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 L'entaille

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(#) L'entaille  Sam 22 Mar 2014 - 14:08

L'entaille

J'aimais les mercredi après-midi, j'avais rarement des consultations et pas de cours à donner aux universitaires. C'était donc le jour où je décidais de m'accorder ma journée pour sortir. En ce moment c'était souvent à la plage que je traînais, avec cette chaleur autant en profiter. Au moins ici ça ne ressemblait pas aux plages de New-York, je notais tout de même des différences, c'était moins touristique et sans doute plus propre. Le côté american way ne me manquait pas.
En ce début d'après-midi, soit 13h, il n'y avait pas énormément de monde. J'avais posé serviette et affaires pas très loin des rochets et m'étais accordée un bain de soleil.
Lunettes de soleil sur le nez, je jetais à travers des petits coups d’œil sur les gens qui jouaient dans l'eau, qui marchaient le long de la plage ou encore ceux qui faisaient des parties de volley ou de raquette. Je m'étais installée vers la digue de rochets pour m'éloigner des enfants bruyant qui se couraient après ou qui confectionnaient des châteaux de sable. C'était stratégique, les parents les éloignent des rochets pour éviter le moindre bobo.

Mais voilà que je sentais mon corps s'alourdir et mon cerveau se ramollir à force de rester dans une même position en train de cuir sous ce soleil de plomb.
Je me redressai puis me passai du spray auto-bronzant, je sentais déjà un coup de soleil qui me mangeait la cuisse gauche.
Il fallait que je bouge un peu, pas très loin histoire de pouvoir garder un œil sur mes affaires.
Je savais que je n'avais pas de soucis à me faire, les Japonais sont des gens très honnêtes, ils ne sont pas comme les Américains.
Je me levai donc puis me mis à l'eau. Celle-ci me paraissait gelée à cause de ma peau habituée depuis plus d'une heure à la haute température. Mais voilà que l'envie de grimper sur la digue de rochet me prit. J'avais envie de me promener dessus et atteindre le bout où se trouvait des pêcheurs.
Prudente, je posai un pied doucement sur un premier rochet, puis un autre. Pour le moment j'étais bien lancée, mais alors que je continuai à grimper, je me mis à glisser sur un des rochets trempée et me mit à pousser un petit cri de gonzesse tout en butant sur une roche et à tomber dans l'eau.
Je me mis debout à tout allure, ça brûlait, mais comme ça faisait un mal de chien cette connerie ! Je posai mes fesses sur la pierre puis constatai l'état de ma cuisse ensanglantée. Je me l'étais bien entaillé celle-là. Ça ne devait pas être bien profond, du moins je l'espérais, mais l'entaille partait du haut de ma cuisse jusqu'à quelques centimètres au-dessus de mon genoux.
Mon visage affichait une expression de douleur, j'en soufflai fortement tellement ça me lançait.
Coup de soleil plus entaille, ma pauvre cuisse gauche allait souffrir pendant un bon moment, enfin... j'allais souffrir.
J'osai pas me lever, j'avais si mal et cette douleur et la colère que j'avais m'en fit couler deux ou trois larmes.  

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(#) Re: L'entaille  Sam 22 Mar 2014 - 15:30

Le temps était absolument magnifique ! Le soleil brillant de mille feux et l’air chaud faisaient que la meilleure occupation de ce mercredi après-midi se devait d’être d’aller à la plage. Sara avaient fini ses cours en fin de matinée, elle avait ensuite rapidement déjeuné avec quelques collègues et elle se demandait maintenant comment passer le temps. Elle avait bien pensée aller chez ses parents pour récupérer Akiko mais un coup de fil à sa mère, pour la prévenir de son arrivée imminente, lui avait permis de savoir qu’Akiko venait de s’endormir pour sa sieste. Heather avait donc conseillée à sa fille de profiter d’une heure ou deux pour elle, sans cours, ni enfants. Mais pour être tout à fait franche, Sara s’était vraiment demandé quoi faire. Depuis son divorce, sa fille et ses cours étaient ses occupations principales, et privée des deux, même juste pour une ou deux heures, elle se sentait un peu démunie. C’était sans doute là une réaction un peu excessive, mais la routine a quelque chose de tellement rassurant.

Finalement Sara avait décidée de se rendre à la plage. Elle avait garé sa voiture sur un parking non loin et prit uniquement son sac à main et une casquette qui traînait dans le véhicule. La jeune femme s’était dit qu’avec un temps pareil, marcher le long de la mer serait agréable. La casquette sur la tête et les chaussures enlevées (les talons dans le sable, ce n’est pas très pratique), elle longea le bord de mer, profitant des quelques léchouilles des vagues qui lui caressaient les chevilles et des quelques brises de vent qui la rafraichissait un peu. Son regard se portait tour à tour sur l’horizon où elle pouvait apercevoir quelques bateaux de plaisanciers et sur les gens venus profiter du soleil. Les enfants s’amusant lui donnaient le sourire et bien qu’elle ne soit pas une adepte du bronzage, elle trouvait très reposante l’idée de rester allonger sur le sable sans rien faire. Cependant, Sara n’avait pas prévue, originellement, d’aller à la plage. Aussi elle n’avait pas prévue de crème solaire et n’avait pas non plus son maillot. Inutile alors de penser à se baigner ou à faire bronzette… Elle décida alors de continuer à marcher tranquillement, profitant du silence, qu’elle ne pouvait cependant de trouver un peu lourd. Il lui laissait tout le temps de penser et ces derniers temps elle n’aimait pas vraiment cela.

Jetant son regard au-devant d’elle, elle vit une petite jetée rocheuse sur laquelle se trouvaient des pêcheurs. Peu de plagistes se trouvaient à côté. Rien d’étonnant, elle-même quand elle emmenait Akiko restait assez éloigné des rochers. Ces derniers avait l’avantage d’amener un peu de fraicheur, mais ils étaient souvent coupant, abritaient généralement des crabes et les hameçons des pêcheurs non loin étaient autant de choses qui menaçaient la sécurité de sa fille. L’esprit un peu perdu dans le vague et légèrement abruti par la chaleur, Sara observait sans vraiment la voir, une jeune femme en train d’escalader les dits rochers. Une scène qui n’aurait sans doute pas attiré son attention si elle n’avait pas vu la jeune femme tomber soudainement. Un frisson traversa le corps de Sara dont l’esprit sortit brutalement de sa torpeur somnolente. Se précipitant près du lieu de l’accident, Sara vit que la jeune femme s’était redressée le temps de son arrivée. C’était là déjà un point rassurant. Mais rassurée Sara ne le fût pas longtemps. Elle vit rapidement la longue entaille qui couvrait la cuisse de la jeune femme, qui soudainement lui sembla très familière. Puis alors qu’elle se trouvait enfin à côté d’elle, elle réalisa que c’était la psychologue du lycée, elle donnait aussi des cours si Sara ne se trompait pas. Les deux femmes ne s’étaient jamais vraiment parlé et Sara ne réussissait pas à se rappeler son nom de famille. Jugeant que la situation pouvait souffrir d’un manque de politesse, Sara dit :

« Mademoiselle Anastasia, est-ce que ça va ? » Le prénom de sa collègue lui était resté en mémoire. Ce n’était pas très courant et l’association d’idée avec la princesse russe avait permis à Sara d’intégrer rapidement le prénom de la jeune femme malgré leurs rares échanges. « Ce n’est pas très joli, je peux regarder ? » la question n’attendait pas vraiment de réponses et la jeune femme qui semblait avoir mal n’allait sûrement pas se montrer trop pudique. Quoiqu’à sa place Sara aurait été pas mal gêné. Mais à chaque situation il y a des priorités et la pudeur, comme la politesse allait pouvoir attendre aujourd’hui. Sara jeta un œil à la blessure tout en se disant qu’il valait mieux que ce ne soit pas trop grave parce qu’elle n’avait aucunes compétences en médecine. Dans le pire des cas, elle appellerait une ambulance avec son portable. Sur le coup, Sara maudit la plage de ne pas être surveillée…L’entaille était longue, quasiment toute la longueur de la cuisse. Cela ne saignait pas abondamment malgré un premier filet de sang assez déstabilisant. Elle s’était bien déchirée la peau mais ça ne devait pas être trop profond. Que faire ? Comment ? Prenant sur elle et respirant bien profondément, Sara ajouta : « Je pense que ce n’est pas trop profond… » Puis prise d’une illumination, elle continua : « J’ai une trousse de secours dans ma voiture ! Vous pensez pouvoir marcher jusque-là ? Ou j’appelle de suite une ambulance ? » La voiture de Sara n’était pas très loin, mais il leur faudrait bien 5 minutes pour y aller. Ou Sara pouvait aller chercher le nécessaire et revenir, ce serait peut-être mieux.
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(#) Re: L'entaille  Sam 22 Mar 2014 - 16:20

L'entaille

Mes yeux se redressèrent pour voir si quelqu'un m'avait vu chuter. J'avais surtout honte, la plupart du temps ça n'était pas des adultes qu'on voyait glisser d'un rocher pour se ramasser par terre, mais des enfants... J'arrivais toujours pas à croire et à réaliser les conséquences, j'étais perturbée de mon précédent raisonnement enfantin incapable d'évaluer la gravité d'un quelconque danger.
Mon regard capta une forme mouvante se diriger vers moi  : Une jeune femme qui ne m'était pas inconnue. Elle était une collègue à l'université, Sara Kanade, professeur de cinéma il me semble.
Elle m’interpella par mon prénom ce qui m'étonna grandement, mais dans le cas présent, l'heure n'était pas aux surprises de voir une japonaise qui n'appliquait pas les coutumes de politesses nippones.
Elle fut très gentille et proposa même de m'aider. Je passai le revers de ma main sur mes joues pour cacher les traces de mes larmes. Ma colère commençait à s'évader de mon psychisme mais ma douleur me tenaillait la chair.

« Je pense aussi que ce n'est pas très profond » dis-je en me levant doucement pour éviter d’éclabousser ma blessure d'eau salée. « Il est inutile de déranger les urgences pour ça, par contre je veux bien que vous apportiez votre trousse, un désinfectant et une compresse suffira » je commençais à marcher mais je ne pouvais m'empêcher de souffler entre mes dents serrées « Si ça ne vous dérange pas, je veux bien vous attendre, ma serviette se trouve juste à côté de la jetée »  

Je pouvais marcher, mais la douleur me faisait boiter légèrement bien que je n'avais pas de souffrance au niveau musculaire et osseux.
Nous nous empressâmes de rejoindre l'endroit pour que je puisse m'installer sur la serviette, me positionnant sur le côté pour éviter tout contact avec le sable.
Avant qu'elle parte rejoindre sa voiture je lui dis :
« Merci beaucoup, c'est gentil à vous d'avoir volé à mon secours, sans vous je me serai peut-être vidé de mon sang » fis-je avec une pointe d'humour.

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(#) Re: L'entaille  Sam 22 Mar 2014 - 22:42

« Je vous en prie c’est normal. » répondit Sara à Anastasia.

Même si Sara ne rit pas à la tentative d’humour de la jeune femme, elle lui sourit, se disant que finalement la situation n’était finalement pas si grave que ça. Anastasia réagissait bien à son accident, c’était bien, car Sara doutait franchement de pouvoir gérer une personne en panique. Elle-même paniquerait trop pour cela. Mais parallèlement, heureusement que la jeune femme ne s’était pas blessée plus que cela. Que ce serait-il passé si elle avait perdu connaissance ? Personne n’avait-il rien vu ? Ou est-ce qu’en voyant Sara, les témoins éventuels s’étaient dit que la situation était géré par un autre et qu’il n’était donc pas nécessaire qu’ils s’en mêlent. Peut-être…

« Je reviens de suite. » dit-elle avant de partir  vers le parking.

Sara arriva rapidement à sa voiture. Après avoir aidée Anastasia à s’asseoir sur sa serviette, Sara s’était ruée vers son véhicule pour y récupérer sa trousse de premier secours. Bien que sa première inquiétude se soit un peu calmée, elle préférait quand même se dépêcher. La trousse de premier secours dans sa voiture, ça venait des habitudes héritées de sa mère. Sara se rappelait encore des nombreuses ballades faites avec ses parents et ses frères quand ils étaient enfant. Et trois enfants assez proches en âge, qui passait leur temps à se chamailler ou aller à droite à gauche pour divers sport ça finissait forcement par se blesser. D’où la trousse toujours à portée de main. D’ailleurs Sara savait que son frère aîné Mike faisait comme elle et qu’il en avait toujours une dans la voiture juste au cas où. Une fois la trousse récupérée, Sara revînt auprès d’Anastasia. Sara tenta un sourire amical ou rassurant, allez savoir, en montrant le petit sac qui contenait de quoi nettoyer une plaie, quelques bandes et pansements, des médicaments classiques tels le doliprane et les pilules contre le mal des transports, un sirop contre la toux et divers autres petites choses qui pouvaient toujours être utiles. Sara déballa le contenu près d’Anastasia et les deux jeunes femmes s’occupèrent de soigner comme elles purent la blessure de la jeune femme. Sara se décida finalement à essayer d’entamer la conversation :

« Ça devrait aller ainsi, mais vous devriez aller voir un médecin tout de même, juste pour être sûre qu’on a fait ce qu’il fallait. »

La jeune psychologue risquait de garder une cicatrice un certain temps. Puis elle ajouta : « Vous allez garder un drôle de souvenir de cette plage, j’espère que ça ne vous dissuadera pas d’y revenir. L’endroit est agréable en général. »
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(#) Re: L'entaille  Sam 22 Mar 2014 - 23:22

L'entaille

Ma secouriste revint rapidement de sa voiture, équipée de sa trousse de premier secours. Décidément elle était prévenante. Elle avait en sa possession ce que toute personne devrait avoir. La prochaine fois j'y réfléchirai deux fois avant de me lancer dans une petite mais dangereuse escalade.
Un peu de sang avait coulé sur ma serviette, mais rien de bien dégouttant au point de ressembler à une scène de crime sanguinolente. Elle passera directement à la machine à laver en rentrant.
Alors que ma collègue se plaça à côté de moi, elle sortit son attirail de secouriste me présentant tout le nécessaire pour soigner ma blessure. Je constatai qu'elle avait tout ce qu'il fallait, même des médicaments et sirop.
Elle me rassurait et me conseillait même d'aller voir un médecin pour vérifier cela. Je pensais ça inutile mais pourquoi pas faire une visite à l'infirmière en rentrant. Un bon coup de désinfectant et une compresse et la blessure pourra cicatriser sans rencontrer d'autres problèmes d'ordre médical. Ça n'allait pas être très beau à voir, mais j'espérais que cette entaille ne se verrait plus d'ici quelques semaines.

«  Je ferais passer ça pour une blessure de guerre  » fis-je dans un sourire qui se matérialisa en grimace au moment où elle passa la compresse inhibée de l'antiseptique.
Cette scène me rappelait le nombre de fois où ma mère soignait mes genoux écorchés lorsque j'étais petite et dans ma période casse-cou.

Elle eut enfin terminé ses petites manipulations. Je répondis à sa dernière phrase :
« C'est pas un rocher qui m'empêchera de revenir ici, c'est certain. J'aime beaucoup venir me détendre ici, parfois même j'y vais un jogging.  » Puis je me redressai, sans grandes difficultés.
Ça m'élançait un peu mais pas au point de qualifier ça de grande souffrance.
Je cherchai dans ma petite tête comment la remercier, elle a été la première à venir à mon secours, rapide comme l'éclair, de plus elle était une collègue que je ne connaissais pas vraiment, autant la monopoliser un moment pour mieux faire connaissance après tout.
Mes yeux cherchaient un peu partout, comme si j'espérais voir un cadeau à lui offrir tomber du ciel.  Mais voilà que je vis un bar qui venait à même le sable un peu plus loin. J'étais déjà passée devant mais sans l'avoir noté sur une liste de choses à faire. Et bien c'était l'occasion d'aller tester l'endroit et de rafraîchir nos gorges sèche.

« Laissez-moi vous offrir à boire pour vous remerciez, j'insiste ! » dis-je en commençant à ranger mes affaires dans mon sac de plage.
Après tout je ne lui laissais pas le choix. Je commençai même à marcher en lui montrant l'endroit où nous pouvions nous installer à l'ombre de grands parasols.

Nous avions pris place sur une table plantée dans le sable. Je trouvais ça fort bien d'avoir les pieds sur le sable frais, la tête protégée par un parasol rayé rouge et blanc.
Une carte était posée au milieu de la table présentant le menu du jour, des plats, des boissons et des glaces. Cela me tentait bien.
« Prenez ce que vous voulez Kanade-San » fis-je en souriant. Si elle faisait exprès de prendre le truc le moins cher, j'allais le savoir. N'oublions pas que mon sens de l'observation est fort développé et qu'on ne peut me tromper.
J'évitai quand même de lui faire les gros yeux. Quand je faisais cette horrifiante tête, c'était pour mettre la pression, mais je n'avais pas bien envie de l’effrayer...  

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(#) Re: L'entaille  Lun 24 Mar 2014 - 22:16

Sitôt sa jambe bandée, la jeune femme se releva plutôt facilement ce qui aida grandement Sara à finir de se rassurer. Ce qu’elle pouvait avoir tendance à s’angoisser rapidement…Bien que la situation aurait pu en effet être sérieuse, mais cela ne s’avérait finalement pas être le cas et c’était tant mieux. Au moins Sara avait l’impression d’avoir été un peu utile et au fond cela lui faisait plaisir.

Tandis qu’Anastasia semblait chercher quelque chose des yeux, Sara quant à elle rangea ses affaires puis finalement se redressa face à sa collègue au moment où celle-ci lui proposa de lui offrir un rafraîchissement pour la remercier. Sara commença bien évidement par tenter aimablement de décliner en disant que ce n’était vraiment pas nécessaire. C’était un réflexe de pure politesse qui n’avait peut-être au fond pas beaucoup de sens, mais les habitudes ont la vie dure. Quoi qu’il en soit, il paraissait évident que Sara ne pourrait pas se débiner, après tout Anastasia avait déjà rangée ses affaires et ouvert la marche en direction du bar avoisinant. Puis de toute façon Sara n’en n’avait pas envie. Elle avait encore du temps à tuer et elle ne connaissait pas Anastasia. Après cette rencontre hasardeuse, ne pas en profiter pour faire un peu connaissance traduirait un manque évident de sociabilité. Et Sara était sociable, un peu réservée certes, mais sociable.

Les deux jeunes femmes se rendirent donc au bar et s’installèrent à une table plantée dans le sable. Profitant d’avoir un parasol au-dessus de la tête, Sara retira sa casquette qui lui donnait plus chaud qu’autre chose et la déposa auprès de ses chaussures, de son sac à main et sa trousse de secours à ses pieds. Pour s’aérer un peu la nuque, elle ramena sa tresse du côté droit de son épaule. C’était par de si belle journée qu’elle regrettait presque d’avoir les cheveux aussi longs.

« Prenez ce que vous voulez Kanade-San »

Sara jeta alors un œil à la carte bêtement embêtée. Cela faisait un moment qu’elle ne s’était pas faite invité et cela la mettait un peu mal à l’aise. Elle prit cependant quelques secondes pour observer les propositions de la carte, passant bien vite sur la partie menus et sandwichs. Par contre il fallait bien avouer que les photos des glaces mettaient l’eau à la bouche. En dehors des classiques telles les éternels parfums de boules, de la dame blanche ou du colonel, on trouvait certaines glaces un peu plus atypique qui avait l’air tout aussi bonne. Cependant, comme il était hors de question de prendre une boisson plus une glace (c’est bien de se faire inviter mais il ne faut tout de même pas abuser, en plus Sara avait mangé peu de temps auparavant donc elle n’avait pas faim), elle regarda plutôt les boissons. Elle avait envie de quelque chose de frais, pas trop sucré qui pourrait la désaltérer un peu. C’était fou comme le soleil tapait aujourd’hui.

« Je vais prendre un grand verre de limonade. Avec cette chaleur ce sera agréable. Merci de m’inviter. »

Tout en parlant, Sara tendit la carte à sa collègue au cas où celle-ci n’aurait pas encore fait son choix. La laissant décidée et commander, Sara profita de la tranquillité de l’endroit et du bien-être qu’elle ressentait. C’était une bonne idée la table dans le sable. Celui-ci rafraîchit par l’ombre du parasol était très agréable sous les pieds de Sara. Elle avait toujours aimée marcher pied nus dans le sable…

Puis revenant soudainement à des choses plus terre à terre, elle se rappela la façon dont elle avait abordée sa collègue un peu plus tôt.

« Au fait, excusez-moi pour tout à l’heure, mais je n’ai pas réussi à me rappeler de votre nom de famille. C’est vrai que nous n’avons pas beaucoup eu l’occasion de discuter jusqu’à maintenant. Il me semblait que vous travailliez au lycée pourtant je me rappelle vous avoir aperçu dans les couloirs de l’université. Vous donnez des cours dans les deux établissements ? »

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(#) Re: L'entaille  Sam 29 Mar 2014 - 11:16

L'entaille

Elle me tendit la carte sur laquelle mes yeux se posèrent, incapable de s'arrêter sur un choix précis. Elle souhaitait une simple limonade. J'aurai bien aimé prendre une glace mais son choix de prendre une boisson me bloquait, ça serait impoli de déguster une délicieuse crème glacée devant ma collègue. Peut-être arriverais-je à nous faire prendre une glace ensuite.

« Pour moi ça sera un Coca » fis-je en reposant la carte. Choix simple et basique mais rafraîchissant.  

Le serveur vint prendre nos commandes avant de déguerpir.
Nous continuâmes de parler, ma collègue s'excusant d'avoir parue impolie de m'avoir appelé par mon prénom. Ça n'était pas bien grave, pour moi qui viens d'Amérique ce n'est pas un choc, on est pas comme ces Japonais pour qui c'est important d'interpeller une personne par son nom de famille.

« Oh franchement ne vous excusez-pas, ce n'est qu'un détail le nom de famille, je préfère qu'on me prénomme mais juste pour information mon nom est Hevans » fis-je en souriant. « Puis oui, je donne des cours aux universitaires en psychologie en plus de pratiquer en consultation dans les deux établissements, je peux vous dire que je donne plus de cours que de rendez-vous en consultation, à croire que je fais peur » Je rigolais tout en haussant les épaules, pour ma part ça m'agaçait même, mon titre de psychologue me collait à la peau même dans ma vie privée hors boulot, on ne voyait chez moi que la psychologue. Je soupirai puis repris « Vous, vous êtes la prof de cinéma si je ne me trompe pas. Vous êtes ici depuis combien de temps ? Oh, puis je voulais savoir rapidement... Vous aussi vous avez des problèmes d'affichage des diaporamas dans l'amphi principal ou c'est juste moi qui ne sais pas se servir du matériel ? » concluais-je en baissant la voix comme-ci j'en avais honte.
J'avais la dernière fois en cours, passé quinze minutes à comprendre leur système à la con pour afficher le diapo et faire marcher les enceintes. C'était un grand moment de solitude.
Le serveur arriva lorsque j’eus terminé ma phrase, puis déposa nos boissons respectives.

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(#) Re: L'entaille  Lun 31 Mar 2014 - 19:56

Sara prit bien soin de noter dans un coin de sa tête le nom de famille de sa collègue, même s’il était probable qu’après cette rencontre, les deux jeunes femmes n’aient plus besoin de se montrer aussi protocolaire que lors d’une première rencontre. Cependant en présence d’un tiers, le recours au nom de famille serait utile. Si en privé Sara voulait bien passer sur quelques coutumes de sa culture pour s’adapter à son interlocuteur, dès lors qu’il y avait plus d’une personne, elle préférait rester « classique » dirons-nous.

Anastasia enchaîna sur sa profession qui déclencha une réaction du genre « ah ! Oui c’est vrai !! » dans l’esprit de Sara, tout en précisant que pour le moment elle enseignait plus qu’elle ne pratiquait. Cela ne semblait pas trop l’emballer bien qu’elle plaisanta sur la peur qu’elle devait inspirer. Sara lui sourit aimablement avant de dire :

« Il faut voir ça du bon côté et se dire que si personne ne vient vous voir en consultation c’est que tout le monde va bien. »

Ce n’était évidemment probablement pas du tout le cas. Mais Sara n’avait pas de mal à imaginer le temps qu’il fallait pour se décider à aller voir volontairement un psychologue pour une consultation. Raconter sa vie, révéler ses doutes, ses craintes et ses pensées, Sara n’oserait jamais le faire, elle aurait l’impression d’être idiote tout simplement. Elle qui était tout ce qu’il y a de plus normale, voire même banale, aurait l’impression de faire toute une montagne de petits riens. Et pourtant, des fois elle aimerait bien le faire, dans l’espoir secret sans doute de s’entendre dire par quelqu’un de compétent que c’était normal, qu’il n’y avait aucuns soucis à s’apitoyer sur des choses parfaitement puériles comparées aux problèmes que d’autres pourraient rencontrer.

D’un hochement de tête, Sara approuva être le professeur de cinéma. Mais avant qu’elle ne puisse parler, Anastasia lui demanda si elle aussi rencontrait des problèmes avec le diaporama de l’amphithéâtre principal. Le serveur arriva à peu près à ce moment-là et leur donna leurs boissons. Sara le remercia avant de reprendre sa conversation avec sa collègue.

« En fait, je ne me suis pas encore rendue dans cet amphi, je ne suis là que depuis un mois et mes élèves ne sont pas très nombreux. » En cours principal, sa classe se composait d’une quarantaine d’élève, ce qui était déjà pas mal lorsqu’il fallait prévoir les TD auxquels Sara recourait beaucoup pour enseigner sa matière. « Je suis souvent en salle audiovisuelle et le diaporama là-bas ne m’a pas posé de problème. Mais je dois avouer que j’avais passé un moment la veille de mon premier cours à chercher comment la faire fonctionner… » Sara fit une pause en repensant à cette après-midi-là. Craignant d’abîmer le matériel, elle n’osait pas trop triturer les installations en place, mais évidemment rien ne marchait tout seul, alors finalement elle avait dû se décider à triturer les branchements. « C’est vrai que maintenant que j’y repense, il y a toujours un fil qui n’est pas branché comme il faut ! Comme si les élèves n’étaient pas assez stressants, il faut en plus que le matériel en rajoute. »

Après avoir parlé, Sara gouta sa limonade. Fraiche comme il se devait cela fit un bien fou à Sara et lui donna comme un second souffle d’énergie.

« Ca fait vraiment du bien avec ce soleil. Oh, sinon, je suis arrivée début juillet. J’ai enfin prit mes marques dans l’établissement et je commence un peu à me repérer en ville. Mais au début j’étais totalement perdue. Trop habituée à Tokyo sans doute… Et vous ? Vous vous êtes bien acclimatée à la ville ? Peut-être même au Japon ? » Sara savait qu’Anastasia était arrivée après elle à l’université, donc elle ne devait pas être en ville depuis longtemps. Ensuite il paraissait assez évident que la jeune femme avait des origines étrangères. C’était certainement un peu curieux de la part de Sara mais que voulez-vous, la curiosité est l’un de ses traits de caractère.
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(#) Re: L'entaille  Ven 4 Avr 2014 - 16:33

L'entaille

Je m'attendais à ce qu'elle ait plus d'ancienneté, elle n'était finalement arrivée que quelques semaines avant moi. Mais apparemment, j'ai cru remarqué que nous avions été beaucoup à venir ici en ce mois de juillet. Ce qui était même inhabituel, d'ordinaire les nouveaux professeurs attendent la rentrée scolaire avant de se lancer, mais apparemment nous avions été trop pressés. Que voulez-vous, c'est l'appel du salaire.
Elle venait donc de la capitale nippone : Tokyo. Cette ville ne m'était pas inconnue, ayant passé des stages d'observation là-bas, j'ai pu connaître les lieux qui m'avaient paru bien oppressant, bondés et énergiques avec une organisation particulièrement cadrée qu'on ne retrouve pas à New-York. C'était bien beau comme ville, il y avait de quoi visiter mais c'était sympa pour des touristes comme moi, pas pour y habiter je pense.
Je puis deux-trois gorgées de mon coca et répondis à sa précédente question :

« Et bien pour le moment oui, à vrai dire le Japon j'y suis déjà habituée depuis un petit moment, j'ai déjà travaillé dans un établissement à Osaka puis ai fait des stages dans d'autres villes notamment Tokyo. Mais ça fait bizarre de se retrouver complètement immerger dans un cadre aussi calme tout en me disant que cette fois-ci, ce n'est pas temporaire, c'est pour y vivre » Je jouais avec la petite paille « Mais bon je finirais bien par retourner en Amérique pour revoir ma famille et mes amies, ils me manquent » Je repris une gorgée avant de reprendre « Donc comme ça vous venez de Tokyo à la base ? Vous avez laissé votre famille là-bas ou bien vous en avez ici ? » Je faisais allusion à des cousins, grands-parents, parents, peut-être même avait-elle un mari et des enfants, après tout c'était bien possible.


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(#) Re: L'entaille  Sam 5 Avr 2014 - 18:44

« Il est vrai que Kobe est plus calme que certaines autres ville de l’archipel. »

Osaka et Tokyo, puis quelques autres, Anastasia n’arrivait donc pas à Kobe en touriste. Tokyo, Sara connaissait bien pour y avoir vécu un bon moment, quand à Osaka, elle ne connaissait pas plus que ça. Elle se souvenait y être allée une fois enfant, quand leurs parents les avaient emmenés, elle et ses frères, visiter l’aquarium Kaiyukan. Sara devait encore avoir une vidéo quelque part de cette visite.

« En fait, j’ai de la famille un peu partout. » Le sourire de Sara s’élargit un peu avant de poursuivre. « Je suis née à Tokyo mais j’ai finie par suivre mes parents à Kobe, même si c’est un heureux hasard. Ils s’y sont installés il y a quelques années pour profiter de leur retraite loin de l’agitation de Tokyo. Mon frère aîné y est toujours par contre, avec sa femme et son fils, quand à mon cadet, il voyage au grès du vent et du travail dans tout le japon… » Elle fit une légère pause en se demandant qui elle avait pu oublier.  « La famille de ma mère est toujours aux Etats-Unis, du côté de Philadelphie. Cela fait un moment que je ne les ai pas vus. Je devrais sans doute y aller, ne serait-ce que pour présenter Akiko à son arrière-grand-mère. » Puis réalisant qu’elle intégrait sa fille dans la conversation sans plus de précision, Sara ajouta : « Akiko est ma fille.»

Sara n’évoqua pas les parents de son père car ils étaient décédés depuis quelques années maintenant et comme il était fils unique, il n’y avait plus personne du côté paternel. Quant à sa famille maternelle, il était vrai que Sara avait un léger pincement au cœur à chaque fois qu’elle pensait à sa grand-mère. Elle se rappelait toujours avec plaisir des nombreuses vacances passées chez elle. Cela devait bien faire 4 ans qu’elle ne l’avait pas vus… Elle lui téléphonait régulièrement, de même qu’à sa tante, mais ce n’était pas pareil. Il faudrait qu’elle pense à aller la voir, pour qu’elle puisse voir Akiko en personne. Cela ferait plaisir à tout le monde… Puis pour terminer, c’est bien volontairement que Sara évita toute allusion à son mari, enfin ex-mari…

« Et vous ? De la famille dans les alentours ? Puis, excusez-moi de peut-être tomber dans les préjugés, mais votre prénom trahirait-il des origines russes ? »
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« Invité »
(#) Re: L'entaille  Jeu 10 Avr 2014 - 18:23

L'entaille

Je souriais lorsqu'elle parlait des États-Unis. Elle avait donc des origines américaines ? On en apprend des choses tous les jours, je remarquais même que nous étions beaucoup à avoir des racines ou même une nationalité Américaine. Il est vrai que depuis quelque temps je ne me sens pas comme une véritable étrangère fraîchement débarquer au milieu d'une autre culture, nous étions beaucoup d'étrangers parlant l'anglais, ça faisait du bien d'avoir une diversité culturelle dans l'établissement et dans cette ville, il y avait de quoi ne pas être dépaysé.
Puis les traits de mon visage s'adoucirent un peu trop au point de faire une tête de petit nounours quand elle mentionna sa fille. Elle était donc une jeune maman ! Comme c'est adorable...
Je me le demandais bien ça, si un jour je deviendrai maman, si un jour je devais me marier, fonder une famille. J'avais déjà 26 ans et je n'étais toujours pas casée avec quelqu'un de sérieux. J'avais des projets en tête, des envies, mais encore me fallait-il la bonne personne avec qui concrétiser ces projets. Je me vois bien maman dans deux ou trois ans peut-être... Mais pas tout de suite, je me voyais encore jeune et je tenais à le rester encore un petit moment.

« Je ne savais pas que vous avez une fille ! Je vous envie bien, ça doit être beau d'avoir un enfant, même s'il y a les quelques inconvénients derrière » fis-je en sirotant ma boisson. Je reposais le verre et fis un air rêveur « Aaah... j'espère un jour voir ici, plus loin en train de faire des châteaux de sable, une petite fille et un petit garçon » Je souriais bêtement secouant la tête histoire de ne pas m'éloigner sur ce sujet. Je répondis donc à sa précédente question :
« Pour ma part non, je n'ai pas de famille ici, juste des amis à Tokyo et Osaka. Le reste est à New-York ! Puis bingo, j'ai bien des origines Russes, ma mère Nastia est née en Russie. C'est elle qui a choisi mon prénom, celui de la princesse. Ça lui tenait à cœur apparemment. » dis-je en haussant les épaules. « Et donc j'ai cru comprendre que vous aviez des origines américaines ? Vous avez vécu aux États-Unis ? » Je jetais un coup d’œil curieux à son annulaire gauche. J'avais toujours le sujet famille en tête et, je constatai qu'elle n'avait pas d'alliance … « Excusez mon indiscrétion... mais vous n'êtes pas mariée ? » J'avais sorti ça comme ça, j'aurai peut-être pas du mais... ah curiosité quand tu me tiens.


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(#) Re: L'entaille  Dim 13 Avr 2014 - 10:39

Sara prit quelques gorgées de sa boisson en écoutant Anastasia parler avec entrain des enfants. Ce n’était pas Sara qui la contredirait sur le fait que c’était une chose merveilleuse, avec c’est vrai quelques inconvénients parfois. Lorsqu’Anastasia avait évoqué la présence d’un petit garçon, Sara s’était dit qu’elle aussi aurait voulu avoir plusieurs enfants, mais cela lui paraissait un peu compromis maintenant… Sara répondit au sourire béat de sa collègue par un légèrement moins enjoué, mais elle ne tenait pas à laisser transparaître ses angoisses existentielles maintenant. Quoique Anastasia était une psychologue…Non, Sara chassa cette idée de sa tête et se reconcentra sur la conversation alors que sa collègue évoqua la présence de sa famille encore à New York.

« Oui ma mère, Heather est américaine. Je n’ai jamais vécu aux Etats-Unis mais j’y ai passé de nombreuses vacances étant enfants. Ma mère tenait beaucoup à ne pas perdre le contact avec sa famille, alors mes parents nous y emmenaient mes frères et moi à chaque fois qu’on avait au moins une semaine de vacances.» Sara fit une pause, avant de revenir sur les origines russes de sa collègue : « J’imagine que vous parlez russe alors ? Vous avez vécu en Russie ?»

La question suivante par contre prit Sara un peu au dépourvu. « Euh… » Un peu gênée, elle ne savait pas trop comment répondre à la question. C’était stupide, la réponse était facile, elle était divorcée. Mais vraiment ce n’était pas un état qui la satisfaisait. Sara avait toujours rêvé d’une famille parfaite comme la plupart des gens sans doute, alors son divorce était un raté monumental. De plus elle avait l’impression que c’était sa faute, en partie du moins, qu’elle avait à un moment ou un autre fait ce qu’il ne fallait pas, et pire que tout le monde pouvait s’en rendre compte. De plus être célibataire à 28 ans au Japon, ce n’est pas vraiment donner la meilleure image de soi…Encore Sara avait déjà un enfant, mais elle était divorçait. Cela restait le gros point noir de sa vie et souvent elle se demandait si elle pourrait se remarier un jour.

Après un silence de réflexion sûrement trop long, par rapport à la simplicité de la question, elle répondit finalement, sans pour autant regarder sa collègue dans les yeux.

« Non…Je ne le suis plus. » Sara se réfugia rapidement dans sa boisson, qui descendait peu à peu.
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(#) Re: L'entaille  Mar 29 Avr 2014 - 21:40

L'entaille

Si je parlais russe ? On s'en doutait que c'était le cas, alors que non. Je décevais souvent les gens quand j'infirmais ce qu'ils affirmaient si rapidement. Évidemment, les gens rentraient souvent dans ce qui pouvait sembler évident, ce sont des schémas du type ; si elle est d'origine russe, elle parle russe.
Je haussai les épaules puis répondis : «  Hé non, du moins pas couramment, je sais formuler quelques phrases, je n'ai pas un grand champ lexical. Je connais surtout les injures et les expressions... salaces. » Je fis un sourire crispé comme pour dire qu'il était inutile que je donne des exemples et que je fasse des traductions.
Merci tonton pour m'avoir donné le flambeau de toutes tes conneries, choses qu'il m'apprenait derrière le dos de maman. Je peux vous dire que je m'en suis pris des baffes quand, innocemment, je récitais les bonnes paroles de l'oncle.

J'avais bien remarqué que ma question n'aboutissait pas à une réponse négative. Je m'en doutais bien qu'elle était divorcée, mais alors, pourquoi avoir posé la question ? Là, c'était la curiosité qui avait pris les devants. Elle était jeune, elle était déjà maman et déjà divorcée ? Je voulais savoir les causes de cette séparation ! Je connais des amies de 28 ans qui n'en sont même pas à la moitié de tout cela. Et moi donc, à 26 ans je ne savais même pas quand « l'homme de ma vie me tombera dessus ». Je ne me fixais même pas le but de le chercher, le trouver et faire ce qu'une femme de mon âge devrait commencer à faire : faire durer un couple et aboutir à l'étape « maison, mariage et famille ».
« Je suis désolée... Mais bon, ça n'étonne plus vraiment à notre époque, le taux de divorce est si élevé. Mes parents ont failli divorcer quand j'avais 16 ans. Ce fut un choc mais un gros soulagement quand ils ont décidé de se laisser une chance. » Je repris deux-trois gorgées. Il me restait plus que la moitié du verre.
« J'avais souvent eu en entretien des jeunes qui supportaient mal le divorce de leur parents, ou encore les parents eux-même qui n'étaient pas sûr de ça car ils ne voulaient pas faire du mal aux enfants, se sentir coupable de leur descentes soudaines dans l'alcool, la drogue etc. » Je la fixai gentiment « Tout s'est bien passé pour vous ? »


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