aise avec le dessin, ce que je te propose, c’est de s’intéresser au collage ! C’est tout bête, mais ça relaxe vraiment. J’ai un tas de magazines. Tu coupes dedans ce que tu aimes bien : les visages de femmes dans les pubs, les illustrations, les jolies typo, tout ce qui te plaît, et ensuite tu essaies de trouver un agencement. Attends !

Le plus simple serait d’illustrer son explication avec un de ses travaux. Le collage, c’est une pratique assez personnelle qu’Ikuko n’expérimente que sur son temps libre. Elle trouve l’activité particulièrement relaxante. Elle sort de ses affaires un petit carnet noir, épais, duquels quelques feuilles dépasses, et le tend à Ruriko. Elle peut y voir de multiples exemples de collage. Ils ne sont pas parfaits, à certains endroits, il est possible de voir de la colle dépasser du papier. Pourtant, Ikuko a un véritable plaisir à partager ce bout d’intimité avec sa colocataire.

Quelques exemples de ma collection perso:
Un , Deux ,  Trois



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Sam 3 Juil 2021 - 16:00
J’écoutais attentivement ma camarade qui, à n’en pas douter, nourrissait une véritable passion pour l’art. Elle me faisait l’effet d’être une véritable encyclopédie vivante sur la matière. Au moins il était certain qu’elle avait trouvé sa voie et sa place au sein de cette université. Je me demandais d’ailleurs ce qu’elle envisageait à l’avenir avec tous ces savoirs. Voulait-elle devenir un genre de spécialiste en la matière, une chercheuse ? Une professeure ? Ou encore voulait-elle devenir un artiste avec sa propre manière d’être, son style ? Au vue de ce qu’elle maîtrisait et de son caractère assez vif, étrangement, je n’avais pas le moindre doute de réussite la concernant si un jour elle se décidait de se lancer dans ses projets artistiques. Assise donc je méditais sur la question tout en buvant ses paroles. Après tout, tout ces concepts pourraient peut-être me servir un jour ou l’autre alors je casais chacune des informations dans un coin de ma tête. En tous les cas sa description du travail de ce Fontcuberta ne me laissa pas de marbre. La notion de véridicité pouvait aussi m’intéresser du point de vue psychologique, cela faisait aussi partie du fonctionnement humain, et particulièrement neurologique que de prendre des indices par ci par là pour fonder des croyances. Le cerveau était une immense machine mais il avait le pouvoir de nous tromper nous-mêmes notamment en nous faisant croire qu’une conviction que nous avons est la bonne.

Intéressant qu’une personne se soit décidée de le représenter de manière artistique, c’était un moyen efficace de prise de conscience des choses. Ikuko aimait à faire des détours quand elle parlait et cela ne me déplaisait pas pour le coup. C’était l’occasion d’en apprendre encore et encore. Tout cela pour m’indiquer que je pouvais apprendre à faire avec plein de matériaux et pas nécessairement la peinture. Ma camarade me confia tout de même que la théorie ce n’était pas son truc. Cela devait ne pas être très facile effectivement. J’étais la première à trouver que la façon de faire les cours pouvait parfois être ennuyeuse et barbante sans compter tout le travail que l’on nous demandait de faire ! J’avais beau être déterminé et bosseuse, je pouvais parfaitement comprendre là où elle voulait en venir. En tout cas j’eu à peine le temps de lui faire une suggestion sur cela qu’elle s’était déjà levée pour aller chercher le nécessaire. Je venais de lui offrir l’opportunité de me partager sa passion et je sentis que cela la mettait en joie. Je la laissai donc faire attendant qu’elle me montre tout ce qu’elle avait sous la main.

Ce fut là qu’elle me parla de collage. Ce qui n’était pas moins intéressant ! Elle me montra tous ces collages que je regardai attentivement. Et c’était assez impressionnant, je ne pensais pas qu’autant de combinaison était possible avec de simples collages. Il y avait comme une forme de cohérence qui se construisait à travers l’entremêlement des papiers. Vraiment c’était étonnant.

- Tu en as du matos dis moi ! Eh bien… c’est vraiment bien réussi, on sent que tu es faite pour ça et que tu aimes bien créer. Avec la psychologie, on prend plutôt l’habitude d’être dans l’analyse et dans le classement par catégorie pour essayer de mieux s’y retrouver dans les problématique humaines, mais on n’apprend pas assez à créer. Merci beaucoup pour les feuilles ! J’en abuserai pas, tu dois avoir un stock limité, dis-je lui souriant sincèrement.

Je me mis donc à feuilleter les magasines, les crayons et tout accessoire qu’elle avait partagée de bon coeur. Finalement j’allais peut-être pouvoir me détendre vraiment et oublier toutes les frasques de ce début de journée qui n’avait pas bien démarré. Je me mis à découper des formes figuratives, des lettres par ci par là me disant que je ferai peut-être une création autour de l’aïkido. Cela me permettrait de me rappeler toute l’exigence de la discipline qui est, avant tout, de savoir se contrôler et prendre sur soi ou d’autres valeurs comme la détermination.

- Merci de partager autant ! C’est cool ! D’ailleurs j’ai peut-être une technique d’apprentissage qui pourrait t’aider à bosser ta théorie sans que t’en pâtisses. Tu as du entendre parler de la technique Pomodoro ? En fait c’est une technique de gestion de temps, en gros tu utilises un minuteur, tu bosses 20 ou 25 minutes, qui tu fais 5 minutes de pause et après tu reprends plusieurs fois comme ça. Et tous les quatre pomodori tu prends une pause plus longue de 20 minutes. Mais bien sûr c’est 25 minutes où tu te concentres que sur ta tâche, c’est ultra efficace !, lui expliquai-je tout en choisissant par ci par là des bouts de collage pour construire ma petite création.

Néanmoins le résultat ne semblait pas totalement correspondre à ce que j’attendais. Parfois il n’était pas simple de représenter en réel ce qu’il y a dans la tête.

- Mh tu me conseillerais quoi ? J’ai pas l’impression d’avoir le résultat voulu, ça n’a pas l’air très ordonné ce que j’fais.

(Ps: Magnifique tes collages, j’adore le dernier !)
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Jeu 8 Juil 2021 - 15:15
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Non, non, ne t’inquiète surtout pas, prends tout ce qu’il te plaît. C’est fait pour être utilisé !

Ikuko avait terriblement envie de partager ses passions. À vrai dire, elle n’a pas vraiment eu l’occasion lorsqu’elle était au lycée d’explorer ce type de relations. Convaincue par son besoin de se faire des amis, alors que son déménagement lui permettait de repartir à zéro, elle avait décidé de se montrer la  plus sociable possible. Elle a gardé pour elles ces activités qui impliquent silence et introspection. Afin de se fondre dans le groupe - et ce malgré ses colorations, assez osées - elle préférait les activités plus conventionnelles. Avec son petit groupe de potes, parce qu'il est difficile de parler d’une bande d’amies, Ikuko n’ayant gardé contact avec aucune, elle partageait repas, goûters et séances de shopping. Elle en garde des souvenirs chaleureux, mais bien moins passionnants que cette soirée.

Tu sais, ce n'est pas une activité que je fais pour les cours d’arts plastiques, c’est bien plus personnel. Je trouve ces magazines un peu partout : dans la rue, en libre service, dans les poubelles parfois… Ce ne sont pas des ressources rares.

Ikuko attrape un magazine et le feuillette rapidement. Avec le temps, elle a développé une technique : avant de commencer, elle décide d’une couleur ou d’une thématique, et elle garde de côté tout ce qui rappelle son sujet. Ce soir, elle a envie de quelque chose de réconfortant : brun, du chocolat, du café, des épices, des renards… tout ce qui rappelle une soirée d’hiver auprès d’un feu de cheminée. À chaque fois qu’elle repère une image qui lui plaît, elle arrache la feuille dans son entièreté et commence à découper. Elle ne se met aucune pression ici : tant pis si les lignes ne sont pas droite, si le ciseau coupe au-delà du bord, ce qui l’intéresse c’est de créer une sorte d’énergie, un patchwork.

Merci à toi de bien vouloir y participer, je crois que c’est la première fois que je fais ça avec quelqu’un.

Pour mieux écouter l’explication de la technique Pomodoro, Ikuko pose ses ciseaux et suit du regard le mouvement des lèvres de sa camarade. Pourquoi n’en a-t-elle jamais entendu parler ? C’est super intéressant ! L’étudiante se lève immédiatement pour attraper un carnet et un crayon qui se trouvent sur son bureau. Tout en notant elle répète :

20 minutes de travail, 5 minutes de pause, 4 fois. Puis une grosse pause de 20 minutes. C’est bien ça ? Elle relit ses notes, c’est parfaitement lisible. Avec un grand sourire elle tourne son carnet vers Ruriko : C’est noté, je vais essayer ça lors de mes prochaines révisions, je te dirais si ça fonctionne bien !

Elle repose le carnet sur le bureau et s’installe de nouveau sur le sol. À la demande de sa camarade, elle se rapproche afin de détailler le projet de collage. Afin de faire quelques tests, Ikuko déplace les images. Puis, elle les remet à leur place.

Le point positif de cet exercice, c’est que tu peux tester plusieurs positions avant de coller. Tu as choisi des images qui vont bien ensemble, mais il y en a peut-être trop, c’est ce qui peut donner l’impression que c’est difficile de lire les informations ensemble. Je te conseille de trouver un fond uni, juste une couleur ou juste une image. Celle-ci par exemple.

Ikuko attrape l’une des pages qu’elle avait arraché de son magazine et la montre à Ruriko, il s’agit d’une page légèrement cartonnée blanc cassé.

Si tu as un fond uni et coloré ça te permet d’avoir de la cohérence. Ensuite, essaie de regrouper tes images selon leurs couleurs. Elle pointe certains éléments repérés par Ruriko. Tu en as plusieurs dans ces tons bruns, d’autres plus vifs. Ils peuvent entrer en contradiction. Ce que je te conseille, c’est de garder ceux avec les tons neutres, mais de choisir une seule image vive, qui va être l'élément central qui ressort de ta composition. Après tu essaies plein de combinaison : tu peux déplacer certains éléments, en retirer, en rajouter, c’est à force de bouger tes images que tu vas trouver quelque chose qui te plaît.

L’étudiante en arts se redresse afin de rejoindre ses propres découpes, et elle commence à son tour à organiser ses images. Elle en laisse beaucoup de côté : sur la quinzaine de dessins et de photographies, elle n’en conserve que six. Sur une petite feuille, ça suffit amplement. Elle sélectionne également quelques planches de stickers. Elle fait plusieurs tests, et avant l’étape finale :

Tiens, je vais bientôt coller, du coup ce que je fais pour être sûre de me souvenir de la place des éléments, c’est prendre une photo avec mon téléphone… Et ensuite j’essaye de tout respecter !

Elle sort son appareil, prend une photographie, et d’un coup de main balaie tous les éléments de sa feuille qui est maintenant vierge. Puis, l’image reprend forme petit à petit. Ikuko se met de la colle plein les doigts, mais ça fait partie du jeu.



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Mer 14 Juil 2021 - 22:23
Je me laissai donc aller à mon imagination à l’invitation de ma camarade de chambre. Avec le recul je me rendis compte que cela était la première fois que nous partagions une activité. Jusque là je l’avais juste considéré comme une camarade de chambre gentille mais agitée et bruyante. J’étais souvent soit à l’extérieur, soit à la bibliothèque pour étudier. Je n’avais pas non plus pour habitude de sympathiser avec les autres parfaitement concentrée sur mes objectifs. Il ne m’était donc pas venu à l’esprit d’essayer de mieux la connaître en lui consacrant vraiment du temps et elle n’avait pas toujours le loisir de pouvoir m’en donner aussi. Ce jour-là avait donc été l’occasion de savoir qui elle était, un peu plus en profondeur et finalement je finis par voir une fille intéressante qui en connaissait sûrement beaucoup sur son domaine. Elle semblait s’intéresser à tout et être une vraie encyclopédie sur son domaine. Et surtout malgré une apparence très enjouée, elle était en fait une personne très simple. Je fus touchée, sans trop en savoir les raisons, par ce côté de réutilisation de ce qui était jetable. Il n’était pas idiot de réutiliser des magazines obsolètes ou allant être jeté pour pouvoir en faire une création artistique. Je me mis mentalement à faire ce parallèle entre l’utile et le beau, l’éternel parallèle de la philosophie. Après tout l’humain n’avait pas besoin que de l’utile pour vivre, il lui fallait aussi son imagination, sa capacité à abstraire et à raisonner, et l’art c’était sans doute cela aussi.

J’acquiesçai avec un large sourire lorsqu’elle me montra le carnet, elle me surprit et m’amusa fortement en même temps. Je me disais que si je prenais la même habitude ce serait bien. Après tout j’avais une tendance à être tête en l’air et à oublier les choses, je me dis qu’en notant je n’avais plus le risque que cela n’arrive. Je me sentis heureuse dans le fond, c’était étrange sur le moment. Il ne m’était pas venu à l’esprit que je pouvais entretenir aussi des relations amicales avec les autres. Je ne pensais qu’à mes études et de fait je n’avais pas de vie sociale, je ne sortais que très peu et les seuls contacts humains que j’avais, étaient soit à distance sur net, soit avec ma famille. Ma famille…elle représentait plutôt un désastre dans ma vie et je ne préférais donc pas y penser. J’avais même tendance à réaliser que je n’en avais pas vraiment. Pensant à tout cela et écoutant Ikuko qui me donnait des conseils, je continuai donc les collages. En me concentrant sur ça, je réalisai que petit à petit je me sentis plus détendue, moins concentrée sur les préoccupations personnelles.

- Je crois bien que moi aussi c’est la première fois que je fais une activité autre que des révisions avec quelqu’un. D’habitude j’me fais surtout des discussions sur le net ou je révise. Je prends pas trop de temps pour moi, faut dire que la psycho c’est passionnant mais prenant. Un jour j’aimerais ouvrir mon cabinet et être mon patron mais j’en oublie parfois que faire des trucs avec les autres c’est cool aussi. Enfin du moins avec toi ! Ravie qu’on fasse enfin vraiment connaissance, ajoutai en lui affichant un autre sourire.

Je n’étais pas très douée pour dire mes émotions. J’aurais voulu sur le moment avoir des mots plus pertinents, plus poussés vers la réalité de ce que je voulais dire mais aucun ne me venait en tête. Il était fou comme il était difficile de concrétiser sa pensée et encore plus avec les mots. Je suivis donc son conseil commençant à aller vers des tons bleus surtout. Le bleu était ma couleur préférée et était donc la première qui me venait en tête.

- Wow mais où t’as appris tout ça ? Ces histoires de ton de couleur à bien respecter tout ça ? Ce sont des choses que tu as expérimenté par toi-même ou tu as lu des trucs dessus ?…Pour ma part je vais vers le bleu. Je ferai bien un mélange qui représente le ciel et mer, un truc du genre. Qu’est-ce que tu en penses ? Les deux m’ont toujours fasciné, c’est vrai quoi…pourquoi le bleu est-elle autant prédominante par rapport aux autres couleurs ? C’est amusant non que le ciel soit bleu au même titre que l’océan est bleu, même si ce n’est pas le même bleu et qu’il y a plein de nuance.

J’étais rarement une personne bavarde d’habitude. Je fus si surprise de délier ainsi ma langue que je me mis à en rougir sans trop savoir pourquoi, comme ci cela était une gêne alors qu’il n’y avait rien de gênant. Je n’étais pas habituée à vrai dire d’avoir des discussions plus poussées avec les autres. Cela aussi était plutôt quelque chose de rare. Une fois que l’assemblage me parut assez harmonieux bien que le résultat n’était pas aussi impressionnant que celui de ma camarade. J’entrepris de faire la même chose qu’elle et prit par moi-même une photo avant de tout retirer pour tout recoller à l’identique.

- Merci pour l’astuce ! Ah oui c’est bien plus pratique comme ça. En tout cas c’est impressionnant ce que tu fais. Ça se voit que tu fais ça depuis longtemps. Et ça t’es venu comment l’idée de faire ça ? Je n’aurais pas pensé à le faire moi-même. En tout cas c’est bien mieux que d’attendre à la fenêtre pensivement comme je pensais le faire. Merci pour ce moment, ajoutai-je dans un dernier sourire.
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Mer 21 Juil 2021 - 17:31
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Alors que le silence règne, Ikuko n’a pas envie de parler. Etonnamment, elle apprécie ce calme. C’est rare, très rare. Mais elle se sent en confiance avec sa colocataire. Elle profite simplement de sa présence, sans avoir l’impression de devoir discuter, se justifier, en faire trop. C’est diablement réconfortant. Son regard reste principalement attaché à son collage. Après avoir disposé les éléments principaux, elle colle un peu de scotch coloré et quelques stickers pour uniformiser la feuille. Lorsqu’elle est satisfaite de son illustration, son regard glisse sur les mains de Ruriko. Elle s’applique drôlement. Ikuko est touchée par son implication. Cette activité peut sembler un peu simple et pour beaucoup, ça pourrait être risible, mais pas pour Ruriko.

Alors qu’elle s’apprête à se lever, afin de laver ses mains avant que la colle ne sèche, Ruriko brise le silence. Alors, Ikuko s’arrête dans son mouvement. Elle est bien plus intéressée par sa colocataire que par l’état de ses mains. Surtout que leur relation est encore assez superficielle et qu’elle aimerait en apprendre plus sur l’étudiante en psychologie.

C’est un plaisir partagé !

Répond Ikuko avec un large sourire et un enthousiasme qu’elle ne peut cacher. Finalement, tout en continuant la conversation, elle se lève et se rend vers sa bibliothèque pour en sortir du gel hydroalcoolique afin de se laver les mains. Debout, en se frictionnant les mains, elle explique :

Je n’ai appris ça nulle part en particulier, enfin je ne crois pas. Peut-être dans des livres, ou peut-être à force de m’exercer. Le bleu, c’est une bonne idée, c’est une couleur que j’aime beaucoup aussi ! Je pense qu’elle est très relaxante, très agréable. N’hésite pas à utiliser les stickers et le masking tape, le petit scotch décoratif, il y en a plein dans les nuances bleues et ça peut te permettre de ré-équilibrer un peu la composition si tu colles pas exactement comme tu l’avais prévu !

Un petit clin d'œil. Ikuko ne colle jamais où elle le prévoit. Simplement parce qu’elle va trop vite. Mais finalement, c’est ce côté imprévisible qui lui plaît. C’est un travail en perpétuel mouvement.

Les joues rouges de Ruriko.

Ce n’est certainement pas à cause de son clin d'œil, mais Ikuko ne peut s’empêcher de le noter. Elle ne va pas le relever, non, elle n’a aucune envie de mettre mal à l’aise sa camarade. Mais après tout, c’est bon signe, non ? L’étudiante en arts se rapproche de nouveau, récupère son travail et souffle légèrement dessus pour s’assurer que la colle soit tout à fait sèche. Finalement, elle s’allonge sur son lit et pose la feuille à côté d’elle. Tout en regardant le plafond, elle remarque que décidément, elle n’arrive pas à tenir en place.

Dis-moi. Tu as dit tout à l’heure que tu as envie d’ouvrir ton propre cabinet. Depuis quand tu le sais, ça ? Ce que tu veux faire plus tard. C’est assez impressionnant. Comment l’as-tu découvert ?

Ikuko ne sait pas ce qu’elle veut faire plus tard. Alors, l’ambition de Ruriko l’inspire et l’impressionne. Elle aimerait comprendre comment est-il possible d’être aussi inspiré par le futur. Ikuko, elle a beaucoup de mal à ne pas vivre dans le temps présent.







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A l'université ; 2è année
Ruriko Ninomae
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Ruriko Ninomae

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Sam 21 Aoû 2021 - 2:09
Le bleu. En y repensant je commençai à entrevoir les raisons pour lesquelles cette couleur me venait en tête plus que les autres. Comme l’expliquait Ikuko elle dégageait une forme de calme, une forme de paix. Le bleu est par ailleurs très souvent utilisée pour représenter les centres travaillant autour de l’autisme. Néanmoins je voyais une autre dimension à travers cette couleur. Le bleu c’était aussi le lien entre ciel et terre, entre ciel et océan. Le hasard de l’univers avait fait en sorte qu’elle soit aussi cette couleur représentant cette unicité. Celle de l’oxygène. Celle de la naissance de la vie sur notre chère planète. J’aimais ainsi toute la beauté que cette couleur recélait. La vie, ce n’était pas juste une horreur mais un bien précieux, c’était ainsi que je la concevais et ce qui m’aidait à affronter chaque jour ce qui semblait être une situation sans retour. Le bleu, la couleur de ma lutte, celle qui me rappelle que la vie est unique et que je devais agir de façon à ce qu’elle en vaille la peine. Il était vrai donc que cette activité de collage avait un aspect relaxant. Elle semblait faire ressortir le meilleur en moi d’une certaine façon.

Je fus assez intéressée par la suggestion d’Ikuko de ne pas faire totalement les choses comme je les prévoyais. J’avais tendance à avoir un esprit pratique et pragmatique tandis qu’elle paraissait davantage avoir un esprit capable de prendre les choses comme elles venaient. Elle semblait agir en fonction de ce qu’il se présentait à elle. Ce qui n’était pas mon cas. J’avais un esprit certes très indépendant et libre, mais paradoxalement si je me fixais une ligne de conduite, je ne dérogeais que très peu à cette ligne. Je fus ainsi surprise de constater que je répétais ce trait de caractère à travers ma façon de coller. Fait intéressant. Cela pouvait être un sujet essentiel à traiter en psychologie. Après tout j’allais sûrement traiter ce cas de figure si je décidais un jour de devenir psychologue. Il fallait que je tente d’en savoir un peu plus sur le sujet, sur ce besoin de fonctionner de manière pragmatique. Etait-ce un moyen de se donner une forme de contrôle sur les choses ? De pouvoir se sentir de surcroît en sécurité ? Pourtant n’était-ce pas de ce sentiment dont avait besoin tout être humain pour avoir suffisamment de confiance en soi ? Cette différence de fonctionnement chez Ikuko signifiait-il forcément qu’elle possédait cette confiance ?

Je continuai à disposer quelques collages puis allai vers mon bureau. J’ouvris le carnet dans lequel j’écrivais les remarques et les idées qui pouvaient me venir au cours de la journée. Je pris le temps de noter les quelques remarques auxquelles je venais de penser. Puis je le refermai avant de me diriger de nouveau vers ma camarade de chambre:

- Ton idée de collage, de partir d’une première idée pour aller vers un collage qu’on a pas prévu, je l’ai trouvé cool. Encore un truc qui va me servir pour la psycho ! Alors tu me disais qu’il y avait des stickers ? Cool !, m’exclamai-je en regardant ce qu’elle avait.

Je m’en emparai d’un qui me parut coller assez bien à l’ensemble, ce qui me permit de suivre le conseil d’Ikuko et de mettre un peu d’imprévisible au sein de mon collage.

- Faudra bien que je te redoive ça un jour ! C’est quand même tes affaires, tu me diras ce que tu veux et je t’en reprendrai en échange du matériel que je t’ai pris.

Puis vint une question plus personnelle, enfin ce n’était pas du personnel secret. Elle paraissait intriguée par ma détermination mais sur le moment je ne fus pas apte à répondre. En quelques millisecondes je me mis à me demander d’où pouvait bien venir cette évidence.

- Je dirais que c’est peut-être parce que j’aime bien écouter les autres. Tout le monde a toujours une histoire triste à raconter et parfois il suffit pas de la raconter pour passer à autre chose. Avec l’écoute on peut creuser et amener au dépassement. Depuis ado j’traine pas mal sur les fofo psy, quand un sujet m’intéresse j’réponds et ça a un peu commencé comme ça. Avec la psy en plus on creuse les mécanismes de pensée, les schémas, c’est assez cool !

Je préservai néanmoins sous silence le fait aussi où cela me permettait de ne pas penser à ma situation familiale ambiguë. C’était une façon de me déposséder des problèmes extérieurs.

- Bref rien d’impressionnant tu sais. Pourquoi ? Tu sais pas quoi faire toi ? Qu’on sache ou qu’on sache pas, en tout cas on finit bien par se trouver une place à un moment ou un autre. Peut-être que tu deviendras une grande artiste ? Ce serait drôle. Je compte sur toi pour parler un peu de ta coloc si tu deviens célèbre, ajoutais-je en riant. Et y a intérêt que ce soit que du positif.

Je terminai mon collage observant le résultat avant de le montrer à celle-ci. Je ne m’étais pas trop mal débrouillée au final. Du moins c’était l’impression que j’en avais.

- Ce qui est certain c’est que t’as l’air concentrée et calme quand tu créées, c’est peut-être un premier indice pour ton futur.
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