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 Une signature qui change tout

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Heisuke Kodoku
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(#) Une signature qui change tout  Mer 21 Fév 2018 - 19:23

Mardi 12 mai 12h05

Avec un léger retard de cinq petites minutes, j’arrivai enfin dans le bistro français où m’avait donné rendez-vous mon ancien professeur de musique, Suzuki Kotaro. Son appel la veille m’avait plutôt surpris. Il y avait presque une année déjà que nous ne nous étions pas contactés. Bien sûr, il avait tenté à plusieurs reprises l’été dernier, mais pour des raisons évidentes, je préférais simplement ignorer ses appels. Ce n’était aucunement respectueux de ma part, je le savais très bien. Toutefois, de l’autre côté, je voulais me faire oublier. À cette époque, j’avais abandonné toute idée de poursuivre dans la musique et je savais pertinemment qu’il aurait chercher à me convaincre de me rattacher à mes rêves malgré les difficultés que j’éprouvais. Je n’avais pas la tête à m’obstiner. J’aurais probablement fini par lui raccrocher au nez, tel le lâche que j’étais. Notre relation aurait forcément souffert de mon attitude déplaisante et déprimée. Cela dit, je me sentais beaucoup plus apte lui faire face aujourd’hui. J’avais repris goût à la vie ainsi qu’à la musique. J’étais fin prêt à reprendre mon cheminement vers cet objectif qui me motivait tout autant qu’au départ.

Sans trop de difficulté, je repérais le vieil homme qui m’avait donné cette passion si vivace pour la musique. Comme toujours, il était vêtu d’un ensemble veston-cravate fraichement repassé, ses cheveux grisonnant peignés vers l’arrière ainsi que sa montre argentée fétiche qui n’avait pas quitté son poignet depuis toutes ces années. Personnellement, j’avais plutôt opté pour un cardigan foncé par-dessus une chemise simple et un pantalon propre. Ayant eu cours dans l’avant-midi, j’avais préféré le confort; bien que selon mon bien-aimé, je restais dans le « bien habillé ». Fallait dire que c’était plutôt facile de l’être à côté de ses vestons en cuir.  Enfin bref. Je fis un léger signe en toute politesse à l’hôtesse, signifiant que je rejoignais déjà l’un des clients.

- Pardonnez mon léger retard, Suzuki-Sensei
; l’interpelais-je tout en prenant délicatement place à la table.

Le vieil homme leva ses yeux noirs vers moi tandis qu’un doux sourire se dessina sur son visage. Cela faisait si longtemps que je ne l’avais pas vu et pourtant, ses traits n’avaient nullement changé. Néanmoins, son sourire se dissipa aussitôt, laissant place à une expression plutôt inquiète.

- Heisuke-kun? Que t’est-il arrivé? Tu as tellement maigri…

J’haussai un sourcil. Certes, j’avais perdu beaucoup de poids lors de ma rupture, mais depuis que tous mes problèmes sont réglés, j’avais retrouvé un poids plutôt normal je dirais. Intrigué par les dires de mon ancien professeur, je jetai un vif coup d’œil à ma taille. J’avais toujours été assez mince et j’avouais ne me trouver pas plus maigre qu’auparavant. J’étais plus corpulent que ça, avant? Keitô, qui me côtoyait tous les jours, semblait pourtant trouver que je paraissais beaucoup plus en forme qu’il y a plusieurs mois. Je finis de m’asseoir avant de répondre à sa question avec un léger sourire désolé.

- Disons qu’il s’est simplement passé beaucoup de choses depuis la dernière fois où nous nous sommes parlé, Sensei.

L’homme soupira, quelque peu insatisfait de ma brève réponse. Je pouvais le comprendre, en quelques sortes. Je ne lui avais soudainement plus donner signe de vie jusqu’à hier. J’avais certes mes raisons, mais cet homme qui m’avait toujours soutenu n’avait pas mériter cela de ma part et je pouvais parfaitement comprendre qu’il s’était fait du souci pour moi. De ce fait, je déposais mes mains sur la table et j’inclinai la tête au plus bas possible, au point où mon nez touchait pratiquement la surface en bois vernis.

- Pardonnez-moi pour mon silence au cours des derniers mois, Suzuki-Sensei. Plusieurs événements sont venus chambouler mon quotidien et… Jusqu’à récemment, j’avais abandonné mes tous rêves et j’avais beaucoup trop honte de ma faiblesse pour oser vous l’avouez alors que vous aviez tant fait pour moi…

Je gardai la tête baissée, coupable de l’avoir inquiété tout au long de ces derniers mois. Je ne savais même pas pourquoi il m’avait donné rendez-vous à la base, mais je jugeais plus que nécessaire de m’excuser auprès de lui. Je l’entendis prendre une lampée de son thé et déposer délicatement sa tasse dans la petite assiette.

- Des problèmes de cœur, n’est-ce pas? Ryosuke-kun m’a glissé un petit mot à ce sujet.

Surpris, je relavai la tête. Ryosuke? Ogawa Rysokue? Mon professeur de musique? Qui d’autre cela pouvait être? Il était l’une des seules personnes au courant pour moi et Keitô et tout ce qui s’en découlait. Que lui avait-il dit? J’avouai que cette question me préoccupait l’esprit. Suzuki-Sensei n’était pas au courant pour Keitô et je préférais qu’il ne soit jamais au courant de ma relation homosexuelle. Du coup, est-ce qu’il était également au courant de ma tentative de suicide? J’aurais préféré lui en faire part moi-même puisque cela ne concernait que moi et moi uniquement. D’un côté, je ne pouvais pas vraiment lui en vouloir. Je faisais confiance au jugement de mon professeur principal et, donc s’il lui en avait parlé, il y avait forcément une raison.

- Ryosuke-kun est l’un de mes anciens élèves également. Comme je n’avais pas de tes nouvelles et que je le savais être ton professeur, je suis passé par lui pour savoir comment tu allais. Selon lui, tu as eu certains problèmes, dont avec ta copine. Il n’est pas entré dans les détails lors de notre discussion, mais j’ai pu me faire une petite idée de ce qu’il n’allait pas. J’ai été heureux d’apprendre que tu avais décidé de te remettre à la musique en mars dernier.

Une vague de soulagement apaisa les préoccupations qui commençaient peu à peu à envahir mon esprit. Je pouvais bien reconnaitre Ogawa-Sensei dans ses dires. La possibilité qu’il ait tout révélé à Suzuki-Sensei sans mon consentement était des plus minces, voire improbable.

- On peut dire ça comme ça. Plusieurs choses se sont accumulés et j’ai eu beaucoup de mal en m’en remettre et tourner la page. Désolé de vous avoir inquiété, Sensei.

Le vieil homme me sourit tendrement.

- C’est désormais du passé, non? La bonne nouvelle est que maintenant, tu es prêt à reprendre les choses où tu les avais laissés! Je n’ai toutefois pas compris pourquoi Ryosuke-kun me disait que tu devais réapprendre le piano. Tu as pourtant toujours joué magnifiquement bien. Je veux bien que tu sois un peu rouillé après une longue pause, mais de là à réapprendre… Tu n’es pourtant pas du genre à oublier tes bases.

Que répondre à cette question? Il était encore un peu tôt pour lui parler de mon poignet, sans compter que nous n’étions point au bon endroit pour discuter de ce genre de chose. Je préférais attendre un moment et un lieu plus propice aux aveux. Pour l’instant, valait mieux prétendre autre chose.

- J’ai, comment dire, perdu confiance en mes capacités à jouer et j’ai l’impression de bloquer sur certaines notes et enchainements. J’ai donc demandé l’aide de Ogawa-Sensei pour me conseiller lorsque je stagne. Je crois que c’est ce qu’il entendait par m’aider à « réapprendre ».

Un mensonge bien ficelé et pourtant, je n’avais pas tout à fait l’impression de l’avoir convaincu. Mis à part hausser un sourcil avec un simple « Je vois » en guise de réponse, Suzuki-Sensei ne sembla pas vouloir aller chercher plus loin; à mon plus grand bonheur. Un jour, je lui dirais tout à propos de cette « mauvaise passe », mais pas aujourd’hui. Il savait très bien que je n’étais pas du genre à renoncer pour quelques petites histoires sans importance et vu comment je détournais ses questions, il devait se douter que je ne comptais pas en parler davantage pour le moment. Il respecta ma décision et ne s’obstina pas. De toute évidence, il n’aurait pas vraiment eu le choix puisque le serveur vint nous voir dans les instants qui s’en suivirent. N’ayant pas prit la peine de consulter le menu à mon arrivée, je regardai vite fait ce que contenait celui-ci et commanda, pour ma part, une salade d’épinards et thon, agrémentée d’olives, d’haricots et une vinaigrette crémeuse au vin blanc. Mon ancien professeur, lui, choisit les farfalles au saumon fumé.

Nous mangeâmes tout en discutant de tout et de rien. Prenant soin de ne pas mentionner ma dépression et ce qui s’y rapportait, je lui racontai quelques histoires d’ici et là, particulièrement mon voyage de cet été avec mes parents qui semblait l’intéresser. Préservant cette expérience pour sa retraite, il n’avait encore jamais voyagé en dehors du pays et mes histoires semblèrent lui donner envie de découvrir le monde. Certes, ce n’était pas comme si j’avais exploré une grande partie du globe, mais cela suffit à éveiller quelques idées de grandeurs chez lui. Étant tous deux de grands lecteurs, le sujet tomba rapidement par la suite sur nos expériences littéraires. Outre notre relation professeur-étudiant, nous étions presque comme deux bons amis qui ne s’étaient vu depuis un moment.

Une fois le repas terminé, devant une tasse de thé, l’expression de mon professeur devint beaucoup plus sérieuse. Je ne pouvais que me douter de ce qu’il était sur le point de me dire.

- Maintenant, discutons de choses un peu plus sérieuses, commença-t-il. Comme tu dois t’y attendre, je ne t’ai pas fait venir ici uniquement pour prendre de tes nouvelles, bien que je sois soulagé que tu te portes mieux.

Silencieux, j’acquiesçai légèrement la tête, apportant la jolie tasse en céramique à mes lèvres, tout ouïe. C’était bien ce à quoi je pensais. Je me souviens qu’il ne tardait à vouloir me voir et mon intuition me disait que c’était bien plus que pour prendre mes nouvelles. Il maintenait peut-être son sérieux pour le moment, mais son ton au téléphone avait trahi son enthousiasme.

- En effet, j’ai récemment discuté avec Ryosuke-kun et j’ai été heureux d’apprendre que, selon lui, tu étais à nouveau sur pieds. Le moment ne pouvait pas tomber mieux!

Son air sérieux n’aura pas fait long feu finalement. Il avait déjà un grand sourire aux lèvres. Cela dit, j’haussai un sourcil, quelque peu intrigué. Que voulait-il dire par « ça ne pouvait pas tomber mieux »? Il y avait un nouveau concours de jeunes talents? J’avais déjà participé à plusieurs d’entre eux, donc sans mauvaise modestie, ce n’était pas les prix qui manquaient dans mon placard. J’avouai que ce genre de concours n’était plus dans mes principaux objectifs. J’avais su me faire remarquer lors de ces derniers et j’avais toujours en réserve les cartes d’affaires des quelques agents qui étaient venus me rencontrer par la suite. Donc, bien qu’il me restât encore du chemin à faire, j’avais foi en mon talent. Mes capacités au piano avaient peut-être été touchées, mais non pas ma voix. Deux ou trois petites séances avaient amplement suffi de ce côté.

- Que voulez-vous dire? Demandais-je, plus que curieux pour la suite.

Fier, il me sourit avant de continuer.

- Je sais que tu voulais attendre la fin de tes études avant de te lancer dans ta carrière, mais je n’ai pas pu résister à te proposer devant l’occasion! J’ai su de la part de l’un de mes contacts que Stardust cherchait activement un jeune talent pour faire compétition à la recrue qui a rejoint King Records dernièrement. J’ai donc envoyé ta candidature avec l’un de tes enregistrements et il s’avère qu’ils sont très intéressés à te rencontrer. Alors, qu’en penses-tu?

Je fixai mon professeur, bouche bée. Je ne savais pas trop comment réagir face à cette grande nouvelle qui venait tout juste de me tomber dessus telle une bombe. Heureux? Contrarié? Nerveux? Je ne pouvais dire. Stardust… L’une des plus grandes agences du pays souhaitait faire de moi son nouveau talent. Jamais je n’aurais cru qu’une si grande boite veuille de moi dès le départ. En étais-je véritablement digne? Certes, je croyais en mon talent, mais plusieurs autres artistes tout aussi talentueux avaient travaillé avec bien plus d’ardeur sans jamais réussir à intégrer une boite de ce renom. J’étais effrayé; paralysé à l’idée de ne pas être à la hauteur de leurs attentes. Si je ne parvenais pas à percer, la chute serait des plus hautes et l’idée de pouvoir regrimper les échelons par la suite était sans espoir. C’était une offre en or que normalement, nul ne pourrait refuser. Toutefois, cette offre comportait un énorme fardeau. Je n’avais strictement aucun droit à l’erreur. C’était tout ou rien.

- Sensei… Vous êtes certain qu’ils souhaitent me rencontrer? Je veux dire… Stardust est loin d’être une petite agence banale et je n’ai encore rien véritablement prouver en tant qu’artiste.

J’admis être plutôt craintif à ce sujet. Je ne voulais pas me jeter la tête baissée dans la gueule du loup. Je n’avais peut-être encore aucune expérience avec les agences de divertissement, mais je savais le domaine impitoyable. Mes rivaux seraient loin d’être des vulgaires amateurs.

- Je te comprends de vouloir être prudent et tu as raison d’avoir tes craintes, mais ne t’en fait pas. Tu seras entre de très bonnes mains!

J’haussai un sourcil à l’affirmation de Suzuki-Sensei. Il était un peu trop confiant et je ne me gênai pas de le lui faire remarquer.

- Vous avez l’air un peu trop sûr de vous, Sensei.

Je n’étais pas stupide non plus. Il devait y avoir bien plus qu’un simple enregistrement pour réussir à convaincre l’agence de me rencontrer et vouloir faire de moi leur nouveau talent. Il me cachait un détail et il ne tarda pas à tout m’avouer à voix basse.

- En fait, pour tout te dire, mon « contact » est nul autre que le directeur de la boite… C’est un vieil ami de l’université. Étant donné ma position en tant que professeur, il a jugé bon de me demander si je ne connaissais pas une jeune recrue de ton âge et j’ai eu l’idée de te proposer. C’est ton rêve après tout, non? Je ne pouvais te faire manquer cette occasion.

Le directeur de la boite? Un ami de l’université? Je soupirai, toujours aussi incertain face au déroulement des choses. Cet homme allait toujours me surprendre avec ses nombreux contacts. À croire qu’il connaissait tout le monde. Oui, c’était une occasion à ne pas manquer et il n’était certainement pas obligé de me donner cette chance alors que j’avais rejeté toutes ses tentatives de contact au cours des derniers mois, mais étais-je prêt pour tout ça? Certes, j’allais beaucoup mieux, mais je venais tout juste de me libérer cet enfer qui m’avait rongé depuis trop longtemps. Je me demandai ce que Keitô penserait de tout cela. À ma place, accepterait-il? C’était mon rêve après tout. J’avais du mal à réaliser qu’il pouvait se produire là, maintenant. Tout ce qu’il fallait était une simple approbation de ma part. Il se pourrait bien que cette chance ne se reproduise jamais.

- Ne t’inquiète pas, Heisuke-kun. Il a bien conscience que tu n’as encore aucune expérience dans l’industrie. Tu as un énorme talent et le connaissant, il va tout faire pour l’exploiter et t’amener au sommet des échelons. Il n’a pas sa position pour rien. Je lui ai également mentionné pour tes intentions de finir tes études et il comprend cela. Il m’a promis que ta carrière n’empiètera pas ta vie scolaire, donc tu n’as pas à t’en faire à ce propos.

Probablement conscient de mon dilemme intérieur, Suzuki-Sensei me rassura rapidement sur plusieurs aspects à prendre en compte dans ma décision, ce qui me soulagea quelque peu la conscience. Si le directeur était prêt à me donner ma chance malgré mes conditions, je ne voyais pas en quoi je pourrais refuser de le rencontrer. Je n’avais encore rien signé après tout, donc pourquoi pas. Je verrais en temps et lieux.

- D’accord, je veux bien le rencontrer. Je n’ai rien à perdre à lui rendre visite.

Visiblement content d’avoir réussi à me convaincre de me lancer dans ma carrière, le vieil homme attrapa son téléphone portable et composa immédiatement le numéro du directeur. L’appel ne dura qu’un instant, le temps de se convenir sur l’heure et le jour de la rencontre. Pendant ce temps, moi, j’étais des plus nerveux. J’avais peur, mais j’avais surtout très hâte. J’aimerais tant que Keitô soit là en ce moment afin de partager avec moi cette bonne nouvelle. J’étais si impatient de lui annoncer. Pourtant, rien n’était encore confirmer pour le moment, mais plus j’y pensai, plus l’idée me plaisait. Si j’acceptais de signer, j’aurais deux ans pour tailler ma place, ce qui me sembla plus que suffisant. C’était l’occasion d’apprendre le métier avant de véritablement me lancer. Suzuki-san raccrocha avec le directeur puis m’annonça la date qu’ils avaient tous deux convenus.

- Ce samedi, le 16 mai, à midi, à l’office de Osaka! Comme je ne connaissais pas ton horaire, je me suis dit que le weekend devait mieux te convenir. Ça te va?
- Oui, ça me va.

En fait, j’avais prévu une petite escapade avec Keitô pour son anniversaire ce weekend, mais je repousserais nos plans à la semaine prochaine. Le guitariste comprendrait vu les circonstances. Mon avenir était en jeu désormais. Je ne pouvais refuser uniquement pour une sortie entre amoureux. Une fois le contrat signé, j’allais me voir obligé de rétablir mes priorités.

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(#) Re: Une signature qui change tout  Jeu 22 Mar 2018 - 4:52

Samedi 16 Mai, 10h15

Pour ma millième fois, je me contemplai dans le miroir de la chambre, incertain. La nervosité était à son comble. Jamais je n’aurais cru ressentir un tel stress de ci-tôt. Tout se jouait dans un peu plus d’une heure. Il n’y avait pas une seconde depuis ma rencontre avec Suzuki-Sensei mardi dernier à laquelle je ne pensais pas à cette entrevue. Tout se devait d’être parfait, impeccable. Le moindre petit détail laissé au dépourvu était à mon désavantage. Je n’étais pas en position de négliger quoi que ce soit, au risque de perdre cette unique opportunité qui s’offrait à moi. J’étais si obsédé par l’idée de faire une bonne impression que j’en étais à mon troisième complet et encore une fois, j’hésitai à savoir si je paraissais assez bien. Présent avec moi dans la chambre, Keitô me rassura à maintes reprises et parvint à me convaincre de ne pas me changer à nouveau. Question d’être bien certain, je jetai un dernier coup d’œil sur l’ensemble bleu marin via la glace. Assorti avec une chemise blanche et une cravate noire, j’étais plus que parfait selon le guitariste.

Je soupirai, découragé par ma propre nervosité. Je ressemblais à un véritable gamin incapable de tenir en place deux petites secondes. Je tournai en rond dans la chambre, obligé de jeté un coup d’œil au miroir moindrement que je passais devant. Depuis 6h30 ce matin je me « préparais ». J’avais pris une douche au réveil, m’était nettoyé les dents quatre fois sans oublier la soie dentaire, avait prit soin de raser les quelques poils superflus de mon visage bien que je sois pratiquement imberbe, m’était coiffé pendant plus de trente minutes et avais peaufiner le tout avec une faible goutte d’eau de Cologne. Bref, maintenant que mon ensemble était choisis, ou que Keitô m’avait plus précisément forcé à garder celui-ci sur le dos, je me dirigeai vers ma table de chevet pour y prendre la luxueuse montre argentée que mon paternel m’avait offerte pour mon vingtième anniversaire. Selon lui, j’étais dorénavant un homme et tout homme qui se respectait devrait avoir une montre à son poignet. C’était quelque peu stéréotypé comme façon de penser, mais la fierté que je perçu dans son regard ce jour-là démontrait à quel point il était heureux de voir son fils-miracle franchir le cap de l’âge adulte. Cela m’avait énormément touché et aujourd’hui, je ne pouvais en aucun cas ne pas la porter. Elle était certes plutôt coûteuse, mais sa valeur sentimentale valait bien plus que quelques chiffres.

Je respirai un grand coup et regardai, encore, le résultat dans le miroir. Je replaçai précautionneusement une petite mèche rebelle puis fis face à Keitô, qui était assis sur le lit, pour avoir un dernier avis. Je pouvais presque le plaindre, le pauvre. Je m’énervais moi-même à toujours lui poser la question, mais c’était plus fort que moi. Question de me détendre un peu, je m’approchai de mon petit-ami et capturai amoureusement ses lèvres. L’espace d’un instant, je pus oublier l’anxiété qui m’habitait. Keitô… mon remède à tout. Si seulement je pouvais l’amener avec moi à Osaka, ce serait des plus merveilleux. Cela dit, c’était une étape que je devais franchir seul. Tout ce qu’il pouvait faire pendant ce temps était d’espérer que tout irait bien pour moi.

Vu l’heure tardive, je me forçai à quitter les bras de mon amoureux dans un dernier baiser de courage et me rendit à la gare pour rejoindre Suzuki-Sensei. Quelques élèves me dévisagèrent sur le campus, pensant probablement que j’étais un quelconque homme d’affaire vu le chic ensemble et mon porte-document, mais peu importe. Je traversai rapidement le campus et prit le métro en direction de ma destination. Juste à temps, je retrouvai mon professeur puis montions dans le train en direction de Osaka. Nous devrions y être d’ici une quarantaine de minutes. Selon lui, une voiture nous y attendait pour nous mener au lieu de rendez-vous. Silencieux, je fixai le paysage via la fenêtre, perdu dans mes pensées. Je tentais en vain de penser à autre chose pour me détendre, mais la moindre seconde sur le cadran de ma montre me rappela à quel point l’heure se rapprochait.

- Ne sois pas si nerveux, Heisuke-kun. Tout ira bien, crois-moi.

La voix clame de mon professeur se voulait rassurante, mais je n’arrivais pas à me calmer. J’avais toujours du mal à réaliser que ma carrière me tendait tout aussi simplement la main. Cela signifiait en rien que je n’aurai pas à travailler dur pour mériter ma place au sein de l’agence, parmi tous les autres. Ce n’était certainement pas parce que j’étais pistonné que je n’avais pas à faire des efforts. Au contraire, je savais pertinemment que si je signais ce bout de papier aujourd’hui, j’aurais à mettre les bouchées doubles. J’espérais simplement que cela n’ait pas trop d’impact sur ma vie scolaire, mais selon Suzuki-Sensei, je n’avais pas à m’en faire de ce côté-là. De toute façon, rien n’était encore signé pour le moment; rien n’était encore décidé.

- J’essaie, Sensei… J’essaie… ; avouais-je, un peu découragé.

Le vieil homme me sourit.

- Sasaki-san est un homme bien. Il sait que tu tiens à tes études avant tout.

Je fis un petit sourire forcé à mon professeur. Ce n’était pas exactement la source de mes inquiétudes, mais je voyais bien qu’il cherchait quoi me dire pour me donner confiance. Je ne parlais pas beaucoup de ce que je ressentais après tout. Sans le vouloir, je le forçais à deviner, en quelques sortes.

- Ce n’est pas tout à fait cela, Sensei. Même si rien n’est encore signé, j’ai juste encore du mal à réaliser que ma vie va prendre aussi soudainement cette tournure. Certes, c’est ce que je voulais me direz-vous et c’est toujours ce que je veux, mais je me demande si je suis réellement prêt pour tout ça.

Déviant mon regard de la fenêtre, je le posai sur l’homme assis en face. Son air sérieux me fit comprendre qu’il cherchait quoi me répondre pour me motiver et aider à soulager ma conscience. Il n’avait été auprès de moi au cours des derniers mois et n’avait pu me supporter comme il aurait probablement voulu le faire. Il était beaucoup trop attentionné. Je n’aurais été qu’un poids de plus pour quelqu’un d’autre. Bien qu’il se soit fait du souci pour moi lors de cette longue période de silence, s’il avait été au courant de tout… Je ne savais même pas comment il aurait réagi. Ce qui était sûr, c’était que je serais devenu un fardeau inutile à porter pour ce vieil homme. Et puis, il n’avait pas à savoir pour Keitô. Une simple « dépression amoureuse » suffisait amplement à expliquer la situation. Les détails ne le concernaient en rien, ni lui ni personne. Mon professeur finit par briser son court silence avec un autre sourire.

- Je te crois prêt. Rysosuke-kun ne m’aurait jamais dit qu’il te croyait prêt si ce n’était pas le cas. Et puis, tout va bien maintenant. Tu es heureux n’est-ce pas?

Sa question me surprit et, sans le vouloir, je le laissai paraitre un instant sur mon visage. Si j’étais heureux? Étais-je heureux? Je pensai tout de suite à Keitô, à son visage, son tendre sourire, son magnifique regard améthyste qui ne me quittait presque jamais, ses bras qui m’enlaçaient avec douceur contre sa chaleur, le goût de ses lèvres, à quel point j’étais bien en sa présence… Notre petit quotidien tranquille dans la chambre avec Chenille. Je ne puis m’empêcher de sourire à cette pensée. Peu importe le nombre de fois où j’avais hésité, douté, je ne pourrais jamais le nier; Keitô était ma source de bonheur, mon rayon de soleil. Étais-je heureux? Comme le disais mon professeur, tout était terminé maintenant. Les nuages qui avaient assombrit le ciel depuis beaucoup trop longtemps s’étaient enfin dissipés. Je pouvais relever la tête et admirer la vie qui m’attendait.

- Oui, Sensei. Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas senti aussi bien; répondis-je, triste sourire au visage. J’ai réellement cru ne jamais pouvoir retrouver ce bonheur un jour. Il y a quelques mois, j’étais convaincu de ne pas le mériter, si je peux dire cela comme ça.

Mon professeur me fit un doux sourire emplit de compassion, visiblement ravi que je me confie quelque peu sur ma « dépression amoureuse ».

- Tu penses à elle, n’est-ce pas? Tu dois vraiment l’aimer. Ça se voit dans tes yeux. Elle a vraiment beaucoup de chance.


J’échappai un petit rire nerveux.

- Non Sensei. C’est moi qui a de la chance. Je suis prêt à tout pour son bonheur, même à me sacrifier s’il le faut. C’est entre autres le pourquoi je ne mérite en rien son amour en retour, car finalement, je l’ai blessé en pensant faire ce qu’il fallait pour son bonheur.


Ne voyant pas l’intérêt de pousser la discussion plus loin, probablement pour ne pas rouvrir de vieilles blessures, Suzuki-Sensei ne me posa pas davantage de question, bien que mes réponses aient été vagues. Une vingtaine de minutes plus tard, l’interphone du train annonça notre arrivée à Osaka. Malgré mon air calme et serein, mon cœur battait à tout rompre. Nous y voilà enfin. À la sortie de la station, alors que j’embarquai dans la luxueuse berline noire qui nous y attendait, je regardai le cadran de ma montre. Dans exactement quinze minutes, ma vie prendra un nouveau tournant qui, j’espérais, serait pour mieux.

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Heisuke Kodoku
« A l'université ; section artistique »
(#) Re: Une signature qui change tout  Sam 21 Avr 2018 - 5:10

Samedi 16 Mai, 11h55


La berline arrêta sa course devant un grand immeuble vitré au design des plus moderne. Contrairement à l’architecture du bâtiment, la bannière, elle, était petite et installée de manière discrète. C’était à croire qu’ils ne voulaient pas se faire remarquer malgré l’attrait indiscutable de l’édifice. Impossible de ne pas l’apercevoir avec ses voisins des plus ordinaires. Un agent de sécurité vint m’ouvrir la porte en bon gentleman. Ce même agent, suivis de l’un de ses collègues, nous escortèrent ensuite jusqu’au dernier étage, moi et Suzuki-Sensei. Je pensai ce traitement franchement inutile, mais je pouvais me douter que le directeur voulait me donner un avant-goût de la célébrité avant même de rentrer dans son bureau. Si cela lui tenait à cœur, pourquoi pas. En autant qu’un agent ne me suive pas partout où je vais ou surveille mes moindres faits et gestes en tout temps. Je n’étais encore personne, sans compter que l’idée d’avoir sans cesse ce genre d’individu dans les pattes ne me plaisait pas particulièrement. De plus, je n’aimais pas trop me vanter au sujet de ma taille, mais un « garde du corps » faisant moins de 1m70 à mes côtés n’était pas des plus crédibles. Du moins, ce n’était que mon point de vue sur la chose.

La voix robotisée de l’ascenseur annonça notre arrivée au dernier étage et je sentis une vague de nervosité beaucoup plus forte me submergé tout à coup. Encore quelques pas et nous y étions. Je jetai un vif coup d’œil au cadran de ma montre, tentant au mieux de réaliser qu’il était véritablement l’heure de vérité. Je ne saurais dire si les heures ont passées beaucoup trop rapidement ou non. Ce qui était sûr, c’était que tout était pour se jouer de l’autre côté de ces grandes portes à la française. Synchronisés, les deux agents de sécurité empoignèrent et ouvrirent chacun une porte afin de nous faire entrer dans le luxueux bureau de Sasaki-san. Luxueux était le mot qui convenait le mieux à décrire la pièce. Un plancher de bois franc brun foncé, des affiches des plus grandes vedettes de l’entreprise soigneusement insérées dans de grands cadres noirs alignées sur chaque mur, un grand tapis rouge probablement couteux sur lequel reposait un grand bureau en bois tout aussi foncé, deux bergères en cuir noir y faisant face. Sur un autre fauteuil se trouvant de l’autre côté du bureau y était installé un homme d’un certain âge. Avec la plus simple des déductions, je pouvais deviner qu’il s’agissait de Sasaki-san.

Avec mon professeur, je me rapprochai de l’homme en question qui, de son côté, se levait pour nous accueillir. Il était plus petit que la moyenne, bien habillé, les cheveux noirs bien coiffés, légèrement grisonnant sur les côtés, il avait l’air d’un homme dans la quarantaine, mis à part les quelques petites rides qui trahissaient son âge bien plus avancé, large sourire aux lèvres. S’il avait côtoyé Suzuki-san pendant l’université, je pouvais me douter qu’il avait franchi la soixantaine.

- Kodoku-kun! Je te rencontre enfin! Kotaro m’a souvent parler de toi. J’avais hâte de faire ta connaissance. Je me présente; Sasaki Yuzuru. Je suis le directeur de la boite musicale de Stardust. Enchanté.

Son énergie me surpris un peu. Je m’attendais à un homme disons, beaucoup plus sévère et sérieux. Sans attendre, je baissai la tête à mon tour et me présentai de manière officielle, bien qu’il connût déjà mon nom.

- Je suis Kodoku Heisuke. Tout l’honneur est pour moi, Sasaki-san.

L’homme d’affaire se tourna ensuite vers son vieil ami et partagea salutations avec lui avant de nous inviter à prendre place dans les fauteuils à disposition. Laissant mon professeur s’installer le premier, je m’assis par la suite dans le siège recouvert de cuir. Sasaki-san reprit place dans son propre fauteuil avant de joindre ses mains et nous demander comment s’était déroulé notre trajet depuis Kobe. Mon professeur prit la parole tandis que je les écoutai en silence. J’avouai que la nervosité y était un peu en cause. Bien qu’il me semblât des plus sympathiques, je ne devais me relâcher en rien. L’idée que la moindre erreur m’était fatale ne changea pas. Par suite de son bref échange avec Suzuki-Sensei, Sasaki-san posa son regard et m’interpella directement.

- Et si nous passions à la raison de votre venu? Je vais être honnête avec toi Kodoku-kun. J’aime déjà l’aura que tu dégages. Tu me sembles être un jeune homme sérieux et prêt à s’investir dans ce qui t’attend. Toutefois, avant de signer toute cette paperasse, discutons un peu. Je me doute que tu dois te poser certaines questions à propos de tout ça, n’est-ce pas? Pour ma part, j’ai déjà pris connaissance de ton talent, sans compter que je sais que je peux me fier sur l’avis de Kotaro à ce sujet.

Pour entrer dans le vif du sujet, je devais avouer que Sasaki-san n’y allait point de main morte. Son expression tout juste sympathique avait fait place un regard froid et professionnel qui ne quitta sans aucun prétexte le mien. Sans me laisser intimider par son changement d’attitude, je le fixai avec le plus grand des sérieux. Là était l’ambiance à laquelle je m’attendais beaucoup plus en venant ici. Je n’avais pas mis le pied dans ce bureau dans l’intention de rigoler. Ce n’était pas mon genre de toute façon.

- Pour commencer, je vais vous avouer que je suis surtout étonné qu’une aussi grande boite telle que vous veuille d’un simple étudiant sans réelle expérience dans le domaine avec toutes ses conditions qui, finalement, vous restreint pour les deux prochaines années. J’ai cru comprendre que vous vouliez de moi pour faire compétition à un jeune talent d’une boite adverse. Alors à quoi bon m’engager dans l’immédiat si cela ne correspond pas dans vos besoins actuels?


Les yeux ronds, Suzuki-Sensei me dévisagea, plus qu’étonné par mes dires tandis que son vieil ami, lui, me sourit, visiblement satisfait de ma question, toujours sans dévier son regard. J’avouai avoir commencé un peu fort, mais ses yeux semblèrent m’inviter à lui poser directement la question, voire le confronter à ce sujet. Non pas que je jugeais cette invitation comme étant louche de la part de Stardust, mais lorsque nous étalions les faits sur la table, nous pouvions facilement croire qu’il y avait anguille sous roche.

- Tu crois qu’il y a une attrape dans tout ça, Kodoku-kun? Me demanda-t’il toujours d’un air sérieux.

- Vous accusez de quoi que ce soit est loin d’être mon objectif, Sasaki-san. Je souhaite simplement comprendre ce à quoi vous vous attendez de moi. Rien de plus.

Sans changer de ton, Sasaki continua de me tester.

- Et si je te disais qu’il y avait bel et bien une arnaque, que ferais-tu?

Que ferais-je s’il y avait réellement une tromperie dans tout ça? Le monde du divertissement en toutes sortes était un seul et même business. Bien que mon objectif personnel soit de partager au monde ma musique et les faire vibrer autant que moi je vibre pour elle; eux, ces grands fonctionnaires cachés dans l’ombre de leurs artistes, ne souhaitaient que remplir leur portefeuille grâce à leurs talents. C’était la triste réalité des choses et j’en avais bien conscience. Néanmoins, je m’étais préparé à cette réalité dans l’intention d’atteindre mon objectif. S’ils veulent l’argent, moi je ne souhaitais que les sourires.  Ce luxueux bureau en était la preuve après tout. Donc, que ferais-je s’il y avait une attrape à tout ça? J’avais déjà ma petite idée en quoi elle consisterait et si c’était bel et bien à quoi je pensais, ils ne me prendront pas par surprise.

- Je ne la laisserais me surprendre, répondis-je, confiant.

Sasaki-san échappa un petit rire, amusé par ma réponse. Il détacha son regard pour le porter vers mon professeur et s’adresser à lui.

- Je l’aime bien ce petit. Il y a du caractère. Proposer sa candidature était un bon choix, Kotaro.

Suzuki-Sensei soupira, quelque peu dépassé par notre bref échange. De mon côté, je conservai un air sérieux, prêt à continuer ce test qui me parut bien trop court. S’il faisait comme tout à l’heure, il était pour une nouvelle fois abruptement changer le sujet. Cependant, Sasaki reporta son attention sur moi, avec cette fois un air un peu plus détendu.

- Pas besoin de rester sur la défensive, Kodoku-kun. Cela pour dire que tu n’as pas tout à fait tort, mais je ne saurais qualifier cela d’une réelle arnaque puisqu’il est mentionné noir sur blanc dans le contrat que tu t’apprêtes peut-être à signer dans quelques instants. En effet, tu es loin d’être notre premier artiste qui va devoir jongler entre sa vie scolaire et sa vie professionnelle et encore heureux pour toi, tu n’es plus au lycée. Tu as beaucoup plus de temps libre qu’un simple lycéen. Au fait, tu as ton horaire avec toi?

À sa question, je répondis à l’affirmative et fouilla ensuite dans mon porte-document pour lui fournir la copie de mon horaire hebdomadaire. Silencieux, il prit rapidement connaissance de cette dernière avant de continuer sur sa lancée.

- Comme je disais, tu as beaucoup plus de temps libre qu’un simple lycéen. Tu as probablement déjà deviné que si tu signes notre contrat, tout ton temps libre, presque dans son entièreté, sera consacrée à Stardust. Tu l’as dit toi-même; nous souhaitons faire compétition à King’s Record en présentant nous aussi une recrue avec un grand potentiel. Non seulement tu es talentueux, mais tu es loin d’être stupide. Je suis persuadé que tu nous ne décevra pas. Donc oui, tu iras en cours et auras du temps pour faire tes devoirs, mais tu vas également devoir nous offrir ce qu’on attend de toi.

C’était bien ce à quoi je pensais. Mes cours deviendront mes seuls temps libres, mes seuls moments avec mon bien-aimé sans même que je puisse serrer sa main dans la mienne. Certes, nous avions toujours notre chambre rien que pour tous les deux dans les dortoirs, mais me connaissant, ce genre de routine était pour m’épuiser au point de ne pas pouvoir en profiter pleinement une fois la nuit tombée.

- Bien sûr, tu peux aussi dire adieu à toute relation amoureuse. Tu auras une image à préserver et nous ne voudrions surtout pas que tu sois impliqué dans un scandale alors que ta carrière débute à peine. Et puis, un beau jeune homme comme toi est beaucoup plus vendeur s’il est célibataire. Cela « vend du rêve » comme on dit. Sérieux comme tu es, je me doute que tu es déjà bien conscient de la chose.

Heureusement pour moi, étant lui aussi un homme, personne ne pensera que Keitô est mon petit ami malgré notre temps passé ensemble. Il faudra toutefois faire preuve de la plus grande des prudences. Notre ennemi n’était plus un simple étudiant jaloux, mais des dizaines de paparazzis qui chercheront à tout connaitre de ma personne dans les moindres détails, jusqu’à s’infiltrer sur le campus s’ils en ont l’occasion. Je savais parfaitement qu’ils n’étaient pas pour me pourchasser à la seconde où je quitterais l’immeuble aujourd’hui, mais je devais me préparer au jour où je serais publiquement présenté pendant la conférence marquant mon entrée dans la cours des grands. Le mieux serait que personne ne soit au courant pour moi et Keitô, que ce soit Tessa ou nos parents. L’idée de faire croire à nos proches que nous avons finalement rompus vu les circonstances me vint à l’esprit. En revanche, je me doutais fortement que Keitô serait d’accord avec cela, même si techniquement, nous ferions que cacher notre relation aux autres. Je n’accepterais jamais que mon bien-aimé ait des problèmes par ma faute uniquement parce que cette information tombe entre les mains des foutus journalistes. Ce n’était pas que je n’avais pas confiance en Tessa ou mes parents. Je souhaitais uniquement mettre toutes les chances de mon côté. Cela dit, j’avais encore le temps d’y réfléchir. J’en discuterais également avec Keitô à savoir ce qui est le mieux pour nous deux étant donné les circonstances que nous apportaient mes ambitions.

- Ne vous en faites pas pour cela, Sasaki-san. Je n’ai pas de temps à perdre dans ce genre de relation futile; répondis-je d’un ton froid.

Suzuki-sensei me fit un petit sourire triste. M’entendre dire cela avec cet air presque méprisant après tout ce que je lui avais avoué dans le train… Ne vous en faites pas, Sensei. Tout ira bien pour moi. Je savais parfaitement dans quoi je m’embarquais en venant ici. Merci de me soutenir silence. Vous avez toujours été aussi bienveillant à mon égard.

- Tant mieux alors! Je suis heureux de l’entendre.

Sasaki-san ouvrit un tiroir à sa droite et en sortit un petit document dont les feuilles étaient rattachées par une large pince à feuille. Sourire aux lèvres, il déposa se dernier sur le beau bureau vernis, prenant bien soin de le retourner vers moi.

- Je suppose que tu es donc prêt à signer. À moins que tu aies d’autres questions?

Je le regardai glisser le document devant moi avant de lever à nouveau les yeux vers lui. Mon cœur battait à tout rompre. L’entrevue n’avait pas été si stressante en tant que telle, mais poser les yeux sur ce petit espace dédié à ma signature sur la première page du document avait réussi à me rendre complètement nerveux à nouveau. Le moment tant attendu était venu. Cependant, avant de signer quoi que ce soit, je devais prendre le soin de lire ces quelques pages dans leur entièreté… juste au cas où. Je ne pensais pas vraiment que Sasaki-san cachait quelque chose entre ces lignes, mais valait mieux pas prendre de chance. Ma mère était avocate après tout. Je me souviens qu’elle ait déjà parler d’anciens clients qui se retrouvaient dans le pétrin car ils n‘avaient pas lu les documents qu’ils avaient signés. Je ne ferais pas la même erreur.

- Je ne pense pas avoir d’autre question pour vous, merci. Ça ne vous dérange pas si je jette un coup d’œil avant de signer?

- Bien sûr que non. C’est ton contrat après tout. Prends tout le temps qu’il te faut.

J’attrapai donc soigneusement le contrat et le lis avec attention. Après quelques minutes, je terminai ma lecture. Tout me semblait en bonnes et due formes. Aucune partie ne me semblait moins claire et/ou subjective à autre chose.

- Tout me semble bon, mais j’aimerais également l’avis de mon professeur sur le document avant d’officiellement le signer, si vous n’y voyez aucun souci.

Sasaki-san m’invita à le faire, n’exprimant aucune objection à ma volonté. Suzuki-sensei prit alors quelques minutes à son tour pour lire mon contrat. Tout comme moi, il exprima n’y avoir vu aucune attrape avant de le redéposer sur le bureau, devant moi. Mon objectif n’était pas réellement d’avoir un deuxième avis sur le contrat; j’étais assez grand pour comprendre tout seul ce qu’il y était inscrit. En fait, je voulais m’assurer d’avoir un témoin de mon côté en cas de modification du document à la suite de ma signature. Mes parents m’avaient bien mis en garde à ce sujet. Je devais prendre toutes les précautions possibles. Comme je l’avais mentionné à Sasaki-san un peu plus tôt, je ne laisserais pas la moindre arnaque me surprendre.

Sasaki-san me tendit alors sa luxueuse plume afin que je signe enfin toute cette paperasse. Prêt et sans crainte, j’apposai ma signature sur toutes les feuilles du contrat. Une fois cela fait, Sasaki-san se leva de sa confortable chaise de bureau et me donna la main.

- Kodoku-kun. Bienvenue chez Stardust!

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