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Elève ; en 2ème année
Seito Mori
■ Age : 30
■ Messages : 856
■ Inscrit le : 27/02/2021

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Mon personnage
❖ Âge : 17 ans
❖ Chambre/Zone n° : L-1
❖ Arrivé(e) en : Fin Novembre 2016
Seito Mori

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Mar 2 Aoû 2022 - 1:12
SAMEDI 14 OCTOBRE 2017



Le festival est arrivé sans crier gare. Ce que le temps passe vite lorsque l'on se coupe du monde. A lécher consciencieusement ses blessures après le fiasco de son absence à l'anniversaire de la Chose, de l'altercation dans la bibliothèque, du sauvetage de Nolan, de la rupture avec Mitsuki, du départ de Marshall-senpai, de ses rendez-vous chez le psy. Seito ne s'était rendu à aucun club ces deux dernières semaines et n'avait pas jugé bon d'en informer les divers présidents. S'ils avaient demandé, il aurait répondu être occupé avec la préparation du Kobai-Sai, ce qui n'était pas faux en soi. Kyudo et Littérature n'étaient pas un problème, Mora l'était. Et, pour pallier à la confrontation, il avait appliqué une nouvelle stratégie : la distance. Plus de réaction. Plus d'argumentation. Plus de justification. Se retirer tout simplement, ou de manière plus terre à terre, en l'évitant.

Privé de bibliothèque, il avait élu régulièrement domicile dans l'atelier d'arts plastiques. A chaque fois que la salle était vide, il prenait place contre le mur et lisait, écrivait ou méditait. Par moments, Kobayashi-sensei l'y rejoignait. Ils ne parlaient pas tout le temps, certains jours étaient plus mordants que d'autres. Mais petit à petit, bien que par bribes, il se confiait. Le professeur avait finalement eu vent de ses heures de colle et l'exaspération avait pointé le bout de son nez et obscurcit l'inquiétude qui avait suivi. Seito ne retenait que cette tâche d'encre et s'était soudain senti idiot d'avoir cru à son salut. L'enseignant l'avait exhorté de ne pas croire aux mensonges de ses parents mais avait semblé, l'espace d'un instant, revenir sur sa parole. La peinture ne l'attirait pas. Il préférait de loin trouver un exutoire en griffonnant des histoires dans son carnet. L'absence de toute récréation avait favorisé l'avancée de sa nouvelle au point qu'il restait à écrire le chapitre final.

Quand il n'était pas à l'atelier, il se terrait dans sa chambre, dans sa salle de classe, mangeait en dix minutes à la cantine et allait se balader longuement sur la plage. La vue des vagues le calmait quand son âme bouillonnait. Avoir tiré les choses au clair avec Nolan était un soulagement. Cependant, il restait encore tant de pudeur en suspens qu'elle l'étranglait d'angoisse dès qu'il y réfléchissait d'un peu trop près. Investi par le festival, il avait participé activement à la fabrication du parcours. Et le temps avait filé. S'interrompant à chaque sonnerie de téléphone qu'il déclinait en voyant s'afficher le nom de ses parents sur l'écran fêlé. Le lycéen avait cru qu'ils abandonneraient au bout de la cinquième tentative mais vingt-six autres avaient suivi sans qu'il y réponde pour autant. A l'abri derrière l'enceinte de l'internat, il se croyait injoignable, et de ce fait invincible. Une erreur de jugement qui allait lui coûter la tranquillité du week-end festivalier.

A neuf heures tapantes, le stand de la deuxième année se tient prêt à recevoir la foule à venir. Il s'est proposé pour être le premier dans la liste du roulement et ne tarde pas à accueillir les premiers lève-tôt. Tout se déroule sans accroc, il est même ravi de voir les visages satisfaits des participants. Finalement, il cède sa place pour faire une pause et descend dans le parc pour prendre l'air et se dégourdir les jambes. L'odeur d'un stand attire son attention et, alors que son regard bifurque dans sa direction, des silhouettes familières apparaissent dans son champ de vision. Seito reste immobile. L'homme, la femme et la petite fille accrochée à elle lui font face en silence. Oh p*tain de b*rdel de m*rde ! Pardonnez sa vulgarité, mais rien de plus littéraire ne saurait exprimer la détresse qui l'étreint alors que son regard glisse lentement sur ses parents et s'échoue sur la Chose. Mué de stupeur, il peine à enclencher la seconde et le démarrage se fait par à-coups quand il y parvient. Pressant le pas jusqu'à eux, il se dispense d'un bonjour pour passer aussitôt au plat de résistance.

« Qu'est-ce que vous faites là ?! »

N'étant pas de bon goût de se disputer en public, ses parents esquissent un sourire de circonstance et enrobent leur discours d'une gentillesse nauséabonde.

« N'es-tu pas content que nous ayons fait tout ce chemin pour te voir ?
Ohayô Onii-chaaan !

Content ? Qu'est-ce que vous faites vraiment là ? »

Seito ignore complètement la petite fille et se concentre sur son père qu'un regard endurci alerte. Plus vite il connaîtra les raisons de leur présence, plus vite il sera fixé sur l'attitude à adopter. Étonnamment, c'est sa mère qui prend la parole. Son visage aimable tranche avec les reproches qu'elle profère, ce qui lui soutire un frisson d'effroi.

« Des jours et des jours que nous essayons de te joindre. Était-ce une fois de plus trop te demander d'y répondre ? A quoi t'attendais-tu Seito ? Nous savons ce qui s'est passé. L'école nous en a informés l'après-midi même.
C'est donc ça.
Ta mère n'a pas fini alors tu te tais. »

L'adolescent serre les dents. Faire bonne figure lui paraît insensé au vu de ce qu'on lui reproche. Ils auraient pu lui faire la mauvaise surprise n'importe quel autre jour, mais non, ils avaient choisi le pire pour débarquer. Tant d'yeux les observaient, tant d'oreilles baladeuses pouvaient engendrer des rumeurs. En cette matinée, il n'avait jamais autant craint Goshippu-chan.

« Je ne pensais plus jamais recevoir d'appels de ce genre, tu nous avais promis. T'attirer des ennuis, tu veux que ça recommence ? Tout ça pour saccager la bibliothèque.
Une étagère seulement est tomb-
Seito.
C'était un accident.
Te disputer pour un livre, tu ne trouves pas ça ridicule ? Que cherches-tu à la fin ? Tu veux te faire expulser à nouveau ?
J'étais en col-
Haha, j'ai faim ! »

Cette fois-ci, ce n'est pas son père qui l'interrompt mais la Chose. Il serre violemment les poings pour ne pas exploser. Son honneur est en jeu autant que celui de sa famille.

« On y va juste après Megumi, patiente encore un peu ma chérie. Je finis de parler à ton frère, en attendant réfléchis à ce que tu voudrais manger, d'accord ?
Mmh... OK !
Une autre expulsion et plus personne ne voudra de toi. Et alors, comment vas-tu vivre ? Ce n'est pas en participant à des stands ridicules que tu vas gagner ta vie !
J'sais pas, en écrivant peut-être, qu'est-ce que ça peut vous faire ?
Ta mère te parle d'un vrai métier, Seito. Ton cursus scolaire est honteux, aucune entreprise ne saurait tolérer ça. »

Le lycéen vibre d'une colère noire qu'il contient avec grand peine alors qu'il aperçoit des visages connus plus loin. Ne pas faire d'esclandre. Ne pas hausser le ton. Ne pas leur donner raison. Et le clou du spectacle, ne pas vriller lorsque la Chose annonce le dessert mûrement choisi.

« Je veux un dorayaki ! »




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