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Elève ; en 2ème année
Seito Mori
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Mon personnage
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Seito Mori

Il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir Empty Il y a des fleurs partout pour qui veut bien les voir

Sam 5 Nov 2022 - 17:31
SAMEDI 25 NOVEMBRE 2017



Des années qu'il souhaitait ce rapprochement, des années qu'il luttait seul pour se faire entendre. A invoquer les démons de la mauvaise foi, de la rancœur et du mépris. A se forger une personnalité qui ne lui correspond pas dans le but de déplaire et d'inciter les autres à le rejeter plus violemment encore, ultime justification à ce comportement erratique. Cela ne se peut pas. Et pourtant le fait est qu'il est plus heureux aujourd'hui qu'il ne l'a jamais été depuis six ans. Rien ne l'agace, rien ne l'arrête. Une vue dégagée s'offre à son regard curieux. Il suffisait pour cela d'abattre les murs derrière lesquels il s'était blotti. Et maintenant ? Maintenant, il doit avancer. Aller de l'avant. Et s'épanouir sous cette lumière qui lui faisait cruellement défaut. Il doit réapprendre à aimer, à faire confiance, à vivre tout simplement. Sauf qu'il n'est plus sûr de savoir faire. Et pourtant, comme il lui a été facile, une fois la porte ouverte, de vider son sac. Tout était enfoui si profondément en lui qu'il en a été le premier surpris. L'abcès percé et voilà qu'il se montrait expansif sur ses sentiments. La peine devait saturer jusqu'à son épiderme pour ressortir aussi subitement.

Le déblocage n'était pas de son fait. Tandis qu'il persistait à nager à contre-courant, il avait fait une rencontre. Un adulte. Un professeur. Qui avait fait fi de son idiote rébellion. Ses doigts avaient effleuré le problème, ses ongles avaient écorché ses convictions et sous le crépit du faux-semblant, Kobayashi-sensei avait aperçu un début de vérité. Il aurait dû prendre peur. Tant d'autres s'étaient enfuis auparavant. Seito ne s'en serait pas incommodé. Pire, il en aurait tiré la funeste satisfaction que ses frontières étaient robustes et toujours aussi infranchissables. Mais la preuve était que son armure avait perdu de sa superbe. Après tant d'années de lutte intestine, la pourriture avait infesté ses défenses, gangrené ses réflexes. Au point que, dans un moment de faiblesse, il avait accueilli cette lueur avec méfiance dans un premier temps, puis avec soulagement en finalité. Partager avec autrui, ne serait-ce qu'un infime pourcentage de son fardeau, avait nourri l'espoir fou qu'il pouvait s'en sortir. Soudain, tout n'était pas perdu. Il y avait une chance, malgré les dés pipés, que le destin lui sourit enfin. Ce coup de pouce se tenait devant lui à présent.

La sonnerie avait retenti. Ignorant le raclement des chaises et le pépiement des plus impatients, Seito avait traîné sciemment pour être le dernier à sortir de la classe. Le professeur d'arts plastiques rangeait lui-même ses affaires lorsque le japonais l'avait abordé. L'hésitation l'avait rendu hésitant mais il s'était vite ressaisi au profit d'une annonce particulière. Sans tourner plus longtemps autour du pot, il lui avait déclaré avoir quelque chose à lui confier. Mais pas dans l'instant, et surtout pas ici. Et puis, dégainant sa confiance comme un ticket d'or, il lui avait demandé si ce que le professeur lui avait dit sur le toit tenait toujours. Ses yeux avaient brillé d'un éclat particulier lorsqu'il lui avait confirmé que l'offre n'avait pas expiré. C'était mardi. Le reste de la semaine s'était écoulé sans encombres. Une pointe d'impatience avait même élu domicile la veille alors qu'il anticipait les mots qu'il choisirait pour lui annoncer la nouvelle. Il n'y avait pourtant pas dix manières de le dire. Et encore moins dix manières de lui en être reconnaissant. Alors pourquoi diable avait-il eu autant de mal à s'endormir ? Fort heureusement, il connaissait la parade et avait lu jusqu'à l'épuisement.

Samedi matin. La séance avec le psy s'est finie sur une note joyeuse. L'amélioration est notable. Il y a encore du travail de fond mais les résultats vont dans le bon sens et c'est tout ce qui importe. Au sortir de la consultation, il a le cœur qui bat fort dans sa poitrine. Parler avec ce médecin était du menu fretin comparé à ce qui l'attend à présent. Le lycéen s'engouffre dans le métro et en ressort une dizaine de minutes de plus tard en direction d'un café. Seito est le premier arrivé. Il jette un œil à son portable, constate qu'il est en avance. Les mains dans les poches, il triture le tissu troué de la doublure. Enturbanné dans une écharpe, les sept petits degrés se font sentir et pigmentent ses joues d'un hâle rosé.




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