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Mar 12 Avr 2022 - 22:23




L'heure du jugement
Dimanche 09 juillet 2017


L'heure du jugement Image_19

L'heure du jugement sonne, et les horloges suspendent la course de leurs aiguilles, bloquées par le poids des destins passant par dessus l'abîme. Le temps s'est arrêté, et les vents, irrévocables, ont porté jusqu'à lui les mots du poète Horace:

"Grammatici certant et adhuc sub judice lis est"

La controverse persiste, et, en 2017, les grammairiens discutent toujours, tandis que le procès, lui n'a jamais pris fin.

***


L'après-midi était chaude, lourde, presque orageuse. Le dimanche était apathique, plongé dans la perplexité, aplati par des nuages menaçants et malhonnêtes, qui couvraient le ciel sans livrer leur pluie. Yukio montait les marches avec anxiété. Depuis le voyage à Tokyo qui l'avait conduit à passer une soirée des plus particulières avec Gareth, les choses étaient restées quelque peu en suspens. Une soirée trop franche, pour des lendemains dominés par le malaise. Après plusieurs mois faits de regards fuyants et de quelques salutations courtoises mais emplies de gêne, l'abcès n'avait pas été percé. De manière peu surprenante, aucun des deux professeurs ne semblait être prêt à bousculer les choses et à mettre des grands coups de surin dans l'apostume. Peut-être était-ce idiot, mais par certains côtés, il n'était pas anormal d'avoir peur de l'inconnu. Après tout, poignarder une fluxion purulente, ça restait un coup à se noyer dans l'ichor, est-il besoin de préciser l'aspect rebutant d'une telle éventualité ?

Les stratégies d'évitement ont cependant toutes leurs limites, et, pour ce qui nous concerne, les deux professeurs restaient collègues. A ce titre, les échanges se paraient parfois de la cape de l'inévitable fatalité. Ce dimanche en était. Yukio se serait bien gardé d'appartenir à une équipe pédagogique, mais il fallait jouer collectif, les consignes de la direction étaient claires. Foutu pays, foutues méthodes, il n'avait besoin de personne pour écrire des commentaires blessants sur des bulletins scolaires, il savait très bien le faire tout seul comme un grand. Il renâclait comme un âne fatigué, devait-on vraiment partager avec quelqu'un ce moment pitoyable où chacun devait surjouer le sadisme ou la bienveillance ? Et, par dessus tout, fallait-il vraiment remplir les bulletins avec Gareth, en tête-à-tête ? Tout ça en prévision du conseil de classe où les mêmes commentaires seraient, une fois de plus, répétés, inlassablement.

Que pouvait-on y faire ? C'était le tango du temps des zéros, les minces et puis les gros, rosa rosa rosam, en avant pour le psychodrame.

Même le professeur d'arts plastiques manquait visiblement de volontarisme dans sa participation à cette absurde dramaturgie. La preuve en était qu'il lui avait donné rendez-vous à 14h, en oubliant complètement la sieste de sa progéniture, ce qui avait plongé Yukio dans un embarras des plus stressants. Alors que la discipline de vie qu'il avait chevillée à l'esprit le conduisait à être ponctuel en toutes circonstances, son sens moral lui interdisait de débarquer en plein pendant le sommeil paradoxal d'un mineur de moins de trois ans. Le dilemme était plutôt cornélien. Il avait tranché la chose avec un air de défi dans les yeux, deux heures plus tôt. Pour la première fois de sa vie depuis cette odieuse journée lycéenne où il avait malencontreusement glissé sur une plaque de verglas en sortant de chez ses parents, il allait être en retard. Pour être précis, il allait avoir une heure de retard, et ça allait être volontaire. Des temps exceptionnels nécessitaient des mesures d'urgence. Nécessité, parfois, faisait loi.

On était dimanche, il était quinze heures, il était devant la porte, il sonna.








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Mar 3 Mai 2022 - 20:36
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♫ L'heure du jugement ♫
L’été n’est jamais une période facile au Japon. Le temps est lourd, humide, suffoquant. C’est d’autant plus compliqué à gérer avec un petit bout. Un ventilateur brasse l’air dans le salon tandis que le second ventile Chiaki qui fait sa sieste. Je ne peux m’empêcher de vérifier toutes les vingt minutes s’il n’a pas trop chaud. La température peut monter vraiment vite.

Il est 13h30. Je prépare mes affaires de cours avant l’arriver de Yukio et lâche un soupire. Pourquoi est-ce qu’il a fallu que nous remplissions les bulletins ensemble ? Il aurait suffit que chacun note ses appréciations de son côté et qu’on rassemble le tout en salle des professeurs. Mais non, pour garantir l’objectivité du personnel et blablabla...

Depuis le voyage à Tokyo, les choses ne sont plus les mêmes entre nous. Je ne parviens pas à ressentir la même rage qu’auparavant, mais n’arrive pas non plus à faire avancer les choses. Chaque fois, ses mots me reviennent et tournent dans ma tête. Je me demande toujours jusqu’à maintenant ce qu’il a voulu dire par «ça ne m’empêchera pas de t’aimer». Je ne comprends pas. Et ce n’est pas Irumi - qui est bien sûr au courant de toute l’histoire, sauf celle où je suis entré dans la douche, sinon j’en aurais eu pour 4h de film et le Seigneur des Anneaux aurait fait pâle figure à côté -, qui m’a aidé. Elle s’est contentée de faire sa kyateuse comme devant ses boy’s love !

J’entends un gémissement dans la chambre et me lève. Je me rend compte que je n’aurais pas dû lui donner rendez-vous à 14h. Ça m’a perturbé que le proviseur propose qu’on se rejoigne chez moi, j’ai répondu trop vite. Une serviette humide froide dans la main, je me rapproche de mon bébé un peu agité. Sa peau est chaude et je passe le tissu en coton sur ses jambes puis ses bras. Je finis avec son visage et recommence. Inutile d’ouvrir les fenêtres avec cet air chaud.

Entre me demander comment j’accueillerai Yukio et m’occuper de Chiaki, je ne vois pas l’heure passer. Yukio est en retard. D’une heure entière, mais j’avoue que ça ne me dérange pas. Même si je trouve étrange qu’il ne me prévienne pas. A moins qu’il se soit dégonflé pour nous épargner ce moment gênant. Chiaki se réveille environ dix minutes avant que la sonnette de la porte ne retentisse. Ce qui m’a donné le temps de ramener le second ventilateur dans le salon.

Je pose doucement Chiaki sur le lit le temps d’enfiler un t-shirt blanc puis le reprend dans mes bras avant qu’il ne se mette à pleurer. Mon estomac se serre, je pense à ne pas lui ouvrir, mais ce ne serait pas professionnel... J’inspire longuement puis bascule la poignée. Le malaise s’empare de moi à l’instant où je le vois. J’ignore combien de temps nous allons devoir rester dans la même pièce mais une minute aura le poids de dix, ça j’en suis certain.

« Bonjour. Entre... »

J’esquisse un pas de côté. Chiaki encore dans le brouillard, tête sur mon épaule, le regarde du coin de l’oeil, le nounours sous le bras.

« Je pensais que tu ne viendrai pas, vu que tu n’as rien dis... Un problème ? »

Autant meubler la conversation le plus possible. Il n’y a rien de pire que des blancs. Je l’invite à se mettre à l’aise puis avance dans le salon. La télé diffuse un épisode de Chi, une vie de chat, que Chiaki adore d’ordinaire. Sauf juste après la sieste où il se transforme en koala.

« Installe-toi... Tu veux boire un truc ? Thé glacé, mugicha*, limonade, sirop de prune ? »

J’ose à peine le regarder et fixe un point derrière lui assis à la table.

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*Mugicha : Les Japonais se désaltèrent en été avec du mugicha. C’est une tisane froide à base d’orge grillée. Elle a une couleur brunâtre dans laquelle les Japonais rajoutent beaucoup, beaucoup de glaçons. Vous la trouverez souvent sous le nom de « thé d’orge » mais cette boisson ne contient pas de théine, ni de caféine, elle convient d’ailleurs très bien aux enfants et aux femmes enceintes. Le mugicha a un goût de noisette, de goût torréfié, voir de café suivant le temps d’infusion.

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Mer 4 Mai 2022 - 23:46




L'heure du jugement
Dimanche 09 juillet 2017


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Un problème ? Pourquoi y aurait-il eu un problème ? Les adultes étaient parfaitement capables de faire abstraction des non-dits lorsqu'il fallait se retrousser les manches. A vrai dire, c'était même ce qui les distinguait des adolescents, n'est-ce pas ? Deux hommes empreints d'une maturité solidement chevillée au corps, seuls avec leur gêne et un mioche potentiellement indélicat, que pouvait-il mal se passer ?

Yukio percuta, la question était posée relativement à son retard, il bafouilla, légèrement confus:


-Le petit, je ne voulais pas le réveiller pendant la sieste en venant trop tôt. J'aurais dû prévenir, désolé.

Prévenir ? Il y avait songé pendant un long moment, mais, de manière inexpliquée, il n'avait pas eu la force de se saisir du téléphone. La stratégie d'évitement avait pris le dessus.

Refermant la porte avec précaution, il entra et posa sa veste pour éviter d'étouffer. L'embarrassement était assez palpable. Le regard fuyant de Gareth emplissait l'atmosphère d'un trouble plus qu’incommodant , et le professeur d'histoire ne savait pas vraiment ce qu'il pouvait bien y faire. Malgré l'alcool, il se souvenait plutôt bien de ce qu'il avait pu dire à son collègue, et il se noyait dans le malaise avec autant de gaucherie que lui. Fallait-il en parler ? Faire comme si de rien n'était ? Mettre au clair les choses, au risque que certaines choses soient partagées, ou ne le soient pas ? Deux éventualités, deux plongées dans l'inconnu, le plus sage était peut-être de tenter le numéro d'équilibriste, rester sur le fil pour ne pas chuter, prier pour que le professeur d'arts ne fasse pas trop remuer la slack line. L'application concrète de la tactique était simple: éviter toute parole maladroite, se prémunir de partager quoi que ce soit de trop personnel, rester poli sans chercher à être sympathique.

Chiaki était suspendu au cou de son père comme un lémurien accroché au tronc d'un palissandre. Il formait une distraction des plus parfaites, un sujet relativement consensuel, une zone d'adhérence au milieu de la patinoire. Répondre et relancer avec la neutralité d'un banquier suisse adepte du secret bancaire, c'était parfaitement réalisable:


-Du thé glacé ça sera très bien. Ton fils a pas l'air encore bien réveillé, tu devrais aller chercher du sérum physiologique, il a le nez qui suinte un mucus à l’homogénéité plus que douteuse. Tu as du lui passer une lingette sur le visage mais visiblement il avait gardé des surprises nasales. En plus là c'est en train de se coller sur ton T-shirt et il est blanc, du coup ça fait du jaune et on dirait un œuf au plat. Enfin je dis ça tu fais comme tu veux, c'est pas moi qui lave ton linge, pas encore du mo...

Frein à main, arrêt d'urgence, la glissade a failli conduire au dérapage. Changement de sujet en urgence: le chat à la télé, avec son air de gobe-mouche crédule là, redirigez l'énergie vers les boucliers:

-Je crois que je connais, c'est Chi le petit chat ! T'as qu'à poser la marmotte avec moi sur le canapé, on va regarder pendant que tu t'occupes du reste. Promis on sera sages.

A quoi peut-on en être réduit ? La vie, c'est moche parfois.







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Dim 8 Mai 2022 - 20:45



♫ L'heure du jugement ♫
De surprise en surprise. Il me faut quelques secondes pour que ça me monte au cerveau. Il est vraiment arrivé une heure plus tard pour ne pas déranger Chiaki ? Ce n’est pas la chose à laquelle on pense quand on vient chez quelqu’un et qu’on n’a pas d’enfants soi-même. En général c’est une pensée de parents, et encore. On se contente juste d’arriver à l’heure qu’on nous a donné sans se poser de questions. Je vais devoir commencer à admettre que Yukio est plus qu’un homme aux belles paroles un peu extravagant. Cette fois je n’ai pas besoin d’avoir de l’alcool dans le sang pour lui sourire.

« C’est prévenant de ta part, en plus il était agité à cause de la chaleur. »

Nos voix l’auraient donc sans aucun doute réveillé puisqu’il peinait déjà à dormir profondément. Je vois bien à sa bouille endormie que cette sieste n’a pas été aussi réparatrice qu’à l’accoutumé. Ce petit épisode passé, la gêne me revient à la figure et j’avance dans le salon en attendant qu’il me rejoigne. Un thé glacé pour lui, du mugicha pour nous. Mais avant, il se passe quelque chose sur mon t-shirt que Yukio trouve important de faire remarquer. Un œuf au plat... Ce devait être un sacré gros œuf. C’est bête mais ça me fait pouffer.

Jusqu’à que j’entende la fin et relève la tête vers Yukio. J’ai bien entendu, je n’ai pas rêvé. Il essaie de faire diversion en regardant la télé mais c’est trop tard, je ne suis malheureusement pour lui, pas sourd.

« O-ouais... Je.. Je vais chercher de.. De quoi nettoyer... »

Et fuir cette scène pendant qu’il va sur le canapé ! Je n’ai jamais atteint la chambre aussi vite. «Pas encore», je n’interprète pas mal. Ça ne le dérangerai pas ? C’est pas vraiment amical, non ? Raah mais il ne pouvait pas se taire ?! L’œuf au plat c’était très bien comme chute ! Un autre t-shirt, gris cette fois puis dans la salle de bain, je pose Chiaki au sol, retire le t-shirt et passe un mouchoir sur la morve qu’il a laissé dessus avant de le mettre à la poubelle et balancer le haut dans le bac de linges sales. J’attrape la boîte de sérum physiologique et revient dans le salon pour ne pas le laisser seul trop longtemps. Faire Chiaki me lâcher pour qu’il reste sur le canapé n’est pas une mince affaire...

« Mais papa est là, je reviens, regarde Chi le petit chat, t’aime bien. »
« Meeh papaaaa... »

Allez, aide-moi un peu, fait un effooort... Ses mains accrochent mon t-shirt jusqu’à ce qu’il finisse par céder mais sans arrêter de chouiner. Fâché, il balance ses pieds qui tapent sur la cuisse d’un adulte. Un bisou sur le front et j’échange un regard avec Yukio.

« Arrête Chiaki, t’es pas gentil. »

M’enfin, je pense qu’il arrivera à se faire accepter, il n’avait pas eu de mal à leur première rencontre et Chiaki doit apprendre. Je file dans le coin cuisine préparer les boissons. Le thé et l’infusion de mugicha infusée juste assez pour un goût noisette puis remplis les verres de glaçons. Sur le plateau, je mets quelques apéritifs, des crackers et des mini-sandwichs. Espérons que Yukio arrive à l'occuper assez le temps que je revienne. Je pourrai voir comment il s'en sort tiens. Je me demande tout de même.

« Tu es sûr de ne pas vouloir changer de tenue ? Il pourrait te salir, et il crève de chaud, comment tu respires ? »

J'aurais dû lui dire de venir décontracté...

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Mar 10 Mai 2022 - 23:27




L'heure du jugement
Dimanche 09 juillet 2017


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Yukio était décontracté: il n'avait fait qu'un demi-windsor. Assis sur le canapé, il regardait Chi le petit chat avec l'assiduité d'un doctorant face à une conférence de son directeur de thèse. Ce chat paraissait quand même bien naïf, avec ses grands yeux et ses erreurs de jeunesse dignes d'un adolescent sous perfusion hormonale. La puissance pédagogique du programme se trouvait-elle dans l'identification des enfants à ce bébé chat découvrant le monde ? C'était tout de même étrange: essayait-on donc d'apprendre aux enfants que s'ils perdaient leur mère de vue, ils se devaient de se trouver un nouveau foyer pour se faire adopter ? Les couleurs des différents animaux protagonistes avaient-elles une signification particulière ? Toutes ces questions étaient en suspens, et méritaient un échange constructif, fondé sur un certain respect mutuel, et sur une volonté partagée de produire l'exégèse d'une œuvre majeure de l'animation pour enfants.

Se tournant vers Chiaki, le professeur d'histoire lui tint à peu près ce langage:


-Le déracinement vécu par le personnage principal me semble le préalable à une certaine liberté dans la fantaisie des auteurs, peut-être un peu trop, n'est-ce pas au détriment de la cohérence interne de l’œuvre ?

Le bambin, écoutant jusqu'au dernier mot les paroles de son compagnon momentané de visionnage, prit un air sérieux et pensif, puis pointa l'index vers l'écran, avant d'affirmer avec certitude:

"Chat !"

Yukio accusa la réponse cinglante de son interlocuteur, décrypteur à l'esprit acéré. Révisant sa position, il poursuivit:

-Oui je comprends, vous soulignez avec concision mais précision que l'usage d'un truchement, en l’occurrence l'animal, inscrit irrémédiablement l’œuvre dans le registre de la fable. Je vous suis parfaitement sur ce point, mais dans ce cas, ne faudrait-il pas pour que ce soit réussi que le personnage principal apprenne de ses erreurs ? J'ai tout de même l'impression qu'il se perd de nouveau à chaque épisode !

Signe qu'il se trouvait dans une intense réflexion, le fils de Gareth alterna des écarquillements et des froncements de sourcils, puis colla son pouce dans sa bouche. Après quelques mordillements, il sembla avoir trouvé de quoi répliquer, et ôta précipitamment son doigt de son gosier. Il se tourna vers l'invité des lieux, et désigna de nouveau l'écran avec l'extrémité de sa main. Puis, d'un ton docte mais empreint d'une certaine excitation, il s'exclama:

"chat béééébé !"

Et il avait raison: la juvénile essence du chaton faisant l'objet de la narration le conduisait nécessairement à apprendre par la répétition de ses erreurs, ce qui permettait par ailleurs de marteler avec efficacité, voire insistance, les messages éducatifs du programme. CQFD. Yukio ne savait plus que répondre, l'exposé du moutard était à l'aune des plus grands maïeuticiens. Comme pour enfoncer le clou de la victoire, Chiaki se servit du doigt qui avait montré l'écran pour se curer le nez. Maudit gamin, il n'avait vraiment pas la victoire humble et réservée.

Hypnotisés par le dessin animé, les deux débatteurs culturels ne partagèrent plus un mot durant quelques secondes, jusqu'à ce que la voix lointaine du paternel occupant des lieux atterrisse de la cuisine:


« Tu es sûr de ne pas vouloir changer de tenue ? Il pourrait te salir, et il crève de chaud, comment tu respires ? »

Sans décoller les yeux de l'écran, l'enseignant télévisant répondit d'un air distrait:

-J'ai enlevé ma veste, ça peut aller. Je respire en gonflant et dégonflant le diaphragme habituellement, pourquoi ?







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Mer 11 Mai 2022 - 0:27



♫ L'heure du jugement ♫
Pendant quelques secondes, je n’entends plus que le bruit du dessin animé. Chiaki a fini par m’oublier, obnubiler par son épisode et c’est tant mieux. C’est avec une minutie presque exagérée - largement exagérée - que je place les apéritifs sur le plateau. Soudainement il me paraît important que les chips soient à gauche, les crackers sphériques au centre et les mini sandwichs bien agencés sur la droite. Les boissons iront aux extrémités basses du plateau. C’est très important.

Puis j’entends Yukio, lancé dans un style conférencier qui me débecte. Il a un humour bien particulier. L’ironie et le sarcasme semble s’être perdu en route pour atterrir devant sa porte. Rare sont les japonais qui en font quotidiennement usage en dehors de leur cercle très restreint. A force de l’écouter, il m’arrive de souffler du nez à ses tournures de phrases alambiquées. Le tout rendu dynamique par les réponses pleines de réflexions de Chiaki. C’en serait presque cohérent. Oh non, si je commence à comprendre où il veut en venir je suis perdu à jamais ! Ou comment attirer toute l’attention d’un bambin sans aucun effort. J’en suis assez surpris.

Mes lèvres trouvent le courage de se desceller pour m’adresser à Yukio. Si la première partie est tout à fait normale, bien que peu convainquant à moins qu’il n’ait de système de climatisation intégré, la seconde... Le plateau en mains, je retourne dans le salon en secouant la tête.

« Tiens c’est marrant, moi aussi, fantastique outil le diaphragme ! A tes risques et périls, mais personne ne ressort d’ici sans porter la marque... »

Chiaki, qui avait encore le doigt dans son nez, l’a somme toute trouvé trop sale à son goût et jugé bon de l’essuyer avec entrain sur la chemise de son partenaire de débat endiablé.

« Du démon... Chiaki, c’est sale ça ! »

Je tends une serviette en papier à Yukio pour qu’il puisse s’essuyer et sort une lingette nettoyant du paquet sur la table basse pour lui essuyer le doigt. Il comprend très bien ce que je lui dis et son rire de diablotin retentit dans la pièce.

« Ca me fait pas rire, petit cochon. Allonge-toi que j’essuie ton nez. »

Au passage j’incite Yukio à se servir en grignotage pendant que j’attrape mon fils sous les bras pour l’allonger sur le canapé. La dose de sérum physiologique dans une main, je lui penche la tête vers la télé. Comme beaucoup de bambins, il n’aime pas ça et se débat un peu. Qu’une seule technique... C’est un peu gênant de faire ça devant quelqu’un d’autre mais bon... La dosette devient un avion qui demande à pouvoir atterrir.

« Attention, attention Mini-gouttes demandent à entrer dans le nez du bébé géant ! Sinon le vilain Doudou va venir manger le petit nez ! Il faut vite aider bébé Chiakiii ! »

« Pas Doudouuu, mon nez ! »

L’avion se rapproche, se rapproche, armé de ses plus beaux bruitage aérien et finit son vol dans la petite narine. J’appuie sur le tube pour lui nettoyer et il se laisse faire. C’est à cause de ces changements de température, forte chaleur, fraîcheur quand je lui mouille la peau, pas étonnant qu’il s’enrhume. Il faudrait que j’achète un climatiseur... Une nouvelle dépense...

« Alors, qu’est-ce que tu penses de tes classes globalement ? »

Je saisis le mouche-bébé en forme de poire et appui dessus avant de relâcher doucement pour vider le nez de Chiaki de tout ce qui l’encombre. Quand j’ai terminé et qu’il est tout propre, j’écrase un gros bisou sur sa joue et il se retourne sur le canapé pour s’allonger en travers des jambes de Yukio, comme ayant trouvé une nouvelle place pour regarder son dessin animé. Eh ben dis donc. Après avoir tout jeté et m’être nettoyer les mains je les rejoins sur le canapé avec une couche en tissu.

« Mets ça sous sa tête, tu n’as pas envie qu’il bave et se mouche sur ton pantalon. »

Une fois assis, je caresse les minuscules pieds de Chiaki du bout des doigts. Il va finir par se rendormir.

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Mer 11 Mai 2022 - 23:48




L'heure du jugement
Dimanche 09 juillet 2017


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Gareth était un peu gâteux devant le gamin, c'était à la fois mignon et consternant. Yukio n'avait même pas réagi devant la souillure subie par sa chemise: une de plus de foutue. Il avait pris les devants, et devait en recevoir prochainement un carton entier. Au rythme où il se faisait pourrir ses vêtements par l'ensemble de son entourage, il était plus économique de passer des commandes en profitant des soldes et des prix de gros.

Voir le professeur d'arts s'occuper de son fils était tout de même très gênant, et pour cause: il ne savait vraiment pas imiter de manière crédible le bruit d'un Airbus A320. Compte tenu de la qualité toute relative du bruit de moteur, c'était un miracle que que le petit ait la bonté de souscrire à la technique. Le public était plutôt accommodant, le son qui sortait de la bouche du paternel naviguant relevait plus du vieux Cessna monomoteur en fin de vie vendu pour pièces que du jet dernier cri. S'il fallait une preuve que Chiaki savait se montrer tolérant, elle était faite. Aussitôt libéré des bruitages douteux de l'artiste beatboxeur expérimental, il vint d'ailleurs se réfugier entre les jambes de son nouveau meilleur ami aux cheveux bruns, qui se poussa légèrement pour lui faire une place.

Bébé Chiaki semblait souffrir de la chaleur, comme l'avait signalé son père. Yukio aurait bien voulu y faire quelque chose, mais concernant le réchauffement climatique, il avait abandonné depuis longtemps toute ambition personnelle. Gareth aurait pu avoir la riche idée d'acheter un climatiseur, quelque obstacle avait dû l'en empêcher. Qu'à cela ne tienne, une merveilleuse idée cadeau venait d'éclore, comme une fleur au milieu du désert. Pour sûr, offrir un climatiseur à Gareth et Chiaki ne jetterait pas un froid. De manière assez logique, ça ajouterait de la fraicheur à leur relation.

Alors que l'adorable mioche s'était replongé dans les aventures du chaton télévisé, le professeur d'arts plastiques rappela son collègue à l'ordre. Après tout, ils étaient là pour une raison précise, Yukio avait presque failli l'oublier. Trouvant le fil de ses pensées à mesure qu'il parlait, le brun répondit sans trop construire son propos:


-Globalement ça va, il y en a bien deux ou trois qui mériteraient un coup de pied où je pense, mais au fond c'est plus les parents que j'ai envie de frapper. Certains ne sont vraiment pas à la hauteur de leur progéniture. Pour ce qui concerne vraiment les élèves, ils sont presque tous adorables, plutôt matures pour leur âge, presque plus que moi en fait. J'aimerais bien en aider un peu plus certains, mais c'est difficile de les amener à se confier, et je n'ai jamais que 24 heures dans une journée.

L'occupant des lieux revint, tendant à son invité du jour de quoi protéger sa garde-robe, et s'asseyant à ses côtés. En pleine réflexion, le professeur d'histoire attrapa ce qu'on lui proposait, et continua, l'air pensif:

-Pour être honnête, j'ai plus envie de saisir ce qu'il y a de bon en chacun et de les encourager que les casser en leur expliquant qu'ils sont nuls. Puis si on voulait aller au bout, faudrait aussi qu'on file une note et un bulletin aux vieux des lycéens, ça changerait parfois plus de choses.







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