-44%
Le deal à ne pas rater :
REALME C21 64 Go Cross Black
109.91 € 196.57 €
Voir le deal


Personnel ; prof d'histoire-géo
Yukio Ogawa
■ Age : 26
■ Messages : 94
■ Inscrit le : 09/05/2021

■ Mes clubs :
[Shinjuku] Nuit blanche au Kabukicho JfL0rDF


Mon personnage
❖ Âge : 27 ans
❖ Chambre/Zone n° : 1
❖ Arrivé(e) en : Fin Janvier 2017
Yukio Ogawa

[Shinjuku] Nuit blanche au Kabukicho Empty [Shinjuku] Nuit blanche au Kabukicho

Ven 22 Oct 2021 - 21:02




Nuit blanche au Kabukicho
Mardi 02 mai 2017 - Golden Week


Gareth & Yukio

[Shinjuku] Nuit blanche au Kabukicho Image_14

Yukio ne comprenait pas bien ce qu’ils faisaient là. Ils avaient pourtant suivi le plan à la lettre. Malheureusement, même une carte pourtant très détaillée ne faisait pas le poids face à l’immensité du lieu. La gare de Shinjuku n’était pas la première gare du monde pour rien : un dédale de couloirs et salles des pas perdus donnait sur des avenues noires de monde, même en ce début de soirée. Dehors, les néons et luminaires de toutes les couleurs donnaient aux rues des reflets qui semblaient battre en rythme avec les éclats de voix des milliers de passants occupés.

Au milieu de cet incessant ballet, Gareth et Yukio marchaient d’un pas assuré sans pour autant savoir la direction qu’ils prenaient. De manière évidente, aucun des deux professeurs ne souhaitait reconnaître le premier qu’ils avaient raté l’embranchement qui les aurait conduits à leur rendez-vous, un repas professionnel en compagnie d’universitaires locaux, désireux d’échanger sur des codirections de projets de thèses en histoire de l’art. Le genre de diner qu’il n’est pas de bon ton de refuser, quand bien même il vous conduirait à y aller en mauvaise compagnie, et quand bien même vous auriez déjà mangé à l'hôtel.

Les pas affermis par leurs fiertés respectives, les deux compères, qui se jetaient tantôt des regards noirs, tantôt des œillades indifférentes, avaient marché presque tout droit et sans un mot, comme portés par l’inertie de leur orgueil. Une certaine tension était palpable, et le duo dépareillé avait de véritables airs de poudrière prêtre à exploser sitôt que l’un de ses membres aurait la courageuse idée de mettre à l’agenda la réalité de la situation, qui était pourtant limpide : ils étaient paumés.

En un temps finalement assez court, les chaussures des deux enseignants, qui étaient déjà fatiguées par une journée de visite et d’encadrement de sales gosses, les portèrent vers l’une des portes de la gare, si bien qu’ils se trouvèrent devant une allée comme on se trouverait devant un précipice. S’arrêtant pour décider s’il fallait sauter à pieds joints dans l’inconnu, nos deux touristes échangèrent un regard suspicieux qui dura quelques secondes. Alors qu’un début de gêne commençait à se faire sentir, Yukio prit la parole :


-Au pire, quand j’ai regardé sur internet, le restaurant était à 1 kilomètre et demi à l'Est. On a encore largement le temps pour y aller à pieds, ça nous évitera de payer le bus en plus, et si j’en crois la rose des vents présente sur la carte là-bas, c’est plus ou moins tout droit.

Yukio s’attendait, au vu des arguments qu’il venait de mobiliser, à ce que son collègue lui fasse une cinglante remarque prétendant qu’il devait avoir saboté leur itinéraire de manière volontaire, juste histoire d’économiser un ticket de bus. Qu’ayant tous les défauts du monde, il devait bien aussi être une radasse finie, mais Gareth n’en fit rien, se contentant d’acquiescer avec une moue dubitative. La fatigue de la journée devait lui avoir passé l’envie de se battre, à moins qu’il ne se réserve pour une attaque ultérieure en plein cœur de la nuit sur le chemin du retour.

Désireux de ne s'épuiser intellectuellement que sur des sujets qui en valaient le coup, Yukio ne chercha pas plus loin. Dans la vie, par moments, il faut juste accepter ce qu'on vous donne, et ne pas trop se poser de questions.

Sautant le pas de la porte, les deux professeurs s'enfoncèrent dans la ruelle qui leur faisait face sans une parole de plus. Concentrés chacun sur le fait d'éviter un potentiel croche-pieds venant de l'autre, ils ne virent pas le panneau qu'ils venaient de dépasser, et qui affichait à qui voulait bien le regarder :


« KABUKICHO »







---------------------------------

Si vous avez le temps de lire cette phrase, c'est que vous avez fini vos devoirs, n'est-ce pas ?

[Shinjuku] Nuit blanche au Kabukicho Signat10
Personnel ; prof d'arts plastiques
Gareth N. Kobayashi
■ Age : 25
■ Messages : 572
■ Inscrit le : 27/08/2020

■ Mes clubs :
[Shinjuku] Nuit blanche au Kabukicho Rf83Pu6


Mon personnage
❖ Âge : 27 ans
❖ Chambre/Zone n° : 1 (Appart)
❖ Arrivé(e) en : Septembre 2016
Gareth N. Kobayashi

[Shinjuku] Nuit blanche au Kabukicho Empty Re: [Shinjuku] Nuit blanche au Kabukicho

Mer 27 Oct 2021 - 16:35



♫ Nuit blanche au Kabukicho ! ♫
Je ne comprends pas. Comment a-t-on pu se perdre dans la gare de notre propre ville d’enfance. Gare que j’avais pu jalonner un certains nombres de fois en direction de l’aéroport. Ah si, je sais pourquoi. Yukio a le plan entre les mains. Je suis quasiment certain qu’il n’a jamais mis les pieds ici, pourquoi je l’ai laissé faire. Clairement si on en est là c’est de ma faute pour avoir faire confiance à son sens de l’orientation et la sienne pour ne pas savoir lire un plan.

Me retrouver à devoir aller à un restaurant professionnel ne m’enchantait déjà pas grandement - à croire qu’on ne travaille pas assez -, mais il fallait en plus que je me le coltine. J’ai été naïf de croire que sa pendaison de crémaillère allait apaiser un tant soit peu les tensions. Pendant une semaine ou deux il m’avait en effet paru moins insupportable. Mais cet espoir avait été réduit à néant aux alentours de ses grandes phrases et de ses grands airs. Mes collègues semblent pourtant l’apprécier, tout le monde semble toujours l’apprécier, ça m’horripile ! N’y-a-t-il donc que moi qui vois clair dans son jeu ? Il ne supporte pas de ne pas être le centre de l’attention.

Je suis quasiment certain que c’est lui qui a fait savoir par je ne sais quel moyen que nous venions à Tokyo. Manque de chance pour lui, il n’aurait pas été professionnel de sa part de se présenter sans un professeur d’arts lors d’un rendez-vous traitant de thèse sur l’histoire de l’art. Voilà comment je me retrouve perdu, noyé dans une marre de monde, avec la pire présence que j’aurais pu espérer. Chaque fois que nos regards se croisent, le ressentiment que j’éprouve à son égard se démultiplie, proportionnellement à la douleur sous la plante de mes pieds qui commence à devenir pénible.

Nous nous arrêtons devant une sortie. J’ignore si elle pourra nous aider à trouver notre lieu de rendez-vous, mais ce lieu bondé m’étouffe. Une allée se trouve devant nous à présent que nous sommes dehors. Elle ne m’inspire pas trop, et Yukio a l’air de penser la même chose. Pour une fois, ses mots ne me hérissent pas le poil, et je commence à être trop fatigué pour rétorquer...

« Allons voir, en espérant que t’ai raison... »

Si seulement j’avais levé les yeux au lieu de scruter le sol comme à l’affût d’une chaussure cirée qui voudrait me faire trébucher... Je nous aurais fait faire demi-tour. J’ai quitté Tokyo pour mes études universitaires, aussi, bien que sachant que le Kabukicho est réputé pour être un quartier chaud, je n’y ai que rarement mis les pieds. Peut-être une ou deux fois avec Shojurô, mais pas assez pour reconnaître le lieu.

Une odeur de takoyaki flotte dans l’air et réveille mon estomac bien que j’ai déjà dîné. Nous continuons tout droit sans un mot, jusqu’à qu’un homme en costard cravate, tiré aux quatre épingle nous barre la route.

« Bonsoir messieurs ! Excusez-moi d’interrompre vos pas mais vous m’avez l’air épuisés. Je me suis dis qu’un petit remontant vous ferait du bien. C’est la maison qui offre le premier verre ! Nous avons un nouveau cocktail saveur exotique. Et puis, une charmante compagnie, de quoi vous remonter le moral également... »

Si je n’étais pas aussi perturbé par toute cette marche, toutes ces pensées fusillant Yukio dès qu’elles le pouvaient, j’aurais percé à jour ce sourire entendu, trop grivois pour être innocent. Car je ne le suis pas moi-même. Mais non, j’échange un regard avec Yukio et hausse les épaules.

« Je ne sais pas toi mais j’ai besoin d’une pause. Si on n’est pas trop loin on est encore dans les temps... »

Et puis un premier verre gratuit ça ne se refuse pas, n’est-ce-pas ? L’appât du gain, je vous jure. Nous nous mettons d’accord et tandis qu’il nous guide à la porte de son bar-restaurant, l’homme affiche un sourire un peu trop satisfait, qui se reflète sur l’une des vitres mais, je ne capte toujours rien. L’intérieur est éclairé d’une lumière tamisée, qui donne envie de s’affaler sur l’un des sièges rouge moelleux et de ne plus bouger jusqu’à ce que la pièce tourne. L’homme nous installe à une table et nous demande poliment de patienter le temps que les cocktails soient préparés.

Des femmes dansent sur une scène au fond, leur tenue sont légères mais toujours trop élégantes pour que je percute. Je suis vraiment à côté de mes pompes, j’ignorai que c’était possible à ce point, c’est irréel. Enfin bref, les boissons alcoolisés arrivent et, c’est délicieux il faut le reconnaître.

« Qui aurait pensé que je serais là à boire un verre en face de toi... »

Codage par Libella sur Graphiorum

---------------------------------

[Shinjuku] Nuit blanche au Kabukicho Gareth10

Gareth gazouille en japonais #00cc99
Gareth gazouille en anglais #9933cc
Chiaki gazouille en japonais/anglais #6699cc
Hanae parle en japonais/anglais #cc99cc
Personnel ; prof d'histoire-géo
Yukio Ogawa
■ Age : 26
■ Messages : 94
■ Inscrit le : 09/05/2021

■ Mes clubs :
[Shinjuku] Nuit blanche au Kabukicho JfL0rDF


Mon personnage
❖ Âge : 27 ans
❖ Chambre/Zone n° : 1
❖ Arrivé(e) en : Fin Janvier 2017
Yukio Ogawa

[Shinjuku] Nuit blanche au Kabukicho Empty Re: [Shinjuku] Nuit blanche au Kabukicho

Jeu 28 Oct 2021 - 21:44




Nuit blanche au Kabukicho
Mardi 02 mai 2017 - Golden Week


Gareth & Yukio

[Shinjuku] Nuit blanche au Kabukicho Image_14


« Qui aurait pensé que je serais là à boire un verre en face de toi... »

La remarque de Gareth était assez pertinente. Vu la teneur de leurs derniers échanges, la situation dans laquelle ils se trouvaient était plutôt improbable, peut-être même gênante. Yukio était néanmoins plutôt détendu: dans un tel lieu de perdition, personne ne viendrait les trouver, et ce moment pourrait donc rester sans témoin, et sans lendemain. Cette idée le rassurait, certain de ne pas être épié par l’œil curieux de son entourage social, Gareth allait peut-être se laisser un peu aller, et qui sait, il pourrait même se montrer correct, au lieu d'essayer sans cesse de surjouer la colère renfrognée de la victime devenue fière avec les années. Depuis qu'ils étaient retombés l'un sur l'autre après des années sans contact, le professeur d'histoire avait laissé sa personnalité parler pour lui, avec l'attente que son comportement serait suffisamment éloquent, et conduirait son collègue à comprendre qu'ils n'avaient plus huit ans, et que les années changeaient les gens aussi sûrement que les rencontres. Gareth attendait visiblement plus que ça, à commencer par des excuses, mais Yukio ne s'y résolvait pas. En d'autres circonstances, faire amende honorable n'aurait pas rongé sa fierté, mais pour une raison qu'il ne parvenait pas à éclaircir, il n'arrivait pas à dévoiler une quelconque faiblesse devant le professeur d'arts. La peur, certainement, que son collègue, le cœur rempli d'une impulsivité toute puérile, ne se saisisse d'un moment de vulnérabilité pour le blesser avec cruauté.

Les circonstances étaient néanmoins favorables pour des explications, ils étaient dans un établissement fréquenté, mais entourés d'inconnus, ils pouvaient se laisser aller avec une moindre crainte des conséquences. L'alcool était également là pour aider les langues à se délier, et Yukio avait pas mal de choses à dire, qui se bousculaient dans son esprit avec une spontanéité gênante pour la clarté de son élocution. Afin de mettre en ordre ses pensées, il leva le regard vers son comparse en pleine dégustation de sa boisson. La vue de ce spectacle lui apporta un certain calme, sans qu'il ne comprenne vraiment pourquoi. Concentré sur son verre, Gareth donnait presque l'air d'être en agréable compagnie. L'instant idéal pour faire un pas vers l'autre ? Il faudrait bien enterrer la hache de guerre, et la terre semblait ici particulièrement meuble. Cet idiot d'artiste émotionnellement trop honnête n'allait certainement pas prendre l'initiative. Il fallait que ce soit Yukio qui assume, comme toujours. Le poids du monde était bien lourd à porter. Heureusement, l'éthanol l'allégeait un peu. Le professeur d'histoire soupira, et se décida à ouvrir la bouche:


-Gareth, il faut qu'on parl...

Il fut coupé en pleine phrase: d'étonnantes dames assez courtement vêtues venaient de s'inviter dans leur bulle en se jetant nonchalamment sur les banquettes à leurs côtés. Yukio ne concevait pas bien le projet. Que pouvaient donc bien vouloir ces personnes affublées de vêtements aussi inadaptés en pareille saison. Les températures étaient encore fraiches dehors, porter ce genre de tenues qui contenaient plus de vide que de textile ne devait pas être des plus pratiques. C'était un coup à choper la crève et passer le reste de l'année dans un hôpital avec un pneumothorax. Il y avait vraisemblablement une fonction cachée au port de tels costumes, mais le professeur d'histoire ne parvenait pas vraiment à comprendre laquelle, et pour l'instant, il s'inquiétait pour la santé de ces jeunes femmes, qui avaient par ailleurs l'âge d'être étudiantes. Qu'auraient penser les familles de ces charmants êtres s'ils les avaient vu prendre de tels risques avec leur condition physique. Il ne put s'empêcher de leur faire la leçon:

-Mais enfin qu'est-ce que c'est que ces accoutrements ? Votre ambition dans la vie c'est d'attraper la tuberculose ? Vous allez tomber malades en vous découvrant comme ça ! Vous mériteriez que j'avertisse vos parents des risques inconsidérés que vous prenez.

Elles parurent stupéfaites. Celle-ci, on ne devait pas leur faire souvent, ou en tout cas pas avec un tel sérieux. L'une des deux jeunes filles eut un rire sincère, avant de se ressaisir et de s'adapter à la situation:

"Nos parents nous ont très mal élevé, vous avez raison Monsieur, mais peut-être que vous vous sauriez nous éduquer avec plus de fermeté."

La deuxième reprit avec une voix d'innocence feinte, en se penchant sur Gareth au point d'envahir son espace intime:

"Vous aussi vous avez l'air doué pour éduquer les vilaines filles, n'est-ce pas Monsieur ? "






---------------------------------

Si vous avez le temps de lire cette phrase, c'est que vous avez fini vos devoirs, n'est-ce pas ?

[Shinjuku] Nuit blanche au Kabukicho Signat10
Personnel ; prof d'arts plastiques
Gareth N. Kobayashi
■ Age : 25
■ Messages : 572
■ Inscrit le : 27/08/2020

■ Mes clubs :
[Shinjuku] Nuit blanche au Kabukicho Rf83Pu6


Mon personnage
❖ Âge : 27 ans
❖ Chambre/Zone n° : 1 (Appart)
❖ Arrivé(e) en : Septembre 2016
Gareth N. Kobayashi

[Shinjuku] Nuit blanche au Kabukicho Empty Re: [Shinjuku] Nuit blanche au Kabukicho

Mar 2 Nov 2021 - 21:38



♫ Nuit blanche au Kabukicho ! ♫
Ma gorge se réchauffe à chaque gorgée et les muscles de mon corps élisent peu à peu domicile sur cette banquette, qui déploie toutes ses forces afin de m’emprisonner. J’en viens presque à me dire que l’absurdité de la scène n’est pas aussi dramatique que j’aurais pu l’imaginer. Tout ce qui nous entoure est méticuleusement pensé pour ressentir ce surplus de bien être et d’oubli. Les deux âmes perdues que nous sommes ne voient même pas les portes se refermer. Encore une gorgée et un bras qui danse dans l’air.

J’en viens à me demander si Yukio fréquente ce genre d’endroit, une information dont je me passerais bien si cette lumière tamisée ne venait pas remplacer celles censées assurer l’éclairage sous mon crâne. Depuis qu’il est arrivé, le moins j’entends parler de lui, le mieux je me porte, je crois... Je m’en persuade. Petit je n’avais d’intérêt pour lui que pour amuser sa galerie et lui permettre d’évacuer son trop plein de méchanceté infantile. Aujourd’hui, je suis recouvert du masque de son indifférence, j’imagine que c’est un progrès. Alors pourquoi est-ce que je me poserais des questions sur quelqu’un qui s’obstine à penser que le temps efface les souvenirs et que c’est à moi de passer au-dessus de tout ?

Qu’est-ce que je devrais faire ? Allez vers lui «Hey salut ! Tu te souviens, tu me martyrisais à l’école, ça fait longtemps ! On remet ça ?» Non, non c’est à lui d’au moins s’excuser m*rde, ce n’est pas difficile... En bon japonais pure souche qu’il est, lui. Les formules de politesses les plus alambiquées courent dans ses veines nippones. Mais même ça je n’y ai pas droit, même ça je ne le mérite pas. Ni son amitié, ni ses excuses, ni un regard qui ne soit pas emplie de condescendance. Regard qu’il n’a pas ce soir, alors je suppose que cela aide à calmer la rancune qui bouillonne en moi d’ordinaire aussitôt que nous respirons le même air. Peut-être Yukio a-t-il développé des pouvoirs télépathiques, je lève les yeux, l’espoir naissant.

« Hm ? »

Et mourant dans la seconde. Cette seconde où la lumière revient enfin à tous mes étages. J’écarquille les yeux à la vue des tenues légères et affriolantes au possible. C’était si évident, à peine dissimulé, comme le nez au milieu de la figure, que c’est passé comme une lettre à la poste ! Je dévisage Yukio, m’attendant à ce qu’il en vienne à la même conclusion que moi, mais voilà que j’ai la réponse à ma question de tout à l’heure. Je n’arrive pas à y croire, n’a-t-il jamais mis les pieds dans un lieu pareil ? Non pas que j’y passe mes propres soirées mais tout de même, entre amis et la majorité atteinte, c’est un lieu faisant presque office de rite de passage au moins une fois dans sa vie. Les japonais ont un rapport particulier avec l’érotisme, il n’y a qu’à voir les tableaux de l’époque pour s’en rendre compte. Voir un homme lire un magazine pour adulte dans le métro n’est pas rare. Ce n’est que par la - triste - influence occidentale que le Japon a commencé à s’offusquer d’ancienne œuvres auparavant admirées.

« Euh, Yukio... »

J’essaie de l’avertir mais ces femmes, qui étaient sans aucun doute des étudiantes, nous ont déjà mis le grappin dessus. Le pire c’est que ce niais de professeur d’histoire leur a donné des armes pour mettre en place leur contexte lubrique. Quoi de mieux qu’un prof et une élève hein ? Ironie du sort, nous n’aurions pas à jouer de notre côté. Bon, désamorcer la situati- ! Trop proche ! J’arbore un sourire détendu tout en reculant des quelques centimètres qu’il me reste de banquette.

« Vous nous en voyez désolés mais je crains qu’à cette heure nous n’assurions plus de cours... »
« Oh allez Monsieur, nous avons vraiment besoin de cours particuliers... »
« Est-ce que vous nous donner quelques minutes ? Mon... collègue n’est pas habitué et il risque de faire une syncope à l’idée que vous attrapiez la tuberculose. »

La fille la plus proche de lui passe une main sous le menton de Yukio et prend une voix suave.

« C’est adorable de vous inquiéter pour nous mais en buvant un peu ensemble, le froid ne sera plus un problème... On revient tout à l’heure, le temps que vous repreniez vos esprits ! »

Elles partent en riant et minaudant tandis que j’observe Yukio, désabusé et secouant la tête.

« La tuberculose, vraiment ? Je refuse de croire que t’es prude à ce point... On est au Kabukichô dans un bar à hôtesses, il faut qu’on se casse tant qu’on peut encore. Tu pourras revenir assouvir ta curiosité une autre fois. »

Je suis obligé de le chambrer un peu, la tuberculose, sidérant. Finissant mon verre d’une traite, mon dos quitte enfin le dossier rembourré de la banquette. J’avance dans l’allée, la porte est à quelques mètres, quand un homme en costard noir et à l’air peu commode nous barre la route.

« Désolé messieurs, mais il va falloir consommer. »
« Je comprends mais, nous sommes attendus et nous sommes trompés d’endroits... »
« C’est bien dommage, mais vous allez devoir rester. »

Purée mais c’est quoi son problème ? On n’est plus libre de partir comme on veut, génial. A moins ce que...

« C’est le verre gratuit le problème ? On va le payer et partir. »

Si chaque client partait après le verre gratuit, le bar enregistrerait bien quelques pertes. Seulement, ce type n’est toujours pas disposé à s’écarter, il fait même un pas vers nous. Ça sent pas bon...

« Vous allez gentiment aller vous asseoir et profiter du spectacle, ce sera mieux pour tout le monde. »

Il lève légèrement sa veste et révèle un tonfa à sa ceinture. P*tain, dans quelle m*rde on est tombés ! Un de ses compères arrive sur ma droite, me met la pression pour m’abstenir de toute rébellion et je fais un pas en arrière. Faites surtout que Yukio ne parte pas encore dans une tirade qui nous coûtera des os cassés.

Codage par Libella sur Graphiorum

---------------------------------

[Shinjuku] Nuit blanche au Kabukicho Gareth10

Gareth gazouille en japonais #00cc99
Gareth gazouille en anglais #9933cc
Chiaki gazouille en japonais/anglais #6699cc
Hanae parle en japonais/anglais #cc99cc
Personnel ; prof d'histoire-géo
Yukio Ogawa
■ Age : 26
■ Messages : 94
■ Inscrit le : 09/05/2021

■ Mes clubs :
[Shinjuku] Nuit blanche au Kabukicho JfL0rDF


Mon personnage
❖ Âge : 27 ans
❖ Chambre/Zone n° : 1
❖ Arrivé(e) en : Fin Janvier 2017
Yukio Ogawa

[Shinjuku] Nuit blanche au Kabukicho Empty Re: [Shinjuku] Nuit blanche au Kabukicho

Mer 3 Nov 2021 - 21:05




Nuit blanche au Kabukicho
Mardi 02 mai 2017 - Golden Week


Gareth & Yukio

[Shinjuku] Nuit blanche au Kabukicho Image_14

Yukio était médusé. Les jeunes filles étaient aussi insistantes et gênantes qu'un cadre divorcé en pleine crise de la quarantaine parlant à la nouvelle stagiaire dans une soirée boulot . Il n'avait été témoin d'un tel rentre-dedans qu'une seule fois, quand une étudiante avait tenté de l'amadouer pour qu'il remonte sa moyenne. Il avait du expliquer à l'impudente qu'il était incorruptible, et que ça n'était pas la bonne technique pour obtenir ce qu'elle voulait, puis, il avait passé deux heures à cuisiner la gamine pour qu'elle explique longuement les raisons de son échec. Elle avait craqué, était tombée en sanglots, et était donc ressortie du bureau décoiffée et les vêtements froissés. Pendant quelques jours, le campus avait jasé, à tort. Mieux valait souffrir certaines injustices que les commettre.

D'une manière un peu surprenante, Gareth avait plus que lui eu les pieds sur terre sur ce coup-là, et il s'échinait à éconduire les hôtesses avec une admirable patience. Elles finirent par s'éclipser en avançant avec assurance que l'alcool pouvait les protéger du froid. Pas encore complètement rattaché à la réalité de la situation, Yukio se fit la réflexion qu'elles avaient tort: l'alcool ne protégeait pas du froid, il ne faisait que désensibiliser à la sensation du froid, ce qui était encore plus dangereux. Il eut une nouvelle fois envie de leur faire la leçon, mais le regard réprobateur de son collègue l'en dissuada.


« La tuberculose, vraiment ? Je refuse de croire que t’es prude à ce point... On est au Kabukichô dans un bar à hôtesses, il faut qu’on se casse tant qu’on peut encore. Tu pourras revenir assouvir ta curiosité une autre fois. »

Le professeur d'histoire fut légèrement blessé. Il n'était pas prude, il avait juste un peu de mal avec la compréhension de certains sous-entendus, et avec l'idée de discuter publiquement de choses liées à l'intimité de chacun, et avec l'idée que des relations puissent revêtir un caractère très innovant pour ce qui concerne leur aspect physique, ce qui n'était pas du tout la définition qu'on pouvait donner à "prude", n'est-ce pas ? Et la tuberculose était un vrai sujet, un mal méconnu, dont il ne fallait pas rire en vain. Piqué au vif par la remarque de Gareth, il marmonna pour lui-même:

-Je ne suis pas expert en jeunesse dissolue moi...

Déjà élancé vers la sortie, le professeur d'arts plastiques ne porta aucune attention à ces quelques mots. Devant lui, une armoire à glace monopolisait déjà toute sa prévenance. Yukio fut témoin d'une tentative de négociation assez grotesque. Son comparse essayait de résonner le videur en lui parlant de payer le verre gratuit offert à l'entrée dans l'établissement. Le gorille s'était vraisemblablement senti insulté par cette proposition, car il venait d'insister lourdement pour qu'ils profitent du spectacle, et un copain à lui s'était ramené avec la subtilité d'un scénario de film de Steven Seagal.

Gareth s'était débrouillé comme un manche, c'était attendu. Il fallait servir à ces grands gaillards une autre soupe que des pleurs et des jérémiades. Yukio savait comment s'y prendre avec les petites frappes, il en avait été une. La solution la plus simple consistait toujours à se faire voir comme une plus grande source d'emmerdements que de profits, et le professeur d'histoire était assez doué quand il s'agissait d'être vu comme un emmerdeur. S'approchant de son collègue d'un pas assuré, il lui balança sur un ton autoritaire:


-Alors inspecteur, ces manteaux, ça vient ? On est attendus au Keishicho pour rendre compte, le Keishi-sokan n'aime pas qu'on le fasse mariner. Si on y est pas à l'heure, il est capable de nous envoyer le Koanbu pour nous chercher par la peau du...

Il s'interrompit, faussement interloqué, pour regarder les deux voyous encostardés:

-Il y a un problème avec ces deux messieurs, inspecteur, vous les connaissez ?

Pour une fois, avoir eu un père flic pouvait être utile, et les sortir de l'ornière. Les gérants de ce genre de bouge n'étaient sûrement pas bêtes au point d'attirer l'attention de la police, il n'auraient pas fait de vieux os sans ça, et avec les costumes que les deux professeurs avaient mis pour leur diner de travail, ils pouvaient clairement passer pour des officiers en perdition dans un rade pris au hasard. Il fallait juste que Gareth rentre dans le jeu.







---------------------------------

Si vous avez le temps de lire cette phrase, c'est que vous avez fini vos devoirs, n'est-ce pas ?

[Shinjuku] Nuit blanche au Kabukicho Signat10
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé

[Shinjuku] Nuit blanche au Kabukicho Empty Re: [Shinjuku] Nuit blanche au Kabukicho

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum