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 [U-1] Sentiments & Orgueil

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Akihito Nagao
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(#) [U-1] Sentiments & Orgueil  Mar 13 Déc 2016 - 21:35


Sentiments

& Orgueil

Feat Akihito & Rikuo


Ses pas ni lents ni rapides le guidèrent à travers les allées et passant près de chaque bâtiment que constituait l’école de Kobe. Le jeune lycéen de dernière année avait divagué de son itinéraire d’origine. Il passa tout d’abord à travers le parc de l’école pour y réfléchir un peu. Comment allait-il réussir à tout mettre en un discours sans que cela ne paraisse trop disjoncter de sa part? Il n’en savait rien. Tout ce qu’il pouvait faire pour le moment était d’errer à son habitude. Sérieusement, pourquoi passait-il autant de temps à se perdre dans ses pensées?

« Tu ne dois pas t’en vouloir. C’est normal de paniquer sur le coup et de ne pas oser chercher à souffrir davantage… » Ces deux phrases le hantaient. Bien qu’il ait conscience que son jumeau de miroir avait raison et qu’il cherchait à le rassurer, il n’avait pas réussi à éliminer toute la rancune qu’il avait envers lui-même. Si seulement il avait gardé le sang-froid qu’il affiche quasi en permanence sur son visage à ce moment-là, aurait-il été en mesure de poser des questions à cette personne mesurant exactement la même chose que lui? Aurait-il été en mesure de réfléchir par lui-même et de trouver la réponse cachée derrière les paroles de Rikuo Morisada? Malgré les nombreux jours qui s’étaient écoulés, les mêmes questions se répétèrent perpétuellement dans son esprit. Il y avait également autre chose… « Est0ce que tu lui as posé des questions à propos de tout ça? Peut-être qu’il avait des problèmes de son côté et ne voulait pas t’impliquer dans ceux-ci? » Sincèrement, ce senpai avait eu le don de le remettre en question. Tout de même, il ne pouvait que s’en prendre à lui-même. N’avait-il pas causé ses propres malheurs? N’avait-il pas décidé de faire le sourd muet et de tirer les conclusions les plus faciles à rejeter sur l’autre? En même temps, leur relation battait de l’aile depuis… le tout début en fait. Akihito ne pourrait dire si essayer de tout remettre de l’ordre là-dedans aiderait ou si seulement ça détruira les peu de pièces restantes… S’il y en reste toujours bien sûr…

Il avait déjà passé beaucoup trop de temps dans ce parc. On pourrait presque le considérer comme sa seconde maison. Dire qu’il avait beaucoup plus de souvenir à cet endroit qu’ailleurs. Mais il devait se résoudre à s’orienter vers sa destination. Sans trop tarder d’ailleurs puisqu’Hikaru l’attendait dans sa chambre. Ce petit chaton avait déjà grandi. Ayant presque sa taille adulte maintenant.

C’est avec un léger sourire aux lèvres qu’il fit demi-tour sur lui-même pour quitter l’enceinte du parc. Grâce à Hikaru, il avait réussi à sourire depuis qu’il avait franchi la porte de sa chambre. C’est aussi avec un pas plus légers qu’il avança vers le bâtiment des dortoirs des étudiants à l’université. Par contre, plus que sa route rapetissait vers ce bâtiment qui était beaucoup plus grand que celui des lycéens, plus son cœur s’emporta. Il vint poser sa main droite sur ses vêtements au niveau de cet organe qui s’affolait pour un rien, souhaitant que ça le calme, mais sans succès. Plus il faisait de pas, plus les battements de son cœur s’accélérait. Était-il prêt à faire face à ce senpai dont il avait lâchement fais ses adieux dans la bibliothèque après avoir péter un câble? Il l’ignorait, mais une chose était sûr c’est qu’il voulait absolument avoir des réponses aux questions qui le hantaient depuis sa discussion avec Heisuke Kodoku. Le cœur, sur le point d’exploser à n’importe quelle seconde, Akihito franchit la grande porte d’entrée.

Il projeta son regard bleu à travers les verres de ses lunettes pour finalement y voir que personne ne prenait du bon temps en ces lieux. Il prit donc le chemin vers les escaliers et se positionna devant la chambre U-1. Cette même porte qu’il était venu un nombre inconnu pour justement souhaiter y faire la rencontre de la personne qui occupait cette chambre. Il vint pour cogner, mais aux derniers instants, il stoppa net son mouvement de poignet. Et si celui-ci ne serait encore pas présent? Ou simplement voudrait-il qu’il se présente devant le plus jeune? Voulait-il encore le voir? Souhait-il qu’il disparaisse à tout jamais de sa vie? Tant de questions vinrent se bousculer dans les pensées du lycéen. Ses pensées qui venaient l’anéantir et à la seconde suivante, une larme se forma du soin de son œil gauche, mais avant qu’elle ne s’échappe, Akihito vint l’essuyer pour la faire disparaître. Il n’était pas le moment de flancher, surtout pas maintenant.

Il cogna finalement en relevant la tête.

- Morisada-senpai? C’est Akihito Nagao.

Il fit une petite pause et tendit l’oreille pour percevoir le moindre bruit possible. Mais rien. Était-il absent? Ou bien l’ignorait-il? Mais il décida quand même de prendre le risque que l’étudiant soit là et c’est avec le cœur à la cadence saccadé qu’il ouvrit à nouveau la bouche.

- J’aimerais bien vous parlez si cela ne vous dérange pas.




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Rikuo Morisada
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(#) Re: [U-1] Sentiments & Orgueil  Sam 7 Jan 2017 - 23:07

Sentiments & Orgueil
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Rikuo Morisada & Akihito Nagao | (c) clyde pour epicode

Cela faisait maintenant un moment que j'avais eu ma discussion avec Keito mais je n'avais toujours pas fait le moindre pas vers Akihito depuis ce jour-là. Les mots de l'étudiant ainsi que le réconfort que m'avait apporté Lutecya cette même nuit m'avait cependant aidé à réfléchir plus sereinement à la situation dans laquelle je me trouvais. Je ne dis pas que mes idées avaient toutes reprisent leurs place du jour au lendemain grâce à eux mais au moins, au lieu de passer tout mon temps à me lamenter, la question de ce que je pourrais faire pour arranger les choses commençait petit à petit à germer dans mon esprit. Quoi que tout cela était tellement enfoui sous le poids de ma culpabilité que la solution miracle que je cherchais n'arrivait à aucun moment à m'atteindre.

« ... ne laisse pas les choses telles qu'elles sont. »

Ces mots que Lutecya avait prononcé résonnaient dans ma tête. Vue de l'extérieur ça devait être si facile à dire mais quand on est au coeur de la tempête ... C'est à peine si j'avais encore le courage et l'énergie de me lever pour aller en cours alors faire une nouvelle fois face a Akihito maintenant ... A chaque fois que je repensais à lui, la vision du regard glaçant qu'il m'avait jeté avant de disparaitre de la bibliothèque me transperçait de part en part. Je l'avais blessé... tellement de fois... Mes doutes et mes peurs étaient toujours présents, rien n'avait vraiment changé alors pouvais-je vraiment faire le choix égoïste de risquer de lui faire mal une fois encore en allant à sa rencontre ? Je ne sais pas, je ne sais plus ...

Plus le temps passait et plus les choses empiraient. A chaque fois que Lutecya me demandait timidement si je tenais le coup, je ne trouvais rien d'autre à faire que de lui adresser un semblant de sourire en lui disant de ne pas s'inquiéter et que j'allais bien malgré tout. Elle n'y croyait pas un mot et pour tout dire moi non plus mais on se contentaient de ça. Tout avait été dit lors de notre discussion sur le sujet et je pense qu'elle n'osait pas relancer la discussion de peur que je m'effondre d'un moment à l'autre.

D'ailleurs, en parlant de s'effondrer ... Aujourd'hui, en tant que membre du club de photographie, j'avais promis Lutecya de l'aider elle ainsi que d'autres élèves du club de journalisme à prendre quelques photos dans le lycée pour illustrer un article sur lequel ils travaillaient depuis le début de la semaine. Une histoire sur les activités de l'école il me semble mais pour tout dire je n'écoutais leur projet que d'une oreille. Tant qu'on me disait quoi faire le reste je m'en foutais totalement. Si j'avais accepté de les aider c'était avant tout pour essayer de faire le vide dans ma tête au moins une petite heure. J'avais presque réussi, presque ... Il a fallu que ce soit au moment où je commençais enfin à me détendre et à peu à peu lâcher prise que mon corps se décida à sonner la sonnette d'alarme. Un vertige, encore un ... ça m'arrivait souvent ces temps-ci. Le manque de sommeil et les nombreux repas "oubliés" j'imagine. Quoi qu'il en soit, ce nouveau tournis venait de me faire lâcher l'appareil qui s'écrasa sur le sol. Et merde...

« Ce n'est rien, il m'a juste échappé des mains. » Avais-je dis pour rassurer les autres.

Alors qu'ils rigolaient sur un supposé appareil photo fugueur Lutecya me fixa d'un regard lourd de sens. Elle avait comprit, je le savais, mais au moins elle avait la délicatesse de ne rien dire devant les autres et je la remerciais secrètement pour ça. Un fois l'appareil entre les mains, je constatais que ce dernier ne s'allumait plus. C'est bien ma veine, j'ai l'impression que cette situation m'arrive dix fois dans l'année. Bon, au moins les photos étaient prisent et au chaud sur la carte mémoire alors après avoir prévenu Lutecya que je lui enverrais les clichés au soir, je pris congé pour rejoindre ma chambre. Non sans avoir droit à un discret "repose-toi" de la part de ma mini-prof.

Une fois de retour dans la u-1, je sorti la boite à tournevis que j'utilisais d'habitude pour rafistoler mon vieux Polaroid et m'installa à mon bureau pour essayer de réparer la pauvre machine qui avait malencontreusement heurté le sol quelques minutes plus tôt. Il devait y avoir un faux contact quelque part, rien de plus puisque le reste semblait être en bon état.

Par contre, une fois de plus, je me retrouvais seul. Et qui dit solitude dit rendez-vous avec ses propres réflexions. Je soupirais un bon coup avant de relever les yeux vers le mur en face de moi. Au lieu de me pencher sur mon travail minutieux, je préférais vaguement regarder les nombreuses photos que j'y avais accrochées. Des anciennes, datant de mon enfance avec Kaori et Ikaru, des moin vieilles, illustrant ma vie au lycée de Tokushima et les plus récentes, représentant ma vie depuis mon arrivée à Kobe ... La soirée où Tooru et moi avions fait le mur pour nous faire une sortie karaoké, le voyage à Dynaland avec une Lutecya souriant sous la neige, La copie de celle prise d'Akihito et moi au concert de musique ... Je détournais la tête à la vue de cette dernière. J'avais du travail ... il fallait que je m'y remette...

Au lieu de ça, mes yeux furent attirer par un carnet que j'avais laissé trainer sur un coin du bureau. Ce même carnet que Keito avait ramassé le jour où je l'avais appelé au secours.

« Ecris lui ou parle lui, mais ne laisse pas les choses telles qu'elles sont. »

Encore ces mots ... mais écrire à Akihito était peut-être la meilleure chose à faire. C'était quelque chose au moins. Même si je ne lui envoyais pas le message ça m'aiderait peut-être à voir plus clair dans tout ce que je n'avais pas réussi à lui dire le jour du désastre. Délaissant l'appareil à moitié ouvert, je pris un stylo et ouvrit le cahier pour essayer d'y écrire quelque chose. Les minutes passèrent et aucun mots ne venaient noircir la page blanche du cahier. Rien à part quelques petites tâches d'encre que je faisais en tapotant la plume du stylo contre la feuille de papier. Je n'y arrivais pas... Je feuilletais rapidement les autres pages, relisant au passage la dernière lettre destinée à Kaori, la seule qui avait survécu le lendemain de ma rupture avec Akihito. J'étais parfaitement capable d'écrire de longues lettres à une fille qui m'avait oubliée depuis des années mais je n'étais même pas foutu d'écrire une simple ligne à l'homme que j'aime ... Ce que je pouvais me détester en prenant conscience de ça. Je laissa tomber le stylo sur le bureau, conscient que je n'arriverais à rien aujourd'hui. Je me balançais sur ma chaise en réfléchissant pensant encore et encore à Akihito. Si je continue comme ça, je vais finir par devenir fou ...

Perdu dans mes pensées, j'entendis malgré tout les coups donnés contre ma porte. C'était surement Lutecya. Elle revenait peut-être à cause de ce qu'il s'était passé tout à l'heure. Je n'ai pas trop envie de lui ouvrir la porte et de donner raison à son inquiétude en voyant que j'avais une fois de plus les larmes aux yeux. Je ne comptais pas répondre et faire semblant d'avoir tenue compte de son conseil en me reposant un peu mais ...

« Morisada-senpai? C'est Akihito Nagao. »

Je ... Akihito ? Je n'en croyais pas mes oreilles, c'était bien Akihito qui parlait de l'autre côté de la porte ? J'étais pétrifié au son de sa voix. Je n'arrivais pas à y croire. A tel point qu'il me fallut du temps pour réaliser la chose. J'étais tellement surpris que c'était un vrai miracle que je ne me sois pas déjà cassé la gueule de ma chaise.

« J'aimerais bien vous parlez si cela ne vous dérange pas. »

La surprise maintenant passée, mon coeur se serra en entendant ces mots. Je redoutais ce qu'il venait me dire. J'avais peur qu'il soit venu jusqu'ici pour me dire qu'à partir de maintenant, il avait décidé de tourner définitivement la page. C'est un peu ce qu'il avait laissé entendre dans la bibliothèque mais comme l'avait dit Lutecya, à ce moment-là il avait très bien pu dire tout cela sur le coup de la colère. Et si maintenant il venait me dire calmement les choses ... tout espoirs partiraient définitivement en fumée ...

« Attends, j'arrive. » avais-je finalement réussi à prononcer.

Je fis disparaitre les larmes qui avaient fait leur apparition d'un rapide coup de manche avant de prendre la direction de l'entrée. Je croyais que je n'y arriverais jamais, mes jambes étaient semblables à du coton et j'avais terriblement mal à la poitrine mais j'arrivais finalement à destination pour déverrouiller la porte. La main sur la poignée, je soufflais un bon coup avant d'ouvrir pour faire face à mon ex petit-ami. J'étais heureux de la voir, je ne le nie pas mais en même temps, le voir la devant moi en sachant pertinemment que plus rien ne nous liais me faisait atrocement mal. Une fois de plus, je n'arrivais pas à soutenir son regard et je détournais la tête vers l'intérieur de la chambre.

« Je ... viens, rentre. »

C'est tout ce que j'avais réussis à dire avant de quitter l'entrée.

   

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Akihito Nagao
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(#) Re: [U-1] Sentiments & Orgueil  Dim 22 Jan 2017 - 23:30


Sentiments

& Orgueil

Feat Akihito & Rikuo


Le jeune homme ne savait aucunement comment il devait se ressentir. Stressé? Anxieux? Tiraillé? Impatient? Probablement tout cela à la fois. Mais cela ne l’empêcha pas de faire la statue devant cette porte en bois dont la production de ce modèle a été faite mainte et mainte fois pour donner un semblant d’uniformité aux dortoirs. Ce n’est qu’à ce moment qu’Akihito s’aperçu que ce modèle était en fait également reproduit dans les dortoirs des lycéens. Mais bref, ce n’était pas le temps de faire ces remarques complètements non pertinentes. Il commença tout bonnement à perdre espoir lorsqu’il s’apercevait qu’il n’avait aucune réponse dans les secondes suivantes ses paroles. Bref, une fois de plus il était venu jusqu’ici pour s’adresser à un simple fantôme de la chambre U-1.

Il alla tourner les talons jusqu’à ce qu’il entende une voix provenant des quatre murs de la pièce où il souhaitait intérieurement retrouver une certaine personne. Et comme de fait, cette voix il la reconnu. Il lui disait d’attendre, qu’il arrivait. À ce moment, le lycéen ignora s’il s’était rempli de joie ou bien si le stresse venait de gravir tous les échelons possibles en moins d’une demi-seconde. Il annula son élan de demi-détour et se remit face à cette planche de bois qui l’empêchait de passer le cadre de porte.

Mais lui qui croyait que ses battements de son cœur battait des records, ce ne fut rien comparer à lorsqu’il entendit la serrure se déverrouiller et à la porte s’ouvrir. Dès la seconde où leurs regards se croisèrent, aussitôt l’aîné divergea le sien vers l’intérieur de la pièce. Akihito se questionna. Il savait que lorsque son senpai était mal à l’aise, il avait de la difficulté à soutenir le regard de l’autrui, mais… À moins que oui. Pendant un bref instant, il avait complètement oublié le pourquoi de leur dernière dispute et de leur rupture. Le plus vieux des deux hommes n’arrivait plus à s’assumer. Tous les sentiments envers le lycéen s’étaient volatilisés? Il avait sa propre idée, mais il était là pour avoir aussi l’opinion du second intéressé, ici présent, n’est-ce pas? Cependant, avait-il tourné la tête puisqu’Akihito avait toujours un air froid et distant d’imprimer sur son visage? Probablement. Le faible sourire qui avait sur ses lèvres s’était tout aussi vite dissiper lorsque son senpai détourna son regard. Du moins, il l’invita à rentrer. Sans prononcer le moindre mot à son égard, il entra dans la pièce.

- Désolé de vous dérangez.

Il avait dit ça à voix basse comme le voulait la tradition japonaise. Le fait d’être dans le club dédié pour ça n’aidait pas son cas. En fait, ça allait très bien avec sa nature polie, dont il avait honteusement oublié d’en faire part à la bibliothèque au passage. Voyant que son aîné n’était pas moins que mal à l’aise, il décida de prendre les devants. Il s’était invité lui-même sans que l’habitué des lieux ne le lui demande.

- Morisada-senpai… Je suis venu pour ce qui s’est passé la dernière fois qu’on s’est vu; à la bibliothèque.

La moitié du chemin était parcouru. L’introduction à sa raison d’être ici était maintenant dite. Par contre, il ne prit aucune place dans la chambre, préférant rester près de la porte, à sortir si jamais l’étudiant lui en demandait. Il se tapait déjà l’intrusion, il ne ripostera aucunement si on lui demandait de quitter la pièce. Aussi il prit une pause, laissant le temps à son senpai de bien prendre conscience du pourquoi de sa venue.

- Je suis venu pour mettre les choses au clair.



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Rikuo Morisada
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(#) Re: [U-1] Sentiments & Orgueil  Lun 20 Fév 2017 - 2:59

Mes yeux ne s'étaient posés que quelques instants sur Akihito avant qu'il ne franchisse la porte mais voilà que je me sentais déjà près à m'effondrer. Les nombreuses questions que je me posais ainsi que les discutions que j'avais eues concernant le lycéen semblaient n'avoir jamais eu lieu à l'instant même où ce dernier était apparu dans l'entrée. Les débuts de solution qui s'étaient petit à petit forgé dans mon esprit et les quelques bons conseils qui m'avaient été prodigués venaient de partir en fumée en quelques secondes. Un lâche, un trouillard, un dégonflé … Oui, c'est très certainement ce que j'étais. Malgré quelques moments improbables où mes sentiments pour lui m'avaient octroyés la bonne dose de témérité qui me faisait cruellement défaut en temps normal, je n'arrivais pas à faire preuve de la moindre once de courage face à lui. Sans rien faire, sans dire quoi que ce soit, il avait le don de me faire perdre mes moyens. Du plus loin que je me souvienne, ça avait toujours été le cas. Je commence même à me demander si je ne suis pas trop sensible pour les histoires d'amour. Je n'en ai pas vécu tant que ça mais si c'est pour finir plus bas que terre à chaque fois … Non, cette fois-ci c'était encore pire … Akihito n'était pas comparable aux autres, pas même à Kaori.

« Désolé de vous dérangez »

Il avait prononcé ces mots par habitudes. C'est vrai qu'il avait toujours été très à cheval sur les politesses. Peut-être même un peu trop d'ailleurs puisque même après plus d'un an de relation il s'évertuait à m'appeler « Morisada-senpai ». Qu'est-ce que ça pouvait m'agacer quand il s'adressait à moi de la sorte. Je lui avais pourtant demandé de m'appeler par mon prénom comme je le faisais pour lui depuis longtemps et il en avait tenu compte le jour même, ce même jour où nous avons … Des images que j'aurais préférés oublier en ce moment me revenaient en tête. Ce n'était vraiment pas le moment de repenser à ça. Ni à ça ni à tout le reste d'ailleurs. Me perdre dans les bons souvenirs que nous avions partagés ne faisait que rendre les choses plus difficiles encore. Encore une fois, comme l'imbécile que je suis, je me faisais du mal tout seul. Il fallait que je chasse tout ça de mon esprit, que je pense à tout ce qui n'allait pas entre nous pour que cette rupture définitive à laquelle Akihito semblait aspirer soit plus facile à vivre. Oui, c'est ce que je devais faire… mais...

« Morisada-senpai… Je suis venu pour ce qui s’est passé la dernière fois qu’on s’est vu; à la bibliothèque »

Alors que j'avais repris place près de mon bureau, de son côté Akihito ne semblait pas très enclin à s'aventurer plus loin dans la pièce. Appuyé contre le plan de travail les bras croisés, fixant le sol plus que le nouvel arrivant du regard, je décortiquais chacun des mots qu'Akihito prononçait. Je n'étais pas surpris par la raison qui l'amenait ici, non, c'était plutôt le fait de voir qu'il voulait encore me parler après ce que j'avais osé lui dire à la bibliothèque qui m'étonnait. En fait, j'étais même intimement convaincu que je ne le reverrais jamais si je ne faisais rien de mon côté pour le revoir alors le voir ici aujourd'hui … Il ne fallait pas que je me fasse trop d'idées, comme je le disais tout à l'heure, sa venue n'était peut-être que dans le but de mettre un point final à notre relation. Oui, surement …

« Je suis venu pour mettre les choses au clair »

Ses mots ne faisaient que confirmer ce que je redoutais. Et dire que j'avais passé toute la semaine à réfléchir à comment arranger les choses, à comment lui expliquer ce que je n'avais pas osé lui dire plus tôt et maintenant … maintenant j'attendais simplement que le couperet tombe. J'avais mal au crâne, je me sentais fébrile et heureusement que je me reposais contre le bureau sinon je suis certain que mes jambes m'auraient lâché dans la minute. Je hochais la tête, signe que j'avais compris ce qu'il venait de dire mais je restais terré dans un profond mutisme.  Je devais faire quelque chose, je le savais pertinemment mais malgré ça j'étais pétrifié. Je n'avais nullement réussi à écrire les choses tout à l'heure alors que j'étais seul et au calme pour réfléchir alors devoir tout dire de vive voix face à l'homme qui me déstabilisait plus que quiconque … C'était dur. De plus, j'étais encore face à un terrible dilemme, celui de tout faire pour que Akihito comprenne ce que je ressentais et lui faire comprendre toutes les histoires qui me rongeaient depuis quelques mois et celui de tout laisser tomber. J'avais toujours des sentiments pour lui, je dirais même que ceux-ci n'avaient pas changé depuis très longtemps mais tous les mensonges qui tournaient autour de notre relation, ceux dans lesquelles je m'étais englué tout seul comme un con et qui ne faisaient que nous blesser tout les deux étaient juste … épuisants. J'avais du mal à me l'avouer mais dans le fond, même si Akihito finissait par comprendre ma situation, même si par miracle il arrivait à me pardonner, je serais toujours contrains à mentir à mes parents. Leur caché mon couple était déjà une chose compliquée jusqu'à maintenant et tout leur avouer était une chose que je refusais catégoriquement aujourd'hui. En fait, si je restais aux côtés d'Akihito, je tombais inévitablement dans une impasse. Ce que je pouvais regretter les premiers mois d'insouciances où je me foutais bien de l'avenir.

Pourtant, malgré cet étonnante prise de conscience qui, soyons honnêtes, ne me ressemblait absolument pas, je ne pouvais me résoudre à l'abandonner. Je l'aimais, c'était la seule certitude que j'avais à cet instant et c'était la seule et unique chose qui m'empêchait de tout lâcher pour me laisser aller à la facilité même si dans le fond, c'était peut-être aussi la meilleure décision à prendre pour le bien d'Akihito. Il méritait beaucoup mieux qu'un lâche comme moi … Oui beaucoup mieux.

« Je … »

Je veux qu'on en reste la ? Je n'ai rien à dire de plus ? ... A contre cœur, c'est ce que je m'apprêtais à dire mais je n'y arrivais pas. Non, je ne voulais tout simplement pas prononcer ces mots. Il fallait vraiment que je remette de l'ordre dans ma tête. J'étais tiraillé entre ce que je "devais" faire et ce que je désirais intimement. Je détournais la tête vers le plan de travail et le carnet toujours ouvert sur la lettre à Kaori et après avoir fixé ce dernier quelques secondes, je me décidais enfin à le refermer avant d'enfin reposer les yeux sur Akihito.

« Je ne voulais pas que les choses déraillent comme ça. Je... Je t'aime toujours Akihito mais les choses sont devenues si ... compliquées »

Une fois encore, mon regard vint s'échouer sur le sol alors que je prononçais ce dernier mot. Mes bras, à nouveau croisé contre mon corps se resserraient contre celui-ci. Je serrais les poings d'une telle manière que je ressentais une vive douleur parcourir mes articulations. Je me sentais mal, vraiment mal mais n'arrivant plus à faire parler ma raison, je laissais maintenant mon cœur s'exprimer. Je risquais d'en ressortir en mille morceaux, je le savais, mais au moins je ne ressentirais pas le même genre de regret que j'avais enduré pendant des années après avoir laissé mon amie d'enfance partir sans rien lui avouer.

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(#) Re: [U-1] Sentiments & Orgueil  Ven 24 Fév 2017 - 0:36


Sentiments

& Orgueil

Feat Akihito & Rikuo


Akihito voyait que son aîné cherchait à s'éclipser, le regardant à peine dès son entré dans sa chambre. Ça ne devait pas être des plus facile pour lui non plus de se retrouver face au binoclard qui se pointe à l'improviste. Il aurait probablement été mieux de prévenir? En même temps... Il ne savait pas trop quoi penser là. Tout ce qui comptait pour le moment était qu'il avait été capable d'avoir un contact. Il l'avait maintenant, il ne pouvait pas de défiler comme ça. Même si Rikuo ne voulait aucunement croiser son regard. Du moins... temps et aussi longtemps qu'il accepte de l'écouter.

Le silence pesait. Déjà que l'étudiant n'avait rien dit depuis qu'il avait parlé et pris place. Tout ce que Akihito voyait était son senpai invasif dans sa propre chambre. L'incertitude montait en lui. Les deux étaient très bon dans le silence. Par contre, cette fois-ci ce même silence commençait à l'agacer. Bien qu'il restait de glace à l'extérieur, à l'intérieur, tout tremblait. Il respira lentement pour essayer de faire évacuer ce stresse qui commençait à prendre le dessus sur lui. Justement, il entendit alors son aîné prononcer un mot, mais s'était tus automatiquement après.

Son coeur s'était arrêté un moment. Le moment que son cerveau pris connaissance du mot "Je" de son senpai. Il soupira. Il projeta son regard sur l'être assis à son bureau. Ce Rikuo Morisada avait toujours eut de la difficulté à s'exprimer dans ces moments là. À force Akihito s'en était habitué. Même si ça pouvait devenir frustrant. Leurs regards se croisèrent finalement. Il sentit un malaise instantanément causer par l'incertitude de ce que son aîné ressentait et pensait en ce moment. Le fait qu'il restait silencieux, il n'arrivait pas à deviner les prochaines paroles qui arrivaient tout de suite.

En retenant sa respiration, il l'écouta attentivement. Ce n'était qu'une répétition de ce qui s'était passé dans la bibliothèque. Il l'aimait, il regrettait et les choses étaient compliqués. Il n'apprenait rien de nouveau. Akihito souhaitait aller creuser plus pour avoir plus d'information et des informations dont il ignorait, mais en même temps si le premier intéressé refusait de lui dire, il ne perdrait que son temps davantage... Non, il ne fallait pas. Un autre de son senpai, son jumeau de miroir, l'avait convaincu de ne pas lâcher prise tant qu'ils n'avaient pas été jusqu'au bout des choses. Mais intérieurement il tremblait. L'amour était toujours partagé entre les deux hommes, mais les choses ne se passaient plus aussi bien qu'avant. Le contact visuel s'était brisé. Être tout simplement honnête, c'est ça?

- Vous savez, Morisada-senpai, je regrette mon comportement à la bibliothèque.

C'était déjà une étape de franchit.

- J'ai toujours des sentiments pour vous...

Finalement le binoclard n'était pas plus habile que son aîné pour discuter de ce genre de chose. Ses sentiments le tiraillaient et vinrent compliquer le tout. Il avait à la fois honte de tout déballer ce qu'il ressentait et aussi se sentait partiellement soulagé. Il ne s'était jamais reposer sur qui que ce soit depuis son séjour aux États-Unis. Il s'était tout simplement renfermé et se reposait seulement sur lui-même. Et lorsque son senpai lui avait avoué qu'il n'arrivait plus à assumer, il avait eu la sensation qu'en effet, il ne pouvait se reposer sur personne.

- Je suis désolé de ne m'être jamais reposer sur vous, senpai...

La confiance était ce qui permettait à un couple de rester solide. D'être en mesure de tout montrer à cette personne, bien que ça soit beau ou pathétique.

- Bien que je ne vous ai jamais fait part de mes problèmes, je n'ai pas non plus été là pour vous écouter quand vous semblez en avoir le plus de besoin. On dirait bien que ça a mené à notre perte à tous les deux.

Physiquement, il restait de marbre, mais il ressentait parfaitement son monde s'écrouler intérieurement. Les remords de ne pas avoir été en mesure d'aider la personne qu'il aimait. Pendant quelques secondes, il n'avait pas été capable de supporter la vision de son senpai même si le contact visuel était absent. Son rythme cardiaque s'accélérait. C'était sa réelle première relation amoureuse et il avait été incapable d'être à la hauteur et il avait été seulement capable d'y mettre terme lorsque les événements le dépassaient.

- Je... si ce n'est pas trop vous demandez senpai... Est-ce que je... pourrais savoir pourquoi vous n'arrivez plus à assumer. Et même ce qui est... devenus si compliqués...?

Pendant tout ce temps il était resté à la même place sans même bouger, mais ses sentiments ont-ils finis par prendre le dessus sur son orgueil?



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[U-1] Sentiments & Orgueil
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