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Elève ; en 2ème année
Seito Mori
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Sam 2 Juil 2022 - 22:16
VENDREDI 22 SEPTEMBRE 2017



A quoi aurait ressemblé leur histoire s'ils s'étaient aimés ? D'un amour véritable, à l'image des contes de fée. Un soupçon de magie et le coup de foudre au premier regard. La flèche de Cupidon s'est perdue en chemin. A moins qu'il ne l'ait jamais tirée. Seito se la serait plantée lui-même dans le cœur s'il avait su que même les dieux l'avaient lâchement abandonné. Livré à lui-même, il s'est montré incapable de faire perdurer cette relation. Pire, il n'a pas éprouvé l'étincelle tant attendue. Son cœur n'a pas l'allure d'un brasier flamboyant, il est toujours aussi terne. Les cendres parsèment son âtre d'une noirceur qu'elle réchauffe néanmoins, flamme vacillante d'une bougie bienveillante. Se seraient-ils mariés ? Auraient-ils eu des enfants ? Leur relation aurait-elle vaincu tous ses démons ? Toutes ses questions demeureront sans réponse. Seito se sent vide. Ne pas savoir le rend aigri et dédaigneux. Il n'était déjà pas sûr mais en cet instant, il est certain de ne pas aimer être lui. Quelque chose ne tourne pas rond. Mettre le doigt dessus requiert une introspection difficile, bien qu'il redoute ne pas avoir à chercher longtemps. C'est d'ailleurs cette éventualité qui l'effraie le plus. Que l'évidence s'impose à lui et enterre définitivement la définition de sa personne.

L'idiot qu'il est a tant d'interrogations qui tournoient dans sa caboche d'adolescent. Et personne ne lui semble digne de confiance. Alors, une fois de plus, Seito se renferme. Il y a bien longtemps que son cocon protecteur n'est plus étanche. A chaque nouvelle défaite, la chrysalide s'effrite. Il n'y aura bientôt plus aucune chance qu'il se transforme en joli papillon. A jamais larve, étonnant comme il s'en émeut encore. Ce n'est pas comme s'il faisait des efforts. Croire ne suffit pas, il lui faut aussi agir. Mais comment s'y prendre quand le cœur ne suit pas ? Il bat, c'est un fait avéré. Mais cela ne suffit pas. Il devrait tambouriner en la voyant. Il devrait virevolter contre ses lèvres en l'embrassant. Il devrait s'excaver de son torse en l'étreignant. Apathique, quelques tressauts passagers, plus de peur que d'autre chose. Il ne sait s'il s'est trompé de sentier ou s'il était écrit qu'il s'empêtrerait dans les ronces. Les épines lui écorchent la peau jusqu'à s'enfoncer profondément dans sa chair. La vision du sang l'indiffère, autant que la douleur est une information. Erreur lui crie une soudaine céphalée.

Aux grands maux les grands remèdes, le lycéen quitte la bibliothèque où il s'était réfugié pour prendre un grand bol d'air dehors. Cette semaine de vacances ne l'avantage pas. Trop de temps libre à ruminer, trop d'heures à ressasser les mêmes pensées stériles. Il préférerait de loin se plonger dans une bonne dissertation ou un QCM de mathématiques, c'est dire. Au lieu de ça, il peut à présent rajouter à la longue liste de ses démons sa rupture avec Mitsuki. Ils restent amis, c'est le principal. Une fois la couche de sucre glace ôtée, le gâteau est tout aussi savoureux. Il est même plus délectable car soudain, il s'effeuille avec l'honnêteté qui lui incombe. Seito, un livre serré contre le cœur, regarde le parc hagard. La migraine qui lui enserre la tête ne décolère pas. Il inspire à nouveau profondément, tentant de réguler l'écho meurtrier. Mais rien n'y fait. Retourner dans sa chambre et risquer de croiser Mitsuki le condamne à trouver une solution de repli. Non pas qu'il ne veuille plus la voir, bien au contraire. Il se sent juste vulnérable. Là, tout de suite, maintenant. Et elle n'y est pour rien.

Impossible de raisonner correctement, sa poitrine se soulève. L'adolescent ressent soudain un besoin urgent de s'isoler. Mais sur le campus, les choix sont minces. Même les livres ont des oreilles. Son regard se porte sur les terrains, puis tout au bout du parc pour finalement se poser sur les grilles au loin. Mais pour aller où ? Il n'a pas d'argent. Quant à la plage... c'était leur coin d'amoureux jusqu'à hier soir. Pas question d'y remettre les pieds aussi tôt. En pilote automatique, ses pieds le traînent jusqu'au bâtiment Yamanaka. Qui est, bizarrement, relativement silencieux. Il réalise soudain qu'il est l'heure de manger et que la plupart des élèves doivent être soit au réfectoire soit en train de grignoter ailleurs. Et c'est tant mieux. Pour une raison obscure, il passe à côté de la porte du club de littérature et pénètre dans l'antre des artistes. L'atelier est vide. Son regard accroche les toiles momentanément abandonnées, les sculptures temporairement interrompues, les pinceaux provisoirement délaissés ; et il s'abandonne au sol. Adossé contre le mur, dans un coin de la pièce, il repense fatalement à leur discussion sur la plage. A eux et ce qui n'est plus.

Deux grains de sable parmi des milliers d'autres. L'un plus cabossé que l'autre. Mitsuki est toujours là. Il n'a aucune raison de s'inquiéter. Tout est bien qui finit bien. Ils se sont quittés en bon terme. Leurs échanges ont été doux et vibrants. Ils étaient étonnamment d'accord. Alors pourquoi ? Pourquoi éprouve-t-il ce pincement dans sa poitrine ? Que doit-il faire pour effacer cette douleur sourde ? Depuis hier soir, sa gorge est nouée. Il sait qu'ils ont pris la bonne décision mais il n'a de cesse de se remémorer leur discussion. Comme s'il allait y trouver un remède. Il est pourtant celui qui avait initié la conversation.

En posant une question toute simple mais ô combien fatidique.

« Mitsuki, tu nous trouves assortis ? »




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Mar 5 Juil 2022 - 21:08



♫ Je t’ai perdu ♫
A quoi aurait ressemblé notre histoire si nous nous étions mariés ? Nous nous sommes aimés. D’un amour véritable, à l’image des contes de fée. Le soupçon de magie et le coup de foudre au premier regard avaient suivi le chemin de la flèche de Cupidon. Un tir parfait, sans accroc, une relation vouée à perdurer. Un an, deux ans, jusqu’à six ans d’étincelle et de brasier flamboyant. Mais les pouvoirs de Cupidon n’allument que la flamme, qu’il faut nourrir, sous peine que les cendres ne prennent le dessus. De notre histoire ne reste que des cendres encore chaudes. Pourtant à défaut du mariage, nous avons combattu nombre de démons, conçus un enfant... Aurais-je dû accepter ? Notre couple aurait-il tenu ? Avais-je tout gâché ? Je n’aurais jamais les réponses à ces questions. Je me sens vide. Mon humeur ne fait que fluctuer. Des montagnes russes qui me donnent la nausée que j’ai de plus en plus de mal à contenir. Tantôt souriant, tantôt aigri, et jamais au moment opportun. Autant regarder un bambin faire entrer son cube à la place de la sphère.

Je me sens idiot. Aurais-je dû l’épouser ? Etait-ce ma faute ? J’ai eu besoin d’en parler à une personne de confiance. Entendre la voix d’Ashton m’avait fait tant de bien. Ses mots rassurants s’étaient efforcés à me faire sortir de mon cocon qui de protecteur devenait oppresseur. La larve sort de sa chrysalide, un joli papillon en sort. Pour mieux s’empêtrer dans la toile cruelle qui l’attend. La vie d’un papillon n’est qu’éphémère, vaut-elle alors la peine ? L’amour veut-il la peine que l’on laisse battre son cœur pour lui. Il avait battu et il bat toujours, le mien. Mais ça n’a pas suffit. Virevolter contre ses lèvres pour mieux m’écraser, l’étreindre pour mieux sentir le froid à son départ. J’ai l’impression d’être tombé dans un enchevêtrement de ronces dont je peine à me sortir, ou dont je n’ai peut-être pas envie de m’enfuir. Saigner me paraît plus simple que maintenir mon faux sourire. La douleur est une amie honnête et sincère.

Aux grands maux les grands remèdes, je quitte la salle des professeurs. Cette salle devenue mon refuge par la quantité de travail qu’elle m’offre. Pas de vacances pour les gardiens des nouvelles pouces. Je préfère de loin me plonger dans une bonne lecture de dissertation que dans le tréfonds de mes souvenirs. Il y a peut-être réellement un Dieu quelque part pourvu d’une balance au-dessus de nos têtes. Ma relation avec Yukio s’améliore, celle avec Hanae se détériore... Le prix à payer ? Un juste équilibre ? Pourrons-nous être amis, elle et moi ? Le gâteau sous sa couche de sucre glace n’est plus. Serons-nous capable d’en concocter un nouveau ? Au goût âcre du regret ou sucré de la nostalgie ? J’inspire profondément, fais faux bond à mes collègues qui accourent au self. Les gargouillis de mon ventre ne sont qu’un lointain souvenir, incapable de dire quand j’ai eu faim ce mois-ci. En pilote automatique je me traîne jusqu’au seul endroit qui saura recueillir ma peine.

Mais l’atelier comporte déjà un occupant et pas des moindres. Petit grain de sable égaré par le vent. Chassons ensemble ce crabe prenant un malin plaisir à pincer nos poitrines. Peut-être la douleur sourde disparaîtra enfin. Peut-être parviendrais-je à me convaincre que nous avons pris la bonne décision. Je ne veux pas me remémorer notre discussion, il n’y a aucun remède. Rien qu’une évidence fatidique.

« Toi et moi, peut-être que c’est notre destin qui est écrit ainsi... »

Je m’avance doucement pour ne pas trop surprendre Mori-kun. Une soudaine envie de rejoindre le club d’arts plastiques ? Ce n’est pas l’impression qu’il me laisse. Les livres sont le sanctuaire qu’il a choisi. Et pourtant, le voilà devant moi. J’avance encore, et me laisse glisser contre le mur à ses côtés. Une distance raisonnable nous sépare mais elle semble désuète face à ce qui nous relie.

« Il n'y a qu'une sorte de bonheur, mais le malheur prend mille formes différentes. Qui a dit ça déjà... ? »

Je suis certain qu’il possède la réponse.

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Mar 5 Juil 2022 - 23:29
VENDREDI 22 SEPTEMBRE 2017



Le mur soutient sa tête amollie par le poids des sentiments. Il se sent fiévreux et soudain, le moindre mouvement lui donne le mal de mer. Alors, il finit par fermer les yeux pour apprécier le clapotis de l'eau. La plage s'impose à lui naturellement. Il se revoit fouler le sable de ses pieds nus, aux côtés de sa petite-amie. Plutôt qu'un sentiment de béatitude, Seito était partagé. Une question le taraudait. Malgré ses efforts pour l'effacer de son esprit, elle refaisait surface à chaque fois qu'il posait ses yeux sur Mitsuki. Poser la question n'était pas un problème. Il posait tout un tas de questions au quotidien, curieux comme il était. Le vrai problème résidait dans le contenu. Il sentait que, peu importe la manière de le dire, elle serait à double-tranchant. Que de cette interrogation découlerait des répercussions. Il les craignait autant qu'il voulait les confronter. Car elle prenait trop de place dans son esprit. Ce qui est amusant, étant donné qu'elle prend toujours autant de place, voire pire, à l'heure actuelle. Crever l'abcès aurait dû le soulager, pas le traîner vers le fond.

Ils avaient échangé autour de deux canettes ouvertes. C'était devenu leur rituel et Seito appréciait ce moment de convivialité. La langue rarement dans sa poche, il gratifiait la jeune fille d'une ribambelle d'anecdotes sur sa semaine, ses lectures, l'activité aux clubs. Tout était passé au crible et alimentait un débat continu. Bien sûr, l'inverse allait de soi. Chacun d'eux pouvait s'épancher s'il le souhaitait. Sans jugement. Jusqu'à hier soir. Il s'en veut terriblement d'avoir pollué leur cercle de paroles d'une question idiote. Une fois posée, elle avait agi comme une marée noire, engluant méthodiquement leurs cœurs d'un sombre présage. Pourtant il s'était fait violence. Il avait repoussé l'échéance à multiples reprises. Sauf qu'il n'aurait jamais trouvé de bon moment. Ces choses-là ne s'astreignent à aucun règlement. Le temps et l'heure n'ont aucune foutue importance. Elles ne sont jamais en retard, ni en avance d'ailleurs ; elles arrivent à l'heure prévue.

Sortie de nulle part et de but en blanc, la question ressemblait à un ours polaire perdu sur la plage. Trop tard pour reculer, le mal était fait. Car oui, il ne pouvait s'agir que de mal.

« Mitsuki, tu nous trouves assortis ? »
« Assortis ? Comment ça ? »

Mitsuki le regardait, ne comprenant pas ce qu'il demandait. Lui non plus d'ailleurs n'était pas certain de savoir poursuivre. Ne pas répondre après avoir introduit une espèce en danger d'extinction était criminel. Son raisonnement était resté terre-à-terre.

« Bin... est-ce que tu trouves qu'on va bien ensemble ? Genre si tu nous voyais dans la rue, est-ce que tu dirais qu'on est assortis ? »
« Bah euh ... Pourquoi on le serait pas ? Il y a un code à respecter ou un truc du genre ? »

Mitsuki se posait elle aussi des questions sur leur couple, mais celle-là, elle ne la comprenait pas. Tout ce temps à ruminer, il aurait dû se préparer avec plus d'assiduité. Sa bouche était sèche, il cherchait ses mots. Cela devait se voir sur les traits de son visage, cette anxiété sous-jacente qui animait ce brusque désastre.

« Quelque chose ne va pas ? »
« Nan, y'a pas de code. Enfin, je crois pas. »

Seito avait baissé les yeux. Il ne savait pas bien lui-même où il voulait en venir. Et c'est précisément là où le bas blesse. L'admettre pouvait lui écorcher les lèvres mais Mitsuki vaut largement ce sacrifice.

« Je sais pas. »

Ce qui n'était pas entièrement vrai. Il savait, de source sûre, que s'il y a bien une chose d'acceptable dans sa vie à l'heure actuelle, c'est Mitsuki. Elle est une lumière dans la tempête. Clignotante au début, elle s'était stabilisée pour s'ancrer dans son quotidien comme une certitude. Son redoublement n'avait presque pas impacté leurs habitudes. Étant colocataires, ils se voyaient au réveil et au coucher. Cette routine rassurait Seito.

« J'ai juste l'impression qu'on est pas... je sais pas. Putain, ça veut rien dire. »

Mitsuki avait encaissé les paroles de Seito comme elle le pouvait. Elle savait bien, au fond qu'ils n'étaient pas... Que c'était plutôt comme... C'est juste qu'elle aimait leur relation, et que c'était trop dur de se l'avouer. Elle avait posé sa main sur celle de Seito, pour qu'il arrête de s'embourber dans ses paroles.

« Qu'on est pas un couple ? »

Ils se donnaient parfois la main, ils s'embrassaient aussi. Ils étaient un couple mais... Il y a une barrière entre eux, qui reste fièrement dressée malgré tout. Le résumé était sévère mais juste. Seito avait posé un regard triste sur la main de Mitsuki. Il avait tourné la sienne pour accueillir sa paume.

« Ouais... »

Un bruissement non loin de lui le sort de sa torpeur. Le japonais papillonne faiblement des paupières pour s'acclimater à la luminosité ambiante. Puis, doucement, tourne la tête vers l'objet du bruit. La présence du professeur d'arts dans l'atelier n'est pas surprenante. Trop embrumé pour un mouvement de recul, il baisse les yeux. Il est un brin gêné de se retrouver là sans y avoir été invité. D'autant qu'il ne sait en vérité pas pour quelle raison il y est, plutôt que dans un des fauteuils moelleux du club de littérature. Kobayashi-sensei est le premier à briser la glace et il lui en est reconnaissant. Son ton est triste, ce qui attire à nouveau son regard vers lui. La réponse fuse :

« Comme dit Tolstoï, le bonheur est une allégorie, le malheur est une histoire. Murakami Haruki, Kafka sur le rivage. »

Facile, instinctif. Son cerveau a pris le pas sur le chagrin, chassant momentanément le brouillard qui y règne. Mais il est loin d'être tiré d'affaire. Il rabat ses mains sur ses genoux qu'il resserre contre lui. Il croyait vouloir être seul mais à présent, il n'en est plus bien sûr. Alors autant poursuivre le dialogue.

« J'espère que l'histoire finit bientôt. Pas vous ? »




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Ven 22 Juil 2022 - 17:19



♫ Je t’ai perdu ♫
C’est la troisième fois que Mori-kun et moi nous retrouvons tous les deux à discuter. Je crois pouvoir affirmer sans me tromper que nous ne nous sommes jamais mieux compris qu’en cet instant. La distance naturellement présente entre un élève et son professeur n’est que dérisoire face à la douleur...

Sans rien ajouter à son incontestée vivacité d’esprit, je souris tristement en fermant les yeux quelques secondes. L’odeur de peinture à l’huile, de gouache ou encore d’acrylique me monte aux narines et possède un aspect étonnamment réconfortant. Rien ne peut arriver de pire entouré de ces effluves, elles forment un cocon que nul ne peut transpercer.

« Oui moi aussi... Malheureusement se sont souvent les plus longues... »

Quand bien même, je ne parviens pas à mettre le doigt sur la présence de Mori-kun dans cette salle. J’ai beau chercher, retracer chaque contact que j’ai pu avoir avec lui, l’art ne me semble toujours pas avoir posé ses doigts sur lui en dehors du body painting passé. Il ne m’a pas l’air d’attendre quelqu’un mais plutôt de se cacher aux yeux du monde. Ou des siens. En la matière, un certain talent réside en lui. Tel que Mori-kun pourrait bien ne jamais parvenir à terminer la partie de cache-cache dans laquelle il s’est lancé éperdument.

« A quel chapitre en est la tienne ? Je suis étonné de te rencontrer ici. »

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Sam 23 Juil 2022 - 17:03
VENDREDI 22 SEPTEMBRE 2017



Seito se fiche pas mal de la fin. Qu'elle soit joyeuse ou non lui importe peu. Ne l'intéresse que la finalité. Ce moment où, enfin, il sera libéré de ce poids que représente l'existence dans son intégralité. Tout lui apparaît pénible et illusoire. A peine fait-il un pas dans une direction qu'il se mange un arbre. Mais l'idiot qu'il est persiste et court plus ardûment à sa perte. Plus vite il en aura fini, plus vite il aura la paix. En attendant, il ne peut que souffrir en silence de cette fatalité d'être soi. Résolument imparfait. Sa paume réchauffait la sienne, mais la chaleur n'était pas parvenue à dégeler son cœur. Les flammes avaient léché à multiples reprises l'enceinte gelée, sans que cela suffise. La voix du professeur semble transportée par cette brise légère qui chahute les vagues devant eux. Poursuivre la métaphore pour ne pas briser l'instant l'aide à ne pas s'effondrer dans le présent. D'une voix résignée, à moitié enfouie entre ses bras, il répond :

« A celui où le héros perd le combat de trop et reste à terre. »

Mitsuki n'était pas à blâmer. Elle méritait déjà tant d'éloges pour sa témérité. La montagne qu'elle avait gravie pour en arriver là, dans cette relation bancale avec lui, était si périlleuse que cela tenait du miracle. Il ne la remercierait jamais assez d'avoir envisagé la possibilité qu'il soit normal et bien portant. Comme jamais il ne pourrait retrouver cette alchimie qui l'a poussé, lui, à contrarier le destin pour échapper à ces chaînes qui le retiennent. Et maintenant, il ne se voyait pas continuer ainsi. La douleur s'est fait un nid douillet dans son cœur et n'a aucunement l'intention d'être délogée. Il prend à nouveau la parole :

« Si c'est bientôt la fin, j'suis pas sûr que l'histoire se termine bien… »

Avec une douceur sans pareil, son corps s'était glissé lentement contre celui de la jeune fille jusqu'à ce que sa tête repose sur son épaule.

« Pourtant y'a qu'avec toi que j'fais tout ça. »

Le pincement dans sa poitrine s'était intensifié. Pourtant elle savait. Elle savait où cette conversation allait mener. C'était sa faute aussi, à se laisser embarquer par ses hormones d'adolescente sans réfléchir au fondamental. Elle avait penché légèrement sa tête pour se poser sur celle de Seito.

« Peut être... Qu'on est pas destiné à être ensemble ? Je t'aime... »

Et elle ne lui avait encore jamais dit.

« Mais... je crois que je t'aime comme un membre de ma famille... voir même comme une âme sœur... Mais ... Peut-être pas comme... Comme ce que je croyais dans une relation d'un garçon et d'une fille... »

C'était assez confus mais elle essayait d'être honnête. Elle n'imaginait pas sa vie sans Seito à ses côtés mais pourtant... Elle ne ressentait pas la passion qu'elle avait pu ressentir avec Thomas. Elle l'aimait, oui. Mais pas comme un amoureux ? C'était compliqué, tout ça, à ses yeux de jeune fille qui ne connaît pas grand chose à l'amour. Le contact de sa tête contre la sienne lui avait fait un bien fou. Une chaleur bienveillante qui compensait la dure réalité qui s'imposait à eux de son implacable sincérité. Son cœur s'était serré, les mots qu'elle prononçait étaient douloureux. Mais il savait lui aussi... bon sang il savait qu'elle avait raison. Et qu'elle ait été la première à poser des mots sur ce qu'il ressentait était agaçant mais évident. Après tout, elle avait toujours fait preuve d'une plus grande maturité que lui. Il avait repensé à la question de Gabriella et s'en voulait de ne pas avoir tiré de conclusions. Comme pour se cacher, il avait fermé les yeux.

« Moi aussi. » avait-il soufflé.

Bien sûr qu'il l'aimait, sinon jamais il ne l'aurait embrassé. Il se sentait complètement perdu et tentait de se raccrocher à ses propos. Dont la pertinence faisait doucement son chemin. Voyait-il en elle une sœur ? Non, c'était plus fort que ça.

« Moi aussi je t'aime. Mais pas d'amour... pas cet amour-là. J'croyais, j'le voulais vraiment. »

Il s'était soudain senti de trop sur cette plage. Tout comme il ne comprend pas à l'heure actuelle pourquoi une telle surprise de la part du sensei. N'est-il pas... Oh. Les yeux relevés, il réalise seulement maintenant être dans l'atelier d'art plutôt qu'au club de littérature. Sa réponse est emprunte d'une incrédulité qui le prend aux tripes :

« J'ai eu besoin de... je... »

Un blanc. Dramatiquement long alors que ses yeux se remplissent de larmes. Mitsuki, je t'aimerais toujours. Même loin de toi. Même dans les bras de quelqu'un d'autre. Les toutes premières larmes d'un chagrin d'adulte. De sa première peine de cœur, muée en une peur viscérale d'aimer de travers et de ne jamais plus être aimé en retour.




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Lun 25 Juil 2022 - 19:41



♫ Je t’ai perdu ♫
Un chapitre bien tristement connu. Le héros faisant appel à toutes ses dernière forces, à toute sa volonté pour un ultime combat, celui qui lui coûtera la vie mais qui, par un coup du destin, pourrait en avoir sauver tant d’autres. La véritable finalité n’est pas toujours celle que l’on perçoit en premier, trop aveuglé et affaibli par notre défaite. D’ordinaire il m’appartient à moi en tant que professeur de remonter le moral de mon élève. Mais aujourd’hui, dans cette salle d’arts plastiques, je n’exerce plus. Le pinceau pédagogue restera bien rangé dans sa trousse.

« Je ne suis pas sûr pour la mienne non plus... Le mien serait plutôt... Le chapitre où le héros profite enfin d’un moment de paix avant qu’une explosion fiche tout en l’air... »

La déflagration a tout emporté sur son passage, ne laissant que des corps carbonisés, disloqués ou de pauvres survivants agonisant, mais dont le dernier souffle clôturera ce sinistre chapitre.

Pour en sortir, je n’ai d’autre choix que de m’enquérir de lire celui de Mori-kun. Je m’en sens encore capable. Plutôt ça que de tourner la page et découvrir l’envers u décors. Lire ce chapitre où le héros se rend compte qu’il est par miracle, le seul encore debout. Dans toute sa puissance, il n’est voué qu’à la souffrance et la solitude, condamné à être le personnage principal, celui qui se doit d’avancer, page par page,  malgré son cœur éprouvé.

Mais c’est lâche de ma part. Provoquer ses larmes pour inhiber les miennes. Je n’avais pas prévu ce scénario.

« Eh Mori-kun, ne pleure pas... Quoi que, en fait si tu en as besoin tu peux autant que tu veux. »

Je tire un paquet de mouchoir du sac à mes pieds et le pose entre nous deux, à sa portée.

« Tu veux en parler ? Ou tu préfères... Dessiner ou peindre ? Parfois ça aide plus qu’essayer de mettre des mots sur ce qu’on ressent. »

C’est peut-être ce que son subconscient a voulu lui soumettre. Las des mots, las des autres, de devoir encaisser chaque échanges de paroles désuètes. Des dialogues qui freinent l’histoire, l’empêchent d’aller à l’essentiel, qui perdent le héros et se soldent par un lecteur désabusé refermant ce livre mal écrit. Est bien sadique celui ou celle qui manie nos plumes.

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Mer 27 Juil 2022 - 0:28
VENDREDI 22 SEPTEMBRE 2017



Elle avait retenu ses larmes. Mitsuki pleurait pour un oui ou pour un non, de joie ou de tristesse, mais elle ne voulait pas rendre ce moment dramatique. C'était douloureux. Mais ce qu'elle voulait par dessus tout, c'était ne pas perdre cette main dans la sienne.

« On est vraiment connecté... Pour ressentir la même chose jusque là ! » avait-elle dit d'une voix un peu triste, mais avec le sourire. Tant de choses allait changer...
« Moi aussi... Je le voulais vraiment ... Mais finalement ...On ne va perdre que les bisous et se tenir la main... Ce n'est pas bien grave, à côté du fait de gagner une amitié incroyable, non ? »

Elle essayait de dédramatiser la situation. Elle ne voulait pas voir Seito triste.

« On reste meilleurs amis, hein ? »

Parce que l'inverse serait une déchirure insupportable. Malgré le tourbillon d'émotions qui l'écrasait, il avait rouvert les yeux. Il s'était dégagé de son épaule pour plonger son regard dans le sien. Tout serait comme avant, comme elle le disait, sans le bonus que recherche tant de gens. Ce qu'il croyait lui-même rechercher. Sauf qu'il ne l'avait pas trouvé dans les baisers et les câlins. Il avait trouvé un amour plus flamboyant encore au travers de son soutien. La canette de thé glacé traînait à côté de lui, il s'en était saisi rapidement, avait détaché l'opercule et reporté son attention sur Mitsuki. Un écho du passé qu'il comptait bien reproduire pour sceller à jamais ce pacte entre eux. Seito avait saisi la main gauche de Mitsuki et avait fait glisser l'opercule sur son annulaire.

« Pour toujours. »

Mitsuki avait regardé son annulaire, l'avait fait tourner pour admirer sa bague. Elle avait un grand sourire sur le visage. Cette fois, elle faisait tout comme lui et lui avait passé l'opercule au doigt, sans aller jusqu'au bout par peur de le coincer.

« Tu as intérêt à le garder ! »

Ce n'était pas tout le monde qui faisait un échange d'alliance le jour d'une rupture. Seito l'avait regardé faire, d'abord surpris. Mais très vite, son sourire avait été communicatif et avait chassé momentanément la mélancolie qui les étreignait.

« J'la retirerai pour rien au monde ! » avait-il dit tout en admirant leurs bagues improvisées.

Reposant son regard sur elle, il n'avait pu s'empêcher de s'en vouloir. Elle était magnifique.

« J'suis désolé de pas avoir su être plus pour toi. »

Ce sentiment d'impuissance est le plus tenace. C'est lui qui lui avait cloué le bec en picorant sa tête d'une affreuse migraine, lui qui l'empêchait de se concentrer en cours, lui encore qui avait brouillé son sens de l'orientation. Et, à présent, il ne se voyait pas décliner l'offre du sensei. Justement, une fois n'est pas coutume, il avait besoin de parler. De dévoiler, bien que succinctement, ce qu'il a sur le cœur. Parce qu'il ne parvient pas à compartimenter et que, vague après vague, il perd pied et manque dangereusement de se noyer. Alors oui, il pleure. Cette faiblesse l’écœure sans qu'il puisse y changer quoi que ce soit. Son corps a ouvert les vannes pour son bien, sûrement, ou pour le punir de cette familiarité avec ce professeur qu'il a déjà bien trop sollicité. Les sanglots deviennent larmes de crocodile et il n'a pas assez de ses mains pour endiguer le flot. L'enseignant est prévenant et, déposant les mouchoirs entre eux, le lycéen en sort aussitôt un du paquet. Se moucher devant le sensei serait malpoli, il se contente d'essuyer ses joues et ses yeux.

« Vous... vous avez déjà eu l'impression d'avoir fait des efforts mais de pas être récompensé ? Et... pire que ça... de vous rendre compte que vous auriez pu continuer à en faire que ça aurait rien changé ? »

Il renifle et se gratte les yeux que les larmes démangent encore.

« Moi, tout le temps. J'essaie d'avoir des meilleures notes, on me traite de menteur. J'essaie d'être gentil avec... elle, on m'envoie voir un psy. J'essaie d'être amoureux, ça marche pas. Je suis vraiment fatigué d'essayer, Sensei... »

Le regard plongé sur son mouchoir trempé, la liste fait peine à voir. Lentement, il referme les paupières et recale à nouveau sa tête contre le mur. Sur son annulaire gauche, l'opercule est toujours bien là. Souvenir indélébile d'un tournant décisif et immuable.




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Jeu 28 Juil 2022 - 19:11



♫ Je t’ai perdu ♫
Ce tête-à-tête est à des années lumières des deux précédents. Jusqu’ici, Mori-kun avait toujours fait preuve d’une certaine véhémence et hargne vis-à-vis de mes paroles, mes conseils. Chaque mot de ma part avait dû être longuement réfléchi afin de maintenir un équilibre propice à l’échange.

Aujourd’hui, mon élève n’est que l’ombre de lui-même. Lui d’habitude si enclin à poser ses mots, bien qu’acide sur la vie et tout ce qui la compose, ne parvient à rien d’autre qu’à laisser ses larmes couler. J’en viens à regretter les moments où il avait encore la force de me repousser. Celle témoignant qu’il restait encore une âme rebelle et en colère sous cette couche de désespoir. Mais cette pellicule n’avait fait que gangrener jusqu’à dominer les lieux, affaiblir son cœur et ses défenses.

Par respect pour le bien le plus précieux de chaque être, sa dignité, je détourne les yeux alors que les larmes dévalent ses joues. Mais alors que je m’attendais à ce que le flot se tarit, ses sanglots redoublent. Le paquet de mouchoir termine entre ses doigts tremblants que j’observe, impuissant. Sa voix est un véritable crève-cœur pour moi, j’aimerai le débarrasser de cette tristesse qui l’accable. Pour quoi en faire, aucune espèce d’idée, tant qu’elle allégerait son âme.

Je n’ai aucun mal à me retrouver dans ses questions. Des efforts, nous en avons fait, Hanae et moi. Nous sommes désespérément accrochés à cette corde menaçant de céder sous notre poids. Et tout ça pour quoi ?! Pour en revenir au point de départ, là où tout a basculé. Continuer sur cette voie ne nous aurait rien apporté si ce n’est une souffrance supplémentaire, que je ne suis pas certain que j’aurais pu supporter.

« Oui, je sais ce que c’est... »

Une boule se forme dans ma gorge aux images qui défilent dans ma tête. Je la secoue pour rester concentré sur Mori-kun. Rien n’aurait pu me préparer à entendre la suite. De menteur ? Ses parents... Ceux-là il me tardait de les avoir en face de moi ! Par elle, je comprends qu’il parle de sa sœur. Alors il a vraiment fini par essayer ? Tout ça pour, quoi ?! J’aimerais avoir mal entendu. Un psy ? Je ne doute pas qu’il en ait besoin pour son propre bien être personnel, mais ici, il n’était pas question de cela. Par-dessus le marché Mori-kun souffrait d’une peine de cœur ? Pourquoi donc le sort s’acharnait-il sur cet enfant... La boule dans ma gorge a glissé jusque dans ma poitrine. Malgré ses efforts, rien ne s’est amélioré, au contraire... C’est pourtant moi qui lui avait assuré qu’essayer une autre approche avec sa sœur allait forcément apporter quelque chose de bon. C’était sans compter sur les bourreaux lui servant de parents.

« Je suis tellement désolé Mori-kun... Je pensais vraiment qu’en essayant ça porterait ses fruits... Tu n’as pas à t’en vouloir, tu n’y es pour rien. Ce que tu pouvais tu l’as fais, j’en suis sûr. Ce n’est pas toi le problème sache-le, c’est ce dont ils veulent que tu te persuades. »

Je serre les poings à m’en faire blanchir les jointures. Quelque chose ne tourne pas rond chez ses parents mais c’est pire que ce que j’imaginais. Ils sont littéralement en train de le détruire psychologiquement. Est-ce que je peux laisser cela arriver sous mes yeux ? C’est hors de question ! Autant démissionner tout de suite !

Mon regard tombe sur l’opercule d’une canette autour de son annulaire gauche. Assez intriguant pour calmer mes pensées fulminantes. Nous reviendrons sur le sujet de ses parents plus tard, encore trop sensible, je peux le sentir.

« Qu’est-ce que c’est, à ton doigt ? Ça a un rapport avec le fait que tu essaies d’être amoureux ? »

Est-ce une sorte, de bague ? Ça m’en a tout l’air mais, alors pourquoi affirme-t-il que ça ne marche pas ?

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Lun 1 Aoû 2022 - 10:30
VENDREDI 22 SEPTEMBRE 2017



L'écho rebondit plusieurs fois, puis soudain trouve preneur. Seito n'en est pas étonné. Le professeur semble avoir eu une vie tourmentée et il se pourrait bien que ce soit la raison pour laquelle l'adolescent daigne communiquer. Car, devant cet abîme funèbre, il n'a pas peur du vide et s'approche même du bord pour constater son infini. Savoir qu'un autre l'a vécu le rassure. L'espace d'un instant, il s'autorise à soulager cette peine en acceptant de l'aide. Pas n'importe laquelle. Entre les mains du professeur, elle est si petite cette mélancolie qu'elle en est presque ridicule. Cependant une goutte suffit pour annihiler tout désir de vivre. Comme une épine enfoncée profondément dans le cœur et que chaque tourment enfonce encore et encore. La retirer maintenant pourrait être fatal. Il a appris à respirer avec cette gêne et se verrait incomplet si elle lui était ôtée. Alors oui, Seito est désolé. Désolé d'avoir promis des progrès à l'enseignant. Désolé d'avoir gâché à nouveau ses chances. Désolé de ne pas être à la hauteur, celle que le monde a fixé et qu'il regarde d'un air envieux.

Il hausse les épaules, comme pour signifier que cela n'a aucune importance. Seul importe l'attention que lui porte Koyashi-sensei et sa maigre compréhension du mal qui le ronge. Un autre mouchoir colmate les brèches de ses yeux aqueux. Avec lenteur, son regard vient se poser sur l'opercule. Ah. Oui. Si seulement il était tombé amoureux. Il n'aurait pas pleuré pour commencer, pas pour ça en tout cas. Il ne se serait pas senti aussi merdique, non pas que cela change d'ordinaire mais il aurait eu un but plus noble que simplement survivre. Cette bague de fortune est un symbole de joie. Pour autant, à l'observer longuement, il y voit aussi le reflet de son échec. Ce qui ravive la douleur dans sa poitrine et accentue son mal de crâne. L'environnement, flouté par les larmes, se distord ; ses paupières se ferment. A nouveau, il se replonge dans ses souvenirs.

La veille, le cœur de Mitsuki avait eu un peu de répit en le voyant sourire. Elle devrait au début se retenir de l'embrasser ou de lui prendre la main, perdre l'habitude en somme. Mais quelque chose lui disait que tout allait bien se passer. Seito semblait pris de remords et elle avait secoué légèrement la tête, avant de sourire.

« Ne le sois pas. Notre relation sera parfaite comme elle sera ! Merci d'être entré dans ma vie. »
« Non, c'est moi qui dois te remercier. Sans toi j'aurais jamais connu c'que ça fait d'être connecté à quelqu'un. Sans toi j'aurais gardé encore plus longtemps mes problèmes pour moi. Sans toi, je serais resté tout seul parce que j'sais pas faire autrement. »

Sa voix vacillait.

« Alors pour tout ça, merci. Merci de m'aimer, même si j'comprends toujours pas c'que tu m'trouves. Mais moi... »

Ses yeux devaient briller un peu, autant que l'émotion s'entendait entre les syllabes. Seito s'était penché vers Mitsuki et avait effleuré sa joue d'un baiser.

« Moi j'te trouve merveilleuse. »

Mitsuki était touchée par toutes ses paroles. Que ce soit la solitude de Seito qui lui était renvoyée, ou les compliments qu'il lui adressait... Tout cela était beaucoup pour son petit cœur. Après le baiser, plutôt que de pleurer, elle s''était enfouie dans ses bras, quémandant un câlin amical.

« Tu dis des bêtises ! Je ne suis pas merveilleuse, enfin ! »

Qu'est ce qu'elle lui trouvait ? Elle ne savait pas, elle n'avait jamais réfléchi à ça. Il était drôle, gentil, sans gêne sur certains sujets et terriblement sensible sur d'autres. Il était mignon à souhait. Il avait une part sombre qu'elle avait seulement aperçu, mais il faisait de son mieux au quotidien... Pour tout ça, elle l'aimait, oui.

« Si je suis merveilleuse, toi aussi tu l'es ! Merveilleux. Tu as tellement de qualités... Il faut juste que tu arrives à les voir toi-même. »

Seito n'avait rien dit. Il s'était contenté d'imprimer ce qu'elle lui communiquait. En cet instant, il avait choisi de la croire. Tiendra-t-il sur la durée ? Il n'aurait su le dire et avait refusé de s'en préoccuper maintenant. Ses bras s'étaient faits moins hésitants en se posant contre elle pour l'enserrer. Pas de doute possible, leur lien était solide.

« Je te souhaite de trouver le bonheur dans les bras de quelqu'un qui te mérite vraiment. »

Mitsuki avait hoché la tête, blotti contre Seito et lui avait répondu :

« Je te le souhaite aussi ! »

Mais dans quels bras se niche ce fameux bonheur ? Plus vicieux encore, qui donc voudrait de lui ? Son cœur accuse le coup. Machinalement, sa main se porte à son niveau sur sa poitrine. Il rouvre les yeux, agrippant le métal du regard.

« J'essaie pas. Je- je l'aime énormément, mais... c'est pas le vrai truc. Je sais pas ce que c'est, je l'ai jamais ressenti mais j'crois pas que ça devrait être comme ça. En tout cas, c'est pas décrit comme ça dans les bouquins. Shakespeare aurait pas été aussi inspiré si l'amour ça avait pas été un truc fou. Et moi, là, j'ai pas l'impression d'avoir vécu un truc fou. Pourtant elle est parfaite. Ça aurait dû... Je-je comprends pas ce qui va pas chez moi. Même si pour elle c'était pareil, j'ai l'impression que si j'avais fait plus, on aurait pas cassé. Si je l'avais plus embrassé, plus serré dans mes bras, si j'avais été plus... démonstratif, peut-être qu'il y aurait pas eu ce malaise. Mais je- je sais pas faire tout ça... C'est pas mon truc l'amour, vaut mieux que j'le laisse aux autres, ils ont l'air de bien mieux s'en sortir que moi... »

Pendant tout le temps où il parle, ses doigts jouent nerveusement avec l'opercule, maigre diversion face à ce déferlement de mots.




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Mer 10 Aoû 2022 - 18:58



♫ Je t’ai perdu ♫
Si seulement savoir lorsqu’on est vraiment amoureux était facile. Peintres, écrivains, poètes, scientifiques, tous ces hommes et ces femmes qui se sont penchés sur le sujet de l’amour sans jamais trouver la recette parfaite. Pas même un pauvre ingrédient indispensable à cette dernière.

A quel moment me suis-je rendu compte que j’étais amoureux, la première fois ? Avant même de connaître Hanae. J’avais 13 ans. Le même moment où je me suis rendu compte de ma bisexualité au passage. C’était... C’est cliché, mais une évidence. Juste l’envie de le voir constamment, le ventre qui se comprime juste au son de sa voix, le cœur qui explose au moindre regard échangé sans un mot. La douleur d’avoir conscience que jamais je ne pourrais lui déclarer quoi que ce soit...

Puis le temps s‘est affairé à sa mission. Le chagrin s’est transformé en résilience jusqu’à ce que mon cœur soit capable de battre à nouveau. Pour la seule qui ait toujours été là pour moi depuis l’enfance. Oui, j’avais cru aimer Irumi, de tout mon cœur. L’aimer comme j’avais aimé ce garçon. Cependant, je m’étais trouvé incapable de m’imaginer l’embrasser ou la prendre dans mes bras d’une autre manière que celle la plus fraternelle.

« Iru... Je crois... Hm... Je crois que je t’aime... »
« Qu’est-ce que tu dis ? Je sais que tu m’aimes ! Moi aussi ! T’es comme mon frère ! »
« Ah... Ah, bon... ? »
« Ben oui ! Tu me vois pas comme ta sœur ? Je vais bouder... »
« Je... »

Une douleur très familière était revenue me rendre visite ce jour-là. Mais elle m’avait aidé à y voir plus clair. Comme son frère... Est-ce que c’était pareil pour moi ? Est-ce que c’était pour ça que je ne me voyais pas faire comme ces couples à la télé ? J’avais fini par comprendre. Et avoir compris cette nuance avait été libérateur. Être amoureux n’est pas nécessairement le sentiment le plus fort qu’on puisse ressentir.

« Ah l’amour... Sujet compliqué et traité sous tous les angles depuis des siècles... Une chose est certaine c’est qu’il y a plusieurs façons d’aimer. Plusieurs niveau d’intensité aussi. Si tu n’as pas ressenti la simple envie, le simple désir de l’embrasser et la serrer plus dans tes bras malgré tes efforts dans ce sens, et si ce n’était pas lié au fait que tu ne voulais pas ces contacts, indépendamment de tes sentiments... C’est que tu n’étais peut-être pas amoureux d’elle. Mais ça ne rend pas les sentiments que tu as pour elle moins puissants ou moins importants. Parfois on trouve son âme sœur dans l’amitié, parfois dans l’amour avec un grand A. Si tu me dis qu’elle est parfaite, alors c’est que c’est une amitié précieuse, que vous avez peut-être pris pour de l’amour tellement elle est forte, ça arrive. Tu n’as pas de problèmes et tu peux aimer, la preuve en est. L’important c’est de trouver l’équilibre dans lequel votre lien est le plus naturel. C’était ta première relation ? Vous vous parlez toujours ? »

Et j’ai encore bien d’autres sujets à aborder avec lui mais il me semble plus urgent de le rassurer sur ce point. Bien sûr qu’il est capable d’aimer. Mori-kun a cette tendance à s’affubler des pires adjectifs existant. Comme s’il était incapable de relever le voile noir jeté sur sa personne et lui obstruant la vue sur ses qualités. Est-ce qu’une personne incapable d’aimer ou de se soucier des autres se mettrait dans cet état en pensant avoir échoué ?

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Jeu 11 Aoû 2022 - 0:13
VENDREDI 22 SEPTEMBRE 2017



C'est presque timidement qu'il répond à la curiosité du professeur. Non pas qu'il la juge mal placée, après tout il est celui qui s'est confié en premier, mais plutôt parce qu'il n'a jamais parlé de ça à qui que ce soit et qu'il trouve cela particulièrement angoissant. A noter l'ironie de la situation étant donné qu'il se livre à un adulte, chose qu'il s'était juré de ne plus faire au vu de l'absence de répondant positif qu'il ait pu recevoir au fil du temps.

« Euh oui, la première. Et oui, on se parle toujours. Heureusement. Sinon je sais pas c'que j'aurais fait... déjà que j'm'en veux là alors si... ouais, vaut mieux pas y penser. Mais, vous avez raison. C'est une amie très spéciale. »

Il aurait pu faire une très grosse bêtise. De quoi se ramasser quelques heures de colle. Ce qui serait de mauvais goût dans son carnet déjà religieusement souillé. L'idée-même de la perdre est si terrible qu'il en frissonne. Son visage se fait grave alors que ses larmes tarissent enfin. Il passe négligemment le mouchoir dessus pour en effacer les traces sans conviction. Foutu pour foutu... Les mouchoirs finissent dans sa poche, il renifle et très vite, ses doigts retrouvent le réconfort du métal de la canette. Il réalise devoir une explication.

« Pour répondre à votre question d'avant, c'est une bague. Un peu comme, euh... des fiançailles d'amitié. C'est débile mais je- j'ai pas eu le courage de la retirer. »

Ses ongles agrippent inlassablement l'opercule, comme si y toucher allait contribuer au retour d'un sourire sur sa mine fatiguée. Seito reconnaît que parler lui fait un bien fou, quand bien même le sujet abordé n'est pas très joyeux. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'il poursuit sur sa lancée, épinglant ses insécurités sur la corde à linge d'un monde en perdition.

« J'vais avoir dix-huit ans et j'ai genre aucune idée de ce que ça fait d'être amoureux. Vous trouvez pas ça bizarre ? Moi j'trouve ça déprimant... Et puis des fois j'ai l'impression que tout l'monde parle que de ça. Genre si t'es pas en couple, y'a aucun autre sujet de conversation qui intéresse les gens. Comme si être en couple ça révélait qui t'étais vraiment alors qu'on s'en fout de ça. Enfin, moi j'm'en fous de ça. Et je sais pas si c'est normal de s'en foutre... euh, j'veux dire d'en avoir rien à faire. »

Comme si être plus poli allait changer la problématique.




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Ven 19 Aoû 2022 - 14:39



♫ Je t’ai perdu ♫
Sa gêne à l’idée de me répondre est presque attendrissante. J’ai bien conscience que Seito ne s’imaginait pas discuter de son chagrin d’amour avec moi, un professeur. Mais puisque ses parents ne daignent pas remplir leur rôle, il fallait tout de même mettre quelqu’un sur sa route, qui soit là pour lui.

« Ne t’en veux pas Mori-kun. C’est jamais facile d’être sûr de ce qu’on ressent. Au moins je suis content pour toi que vous soyez restés amis. Ca veut dire qu’elle devait ressentir la même chose, qu’elle tient à toi mais pas de cette façon. »

Qui dit amie très spéciale dit cadeau à la hauteur. Je comprends mieux la valeur de cette bague à ses yeux. Dans ma table de chevet est précieusement gardé le bracelet que nous avons échangé avec Irumi. C’est un rite indispensable quelque soit le temps qui passe.

« Je trouve ça mignon moi ! Garde-là. D’ailleurs... Je peux savoir qui c’est ? »

Je dois forcément la connaître, j’avoue être curieux et lui fait un sourire complice. Après sa réponse, Seito me fait part de ses nouvelles inquiétudes. Ne pas partager les mêmes expériences que les autres ou plus tardivement n’aide jamais à s’intégrer. Les groupes ont la fâcheuse tendance à se former ainsi. Tout ceux qui ne remplissent pas les critères sont mis à l’écart, étiquetés. Je ne connais que trop bien ce sentiment pour diverses raisons. J’ai beau avoir grandi, ça ne m’empêche pas d’en éprouver encore de la colère par moment.

« Hmm c’est vrai qu’à ton âge on s’intéresse à l’amour, mais il n’y a rien d’étrange à ne pas en ressentir le besoin. J’ai connu des gens comme toi au lycée, puis un jour ils rencontrent quelqu’un quelques temps plus tard et ça marche. Tu n’as rien de bizarre, laisse-toi le temps. La majorité n’est pas une norme à respecter ! Tu as le droit de t’en foutre ! »

Je souris à Seito et pose ma tête sur mes avant-bras, eux-mêmes reposant sur mes genoux repliés. Tout ce qu’il m’a confié me repasse en tête, à la recherche de n’importe quoi qui pourrait mieux éclairer son chemin pour l’avenir. Il ne cesse de dire que leur rupture relève de sa responsabilité, qu’il n’a pas fait assez. Mais être affectueux envers la personne qu’on n’aime ne devra pas constituer un effort. Ces preuves d’affections montrent d’elles-même le bout de leur nez lorsque notre cœur trouve la bonne personne.

« L’adolescence c’est aussi le moment où on découvre ses attirances et où on se cherche. Ça rend le tout encore plus compliqué. Est-ce que c’est aussi parce que tu te sentais pas attiré par elle que tu n’avais pas envie de l’embrasser ou la prendre dans tes bras ? »

J’ai bien conscience du caractère plus privé de ma question. Il me paraît cependant important qu’il se rende compte de la multitude de facteurs pouvant expliquer son manque d’attrait aux contacts physiques envers elle. Je ne peux nier que l’attirance physique participe au bon fonctionnement d’un couple mais le cœur n’est pas toujours en parfaite symbiose avec le corps.

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Ven 19 Aoû 2022 - 18:08
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Un instant, il se croit tiré d'affaire, la seconde d'après il se noie à nouveau. Son humeur oscille au gré de ses émotions et navigue péniblement sur une mer tantôt paisible tantôt indiscernable tant elle est grêlée de sentiments parasites. Le flou qui réside dans son cœur ne se résout pas à accepter une telle fatalité. Quel fou a décidé que la sensibilité ne se mesurerait pas avec des unités tangibles ? Quel scélérat a édicté que l'attachement se ferait aux dépens d'un accord mutuel ? Quel inconscient encore a estimé que l'humain ne pouvait décemment vivre seul sans ressentir au plus profond de son être une peine incommensurable ? Qu'ils aillent au diable, tous autant qu'ils sont ! Seito les méprise, eux et leurs idées farfelues. Il croyait enfin détenir le savoir universel et n'en a récolté que les miettes. A peine a-t-il picoré dedans que déjà le vent les emporte, ne lui laissant que ce morceau de métal en guise de lot de consolation.

Coincé entre son pouce et son index, il fait tourner l'opercule autour de son doigt. Il le retirera quand il s'en sentira capable. Quand il aura fait son deuil de cette relation avortée. Pourtant il sait, au plus profond de lui, qu'il n'a pas à être malheureux. Que de cette peine a jailli un sentiment plus fort encore qu'en aucun cas il ne se doit de piétiner. Alors oui, il conservera ce souvenir de ce qu'il voit aujourd'hui comme un échec, mais qui, à terme, se transformera en essai. Tragique mais nécessaire à son développement, peu importe ce qu'il adviendra plus tard. Ce n'est que lorsque le professeur demande l'identité de l'heureuse élue que l'adolescent réalise l'étrangeté de la situation. Ne devrait-il pas se confier à Nolan ou Mora à ce sujet ? Non, ce n'est pas de leur ressort. A quoi bon les appesantir de sa tristesse alors qu'ils ont eux-mêmes des milliers de choses plus importantes à gérer. Il soupire et esquisse une moitié de sourire.

« Je vous croyais plus observateur, Sensei. » fait-il remarquer, sans moquerie.

Autrement dit, la réponse à cette question ne saurait être dévoilée qu'à des yeux avertis. S'enveloppant dans un manteau de mystère, Seito laisse tout de même la porte ouverte à la sagesse que Kobayashi dispense sans jamais rien demander en retour. Cette bienveillance à son égard lui met du baume au cœur et étire le coin de ses lèvres en un sourire plus franc alors que le professeur emploie la même vulgarité. Le japonais est d'ailleurs surpris par ce conseil. Jamais personne ne lui avait dit qu'il était acceptable de s'en foutre, ou tout du moins il est clairement impensable de le clamer haut et fort. Le peu de fois où il avait exprimé une opinion aussi affirmée, il avait écopé de punitions toutes plus creuses les unes que les autres. Son regard glisse sur le visage du professeur et se repose sur ses mains qu'il n'a miraculeusement pas massacrées.

Mains dont les phalanges blanchissent en recevant la question qui suit. Les doigts contractés sur ses genoux, son sourire se fragmente sur un visage muet de stupeur.

« Qu-quoi ? » balbutie-t-il nerveusement.

La souris, voyant les pupilles du chat se rétrécir, pourrait choisir de faire le mort mais le risque de se faire croquer demeure trop élevé pour s'y frotter. A la place, elle choisit la fuite en croyant naïvement qu'une fois le chat derrière elle, alors tous ses problèmes s'envoleront. La souris n'est pas bien maligne, elle ne devrait pas s'affoler de la sorte. D'autant qu'elle ne sait pas ce qu'est l'attirance. Mais c'est plus fort qu'elle, elle prend une bonne poignée de poudre d'escampette et détale, la peur collée à l'arrière-train. Seito, voyant la discussion tourner au vinaigre, repousse le sol de ses deux mains et fait quelques pas en direction des toiles une fois debout. S'étant relevé trop vite, l'obscurité obstrue sa vision quelques secondes tandis que sa migraine lui soutire une grimace de douleur. Ses paupières vibrent le temps qu'il reprenne contact avec le réel. Enfin, son regard se fait plus clair et se pose sur le premier tableau à sa droite.

« Vous peignez souvent ? » demande-t-il sur un ton redevenu neutre.




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Ven 19 Aoû 2022 - 19:56



♫ Je t’ai perdu ♫
C’est qu’il reprend de l’aplomb le petit être. J’aime mieux ça.

« Dis donc ! »

Sans aucune sévérité, c’est même mon rire qui donne le ton à mes paroles.

« Hm laisse-moi réfléchir... Qui ça pourrait être... ? Oh, je crois que tu passes beaucoup de temps avec Iroka-san, j’ai raison ? »

Une jeune fille tout aussi adorable qui était venue me demander conseil et qui avait même pleuré devant moi. Je n’ai aucun mal à les imaginer ensemble, quel que soit leur lien. Leur caractère ont simplement l’air de s’être trouvés. Mori-kun en revanche, ferait mieux de trouver un professeur en exfiltration de toute urgence ! Je n’ai jamais vu une telle fuite. Tel un éléphant tentant de se cacher derrière un arbre.

« Mori-kun... Je vais devoir t’apprendre l’art de l’évasion tout en subtilité. Pour te répondre oui, très souvent, plusieurs fois par semaine, ça m’apaise. »

Une nouvelle fois, je peine à retenir mon rire. Il n’est pas moqueur mais amusé qu’il n’ait même pas fait l’effort de cacher sa fuite. Comme s’il pensait réellement s’en sortir aussi facilement. Au contraire, sa réaction est très révélatrice.

« Tu sais que tu peux me parler de n’importe quoi. Je ne te jugerai pas. Mais bon, je vais parler un peu de moi, que ce soit plus juste. Jusqu’à mes 13 ans je ne me suis jamais posé de question, j’avais hâte d’un jour avoir une copine, savoir ce que ça fait, les papillons dans le ventre et tout ça. Et je les ai eu... Mais... Et c’est parce que c’est toi que je t’en parle, je n’avais pas prévu que ce soit pour un garçon de ma classe. Puis plus tard ça a été pour une fille... Et ainsi de suite au gré des rencontres. »

De la même manière que Seito place sa confiance en moi, je choisi de placer la mienne en lui. Non que ce soit un grand secret mais je ne le cri pas sur les toits et préfère que ça se sache le moins possible.

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Sam 20 Aoû 2022 - 1:09
VENDREDI 22 SEPTEMBRE 2017



L'adolescent passe une main embarrassée à l'arrière de sa tête, semant la zizanie dans sa chevelure ébène. Il retire ce qu'il a dit précédemment, ce professeur est décidément bien trop perspicace. Bien qu'il n'ait pas répondu à cet excès de confiance, il n'a pas pu retenir ce tressaillement venant confirmer les suspicions du sensei. Son corps aura sa peau à force de le trahir de la sorte. Il esquisse un sourire gêné et persiste à contempler la toile inachevée, soudain devenue plus engageante que le regard facétieux de Kobayashi. La subtilité est en effet loin d'être une qualité chez lui, il ne s'en cache pas. Cependant il ne pensait pas qu'il en ferait la démonstration et ce au pire moment. Il apprécie néanmoins que le professeur réponde à sa question honnêtement. Se retrouvant dans cette affirmation, il hoche la tête. Il éprouve le même ressenti en écrivant. Dès l'instant où sa plume rencontre le papier, il absorbe sa peine, sa joie, sa colère. Tout y passe jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien qu'un calme plat dans son esprit chahuté. Perdre cette sérénité reviendrait à mourir à petits feux.

Ses doigts curieux tripotent le pinceau posé sur le chevalet. L'idée de sortir de la salle ne lui était pas venue à l'esprit. A croire qu'Houdini lui-même aurait des difficultés à lui enseigner ses tours de passe-passe. La lèvre entre ses dents, il hésite à poursuivre sur la peinture lorsque le professeur interrompt son ménage par une invitation surannée. Le regard acéré braqué sur lui, Seito ressent l'indignation s'agiter. Combien de fois avait-il entendu cette phrase ? Qu'importe la réponse, elle l'insupportait et l'interlocuteur n'y changeait rien. Promettre l'absence de jugement est aussi faux que d'assurer à son enfant qu'il n'aura jamais mal. C'est un serment honteux qu'aucun adulte ne devrait prononcer. Leurs années d'avance ne les ont sûrement pas épargné de l'écœurante expérience d'être jugé. Lui plus que tout autre devrait le savoir. Le japonais repose le pinceau persuadé qu'il va avoir droit au discours classique.

Qu'elle n'est pas sa surprise quand il prend conscience de l'énorme confiance que place le professeur en lui. La bombe qu'il dépose à ses pieds le laisse pantois, les yeux écarquillés d'une stupéfaction qu'il veut néanmoins passagère. Très vite il gomme ses traits interloqués pour un sourire gêné, une fois de plus. Et bah c'est bien, est sa première pensée. Sans vouloir dénigrer cette révélation, qui disons-le serait du pain béni pour Goshippu-chan, il ne comprend pas où le sensei veut en venir. Car il y a bien un but, il a toujours un but. Comme au foot. Pourquoi pense-t-il au foot ? Et pourquoi par association pense-t-il à l'espagnol ? Est-ce une nouvelle machination de son cerveau torturé ? Que répondre à cela sans paraître malpoli ou prétentieux ? Quoi inventer pour satisfaire le sensei dont l'épanchement ne saurait rester à sens unique ? Finalement, sa fuite initiale était une approche sensée. Il persiste donc sur cette voie sans sourciller.

« Vous devez vous tromper de personne. C'est pas à moi qu'il faut faire ce discours. Et puis vous avez pas peur que ça se sache ? Faut dire c'qui est, c'est pas super bien vu d'être... euh, d'aimer quelqu'un du même sexe. »

Il se souvient encore avoir été sermonné par Mora à ce sujet et depuis il fait attention au choix de ses mots. Mais bon sang, pourquoi l'espagnol fait-il encore son apparition dans sa tête. La chassant, il en fait apparaître une bien pire. La petite voix s'installe, à son grand désarroi, et l'écoute poursuivre ses élucubrations.

« J'dis pas que c'est mal, vous menez votre vie comme vous le sentez. Mais, comme j'vous l'ai dit avant, ça m'intéresse pas. Limite j'veux même pas savoir. »

Et si... Non, tais-toi. Et si le sensei avait raison... N'essaye même pas de m'entraîner dans ton délire. Tu les avais cherché les papillons dans le ventre quand tu l'avais embrassée. Je vois pas le rapport. Peut-être était-elle le phare et non le port. Seito cherche parmi les tâches au sol une explication plus logique. Ne pas en trouver ravive ses angoisses. Et si Mitsuki t'avait guidée dans la nuit mais elle n'était pas la destination. Il pose un regard sauvage sur le professeur et conclut :

« Je suis pas comme vous. »




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Dim 21 Aoû 2022 - 11:41



♫ Je t’ai perdu ♫
A chaque discussion que j’ai avec Mori-kun, une nouvelle page de son manuel de compréhension s’affiche sous mes yeux. Il m’en reste encore quelques belles dizaines à découvrir, je n’ose pas compter. Les plus importantes me sont néanmoins lisibles et me permettent de mieux appréhender ses réactions, savoir quand faire machine arrière, le temps que mes mots l’atteignent quelques jours ou quelques semaines plus tard. Les meilleures recettes peuvent prendre des jours à se confectionner. Mori-kun est comme une petite cocotte minute à surveiller, y ajouter les ingrédients mais pas trop d’un coup, le temps que chacun trouve sa place dans l’alignement des saveurs. Je hausse les épaules.

« Ce n’étais pas super bien vu d’être métisse non plus et pourtant il a fallu vivre avec. Si ça se sait, je saurais que tu as parlé. Tu ferai ça ? »

Je hausse les sourcils dans sa direction, curieux de sa réponse. Au fond de moi c’est sans problème que je lui fais confiance. Ses répliques à mes paroles sont prévisibles. Evidemment je ne m’attendais pas à ce que le bouillon prenne goût dès la première pincée de sel. Si tu ne veux pas savoir, c’est qu’il y a bien quelque chose que tu ignores... Baissons le feu avant que la cocotte ne fume et se mette à siffler.

« Je ne dis pas que tu es comme moi, toi seul peux savoir ce que tu es. Mais je dis en revanche que c’est important, de savoir, juste pour être bien avec soi-même, t’accepter comme tu es. Peut-être qu’Iroka-san n’était simplement pas ton genre de fille, ne culpabilise pas. »

Pourquoi ressent-il tant le besoin de le verbaliser. Entendre de sa bouche qu’il n’est pas comme moi ne revient-il pas à vouloir se rassurer et se convaincre lui-même ? Je n’ai aucune information pouvant me faire basculer d’un côté ou de l’autre mais c’est de Mori-kun dont on parle. Il se sent toujours obligé de se justifier lorsque je tape sur un point sensible.

« Si je peux te donner un conseil plus général, ce serait de ne pas avoir peur de ce que tu pourrais découvrir sur toi. Peu importe ce que c’est, peu importe le domaine. Ce qui compte c’est trouver des personnes qui t’acceptent comme tu es. Ceux qui ne le font pas n’en valent pas la peine, les proches y compris, surtout eux d’ailleurs. Crois-moi, le rejet je sais ce que c’est. Et il n’y rien de pire que vouloir être bien vu de personnes qui te tourneront le dos dès que tu montreras une différence. »

L’idée est à présent ancrée dans sa tête. La graine plantée. Le temps de cuisson fera le reste.

« Bon, sinon. Il n'y a pas quelque chose d'un peu fou que tu aimerais faire ? Rester dans les cases c'est déprimant parfois. Tu ne peux pas avoir meilleur complice que moi ! »

Je lui fais un sourire différent des autres. Moins conventionnel, plus malicieux, appartenant à un moi de dix ans de moins. D'où me vient cette idée, autant ne pas chercher d'explications. Lui autant que moi avons besoin de relâcher la pression, d'oublier un peu tous ces codes de conduite qui nous entravent.

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Dim 21 Aoû 2022 - 16:19
VENDREDI 22 SEPTEMBRE 2017



« Non, jamais. » répond-il fermement.

Il n'est pas une balance, tout du moins il tâche de ne pas l'être. Et même s'il y a eu quelques ratés à ce sujet, le japonais refuse que la fiabilité lui échappe. A se livrer ouvertement, il en a comme oublié le statut de son interlocuteur et il se permet d'être grossièrement familier en exprimant ainsi son point de vue. Pour autant, le sensei lui répond avec déférence, comme si aucune de ses critiques ne l'atteignait. Et, quoi qu'alimenté par une mauvaise foi récurrente, il lui concède une similitude troublante sur certains points. La peine que le professeur transporte au quotidien résonne jusqu'à faire écho à la sienne. Ensemble, elles renouvellent leur entente silencieuse. Bien qu'il fasse la sourde oreille, Seito n'en reste pas moins attentif à ses propos. Il réceptionne les conseils mais les laisse dans leur enveloppe, en attente d'un tri plus attentif. C'est une des raisons pour laquelle il accepte de les recevoir en premier lieu. De tous les adultes qu'il a pu rencontrer jusqu'à présent, il juge que Kobayashi est le plus sincère et le plus à même de lui livrer ses retours d'expérience. Car ce qu'il a vécu n'est pas teinté de fausse modestie ou de sensationnalisme débilitant. Non, le contenu est cru et indigeste, comme il devrait l'être.

Alors oui, il y a de quoi en avoir un haut-le-cœur tant la réalité prend aux tripes. Seito pose son regard sur le reste des toiles, fait quelques pas à droite puis à gauche pour mieux les observer. Il essaie tant bien que mal d'imaginer les émotions qui ont traversé les artistes en devenir et se questionne sur leurs parcours instiguant sans aucun doute l'essence-même de leurs coups de pinceau. Naturellement il en vient à se demander si les multiples cratères qui parsèment son chemin tortueux ont impacté sa plume. S'il avait trouvé Mitsuki à son goût, amoureusement parlant, aurait-il mieux écrit ? S'il reconnaissait soudain l'amour comme une composante essentielle de son bonheur, serait-il assuré de réussir dans sa vie ? Sa migraine latente le félicite dans ses réflexions par une nouvelle poussée particulièrement désagréable. L'adolescent se masse le front et soupire. L'impression tenace d'avoir à se répéter, encore et encore, ne le quittera donc jamais, il faut croire.

« Les proches m'ont déjà tourné le dos et si c'est pour revivre ça avec le peu de gens avec qui j'arrive à bien m'entendre ici, ça vaut pas le coup. J'comprends c'que vous dites, vraiment, mais j'peux vous assurer que y'a rien d'autre à découvrir chez moi. J'suis un ado lambda dont la seule particularité, c'est qu'il aime pas sa sœur. Et aussi nul que ça peut paraître, c'est c'que je suis ou... Non, en fait, c'est c'que je choisis d'être. »

Seito enfouit ses sentiments. Un à un, il les plie et les empile avec précaution. Le regard posé sur le sensei, il expose sans vergogne cette propension au lâcher prise. Un saut dans le vide sans harnachement qu'il s'impose afin de ne plus jamais ressentir la perte d'un amour qu'il croyait éternel. L'exercice a beau être douloureux, il le juge nécessaire. Couper le cordon affectif pour mieux se concentrer sur le tangible, n'est-ce pas ce que ses parents tentent de lui inculquer ? Travailler, manger, dormir. Et puis ? Rencontrer une femme capable, fonder une famille, acheter une maison. Seito se ligue contre ce conformisme sans savoir ce qu'il souhaite à la place. Avoir des enfants, certainement pas. S'épuiser dans un travail rébarbatif, encore moins. Trouver l'âme sœur, une belle utopie. Tout comme cette soudaine agitation qui anime le professeur. Seito le regarde interloqué. Est-ce un piège ? Ou un test visant à évaluer son niveau d'insubordination ? L'enseignant ne l'inciterait pas à avoir des heures de colle, à moins qu'il soit nostalgique de ses propres méfaits. Le japonais sonde la situation, quelques secondes pendant lesquelles il dévisage le sensei ; puis son regard s'illumine d'une lueur énigmatique. Un sourire fripon s'empare de ses lèvres avant qu'il lui propose :

« Vous voulez aller prendre l'air sur le toit ? »




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Mer 7 Sep 2022 - 22:01



♫ Je t’ai perdu ♫
« C’est bien ce que je pensais. »

Et la fermeté avec laquelle il l’affirme ne fait que conforter mon opinion à son sujet. Il peine peut-être à trouver sa place dans son environnement social mais c’est justement ce qui le pousse à adopter le comportement le plus droit possible. J’ai espoir que grâce à cela, les choses finiront par s’arranger dans sa vie. Quand ? Impossible de le dire, mais ça arrivera, j’en suis certain. D’autant plus car je compte bien m’en assurer. Je ne peux veiller sur tous les élèves qui croiseront ma route, mais Mori-kun si.

C’est pour cette raison que je n’aimerais pas qu’il s’enferme dans une case juste pour plaire aux autres. Je sais à quel point c’est dur de trouver sa place et qu’on peut être tenter de copier ceux dont on veut se rapprocher, c’est humain, mais si dangereux. Mori-kun observe les autres tableaux comme s’il en cherchait un susceptible d’organiser sa fuite. Parfois, je m’imagine pénétrer à l’intérieur des toiles, juste un instant d’évasion où le temps est figé ; ou rien d’autre ne compte si ce n’est le vent imaginaire qui s’engouffre dans les cheveux et les rayons d’un soleil fictif qui réchauffent la peau. Il se masse le front avant de soupirer, maux de crâne ou agacement ? Les deux peut-être.

Bon. Au vu de son assurance, j’imagine qu’il dit vrai. Une petite note reste accrochée dans un coin de ma tête. Je reste sceptique sur toutes ses justifications mais ce n’est plus de mon ressors et sa vie privée le regarde. Il m’en dit déjà beaucoup. Néanmoins, je doute avoir tout découvert de sa personne.

« Bien, tu m’as l’air sûr de toi alors je te crois. »

A moitié mais il n’a pas besoin de le savoir. Cette conversation pesante n’a que trop durée. Une pause serait la bienvenue et c’est avec un petit air de défi que je fais la proposition la plus incongrue de ma petite carrière de professeur. Mori-kun ne s’y attendait évidemment pas. Je n’ai d’autres obligation que de rire à sa tête interloquée. Il finit par proposer d’aller sur le toit.

« Ah le toit, lieu d’interdit et de danger ! Seuls les plus courageux et courageuses s’y aventurent ! Je me doutais que tu étais de cette trempe, allons-y, ça fait longtemps que je n’ai pas transgressé cette règle. »

Ni une ni deux, me voilà debout ! J’embarque mon sac sur mon épaule et ouvre la voie. Je chuchote.

« Normalement on ne devrait pas se faire repérer à cette heure. »

Après quelques regards discrets aux alentours, j’ai le sentiment de retourner à l’adolescence. Nous montons les marches menant jusqu’au toit, remerciant l’absence de serrure. Le vent me fouette le visage sans crier gare. Après quelques pas j’inspire longuement.

« C’est bien dommage d’être privé de cette vue sur le campus, même si à juste titre. Tu es déjà venu ? »

Je l’observe de côté, sourire en coin et pose mon sac contre un muret sur lequel je m’appuie.

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Sam 17 Sep 2022 - 13:10
VENDREDI 22 SEPTEMBRE 2017



Seito ne devrait pas s'enorgueillir de tels qualificatifs. Pour autant, il ne peut s'empêcher de ressentir une once de plaisir en étant catégorisé comme quelqu'un de courageux. Bien trop souvent il fait preuve de lâcheté. Quand les événements le touchent de trop près, il s'enfuit prestement. Sans donner d'explications, ce qui est pire encore. Et les retombées brûlent son être déjà par trop calciné. Il se fiche soudain pas mal que le professeur soit malhonnête. L'envie de monter sur le toit, maintenant que l'idée est sur la table, est trop forte pour ne pas l'exaucer. Il se sent pousser des ailes et, voyant le professeur se lever, il embarque à son tour son sac sur l'épaule. La discrétion du sensei le fait sourire. En effet, ils ne croisent personne. Quand vient le moment de grimper les marches, il s'arrête. Quelques secondes pendant lesquelles il observe la silhouette de l'adulte s'enfoncer vers le danger. Un surveillant passerait là qu'il ferait mine de ne pas l'entendre et monterait avec la même effronterie.

Le vent accroche ses cheveux dès l'instant où il pointe son nez dehors. Bien que l'air soit encore chaud, il se surprend à frissonner. Son regard accroche les alentours et se perd sur les masses cotonneuses à l'horizon. Se détachant de la porte, il avance vers les blocs de clim que la vision pèse brutalement. C'est idiot mais il réalise seulement maintenant l'importance de ce lieu. Les enjeux qui s'étaient joués et avec quelle facilité l'espagnol avait piétiné ses attentes. Le coup avait été sévère, l'atteinte morale plus dure encore. Plus bizarre, il se souvient de l'endroit exact où les dorayakis avaient roulé par terre. Comme quoi, rien ne disparaît jamais vraiment. Sa peau crépite, sensible à l'électricité de l'air ambiant qu'une mauvaise blague avait engendrée. Les battements de son cœur s'alourdissent en pensant à Mora. La question du professeur le distrait de ce sombre souvenir. Il tourne la tête vers lui pour lui répondre :

« Vous le rapporteriez si je disais que oui ? »

A l'image d'un animal battu, il craint le pouvoir des adultes. Trop de fois il a tendu la main, trop de fois on lui a mordu le bras. Le japonais aspire à la confiance mais tergiverse sur la légitimité d'une telle entreprise. Doucement il se rapproche du bord pour ne plus être qu'à deux mètres du vide. Respirer à pleins poumons l'apaise. Une fois de plus il ne se sent tranquille que dans l'illégalité. L'air glisse sur ses bras, s'enroule autour de son cou et caresse son visage adouci par le caractère incongru de la situation. Alors qu'il ferme les yeux pour en apprécier le moindre ressenti, il redevient ce simple adolescent de dix-sept ans. Immature, intello, puceau, qu'importe les adjectifs. La banalité a le mérite de lui rendre la liberté à laquelle il aspire avec frénésie. Son esprit fait place nette. Il se mue en courant d'air et part voguer dans les vagues chaudes où rien de plus trivial qu'une peine de cœur ne pourra l'atteindre. Le dioxyde de son corps s'extirpe hors de lui à chaque expiration.

L'espace de quelques instants, il n'est plus et cette constatation lui fait un bien fou. Plus qu'il ne devrait l'admettre.




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Sam 1 Oct 2022 - 13:13



♫ Je t’ai perdu ♫
Adolescent, on aimait à faire rimer liberté avec illégalité et rébellion. J’ai aimé moi aussi un jour, transgresser les règles et c’est quelque chose qui ne m’a pas vraiment quitté, à en juger par le vent qui fouette mes avants-bras nus. Certains parleraient de manque de maturité, j’y vois un besoin de lâcher prise. Après tout, se tenir sur ce toit s’avère moins dangereux que risquer le coma éthylique chaque vendredi soir. Les grillent de fer prévoient notre sécurité au-dessus du vide. Pourquoi est-ce que se trouver en ce lieu interdit était sans arrêt représenter dans les mangas ? Si ce n’est pour exprimer un désir de liberté refoulé.

Si je le rapporterais ? Mori-kun craint encore que ma veste change de couleur. Je ne peux l’en blâmer.

« Non, jamais. »

Je lui emprunte sa fermeté de tout à l’heure avant de détendre les muscles de mon visage, les zygomatiques en plein exercice de leur fonction. La confiance qu’il s’est efforcé à placer en moi, que je me suis efforcé à nouer avec lui, il est hors de question de l’entacher.

« Il faudrait qu’on discute dans un environnement moins scolaire à l’occasion, ce serait plus sympa. Tu ne penses pas ? »

Discuter autour d’un thé ou d’un chocolat chaud me paraît plus agréable que les murs froids du campus. D’ailleurs, nous ne devrions pas nous attarder ici. Ma raison me rattrape malgré moi et je jette un coup d’œil réflexe à la porte fermée menant au toit. D’autant plus que mon élève s’amuse à tester son appétence au vertige.

« Ne t’approche pas trop du bord, on pourrait te voir. »

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Jeu 6 Oct 2022 - 22:14
VENDREDI 22 SEPTEMBRE 2017



« Tant mieux. Ce qui s'est passé ici doit rester ici. » répond-il mystérieusement.

Le professeur pourrait lui demander ce qu'il entend par là que jamais il ne lui répondrait. Il y a des choses qu'il vaut mieux taire, il en va de la sérénité du monde. D'autant qu'il souhaite ardemment enfouir ce souvenir douloureux. Évidemment, il pense aux pauvres dorayakis sans défense, malmenés par cet excès de colère. Lui, il va bien. Il n'a pas le choix d'aller bien. Même quand tout va mal. Surtout quand tout va mal. Et que l'impression tenace que le monde entier lui tourne le dos est un véritable crève-cœur. Il aimerait s'évaporer dans l'air pour ne plus jamais éprouver ce pincement dans sa poitrine. Le concept de devoir souffrir pour apprécier le bonheur qui suit est une belle c*nnerie. Il rêve d'une mer plane pendant quelques temps, à la limite de l'ennui, plutôt que ces dents de scie qui l'épuisent et le rendent acariâtre. En parler est douloureux. Il ne sait si c'est la méthode ou la personne qui pose problème, toujours est-il qu'il ne trouve pas le réconfort qu'il recherche et cela accrue considérablement son insécurité.

La proposition de Kobayashi-san le ramène sur la terre ferme. Il se sent flotter encore un instant avant que la gravité ne se rappelle à lui sous le poids de toutes les peines qui lui incombent. Dans son ancien lycée, il aurait osé répliquer « C'est un rendez-vous galant qu'vous m'proposez, sensei ? » Mais il n'a aucun intérêt à agacer l'enseignant, pas plus qu'il n'a à se retrancher derrière des pitreries à présent. Cependant il n'est pas certain que ce soit autorisé. Quelle ironie ! Seito ne répond pas mais se retourne, symbolisant qu'il a entendu la remarque du professeur. On pourrait le voir ou pire, il pourrait sauter. Peu importe la raison, et peu importe qu'il y ait songé, il choisit de faire face à la vie et à ses turpitudes. Et si cela implique d'accepter la proposition alors il se dit qu'il n'a rien à perdre. Il a pourtant bien du mal à s'imaginer siroter un chocolat chaud en dehors de l'enceinte du campus en compagnie d'un professeur, mais absolument personne ne saurait qu'il est le professeur et lui l'élève. Peut-être même que les gens s'imagineraient un parent. Cette idée lui met du baume au cœur.

L'adolescent marche jusqu'à la porte et, au moment de frôler le professeur, un sourire étire le coin de ses lèvres et il dit :

« Prévenez-moi à l'avance, j'ai un agenda plutôt chargé, des entraînements de foot, des devoirs à faire... J'vous dirai bien de voir ça avec ma secrétaire mais j'ai dû la virer récemment. »

Son sourire poursuit son chemin sur ses fossettes tandis qu'il agrippe la poignée. Tant qu'il trouve encore la force de rire, il sait qu'il peut survivre. Après tout, Murakami a aussi écrit que les blessures émotionnelles représentent le prix à payer pour être soi-même. Il ouvre la porte et tourne la tête vers le professeur.

« J'vous sens un peu tendu, on redescend ? »

Seito n'attend pas la réponse qu'il entrouvre complètement la porte et s'engouffre dans l'escalier. Il ne le sait pas encore mais ce dont il a désespérément besoin, c'est d'être lui, dans son plus simple appareil.




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Tu n'étais pas mienne, mais je t'ai perdu tout autant Empty Re: Tu n'étais pas mienne, mais je t'ai perdu tout autant

Dim 20 Nov 2022 - 15:29



♫ Je t’ai perdu ♫
Un souffle fait vibrer mes narines et mon sourire s’étire.

« Ce qu’il s’est passé hein... Je te demanderais que je n’aurais pas de réponse. »

Et il ne perd pas de temps à me le confirmer de son regard le plus mystérieux. Vil gamin, c’est torturer ma curiosité naturelle ! Ici... Ce campus... Ironique comme il peut à la fois être le refuge des jeunes âmes en proie aux conflits familiaux, et une prison nous cantonnant à adopter des étiquettes savamment réglementées. Un triangle des Bermudes émotionnel qui nous aspire sans jamais nous rendre notre liberté. Et nous voilà oubliés, fondus dans la masse d’eau salée que forment nos larmes... Jusquà ce qu’un courant, dans sa clémence, nous permette d’en sortir provisoirement.

Ma proposition ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd mais pourrait bien ne pas aboutir. J’ai décidé très tôt d’être un professeur accessible et proche de mes élèves. Je ne mentirai pas, Mori-kun commence de plus en plus à prendre l’image d’un petit-frère pris sous mon aile. Sa réaction me surprend, c’est qu’il a bel et bien retrouvé les chemins de l’humour ! Du foot ? Depuis quand un sport autre que cérébral l’intéressait ? J’ai un train de retard !

« Pauvre secrétaire, quoi qu’elle est libre maintenant ! Comme vous voulez, monsieur le ministre de la Bibliothèque. »

Ce n’est cependant pas notre échange humoristique qui fera disparaître les alertes activées par ma raison.

« Oui, assez de rébellion pour aujourd’hui. »

Je le suis dans les escaliers puis nous rejoignons la salle d’art. Ce petit écart a le don de m’avoir changé les idées autant qu’à lui. La peinture mélancolique attendra son tour.

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#terminé

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