Partagez | 
 

 Un pain dans la face, normal pour un vendredi 13

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar
■ Age : 20
■ Messages : 73
■ Inscrit le : 05/08/2017

■ Mes points : 83

■ Mes clubs :

Mon personnage
❖ Âge : 14 ans
❖ Chambre n° : L-9
❖ Arrivé(e) en : Fin Janvier 2015
Miska Williams
« Elève ; en 1ère année »
(#) Un pain dans la face, normal pour un vendredi 13  Sam 30 Sep 2017 - 4:59

Un pain dans la face, normal pour un

vendredi 13

Ft. Kiyomi Kato


Je commençais à en avoir assez. Très sincèrement, je sentais que ma patience était sur le point d'atteindre ses limites. Quand j'avais posé le pied sur le sol japonais, accompagné de ma famille, j'étais alors persuadé que tout se passerait bien. Je partais déterminé et armé de courage pour passer cette nouvelle étape. Pour une fois optimiste, je ne m'étais pas inquiété du mal du pays qui s'était emparé de moi peu à peu. Je me répétais qu'il s'agissait du contrecoup tout à fait normal du déménagement. Je venais de quitter le pays qui m'avait vu naître et où je venais de passer quatorze ans de mon existence. En me remémorant cela, je ne voyais aucune raison de m'alarmer. J'étais convaincu que l'adaptation se ferait plutôt bien, que le rythme des cours m'aiderait à construire ce nouveau quotidien et que je trouverais facilement mes marques. Aucun doute n'était possible, je me sentais assez fort pour faire face. Je croyais être assez fort pour surmonter cela. J'étais rassuré de le croire. Lorsque nous avions emménagé au Japon avec mes parents et mon frère, je n'osais pas envisager la possibilité d'échouer et ne pas parvenir à m'adapter à cette nouvelle vie. J'avais certes ressenti quelques appréhensions avant le départ, angoissé à l'idée de quitter tout ce qui constituait ma vie. J'avais peur. Avant de prendre notre envol, j'avais peur. Puis, lorsque nous avions atterri, je m'étais ressaisi. Une bonne bouffée d'air frais et c'était parti. J'y étais donc cela ne servait plus à rien d'appréhender. Prendre son courage à deux mains et aller de l'avant, c'était cela ma devise dorénavant. Les jours qui suivraient ne seraient sûrement pas de tout repos. J'y étais préparé. J'étais prêt à en découdre.

Les cours se passaient plutôt bien, le programme ne me déroutait pas énormément. Je craignais d'être plus en retard que cela mais tout compte fait, je fus soulagé sur ce point. L'établissement était agréable et les enseignants disponibles. Rien de clochait ici, à Kobe. Mais, si tout se passait si bien, pourquoi me sentais-je si mal ? Pourquoi me sentais-je à la fois si seul et si oppressé ? Pourquoi me sentais-je si perdu ? Pourquoi ? Pourquoi étais-je venu ici ? Certes c'était pour ma maman mais... Ces couloirs, ces salles de classe, ces dortoirs... Je n'étais qu'un étranger ici, rien de plus. Je n'avais pas ma place ici. Je n'arrivais pas à la trouver. J'étais désorienté, angoissé et vidé d'une part de moi-même. Une part qui ne s'était pas envolée jusqu'ici, avec moi. C'était particulièrement cliché de penser cela, je ne disais pas le contraire. Si quelqu'un, quelques mois auparavant, m'avait tenu les mêmes propos, j'aurais eu la nausée face à tant de niaiserie. Ce n'était pas mon genre de réfléchir de la sorte. Je détestais toutes ces histoires et tous ces mélodrames. C'était toujours ridicule au bout du compte. D'un point de vue externe, je trouvais toujours cela un peu pathétique. Je n'avais jamais vraiment compris en fait. Tout le monde pouvait vivre des moments plus sombres, plus moroses. Dans mon cas, j'aurais juste aimé que ces moments ne s'étendent pas sur un mois entier. Je n'aimais pas être confronté à ces temps de faiblesse. Je ne savais jamais comment gérer de pareilles situations et ne pas être en mesure de pouvoir contrôler ce qui se passait me frustrait au plus haut point. Victime de ses émotions, quelle merde. C'était épuisant, je n'en pouvais plus. J'avais vécu quelque chose de similaire il y a quelques années, lorsque j'étais incapable de prendre le dessus sur mes sentiments et mes émotions. Des années bien sombres durant lesquelles j'étais particulièrement difficile à vivre. Difficile à vivre pour mon entourage, mais aussi pour moi-même. Je m'exténuais à ne pas être capable de me modérer ou de gérer mes réactions. J'étais seul à cette époque.

Puis, un jour, les choses s'améliorèrent. L'horizon était moins obscur pour moi. Cette image était cadeau, profitez-en. Je n'étais plus seul ce jour-là. Je pouvais souffler et vivre à nouveau. L'avenir semblait s'annoncer sous les meilleurs auspices. J'étais moins à fleur de peau, j'avais renoué avec mes parents et repris un peu goût à la vie. Non franchement, tout semblait s'illuminer peu à peu. J'étais convaincu que je n'aurais plus jamais à me retrouver seul. C'était réconfortant de se cacher derrière cette conviction. Conviction qui était encore d'actualité il y a quelques mois, avant qu'on ne parte en laissant tout derrière nous.

Aujourd'hui, j'étais de nouveau seul, et j'en avais marre. Je me voyais comme misérable et nul d'être victime de tels états d'âme. Je ne supportais pas d'être fragile comme cela. Je ne le supportais plus. Un sentiment d'intense frustration était né en moi. Un sentiment qui, chaque jour, grandissait davantage au fond de mes entrailles. Je le sentais dans mes tripes, et rien ne semblait m'aider à l'évacuer ne serait-ce qu'un peu. Je pensais que faire plus de sport pourrait le chasser mais non. Rien n'y faisait. La frustration, le mal-être était toujours aussi présent, toujours aussi intense. Les jours défilaient et mon esprit n'était pas plus léger. J'avais eu l'occasion de faire des connaissances durant ces dernières semaines. Toutefois, je n'avais pas l'impression d'être plus libéré délivré que cela. C'était décourageant. J'avais évité d'en parler à mes parents, je ne voulais pas les inquiéter, encore. Je refusais de les préoccuper pour quelque chose qui passerait sûrement dans les quelques temps à venir. Je pouvais gérer cela moi-même, probablement.

En ce vendredi 13 février 2015, veille de Saint Valentin, je m'étais réveillé comme tous les autres matins que j'avais passés dans ce nouveau lycée.
Mon réveil avait sonné légèrement plus tôt afin de me laisser le temps d'aller courir un peu sur le campus pour bien me sortir du lit et me défouler. Après un petit-déjeuner mangé sur le pouce et au bout d'une demi-heure de sport, je m'étais rendu aux sanitaires pour me doucher et me défaire de ce filet de transpiration qui enveloppait alors mon corps. Une fois ma peau bien séchée, j'avais revêtu un pantalon noir en cuir qui épousait parfaitement mes jambes fines ainsi qu'un tee-shirt à manches longues noir et simple. J'avais pris soin de bien sécher mes cheveux, pour ne pas retomber malade, avant d'enfiler mes chaussures bordeaux et mon manteau noir qui descendait jusque sous mes fesses. Ma mère disait que porter ce genre de manteaux longs aidait à mieux lutter contre le froid. Je l'avais donc écouté et ne me fis pas prier pour ajouter une protection en plus : une écharpe en laine, bordeaux elle aussi. On n'était jamais trop prudent comme dirait maman. Je réajustai correctement ma croix autour de mon cou et me préparai à aller en cours, la motivation clairement absente de mon regard ce matin-là. Mes deux cours de langues se passèrent. Ni vite, ni lentement. Ils se passèrent simplement. J'eus le temps de grignoter quelques petits carrés de chocolat, provenant de la tablette cachée dans mon sac, entre les deux cours. Un petit remontant pour patienter jusqu'au repas du midi. Repas du midi que j'avalai rapidement, n'étant pas plus affamé que cela tout compte fait. Ce fut donc vers 12h que je sortis du réfectoire et passai en coup de vent à mon casier récupérer quelques affaires pour mes cours de l'après-midi. Je m'attardai juste quelques secondes pour regarder la photo de mon frère, mon meilleur ami Sasha et moi, prise quand nous étions plus jeunes, et que j'avais accrochée à l'intérieur de mon casier. Je me surpris à renifler à la vue de cette photo.

« Aller putain reprends-toi », me dis-je en me frottant les yeux et en sentant ma gorge se nouer.

Je refermai ensuite la petite porte en métal, non sans bruit, et m'engageai dans les couloirs du lycée. Je ne savais pas vraiment dans quels couloirs je me trouvais exactement, je n'avais pas vraiment prêté attention à la direction dans laquelle je me dirigeais. C'était silencieux, tous les occupants de ces lieux d'habitude si bondés et bruyants, étaient partis prendre leur repas du midi. Je croisais de temps à autre quelques visages mais le bruit de mes pas qui résonnait dans les couloirs était ce qui brisait le plus le silence à cet instant. Une toute autre ambiance se dégageait de cet espace : elle était calme et ce n'était pas pour me déplaire. Depuis quelques mètres, mon regard bleu était orienté vers le sol, vers mes pieds plus précisément. Je n'avais pas lutté ni essayé de le redresser. Ce fut donc sans réelle surprise que j'heurtai quelque chose. Ma tête se cogna contre l'épaule d'un autre élève, plus grand que moi. Ce n'était pas forcément difficile car je faisais partie des plus jeunes membres de Kobe. Le garçon en question commença à me reprocher mon manque d'attention. D'une voix monotone et grave, je m'excusai. Je ne voulais pas tenir tête, pas aujourd'hui. M'apprêtant à reprendre mon chemin, l'étudiant saisit mon épaule et d'un geste plutôt violent, me retourna pour que je lui fasse face. A mon grand étonnement, et surtout à mon grand regret, il commença à proférer des insultes à mon égard. Mauvaise journée toi aussi ? Il s'attaqua à mes cheveux sans grande surprise, les assimilant à ceux d'une fille. Mes yeux étaient vides, j'avais déjà entendu ces remarques des dizaines de fois. Je le laissai déblatérer ses remarques désobligeantes tandis que mon esprit n'était pas tout à fait présent. J'entendais mais n'écoutais pas ce qu'il me criait. J'avais simplement envie de m'allonger sur mon lit, à Dublin, une tablette de chocolat entre les dents et un bouquin sous les yeux. J'esquissai malgré moi un sourire en me projetant la scène. Je n'aurais sans doute pas dû faire cela car une violente douleur frappa tout à coup ma joue droite et me fit perdre l'équilibre. L'instant suivant, j'étais à terre, mon sac tombé à côté de moi sur le sol. Je frottai ma joue là où le coup avait été porté. Je serrai les dents et levai les yeux vers mon agresseur. L'enfoiré, pour qui se prenait-il ?! Je lui jetai un regard noir et m'empressai de lui retourner son geste. Je décochai un violent coup de poing qui vint heurter sa mâchoire. Je n'étais peut-être pas très imposant physiquement, mais cela ne signifiait pas que je n'avais pas de force pour autant. Il se replaça sur ses appuis et me frappa sur la joue gauche et au niveau du nez. Mon visage se crispa sous l'effet de ce dernier coup. Je pressai une main contre mes narines et découvris un peu de liquide rouge sur celle-ci. Je serrai mon poing et préparai ma riposte quand soudain, une voix nous interrompit.
Codage par Libella sur Graphiorum

---------------------------------




Japonais : #000000 - Anglais : #6E97A9 - Roumain : #339966 - Allemand : #003366

Revenir en haut Aller en bas
 
Un pain dans la face, normal pour un vendredi 13
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Kobe High School :: Kobe High School ; le lycée :: Le bâtiment principal :: Couloirs & casiers-
Sauter vers: