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 Dans tes yeux, y'a la flamme, y'a le feu

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(#) Dans tes yeux, y'a la flamme, y'a le feu  Lun 3 Sep 2012 - 18:14

Deux heures de l'après-midi. T’es sensé travailler comme un bon élève qui s’respecte. Travailler pour pouvoir assurer ton avenir incertain, te bourrer le crâne de formules mathématiques et te dire que tu vas bosser pour gagner ta vie et peut-être aussi pour faire le métier qui te plaît. Et puis sereinement, de doux rêves tout roses, tout bleus, quitte à respirer bruyamment tellement tu t’sens bien dans ta couette, au chaud.

Daisuke, c'est pas grave si tu veux, viens pas ce soir. J'fais comme tu disais, j'me mets dans le noir et j'pense à toi. T 'es barré où ? Ça fait vingt jours que j'vois tout flou… ce que j'ai mal. Je compte le temps, tu sais plus où j'suis sur le plan. Je sais pas où t'es mais si tu t'caches, j'te sens tout près. Si tu savais c'que j'ai à te dire, tu reviendrais. T'avais promis. Seul dans une chambre ils m'ont mis, m'ont privé de mon ami, c'est le docteur qui me l'a pris. Ouais, c'est fini, même que si j'étais gentil, tu viendras pas ici, me chercher. C'est fini, Daisuke. Toujours personne, je regarde en bas mais tu viens pas. Et c'est pas drôle, tu fais semblant mais tu me mens. J'crois qu'c'est grave, j'me suis caché, j'suis à la cave mais tu m'entends pas…

Je me réveille en sursaut, sueurs froides. Il fait grand jour et je frissonne. Passant une main dans mes cheveux, je tâtonne sur la petite table de nuit et trouve finalement la montre que je ne mets jamais. Une faible lueur se diffuse dans la chambre. Du moment que mes colocs me trouvent pas comme ça, c’est bon, une vraie loque. Je ne sais pas pourquoi j’ai rêvé de lui, de Daisuke, surtout pourquoi maintenant ? Trop souvent, je fais des cauchemars, répétitifs. Sur ce jour où je l’ai haï du plus profond de mon être. C’était puérile mais j’étais enfant et je pensais le mériter plus que lui alors qu’au final, on était sur le même pied d’égalité. Je me demande ce qu’il est devenu, s’il a réussi dans la vie, si ça a fonctionné avec sa famille… Plus tard, je lui ai souhaité d’être heureux, de se construire une nouvelle vie, de réaliser ce que je n’ai jamais pu réaliser.

Ca ne sert à rien que je me recouche, je n’arriverais plus à dormir. C’est même pas mathématique, c’est ma propre logique, un peu bringuebalante, je vous l’accorde. Alors je me lève et cherche des yeux mon jean. Parce que bizarrement, je n'ai plus de fut' et je ne rappelle pas l'avoir enlevé. Je le trouve sur une chaise, posé négligemment, plutôt jeté ici. Je l'enfile rapidement puis sors de la piaule en tâchant de ne pas faire grincer la porte. Une fois dans le couloir, je me permets de respirer. Ouais, généralement, quand je dois pas faire de bruit, j’fais de l’apnée en restant persuadé que ça m’empêchera de faire tomber un truc ou autre. D’ailleurs, c’est stupide car vu que j’ai du mal à récupérer mon souffle, je peine toujours à respirer normalement après. Et je fais pas de bruit parce que... tiens, d'ailleurs, pourquoi... parce que je suis parano ! Mes exploits passés, je parcours le couloir sans trop de conviction et arrive devant la porte de la salle commune. Je rebrousse chemin et descends les escaliers. Finalement, je vais faire le bon élève. Les livres dont j'ai besoin sont dans mon casier. J'arrive devant celui-ci, glisse ma clé dedans et ouvre le battant avec entrain.

Sans doute un peu trop. S'en suit un bruit sourd. J'ai tapé dans quelque chose, ou plutôt – doucement, je tire la porte vers moi – quelqu'un. C'est donc les yeux écarquillés et la voix en ultrason que je lâche :

« Pardon. »


Dernière édition par Shu Oishii le Mar 4 Sep 2012 - 9:32, édité 1 fois
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(#) Re: Dans tes yeux, y'a la flamme, y'a le feu  Lun 3 Sep 2012 - 22:43


man, are you a wizard ?
JAPONAIS #C83A44 - ANGLAIS #757166
Voilà une semaine que je suis ici. Une semaine une peu moisie, mais je me dis que le lycée, c’est comme tout, faut s’habituer, tester les limites, voir les choses sous un angle un peu plus frais. La fraîcheur, c’est pas mon truc. Je fonctionne comme un travailleur à la chaine, j’assemble mes journées sans entrain, et si je découvre une pièce un peu différente des autres, je m’en réjouis, et je m’en empare pour le plus la laisser partir avec les autres pièces banales. En d’autres mots, je suis plutôt un opportuniste et aime que les gens fassent des écarts dans ce système d’obéissance forcée.

Malgré ça, ce matin-là, je m’étais levé à l’heure qu’il fallait. Première fois depuis mon arrivée que j’allais à la première heure de cours du matin. J’étais conscient que j’allais récupérer des heures, des heures et d’autres des heures de colle, pendant toute cette année. Et j’irai à la plupart d’entre elles. Quitte à sécher, autant sécher les vrais cours et non pas les retenues.

J’avais donc parcouru les couloirs durant toute la matinée, vêtu d’un jean noir, d’un sweat gris à fermeture éclair ouverte et d’une chemise bordeaux déboutonnée à son haut. Il y avait du vent ce jour-là, et mes cheveux ébouriffés m’étaient souvent arrivés dans les yeux. Pourtant je ne voulais pas les couper, car ils faisaient l’office d’antistress pour ma petite sœur, qui me les tressaient puis les détressaient à répétition. Enfin ça, je me dispensais de le préciser quand on me questionnait sur mon absence chez le coiffeur.

J’escaladais les marches du hall d’entrée, pour finalement me diriger vers les longues rangées de casiers à serrure. Je cherchai le mien un moment, crus le reconnaitre vers le bout et essayai d’insérer ma clé dedans. Je la tournicotais dans tous les sens quand je vis du coin de l’œil une personne débouler à ma droite. Je reportai mon attention sur la clef et penchai ma tête vers la droite, d’incompréhension.

Puis je me pris une porte de casier en pleine tête. La surprise me rendit muet, et je portai ma paume sur le dessus de ma trogne, que je frottai. Je me tournai vers mon agresseur. J’entendis à peine son excuse, car je fus stupéfait par son physique très spécial : je n’arrivais pas à savoir quel genre d’expression il arborait, ni s’il était sincère ou non. Il semblait avoir le visage fermé, mais j’aurais plutôt dit qu’il avait des traits bien à lui, qui le rendait définitivement indéfinissable. Je me surpris à le trouver beau, mais chassai complètement cette pensée.

Je pris conscience que je devais m’exprimer lorsque je croisai à nouveau son regard. Je secouai légèrement la tête, me parai d’un large sourire et assurai :

« Nan, c’est… Enfin, t’inquiète je vais… »

Je me stoppai car je me sentais incapable de parler. Moi qui d’habitude n’avais aucuns soucis, je ne reconnaissais plus la tonalité de ma voix. C’était qui, ce mec !? Je détournai le regard afin de finir ma phrase :

« Je vais bien. »

Je peux vraiment dire que ceci était un mensonge.



Dernière édition par Kane Terashiwa le Mar 4 Sep 2012 - 14:31, édité 1 fois
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(#) Re: Dans tes yeux, y'a la flamme, y'a le feu  Mar 4 Sep 2012 - 11:17

Moment de vide agrémenté d'une musique d'ascenseur. Une vie en demi-pente, la lumière éteinte, quelque part sur Terre. Une vie en demi-teinte, la lumière inexistante. C'est toujours le même film qui passe. Novembre toute l'année, toute l'année c'est novembre. Le ciel blanc, le ciel est blanc cassé. La pluie en contre-jour, le temps des retours ou des grands départs dans l'autre sens. Quelque part, j’espère que quelqu’un pense à moi. Dans mon dos, le mal se répand. Dans mon dos qui n'a plus d'ailes, bientôt je ne serais plus qu’un être saigné à blanc.

Un ange passe.

Comme entrée en matière, on a vu mieux. D'autant que carrer une porte métallique dans le nez de quelqu'un est pour le moins déplacé. Surtout quand, dans le cas présent, il remplace un 'Salut'. J'ai beau me montrer aigri parfois, je donne rarement dans le malpoli. Et là, c'est le comble de la présentation. Un sourire gêné vient colorer mes lèvres tandis qu'il m'assure qu'il va bien. Mouais, je n'en suis pas convaincu. A sa place, j'aurais engueulé le type en lui donnant des noms d'oiseaux affreux. Et, accessoirement, j'aurais eu mal. Cette mésaventure m'a fait oublié ce pourquoi j'étais là. Je referme lentement la porte du casier, les yeux toujours rivés sur lui. Je ne peux m'empêcher de l'analyser sous toutes les coutures. Déjà les yeux, si pâles, si gris, une couleur si originale comparé au marron des miens. S'en suit les cheveux, blonds, contrastant dans le paysage de têtes brunes comme la mienne. Enfin, son teint pâle, je souris intérieurement, ça nous fait un point commun. A force de le fixer, il va me prendre pour un fou. D'ailleurs, il ne me regarde plus. Vu que je suis un abruti fini, j'insiste :

« T'es sûr ? »

Dit le gars pas du tout insistant. Je lui sers une moue dubitative et me rappelle soudain la raison de ma présence. Des bouquins de cours. Je reporte mon attention sur le casier et, tout en rouvrant la porte, je fais bien attention à ne pas lui enfoncer une seconde fois le crâne. Tu vois, j'apprends de mes erreurs, je ne suis pas si bête finalement. Ne l'ayant plus en visu, je relâche la pression. Entre temps, mon cœur a sauté quelques battements et pensait sincèrement que je ne l'avais pas remarqué. Je déglutis silencieusement et m'empare du livre de maths. C'est moi ou il me fait de l'effet ? Bon, je l'admets, pendant tout le temps où je l'ai observé, il m'a été impossible de penser à autre chose que 'Tiens, il est pas mal. Ses cheveux sur les yeux lui donnent un côté téméraire sympathique. Attirant même. Et je te parle même pas de ses yeux. Un regard qui te pétrifie.' Il suffit, pense à... oh, un livre de chimie ! Parfait, beaucoup plus divertissant. Évidemment, c'est une blague, mais il faut bien que je me convainque. Que voulez-vous, je suis un garçon basique et lorsque que quelqu'un ou quelque chose me plaît, mon cerveau se transforme en disque rayé. Je rabats la porte et tourne la clé pour fermer le casier. Et, quand je me retourne, ô surprise, il est toujours là. Bon sang. Mué d'un pragmatisme soudain, je lui fais remarquer :

« T'es rouge sur le nez. »

Doucement, j'avance ma main et pose un doigt sur la marque en question. Je suis idiot mais il y a des limites, je n'appuie pas dessus. Juste pour qu'il sache que, par ma faute, il va sans doute avoir un bleu. Qui va virer au vert et au jaune marron dégueulasse. En plein milieu de la figure, strike. J'avais recouvert une expression neutre mais, à la vue de ce dommage, je tire une tête de six pieds de long. Je cale les bouquins contre mon torse et regarde à gauche et à droite. Il n'y a pas grand monde dans le couloir, dans le hall plus loin, déjà plus. Je reviens vers lui. Tu m'excuseras mais je n'ai pas énormément de conversation. Je ne compte ni te commenter la météo du jour ni te demander ce qui t'amène à ton casier. En même temps, la réponse est assez évidente. Cependant, je prends tout de même la peine de réitérer mes excuses :

« Encore pardon. »

Je ne juge pas nécessaire de lui donner mon nom. Encore moins mon année ni même quand je suis arrivé dans cette école. Je préfère jouer mon asocial sur le moment et aller me terrer dans ma chambre en ayant l'intime conviction que je suis un bon élève parce que je fais mes exercices. Et me noyer dans des équations pour oublier la troublante sensation que j'ai ressenti en faisant cette rencontre impromptue. Ce programme me sied. Ma main s'empêtre dans mes cheveux tandis que je déclare :

« J'vais pas t'ennuyer plus longtemps, déjà que je t'ai à moitié défiguré. »

Allez, dis-moi que tu me détestes, on se quitte et c'est bien.
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(#) Re: Dans tes yeux, y'a la flamme, y'a le feu  Mar 4 Sep 2012 - 15:33


ok, i will scream
JAPONAIS #C83A44 - ANGLAIS #757166
Il aurait pu se contenter de ma réponse, me faire un signe de main auquel j’aurais répondu tout sourire, pour sortir de mon champ de vue. Je serais resté troublé quelques heures et aurait oublié son visage le lendemain. Ce court instant n’aurait pas été remarqué, et cela ne nous aurait pas touchés. J’aurais pu nier, et oublier, que tout comme les femmes, les hommes me plaisaient bien. Mais non, il choisit de rester.

D’ailleurs c’est complètement faux ! J’aime les nanas moi. me dis-je en secouant la tête. En fait, j’attendais. Attendre quoi, je ne sais pas. Surement qu’il s’en aille. Mais ses yeux me parcouraient de part et d’autres, et moi je fuyais son regard. Plus le temps passait, plus je me sentais mal à l’aise, et intérieurement j’étais furieux de ma réaction. Je devais ressembler à un chiot en détresse, alors que ce n’était pas du tout dans mes habitudes d’agir ainsi, puisque j’étais quotidiennement une source de moqueries et taquineries. Jamais de violence pure et volontaire, ça me rappelait trop mon père, je ne voulais pas être comme lui. Bien sûr qu’il m’était arrivé de foutre deux ou trois claques et de corriger un mec qui se la jouait un peu trop ou qui s’en prenait à quelqu’un que j’aimais, mais je n’étais pas un partisan de la violence gratuite.

J’avais envie de tomber au sol et m’allonger pour respirer normalement. Puisqu’à l’heure actuelle, chacun de mes gestes, y compris le roulement de mes yeux dans mes orbites, étaient crispés. Tout mon corps –et mon esprit aussi- était tendus. Je cru un moment qu’il allait enfin me laisser m’écrouler à terre tout seul et commençai à vaciller, mais il insista en me posant une deuxième question sur mon état. Ma mâchoire se serra pour former un sourire forcé et hocha rapidement la tête.

Lorsqu’il se retourna pour farfouiller dans son casier, je cru que j’allais vraiment m’assoir sur le carrelage blanc qu’on retrouvait partout dans le lycée. Mais je me retins à ma clé que j’avais enfoncée de force dans l’espace qui lui était –normalement- dédié. Je soufflai doucement, je ne voyais plus le visage du garçon. Je l’avais très bien analysé pendant ces quelques secondes, il n’y avait pas de quoi s’affoler, mais il me troublait, c’est tout. Je touchai mon front endolori en repensant à la figure de celui qui m’avait assommé.

J’étais obligé de me l’avouer, il y avait quelque chose dans son physique qui me dérangeait. J’avais envie de gigoter comme si tout mon corps me chatouillait. Mais j’étais aussi incapable de faire un pas. Quand il ne m’hypnotisait pas avec son regard brun, je sentais mon dos fléchir. Je fronçai les sourcils quand mes pommettes me brûlèrent.

Puis le rabat se referma. Et l’inconnu me regarda à nouveau. Je tressaillis presque.
Il m’annonça que j’avais le nez rouge, et le frôla. J’haussai les sourcils et ne sus quoi dire : la marque suivant le coup que j’avais reçu se situait sur mon front pâle. Pas sur mon nez. PAS SUR MON NEZ. Il s’excusa à nouveau, tandis-que je posai mes paumes pour faire couverture à ma truffe écarlate. Je ne sais ce qu’il me faisait ce mec, mais ça m’énervait. Il insista sur le fait que j’avais à présent une sale tête et dit qu’il allait partir. OUF ! Enfin. J’allais pouvoir redevenir moi-même. Il m’aura bien gâché la journée celui-là !
Puis, je cru le voir pivoter.

Ce qui se passa ensuite fut ordonné par mon subconscient. Merci de ne pas reporter la faute sur le pauvre garçon que je suis.
Car oui, je le retins par le bras, que je lâchai la seconde suivante avec empressement. Je n’avais qu’à dire que, non, rien, c’est bon il pouvait partir, ou encore un truc genre que c’était moi qui l’embêtait maintenant, comme ça nous serions quittes. Mais ça aurait fait un peu lèche-botte. Du coup, je sortis un quelque-chose de complètement incompréhensible, enfin, personnellement, je n’y comprenais plus rien.

« Euh oui attends, tu veux pas rester un peu ? Enfin, je sais pas pourquoi je te demande ça, peut-être que tu m’inspires… de la sympathie, disons. »

Et ce fus tout, je me retins pour le pas me cacher la tête tant ce que je disais s'en prenais à mon égo.

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(#) Re: Dans tes yeux, y'a la flamme, y'a le feu  Mar 4 Sep 2012 - 22:51

Oh, comme j'étais content, avec mes bouquins dans les bras. J'allais retrouver ma chambre silencieuse et étudier le plus sérieusement du monde. Faire les exercices 5 à 10 de la page 33. C'était sans compter cette main sur mon bras. Je suis brutalement stoppé dans mon élan et me retourne vers l'incident déclencheur. Et, maintenant, qu'est-ce qu'il me veut ? Que je l'emmène à l'infirmerie, que je lui baise les pieds pour m'excuser ? Mais sa déclaration est pire que tout. Il me trouve... sympathique. Je crains d'avoir mal entendu. Je fronce les sourcils tandis que mon regard se plante dans le sien. J'essaye de trouver la faille. Parce que c'est forcément une blague. Et je le prendrais mal s'il se moquait de moi. Sauf qu'il ne rajoute rien ce qui me laisse doublement perplexe.

Cet attouchement m'a fait l'effet d'un électrochoc. Et dans ma frêle carcasse, un frisson résonne, se perd en écho. Je tapote distraitement les livres que je tiens. Espérant qu'il va avancer une autre évidence du même genre. Je suis naïf et intimement persuadé que la plupart des gens prend plaisir à me mentir. On s'est joué si souvent de moi qu'à présent, je prends mes distances. Pire qu'un loup solitaire, je grogne dès que l'on s'approche un peu trop près de moi. Un grondement sourd qui signifie que la personne a atteint la limite. Délimitée par une ligne rouge invisible. Pourtant, je ne te vois pas forcément comme un danger. Peut-être que tu m'as amadoué avec tes airs d'enfant perdu. Malgré moi, tes paroles ont dû me toucher. Finalement, il se peut que tu me plais plus que ce que je voudrais. Et ça m'ennuie. Tellement que je ne peux m'empêcher de soulever :

« Ce coup sur la tête t'a bien amoché en fait. »

Ce que l'on pourrait prendre pour une touche d'humour est en fait une affirmation blasée. Je crois que j'ai desserré un boulon, cassé une vis, que sais-je encore. En tout cas, il est à présent complètement barré. Il n'a pas dû comprendre la subtilité de mon message lorsque je lui ai précisé que j'allais le laisser. Ou peut-être qu'il est juste à moitié sourd. Ou à moitié con. Rha, comme si je n'avais que ça à faire de faire la conversation à cet énergumène ! Pardon, vous insinuez que je n'ai rien de mieux à faire de ma vie ? Très bien, c'est de votre faute si je finis par l'étrangler. Ou alors je m'en débarrasse ni vu ni connu. Je regarde rapidement derrière sa tête, pas de témoins. Autant faire ça dans les règles. De ce fait, je déclare :

« J'vais p't'être t'emmener à l'infirmerie. »

J'en viens à m'inquiéter pour sa santé mentale. Je suis un gars prévenant. Je voudrais pas qu'il reste handicapé toute sa vie tout ça parce que j'ai ouvert le battant de mon casier un peu trop fort. Je soupire et pose ma main sur son front. Je lui prends sa température, tout simplement. Rien d'alarmant de côté-là. J'ai quand même l'impression d'avoir la peau plus froide que la sienne. Pendant tout ce temps, je n'ai pas esquissé une seule fois un sourire. Je suis plus surpris qu'autre chose. A vrai dire, mon cœur n'arrive plus à suivre. Ratant le coche à la moindre pensée de cette révélation. Finalement, l'abandonner à l'infirmerie est mesquin. Et surtout très lâche de ma part. Je lui propose une alternative :

« Ou juste te raccompagner à ta chambre. »

Pas pour faire ce que vous pensez, bande de pervers. Même si, je l'avoue, l'idée m'a traversé l'esprit. Juste l'ombre d'une seconde. Juste pour qu'il s'allonge et qu'il reprenne ses esprits. Et qu'il se rende compte qu'il vient de dire la plus belle connerie de sa vie. Puis, une fois la marchandise livrée, je m'en irais comme un voleur. Sans même lui arracher un baiser. Parce que je suis bien élevé et qu'après tout, ce n'est qu'un inconnu.

Oh, tu sais. Je suis un enfant terrible. Les gens, ils te disent en souriant tristement que ça passera, mais moi je ne veux pas que ça passe. Ils disent toutes sortes de mots mais leurs yeux les trahissent. Quand tu finis par te convaincre qu'en effet ça passera, que ce n'est pas si important que ça, il faut que le chagrin t'envahisse sans que tu ne comprennes d'où cela peut venir. Je n'ai plus d'estime pour moi-même, et quand on ne se supporte plus, il devient délicat de se replier sur soi les jours de tempête. J'arrivais à tenir jusqu'alors. Je respectais les délais communément autorisés et valorisés du deuil que l'on doit faire de la personne que l'on est. Tout est une question de dosage. Il faut se montrer fort et souriant mais également lâcher du lest et donner comme en pâture à des chiens affamés un peu de sa douleur, de son déchirement pour qu'enfin on vous foute la paix. Alors voilà, j'ai pensé que peut-être en ne m'étalant pas, on ne m'atteindrait pas. Ce n'est pas encore la bonne méthode, il faut croire. Mais avant toute chose, le pragmatisme revient au galop. Tout en pointant son casier du doigt, je lui demande :

« Tu comptais pas prendre un truc avant ? »

Vous remarquerez avec quelle dextérité je ne me suis toujours pas présenté.
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(#) Re: Dans tes yeux, y'a la flamme, y'a le feu  Jeu 13 Sep 2012 - 20:11


i want to hide that
JAPONAIS #C83A44 - ANGLAIS #757166
Sous mes airs d’indifférence, le ton moqueur que prenait quotidiennement ma voix, sous ma tignasse blonde et mon sourire narquois, sous ma légère toux de fumeur et mes yeux gris souris, je n’en menais pas large avec les mecs, à ce que je pourrais faire croire. On m’avait souvent dit que je me la jouais avec les filles qui me plaisaient, mais je perdais –non pas sans un certain agacement- contrôle avec les gars d’environ mon âge. Surtout ceux qui avaient un petit style négligé. Je n’en parlais jamais, et refusait de me plier à mes sentiments, mais ceux-ci restaient dans un coin, bien cachés. Mais à les renier, leurs effets s’amplifiaient à chaque attirance. Et à chaque incident de ce genre, mes mots oscillaient entre provocation et soumission. J’étais tour à tour un renard et un petit chaton. Je ne savais pas si cela perturbait autant pour interlocuteur que moi-même. Puisque en tel moment de détresse, j’essayais de réfléchir et analyser comme je le pouvais.

En ce moment, je ne maîtrisais pas du tout la situation. J’étais un vrai idiot, et, me parant d’yeux ronds comme des billes, une voix intérieure me chuchotait "Baka, baka, baka…" Je ne pouvais plus quitter l’autre garçon des yeux, et j’écoutai ce qu’il me lança. Oh oui, j’avais pris un coup sur la tête, c’était la seule possibilité pour que mon esprit réagisse ainsi. Je ne réagis que lorsqu’il me dit qu’il pourrait me raccompagner à ma chambre, proposition à laquelle suivit un haussement de sourcil de ma part ainsi que des lèvres crispées.

Je tentais de chasser ma tension ascendante et arborai une expression plus convenable. Je me forçai à prendre un air moqueur puis le laissa finir sur sa question. Je ne savais pas vraiment quoi répondre, mais je savais à présent qu’il ne fallait pas que je le fixe trop longtemps. Je frôlais mon cou de mes doigts et sentis malgré moi un pouls un peu trop rapide à mon goût. De toute façon, je n’avais pas besoin de me tâter le poignet ou quoique ce soit pour ressentir les coups de mon cœur contre ma poitrine. Je restais immobile un instant, et pivotai en direction du casier en souriant :

« Mais oui, t’as raison. J’suis con, désolé de te retenir. Laisse tomber et oublie ce que je viens de dire. On ne se connait même pas et je te déclare ma flamme, hahaha ! »

Je fronçai les sourcils et ajouta :

« Enfin, façon de parler, tu me comprends quoi. »

Je souriais intérieurement tout en essayant de retirer la clé incrustée dans la mauvaise serrure. Je trouvais que je m’en était assez bien tiré, même si je devais actuellement passé pour un imbécile sérieux.
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(#) Re: Dans tes yeux, y'a la flamme, y'a le feu  Sam 15 Sep 2012 - 23:48

Fais gaffe à c’que tu fais, pretty boy. T'es en train de jouer avec le feu et la flamme va te brûler les doigts. Parce que, quand on m'aborde comme ça, je ne suis généralement pas très docile après. J’emploie l’adverbe 'généralement' étant donné que je ne me contrôle pas trop mal pour le moment et que je suis surtout perplexe face à sa déclaration. Il a le don de capter mon regard, c'est assez dingue et moi, comme un con, je ne le lâche pas des yeux non plus. Je suis le moindre de ses gestes, essaye de les anticiper mais sous son regard qui ne dévie pas, j’ai l’esprit qui se brouille. Il essaie de se rattraper et un sourire étire mes lèvres. Je trouve ça touchant ce besoin de chercher des excuses. Oh mais oui, je te comprends. Il semble vouloir garder une distance entre nous. Soit, restons de parfaits inconnus. Ses paroles m'ont par trop de fois troublé, il est préférable d'en rester là. Sinon, il se pourrait que, sans un consentement interne impliquant mon cerveau, mes doigts viennent s’égarer sur ses hanches pour le rapprocher de moi. Je vous laisse imaginer la suite, ça pourrait être assez torride. Là, contre les casiers, collé-serré. Si tu savais ce à quoi je pense en ce moment, tu rougirais. Pire, tu partirais en courant. D'ailleurs, il est temps pour moi de m'éclipser. Avant tout, je lui lance :

« Donc c'est bon, je peux y aller ? Tu vas pas me saisir encore une fois le poignet dans un élan de romantisme ? »

Je plante de nouveau mon regard brun dans le sien. Laisse-moi me perdre une dernière fois dans le gris de tes pupilles, me noyer quelques instants pour remonter à la surface, assoiffé. Souris encore un peu que je te détaille plus longuement. Et puis, pendant que tu y es, approche-toi de moi, histoire que je teste quelques trucs, savoir si tu es réactif. Ah oui, autre chose avant de partir, cette fois-ci, c'est la der des der.

« Au fait, t'aurais pas une clope ? »

Des millions de questions s’entrechoquent dans mon esprit qui s’embrouille. Il a fallu que je lui sorte la plus banale d'entre toutes. Je n'ai même pas envie de fumer. Et j'ai un paquet de clopes dans la poche de mon jean. Autant dire que je suis finalement en train de lui faire la conversation. Je suis stupide à ce point, c'est affligeant. Décidément, je suis forcé de reconnaître qu'il me fait de l'effet. Je dis n'importe quoi, histoire de quoi ? De rester encore quelques secondes à ses côtés, me délecter de son regard qui me soupèse, de ses cheveux qui lui dévorent le visage, de sa peau que je meurs d'envie de toucher pour en jauger la température ? Non, vraiment, cette situation est d'un ridicule. Mon cœur aussi est ridicule, il s’emballe et du coup, je reste figé, comme hypnotisé. Tu cherches quoi au juste ? Je ne sais pas quoi rajouter. Sans doute parce qu’il n’y a rien de particulier à dire. Aussi parce que je suis démuni et impuissant. Et que j'en ai assez fait comme ça. Mes yeux finissent par dériver sur sa main, celle qui tient la clé. Sur un ton banal, je m'enquiers :

« Accessoirement, tu n'aurais pas du mal avec cette clé ? »

Tu sais, pour moi, la seule chose qui puisse bouleverser à ce point, c'est de vouloir vivre avec les autres, et de ne plus être seul. Surtout quand on y peut rien. Quand la solitude s’accroche à toi, comme une ombre et qu’elle te ronge l’âme jusqu’à la moelle. Et puis, d'un coup, je me ravise :

« Oublie pour la clope. »

Je tourne aussitôt les talons et m'éloigne de lui en grandes enjambées. Enfin, assez grandes pour le distancer rapidement. Une seconde de plus et je l'aurais sans doute plaqué contre les casiers pour l'embrasser fougueusement. Parce que je suis comme ça parfois, emprunt d'un certain désir implacable, qui me monte au nez comme le wasabi. Je peux même affirmer qu'il m'aurait été égal qu'il me repousse, j'aurais juste assouvi ce désir et je me serais senti mieux. A présent, je me contente de regretter. Je vois son visage me narguer et tente de chasser ces pensées. Puis, arrivant au bout du couloir, je me retourne. Si vous croyez que je vais m'empresser de courir vers lui pour exaucer cette envie inavoué, vous vous fourrez le doigt dans l'oeil jusqu'à l'omoplate. Oh non, je suis encore plus imbu de ma personne. Somme toute, il mérite peut-être d'obtenir mon prénom. Je vais lui faire cette grâce. Aussi, je vais m'arrêter de réfléchir, pour une fois. Je daigne enfin me présenter succinctement :

« Au fait, juste au cas où, moi c'est Shu. »

Je lui sers un air neutre, à la limite du consternant, et disparais dans le tournant. Réfléchir, c'est fléchir deux fois m'a-t-on dit.
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« Invité »
(#) Re: Dans tes yeux, y'a la flamme, y'a le feu  Dim 23 Sep 2012 - 15:59


i lose my mind
JAPONAIS #C83A44 - ANGLAIS #757166
Je me sentis terriblement con lorsque mon interlocuteur si étrange enfonça un peu plus le couteau dans la plaie et souligna sa phrase de ce mot, "romantisme", qui ne faisait pas du tout partis de mon vocabulaire quotidien. Je serrai les dents et mes lèvres à l’entente de ce dernier. J’essayais d’arborer une posture convenable, chose que mon corps ne semblait pas vouloir accepter, étant donné que mes bras tremblaient d’engourdissement et mes jambes étaient sujettes à quelques sursauts. Je n’étais pas conscient que je luttais pour rester debout, puisque mon attention était portée sur un point bien plus intéressant que… Que tout ce qu’il y avait autour, en fait.

J’enrageais qu’un mec puisse me contrôler comme il le faisait. Je ne détestais pas spécialement ce genre de personne, celles qui essayaient de manipuler les autres. Mais je répliquais avec frénésie, lorsque j’étais leur cible. Mais là, je ne savais pas. C’était comme si mon cerveau fonctionnait à toute allure pour, qu’à chacun des gestes du beau brun, je lui trouve une excuse, plausible ou non, et que tout le temps, je reporte la faute sur moi. Quelle est le problème, me direz-vous ? Personne ne trouverait qu’il y ait un souci dans cette conversation assez banale en soi. Mais non, moi, je m’en trouvais, des fautes. Ma réaction en était une à part entière.

Je ne sais pas si vous aimez les films d’horreur, mais moi, oui, puisque dans le rayon britannique, il y en avait des assez flippants. Non, je ne m’écarte pas du sujet, c’est juste pour faire une comparaison. Si vous avez un peu de culture mortuaire, du monde des esprits, ou simplement si vous avez déjà vu Casper le gentil fantôme, vous serez en mesure de comprendre l’idée que je me fais de ce dialogue avec ce mec. Voyez-vous, lorsque j’étais enfant, regardant je ne sais quelle série à la télévision, quand un esprit passait à travers le corps d’une personne vivante, je me disais toujours que le fantôme volait l’âme de l’Homme. Qu’il était ensuite en mesure de sentir ce qu’il ressentait, savoir ses émotions actuelles. Qu’il était capable de tout connaître du vivant en une seconde. Mais qu’au contraire, la victime de ce petit manège se sentait vide, et qu'il ne comprenait rien à ce qui était en train de se passer.

J’avais l’impression de vivre cela à l’instant. Et n’osez pas me demander quel rôle je pensais jouer. Je me sentais dominé. Et ça me déplaisait un peu, et je suis soft en employant ce terme. Mais cette fureur interne se transformait en décontenance complète. J’apparaissais surement en espèce de poussin perdu. Et mon trouble physique et psychologique s’accentuait à la vue de ce regard profond, qui me ravageait.

Je ne comprenais pas mon état, et pourtant, je demeurais immobile. Et ce mec, qui parlait avec aisance. Il devait me prendre pour un fou ! Il me demanda une cigarette. J’entrouvris mes lèvres rose pâle et glissai ma main contre ma poche, et reconnus la forme familière de mon paquet coloré. Je ne répondis pas à sa demande puisqu’il me posa une nouvelle question sur ma clé. Je l’avais oublié, celle-là, la pression de mon index et mon pouce était tellement faible que la clé semblait avoir intégré ma main. L’inconnu se rétracta au sujet de la clope, et fila, dévoilant enfin son prénom : Shu.

Et moi, je restais comme un con, debout, sans l’être vraiment, mon esprit vacillant, et sombre. Je réfléchissais à toute allure, mais mon cœur ne suivait plus. Je souhaitais d’un côté ne plus jamais recroiser le chemin de ce Shu, mais en même temps, j’avais comme une impression de rester sur ma faim. Si je le poursuivais encore, il penserait que j’étais un de ces voyeurs groupie qui vous espionnent comme jamais. Non, pas question de m’abaisser à ce rang. Mais le laisser filer comme un voleur alors qu’il venait de me perturber à un degré que je n’acceptais pas ? Ah bah non. Non plus.

Mes jambes se mirent en route et je décidai, d’une cadence rapide et irrégulière, de suivre le chemin de ce garçon. Je mis dix secondes à peine pour arriver à sa hauteur, et quatre pour le dépasser. Je voulais l’engueuler comme il se devait. Je ne me limiterai pas à cet échange stérile, et éprouvant pour mon pauvre cœur de fumeur.

J’avais les yeux légèrement plissés et le souffle court. Je me retournai pour lui faire face, et plaquai ma main droite contre le mur que nos deux corps bordaient. Mes yeux pâles se firent inonder par la couleur ébène de ses deux iris. Et cette fois, mes genoux ne suivirent pas. Ils tombèrent au sol, le reste de mon corps suivant. Cette fois aussi, mon égo s’éclata et m’obligea à me relever. J’avais les genoux en compote, et le cœur en pagaille. Mais je ne voulais pas paraître faible. Pas devant celui qui causait mon désappointement. Je me forçai à attraper son regard à nouveau, et tout en restant muet, je repoussais une mèche blonde rebelle de ma main gauche. Oh oui, je ne dis rien. Ce n’aurait été que mensonge, ou inutilité. Et sa réponse aurait été moqueuse, comme toutes les autres.


Dernière édition par Kane Terashiwa le Mar 25 Sep 2012 - 19:11, édité 1 fois
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(#) Re: Dans tes yeux, y'a la flamme, y'a le feu  Mar 25 Sep 2012 - 15:38

Je suis enfin libre. Dans le couloir, après ce tournant, je relâche la pression qui pesait sur mes épaules. Libéré de ce poids, je tente de me convaincre que ce qu'il vient de se produire est bénin. Ce n'était qu'une mauvaise blague. Ce regard intense qui me transperçait, ces sourcils si réprobateurs qui me pointaient du doigt et surtout, cette envie soudaine d'aller plus loin. De le pousser à bout en franchissant la limite. Il s'avère que je n'en ai rien fait et c'est tant mieux. Je resserre mes bras sur mes livres, c'est mon unique motivation et m'en convaincre est la seule manière de ne pas commettre l'irréparable. Il est encore trop tôt pour mon cœur. Se lancer dans un désir stérile et s'empoisonner d'espoirs vains. Oh non, j'ai bien compris que rien de bon ne pouvait en ressortir. Alors je me bride et emprisonne ces passions éphémères. J'ai peur de souffrir à nouveau. La douleur reste en moi, quand arriverais-je à combattre cela ? On m'a manipulé, on m'a forcé à faire des choses que je ne voulais pas, on m'a réduit au néant, on m'a fait croire des inepties, on m'a blessé, on m'a violé, elle a brisé quelque chose...et ces larmes qui restent et n'arrivent toujours pas à couler... Je voudrais t'avoir face à moi, je voudrais te montrer à quel point tu m'as enlevé à moi-même. Je voudrais pouvoir te montrer ces images, ces mots que tu disais chaque jour, auxquels je ne portais même plus attention tellement j'étais au dessus de tous, tous ces mensonges. Je voudrais tellement te voir souffrir autant que j'ai souffert, te cracher ces mots à la figure mais je ne t'ai jamais rien dit. J'ai gardé la tête haute, jusqu'au dernier jour. Tellement de haine me vient rien qu'a l'idée de penser a toi. Et je ne ressens aucune envie de te pardonner. Et je ne te dois rien, ni excuse, ni pardon, ni même le respect.

A moi les jours atones, les promesses aphones, les paroles en l'air et les mots de trop. Je baisse la tête et accélère le pas. Je ne fais pas attention à ceux qui me dépassent. Pourtant, je devrais. Je manque de me prendre un gars qui a jugé bon de se mettre dans mon passage. C'est en relevant les yeux pour l'éviter que je constate avec surprise que c'est ce blond. Ce même blond que j'ai laissé en plan devant les casiers. Pas le temps de réagir que je me retrouve coincé contre le mur. Sa main calée au dessus de mon épaule, je le dévisage. Je laisse échapper un :

« Qu'est-ce que... ? »

Mais je n'ai pas le temps de finir qu'il s'effondre. C'est si rapide que je reste interdit, ma main s'est néanmoins agrippée à son col de chemise. Le tenant fermement, il se redresse, mon visage est d'autant plus étonné. J'ai les pensées en vrac et le cœur à deux cents à l'heure. Une de ses mèches rebrousse chemin alors qu'il passe sa main sur son visage. De mon côté, je ne prends pas la peine de remettre en place mes cheveux. Je parviens très bien à le voir entre mes mèches brunes. Et ça ne m'aide pas à comprendre. Saisir la situation que je trouve de plus en plus ambiguë. J'aimerais m'insurger, lui réclamer des explications mais je ne trouve pas mes mots, ma gorge est sèche. Je déglutis avec difficulté et jette un coup d’œil de part et d'autre du couloir. Des gens passent, certains nous regardent bizarrement. Je leur lance un regard noir et reviens porter mon attention sur le blond. Je tente d'adopter un air blasé et reprends un tant soit peu de contenance en lui jetant :

« Tu m'fais quoi là ? »

Le mystère de tes yeux là, ce petit mystère, il tient à quoi ? Je laisse retomber le silence. Non pas que ça m’arrange mais plutôt parce que je suis réellement pris au dépourvu. Tu ne sais pas le secret de ton état. Des secrets, j'en ai des tas. Cette barrière entre nous, cette barrière, j'suis sensé en faire quoi ? Ce garde-fou, tu vas m'obliger à passer la barrière de ton état. Les pieds sur tes terres, allez, regarde-moi. Il a fallu que tu t'avances pour combler la distance entre nous. Sur tes terres, il fait si froid. Ne vois-tu pas que du sol au ciel de ton état, tout n'est que gel ? Réchauffe-toi. Vous n’y comprenez rien, et bien tant pis pour vous. C'est pareil pour moi. Je crains qu'il ne soit pas plus clair, il ne me reste plus qu'à m’appliquer à être plus flou encore. Au risque d'être définitivement largué. Dis-moi, juste dis-moi. Tu cherches quoi au juste ? Les yeux toujours rivés sur lui, les lèvres légèrement entrouvertes, il n'y a plus rien à dire. Sans doute parce qu'au fond, je dois juste agir. Mais j'ai cette impression tenace d'être démuni et impuissant. Tu m’as coincé, salopard…

Je détache mes doigts de son col. A ce que je sache, j'ai toujours une sortie de l'autre côté vu qu'il n'a qu'un bras tendu contre le mur. Mais il faut croire que mon cerveau a tout sauf étudié cette possibilité. Il a beau tourner à plein régime, il ne parvient pas à raisonner de manière calme et rationnel. Et je suis livré à moi-même dans cette jungle de sentiments contradictoires. A force d'être tiraillé de toute part, je me jette à l'eau. Alors j'ouvre la fenêtre à l'irréparable. J’enferme doucement son menton de mes doigts, sans exercer aucune pression. Tu sais ce que je m’apprête à faire, tu en as conscience, tu l’avais prévu aussi peut-être. Je suis un gars prévisible de toute façon. Je réduis la distance entre nous et pose mes lèvres sur les siennes. 

Ce pauvre mystère en sale état n'a sans doute rien à faire entre mes bras.


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Dans tes yeux, y'a la flamme, y'a le feu
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