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Elève ; en 2ème année
Seito Mori
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Seito Mori

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Lun 18 Oct 2021 - 23:11
DIMANCHE 30 AVRIL 2017 - LE SOIR



Son téléphone portable vibre dans sa poche. Déjà deux jours que le japonais regarde son écran sans décrocher. Maman s'affiche en lettres noires sur fond blanc. La journée a été agréable, l'après-midi encore plus que la matinée. Ils viennent de sortir de table quand la dure réalité se rappelle gentiment à lui. A regarder bêtement son téléphone, le nom disparaît et laisse place à  la mention Un appel manqué. Seito soupire et passe une main agacée dans ses cheveux. Sa mère risque de s'inquiéter s'il fait le mort, il ne peut pas la laisser sans nouvelles. D'autant qu'elle est la raison pour laquelle il participe à ce voyage. Sans elle, son père n'aurait jamais signé le chèque. Malgré tout, c'est comme s'il ne parvenait pas à chasser l'image de son visage défait quand elle avait appris son redoublement durant les vacances. Pas plus qu'il n'avait apprécié les petites remarques qu'elle lui avait fait. Il s'était aperçu que sa confiance s'effritait. Elle aussi commençait à se lasser. Il ne savait pas encore combien de temps ce lien ténu les relierait mais il se doutait qu'il fallait qu'il se prépare au coup de grâce. Un test avant le bon enfant. Le processus amorcé plusieurs années plus tôt semblait suivre son cours et il participait à sa propre annihilation.

Seito s'excuse auprès de ses camarades et part s'isoler dans un coin au calme. Il s'éloigne des restaurants et avance, le nez sur son téléphone. S'égarant dans les couloirs, il finit par relever la tête et remarque toute une série de tableaux accrochés au mur. Son regard s'arrête brièvement sur plusieurs d'entre eux pour finalement apercevoir un renfoncement où quelques fauteuils ont été disposés. Il profite qu'il n'y ait personne pour s'asseoir dans l'un d'eux, les fesses au bord de l'assise, et reposer nerveusement les yeux sur l'écran noir où son visage sans joie se reflète. Mâchonner sa lèvre inférieure ne lui apporte aucun soulagement. Mieux vaut en finir rapidement. Il tapote l'écran et appuie sur Maman. D'une main fébrile, il approche le téléphone de son oreille alors que la tonalité résonne.

« Moshi moshi. »
« Salut maman. »
« Oh Seito ! Ca fait deux jours que j'essaie de te joindre ! Tu as un problème avec ton portable ? Comment vas-tu ? Comment se passe le voyage ? »
« Du calme maman, j'vais bien, j'suis pas mort. J'ai juste pas trouvé l'temps. On a un programme chargé, tu sais. »
« Mais raconte-moi, qu'est-ce que tu as fait aujourd'hui ? Comment as-tu trouvé ton voyage en avion ? Oh et tu as assez d'argent pour te nourrir correctement ? »
« Je... Ouais ouais, c'est bon. T'inquiète pas. L'avion était cool. Ç-ça m'a fait un peu bizarre au décollage mais après ça allait. C'était pas très long. Et euh... aujourd'hui, on est allé à une représentation de Kabuki. »
« J'espère que tu te comportes correctement. Que tu ne fais pas honte à tes professeurs et que tu... »
« Maman, pourquoi je fe... »
« Ne m'interromps pas Seito, tu te souviens de notre discussion concernant ce voyage. Il y avait des conditions, tu t'en rappelles. Le théâtre doit être joué sur une scène, pas à l'école, souviens-t-en. »

Sa main se crispe sur le téléphone alors qu'il se mord violemment la lèvre inférieure. Ladite conversation est gravée dans son esprit, comme une marque au fer rouge. Ne plus être un poids pour leur famille avait été le mot d'ordre. Terminées les frasques à l'école. Ce redoublement était sa dernière chance de prouver qu'il était un membre à part entière de cette famille. Ou tout du moins, c'est ainsi qu'il l'avait ressenti.

« Tu m'as bien compris Seito ? »
« O-oui, pas besoin de m'le répéter. J'suis pas idiot. »
« Alors prouve-le nous. Tant mieux si le voyage se passe bien. Tu as... - un grésillement se fait entendre – Oh ma puce, qu'est-ce que tu fais ? Je suis au téléphone Megumi, avec Seito. Tu veux lui parler ? Lui dire bonjour ? »

Sa respiration se coupe. La conversation n'aurait jamais dû durer aussi longtemps. Le voilà pris au piège et après ce rappel à l'ordre, il ne se voit pas raccrocher.

« Ouiiii ! Sei-tooo ! T'es où ? »
« Euh... à... à Tokyo. »
« C'est où ça Tokyo ? »
« C'est la capitale, regarde sur une carte. »
« Seito, sois plus gentil avec ta sœur. »
« Pourquoi t'es à la catipale ? »

Ses doigts massent ses yeux. Le dos penché, ses coudes se calent sur ses cuisses. Une sensation de brûlure dans la main, il peine à contenir son agacement.

« On dit capitale d'abord. Et j'y suis parce que c'est comme ça. »
«  Pourquoi c'est comme ça ? »
« Bon, redonne le téléphone à maman, j'vais devoir y'aller. »
« Mais moi j'ai fait des dessins. Un avec papa et maman dessus. Je vais te dessiner à la catipale. »
« Ca-PI-tale, t'es bouchée ou quoi ? »
« Seito, qu'est-ce que j'ai dit ! »
« Mais mam... »
« Dis au revoir à ton frère, Megumi. Un bon bain et au lit ma puce. »
« Au revoir Seito ! »
« Ouais... »
« Seito, je ne me répéterai pas. »
« Oh ça va, au revoir ! Voilà, t'es contente ? »
« On en reparlera. »
« Ouais, c'est ça, toujours parler... Ça m'intéresse pas, pourquoi tu lui as donné l'téléphone ? Elle sait même pas dire capitale. »
« Ça suffit Seito. Tu as raison. Comment ai-je pu croire que tu saurais te tenir ? »
« Q-quoi ? »
« J'arrive Megumi. Profite de tes derniers jours de vacances Seito. Une fois rentré, je veux un comportement et des notes exemplaires. Bonne nuit. »

Sa mère raccroche. Le silence est si soudain qu'il le laisse hagard. Les yeux dans le vague, il reste immobile pendant plusieurs longues secondes. Finalement, d'un geste lent, il baisse le bras et range son téléphone dans la poche de son jean. Il a envie de hurler et de s'encastrer la main dans le mur en face de lui. Et il se lève, déterminé à le faire.




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Mer 27 Oct 2021 - 15:39



♫ La personne que tu étais me manque ♫
Le voyage n’a commencé que depuis seulement deux jours mais mon petit bout me manque un peu. Afin que je puisse participer au voyage Hanae le garde pour la semaine, pour son plus grand plaisir. Même si je lui fait parfaitement confiance pour s’occuper de lui, je n’y peux rien, j’ai besoin de l’appeler juste pour savoir comment il va. Un vrai papa poule. Sa petite voix qui traverse le téléphone me fait fondre. Heureusement que je me suis éloigné parce que, vous savez comme notre voix à tendance à changer lorsqu’on parle à un bambin. La virilité s’envole vers d’autres cieux.

Notre remise en couple n’est pas sans conséquences. A présent que les parents d’Hanae sont au courant, ils nous poussent à nous marier pour enfin officialiser notre relation comme il se doit. Le problème est que je n’ai premièrement pas envie de me marier, deuxièmement encore moins lorsqu’on me force la main, et troisièmement je ne suis même pas certain que notre couple soit dans une situation assez stable pour y penser de toute manière. Étonnamment, Hanae n’est plus aussi récalcitrante à cette idée qu’elle ne l’était auparavant. Je soupçonne que ce changement d’état d’esprit soit causé par son désir de me prouver que je n’ai plus rien à craindre et de retrouver l’approbation de son père. Une quatrième raison qui m’incite à reculer de la case mariage d’autant plus. Et puisque je suis l’homme et que nous sommes au Japon, c’est sur moi que repose toute la pression à présent. Mais je ne céderai pas.

Je raccroche dans un soupire et juste au moment où je m’apprête à rejoindre les étudiants, une voix familière me parvient. J’ai conscience qu’écouter les conversations des autres est incorrecte, mais le ton employé par Seito-kun fait écho à notre conversation de la dernière fois. C’est sans mal que je déduis qu’il parle à sa petite sœur. J’esquisse un sourire peiné à ses réponses. La pauvre a l’air de vouloir discuter avec lui malgré le fait qu’il la repousse constamment. Il s’y obstine mais elle ne lâche pas l’affaire. Plus tard elle lui reprochera de l’avoir toujours rejeté quand lui... Qu’avait Seito-kun contre sa sœur au juste ? Non, pas réellement sa sœur, mais plutôt les conséquences de sa présence... A l’entente du mot «contente», j’en déduisis qu’il devait parler à sa mère.

Je suis appuyé au mur adjacent du renfoncement où il est assis et me redresse. En se levant, Seito-kun me verra forcément. Et je ne doute pas qu’il n’appréciera pas le fait que j’ai happé sa conversation, mais étant donné l’huître à laquelle j’ai affaire... C’est en quelque sorte le seul moyen d’en apprendre plus sur son problème. Je ne peux effacer de mon esprit l’image de lui renversant toutes ces chaises les unes après les autres, ça m’est impossible. Seito-kun se lève et bien sûr, me croise.

« Désolé d’avoir entendu des bribes, je passais aussi un appel... »

Ce qui n’est qu’une partie de la vérité mais passons ce détail.

« Le spectacle de Kabuki t’as plu ? Je sais que certains ont trouvé ça un peu bizarre et ennuyant, le traditionnel a la vie dure ! Et oui j’entends vos petits chuchotements, pouvoir de prof. »

Je souris malicieusement à Seito-kun en espérant parvenir à quelque chose en débutant par une conversation lambda. Avec lui entamer un sujet aussi délicat de front ne reviendrait qu’à le braquer.

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Lun 1 Nov 2021 - 18:38
DIMANCHE 30 AVRIL 2017 - LE SOIR



Ses phalanges mordant avec aplomb la surface compacte, sa chair éclatant après plusieurs allers-retours, son sang marbrant ses doigts de veinures rouge carmin et, en toile de fond, ce feu qui embrase la moindre parcelle de son corps et qui l'accueille avec chaleur dans son âtre cendré. Des étincelles rougeoyantes comme des milliers de paillettes qui gravitent autour de lui, se collent à ses paupières et brouillent sa vue d'une colère grandissante. Il plonge dans ce brasier à corps perdu et se laisse bercer par les flammes, perfides tentatrices à la langue acérée. Les derniers mots de sa mère tourbillonnent dans les circonvolutions de la fumée qui noircit ses poumons. Qu'avait-elle voulu dire ? A effleurer la vérité, il craint la brûlure au troisième degré. Ainsi carbonisé, il ne serait alors plus qu'une enveloppe indolore. Un simple morceau de carton charbonneux que le vent prendra plaisir à effriter, effaçant une bonne fois pour toute son existence insignifiante. Il serre les poings si fort que ses ongles, bien que coupés court, s'enfoncent dans ses paumes. Bouillonne, fermente, bourdonne le sang que pompe son cœur et pulse dans ses veines. Vibre, frémit, gronde le gémissement coincé dans sa gorge. Surchauffe, enflamme, calcine ce cœur desséché.

Jusqu'à la douche froide. Seito manque de peu de rentrer dans cette masse sombre que la voix interpelle. Ses yeux papillonnent. Doucement, il refait surface. Et alors il déchante. Son regard incrédule se pose sur le professeur d'arts plastiques dont il ne saisit pas immédiatement les paroles. Quelques secondes à faire pâlir l'éternité avant que les pièces du puzzle s'imbriquent une à une et qu'il appréhende dans son entièreté l'horreur de la situation. Des bribes dit-il, ses sourcils se froncent et sa mâchoire se serre. Il ne soutient pas longtemps le regard du sensei. Très vite, le noir de ses pupilles cherche refuge sur la moquette du sol. Qu'a-t-il véritablement entendu ? Quelles conclusions a-t-il pu en tirer ? A-t-il fait le rapprochement avec l'incident de janvier ? A mesure que les questions pleuvent, il se referme. Une couche après l'autre, il regrette la chaleur qui l'irradiait quelques instants plus tôt. Il veut retrouver le cocon protecteur de cette haine méticuleusement nourrie. Mais le professeur ne lui en laisse pas la possibilité. Pire, il use de moyens détournés pour l'atteindre. L'adolescent relève la tête, le sujet lui parle et lui insuffle la volonté de répondre, quand bien même il se doute que c'est un piège.

« Oui, pas foutu d'apprécier la culture japonaise à sa juste valeur. Une bande d'ignares ceux qu'on dit ça, si vous voulez mon avis. » répond-il d'un ton tranchant où transpire sa colère soudainement refoulée.

Il lève les yeux au ciel et tente de se calmer en se raccrochant au sourire de Mitsuki. Mais son  animosité vient entacher jusqu'à ces éclats de joie. Sa lèvre, déjà martyrisée pendant l'appel, absorbe à nouveau ses pulsions meurtrières alors que ses yeux retrouvent le réconfort de la gravité. Une bonne chose finalement que le professeur soit arrivé à ce moment précis. Il se sent capable d'une terrible bévue. Ses mains tremblent, il s'empresse de les fourrer dans ses poches. Tiraillé entre un désir de s'enfuir et la conviction que ce membre du corps enseignant est actuellement le seul à pouvoir le canaliser.




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Mer 3 Nov 2021 - 0:33



♫ La personne que tu étais me manque ♫
Un volcan depuis des millénaires endormi, calme, sa chambre magmatique se gavant de lave ardente à l’abri des regards. Jusqu’à ce que la pression soit trop forte, que la chambre doive se rompre, que la cheminée s’embrase et souffle les premières fumées cendrées annonçant le déluge de flammes. Telle est l’image qui se calque sur le lycéen devant moi lorsque je l’observe se débattre avec ses propres émotions. La première étincelle incandescente traverse le cratère et les gouttelettes m’éclaboussent quand Mori-kun me répond.

Je sens leur morsures. D’un coup elle m’apparaissent sous la forme des griffes d’un petit chat s’agrippant à mes vêtements dans l’espoir d’atteindre un lieu plus sécurisé où il pourrait se lover sans jamais qu’on ne le repose au sol. Un lieu où il pourrait miauler son mécontentement sans qu’on ne lui en tienne rigueur. Quand ce genre de métaphore prennent vie dans mon esprit, la raison pour laquelle on affuble les artistes de divers surnoms fantaisistes me revient et me paraît d’un coup moins ridicule. Je préfère néanmoins avoir à calmer un petit chat en manque de repère qu’un volcan enragé à coup de boules de béton déversées dans son gosier.

« Hm moui... Ou des jeunes manquant de recule, en grandissant on change de point de vue sur ce qui nous paraissait ennuyant à mourir auparavant. »

Je le sais assez intelligent pour comprendre que le message s’adresse autant à ses petits camarades qu’à lui-même. Et assez également pour comprendre que c’est tout à fait volontaire de ma part. Mes yeux quittent sa personne pour se tourner vers un distributeur automatique présent dans le couloir, toujours là où il faut pour le consommateur.

« Tu veux boire quelque chose ? Je sens que ça te ferais du bien. Ramune ? »

C’est la première fois que j’ai peur de réveiller un volcan en pleine phase d’endormissement. Je me revois me faufiler dans la chambre de Chiaki, encore tout bébé, afin de m’assurer qu’il dort toujours, craignant que mon arrivée ne brise ses doux rêves et que je me proclame pire père de l’année. Je me rapproche du distributeur et choisi le goût litchi, espérant que Mori-kun n’en aura pas profiter pour me faire faux bonds en cavalant sur les quelques mètres qui le séparent de ses amis.

« Tu as déjà été à Tokyo avant ? »

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Jeu 11 Nov 2021 - 23:31
DIMANCHE 30 AVRIL 2017 - LE SOIR



Sous ses yeux, le piège se déploie. L'adolescent n'est pas dupe et il comprend. Il n'est pas question de lycéens ou d'étudiants ; il est question de lui, de son point de vue, de son évolution. Ou plutôt de son échec à passer outre. De nouveau il serre les dents et déglutit. Grandir ne réglera pas le problème, il ne fera que l'empirer. La Chose sait déjà marcher et parler, il est trop tard pour désamorcer l'inévitable. L'expliquer ne résoudrait rien. Des années qu'il s'échine à démontrer l'ampleur des dégâts, la fatalité de cette vie qu'on lui a imposé et le vide qui lui a répondu de son entière attraction. L'ennui n'a aucun rapport avec le problème, mourir par contre est un mot qu'il connaît bien. La noirceur de ses pensées est à l'image de ce verbe dont l'évocation effraie habituellement. Combien de fois a-t-il contemplé cette éventualité avant de se ressaisir, il ne saurait le dire. Pour, à chaque fois, retourner cette conclusion morbide sur cet être qu'il exècre. Ses yeux se posent brièvement sur le professeur. Que cherche-t-il à accomplir ici ? Fait-il de la peine à ce point pour que cet adulte, par deux fois, s'intéresse à sa personne et creuse là où jamais personne n'a creusé ? Et lui, comment doit-il réagir à ces intrusions répétées ? Un faible espoir d'être entendu, à défaut d'être compris, le maintient aux aguets autant qu'il lui donne envie de prendre ses jambes à son cou. La demande le surprend plus qu'elle ne devrait. Il répond trop vite, sans réfléchir un instant :

« C'est que je v- »

Mais s'arrête tout aussi rapidement. Je voulais déguerpir d'ici et me faire mal au point de ne plus rien sentir, de ne plus penser, de ne plus exister l'espace d'une seconde pour que, la seconde d'après, la douleur fasse éclater au grand jour la vie qui pulse dans mes veines à chaque battement de mon cœur. Je voulais m'enfuir très loin, aussi loin que mes pas me portent et me perdre dans la ville, qu'elle me mâche et me recrache jusqu'à n'être plus qu'une pluie de confettis éparpillés au sol. Je voulais être le seul, l'unique être qui vaille la peine et ne jamais contempler cette lente fanaison qui pourrit ma relation avec ceux qui m'ont enfanté, ceux que je vénérais, ceux qui, hier encore, m'appelaient leur trésor. Ce laïus meurt entre ses lèvres. La colère a disparu, il ne reste plus que des cendres froides que la tristesse arrose.

« D'accord. » prononce-t-il tout bas, un léger trémolo dans la voix.

Il acquiesce de la tête au choix de la boisson. Tant qu'il y a du sucre, le choix lui importe peu à vrai dire. Détaillant le sensei de dos, Seito ne peut s'empêcher de se demander pourquoi une telle gentillesse. Les bras ballants, il attend comme un enfant la boisson promise. Une nouvelle question passe le rideau de son intimité. Il ne se sent plus d'attaque à s'emporter, tout du moins pas dans l'immédiat. D'un ton qu'il souhaite indifférent, il déclare :

« Une ou deux fois, quand j'étais petit. C'était y'a longtemps, j'm'en souviens à peine. »

Trois fois rien, des souvenirs que le temps a effacé. Il s'empare de la bouteille de limonade que le professeur lui tend et, s'étant peu écarté des fauteuils, il se rassoit dans celui des tourments. Le bouchon cède, le gaz s'échappe. La première gorgée lui pique la langue, la deuxième étanche sa soif. Le sucre l'a toujours apaisé, sans qu'il sache trop pourquoi. Il soupire, les deux mains tenant la bouteille fermement. Après un trop long silence, il relève la tête sans pour autant regarder directement le sensei. Crever l'abcès est l'unique solution qui s'offre à lui.

« Vous avez entendu quoi au juste ? » demande-t-il de but en blanc.




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